Un(e) soignant(e) nous parle de « l’intérieur »

« Je suis un(e) soignant(e)* avec une vingtaine d’années d’expérience dans presque toutes les Unités de soins intensifs (USI) et urgences de Bruxelles. J’ai vite remarqué qu’une grande partie des soignants ont fait le choix de surfer sur la vague covid pour endosser un rôle de héros qu’on ne leur a jamais reconnu. La tentation était forte et les médias n’ont pas dû beaucoup insister pour les entraîner dans la danse. Là où il fallait garder son sang-froid, tranquilliser, relativiser, on a pris l’option théâtrale et accentué la débandade. Enfin… pas tous. Beaucoup restent centrés, silencieux. Ces soignants-là ne paniquent pas parce qu’ils ne s’occupent que de « maintenant » et de celui qui respire moins bien maintenant. Mais ils sont invisibles : nous fuyons le tapage et cultivons l’apaisement. Nous ne regardons pas des chiffres, mais une personne à la fois. Nous sommes consternés par ce que vous regardez en boucle sur les écrans. Ce n’est pas notre réalité. S’il y a des coups de feu, ils sont gérés. Le calme est la norme et tout est TRÈS calme. Ce covid n’est pas ebola et les traitements sont routiniers. Nous déplorons que vous ne soyez pas informés de conseils de santé et de renforcement d’immunité qui vous responsabiliseraient et vous rendraient autonomes.  »

Voilà comment la situation était présentée par la personne qui nous donne les informations que nous partageons ici avec vous. Puisque les directions via leur service de com’ ne nous répondent pas, ce sont les travailleurs, ceux qui sont dans le cœur de l’action, qui nous informent. Et la réalité et parfois loin de la fiction médiatique.

Du côté de l’État «  le drame  », du côté de l’hôpital, le calme  ?

Nous avons reçu les chiffres d’un service d’urgence, portant sur les dernières semaines. Ci-dessous, ils sont présentés sur une période de 24 heures, en distinguant les états grippaux des tests covid et des autres urgences. Il n’est pas possible de savoir si ceux qui sortent des urgences avec des symptômes grippaux ont été hospitalisés ou sont retournés chez eux avec un traitement.

Semaine 1

Lundi

États grippaux : 10

Test covid pour raisons administratives(tracing, voyage) : 4

Autres urgences : 70

Total des entrées : 84

Mardi

États grippaux : 11

Test covid : 5

Autres urgences : 60

Total des entrées : 76

Mercredi

États grippaux : 7

Test covid : 5

Autres urgences : 66

Total des entrées : 78

Jeudi

États grippaux : 5

Test covid : 2

Autres urgences : 73

Total des entrées : 80

Vendredi

États grippaux : 3

Test covid : 5

Autres urgences : 62

Total des entrées : 70

Samedi

États grippaux : 3

Test covid : 5

Autres urgences : 57

Total des entrées : 65

Dimanche

États grippaux : 3

Test covid : 1

Autres urgences : 63

Total des entrées :  67

Semaine 2

Lundi

États grippaux : 7

Tests covid : 2

Autres urgences : 63

Total : 72

Mardi

États grippaux : 8

Tests covid : 3

Autres urgences : 54

Total : 65

Mercredi

États grippaux : 1

Tests covid : 7

Autres urgences : 54

Total : 62

Jeudi 

États grippaux : 10

Tests covid : 7

Autres urgences : 74

Total : 91

Vendredi 

États grippaux : 8

Tests covid : 8

Autres urgences : 58

Total : 74

Samedi 

États grippaux : 2

Tests covid : 4

Autres urgences : 35

Total : 41

Dimanche

États grippaux : 1

Tests covid : 1

Autres urgences : 48

Total : 50

Semaine 3

Lundi

États grippaux : 2

Tests covid : 2

Autres urgences : 71

Total : 75

Mardi

États grippaux : 2

Tests covid : 2

Autres urgences : 65

Total : 69

«  Dans l’USI de cet hôpital, il y a 8 lits  : 5 étaient occupés par des covid entre 65 et 80 ans, intubés, tous avec la comorbidité habituelle : obésité (dont certains avec un poids de plus de 120 kg), hypertension artérielle, diabète. Tous vont sans doute mourir dans l’unité  : pas assez jeunes pour se remettre du stress USI, mais pas assez vieux que pour mourir vite. Un lit est occupé par un covid détubé mais qui tire son air et sera peut-être ré-intubé. Un lit était occupé par une autre pathologie, un lit était libre  ».

«  Ceux qui entrent à l’hôpital avec des symptômes grippaux rentrent tous chez eux, sauf si leur saturation est sous 95 % avec une atteinte pulmonaire visible au scan. Les patients avec symptômes légers sont renvoyés chez eux avec le même traitement pour tous : paracétamol, un spray à base d’eucalyptus et un arrêt de travail de 5 à 7 jours  ».

«  Ce qui fait la différence entre une grippe simple et un covid est la saturation en oxygène, la gazométrie : une prise de sang artériel montrant plus précisément la PaO2 qui est basse dans les atteintes covid  ; le scanner des poumons qui détermine s’il y a une atteinte pulmonaire et de quel pourcentage. Une de mes collègues infirmière estime qu’environ 4 patients symptomatiques sur 20 restent hospitalisés en unité covid selon l’état de gravité des examens ci-dessus, en plus de l’âge et des facteurs de comorbidités qui sont toujours les mêmes : HTA, diabète, obésité.  »

«  L’activité des urgences reprend son cours normal la journée. La fréquentation, la nuit, ralentit toujours avec le couvre-feu, vers 22h.  »

Les inscriptions aux urgences sont inférieures à ce qui se passe en période normale. «  À cause du couvre-feu il y a moins d’accidents de roulage, d’entorses, de fractures, de plaies, d’imprégnation éthylique. Et comme lors du premier confinement, on voit beaucoup moins les douleurs thoraciques (infarctus, embolies pulmonaires), les coliques néphrétiques, les douleurs abdominales  ; ça s’est vraiment curieux. Parce qu’alors, ou bien les gens viennent vite à l’hôpital en temps normal, ou bien ils n’osent de nouveau plus venir croyant que ça fourmille de covid, ou bien encore ils se conditionnent pour ne pas s’autoriser à avoir mal… ? On ne sait pas. Bon, en même temps c’est aussi comme cela lorsqu’il y a un mariage princier, un attentat ou un match de coupe d’Europe ou du monde. Mais en tout cas, médecins comme infirmiers, on savoure ces plages hyper-calmes où on peut travailler correctement avec les rares patients qui se présentent. On redevient sympa, empathique.  »

Plusieurs questions se posent  :

– Quelle est la différence entre ces chiffres et ceux des années précédentes  ;

– Sciensano et le gouvernement centralisent l’information, ne laissant pas aux journalistes et à la population la possibilité de consulter les chiffres par hôpitaux. On peut donc légitimement se poser la question : et si c’était dans tous les hôpitaux pareil ? « Ah oui ! Ça, c’est certain : c’est partout comme cela. Maintenant, peut-être que dans les grandes structures universitaires, ils concentrent des patients plus jeunes avec des comorbidités plus compliquées à gérer (maladies auto-immunes, cancers,…). Mais ça reste l’exception (que tout le monde adore ressasser). Ce covid a un côté pittoresque parce c’est comme les femmes qui racontent leur accouchement : il n’y en a pas 2 pareils !  »

Le « cas » Wilmès

Seule Sophie Wilmès semble être arrivée à l’USI de Delta dans d’autres circonstances : « Elle est arrivée à l’USI de Delta par ses propres moyens, sur ses deux jambes, en voiture avec chauffeur. Elle n’est pas passée par les urgences. Donc il s’agit bien, au mieux d’un arrangement entre son médecin traitant et la direction de Delta, ou d’un arrangement entre Wilmès et ses relations. Elle a été reçue directement à l’USI par plusieurs membres de la direction de l’hôpital, dont El Haddad(1), avec champagne et verres pour tout le monde. Elle n’avait pas du tout besoin d’oxygène à son arrivée et est restée environ une semaine à l’USI. Elle a donc occupé un lit d’USI en séjour préventif là ou une simple chambre privée aurait suffi, si son état justifiait une hospitalisation  ».

«  Je rappelle qu’un patient qui doit se rendre directement à l’USI sans passer par les urgences relève de la décision de deux médecins intensivistes. Il arrive toujours en ambulance, déjà perfusé, intubé, ventilé, oxygéné à 100 %, sous monitoring cardiaque, accompagné d’un médecin SMUR, d’une infirmière urgentiste et de deux pompiers au minimum. Il est sédaté et n’est plus en mesure de boire quoi que ce soit avec qui que ce soit.  »

– Ces chiffres montrent que la saturation dans cet hôpital bruxellois n’existe pas. Or les mesures politico-sanitaires (confinement, masque, couvre-feu, distanciation «  sociale  ») se poursuivent, avec leurs florilèges d’effets secondaires dont nous ne voyons que le début  ;

– Le vaccin, présenté comme la panacée, est refusé majoritairement par le corps médical dans les USI et les urgences de cet hôpital, alors que le gouvernement nous disait que le milieu médical serait le premier vacciné. Il serait intéressant d’entendre plus l’avis du personnel soignant sur le vaccin ;

– Au faible taux d’occupation des USI par des patients covid, s’ajoute un très faible taux de létalité(2) (- de 0,5 %), ce qui indique que 99,5 % des gens qui ont un test covid positif survivent, alors qu’aucun vaccin n’existe(3).

* La personne qui témoigne a voulu rester anonyme.

Propos recueillis par Alexandre Penasse

  1. https://chirec.be/fr/le-conseil-executif-chirec
  2. La mortalité chez les personnes positives au Covid.
  3. https://youtu.be/991orOyxsMY ou https://twitter.com/do_officiel

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