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A propos du vaccin anti-Covid-19. Ni complotisme ni croyance aveugle

En Belgique, comme dans l’ensemble des pays européens qui ont adopté des mesures de confinement difficiles à vivre pour tous, la fin du tunnel est annoncée pour très bientôt grâce aux vaccins anti Covid. Plusieurs vaccins seront disponibles dans quelques semaines; leur efficacité annoncée serait de l’ordre de 95%… selon les producteurs. Restent à obtenir les autorisations de mise sur le marché de l’Agence européenne des médicaments: une formalité si on considère les délais très courts prévus.

Le porte-parole du Conseil de Sécurité, le docteur Yves Van Laethem, n’a cessé de le marteler: l’immunité collective ne pourra être assurée que par les vaccins, à condition que soit acquise une couverture vaccinale d’au moins 70%.

Mais pour cela, il faudra rassurer et convaincre les réticents non seulement de leur efficacité mais surtout de leur innocuité. Tous ceux qui contestent ce discours ou font état des risques à long terme ou des effets secondaires de vaccins fabriqués et autorisés à la hâte sont classés au mieux comme des idéologues anti-vaccins, au pire comme des complotistes. Balayées les objections les plus fondées et les réticences face aux incertitudes, ignorés les faits pourtant avérés qui mettent à mal la doxa vaccinaliste de Mr Van Laethem.

Pourtant les faits sont les faits; on peut les ignorer mais on ne peut pas les nier: ils ont plus de valeur que des croyances.

Je les soumets ici à un examen critique:

  1. Il est généralement admis que la mise au point d’un nouveau vaccin requiert en moyenne 10 ans, ce que confirment tant la littérature scientifique que les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). On peut remarquer, en outre, en consultant ces mêmes données de l’OMS[note] qu’aucun vaccin n’est opérationnel pour lutter contre des virus les plus dévastateurs apparus au cours de ces dernières décennies; aucun vaccin n’est cité comme disponible (available vaccine) pour les maladies mortelles que sont le SIDA, la fièvre Ebola, la dengue sévère ou le Chikungunya. Avec la Covid-19, nous allons disposer en moins d’un an de vaccins présentés comme efficaces grâce à une procédure accélérée et à la suite d’essais cliniques réalisés par les fabricants à qui on est prié de faire confiance. Il est difficile de croire qu’on peut obtenir les mêmes garanties de sécurité à l’issue d’essais cliniques menés sur quelques sites pendant quelques mois qu’avec des essais menés sur de nombreux sites différents pendant plusieurs années. On se rappellera l’épisode du vaccin développé en urgence par GlaxoSmithKline lors de l’épidémie de H1N1 en 2009. Au bout de deux ans d’utilisation généralisée de ce vaccin en Finlande, le système de vaccino vigilance avait mis en évidence un risque de narcolepsie au cours des 6 mois qui suivaient l’injection chez les enfants et les adolescents. Une étude publiée par le British Medical Journal en 2013 a confirmé ces résultats pour le Royaume-Uni. Il y a au total 1500 cas de narcolepsie en Europe et 80% des victimes sont des enfants.[note] Pour rappel la narcolepsie est une maladie neurologique chronique et incurable qui se manifeste sous la forme d’une somnolence brutale et aiguë apparaissant n’importe quand au cours de la journée et n’importe où. Elle endommage la fonction mentale et la mémoire et ne peut être soignée qu’au prix de traitements médicamenteux coûteux.
  2. Les vaccins qui seront disponibles très prochainement, produits respectivement par Pfizer/BioNTech etModerna auxquels il faut ajouter Curevac, sont d’un type nouveau. Ils font appel aux biotechnologies en injectant l’ARN codant la protéine virale pour faire produire l’antigène du virus infectieux par les cellules de la personne vaccinée. Il s’agit là d’une première pour laquelle des risques d’une nature spécifique sont à craindre. Comme le fait remarquer le généticien moléculaire Christian Velot dans une note d’expertise récente effectuée comme président du Conseil scientifique du CRIIGEN, les risques d’apparition de virus recombinants et de mutagenèse insertionnelle sont réels. Mais il insiste sur le fait que l’immunité anti-vecteur viral peut aussi directement interférer avec l’efficacité vaccinale recherchée.Il en conclut que les candidats vaccins actuels nécessitent une évaluation sanitaire et environnementale approfondie incompatible avec l’urgence.[note] Or cette évaluation n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu si rien ne change. Dans le but d’accélérer la mise sur le marché de ce type de vaccin, le Conseil des Ministres de l’Union européenne et le Parlement européen[note] ont adopté le 15 juillet dernier, selon une procédure d’urgence, sans débats ni amendements, un règlement permettant aux producteurs de vaccins contre la Covid-19 d’échapper à l’exigence de procéder préalablement à une étude d’impact environnemental et de biosécurité. Cette dérogation à la législation OGM viole totalement le principe de précaution, principe de base du traité de fonctionnement de l’Union européenne.*Seule une petite minorité de députés a osé s’opposer à cette décision. S’ajoute ici au risque de non prise en compte des effets secondaires en conséquence du peu de recul dont on disposera, le risque écologique et en fin de compte sanitaire lié à la propagation possible de virus recombinants potentiellement plus dangereux que le virus que l’on prétend combattre. Un recours en annulation de ce nouveau règlement européen auprès du Tribunal de l’Union européenne a été introduit par six associations (la CNMSE, Terra SOS Tenible, LNPLV, EFVV, AIMSIB et Children’s Health Defense Europe) considérant que rien ne justifie l’abandon du principe de précaution sous prétexte d’urgence.
  3. Les négociations menées par la Commission européenne avec les firmes pharmaceutiques se sont déroulées dans la plus grande opacité, ce qu’a dénoncé à plusieurs reprises la députée européenne Michèle Rivasi: ni les accords de pré-achat négociés en secret, ni les données brutes des essais cliniques, ni les critères d’efficacité retenus, ne sont disponibles. Ce qui semble acquis, à tout le moins, c’est la clause, selon laquelle la responsabilité des produits défectueux incombera bien aux producteurs mais pas les dommages et intérêts consécutifs aux effets secondaires indésirables, lesquels seront à charge des États! Il est assez évident que les grands gagnants dans cet accord sont de toute manière les producteurs de vaccins à qui on garantit un marché captif sans risques financiers.
  4. Le postulat de base, lorsque des négociations sont entamées entre deux parties, est celui de la bonne foi qu’on prête à ses interlocuteurs. À cet égard, on est en droit de s’interroger sur la confiance qu’on devrait accorder aux déclarations des firmes pharmaceutiques productrices de vaccins. S’agissant plus précisément de Pfizer, il est avéré que des condamnations multiples ont frappé cette société au cours des 15 dernières années[note]. Signalons notamment que Pfizer a plaidé coupable dans une affaire de publicité mensongère relative à plusieurs médicaments aux USA en 2009 et a payé une amende de 2.3 milliards de dollars pour éviter tout jugement. Il est juste de dire que Pfizer n’est pas le mouton noir de l’industrie pharmaceutique; la plupart de ses concurrents présentent un palmarès qui n’est guère plus flatteur. On est à la recherche d’un mouton blanc.
  5. Il faut se méfier des effets d’annonce. C’est la conclusion qui s’impose lorsqu’on se penche sur la longue liste des espoirs déçus après les déclarations prématurées sur l’efficacité de vaccins en voie de commercialisation. Deux épisodes particulièrement dramatiques ont eu lieu récemment. Ils sont révélateurs du caractère intrinsèquement dangereux d’une course aux vaccins qui en arrive à oublier les principes éthiques fondamentaux de la recherche médicale.

Le cas de la dengue hémorragique: des essais cliniques bâclés

En 2015, un vaccin mis au point par Sanofi s’annonçait comme un miracle d’ampleur planétaire. C’était une première mondiale, après vingt ans de recherche et 1.5 milliard d’euros d’investissement. Dès cette annonce, des voix se sont élevées dans la communauté scientifique pour alerter sur les résultats non concluants des premiers essais cliniques. Le gouvernement des Philippines, enthousiasmé, a lancé une campagne de vaccination qui s’est révélée désastreuse: 500 enfants sont morts et plusieurs milliers victimes d’hémorragies sévères. Il est apparu que le risque de dengue sévère était 7 fois plus élevé chez les enfants de moins de 5 ans vaccinés que chez les non vaccinés. Les essais cliniques en phase 3 après ré-analyse, ont montré qu’il n’avait pas été tenu compte des antécédents de la dengue. Le programme a finalement été interrompu.

Un vaccin contre le paludisme en cours d’expérimentation en Afrique[note]

En janvier 2020, un article publié dans le British Medical[note] et signé par plusieurs épidémiologistes expérimentés et connaisseurs du contexte africain, révèle les effets adverses du vaccin de GSK, Mosquirix, en cours d’expérimentation en Afrique depuis quelques années.

Après avoir recherché les effets adverses avec acharnement dans les rapports échangés entre l’industriel et les autorités sanitaires (OMS et Agence Européenne du médicament), les auteurs ont conclu comme suit: « les données de toxicité sont catastrophiques: plus de méningites, plus de malarias cérébrales et doublement de mortalité féminine chez les vaccinés ».

Il eut été logique d’arrêter aussitôt l’expérience, au vu de ces résultats désastreux. Mais, la décision fut tout autre: lancer une nouvelle étude pour vérifier si le vaccin augmentait vraiment le risque de malaria cérébrale (souventmortelle) et la mortalité des bébés filles vaccinées.

Pire, cette nouvelle étude a été programmée sans le consentement éclairé des parents, avec l’argument fallacieux que le fait de confier son bébé à des soignants constituait un consentement implicite. Cette violation manifeste des règles de l’éthique médicale a été dénoncée dans un nouvel article du BMJ le 24 février 2020[note].

En guise de conclusion

Tous les faits évoqués ci-dessus concordent pour provoquer de légitimes interrogations sur la pertinence d’une campagne de vaccination dans un contexte où les informations relatives à l’efficacité des vaccins sont strictement publicitaires et peu explicites et où les risques éventuels pour les personnes vaccinées sont ignorés. Plus grave encore est le saut dans l’inconnu que constitue l’utilisation à grande échelle de vaccins à ARN.

Renforcer le système immunitaire de tous est un choix qui ne comporte aucun risque : réduire les pollutions qui affaiblissent l’immunité, assurer à tous l’accès à une alimentation saine et équilibrée, inciter au recours à des supplémentations utiles, vitaminiques ( vitamine D) et sous forme d’oligo-éléments (zinc), encourager à une bonne hygiène de vie ( exercices physiques réguliers, et sorties au grand air) constituent un plan pour l’immunité où tout le monde gagne… sauf les multinationales du médicament et les pollueurs de toutes catégories

Rappelons que la vaccination est un acte médical. A cet égard, il exige une information rigoureuse et objective des risques éventuels que court chaque patient au regard des bénéfices attendus. En outre, il s’agit d’un acte médical préventif. A défaut de données fiables sur l’efficacité du vaccin pour chaque personne prise individuellement, il faudrait au minimum pouvoir justifier ses avantages pour la société dans son ensemble, vu le coût élevé de l’opération et l’absence de prévisions fiables disponibles. Nous sommes priés de croire au bien-fondé d’un choix en restant aveugles et sourds à tous les signaux qui nous mettent en garde.

Une autre politique de prévention est pourtant à notre portée. Renforcer le système immunitaire de tous est un choix qui ne comporte aucun risque : réduire les pollutions qui affaiblissent l’immunité, assurer à tous l’accès à une alimentation saine et équilibrée, inciter au recours à des supplémentations utiles, vitaminiques ( vitamine D) et sous forme d’oligo-éléments (zinc), encourager à une bonne hygiène de vie ( exercices physiques réguliers, et sorties au grand air) constituent un plan pour l’immunité où tout le monde gagne[note] … sauf les multinationales du médicament et les pollueurs de toutes catégories. Assez curieusement, tout cela est absent du discours des responsables politiques et des experts.

Un dernier mot pour la fin: le vaccin contre le virus de la grippe saisonnière est disponible et largement recommandé depuis des décennies. Il n’a jamais éradiqué le virus ni empêché les milliers de décès annuels dus à cette grippe.

Paul Lannoye, Membre du Bureau du Grappe ASBL. Ancien président du Groupe des Verts au Parlement européen. Article publié originellement sur le site du GRAPPE, grappebelgique.be

Qui nous invite en premier pour parler de la censure d’État belge?… La France!

https://www.radiolarzac.org/freestyle-intempestif-alexandre-penasse-15-decembre/
Belgique VS France, même combat ? Discussion avec Alexandre Penasse, journaliste belge indépendant, autour de la question de la liberté de la presse.
Interview effectuée par Philippe, diffusée le 15 décembre 2020.

Le Larzac plus précisément.

Alors qu’aucun journaliste belge n’a réagi publiquement à notre appel (https://youtu.be/UHkr8Owut7U) aux journalistes (on n’a rien vu en tous cas), Philippe de Radio Larzac nous téléphonait il y a quelques jours pour faire une interview avec Alexandre. Ça en dit long, non?

Larzac, terreau révolutionnaire, sait reconnaître quand chez ses amis belges ça a le même goût de censure, de pouvoir, de cette « liberté de la presse » devenue le slogan de ceux qui n’ont que la liberté de défendre leurs maîtres.

À écouter ici: https://www.radiolarzac.org/freestyle-intempestif…/

Les bons conseils de Marc Van Ranst en cas de pandémie

Le Royal Institute of International Affairs, plus souvent appelé Chatham House, né en 1920, est l’un des think tanks (groupe de pression) les plus influents au monde, avec le groupe Bilderberg ou la Commission Trilatérale. Ces dernières, « Officines du Nouvel Ordre Mondial »* (…), « véritables structures parallèles de réunion, constituant la toile de fond des rencontres annuelles de la Banque Mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’OCDE ou encore du G8 (…), participent , en coulisses, de la réglementation de l’agenda politique , économique et militaire »*.

« Véritable institution au service des multinationales »*, c’est là que Marc Van Ranst décidera de donner une conférence le 22/01/2019. Ce dernier a été dès 2007 responsable pour la planification de réponse aux pandémies de l’influenza, épinglé pour des conflits d’intérêts avec des multinationales pharmaceutiques. Depuis le début du coronavirus, il fait partie des groupes qui conseillent le gouvernement pour la gestion de la pandémie; il est donc un personnage clé dans les décisions politiques qui sont prises.

Celui qui est omniprésent dans les médias depuis mars 2020, nous révèle donc lors de cette conférence quel est son véritable « plan pandémie » et au service de qui il le met en œuvre. Pas pour le peuple belge, c’est certain, mais plutôt pour les multinationales et les politiques qui les servent.

* Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus. États, capital et médias à l’heure de la mondialisation.

Appel aux journalistes

Suite à la censure inacceptable dont Kairos a été l’objet le 27 novembre en conférence de presse, après huit mois d’interdiction d’y participer, nous demandons aux journalistes de se positionner.

Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

Charte de Munich sur les droits et les devoirs du journaliste

Prenez vos responsabilités. C’est le moment. Soutenez la presse libre pour qu’elle puisse continuer son travail.

Pour une explication de cette censure d’État: https://youtu.be/4U8YFk5xB_w

RÉACTION À UNE CENSURE D’ÉTAT

Lorsque le 27 novembre, le journaliste de Kairos est censuré en pleine conférence de presse, l’acte en lui-même répond à une logique: la manipulation de l’opinion publique visant à assurer la fabrication du consentement.

Mais ce qu’il y a de formidable dans cette censure que nous subissons, c’est que ceux qui la mettent en place cafouillent, font des erreurs. Et cela se voit.

Retour sur un cas de censure avéré, bafouant l’article 25 de la Constitution belge et la Charte de déontologie de Munich, adoptée par la Fédération européenne des journalistes. Notamment.

Partagez massivement, car ce ne sont pas ceux qui se gargarisent constamment avec leur « liberté des médias » qui vont en parler. En effet, c’est le silence de leur part depuis le 27 novembre. Leur force de frappe, c’est-à-dire leur pouvoir de diffusion et de contrôle du réel perçu, leur permet d’occulter la réalité et de continuer à nous faire croire qu’ils constituent un quatrième pouvoir, alors qu’ils sont les serviteurs des dominants.

La question que vous n’avez pas pu entendre

Le 27 novembre, lors de la conférence de presse du Comité de concertation, alors que le journaliste de Kairos, Alexandre Penasse, posait sa question, la régie lançait le générique de fin et coupait le direct. Nous avions heureusement un dictaphone, ce qui nous a permis d’avoir la question complète, et la « réponse » d’Alexander De Croo.

Voici donc la question que les Belges n’ont pas pu entendre. Pour Alexander De Croo, nous serions en train de « nier la réalité ». Sans importance donc pour le gouvernement.

Ou trop important…

De quoi demain sera-t-il fait ?

Nous n’y arrivons pas : l’État répressif accentue son emprise, ferme nos lieux de socialité, met au pas l’Université, attaque la culture, interdit les promenades en forêt[note] ou les réunions non digitales, masque les élèves dès six ans… Face à une telle déferlante de caractère de plus en plus ouvertement dictatorial, où se situe la difficulté actuelle qui nous empêche de nous exprimer contre l’État et ceux qui tiennent les médias — entre autres — sans être traités de « complotistes[note] » ?

À un moment du raisonnement — nous ne parlons ici que des raisonnements qui s’appuient sur des faits incontestables par le pouvoir lui-même, tels que le budget de la Santé comparé à celui de l’armée, ou la croissance de la dette du pays —, il « manque » quelque chose. Nous allons dire ici ce qu’il manque, notamment dans le discours des scientifiques critiques qui osent s’exprimer et qui, hélas, se cantonnent à leur seul domaine de compétences. Comme si l’adversaire, lui, les cantonnait à leur domaine de compétences : en traitant Alexandra Henrion-Caude ou Jean-François Toussaint de conspirationnistes, le Pouvoir — l’État, les médias dominants mais aussi le qu’en-dira-t-on des réseaux prétendument sociaux — les propulse dans un autre domaine d’expertise que le leur : la politique, tout simplement. Or, les scientifiques s’auto-bâillonnent de peur de déborder de leur domaine d’excellence. Laissant ainsi un boulevard à leurs adversaires, ces experts sont précipités dans le chaudron du rejet médiatique pour cause de conspirationnisme, ce qui anéantit toute discussion.

Pourtant, il n’est pas si difficile de nous engager sur le véritable champ de bataille, qui n’est pas celui de la pandémie, ni d’ailleurs celui du vaccin ou de l’imposition de la 5G. Si la politique actuelle se limitait à cela, pourquoi donc l’État profiterait-il de la pandémie et du confinement pour imposer des lois liberticides, une mise au pas extrêmement musclée de l’Université, une attaque sans précédent dans les derniers trois quarts de siècle contre la culture ? Nous avançons ouvertement — et non pas « à bas bruit » comme le pensent encore certains qui ne veulent pas voir la réalité en face — vers un régime de type dictatorial, dont la seule nouveauté réside dans le fait qu’il prend pour prétexte une pandémie et qu’il se construit sous un régime dit républicain en utilisant ses « faiblesses » du point de vue de la démocratie. L’origine du virus, chauve-souris, pangolin, Institut Pasteur, laboratoire P4 de Wuhan ou autre, ne nous intéresse strictement pas. Car ce qui nous menace est bien plus important, bien plus inquiétant aussi : une crise de Valeurs — nous écrivons ce mot avec une majuscule et nous allons nous en expliquer —, crise fondamentale, infrastructurelle, dont nous sommes les jouets et les victimes.

En effet, ce qui se joue désormais n’est pas une crise sanitaire. Ce n’est même pas seulement une crise politique, économique ou financière. Une « crise de civilisation », entend-on parfois, mais le terme est erroné, car de quelle civilisation peut bien naître une telle crise ? Une civilisation si destructrice que nous ne nous inquiétons pas, pour notre part, de sa disparition. Nous ne vivons rien moins qu’une crise fondamentale des Valeurs qui font qu’une société existe et tient, qu’elle respecte le vivant et les individus qui la composent. Nous prenons le mot « Valeur » au sens précis que lui a donné Gérard Mendel : « Est Valeur à notre sens seulement ce que la progression du déconditionnement à l’Autorité aura permis d’asseoir collectivement » (Pour décoloniser l’enfant, 1971).


Or, il se trouve que personne, dans ce débat, n’est « déconditionné vraiment à l’Autorité ». Ne parlons pas de ceux qui exercent le Pouvoir pour notre plus grand malheur, puisque eux en sont obsédés et amoureux, de cette Autorité. Parlons des scientifiques qui pensent que leur autorité n’a de sens que reliée aux compétences reconnues qu’ils ont dans leur domaine. Mais non ! Ces experts devraient plutôt, une fois qu’ils ont mis en évidence les incohérences gravissimes du Pouvoir dans la gestion de la crise, dépasser cette limite qu’ils s’imposent et dire, non pas n’importe quoi, non pas des prédictions sur l’avenir qui sont un piège pour tout le monde, mais ce que montre la convergence des décisions prises, en matière de pandémie et dans d’autres domaines. Que sont ces décisions ? Vers quoi convergent-elles ?

Survie digitale


Interdiction de fait d’un lien direct, durable et quotidien avec le vivant (campagne, forêts, mer, montagne) par le biais des limitations aux déplacements ; réduction des relations sociales à des connexions digitales (fermeture des lieux de socialité comme les cafés, interdiction des réunions hors visioconférences, incitation à l’utilisation toujours plus poussée des réseaux prétendument sociaux…) ; quasi-annihilation de la culture non digitale ; mise au pas et digitalisation de l’Université ; distanciation sociale (mais pas la bonne, qui serait « Distancez-vous d’un Maître ! »…) ; progrès considérables de la virtualisation de la monnaie (généralisation du paiement sans contact, qui signifie une acceptation d’un contrôle total sur nos échanges), et ainsi de suite : nous sommes tous au courant de cela. Le point commun se dit : tous vers la survie digitale.

La gestion de la pandémie n’a donc pas pour but d’imposer la 5G ni un vaccin qui ne sont que des épiphénomènes d’une politique beaucoup plus profonde : l’attaque contre des Valeurs porteuses d’émancipation, attaque par l’imposition de relations entre les êtres digitalisées, par le biais du smartphone notamment. Il s’agit d’une attaque frontale contre notre vie sociale, notre culture, notre capacité à penser, notre lien avec le vivant. En effet, le vivant ne s’est jamais accommodé de la distanciation, une notion qui n’a aucun sens dans la vie quotidienne. La distanciation sociale, le confinement, le port du masque sont plusieurs aspects d’un programme politique et éthique unique : la réduction de notre vie à une survie qui serait viable à travers la digitalisation de toute relation (à autrui, à la culture, etc.). La biosécurité est entrée dans nos vies, et voudrait nous contraindre à élever la survie au rang de valeur sociale. À partir de là, c’est à chacun.e d’entre nous de prendre ses responsabilités, et d’assumer sa part du refus, la plus importante possible et surtout toujours en extension (la part du colibri est fort sympathique, mais s’en tenir là n’est pas à la hauteur des défis que nous pose un pouvoir très oppressif, telle que l’est devenue la prétendue démocratie républicaine). Plusieurs stratégies politiques, sociales, éducatives et culturelles sont valables, de la pétition pour l’ouverture des commerces non digitaux (meilleur paradigme que celui de savoir si tel commerce est ou non essentiel) jusqu’à l’organisation d’un refus massif du port du masque par les personnes saines, par exemple, ou à la dénonciation de la politique réelle qu’impose le pouvoir dans l’école, dans la rue, etc.

L’année 2020 aura enfin discrédité les stratégies collapsologistes, lesquelles n’ont produit que du découragement, ainsi que, bien entendu, les partis politiques traditionnels. Mais du défaitisme subsiste, qu’il faut dépasser. Le vide devant lequel nous nous trouvons produit, chez nous, un effet de sidération dont nous commençons peu à peu à sortir. Cette fois, il s’agit de cesser d’avancer dans les mauvaises directions. L’axe ne peut être que de contrer, par tous les moyens nécessaires et selon toutes les stratégies de fond, cette tentative de destruction des Valeurs qui structurent notre désir d’émancipation et de liberté, afin de retrouver les libertés factuelles (de se déplacer, se réunir, etc.) nécessaires à ce processus d’émancipation. Max Stirner écrivait, dans L’Unique et sa propriété,que l’insurrection « entraîne comme conséquence inévitable le renversement des institutions établies […] ; elle est l’acte d’individus qui s’élèvent, qui se redressent, sans s’inquiéter des institutions qui vont craquer sous leurs efforts ni de celles qui pourront en résulter ». Soulevons-nous donc, et ne faisons pas que nous indigner, car cela est désormais insuffisant.

Mise en perspective des chiffres Covid

Quel bilan pour cet épisode épidémique ? Quelle efficacité peut-on attribuer aux mesures sanitaires ?

Cette analyse est établie sur base du rapport épidémiologique Sciensano en date du 30/11/2020[note]

Ci-dessous, nous allons analyser les graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 la mortalité.

  1. Le nombre de cas

La diminution du nombre de tests positifs continue et passe sous la barre des 2.400 par jour en moyenne hebdomadaire. Il ne s’agit pas toujours de « cas » au sens clinique du terme et la majorité présente des formes bénignes de la maladie (95%). Ce pic de positifs n’est absolument pas comparable à celui de mars-avril où l’on ne testait que les patients arrivés à l’hôpital à des stades très avancés. Le nombre de tests réalisés se stabilise aux alentours de 200.000 par semaine.

Le pic épidémique touchant à sa fin, nous pourrons évaluer, plus loin dans cette analyse, les différents indicateurs depuis le début de cet épisode automnal.

Nous pouvons cependant d’ores et déjà relativiser l’importance cette épidémie en comparant les nouvelles hospitalisations attribuées au covid avec le nombre de « nouvelles grippes » déclarées par le système sentinelle, basée sur les médecins généralistes. L’une et l’autre sont exprimées par semaine et par 100.000 habitants dans le graphique ci-dessous publié par Christophe de Brouwer, professeur à l’École de santé publique de l’ULB. La visualisation donne immédiatement des ordres de grandeurs du problème lié aux infections respiratoires aigües dont fait partie notamment le sars-cov-2. Nous prenons les hospitalisations covid comme point de repère et non les « cas » recensés étant donné la fiabilité douteuse de la méthode de détection par PCR, que nous allons aborder au point 3.

  1. Les hospitalisations

La courbe des hospitalisations classées « covid » poursuit également sa descente. Ce que nous pouvons dire en chiffres du sommet de ce pic épidémique :

  • Les patients covid ont occupé, au paroxysme de cet épisode, 7.500 lits, soit environ 20% de l’ensemble des lits disponibles en clinique sur tout le territoire (37.000) ou 94% des 8.000 lits potentiellement disponibles pour les cas covid[note].
  • Les 880 hospitalisations classées « covid » enregistrées lors du pic des admissions au 3 novembre représentent environ 70% des quelques 1.200 contacts hospitaliers quotidiens habituellement recensés pour plaintes respiratoires, selon les données de 2017 du SPF Santé publique[note].
  • À noter également que la répartition des hospitalisations ne fut pas homogène : Bruxelles et la Wallonie ont supporté les 2/3 des hospitalisations covid.

La menace exposée par les experts ayant conduit les autorités politiques à durcir les mesures sanitaires durant le mois d’octobre est celle de la saturation des hôpitaux. Bien que la situation ait été effectivement très tendue dans les unités covid, on constate que les hôpitaux n’ont manifestement pas été saturés ! Le fait d’attribuer cette inflexion aux mesures sanitaires prises par les autorités est tout à fait fallacieux. En effet, le pic épidémique de cet épisode automnal semble avoir été atteint aux alentours du 23 octobre, comme montré lors de la mise en perspective de la semaine 44[note].

Ceci peut être mis en évidence par le graphique Sciensano ci-dessous où un paramètre majeur de la quantification de l’épisode épidémique, à savoir le taux de positivité des tests covid, atteint son pic aux alentours du 25 octobre.

Graphique du nombre de tests quotidiens effectués ainsi que leur taux de positivité (nbp1)

S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du sars-cov2 et ses effets escomptés[note], l’impact de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie est fortement discutable, pour ne pas dire absolument nul. On pourrait tout au plus attribuer un éventuel effet des mesures prises début octobre, mais celui-ci reste à démontrer. Il n’en reste pas moins que les mesures les plus coercitives prises après la seconde moitié d’octobre ne peuvent pas être à l’origine de l’inflexion des indicateurs constatés au cours du mois de novembre. Le plus évident est que ce pic épidémique d’automne s’est exprimé au travers des divers indicateurs sous la forme d’une banale courbe en cloche sur laquelle les restrictions imposées à la population n’eurent vraisemblablement que peu d’effet.

  1. Les caractéristiques de cet épisode épidémique

Cet épisode épidémique d’automne est-il de même ampleur que le premier ? A priori, le pic des hospitalisations dépasse celui du mois de mars, mais la mortalité ainsi que la létalité de cet épisode sont plus faibles. De plus, l’apparition des maladies respiratoires saisonnières (automne-hiver) implique davantage de suspicions de cas cliniques covid. Les tests PCR, dont la sensibilité très élevée et la spécificité non absolue ne sauront pas toujours distinguer la covid des autres infections respiratoires saisonnières.

Il est important de noter qu’en fonction de la sensibilité des tests PCR, les tests positifs à la détection du sars-cov2 peuvent n’avoir aucune signification médicale lorsqu’ils sont systématisés de manière aussi importante. En effet, certaines études montrent une proportion très élevée de positifs non pertinents sur le plan clinique lorsque le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR dépasse 30[note]. Et en Belgique, le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR va de 30 à 35[note].

Récemment, une étude parue dans le journal Clinical Infectious Diseases[note] a montré, par des expériences de cultures virales du sars-cov2 issues de patients testés positifs à la PCR, qu’au-delà de 30 CT il y a 70% des tests positifs pour lesquels on ne peut pas cultiver le virus car les traces détectées sont non viables, et par conséquent non contagieuses. A partir de 35 CT, c’est dans 97% des tests positifs qu’il n’y a aucun virus vivant !

Cela pose d’énormes questions sur la fiabilité des tests RT-PCR pour déterminer si une personne est malade ou même contagieuse.

Si les cycles CT des PCR réalisés sont trop élevés, les tests sont hypersensibles et ne peuvent donc pas déterminer, même en étant positifs, si le patient est bien malade de la covid.

Tous ces malades étiquetés «covid», qu’ils soient réellement atteints ou non de cette maladie, engendreront de fait une saturation rapide du système hospitalier en raison de la lourdeur protocolaire de leur prise en charge.

Ajouter à cela que certains patients admis pour toute autre chose que la covid, subissent des tests PCR, et s’ils sont positifs, ils sont répertoriés “admission hospitalière covid” !

Plus éloquent encore, cet article de Corman-Drosten Review Report[note] qui relèverait 10 failles scientifiques majeures au niveau moléculaire et méthodologique du test RTPCR pour détecter le sars-cov2 !

La conclusion de cet article évoque, je cite, les « énormes défauts et erreurs de conception du protocole de PCR… » De quoi remettre sérieusement en question cet outil diagnostic !

Quelle serait l’origine de cette recrudescence épidémique de covid ?

  • L’une des hypothèses semblant se confirmer par diverses constatations et études épidémiologiques est qu’un nouveau variant du sars-cov2 originaire d’Espagne se serait diffusée à travers l’Europe occidentale[note][note].
  • Une autre hypothèse pouvant être complémentaire à la première et partagée par Christophe de Brouwer serait une modification de la transmission virale (l’infectiosité) causé par les mesures NPI (non pharmaceutical intervention), tels que le lock-down/confinement, la fermeture des lieux sociaux, etc.[note]. Ces dernières auraient laissé des « zones vierges » en termes de susceptibilité immunitaire ayant fait office de « nœuds de transmission » propice à la diffusion du virus lors de ce deuxième épisode épidémique.
  • Une dernière hypothèse venant compléter les précédentes a été mise en évidence par les travaux de l’IRMES en collaboration avec l’Université de Toulouse qui, dans une étude observationnelle[note], a pu déterminer que la température ambiante extérieure aux alentours des 10°C favorisait, entre autres, une propagation plus rapide du sars-cov2, ce qui pourrait nous amener à penser que ce virus émergeant entrerait dans un phénomène de saisonnalité avec des pics épidémiques en début de printemps et en milieux d’automne.
  1. Les patients en unités de soins intensifs

Le nombre de patients en soins intensifs (USI) est également en train de diminuer. Les patients « covid » en USI ont atteint à leur paroxysme le nombre de 1.475 sur l’ensemble du territoire. C’est à peu près 70% de la capacité en lits de soins intensifs en Belgique (environ 2.000).

Concernant l’état de saturation des unités de soins intensif en Belgique, ce n’est malheureusement pas non plus une situation exceptionnelle. Selon les dires du docteur Philippe Devos, intensiviste au CHC Liège, lors du pic épidémique de grippe du mois de janvier/février 2020, le taux d’occupation des lits en USI était de plus de 90%! Et ce, par des patients ayant développé des complications à la suite d’un état grippal sévère[note].

Il est aussi impératif de mettre en évidence le fait que les tableaux cliniques covid sont nettement moins sombres qu’en mars/avril. La proportion de patients ventilés a clairement diminué, les intubations ne se font qu’en ultime recours et ne constituent plus que 60% de la prise en charge des patients en USI contre plus de 80% en mars/avril. Cette amélioration en termes de « lourdeur » des cas est très certainement dû à une meilleure prise en charge des patients en amont grâce à une connaissance plus approfondie de la maladie ainsi qu’à l’instauration de traitements comme les anti-coagulants, les corticoïdes ou l’oxygénothérapie qui réduisent les passages en USI et leur gravité.[note]

Et ceci se confirme par une plus faible mortalité covid à l’heure actuelle.

  1. La mortalité

La mortalité « covid » est désormais aussi en baisse, l’intensité de ce pic est 34% moins important que le précédent.

On constate donc, fort heureusement, une mortalité covid moins importante que lors de l’épisode précédent, ce qui est une preuve majeure d’une moindre gravité de cet épisode. Je vous renvoie donc au graphique ci-dessous qui concerne les données de mortalité générale pour la Belgique : il y a, jusqu’au 15 novembre, une notable surmortalité générale en ce qui concerne cet épisode épidémique d’automne 2020 par rapport aux années précédentes, mais moins importante qu’en mars/avril.

Graphique des données de mortalité globale en Belgique pour 2020 établi par Statbel[note]

Il est donc indubitable que cet épisode a engendré une surmortalité ponctuelle significative en Belgique. Mais qu’en est-il chez nos voisins où le même sars-cov2 était en circulation ?

Au niveau européen, globalement, en termes d’impact sur la mortalité globale, cet épisode épidémique est nettement moins important que le premier et est de l’ordre d’un épisode de grippe hivernal comme l’on peut le constater sur ce graphique des données de mortalité récoltées parmi 26 pays européens[note].

Mortalité globale européenne, source : Euromomo (nbp 17)

Il est déplorable de constater que parmi tous nos pays voisins, la Belgique affiche le taux de létalité le plus haut après la France, sur qui, par ailleurs, nos dirigeants sont souvent prompts à copier les décisions en matière de politiques sanitaires.

Le taux de létalité apparent (décès sur nombre de cas) de la covid en Belgique est de 2,95%, là où il est de 1,59% pour l’Allemagne, 1,72% pour les Pays-Bas et 0,92% pour le Luxembourg. Seule le France affiche un taux proche de la Belgique avec 2,38%.[note]

À rappeler que le taux de létalité réel de la maladie est estimé entre 0,3 et 0,65% par l’OMS et le CDC américain[note][note].

Ce faisant, il serait réellement temps de s’interroger sur les stratégies de gestion de cette crise sanitaire compte tenu des résultats dramatiquement calamiteux affichés par le Royaume en comparaison avec ses voisins. Ces derniers ayant une sociologie, un niveau de vie ainsi qu’une démographie comparable.

Voici une carte européenne de la mortalité covid par 100.000 habitants.

Et la Belgique apparaît en orange foncé avec le triste record mondial de 144 décès covid par 100 000 habitants !

Carte européenne de la mortalité Covid par 100 000 hab[note]

Que se passe-t-il donc en Belgique concernant la gestion de la covid ?

Des remises en question doivent être amenés sur la politique de gestion sanitaire en Belgique. Tout d’abord, les mesures de confinement drastiques sont-elles vraiment efficaces ?

Comparons les graphiques d’excès de mortalité (nbp17) de pays ayant adopté la stratégie du confinement par rapport à d’autres plus souples en la matière. Les premiers sont des pays ayant appliqué des mesures de confinements strictes et généralisés : la France, l’Espagne, l’Autriche et la Belgique. Les seconds sont des pays voisins et comparables n’ayant pas appliqué de confinement, ou l’ayant appliqué de manière localisée voire assouplie : L’Allemagne, le Portugal, la Hongrie et les Pays-Bas.

Graphiques d’évaluation de l’excès de mortalité (z-score) pour l’année 2020 publié par le Site Euromomo (nbp17)

Sans tirer de conclusions hâtives, on ne peut pas dire au vu de cette brève comparaison que la politique de confinement ait un impact évident sur la mortalité globale.

En fait, l’efficacité du confinement n’est nullement démontrée : les pays ayant appliqué cette mesure de manière drastique sont parmi ceux qui ont les taux de mortalité par habitant les plus catastrophiques en Europe : Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et France. Ajouter à cela qu’une étude de séroprévalence menée par les autorités espagnoles sur plus de 60.000 sujets a montré que les personnes confinées ont été davantage contaminées que les personnes ayant continué leurs activités professionnelles dans les secteurs essentiels. Des données, confirmées par une autre étude italienne, qui peuvent légitimement mettre en doute la stratégie du confinement comme solution pour faire face à l’épidémie[note][note].

De plus, les preuves de l’inefficacité du confinement sur la mortalité globale semblent confirmées par l’étude française de l’IRMES en collaboration avec l’Université de Toulouse. Les chercheurs ayant analysé les données de 188 pays à travers le monde sur 9 mois n’ont pas observé de corrélation entre rudesse des mesures sanitaires et réduction de la mortalité, certains indices penchant même plutôt pour l’inverse (nbp13). Les dégâts collatéraux des stratégies sanitaires les plus restrictives, tel que le confinement, semblent faire pencher la balance du côté des risques plutôt que des bénéfices. Comme le montrent plusieurs études britanniques qui mettent en évidence une recrudescence sans précédent de cancers tardivement diagnostiqués et de conséquences lourdes sur des pathologies non prises en charge comme les accidents cardiovasculaires. Sans compter les suicides, dépressions et la recrudescence des violences intrafamiliales[note].

Résumé des indicateurs clés de cet épisode épidémique du 15/09/2020 au 30/11/2020

Taux d’hospitalisation (nombre d’hospitalisation par cas recensés) : 4,81%

Proportion des patients hospitalisés admis en réanimation : 20% (0,96% des cas)

Proportion des patients en réanimation sous respirateurs : 60% (0,58% des cas)

Taux de létalité apparent de l’épisode automnal (depuis le 15 septembre) : 1,4%

Age médian des décès : 83 ans

En conclusion, Il semble très probable que le sars-cov2 prenne une tendance à la saisonnalité et qu’une variante particulière soit à l’origine de ce pic épidémique d’automne. Contrairement à ce que la doxa politico-médiatique voudrait distiller, cette recrudescence de l’épidémie n’est pas due à un «relâchement des comportements du citoyen» mais à une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique de l’épidémie virale dépendante d’une série de variables au sein desquels les comportements humains ne semblent pas être aussi déterminants que ce que voudrait nous faire croire l’expertocratie politico-médiatique.

Si le pic de l’épidémie de sars-cov2 en Belgique a eu lieu durant la semaine 43 (aux alentours du 25 octobre), c’est à dire avant les mesures les plus coercitives prises par les autorités à la fin du mois d’octobre, cela pose un énorme doute sur l’efficacité et la légitimité des mesures sanitaires gouvernementales. Sans parler de l’énorme aveu, recueilli par un journaliste de la VRT, de la part du Ministre de la santé Franck Vandenbroucke, qui évoque, je cite : « une mesure “psychologique” » en parlant de la décision de fermer les commerces non essentiels[note]! De quoi faire grincer des dents les nombreux citoyens ayant fait les frais de cette décision.

Dans une fuite en avant inconsidérée, notre gouvernement, appuyé par cette expertocratie unanime et dogmatique, aura, sans réellement analyser la situation, replongé le peuple dans un nouveau confinement qui aura très certainement de lourdes conséquences. Sans compter le fait que les mesures restrictives prises par le passé ont même peut-être même pu favoriser l’intensité de cet épisode épidémique !

Une chose est sûre : face au même virus, nos voisins hollandais, allemands et luxembourgeois s’en sont bien mieux sortis que nous, ce qui traduit indubitablement un problème de gestion conséquente de la crise. La Belgique faisant figure de très mauvais élève sur le plan de la mortalité et de la létalité au niveau européen, il semble légitime de s’interroger sur le bien-fondé de mesures sanitaires qui ne donnent que peu de résultats. Pour appuyer cette critique, une déclaration fracassante de Richard Horton, rédacteur en chef de la prestigieuse revue médicale The Lancet, qui a déclaré ce lundi 16 novembre, « Ce système typiquement belge n’a rien donné de bon, il a échoué. Nous aurions pu éviter la plupart de ces 14.000 morts. Des gens sont décédés à cause de l’organisation politique » ! Absolument éloquente, cette sortie se passe de commentaires[note] !

Envers et contre tout, l’appareil politico-médiatique, non content de ne pas remettre en cause ces mesures sanitaires, continue éhontément de verser dans une dialectique culpabilisante du citoyen rendant tacitement ce dernier unique responsable des évolutions de l’épidémie ainsi que des tensions hospitalières. Ces dernières qui pourraient, de l’avis de nombreux praticiens, être évités si des protocoles de prise en charges précoces et de prophylaxie étaient mis en place en ambulatoire[note][note].

Quel bilan pour cet épisode épidémique ?

Il semble mitigé sans pour autant être dramatique au niveau européen, mais il est totalement catastrophique pour la Belgique en comparaison avec ses voisins. La faute probable à une gestion politique calamiteuse de la situation.

Que peut-on conclure sur l’efficacité des mesures sanitaires prises par notre gouvernement ?

Au vu des pistes probantes que nous avons pu suivre, force est de constater au minimum une absence de preuve d’efficacité des mesures restrictives telles que le couvre-feu, la fermeture des commerces et le confinement de manière générale. On pourrait même entrevoir en ce qui concerne la balance bénéfice/risque un penchant pour les risques sans, de surcroît, avoir d’impact significatif sur la mortalité générale.

De quoi sérieusement demander des comptes à nos responsables politiques !

Merci pour votre lecture.

Annes Bouria, pharmacien, membre du collectif Transparence-Coronavirus

https://www.transparence-coronavirus.be

LE KAIROS 47 EST SORTI

0

SOMMAIRE

Les questions inévitables
Alexandre Penasse
Page 2

Nucléaire : le confinement de l’information a bien fonctionné pendant huit mois
Paul Lannoye
Pages 3 et 24

Fils de pub
Alain Adriaens
Page 4

Du virus et autres joyeusetés modernes
Jean-Pierre L. Collignon
Page 5

« La réalité est en crise » Entretien avec Christian Godin
Bernard Legros
Pages 6-7-8

DOSSIER
Le « monde d’après ». Le pire du monde d’avant ?
Coordonné par la rédaction
Pages 9 à 18

Un retour des valeurs collectives dans le Nouvel Âge viral ?
Bernard Legros
Pages 10-11

Quand la démocratie est infectée par le Covid-19
Inès Trépant
Pages 12-13

Confinements de la liberté d’expression
Olivier Rouzet
Pages 14-15

Le leurre de la diversité médiatique
Alexandre Penasse
Pages 16-17

Un peu de lait tiède dans le thé brûlant ?
David Tong
Page 18

« Nous sommes des mammifères » Interview de Nancy Huston (2)
Alexandre Penasse
Pages 19 à 21

Vu, lu, entendu
Pages 22-23

Courrier des lecteurs
Page 23

Illustration libre
Page 24

La double pensée politicienne

Frank Vandenbroucke, ministre belge de la Santé, ne répond pas. Il dit blanc dans un contexte, noir dans l’autre. Typique de ces êtres qui fonctionnent comme des machines, ne disent pas ce qu’ils pensent, mais pensent à ce qu’ils disent.

Soutenez la presse libre, la seule à démonter leurs discours.

Un(e) soignant(e) nous parle de « l’intérieur »

« Je suis un(e) soignant(e)* avec une vingtaine d’années d’expérience dans presque toutes les Unités de soins intensifs (USI) et urgences de Bruxelles. J’ai vite remarqué qu’une grande partie des soignants ont fait le choix de surfer sur la vague covid pour endosser un rôle de héros qu’on ne leur a jamais reconnu. La tentation était forte et les médias n’ont pas dû beaucoup insister pour les entraîner dans la danse. Là où il fallait garder son sang-froid, tranquilliser, relativiser, on a pris l’option théâtrale et accentué la débandade. Enfin… pas tous. Beaucoup restent centrés, silencieux. Ces soignants-là ne paniquent pas parce qu’ils ne s’occupent que de « maintenant » et de celui qui respire moins bien maintenant. Mais ils sont invisibles: nous fuyons le tapage et cultivons l’apaisement. Nous ne regardons pas des chiffres, mais une personne à la fois. Nous sommes consternés par ce que vous regardez en boucle sur les écrans. Ce n’est pas notre réalité. S’il y a des coups de feu, ils sont gérés. Le calme est la norme et tout est TRÈS calme. Ce covid n’est pas ebola et les traitements sont routiniers. Nous déplorons que vous ne soyez pas informés de conseils de santé et de renforcement d’immunité qui vous responsabiliseraient et vous rendraient autonomes. »

Voilà comment la situation était présentée par la personne qui nous donne les informations que nous partageons ici avec vous. Puisque les directions via leur service de com’ ne nous répondent pas, ce sont les travailleurs, ceux qui sont dans le cœur de l’action, qui nous informent. Et la réalité et parfois loin de la fiction médiatique.

Du côté de l’État « le drame », du côté de l’hôpital, le calme ?

Nous avons reçu les chiffres d’un service d’urgence, portant sur les dernières semaines. Ci-dessous, ils sont présentés sur une période de 24 heures, en distinguant les états grippaux des tests covid et des autres urgences. Il n’est pas possible de savoir si ceux qui sortent des urgences avec des symptômes grippaux ont été hospitalisés ou sont retournés chez eux avec un traitement.

Semaine 1

Lundi

États grippaux : 10

Test covid pour raisons administratives(tracing, voyage) : 4

Autres urgences : 70

Total des entrées: 84

Mardi

États grippaux: 11

Test covid: 5

Autres urgences: 60

Total des entrées: 76

Mercredi

États grippaux: 7

Test covid: 5

Autres urgences: 66

Total des entrées: 78

Jeudi

États grippaux: 5

Test covid: 2

Autres urgences: 73

Total des entrées: 80

Vendredi

États grippaux: 3

Test covid: 5

Autres urgences: 62

Total des entrées: 70

Samedi

États grippaux: 3

Test covid: 5

Autres urgences: 57

Total des entrées: 65

Dimanche

États grippaux: 3

Test covid: 1

Autres urgences: 63

Total des entrées:  67

Semaine 2

Lundi

États grippaux: 7

Tests covid: 2

Autres urgences: 63

Total: 72

Mardi

États grippaux: 8

Tests covid: 3

Autres urgences: 54

Total: 65

Mercredi

États grippaux: 1

Tests covid: 7

Autres urgences: 54

Total: 62

Jeudi 

États grippaux: 10

Tests covid: 7

Autres urgences: 74

Total: 91

Vendredi 

États grippaux: 8

Tests covid: 8

Autres urgences: 58

Total: 74

Samedi 

États grippaux: 2

Tests covid: 4

Autres urgences: 35

Total: 41

Dimanche

États grippaux: 1

Tests covid: 1

Autres urgences: 48

Total: 50

Semaine 3

Lundi

États grippaux: 2

Tests covid: 2

Autres urgences: 71

Total: 75

Mardi

États grippaux: 2

Tests covid: 2

Autres urgences: 65

Total: 69

« Dans l’USI de cet hôpital, il y a 8 lits : 5 étaient occupés par des covid entre 65 et 80 ans, intubés, tous avec la comorbidité habituelle: obésité (dont certains avec un poids de plus de 120 kg), hypertension artérielle, diabète. Tous vont sans doute mourir dans l’unité : pas assez jeunes pour se remettre du stress USI, mais pas assez vieux que pour mourir vite. Un lit est occupé par un covid détubé mais qui tire son air et sera peut-être ré-intubé. Un lit était occupé par une autre pathologie, un lit était libre ».

« Ceux qui entrent à l’hôpital avec des symptômes grippaux rentrent tous chez eux, sauf si leur saturation est sous 95% avec une atteinte pulmonaire visible au scan. Les patients avec symptômes légers sont renvoyés chez eux avec le même traitement pour tous: paracétamol, un spray à base d’eucalyptus et un arrêt de travail de 5 à 7 jours ».

« Ce qui fait la différence entre une grippe simple et un covid est la saturation en oxygène, la gazométrie: une prise de sang artériel montrant plus précisément la PaO2 qui est basse dans les atteintes covid ; le scanner des poumons qui détermine s’il y a une atteinte pulmonaire et de quel pourcentage. Une de mes collègues infirmière estime qu’environ 4 patients symptomatiques sur 20 restent hospitalisés en unité covid selon l’état de gravité des examens ci-dessus, en plus de l’âge et des facteurs de comorbidités qui sont toujours les mêmes: HTA, diabète, obésité. »

« L’activité des urgences reprend son cours normal la journée. La fréquentation, la nuit, ralentit toujours avec le couvre-feu, vers 22h. »

Les inscriptions aux urgences sont inférieures à ce qui se passe en période normale. « À cause du couvre-feu il y a moins d’accidents de roulage, d’entorses, de fractures, de plaies, d’imprégnation éthylique. Et comme lors du premier confinement, on voit beaucoup moins les douleurs thoraciques (infarctus, embolies pulmonaires), les coliques néphrétiques, les douleurs abdominales ; ça s’est vraiment curieux. Parce qu’alors, ou bien les gens viennent vite à l’hôpital en temps normal, ou bien ils n’osent de nouveau plus venir croyant que ça fourmille de covid, ou bien encore ils se conditionnent pour ne pas s’autoriser à avoir mal…? On ne sait pas. Bon, en même temps c’est aussi comme cela lorsqu’il y a un mariage princier, un attentat ou un match de coupe d’Europe ou du monde. Mais en tout cas, médecins comme infirmiers, on savoure ces plages hyper-calmes où on peut travailler correctement avec les rares patients qui se présentent. On redevient sympa, empathique. »

Plusieurs questions se posent :

– Quelle est la différence entre ces chiffres et ceux des années précédentes ;

– Sciensano et le gouvernement centralisent l’information, ne laissant pas aux journalistes et à la population la possibilité de consulter les chiffres par hôpitaux. On peut donc légitimement se poser la question : et si c’était dans tous les hôpitaux pareil? « Ah oui! Ça, c’est certain: c’est partout comme cela. Maintenant, peut-être que dans les grandes structures universitaires, ils concentrent des patients plus jeunes avec des comorbidités plus compliquées à gérer (maladies auto-immunes, cancers,…). Mais ça reste l’exception (que tout le monde adore ressasser). Ce covid a un côté pittoresque parce c’est comme les femmes qui racontent leur accouchement: il n’y en a pas 2 pareils! »

Le « cas » Wilmès

Seule Sophie Wilmès semble être arrivée à l’USI de Delta dans d’autres circonstances : « Elle est arrivée à l’USI de Delta par ses propres moyens, sur ses deux jambes, en voiture avec chauffeur. Elle n’est pas passée par les urgences. Donc il s’agit bien, au mieux d’un arrangement entre son médecin traitant et la direction de Delta, ou d’un arrangement entre Wilmès et ses relations. Elle a été reçue directement à l’USI par plusieurs membres de la direction de l’hôpital, dont El Haddad[note], avec champagne et verres pour tout le monde. Elle n’avait pas du tout besoin d’oxygène à son arrivée et est restée environ une semaine à l’USI. Elle a donc occupé un lit d’USI en séjour préventif là ou une simple chambre privée aurait suffi, si son état justifiait une hospitalisation ».

« Je rappelle qu’un patient qui doit se rendre directement à l’USI sans passer par les urgences relève de la décision de deux médecins intensivistes. Il arrive toujours en ambulance, déjà perfusé, intubé, ventilé, oxygéné à 100%, sous monitoring cardiaque, accompagné d’un médecin SMUR, d’une infirmière urgentiste et de deux pompiers au minimum. Il est sédaté et n’est plus en mesure de boire quoi que ce soit avec qui que ce soit. »

– Ces chiffres montrent que la saturation dans cet hôpital bruxellois n’existe pas. Or les mesures politico-sanitaires (confinement, masque, couvre-feu, distanciation « sociale ») se poursuivent, avec leurs florilèges d’effets secondaires dont nous ne voyons que le début ;

– Le vaccin, présenté comme la panacée, est refusé majoritairement par le corps médical dans les USI et les urgences de cet hôpital, alors que le gouvernement nous disait que le milieu médical serait le premier vacciné. Il serait intéressant d’entendre plus l’avis du personnel soignant sur le vaccin ;

– Au faible taux d’occupation des USI par des patients covid, s’ajoute un très faible taux de létalité[note] (- de 0,5%), ce qui indique que 99,5% des gens qui ont un test covid positif survivent, alors qu’aucun vaccin n’existe[note].

* La personne qui témoigne a voulu rester anonyme.

Propos recueillis par Alexandre Penasse

CENSURE D’ÉTAT EN PLEINE CONFÉRENCE DE PRESSE

Le gouvernement a tout fait pour que le journaliste de Kairos ne rentre pas à la conférence de presse du 27 novembre, après plus de 7 mois d’interdiction.


Une fois dans le « bunker », grâce à sa persévérance et à son avocate, Alexander De Croo a vraisemblablement évité qu’il pose sa question. Alors qu’il insistait et demandait 5 fois la parole, Alexander De Croo l’a volontairement désigné en dernier: ainsi, la régie pouvait sciemment couper le micro et l’image, et donc le censurer.

Ceci est un véritable scandale!

TOUT DISCOURS DIVERGENT EST CENSURÉ. TOUT DÉBAT DÉMOCRATIQUE EST INTERDIT.

La question interdite était (en attendant la seconde vidéo explicative):
« Des dizaines de milliers de chômeurs, une augmentation massive de suicides, des violences familiales exacerbées, des personnes mises à la rue, un décrochage scolaire massif ; divorces, alcoolisme, violences sociales, croissance des cas psychiatriques, perte de repère, chez les jeunes notamment, totalement incapables de se projeter dans l’avenir, étudiants du supérieur rivés devant des écrans toute la journée, en dépression, paupérisés par l’absence de jobs, des sans domiciles qui meurent encore plus nombreux…


Afin d’évaluer le rapport coût/bénéfice des mesures politiques prises contre le Covid, quand comptabiliserez-vous les conséquences sociales, économiques, sanitaires de ces mesures ? Ne pensez-vous pas que les supposés effets bénéfiques de ces mesures sont contrebalancés par leurs conséquences dramatiques?

Un médecin réanimateur licencié pour ses idées

Pascal Sacré, médecin réanimateur au Grand Hôpital De Charleroi (GHDC), a été renvoyé le 20 octobre 2020 pour « faute grave », apparemment en raison des idées qu’il partageait sur internet. Il critiquait la gestion belge du Covid-19, essentiellement sur deux aspects: l’utilisation faussée des tests PCR et de leurs résultats et la gestion libérale des hôpitaux qui ,depuis des décennies, a conduit à la situation actuelle.

Ceux qui, comme Pascale Sacré, parle aujourd’hui, oser briser le faux consensus, doivent être défendus et entendus. C’est ce que Kairos a décidé de faire, respectant ainsi la Charte de Munich, Déclaration des droits et des devoirs du journaliste, dont le premier devoir stipule:

« Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison, du droit que le public a de connaître la vérité »

Vous êtes le public. Nous respectons votre droit.

Suivre sa conscience ou les recommandations de Sciensano ?

Le Docteur Alain Colignon pratique la chirurgie vasculaire et thoracique depuis 1980 (diplômé de l’Université Libre de Bruxelles avec grande distinction). En mai 2020, il a critiqué publiquement et vigoureusement la manière dont l’épidémie a été gérée par Sciensano (« Pourquoi l’École de Santé publique dont le nom était autrefois prestigieux a-t-elle été remplacée par une institution qui porte un nom ridicule plus adapté à un marchand de consoles de jeu qu’à un institut académique sérieux. Sciensano est évidemment pétri de conflits d’intérêts ») et le gouvernement Wilmès. Il a aussi plaidé pour les protocoles défendus par le Dr Raoult.

Dans une récente lettre au président de l’Ordre des médecins de la province du Hainaut, il répond aux reproches que ce même Ordre lui a adressés. Nous reproduisons, avec son accord, les arguments qu’il développe.

Pour en revenir à votre courrier, quel est donc le crime qui vous revient et quelles sont les directives de Sciensano que je n’ai pas suivies ? Pour que je sois en mesure de répondre à cette question, vous auriez dû être plus clairs ! Par respect pour mon Ordre, je vais toutefois tenter d’apporter un embryon de réponse à la question qui m’est posée en tentant de deviner sa portée et d’y faire face avec sincérité.

Sciensano ? Je ne connais pas ! Je vous confirme donc que je n’ai assurément pas suivi les directives d’une institution qui ne s’est pas fait connaître à moi et dont j’ignorais l’existence il y a 6 mois. Je n’ai reçu aucune instruction de cette institution qui n’est à mes yeux en aucun cas compétente pour me donner des directives doctrinales. Je vous confirme par la même occasion que je n’ai aucune intention de m’informer dans le futur des prétentions de cette institution qui est dirigée par un vétérinaire et qui est financée par de si nombreux labos que les pieds de Sciensano font trempette dans une mare de conflits d’intérêt.

La vraie question sur le plan déontologique est : « Quel est donc le principe doctrinalqui m’impose de me préoccuper de Sciensano ? » La réponse saute bien évidemment aux yeux : aucun !

Je n’ai aucune intention de m’informer dans le futur des prétentions de cette institution qui est dirigée par un vétérinaire et qui est financée par de si nombreux labos que les pieds de Sciensano font trempette dans une mare de conflits d’intérêt

J’ai toujours traité mes patients en fonction des données les plus certaines et les plus sérieuses de la science, pas à la lueur de rêves politiques d’obscures d’institutions aux multiples connexions politiques et financières ! Si votre reproche, par contre, concerne l’hydroxychloroquine et l’azithromycine, ma réponse est oui !

Oui, absolument oui ! Je prescris cette association en mon âme et conscience et conscient de mes responsabilités, malgré toutes les recommandations qui m’en dissuadent ! Je la prescris dans le plus grand respect de mon Art et je la prescrirai encore quand je l’estimerai nécessaire, sans me préoccuper du chant du coq ! Aucun des patients que j’ai traités n’a dû avoir recours à une assistance hospitalière. Aucun n’a évidemment fait de torsade de pointe. Et aucun n’a eu de troubles oculaires avec 5 jours à 400mg de Plaquénil !

J’ai toujours traité mes patients en fonction des données les plus certaines et les plus sérieuses de la science, pas à la lueur de rêves politiques d’obscures d’institutions aux multiples connexions politiques et financières !

Je me moque des études que brandissent les vendus et qui démontrent la toxicité de cette association alors que certaines de ces études qui n’ont pas été écartées des méta-analyses, prescrivent 2,4g d’hydroxychoroquine à des patients en phase terminale. Nous savons tous que la dose mortelle d’hydroxychloroquine est 25mg/kg soit 1,5g pour un individu de corpulence normale. Nous savons en outre tous que le protocole Raoult la réservait strictement à la maladie débutante à des doses de 0,6g pendant 10 jours maximum… Car enfin dans les études dites sérieuses sur lesquelles se fonde l’OMS et tous ceux qui la suivent, non sans intérêt, figure celle où des médecins ont prescrit des doses mortelles d’HCQ !

De qui se foutent l’OMS et Sciensano ? Dois-je accorder ma confiance à l’OMS ou à Sciensano qui ont, aveuglément et de façon ridicule, interdit l’hydroxychloroquine en faisant confiance, tête baissée, à une méta-analyse bidon publiée dans le Lancet par une prostituée et un auteur de science-fiction ? Ma réponse, Monsieur le Président est non ! L’OMS et Sciensano ne font décidément pas partie de mes références.

Vous avez rappelé dans une lettre circulaire récente que j’ai reçue que la liberté thérapeutique était un pilier de notre Art, mais qu’en prescrivant des thérapeutiques non prouvées scientifiquement, nous le faisions sous notre responsabilité ! Je crois savoir de quoi il s’agit. Ce n’est pas à 67 ans que je vais apprendre ce qu’est ma responsabilité. J’attire toutefois votre attention sur le fait que ceux qui ne prescrivent pas cette association prennent exactement la même responsabilité que moi et même peut-être une responsabilité bien plus grande. En effet ! L’avenir dira si Raoult a tort ou s’il a raison ! S’il a tort, je n’aurai, moi, aucun mort sur la conscience ! Mais s’il a raison, combien en auront ceux qui ne l’auront pas prescrit ? Même si ce traitement ne réduit la mortalité que de 5%, quel examen de conscience auront à faire ceux qui l’auront décrié ? Ils auront l’excuse, bien sûr, d’avoir suivi les insolents conseils de Sciensano… Mais que leur dira leur miroir quand ils le croiseront le matin ?

De qui se foutent l’OMS et Sciensano ? Dois-je accorder ma confiance à l’OMS ou à Sciensano qui ont, aveuglément et de façon ridicule, interdit l’hydroxychloroquine en faisant confiance, tête baissée, à une méta-analyse bidon publiée dans le Lancet par une prostituée et un auteur de science-fiction ?

Si votre reproche concerne le port du masque, quelle directive de Sciensano ou de l’OMS vouliez-vous que je suive ? Vous devrez préciser si c’est celle de mars 2020 qui prétendait qu’il était strictement inutile de le porter ou celles de septembre qui a rendu obligatoire ce qui était strictement inutile 6 mois plus tôt ? Je ne suis pas une girouette. Je ne fais pas de politique. J’ai collecté de nombreux articles très sérieux sur la protection qu’offrent les masques dont je pourrai vous faire part si vous le souhaitez. C’est sur ces articles et non sur le JT de 19h30 que je base mes choix de le porter ou de ne pas le porter quand je suis dans le colloque singulier qui m’unit à mon patient et qui est le lieu le plus inaccessible du monde aux médiocrités de la politique ! Enfin de quelles directives parlez-vous ? Devais-je aller sucer les informations aux mammelles de Tyresias ou devais-je écouter la RTBf pour deviner les fantasmes de cette institution que je ne respecte pas ?

Quant à l’immunité de masse, qu’est ce qui vous autorise en tant que juridiction doctrinale à vous substituer à la science pour prétendre qu’on ne peut être partisan de l’immunité de masse ? Il me semble, même si comparaison n’est pas raison, que la Suède s’en sort bien mieux que nous ! Les seules directives que je connaisse tiennent aux certitudes les plus probables, c’est-à-dire, celle que je fonde sur des publications non randomisées !

Malgré les tirs de barrages contre le protocole Raoult, les multiples obstructions à l’établissement de la vérité, les fraudes scientifiques répétées et grossières dont nous pourrons reparler(vous imaginez bien que je ne suis pas scandalisé à mon âge sans raison et sans preuves pertinentes), quel médecin respectant ses engagements pourrait proposer une étude RDB ? Qui oserait dans une crise comme celle que nous vivons, proposer la roulette russe à son patient ? Qui oserait lui faire signer un consentement éclairé qui lui propose de tirer son traitement au sort pour déterminer s’il recevra une molécule supposée active ou du sucre ? Consentement peut-être, éclairé, j’en doute.

Si votre question consiste à savoir si je crois en Raoult ? Ma réponse est encore mille fois oui ! J’y crois fondamentalement plus qu’en Martin Blachier, ce psychopathe qui le traite de charlatan et qui n’est même pas médecin. Je ne crois ni en Véran, ni en Van Ranst, Van Laethem ou Van Gucht, vétérinaire qui n’a jamais vu un chien ou une vache de sa vie. Tous, sont peut-être honnêtes et de bonne foi, mais ils sont pétris de conflits d’intérêts qui les rendent contestables. Oui je crois dans les études observationnelles mille fois plus que dans des études conduites par deux aveugles payés par Big Pharma.

Je ne crois ni en Véran, ni en Van Ranst, Van Laethem ou Van Gucht, vétérinaire qui n’a jamais vu un chien ou une vache de sa vie. Tous, sont peut-être honnêtes et de bonne foi, mais ils sont pétris de conflits d’intérêts qui les rendent contestables.

Oui, je crois en Raoult et son service qui a eu la mortalité la plus basse du monde en traitant les patients avec humanité et sans empêcher les familles d’assister leurs mourants, attitude odieuse suivie dans nos hôpitaux respectueux des directives criminelles de Sciensano ! Qu’est-ce que c’est que ces règles de cinglés où un mari après 50 ans de vie commune ne peut pas tenir la main de sa femme qui est en train de mourir dans la chambre obscure d’un hôpital ou d’une maison de repos ? C’est tout simplement odieux !

C’est là que j’aurais aimé entendre mon ordre pousser de hauts cris ! Mais mon Ordre a gardé le silence sur ce scandale ! Le silence ! Serait-il d’accord avec ça ? Moi pas !

En quoi consiste à vos yeux la médecine hippocratique ? À laisser décompenser des SRAS positifs, en leur prescrivant pour 20€, par téléphone, du paracétamol en attendant patiemment que la saturation tombe à 80 pour les envoyer mourir intubés à plat ventre ?

Je réponds donc, sans hypocrisie à votre question : je n’ai rien à faire (pour être poli) des directives de Sciensano. Je suis médecin et médecin avant toute chose et pour servir mes patients, je n’ai pas attendu l’avis d’un petit vétérinaire planqué ! Je n’ai jamais traité de patient par Whatsapp ! Je me suis exposé. J’ai pris des risques pour rester à l’écoute de quiconque le souhaitait et je suis certain , cher confrère, que vous avez assisté vos patients avec le même courage et la même détermination.

Et vous savez quoi ? Je n’ai pas attrapé le Covid 19, malgré le fait que j’ai, sans discontinuer et même quand ce fut interdit par les éminences grises de Sciensano, continué à servir mes patients comme l’enseignait Hippocrate, sans me préoccuper des sots qui gesticulent. Ce sont mes patients et pas Sciensano qui estimaient en leur âme et conscience s’ils avaient besoin de moi et si c’était le cas j’ai toujours été là – physiquement – pour eux et pas par la voix binaire ! Je suis conscient que j’aurais pu en mourir… Mais voilà. Je n’ai pas eu peur du Covid-19 ! J’ai une mission !

Je n’accepte pas que mon Ordre ait un avis scientifique fondé sur l’évangile de Sciensano

Si une procédure disciplinaire était lancée contre moi, je refuserais de m’y soumettre avant que la science n’ait fait toute la lumière et que la vérité scientifique sur la gestion de cette crise soit faite. Je n’accepte pas que mon Ordre ait un avis scientifique fondé sur l’évangile de Sciensano. Mon Ordre devra se fonder sur une vérité scientifique admise par toute notre communauté ce qui n’est nullement le cas aujourd’hui où le patron de Pfizer annonce un vaccin et revend pour 50 millions d’actions deux jours après ! J’ai honte de cette médecine. Ce n’est pas la mienne ! Ni la vôtre !

Pour me juger il faudra que la science et non l’argent ait parlé. Vous devrez attendre avant de faire mon procès que les commissions parlementaires aient éclairé les multiples facettes de cet étourdissant imbroglio socio-politico-sanitaire qui scandalise le simple chirurgien que je suis ! Je n’ai pas l’âme d’un Galilée et je ne serai pas un Galilée. (…)

Pour me juger il faudra que la science et non l’argent ait parlé

Je ne conclurai pas en rapportant les paroles de Richard Horton (rédacteur en chef du Lancet qui écrivait récemment que la science prenait le tournant des ténèbres, mais par un éditorial commun des plus grandes et plus prestigieuses revues médicales qui affirmait, déjà en 2007, que la plupart des études dites sérieuses n’en avait que l’apparence[note].  Cette fois, ce n’est pas moi qui le dit, Monsieur le Président, mais les rédacteurs des plus grandes revues auxquels pourtant nous sommes censés apporter notre confiance et qui viennent, une fois de plus, avec le Covid, de démontrer leur plus nauséabonde médiocrité.

Elles meurent en silence

Sale temps pour les écoles de village. Leurs portes se ferment, l’une après l’autre, leurs préaux se vident, les rires et les cris d’enfants se taisent, la vie s’éteint. Justifiant cette phrase souvent entendue : « Une école qui ferme, c’est un village qui meurt ».

Une agonie qui créera d’autant moins de remous qu’elle touchera un village situé dans une région reculée, loin des centres de décision politique. Et moins de vagues encore lorsque ce village est aux mains d’un collège élu à partir d’une liste unique présentée aux suffrages[note], ne rencontre aucune opposition lors des conseils communaux et par conséquent dans la gestion de sa commune.

Illustration : la commune de Chiny

Commune rurale de la province de Luxembourg, Chiny compte six implantations scolaires pour une douzaine de villages et quelque 5.200 habitant·e·s.

En septembre 2018, le bourgmestre, « le seigneur » comme l’appelle la presse locale[note], décide de la fermeture de l’école maternelle et primaire du village de Chiny. Motif officiel : un nombre insuffisant d’enfants. Raison officieuse et de notoriété publique : des tensions au sein de l’équipe pédagogique et une incapacité communale à les solutionner. Des parents et des habitant·e·s se mobilisent, des citoyens interpellent le conseil communal, sollicitent une coopération avec la commune pour le sauvetage de l’école : en vain. Un an plus tard, ce même conseil communal vote la vente du bâtiment scolaire en vue de le transformer en un projet immobilier d’envergure d’une dizaine de maisons et de plusieurs appartements[note].

« L’enseignement fondamental : une vocation communale par excellence »[note]

Pédagogues, sociologues, psychologues et autres «…ogues » s’accordent dans leur analyse : l’épanouissement et la sociabilité du jeune enfant reposent sur le lien et la proximité avec son environnement immédiat, son milieu de vie, son village (ou son quartier). C’est en effet dans ce milieu proche que le jeune enfant fait les premières expériences fondamentales qui détermineront profondément sa personnalité : les premières émotions, les sentiments, la découverte de la nature, des relations sociales, de l’organisation de la société, etc. Au-delà de 12 ans, il sera en mesure de profiter d’un milieu élargi. Dans l’enseignement secondaire, il rencontrera des élèves et des professeurs de diverses origines, mais il ne sera en mesure d’en apprécier tout l’intérêt que si ses bases « locales » sont bien assurées. Comme le souligne l’Union des Villes et des Communes : « proche de la population, la commune se doit d’assurer l’instruction et l’éducation des jeunes… Gérée par des responsables élus[note], elle peut seule répondre efficacement aux aspirations, aux besoins de la collectivité locale en matière d’éducation. ».

À Chiny, loin d’assumer ses responsabilités, le bourgmestre affiche son de ras-le-bol de devoir endosser cette mission. « Il en a marre », dit-il, des contraintes liées à la gestion de l’école communale et – surtout ? – d’être confronté à des parents qui s’y intéressent. Pour sortir de cette « lassitude », il tente de convaincre la Fédération Wallonie-Bruxelles de reprendre le réseau d’enseignement communal. Une tentative avortée, la « Fédé » décline.

Serait-ce une réponse à cette fin de non recevoir ? À la dernière rentrée scolaire de 2020, en pleine crise sanitaire et alors que tous les regards sont tournés vers le Covid-19, le collège fait passer en urgence le point de la fermeture de deux autres écoles de la commune.

Une démocratie locale peu démocratique

Sans broncher, les élus locaux avalisent la décision. Aux parents qui les interpellent ainsi qu’à la presse locale, ils opposent un silence éloquent. Il faut dire que l’absence de communication est le mode de gouvernance choisi par le pouvoir communal. Quant au personnel enseignant, ordre formel leur est donné par la commune, c’est-à-dire le PO, pouvoir organisateur, de prendre la parole. Ainsi que l’évoque la chaîne de télévision locale TVLux, dans sa séquence du 9 septembre 2020 « Le nombre de personnes qui n’osent pas parler par peur de représailles est impressionnant. Le sujet est pourtant sur toutes les lèvres. 3 fermetures d’école en 2 ans de temps, ça pose question et ça exige de légitimes réponses. »[note]

Des réponses, le groupe citoyen de Chiny, mobilisé pour la sauvegarde de son école, en attend toujours de la part des différents ministres auxquels il s’est adressé en janvier 2020, tant du côté de la Fédération Wallonie Bruxelles que de la Région wallonne[note].

L’architecture institutionnelle et politique de notre pays est complexe. Raison de plus, nous semble-t-il, pour que les différents niveaux de pouvoir, au lieu de leur opposer un silence vécu comme méprisant voire cynique, prêtent aux citoyens et aux citoyennes attention et considération. Nous connaissons trop le risque et le prix politique de la défiance qu’engendre le silence des élu·e·s. Quel (bon ?) usage fait-on du pouvoir que l’on possède ?

L’école de demain… ou d’aujourd’hui ?

L’on se prend à rêver d’un échelon communal qui assume cette importante mission d’organisateur de son enseignement primaire avec enthousiasme plutôt qu’avec réticence. D’un échelon communautaire, la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, non contente de rappeler aux communes leurs responsabilité et obligation en la matière, prête attention et appui, notamment aux petites communes parfois confrontées à des situations conflictuelles ou de gestion de ressources humaines.

Et enfin, aujourd’hui que se multiplient les organes de concertation de toute nature, nombreux sont les comités de parents à souhaiter être davantage qu’un comité logistique de fancy-fair. Leur attente serait d’être partie prenante et d’être consultés, informés sur les grandes orientations de l’école, sans pour autant empiéter sur les prérogatives du PO.

Il s’agit tout simplement de prendre au sérieux les différents acteurs de l’école : enfants, parents et enseignant·e·s. Il s’agit également de ne pas transformer nos villages ruraux en cités dortoirs. Enfin, encore plus fondamentalement, il est inquiétant qu’une commune puisse encore, au XXIe siècle et en Belgique, être dirigée sans pluralisme, sans participation citoyenne, et sans garde-fous visibles aux échelons supérieurs (voire à l’intérieur des partis).

Groupe citoyen pour la sauvegarde de l’école de Chiny, Jacqueline Martin

Mise en perspective au sujet de l’augmentation des  cas » covid et des hospitalisations

Cette analyse est établie sur base du rapport épidémiologique Sciensano en date du 17/11/2020. [note]

Ci-dessous, nous allons analyser en A, les graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 la mortalité[note][note].

  1. On constate toujours une diminution significative du nombre de tests positifs qui sont passés de 8350 à 4900 par jour en moyenne hebdomadaire. Il ne s’agit pas toujours de « cas » au sens clinique du terme et la majorité présente des formes bénignes de la maladie (95%). Ce pic de positifs n’est absolument pas comparable à celui de mars-avril où l’on ne testait que les patients arrivés à l’hôpital à des stades très avancés. La politique de test se réduit, 250.000 tests ont été réalisés la semaine précédente (semaine 45) contre le double deux semaines auparavant. La décision d’à nouveau tester les asymptomatiques est très discutable en termes de pertinence dans la mesure où cette politique de testing non ciblée détecte majoritairement des porteurs sains dont la contagiosité n’est pas établie[note].

Le pic épidémique étant désormais sur la pente descendante, nous pourrons évaluer, plus loin dans cette analyse, les différents indicateurs depuis le début de cet épisode automnal.

  1. En ce qui concerne la courbe des hospitalisations classées « covid », elle est également clairement en baisse. Ce que nous pouvons dire en chiffres du sommet de ce pic épidémique :
  • Les patients covid ont occupé, au paroxysme de cet épisode, 7500 lits, soit environ 20 % de l’ensemble des lits disponibles en clinique sur tout le territoire (37 000) ou 94 % des 8000 lits potentiellement disponibles pour les cas covid[note].
  • Les 880 hospitalisations classées « covid » enregistrées lors du pic des admissions au 3 novembre représentent environ 70 % des quelques 1200 contacts hospitaliers quotidiens habituellement recensés pour plaintes respiratoires, selon les données de 2017 du SPF Santé publique[note].
  • À noter également que la répartition des hospitalisations ne fut pas homogène : Bruxelles et la Wallonie ont supporté les 2/3 des hospitalisations « covid ».

La menace, exposée par les experts, ayant conduit les autorités politiques à durcir les mesures sanitaires durant le mois d’octobre, est celle de la saturation des hôpitaux. Bien que la situation a été effectivement très tendue dans les unités covid, on constate que les hôpitaux n’ont manifestement pas été saturés ! Le fait d’attribuer cette inflexion aux mesures sanitaires prises par les autorités est tout à fait fallacieux. En effet, le pic épidémique de cet épisode automnal semble avoir été atteint aux alentours du 23 octobre, comme montré lors de la mise en perspective de la semaine 44 (voir nbp 6).

Ceci peut être mis en évidence par le graphique Sciensano en B où un paramètre majeur de la quantification de l’épisode épidémique, à savoir le taux de positivité des tests covid, atteint son pic aux alentours du 25 octobre.

Graphique du nombre de tests quotidiens effectués ainsi que leur taux de positivité (1)

S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du Sars-Cov2 et ses effets escomptés[note], l’impact de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie est fortement discutable pour ne pas dire absolument nul. On pourrait tout au plus attribuer un éventuel effet des mesures prises début octobre, mais celui-ci reste à démontrer. Il n’en reste pas moins que les mesures les plus coercitives prises après la seconde moitié d’octobre ne peuvent pas être à l’origine de l’inflexion des indicateurs constatés à l’heure actuelle. Le plus évident est que ce pic épidémique d’automne s’est exprimé au travers des divers indicateurs sous la forme d’une banale courbe en cloche sur laquelle les restrictions imposées à la population n’eurent vraisemblablement que peu d’effet.

De plus, le phénomène de saturation des hôpitaux en période de recrudescence des affections respiratoires saisonnières n’est malheureusement pas nouveau, il y eut des épisodes de saturations hivernales en 2017 ainsi qu’en 2019 lors des épidémies de grippe[note][note]. Si l’on veut sonder les raisons de cette saturation chronique des hôpitaux, il est important de tenir compte de la nette diminution des lits disponibles pour les affections aiguës dans les hôpitaux depuis 30 ans, ils sont passés de plus de 55 000 à 37 000 malgré l’augmentation de la population et son vieillissement (voir nbp 5) !

  1. Nous avons vraisemblablement dû faire face à un nouvel épisode épidémique de covid. Mais quelle en est son origine ? L’une des hypothèses semblant se confirmer par diverses constatations et études épidémiologiques est qu’un nouveau variant du Sars-Cov2 originaire d’Espagne se serait diffusé à travers l’Europe occidentale[note][note].

Une autre hypothèse pouvant être complémentaire à la première et partagée par Christophe de Brouwer, Professeur à l’École de santé publique de l’ULB, serait une modification de la transmission virale (l’infectiosité) causée par les mesures NPIs (non pharmaceutical intervention), tels que le lock-down/confinement, la fermeture des lieux sociaux, etc..[note]

Ces dernières auraient laissé des « zones vierges » en termes de susceptibilité immunitaire ayant fait office de « nœuds de transmission » propice à la diffusion du virus lors de ce deuxième épisode épidémique.

Mais cet épisode est-il de même ampleur que le premier ? A priori, le pic des hospitalisations dépasse celui du mois de mars, mais la mortalité ainsi que la létalité de cet épisode sont beaucoup plus faibles. De plus, l’apparition des maladies respiratoires saisonnières (automne-hiver) implique davantage de suspicions de cas cliniques covid. Les tests PCR, dont la sensibilité très élevée et la spécificité non absolue ne sauront pas toujours distinguer la covid des autres infections respiratoires saisonnières.

Il est important de noter qu’en fonction de la sensibilité des tests PCR, jusqu’à 90 % des tests positifs à la détection du SARS-COV2 n’ont aucune signification médicale lorsqu’ils sont systématisés de manière aussi importante. En effet, certaines études montrent une proportion très élevée de positifs non pertinents sur le plan clinique lorsque le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR dépasse 30[note]. Et en Belgique, le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR va de 30 à 35[note].

Si les cycles CT des PCR réalisés sont trop élevés, les tests sont hypersensibles et ne peuvent donc pas déterminer, même en étant positifs, si le patient est bien malade de la covid.

Tous ces malades étiquetés « covid », qu’ils soient réellement atteints ou non de cette maladie, engendreront de fait une saturation rapide du système hospitalier en raison de la lourdeur protocolaire de leur prise en charge.

Ajouter à cela que certains patients admis pour toute autre chose que la covid, subissent des tests PCR, et s’ils sont positifs, ils sont répertoriés “admission hospitalière covid” !

  1. Le nombre de patients en soins intensifs (USI) est également en train de s’infléchir. Les patients « covid » en USI ont atteint à leur paroxysme le nombre de 1475 sur l’ensemble du territoire. C’est à peu près 70 % de la capacité en lits de soins intensifs en Belgique (environ 2000) [note]. Concernant l’état de saturation des unités de soins intensifs en Belgique, ce n’est malheureusement pas non plus une situation exceptionnelle. Selon les dires du Docteur Philippe Devos, intensiviste au CHC Liège, lors du pic épidémique de grippe du mois de janvier/février 2020, le taux d’occupation des lits en USI était de plus de 90 % ! Et ce, par des patients ayant développé des complications à la suite d’un état grippal sévère (voir nbp 15).

Il est aussi impératif de mettre en évidence le fait que les tableaux cliniques covid sont nettement moins sombres qu’en mars/avril. La proportion de patients ventilés a clairement diminué, les intubations ne se font qu’en ultime recours et ne constituent plus que 60% de la prise en charge des patients en USI contre plus de 80% en mars/avril. Cette amélioration en termes de « lourdeur » des cas est très certainement due à une meilleure prise en charge des patients en amont grâce à une connaissance plus approfondie de la maladie ainsi qu’à l’instauration de traitements comme les anticoagulants, les corticoïdes ou l’oxygénothérapie qui réduisent les passages en USI et leur gravité (voir nbp 16). Et ceci se confirme par une plus faible mortalité covid à l’heure actuelle.

  1. La mortalité « covid » se stabilise et a atteint le pic de 206 décès le 6 novembre, l’intensité de ce pic est 33% moins importante que le précédent.

On constate donc, fort heureusement, une mortalité covid plutôt faible par rapport à l’épidémie précédente, ce qui est une preuve majeure d’une moindre gravité de cet épisode. Je vous renvoie donc au graphique C qui concerne les données de mortalité générale : il y a, jusqu’au 1er novembre, une notable surmortalité générale par rapport aux trois années précédentes en ce qui concerne cet épisode épidémique d’automne 2020, mais nettement moins importante qu’en mars/avril.

Graphique des données de mortalité globale de 2020 établi par Statbel (2)

Il est donc tout de même indubitable que cet épisode a engendré une surmortalité ponctuelle significative en Belgique. Mais qu’en est-il chez nos voisins où le même Sars-Cov2 était en circulation ? Il est déplorable de constater sur le graphique D, qui représente le « Z-score » (un indicateur standardisé, mesure de l’excédent de décès) de tous nos pays voisins, que la Belgique affiche le score le plus haut après la France, sur qui, par ailleurs, nos dirigeants sont souvent prompts à copier les décisions en matière de politiques sanitaires.

Graphiques d’évaluation de l’excès de mortalité (z-score) de la Belgique et de ses voisins pour l’année 2020 publié par le Site Euromomo (3)

Le taux de létalité apparent (décès sur nombre de cas) de la covid en Belgique est de 2,8%, là où il est de 1,6% pour l’Allemagne, 1,9% pour les Pays-Bas et 0,86% pour le Luxembourg. Seule la France affiche un taux proche de la Belgique avec 2,35%[note]. Ce faisant, il serait réellement temps de s’interroger sur les stratégies de gestion de cette crise sanitaire compte tenu des résultats dramatiquement calamiteux affichés par le Royaume en comparaison avec ses voisins. Ces derniers ayant une sociologie, un niveau de vie ainsi qu’une démographie comparable

Résumé des indicateurs clés de cet épisode épidémique* :

  • Taux d’hospitalisation (nombre d’hospitalisation par cas recensés) : 4,4%
  • Proportion des patients hospitalisés admis en réanimation : 20% (0.88% des cas)
  • Proportion des patients en réanimation sous respirateurs : 60% (0,53% des cas)
  • Taux de létalité apparent de l’épisode automnal (depuis le 15 septembre) : 1,07%
  • Âge médian des décès : 82 ans

*Du 15/09/2020 au 18/11/2020

En conclusion, Il semble très probable que le SARS-Cov2 prenne une tendance à la saisonnalité et qu’une variante particulière du SARS-Cov2 soit à l’origine de ce pic épidémique d’automne. Contrairement à ce que la doxa politico-médiatique voudrait distiller, cette recrudescence de l’épidémie n’est pas due à un « relâchement des comportements du citoyen » mais à une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique de l’épidémie virale.

À ce jour, le pic de l’épidémie de Sars-Cov2 en Belgique est clairement dépassé et a probablement eu lieu durant la semaine 43 (aux alentours du 25 octobre), soit avant les mesures les plus coercitives prises par les autorités à la fin du mois d’octobre, ce qui pose un énorme doute sur leur efficacité et leur légitimité.

Dans une fuite en avant inconsidérée, notre gouvernement appuyé par une expertocratie unanime et dogmatique a plongé le peuple dans un nouveau confinement aux lourdes conséquences, sans réellement analyser la situation ni attendre l’évolution de la situation épidémiologique. Sans compter que les mesures restrictives prises par le passé ont même peut-être pu favoriser cette situation !

À rappeler que l’efficacité du confinement n’est nullement démontrée : les pays ayant appliqué cette mesure de manière drastique sont parmi ceux qui ont les taux de mortalité par habitant les plus catastrophiques en Europe : Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et France. Ajouter à cela qu’une étude de séroprévalence menée par les autorités espagnoles sur plus de 60 000 sujets a montré que les personnes confinées ont été davantage contaminées que les personnes ayant continué leurs activités professionnelles dans les secteurs essentiels. Des données, confirmées par une autre étude italienne, qui peuvent légitimement mettre en doute la stratégie du confinement comme solution pour faire face à l’épidémie[note][note].

De plus, les preuves de l’inefficacité du confinement sur la mortalité globale semblent confirmées par l’étude française de l’IRMES en collaboration avec l’Université de Toulouse. Les chercheurs ayant analysé les données de 188 pays à travers le monde sur 9 mois n’ont pas observé de corrélation entre rudesse des mesures sanitaires et réduction de la mortalité, certains indices penchant même plutôt pour l’inverse[note]. Les dégâts collatéraux des stratégies sanitaires les plus restrictives, tel que le confinement, semblent faire pencher la balance du côté des risques plutôt que des bénéfices. Comme le montrent plusieurs études britanniques qui mettent en évidence une recrudescence sans précédent de cancers tardivement diagnostiqués et de conséquences lourdes sur des pathologies non prises en charge comme les accidents cardiovasculaires. Sans compter les suicides, dépressions et la recrudescence des violences intrafamiliales[note].

Par ailleurs, le phénomène de saturation des hôpitaux publics semble davantage imputable au manque chronique des ressources hospitalières ainsi qu’aux choix de stratégies sanitaires de nos autorités, comme celle d’une absence de politique de prise en charge des patients en ambulatoire, facteur probable d’aggravation de la pathologie chez nombre de patients. Face au même virus, nos voisins hollandais, allemands et luxembourgeois s’en sont bien mieux sortis que nous, ce qui traduit indubitablement un problème de gestion conséquente de la crise. La Belgique faisant figure de très mauvais élève sur le plan de la mortalité et de la létalité, il semble légitime de s’interroger sur le bien-fondé de mesures sanitaires qui ne donnent que peu de résultats. Cependant, l’appareil politico-médiatique, non content de ne pas remettre en cause ces mesures, continue éhontément de verser dans une dialectique culpabilisante du citoyen, rendant tacitement ce dernier unique responsable des évolutions de l’épidémie ainsi que des tensions hospitalières.

Une des nombreuses questions à poser au sujet de cette crise sanitaire est : pourquoi la Belgique affiche-t-elle un résultat aussi catastrophique en matière de mortalité par rapport à ses voisins ?

Cette question mérite plus que jamais réflexions et réponses !

Voir https://www.transparence-coronavirus.be, dont l’auteur est membre.

Lettre ouverte à mes Collègues dont la tâche est de soigner des personnes et non des chiffres!

Par le Prof. Dr. Martin ZIZI, MD-PhD, Biophysicien. Ancien Directeur Scientifique Médical à la Défense belge, Ancien Directeur de la Division Épidémiologie et Biostatistiques, Ancien Président du Comité Éthique BE Def.

À deux reprises déjà, les hôpitaux et les services de soins intensifs se sont retrouvés débordés et la première ligne médicale est à chaque fois quasi entièrement à l’arrêt. Est-ce que tout cela a du sens ?

De nombreuses personnes qui présentent des symptômes tels que de la toux, de la fièvre, des troubles gastros ou des douleurs aux articulations sont privées de leur médecin de famille. Au mieux, on leur propose de faire un test et de rester chez eux… La conséquence directe de cela est que la plupart de ces personnes qui, isolées pendant 7 à 8 jours, ne bénéficient d’aucun soin, se dégradent et infectent leurs proches.

Le premier médecin qui les examine alors et écoute leurs poumons est bien souvent au service des urgences ou aux soins intensifs. Est-ce cela la médecine ? La réponse est non. Il faut savoir que la première ligne de défense sanitaire est le personnel de santé non hospitalier. Va-t-on courir le risque d’attendre une troisième voire une quatrième alerte et tout le cortège des destructions humaines, sociales, économiques, mais surtout sanitaires qui en découlent pour agir? On parle bien ici de « destructions sanitaires », car les gens sont traités trop tard…

Comment en est-on arrivé là ? La réponse à cette question porte en elle une partie des solutions nécessaires pour sortir de cette crise de manière logique et surtout efficace, en brisant le cycle des peurs induites et destructrices pour enfin entrer dans la gestion de crise.

Comme pour le problème des tests PCR qui n’avaient pas d’utilité sur les personnes sans symptômes – le mieux étant souvent l’ennemi du bien – mettre à l’arrêt la médecine générale est à la base de l’engorgement des hôpitaux et de nombreux décès. Il y a quelques semaines déjà, devant une incohérence majeure autour des tests PCR, j’avais défié tout scientifique en Europe de prouver que ce que j’écrivais était faux. J’avais parlé de l’inutilité totale des tests PCR si les personnes n’avaient pas de symptômes, et j’avais expliqué que la vraie mesure du risque vital en ce qui concerne le SARS-2 n’était pas le nombre de tests positifs ou négatifs, mais le taux de mortalité global mesuré au sein d’une population (IFR ou infection fatality rate). Cette valeur critique pour prendre des décisions éclairées et adaptées à la situation a été calculée maintenant plus de 60 fois un peu partout sur la planète – à chaque fois publiée dans des revues médicales de référence – et nous donne une valeur autour de 0.2% ou de 0.5% . Ce chiffre est solide, car il reste quasi le même, quels que soient l’endroit ou les méthodes employées. En résumé, nous sommes au niveau ou même plus bas que certaines grippes… et cette affirmation est vérifiable[note] par tout un chacun. C’est la stricte réalité médicale et non du rassurisme ou du déni.

Par contre, ce fameux IFR qui permettrait de gérer cette crise sur des bases bien plus objectives et fiables que le cycle des informations alarmistes se fait attendre. Et ceci a des conséquences gravissimes, car au plus ce débat est nié, au plus certains de nos concitoyens souffriront, et risqueront leur vie inutilement, voire décèderont. Ceci devra d’ailleurs être expliqué un jour à la population, mais là n’est pas l’objet de mon propos.

Pourquoi faut-il mentionner ce fameux IFR pour désengorger les hôpitaux ? Car il est extrêmement bas – et ces valeurs basses sont très fiables, car calculées par des scientifiques différents, à différents endroits et moments différents, avec des échantillons différents. Cet IFR est un signal puissant pour tout le personnel de Santé – ils connaissent sa signification et peuvent se dire enfin: « N’ayons plus peur et soignons les gens ».

Primum non nocere

Dans cette deuxième lettre ouverte, je désire donc m’adresser à tout le personnel soignant de notre pays, qu’ils soient mes confrères médecins, infirmiers, aide-soignants, étudiants, stagiaires, kinés, psychologues… en bref, à tous ceux qui de près ou loin ont fait profession d’aider les autres lorsqu’ils sont affaiblis, malades ou en danger.

Nous avons tous prêté un serment : celui de ne pas nuire (« Primum non nocere »). Ce serment d’Hippocrate n’est pas un bout de papier. Il représente le pacte par lequel nous soignons des patients, quels qu’ils soient, de bons ou mauvais citoyens, riches ou pauvres, jeunes ou non, que nous partagions leurs vues et opinions ou non, au-delà des questions de genres ou d’identité. La médecine est un métier qui n’est pas facile, mais il nous apporte un privilège unique : celui de pouvoir rencontrer les personnes telles qu’elles sont dans une relation de confiance totale – ce fameux secret médical, qui n’est pas un secret, mais une manière de garder la vie privée de nos patients, absolument privée. Ce privilège nous est donné en échange de notre compassion, de notre talent et de notre disponibilité et – tous – nous avons donc d’immenses responsabilités à l’égard de nos patients. Pour le moment, les hospitaliers portent seuls ces responsabilités, ce qui est dommageable.

Cette crise de Santé publique nous a touchés de plein fouet. Tout d’abord – parce que nous sommes tous des êtres humains – la peur et la non-compréhension ont paralysé tout le système de Santé, principalement les activités de première ligne. Ensuite sont arrivées des directives diverses émanant du ministère de la Santé publique qui ont imposé des « costumes » dignes de fictions, des masques, et ont défini ce qui était autorisé ou non. Nous nous souvenons tous de cartes blanches dans la presse de certains collègues généralistes et spécialistes qui ont tiré la sonnette d’alarme en signalant que nous ne pouvions pas dénier des soins nécessaires – pensez aux patients non-covids en chimiothérapie, en insuffisance cardiaque en attente d’un organe, sans parler des urgences vitales ou neurologiques. Face à ces inquiétudes, certains ont avancé le mot « triage » – c’est-à-dire qu’il va falloir faire des choix entre bonne-maman et sa petite fille – d’autres ont également montré la population du doigt, avec des mots injustes « c’est de votre faute, nous n’avons plus le choix ». La non-assistance à personne en danger érigée en système… on croit rêver !

Il s’agit ici du passé, je ne souhaite pas commenter ces faits. Aujourd’hui, je voudrais par cette lettre m’adresser directement à l’ensemble des professionnels de la santé de manière à les intégrer à la solution et à proposer un futur qui ait du sens et qui nous sorte de cette crise par le haut.

Est-ce que le personnel médical de première ligne court réellement des risques s’il voit des patients?

Chers confrères, que se passe-t-il ? La plupart des personnes impliquées dans la santé prennent des risques pour soigner des patients atteints de maladies plus gravement contagieuses y compris des méningites ou l’Ebola. Les SARS (1, 2 ou MERS) ne sont pas Ebola… pourquoi dans ce cas cesser les pratiques médicales de première ligne ? En raison des chiffres de la peur ?

Ces chiffres ne sont pas la bonne mesure du danger. Nous savons par exemple qu’il faut un transfert de 10,000 particules du virus HIV pour avoir une chance d’être infecté. Pour l’hépatite 10 particules sont suffisantes. C’est pour cela que les moustiques peuvent transmettre l’hépatite B et non l’Ebola, car le volume de leur trompe ne peut contenir plus de 10-20 virus ! Pour SARS, ce nombre de particules (calculé sur cultures cellulaires) se situe entre 10,000 et 100,000, c’est pourquoi mesurer la présence du virus n’est pas la vraie mesure du risque. Seuls les virus infectants, rentrant dans notre corps en concentration suffisante nous font courir un risque. Avoir une centaine de particules virales dans nos bronches ne nous rendra pas malades. Ensuite SARS fait du ping-pong entre nous et quasi tous les mammifères[note]. Cela vous paraît-il logique à vous tous, biologistes, médecins et autres de tenter de circonscrire le problème en isolant les gens les uns des autres alors que les transmissions sont plus vastes? Le Danemark a commencé à tuer des dizaines de millions de visons – car ils ont « redécouvert » ce phénomène du ping-pong déjà connu[note]. Sachant que SARS peut infecter le bétail – souvenez-vous que de nombreux abattoirs durent être fermés -, croyez-vous que les bouchers de tous les pays ont une propension génétique qui les rend sensibles au virus? Bien sûr que non, le virus est présent dans les carcasses du bétail qu’ils doivent découper tout simplement. Le virus est présent chez les chats et chiens[note] ceci est connu depuis 2003 . Donc allons-nous continuer dans cette voie et tuer toutes les têtes de bétail, les chats, les chiens…? Revenons un tant soit peu sur terre.

Comment retrouver le chemin de la sérénité et des bonnes pratiques médicales ? Il faut s’occuper des patients dans les 48 ou 72 premières heures de leurs premiers symptômes. Mes confrères, vous avez la culture, le savoir, la pratique et le temps – informez-vous. Dans la littérature scientifique du passé de préférence, nous connaissons ces virus depuis presque 20 ans, le temps stabilise la science et nos connaissances, et les publications récentes dans l’urgence médiatique sont souvent peu informatives. Vous comprendrez rapidement que le taux de mortalité de ce virus est en fait extrêmement faible. Cependant, des gens décèdent, ce virus est extrêmement dangereux. Nier cela est honteux. Non seulement pour les personnes à risque, mais également pour chacun d’entre nous.

Comment retrouver le chemin de la sérénité et des bonnes pratiques médicales ? Il faut s’occuper des patients dans les 48 ou 72 premières heures de leurs premiers symptômes

Pourquoi meurt-on alors ? Le plus grand danger vital ne vient pas du virus lui-même, mais du décours de la maladie (COVID). Pourquoi ? Ce virus comme tous les virus nous amène des bactéries, et contrairement à d’autres virus de cette famille des virus du rhume, avec SARS-2 tout va très vite. Entre les premiers symptômes sérieux et les bronches bouchées ou les surinfections bactériennes, il peut ne se passer que 48 heures ! Donc, rester confinés en attendant un test, ou en s’isolant 7 jours (chiffre purement aléatoire), c’est jouer à la roulette russe. Cela décrit parfaitement la situation de Madame la première Ministre et cela l’a conduite tout droit aux soins intensifs. Nous laissons l’avantage à un virus qui crée des complications sévères plus vite que tous ses congénères. Des témoignages – tous concordant – existent en grand nombre. Certains de nos collègues me l’ont rapporté, certains esprits indépendants – après m’avoir parlé – ont contrôlé la situation à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre, et m’ont tous confirmé que la plupart des patients ne sont pas vus en consultation et sont amenés à faire des tests. Vous tous le savez mieux que moi, et vous avez vos propres histoires à ajouter à cette liste. Et ceci sans même parler des patients non-covids qui risquent aussi leur vie par manque de soins ou de diagnostics essentiels.

Nous avons tous fait un serment – bien entendu cet article ne vous demande pas un pacte de suicide collectif, mais si après avoir contrôlé par vous-mêmes les données solides qui ne font pas les gros titres pour des raisons inexplicables, vous comprenez que le risque est celui des complications, je vous en prie – je vous en supplie – de revenir vers la Médecine de première ligne.

Bien sûr qu’il vous faudra être prudent, bien sûr qu’il vous faudra vaincre cette peur qui n’a aucune raison d’être. En rouvrant vos cabinets, vous aiderez nos collègues hospitaliers et vous éviterez ces scénarios catastrophes et toutes ces notions réellement eugéniques et absurdes de ‘triage’ – avoir à choisir entre deux patients quand on est personnel médical est une hérésie, surtout dans un pays riche et doté d’une infrastructure solide. Encore une fois COVID n’est pas Ebola !

Que faire pratiquement? Protection personnelle – Voir les patients en personne – Utiliser ce que tous nous connaissons déjà: Amantadine – Antibiotiques, et tout le reste. Un virus – vous le savez – s’attaque à nous en plusieurs étapes. Tout d’abord il rentre dans nos bronches via nos narines et/ou notre bouche. Ensuite, il s’attache à nos cellules dans nos bronches. Puis il rentre dans ces cellules. À ce moment-là il fait 2 choses: il crée des bouchons dans nos bronches en détruisant nos cellules et se reproduit. Ceci invite des bactéries qui profitent du virus pour nous infecter à leur tour. Puis le virus crée une réaction immunitaire. Enfin, il va de plus en plus profond, arrive aux alvéoles, puis il passe dans le sang. À ce moment, nous avons une septicémie virale et bien souvent bactérienne et nous avons besoin d’aide médicale lourde et de soins intensifs. À chacun de ces stades cependant, nous sommes loin d’être démunis.

Que faire pratiquement? Protection personnelle – Voir les patients en personne – Utiliser ce que tous nous connaissons déjà: Amantadine – Antibiotiques, et tout le reste

Protection personnelle, comme recommandée, masques et visières, gants et toutes les mesures d’asepsie que nous avons toujours eu à cœur d’appliquer dans notre pratique et que notre expertise juge nécessaires. Bien évidemment. Mais souvenez-vous, l’IFR est au niveau de celui de la grippe – quoi que la presse ait colporté. Donc nos connaissances sont suffisantes et il n’est nul besoin de se déguiser en cosmonaute. Il est crucial de remettre les stéthoscopes sur les thorax des gens, ce qui est impossible à faire par zoom. J’ai entendu des histoires affreuses où des médecins ont même refusé d’aider de vieilles personnes qui avaient eu un accident domestique à domicile. Notre priorité ne doit pas être pas d’établir une tarification pour les téléconsultations, mais d’aider le personnel de la Santé à s’occuper des gens et de refaire de vraies consultations.

Si nous-mêmes ou nos patients avons une bronchite, nous avons des médicaments à l’efficacité démontrée – selon que les personnes toussent avec des glaires ou non. Les anciens parmi nous se souviennent de l’amantadine, cette molécule utilisée contre la grippe durant les années 70-90. Elle agit en empêchant la formation des bouchons bronchiques comme vous le savez. Le virus de la grippe y est devenu résistant, et de nos jours elle est utilisée pour le bétail. Mais la bonne nouvelle c’est que cette vieille molécule a été étudiée et essayée contre SARS-2, et les résultats sont excellents. Elle se lie à la bonne protéine du SARS-2[note], prescrite d’emblée, elle diminue les bouchons bronchiques chez les patients[note], et démontre une survie a près de 97% chez les utilisateurs[note] .

En outre dans une étude de qualité[note], 100% de survie fut rapporté chez 22 patients COVID qui étaient âgés et avaient toutes les raisons de mourir vu leurs co-morbidités. Pourquoi ont-elles survécu comme par magie ? Car elles avaient la maladie de Parkinson ou d’autres troubles neurologiques, et donc recevaient de l’amantadine en permanence pour cette maladie, et une fois infectées par SARS-2, elles étaient protégées d’emblée ! Ceci – et non les derniers chiffres de PCR – devrait faire les gros titres des journaux. Ceci est une porte de sortie. Point besoin de longues études cliniques pour confirmer, ce médicament était un antiviral reconnu, et ne fut retiré de certains marchés uniquement parce son brevet avait expiré. Mais il est encore en production et semble réservé au bétail – ce qui est un comble ! Remettre l’amantadine en circulation est chose facile – une réunion et un arrêté ministériel – et que l’on ne vienne pas argumenter le contraire – j’étais à la place de nos experts entre 1998 et 2005, donc je parle en parfaite connaissance de cause. D’ici là, on peut se la procurer en France par exemple…

Quand un patient se présente avec des expectorations, nous savons qu’il risque de se surinfecter, pourquoi ne pas prescrire d’emblée des antibiotiques ? Nous savons tous que les antibiotiques sont inefficaces contre les virus, et donc l’INAMI et les autorités de la Santé ont découragé les prescriptions en aveugle. Mais en cas d’épidémie grave ou de pandémie, il est pratique courante de traiter d’emblée avec antibiotiques sans même chercher à savoir si une bactérie est présente ou non. Le Dr Fauci lui-même a publié un papier classique à ce sujet en 2008[note], lors de la fameuse pandémie de Grippe H1N1, car la mortalité liée aux virus respiratoires est liée principalement aux infections bactériennes. Pourquoi ce qui était excellent en 2008 deviendrait-il tabou en 2020-2021 ? Chercher à démontrer la présence des bactéries qui surviennent dans 80 % des cas de toute façon est une perte de temps et permet au virus de gagner la course contre la médecine. En outre lorsque 90-93 % de la population n’aura pas de symptômes et que seule la moitié des 10% restants iront en complications graves, ce n’est pas créer un problème de résistance aux antibiotiques que de traiter les gens.

La grippe a tué beaucoup en 1918, car la pénicilline n’existait pas, et nous avons développé des vaccins pour la contrôler, mais nous n’avons jamais renoncé aux antibiotiques, que je sache. En quoi SARS est vu de manière différente ? Dans le doute, il faut traiter ou à tout le moins prescrire des antibiotiques et donner à son patient des instructions claires – prendre les antibiotiques si crachats importants par exemple. Je compte plus de 20 personnes qui m’ont contacté pour des prescriptions ou de l’aide, car leur médecin traitant avait refusé de leur donner un antibiotique, et ils se sentaient de plus en plus mal. Ces appels au secours se passent bien souvent un vendredi… et je peux certifier qu’aucune de ces personnes ne s’est dégradée ou ne fut hospitalisée.

Il est tout à fait illogique et dangereux de baser notre réponse sur le « tout vaccin ». Il nous faut être plus rapides que le virus. Bien sûr, il nous faudra développer des vaccins, mais rester cloisonnés à l’intérieur, se dégrader, détruire la société, mettre les gens sur la paille, en négligeant les principes élémentaires de la bonne pratique médicale, est-ce cela que nous voulons ?

Il est tout à fait illogique et dangereux de baser notre réponse sur le « tout vaccin ». Il nous faut être plus rapides que le virus

Mes chers confrères, vous avez le pouvoir de vaincre ce virus, vous seuls – parce que vous êtes la première ligne – pouvez réduire la mortalité à des valeurs négligeables et donc ne pas laisser ce virus prendre nos poumons de vitesse. Mais il faut que vous soyez plus rapides que lui. Votre serment d’Hippocrate est en vous, aucune administration ne prête ce serment. Aucune institution n’a l’empathie ni la connaissance personnalisée de vos patients. Vous seuls pouvez savoir si un de vos patients est mal en point ou juste sujet à de la peur. Vous seuls pouvez les aider à éviter les dépressions, et les violences conjugales, les infarctus et les suicides… vous seuls avez le pouvoir de prescrire des antibiotiques d’emblée pour vos patients. Nos collègues hospitaliers abattent un travail considérable dans des conditions difficiles, aidez-les… aidons-les. Je vous en supplie. Les structures et les autorités ne soignent pas: au mieux, elles font de la logistique… L’INAMI ne va jamais nous poursuivre pour avoir sauvé des vies, même hors conditions de prescriptions.

Vous seuls pouvez savoir si un de vos patients est mal en point ou juste sujet à de la peur. Vous seuls pouvez les aider à éviter les dépressions, et les violences conjugales, les infarctus et les suicides… vous seuls avez le pouvoir de prescrire des antibiotiques d’emblée pour vos patients

Ceci est encore une fois un défi… je nous mets tous au défi de pratiquer la médecine que nous connaissons, malgré le bruit des informations contradictoires, malgré les règles qui ne nous aident pas. Remplaçons la résignation et l’isolement par de la médecine et du lien social. Primum Non Nocere !

NewB : l’escroquerie en sarouel-cravate ?

Par Emmanuel Wathelet, président du master en éducation aux médias à l’IHECS, auteur du blog www.leblogduradis.com.

Notre objectif chez Kairos n’a évidemment jamais été de faire perdre espoir à ceux qui nous lisent, mais il n’a pas non plus été de leur donner des illusions, car une telle fin justifierait certains moyens et mènerait certainement à taire des vérités ou des réalités qui dérangent. Notre dessein premier est donc de ne pas cacher la vérité à nos lecteurs. Il arrive donc que cette volonté de tout dire fasse naître des déceptions, la perte des espoirs excessifs que d’aucuns plaçaient encore dans l’une ou l’autre alternative. Nous en sommes désolés, mais nous ne sommes pas là pour dire ce que certains veulent entendre. L’article qu’Emmanuel Wathelet nous a proposé de partager sur le site de Kairos en fâchera certains, fera des déçus, confirmera les positions d’autres, ou les convaincra de ce qu’ils supposaient. Quel que soit le cas, à la veille de l’Assemblée générale de New B, il ne peut que susciter le débat, ce qui manque cruellement dans nos sociétés.

10 infos développées dans ce dossier

  1. La direction de NewB s’en met plein les poches : 9400€ de salaire mensuel
  2. La situation financière de NewB est catastrophique, des millions de pertes en un an
  3. Une part NewB à 20€ vaut en réalité aujourd’hui 2.27€, soit presque dix fois moins !
  4. Produits dérivés, SICAV, NewB est loin de n’être qu’une banque de dépôts
  5. NewB finance la fabrication et le commerce des armes
  6. En neuf ans, NewB n’a généré aucun bénéfice, même avec la vente de ses assurances
  7. Le nouveau CEO était directeur d’une banque condamnée en 2016, pendant son mandat, pour gestion trop risquée
  8. NewB est prête à modifier ses principes si ses activités l’exigent
  9. Les standards éthiques de NewB sont les mêmes que ceux d’AXA, BNP, HSBC, etc.
  10. NewB n’est financièrement pas en mesure de financer des projets innovants
Pour de bon? Vraiment?

Cet article est le résultat d’un intense travail d’enquête, d’analyse et de croisement des sources. Je me rends compte que sa lecture est exigeante. Elle fait appel à des notions issues notamment de la finance, que moi-même j’ai eu des difficultés à appréhender. J’espère vraiment que vous arriverez à vous accrocher ; il faut en passer par là pour comprendre le caractère problématique de NewB qui peut-être profite aussi de la complexité de ces questions pour se protéger.

Malgré l’attention constante et les efforts de vérification, peut-être reste-t-il des erreurs. Si ce devait être le cas, n’hésitez pas à le signaler en commentaires avec une source probante et je modifierai en conséquence. Les illustrations relèvent de la satire et non de l’information.


« Changeons la banque pour de bon » disent-iels.

Vous avez été nombreux·ses à y croire, à y mettre du temps, de l’énergie, de l’argent, de la passion. Il y a un an, NewB était partout, sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans la rue, des stickers aux panneaux publicitaires…mais, surtout, sur toutes les lèvres.

De mon côté, j’avais décidé de publier à cette même époque un article, à charge, « NewB, l’ambulance et le cheval de Troie », pour dénoncer une initiative qui me semblait séduisante dans le discours mais trompeuse dans les faits et ses objectifs. J’ai tenté alors de montrer pourquoi ça ne pouvait pas marcher. On me l’a beaucoup reproché : NewB, c’était nécessairement mieux que rien.

Un an a passé. Et, un an après la levée de fonds qui a vu NewB « recevoir » une manne de plus de 35.000.000€ pour réalimenter ses capitaux propres et obtenir sa licence bancaire, il est temps de faire le point. Me suis-je trompé ? C’est ce que je vous propose de voir avec moi aujourd’hui, en vous permettant aussi de vous préparer à l’assemblée générale extraordinaire de NewB qui se tiendra dans quelques jours, ce samedi 21 novembre 2020.

Grandes attentes, grosses inquiétudes

Soyons clairs, on avait de grandes attentes : que seraient pour NewB des investissements responsables ? Quels crédits, pour faire quoi et à qui seraient-ils accordés ? Quelle est la santé financière actuelle de la jeune banque ? Est-elle viable sur les moyen et long termes ? On avait de grosses inquiétudes aussi : il y a un an, au moment de la levée de fonds, la part de NewB que vous achetiez à 20€ n’en valait déjà plus que 5,95€ (voir le prospectus, p.12, alinéa 3.3.4). Comme si vous consentiez à payer 20€ une paire de chaussures dont vous savez qu’elles n’en valent que 6. Et qu’en est-il aujourd’hui ? Étant donné les nouvelles pertes de l’année 2019 ? D’après les comptes audités au 31/12/2019 une part B vendue à 20 EUR de valeur nominale valait en réalité 2,27 EUR[note], soit encore moins de la moitié de la valeur de 5,95 EUR publiée dans le prospectus d’émission.

La bonne nouvelle c’est que comme il n’y a, à l’heure d’écrire ces lignes, pas encore d’acte notarié sur la traduction de la dernière levée de fonds en capital, pour l’instant, c’est comme si vous aviez seulement prêté à NewB et vous pourriez récupérer votre argent (même si ça reste hypothétique au regard de l’article 10bis des statuts). Enfin, est-ce vraiment une bonne nouvelle ? Pourquoi les fameux 35.000.000€ confiés par les coopérateurices – c’est-à-dire vous – ne comptent-ils pas encore au capital ? Y a-t-il un souci quelque part qu’on vous aurait caché ?

En tout état de cause, lorsque la dette sera transformée en capital, vos parts seront bloquées pour trois ans minimum (allez lire les statuts). Après ces trois ans, vous ne pourrez toujours pas récupérer vos parts, si NewB considérait que ça la mettrait en difficulté financière – et vu l’état des comptes actuels, si l’espoir certes fait vivre, il n’en demeure pas moins irrationnel. Enfin, sachez qu’il est interdit de faire une plus-value sur vos parts mais, vu la situation financière encore, il est pratiquement certain, qu’au cas assez improbable où on vous autorisait à partir, vous y perdriez : la valeur intrinsèque de ces dernières (= le montant retiré) serait en-dessous de la valeur nominale (= le montant auquel vous les avez achetées), comme on l’a expliqué ci-dessus.

On savait par ailleurs que NewB avait déjà frayé avec des acteurs capitalistes de premier plan comme Rabobank, le cabinet Deloitte ou encore Mastercard – ce qui la fout mal pour une institution dont l’objectif explicite est de « changer la banque ». Est-ce que NewB a compris la leçon ou a-t-elle décidé, malgré ses grands discours sur la transparence et l’éthique, de persister dans l’indécence ? J’y réponds plus bas et, malheureusement, ça risque d’être particulièrement déconcertant.

NewB aujourd’hui : zoom sur les comptes annuels

1. D’énormes pertes structurelles

Disons-le de but en blanc : la situation financière de NewB est catastrophique. Entre l’exercice 2018 et l’exercice 2019, la valeur de l’entreprise a fondu comme neige au soleil, ayant perdu en un an 70% de sa valeur (passant de 5.719.733€ de capitaux propres à seulement 1.736.625€). Les pertes pour la seule année 2019 s’élèvent donc à 4.008.746€ et celles accumulées au fil des ans à 13.547.515€. Et ce en dépit de la vente d’assurances supposées participer aux bénéfices de NewB. Ce sera mieux en 2020? Pas du tout. Le budget 2020 anticipe une perte encore plus grande, de l’ordre de 6,5 millions d’€.

Notons d’ailleurs que les comptes annuels, en dépit de l’impératif de transparence que NewB s’est assigné (à tout le moins dans sa charte et ses discours), ne présentent pas le détail, par exemple, du chiffre d’affaires. Impossible donc de savoir ce qu’ont pu générer comme rentrées ces fameuses activités d’assurance, « empruntées » aux « trois » coopérateurs Monceau Assurances (pour comprendre cette autre entourloupe, voir mon article précédent).

On me dira : « Oui, mais c’est une jeune entreprise, une start-up, ce ne sont pas des pertes, ce sont des investissements ! ». Loin de moi l’idée de nier la difficulté qu’il y a à créer une nouvelle banque, surtout dans un contexte où on assiste plutôt à leurs fusions et disparitions (peut-être d’ailleurs aurait-il fallu se demander pourquoi…), mais continuer à s’appuyer sur l’idée que NewB est « jeune » alors que le projet a été lancé il y a neuf ans, ça commence à se voir. D’autre part, une « start-up » peut se permettre d’être plusieurs années en pertes si on lui reconnaît un caractère innovant et qu’on est en mesure d’anticiper une capacité à générer des bénéfices plus tard. On verra que dans le cas de NewB, on en est très, très loin. Pour l’heure, l’examen des neuf comptes annuels de NewB de 2011 à 2019 indique qu’elle n’a jamais, depuis sa création, été capable de générer un seul € de bénéfices.

Bien sûr, une partie des pertes est à imputer à des frais liés à l’augmentation de capital (notamment, on le suppose, les frais publicitaires dont j’avais déjà soulevé l’aberration pour un projet comme NewB défendant des valeurs de sobriété et de durabilité) alors que la recapitalisation, sans la licence bancaire, ne pouvait encore se traduire en capitaux propres. Toutefois, l’essentiel des pertes concerne des postes indépendants de la recapitalisation et qui structurellement plombent les comptes de NewB depuis sa création : une marge brute très négative (-2.482.011€, montrant une incapacité à générer des bénéfices) et…les rémunérations.

2. Des salaires indécents pour le Comité de direction

En effet, si la situation financière, on l’a dit, est catastrophique, elle n’empêche pas le comité de direction de s’en mettre plein les poches. Prenons le temps de l’enquête parce que, dans la charte, dans le rapport annuel ou dans les comptes publiés à la Banque nationale, tout est fait pour qu’il soit très difficile de connaître le salaire du comité de direction de NewB.

Après analyse, on comprend qu’il y a trois administrateurs exécutifs, trois hommes blancs (la version NewB de la diversité), qui sont donc aussi employés par la coopérative : le CEO Tom Olinger (ex-Crelan, ex-Crédit agricole, ex-Deutsche Bank), le directeur financier Jean-Christophe Vanhuysse (ex-Crédit mutuel, il a aussi passé 15 ans chez BKPC dont il a été le CFO), et le CRO responsable du risque Frans Vandekerckhove (ex-ABN/AMRO, ex-PWC). On a là des profils qui n’ont absolument rien « d’alternatifs ». Leur demander, à eux, de changer la banque, est naïf ou hypocrite.

Du coup, on s’étonne moins de ce que les rémunérations de ces seuls trois administrateurs représentent presque 40% du total des rémunérations de l’entreprise (voir tableau ci-dessous), ce que NewB appelle une « politique de rémunération sobre et maîtrisée » (p.70 sur 79 – oui, il faut bien tout lire jusqu’au bout pour prendre connaissance du plus abject). Ainsi les directeurs s’en sortent chacun avec un salaire mensuel moyen de 9418€.

9418€ par mois ? Un salaire de député ! C’est ça l’économie sociale ?

Sous couvert de tension salariale de « 1 à 5 maximum », c’est vraiment ça qu’ont envie de financer, souvent avec de l’argent public, des syndicats, des universités et des associations comme SOS faim, Caritas, le CNCD, Oxfam, le CADTM ou encore ATD quart-monde et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté ?

Les admins non-exécutif·ves, dont le travail est censé être « gratuit », empochent quant à elleux des jetons de présence à hauteur de 500€ par réunion du CA pour un coût de 30000€ sur l’année 2019. Je devrais aussi penser à me candidater pour ces mandats , ce serait plus rationnel que passer mon temps à éplucher bénévolement (en étant rétribué qu’aux « likes » ou à la détestation, c’est selon) ces comptes déprimants.

Rémunérations des employé·Es de NewB
Poste rémunérations = 912057€
Rémunérations admins non-exécutif·ves = 30000€
Rémunérations comité de direction = 339061€
Rémunération annuelle pour chaque membre du comité de direction = 113020€
Rémunération mensuelle pour chaque membre du comité de direction = 9418€
Reste pour 10.1 ETP = 542996€
Proportion de la rémunération du comité de direction sur l’ensemble des ETP = 37%
Salaire annuel moyen hors comité de direction = 53761€
Salaire mensuel moyen hors comité de direction = 4480€, dont évidemment on ne connaît pas la ventilation entre employé·es.

Or, ce sont les rémunérations qui – comme en attestent les comptes de résultats annuels – creusent directement les pertes faisant s’effondrer la valeur intrinsèque des parts de NewB. Pour le dire autrement : le comité de direction se gave avec l’argent des petit·es coopérateurices qui ne retrouveront vraisemblablement jamais leur mise. Aussi limpide que ça. Et entre-temps, les petit·es ont donné, donné et les ASBL ont donné, donné.

Quelle honte.

Mais ce n’est pas tout. On pourrait penser que l’obtention de la licence bancaire et donc la reconnaissance de pouvoir devenir une vraie banque, après neuf ans de dure bataille, constitue un immense succès pour le comité de direction qui aurait à cœur de faire vivre son « NewBébé ». Eh bien non. En mars 2020, on apprenait que le CEO de NewB, Tom Olinger, décidait de quitter le bateau. Peut-être que les 9418€ n’étaient finalement pas si attractifs que ça quand on appartient non pas à l’économie sociale mais à l’univers indécent de la banque traditionnelle et de son opulente vulgarité.

3. Une banque qui n’a plus rien « d’alternatif »

D’accord, mais le nouveau CEO, lui, aura été choisi pour ses valeurs n’est-ce pas ? Pour son adéquation avec tout ce que prône NewB ?

Encore raté.

Le CEO pressenti, déjà entré en fonction mais dont l’AG de samedi doit voter la nomination, vient en ligne directe du secteur de la banque privée. Ancien directeur de Puilaetco Dewaay Private Bankers (j’y reviendrai), Thierry Smets est aussi passé par Nagelmackers, KB Lux et la Générale de Banque. Il est aussi cofondateur de Startalers, une plateforme « par les femmes (sic) pour les femmes » qui aide donc « les femmes » à prendre en mains leur « avenir financier » (elle est pas fût-fût la femme, m’voyez, et elle a des « cycles de vie particuliers […] ignorés par la gestion traditionnelle », alors bon…).

Et Puilaetco ?

Un grand moment d’anticapitalisme (ironie, hein) : sachez d’abord que Puilaetco avait été condamnée pour « gestion trop risquée » en 2016, soit durant le mandat de Thierry Smets – voilà qui a dû mettre en confiance le CA de NewB. Son activité principale est ainsi la gestion de patrimoine sans oublier les investissements en art, le genre de publics que vise NewB (ironie, encore…ou pas).

Ça c’est pour ce qui concerne l’actualité de NewB. Toutefois, vous aurez compris que l’assemblée générale soumettra aux votes une série de points qui concernent l’avenir de NewB, une projection dont la synthèse en 79 pages est réalisée dans une charte que j’ai décidé d’analyser pour vous.

NewB demain : la charte

La caractéristique principale de la communication de NewB est qu’elle est trompeusement performative : parce qu’elle « dit », on pense qu’elle « fait » ou qu’elle « fera ». Et des choses, elle en dit beaucoup.

1. Un « catalogue » d’infaisables bonnes idées

Prenez bien votre inspiration, parce que la phrase va être longue : on nous promet que « l’intérêt des client·e·s aura priorité sur celui de la banque et/ou du personnel » en matière de conflits d’intérêts (p.24), on nous promet des rapports annuels de durabilité, un Comité sociétal garant des principes de NewB, une liste (en réalité inexistante) d’indicateurs pour veiller à leur respect, des partenariats avec des interprètes pour les personnes réfugiées qui du reste profiteront de services « répondant à leurs besoins spécifiques » (p.32), des crédits à vocation sociale (à faible taux d’intérêt, et donc ne rapportant rien à NewB) et un service d’accompagnement de sa clientèle s’inscrivant dans « une politique non-discriminatoire et non-excluante » – une politique pleine de bonnes intentions mais malheureusement économiquement risquée. NewB aujourd’hui ne peut tout simplement pas se le permettre.

C’est tout ? Non, bien sûr. Apnée suivante.

On nous promet que NewB n’enquêtera pas sur votre profil. Êtes-vous malade? Fumeur? Prenez-vous des drogues? Imprudent au volant? C’est bien mais, là encore, elle augmente aussi son risque en fermant les yeux. La communication sera transparente et sobre, « limitant son recours à la publicité payante » et aux « GAFAM » (p.26), comme d’ailleurs en ont témoigné la campagne de levée de fonds et ces derniers jours avec leur publicité pour les produits d’assurance !

Même Emmanuel Kant, philosophe de l’éthique, avait son pin’s NewB.
(Attention, ceci est un photomontage trompeur, Kant n’avait pas pour de vrai, un pin’s NewB. Mais nul doute qu’il aurait été coopérateur.)

NewB s’engage par ailleurs à obtenir et/ou respecter les critères d’une impressionnante série de labels de toute sorte : Anysurfer pour l’inclusivité, ISR pour l’investissement socialement responsable, label « entreprise écodynamique », critères ESG, label Ange Bleu pour son papier, FSC, Ecolabel, Nordic Swan, TCO, Energy Star, Fair Finance Guide, Financité et Fairfin, Ethibel, « Towards Sustainability » de Febelfin, Golf Standard, les ODD et SDG, les principes de l’UNEP FI et j’en oublie très certainement tant il y en a. Quant à poser la question de la légitimité de ces labels, des réalités qu’ils recouvrent dans les faits (voir par exemple mon analyse du label Bcorp dans cet article) et, surtout, de leur respect, on peut encore attendre. C’est tout simplement grotesque et transpire le green et le socialwashing.

On nous promet aussi une banque capable de se départir de la voracité du marché libre parce qu’elle « ne se voit pas comme concurrente » (p.12) d’autres institutions de finance éthique (oh bah non, c’est un marché qui rapporte tellement, y’a de la place pour tout le monde bien sûr) et d’avoir une politique « humaine » en matière de recouvrement de crédits, avec un « droit de regard » sur les organismes qu’elle devrait mandater (p.37). En outre, NewB ne fera appel qu’à des fournisseurs eux-mêmes éthiques (p.47) auxquels elle accordera un « score », façon yaourt chez Carrefour (on verra plus loin que le concept de « fournisseurs éthiques » n’est pas respecté).

On nous promet des « groupes de travail » et des « ateliers » pour informer, consulter voire co-décider avec les coopérateurices (mais ça reste quand même NewB qui « définit à l’avance qui elle souhaite voir participer », p.10). La « cocréation » avec des associations est mise à toutes les sauces, laissant penser qu’on verra du NewB partout, dès qu’on mettra un orteil dans une ASBL, laquelle aura investi dans un bidule qu’elle devra ensuite s’échiner à promouvoir.

NewB prévoit même des réunions en non mixité pour donner la possibilité aux personnes discriminées de « faire remonter leurs analyses ». C’est d’une telle hypocrisie. L’expérience de non mixité est essentielle lorsque la visée est politique et, notamment, dans les milieux militants. Mais qu’est-ce que ça vient faire ici ? Est-il possible de récupérer, d’instrumentaliser encore plus le lexique et la pratique de l’engagement au seul profit de sa communication ? En ce qui concerne NewB, quelle est la sociologie de ces coopérateurices discriminé·es qu’elle espère ici toucher ?

La gestion interne se fera de façon horizontale (pour sans doute être cohérent avec les rémunérations du Comité de direction, lol), et les entretiens d’évaluation se feront « en marchant » pour favoriser un « climat d’égal à égal ». Je ne rigole pas, c’est écrit p.56. Tout en considérant bien sûr que l’horizontalité-c’est-mieux-que-la-hiérarchie (oui, oui, c’est un lien vers ma thèse de doctorat que je place là discrètement). Pourquoi ? Parce que, c’est mieux, c’tout. Même que c’est ce qu’on dit aussi dans le film Après Demain de Cyril Dion. Et c’est un·e opérateurice externe qui les aidera (p.11), opérateurice qu’il faudra payer (avec des Sugus ?).

Rare image d’une CEO soumettant son N-1 à un entretien d’évaluation d’égal à égal.

Ces promesses semblent parfois peu souhaitables dans leurs principes et impayables en pratique. Comment, dans un tel contexte budgétaire, financer des visites à domicile pour les client·es isolé·es, traiter des virements postaux censés compenser la fracture numérique, assurer un SBB gratuit (Service Bancaire de Base), tout en s’autorisant la libre tarification ?  En fait, comme nous le verrons en détails plus bas, les solutions – quand elles existent – s’incarnent de fait dans une dépendance avec le système et non dans sa remise en question, comme pour le partage d’agences bancaires avec d’autres institutions financières, ou la location des distributeurs de cash (qui coûtera aussi à NewB alors qu’elle ne compte pas faire de marge sur ces opérations, voir p.32).

2. Des grains de sable dans la belle mécanique

Alors que c’est un aspect qui était fortement attendu, cette version préliminaire de la charte ne donne donc pas d’indicateurs permettant d’évaluer le respect de ses propres principes. La note 2 en p.3 le précise bien, ce sera pour une « version ultérieure ». Pratique : on demande aux coopérateurices de se prononcer sur la pertinence et la validité de principes dont iels n’auront pas les moyens de s’assurer du respect.

Mettons par exemple que NewB fasse à nouveau appel aux services de Deloitte, comme lors de la réalisation d’un dossier de demande « d’autorisation en tant qu’institution de crédit » (voir la p.17 des comptes annuels de 2017), quelle marge aura le Comité sociétal chargé d’être attentif au respect de l’éthique ? Sera-t-il écouté lorsqu’il apprendra à ses administrateurices tout·es surpris·es que, parmi les autres client·es de Deloitte, on trouve par exemple Morgan Stanley (banque d’affaires US), Microsoft, General Motors, Boeing ou encore Procter & Gamble qui, selon Amnesty, s’est illustré notamment dans le travail des enfants ? Que pense NewB du fait que, selon le CADTM, Deloitte « croule sous les condamnations », et que le même CADTM (pas rancunier, il reste malgré tout coopérateur de la « néobanque ») appelait en 2016, soit un an avant que NewB fasse appel à Deloitte, à « se passer de ses conseils » ?

De plus, le Comité sociétal est censé évaluer « périodiquement la pertinence des principes [éthiques de NewB] au regard de l’évolution des activités » (p.4). Oui. Dans ce sens-là. Vous auriez plutôt aimé lire que le Comité évalue périodiquement la pertinence de l’évolution des activités au regard des principes ? Moi aussi. Mais non. On a ici un magnifique article pour sabrer gentiment et en douce dans le catalogue des valeurs NewB. Les modifs devront passer devant l’AG ? Certes, mais en mode : « Bon, de toute façon, c’est déjà ce qu’on fait alors… ». Ce qui n’empêche pas d’essayer, comme je le propose en fin de dossier avec une série de questions à poser ce samedi.

Comment dès lors voir autrement que comme de l’hypocrisie le « thème 13 » de la charte sur « l’empreinte écologique du fonctionnement interne » où on parle impression recto-verso, recyclage, tri des déchets et abonnements de train ?

Sur le principe de gouvernance coopérative et participative, rappelons quand même cette « innovation » que sont les trois collèges (selon que vous êtes une institution qui investit, une asso ou un·e privé·e) faisant qu’en pratique 9 coopérateur·ices  (oui, trois entités Monceau ça fait toujours qu’un Monceau, vos deuxième et troisième prénoms ne vous ont jamais dédoublé n’est-ce pas ?) ont un droit de veto sur n’importe quelle décision. Paie ta coopérative qui s’essuie tranquillement les pieds quant à la règle « un·e coopérateur·ice = une voix »…mais tout cela devrait avoir un « impact positif sur […] la démocratisation de l’économie et de la société en général » (p.8, c’est moi qui souligne, juste pour le rappeler à tou·te·s celleux qui me reprochaient de prêter à tort à NewB des velléités de changement à grande échelle).

3. D’inquiétants éléments de langage

En ce qui concerne le Comité sociétal qui « n’a pas de pouvoir d’injonction » (p.5), la charte prône un dialogue « souple » (p.3) avec les équipes sur l’implémentation des valeurs au sein de NewB et un « dialogue » (mais qui ne sera plus « souple » cette fois) avec le CA. Ça veut dire quoi ? Que le CA est en mesure de faire taire le Comité sociétal ? Y’a comme une odeur de greenwashing ou je rêve ? Par exemple, il aurait été possible de donner à ce Comité un certain pouvoir, ou de lui assurer au moins une voix au CA via un siège d’administrateurice non-exécutif·ve (ses membres sont quand même des bénévoles). Enfin, n’importe quoi qui ne fasse pas penser qu’on puisse d’office lui répondre « cause toujours ».

Des mots, rien que des mots, mais des mots importants. Ainsi, le harcèlement moral et sexuel est décrit comme un « fléau », ce qui évite d’avoir à le considérer comme un élément d’un système (et non une calamité singulière) de domination patriarcale. Le patriarcat d’ailleurs bien représenté avec trois hommes à sa tête et un CA de 12 personnes dans lequel il n’y avait qu’une seule femme en 2018 (à savoir qu’il n’y a toujours pas de parité aujourd’hui). Comment, dans ces conditions, prendre au sérieux l’article 91 stipulant que « NewB promeut la nomination de femmes à des postes supérieurs de la hiérarchie professionnelle ». Que comprendre de la prochaine nomination de Thierry Smets comme nouveau CEO lorsque NewB affirme qu’à compétences égales, le/la candidat·e du groupe sous-représenté sera choisi·e (p.65) ? Qu’il n’y a pas de femmes et/ou de personnes racisées compétentes pour diriger NewB ?

Mais une politique de « tolérance zéro » sera de mise dans les cas de discriminations sur base de caractéristiques personnelles (p.67). Une « tolérance zéro » qui du reste ne s’applique qu’après répétitions d’un comportement discriminatoire. Tolérance +1 +1 +1 +1= 0, mathématiques NewB.

Sur la diversité encore, on arrive à des aberrations comme le fait « [qu’]indiquer clairement dans l’offre d’emploi que NewB mène une politique active en matière de diversité permet aux différents groupes cibles de postuler sans crainte par rapport à leurs propres préjugés qui leur feraient croire qu’il est impossible d’être engagé chez NewB » (p.61). Ah, ces publics issus de la diversité, ils sont quand même pleins de préjugés sur les dominants, à n’y rien comprendre ! Tout va bien du coup ? Dire, c’est faire, n’est-ce pas ?

Les promesses n’engagent que celleux qui y croient…et celleux qui ne font pas trop attention, comme lorsque l’article 87 de la charte invite son personnel à la « flexibilité », et au temps partiel qui permet de « promouvoir la diversité au sein des équipes » (p.56). Qu’importe si des autrices féministes ont montré que le temps partiel des femmes n’était pas affaire de choix mais un indice de la domination masculine et que, par conséquent, il s’agirait de lutter contre plutôt que renforcer son institutionnalisation (voir, par exemple, le chapitre 7 de ce livre).

Comment NewB compte-t-elle gagner de l’argent ?

Pour apurer les dettes, continuer à pouvoir payer les salaires, assurer les services bancaires prévus et donc sa mission sociétale et, enfin, payer tous les « services » évoqués plus haut dont les « opérateurs externes », NewB a intérêt à avoir de vraies bonnes idées pour gagner de l’argent. Est-ce le cas ? Voyons ensemble.

On sera heureux·se d’apprendre que NewB « ne cherche pas à générer un maximum de profit à tout prix mais à exercer ses activités de manière financièrement saine » (p.18). Pour le « maximum de profit », y’a pas de crainte à avoir, en effet. Pour le reste, je serais moins confiant.

1. Un portefeuille d’obligations

Si NewB utilisera environ la moitié de ses capitaux propres dans les crédits qu’elle accordera à sa clientèle, elle investira l’autre moitié dans la finance (voir le tableau p.41 de la charte). Une finance « éthique » qui promet de laisser de côté les « activités qui contreviennent aux droits humains » (p.40). On se souvient en effet qu’un élément central dans sa communication publicitaire il y a un an était l’affirmation qu’elle ne participerait pas au financement, par exemple, du commerce des armes (voir photo).

Est-ce bien honnête ? La réponse est NON.

NewB investit dans la production et le commerce des armes. Contrairement à tout ce qu’elle vous a dit, elle financera bien le secteur de l’armement. En fait, l’essentiel de son portefeuille financier consistera en des obligations (des « bons d’État ») dont la majeure partie seront des obligations de l’État belge (p.41). Or, l’État belge, via la Région wallonne, est actionnaire unique de la FN Herstal, immense fabricant et marchand d’armes dont le groupe détient également deux entreprises d’armement US. Il n’est sans doute pas inutile de rappeler que la FN Herstal exportait tranquillement ses « produits » à l’Arabie saoudite laquelle en usait notamment dans la guerre criminelle qu’elle mène au Yémen. Ça va, on est bien confo dans toute cette éthique ?

À cette époque, les obligations, ça rapportait. Hé oui.

J’ajoute, pour celleux qui pensent que j’exagère, que si le/la citoyen·ne belge n’a pas le choix d’effectivement financer le commerce des armes au moins via l’impôt, il n’en va pas de même pour NewB qui, tant qu’elle est en perte, n’en paie pas. Elle pourrait donc tout à fait rester en accord avec ses grands principes. Quant au financement des armes qui ne serait « qu’indirect » (et que donc « ça compte pas »), vous penseriez alors aussi qu’il est rationnel de faire promettre à son ado de ne pas utiliser spécifiquement le billet de 20€ d’argent de poche que vous lui donnez pour acheter sa beuh ? Ça ne tient pas la route : vous lui donnez de l’argent, iel s’adonne à la fumette, vous financez donc sa fumette, that’s all. 

Ce qui est amusant, c’est que même les obligations d’État, réputées être des « investissements sûrs », comportent des risques. Ainsi, les bons d’État belge ont en ce moment un rendement négatif (-0.354%). En résumé, NewB va payer pour financer, entre autres choses, le commerce des armes. Va commencer à falloir trouver des idées un peu plus percutantes pour être éthique et pour renflouer les caisses, non ?

2. Des produits financiers et des actions de SICAV

On peut toutefois être rassuré·e (haha), NewB « ne commercialise pas de produits qui pourraient entrainer une prise de risque excessive pour la banque » (p.13). Sauf qu’en matière de produits financiers, elle aussi va recourir au marché des produits dérivés (p.42). Parmi ses produits financiers – une intention explicite depuis sa création, des fois que des naïf·ves penseraient qu’on la leur a mise à l’envers récemment –  NewB proposera des actions de SICAV. Attention, des SICAV « éthiques ». Ça change tout. La constitution des « packs » sera confiée, une nouvelle fois, à un·e opérateurice externe qu’il faudra évidemment payer (re-Sugus ?) et dont on ignore encore l’identité. (Dis donc, ce ne serait pas Monceau là-derrière quand même, hein ?)

La crise financière de 2008 a mis à peu près toute la société d’accord sur la nécessité de distinguer banque de dépôt (le « vrai » métier de la banque, quoi) et banque d’investissement (AKA, les voyous). Si NewB n’est pas à proprement parler une banque d’investissement, dans le sens où elle ne construit pas des centaines de produits financiers, elle a toutefois dès sa création formulé le souhait « de voir des fonds d’investissement figurer aux rangs des produits proposés » (p.43).

Oui mais bon, ce sont des SICAV res-pon-sables et é-thi-ques, on a dit ! Elles sont constituées pour répondre aux critères ISR, l’investissement socialement responsable. Je vais être honnête, je ne me suis pas farci les 43 pages du dossier nous expliquant en quoi le label garantit l’éthique (quelqu’un·e pour faire ce taf ?) mais, par contre, je vous donne quelques exemples d’autres institutions dont les produits sont aussi labellisés « ISR » : on retrouve, entre autres, AXA, BNP Paribas, HSBC la banque « de tous les scandales » selon le Monde ou encore la banque d’affaires Lazard. Que du beau monde. NewB se contente donc d’un label déjà embrassé par les plus grands truands de la finance. Quel est encore son apport ?

NewB attend en plus du/de la gestionnaire de fond de ces SICAV qu’iel joue un rôle « d’actionnaire actif·ve ». L’idée, c’est d’utiliser sa force d’actionnaire pour « influencer le comportement de certaines entreprises » (p.44). Et quoi, en attendant que lesdites entreprises hypothétiquement se conforment à la demande « éthique » de notre actionnariat, on fait quoi ? Si NewB promet de désinvestir dans le cas où l’émetteur ne change pas ses pratiques, cela signifie en creux qu’il a été dans un premier temps acceptable d’entrer au capital d’une entreprise qui ne respectait pas nos principes.

Prise sur le vif d’un marché financier éthique. Source

Enfin, le rendement qu’on peut attendre de pareilles SICAV est sans doute bien inférieur à ce que le mot lui-même peut faire penser. Entre le/la gestionnaire de SICAV à rémunérer, le/la client·e de NewB et le rendement de l’investissement lui-même, il ne reste plus grand-chose comme commission pour notre jolie banque socialement responsable. Ce n’est toujours pas ici qu’on trouvera de quoi remplir la gamelle du Comité de direction d’autant que, pour éviter d’être touchée par les risques « systémiques » de la finance, NewB promet de ne jamais aller chercher de l’argent sur les marchés financiers. C’est très bien mais, là encore, ça limite d’autant sa capacité à se financer et il n’est pas dit qu’elle pourra ad aeternam trouver des coopérateurices pour la recharger en liquidités quand les salaires auront tout pompé.

3. Une politique de crédits bien à elle

L’argent, elle veut aussi en gagner avec les crédits qu’elle accordera. Sauf que voilà, des crédits (même « éthiques »), ce sont précisément des actifs risqués. Des mauvais·es payeureuses, on en trouve partout – chez les sarouels-cravates aussi. Du coup, les crédits, oui, mais à petite dose et bien choisis.

Étant donné la situation financière de NewB, celle-ci devra être extrêmement prudente dans sa politique d’octroi de crédits, l’empêchant d’innover – contrairement à ce qu’elle annonçait depuis le départ – (innover est éminemment risqué) et l’obligeant de fait à s’appuyer sur des prêts marginaux en termes de montants pour des projets vus et revus dans leur visée. C’est d’ailleurs ce qui est confirmé p.38 où on comprend que vous pourrez financer l’achat d’une trottinette électrique, l’isolation extérieure d’une caravane, ou « préfinancer vos subsides » si vous êtes une ASBL (ce qui malgré tout est risqué, quand on voit par exemple les récentes coupes dans le budget de la culture en Flandre).

En effet, sur les 37.000.000€ à la louche dont NewB disposera en capitaux propres, seule la moitié pourra être convertie en prêts à tempérament (c’est pas moi qui le dis, c’est la projection p.41). 18.000.000€ qu’il faudra bien entendu partager en de multiples crédits, admettons un petit millier, pour diluer le risque. Il reste combien ? 18.000€ en moyenne par crédit, autant dire rien du tout. On comprend dès lors mieux la liste « limitative » des possibilités de crédits qui est non seulement extrêmement restreinte, mais qui ne dit de surcroît rien stratégiquement de sa capacité à simplement tendre vers ses objectifs. Par exemple, si un véhicule électrique est de la mobilité douce, comment NewB voit-elle une entreprise comme Tesla ? Bien ? Pas bien ? Qu’en pensent tous les labels auxquels elle se conforme ?

En résumé, est-ce que, sur le plan des crédits, NewB a quelque chose à offrir de plus qu’une autre banque ? Non, rien du tout. Est-ce qu’elle « financera la transition écologique » ? Non plus.

4. Ce que les client·es paieront

Sinon, comme dans toutes les banques, les client·es paieront mensuellement les services bancaires (sauf qu’ici ils seront moins efficaces et moins nombreux qu’ailleurs). Et comme les client·es sont en règle générale aussi coopérateurices, les voilà qui paient deux fois. L’article 23 de la charte précise que c’est ce coût qui devrait offrir une marge permettant à la banque d’être  économiquement viable, un discours qui change constamment puisqu’auparavant NewB comptait sur ses assurances pour générer du profit. On nous annonce déjà que, malgré l’absence d’agences physiques, ces produits et services ne seront pas « individuellement les moins chers du marché » (p.19), mais que NewB opterait pour la « tarification libre ».

Des banquiers NewB se font payer au chapeau. (Attention, ceci est une fake news.)

Quelle bonne idée, non ? Chacun·e pourrait donc choisir, en fonction de ses moyens, ce qu’il peut payer à la banque.

En fait, derrière un concept séduisant, il y a là exactement ce que je dénonçais lors du débat organisé par ATTAC en janvier dernier : la pratique très capitaliste de la charité. Je m’explique : en comptant sur le « choix conscient », NewB s’appuie sur l’idée que les plus fortuné·es paieront plus et que ceci permettra aux plus pauvres de profiter aussi de ses services. Autrement dit, les plus riches donnent au plus pauvres. Mais il faut bien comprendre que ces mécanismes de charité ne modifient en rien les rapports de force. Par essence conjoncturelle, la charité n’opère aucun changement sur les mécanismes structurels qui produisent de la domination (ici économique). Devenir client·e de NewB n’aidera pas un·e pauvre à sortir de sa merde ni ne changera en quoi que ce soit le fait qu’il subit la pauvreté en raison du rapport d’exploitation qui le lie aux riches.

D’autre part, il est pertinent de se demander pourquoi les plus riches sont en effet plus riches. Les plus riches sont en réalité les gagnant·es du système économique que NewB d’autre part dénonce. Autrement dit : NewB a économiquement besoin de celleux qu’elle dénonce pour la faire vivre et cet aspect est bien visible quand on parle ici de sa clientèle mais, on l’a vu, sa dépendance au système est présente à tous les étages, depuis ses investisseurs (Monceau), ses partenaires (Rabobank, Mastercard), son Comité de direction (secteur bancaire privé), certains tiers (Deloitte), etc. Vous y voyez encore quoi que ce soit de subversif, apte à « changer la banque » ? Moi pas.

Coopérateurices de NewB, (p)osez vos questions à l’AG !

À ce stade, si j’avais été coopérateur NewB (ce qui ne risquait pas d’arriver, comme vous pouvez vous en douter), j’aurais déjà de nombreuses questions à poser à l’assemblée générale : sur les salaires de la direction, les SICAV socialement responsables, etc. Mais j’ai décidé de dresser une liste supplémentaire, avec des questions parfois très précises parce que, comme souvent, le diable se cache aussi dans les détails.

  • Pourquoi n’êtes-vous pas encore passé devant le/la notaire pour inscrire les 35.000.000€ de souscriptions aux capitaux propres de NewB ?
  • Quel succès vos assurances Monceau rencontrent-elles ? Comptez-vous toujours sur elles pour faire des bénéfices ?
  • Quelles sont précisément les « indemnités de fin de contrat » pour les administrateurs exécutifs, mentionnées mais non détaillées en p.71 de la charte ?
  • La prochaine recapitalisation verra-t-elle une quatrième entité juridique « Monceau » apparaître (tandis que le détournement du principe de coopérative donne déjà un pouvoir accru au collège des investisseurs « institutionnels ») ? Pouvez-vous vous engager à ce que ce ne soit pas le cas ?
  • Quand devra avoir lieu la prochaine augmentation de capital, selon le business plan ?
  • Pourquoi n’ouvrir ces recapitalisations qu’aux coopérateurices de parts C ?
  • Qui sera l’opérateur externe en charge de constituer les SICAV ?
  • Qu’est-ce qui est innovant chez NewB ?
  • NewB a-t-elle déjà et a-t-elle l’intention d’avoir des participations dans d’autres sociétés, et si oui, lesquelles ?
  • À quoi correspondent les autres créances au code 41 des comptes annuels ? De l’argent prêté à qui, pourquoi ?
  • À quoi correspond le code 8029 (annexe 6.1.1 des comptes annuels) ? Qu’est-ce qui a été acquis pour la somme de 315.887€ lors de l’exercice 2019 ?
  • À quoi correspondent les 150€ visés au code 8365 (annexe 6.1.3 des comptes annuels), sachant que si le montant de cette acquisition est évidemment anecdotique en l’état, il pourrait augmenter subitement lors d’un prochain exercice ?
  • À quoi correspondent les 27000€ d’engagement à des entreprises liées, visés au code 9502 (annexe 6.6 des comptes annuels) ?

Pourquoi je « m’acharne » sur NewB ?

Arrivé·es au terme de cette analyse, plusieurs possibilités.

La première qui me semble légitime est une forme d’état de sidération : on croyait en ce projet avec tant de cœur qu’une telle avalanche laisse sans voix. C’est vrai et c’est la raison pour laquelle j’insiste tellement sur l’importance d’avoir une lecture théorique du monde. C’est la condition sine qua non pour avoir la capacité de faire sens et de prévoir ce que donneront les « solutions » qui nous sont proposées. Prévenir et non guérir.

Il est aussi possible que vous me reprochiez d’être exclusivement à charge, de voir le mal partout, d’interpréter chaque élément en défaveur du projet, voire de faire du cherry picking en taisant tout ce que le projet a de positif. Si vous pensez ça, je vous donne raison. Oui, cet article est à charge mais, oui, je pense légitime qu’il le soit. Comme j’ai eu l’occasion de le dire suffisamment il y a un an, les apologues de NewB sont bien plus nombreux·ses que ses détracteurices. Ma voix, dans ce contexte, n’est même pas minoritaire – elle est négligeable. Du reste, je m’attache moins à l’argumentaire ad numerum visant à lister tout ce qui ne va pas chez NewB qu’à la volonté de faire voir concrètement, par l’exemple, comment s’inscrit une impossibilité conceptuelle : l’entrisme.

À ce stade, NewB est au mieux un organisme de charité qui doit commencer par se sauver lui-même, comme je le mentionnais dans un débat organisé par Attac l’an passé. Alors, bien sûr, on peut continuer à se dire « jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien », et cheminer de recapitalisation en recapitalisation, jusqu’au jour où les coopérateurices n’en voudront plus. Mais comme on le sait, « l’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». L’effet structurel des pertes constantes consenties depuis la création de NewB se fera un jour ressentir pour de bon et on risque d’assister à des velléités de démissions massives de coopérateurices…qui ne pourront pas partir puisque les statuts peuvent l’interdire si la viabilité de la banque est mise en difficulté. Autrement dit : les coopérateurices piégé·es seront propriétaires de parts qui ne vaudront plus rien. Iels auront tout perdu.

Et si, d’aventure, par je ne sais quel miracle, NewB parvenait malgré tout à dégager un jour des bénéfices, au prix de je ne sais quel « rognage sur ses valeurs », ces derniers seraient si minuscules, à la fois économiquement qu’en termes d’influence sur la société, qu’on n’en ressentirait absolument pas les supposés bienfaits. Une goutte dans une citerne, très précisément le propos que je défendais il y a un an. À très long terme, dans le cas où NewB trouverait les moyens de survivre, pas de porte de sortie non plus. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait une clientèle immense capable à la fois d’investir tout en se satisfaisant de profits minuscules (voire de perdre de l’argent) pour que l’apport de NewB à la société soit tangible. Et la société belge actuelle n’est pas en mesure de produire cette clientèle. Il y a beaucoup plus de vrai·es pauvres que de hippies-bohème peu informé·es.

« Changer la banque pour de bon » ? C’est un slogan tout simplement mensonger. La banque se portera très bien, merci, et les banques traditionnelles encore mieux peut-être parce qu’elles pourront par exemple dire qu’elles proposent des produits financiers « éthiques » qui partagent le même label que NewB. 

Alors, pourquoi je m’acharne sur NewB ?

Avant tout parce que pour une banque qui prône l’éthique, il y a trop d’éléments proprement scandaleux. Les ASBL coopératrices, les mêmes qui n’ont pas les moyens d’engager les étudiant·es fraîchement diplômé·es, ont cru en ce projet et celleux qui l’ont mené. Combien, également, de coopérateurices sans le sou qui se sont mis·es en difficulté au nom de cet idéal ? Je m’acharne donc parce qu’il me semble que le temps investi par les bénévoles, l’argent investi par les coopérateurices, l’énergie investie, l’intelligence investie…tout ça représente un gaspillage tragique. Toutes ces ressources auraient pu être mises au service d’un vrai changement de paradigme, pas à une pseudo-tentative de réforme qui, ne tenant compte ni des travaux intellectuels et des expériences historiques passées, ni des éléments financiers concrets, continue de prétendre réinventer la roue alors qu’elle réinvente une énième version du bâton qu’on met dedans.

Je remercie Philou qui m’a aidé précieusement dans la constitution de ce dossier, spécifiquement dans la compréhension des éléments comptables et financiers, ainsi que dans la production des analyses liées. Grâce à toi, j’aurai beaucoup appris. Un immense merci aussi à Ba, l’amoureuse que j’suis avec, pour sa relecture experte et attentive et ses remarques toujours aussi pertinentes.


Je dois ce calcul à Philou qui précise ceci : « D’après les comptes audités au 31/12/2019, la valeur comptable des capitaux propres s’élevait à 1.736.625 EUR.  Il faut savoir qu’entre le 31/12/2018 (date à laquelle a été calculée la valeur de 5,95 EUR mentionnée dans le prospectus) et le 31/12/2019 (comptes à présent disponibles), une perte supplémentaire de 4.008.746 EUR a encore diminué les fonds propres de l’entreprise.  Si l’on ramène la valeur des derniers fonds propres audités (1.736.625 EUR) à celle de la valeur nominale (15.279.480 EUR), une part B vendue à 20 EUR de valeur nominale valait en réalité 2,27 EUR, soit encore moins de la moitié de la valeur de 5,95 EUR publiée dans le prospectus d’émission. »

Le bluff techno-viral de Pfizer

En 1988, Jacques Ellul publiait Le bluff technologique dans lequel il montrait que la domination de nos sociétés par le technologisme résulte d’un processus de conditionnement des consciences extrêmement complexe que l’on doit qualifier du terme de propagande. En 2020, la technocratie a encore grandement accru sa domination sur nos sociétés hyperdéveloppées et les multinationales du Big Pharma amplifient le procédé et mettent des promesses vagues au service de l’accroissement indécent des profits de quelques-uns.

On a tort de ne pas aller chercher les infos dans des lieux qu’on croirait éloignés de nos façons de voir les choses. Non seulement cela nous protège du biais cognitif qui nous fait voir la réalité de manière unilatérale et dans un sens qui confirme nos préjugés, mais on trouve des informations fort intéressantes. Ainsi, alors que quasi tous les médias se sont enthousiasmés à la nouvelle des avancées sur la recherche d’un vaccin anti-Covid-19 la mise au point par Pfizer et BioNTech, c’est sur le site d’un conseiller en placements boursiers que l’on trouve des analyses un peu plus argumentées que celles qui surfent sur l’angoisse de populations submergées de messages anxiogènes tenus par les mêmes médias.

L’investisseur sans costume[note] est certes un conseiller en placements financiers qui gagne sa vie grâce à ses recommandations aux boursicoteurs, mais il a des analyses décapantes, fort différentes de ses confrères du milieu.

Cris de victoire prématurés

Ainsi, depuis quelques jours, il publie des analyses qui tranchent d’avec la naïveté des commentateurs du communiqué de presse victorieux de Pfizer[note]. Le patron de la multinationale, Albert Bourla, a fait vraiment fort en osant déclarer : « C’est un grand jour pour l’humanité, enfin la lumière au bout du tunnel, la plus grande découverte médicale depuis 100 ans… ».

En fait, qu’ont dit Pfizer &Co sous l’affirmation légère d’une efficacité à 90% ? Guy de la Fortelle, animateur « sans costume » du blog financier résume : « 39.000 personnes ont reçu 2 doses du vaccin ou un placebo. Sur ces 39.000 personnes, 94 auraient contracté le virus et parmi ces 94, plus de 90% feraient partie du groupe placebo. On imagine donc que 9 personnes vaccinées ont été infectées contre 85 qui avaient reçu le placebo. Cela signifie que d’un côté, 0,4% des placebos ont été infectés et de l’autre 0,05% des vaccinés l’ont été. Bien sûr les résultats ne sont pas présentés comme cela car de ce point de vue, la différence pourrait être due à la marge d’erreur. Comme ils le disent eux-mêmes à demi-mot, les résultats ne sont pas vraiment statistiquement valides : ils n’ont pas encore pu étudier suffisamment de cas d’infections. Mais nous ne pouvons pas savoir… : ils n’ont PAS publié leurs résultats. ».

Effectivement, à y regarder de près, cette annonce est totalement prématurée. On est bien dans la 3ème phase d’essais cliniques du candidat vaccin, mais le recul n’est évidemment pas assez long pour savoir si des effets secondaires ne vont pas se déclarer. On n’a guère insisté non plus sur le fait que le vaccin devrait être conservé à -70°C pour être efficace. On réalise immédiatement que ce vaccin très original[note] ne pourra être distribué dans les 90% de la planète incapables de se doter des gigantesques infrastructures frigorifiques et de l’intendance que cela suppose.

Mais l’investisseur sans costume va encore plus loin : « …un essai clinique pour un vaccin est un enfer, vous devez donner un médicament à une population saine et espérer qu’elle n’attrape pas la maladie que vous voulez combattre. C’est beaucoup plus compliqué que de prendre un malade, lui donner un médicament et voir s’il va mieux (ce qui n’est déjà pas simple). Vous travaillez avec des échantillons gigantesques pour réussir à isoler quelques dizaines de cas. Les risques d’erreurs et de biais statistiques sont énormes et en l’occurrence :

  • ils n’ont pas suivi les patients suffisamment longtemps selon les standards de la FDA américaine ;
  • ils n’ont pas isolé suffisamment de cas pour être statistiquement valides ;
  • ils n’ont pas publié leurs chiffres qui n’ont donc pas pu être vérifiés par la communauté scientifique ;
  • ils ne savent même pas de leur propre aveu quel est l’effet réel du vaccin sur les cas sévères de Covid… qui sont ceux qui nous qui nous intéressent vraiment. »

Pourquoi cette sortie médiatique ?

Si un spécialiste en investissements qui se veulent rentables se préoccupe de médecine et de virologie, c’est que l’objectif réel de ce message qui se veut rassurant est d’abord et surtout de soutenir la relance tant espérée par le système productiviste. Un peu la relance de l’économie qui irait mieux si le virus disparaissait, mais beaucoup la relance des bourses. Et cela a marché puisque, comme le montre le graphique ci-dessous (source Boursorama), une bourse des actions comme le CAC 40 a bondi de 7,5% dans l’heure qui a suivi l’annonce de Pfizer, explosant la barre des 5.000 points pour aller directement à 5.300.

Le cours de Pfizer (ci-dessous) qui stagnait depuis un an, a lui aussi grimpé, mais est retombé assez rapidement (les investisseurs auraient-ils flairé l’arnaque ?).

L’investisseur sans costume enfonce le clou: «Nous ne sommes pas dans le temps de la science, nous sommes exactement dans le temps de la politique, du marketing et des grosses affaires louches. Ils utilisent aujourd’hui une technique de manipulation éculée : annoncez un résultat époustouflant, avec beaucoup de gravité et d’emphase, mais surtout aucun détail, et une fois que tout le monde est béat d’admiration et de gratitude envers les sauveurs du virus, il sera trop tard pour aller chercher des poux à cet essai clinique. »

Quand on commence à se poser des questions sur les pratiques douteuses des multinationales des médicaments et des vaccins on découvre un réseau d’intérêts croisés plus qu’étonnant ? Kairos a publié plusieurs articles détaillant cette toile d’araignée de sociétés privées, de fondations pseudo caritatives et de pouvoirs publics qui échangent des sommes folles dans la perspective de développer et surtout de vendre des vaccins anti-Covid-19. Déjà dans le n°46 de septembre/octobre, nous publiions l’article « Vaccin anti-Covid-19 : la valse des milliards » (pp.16-17). Sur notre site nous avons actualisé ces données sur le texte « La course aux milliards du Covid-19 »[note]. Nous avons aussi repéré la manœuvre de Pfizer dans l’article ce 10 novembre « Les recherches vaccinales avancent, les actionnaires encaissent »[note]. Mais Guy de La Fortelle lève, lui encore, d’autres lièvres…

Des connivences étonnantes

On connaît la polémique qui a agité le landerneau français (et au-delà) entre les partisans de l’hydroxychloroquine, emmenés par le fantasque Raoult, et les tenants de la médecine officielle, que l’on sait très proche, voire dominée, par les multinationales du Big Pharma. Sans vouloir prendre position dans cette polémique scientifique, il faut constater que lorsque le débat battait son plein, la plus vénérable revue médicale mondiale, The Lancet, a publié une étude qui affirmait non seulement l’inefficacité, mais aussi la nocivité de l’hydroxychloroquine. C’est à partir de cette étude que la France a interdit l’usage de l’hydroxychloroquine… Quelque temps plus tard, l’étude a été retirée : The Lancet avait publié sans la vérifier, une étude fabriquée de toutes pièces contre la chloroquine. L’étude était fausse, mais l’interdiction française, elle, est restée.

Guy de La Fortelle révèle que « derrière RELX[note], le groupe qui détient The Lancet, il y a les géants de la gestion d’actifs américains dont BlackRock. Or, BlackRock détient 8% de Pfizer et 8,5% de RELX. » Selon l’Investisseur sans costume : « Le conflit d’intérêts pour un actionnaire qui détient une position dominante aussi bien dans les plus grands labos pharmaceutiques et le plus grand groupe d’édition scientifique est monstrueux. (…) …en plus, ce conflit d’intérêts se matérialise par une faute aussi grave pour une revue de cette envergure ». Il nous apprend enfin que « le patron de BlackRock, Larry Fink, fut l’un des premiers à être reçu par Emmanuel Macron après son élection et l’est régulièrement depuis comme le révèle Denis Robert dans un nouvel ouvrage sur BlackRock. Selon l’ancien ministre Michel Sapin, Larry Fink « formate l’opinion de ce petit monde manichéen » des décideurs économiques. C’est lui qui a les cordons de la bourse et qui dicte ce que doit faire la France pour être compétitive ». On comprend que, face à une telle puissance économique, les États et même l’Union européenne se couchent. L’UE a ainsi pré-commandé 300 millions de doses à Pfizer et la France 20 gigantesques frigos pour garder bien au frais les futurs (?) vaccins de la multinationale.

Encore une révélation pas piquée des vers de notre conseiller en investissements : dans les heures qui suivaient le communiqué tonitruant de Pfizer, son patron, celui qui annonçait que « c’est un grand jour pour l’humanité »… vendait 60% de ses actions de sa firme[note] (quand il espérait qu’elles seraient au plus haut).

On réalise en écoutant un spécialiste des investissements que ce qui peut apparaître à certains comme un vaste complot ne l’est pas ; ce sont simplement les stratégies très habiles, pas du tout cachées, mais très visibles quand on sait lire les cours de bourse et les rapports annuels des multinationales : c’est un système qui a un nom, le capitalisme mondialisé.

Lettre ouverte à Franck Vandenbroucke

Questions citoyennes concernant la politique de gestion de lutte contre la covid19 et les mesures sanitaires.

Ce courrier a été envoyé ce 17 novembre par Annes Bouria au ministre de la Santé et également transmis à Éliane Tillieux, présidente de la Chambre des représentants.

« Monsieur le Ministre fédéral en charge de la santé publique,

Dans le cadre d’une interpellation purement citoyenne, permettez-moi de vous solliciter en vue d’obtenir des réponses aux questions relatives aux articles en annexe à la présente et concernant la mise en perspective des chiffres sur la covid en Belgique[note].

  1. Qu’ont concrètement mis en place les autorités fédérales en ce qui concerne les moyens hospitaliers
    pour faire face à la situation de « 2eme vague » qu’elles redoutaient tant depuis plus de 6 mois ?
  2. Pourquoi n’existe-t-il absolument aucune politique de prise en charge des patients atteints de la
    covid en ambulatoire (hors hospitalisation) ? Cette politique de non prise en charge ne serait-elle pas,
    entre autres, à l’origine de la sur-fréquentation hospitalière covid, et à fortiori de la surmortalité covid?
  3. Au vu de la fiabilité discutable en terme diagnostic des tests PCR de détection du SARS-Cov2, des patients admis et répertoriés « covid », sont-ils tous malades à cause d’une infection au SARS-COV2, ou certains sont-ils victimes d’autres infections respiratoires tout en étant porteurs du SARS-COV2 sans que ce dernier soit la cause majeure de leur état clinique ? Idem pour les décès classés « covid », peut- on affirmer avec certitude que les décès « covid » ont bien tous pour origine majeure une infection au Sars-Cov2 ?
  4. S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du Sars-Cov2 et ses effets escomptés, comment prouver l’efficacité de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie sachant que, comme il est démontré dans l’article, le pic de cet épisode épidémique fut atteint aux alentours du 25 octobre ? Quelles sont les preuves scientifiques en terme d’efficacité des mesures de confinement sur la mortalité générale ? Pourquoi n’avoir jamais évalué sérieusement la balance risque/bénéfice de la stratégie de confinement, tant en matière médicale que socio-économique ?
  5. S’il semble très probable que le SARS-Cov2 prenne une tendance à la saisonnalité et qu’une variante particulière du SARS-Cov2 (le variant4) soit à l’origine de ce pic épidémique d’automne, pourquoi maintenir une dialectique de culpabilisation du citoyen rendant ce dernier principalement responsable, par ses comportements, de la situation, alors que cet épisode automnal traduit une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique d’une épidémie virale ? Pourquoi maintenir la même politique sanitaire pour une infection virale qui a vu son taux de létalité apparent divisé par 5 au cours des 6 derniers mois dans notre pays (15,7% au 31 Mai 2020 contre 2,8% à ce jour) ?
  6. Dans le cadre des éventuelles futures campagnes de vaccination que votre législature semble pressée d’engager, pouvez-vous garantir à chaque citoyen le droit au consentement éclairé ainsi qu’au refus de se voir administrer ce vaccin à la technologie inédite, et ce, en vertu de la loi sur les droits des patients du 22 aout 2002, du respect de l’article 23 de la constitution et du code de Nuremberg ?
  7. Enfin, quelle est la légitimité constitutionnelle des mesures sanitaires prises récemment? Les membres de votre gouvernement sont-ils conscients des conséquences lourdes sur le plan des libertés fondamentales ainsi que sur la pérennité d’un état de droit démocratique?

Dans l’attente de vous lire, je vous remercie d’avance pour l’attention que vous porterez à cette requête et vous prie d’accepter, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Annes Bouria – Pharmacien
Membre du Collectif interprofessionnel Transparence-Coronavirus pour l’objectivité de l’information et la liberté thérapeutique. »

Vaccins, brevets et biens communs à l’ère du Covid-19

Dans le domaine pharmaceutique, la propriété intellectuelle, et notamment les brevets, font couler beaucoup d’encre depuis des décennies. Tandis que les uns soutiennent que les brevets seraient des incitants indispensables à la recherche pharmaceutique, les autres mettent l’accent sur le fait qu’ils sont responsables des prix exorbitants de certains traitements (cancers, maladies rares, hépatite C) non soutenables pour les systèmes d’assurance santé, ou encore de problèmes d’accès à des traitements essentiels dans certains pays. 20 ans après la lutte pour l’accès aux traitements contre le VIH dans les pays du sud[note], la crise sanitaire actuelle met à nouveau la problématique des brevets sur le devant de la scène[note].

Ces derniers mois, des dizaines d’analyses favorables à un assouplissement du droit de la propriété intellectuelle ont fait l’objet d’articles de presse. Ces publications ont rapporté de nombreuses propositions et initiatives prises à travers le monde et exprimant une demande, provenant tant de la société civile que de certains États, d’aménagements des régimes de protection de la propriété intellectuelle sous des formes diverses[note]. Cette demande d’assouplissement de la propriété intellectuelle existe depuis plusieurs décennies, mais elle émanait auparavant essentiellement d’acteurs dont les intérêts n’étaient pas rencontrés par les régimes de protection de la propriété intellectuelle (pays en développement ou émergents, ONG). Elle a tout de même donné lieu en 2001 à la Déclaration de Doha sur l’Accord des ADPIC et la santé publique qui facilite (dans une certaine mesure, tout relative) l’octroi de licences obligatoires. Or, entre mars et juillet, cette demande d’aménagements a semblé être aussi le fait d’acteurs plus puissants, traditionnellement partisans d’un renforcement de la propriété intellectuelle, comme la France, par exemple, dont le président a évoqué l’idée que le vaccin contre le Covid-19 devrait être un bien public mondial disponible, accessible et abordable pour tous[note], ou comme l’Allemagne et le Canada qui, selon MSF, auraient modifié leurs législations pour faciliter les licences obligatoires[note].

On peut donc légitimement s’interroger : cette demande est-elle réelle de la part des pays traditionnellement partisans de régimes de propriété intellectuelle forts, ou s’agit-il juste de communication ? Cette demande a-t-elle des chances d’aboutir et de profiter à l’ensemble des pays, communautés, acteurs des secteurs de la recherche et de la santé, et malades ? Aura-t-elle des implications temporaires limitées à la crise du Covid-19 ou des implications à long terme en matière de protection de la propriété intellectuelle qui pourraient bénéficier à d’autres recherches pharmaceutiques ou médicales, ou même à d’autres secteurs ? L’espoir, pour les malades, pour les systèmes d’assurance santé, pour les pays en développement est-il permis ?

Le retour du commun?

Entre mars et août 2020, l’espoir semblait effectivement permis, car on a pu lire également dans la presse un certain nombre de publications présentant le système de santé comme « un commun essentiel », le médicament comme « un bien commun », la philosophie des communs comme « une stratégie de survie à la pandémie », le thème des communs comme « un thème central dans les réflexions sur le monde d’après », la crise du coronavirus comme ayant « remis au premier plan les obligations du commun », etc. Bien au-delà de simples aménagements des régimes de protection de la propriété intellectuelle, les auteurs de ces publications appelaient à construire des biens communs qui échappent à l’appropriation et à l’exploitation privatives, à instituer politiquement des communs mondiaux qui soient gérés démocratiquement, à recréer de véritables services publics solidaires, mais aussi des coopérations citoyennes pour « réveiller » et renforcer l’État social défaillant.

Le point de vue de l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) diffère toutefois de ces projets « idéalistes ». Le directeur général de l’OMPI estime qu’à ce stade, dans un contexte où, selon lui, près de 70% de la recherche-développement est financée et menée par le secteur privé contre environ 30% par l’État, le principal enjeu politique réside avant tout dans l’obtention de traitements contre le covid-19 plutôt que dans celui de l’accès à des traitements (puisque ces derniers n’existeraient pas encore), dans le soutien aux innovations qui contribuent à la gestion de la crise (par exemple l’élaboration d’applications de traçage) et dans l’amélioration des équipements médicaux vitaux. Dès lors, ce sur quoi les gouvernements devraient se concentrer, ce sont les incitations à l’innovation, parmi lesquelles la propriété intellectuelle[note].

Concernant les obstacles à l’accès aux innovations essentielles à des prix abordables, il en existe, selon lui, de nombreux : manque de moyens de production, entraves à la libre circulation, infrastructures en matière de transport, de santé, de numérique, etc. Mais « rien de tout cela n’a trait à des questions de propriété intellectuelle ». Certes, nuance-t-il, la propriété intellectuelle peut aussi constituer une entrave à l’accès, mais des mécanismes existent déjà pour faire face à cet éventuelle situation : les licences obligatoires et les licences de droit des technologies brevetées incorporées dans des fournitures médicales et des médicaments essentiels, ainsi que le recours à des exceptions concernant les œuvres culturelles et éducatives. Mais le recours éventuel à ces mécanismes, s’il a lieu, doit être ciblé et temporaire pour ne pas porter atteinte à l’innovation. Des initiatives existent déjà en rapport avec le covid-19, poursuit le n°1 de l’OMPI : accords de licence novateurs, publication de données scientifiques en libre accès, publication des spécifications techniques des équipements essentiels (notamment les respirateurs) pour permettre leur fabrication par des tiers, renonciation à l’application de certains brevets. Les gouvernements peuvent aussi prendre des mesures, comme « la réquisition des capacités de production, le recours aux marchés publics ou l’injection de capitaux et l’assouplissement des crédits pour les jeunes entreprises et les petites et moyennes entreprises afin d’assurer la survie de l’innovation ».

Pour l’OMPI, les mesures existantes seraient donc suffisantes, l’essentiel étant de stimuler l’innovation via les droits de propriété intellectuelle. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la voix de l’OMPI est en réalité celle des États qui ont un intérêt à préserver des systèmes de protection de la propriété intellectuelle forts. Ces États introduisent (ou font mine d’introduire) des aménagements, car c’est dans leur intérêt en cette période particulière, mais leur ligne directrice reste bien celle du respect des droits de propriété intellectuelle.

Que peut-on répondre à l’OMPI ? Premièrement que l’affirmation selon laquelle près de 70% de la recherche-développement est financée et menée par le secteur privé contre environ 30% par l’État semble devoir être nuancée au regard de l’argent public reçu, en temps normal, par le secteur privé sous forme de subventions, de garanties sur des prêts, d’incitants fiscaux, de remboursements par la sécurité sociale, ou encore au regard de l’évasion fiscale des géants pharmaceutiques[note]. Et cette affirmation est encore plus discutable dans le contexte de la crise du Covid-19 qui a vu les États financer la recherche pharmaceutique privée à coup de milliards.

Deuxièmement que si les traitements ne sont pas connus, cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’existent pas déjà dans l’immense pharmacopée dont dispose l’humanité, dont une partie est dans le domaine public. On a ainsi assisté à un épisode fortement médiatisé où un médicament répandu et bon marché, dont un médecin et chercheur réputé affirmait, sur base de sa pratique, qu’il pouvait, prescrit en début de maladie, accélérer la guérison du Covid-19, a été interdit en vertu de démonstrations parfois fort peu scientifiques. Sans prendre position dans ce débat, on ne peut pas nier que, de façon générale, il est plus intéressant pour le secteur pharmaceutique de bénéficier de soutiens et d’incitants à la R-D plutôt que de découvrir qu’un remède se trouverait déjà dans le domaine public et serait aisé et peu coûteux à produire.

Statu quo versus bouleversement bénéfique

Et troisièmement, on pourrait, à l’inverse de l’OMPI, soutenir que les véritables enjeux politiques, sociaux et sanitaires seraient plutôt de financer ou de refinancer (selon les pays) le secteur de la santé (hôpitaux, personnels de santé) et les systèmes d’assurance santé ; de protéger les personnes à risque et de soigner correctement les personnes âgées[note] ; de développer la prévention (renforcement du système immunitaire via un mode alimentaire et un mode de vie propices à un meilleur état de santé et à une meilleure résistance) ; d’apprendre de nos erreurs en remettant en question l’ensemble des pratiques qui se trouvent peut-être à la source de l’émergence de cette épidémie ; et de réinterroger notre rapport à la vie et à la mort, ainsi qu’aux jeunes générations, dont les besoins vitaux sont actuellement niés et sacrifiés et qui vont se retrouver démunies dans un paysage économique, social et culturel dévasté.

Entre ces deux visions antagonistes (celle qui projette de développer des biens communs globaux ou au minimum d’assouplir les normes de propriété intellectuelle, et celle d’un respect strict de ces normes), dans quel sens évoluent concrètement les choses ? Sans surprise, ce que l’on observe aujourd’hui, c’est une situation globale défavorable à un assouplissement de la propriété intellectuelle.

En témoigne, pour commencer, la valse des dépôts de brevets sur des candidats vaccins qui a déjà débuté. En pleine crise sanitaire mondiale, certains n’hésitent d’ailleurs pas à prôner la nécessité d’allonger encore la durée de protection des brevets au-delà des 20 ans prévus par la loi sous prétexte d’encourager la recherche d’un vaccin[note].

Interrogée sur les déclarations d’E. Macron assimilant le vaccin contre le Covid-19 à un bien commun, Nathalie Coutinet[note], économiste de la santé, rappelle que les accords internationaux (et même bilatéraux) vont au contraire dans le sens d’un renforcement permanent des droits de propriété intellectuelle, ce que ne peut ignorer le président français. L’OMC a bien prévu des mécanismes de licences obligatoires, mais ceux-ci se sont révélés être un quasi-échec face aux menaces de certaines entreprises et face au rapport spécial 301 américain qui autorise des mesures de rétorsion en cas d’atteinte à ses droits de propriété intellectuelle.

Comme le notent pertinemment certains analystes[note], pour négocier les prix des vaccins ou des traitements, une obligation de transparence sur les fonds publics qui ont contribué à développer ces vaccins ou traitements devrait être de mise, mais ce n’est pas le cas. Des conditions, par exemple en matière de brevets et de plafonnement du prix de vente, devraient être imposées aux programmes de recherche financés, même en partie, par l’argent public. Il est tout à fait possible avec de la volonté politique d’inscrire dans les contrats public-privé des clauses sur les licences des futurs traitements, des clauses sur la transparence des données des essais, ou encore sur l’accessibilité des médicaments. Mais les programmes lancés par l’Union européenne ne semblent pas faire clairement mention de ces garanties. La Commission européenne soutient l’octroi de licences volontaires liées aux traitements et aux vaccins contre le Covid-19. Mais rien ne permet encore de dire si cet engagement sera suffisant pour garantir un accès universel[note]. Et concernant les licences obligatoires, elles ne sont pas applicables partout : il faut, au pays qui souhaite en bénéficier, des capacités de production[note].

Un article d’Alternatives économiques fait donc le point sur la situation[note]. Entre 7 et 10 ans sont généralement nécessaires pour mettre un vaccin sur le marché (quand on le découvre). Dans la situation actuelle, pour gagner du temps, les différentes étapes de la recherche ont lieu simultanément. La phase de développement se fait elle aussi en parallèle de la recherche : la production est entamée avant les résultats définitifs et l’autorisation de mise sur le marché, dans l’espoir que ceux-ci soient positifs. Cette procédure inédite (et peu orthodoxe) est extrêmement coûteuse, d’autant que les doses produites devront être détruites si les résultats s’avèrent négatifs. Et bien que l’essentiel de l’argent investi (financement et précommandes) soit public, les montants totaux investis ne sont pas précisément connus, même si l’on sait qu’ils se chiffrent en milliards.

Les pays riches se réservent des millions de doses, tandis que les pays pauvres dépendent du programme Covax qui a pour mission de réserver des doses de vaccin pour les mettre à disposition de ces pays, gratuitement pour certains et à des prix accessibles pour d’autres. Malgré ces subventions publiques, les brevets seront privés, confirme Nathalie Coutinet, bien qu’il n’y ait pas eu de prise de risque privée de la part des entreprises elles-mêmes. En effet, il est de plus en plus évident que les vaccins ne seront pas un bien public mondial, car les droits de propriété intellectuelle ne seront pas abandonnés : les firmes négocient déjà des accords bilatéraux avec d’autres producteurs afin d’augmenter les capacités de production[note].

Le 16 octobre 2020, dans le cadre de l’OMC, les États-Unis, l’UE, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada, l’Australie ont d’ailleurs rejeté la demande de dérogations à certaines dispositions de l’Accord sur les ADPIC pour la prévention, l’endiguement et le traitement du Covid-19, une demande qui était soumise par l’Afrique du Sud, l’Inde et d’autres pays du « Sud » et soutenue par l’OMS[note]. Et même le tout récent avant-projet de recommandation de l’UNESCO sur une science ouverte[note] admet que si « la science ouverte critique et transforme les limites de la propriété intellectuelle pour améliorer l’accès au savoir pour tous », « l’approche ouverte ne remet pas en question l’utilisation de la propriété intellectuelle comme moyen de tirer profit de l’exploitation et de l’utilisation privées des connaissances pour créer de nouveaux produits ou services compétitifs susceptibles de générer des retombées économiques concrètes » (article 14). Aucun ébranlement, donc, du côté des fondements du droit de la propriété intellectuelle devant lequel la vie, la santé, le savoir semblent devoir se plier, encore et toujours.

Quelques autres constats méritent encore d’être exposés avant de conclure. Rappelons tout d’abord qu’en 1953, Jonas Salk refusa de breveter le vaccin contre la polio qu´il avait découvert : une conduite éthique de ce type ne semble plus envisagée de nos jours. De nombreux observateurs notent que l’incitant des brevets conduit les grandes entreprises pharmaceutiques à se concentrer sur des marchés porteurs et à réduire leurs investissements dans les domaines médicaux essentiels, dont les infections bactériennes ou virales[note].

Avant l’apparition de l’épidémie du Covid-19, les principales analyses prévoyaient un fort ralentissement du taux de croissance de l’industrie du médicament en raison de l’expiration prochaine des périodes d’exclusivité commerciales de nombreux médicaments[note]. Dans ce contexte, le vaccin contre le Covid-19 apparaît comme le nouvel eldorado de l’industrie pharmaceutique.

Enfin, dans un reportage, Marie-Paule Kieny, directrice du Medecines Patent Pool, reconnaît qu’il ne serait peut-être pas prudent de vacciner trop de monde lors des premiers mois de disponibilité du vaccin, car on manque encore de données relatives à la sécurité[note]. Malgré cet aveu, elle insiste sur le fait qu’il va falloir « convaincre » la population de se faire vacciner, et reconnaît qu’en France, elle a contribué au mouvement qui a conduit à rendre la vaccination obligatoire en raison des oppositions croissantes à la vaccination. Elle n’hésite pas à faire de la vaccination future contre le Covid-19 une question d’éthique[note] et de responsabilité individuelle « les urgences saturées pour éviter et les morts en Ehpad », alors que ces deux situations sont manifestement le résultat de politiques sanitaires défaillantes qui pourraient (avec une volonté politique) être rectifiées à l’avenir, indépendamment de la vaccination.

Que pouvons-nous conclure de tout ce qui précède ? De nombreuses demandes favorables à un assouplissement des régimes de propriété intellectuelle ont été formulées ces derniers mois par la société civile et par plusieurs États, certains acteurs revendiquant même de placer dans le domaine public tous les résultats des recherches portant sur le covid-19, y compris les vaccins qui pourraient être découverts. Nous avons vu toutefois que la réalité était toute autre et ne rencontrait en rien ces demandes et ces propositions : les laboratoires ont en effet bel et bien l’intention de revendiquer leur propriété intellectuelle, malgré l’investissement public massif qui leur a été accordé. Ces droits de propriété intellectuelle auront-ils pour conséquences des prix excessifs et/ou des difficultés d’accès aux vaccins pour certaines populations ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais on peut au minimum craindre que les pays qui ont déjà investi des milliards dans la recherche privée aient à nouveau à financer ou à rembourser l’achat de ces vaccins, déversant une fois de plus vers ces acteurs privés un flot d’argent public dont ils devront désormais se passer pour d’autres projets de société. Il est possible aussi que certains pays plus pauvres aient eux aussi à débourser des sommes à hauteur de leurs capacités financières.

Mais le plus inquiétant, outre les milliards d’argent public littéralement siphonnés alors que l’investissement public s’avère plus que jamais indispensable pour renforcer les systèmes de soins de santé et de protection sociale, c’est que la vie sociale, économique, culturelle, scolaire, relationnelle, familiale et démocratique soit mise à l’arrêt manu militari jusqu’à l’arrivée des vaccins. Peut-on considérer comme un bien des vaccins obtenus à un tel prix économique et social, et dont rien, à part des déclarations qui n’engagent personne, ne nous garantit qu’ils seront sûrs et efficaces, vu la rapidité de leur mise au point et la brièveté de leurs phases de test ? En effet, en cas d’effets secondaires délétères, les laboratoires ne seront, dans plusieurs pays, pas tenus pour responsables, ni poursuivis[note].

Par ailleurs, pour reprendre plusieurs questionnements scientifiques, n’y a-t-il aucun risque à se faire vacciner après avoir contracté la maladie ? Quel est l’intérêt de chercher un vaccin pour une maladie qui n’est pas immunisante, ou très peu longtemps, à moins de se refaire vacciner sans arrêt, ce qui constituerait un vrai jackpot pour la ou les laboratoires qui feraient admettre un tel principe ? Les mutations du virus ne pourraient-elles pas rendre inutiles les vaccins mis au point, voire déjà inoculés ? Interview d’un responsable de Moderna: « Nous espérons qu’avec l’ARN messager, il sera possible d’administrer des doses répétées et de continuer à renforcer la réponse immunitaire au fil du temps, si nécessaire.» Et si le virus mute ? « C’est une possibilité, mais là encore nous aurions les moyens de réagir vite[note]». Propos confirmés par E. André qui ajoute que d’autres vaccins pourraient compléter l’immunité de ceux qui auront reçu les vaccins ARN[note]. Ce n’est donc pas un, mais plusieurs vaccins (dont certains, comme les vaccins à ARN, d’un type jamais expérimenté auparavant) que nous devrions nous faire inoculer.

Malgré les objections liées à l’intérêt réel et à la sécurité de ces vaccins conçus à la va-vite, il faut s’attendre à ce que les pays riches aient bien trop investi dans les recherches et les précommandes (1,4 milliard de doses commandées à ce jour par l’UE pour 446 millions de citoyens européens)[note] pour nous laisser la liberté de vaccination[note]. Une publication française rappelle d’ailleurs déjà « que si chaque personne a le droit de refuser les soins qui lui sont proposés au nom du respect de la vie privée et de l’intégrité physique, l’obligation vaccinale constitue une des exceptions, et ce parce qu’elle poursuit un objectif de santé publique (…) Une 12ème vaccination avant 18 mois ? C’est dans ce contexte que se situera la possibilité d’une vaccination contre le covid-19 ».

Or, à quoi bon vacciner les populations qui ne sont pas à risque (sinon à engranger plus de profits) si les personnes à risque, responsables de leur santé, se protègent ou prennent, si elles le souhaitent, la décision de se faire vacciner, ou acceptent le risque de contracter un jour le virus (tout comme elles ont vécu jusqu’ici avec le risque de contracter une grippe) ? Car ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une fois le principe du vaccin obligatoire admis, la porte sera grande ouverte pour la répétition du même scénario (masques, distanciation, confinement… ou vaccination périodique obligatoire) pour la grippe par exemple, puis pour la panoplie des vaccins disponibles sur le marché (et qui, vu les perspectives de profits, ne manqueront pas de se multiplier à toute vitesse). Avec pour justification propagandiste un idéal chimérique d’éradication des virus pathogènes.

Face à cette course au profit sans précédent dont on ne soupçonne même pas l’ensemble des tenants et aboutissants, face à l’engloutissement et la privatisation d’investissements publics faramineux dont on n’ose pas encore imaginer les impacts sur l’avenir, face aux conflits d’intérêts manifestes de certains experts nationaux, de certains politiciens et des médias mainstream dans de nombreux pays[note], face à la censure alarmante exercée par voie de discrédit public sur des personnes avisées qui tentent d’apporter d’autres éclairages[note], face aux soupçons d’inexactitudes dans le dénombrement des cas positifs et des décès réellement imputables au Covid-19 et face aux bouleversements et impacts sociétaux inédits et déjà irréparables qu’une majorité de gens ne semblent pas encore réaliser[note], chacun de nous, jeunes et moins jeunes, devrait se demander si la recherche de vaccins pour le Covid-19, dans les conditions actuelles de leur élaboration, vaut vraiment de tels dégâts qui équivalent à un suicide sociétal, et peut-être même civilisationnel.

Lettre ouverte au Grand hôpital de Charleroi

Extrait du direct de Kairos le 30 octobre lors de la manifestation de soutien à Pascal Sacré

Le 1er novembre, nous envoyions ce courrier au grand hôpital de Charleroi, où nous avions filmé en direct le 30 octobre la protestation des collègues et autres personnes sensibles au renvoi du médecin-réanimateur Pascal Sacré[note]. Aujourd’hui, le 10 novembre, devant l’absence de réponse du service de communication de l’hôpital, nous renvoyons nos questions.

« Bonjour,


Je suis journaliste et aimerais obtenir des informations concernant le licenciement de Pascal Sacré. Quelles sont les raisons qui ont amené votre institution, le GHDC, à renvoyer un médecin-réanimateur?


Second élément, ce licenciement se fait en pleine période où les hôpitaux seraient, selon les informations officielles, saturés ? Cela soulève deux remarques au moins : ou bien votre hôpital n’est pas saturé, et ce serait bien de rendre cette information publique, ou bien il l’est et vous prenez alors, en renvoyant un réanimateur, une décision qui risque de mettre en danger la vie de patients.


Dans l’attente de vous lire.


Cordialement,


Alexandre Penasse

Rédacteur en chef de Kairos »


Vidéo: la course aux milliards du Covid-19

Alors que l’on tente de nous faire croire qu’un futur vaccin serait le Graal, la panacée qui sauvera l’humanité d’une extinction par le Covid-19, les médias qualifient de complotistes ceux qui dévoilent les conflits d’intérêts qui font douter des beaux discours sur la priorité donnée à notre santé. S’interroger sur la décence de profits énormes attendus suite au malheur collectif semble insupportable pour les sphères proches du pouvoir. Pourtant, ces liens qui unissent les gouvernements avec les multinationales pharmaceutiques sont au cœur du problème. Il demeure donc plus que jamais essentiel de savoir qui parle et qui décide de notre avenir. Car nous ne pouvons raisonnablement écouter et croire ceux qui œuvrent pour un intérêt privé maquillé en bien commun.

Une vidéo de Kairos (version courte). Pour la version longue: https://odysee.com/@Kairospresse:0/la-course-aux-milliards-du-covid-19-2:d

Mise en perspective au sujet de l’augmentation des « cas » covid et des hospitalisations

Recensés par Sciensano, relayés sans filtre par les médias et utilisés par notre gouvernement à des fins politiques, les chiffres nous font quotidiennement tourner la tête. Annès Bouria nous en donne pourtant de façon hebdomadaire une toute autre interprétation.

Analyse est établie sur base du rapport épidémiologique Sciensano en date du 09/11/2020.[note]

Ci-dessous, nous allons analyser en A, les graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 la mortalité.

Également, en annexe, nous avons : en B, Un graphique publié par Christophe de Brouwer, Professeur à l’Ecole de Santé Publique de l’ULB, représentant l’évolution au cours du temps de l’Indice de gravité reprenant 4 variables (les nouvelles hospitalisations, les hospitalisations, les patients en USI et la mortalité Covid) exprimés en logarithme népérien. En C, Un graphique du taux de positivité des tests PCR issu du rapport Sciensano du 09/11/2020 (voir note de bas de page 1). En D Un graphique des données de mortalité globale de 2016 à 2020 établi par Statbel[note]. Et enfin en E, un graphique de la fréquence de l’identification du variant « espagnol » du Sars-Cov2 au sein d’échantillons prélevés chez des malades dans divers pays Européens issus de l’étude de Hodcroft et Al.[note]

  1. On constate désormais une diminution significative du nombre de tests positifs qui sont passés à 10500 par jour en moyenne hebdomadaire. Il est toujours bon de rappeler qu’il ne s’agit pas toujours de « cas » au sens clinique du terme et que la majorité présente des formes bénignes de la maladie.

Pour connaître a priori la proportion de cas jugés sérieux, l’indice consiste à rapporter le nombre moyen d’admission journalière de 620 patients aux 10500 positifs, cela fait 5,9 % des positifs nécessitant une hospitalisation. Un chiffre en augmentation relative, qui est due au fait d’avoir atteint le pic de cet épisode épidémique, comme nous allons le démontrer plus loin.

Il faut rappeler également que ce pic de positifs n’est absolument pas comparable à celui de mars-avril où l’on ne testait que les patients arrivés à l’hôpital à des stades très avancés. Aujourd’hui, la politique de test reste encore très large, plus de 400 000 tests ont été réalisés la semaine précédente (semaine 44). Le nombre de tests PCR avoisine les 60 000 par jour et près d’un million et demi de tests ont été réalisés durant le mois d’octobre. Au cours de cette campagne de testing massive, la décision de ne plus tester les asymptomatiques fut de bon aloi, car depuis cet été, la politique de testing n’était pas ciblée et l’on détectait majoritairement des porteurs sains dont la contagiosité n’est pas établie[note].

  1. En ce qui concerne la courbe des hospitalisations classées « covid », elle commence clairement à montrer des signes d’inflexion. Ceux-ci sont plus nets sur les graphiques dynamiques du monitoring sciensano[note].

Faisons le point avec quelques chiffres : les patients covid occupent actuellement 6900 lits, soit environ 19% de l’ensemble des lits disponibles en clinique sur tout le territoire (37 000) ou 86% des 8000 lits potentiellement disponibles pour les cas covid[note]. Les 620 hospitalisations quotidiennes moyennes classées « covid » pour la semaine du 1 au 8 novembre représentent moins de 52% des quelques 1200 contact hospitaliers quotidiens pour plaintes respiratoires selon les données de 2017 du SPF Santé publique[note]. Pour 620 admissions quotidiennes moyennes environ 550 sorties sont recensées. Le chiffre des sorties rejoint celui des admissions, ce qui est un signe d’inflexion de la courbe des hospitalisations.

A noter également que la répartition des hospitalisations n’est pas homogène : Bruxelles et la Wallonie supportent près de 70% des nouvelles admissions.

La menace, exposée par les experts, ayant conduit les autorités politiques à durcir les mesures sanitaires, est celle de la saturation des hôpitaux. Bien que la situation soit effectivement très tendue dans les unités covid, le phénomène de saturation des hôpitaux en période de recrudescence des affections respiratoires saisonnières n’est malheureusement pas nouveau, il y eut des épisodes de saturations hivernales en 2017 ainsi qu’en 2019 lors des épidémies de grippe[note][note]. Si l’on veut sonder les raisons de cette saturation chronique des hôpitaux, il est important de tenir compte de la nette diminution des lits disponibles pour les affections aigües dans les hôpitaux depuis 30 ans, ils sont passés de plus de 55 000 à 37 000 malgré l’augmentation de la population et son vieillissement ! Il serait par ailleurs intéressant d’interroger les autorités pour savoir ce qu’elles ont concrètement mis en place en ce qui concerne les moyens hospitaliers pour faire face à la situation qu’elles redoutaient tant depuis plus de 6 mois.

Outre le fait que la situation en milieu hospitalier et même en ambulatoire est fortement alourdie par des protocoles « covid » empêchant le personnel médical se concentrer sur sa fonction première qui est de soigner[note][note][note], le point essentiel à mettre en évidence est qu’il n’existe absolument aucune politique de prise en charge des patients atteints de la covid en ambulatoire (hors hospitalisation). Dans cette épidémie, les médecins généralistes censés être en première ligne sont mis hors course. Selon les recommandations officielles, ils n’ont qu’une seule tenue de route à suivre en ce qui concerne les cas positifs symptomatiques : isolement, prise de paracétamol et, in extremis, orientation vers un centre hospitalier en cas de détérioration de l’état du patient[note]. De l’histoire de la médecine, c’est du jamais vu ! Cette politique de non prise en charge ne serait-elle pas, entre autres, à l’origine de la sur-fréquentation hospitalière covid ?

Enfin, d’autres points importants sont à ajouter à ce manque manifeste de gestion conséquente en matière de santé publique. Il est à noter que depuis une semaine de confinement, certains services hospitaliers sont anormalement sous-fréquentés pour cette période, notamment les services de pédiatrie[note]. Le SPF santé publique a même publié ce 6 novembre un avis sur les réseaux sociaux qui incitait les patients à ne pas hésiter à prendre contact avec leur médecins traitant ou spécialiste en milieu hospitalier car ces derniers voyaient moins de patients que d’habitude[note]. En outre, ces situations de confinement répétés font que la télémédecine, bien qu’extrêmement discutable en termes de fiabilité et de déontologie, est en passe de devenir la norme[note].

  1. Nous avons vraisemblablement dû faire face à un nouvel épisode épidémique de covid. Cependant, mis à part les tensions hospitalières manifestes, cet épisode est-il de même ampleur que le premier ? A priori, les courbes d’hospitalisation actuelles dépassent celle du mois de mars, mais Il faut surtout tenir compte du fait que l’apparition des maladies respiratoires saisonnières (automne-hiver) implique davantage de suspicions de cas cliniques covid. Les test PCR, dont la sensibilité très élevée et la spécificité non absolue, ne sauront pas toujours distinguer la covid des autres infections respiratoires saisonnières. C’est le problème des faux positifs.[note]

J’insiste sur le fait qu’il s’agit de faux positifs au sens diagnostique du terme et non pas au sens technique. Le test détecte bien une trace du virus, mais sans que cela ne nous renseigne pertinemment sur l’étiologie de l’état clinique du malade.

La difficulté réside donc dans le fait de distinguer clairement les affections respiratoires saisonnières du covid, chose qui n’est absolument pas possible d’établir avec certitude.

Les patients admis et répertoriés « covid » sont-ils tous malades à cause d’une infection au SARS-COV2, ou sont-ils victimes d’autres infections respiratoires tout en étant porteurs du SARS-COV2 sans que ce dernier soit la cause majeure de leur état clinique ?[note]

Il est important de noter que selon certaines études, en fonction de la sensibilité des tests PCR, jusqu’à 90% des tests positifs à la détection du SARS-COV2 n’ont aucune signification médicale lorsqu’ils sont systématisés de manière aussi importante. En effet, un article du New York Times fait état de cette proportion très élevée de positifs non pertinents sur le plan clinique lorsque le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR dépasse 30[note]. Et en Belgique, le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR va de 30 à 35 (voir nbp 17).

Si les cycles CT des PCR réalisés sont trop élevés, les tests sont hypersensibles et ne peuvent donc pas déterminer, même en étant positifs, si le patient est bien malade de la covid.

Tous ces malades étiquetés « covid » qu’ils soient réellement atteint ou non de cette maladie, engendreront de fait une saturation rapide du système hospitalier en raison de la lourdeur protocolaire de leur prise en charge.

Ajouter à cela que certains patients admis pour tout autre chose que la covid, subissent des tests PCR, et s’ils sont positifs, ils sont répertoriés « admission hospitalières covid »!

  1. Le nombre de patients en soins intensifs (USI) qui suivait également de manière exponentielle les hospitalisations, ne va probablement pas tarder à s’infléchir, ceci se voit également sur les graphiques dynamiques du monitoring Sciensano. Les patients en USI ont atteint à ce jour le nombre de 1464 sur l’ensemble du territoire. C’est à peu près 70 % de la capacité en lits de soins intensifs en Belgique (environ 2000)[note].

Concernant l’état de saturation des unités de soins intensif en Belgique, ce n’est malheureusement pas non plus une situation exceptionnelle. Selon les dires du Docteur Philippe Devos, intensiviste au CHC Liège, lors du pic épidémique de grippe du mois de janvier/février 2020, le taux d’occupation des lits en USI était de plus de 90% ! Et ce, par des patients ayant développé des complications à la suite d’un état grippal sévère[note].

La capacité des USI est bien entamée par les cas répertoriés covid. Mais ce qu’il est impératif de mettre en évidence, c’est que les tableaux cliniques covid sont nettement moins sombres qu’en mars/avril. La proportion des patients ventilés a diminué depuis le dernier épisode du mois de mars, et ce sont bien les patients sous respirateurs qui ont les pronostics vitaux les moins bons et qui « encombrent » les USI car leur prise en charge s’échelonne sur plusieurs semaines, ce qui réduit les capacités de « turn-over » des passages en réanimation. En effet, cette amélioration en termes de « lourdeur » des cas est probablement dû à une meilleure prise en charge des patients en amont grâce à une connaissance plus approfondie de la maladie ainsi qu’à l’instauration de traitements comme les anti-coagulants, les corticoïdes ou l’oxygénothérapie qui réduisent les passages en USI et leur gravité.[note]

Il est évident que les protocoles de prise en charge ont changé et que les intubations ne se font qu’en ultime recours. Cette technique médicale très invasive constituait plus de 80% de la prise en charge des patients covid en USI lors du pic épidémique d’avril, contre environ 55% aujourd’hui. Et ceci se confirme par une plus faible mortalité covid à l’heure actuelle.

  1. La mortalité « covid » a augmenté de manière significative : 173 décès par jour en moyenne pour toute la Belgique, mais semble également être en passe d’atteindre un pic. Actuellement, la mortalité covid quotidienne se stabilise et est redescendue sous la barre des 160 décès ce 9 novembre. Pour rappel, il y a près de 300 morts par jour en moyenne en Belgique toutes causes confondues, et ce chiffre peut monter jusqu’à 400 en période hivernale. Il y avait près de 300 décès par jour au pic de mortalité du mois d’avril. La mortalité est pour l’instant environ 2 fois moins importante que lors du pic précédent.

En ce qui concerne le taux de létalité « instantanée », nous sommes à 1,65 %. Un chiffre en augmentation relative qui, à l’instar de la relative augmentation du taux d’hospitalisation, est dû au fait d’avoir atteint un pic épidémique avec un décalage de deux semaines environ entre le sommet de la détection des cas et celui de la mortalité. Pour avoir une idée plus précise du taux de létalité apparent de cet épisode, l’on peut reporter le nombre de décès au nombre de cas répertoriés depuis la mi-septembre. Environ 375 000 personnes ont été testés positives durant cette période pour un décompte total de 2600 décès, ce qui porte le taux de létalité apparent de cet épisode automnal à 0,7%. Un taux de létalité conforme au taux de létalité réel de la covid retrouvé dans la littérature selon les estimations de l’OMS.[note]

On constate donc, fort heureusement, une augmentation de la mortalité covid plutôt faible par rapport aux autres indicateurs, ce qui est un indice majeur d’une moindre gravité de cet épisode par rapport au pic de mars/avril. Je vous renvoie donc au graphique D qui concerne les données de mortalité générale : il n’y a, jusqu’au 25 octobre, qu’une notable mais relativement faible surmortalité générale par rapport aux trois années précédentes en ce qui concerne cet épisode épidémique d’automne 2020. Bien que la mortalité de cet épisode risque sans doute d’encore se démarquer dans les jours suivant le 26 octobre, elle sera sans commune mesure avec le pic de mars /avril.

Le pic épidémique de cet épisode automnal semble avoir été atteint aux alentours du 23 octobre, comme on peut le constater sur le graphique B publié par Christophe de Brouwer, Professeur à l’Ecole de santé publique de l’ULB, qui représente l’indice de gravité covid reprenant 4 variables (les nouvelles admissions, les hospitalisations, les patients en USI et la mortalité covid) en fonction du temps. L’inflexion de cet indice de gravité, rendant compte de plusieurs paramètres souvent décalés au cours du temps, a bien lieu durant la fin de la semaine 43 (du 19 au 25 octobre).

Ceci est tout à fait corroboré par le graphique Sciensano en C où un paramètre majeur de la quantification d’un épisode épidémique, à savoir le taux de positivité des tests covid, atteint son pic peu après le 23 octobre.

S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du Sars-Cov2 et ses effets escomptés[note], l’impact de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie est fortement discutable pour ne pas dire absolument nul. On pourrait tout au plus attribuer un éventuel effet des mesures prises début octobre, mais celui-ci reste à démontrer. Il n’en reste pas moins que les mesures les plus coercitives prises après la seconde moitié d’octobre ne peuvent pas être à l’origine de l’inflexion des indicateurs constatés à l’heure actuelle. Le plus évident est que ce pic épidémique d’automne s’est exprimé au travers des divers indicateurs sous la forme d’une banale courbe en cloche sur laquelle les restrictions imposées à la population n’eurent vraisemblablement que peu d’effet.

S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du Sars-Cov2 et ses effets escomptés, l’impact de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie est fortement discutable pour ne pas dire absolument nul

Quelle serait donc l’origine de cette recrudescence épidémique ? L’une des hypothèses semblant se confirmer par diverses constatations et études épidémiologiques est que l’Europe occidentale aurait été frappée par une variante du Sars-Cov2 originaire d’Espagne, puis diffusée à travers les autres pays vers la fin de l’été[note] (voir aussi nbp 3).

Ci-dessous, pour bien illustrer le phénomène, un graphique de la fréquence de l’identification du variant en question au sein des échantillons prélevés chez des malades dans divers pays Européens.

Résumé des indicateurs clés* :

Taux d’hospitalisation (nombre d’hospitalisation par cas recensés) : 5,9%

Proportion des patients hospitalisés en réanimation : 21% (1,3% des cas)

Proportion des patients en réanimation sous respirateurs : 57% (0,74% des cas)

Taux de létalité instantanée (nombre de décès par cas recensés) : 1,65%

Taux de létalité apparent de l’épisode automnal (depuis le 15 septembre) : 0,7%

Age médian des décès : 79 ans

*Moyennes sur la semaine du 01/11 au 08/11. Les 4 premiers chiffres sont en augmentation relative dû au décalage dans le temps entre le pic de détection des cas et les pics des hospitalisations, des patients en USI et de la mortalité.

En conclusion

On peut à présent constater un début d’inflexion des indicateurs d’hospitalisations et de mortalité dans la foulée d’un pic de détections de « cas » (positifs PCR). Les prémices de cette inflexion et à fortiori ce pic épidémique ont eu lieu durant la semaine 43 (du 19 au 25 octobre) soit bien avant les effets escomptés des mesures les plus coercitives prises par les autorités à la fin du mois d’octobre.

Il semble très probable que le SARS-Cov2 prenne une tendance à la saisonnalité et qu’une variante particulière du SARS-Cov2 soit à l’origine de ce pic épidémique d’automne. Contrairement à ce que la doxa politico-médiatique voudrait distiller, cette recrudescence de l’épidémie n’est pas due à un « relâchement des comportements du citoyen » mais à une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique de l’épidémie virale.

En tout cas, force est d’admettre que l’efficacité des mesures prises depuis la mi-octobre sont extrêmement discutables sur le plan scientifique. Sans parler de leurs conséquences médicales et socio-économiques, ainsi que leur illégitimité en matière démocratique et constitutionnelle . Dans une fuite en avant inconsidérée, notre gouvernement appuyé par une expertocratie unanime et dogmatique a plongé le peuple dans un nouveau confinement aux lourdes conséquences, sans réellement analyser la situation ni attendre l’évolution de la situation épidémiologique.

Contrairement à ce que la doxa politico-médiatique voudrait distiller, cette recrudescence de l’épidémie n’est pas due à un « relâchement des comportements du citoyen » mais à une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique de l’épidémie virale

A rappeler que, primo, l’efficacité du confinement n’est nullement démontrée. Les pays ayant appliqué cette mesure de manière drastique sont parmi ceux qui ont les taux de mortalité par habitant les plus catastrophiques en Europe : Belgique, Espagne, Italie, Royaume Uni et France. Ajouter à cela qu’une étude de séroprévalence menée par les autorités Espagnoles sur plus de 60 000 sujets a montré que les personnes confinées ont été d’avantage contaminées que les personnes ayant continué leurs activités professionnelles dans les secteurs essentiels. Des données, confirmées par une autre étude italienne, qui peuvent légitimement mettre en doute la stratégie du confinement comme solution pour faire face à l’épidémie[note][note].

Et secundo, les dégâts collatéraux en terme sanitaire d’une telle stratégie semblent faire pencher la balance du côté des risques plutôt que des bénéfices. Comme le montrent plusieurs études britanniques qui mettent en évidence une recrudescence sans précédent de cancers tardivement diagnostiqués et de conséquences lourdes sur des pathologies non prises en charge comme les accidents cardiovasculaires. Sans compter les suicides, dépressions et la recrudescence des violences intra-familiales[note].

Par ailleurs, le phénomène de saturation des hôpitaux publics semble d’avantage imputable au manque chronique des ressources hospitalières qu’à la gravité intrinsèque de la covid (au vu de la proportion des cas graves ainsi que de la faible létalité actuelle). Néanmoins, les autorités persistent dans une dialectique culpabilisante du citoyen rendant ce dernier unique responsable des évolutions de l’épidémie ainsi que des tensions hospitalières. Ce qui constitue une stratégie politique extrêmement fallacieuse et malhonnête en termes de transparence quant à la complexité des tenants et aboutissants de cette crise sanitaire.

Quelle est la légitimité ainsi que l’impact réel des mesures gouvernementales appliquées récemment compte tenu de l’évolution favorable de cet épisode épidémique ? 

Nous persistons dans l’opinion qu’il est d’une impérative nécessité de mettre en place une stratégie sanitaire proactive et réfléchie au regard de la balance risques/bénéfices (d’un point de vue non seulement sanitaire, mais également économique et social).

Il faudrait:

  1. remettre sur le devant de la scène les médecins généralistes en première ligne. A la condition préalable et sine quo non d’alléger leurs charges protocolaires administratives afin de leur permettre une autonomie quant à la prise en charge des patients covid en ambulatoire. Promouvoir leur capacité à soigner les formes moyennement graves par des associations d’antibiotiques (azithromycine/cefuroxime), d’hydroxychloroquine si tel est leur choix, par l’administration de corticoïdes, d’anticoagulants de manière préventive, voire pour les formes plus avancées d’avoir recours à l’oxygénothérapie à domicile. Le tout sous un suivi de proximité attentif et avisé ;
  2. diriger une prophylaxie ciblée vers les personnes à risques et ne réserver les tests et les hospitalisations qu’aux cas où cela est jugé nécessaire par le médecin traitant. Favoriser la supplémentation en vitamine D, en Zinc, en magnésium, en sélénium et en vitamine B12 souvent en déficit chez les personnes âgées et dont l’apport permettrait de réduire les formes graves de covid selon plusieurs études cliniques[note][note].

Enfin, la remarque la plus importante : Quelle est la légitimité ainsi que l’impact réel des mesures gouvernementales appliquées récemment compte tenu de l’évolution favorable de cet épisode épidémique ? 

Cette question mérite d’être portée aux divers ministères ayant la gestion de la crise sanitaire comme prérogative tant son implication revêt une importance majeure pour le quotidien et l’avenir des citoyens.

Merci pour votre lecture.

Annes Bouria

Pharmacien – Membre du collectif Transparence-Coronavirus

https://www.transparence-coronavirus.be/



Graphique publié par Christophe de Brouwer, Professeur à l’Ecole de Santé Publique de l’ULB, représentant l’évolution au cours du temps de l’Indice de gravité reprenant 4 variables (les nouvelles hospitalisations, les hospitalisations, les patients en USI et la mortalité Covid) exprimés en logarithme népérien.
Graphique du taux de positivité des tests PCR issu du rapport Sciensano du 09/11/2020

Graphique des données de mortalité globale de 2016 à 2020 établi par Statbel

Les recherches vaccinales progressent, les actionnaires encaissent

Le 9 novembre, à 06h45, Pfizer et BioNTech font une annonce : « le candidat vaccin contre COVID-19 a réussi la première analyse intermédiaire de l’étude de phase 3 »[note].

Ils détaillent, pour allécher les boursicoteurs :

  • « Lors de la première analyse d’efficacité intermédiaire, le vaccin candidat s’est révélé efficace à plus de 90 % pour prévenir la COVID-19 chez les participants sans preuve d’une infection antérieure par le SRAS-CoV-2 ;
  • L’analyse a évalué 94 cas confirmés de COVID-19 chez les participants à l’essai ;
  • L’étude a recruté 43.538 participants, dont 42% d’origines diverses, et aucun problème sérieux de sécurité n’a été observé ; des données supplémentaires sur la sécurité et l’efficacité continuent d’être recueillies ;
  • La demande d’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) auprès de la Food and Drug Administration (FDA) américaine est prévue peu après l’obtention de l’étape de sécurité requise, qui devrait actuellement avoir lieu au cours de la troisième semaine de novembre ;
  • L’essai clinique se poursuivra jusqu’à l’analyse finale sur 164 cas confirmés afin de collecter des données supplémentaires et de caractériser les performances du vaccin candidat par rapport à d’autres critères d’étude ».

Le 9 novembre, le cours de l’action Pfizer, dès l’annonce de l’analyse intermédiaire positive de la phase 3, montait de 5 %. Les entreprises pharmaceutiques, dopées à coups de milliards par les contribuables[note], rétribuent leurs actionnaires avec l’argent public.

Le 9 novembre, le cours de l’action Pfizer, dès l’annonce de l’analyse intermédiaire positive de la phase 3, montait de 5 %

Plus on « avance » dans le vaccin, plus cela rapporte, à certains[note]. Rien de nouveau. Mais cela ne peut nous empêcher de questionner cette « solution unique » vaccinale[note] que médias et politiques nous vendent, dès lors qu’elle est engluée dans une logique de profit.

En aurait-il été autant si tout cet argent n’avait pas été en jeu?[note]

Stimuler notre système immunitaire : un impératif sanitaire urgent

Paul Lannoye, député honoraire européen, chroniqueur au journal Kairos, et Catherine Uyttenhove, Docteur en Sciences- immunologiste, envoyaient la semaine dernière ce courrier aux membres du Comité de concertation. Car si depuis des mois les politiques se focalisent sur la responsabilité individuelle, la prévention par des moyens simples et peu coûteux est tout à fait absente des discours officiels.

Dans sa déclaration de ce vendredi 30 octobre, le premier ministre en appelait à tous pour freiner la propagation de la pandémie de Covid-19.
Il a fortement insisté sur l’impérieuse nécessité de respecter les gestes barrières et d’adhérer avec conviction aux règles instaurées par le comité de concertation. On a le droit de s’interroger : pourquoi n’y a-t-il pas un mot sur la prévention et les meilleurs choix à faire pour renforcer notre système immunitaire? On sait pourtant le rôle essentiel qu’il joue pour résister aux attaques de virus ou bactéries pathogènes.

On a le droit de s’interroger : pourquoi n’y a-t-il pas un mot sur la prévention et les meilleurs choix à faire pour renforcer notre système immunitaire?

Il n’est pas contesté à ce propos que certaines carences en éléments essentiels de notre organisme sont préjudiciables au fonctionnement optimal de notre immunité. C’est le cas du zinc, de la vitamine C et aussi de la vitamine D.

En ce qui concerne plus particulièrement la vitamine D, on sait que la carence concerne une large part de la population de notre pays, plus particulièrement en période hivernale. L’explication réside dans le fait que la vitamine D est synthétisée dans le derme par l’action des rayons ultraviolets (UV-B) du soleil. L’alimentation contribue, mais assez peu, à la teneur en vitamine D de notre organisme.

Une méta-analyse publiée par le British Medical Journal a montré que la vitamine D peut protéger
efficacement contre les affections respiratoires aiguës (…) Récemment des chercheurs irlandais ont constaté une corrélation statistiquement significative entre le faible taux de vitamine D et les décès dus au Covid-19 en Europe

La vitamine D joue un rôle prépondérant dans l’absorption intestinale du calcium et sa fixation dans les os. Mais elle a également d’autres effets.
Elle a une action préventive dans le développement de maladies auto-immunes ou à composante auto-immune (sclérose en plaques, diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde et lupus)[note]. Par ailleurs, en 2017, une méta-analyse de 25 études portant sur 11.000 patients, publiée par le British Medical Journal[note] a montré que la vitamine D peut protéger efficacement contre les affections respiratoires aiguës.

Récemment des chercheurs irlandais ont constaté une corrélation statistiquement significative entre le faible taux de vitamine D et les décès dus au Covid-19 en Europe[note]. Ils suggèrent qu’une optimisation des niveaux de vitamine D est susceptible de réduire les complications graves liées au COVID-19. Ils expliquent que la vitamine D joue probablement un rôle important dans l’atténuation voire la suppression de la tempête inflammatoire qui caractérise le syndrome de détresse respiratoire aiguë et entraîne souvent la mort du patient.


En avril 2020, deux médecins liégeois conseillaient déjà aux citoyens belges de prendre une supplémentation en vitamine D durant le confinement, en arguant de son effet protecteur[note].Le 22 mai 2020, c’est l’Académie de Médecine nationale française qui recommandait, certes en termes très mesurés, une supplémentation vitaminique D, « qui ne peut être considérée
comme un traitement préventif ou curatif de l’infection due au SARS-COV2, mais pourrait être considérée comme un adjuvant à toute forme de thérapie, en atténuant la tempête inflammatoire ».[note]


Sur le rôle préventif de la vitamine D, une étude danoise de 2010[note] a mis en évidence le rôle critique qu’elle joue dans l’activation des lymphocytes T, lesquels sont essentiels dans la protection immunitaire contre les virus.[note]


En conclusion, il semble bien acquis qu’une supplémentation en vitamine D mérite d’être conseillée auprès de tous nos concitoyens. Après avis médical pour optimiser son dosage, elle ne peut être que bénéfique, par son action préventive, mais aussi par son action reconnue contre la tempête inflammatoire dans les cas graves de Covid-19.


Au moment où les appels au secours en provenance du corps médical et du personnel soignant des hôpitaux se font de plus en plus pressants, face au risque d’engorgement, il serait logique de sensibiliser tous nos concitoyens aux bienfaits de mesures simples et peu coûteuses qui stimulent leur système immunitaire.


Paul Lannoye, Député européen honoraire
Membre fondateur du Grappe
Catherine Uyttenhove , Docteur en Sciences- immunologiste

Billet d’inquiétude citoyenne

Par Corine Dehaes, enseignante

Nous publions ce courrier d’une lectrice de Kairos, qui s’inquiète des choix qui sont en train d’être pris et de ce qu’ils induiront sur le « nous » et la société.

« La liberté individuelle, c’est terminé ! » a asséné Emmanuel André, répondant à Ophélie Fontana lors d’une de ses récentes interventions au JT[note]. Le choc. Ai-je rêvé ? A-t-il réellement prononcé ces mots ? Un replay plus tard, je sais que je n’ai pas rêvé. Ces mots-là ont réellement été prononcés, sérieusement, sans sourciller, dans un journal télévisé à grande audience, par un des scientifiques éminents qui nous servent de guides dans nos errances Covid. « La liberté individuelle, c’est terminé ». Vraiment ?

Certes, j’ai bien compris l’intention. Emmanuel André avait indiqué être partisan de mesures plus contraignantes que celles qui étaient en vigueur cette semaine-là (autour du 20 octobre), s’inquiétait de la progression galopante de l’épidémie et affirmait que le bien commun imposait de contraindre chaque citoyen à respecter les injonctions, interdictions et obligations formulées par le gouvernement, de gré ou de force, sans autre choix possible.

Mais je ne peux pas souscrire à une telle façon de voir et de dire. Je suis citoyenne d’un pays libre et démocratique et j’entends le rester. La démocratie repose sur des valeurs-piliers, comme la liberté, qu’on ne saurait piétiner, même en temps de crise grave. Oui, la progression épidémique est alarmante, oui, il faut prendre des mesures, mais pas n’importe lesquelles, pas n’importe comment, pas à n’importe quel prix.

Si Emmanuel André pensait renforcer l’adhésion des citoyens avec ses paroles « fortes », il n’a pas emporté la mienne. Il l’a même définitivement ruinée. Certes, je reconnais la dangerosité du virus, je ne suis pas « coronasceptique ». Certes, je reconnais qu’il faut chercher des moyens de lutte active, qu’il faut éviter d’engorger les hôpitaux, qu’il faut prendre soin de tous les malades. Mais devons-nous pour ce faire déprogrammer la démocratie ? Lui nuire ? Déroger sciemment à ses principes et à ses valeurs ?

Devons-nous accepter de nous laisser entraîner, lentement mais sûrement, dans un dispositif à la chinoise, où surveillance, contrôle et répression sont rois ? Où la pensée est enfermée dans une prison étroite, sans marge de manœuvre critique ? Sans dissidence, sans contre-pouvoir, sans créativité ? Où la liberté de conscience étouffe sous un arsenal d’obligations, d’interdictions, de règlements et de sanctions ?

Allons-nous, sous la pression du virus et des mesures que le gouvernement choisit pour y faire face, renoncer à nous exprimer, abandonner nos diversités et nous uniformiser ? Allons-nous nous résigner à vivre tous masqués, tous robotisés par l’observance des « gestes-barrières », tous obsédés par la mise à distance de l’autre, sans plus réfléchir ni penser ni critiquer ?

Allons-nous nous laisser happer par la pensée unique, à tonalité exclusivement sanitaire et sécuritaire, et laisser s’installer durablement couvre-feu et État policier ?

Allons-nous vivre aux ordres, tous bien rangés et dociles, bien convaincus – ou faisant semblant de l’être – de l’infaillibilité du conseil scientifique, épiant l’éventuel voisin dissident (il ne porte pas de masque !) pour le stigmatiser comme anti-solidaire ou incivique, voire le dénoncer ? Allons-nous nous laisser glisser sans réagir sur cette voie, dont l’Histoire nous a montré, il y a de cela moins de cent ans, qu’elle conduit aux pires dérives criminelles ?

Allons-nous adhérer aux injonctions paradoxales qui fleurissent – « quand on aime ses proches, on ne s’approche pas trop » (vu à l’envi sur France 2 en été et en automne) – et qui ont un fâcheux air de ressemblance avec celles de Big Brother dans 1984[note] ?

Pourquoi un vrai et vaste débat citoyen ne pourrait-il pas prendre place sur ces sujets ? Un débat qui aurait lieu à tous les niveaux de la société ? Qui responsabiliserait tout le monde ? Qui mêlerait spécialistes et non-spécialistes, décideurs et électeurs ? Un débat qui permettrait à chacun, s’il le souhaite, de s’exprimer comme citoyen responsable et engagé, non d’être traité comme un enfant ignorant et faible, à qui l’on dicte ce qu’il doit faire ou penser, et que l’on menace de sanctions s’il n’obéit pas aveuglément ?

Je suis une citoyenne libre dans un pays libre. Je veux vivre dans une société libre, ouverte, créative, généreuse. Une société qui soit capable de garder, et même de renforcer, toutes ces qualités dans l’adversité. Une société vivante. Une société d’adultes qui s’enrichit sans cesse de sa propre diversité.

Nous avons tous des compétences. Et il nous appartient à tous de réfléchir à la mise en place de mesures adéquates pour lutter contre l’épidémie. Le point de vue des épidémiologistes et celui des économistes ne sont pas les seuls à prendre en compte ! Il en est beaucoup d’autres, qu’il ne faut pas ignorer.

De cette façon, nous exercerons d’autant plus fort et d’autant mieux notre liberté individuelle. Et nous serons davantage maîtres de nos choix et davantage solidaires. La liberté individuelle, ce n’est pas « terminé ». C’est bien plutôt maintenant qu’elle doit commencer à se déployer comme elle ne l’a jamais fait, maintenant, à la faveur de cette crise, qu’elle peut authentiquement dire son nom. La solidarité, bien loin d’exiger une extinction de la liberté individuelle, au contraire, s’en nourrit. Si nous mettons solidarité et liberté individuelle en opposition, nous condamnons la démocratie à perdre son âme.

Si nos décideurs persistent à ne nous laisser, à nous, citoyens, aucune marge de manœuvre et si nous les laissons faire, notre démocratie va mourir, comme elle est morte en Chine[note]. Je n’envie pas les Chinois de Wuhan qui aujourd’hui font la fête, parce qu’ils sont « libérés du virus ». Ils ne sont en réalité plus libres du tout. Asphyxiés par une censure implacable, tracés en permanence via leur smartphone, marqués socialement, contraints à une transparence totale sur leur état de santé, les Chinois ne peuvent plus respirer sans que le Parti en soit averti. Est-ce cela que nous voulons pour nous ?

Puissions-nous chercher ensemble des solutions à la crise grave qui nous affecte. Puissions-nous le faire avec beaucoup de cœur et d’engagement. Mais pas au prix de la liberté.

Mise en perspective au sujet de l’augmentation des « cas » covid et des hospitalisations

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Recensés par Sciensano, relayés sans filtre par les médias et utilisés par notre gouvernement à des fins politiques, les chiffres nous font quotidiennement tourner la tête. Annès Bouria nous en donne pourtant de façon hebdomadaire une toute autre interprétation.

Cette analyse est établie sur base du rapport épidémiologique Sciensano en date du 31/10/2020. [1]

Ci-dessous, nous avons en A, les graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 et 6 la mortalité. En B, les graphiques épidémiologiques de l’OMS concernant les cas de grippes en Belgique [2]. En C, les graphiques épidémiologiques du recensement des cas de divers pathogènes respiratoires saisonniers issus de Sciensano et publiés par Christophe de Brouwer, Professeur à l’école de santé publique de l’ULB.  En D Un graphique des données de mortalité globale de 2016 à 2020 établi par Statbel [3]. Et enfin en E, le graphique de la mortalité au cours du temps en Belgique de 2016 à 2019 issu du Belgian Mortality Monitoring [4]

1. On constate toujours une augmentation très hautement significative du nombre de tests positifs qui sont passés à 15850 par jour en moyenne hebdomadaire. Il est toujours bon de rappeler qu’il ne s’agit pas toujours de « cas » au sens clinique du terme et que la majorité présente des formes bégnines de la maladie. 

Pour connaitre à priori la proportion de cas jugés sérieux, l’indice consiste à rapporter le nombre moyen d’admission journalière de 640 patients aux 15850 positifs cela fait 4 % des positifs nécessitant une hospitalisation. Un chiffre en très légère augmentation qui peut être due à la nouvelle directive de ne plus tester les asymptomatiques. 

Il faut rappeler également que ce pic de positifs n’est absolument pas comparable à celui de mars-avril où l’on ne testait que les patients arrivés à l’hôpital à des stades très avancés. Aujourd’hui la politique de test reste encore très large, plus de 450 000 tests ont été réalisés la semaine précédente. Le nombre de tests PCR est proche des 80 000 par jour, près d’un million et demi de tests ont été réalisés en un mois ! Cela s’apparente à une campagne de testing massive. La décision récente de ne plus tester les asymptomatiques est d’ailleurs plutôt bienvenue. Car en effet, depuis cet été, la politique de testing n’était pas ciblée et l’on détectait majoritairement des porteurs sains dont la contagiosité n’est pas établie [5]. 

2. En ce qui concerne l’augmentations des hospitalisations classées « covid », elles sont en hausse exponentielle. 

Voici néanmoins quelques chiffres théoriques, mais factuels : les patients covid occupent environ 6500 lits, soit environ 18% de l’ensemble des lits disponibles en clinique sur tout le territoire (37 000) ou 81% des 8000 lits potentiellement disponibles pour les cas covid [6]. Les 650 hospitalisations quotidiennes moyennes classées « covid » pour la semaine du 25 au 31 octobre représentent moins de 54% des quelques 1200 contact hospitaliers quotidiens pour plaintes respiratoires selon les données de 2017 du SPF Santé publique [7]. Pour 650 admissions quotidiennes moyennes environ 450 sorties sont recensées.

A noter également que la répartition des hospitalisations n’est pas homogène : la région de Bruxelles Capitale, les provinces du Hainaut et de Liège concentrent à elles seules près de la moitié des nouvelles admissions. 

La menace imminente exposée par les experts ainsi que les autorités politiques est celle de la saturation des hôpitaux. Bien que la situation soit effectivement très tendue, le phénomène de saturation des hôpitaux en période de recrudescence des affections saisonnières n’est malheureusement pas nouveau, il y eut des épisodes de saturations hivernales en 2017 ainsi qu’en 2019 lors des épidémies de grippe [8,9]. Si l’on veut sonder les raisons de cette saturation chronique des hôpitaux, il est important de tenir compte de la nette diminution des lits disponibles pour les affections aigües dans les hôpitaux depuis 30 ans, ils sont passés de plus de 55 000 à 37 000 malgré l’augmentation de la population et son vieillissement ! [7] 

Il serait par ailleurs intéressant d’interroger les autorités pour savoir ce qu’elles ont concrètement mis en place en ce qui concerne les moyens hospitaliers pour faire face à la situation qu’elles redoutaient tant depuis plus de 6 mois. D’autant que certaines sources évoquent un taux d’absentéisme problématique parmi le personnel soignant imputable à la gestion de la crise sanitaire ainsi qu’aux conséquences de cette dernière : maladies (burn out ?), quarantaines, congés parentaux corona, prises des jours de vacances accumulés ou de jours de récupération pour les heures supplémentaires prestées… [10] Il est important d’interpeller les pouvoirs publics par rapport à cette situation : n’était-elle pas prévisible ? Il est difficile de contrôler les dynamiques épidémiques, mais gérer les ressources humaines en milieu hospitalier au sein du secteur public, n’est-ce pas non seulement possible, mais surtout dans vos prérogatives et vos responsabilités ?

D’autant plus que la situation en milieu hospitalier et même en ambulatoire est fortement alourdie par des protocoles « covid », non seulement en matière de prise en charge clinique mais également au niveau administratif empêchant le personnel médical se concentrer sur sa fonction première qui est de soigner. Ces protocoles qui représentent un fardeau énorme pour le personnel hospitalier et les médecins de première ligne est-il de bon sens et absolument nécessaire [11,12,13] ?

Enfin, le point à mon sens le plus important, c’est qu’il n’existe absolument aucune politique de prise en charge des patients atteints de la covid en ambulatoire (hors hospitalisation). Dans cette épidémie, les médecins généralistes censés être en première ligne sont mis hors course.  Selon les recommandations officielles, ils n’ont pour l’instant qu’une seule tenue de route à suivre en ce qui concerne les cas positifs symptomatiques : isolement, prise de paracétamol et, in extremis, orientation vers un centre hospitalier en cas de détérioration de l’état du patient [14]. De l’histoire de la médecine, c’est du jamais vu ! Cette politique de non prise en charge ne serait-elle pas, entre autres, à l’origine de la sur-fréquentation hospitalière covid ?

3. Nous devons vraisemblablement faire face à un nouvel épisode épidémique de covid. Cependant, mis à part les tensions hospitalières manifestes, cet épisode est-il de même ampleur que le premier ? A priori, la courbe actuelle semble dépasser celle du mois de mars, mais Il faut surtout tenir compte du fait que l’apparition des maladies respiratoires saisonnières (automne-hiver) fait qu’il y a davantage de suspicions de cas cliniques covid, que les test PCR, dont la sensibilité est très élevée et la spécificité non absolue, ne sauront pas toujours distinguer des autres virus respiratoires saisonnier. C’est le problème des faux positifs. [15] J’insiste sur le fait qu’il s’agit de faux positifs au sens diagnostique du terme et non pas au sens technique. Le test détecte bien une trace du virus, mais sans que cela ne nous renseigne pertinemment sur l’étiologie de l’état clinique du malade. 

La difficulté réside donc dans le fait de distinguer clairement les affections respiratoires saisonnières du covid, chose qui n’est absolument pas possible d’établir avec certitude. 

Les patients admis et répertoriés « covid » sont-ils tous malades à cause d’une infection au SARS-COV2, ou sont-ils victimes d’autres infections respiratoires tout en étant porteurs du SARS-COV2 sans que ce dernier soit la cause majeure de leur état clinique ? [16]

Sur ce point important, je vous renvoie vers les graphiques B C : 

Sur les graphiques B : le premier montre les modifications du virus influenza à chaque pic saisonnier de grippe en Belgique depuis 2016. Le second concerne uniquement la dernière saison de grippe influenza, et l’on voit que le pic s’arrête abruptement à la 10e semaine qui va du 2 au 8 mars. C’est une anomalie intrigante qui correspond très exactement à la semaine du début de l’épidémie de sars-cov-2 chez nous à la fin de l’hiver. La seule explication cohérente selon Christophe de Brouwer, Professeur à l’Ecole de santé publique de l’ULB, serait que les grippes influenza, sur la fin du pic épidémique, auraient été prises pour des covid ! Qu’en est-il aujourd’hui ? Faisons-nous bien rigoureusement la distinction entre la covid et les autres infections respiratoires saisonnières ?  

Sur les graphiques C : ceux-ci représentent les courbes épidémiques de divers pathogènes respiratoires saisonniers. Mis à part une recrudescence précoce de la grippe A (souvent confondue avec la covid) 4 autres maladies respiratoires saisonnières ont littéralement disparues des radars. Cette anomalie assez inhabituelle pourrait-elle suggérer qu’une certaine proportion de patients étiquetés « covid » souffriraient en fait d’autres affections tout en étant positif à une PCR ou seraient répertoriés « covid » par simple principe de précaution ?    

Il est important de noter que selon certaines études, en fonction de la sensibilité des tests PCR, jusqu’à 90% des tests positifs à la détection du SARS-COV2 n’ont aucune signification médicale lorsqu’ils sont systématisés de manière aussi importante. En effet, un article du New York Times fait état de cette proportion très élevée de positifs non pertinents sur le plan clinique lorsque le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR dépasse 30 [17]. Et en Belgique, le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR va de 30 à 35 [15].

Si les cycles CT des PCR réalisés sont trop élevés, les tests sont hypersensibles et ne peuvent donc pas déterminer, même en étant positifs, si le patient est bien malade de la covid.

Tout ces malades étiquetés « covid » qu’ils soient réellement atteint ou non de cette maladie, engendreront de fait une saturation rapide du système hospitalier en raison de la lourdeur protocolaire de leur prise en charge. 

Ajouter à cela que certains patients admis pour tout autre chose que la covid, subissent des tests PCR, et s’ils sont positifs, ils sont répertoriés « admission hospitalières covid »!

4. Le nombre de patients en soins intensifs (USI) suit également de manière exponentielle les hospitalisations. Les patients en USI sont au nombre de 1150 sur l’ensemble du territoire. C’est 57 % de la capacité en lits de soins intensifs (environ 2000) [18]. 

Concernant l’état de saturation des unités de soins intensif en Belgique, ce n’est malheureusement pas non plus une situation exceptionnelle. Selon les dires du Docteur Philippe Devos, intensiviste au CHC Liège, lors du pic épidémique de grippe du mois de janvier/février 2020, le taux d’occupation des lits en USI était de plus de 90% ! Et ce, par des patients ayant développé des complications à la suite d’un état grippal sévère [19].

La capacité des USI est bien entamée par les cas répertoriés covid. Mais ce qu’il est impératif de mettre en évidence, c’est que les tableaux cliniques covid sont nettement moins sombres qu’en mars/avril. La proportion des patients ventilés a diminué depuis le dernier épisode du mois de mars, et ce sont bien les patients sous respirateurs qui ont les pronostics vitaux les moins bons et qui « encombrent » les USI car leur prise en charge s’échelonne sur plusieurs semaines, ce qui réduit les capacités de « turn-over » des passages en réanimation. En effet, cette amélioration en termes de « lourdeur » des cas peut être due à une mutation du virus vers une forme moins létale, ou alors à une meilleure prise en charge des patients en amont grâce à une connaissance plus approfondie de la maladie ainsi qu’à l’instauration de traitements comme les anti-coagulants, les corticoïdes ou l’oxygénothérapie qui réduisent les passages en USI et leur gravité. [20]

Il est évident que les protocoles de prise en charge ont changé et que les intubations ne se font qu’en ultime recours. Cette technique médicale très invasive constituait plus de 80% de la prise en charge des patients covid en USI lors du pic épidémique d’avril, contre environ 50% aujourd’hui. Et ceci se confirme par une plus faible mortalité covid à l’heure actuelle. 

5. La mortalité « covid » augmente de manière significative : 91 décès par jour en moyenne pour toute la Belgique. Pour rappel, il y a près de 300 morts par jour en moyenne en Belgique toutes causes confondues, et ce chiffre peut monter jusqu’à 400 en période hivernale. En taux de létalité « instantanée » nous sommes à 0,57%. Un chiffre en légère augmentation due également au fait de ne plus tester les asymptomatiques. Il y avait près de 300 décès par jour au pic de mortalité du mois d’avril. La mortalité est pour l’instant 3 fois moins importante que lors du pic précédent.

On constate, fort heureusement, une augmentation moins importante de la mortalité par rapport aux autres indicateurs, ce qui est un indice majeur d’une moindre gravité de cet épisode par rapport au pic de mars/avril. Je vous renvoie donc au graphique D qui concerne les données de mortalité générale, il n’y a, jusqu’au 18 octobre, aucune surmortalité générale par rapport aux trois années précédentes en ce qui concerne cet épisode épidémique d’automne 2020. La mortalité va sans doute se démarquer dans les prochaines semaines, mais l’on peut espérer qu’il soit sans commune mesure avec le pic de mars /avril.

6. Le petit pic de mortalité en 6 est dû à la canicule du mois d’aout (voir graphique B également), mais se voit tout de même apparaître sur le graphique de la mortalité covid, preuve que l’étiquette « covid » qu’elle soit en termes de mortalité, et à fortiori de cas clinique, n’est pas toujours rigoureusement fiable.   

Pour appuyer ce fait je cite la note concernant les décès en page 17 du rapport épidémiologique de Sciensano : « Depuis le 5 mai 2020, les décès des cas possibles en hôpital sont également pris en compte. Les décès des cas possibles concernent des patients qui n’ont pas bénéficié d’un test diagnostique pour le COVID-19, mais qui répondaient aux critères cliniques de la maladie selon le médecin. Les décès extrahospitaliers (maisons de repos, autres collectivités résidentielles, domicile, autres lieux) sont notifiés par les autorités régionales et représentent les décès des cas confirmés et possibles. »

A noter aussi que chaque année la mortalité augmente en hiver notamment à cause des infections saisonnières (grippe entre autres). Ceci s’illustre très bien sur le graphique D.

Les augmentations de la mortalité « covid », et à fortiori des hospitalisations, ne sont-elles imputables qu’à cette maladie précisément, étant donné la difficulté du diagnostic différentiel entre la covid et les autres infections respiratoires ? [21] 

Résumé des indicateurs clés* :

  • Taux d’hospitalisation (nombre d’hospitalisation par cas recensés) : 4%
    Proportion des patients hospitalisés en réanimation : 17% (0,7% des cas)
  • Proportion des patients en réanimation sous respirateurs : 54% (0,38% des cas)
  • Taux de létalité instantanée (nombre de décès par cas recensés) : 0,57%
  • Age médian des décès : 84 ans

*Moyennes sur la semaine du 25/10 au 31/10

En conclusion, On peut à présent noter des augmentations très hautement significatives des hospitalisations rattrapant les niveaux de l’épisode de mars/avril. Néanmoins, la situation n’est pas comparable au pic printanier en ce qui concerne les tableaux cliniques plutôt favorables ainsi que la létalité qui reste relativement faible. 

Il semble très probable que le SARS-Cov2 prend une tendance à la saisonnalité et que ce virus, qui jusqu’ici circulait à bas bruit comme nombre de virus endémiques, fait un pic épidémique en ce début d’automne. Celui-ci est n’est-il pas mis en évidence de manière exagérée par une focalisation excessive autour de lui ? Si nous traquions avec la même obsession d’autres virus endémiques comme la grippe A ou le VRS, n’aurions-nous pas, peu ou prou, les mêmes valeurs d’indicateurs épidémiologiques ? Ou mieux, ne serions-nous pas en réalité sur le point d’atteindre un seuil d’immunité collective salvatrice ? Auquel cas, les mesures gouvernementales seraient l’exacte opposé de ce qu’il faudrait faire. [22]

En tout cas, force est de constater à ce jour l’inefficacité totale des mesures prises depuis un mois pour faire infléchir les indicateurs. Dans une fuite en avant inconsidérée de notre gouvernement appuyé par une expertocratie unanime et dogmatique, nous voilà à nouveau soumis à une stratégie de confinement extrêmement discutable sur tous les plans, tant médical que socio-économique et constitutionnel.

A rappeler que, primo, l’efficacité du confinement n’est nullement démontrée. Les pays ayant appliqué cette mesure de manière drastique sont parmi ceux qui ont les taux de mortalité par habitant les plus catastrophiques en Europe : Belgique, Espagne, Italie, Royaume Uni et France. Ajouter à cela qu’une étude de séroprévalence menée par les autorités Espagnoles sur plus de 60 000 sujets a conclu que les personnes confinées ont été d’avantage contaminées que les personnes ayant continué leurs activités professionnelles dans les secteurs essentiels. Des données confirmées par une autre étude italienne qui peuvent légitimement mettre en doute la stratégie du confinement comme solution pour faire face à l’épidémie. [23,24] 

Et secundo, les dégâts collatéraux en terme sanitaire d’une telle stratégie semblent faire pencher la balance du côté des risque plutôt que des bénéfices. Comme le montrent plusieurs études britanniques qui mettent en évidence une recrudescence sans précédents de cancers tardivement diagnostiqués et de conséquences lourdes sur des pathologies non prises en charge comme les accidents cardiovasculaires. Sans compter les suicides, dépressions et la recrudescence des violences intra-familiales [25]. 

Pourquoi ne pas avoir mesuré les effets de cette stratégie totalement inédite, voire moyenâgeuse, avant de se relancer tête baissée pour la reconduire ?

Par ailleurs, le phénomène tant redouté de saturation des hôpitaux publics semble très imputable au manque chronique des ressources hospitalières. Si tel est l’écueil à éviter, il semble très hasardeux de persister dans la poursuite crescendo de mesures coercitives qui, empiriquement, ne semblent pas montrer leur efficacité.  Ces mesures anticonstitutionnelles sont, de surcroit, couplées à une dialectique consistant uniquement à culpabiliser le citoyen, en lui imposant ces mesures restrictives sans remettre en cause la responsabilité des autorités. Il s’agit manifestement d’une stratégie politique extrêmement fallacieuse et malhonnête en termes de transparence quant à la complexité des tenants et aboutissants de cette crise sanitaire. 

Une stratégie réfléchie au regard de la balance risque/bénéfice (d’un point de vue non seulement sanitaire, mais également économique et social) serait de remettre sur le devant de la scène les médecins généralistes en première ligne. A la condition préalable et sine quo non d’alléger leurs charges protocolaires administratives afin de leur permettre une autonomie quant à la prise en charge des patients covid en ambulatoire. Il s’agit de diriger une prophylaxie vers les personnes à risques et ne réserver les tests et les hospitalisations qu’aux cas où cela est jugé nécessaire par le médecin traitant. Ces derniers ont tout aussi bien la capacité de soigner les formes moyennement graves par des associations d’antibiotiques (azithromycine/cefuroxime), de prescrire du Plaquenil® si tel est leur choix, d’administrer des corticoïdes, des anticoagulants de manière préventive, voire pour les formes plus avancées d’avoir recours à l’oxygénothérapie à domicile. Le tout sous un suivi de proximité attentif et avisé. 

Enfin, les remarques les plus importantes : l’augmentation des hospitalisations classées « covid » est-elle « noyée » dans un phénomène normal de recrudescence des maladies respiratoires hivernales pour lesquels un diagnostic différentiel avec la covid n’est pas déterminable de manière absolue ? A quelle intensité le Sars-Cov2 circule-t-il réellement ? Sa forme actuelle est-elle aussi létale qu’au printemps dernier ? Avons-nous affaire à un épisode épidémique de même ampleur que le premier ou est-ce la mise en exergue d’un pic saisonnier du virus par une politique de testing massive ? 

Ces questions méritent des investigations profondes tant leurs implications sont importantes pour le quotidien des citoyens.

Merci pour votre lecture.

Annès Bouria 
Pharmacien – Membre du collectif Transparence-Coronavirus 
https://www.transparence-coronavirus.be/

A. Graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 et 6 la mortalité.

B. Graphiques épidémiologiques de l’OMS concernant les cas de grippes en Belgique

C. Graphiques épidémiologiques du recensement des cas de divers pathogènes respiratoires saisonniers issus de Sciensano et publiés par Christophe de Brouwer, Professeur à l’école de santé publique de l’ULB.

D. Graphique des données de mortalité globale de 2016 à 2020 établi par Statbel

E. Graphique de la mortalité au cours du temps en Belgique de 2016 à 2019 issu du Belgian Mortality Monitoring

« Vivaldi », une coalition dénucléarisée ?

« Le calendrier légal de sortie du nucléaire sera respecté, comme prévu ». Fin novembre 2021, un rapport sera produit. S’il « montre qu’il y a un problème inattendu de sécurité d’approvisionnement, le Gouvernement prendra des mesures adéquates comme l’ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu’à 2 GW ». C’est ce qu’on peut lire dans le rapport des formateurs du nouveau gouvernement du 30 septembre 2020, constitué par une coalition de sept partis dite « Vivaldi ». Cette formulation rappelle méchamment celle de la loi de sortie du nucléaire de 2003 qui actait la prolongation des 7 réacteurs de 30 à 40 ans tout en « assurant » leur fermeture au bout de ces 40 ans, fermeture énoncée dans des termes similaires à ceux émis dans le rapport Vivaldi. On sait ce qu’il en a été : vu le laxisme des gouvernements successifs, cette loi de 2003 a abouti à la prolongation de 10 ans du réacteur T1 en 2012 sous le gouvernement Di Rupo et des réacteurs D1 et D2 en 2015 sous le gouvernent Michel.

Bien entendu, le contexte énergétique et politique est aujourd’hui très différent de celui de 2003, examinons-en quelques éléments :

  • Depuis 2012, la filière nucléaire démontre à l’envi son manque de fiabilité. En effet, son taux d’utilisation est passé de 90–94 % avant 2012 à une moyenne de 70 % (il avait été de 94 % en 1999). Il faut rappeler que le nucléaire est prioritaire sur toutes les autres filières et que les réacteurs produisent toujours au maximum de leur capacité du moment quitte, en cas de production en excès, à par exemple arrêter les éoliennes off-shore ou à vendre à perte sur le marché international.
  • Ni la prolongation de deux réacteurs en 2025 ni le CRM[note] ne sont une nécessité absolue comme cela apparaît dans le mémorandum de la CREG[note] du 9 juillet 2020 à l’attention du formateur pour le gouvernement fédéral. Concrètement, cela a été illustré par le fait que du 1er septembre au 15 décembre 2018 la capacité des centrales nucléaires n’a pas dépassé les 2 GW et même le GW (1 seul réacteur en fonctionnement) pendant 1 mois à partir du 14 octobre, mais qu’à aucun moment la Belgique n’a été menacée de blackout ni même d’un délestage partiel. Mieux, à tout moment, la capacité de réserve était au minimum de 3,7 GW, dont près de la moitié en capacité domestique : la Belgique aurait donc pu se passer de l’ensemble des réacteurs pendant toute cette période.
  • Cette nécessité de prolongation et/ou du CRM est basée sur l’étude d’adéquation[note] du gestionnaire du réseau de transport (Elia) de 2019 qui malheureusement n’a pas été mise à jour en 2020 pour corriger ses biais, malgré la demande de membres de l’administration fédérale et de partis politiques[note].
  • Décider en novembre 2021 de prolonger 2 réacteurs serait trop tard selon Engie qui invoque le délai de 18 à 24 mois nécessaire pour réaliser l’étude d’incidence environnementale[note] suivi de 30 à 36 mois pour préparer un réacteur à une prolongation, l’étude d’incidence et les travaux devant être réalisés avant la date de l’arrêt prévu par la loi de 2003 (le 1er juillet 2025 pour D4 et le 1er septembre 2025 pour T3)[note], ce qui fait un délai total de 4 à 5 ans. On peut penser qu’Engie y met de la mauvaise volonté et aimerait enfin être débarrassé des réacteurs belges : en effet, en juin 2018, Isabelle Kocher, la numéro 2 d’Engie à l’époque, avait tenté de les vendre à EDF, ce « nid à emmerdes pour Engie » comme les avait qualifiés un dirigeant français du secteur[note]. Mais, d’une part Engie avait demandé une position claire sur la prolongation avant fin 2020, et d’autre part le délai pourrait bien être plus long que dit en tenant compte des recours qui pourraient être posés à la suite de l’étude d’incidence, ce qui semblerait rendre la mission impossible dès à présent. Ce qui ne peut que réjouir ceux qui ont compris qu’il n’est pas possible d’assurer l’approvisionnement en électricité du pays sur la base de réacteurs qui, d’année en année, démontrent leur manque de fiabilité, et l’aberration économique et énergétique d’une prolongation de réacteurs obsolètes ayant largement dépassé leur durée de vie initiale[note]. Sans parler du risque encouru au vu d’un accident pas du tout improbable et de la gestion des déchets de haute activité et de longue durée sans solution.
  • Un dernier élément non des moindres : la nouvelle ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, est membre du parti vert flamand (Groen). Écolo et Groen assumeraient-ils une prolongation de deux réacteurs en 2025 au risque de voir leurs électeurs les abandonner en nombre ?

Tout le monde le sait aujourd’hui, un programme fort d’économies d’énergie, d’électricité en particulier, et des ressources non renouvelables est indispensable pour remplir les objectifs climatiques et se préparer aux pénuries à venir. C’est pourtant le parent pauvre de l’accord du nouveau gouvernement qui, par exemple, a bien l’intention de pousser au déploiement de la 5G ce qui se traduira par une augmentation de la consommation d’électricité du pays de plus de 2 %, mais aussi une croissance substantielle de celle des autres ressources énergétiques et des métaux[note] (« Le Gouvernement fédéral organisera la mise aux enchères de la 5G dès que possible », page 70 du rapport des formateurs). Il est possible que la fermeture définitive des réacteurs ait lieu en 2025, mais il est par contre certain que ce gouvernement engage le pays dans la poursuite d’une voie que de plus en plus de citoyens considèrent comme sans issue.