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Ce qu’il faut retenir de l’interview de l’eurodéputée Michèle Rivasi

  1. Les contrats passés entre les entreprises pharmaceutiques et la Commission européenne sont, pour le moins qu’on puisse dire, difficiles d’accès :
  • Il a fallu à l’eurodéputée interpeller la Commission pendant des mois avant d’obtenir une réponse.
  • Les dossiers ne sont consultables que dans une salle de lecture, pas de photocopies, pas d’avis extérieur autorisé, 45 minutes de consultation.
  • Les eurodéputés chargés du contrôle budgétaire sont écartés de la question.
  1. L’opacité règne :
  • Le prix des vaccins, le lieu de leur production, le calendrier de livraison, le montant accordé aux entreprises pharmaceutiques (ici, l’entreprise CureVac) sont barrés dans les contrats. Pfizer, prêt à publier ses contrats, annonce d’ores et déjà que les questions du prix des vaccins et des sommes versées resteront confidentielles.
  • Deux pages biffées sur la question de la responsabilité en cas de problèmes liés au vaccin.
  • Les commissaires européens attendent le bon vouloir des groupes pharmaceutiques concernés pour rendre publics les contrats. Les députés européens, pourtant sollicités pour voter les mesures d’urgence, n’ont accès à aucune information.
  • Les gouvernements des pays membres sont en possession des contrats mais ne les rendent pas publics.
  1. À qui profite le crime :
  • La responsabilité concernant les effets secondaires n’incombera pas aux groupes pharmaceutiques. 
  • Il sont exemptés d’études de précaution pour les risques, par exemple, environnementaux. Les procédures sont accélérées, la prudence aux oubliettes.
  • En ne publiant aucune données sur les prix, ils peuvent jouer des rivalités géopolitiques pour en tirer plus de bénéfices.
  • La recherche publique est abandonnée. Tous les subsides et les droits de propriété intellectuels sont accordés aux entreprises, sur une question de santé PUBLIQUE. 

Pour information, les vaccins à ARNm nous viennent de la recherche publique.

  • Ce sont les industriels qui mènent les négociations. L’Europe ici est soumise aux multinationales. Les pressions sont énormes, les chantages aussi, et se font impunément.
  1. Des intérêts politiques plutôt que sanitaires ?
  • En surfant sur la peur, le caractère inédit de la maladie et ses risques, en présentant le vaccin comme la panacée, les puissances s’arrachent maintenant la première place de “sauveur de l’humanité” sur la scène internationale.
  • Les pays en voie de développement seront mis au ban de la vaccination. L’Afrique du Sud et l’Inde ont demandé une dérogation sur la propriété intellectuelle pour leur permettre de produire ces vaccins, ce qui est totalement légal. La Commission européenne a été contre, défendant les intérêts des laboratoires : concurrence indienne signifie baisse des prix… pas très avantageux pour le Big pharma !
  1. Comme un air de déjà vu :
  • La Médiatrice et, si besoin, la Cour de justice de l’UE, vont être saisies sur ces questions. C’est ce qui avait permis de régler l’affaire glyphosate, où la commission se tenait du côté des industriels…
  1. Le vaccin, dans tout ça ?
  • Il faut en moyenne 10 ans pour mener à terme la création d’un vaccin. La commission l’admet, tout en stipulant que l’urgence actuelle ne s’accommode pas de tels délais.
  • Même vacciné, il faudra conserver les mesures, dans le sens où la question de la contagion, entre autres, n’est pas résolue.
  • On ne connaît pas la durée de vie des anticorps ; peut-être va-t-il falloir se faire vacciner tous les ans.
  • Nouveaux variants, nouveaux vaccins ?
  • Oubli total des questions de traitement ou de prévention de la maladie.
  • Les risques sont réels et multiples, mais l’urgence ne permet pas leur prise en compte. La Norvège, autopsies à l’appui (et c’est bien la seule à en mener), déplore officiellement des morts dus au vaccin.
  • Les tests des entreprises pharmaceutiques n’ont, en grande majorité, pas été réalisés sur des personnes à risque. Pourtant, ce sont les premiers à se faire vacciner. Des cobayes, dont la mort ne sera pas remarquée ?
  • Tous les vaccins sont basés sur la même protéine (spike) ; une mutation de celle-ci et ils sont tous remis en question.
  • La technologie utilisée est récente et comporte encore de nombreuses zones d’ombre.
  • Le mensonge du vaccin gratuit : il sera peut-être fait gratuitement au moment de l’injection, mais il est, en amont, payé par l’argent des contribuables.
  • La vaccination, comme tout autre sujet, pose des questions. Cependant, et cela est bien antérieur à la crise covid, les doutes envers ces vaccins sont inacceptables dans la plupart des débats.
  1. Et le passeport vaccinal ?
  • Discriminatoire pour les personnes fragiles qu’on ne peut, de toute façon, pas vacciner.
  • Discriminatoire pour les pays en voie de développement qui ne pourront pas se le payer.
  • Une baguette magique pour repartir en voyage ? Une illusion de plus.
  • Problème éthique sur la question de la protection des données et de la liberté, ainsi que sur les éventuelles inégalités, le principe de précaution, etc.
  • “Sans certitudes, pas de passeport vaccinal”. Le scepticisme est présent chez les décideurs aussi. Mais face à la pression et à la peur, difficile de douter calmement.
  1. La santé publique colonisée par les groupes privés :
  • Les sphères politiques, les organes exécutifs… gangrenés par des membres ou des personnes liées aux grands groupes pharmaceutiques.
  • COVAX : un outil téléguidé par des groupes privés.
  • Les négociateurs nommés par l’UE pour les contrats d’achat de vaccins sont inconnus du Parlement européen ou du public. Le seul connu est lié à l’industrie pharmaceutique. D’autres le sont supposément.
  • La spéculation boursière autour des actions chez Moderna, Pfizer, a permis à plus d’un de s’enrichir.
  • Les lobbies sont trop puissants. Les politiques sont trop souvent complices, permissifs, obéissants.

Le souhait de Michèle Rivasi

Un pouvoir politique et des institutions transparentes, qui défendent les intérêts des citoyens. Des citoyens eux-mêmes formés et informés, capables d’interpeller leurs décideurs et de saisir des contre-pouvoirs efficaces.

Une société solidaire, et égalitaire.

École, test, Covid …

J’aimerais témoigner, car il est vraiment temps que certaines choses qui se déroulent sous nos yeux se sachent et qu’un maximum de personnes soit au courant. Ce message consiste à raconter ce qu’il se passe avec l’école de mon fils qui a 10 ans et qui est en 5ème primaire.

L’école a été fermée à partir du 19 janvier, la maîtresse de mon fils m’appelle donc le 18 pour m’expliquer que l’école ferme, car il y a beaucoup de cas covid. Elle me dit que tous les élèves de l’école doivent aller se faire tester dès le lendemain ainsi que 7 jours plus tard. J’ai refusé d’emblée, elle a insisté, j’ai dû lui répéter à trois reprises que je n’irais pas. Nous avons eu une discussion à moitié correcte en essayant de faire comprendre à cette enseignante que tout ceci est disproportionné, en vain.

L’école a essayé de me joindre à nouveau le lendemain et je n’ai même pas pris la peine de décrocher. La quarantaine étant jusqu’au 29 janvier (j’apprends par la suite, car je me suis mise en communication avec Isabelle Duchateau de l’association notrebondroit.be, que l’école est déjà hors la loi, car la quarantaine actuelle étant de 7 jours… enfin c’est ce que stipule le décret). Ceci étant dit, les enfants sont supposés reprendre le chemin de l’école le 2 février, sauf que je reçois un courrier le jeudi 28 janvier qui explique que tous les enfants n’ayant pas fait les tests ne recommencent pas avant le 4 février, donc deux jours plus tard ! Apparemment nous serions une cinquantaine sur 270 élèves à ne pas y être allé.

Je ne m’arrête pas là et pousse la porte de la gendarmerie de mon quartier. J’explique la situation à ce commissaire très aimable, qui me dit qu’il ne voit en aucun cas de bonne raison que mon fils ne rentre pas à l’école le 2 février. Je lui demande quels sont éventuellement mes droits si l’école recale mon fils à l’entrée, il me répond que je pouvais si je le souhaitais appeler le 101. Bien sûr, je savais d’emblée que ce n’était pas mon intention, mais je voulais savoir vraiment si j’étais dans mes droits.

Lundi 2 février arrive, j’amène mon fils comme prévu et boum ! Les enseignantes à l’entrée bloquent le passage à mon fils. Elles sont deux. L’une d’elle m’appelle et me dit que mon fils ne peut entrer dans l’école, je lui ai dit très vite (car à la sortie du commissariat j’ai appelé la directrice pour bien lui stipuler que quoiqu’il arrive mon fils serait présent lundi en espérant ne pas faire le 101) donc ils étaient avertis, ce qui ne les a pas empêchés de bloquer l’entrée de l’école, car ils se sentent pousser des ailes et ont pris un pouvoir qu’ils n’ont pas.

Après ça, je suis allée trouver la directrice avec mon fils, je précise que j’entre dans l’école sans mon masque, j’ai « discuté » avec elle un bon quart d’heure, pour qu’à la fin elle me demande : « qu’est-ce qu’on fait donc avec Andréa ? ». – « Et bien Andréa reste à l’école, point ». Les détails de la discussion valent la peine d’être connus, mais je ne vais pas la détailler ici.

Une demi-heure plus tard, je reçois un mail du PSE (NDLR Promotion de la Santé à l’École). Là, la on atteint le summum ! Je lui demande donc qu’elle est le motif de son appel : « De me sensibiliser »… Pardon ? (…)

Je vais chercher mon fils à l’école, je lui demande comment s’est déroulée sa journée et j’apprends donc qu’il n’a pas eu de recrée ni de temps de midi ; qu’il se trouve tout au fond de la classe ! (…)

Rebelote le lendemain matin. J’accompagne mon fils et à peine arrivée devant l’école une voiture de police arrive avec trois policiers à l’intérieur. Ils me demandent de mettre mon masque, mais ce que personne n’avait prévu, c’est que j’ai un certificat médical qui m’en dispense !

Donc en résumé l’école avec la complicité de la commune et du PSE ont bien fait leur job, leur job de collabo du système ! Est-ce que je dois ici détailler la perte de mon sang-froid arrivée devant l’école ! Ce fut extraordinaire ! (…)

Sachez que nous sommes une famille qui ne cherchons de problème à absolument personne, mais simplement là je mesure la gravité de la situation depuis 11 mois, et c’en est trop.

Je ne me suis jamais laissé faire depuis le début. J’ai toujours pris les devants. Mon plus grand fils de 14 ans ne porte pas le masque en classe depuis le début de l’année (certif pour asthme), et bien sûr il est le seul.

Voilà la raison de mon mail, que les parents puissent savoir qu’en aucun ça les tests sur leurs enfants sont obligatoires malgré la pression de l’école. Qu’ils arrêtent de tester leurs gosses.

Petite précision. Ceux qui sont sortis positifs avaient pour la plupart des gastros, un peu de fièvre pour d’autres… Beaucoup de parents sont sortis positifs sans aucun symptôme… J’ai demandé à mon médecin traitant s’il y avait eu des cas de covid récemment au sein des écoles ; il m’a dit qu’il y a 15 jours d’ici une épidémie de gastros circulait, donc c’est normal que ça tourne… Vraiment affolant.

Ils ont même réussi à dire que c’était bien le nouveau variant qui circulait dans l’école ! Mais non !

J’aimerais que mon témoignage, même anonyme, circule sur le net.

Marilyne

Séparation Inhumaine

Bonjour, suite au témoignage sur votre page concernant la situation de mon frère Bruno trisomique, je vous envoie donc mon histoire.

Je suis la tutrice de mon frère depuis le décès de mes deux parents, à la demande de ma maman.

Bruno réside dans un institut d’Andenne depuis l’âge de 13 ans. Il a été évalué plus ou moins autonome il y a une dizaine d’années et donc mis en maison autonome avec une dizaine d’autres résidents.

Lorsque maman était encore en vie, il revenait chaque week-end et toutes les vacances… À cette époque l’institut faisait déjà des remarques car Bruno était trop souvent hors de l’institut. Lorsque maman est décédée il y a 4 ans, il revenait chez moi un ou deux week-ends par mois, car étant éducatrice et travaillant parfois le week-end il m’était impossible de le prendre plus.

Depuis le 28 février 2020, il n’a pu venir qu’un seul week-end… L’institut se plie à tous les caprices de Sciensano: une fois oui une fois non, et puis tout compte fait non, les résidents ne peuvent plus retourner en famille tant que le vaccin n’est pas fait et acté avec succès.

J’ai refusé qu’on vaccine Bruno… À savoir qu’il a eu la covid à deux reprises: une fois en avril et une fois en mai… Et il est en pleine forme. 

Alors ma question est… Qu’en est-il de mon refus de vaccination pour Bruno?

Qu’en est-il de ses retours, car je refuse de me faire vacciner ?

Merci de m’avoir lu.

J’espère pouvoir trouver une solution.

L’homme a oublié d’aimer… Nous devenons des machines… Le chacun pour soi est de mise…

Ce n’est pas possible de laisser faire ça…

Un seul mot : inhumain.

Carla 

Les médecins demand[ai]ent qu’on les écoute – version courte

Alors que la politique « sanitaire » n’est aujourd’hui axée que sur une vaccination massive à force de culpabilisation, d’obligation « choisie » et de propagande inédite, qui a tiré ses meilleurs enseignements du marketing, il est indispensable de comprendre le contexte qui a préparé à cela. Car qui peut dire que tout n’a pas été fait pour en arriver là?

Quatre médecins s’exprimaient sur la gestion de la crise sanitaire il y a 6 mois. Quatre réalités identiques, où il leur a été interdit d’exercer librement. 

La rubrique nécrologique dicte les mesures politiques de De Croo

Aucun débat, aucune prise en compte de l’équilibre bénéfices/coûts, censure établie comme réponse gouvernementale, Kairos réduit au strict minimum de temps de parole, puisque ils sont « obligés » de nous laisser la parole. Rien ne va plus!

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Appel à la désobéissance

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Soyons des milliers!

Illustration: Alice Magos

Appel à la résistance citoyenne face à la tyrannie Covidique !

De plus en plus de collectifs se constituent face aux mesures liberticides, aux aberrations politiques, au carnage en cours. Parmi ceux-ci, le Carnaval des sourires, qui veut lutter contre la dictature sanitaire. Touchés en France par ce que Kairos et son rédac-chef ont fait en conférence de presse, ils nous ont contactés. Le collectif veut revoir les sourires, trop longtemps cachés sous ces muselières que sont les masques.

Comment est né votre collectif ?

Nous sommes un petit collectif composé principalement de trois citoyens d’horizons très différents, de croyances, d’opinions, d’origines et de formations très diverses (Manon, Faustina et Khaled), mais unis pour la même cause : la lutte contre cette dictature sanitaire sévissant en France, en Belgique, et dans le monde, visuellement incarnée dans le port obligatoire du masque.

Pourquoi avez-vous décidé de mener ce combat ?

Depuis un an déjà, ce coronavirus dirige nos viesdétruisant au passage nos libertés, les liens sociaux, notre santé physique et mentale et notre économie. C’est une politique de la terreur qui est mise en place dans nos démocraties, alimentée par des mesures répressives et de propagandes politico-médiatiques.

Différents secteurs économiques sont en train de s’effondrer entraînant dans leurs chutes la culture, l’hébergement, la restauration, le tourisme, le social, avec pour conséquence : chômage, pauvreté, détresse morale et physique, suicide… Des citoyens sont licenciés s’ils osent parler ou émettre une opinion, une interrogation. Nos familles, nos amis souffrent, ne sachant plus comment se comporter en société, les uns avec les autres. Un climat de méfiance et de peur s’installe inexorablement. Des conflits éclatent au sein même de nos proches entraînant de la violence verbale et physique. Le danger est grandissant !

Les personnes âgées sont emprisonnées et ne voient plus personne, n’ont plus le droit de sentir de la chaleur humaine, tellement vitale pourtant pour les maintenir en vie. L’excellent documentaire de Mr Eric Gueret, « Vieillir enfermés », diffusé sur ARTE il y a 1 mois, l’illustre très bien.

Les enfants sont séparés de leurs camarades. Ils n’ont plus accès aux sports, aux loisirs et autres activités extrascolaires. Ils ne peuvent plus profiter du sourire et des multiples expressions faciales de leurs instits, tant primordiale à leur croissance motrice et mentale. Les psychologues, les orthophonistes tirent la sonnette d’alarme !

Masques et Covid, comment vous voyez cela ?

Le coronavirus a, pour majorité, des effets de syndrome grippal, avec des conséquences en général bénignes sur la quasi totalité des gens. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 0,023% de décès reconnus Covid 19 sur le nombre de gens en contact avec ce virus dans le monde ! (source : statista.com). Au début de la crise, on mettait le masque parce qu’il y avait le Covid 19. Maintenant, à l’inverse, il y a le « Covid 19 » parce qu’on met le masque. Celui-ci est le signe le plus visible de la lutte contre le SARS Cov 2. Il est le symbole ; le fer de lance et la justification de presque toutes les mesures oppressives de nos gouvernements : on porte le masque parce que le virus serait « dangereux », mais inversement le virus est dangereux parce qu’on porte le masque.

Qu’est-ce qui se cache derrière le Covid ?

Ce virus est la représentation visuelle que le monde est malade ! La fin de l’état de droit et la tyrannie sanitaire sont-elles scientifiquement et juridiquement justifiées ? Jusqu’à l’apparition du Covid, les « masques sanitaires » n’étaient employés que dans un bloc aseptisé et pour un seul but : limiter la propagation des bactéries, plus grosses que les virus. Les masques chirurgicaux n’ont jamais été utilisés pour contrer les virus dans le milieu médical ! Il est écrit jusque sur leurs boîtes d’emballage que ces masques ne protègent pas des virus dans un sens ou dans l’autre !

Quel est votre objectif ? Comment comptez-vous passer à l’action ?

Nous voulons faire tomber les masques aussi collectivement que possible . « Tant qu’il y aura le masque, il y aura le covid 19 ! ». Nous avons conceptualisé l’idée d’un « Carnaval des sourires ». Ceci faisant contre-pied au principe de ces fêtes généralement déguisées et masquées. Le jour J resterait à déterminer ensemble, collectivement. Plus on serait nombreux à vouloir répondre à cet appel, plus l’action sera forte, belle et noble !

Un petit message pour susciter chez le plus grand nombre l’envie de vous suivre ?

Aucune tyrannie du passé n’avait encore osé toucher au principe de la respiration même de son peuple et lui faire payer le prix de l’oxygène à coups de contravention et de prison.

Si le masque tombe, c’est toute la manipulation de nos gouvernements qui tombe avec eux.

Citoyens, internautes, alerteurs, réveillez-vous ! Unissons nos forces et choisissons ensemble ce jour J du démasquement général de la population, à partir de l’ouverture symbolique de notre carnaval des sourires.

Faustina, Khaled, et Manon, pour « Le Carnaval des sourires »

Plus d’infos ici :

https://carnaval-des-sourires.over-blog.com/2021/02/manifeste-pour-un-carnaval-des-sourires.html

https://carnaval-des-sourires.over-blog.com/2021/02/rappel-d-outre-tombe-a-la-resistance-des-francais.html

Le covid, la mort et le système médico-technique

Ce qui suit n’est qu’un témoignage personnel qui ressemble très probablement à des centaines d’autres histoires individuelles vécues depuis près d’un an. Il a la seule particularité d’être passé au crible d’une grille de lecture qui s’inquiète de la progressive déshumanisation de la médecine qui accompagne l’irruption de technologies toujours plus lourdes et plus complexes.

C’était un couple ordinaire de paisibles octogénaires. Monsieur avait bien des problèmes de santé qui avaient réduit son autonomie, mais, avec des soins à domicile appropriés, tout se passait plutôt bien. Mais voici qu’un jour, une perte de conscience momentanée lui fait perdre l’équilibre et le fait chuter lourdement. Ses proches, inquiets, appellent logiquement les urgences et celles-ci jugent prudent de l’emmener à l’hôpital. Ceci se passant au sud-est de la région bruxelloise, l’hôpital le plus proche est, hélas, le site Delta du Chirec.

Là commence le parcours plutôt habituel de quelqu’un d’âgé qui arrive pour la première fois dans un hôpital de pointe : des séries d’examens les plus divers, dont certains fort invasifs, amènent des diagnostics plutôt inquiétants, mais sans engager le pronostic vital. Comme le dit la sagesse populaire : « Quand on entre à l’hôpital, ils vous trouvent toujours quelque chose… ». La multiplication d’actes techniques est, on le sait, la manière qu’ont beaucoup d’hôpitaux d’assurer leur rentabilité, chaque acte étant remboursé généreusement. Heureusement Monsieur dispose de la célèbre assurance santé DKV qui lui permettra d’amortir le coût.

Quelques jours plus tard, l’épouse de Monsieur connaît de graves problèmes au tube digestif (conséquence du stress ?) et doit être, elle aussi, hospitalisée, même direction… Intervention chirurgicale et voilà que les deux membres du couple, plutôt fusionnel, se retrouvent dans la même chambre, ce qu’ils apprécient évidemment. Si tout n’est pas rose, ils font contre mauvaise fortune bon cœur, même si les règles d’isolement les empêchent de voir leur famille, notamment leur fille très proche d’eux.

Irresponsabilité vs dignité

Mais on apprend brutalement qu’un visiteur indu (grâce à quel privilège ?) est, lui, entré dans le service de gériatrie et, étant donné qu’il était porteur du virus tant redouté, il s’avère qu’au moins une demi-douzaine de patients du service gériatrie sont rapidement infectés, dont les deux membres du couple. Chez Monsieur cela se passe de manière asymptomatique, mais Madame développe rapidement une forme sévère. Que croyez-vous qu’il se passa ? Que l’hôpital va les prendre en charge, assumant la responsabilité de la faute commise ? Pas du tout : Monsieur est renvoyé chez lui rapidement bien qu’il soit évident qu’il ne peut vivre seul. Sa fille, obtient rapidement un congé pour assistance familiale (merci les syndicats de s’être battus pour obtenir ce droit) et l’assister en continu.

Quelques jours plus tard, Madame est, elle aussi, renvoyée à la maison avec des propos indignes du responsable du service : c’est une malade difficile ; qu’elle soit ici ou à la maison, c’est la même chose : on ne peut plus rien faire pour elle… De fait, elle tiendra 24 heures avant de commencer à étouffer. Heureusement, un hôpital public, celui d’Iris-sud Ixelles, la prendra en charge et la traitera, lui, dans la dignité. Le service des soins intensifs accompagnera Madame et sa famille avec une grande humanité, permettant, avec des règles de sécurité maximales (genre habit de cosmonaute), à ses enfants d’accompagner la malade lors de ses derniers instants. Des médecins et psychologues ont longuement pris le temps d’expliquer son état de santé, d’échanger sur les soins encore à donner, pourquoi il était inutile de la faire souffrir inutilement en l’intubant. Son départ fut paisible.

Police sanitaire

Deux personnes positives au covid ayant été renvoyées à la maison, le service de traçage/testing contacta Monsieur, et enquêta afin de connaître les cas-contact. C’est ici que votre serviteur, dit le beau-fils, entre en scène. Après 10 jours de stress intense et de rudes émotions, la fille du couple, ma compagne, connut elle aussi des problèmes de santé et ne parvint plus à assurer les soins constants à son père ; j’emménageai donc auprès d’eux et devins un cas-contact de première ligne[note]. Il fut étonnant d’entendre les conseils que prodiguaient nos braves conseilleurs : mettre des masques, rester à distance, etc., etc. Si vous leur faisiez remarquer qu’aider une personne en perte d’autonomie à se lever, à s’asseoir, à aller aux toilettes, à manger est totalement impossible selon leurs normes, ils restaient sans voix avant de répéter les mantras que tous connaissent par cœur aujourd’hui.

Alors, on assume et fort logiquement, après quelque temps, les tests obligatoires tous les 7 jours se révèlent positifs. Mais on était prêt.e.s et l’on sait que, comme le disait le Dr Antoine Béchamp (1816-1908), le rival de Pasteur : « Le virus n’est rien (ou pas grand-chose), le terrain est tout », alors on prend nos vitamines D et on demande à nos lymphocytes B et T de se mobiliser[note].

La fréquentation du système sanitaire est-elle aussi édifiante : j’ai été victime d’un bug qui fait que j’ai reçu plusieurs fois les codes (à 16 signes) qui donnent accès aux centres de test (aucun ne marchait). Ma compagne a reçu une annonce de négativité qui lui a permis de sortir et de faire une série d’activités jusqu’alors interdites…jusqu’à ce que le lendemain on lui annonce l’exact contraire : ils s’étaient trompés et avaient envoyé le résultat du test précédent ![note] Mais pis que tout est l’omniprésence de l’informatique. Les résultats codés sont envoyés par mail, en vous conseillant l’app coronalert dont vous n’avez évidemment pas voulu. Planté pour un de mes derniers résultats, car ne disposant pas du lecteur de carte d’identité adéquat, j’ai tenté de trouver des interlocuteurs humains. Si, si, cela existe. Là, c’était original : on vous annonce que vous êtes l’appelant n°20, puis 19, 18… Au bout d’une heure et demie, c’est votre tour et vous apprenez que si le résultat existe quelque part, il n’est pas encore arrivé là où vous avez appelé et que demain, peut-être… J’avoue avoir été méchant avec la pauvre téléphoniste qui a fini par me dire qu’avec sa collègue, elle en prenait plein la g… de tas de personnes mécontentes ou désespérées. Deux malheureuses sont là pour éponger les plaintes de milliers de victimes de la fracture numérique… Le lendemain, je téléphone à 9h00 et 5 secondes et suis directement n°4… 15 minutes plus tard, j’apprends que mon résultat est arrivé… mais qu’on ne peut pas me le donner : il faut que j’envoie un mail avec une copie scannée de ma carte d’identité à leur adresse mail. Je ne mourrai peut-être pas du covid, mais, là, j’ai failli mourir d’énervement.[note]

L’inhumanité numérique

Ce qui précède n’est hélas pas original, cela a dû arriver à une bonne partie des proches des 21.750 victimes belges du covid ou des 741.000 qui ont été déclarés covid-positif. J’ai donc testé pour vous, à mon corps défendant, un parcours chaotique où j’ai rencontré des îlots de bienveillance, venus d’un passé où l’on a réussi à construire un système médical assez exemplaire, avec des professionnels compétents et doués d’empathie. Ceux qui veulent le détruire appellent cela l’État-providence et pour eux c’est une insulte puisqu’ils préféreraient voir s’installer la jungle sans État. Mais avec l’irruption du covid, avec les coupes budgétaires réalisées dans les soins de santé, avec l’irruption d’une médecine de plus en plus technique, avec des praticiens qui semblent avoir oublié ce qu’est le serment d’Hippocrate, j’ai aussi découvert la face sombre de la modernité médico-technicienne.

Je ne sais combien a coûté ce système abscons de délivrance des résultats des tests par informatique, mais vu les longues heures que cela prend pour se dépatouiller, parfois, c’est d’un rapport qualité/prix désastreux. Certes, l’alternative ce serait d’engager quelques dizaines d’humains qui prendraient la peine de vous contacter, comme ils le font d’ailleurs pour vous tracker/tracer pour obliger tous les cas-contact que vous devez dénoncer à se faire tester.

Ceci n’est sans doute qu’un exemple parmi d’autres de la dictature digitale[note] que certains veulent imposer à l’occasion de l’épidémie. Il est étonnant de voir les médias encore tenter de vendre les pseudos avantages du virtuel alors que les étudiants saturés de cours en ligne, les travailleurs épuisés par le travail à domicile, les militants ulcérés par l’inefficacité des vidéo-conférences (les branchés appellent cela des webinaires)… vous disent tous leur ras-le-bol.

Quand les révoltes seront encore montées d’un cran, quand les peureux auront compris qu’on a les a souvent inutilement effrayés, peut-on espérer une réaction majoritaire pour s’opposer à ces dérives ? Sinon, comme le dit Souchon, nous irons tous vers L’utra-moderne solitude

18 février 2020

Un musicien se révolte – Interview de Quentin Dujardin

Quentin Dujardin, guitariste et compositeur belge, est né dans la musique. Les mélomanes et autres amateurs de jazz le connaissent au travers de ses nombreux albums et collaborations; d’autres l’ont peut-être entendu dans l’une ou l’autre de ses compositions qui ont accompagné un film.

Privé depuis presque un an de son art, Quentin Dujardin a décidé le 14 février de donner un concert dans une église, respectant les strictes conditions imposées au culte. Il n’aura pas fallu un morceau pour qu’on ne lui réclame pas un second, mais sa carte d’identité.

Interview d’un musicien passionné de son art, qui ne se fait pas seul, car la musique est rencontre. Mais il ne faudra pas longtemps pour que la passion de tous ces artistes se transforme en rage.

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Témoignage d’un jeune de 19 ans : « Le dogme du Covid-19 »

Il y a bientôt un an, on nous annonçait qu’on allait devoir se confiner pour éviter de propager un dangereux virus venu de Chine. J’avais déjà remarqué que les chiffres ne semblaient pas aussi alarmants que ce que les médias disaient. Bien que les décisions me semblaient déjà plutôt excessives, j’acceptais la situation. Je me rendais compte de l’opportunité de prendre du temps pour moi et de poursuivre mes projets tranquillement hors d’une société agitée, tout en ayant bien conscience de l’afflux d’informations anxiogènes relayé par les médias et de la propagande de masse en cours.

À ce moment, je me questionnais déjà sur les intérêts politiques et économiques dans la gestion du virus qui en quelques mois était devenu le centre de l’attention. Plus rien d’autre ne semblait avoir d’importance, toutes les autres causes tout aussi importantes furent et sont toujours mises de côté. À cette période, on pensait encore qu’après quelques mois on allait pouvoir revivre normalement, faire la fête, sortir, rencontrer du monde, vivre, en gros.

Ce qui suivit fut bien loin de tout ce que j’avais pu imaginer.

En été, les mesures commencèrent à se relâcher. On nous parlait de déconfinement. J’ai alors cru que nous allions progressivement pouvoir revivre normalement. Malheureusement, quelque temps après de nouvelles mesures arrivèrent. Des mesures de plus en plus incohérentes, liberticides et autoritaires. Une fermeture de tous les établissements excepté les bureaux, un envoi de la culture au mouroir, un couvre-feu totalement injustifié, l’interdiction de manifester, des étudiants enfermés seuls chez eux derrière leurs écrans à une période de développement de la personnalité où le contact social et à la vie est primordial. L’obligation de porter le masque partout en extérieur[note] (L’OMS n’ a jamais préconisé cette mesure et une étude scientifique danoise a notamment démontré son inefficacité).

Accompagnée de cela, une censure omniprésente de tout avis divergents par les médias et les différents réseaux. Enfin, l’instauration d’une pensée dominante irréfutable. En effet, de nombreux médecins et professionnels de la santé tels que le professeur Christian Perronne, Jean-François Toussaint, Pascal Sacré ou encore Louis Fouché pour en citer quelques-uns, ont donné des avis bien différents des médias traditionnels. Ils ont été étiquetés de conspirationnistes, ou encore de “rassuristes”, des termes très utiles pour les médias qui s’en servent à tout va pour rejeter tout avis n’allant pas dans le sens de la pensée dominante, l’entrée dans le dogme du covid-19.

Par ailleurs, on sait depuis un moment que le virus n’est dangereux que pour une minorité bien définie. Pourtant les restrictions recouvrent l’entièreté de la population, provoquant des tas de conséquences désastreuses pour lesquelles aucune balance bénéfices/risques n’a été établie lors des prises de décisions. Le climat dans les rues et les transports en commun est malsain. On sent la détresse psychologique des gens, leur ennui, la frustration de n’être réduits qu’à des robots fonctionnels, privés de toutes formes de loisirs et d’épanouissement social. Ce que je vois autour de moi est semblable en tous points à une dystopie. Si les gens ne se réveillent pas et continuent à obéir docilement, je crains énormément pour notre avenir, en particulier pour nous les jeunes qui sommes enfermés chez nous depuis bientôt un an.

Nous avons déjà pour la plupart conscience des graves enjeux écologiques et économiques auxquels nous allons devoir faire face au cours des prochaines décennies. De plus, on nous prive de liberté, de loisirs, de contacts sociaux et l’on a toujours aucune perspective en vue d’un retour à la « normale ». Il n’est pas étonnant qu’énormément de jeunes soient en détresse psychologique.

Si les gens ne se réveillent pas et continuent à obéir docilement, je crains énormément pour notre avenir, en particulier pour nous les jeunes qui sommes enfermés chez nous depuis bientôt un an.

Enfin, les médias et les politiques cherchent à nous culpabiliser et à nous montrer du doigt comme responsables de la continuité de l’épidémie par un non-respect des mesures. Alors que celles-ci sont totalement injustifiées et qu’aucun retour sur leur efficacité ne nous est démontré.

D’ailleurs ce ne ce sont pas que les jeunes qui doivent subir les conséquences de la gestion catastrophique de cette crise. Je vais justifier mon affirmation dans les lignes qui suivent par une expérience personnelle. Mon arrière-grand-mère est décédée de vieillesse il y a un mois. À l’âge de 97 ans, elle tomba chez elle, se cassa le col du fémur et fut emmenée à l’hôpital, puis en centre de résidence. Bien que l’on pressentait qu’elle n’en avait plus pour longtemps, elle n’avait droit qu’à une visite d’une personne « de référence » de 40 minutes une fois par semaine, dû aux restrictions covid. Là-bas, on lui fit un test PCR et on la mit en quarantaine. À deux reprises, y compris le soir de Noël. Dans sa chambre d’hôpital, on la laissa mourir seule, isolée de sa famille et du reste du monde. Contre son gré, elle fut obligée de passer les dernières semaines de son existence en isolement.

Elle n’est certainement pas le seul cas. Je pense aux êtres en fin de vie qui ne peuvent plus voir personne. Préfèrent-ils risquer de mourir du covid ou passer leurs derniers instants isolés ? On ne leur a pas demandé leur avis, tout comme on n’a demandé l’avis de personne dans les décisions. Cela relève bien le caractère antidémocratique de la gestion actuelle où nous sommes tous contraints d’obéir docilement au nom du tout puissant covid.

J’aimerais également souligner le caractère hypocrite du discours de l’État. Depuis quand avons-nous décidé d’appliquer le risque 0 et si c’est ce que nous voulons alors pourquoi n’est-ce appliqué que pour ce qui relève du sars-cov-2 ? En effet, on nous répète encore et encore que tout ça est pour notre santé et notre sécurité. Je ne vois pourtant pas toutes ces mesures et restrictions pour diminuer les morts de la pollution, des accidents de la route, du suicide ou du tabagisme. On nous dit que c’est pour notre bien, notre santé. Actuellement, la santé mentale, et par conséquent aussi physique, est mise à mal. Des masses de gens se trouvent démoralisées et isolées. D’après une étude réalisée par Sciensano[note], le taux de personnes de plus de 18 ans sujettes à des idéations suicidaires entre mars et juin 2020 fut de 8%, dont 0,4% ayant tenté de mettre fin à leurs jours, cela représente le double par rapport à l’année 2018, et ce pour un laps de temps 4 fois plus court.En effet, durant les 12 mois de l’année 2018, il y a eu 4% de personnes sujettes à des idéations suicidaires, dont 0,2% ayant commis l’acte. Cela représente deux fois moins de personnes sur un laps de temps 4 fois plus long.

J’ai moi-même voulu voir un thérapeute et il se trouve qu’il faut attendre des mois pour en voir un tellement les demandes d’aide sont importantes.

Je ne vois pourtant pas toutes ces mesures et restrictions pour diminuer les morts de la pollution, des accidents de la route, du suicide ou du tabagisme.

Par le biais de messages de propagande qui prônent une soi-disant sécurité, on assiste à une manipulation des masses historique. Je dois ici admettre mon ignorance sur bien des choses. Je ne sais pas exactement ce que l’état cherche à faire en prenant ces décisions ni les intérêts qui se cachent derrière. À vrai dire, je préfère ne pas m’avancer là-dedans, cela resterait trop hypothétique étant donné le peu d’informations sûres auxquelles j’ai accès.

Ce qui est certain, c’est que la plupart des décisions ne sont pas prises dans l’intérêt du peuple. La privation de liberté, l’isolement social, l’instauration de la pensée unique, la censure, les prises de décisions par arrêté ministériel, tout ça relève de traits totalitaires.

En vue de la gravité de la situation, j’appelle le peuple à la désobéissance civile et à la rébellion.

Oscar

Le débat n’aura pas lieu

Le 12 février, nous envoyions un émail à Arnaud Ruyssen[note], en l’invitant à participer à un débat avec Bernard Crutzen. Le premier avait sur les ondes de la RTBF critiqué le documentaire réalisé par le second, Ceci n’est pas un complot. Les Décodeurs avaient alors décodé entre eux, fait leur « débat » en interne, longuement parlé du documentaire sans rien en dire, prenant surtout la défense d’eux-mêmes[note]. Nous ne nous faisions pas beaucoup d’illusions sur la décision d’Arnaud Ruyssen. En effet, deux jours après, ce dernier nous répondait:

« Merci pour l’invitation mais très franchement, je ne me sens pas porte-parole « des médias », ou d’une profession. J’ai réagi sur FB parce que j’estimais que ce documentaire manipulait la réalité et salissait de manière peu honnête le travail de beaucoup de journalistes, dont le mien.  J’ai répondu aussi aux questions de Matin-Première parce que j’estimais utile d’expliquer au public que nous sommes conscients que notre travail n’est pas parfait et que nous le réinterrogeons souvent.


Pour le reste, je souhaite maintenant me reconcentrer sur le cœur de mon métier, que j’essaye de faire le plus honnêtement et consciencieusement possible.  Je ne doute pas que vous trouverez des responsables de médias (ce que je ne suis pas) ou des experts (infectiologues, épidémiologistes…) qui pourront débattre de manière constructive avec Monsieur Crutzen. »

Quand les médias se justifiaient entre eux

Il ajouta en post-scriptum de son mail: « ma collègue Marie Van Cutsem avait tenté de joindre B. Crutzen avant l’émission mais sans réponse de sa part », comme pour dire qu’ils avaient voulu l’inviter et que la faute en revenait à celui qui n’avait pas donné réponse, qu’eux étaient ouverts au débat « au contraire de… », alors même qu’une journaliste de l’émission à laquelle participait Arnaud Ruyssen exprimait: « Nous aurions pu fast-checker tout le documentaire, reprendre les éléments les uns après les autres, mettre Bernard Crutzen face à un journaliste RTBF par exemple, mais il était impossible d’être exhaustif en quinze minutes de débat, ce qui allait être critiqué, et il nous semble que nous allions finalement aussi produire la polarisation que construit le film, un camp contre l’autre. Notez que j’ai appelé et laissé un message à Bernard Crutzen et que je n’ai pas eu de réponse » Ce à quoi le présentateur de l’émission ajouta instantanément: « oui, précision importante évidemment »…

« Nous aurions pu », « nous aurions pu »… ou comment le format journalistique que l’on choisit arbitrairement de donner justifie les règles que l’on se fixe. Devant une défiance de plus en plus grande à l’égard des médias mainstream, ceux-ci adoptent une posture défensive, et contre-attaquent. Nullement prêts à se remettre en question, ils en deviennent pathétiques. Heureusement, de plus en plus de citoyens réalisent le rôle primordial des médias de masse dans le maintien d’un système inique et délétère, écueils dans la possibilité de fonder une véritable démocratie.

Ma réponse fut donc à la mesure de la prise de conscience de ce rôle de serviteur du pouvoir qu’occupent les médias:

« Merci de votre réponse. Je n’ai pas demandé à interviewer un « porte-parole » des médias, mais un journaliste qui a pris position publiquement par rapport au documentaire Ceci n’est pas un complot. J’aurais voulu vous entendre sur certaines de vos critiques, face à Bernard Crutzen, qui aurait pu y répondre .

Je constate que c’est impossible ».

Le rôle de la formation des médecins et de l’épistémologie médicale dans la crise de la Covid 19

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Par

  • Florence PARENT, médecin, Docteur en santé publique. Coordinatrice du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM);
  • Fabienne GOOSET, docteur en lettres, certifiée en éthique du soin ;
  • Manoé REYNAERTS, philosophe, membre du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM);
  • Helyett WARDAVOIR, master santé publique, membre du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM);
  • Dr Isabelle François, médecin et psychothérapeute, membre du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM);
  • Dr Véronique BAUDOUX, médecin généraliste;
  • Jean-Marie DEKETELE, professeur émérite de l’UCL et de la Chaire UNESCO en Sciences de l’Éducation (Dakar).

La crise de la Covid a suivi, assez mondialement mais surtout en Occident, une même orientation dans sa gestion décisionnelle :

  • Evidence based medecine (EBM)
  • Hospitalocentriste

C’est en France que s’est cristallisé un débat que l’on pourrait nommer d’épistémique (ou épistémologique). C’est-à-dire qui questionne le mode même d’apprentissage et de pratique de la médecine, entre, d’une part, les protagonistes d’une EBM hégémonique qui agissent uniquement à partir de la preuve de l’efficacité d’un traitement. Cette preuve devant être fondée sur un essai contrôlé randomisé et un « peer review ». De l’autre, on retrouve les protagonistes d’une pratique médicale où l’EBM accompagne l’expérience clinique et intervient en tant qu’outil d’aide à la décision, mais n’empêche pas celle-ci au profit de la responsabilité individuelle.

Cette opposition a parfois été relayée dans la presse comme celle opposant « scientistes et empiristes »[note]. Si nommer ainsi les choses est assez juste, il y a le risque tout de même de considérer la connaissance scientifique comme uniquement du côté des « scientistes », d’où le « boycott » violent et socialement préjudiciable de ceux traités par exemple de « charlatans ».

Cependant, c’est mal connaître la définition originelle de l’EBM. En effet, si l’on s’en réfère à des auteurs comme Sackett[note], l’EBM avait comme objectif de proposer un nouveau cadre pour guider l’action médicale, articulant judicieusement à la fois l’expérience des praticiens, les meilleures données scientifiques disponibles (à un temps « T0 » opportun à l’action ‘hic et nunc’), et les préférences d’un patient informé, rejoignant la clarification développée par Folscheid[note], selon laquelle, en dépit des stéréotypes répandus prétendant que d’art qu’elle était, la médecine serait devenue une science, « la médecine n’est […] ni une science ni une technique, mais [bien] une pratique soignante personnalisée, accompagnée de science et instrumentée par des moyens techniques », c’est-à-dire une praxis.

Le problème est que le projet princeps de l’EBM s’est radicalement rétréci à l’issue d’une dérive technoscientifique et normative[note] aussi insidieuse qu’implacable, sur une conception positiviste de la démonstration et de la preuve. Cette dernière probablement perçue comme unique source d’une réassurance face aux incertitudes à affronter.

Ce besoin de certitude amène à s’exonérer de notre responsabilité individuelle dans la prise de décision en déléguant celle-ci à la science ou à la technique. Ainsi passent à la trappe l’expérience du praticien, la dimension relationnelle et toujours singulière avec son patient, le contexte éminemment spécifique sur de nombreux plans. Tout ce qui fait la diversité du particulier. D’autre part, en délégant notre doute à la seule méthode (expérimentale dans le cas de l’EBM), nous donnons le plein crédit à une science positiviste qui peut, aujourd’hui plus que jamais, être dévoyée[note]. L’exemple en a été donné avec le scandale de l’article du Lancet[note].

Dans la formation médicale, l’épistémologie institutionnelle dominante, voire hégémonique, est l’épistémologie positiviste. C’est-à-dire que les connaissances médicales vont prioritairement s’acquérir sur de longues années d’études, à partir de savoirs jugés universels sur base de la méthode scientifique positiviste.

Cependant, en suivant cette piste, on se rend bien compte que l’on perd deux éléments essentiels, ayant, par ailleurs, fortement manqué dans la gestion de cette crise :

1) Une épistémologie qui soit plus proche du terrain, des situations, de l’action, en d’autres mots, une épistémologie de l’expérience, du processus ou de l’agir[note] plutôt que du seul savoir ou de la seule théorie, des chiffres et statistiques se voulant être des universaux ;
2) Une épistémologie plus ouverte et non réduite (réductionniste) à la seule méthode positiviste, c’est-à-dire une épistémologie favorisant la science au pluriel en référence à l’ouvrage de Leo Coutellec[note]

Une autre manière d’aborder ce problème est de partir de ces figures. Si la masse critique des étudiant-e-s en médecine est formée prioritairement sur base d’une accumulation de savoirs théoriques définis par la méthode positiviste, il lui sera difficile, ensuite, dans sa pratique professionnelle, de rompre avec un besoin sécuritaire de protocoles, normes, guidelines et EBM[note]. La Covid 19 a illustré ce problème.

La figure 1[note] ci-dessous propose un regard critique sur les cursus de formation en médecine où l’enjeu serait, à l’inverse, de partir des capacités attendues dans la vraie vie, et d’amener ‘toute cette incertitude’ dans les cursus de formation. C’est ce qui est développé dans la tribune référencée.[note]

Figure 1 : Un modèle de programme d’études soulignant l’importance des résultats éducatifs dans la planification des programmes

Partir de la réalité (de situations professionnelles vécues) afin de construire un curriculum permettrait alors de développer des compétences professionnelles en reconnaissance de savoirs provenant d’épistémologies d’autres champs disciplinaires [note]. Une telle attitude ouvrant notamment à l’interprofessionnalité[note], à l’intelligence émotionnelle et relationnelle [note], de même qu’à une attention aux enjeux éthiques tels les préjugés et les phénomènes discriminatoires facilement véhiculés dans le milieu très normé du monde médical [note], mais aussi ceux liés à l’autonomie du patient[note].

On l’a vu avec les décisions, – ou positions -, relatives aux interventions non thérapeutiques et à la prophylaxie, toutes tellement en contradiction avec la définition de la santé de l’OMS :« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».  La vision holistique de la personne a totalement fait défaut, reflétant en cela, très directement, l’orientation de la formation médicale : bioclinique, EBM, normative et hospitalocentriste.

La figure 2 qui suit rend compte comment la pédagogie est un « levier » ayant contribué à une gestion hospitalocentriste de la crise de la Covid 19. Nous la reprenons d’un éditorial publié dans une revue d’éducation médicale[note], en reproduisant intégralement un extrait du commentaire qui l’accompagnait. On le doit à Charles Boelen, coordinateur du dictionnaire sur la responsabilité sociale des facultés de médecine[note] :

Figure 2 : le carré de White

L’histoire. . .

Sur une population de 1000 citoyens (voir l’aire 1 du tableau de gauche), 750 présenteront un souci de santé (aire 2), parmi lesquels 250 consulteront un personnel de santé de première ligne (aire 3). Parmi ces derniers, 50 seront examinés par un spécialiste (aire 4) et un seul (aire 5) sera admis à l’hôpital universitaire. Le tableau de droite met en parallèle 1000 heures de formation pratique d’un étudiant en médecine. On notera qu’une grande partie de son temps se passe en milieu hospitalier (aire 1), avec une propension pour les services spécialisés (aire 2), une fréquentation bien moindre de structures hospitalières périphériques ou centres de santé (aire 3), quelques heures en cabinet de médecine générale (aire 4) et très peu de temps au sein de structures lui permettant de comprendre les déterminants de santé de la population générale (aire 5). Comparons les deux tableaux : le volume horaire de formation pratique semble inversement proportionnel à l’épidémiologie et à la fréquence des situations auxquelles sont exposés les citoyens.

Ce décalage ne nous étonne guère ! Aujourd’hui encore, l’essentiel des fonctions attribuées au médecin se rapporte au contrôle de la maladie, laissant une moindre place aux stratégies de santé et à leurs corollaires de prévention, d’éducation et de promotion.

À Retenir

• L’EBM est un outil d’aide à la décision et ne devrait pas se substituer à la responsabilité du/des décideur(s) ;
• La médecine est une praxis actuellement fondée sur une épistémologie de la science et non de l’agir, engendrant une situation qui est source de beaucoup d’ambiguïtés vécues pendant la crise de la Covid ;
• La formation médicale ne prépare pas les médecins à une vision globale ni de leur système de santé, ni de la personne, ni de la santé elle-même ;
• Dans la formation médicale, la priorité donnée au jugement déterminant[note] relativement au jugement réfléchissant détermine le monde médical comme terreau à des dérives normatives.

Ces éléments ont fortement contribué aux orientations de la gestion de la crise sanitaire.

Nous encourageons le lecteur à prolonger cette réflexion en se référant à la tribune : Becoming a Physician Tolerating Uncertainty — The Next Medical Revolution ?[note] dont la dernière phrase conclut notre carte blanche :
« Ironically, only un-certainty is a sure thing. Certainty is an illusion ».

Les jeunes ont leurs maux à dire… (version longue)

Dans ce témoignage de Frédéric Goareguer, pédopsychiatre, et Chloé, jeune fille de 15 ans, nous laissons la parole à ceux qui vivent et entendent tous les jours la souffrance. Cette souffrance qui laisse de marbre les politiques, qui ne veulent entendre les dégâts « collatéraux » des mesures politiques qu’ils maintiennent obstinément, refusant de regarder la balance coûts/bénéfices.

Nous n’admettons pas qu’ils restent dans le silence et l’anonymat. Kairos leur a donné la parole. Ils seront suivis par d’autres.

La jeunesse aujourd’hui, ou le face à face avec un écran

De nombreux témoignages d’adolescents et jeunes adultes nous parviennent. Après l’interview de Chloé et d’un pédopsychiatre[note], Gaëlle nous livre son vécu et son ressenti d’une situation qu’elle trouve à plusieurs égards absurde, et difficile à vivre.

Je suis Gaëlle, j’ai 19 ans et je suis étudiante à l’université. Il existe de nombreuses difficultés auxquelles les jeunes et plus particulièrement les étudiants à l’unif font face en ces moments de crise. Bien-sûr, mon avis n’est pas superposable à ceux de tous et je ne prétends pas être le porte-parole de tous le jeunes. Seulement, je peux tout de même dire que mon avis est celui de beaucoup d’autres que je fréquente et qu’il n’est pas marginal.

Depuis bientôt un an, je suis les cours en ligne, que ce soit en visio-conférence ou en podcast et il existe de nombreuses difficultés à garder le rythme universitaire et à ne pas décrocher. En voici quelques-unes.


Parlons dans un premier temps de la difficulté à rester concentré devant un ordinateur. Tout d’abord, il faut savoir que le prof ne donne pas cours de la même façon en présentiel qu’en visio-conférence. De manière générale, les profs sont moins enthousiastes devant leur ordinateur, ce qui est tout à fait compréhensible puisqu’ils parlent pour ainsi dire en monologue. Ils en souffrent beaucoup et nous font souvent part que c’est difficile aussi pour eux. Ce manque d’entrain (pas à chaque fois bien-sûr) influe sur notre capacité à rester attentif et peut rendre le cours vite ennuyeux à écouter.


Ensuite, je trouve très déprimant de devoir suivre les cours toute seule dans ma chambre avec pour seuls contacts humains les messages des autres étudiants dans le « chat ». Les voix sont remplacées par les mots et messages, ce qui n’est bien-sûr pas suffisant. Le contact humain avec les autres étudiants, qui est pourtant primordial, a disparu. Avant, parler avec d’autres étudiants permettait de pouvoir relativiser par exemple sur la difficulté d’un cours ou alors de s’entraider en donnant des conseils, etc. Discuter par message de cela est chose plus difficile. Et contrairement à ce que peuvent penser les adultes, nos discussions par message ne remplacent en rien les vraies discussions et sont moindres par rapport à ces dernières. Les échanges et l’entraide sont limités. Nous sommes donc pour ainsi dire tous seuls dans nos études.

Par ailleurs, notons que c’est très difficile de rester concentré lorsqu’on est tout seul dans notre chambre et que les distractions sont partout. En présentiel, tu n’as pas d’autre choix que de rester à ta place et de prendre note alors qu’en distanciel, tu peux faire ce que tu veux. Ceux qui sont bien disciplinés n’auront pas de problème à ce niveau-là mais les autres bien, et malheureusement, ils constituent une majorité. Le nouvel objectif de chaque cours est devenu : ne pas céder aux distractions, ce qui est une difficulté rajoutée.

Les cours en présentiel donnent un cadre et stimulent à l’étude par soi-même. Les cours en distanciel alanguissent et donnent cette sensation de constamment être en vacances. La réalité est peu perceptible derrière notre ordinateur. Par exemple, c’est beaucoup plus facile de lâcher un cours à distance: il suffit de fermer la fenêtre et de s’en aller. On se rend moins compte de ce que cela signifie. En outre, la chambre qui est pour la plupart le lieu de travail des étudiants n’aide en rien à cela. En effet, on se sent pas vraiment en cours car le cadre ne s’y prête pas (la chambre est un lieu intime de confort). Et puis par exemple, se lever le matin pour passer du lit au bureau sans pointer le nez dehors n’est pas du tout motivant. S’apprêter est chose futile et l’hygiène de vie se dégrade.


La distance nous rend en quelque sorte inconscients des réalités universitaires. Il y a un manque général de motivation, et le décrochage scolaire fait partie de la vie de tous. Ca m’a frappé d’entendre autant de camarades me dire qu’ils étaient en décrochage scolaire et que la réponse courante donnée est « comme tout le monde quoi ».

Comme nous le savons, les jeunes débordent d’énergie. Et les mesures coercitives du gouvernement empêchent ceux-ci de se libérer des énergies superflues. Se vider la tête est devenue chose difficile. Et pourtant, c’est essentiel à une bonne hygiène de vie, de n’importe quelle manière qu’elle soit. Prenons l’exemple des fêtes : personnellement, les soirées sont ce qui me permet de me ressourcer pour ré-attaquer la semaine de cours. Or, comme nous le savons elles sont interdites puisqu’elles sont le lieu d’importante contamination. Je comprends bien que c’est égoïste de faire la fête en sachant que nous les jeunes nous ne risquons rien mais que les personnes à risque bien. Mais, regardant le faible taux de létalité du covid, je ne comprends pas cette mesure. En effet, aucune personne de mon entourage n’est décédé du covid, incluant mon grand-père qui accumulait tous les risques et qui en a réchappé. Où parlons-nous de ces personnes qui échappent à ce virus ? Pourquoi parle-t-on toujours de morts dans les médias et que je n’ai pas la connaissance d’un seul cas dans mon entourage ?


Ce qu’on pourrait me répondre à cela est : oui mais ces personnes ont sûrement eu de la chance. Ce que je leur réponds en retour : est-ce que toi, les personnes que tu connais qui ont attrapé le covid en sont mortes ? Eh bien non, et à chaque coup. Il n’y a de facto personne de mon proche entourage ou lointain qui est mort du covid. Je n’exclue bien sûr pas les personnes qui ont vécu la mort d’un proche, mais j’estime que je devrai connaître au moins un décès compte tenu des mesures prises par le gouvernement.

Effectivement, mon expérience n’est certainement pas applicable à l’ensemble des populations humaines, mais malheureusement, j’ai du mal à croire ce que je vois dans les médias, surtout quand ils sont affiliés au gouvernement ou quelconque pouvoir, où l’honnêteté n’est selon moi pas vérifiée. Le monde actuel est tellement régi par l’argent, l’avarice, la malhonnêteté que je ne crois plus à ce qu’on me dit, mais seulement à ce que je vois. Ce mode de pensée peut paraître borné mais au moins j’ai l’impression de garder une vue la plus claire possible, dans ce monde rempli de dogmes et d’idéologies.

Enfin, les fêtes sont trop lourdement punies à mon sens. Par exemple, des amendes allant de 250 à 4000 euros sont exorbitantes et absolument excessives. De même, je pense à toutes les anciennes générations qui ont aussi vécu leur période de jeunesse et je me demande pourquoi nous devrions nous sacrifier pour elles, si nous veillons à minimiser les conséquences de nos actes comme éviter de voir les personnes à risque. Les jeunes ne peuvent plus vivre correctement leur jeunesse et doivent directement passer à l’âge adulte de la responsabilité et du sacrifice. Je conviens que dans certaines situations, c’est peut-être préférable, mais compte tenu du faible taux de létalité du covid, tout ça est pour moi injustifié.

D’un autre côté, je pense que tomber malade fait partie de la nature même des choses et que le stress lié à la peur d’attraper une quelconque maladie est davantage dangereux. Ce n’est pas en bombardant la population d’informations anxiogènes qu’on va booster l’immunité des gens, au contraire. Parler de la médecine préventive a beaucoup plus de sens. C’est quand on est bien dans son corps physiquement et mentalement qu’on peut tout combattre, et ce n’est pas avec des médicaments, des écrans, de la sédentarité (je parle du couvre-feu qui restreint notre activité physique) qu’on se renforce, mais plutôt qu’on s’affaiblit.

Gaëlle, 19 ans

Les jeunes ont leurs maux à dire…(version longue)

Dans ce témoignage de Frédéric Goareguer, pédopsychiatre, et Chloé, jeune fille de 15 ans, nous laissons la parole à ceux qui vivent et entendent tous les jours la souffrance. Cette souffrance qui laisse de marbre les politiques, qui ne veulent entendre les dégâts « collatéraux » des mesures politiques qu’ils maintiennent obstinément, refusant de regarder la balance coûts/bénéfices.

Nous n’admettons pas qu’ils restent dans le silence et l’anonymat. Kairos leur a donné la parole. Ils seront suivis par d’autres.

La lumière au bout du tunnel est celle du train. Lettre ouverte à Yves Cochet

Avec son livre Devant l’effondrement, Yves Cochet semble récuser massivement qu’il soit encore temps d’entreprendre quelque initiative politique pour enrayer le désastre en cours et piloter l’atterrissage de la méga-machine folle qui a pour noms modernité et progrès, et qui en réalité dévaste, désertifie, défigure. Pourtant, de-ci de-là affleure dans son texte riche, vif, très documenté et paradoxalement roboratif le démenti subtil de ce défaitisme affiché – retour du refoulé oblige ! Nous souhaitons ici nous engouffrer dans la brèche de la contradiction. Non pas par optimisme – les carottes sont cuites, c’est entendu – mais parce que le désir persiste par-delà l’annulation évidente de toute chance de s’effectuer, comme jeu de l’imagination. Rédigeons donc le programme et soufflons de soulagement après Marx et comme lui : diximus et salvavimus animas nostras. Nous serons morts debout, mais non pas morts-vivants.

Cher Yves Cochet,

Vous aviez réussi l’exploit de nous rendre (extrêmement) sympathique un (ex-) membre (certes pas quelconque mais à peu près le seul) de n’importe quel gouvernement européen postérieur à notre ‘naissance politique’ (intervenue à la fin les années 70) par votre fameuse tribune parue le 23 août 2017 dans Libération et reprise par le journal décroissant Kairos depuis.

À présent que nous lisons votre Devant l’effondrement, nous nous convainquons de la nécessité d’une collaboration. Nous avons commencé il y a environ un an à élaborer le brouillon d’un crash program (nous aurions dit plutôt : un landing program) de partition classique (avec ses chapitres ‘défense’, ‘démographie’, ‘agriculture’, ‘enseignement’, ‘urbanisme’, ‘emploi’, ‘mobilité’, ‘énergie’ etc.), qu’il s’agirait de faire incuber par un cercle de contre-experts le plus large possible en francophonie européenne (à la suite de quoi les autres Européens seraient bien sûr invités à décliner dans leurs propres langues) et ce, dans un délai raisonnable. Reconnaissons que depuis notre désert bruxellois et comme le dit le confrère et camarade Bernard Aspe, le monde ne répond pas, qui l’eût cru (vous sans doute) – le petit monde du premier cercle concentrique, du moins. Heureusement, il y a des cercles au-delà du premier (ou du dernier, c’est selon).

En conséquence de ce silence embarrassé ou hostile rencontré au hasard de nos rencontres ‘militantes’ ou plutôt en défection de toute militance institutionnelle (hélas!), nous avons rédigé un appel défendu l’été dernier à Millevaches lors de la semaine de séminaires des Écoles de la terre organisée entre autres par les Éditions Dehors et à laquelle participèrent Latour, Hache, Wahnich, Aspe, Patrick Degeorge (de À l’école de l’anthropocène de Lyon) et bien d’autres chercheurs, militants, néo-ruraux etc. Nous avons conçu cet appel essentiellement en direction de cette contre-expertise diffuse que constitue la vaste famille qui s’ignore (ou plutôt se néglige, concurrence oblige) des savants dispersés plus ou moins avantageusement dans le système éducatif-scientifique et qui éprouvent de fortes sympathiques anti-systémiques sans avoir souvent l’occasion de les exprimer à plein, et presque jamais publiquement. L’objectif est de la convaincre de la nécessité de collaborer à l’élaboration de ce crash program. Cet appel attend pour être envoyé que le canevas élémentaire de ce programme soit rédigé. Or les désabusements successifs rencontrés depuis fin 2019 ont interrompu notre cours de rédaction. Mais peu importe, ce désabusement tombe en vous lisant.

Certes, vous prétendez vous dégager de toute perspective politique qui vise ce que nous appellons l’atterrissage piloté (que vous qualifiez de ‘en douceur’, p. 33, pour le réputer impossible) par opposition à l’effondrement spontané et chaotique. Ainsi lit-on p. 150 que « les étapes pour s’adapter à ce futur sont donc inspirées par la nécessité plus que par la volonté », comme pour dédouaner votre spéculation de toute obligation politique – est-ce possible ? Mais c’est pour ajouter aussitôt : « sauf celle de minimiser les souffrances et les morts au cours des trois décennies à venir ». Autant dire que votre désir d’incidence – qu’est-ce d’autre que la politique ? – réapparaît aussitôt que prétendument balayée.

Mieux, p. 142 déjà, on lisait que « le choc alimentaire sera comparable à celui que connurent les habitants de Cuba immédiatement après la chute de l’URSS en 1991 », à la suite de quoi vous expliquez comment les Cubains remédièrent à la situation, sans mentionner qu’il n’y eut pas d’effondrement, mais c’est ce qu’on comprend en vous lisant. La conséquence de vous peut-être inaperçue de ce que vous dites à propos de Cuba est qu’un pouvoir de type globalement planificateur (quelque contestable qu’il soit dans sa forme tropicale), dans une situation comme celle que nous aurons à affronter, nous gentils libéraux, ‘amis du marché’, parvient à éviter l’effondrement en lui substituant l’atterrissage piloté. De là à prétendre qu’il faut imiter Cuba il y a un pas que nous ne franchirons évidemment pas, sauf à considérer l’imitation comme toujours inventive, avec Tarde.

Autrement dit, il semble n’y avoir qu’une feuille de papier à cigarette entre vos préconisations ‘non politiques’… et les préconisations politiques possibles. Notre question est donc : pourquoi ne pas (ne plus?) inclure l’élément ‘État’ dans l’ensemble des facteurs de transformation-le-moins-désastreuse- possible, sinon pour en avoir (vous) fait l’expérience, désastreuse pour le coup selon vos dires (et nous n’avons aucune peine à vous croire) ? Que cet État dans son essence soit le bras armé à l’échelon national d’une gangstérocratie productiviste mondialisée ne fait aucun doute. Mais enfin, les révolutions (le contraire de ce que vous appelez justement ‘réformisme’) investissent toujours en principe cet appareil de nuisance massive (main droite : productivisme, répression etc. – et la main gauche bourdivine n’est que la charité ou l’évergétisme aujourd’hui en voie de disparition) pour le neutraliser, c’est-à-dire le faire fonctionner à rebours de ses missions ordinaires et le faire concourir à des fins entièrement inédites et ‘aberrantes’ du point de vue de ses anciens locataires.

En réalité, de cette vôtre hésitation on trouve la trace dès la page 9, où vous dites : « Si je devais énoncer aujourd’hui l’une de ces orientations, à l’échelle mondiale, ce serait : organiser l’exode urbain et la construction de biorégions résilientes en matière alimentaire et énergétique ». On trouve d’autres interventions de vous sur Youtube où vous avancez des propositions de ce genre avec le scepticisme du chat échaudé à qui on ne la fait plus. En résumé, l’abandon de la politique que vous claironnez, vous n’y procédez en fait qu’à contre-coeur.

Nous pourrions continuer de vous citer pour illustrer plus avant cette oscillation entre renoncement et velléité politiques. Après avoir désavoué le millénarisme politique comme relevant d’affects tristes (avec la lutte des classes etc.), vous revendiquez ce même millénarisme, rebaptisé certes ‘laïc’ aux pp. 221 et 226 – mais vous évoquez favorablement p. 224 une eschatologie bel et bien politique, cette fois ! Nous voyons mal qu’un millénarisme puisse ne pas être une eschatologie. Mieux, p. 226, vous dites explicitement que « il s’agit d’élaborer toute une politique dans la perspective d’un effondrement imminent du monde et de l’humanité ». Plus clair que ça ! Vous allez jusqu’à confesser que « au contraire de vos camarades de parti, j’aspire depuis une quinzaine d’années à une refondation idéologique catastrophiste de l’écologie politique dans le cadre de l’Anthropocène » !. Voilà d’ailleurs bien le seul moyen, dites-vous encore ailleurs, de raviver le goût de l’opinion pour l’écologie : par l’invention d’un nouveau grand récit ; de faire en sorte que l’écologie devienne politiquement majeure.

Pour couronner le tout, cette mesure que nous venons de citer et qui figure dans votre livre est l’une des trois orientations-phares du programme à venir tel que nous le concevons de manière encore seulement embryonnaire, donc : l’exode urbain figure en effet côte à côte avec la dénatalité et la réhabilitation de formations ouvrières qui restaureraient la domination de l’outil par l’ouvrier contre celle du prolétaire par le machinisme. Nous croyons donc qu’il y a lieu d’élaborer ce crash program.

Laissons pour l’heure les arguties possibles comme celles-ci : vous remballez à juste titre le réformistes ‘félicistes’ et ‘persévérants’ (p. 225) de la transition heureuse (‘pas de baisse de niveau de vie pour les classes moyennes !’) au nom d’une perspective rupturiste. Mais qu’est-ce qu’un programme d’atterrissage piloté sinon un programme transitionnel de rupture ? La rupture, dans le cadre de la transition telle que nous l’entendons et qui est sans rapport avec la transition ‘développement-durabiliste’, serait maîtrisée, voilà tout – plutôt que d’être synonyme d’effondrement systémique comme vous le laissez entendre.

De même, votre tir de barrage contre la notion de capitalocène. Mais, dites-vous en substance, « le capitalisme n’est pas le seul problème, c’est le productivisme en général ! Le socialisme évolue selon le même modèle ! ». Sauf que this time it’s different, selon votre propre aveu, et que vous faites démarrer l’anthropocène… avec l’époque industrielle. C’est exactement ce pourquoi les Malm etc. parlent de capitalocène, pour ne pas faire remonter l’anthropocène au néolithique, conformément à vos propres recommandations expresses p. 224 : « l’anthropocène n’est pas l’holocène ». Il est clair que le marxisme étatique et dominant du XXe n’a pas fait grand-chose pour attirer la sympathie des écologistes radicaux sur les écrits de Marx, mais nous sommes sûr que votre propos n’est pas de faire injure à ce dernier de réduire sa pensée à un vulgaire distributivisme mélenchonien (pas besoin de se farcir les interminables volumes de la critique de l’économie politique (c’est le sous-titre du Capital, après tout !) pour protester contre la misère des uns et l’opulence des autres ; cela, le christianisme y suffit) ; du reste la marxologie étasunienne contemporaine renoue aujourd’hui fermement (Foster, Burkett etc.) avec la veine anti-industrielle (le plus souvent implicite il est vrai) de la critique marxienne de la valeur, de manière plus visible désormais, c’est certain et évident, que ses prédécesseurs du XXe siècle, finis dans les camps ou le suicide ou les deux. On est aux antipodes du marxisme, cette ode à la bourgeoisie industrielle peinte en rouge. Ce que Marx montre est que la civilisation industrielle commence par détruire de ‘l’environnement’ – de la nature – la part non environnementale, à savoir la race humaine elle-même dans l’esclavage de la valorisation du capital. Vous ne vous y trompez d’ailleurs pas qui citez Gorz mais aussi W. Benjamin, qui n’était pas précisément un progressiste, sans être défavorable à la pensée de Marx pour autant. Mais laissons-là cette tradition de pensée que les convulsions du XXe siècle ont maintenue de manière bien compréhensible à l’écart de l’écologie radicale, un écart en réalité contre-nature. Écart flottant toutefois : devons-nous encore vous citer ? Vous évoquez le fétichisme de la marchandise p. 52, la planification économique p. 79, la division internationale du travail, l’accumulation du capital p. 80, la production de marchandises apparue au XVIe s. p. 93… Que d’emprunts conceptuels à la critique de l’économie politique pour un auteur réputé hétérogène à cette tradition !

Bref, si vous étiez à la tête d’un parti, nous en serions les plus fervents militants. Or ce n’est pas le cas. Il reste à l’élaborer. Non pas sans doute encore le fonder en dur, comme dit Lordon, avec murs, secrétariat, trésorerie etc. mais en tant que programme. C’est pourquoi nous appellons ce programme le parti-programme, un parti qui se résoudrait (pour l’heure?) entièrement dans le programme, mais qui pourrait servir de charte, le moment venu (d’une hégémonie relative au sein de l’opinion – à mesurer comment ? nous verrons bien alors) – servir à une organisation, donc, où chaque membre impermanent serait capable (un peu comme votre police rotative) de jouer successivement divers rôles politiques, dans un contexte où la prise en charge des fonctions de la puissance publique (à transformer en dysfonctions, c’est entendu) serait à l’ordre du jour, en raison, encore une fois, d’un basculement dans l’opinion en faveur dudit programme et qui appellerait une telle constitution à sortir de la virtualité.

Un congrès d’adoption de ce programme-parti (plutôt que de fondation du Parti), où ce dernier serait adopté après d’ultimes débats, pourrait se tenir au Théâtre National de Bruxelles, où un événement politique de ce type fut déjà télé-visé en 2017 à l’occasion de la séance inaugurale d’un parlement mondial des associations militantes réuni au Schaubühne de Berlin par son alors directeur Milo Rau.

Ne serait-ce pas là au moins, à défaut de l’emporter, une agréable façon de meubler l’attente de 2025, 2030, 2035 ? Comme disait Guillaume le Taciturne, « point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Nous évoquions la vaste famille qui s’ignore (pas tout à fait, mais où sont les réunions de famille?) de la contre-expertise européenne : elle déborde largement les cadres de la scientificité académique, c’est entendu, pour regrouper le vaste monde associatif de luttes partielles (parfois à agenda anti-systémiques cachés). Dans ce réseau, votre institution constitue à coup sûr un nœud et, donc, un relais considérables.Si vous en tombiez d’accord, vous pourriez, outre votre contribution directe à l’élaboration du programme, contribuer à diffuser l’appel auprès des ‘pensacteurs’ de la transformation en cours. L’esquisse élémentaire du programme – qui doit être pris pour ce qu’il est et rien de plus, un prétexte à amorcer ce vaste travail collectif, un canevas sur lequel broder de manière autorisée pour les (contre-)experts dont, à votre différence, nous ne faisons pas partie – suivrait alors rapidement afin de pouvoir démarrer les travaux avec ceux qui auraient répondu favorablement à l’appel en question – à commencer, nous l’espérons, par Momentum.

Avec nos plus cordiales salutations.

Jean-François Gava

Jonas Vigna Carafe

Quand les médias mainstream étaient obligés de partager l’info

Le 15 décembre, Kairos publiait la conférence de Marc Van Ranst, traduite par nos soins. Rien dans les médias de masse à l’époque.

Suite au documentaire de Bernard Crutzen, dans lequel cette vidéo apparaît, l’info remonte curieusement dans les rédactions.

Sentant le vent tourner, les médias du pouvoir suivent le mouvement et feignent l’ouverture.

On republie cette vidéo ici, qui peut sembler hallucinante pour ceux qui ne sont pas dans les arcanes du business as usual.

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Kairos, c’est un site internet, mais c’est aussi et surtout un journal bimestriel. Le prochain Kairos (48) sera en librairie le 18 février. Pour vous abonner afin de recevoir le numéro d’avril (49), c’est ici: https://www.new.kairospresse.be/abonnement

Invitation à ARNAUD RUYSSEN pour participer à un débat avec BERNARD CRUTZEN


Cher Monsieur Ruyssen,


Vous doutez, vous l’aviez dit dans un post Facebook il y a quelques jours. Ce matin toutefois, sur La Première, il n’y avait pas de doutes pour expliquer pourquoi Bernard Crutzen n’était pas invité sur le plateau. Vous ne doutiez pas non plus sur le fait que « Ceci n’est pas un complot » ne « respecte pas les balises déontologiques » requises pour être diffusé sur la RTBF.


C’est votre avis, je le respecte. C’est pour cela que je vous propose un débat avec Bernard Crutzen*, afin de mettre les cartes sur table et discuter du documentaire et de vos critiques.


Dans l’attente d’une réponse de votre part, en ne doutant pas que vous voudrez faire vivre l’information et le débat.


Cordialement,


Alexandre Penasse, rédacteur en chef du journal Kairos


*Si ce dernier devait accepter (la même proposition lui a été envoyée).

Les chiens de garde médiatiques : une mise en bouche

Le documentaire Ceci n’est pas un complot, de Bernard Crutzen, sitôt déposé sur la Toile, a suscité les foudres de la profession journalistique[note], à ce détail près que personne à ma connaissance n’a osé le traiter de c…, ce point Godwin à la mode. Et pour cause, tout est référencé, prouvé, avéré, et le réalisateur s’abstient de toute extrapolation et de toute spéculation. Mais les critiques ont quand même fusé, et mes estimés collègues de Kairos ne manqueront pas aussi de faire le point sur elles bientôt, à leur manière et plus dans le détail. En attendant, en guise de mise en bouche, voici mes propres réponses, en mode fast-answering, aux questions critiques d’Arnaud Ruyssen, animateur de l’émission CQFD à la RTBF, qui avait promptement réagi sur fesse de bouc.

A. R. : Peut-on balayer 20.000 morts d’un revers de la main… en les ramenant au fait qu’ils ne représentent « que » 0,17% de la population belge?

B. L. : Au risque de choquer beaucoup de mes contemporains, je répondrai par l’affirmative, si toutefois on part d’un point de vue utilitariste plutôt que déontologique (cf. mon article dans Kairos n° 47, pp. 10 & 11). Mais l’option déontologique est imposée par le gouvernement, les experts et les médias comme l’évidence même en matière d’éthique, avec comme conséquence que l’écrasante majorité de la population belge y adhère, la plupart du temps par défaut.
A. R. : Pourquoi n’explique-t-on pas que la Suède (citée en exemple dans le documentaire) a abandonné très rapidement son idée d’immunité collective, constatant qu’elle était intenable?

B. L. : En deça du problème de l’immunité collective, la Suède est un des pays d’Europe qui a le meilleur rapport entre nombre de morts et maintien des libertés publiques, ce qui n’est pas négligeable. Autrement dit, sans avoir confiné, couvre-brûlé, masqué, en un mot emmerdé sa population, elle n’a pas connu proportionnellement plus de décès que la Belgique ou la France. Grattis till Sverige*, comme on dit en suédois.

* Félicitations à la Suède
A. R. : Pourquoi n’entend-on pas les infectiologues de première ligne, ceux qui ont été au front de cette crise COVID et qui étaient parfois en pleurs, au bout du fil, craquant complètement devant la situation intenable qu’ils devaient gérer avec leurs équipes?

B. L. : Parce que ceux-là ont déjà un accès total aux médias de masse ; alors pour une fois, donnons la parole aux « oubliés » de la RTBF. N’est-ce pas équitable ? Par ailleurs, Arnaud Ruyssen devrait s’abstenir d’abonder dans le pathos (« … en pleurs, au bout du fil, craquant complètement… »). Mais il est dur d’aller contre les réflexes de sa profession !
A. R. : Pourquoi ne rappelle-t-on pas le combat des pédiatres qui ont, contre vents et marées, plaidé pour l’ouverture des écoles, faisant précisément la balance entre les enjeux de santé et l’enjeu fondamental de l’éducation et du bien-être des plus jeunes?

B. L. : Oui, pourquoi ne pas parler d’eux, en effet. Sauf qu’ils ont plaidé pour l’ouverture des écoles avec le port du masque obligatoire et tout le toutim, ce qui est une catastrophe sanitaire (eh oui !), sociale, psychologique, cognitive et pédagogique. Et Arnaud Ruyssen ose parler de « bien-être des plus jeunes » ?! On croit rêver… on ne rêve pas !
A. R. : Pourquoi ne voit-on aucun extrait de toutes les émissions de débat contradictoire qui ont été organisées sur cette crise? Avec des défenseurs des droits humains, avec des représentants de tous les secteurs de la société en souffrance, avec des experts « non-alignés » sur les choix gouvernementaux?

B. L. : « Toutes les émissions de débat contradictoire » ? Personnellement, je n’en ai pas vu passer beaucoup ! Considère-t-il son CQFD comme un lieu de débats vraiment contradictoires, ou faussement contradictoires ?
A. R. : Pourquoi ne voit-on aucun extrait des émissions d’investigation menées sur la gestion politique de cette crise, sur le business des vaccins, sur les marchandages secrets avec les big-pharma?

B. L. : À nouveau, pourrait-il citer ces émissions, leurs heures de retransmission et le pourcentage de temps d’antenne qu’elles représentent dans le déversoir généralisé en faveur du covidisme ?


A. R. : Pourquoi ne pas rappeler que la Belgique a été le pays d’Europe où la seconde vague a fait le plus de dégâts (même si les scénarios les plus pessimistes ne se sont heureusement pas réalisés)? 

B. L. : D’abord, c’est factuellement faux. C’est la première vaguequi fut importante en Belgique et pour la deuxième, notre pays est dépassé par le Royaume-Uni et la France. Ensuite, tel n’était pas le propos de Bernard Crutzen. Il a choisi de traiter de la réaction des médias avant tout, et ne désire pas remettre une couche dans le catastrophisme ambiant. Merci à lui. 
A. R. : Pourquoi ne voit-on pas tous ceux et celles (parfois jeunes) qui, plusieurs mois après, souffrent encore douloureusement des séquelles du Covid?

B. L. : Mais heureusement qu’on ne les a pas vus ! Bernard Crutzen a eu la bonne idée de laisser cette triste tâche à la RTBF (qui devrait d’ailleurs le remercier de ne pas marcher sur ses platebandes). Compassion, compassion… Répétons-le à nouveau, l’émotion est incompatible avec un débat rationnel, ce dont nous avons pourtant urgemment besoin ! Pour terminer, je décerne un satisfecit à Bernard Crutzen (normal, entre Bernard(s) !).

Bernard Legros

« Les mesures contre le coronavirus révèlent des traits totalitaires »*

Peu de phénomènes ont eu un impact aussi profond au niveau mondial et aussi rapide que l’épidémie actuelle du covid-19. En un rien de temps, la vie humaine a été totalement réorganisée. Comment cela a-t-il pu se produire, quelles en sont les conséquences et à quoi pouvons-nous nous attendre pour la suite ? Nous l’avons demandé à Mattias Desmet, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique à l’université de Gand.

Patrick Dewals: Près d’un an après le début de la crise du covid-19, quelle est la situation en matière de santé mentale de la population ?

Mattias Desmet: Pour l’instant, il y a peu de chiffres disponibles qui permettent de suivre l’évolution d’indicateurs possibles tels que la prise d’antidépresseurs et d’anxiolytiques ou le nombre de suicides. Mais il est particulièrement important de placer le bien-être mental dans la crise d’eu covid-19 dans sa continuité historique. La santé mentale était en déclin depuis des décennies. On observe depuis longtemps une augmentation constante des taux de dépression, d’anxiété et de suicide. Et ces dernières années, il y a eu une énorme augmentation des congés de maladie dus à la souffrance mentale et à l’épuisement professionnel. L’année précédant l’épidémie, on pouvait sentir ce malaise augmenter de façon exponentielle. Cela a laissé pressentir que la société se dirigeait vers un point de basculement où une « réorganisation » psychologique du système social était nécessaire. C’est ce qui se passe avec le corona. Au départ, on a constaté que les gens, sans savoir grand-chose sur le virus, évoquaient des images terribles de peur et une véritable réaction de panique sociale s’en est suivie. Cela se produit surtout lorsqu’il existe déjà une peur forte et latente chez une personne ou une population.

La dimension psychologique de la crise covid actuelle est sérieusement sous-estimée. Une crise agit comme un traumatisme qui enlève aux gens leur conscience historique. Le traumatisme est considéré comme un événement en soi, alors qu’il fait partie d’un processus continu. Il est facile d’ignorer le fait, par exemple, qu’une partie importante de la population a été soulagée de façon étrange lors du premier confinement ; elle s’est sentie libérée d’un malaise. J’ai régulièrement entendu des gens dire : « Oui, c’est lourd, mais on peut enfin souffler un peu ». La routine de la vie quotidienne ayant cessé, un certain calme s’est installé. Le confinement a libéré beaucoup de gens d’une ornière psychologique. Cela a créé un soutien inconscient pour le confinement. Si la population n’avait pas été fatiguée de sa vie et surtout de ses emplois, il n’y aurait jamais eu de soutien pour le confinement. Du moins, pas en réponse à une pandémie qui n’est pas si grave que ça quand on la compare avec les grandes pandémies historiques.

Quelque chose de similaire se produisait lorsque le premier confinement était sur le point de se terminer. À ce moment-là, il y avait régulièrement des déclarations telles que : « Nous n’allons pas recommencer comme avant quand même, nous retrouver dans les embouteillages, etc. ». Les gens ne voulaient pas revenir à la situation normale pré-corona. Si nous ne prenons pas en compte le mécontentement de la population quant à son existence, nous ne comprendrons pas cette crise et nous ne pourrons pas la résoudre. Entretemps, j’ai d’ailleurs l’impression que la nouvelle normalité est également devenue une ornière, et je ne serais pas surpris si la santé mentale commençait vraiment à se détériorer dans un avenir proche. Peut-être surtout s’il s’avère que le vaccin n’apporte pas la solution magique que l’on attend de lui.

Les cris de désespoir des jeunes apparaissent régulièrement dans les médias. À quel point pensez-vous qu’ils sont sérieux ?

Il faut savoir que le confinement et les mesures sont totalement différents pour les jeunes et pour les adultes. Contrairement à un adulte, où une année se termine en un clin d’œil, pour un jeune, une année signifie une période de temps pendant laquelle il passe par un énorme développement psychologique. Cela se fait en grande partie dans le dialogue avec les pairs. Les jeunes d’aujourd’hui traversent cette période dans l’isolement et il se pourrait bien que pour la majorité d’entre eux, cela ait des conséquences désastreuses. Mais tout est complexe, aussi chez les jeunes. Par exemple, les personnes qui vivaient auparavant dans l’anxiété sociale ou l’isolement social peuvent maintenant se sentir mieux parce qu’elles ne sont plus des outsiders. Mais en général, les jeunes sont sans doute le groupe le plus touché par cette crise.

Qu’en est-il de la peur chez les adultes ?

Chez les adultes, il y a aussi la peur, mais l’objet de la peur, ce qui est craint, est différent. Certaines personnes ont surtout peur du virus lui-même. Dans ma rue, il y a des gens qui n’osent presque plus quitter leur maison. D’autres ont peur des conséquences économiques. D’autres ont peur des changements sociétaux que ces mesures vont entraîner. Ils craignent la montée d’une société totalitaire. Comme moi donc (rires).

Les taux de mortalité et de morbidité associés à la propagation du coronavirus sont-ils tels que vous comprenez les réactions de peur intense ?

La maladie et la souffrance sont toujours graves, mais l’ampleur de la souffrance n’est pas proportionnelle à la réaction, non. Sur le plan professionnel, je participe à deux projets de recherche sur le Covid. C’est pourquoi j’ai travaillé assez intensivement avec des données. Il est clair que le taux de mortalité du virus est assez faible. Les chiffres que les médias montrent sont basés sur, disons, un décompte enthousiaste. Presque toutes les personnes âgées qui sont mortes, indépendamment des problèmes médicaux sous-jacents qu’elles avaient déjà, ont été ajoutées à la liste des décès dus au covid-19. Personnellement, je ne connais qu’une seule personne qui a été enregistrée comme mort du covid. Il était en phase terminale d’un cancer et il est donc plutôt mort avec le covid que du covid. L’ajout de ces décès aux décès covid augmente le nombre et accroît la peur dans la population.

Au cours de la deuxième vague, plusieurs médecins urgentistes m’ont appelé. Certains m’ont dit que leur service n’était absolument pas inondé de patients atteints par le coronavirus. D’autres m’ont dit que plus de la moitié des patients aux soins intensifs n’avaient pas le covid-19 ou présentaient des symptômes si légers que s’ils avaient des symptômes de grippe d’une gravité comparable, ils auraient été renvoyés chez eux pour se rétablir. Mais vu la panique qui règne, cela s’est avéré impossible. Malheureusement, ces médecins ont souhaité rester anonymes et leur message n’a pas été diffusé dans les médias et l’opinion publique. Certains d’entre eux ont plus tard raconté leur histoire à un journaliste de la VRT, mais malheureusement ça n’a rien donné jusqu’à présent. Je dois également mentionner qu’il y avait d’autres médecins qui avaient une opinion complètement différente et qui pouvaient très bien s’identifier au narratif dominant.

La disparition de la possibilité de critiquer la manière de compter et les mesures sanitaires, même au sein du monde universitaire où l’attitude scientifique exige l’esprit critique, est frappante. Comment expliquez-vous cela ?

Ne vous y trompez pas : à l’université et dans le monde médical, de nombreuses personnes regardent avec étonnement ce qui se passe. J’ai un certain nombre d’amis dans la communauté médicale qui ne comprennent pas ce qui se passe. Ils disent :  « Ouvrez les yeux, ne voyez-vous pas que ce virus n’est pas la peste ? ». Mais trop souvent, ils ne le disent pas publiquement. De plus, pour chaque voix critique, il y en a trente autres qui suivent le discours dominant. Même si cela signifie qu’ils doivent abandonner leur attitude scientifique critique en la matière.

Est-ce un signe de lâcheté ?

Pour certains, c’est le cas, dans une certaine mesure. En fait, on peut distinguer trois groupes partout. Le premier groupe ne croit pas à l’histoire et le dit publiquement. Le deuxième groupe ne croit pas non plus au discours dominant, mais il l’accepte quand même publiquement, car il n’ose pas faire autrement étant donné la pression sociale. Le dernier groupe croit vraiment la narrative dominante et a une réelle peur du virus. Ce dernier groupe se trouve certainement aussi dans les universités.

Il est frappant de voir comment la recherche scientifique, également dans cette crise de covid-19, fait remonter à la surface des résultats très divers. Sur la base de ces résultats, les scientifiques peuvent défendre des faits presque diamétralement opposés comme étant la seule vérité. Comment cela est-il possible ?

La recherche sur le covid-19 est en effet pleine de contradictions. Par exemple, concernant l’efficacité des masques buccaux ou de l’hydroxychloroquine, le succès de l’approche suédoise ou l’efficacité du test PCR. Ce qui est encore plus remarquable, c’est que les études contiennent beaucoup d’erreurs invraisemblables telles qu’il est difficile de comprendre qu’une personne sensée normale ait pu les commettre. Par exemple, pour suivre l’évolution du nombre d’infections, on parle encore en termes de nombre absolu d’infections établies. Alors que même un écolier sait que cela ne signifie rien tant que le nombre d’infections établies n’est pas mis en proportion avec le nombre de tests effectués. En d’autres termes, plus vous faites de tests, plus il y a de risque que le nombre d’infections augmente également. Est-ce si difficile ? En outre, il faut garder à l’esprit que le test PCR peut produire un grand nombre de faux positifs si les valeurs ct sont trop élevées. L’ensemble de ces éléments fait que l’inexactitude des chiffres quotidiens diffusés par les médias est telle que cela amène certains à soupçonner, à tort, mais de manière compréhensible, une conspiration.

Une fois de plus, il est préférable de placer ce phénomène dans une perspective historique. Parce que la qualité problématique de la recherche scientifique est un problème beaucoup plus ancien. En 2005, la  « crise de la réplication » a éclaté dans les sciences. Diverses commissions d’enquête, qui avaient été créées pour examiner un certain nombre de cas de fraude scientifique, ont constaté que la recherche scientifique est truffée d’erreurs. Souvent, les conclusions proposées par la recherche sont donc d’une valeur très douteuse. Au lendemain de la crise, plusieurs articles ont été publiés avec des titres qui ne laissaient guère de place au doute. John Ionnadis, professeur de statistiques médicales à Stanford, a publié en 2005 « Why most published research findings are false »[note]. En 2016, un autre groupe de recherche a publié « Reproducibility: a tragedy of errors »[note] dans la revue scientifique Nature, sur le même sujet. Ce ne sont que quelques exemples de la très vaste littérature décrivant cette problématique. Je suis moi-même bien conscient des fondements scientifiques fragiles de nombreux résultats de recherche. En plus de mon master en psychologie clinique, j’ai obtenu un master en statistique, et mon doctorat portait sur les problèmes de mesure en psychologie.

Comment les critiques ont-elles été reçues dans le monde scientifique ?

Au départ, elles ont provoqué une onde de choc, après quoi les gens ont tenté de résoudre la crise en exigeant plus de transparence et d’objectivité. Mais je ne pense pas que cela ait résolu grand-chose. La cause du problème se trouve plutôt dans une forme particulière de la science qui a émergé au cours du siècle des Lumières. Cette science part d’une croyance trop absolue en l’objectivité. Selon les adeptes de cette vision, le monde est presque absolument objectivable, mesurable, prévisible et contrôlable. Mais la science elle-même a montré que cette idée est intenable. Il y a des limites à l’objectivité et, selon le domaine scientifique, on rencontre ces limites plus rapidement.

La physique et la chimie se prêtent encore assez bien à la mesure. Mais dans d’autres domaines de recherche, tels que l’économie, la médecine ou la psychologie, c’est beaucoup moins faisable. La subjectivité du chercheur a une influence directe sur les observations. Et c’est précisément ce noyau subjectif que l’on a voulu bannir du débat scientifique. Paradoxalement – mais peut-être aussi logiquement – ce noyau s’est épanoui dans son lieu d’exil, ce qui a conduit au résultat totalement inverse de celui espéré. À savoir un manque radical d’objectivité et une prolifération de la subjectivité. Ce problème a persisté même après la crise de la réplication, et ils n’ont pas réussi à trouver une solution sur le fond. Le résultat est que maintenant, 15 ans plus tard, dans la crise du covid, nous sommes en fait confrontés aux mêmes problèmes.

Les politiciens d’aujourd’hui fondent-ils leurs mesures anti-corona sur des hypothèses scientifiques erronées ?

Je pense que oui. Ici aussi, nous voyons une sorte de croyance naïve en l’objectivité se transformer en son contraire : un manque radical d’objectivité avec des masses d’erreurs et d’imprécisions. De plus, il existe un lien sinistre entre la montée de ce type de science absolutiste et le processus de formation des masses et le totalitarisme dans la société. Dans son livre Les origines du totalitarisme, la philosophe et politologue germano-américaine Hannah Arendt décrit comment ce processus s’est déroulé entre autres dans l’Allemagne nazie. Les régimes totalitaires en devenir se rabattent généralement sur un discours « scientifique ». Ils montrent un grand intérêt pour les chiffres et les statistiques, qui se transforment rapidement en pure propagande, caractérisée par un  « mépris des faits » radical. Le nazisme, par exemple, a fondé son idéologie sur la supériorité de la race aryenne. Toute une série de soi-disant chiffres scientifiques soutenait leur théorie. Aujourd’hui, nous savons que cette théorie n’avait aucune valeur scientifique, mais à l’époque les scientifiques ont défendu le point de vue du régime dans les médias.

Hannah Arendt décrit comment ces scientifiques se sont détériorés pour atteindre un niveau scientifique douteux et elle utilise le mot « charlatans » pour le souligner. Elle décrit également comment l’essor de ce type de science et de ses applications industrielles s’est accompagné d’un changement sociétal typique. Les classes ont disparu et les liens sociaux normaux se sont dégradés, avec beaucoup d’anxiété et de malaise indéterminés, de perte de sens et de frustration. C’est dans de telles circonstances qu’une masse se forme, un groupe aux qualités psychologiques très spécifiques. En principe, lorsqu’une masse se forme, toute la peur qui envahit la société est liée à un seul  « objet » – les Juifs, par exemple – de sorte que la masse s’engage dans une sorte de lutte énergique avec cet objet. Sur ce processus de formation de masse se forme alors une organisation politique totalement nouvelle : l’État totalitaire.

Aujourd’hui, on constate des phénomènes similaires. Il y a une énorme souffrance psychologique, un manque de sens et une absence de liens sociaux dans la société. Puis vient une histoire qui pointe vers un objet de peur, le virus, après quoi la population lie en masse sa peur et son malaise à cet objet de peur. Entretemps, l’appel à unir ses forces pour combattre l’ennemi meurtrier est constamment entendu dans tous les médias. Les scientifiques qui apportent l’histoire au peuple reçoivent en retour un pouvoir sociétal impressionnant. Leur pouvoir psychologique est si grand qu’à leur suggestion, toute la société renonce brusquement à toute une série de coutumes sociales et se réorganise d’une manière que personne n’aurait cru possible au début de l’année 2020.

Que pensez-vous qu’il va se passer maintenant ?

La politique actuelle liée au coronavirus redonne temporairement un peu de lien social et de sens à la société. Lutter ensemble contre le virus crée une sorte d’enivrement. Cet enivrement provoque un énorme rétrécissement du champ de vision, qui fait que d’autres questions, comme l’attention portée aux dommages collatéraux, passent au second plan. Pourtant, les Nations Unies et divers scientifiques ont averti dès le départ que les dommages collatéraux pourraient causer beaucoup plus de décès dans le monde que le virus, par exemple à cause de la faim et les traitements reportés.

La massification a un autre effet remarquable : elle amène les individus à mettre de côté, ou plutôt, à ignorer psychologiquement, tous les motifs égoïstes et individualistes. On en arrive à tolérer un gouvernement qui supprime tous les plaisirs personnels. Pour ne citer qu’un exemple : les établissements de l’horeca dans lesquels des personnes ont travaillé toute leur vie sont fermés sans grande protestation. Ou encore : la population est privée de spectacles, de festivals et d’autres plaisirs culturels. Les dirigeants totalitaires sentent intuitivement que le fait de tourmenter la population renforce de manière perverse la formation des masses.

Je ne peux pas l’expliquer en détail ici, mais le processus de massification est intrinsèquement autodestructeur. Une population qui a été saisie par ce processus est capable d’une énorme cruauté envers les autres, mais aussi envers elle-même. Elle n’hésite pas du tout à se sacrifier elle-même. Cela explique pourquoi un État totalitaire – contrairement aux dictatures – ne peut pas continuer à exister. Il finit par se dévorer, pour ainsi dire. Mais le coût de ce processus est généralement un très grand nombre de vies humaines.  

Pensez-vous reconnaître des traits totalitaires dans la crise actuelle et dans la réponse du gouvernement qu’elle suscite ?

Oui, certainement. Si l’on prend ses distances par rapport à l’histoire du virus, on découvre un processus totalitaire par excellence. Par exemple : selon Hannah Arendt, un État pré-totalitaire coupe tous les liens sociaux de sa population. Les dictatures le font au niveau politique – elles veillent à ce que l’opposition ne puisse pas s’unir – mais les États totalitaires le font aussi au sein de la population, dans la sphère privée. Pensez aux enfants qui – souvent contre leur gré – ont dénoncé leurs parents au gouvernement dans les États totalitaires du XXe siècle. Le totalitarisme est si fortement axé sur le contrôle total qu’il crée automatiquement la suspicion au sein de la population, ce qui pousse les gens à s’espionner et à se dénoncer. Les gens n’osent plus parler librement à n’importe qui et sont moins capables de s’organiser en raison des restrictions. Il n’est pas difficile de reconnaître de tels phénomènes dans l’état actuel des choses, parmi de nombreuses autres caractéristiques du totalitarisme émergent.

Qu’est-ce que cet État totalitaire veut réaliser en fin de compte ?

En premier lieu, il ne veut rien. Son émergence est un processus automatique lié, d’une part, à un grand malaise au sein de la population et, d’autre part, à une pensée scientifique naïve qui considère que la connaissance totale est possible. Aujourd’hui, certains pensent que la société ne doit plus se baser sur des discours ou des idées politiques, mais sur des chiffres scientifiques, déroulant ainsi le tapis rouge pour une technocratie. Leur image idéale est ce que le philosophe néerlandais Ad Verbrugge appelle l’agriculture/l’élevage humain intensif (‘intensieve menshouderij’). Dans une idéologie biologico-réductrice, virologique, une surveillance biométrique continue est indiquée et l’homme est soumis à des interventions médicales préventives constantes, telles que des campagnes de vaccination.

Tout cela est fait pour optimiser sa santé. Et toute une série de mesures d’hygiène médicale doit être mis en œuvre : pas de poignée de main, port de masque buccal, désinfection constante des mains, vaccination, etc. Pour les adeptes de cette idéologie, on ne peut jamais aller assez loin pour atteindre l’idéal de la plus haute « santé » possible. Dans la presse il y avait même des articles dans lesquels on pouvait lire qu’il fallait faire encore plus peur à la population. Ce n’est qu’alors qu’ils respecteront les mesures proposées par les virologues.

Dans leur vision des choses, attiser la peur sert finalement le bien commun. Mais en élaborant toutes ces mesures draconiennes, les décideurs politiques oublient que les gens – y compris leur corps – ne peuvent être en bonne santé sans suffisamment de liberté, de respect pour la vie privée et le droit à l’autodétermination. Des valeurs que cette vision totalitaire technocratique ignore totalement. Bien que le gouvernement aspire à une énorme amélioration de la santé de sa société, par ses actions, il ne fera que ruiner la santé de la société. C’est d’ailleurs une caractéristique fondamentale de la pensée totalitaire selon Hannah Arendt : elle aboutit exactement au contraire de ce qu’elle visait à l’origine.

Aujourd’hui, le virus crée la peur nécessaire sur laquelle repose le totalitarisme. La disponibilité d’un vaccin, et la campagne de vaccination qui s’ensuivra, n’élimineront-elles pas cette peur et mettront-elles ainsi fin à cette flambée totalitaire ?

Un vaccin ne résoudra pas l’impasse actuelle. Cette crise n’est pas une crise sanitaire, c’est une profonde crise sociétale et même culturelle. D’ailleurs, le gouvernement a déjà indiqué qu’après la vaccination, les mesures ne disparaîtront pas automatiquement. Un article dans la presse[note] disait même qu’il était remarquable que des pays qui sont déjà bien avancés dans la campagne de vaccination – comme Israël et la Grande-Bretagne – sont étrangement en train de renforcer encore les mesures. Je prévois plutôt ce scénario : malgré toutes les études prometteuses, le vaccin n’apportera pas de solution. Et en raison de la cécité qu’entraînent la massification et le totalitarisme, la responsabilité sera imputée à ceux qui ne se conforment pas au discours dominant et/ou refusent de se faire vacciner. Ils seront utilisés comme boucs émissaires. On tentera de les faire taire. Et si cela réussit, le point de basculement redouté dans le processus du totalitarisme viendra : ce n’est qu’après avoir complètement éliminé l’opposition que l’État totalitaire montrera son visage le plus agressif. Il devient alors – pour reprendre les mots de Hannah Arendt – un monstre qui mange ses propres enfants. En d’autres termes, le pire est probablement encore à venir.

A quoi pensez-vous alors ?

Les systèmes totalitaires ont généralement tous la même tendance à isoler méthodiquement. On va par exemple, pour garantir la santé de la population, isoler encore plus la partie  « malade » de la population et l’enfermer dans des camps. Cette idée a en fait été avancée à plusieurs reprises pendant la crise du covid, mais a été rejetée comme  « non réalisable » en raison d’une trop grande résistance sociale. Mais cette résistance va-t-elle se poursuivre si la peur augmente de façon exponentielle ? Vous pouvez me soupçonner d’être un fantaisiste, mais qui aurait pensé au début de l’année 2020, qu’aujourd’hui notre société serait dans l’état actuel ? Le processus du totalitarisme est basé sur l’effet hypnotique d’une histoire, d’un discours, et il ne peut être rompu que si une autre histoire est entendue. C’est pourquoi j’espère que davantage de personnes se poseront des questions sur le danger réel du virus et sur la nécessité des mesures corona actuelles. Et oseront en parler publiquement.

Comment se fait-il que cette réaction de peur ne se produise pas avec la crise climatique ?

La crise climatique n’est probablement pas très adaptée comme objet de crainte. Elle est peut-être trop abstraite et nous ne pouvons pas l’associer à la mort immédiate d’un proche ou de nous-mêmes. Et en tant qu’objet de peur, elle rentre moins facilement dans notre conception médico-biologique de l’humanité. Un virus est donc un objet de peur privilégié.

Que nous apprend la crise actuelle sur notre relation avec la mort ?

La science dominante perçoit le monde comme une interaction mécaniste d’atomes et d’autres particules élémentaires qui entrent en collision par pur hasard et produisent toutes sortes de phénomènes, y compris l’homme. Cette science nous rend désespérés et impuissants face à la mort. En même temps, la vie est vue et vécue comme un phénomène mécanique totalement dépourvu de sens, mais nous nous y accrochons comme si c’était la seule chose que nous ayons, et pour cela nous voulons éliminer chaque risque ou comportement à risque. Et c’est impossible. Paradoxalement, essayer d’éviter radicalement le risque, par exemple par le biais des mesures sanitaires liées au covid-19, crée le plus grand risque de tous. Il suffit de regarder les colossaux dommages collatéraux causés.

Vous percevez l’évolution sociétale actuelle de manière négative. Comment envisagez-vous l’avenir ?

Je suis convaincu que quelque chose de beau émergera de tout cela. La science matérialiste part de l’idée que le monde est constitué de particules de matière. Pourtant, cette même science a montré que la matière est une forme de conscience. Qu’il n’y a pas de certitude et que l’esprit humain ne parvient pas à saisir complètement le monde. Le physicien danois et prix Nobel Niels Bohr, par exemple, a soutenu que les particules élémentaires et les atomes se comportent de manière radicalement irrationnelle et illogique. Selon lui, ils pourraient être mieux compris par la poésie que par la logique.

Sur le plan politique, nous allons vivre quelque chose de similaire. Dans un avenir proche, nous allons assister à ce qui historiquement sera probablement la tentative la plus ambitieuse de tout contrôler d’une manière technologique et rationnelle. À terme, ce système s’avérera inefficace et montrera que nous avons besoin d’une société et d’une politique totalement différentes. Le nouveau système sera davantage fondé sur le respect de ce qui est finalement insaisissable pour l’esprit humain et sur le respect de l’art et de l’intuition qui étaient au cœur des religions.

Sommes-nous aujourd’hui dans un changement de paradigme ?

Sans aucun doute. Cette crise annonce la fin d’un paradigme historique culturel. La transition a déjà été faite en partie dans les sciences. Les génies qui ont jeté les bases de la physique moderne, de la théorie des systèmes complexes et dynamiques, de la théorie du chaos et de la géométrie non-euclidienne ont déjà compris qu’il n’y a pas une, mais plusieurs logiques différentes. Qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement subjectif dans toute chose et que les gens vivent en résonance directe avec le monde qui les entoure et toute la complexité de la nature. De plus, l’homme est un être qui, dans son existence énergétique, est dépendant de son prochain. Eux le savaient déjà depuis longtemps, maintenant encore les autres ! Nous assistons aujourd’hui à une ultime résurgence de l’ancienne culture, fondée sur le contrôle et la compréhension logique, qui montrera à un rythme rapide à quel point elle est un énorme échec et à quel point elle est incapable d’organiser réellement une société de manière décente et humaine.

Propos recueillis par Patrick Dewals, philosophe politique

*Cette interview a été originellement publiée sur le site dewereldmorgen.be, média alternatif en Flandre. Nous les remercions de nous avoir permis de la traduire en français et la publier.
Relecteur de traduction: Ludovic Joubert

Non, mais allo! Kairos inaudible

Kairos était à la conférence de presse ce 5 février 2021. Deux questions, inaudibles puisque les micros ont été coupés. Après la censure du 27 novembre, on se pose quelques questions[note]…

Mais non, on n’est pas censurés. Mais non, mais non… ne soyons pas complotistes.

COVID19: Débunkage du narratif de propagande

Dans cet article, Annes Bouria, qui observe d’un œil attentif ce qu’il se passe depuis le début de la crise sanitaire, nous propose 10 points de débunkage[note] à propos du narratif officiel de la crise sanitaire et des croyances du grand public autour du covid.

1) Le « coronavirus » est un virus extrêmement dangereux

Les coronavirus sont une famille de virus à laquelle appartient le Sars-cov2, agent de la maladie appelée covid19. Cette dernière est une pneumonie atypique potentiellement dangereuse pour certaines catégories de la population, tout comme les autres infections respiratoires par ailleurs… Sinon, pas tant que ça. Du moins, pas autant que ce que l’on a cru au début. Le taux de létalité réel (nombre de morts par personnes infectées) est évalué entre 0,27 et 0,65%[note]. C’est 5 à 15 fois moins que les 3% donnés en début de pandémie. C’est du même ordre de grandeur que le taux de létalité de la grippe saisonnière (0,1- 0,5%) et bien loin des taux de létalité des virus les plus mortels comme Ebola ou la variole qui dépassent largement les 20%.

De plus, la mortalité par tranche d’âge est éloquente[note] : seules les personnes âgées payent, malheureusement, un lourd tribut à cette maladie. Dans les données statistiques belges, il n’y a aucune surmortalité dans les tranches d’âges inférieures à 65 ans pour l’année 2020. En Belgique[note], près de la moitié des décès « covid » ont eu lieu en maison de repos[note].

Le fait est qu’une très grande majorité de « morts covid », 92% selon un rapport Sciensano [note], sont des décès de patients ayant un ou plusieurs facteurs de risques appelés comorbidités. Beaucoup de victimes étaient donc malheureusement déjà très faibles lorsqu’elles ont été contaminées. Aussi, on peut se demander à quel point le virus a joué un rôle dans la mort de ces personnes ?

Les cas graves chez les personnes en dessous de 45 ans et en bonne santé sont pratiquement anecdotiques ! En tout et pour tout, on observe une large proportion d’asymptomatiques ou peu symptomatiques[note] (l’équivalent d’un rhume ou d’un état grippal), moins de 5% des « cas covid » doivent être hospitalisés, avec environ 1 % de cas graves nécessitant un passage en soins intensifs[note] qui sont en grande partie des personnes âgées et/ou fragiles.

Quant aux séquelles du covid, elles sont difficiles à évaluer, mais semblent réversibles et concernent surtout des fatigues ou des pertes de l’odorat. Seuls 20 à 30% des patients hospitalisés (eux même très minoritaires) présenteraient encore des séquelles majeures 60 jours après rémission[note].

Avec jusqu’à 75% d’asymptomatiques, une maladie qui épargne quasi totalement les enfants et une médiane des décès à plus de 80 ans[note]…Sans minimiser la douleur ou la souffrance des victimes et de leurs familles, on peut objectivement trouver pire comme affection.

2) C’est un virus très contagieux

Là encore, il n’a rien d’exceptionnel. La contagiosité du Sars-cov2 est du même ordre que la plupart des infections respiratoires virales, un peu plus contagieuses que la grippe, sans plus.

On peut calculer théoriquement la contagiosité d’une maladie grâce à une formule mathématique appelée R0 ou « taux de reproduction ». Celui du covid19 varie, selon la littérature, entre 2 et 4[note]. Le R0 de la grippe saisonnière est d’environ 2, celui des oreillons est de 4 à 7, la rubéole de 5 à 7, la diphtérie 6 à 7, la varicelle de 10 à 12 la coqueluche de 12 à 17, et la rougeole de 12 à 18…[note]

Donc, contrairement à ce que l’on nous fait croire, le Sars-cov2 n’est pas plus contagieux que ses cousins, les autres coronavirus, responsables des rhumes qui ont des R0 qui se situent aussi aux alentours de 3.

3) Il n’y a pas de traitements

Faux ! L’orthodoxie méthodologique protocolaire des milieux académiques acoquinés au monde de l’industrie pharmaceutique, s’attache aux essais cliniques randomisés en double aveugle comme seule valeur de preuve. Mais ni la science ni la médecine ne peuvent se résumer à ce type de mesures statistiques. La médecine, c’est soigner les gens, quant à la science elle consiste principalement en l’observation… Et dans ce domaine, les observations faites par les praticiens de terrain à travers le monde ont mis en évidence plusieurs thérapeutiques qui donnent de bons résultats[note]. Nous ne reviendrons pas sur la polémique de l’Hydroxychloroquine, mais cette dernière est utilisée dans beaucoup de pays avec des résultats satisfaisants selon leurs autorités sanitaires, le Maroc, la Grèce, l’Inde… Pour ne citer qu’eux[note]. L’Azithromycine, un antibiotique fréquemment utilisé dans les infections respiratoires, est aussi plébiscitée par de nombreux médecins généralistes, car il semble éviter les formes graves, à condition d’être administré tôt dans l’infection. Utilisée en Afrique, l’Artemisia annua semble aussi avoir une efficacité contre la covid[note]. Sans parler de l’Ivermectine, un antiparasitaire dont l’efficacité est aujourd’hui largement démontrée.

En prophylaxie (en prévention), le zinc et la vitamine D pourraient permettre de réduire drastiquement l’incidence des cas graves. Aux stades plus avancés, on peut recourir aux corticoïdes comme la dexaméthasone, les anticoagulants pour éviter les phénomènes de thromboses, ou encore l’oxygénothérapie.

L’intubation des patients en soins intensifs est surtout due au fait qu’ils arrivent à l’hôpital à des stades très avancés de la maladie. Chose qui se produit logiquement lorsqu’on choisit de ne pas soigner les gens en leur disant de rester chez eux et de ne prendre que du paracétamol…

4) Nous avons assisté à une « deuxième vague »

Le concept de « vague » ne repose sur aucun modèle épidémiologique d’infections virales. Il s’agit d’une terminologie de novlangue anxiogène qui ne reflète absolument pas la dynamique des épidémies virales.

Les modèles épidémiologiques viraux observent des constantes[note] : un pic épidémique où l’infection est très virulente, puis s’estompe. Ensuite, soit le pathogène disparaît, soit il mute, s’adapte à son hôte et devient cyclique/saisonnier (comme c’est le cas de la grippe et d’autres virus endémiques). Il semblerait que ce soit le deuxième chemin que le Sars-cov2 ait emprunté.

Aujourd’hui, on nous parle de 3ème vague comme si l’hypothétique pic de covid à venir et l’épisode d’automne étaient issus du même phénomène épidémique que le premier épisode de mars 2020. Il n’en est rien, car ce sont des variants différents du virus qui se sont propagés[note]. La « deuxième vague » était une épidémie différente de la première, et n’était pas un « rebond » de la première voire un phénomène prévisible ou inexorable. Sinon, pourquoi n’y a-t-il pas eu de « deuxième vague » en extrême orient… ?

Tout ce que nous pouvons faire ce sont des observations, car nous ne savons pas de quoi l’avenir est fait, en revanche, les spéculations catastrophistes vont bon train !

5) Les variants ou mutants sont nécessairement plus dangereux

Encore une fois, c’est une idée reçue largement véhiculée par les médias sensationnalistes. Tous les micro-organismes mutent, surtout les virus. Et la catégorie à laquelle appartient le Sars-cov2, les virus à ARN, mute énormément[note]. Les virus responsables de la grippe mutent également. Chaque année, ce sont des mutants différents de l’an dernier qui donnent les épidémies hivernales. Le but d’un virus n’est pas de tuer ses hôtes, mais de s’y adapter pour survivre et se multiplier. C’est pourquoi, généralement, un virus mutant peut être plus contagieux sans être plus mortel.

Depuis le début de la pandémie, on a recensé 12.000 mutations de ce Sars-cov2, seules quelques-unes ont eu un impact sur la dynamique de la pandémie[note]… de quoi relativiser donc !

6) Il y a une augmentation des « cas » et des « contaminations »

Il ne s’agit pas de « cas » ou de « contaminations » au sens clinique du terme. Ce qu’il se passe c’est que les autorités, ainsi que la presse, recensent des tests PCR protocolaires où l’on détermine si un individu est porteur du virus. Mais cela ne signifie pas nécessairement que la personne soit malade ni contagieuse[note]. D’autant qu’une majorité de positifs sont asymptomatiques, cela signifie, au pire qu’ils sont en période d’incubation, ou au mieux que leur système immunitaire a géré le virus et que le patient est potentiellement immunisé.

Sans compter que les tests PCR sont très sensibles et font sortir des faux positifs. Selon certaines études, jusqu’à 90% des tests PCR positifs n’ont aucune signification clinique lorsqu’ils sont réalisés de manière aussi large au sein d’une population[note].

Seuls des indicateurs comme les hospitalisations, l’occupation en soins intensifs et la mortalité ont une signification quant à la gravité de l’épisode épidémique. Et là encore, tout n’est pas fiable à 100%, car ces indicateurs se basent aussi sur des tests PCR…

7) Il faut imposer des règles à tout le monde pour protéger les personnes vulnérables

Il s’agit du sophisme sur lequel repose toute la politique sanitaire coercitive si l’on tient compte des données épidémiologiques par tranche d’âge.

Oui, les personnes âgées et/ou présentant des facteurs de risque sont invitées à se protéger. Mais le reste de la population n’a pas à maintenir toutes ces règles sanitaires étant donné qu’elle présente peu de risques et est donc potentiellement un vivier pour construire l’immunité collective de la population. Et cette immunité collective, c’est réellement le meilleur moyen de protéger les personnes à risque à moyen terme[note].

Au début de l’épidémie, on a imposé toutes les mesures sanitaires, car on n’avait pas encore d’immunité collective, aujourd’hui les mesures qui sont prises empêchent de l’atteindre. Comme pour l’affaire des masques, déconseillés, puis obligatoires, c’est à n’y rien comprendre !

8) Le vaccin est LA panacée, notre « seule chance » de venir à bout du virus

Tout d’abord, La vaccination est un OUTIL sanitaire, pas une « baguette magique ». Or, on assiste littéralement à un dogmatisme vaccinaliste sans précédent, qui relève davantage de la foi que de la démarche scientifique ! Cette stratégie consiste à miser sur l’immunité collective artificielle obtenue grâce à une vaccination massive. Cette dernière n’étant, en réalité, qu’une « imitation » de l’immunité collective naturelle, mais sans les inconvénients sanitaires comme les cas graves et les décès. Du moins, en théorie…

Pour l’instant, seuls deux (bientôt trois) vaccins sont disponibles en Belgique. Et ces deux premiers vaccins impliquent une nouvelle technologie à ARN messager pour laquelle nous n’avons aucun recul chez l’homme à une si grande échelle.

Les seules données dont nous disposons pour évaluer l’efficacité et la sécurité de ces vaccins sont les publications des firmes pharmaceutiques sur leurs essais cliniques de phase III, réalisés sur un laps de temps inédit. Autrement dit, contrairement à ce qu’affirme péremptoirement cette gigantesque propagande vaccinaliste, on nage dans le flou. Aucune certitude sur les risques réels à long et moyen terme, qui demeurent inconnus. Rien n’indique avec certitude que cette campagne de vaccination sera efficace pour réduire l’incidence des cas graves. Surtout lorsqu’on nous affirme que nous ne savons pas si les personnes vaccinées seront toujours contagieuses ni combien de temps durera l’immunité hypothétique conférée par les vaccins, ou si ces derniers seront efficaces face aux nouveaux variants[note].

Quand bien même, quel intérêt y a-t-il à vacciner toute une population pour une affection aussi peu létale dans les tranches d’âges qui correspondent à la population active ?

Selon le principe de la balance bénéfice/risque, ces vaccins devraient être réservés aux personnes à risque exclusivement. Mais l’imposer ou le conseiller à l’ensemble de la population, à ce stade, il est légitime de considérer que c’est une ineptie !

9) Le confinement et le port du masque obligatoire sont des solutions efficaces

Le confinement et l’obligation du port du masque sont des mesures politiques et non médicales. Elles ne reposent sur aucune preuve scientifique d’efficacité tant sur la dynamique épidémique que sur la mortalité. ABSOLUMENT RIEN ! C’est d’ailleurs ce à quoi a abouti l’investigation scientifique du plus éminent épidémiologiste au monde, le Professeur Ioannidis de l’université de Stanford, dans une étude minutieuse parue dans la revue European Journal of Clinical Investigation[note].

Par simple observation, les pays n’ayant imposé aucune de ces mesures (la Suède, la Biélorussie, l’Estonie) ou de manière locale ou allégée (Allemagne, Pays-Bas, Croatie) ont peu ou prou les mêmes courbes épidémiques[note], sans surmortalité significative, et s’en sortent même mieux que les pays qui ont imposé ces règles de manière drastique (Belgique, France, Italie, Espagne et Royaume-Uni)[note] !

Souvenez-vous de la raison pour laquelle on a imposé le 1er confinement : aplanir la courbe des hospitalisations afin de ne pas saturer les lits de réanimation. Cet aplanissement de la courbe n’a JAMAIS été scientifiquement démontré, et le narratif officiel s’attache à confondre coïncidence et causalité lorsqu’il prétend que les « lock-down » sont suivis d’une chute de l’incidence des cas. Le confinement aurait soi-disant servi à éviter la saturation d’un système hospitalier déjà sous tension depuis 20 ans et très sont souvent surchargées lors des pics épidémiques de grippes[note].

Que l’on soit clair :

Il y a une différence entre dépister, isoler et traiter des malades contagieux (comme il s’est toujours fait en matière d’épidémie), et confiner aveuglément l’ensemble de la population sans discernement et sans prise en charge de proximité. Certaines études ont même montré l’effet inverse de celui escompté[note], sans parler de la mortalité secondaire (suicides, maladies non dépistées) ainsi que des conséquences sociales et économiques catastrophiques.

Il y a aussi une différence entre porter CORRECTEMENT, de manière hygiénique, un masque de protection type FFP2 ou chirurgical, dans les lieux clos et bondés en phase de pic épidémique, lorsque le risque de contagion est grand surtout, si l’on est une personne à risque, et imposer de porter des bouts de tissus ou des masques chirurgicaux mal utilisés, sans règles d’hygiène préalables, y compris en extérieur et en dehors d’une période de pic épidémique par-dessus le marché. Ça, c’est de la grosse foutaise, pardon !

Non, il est légitime de penser que le confinement aveugle et le port du masque obligatoire entraînent plus d’inconvénients que d’avantages escomptés.

10) Les autorités savent ce qu’elles font

Il est dans certains esprits peu subversifs l’idée que la classe dirigeante a le pouvoir parce qu’elle le mérite ou qu’elle a une capacité à diriger. Il n’y a rien de plus faux. Le système politique et le pouvoir hiérarchique des instances autoritaires en général, fonctionnent par médiocratie et cooptation. C’est-à-dire que les hauts dirigeants choisissent à des postes subalternes des individus médiocres, mais obéissants et reconnaissants.

Dans ce contexte, les personnes qui cherchent à obtenir des postes de pouvoir et de responsabilité sont rarement compétentes, honnêtes ou bienveillantes. Ce sont des gens qui avouent rarement leurs erreurs, persistent dans leurs fourvoiements et n’ont que leur ambition carriériste comme objectif. Sans parler de leurs conseillers technocrates, souvent en conflits d’intérêts, qui ont des visions totalement déconnectées des réalités et agissent plus par idéologie que pragmatisme. Un sacré cocktail !

C’est pourquoi, en conclusion, il est urgent de mettre fin à cette hystérie politico-médiatique ainsi qu’aux mesures sanitaires contre-productives, antidémocratiques et sans fondements médicaux ni scientifiques.

Il est temps de retrouver la joie de vivre

– Communiqué de presse du GRAPPE –

Confrontés à l’impasse dans laquelle le gouvernement et ses experts médicaux nous ont conduits dans la gestion de la crise sanitaire, le Grappe attend du monde politique la remise en cause de la stratégie délétère et inefficace actuellement en vigueur et l’adoption d’un objectif de santé globale. Une société sans contact avec des citoyens assignés à résidence derrière des écrans est invivable et inhumaine.

Le Grappe, association d’éducation permanente visant à promouvoir une politique véritablement écologique, lance un appel à une réaction rapide du monde politique et à un retour de la culture du débat et du respect des règles démocratiques. A cet effet :

1.      Le Grappe réclame une évaluation en urgence de la pertinence sanitaire des mesures liberticides en vigueur.

Une vision de la santé, exclusivement centrée sur la lutte contre le coronavirus SARS-COV19, est réductrice, donc erronée. Il est temps de prendre en compte tous les aspects de la santé, qu’il s’agisse de santé mentale, émotionnelle, affective, sociale ou encore spirituelle.

De nombreuses mesures liberticides actuelles peuvent être qualifiées comme infantilisantes, incohérentes ou incompréhensibles, sans que la moindre preuve de leur efficacité sanitaire soit apportée.

Les citoyens ont le droit de disposer de ces preuves, si elles existent.

De toute manière, conformément à son rôle éducatif et à sa conception démocratique du fonctionnement sociétal, le Grappe s’est attelé à une analyse critique des choix effectués depuis un an. Une évaluation des retombées sanitaires mais aussi écologiques, sociales et démocratiques  de ces choix est en cours en coopération avec des spécialistes indépendants et d’autres associations de la société civile.

2.      Dans l’immédiat, le Grappe propose de programmer à bref délai la levée des mesures liberticides.

L’octroi d’aumônes  financières aux secteurs considérés comme les plus en souffrance est utile mais insuffisant. Il faut organiser la réouverture rapide des lieux de socialisation et la reprise des activités culturelles, sportives, politiques ainsi que celles de l’Horeca et des métiers dits de contact. Il y va du bien-être mental, psychologique et social et de l’équilibre de vie de chacun.

3.       Le Grappe considère par ailleurs qu’empêcher à tout prix la circulation du virus est un objectif chimérique.

Il est légitime de penser qu’on peut limiter la propagation du virus ; il est irréaliste et contre-productif de tout miser sur cette stratégie et de conditionner la fin du processus à une vaccination généralisée de la population.

Les raisons de remettre en cause cet objectif de vaccination généralisée sont multiples :

–          L’innocuité des vaccins mis sur le marché à ce jour est douteuse. En particulier les vaccins à ARN messager de Pfizer et de Moderna ont échappé à l’obligation légale d’évaluation de leur impact sur le génome humain et l’environnement par dérogation votée à la hussarde par le parlement européen et le Conseil le 15 juillet 2020 pour accélérer le processus d’autorisation.

–          Aucune preuve scientifiquement validée de l’efficacité des vaccins pour la non transmission du virus n’a été apportée ;

–          Les trois vaccins d’ores et déjà autorisés font l’objet de retards de livraison qui fragilisent plus encore la stratégie boiteuse des autorités européennes.

La propagande actuellement déployée en faveur de la vaccination n’est pas compatible avec le principe du consentement éclairé des patients exigé par la loi belge et les conventions internationales.

A ce propos, il faut signaler la piqûre de rappel injectée par l’Assemblée du Conseil de l’Europe le 27 janvier dernier : «  l’Assemblée demande donc instamment aux membres et à l’Union européenne : (…) pour ce qui est d’assurer un niveau d’acceptation élevée des vaccins : (…) de s’assurer que les citoyens et citoyennes soient informés que la vaccination n’est PAS obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement. »

En ce sens l’adoption d’un projet de loi concernant la création d’une base de données centralisée et le fait que ces données puissent être communiquées à des tiers n’a rien de rassurant. L’Autorité de protection des données elle-même, estime que cela constitue une ingérence considérable dans le droit à la protection des données personnelles.

On sait qui fait partie de la population à risque depuis de nombreux mois. Se focaliser sur cette population et l’informer correctement pour éviter les situations à risque est l’approche qui s’impose. Permettre aux autres, et particulièrement à la jeunesse, de vivre de manière responsable une vie normale moyennant les mesures d’hygiène appropriées est un choix réaliste, intelligent et respectueux, au contraire de celui qui nous est imposé aujourd’hui de manière autoritaire et policière.

4.      Le Grappe déclare que la prévention et des soins ambulatoires appropriés sont les meilleures réponses à privilégier pour réduire les risques liés au Covid et éviter l’hospitalisation.

Outre une bonne hygiène de vie et une alimentation saine à base de produits frais, la supplémentation en vitamine D et en zinc permet de renforcer le système immunitaire et d’éviter la maladie ou d’en réduire les effets négatifs.

Des protocoles pour traitement ambulatoire reconnus comme efficaces et peu coûteux sont proposés par des associations de médecins et des personnalités indépendantes de l’industrie pharmaceutique.

Le Grappe appelle les autorités de santé et tous les médecins généralistes à prendre connaissance de ces protocoles, publiés notamment par les associations AIMSIB et Reinfo covid* et à choisir en toute liberté la meilleure manière de soigner.

Le Grappe appelle à refuser que se perpétue une dictature hygiéniste aussi inefficace que dommageable pour tous.

Pierre Stein, président, Martine Dardenne, sénatrice honoraire et secrétaire, Paul Lannoye, député européen honoraire et membre du Bureau

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*https://reinfocovid.fr/

Les médecins demand[ai]ent qu’on les écoute – version longue

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Alors que la politique « sanitaire » n’est aujourd’hui axée que sur une vaccination massive à force de culpabilisation, d’obligation « choisie » et de propagande inédite, qui a tiré ses meilleurs enseignements du marketing, il est indispensable de comprendre le contexte qui a préparé à cela. Car qui peut dire que tout n’a pas été fait pour en arriver là?

Quatre médecins s’exprimaient sur la gestion de la crise sanitaire il y a 6 mois. Quatre réalités identiques, où il leur a été interdit d’exercer librement. 

« IL FAUT SE SOULEVER »… UN FLIC FRANÇAIS TÉMOIGNE

Alors que les forces de l’ordre semblent constituer un rempart de protection pour des gouvernements de plus en plus illégitimes, cette interview d’un policier français constitue un témoignage inédit, que vous ne trouverez jamais dans les médias du pouvoir.

Ils ne font – tout de même – pas tout ce qu’ils veulent

Sur l’illégalité de l’imposition du port du masque partout

Le 12 janvier 2021, le Tribunal de police francophone de Bruxelles jugeait un prévenu accusé « de ne pas avoir respecté l’obligation, en tant que personne âgée à partir de 12 ans, de se couvrir la bouche et le nez avec un masque ou toute autre alternative en tissu dans l’un des lieux visés à l’article précité ».

La base légale retenue par le Ministère pour faire appliquer cette obligation du port du masque, est constituée par les articles 182 et 187 de la loi du 15 mai 2007 relative à la sécurité civile. L’article 182 stipule dans ses grandes lignes qu’en cas de circonstances dangereuses, en vue d’assurer la protection de la population, le ministre (comme le bourgmestre) peut obliger des personnes à s’éloigner des lieux exposés, assigner un lieu de séjour ou interdire tout déplacement ou mouvement de la population.

Le Tribunal répond au ministre, et on peut dire qu’il ne mâche pas ses mots : « On chercherait vainement dans les travaux parlementaires de la loi du 15 mai 2007 une quelconque discussion quant à une éventuelle portée générale et illimitée que pourrait donner le Ministre à cette habilitation. Au contraire, il ressort des travaux parlementaires, in fine, que cette disposition visait à permettre au Ministre de prendre des décisions ponctuelles pour des catastrophes localisées dans le temps et l’espace, telles que, par exemple, des accidents dans des centrales nucléaires ».

« Selon le Ministère public, le fait que le Ministre serait habilité à interdire tout déplacement implique l’habilitation d’imposer des conditions à ceux-ci, selon l’adage commun « qui peut le plus, peut le moins ». »

Et le tribunal de faire de l’ironie : « Un tel argument ne peut manquer d’étonner, dès lors que le droit pénal est d’application restrictive. A suivre l’argumentaire du Ministère public, il serait donc permis au Juge de fond, qui dans certains types de dossier peut prononcer une peine d’emprisonnement ferme, de n’ordonner qu’un emprisonnement les jours ouvrables, ou uniquement les week-ends, ou de limiter l’emprisonnement à un certain établissement pénitentiaire. Pareille décision constituerait absolument un excès de pouvoir ».

Le Tribunal précise que cette extension abusive de la portée de la loi pénale se fait au prix de la sécurité des citoyens et que c’est au législateur lui-même de combler la lacune du texte : « Il convient de rappeler que les dérogations aux droits et libertés fondamentales, si elles sont autorisées dans des cas exceptionnels par les normes supérieures, tant internationales que constitutionnelles, doivent trouver leur source dans des normes à caractère légal, et doivent s’interpréter de la manière la plus restrictive possible. En l’espèce, si la situation sanitaire à laquelle le monde est confronté depuis décembre 2019, et en particulier en Belgique depuis les mois de février et mars 2020, est grave, il convient de relever que le Législateur s’est abstenu de légiférer pour autoriser les mesures restrictives édictées par les Ministres de l’Intérieur successifs » (…)

« En outre, la jurisprudence des autres Cours et Tribunaux invoquée par le Ministère public ne concerne pas le port du masque, mais des interdictions de déplacement » (…) « L’article 12.3 est ainsi rédigé : « Les droits mentionnés ci-dessus ne peuvent être l’objet de restrictions que si celles-ci sont prévues par la loi, nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la mortalité publiques, ou les droits et libertés d’autrui, et compatibles avec les autres droits reconnus par la présent Pacte. »

« Il s’ensuit qu’une restriction à la liberté de circulation doit répondre à trois conditions cumulatives, à savoir trouver sa source dans une loi, être nécessaire et être compatibles avec les autres droits » (…) « Or, il est manifeste que la majorité des mesures figurant dans l’arrêté ministériel n’ont qu’un rapport très tenu avec la liberté de circulation, rapport que seul un sophiste pourrait considérer comme établi » (…) Il est également évident que les mesures prises par le Ministre, au motif de la limitation des déplacements, porte préjudice à d’autres droits et libertés, par exemple la liberté de rassemblement, sans y avoir été spécifiquement habilité par l’article 182 de la loi du 15 mai 2007 ».

« Plus spécifiquement quant au port du masque, il est aussi manifeste que le Ministre règle de manière identique des situations différentes, à savoir des cas dans lesquels des personnes se retrouvent seuls en rue ou au contraire se retrouvent dans une artère en compagnie de nombreux citoyens. Régler des situations différentes de manière identique constitue une violation des principes d’égalité et de non-discrimination ».

« Ainsi, si le port du masque demeure un devoir moral, et peut être imposé dans certains cas, par exemple en vertu du pouvoir de police de l’audience appartenant au juge, une telle disposition ne pouvait pas être prise par le Ministre dans le cadre de l’exécution de la loi du 15 mai 2007 ».

« La prévention mise à charge [du prévenu] n’est dès lors pas établie ». « Par ces motifs le Tribunal acquitte [le prévenu] du chef de la prévention.

Comme quoi quand le pouvoir exécutif souffre de prurits totalitaires, le judiciaire peut encore le bloquer…

Difficile et dangereux d’être lanceur d’alerte au plat pays

Le 12 janvier, 15 agents se présentaient au domicile de Nicolas Ullens, ancien agent de la Sûreté de l’État, procédant à une fouille de son domicile et emportant ordinateurs, disques durs et smartphones. La faute de monsieur Ullens? Avoir dénoncé les fraudes, détournements d’argent public, trafics d’influence impliquant Didier Reynders et son fidèle acolyte Jean-Claude Fontinoy. Les deux complices n’ont à ce jour jamais subi de mesures judiciaires de ce type.

Nous avions longuement interviewé Nicolas Ullens à l’époque*, nous le retrouvons aujourd’hui pour nous parler de cette perquisition et revenir sur les principales affaires dans lesquelles Didier Reynders est impliqué. Si ce dernier est bien protégé, notamment par sa fonction de Commissaire européen, son immunité n’est toutefois pas gravée dans le marbre et il se pourrait bien que l’homme tombe un jour. Et avec lui tout un système corrompu…

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OÙ ÉTAIT ALEXANDER DE CROO CE 25 JANVIER 2021?

Le Premier ministre belge, serviteur de l’élite mondiale

Interviewé par le rédacteur en chef du Time, en compagnie (virtuelle) de Klaus Schwab notamment, fondateur et président du Forum économique mondial, qui organise la discussion de ce jour, Alexander De Croo (ADC) a distillé ses bons conseils pour les « parties prenantes du capitalisme »[note], entendez ce gratin de l’élite mondialisée, de ceux qui prescrivent les « remèdes » pour contrer le coronavirus et qui subséquemment voient le cours de leurs actions grimper… Retour sur la plus grande des supercheries : celle d’avoir laissé des dirigeants politiques destituer le pouvoir du peuple en son nom afin de servir les seuls intérêts de leur classe[note].

Le thème de cette « Launch session and discussion » du 25 janvier 2021: « Rejoignez le rédacteur en chef de TIME, Edward Felsenthal, pour cette session spéciale de lancement et de discussion sur le « Capitalisme des parties prenantes », le nouveau livre de Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial. L’année 2021 sera décisive pour l’avenir de l’humanité, de la lutte contre le COVID-19 au changement climatique. Quel rôle le capitalisme des parties prenantes peut-il jouer dans la poursuite d’une économie mondiale plus durable, plus résistante et plus inclusive ? »[note]. Outre Klaus Schwab, Alexander De Croo, on y retrouve Dan Schulman, président de PayPal, ou Mariana Mazzucato, du University College London, et, comme souvent, l’incarnation du bien dans un « ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF », ici en la personne d’Angélique Kidjo.

Le covid, cette « grande opportunité »

Rappelons que pour Klaus Schwab, la « crise » du covid est une opportunité, l’occasion d’une grande « remise à zéro » (« great reset »). Il l’envisage sous trois aspects :

  • « Un meilleur monde peut survenir de cette crise si nous agissons rapidement et conjointement
  • Les changements que nous avons déjà observés face au COVID-19 prouvent qu’il est possible de repenser nos fondements économiques et sociaux.
  • Ceci est notre meilleure chance d’instaurer le capitalisme des parties prenantes »[note].

En somme, ce sont les mêmes qui ont détruit ce monde qui nous proposent maintenant de le sauver en le reconstruisant « autrement ». Mais derrière ce semblant de bonne volonté et le sentiment toujours renouvelé d’une soudaine prise de conscience, inespérée, ce ne sont que des mots, un subterfuge permettant de pérenniser la domination et les profits qui en découlent[note]. C’est ainsi que les politiques sont devenus des « coachs »[note] visant à susciter en nous l’adhésion et la confiance en une société « plus durable, résiliente et inclusive », soit à nous vendre un produit, propagé par des médias qui partagent la même vision du monde et les mêmes desseins. La réaction politique autour du covid, reléguant toute parole désapprouvant les choix des dirigeants dans le domaine du complotisme, ou la censurant simplement, indique clairement la continuité de la destitution du peuple quant à la capacité de décider de son avenir.

Il est édifiant de constater que ce nouveau concept dominant qu’est celui de « capitalisme des parties prenantes », nouveau concept présenté insidieusement comme « différent »[note] alors qu’il ne sert que la continuité d’un même système-monde, est discuté avec le Premier ministre belge, en conversation avec le patron de PayPal et celui du Forum économique. Cela dénote l’importance que placent les oligarques dans la Belgique pour assurer leur transition « disruptive », la capitale accueillant les Institutions européennes, dont la Commission qui constitue le fer de lance des intérêts privés.

La « remise à zéro » ou la continuité destructrice

À l’instar des esclaves passés et présents du Sud qui furent et sont massacrés sous l’autel de l’économie marchande capitaliste, coloniale dans un premier temps, mondialiste dans un second (continuation néo-colonialiste de la première période), les populations occidentales sont actuellement sacrifiées sur l’autel de la grande remise à zéro. Dans une période qui allait voir survenir inévitablement un effondrement économique inédit (la crise économique de 2008 revenant sous une forme particulièrement amplifiée), alors que les désastres climatiques nourrissaient progressivement la réflexion sur notre modèle de développement et que naissaient des volontés de le changer, les dirigeants ont voulu se donner le contrôle de la « destruction créative » tout en l’attribuant à quelque chose d’autre que le capitalisme et la manière dont ils le servaient : ce fût le covid.

Le discours de Klaus Schwab résonne comme un présage, une mise en réalité des mots: « les confinements dus à la COVID-19 seront peut-être assouplis progressivement, mais l’inquiétude face aux perspectives sociales et économiques du monde ne fait que s’intensifier. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter : une forte récession économique a déjà commencé et nous pourrions être confrontés à la pire dépression depuis les années 1930. Mais, bien que cette conclusion soit probable, elle n’est pas inévitable ». Leurs énoncés ne sont contradictoires qu’en apparence – fortes inquiétudes, mais espoir ; probable, mais pas inévitable ; aggravation et amélioration, … -, escomptant le pire – récession économique, misère, catastrophes climatiques – et proposant l’antidote à ce monde qu’ils ont créé.

(…) « Pour obtenir de meilleurs résultats, le monde doit agir conjointement et rapidement pour repenser tous les aspects de nos sociétés et économies, de l’éducation aux contrats sociaux en passant par les conditions de travail. Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer, et chaque industrie, du pétrole et du gaz à la technologie, doit être transformée. Pour faire simple, nous avons besoin d’une « Grande remise à zéro » du capitalisme ».

« De nombreuses raisons justifient de lancer cette grande remise à zéro, mais la plus urgente est la COVID-19 » (…) « Nous sommes loin d’en avoir fini avec cette crise » [NDLR Il écrit ça en juin 2020] « Elle aura de graves conséquences à long terme sur la croissance économique, la dette publique, l’emploi et le bien-être humain » (…) « Tout cela va aggraver les crises climatiques et sociales déjà en cours ».

« Un des points positifs de la pandémie est qu’elle a montré à quelle vitesse nous pouvions apporter des changements radicaux à nos modes de vie ».

« De même, les populations ont massivement montré leur volonté de faire des sacrifices au nom des travailleurs de la santé et autres professions essentielles, ainsi que des populations vulnérables, telles que les personnes âgées ».

Alexander De Croo, l’homme d’affaires

Rappelons qu’Alexander De Croo, présenté comme « entrepreneur, Darts-IP; Project Leader, Boston Consulting Group… » sur la page du Forum économique mondial, est également membre de Friends of Europe, Think tank fondé par Étienne Davignon, où l’on peut retrouver aussi Petra De Sutter et Frank Vandenbroucke, dans le gouvernement De Croo, Isabelle Durant ou Yves Leterme, Thomas Leysen pour représenter les médias (groupe Mediahuis : Nostalgie, NRJ, Het Nieuwsblad, De Standaard, Het Belang Van Limburg[note]…), mais également Jean-Claude Juncker, Pascal Lamy (ancien directeur général de l’OMC), etc[note].

C’est à Friends of Europe que s’était rendu Bill Gattes le 16 février 2017, pour une conférence intitulée : « Façonner le monde – Un moment charnière de la recherche et de l’innovation pour la santé mondiale »… Parmi les intervenants ? Luc Debruyne, président de GSK, Strategic advisor à la «  Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies » : « Derrière l’acronyme CEPI, on trouve des États comme la Norvège ou le Japon, la Fondation Bill & Melinda Gates ou encore le Wellcome Trust, fondation caritative médicale la plus riche après celle de Gates. Du PPP (partenariat public-privé) classique, fortement soutenu par l’OMS pour accélérer le développement d’un vaccin[note] ». Et qui Gates avait rencontré juste avant cette conférence ? Charles Michel et Alexander De Croo…

S’étonnera-t-on dès lors qu’Alexander De Croo ne réponde pas à nos questions en conférence de presse ?

Cela vous suffit-il, ou doit-on encore faire un dessin?

Alexandre Penasse

Métro-boulot-conso…caveau, le reste est sans importance

Transports publics et artères commerçantes bondés, à côté de théâtres, restos, bars, coiffeurs, cinés… vides. Le Premier ministre ne répondra pas à notre deuxième question lors de la conférence de presse de ce 22 janvier, mais nous entendons que se déplacer – pour consommer et travailler – est « essentiel », comme certains commerces (supermarchés comme magasins de fringues, de Hi-Fi ou de smartphones…), mais pas la culture, la réflexion, les rencontres, la convivialité.

Il ne nous répond pas, il ne peut pas nous répondre, il ne sait rien répondre. Que dire face au deux poids deux mesures, face à l’injustice, face à la réalité d’une mortalité très basse due au covid, d’une diminution des malades, alors que les politiques maintiennent des mesures qui détruisent l’économie et la société dans son ensemble?

La troisième question sera impossible… « Vous en avez déjà posé deux »…

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L’arbitraire de la définition d’ « essentiel » – Les politiques au-dessus des lois

Nous étions encore présents ce vendredi 22 janvier lors de la conférence de presse suivant le Comité de concertation. Nous avons pu poser deux questions. La première portait sur les critères sur lesquels reposait la définition de service « essentiel », et si la fête de nouvel an de l’Open Vld était à ce titre essentielle[note].

Écoutez la « réponse » du Premier ministre: ils n’ont rien à se reprocher, tout a été fait selon les règles en vigueur. C’est tout simplement un mensonge: pas de masques, pas de distanciation, pas de respect de la bulle, concert dans un lieu fermé… Pour ceux donc qui voudraient organiser un soirée avec concert, sans masque, avec zakouzkis et mousseux, pas de problème. Ce qui est très significatif dans ces passe-droits qu’ils s’octroient, c’est qu’on peut y voir le fait qu’ils ne croient pas eux-mêmes aux dangers dont ils disent vouloir nous protéger: ils n’ont pas peur d’attraper le coronavirus!

La troisième question sera impossible… « Vous en avez déjà posé deux »…[note]