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200 jours interdit de conférence de presse

Il faudrait être naïf pour penser que le service de communication de De Croo allait m’ouvrir les portes des conférences de presse et briser l’omerta précédente de Wilmès & co[note]. Même clan, même mafia. Ils refuseront dès lors tous que le discours sorte des rails de la communication officielle.

Guy Debord l’avait bien compris, lui qui écrivait « On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’État : ils ne sont jamais en rivalité. La théorie vérifie avec facilité ce que toutes les rumeurs de la vie pratique avaient trop facilement montré. La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle. Au moment du spectaculaire intégré, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées »[note]. Nos prochains articles ne feront qu’étayer cela.

Les maîtres de la censure organisée et des fake news ne parleront pas plus des médecins virés en pleine « saturation des hôpitaux », pour avoir uniquement tenu un autre discours que celui de la Nomenklatura[note]. Ceux qui brisent le spectacle sont bannis, le pouvoir donnant l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire si on veut garder son emploi. C’est un avertissement : aucune contre-information ne pourra naître dans l’espace médiatique. Ne pas dire ce que l’on vit, ce que l’on voit, si ça ne correspond pas à la réalité qu’écrit le pouvoir.

Certains d’entre vous ont sans doute pu découvrir l’ineptie (pour ne pas dire le cynisme) du discours du gouvernement[note], qui n’a daigné répondre à mes questions que des mois après qu’elles furent formulées et sous la menace financière de notre avocate, seul langage qu’ils connaissent.

Je peux être un journaliste-spectateur, rivé sur les écrans et confiné avec la réalité qu’ils fabriquent, mais surtout ne pas entrer et poser les questions qui, dans une conférence de presse, pourraient perturber leur ordre établi. Ne pas penser. Ne pas se poser de questions. Avoir peur. Accepter. Tout

Ci-dessous, retrouvez donc les derniers échanges avec le service de communication d’Alexander De Croo.

« D’une certaine manière, la vision du monde qui est celle du Parti s’impose avec le plus de force à ceux qui sont incapables de la comprendre. Il peut leur faire avaler les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissent pas l’énormité de ce qu’on exige d’eux et ne s’intéressent pas assez à la vie publique pour remarquer ce qui se passe. C’est cette incompréhension qui les préserve de la folie. Pour eux les choses sont simples, ils ingèrent tout sans séquelles car ce qu’ils avalent ne laisse aucun résidu, tout comme les graines passent dans l’organisme de l’oiseau sans qu’il ait besoin de les digérer »[note]

– Jeudi 15 octobre – Courrier à Tom Meulenbergs, du service de presse d’Alexander De Croo

« Bonjour,

Dans le cadre de ma fonction de journaliste, pourriez-vous m’informer des dates et lieu des conférences de presse à venir du gouvernement dans le cadre des Conseils nationaux de sécurité?

Je vous demanderais également de noter mon souhait d’assister aux prochaines conférences de presse de Monsieur De Croo.

En vous remerciant vivement de votre attention, et dans l’attente de votre réponse, recevez mes cordiales salutations,

Alexandre Penasse

Journaliste – FO7882 »

– Renvoi le 16 octobre

– Réponse le 16 octobre de Lotte Van der Stockt

Bonjour Alexandre,

Merci pour votre mail. Comme nous avons dû nous organiser et restreindre l’accès à la salle de presse afin de respecter au mieux les instructions en vigueur pendant cette pandémie, nous n’avons pas pu donner accès à tous les journalistes/rédactions. On espère que vous comprendrez cela.

Il y aura du streaming en direct.

N’hésitez pas de nous envoyer un mail si vous avez des questions après la conférence de presse.

Cordialement,

Lotte

Lotte Van der Stockt
Press officer
M +32 477 47 18 32 
lotte.vanderstockt@premier.be

Ma réponse le jour même

Bonjour,

J’entends bien. J’assisterai alors à la prochaine, pourriez-vous m’ajouter à la liste des journalistes?

Cordialement,

Alexandre Penasse

Renvoi d’un mail le 20 octobre

Bonjour,

Pourriez-vous noter et confirmer ma présence à la prochaine conférence de presse?

Dans l’attente, cordialement.

Alexandre Penasse

Renvoi le 21 octobre

Bonjour,

Que signifie votre absence de réponse à mon égard, journaliste professionnel, alors que les conférences de presse se succèdent ? 

Dans l’attente de votre réponse. 

Alexandre Penasse

P.S.: copie à mon avocate. 

Renvoi le 23 octobre

Bonjour,

Pourriez-vous m’apporter une réponse quant à ma présence à la prochaine conférence de presse. Faute de réponse, je n’ai pu à nouveau assister à la conférence de presse de ce matin?

À vous lire,

Alexandre Penasse

Renvoi le 28 octobre

Bonjour,

7ème tentative :

Pourriez-vous m’apporter une réponse quant à ma présence à la prochaine conférence de presse.

À vous lire,

Alexandre Penasse

Entretemps il y aura eu trois appels téléphoniques sans réponse et un message laissé sur le répondeur.

Le 29 octobre, notre avocate, comme avec le gouvernement Wilmès, met l’État en demeure de communiquer dans les prochaines 24h :

– l’adresse et l’horaire de la conférence de presse à venir ;

– la confirmation de leur accord sur ma participation à la prochaine conférence.

Sans quoi, l’avocate sera mandatée pour entreprendre d’autres actions (judiciaires et en référé au besoin).

– Le 30 octobre, la responsable du service de presse répondra[note] :

« Chères rédactions,

Il y aura une conférence de presse après la Comité de Concertation au Bunker à 19h , entrée via Rue Ducale 4, 1000 Brussel. (entrée à partir de 18h45).

Comme nous avons dû nous organiser et restreindre l’accès à la salle de presse afin de respecter au mieux les instructions en vigueur pendant cette pandémie, nous n’avons pas pu donner accès à tous les journalistes/rédactions. Seulement 1 personne par medium. On espère que vous comprendrez cela.

Vous pouvez toutefois suivre la conférence de presse en direct :

Il y a une captation avec interprétation gestuelle assurée par Videohouse. Pour obtenir le signal TV, veuillez contacter : mcr.bookings@videohouse.be – 02 254 56 93.

Vous pouvez également utiliser le YouTube embed code FR suivant pour intégrer la vidéo sur vos sites :

<iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/ » frameborder= »0″ allow= »accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture » allowfullscreen></iframe>

Ou via le lien sur la chaîne Youtube : https://youtu.be/MuTTa0Wdar4

– Je répondrai ce même 30 octobre :

Bonsoir,

Je constate donc qu’après plus de 190 jours, assister à une conférence de presse physiquement m’est toujours interdit.

En quoi consiste par ailleurs cette nouvelle règle « d’une seule personne par medium »?

Pour bien comprendre: vous me dites au fait que mon statut de journaliste ne change rien par rapport au citoyen lambda, puisque je peux assister comme tout le monde à la diffusion en direct. Est-ce sérieux?

Par ailleurs, a-t-on besoin d’une carte de presse pour assister à la diffusion sur You tube ou autre?

Pourriez-vous me préciser dès à présent quand je pourrai assister à une conférence de presse en « présentiel »?

À vous lire,

Alexandre Penasse

Vous aurez compris maintenant comment le pouvoir politique s’arroge le contrôle du réel…

Mais on ne lâche rien. Vous aussi on espère.

MUSELÉS PAR LE DISCOURS OFFICIEL DU COVID-19

Kairos était hier en direct devant le Grand Hôpital De Charleroi (GHDC) pour recueillir le témoignage de proches et collègues de Pascal Sacré, venus s’indigner de son renvoi de l’institution. Son péché? Avoir osé écrire sur la destruction organisée des services publics de santé, destruction qui explique en grande partie la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui; avoir expliqué le mensonge derrière les tests PCR; avoir dénoncé la propagande mensongère et la peur instillée par les médias de masse; avoir critiqué les mesures du gouvernement. Une vidéo inédite que vous ne verrez pas ailleurs.

RTL(M) – Radio Télévision Libre des Mille Collines du Covid-19 – , RTBF, La Première, Le Soir, La Libre, La DH… devront un jour rendre des comptes, pour avoir angoissé une population pendant des mois, fouettée quotidiennement avec les « fils info-Covid », et sélectionné sciemment des informations tout en rejetant celles qui ne collaient pas avec la ligne d’action gouvernementale.


Soutenez la presse libre, nous faisons partie de la solution
.

« Défendre le droit à la santé de tous les habitants de la Terre »

Agora des Habitants de la Terre*

Nous reproduisons ci-dessous la Déclaration rédigée par l’Agora des Habitants de la Terre suite au rejet, par des groupes dominants des pays riches, de la requête de l’Afrique du Sud, de l’Inde et du Kenya, soutenue par des dizaines de pays du Sud, de suspendre provisoirement l’application des brevets sur les médicaments (vaccins compris) anti-Covid-19. Depuis des mois, Kairos publie des articles dénonçant les collusions incestueuses entre la Fondation de Bill Gates, les dirigeants politiques et le Big Pharma[note]. Ce 22 octobre, sur notre site, nous apportions encore plus de détails sur les montages financiers qui, depuis des années, préparent les profits gigantesques que quelques multinationales pourront engranger grâce aux inévitables épidémies : « La course aux milliards du Covid-19[note] ». Hélas, nos craintes se sont révélées fondées ; malgré des appels envoyés vers l’ONU[note], une fois encore, la priorité a été donnée au commerce, au détriment de la santé et de la vie de millions d’humains[note]

Défendre le droit à la santé de tous les habitants de la Terre

Agora des Habitants de la Terre*

Les faits

Le monde se retrouve dans la même situation qu’en décembre 2002 lorsque les pays riches, États-Unis et Europe en tête, refusèrent d’abandonner les brevets sur les vaccins anti-SIDA provoquant une nouvelle profonde fracture sociale entre ls pays du « Nord » et ceux du « Sud », en particulier les pays africains, principales victimes du SIDA[note].

Le 16 octobre 2020, les États-Unis, l’UE, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada, l’Australie… ont rejeté, dans le cadre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), la demande soumise par l’Afrique du Sud, l’Inde e d’autres pays du « Sud », soutenue aussi par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), de suspendre provisoirement l’application des règles des Traités ADPIC (Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce) (en anglais TRIPs). Les principales entreprises pharmaceutiques mondiales détentrices de brevets sur le vivant viennent toutes des pays qui ont voté contre la suspension[note].

Deux observations immédiates :

  • le lien étroit entre les entreprises pharmaceutiques mondiales et les États qui ont voté contre montre clairement que les pouvoirs publics de ces pays ont surtout défendu les intérêts économiques des entreprises privées et agi sciemment contre le droit humain à la santé de tous les habitants de la Terre, dans l’égalité, la dignité et la justice ;
  • l’OMC est un organisme international de la famille des institutions dites de Bretton Woods (dont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International font partie), compétent dans le domaine du commerce international. En revanche, l’Organisation Mondiale de la Santé, partie intégrante de l’ONU, constitue l’agence internationale compétente en matière de politique mondiale de la santé. La décision du 16 octobre a consacré le fait que l’OMC détient, même dans le domaine de la santé, des pouvoirs décisionnels plus grands que ceux de l’OMS. Pire, la santé des habitants des pays riches vaut plus que la santé des populations appauvries, car elle rapporte davantage sur le plan financier.

Double aberration. Pourquoi ?

Comme l’on sait, les brevets sur le vivant ont été autorisés pour la première fois de l’histoire par la Cour Suprême des États-Unis en 1990 et puis par l’Union européenne en 1998, malgré de fortes oppositions à travers le monde de la part d’un très grand nombre d’associations de la société civile en révolte contre la marchandisation et la privatisation du vivant. Or, les brevets octroient aux entreprises privées le droit de propriété et d’usage exclusifs à but lucratif pendant 20 ans sur les organismes vivants (molécules, cellules, gènes… et leurs produits, tels que médicaments, vaccins…). Cet accaparement prédateur de la vie que les pouvoirs publics ont offert aux capitaux privés au nom-alibi de la science est aberrant ! L’histoire des 30 dernières années montre que les brevets ont été et restent l’instrument-clé de l’enrichissement financier des entreprises pharmaceutiques, de la privatisation des systèmes de santé et du conséquent démantèlement de la sécurité sociale publique et du droit à la santé. Dans ce contexte, ce n’est pas étonnant que les inégalités sociales dans la couverture sanitaire des populations entre pays riches et pays appauvris et entre les classes sociales n’ont fait qu’augmenter[note]. La pandémie du Covid-19 confirme que les politiques mises en place à ce jour n’ont pas empêché l’aggravation des inégalités à tous les niveaux.

Certes, une grande responsabilité revient aux différentes formes de « nationalisme dit vaccinal ». Les plus violentes se manifestent actuellement aux États-Unis de Trump, celui-ci étant, par exemple, responsable de crime contre l’humanité dans le cas de l’achat en mai dernier de tout le stock disponible du médicament Remdesivir® de l’entreprise américaine Gilead Sciences (une des plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales en termes de capitalisation boursière), considéré un remède efficace pour un prompt rétablissement contre le Covid-19. Trump a effectué l’achat avec la volonté explicite de garantir le médicament aux citoyens américains en sachant que ce faisant il allait empêcher l’accès aux autres populations du monde jusqu’en septembre/octobre[note]. Et que dire lorsque les pays riches(15% de la population mondiale, États-Unis et Union Européenne en tête) ont déjà signé des accords avec les plus importantes entreprises pharmaceutiques mondiales pour des milliards d’euros à titre d’achat anticipé de 60% des doses des vaccins estimées disponibles en 2021 et 2022, laissant moins de 40% aux 85% restant des habitants de la Terre ?[note]. On est bien loin de l’exhortation du Pape François pour plus de fraternité mondiale. Ce n’est plus du nationalisme sécuritaire médical, c’est tout simplement une politique de violence et d’injustice faite au droit à la santé des populations des pays appauvris. Ce qui est aussi aberrant. Par son refus, l’OMC devient l’organisation mondiale fossoyeuse du bien commun, et par là, se rend de facto responsable indirect de la mort de centaines de milliers d’individus exclus de l’accès aux soins par des mécanismes économiques.

Que faire? Intervenir aux racines du déni du droit universel à la santé

Cette politique plonge ses racines dans l’abandon du principe des droits universels à la vie en tant qu’inspiration fondamentale du vivre ensemble et de la reconnaissance des biens et des services essentiels pour la vie en tant que biens communs publics mondiaux. Le principe et la reconnaissance ont été à la base de l’État de droit et de la société du welfare et de l’obligation des États de garantir les droits universels par la sauvegarde, le soin et la promotion des biens communs publics mondiaux.

Cette politique a un nom. Elle s’appelle « la politique de l’accès équitable et à prix abordablevia le marché aux biens et aux services essentiels pour la vie ». Elle fait partie intégrante du système de « gouvernance économique mondiale » mis en place à partir des années ’80 en substitution du système de gouvernement public. La substitution a été faite au nom des thèses « gouverner sans les gouvernements », « moins d’État », « forget governments, company rules OK ».

La santé, comme l’eau, l’alimentation, le logement et le transport font partie des biens communs de l’humanité auxquels chacun doit pouvoir accéder dans l’égalité en dignité et dans la justice. Leur privatisation est le résultat d’une vision du monde essentiellement économique, marchande, utilitaire, inspirée par la rivalité et l’exclusion.

L’important programme de coopération multilatérale internationale de lutte contre le Covid-19 appelé ACT (Access to Covid-19 Tools Accelerator), lancé le 24 avril de cette année par l’OMS et dont l’Union européenne a pris la direction en collaboration avec d’autres États, la Banque mondiale, le World Economic Forum et des fondations (telles que la Fondation Melissa et Bill Gates) a comme objectif explicite d’assurer à tous l’accès à la thérapie contre le Covid-19 de manière équitable et à prix abordable. L’application du système des brevets constitue l’axe central du programme. Les deux organismes porteurs, la CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) et la GAVI (Global Alliance on Vaccines and Immunisation), exemples majeurs du partenariat public-privé qui marque l’architecture d’ensemble du programme, sont là pour manœuvrer le système des brevets[note].

La proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud (comme les nombreux appels publiés depuis avril en faveur de la promotion des vaccins anti-Covid-19 en tant que biens publics mondiaux adressés à l’ONU et aux grandes puissances mondiales) a représenté une tentative sérieuse et justifiée de libérer la lutte mondiale contre le Covid-19 de la soumission aux intérêts privés des États les plus puissants et des groupes industriels, commerciaux et financiers mondiaux privés.

Dans une Lettre ouverte au Secrétaire général de l’ONU que nous lui avons envoyée le 7 septembre 2020, avant la 75ème Assemblée générale de l‘ONU, notre association a proposé trois initiatives d’action à prendre sans tarder.

  • Abandonner en 2020 et 2021 la brevetabilité du (des) vaccin(s) contre la Covid-19 à titre privé et à but lucratif, et création d’une task force mondiale de l’ONU chargée de proposer une révision des règles en vigueur en matière de propriété intellectuelle.
  • Favoriser le lancement d’un programme mondial « Une nouvelle finance pour la santé de tous ». Le programme aurait comme but de promouvoir une forte capacité de production et de collecte de ressources financières autonomes des pays dits « pauvres », grâce, entre autres à une Banque mondiale transformée graduellement dans une « caisse de dépôts et de consignations » mondiale.
  • Mettre en place un groupe de travail chargé d’évaluer et formuler des propositions concernant la création d’un Conseil de Sécurité mondial des biens communs et publics mondiaux (pour commencer : eau, santé, connaissance)[note].

L’opinion publique sait depuis longtemps qu’on ne peut pas compter sur les États-Unis pour lutter contre la catastrophe environnementale et climatique, pour l’éradication de l’appauvrissement, construire la paix. On peut encore moins compter sur les compagnies multinationales. Il est dommage de constater que les dirigeants européens actuels, politiques, économiques et technoscientifiques croient surtout aux logiques du commerce, de la technologie et de la finance et non pas aux droits et à la sécurité de vie de la population mondiale.

Il est temps de travailler pour la libération de l’humanité de la domination des accapareurs privés de la vie. Les solutions possibles existent.

* L’Agora des Habitants de la Terre a été créée fin 2018 en Italie par des citoyens ressortissants de l’Allemagne, de l’Argentine, de la Belgique, du Brésil, du Cameroun, du Chili, de l‘Espagne, de la France, de l’Inde, de l’Italie, du Liban, du Portugal, du Québec (Canada, de la Suisse.)

Lettre ouverte au Chirec

Alors que nous nous rendions la semaine dernière dans un des hôpitaux du Groupe Chirec afin de rencontrer un responsable pour nous expliquer la situation liée au Covid, nous avons été gentiment éconduits et invités à envoyer une demande par mail, ce que nous avons fait directement. La responsable de la communication de l’hôpital qui accueille Sophie Wilmès, nous dira le lendemain par courriel qu’elle ne pouvait malheureusement répondre positivement à notre demande. Nous aurions pourtant trouvé intéressant de savoir ce qu’il se passe à Delta, hôpital-usine situé à Bruxelles, structure, ce n’est pas un secret, dont la vocation est de faire de l’argent avec la santé.

Bonjour,

Ayant refusé de nous recevoir pour une interview, car votre « institution a d’autres priorités à gérer pour le moment », pourriez-vous toutefois, et ce dans l’intérêt général de la population à être informée, répondre aux questions suivantes:

– Quelles sont les capacités d’accueil de votre hôpital en termes de Covid-19?

– Combien de malades sont actuellement hospitalisés pour cause de Coronavirus?

– Combien sont en soins intensifs?

– Concernant ces derniers, quel est leur état?

– Combien de morts peuvent être attribués avec certitude au Covid dans votre hôpital ces derniers jours? 

– Les patients qui sont en unité Covid-19 sont-ils systématiquement testés?

– Comment distinguez-vous les patients Covid de ceux dans un autre état (grippal, troubles respiratoires, etc.)?

– Si votre unité n’est pas remplie, avez-vous respecté l’accord pour recevoir des patients transférés des autres hôpitaux saturés?

– Acceptez-vous des patients Covid-19 non solvables?

Dans l’attente de votre réponse.

Cordialement,

Alexandre Penasse

Les (politiques déguisés en) pompiers (véritables) pyromanes

Ou l’époque où Wilmès et le MR détruisaient les services publics

Le déficit budgétaire de 3%, mesure purement arbitraire imposée par l’Europe des patrons, est un prétexte à la destruction des services publics et de ce qui fait encore société. Ces services empruntent alors aux banques privées l’argent que les plus riches ont obtenu grâce aux réductions d’impôts que l’État leur a consenti, aux paradis fiscaux où il a laissé partir l’argent et à toutes les autres mesures qui les ont favorisés. Le silence des médias s’explique aisément. Leurs patrons font partie du même monde que celui qui n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent. [note]

Témoignage de Manu et Sandrine en zone libre : Stockholm, Suède

Réalisateurs partis en Suède pour traverser le rideau de fumée médiatique et voir de leurs yeux ce qu’il s’y passe, nous ramener des images et témoigner, Manuel Poutte nous a écrit leurs premières impressions à leur arrivée à Stockholm. Ce qui frappe ici, c’est que rien ne filtre sur ce qui se passe ailleurs. Cette omerta en dit long.

Lyriques…

Nous arrivons à l’aéroport de Stockholm et nous constatons immédiatement que les gens, déjà ici, ne portent pas de masque. Sans nous concerter, les larmes nous montent aux yeux, à tous les deux. Les larmes viennent de voir, de redécouvrir des visages libres, de voir des femmes et des hommes sans cet horrible morceau de tissu, lange de nos bouches, de nos paroles et de notre humanité.

Gourmands…

Peu après, dans une galerie commerçante, je vois un magasin de gâteaux… J’adore les gâteaux… je veux y rentrer, mais j’ai déjà le réflexe d’attendre à l’extérieur. Plusieurs personnes passent devant moi et je me rends compte alors que c’est déjà entré en moi… cette mauvaise habitude. Ici, pas de files, pas d’infantilisation des êtres obligés de se ranger l’un derrière l’autre, comme des gamins au collège. Ici on rentre quand on veut.

Bêtes…

On marche dans la rue, on sourit à tout le monde et les Suédois ne comprennent pas, ils nous regardent comme deux benêts ahuris, mais on s’en fout, on a envie de manger leurs visages et de leur dire et de leur crier : vous ne vous rendez pas compte d’où on vient !

Émerveillés…

On monte dans le bus, on descend dans le métro, on monte dans le train, on rentre dans un grand magasin, personne ne porte le masque. Tout est comme avant et comme ça doit le rester. Je filme tout ça avec passion. Jamais je n’aurais pensé dans ma vie que des choses aussi banales pourraient un jour devenir exceptionnelles.

Ça y est, chacun fait partie du film catastrophe qu’on lui a tant annoncé. Et il sauve le monde en restant chez lui devant sa TV ! Héros du canapé

Tout d’un coup, dans une allée de fruits et légumes, on a peur de rentrer chez nous, dans la dictature de la règle absurde où le peuple rendu masochiste a appris à prendre goût aux sévices qu’il subit… Et il en redemande même… Ça y est, chacun fait partie du film catastrophe qu’on lui a tant annoncé. Et il sauve le monde en restant chez lui devant sa TV ! Héros du canapé.

Interdits…

Le dernier soir en Belgique, je suis rentré du bureau à 1h du matin, et j’ai traversé une partie de Boitsfort dans un silence absolu, plus impressionnant encore que celui du confinement, car au loin même il n’y avait plus un bruit de voitures, plus un bruit humain, plus rien. Un bruit blanc. Mais j’avais, en plus, en craignant la police, ce sentiment, à la fois excitant et terrible d’être dans l’illégalité…en marchant seul dans la rue.

Le couvre-feu… quel esprit malade et fasciste a pensé que ce serait efficace contre le coronavirus ? 

Quel esprit psychopathe a créé cette somme d’interdits qui n’ont pas lieu d’être ? Des punitions qui n’ont aucun pouvoir sur un virus qui ne se propage certainement pas plus au cœur de la nuit, dans les rues déjà vidées depuis longtemps de ses habitants sous sédatifs, exténués et apeurés par la propagande mortifère des médias pyromanes. Nous, le peuple, coupables, tous coupables, d’avoir baissé ce masque un jour, à un moment donné, pour une parole, pour un sourire, pour un baiser.

Souriants…

Fin de journée, j’ai beau savoir que je suis en mission pour sauver le monde, je dois avouer, que plus d’une fois je craque pour des petits gâteaux que je vois en vitrines… ils en ont plein ces Suédois… Avec de la cannelle, de la fleur d’oranger, des framboises, des myrtilles, et de la crème fouettée.

Je me dis : soignons nos bouches, tout passe par elles : les saveurs du monde et les baisers de l’amour.

Et en plus, elles sourient, nos bouches ! Elles sourient et nous ne savions pas combien c’était important.

Et lyriques à nouveau… Ainsi est venu le temps, où nous devons nous battre pour ce sourire.

Manuel Poutte

Le baromètre Covid-19 : vers un basculement de nos valeurs ?

Le masque est enfin tombé : la phase 1, la seule qui, selon le nouveau baromètre Covid belge, puisse nous rendre notre liberté de respirer sans filtre, de revoir les visages des gens, de côtoyer à nouveau nos proches s’ils le souhaitent, de sortir librement la nuit tombée pour faire des rencontres amicales ou pour quelque raison que ce soit, cette phase 1 correspond au niveau 1 défini comme « aucune circulation du virus. Ce niveau ne peut être atteint que lorsqu’il existe une immunité de groupe grâce à un vaccin efficace et accessible au public[note]. » Mission impossible donc.

Une circulation inexistante du virus, personne ne peut et ne pourra jamais la garantir : en dépit de la vaccination, la grippe ne court-elle pas toujours ? Ce niveau est donc potentiellement inatteignable, ce qui impliquerait dans ce cas que la phase 1 pourrait aussi ne plus jamais être atteinte, ou pas avant des années. Quant au vaccin, ou plutôt aux multiples vaccins, ils sont fabriqués à la hâte dans un contexte de concurrence sauvage qui laisse au minimum planer le doute sur le fait que leur efficacité réelle et leur innocuité (leur caractère non nuisible à long terme) soient les premiers objectifs poursuivis, mais qui ne laisse en tout cas aucun doute sur le fait que leur innocuité à long terme ne pourra pas être étudiée en si peu de temps. Conclusion : si l’on accepte la logique de ce baromètre Covid, nous ne serons autorisés à retrouver une vie sociale normale au « mieux » pas avant d’avoir subi une vaccination pour le moins hasardeuse, au pire pas avant des années si ce virus continue malgré tout à circuler. Et après tout, pourquoi s’en tiendrait-on à ce virus ? Pourquoi n’élargirait-on pas ces précautions sanitaires à la grippe, par exemple ? Une fois le principe du baromètre Covid socialement accepté, il faut avoir conscience qu’il n’y n’aurait alors aucune difficulté à faire admettre un tel élargissement.

Nous taire. Jusqu’à quand?

Allons-nous demeurer sans réagir face à un tel ultimatum, face à une telle dérive du bon sens ? Allons-nous demeurer sans réagir quand la solidarité, voire la moralité tout entière ne semblent paradoxalement plus devoir s’exprimer que par la rupture du lien social ? Allons-nous demeurer sans réagir quand la liberté d’expression, les avis scientifiques, politiques et moraux divergents sont censurés ? Allons-nous demeurer sans réagir quand les seuls scientifiques qui semblent avoir le droit de s’exprimer, les médias mainstream, les politiciens, presque en chœur, font de nos jeunes, c’est-à-dire de l’aspiration à la vie, l’ennemi n°1 ?

Quand des milliards s’envolent pour financer la recherche des entreprises pharmaceutiques et l’achat de vaccins hypothétiquement efficaces, alors que ces milliards n’étaient auparavant, et ne sont toujours pas disponibles pour le financement des hôpitaux, des personnels des soins de santé, pour l’éducation et la recherche fondamentale, pour le secteur social et la lutte contre les inégalités, pour le secteur culturel ou pour la transition écologique ? Quand les mesures sanitaires adoptées sont explicitement prises pour ne pas saturer les services de santé, et donc que la logique la plus élémentaire voudrait, si on voulait réellement éviter une saturation des services de santé, qu’on investisse dans ces services, les places, les lits, le matériel, le personnel ? Quand la mention du gaspillage et de la pollution environnementale causés par des milliards de tests très moyennement fiables[note] et des milliards de masques jetables en plastique très moyennement utiles pour prévenir les infections en dehors de leur usage médical classique et qui mettront 450 ans à se dégrader, non sans impact écologique sur les sols et dans les eaux, est considérée comme un commentaire « inaudible » ?

Allons-nous demeurer sans réagir, alors que nos vies et nos valeurs morales sont en train d’être modifiées sans notre accord ? Ou faut-il considérer que c’est avec notre accord tacite que sont sacrifiées nos libertés pour une illusion de sécurité que nous finirons par perdre elle aussi ? Car c’est aux valeurs universelles, aux droits, devoirs et libertés chèrement conquis (bien que jamais totalement acquis) par les générations qui nous ont précédés que s’attaquent ces mesures spéciales. Ce qui est mis en question, c’est la possibilité d’exercer notre devoir de solidarité envers autrui autrement que par la destruction complète de la société. Ce qui est affirmé à tort, c’est l’impossibilité de mettre en œuvre les droits à la vie (article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme[note]) et à la santé autrement qu’en détruisant le lien social et tous les autres droits individuels. Ce qui est mis en péril, c’est la possibilité de continuer à opposer le droit à la liberté d’expression (article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme) aux pratiques d’intimidation et de censure en cours[note] ; c’est aussi la possibilité d’opposer le droit à la protection de la vie privée (article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme) à l’interdiction de voir plus d’une personne par mois (ou 3 ou 5 en fonction de la phase imposée par l’autorité sanitaire), à l’interdiction du droit de réunion (article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme) et du droit de participation à la vie sociale et à la vie politique. Ce qui est étrangement affirmé, c’est que le droit au bien-être physique et psychologique (article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux[note]) est aboli, sacrifié au nom d’un droit à la santé qui ne semble plus avoir pour contenu que la prévention du Covid-19. Enfin, ce qui est menacé, c’est la possibilité de résister à d’inquiétantes dérives totalitaires et à une dictature sanitaire parfaitement aberrante.

Respirer l’air libre, enterrer et célébrer dignement ses morts, visiter et soigner les personnes âgées, se réunir librement en famille ou entre amis pour ceux qui le souhaitent, circuler impunément sont indissociables d’une vie pleinement humaine. Cela nous a été refusé durant des mois et l’est désormais pour une durée impossible à prédire. Éviter le contact physique avec la plupart des êtres humains, se méfier de chacun, rendre impossibles les nouvelles rencontres, se terrer dans sa bulle durant des mois comme des rats, contenir ses émotions derrière des masques à chaque interaction humaine, supprimer la joie, la fête, les rires, la danse, les sorties : ces nouvelles normes appelées à être appliquées pour une durée indéterminée et qui n’ont jamais été appliquées toutes en même temps dans l’histoire humaine à des êtres libres sont la négation même d’une vie humaine qui vaille la peine d’être vécue. Et pourtant, un certain nombre d’entre nous ne conteste pas ces nouvelles normes. Qu’avons-nous fait de notre sens critique ? Qu’est-ce qui nous pousse à accepter et à nous conformer à des règles contraires aux besoins humains ?

« La liberté, c’est l’esclavage »

C’est essentiellement par des effets de langage que les foules sont manipulées. Aujourd’hui, de façon extrêmement pernicieuse, c’est en mettant en avant la « moralité », la « citoyenneté responsable », la « protection des plus faibles », leurs « droits à la vie et à la santé », la « rupture avec l’égoïsme et l’individualisme » et même « la rupture avec nos libertés individuelles qui mettraient la collectivité en danger » que certains tentent de manipuler l’opinion. Que nous dit E. Macron ? « Nous sommes en train de réapprendre à être pleinement une Nation. C’est-à-dire qu’on s’était progressivement habitués [remarquons l’usage du passé : il semblerait que ce soit terminé] à être une société d’individus libres[note] ». Notre société d’individus libres, faut-il le rappeler, promue par la Déclaration universelle des droits de l’homme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est garantie par la Convention européenne des Droits de l’homme depuis 1950 et par notre Constitution. Est-ce sérieusement ces fondements du droit et expressions de nos valeurs morales que les politiques sont en train de remettre en question avec notre accord silencieux ?

Nos droits et libertés nous donnent évidemment des devoirs : ceux de respecter les droits et libertés des autres individus. Nos libertés s’arrêtent lorsqu’elles portent atteinte aux droits d’autrui. Les conflits entre droits des uns et libertés des autres, ou entre les droits eux-mêmes sont des conflits éthiques. Les plus simples sont réglés par notre conscience. Les plus complexes font l’objet de délibérations démocratiques et sont réglés par le droit : j’ai la liberté de fumer là où je ne porte pas atteinte au droit à la santé d’autrui. Face à l’épidémie actuelle, aucune délibération démocratique n’a eu lieu pour fixer un point de compromis entre nos libertés et nos devoirs. La solution éthique est décrétée sur base de l’avis d’experts en épidémiologie : agit pour le bien collectif, celui qui respecte les mesures sanitaires à la lettre ! Et pourtant, une fois nos écrans éteints, seuls avec notre conscience et nos conflits éthiques, qui parvient réellement à se persuader qu’il fait le bien par exemple en abandonnant durant des mois les personnes âgées « pour les protéger du Covid » ? L’enfer est pavé de bonnes intentions. Une solution éthique « prête-à-penser » sans nuances, sans exceptions, sans cas de conscience est confortable, car elle n’exige plus que nous cherchions par nous-mêmes à résoudre les conflits éthiques auxquels nous sommes confrontés, mais est-elle une solution acceptable ? Oui, les personnes à risque ont le droit d’être protégées : comment concrètement pouvons-nous mettre en place des aménagements raisonnables et démocratiquement consentis pour les protéger sans passer par une solution éthique totalitaire ?

La manipulation de l’opinion se pratique aussi aujourd’hui en discréditant publiquement sur le plan professionnel et souvent personnel tous les porte-paroles d’opinions alternatives que l’on fait passer pour des extrémistes irrationnels porteurs d’opinions politiques antidémocratiques, alors que la démocratie est bien la dernière chose qui ait été mobilisée ces derniers mois. La manipulation passe encore par l’utilisation à mauvais escient de concepts soit que l’on ne maîtrise pas, soit que l’on utilise à dessein pour tromper le public, comme le fait de qualifier d’« eugénisme » (défini par l‘Encyclopaedia Universalis comme « théorie qui prône l’application de méthodes consistant à améliorer le patrimoine génétique de groupes humains ») le fait de contester certaines mesures sanitaires[note]. Il y a, en plus d’un usage inapproprié de ce terme, une faute de logique dans cet argument, car il y a d’autres façons de protéger les plus faibles que de nier le fait que l’humain est un animal social et que de supprimer les libertés les plus fondamentales des citoyens.

Aujourd’hui, sur base d’avis d’« experts » dont la position n’est pourtant pas unanime parmi les spécialistes de leur domaine d’expertise, des politiciens décrètent, sans consensus social, de nouvelles normes de comportement, de nouvelles normes morales : réduire les contacts privés, réduire la convivialité (définie comme « rapports positifs entre personnes, dans la société »). Ce qui se joue ici, sous couvert d’« intérêt collectif » et de « protection des plus faibles », c’est la suppression des libertés individuelles avec l’accord de tous ceux qui pensent en toute bonne foi faire preuve de solidarité, de responsabilité, avec tous ceux qui pensent sincèrement qu’il ne s’agit « pas de restrictions à notre liberté mais plutôt de l’expression de celle-ci »[note]. Alors que le problème collectif dont il est question ici et maintenant (l’épidémie de Covid-19) peut parfaitement être pris en charge autrement que par la fin des libertés. Parmi ces moyens, citons par exemple le refinancement du secteur de la santé, l’écartement des personnes à risque des activités à risque, l’éloignement des personnes âgées de certaines activités si elles le souhaitent et y consentent, le renforcement du système immunitaire…

Liberté contre illusoire sécurité

Des chercheurs se sont intéressés depuis longtemps aux mécanismes qui poussent les individus au conformisme et à l’obéissance. Ils ont mis en évidence le fait que certaines personnes préfèrent éviter le conflit et les conséquences négatives que pourrait entraîner un désaccord avec la majorité et le fait que certaines intériorisent rapidement de nouvelles idées et de nouvelles valeurs lorsque la source d’influence est perçue comme savante dans son domaine. De nombreuses expériences de psychologie fondamentale ont révélé à quel point l’individu est déresponsabilisé et influençable dans ses comportements, ses pensées et ses décisions lorsqu’une autorité entre en jeu ou face à la pression du groupe et la peur de l’exclusion ou de la sanction sociales. Asch a ainsi montré l’incapacité, pour un certain nombre d’individus, d’affirmer leur propre opinion face à la pression d’un groupe exprimant la sienne, a fortiori lorsque celle-ci fait l’unanimité. D’autres expériences ont montré le poids et l’influence de l’autorité sur nos opinions, nos choix et nos actes. C’est le cas de la fameuse expérience de Milgram où, sous prétexte de participer à une expérience scientifique, 62% des participants ont obéi aux ordres d’un scientifique qui représentait une autorité à leurs yeux et sont allés jusqu’à infliger des décharges qu’ils pensaient mortelles à une victime (en réalité un acteur), malgré les cris et les plaintes (feints) de celui-ci.

Milgram, via cette expérience, a mis en évidence la position de soumission aveugle dans laquelle s’installent de nombreux individus lorsqu’ils sont confrontés à ce qu’ils considèrent comme une autorité. Cette soumission engendre chez eux un comportement qui fait abstraction de toutes leurs valeurs préexistantes. Sous les ordres de cette autorité, aucune responsabilité ne semble plus peser sur leurs propres épaules. Cette expérience a été répliquée dans de nombreux pays, avec des taux d’obéissance importants à chaque fois (entre 50% et 87,5%). Cette facette conformiste et obéissante de l’homme pourrait expliquer un grand nombre de dérapages collectifs et d’abominations humaines. Rappeler ces expériences est important : non pas pour nous culpabiliser, mais pour que nous redoublions d’attention : ces expériences nous montrent que la propagande et la manipulation peuvent nous faire perdre nos repères et nos valeurs individuelles. Et d’autant plus, sans doute, lorsque la propagande et la manipulation sont recouvertes, comme c’est le cas aujourd’hui, d’un vernis de « moralité » en faisant appel à notre « sens de la solidarité ».

Certaines expériences montrent également l’influence de la peur de la mort et du stress sur nos attitudes et sur nos décisions. Dans notre système de valeurs, des principes entrent parfois en conflit. Or le stress nous empêche de réfléchir et de hiérarchiser correctement ces principes, et nous acceptons alors plus facilement de suivre la solution « éthique » tracée par une autorité. Avec moins de pression médiatique, moins stressés, nous serions sans doute plus enclins à prendre des décisions davantage en accord avec nos valeurs profondes.

Dans les recherches sur l’obéissance et le conformisme, plusieurs arguments qui poussent les individus à obéir à un ordre injuste reviennent souvent : ne pas risquer d’ennuis, faire comme ses semblables pour ne pas être déconsidéré, ou la prise de conscience que s’opposer seul à une règle n’a pas suffisamment de poids pour la faire changer. C’est ainsi qu’à toute époque, des dérapages collectifs, des atteintes aux droits fondamentaux, à la vie et à la liberté de groupes humains ont eu lieu, exécutés par des « hommes ordinaires », des hommes qui, pour la plupart, individuellement, ne le souhaitaient pas. Comme l’explique Christopher R. Browning : « Outre l’endoctrinement idéologique, le facteur capital est celui du conformisme du groupe[note]. » Il ajoute : « Partout la société conditionne ses membres à respecter l’autorité et à lui obéir. Dans toute société moderne, la complexité de la vie, la bureaucratisation et la spécialisation qui en résultent atténuent le sens de la responsabilité personnelle de ceux qui sont chargés de mettre en œuvre la politique des gouvernements. Au sein de tout collectif, le groupe de pairs exerce de formidables pressions sur le comportement de l’individu, et lui impose des normes éthiques[note]. »

La mort du lien social

Cette comparaison est-elle excessive et déplacée ? Est-il question de dérives aussi graves dans l’obéissance aux règles actuelles ? Oui. Il est question de la mort du lien social puisqu’il est question de se protéger des autres et pas seulement de protéger les autres. Il est question de la mort de certaines libertés, à commencer par l’impossibilité hautement symbolique d’afficher son visage à la lumière du jour. Et de tous les dégâts collatéraux sur la vie et la santé des gens de certaines mesures adoptées dont les coûts sociaux, économiques, psychologiques et politiques dépassent de loin les bénéfices. Il est question des pertes d’emploi, des tragédies familiales et personnelles qui s’ensuivent, de l’isolement de certaines personnes, des troubles mentaux en hausse, des soins reportés et des décès prématurés occasionnés, etc. Ces tragédies ne sont pas les conséquences du Covid, elles sont les conséquences de la gestion de l’épidémie, du confinement, de la restriction des contacts, du couvre-feu, mais avant tout elles sont la conséquence du manque de moyens hospitaliers, car un financement à la hauteur des exigences de la situation aurait permis et permettrait de se passer de ces mesures surréalistes.

Certains ne se sentent pas concernés par ce débat. Soit parce que pour eux les mesures sanitaires changent peu leur quotidien, soit parce qu’ils ne les respectent qu’en apparence et ne restreignent en réalité pas tellement leurs contacts. Les premiers ont du mal à imaginer que leur mode de vie n’est pas généralisable à tous : pourtant, les jeunes, les personnes extraverties, les personnes seules, les personnes âgées, les personnes mal dans leur peau, les personnes malheureuses dans leurs foyers ont besoin de stimulations sociales pour conserver leur équilibre psychologique. Les seconds, qui acceptent les mesures actuelles parce qu’ils continuent à socialiser dans la clandestinité, ne se disent pas que si les moyens de répression se développent, ils ne pourront plus trouver d’échappatoire. Or la technologie actuelle offre la possibilité de développer les moyens de surveillance et de répression (drones, applications de traçage…) et le droit pourrait par exemple, comme au Québec, donner la possibilité à la police de pénétrer dans nos domiciles pour vérifier l’application des mesures[note].

Allons-nous obéir, laisser faire et accepter l’ultimatum imposé (le chantage) dans l’espoir que les promesses de retour à la vie normale soient tenues ? Ou allons-nous comprendre que l’espoir de retourner à une vie normale ne pourra se concrétiser que si nous prenons la décision de retourner à cette vie normale et si nous nous autorisons à contester le basculement éthique totalitaire en cours et à revendiquer un équilibre de valeurs qui, toutes sans exception, promeuvent une vie digne et pleinement humaine ?

Valérie Tilman, philosophe et enseignante

La course aux milliards du Covid-19

Alors que l’on tente de nous faire croire qu’un futur vaccin serait le Graal, la panacée qui sauvera l’humanité d’une extinction par le Covid-19, les médias qualifient de complotistes ceux qui dévoilent les conflits d’intérêts qui font douter des beaux discours sur la priorité donnée à notre santé. S’interroger sur la décence de profits énormes attendus suite au malheur collectif semble insupportable pour les sphères proches du pouvoir. Pourtant, ces liens qui unissent les gouvernements avec les multinationales pharmaceutiques sont au cœur du problème. Il demeure donc plus que jamais essentiel de savoir qui parle et qui décide de notre avenir. Car nous ne pouvons raisonnablement écouter et croire ceux qui œuvrent pour un intérêt privé maquillé en bien commun.

C’est en 2017, lors du Forum économique mondial, dit Forum de Davos, que l’organisation de la gestion à venir de futures pandémies prit naissance sous le nom de « Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies ». Derrière l’acronyme CEPI, on trouve des États comme la Norvège ou le Japon, la Fondation Bill & Melinda Gates ou encore le Wellcome Trust, fondation caritative médicale la plus riche après celle de Gates. Du PPP (partenariat public-privé) classique, fortement soutenu par l’OMS pour accélérer le développement d’un vaccin. Bill Gates, principal mécène de l’OMS, dira à propos des vaccins qu’ils sont « le meilleur investissement qu’il n’avait jamais fait[note] ». Il ne pouvait dès lors pas mieux faire que de s’allier à l’organisation onusienne.

Les Belges Peter Piot, directeur de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres, et Paul Stoffels, directeur scientifique de Johnson & Johnson, sont deux des instigateurs de la CEPI. Le premier, grand bienfaiteur de l’humanité, est un développeur zélé du vaccin : « Aujourd’hui, on s’active dans le monde entier pour développer au plus vite un vaccin sûr et efficace contre le Covid-19. À ce moment seulement, nous pourrons dire que nous avons vraiment vaincu le virus. La CEPI joue à cet égard un rôle central en tant que coalition internationale de partenaires publics et privés. La contribution de la Belgique va accélérer la recherche d’un vaccin ». Nommé conseiller spécial de la Commission européenne sur le nouveau Coronavirus par Ursula Von Der Leyen[note], le microbiologiste belge a également les faveurs de Bill Gates : « Il y a peu de gens dont j’ai plus appris au cours des années – spécialement sur les virus – que Peter Piot. »[note]

La CEPI, c’est quoi ?

Quand on s’arrête un instant sur le profil de la CEPI, on découvre qu’elle est étroitement liée à des organismes comme Gavi, Inovio, la Fondation Bill & Melinda Gates ou encore Moderna.

  • Inovio, entreprise spécialisée dans les biotechnologies, qui travaile sur l’ADN, et a notamment comme partenaires : AstraZeneca, Beijing Advaccine Biotechnology, International Vaccine Institute, Regeneron, Genentech, le Département de la Défense américain, ou encore la CEPI et la Fondation Gates. Selon Inovio, en décembre 2019, ses experts du Coronavirus apprennent l’existence d’un nouveau Coronavirus à Wuhan. Inovio reçoit :

le 23 janvier 2020, 9 millions $ de la CEPI : cet argent permet de lancer la première phase d’expérimentation d’INO-4800, le nouveau vaccin d’Inovio, lequel injecte un code génétique ADN dans l’organisme de la personne dans le but de déclencher une réponse immunitaire spécifique contre le coronavirus SARS-CoV-2 ;

le 12 mars, 5 millions $ de la Fondation Gates ;

le 26 mars et en juin/juillet 2020, respectivement 11.9 millions $ et 71 millions $ de la Défense américaine[note] ;

– la phase 2 du Vaccin d’Inovio INO-4800 se fera en collaboration avec Advaccine en Chine ainsi qu’avec IVI en Corée; pour cette phase lancée en juin 2020, la CEPI fera un don de 7,3 millions $ à Inovio.

  • Gavi, The Vaccine Alliance, dont les membres fondateurs sont l’OMS, l’Unicef, la Banque mondiale et… la Fondation Bill & Melinda Gates. Pour lancer Gavi, la Fondation lui a donné 750 millions $. Depuis cette date, ce sont plus de 4 milliards $ au total qu’elle recevra[note]. Le 4 juin 2020, la fondation annonçait faire un don de 1,6 milliard $ à Gavi, The Vaccine Alliance, « pour protéger les générations futures avec des vaccins vitaux »[note]. Gavi vise « le façonnage du marché des vaccins » et la Fondation Gates y contribue par un rôle « à la fois technique et financier. Elle contribue à recueillir des données servant à guider nos prises de décision et apporte des fonds. La Fondation investit dans des activités allant de la découverte à la fourniture de vaccins en passant par leur mise au point, tout en encourageant l’innovation de produits et de nouveaux entrants à se lancer sur le marché »[note]. On leur dirait merci si ce n’était que leur fortune provenait d’un premier pillage : « l’accumulation de richesse nourrit le « philanthrocapitalisme » ».[note]
  • Moderna, entreprise cotée en bourse qui, en mars 2019, a perçu 1,05 milliard $ de la fondation Bill & Melinda Gates. Le directeur de Moderna, Stéphane Bancel, est un homme d’affaires et milliardaire français, PDG et propriétaire de 9% de Moderna, une société américaine de biotechnologie, comme l’indique sa page Wikipedia. Le Covid-19 l’a amplement aidé à accroître sa fortune : « En 2020, alors que le cours de l’action Moderna augmentait à la nouvelle de l’imminence d’essais humains de phase 2 pour son potentiel vaccin Covid-19, ses parts dans Moderna en ont fait un milliardaire en dollars. Le 18 mai 2020, lorsque le cours de l’action plafonnait à 80 $, sa part de Moderna valait 2,5 milliards $ »[note]. Ça a du bon, les épidémies… pour certains. Stéphane Bancel fait également partie du fonds de capital Flagship Ventureset[note] et a été, notamment, président de BG Medicine[note]. Il a également occupé le poste de Managing director de Eli Lilly Belgium[note], connue pour le célèbre et décrié antidépresseur Prozac, firme dont une succursale belge était située, avant qu’elle ne ferme, dans le zoning industriel de l’UCL.

Ce 21 octobre, on apprend sur le site de Boursorama, que « le directeur général de Moderna, a indiqué que le gouvernement américain pourrait autoriser l’autorisation d’urgence de son vaccin expérimental contre le Covid-19 en décembre si la biotech obtenait des résultats intermédiaires positifs en novembre d’un vaste essai clinique »[note]. Dans la « course au vaccin », où celui qui arrivera premier s’assurera une manne inédite, Pfizer concourt aussi. Les deux sont pressés et solliciteront une autorisation d’urgence pour une commercialisation tout aussi urgente. L’argent n’attend pas. Face à cela, les autorités publiques prendront-elles en compte que « la technologie de Moderna, fondée sur l’ARN messager, n’a jamais prouvé son efficacité contre d’autres virus », et que « de précédents travaux utilisant cette technologie ont eu un effet contraire à celui désiré, en rendant les receveurs davantage susceptibles d’être infectés[note] » ? Pas grave, Bigpharma a déjà oeuvré en coulisse pour éviter toutes poursuites dans le cas où le vaccin contre le Covid-19 devait avoir des effets secondaires nocifs[note].

« En 2020, alors que le cours de l’action Moderna augmentait à la nouvelle de l’imminence d’essais humains de phase 2 pour son potentiel vaccin Covid-19, ses parts dans Moderna en ont fait un milliardaire en dollars. Le 18 mai 2020, lorsque le cours de l’action plafonnait à 80 $, sa part de Moderna valait 2,5 milliards $ »

CEPI(re) que vous pensez

Revenons à la CEPI. On y trouve également Luc Debruyne, où il est strategic advisor. Sur sa page Linkedin, on le présente comme un « business leader » avec plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie des sciences de la vie, il a « ces 5 dernières années dirigé l’activité mondiale des vaccins pour GSK et a été membre de l’équipe GSK Corporate Exec, augmentant les revenus de plus de 7 milliards $ en 2018 et faisant de GSK le numéro un mondial des vaccins ». Il a développé des liens étroits avec les gouvernements, les ONG et les institutions académiques.

Luc Debruyne est, comme Peter Piot, membre du conseil consultatif institutionnel de l’Institut flamand pour les biotechnologies (VIB), une société qui considère « la science comme un moteur pour la croissance économique » dont 51% des revenus proviennent du gouvernement flamand et 49% d’autres sources, notamment privées. En lien avec plusieurs universités (Gent, Hasselt, KU Leuven, Université Libre de Bruxelles, Anvers), elle est à l’origine de plusieurs spin-off, c’est-à-dire des structures qui établissent des ponts entre la recherche publique universitaire et l’innovation privée, pour en faire des business model selon la logique bien connue de la socialisation des coûts et la privatisation des bénéfices. Comme Le VIB l’exprime sur son site internet, « le transfert de technologie est fermement ancré dans la mission du VIB. La recherche du VIB permet d’acquérir des connaissances nouvelles et innovantes sur les processus de la vie, ce qui profite à la société dans son ensemble [sic]. Notre équipe Innovation & Business se concentre sur la traduction des résultats de la recherche en divers nouveaux produits, innovations agricoles, médicaments et thérapies qui améliorent la vie ». La vie de qui ? Il faudra préciser. C’est le même organisme qui recevra l’autorisation d’expérimenter la culture d’un maïs OGM et qui en mars 2020 annoncera avoir développé un anticorps capable de neutraliser le virus Covid-19.

« Pas de temps à perdre »

Si Moderna et Stéphane Bancel sont pressés, Alexander De Croo aussi, tous ceux-là courant sans doute après la même chose. Ce dernier exprimera : « Ce coronavirus mortel se propage à toute vitesse. Si nous voulons sauver des vies humaines, nous devons aussi accélérer le développement de vaccins. La CEPI voudrait procéder à des essais cliniques dans un délai de 4 mois. C’est nettement moins que le délai habituel. Nous n’avons pas de temps à perdre »[note]. La diplomatie belge ne pouvant être plus claire : « La Belgique a adhéré à la CEPI sous l’impulsion du ministre De Croo en 2017. Cette coalition mondiale se fixe pour objectif de faciliter la mise à disposition de nouveaux vaccins contre des maladies infectieuses émergentes et d’ainsi réduire le risque de pandémies à l’avenir ». Quelle clairvoyance, n’est-ce pas ? Bill Gates doit être fier de son poulain[note].

Photo Belga

Pour certains, faire de l’argent dispense de tout principe moral, développer son entreprise et rétribuer ses actionnaires avec l’argent public ne constitue donc pas une limite. La coalition lancée à Davos qui finance la recherche pour le vaccin Covid-19, Bill Gates en maître de cérémonie, compte donc parmi ses membres Luc Debruyne, strategic advisor, mais aussi ancien président de Global Vaccines chez GSK. Il y en a des choses qui se passent au Forum économique mondial, n’est-ce pas ? Alexander De Croo en sait quelque chose, lui qui en 2013 fut nommé Vice-président du Conseil de l’agenda mondial du Forum économique mondial sur le vieillissement, et fera partie de la promotion 2015 des jeunes leaders mondiaux du même Forum[note]. Dans un article sur le site de ce dernier, « Ce que vous devez savoir à propos de la pandémie de Coronavirus le 20 octobre », le mensonge du Premier ministre lors de la conférence de presse du 15 octobre est pris comme preuve du réel[note] : « La situation est sérieuse. Elle est pire que le 18 mars lorsque le confinement a été décidé ». À quoi nous prépare-t-il ?

La Belgique donne 5 millions € à un organisme, le CEPI, composé d’entreprises côtées en bourse qui font des millions sur le Covid

Revenons à la CEPI, car cela ne s’arrête pas là. Outre qu’elle est largement subsidiée par la Fondation Bill & Melinda Gates, elle a également perçu 5 millions € du gouvernement belge[note]. L’argent public se retrouve finalement, par l’intermédiaire du financement de la CEPI, transféré à la plateforme GSK/Cover, et en vient donc à subsidier le privé[note]. Cela nous rappelle le cas de Pascal Lizin, « à la fois Président de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), organisme belge, et directeur chez GSK comme principal responsable du lobbying (…) SFPI [qui] élargit ses « priorités stratégiques », en 2012. Parmi les « opportunités d’investissement que recherche la SFPI », Vesalius Biocapital I (fonds d’investissement – innovations médicales) où a travaillé Philippe de Backer »[note]. Tout est à l’avenant… Sophie Wilmès parlera à ce sujet de privacy, les médias à la solde du pouvoir politique et financier, de « théories complotistes »[note]. Nous nommons ces mélanges incestueux et indécents « conflits d’intérêts », à la lumière desquels aucune des mesures prises par le gouvernement belge contre le Covid-19 ne peut avoir de crédibilité, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

GSK, la Chine et la CEPI

En juin 2020, GSK et Clover Biopharmaceuticals, cette dernière basée en Chine, annoncent que la phase 1 des essais cliniques humains pour un vaccin contre le Covid-19 débute, alors que la collaboration entre les deux avait été annoncée dès février 2020[note]. Thomas Breuer, Vice-président principal et médecin-chef de GSK Vaccines, compte sur la production d’un vaccin à grande échelle. Qui finance ce programme ? La CEPI.

À la lumière des multiples conflits d’intérêts des politiciens, aucune des mesures prises par le gouvernement belge contre le Covid-19 ne peut avoir de crédibilité, qu’elle soit bonne ou mauvaise

Autre membre de la CEPI, auprès du comité scientifique : Michel De Wilde[note]. Membre également du comité scientifique de Curevag, de VBI Vaccines, ancien vice-président de Smithkline Bilogicales (maintenant GSK Vaccines), passé par Sanofi, il est le propriétaire de MDWConsultant, LLC. Curevag « aligné sur les intérêts de nos actionnaires », financé largement par la Fondation Bill & Melinda Gates[note], a dans son conseil de surveillance deux Belges dont les noms reviennent souvent. Son président n’est autre que Jean Stéphenne, anobli par l’État belge et désormais baron, ancien président de GSK Biologicals, mais aussi président de l’Union wallonne des entreprises. Lequel il y a quelques mois « avait l’indécence de demander aux citoyens de soutenir financièrement l’UCL »[note]. Il a également été président de Besix, Bone Therapeutics, Vaxxilon, Bepharbel, Nanocyl. Y aurait-il un excès langagier à parler de parasites ?[note]

Les médias n’en diront rien, ou très peu, tant les groupes auxquels ils appartiennent sont liés à des investissements dans le secteur médical. Le Soir par exemple, est entré dans le capital de la société belge Redpharma qui conseille notamment GSK, Sanofi, Roche, Nestlé, Johnson & Johnson, Merck, etc.

Vous avez la nausée ? Ce n’est pas le Covid, rassurez-vous.

Communiqué de presse de Santé en lutte

Philippe Close refuse l’interpellation publique au sujet des 35 arrestations abusives rue de la Régence

Une demande d’interpellation à la Commune de Bruxelles a été déposée au sujet des violences policières qui se sont déroulées lors de la manifestation pour la Santé du 13/09/2020, notamment rue de la Régence où 35 personnes ont été brutalement arrêtées sans que cela ne se justifie. Celle-ci a été refusée par M. Close. Malgré les plaintes au Comité P et au judiciaire, malgré les enquêtes journalistiques, malgré les images et malgré cette interpellation d’une quarantaine de bruxellois-es, M. Close a choisi de ne pas prendre en compte les victimes de ces violences et de s’en tenir à la seule version de la police. Nous renouvelons donc notre demande à être reçu-es au Conseil communal lundi 19 octobre.

Nous avons déposé à la Commune de Bruxelles  le 9/10/2020 une interpellation soutenue par une quarantaine de citoyen-nes bruxellois-ses en vue d’obtenir des réponses et de lancer un débat au sujet des violences policières qui se sont déroulées lors de la manifestation pour la Santé du 13/09/2020 notamment rue de la Régence où 35 personnes ont été brutalement arrêtées sans que cela ne se justifie.

Pour rappel, les faits évoqués ont donné lieu à au moins 11 plaintes au Comité P (à notre connaissance 8 ont déjà suscité une enquête). Une plainte contre X a été déposée pour « coups, blessures et détention arbitraire » au Parquet par trois des personnes arrêtées. Un signalement a été effectué au Délégué général au droit de l’enfant concernant les arrestations de mineurs dont les parents n’ont jamais été prévenus de la détention de leur enfants (c’est illégal). Un photographe suivant la police s’est permis de gazer un homme interpellé au sol (c’est illégal) sans que la police ne réagisse. Des images diffusées par LN24 montre l’intensité des violences rue de la Régence (à partir de 0:09). Plusieurs articles ont paru dans la presse retraçant le déroulé de la journée et des détails de ces violences policières. Enfin, donc, une quarantaine de citoyen-nes bruxellois-es ont demandé à la Commune de Bruxelles une interpellation sur ces questions déposée dans les règles le 9/10/2020.

Malgré ces éléments, M. Close a choisi de suivre uniquement la version officielle de la police. Dans celle-ci, les personnes arrêtées rue de la Régence auraient voulu « reformer un cortège » et la police aurait arrêté des gens qui se sont rendues coupable de violences. Or, ce 13 septembre, la rue est calme avant l’intervention de la police. Nous ne faisions que circuler sur la voie publique ! Et nous mettons au défi M. Le Bourgmestre et sa police de prouver tout faits de violence dans le chef des personnes arrêtées ! Pour rappel, rue de la Régence, la manifestation est terminée et les gens – pacifiques – rentrent chez eux. Une bonne partie des personnes « confinées » et chargés sont des touristes, des passant-es, des familles ! Une bonne partie des gens arrêtés ne savaient même pas qu’il y avait une manifestation !

Dans un mail de réponse ci-joint, M. Close ne répond aucunement à nos légitimes interrogations. Il se contente de juger notre demande irrecevable car elle ne relèverait pas de la compétence communale, arguant que le fichage ne serait pas une question d’intérêt général et que seule la version de la police résumerait les évènements du 13/09/2020. 

Or, la zone de police est constituée par des communes. Les bourgmestres sont chef de la police et responsables de ce qui se passe sur leur territoire communal. Le Bourgmestre est donc totalement compétent pour répondre à notre interpellation. Qui d’autres pour nous répondre sinon lui ?

M. Close refuse pour le moment de prendre en compte le récit des victimes de ces violences, les plaintes déposées, les irrégularités de cette opération, l’usage disproportionnée de la force et ce, au profit de la seule version policière. Nous l’invitons à compléter son analyse partielle et partiale de la situation en nous recevant. 

Nos questions sont légitimes et d’intérêt général, et elles concernent au premier chef les Bruxellois-ses chez qui ont lieu de nombreuses manifestations toute l’année. Y compris la question du fichage qui risque de dissuader les Bruxellois-ses de manifester par intimidation. Quel signal le Bourgmestre souhaite-t-il dès lors envoyer à sa population et à sa police ?  

Toutes ces questions méritent un débat publicisé et nous, victimes de ces abus policiers, des réponses plus circonstanciées.

Malgré ce qui nous est apparu comme une violence arbitraire de la part de ceux qui sont là pour veiller au maintien de l’ordre, nous continuons de croire aux outils démocratiques dont l’interpellation au Conseil communal en est un des exemples. Nous la voir définitivement refusée constituerait à nos yeux un second déni de démocratie. 

Nous demandons donc à être reçu-es au conseil communal de ce 19 octobre 2020 pour y lire notre interpellation et entendre les réponses du Bourgmestre et du Conseil communal. 

Nous demandons également que l’évaluation des opérations policières de maintien de l’ordre du 13/09/2020 la Commune a, nous l’espérons, demandée soit rendue publique.

Les faits qui ont eu lieu sont graves pour la démocratie et nous demandons des éclaircissements en conséquence.

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN

—> Un rassemblement de soutien à l’interpellation et pour évoquer les violences policières du 13/09/2020 est organisé par une série d’organisations (La Santé en lutte, CADTM, Quarantine watch, Students for climate…) est prévu le lundi 19 octobre 2020 à 16h devant l’Hôtel de Ville de Bruxelles. https://www.facebook.com/events/326631758642053

Collectif Rue de la Régence 

Le Collectif Rue de la Régence est un collectif de personnes interpellées le 13/09/2020 rue de la Régence et de témoins choqué-es par ces arrestations abusives. Il cherche à établir les faits et obtenir des éclaircissements sur ce déni de démocratie qui menace nos droits de circuler et de manifester.

Contact : Aurélien Berthier – 0494 527 660 – Cheyenne Jorquera – 0477 29 87 57

FB : https://www.facebook.com/CollectifRuedelaRegence

À propos des tests par PCR. Lettre ouverte à mes collègues qui conseillent nos gouvernements

Par le Prof. Dr. Martin ZIZI, MD-PhD, Biophysicien. Ancien Directeur Scientifique Médical à la Défense belge, Ancien Directeur de la Division Épidémiologie et Biostatistiques, Ancien Président du Comité Éthique BE Def.

Je mets au défi tout scientifique belge ou étranger de démontrer que mes explications sur ces tests PCR, selon que l’on soit symptomatique ou non, sont erronées

Depuis un peu plus de 2 semaines, la plupart des pays de l’UE confinent à nouveau leurs citoyens, en justifiant ces mesures comme nécessaires pour limiter la propagation humaine d’un virus qui n’est même pas propre aux hommes[note]. Le plus troublant est que ces mesures sont justifiées sur base des résultats qui mesurent la présence du virus au moyen d’une technique de détection génétique appelée PCR (pour Polymerase Chain Reaction en Anglais). On n’entend pourtant pas dans les « grands » médias que ces mesures utilisées hors contexte ne permettent pas de tirer des conclusions sur de réelles bases scientifiques ou médicales.

C’est uniquement en fonction des résultats au test PCR que l’on décide si une zone sera considérée comme zone de danger ou non, et doit donc être décrétée « rouge » ou « verte ». C’est également sur cette base que l’on décide si quelqu’un doit se mettre en quarantaine ou non ; sur cette base que l’on décide du bien-être économique et social des populations de toute une planète. C’est sur cette base que l’on décide de mettre sur la paille restaurateurs, artistes, théâtres, coiffeurs, manucures et une foule d’autres métiers. C’est sur cette base que l’on décide de fermer ou ouvrir les écoles, et de priver les enfants de la nécessité de jouer pour apprendre…

Pourtant, à de nombreuses reprises déjà, des voix de scientifiques se sont élevées pour critiquer le mauvais usage de ces tests. Les experts se sont alors livrés à des joutes statistiques aussi inutiles que destructrices, en parlant des résultats faussement positifs ou faussement négatifs, alors que c’est l’utilité même des tests PCR qui est en cause, et c’est leur utilisation à grande échelle à des fins de dépistage qui nous a mis dans ces situations ridicules. En plus d’être extrêmes et antidémocratiques, comme l’ont signalé des juristes et des sociologues, ces mesures de confinement n’ont donc pas de réelle base médicale ou scientifique.

Les experts se sont alors livrés à des joutes statistiques aussi inutiles que destructrices, en parlant des résultats faussement positifs ou faussement négatifs, alors que c’est l’utilité même des tests PCR qui est en cause

De l’utilité de la PCR en fonction des symptômes

Je suis Médecin, Biologiste moléculaire et Biophysicien, mais également l’ancien Directeur de la Division Épidémiologie et Biostatistiques du Département de la Défense belge. Des PCR, mon labo en a fait pendant des années, et je me porte en faux contre les informations qui nous sont servies quotidiennement depuis le mois de mars 2020.

La PCR est donc utilisée afin de dépister le COVID. Cette méthode pourtant ne détecte que la présence des gènes du virus SARS-CoV-2, mais en aucun cas n’informe sur la condition physique de la personne testée. Pour être plus clair, la situation et l’utilité de ces tests PCR (qui mesurent la présence des gènes viraux) varient selon que la personne testée a des symptômes ou non. Si cette personne n’a pas de symptômes, un résultat positif ne signifie rien en termes de maladie et rien en termes de contagion.

Cette méthode pourtant ne détecte que la présence des gènes du virus SARS-CoV-2, mais en aucun cas n’informe sur la condition physique de la personne testée

Un tel résultat positif peut signifier que cette personne est soit porteuse du virus actif, ou soit que cette personne est porteuse d’un virus inactif – donc NON infectant, et donc qu’il n’y a aucun danger. Cette même personne – positive pour la PCR – peut aussi tomber malade et être contagieuse, ou ne pas tomber malade et donc ne pas être contagieuse. Car il faut un certain nombre de virus pour tomber malade, et la PCR peut en mesurer 3 ou 4, ou 10, ce qui n’est pas une dose suffisante pour devenir malade. Donc l’utilité médicale et sociale de la PCR en l’absence de tout symptôme est quasi nulle.

Si cette personne a des symptômes, la situation est fort différente. Un test PCR positif permet alors de confirmer que cette personne est malade du SARS et non pas d’un autre virus (une grippe par exemple), ou permet de confirmer que plus d’un virus est présent en même temps. Ceci est utile pour établir de bonnes statistiques médicales fiables.

L’utilité médicale et sociale de la PCR en l’absence de tout symptôme est quasi nulle

En conclusion, la PCR est un outil de confirmation diagnostique et pas un outil de screening de masse. En outre, elle coûte fort cher et nécessite une infrastructure de laboratoire, et des techniciens spécialisés.

Des PCR positives sur des personnes asymptomatiques (tels que les fameux contacts que l’on traque) ne sont donc en aucun cas une mesure médicale et scientifique du danger pour eux ou leurs proches. Ceci n’est pas une opinion, mais repose sur toute une littérature scientifique et des faits solides et démontrables et donc, afin de couper court à tout faux débat aussi inutile que délétère, je mets au défi tout scientifique belge ou étranger de démontrer que mes explications sur ces tests PCR, selon que l’on soit symptomatique ou non, sont erronées. Que la réalité soit connue de tous ! Et que l’on ne vienne pas avec des articulets publiés sous pression médiatique depuis mars, la PCR existe depuis 1985, ses avantages, limites et inconvénients ne datent donc pas d’hier.

Aucune légitimité à déclarer des « zones rouges »

Les tests PCR ont certes leur place en Santé publique, ils mesurent la présence du virus, peuvent confirmer un diagnostic, et donc peuvent servir d’outil logistique pour allouer des moyens, mais les faire passer pour une mesure d’un danger potentiel et donc de déclarer certaines zones, villes ou pays « verts » ou « rouges », est incorrect et médicalement faux. Et les jeter en pâture journalière à une population qui a besoin de clarté et de leadership, ne contribue en rien à une bonne gestion du risque.

À part créer, et surtout entretenir, le sentiment de panique, d’incompréhension et de résignation au sein des populations, la PCR utilisée hors de ce contexte des patients malades nous a conduits à son abus massif – abus coûteux en temps et en ressources en plus.

La seule vraie mesure du danger posé par ce virus est le fameux IFR (Infection Fatality Rate), c’est-à-dire le taux de mortalité calculé en tenant compte à la fois des personnes symptomatiques, mais aussi des personnes asymptomatiques, et la seule manière d’identifier ceux-ci est par testing randomisé au sein d’un échantillon représentatif de la population. Il n’est en effet nul besoin de tester tout le monde pour calculer un tel IFR. Ces tests doivent être des tests sérologiques, pas des PCR. La question de leur date par rapport au moment de l’infection n’est même pas pertinente, car le but de ces tests est précisément d’être randomisés et donc de capturer l’état d’une population à un moment donné – que les personnes testées soient malades ou non. Ceci est donc bien aussi simple que cela y paraît.

Après plus de 10 mois de crise, il est légitime de poser la question de l’absence de la SEULE mesure du danger réel, qui seule permettrait de pratiquer une gestion saine des risques. Pour la bonne information des lecteurs, de telles mesures ont déjà été effectuées dans divers pays à plusieurs reprises, selon les normes et pratiques standards en la matière, et les résultats montrent les taux de mortalité réels, donc de danger lié à COVID, qui oscillent entre 0.3 et 0.6% et sont donc bien loin des 3 à 5% rapportés par toute la presse, et par certains experts jusqu’au-boutistes ou ivres de leur nouvelle puissance médiatique[note].

Après plus de 10 mois de crise, il est légitime de poser la question de l’absence de la SEULE mesure du danger réel, qui seule permettrait de pratiquer une gestion saine des risques

Faire passer les autres scientifiques qui ont tenté de garder la tête froide pour des gens mal informés n’est peut-être pas la meilleure façon pour la presse de défendre l’Intérêt général. Il est surprenant que les professionnels de la Santé et de nombreux biologistes moléculaires restent silencieux à ce sujet. Certains ont dit avoir peur, face à ce battage médiatique erroné, ce qui est un comble dans une démocratie. Je n’ai pas peur et j’ai ma conscience comme guide.

Je le répète une dernière fois : je mets au défi tout scientifique de démontrer que mes explications sur les tests PCR utilisées chez des personnes sans symptômes sont fausses – et en l’absence de cela, il est temps d’exiger de modifier fondamentalement nos approches pour les mettre en phase avec une bonne gestion des risques.

Il est plus que temps de s’occuper des gens au lieu de s’occuper – tels des savants fous – des chiffres ! Que Bruxelles ou Anvers aient plus de PCR positives sur des personnes asymptomatiques qu’un village en Gaume, ne signifie rien, absolument rien en termes de gestion du risque. Et je ne parle même pas du taux fort élevé de faux positifs qui sont propres à la PCR, je laisse cela aux experts…

Le problème n’est pas de savoir qui – entre Anvers et Bruxelles – gère mieux cette crise. Économisez vos sous, et au lieu de faire des PCR sur les contacts que l’on traque, réservez-les pour les patients qui ont des symptômes, ce qui permettra aux médecins d’avoir des statistiques utiles à vous fournir pour vous aider à gérer cette crise avec honnêteté intellectuelle et efficacité.

Qui relève le défi ?

La Déclaration de Great Barrington

L’immunité grandissant dans la population, le risque d’infection baisse pour tout le monde, y compris les plus vulnérables. Nous savons que toutes les populations vont finir par atteindre l’immunité collective

Une approche à la fois compassionnelle et prenant en compte les risques et les bénéfices consiste à autoriser celles et ceux qui ont le moins de risques de mourir du virus de vivre leurs vies normalement afin qu’ils fabriquent de l’immunité au travers d’infections naturelles tout en protégeant celles et ceux qui ont le plus de risques de mourir. Nous appelons cela la Protection Focalisée (Focused Protection).

Une déclaration de plus contre les mesures politiques anti-Covid-19.

Un article « complotiste » sur le nouveau gouvernement *

Depuis quelques jours, la Belgique est dotée d’un gouvernement de plein exercice, la confiance lui ayant été accordée au Parlement par une bonne majorité de députés. Il est composé d’hommes et de femmes appartenant aux sept partis qui ont décidé de s’unir pour diriger le pays. Au-delà de la belle photo de famille, qui se cache derrière ces acteurs politiques ?

Si la Belgique s’illustre par son ouverture en comptant une ministre – de la Fonction publique – transgenre, Petra De Sutter, gynécologue, reconnue mondialement dans cette spécialité, sans antécédents judiciaires connus, qui a exercé ses fonctions politiques chez Groen sans problème (elle dame le pion à Christophe Calvo en lui prenant son poste de ministre, mais il s’agit là de popote interne aux écolos), dans un même temps, la focalisation médiatique sur sa vie privée, offre une douce distraction qui permet de ne pas parler de ses collègues. Pourtant, il y a matière…

Parmi les hommes et les femmes politiques qui font partie de cette équipe ministérielle, un nombre important mérite qu’on s’y attarde, qu’on déterre leur passé et rappelle leur pedigree.

Népotisme…

On définit le terme népotisme par l’abus qu’une personne en place fait de son influence en faveur de sa famille, de ses amis. Sur ce plan-là, avec De Croo et ses copains-copines, on atteint la cime:

  • Alexander De Croo, le nouveau Premier ministre, est le fils d’Herman De Croo, ancien ministre;
  • Mathieu Michel est le frère de l’ancien Premier ministre Charles Michel, tous les deux fils de Louis Michel, ancien ministre des Affaires étrangères;
  • Ludivine Dedonder, ministre de la Défense, est la compagne du bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois;
  • Sarah Schlitz, secrétaire d’État à l’égalité des genres, des chances et de la diversité, est la petite fille d’un ancien bourgmestre de Liège, Henri Schlitz.

Ajoutons à cela que nombre de nos ministres étaient déjà présents dans l’ancien gouvernement. Alexander De Croo était par exemple ministre des Finances. Il avait donc autorité sur l’Inspection spéciale des Impôts (Isi). Le simple nom prononcé de celle-ci fait blêmir. Elle est réputée redoutable. Est-ce que le ministre De Croo lui a laissé les coudées franches pour traquer la fraude fiscale ?

En fait, il a réduit les efforts de l’Isi à néant en nommant un certain Yannic Hulot à sa tête[note]. L’homme est d’origine wallonne, mais son épouse appartient à la famille Moorkens. Cette dernière est réputée membre de l’aristocratie économique flamande. « De rijkste belgen » classe cette famille et son groupe Alcopa comme 376ème fortune de Belgique avec un capital de 50.419.000€. Le patron de l’Isi passe donc ses week-ends entre Knokke et Verbier… Le garde-chasse partage donc aussi son temps avec les braconniers. Inutile alors de dire qu’Hulot a détruit toutes tentatives de faire éclater la vérité concernant l’évasion fiscale des grandes familles flamandes. Ne sommes-nous pas en plein dans la définition du népotisme ?

Alexander De Croo a réduit les efforts de l’Inspection spéciale des impôts à néant en nommant Yannic Hulot à sa tête, dont l’épouse appartient à la famille Moorkens, 376e fortune de Belgique avec un capital de 50.419.000 €

Sous le règne de De Croo, les lanceurs d’alertes susceptibles de donner des renseignements sur l’évasion fiscale massive en Flandres, n’étaient pas les bienvenus.

et autres scandales

Nous avons aussi un nouveau secrétaire d’État du nom de Thomas Dermine. Un vrai petit prodige. Bardé de diplômes, il a fait Harvard, a dirigé l’institut Émile Vandervelde (le centre d’étude du parti socialiste.) Il a même été élu « Wallon de l’année. » Grâce à lui, on a trouvé comment recaser le site Caterpillar à Gosselies. Moyennant le payement de 50 millions d’euros sur un compte dans un paradis fiscal (British Virgin Island), une société chinoise du nom de Thunder Power fabriquant des voitures électriques allait s’installer dans la plus grande ville wallonne. Pourtant, pas le moindre Chinois en vue – si vous tentez de faire la même chose, vous devriez avoir des problèmes avec l’Isi, dont on vient de parler. Malgré que le dossier a été étudié par la Sogepa et une grande société de consultance, Deloitte… La facture de cette dernière constitue déjà un scandale en soi. Personne ne sait si tout ou partie des 50 millions ont été versés. A quand la prochaine bourde de Monsieur Dermine ? Pour autant qu’il s’agisse d’une bourde…

Mathieu Michel, le « fils de » et « frère de », que l’on vient d’évoquer, devient secrétaire d’État. Mais de quoi va-t-il s’occuper dans le nouveau gouvernement? Officiellement, il devient secrétaire d’État en charge de l’Agenda digital et du numérique. Cela laisse rêveur lorsqu’on voit la médiocrité de son propre site internet. Mais une autre compétence lui revient : la Régie des bâtiments. Celle-ci est responsable du parc immobilier de l’État belge. Didier Reynders et son complice, Jean-Claude Fontinoy, avaient vendu à vil prix à des promoteurs véreux et moyennant des commissions occultes une partie de ce parc immobilier. Le clan Michel aura décidé que c’était son tour, probablement.

Le nouveau ministre de la Santé s’appelle Frank Vandenbroucke. Il s’agit d’un intellectuel de haut vol, mais certains n’ont pas oublié qu’il a démissionné du gouvernement Dehaene suite à son implication dans l’affaire Agusta. Cette affaire de corruption massive était liée à l’achat d’hélicoptères Agusta par l’armée belge. Vandenbroucke aurait fait brûler, d’après lui, cinq millions de francs belges, l’équivalent de la part des socialistes flamands dans l’enveloppe de corruption. On y croit…

Il est proprement hallucinant de voir revenir au poste de ministre de la Santé Monsieur Vandenbroucke, alors que de nombreux soupçons de corruption pèsent sur la politique belge face à l’attitude du gouvernement dans la lutte contre le Covid-19. Le problème de l’achat par la Belgique dans l’urgence d’un vaccin contre cette maladie s’ajoute à ceux liés aux analyses par les tests PCR, très critiquées. Ne parlons pas des scandales liés à l’achat de masques par la Belgique…

Il y aussi David Clarinval, Bourgmestre empêché de Bièvres, qui est soupçonné de conflits d’intérêts : il aurait privilégié la société à papa, Clarvinval construction, pour l’édification d’une salle communale (60.000€) ainsi que la buvette et les vestiaires du club de foot (140.000€)[note]. Mais non, ça doit être une erreur, hein, David, le politique travaille pour le bien commun, non ?

Reste encore Gilkinet, qui devient ministre de la Mobilité, avec autorité sur la SNCB, dirigée par Fontinoy. Ce dernier avait financé son moteur électoral : une marche gourmande dans le village de Mozet. Ou comment ne plus être embêté par celui qui, en tant que député, causa quelques tracas à toute la clique impliquée dans le Kazakhgate[note].

Les langues se délient également au MR suite aux différentes crises de confiance relatives à son président Georges-Louis Bouchez et aux nominations des responsables MR dans le nouveau gouvernement. « Image dégueulasse », « fonctionnement de clan mafieux », etc.

« Complotiste »… ou « nationaliste flamand »

En conclusion, toute personne qui critiquera ce nouveau gouvernement sera rapidement taxée de complotisme. Ou d’alliée du nationalisme flamand. En effet, la NVA et le Vlaams belang forment 80 % de l’opposition. Il y a pourtant matière à critique, avec un casting qui fait froid dans le dos : des ministres liés à des affaires de corruption gravissimes, d’autres « fils de » et/ou notoirement incompétents dans les domaines qui leur sont confiés, etc.

L’électeur flamand risque de voter sans pitié dans quelques années. Comment également allier l’eau et le feu avec le PTB, de tendance communiste? Nos nouveaux ministres le savent et pourraient être tentés par le chant des sirènes de la corruption, afin de s’enrichir au plus vite, conscient que cela ne va pas durer.

* Éviter de lire svp (ne pas jeter sur la voie publique, il pourrait être récupéré).

Bas les masques dans l’espace public ?

Quand la folie s’empare de nos vies

« Car les bribes d’information que l’on offre à ces familiers de la tyrannie mensongère sont normalement infectées de mensonge, incontrôlables, manipulées. Elles font plaisir pourtant à ceux qui y accèdent, car ils se sentent supérieurs à tous ceux qui ne savent rien. Elles ne valent du reste que pour faire mieux approuver la domination, et jamais pour la comprendre effectivement. Elles constituent le privilège des spectateurs de première classe : ceux qui ont la sottise de croire qu’ils peuvent comprendre quelque chose, non en se servant de ce qu’on leur cache, mais en croyant ce qu’on leur révèle. »

Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle

Depuis jeudi, minuit une, il vous est loisible de ne plus porter de masque à l’extérieur, cette règle variant au gré des régions, des villes, des communes[note]. Quelles seront les réactions de ceux qui, pour la plupart, ont souscrit aux injonctions gouvernementales? Cette question nécessite de connaître préalablement les raisons de l’obéissance. On peut se risquer à une classification des réactions face à l’obligation de port du masque – sans que chacune soit mutuellement exclusive :

Le sujet de l’État : passé par les bancs de l’école, les sièges de l’entreprise, les contrôles de police, ces mains des maîtres, il réagit aux ordres sans aucune autre considération que d’obéir. Chien de Pavloff de nos sociétés, s’il a des considérations morales, celles-ci sont secondaires face aux injonctions venues d’en haut. Il y a chez certains un plaisir de la position soumise, une facilité dans le fait de ne devoir ni décider ni penser. Ceux-ci admirent l’assujettissement, croyant par l’obéissance se rapprocher un peu du monde des puissants : comme si le fait d’être « en bas » et d’accepter la hiérarchie les approchait un peu du haut, ce monde des « décideurs » dont ils ne font pas partie. Ils sont les spécialistes de l’excès de zèle, ultra-conformistes qui élargiront de leur propre initiative les zones d’interdiction en portant le masque même là où on ne les y a pas obligés. Les écrits sur le totalitarisme en ont fait la description, car leur penchant pour la soumission en fait des alliés indéfectibles d’un ordre arbitraire. Ces sujets de l’État pousseront l’obéissance jusqu’à vérifier que les autres se soumettent, à l’instar de celui qui vous apostrophera dans les transports en commun pour vous dire que vous portez « mal » le masque, sous le nez, et que c’est interdit. Ceux-ci se justifieront en vous expliquant que c’est dans un souci altruiste qu’ils agissent, mais c’est surtout pour eux-mêmes qu’ils se font les relais zélés de la police. Délateurs et petites mains du pouvoir armé, ils sont ceux qui dans un groupe dont les membres auraient dû rester solidaires, dénoncent un coupable pour s’en tirer à bon compte.

Les conformistes : si la catégorie précédente s’y assimile évidemment, il existe une grande différence entre les deux : là où les premiers obéissent d’abord par une forme de résonance personnelle aux ordres qui, d’extérieur, en deviennent auto-injonctions – comme ces individus qui, seuls en rue et en pleine nuit, arborent le masque –, les seconds obéissent par mimétisme : ils font parce que les autres font. Propre à une société qui avec ses écoles et ses universités nous a d’abord appris à penser comme les autres, ces sujets ne réfléchissent plus par eux-mêmes, mais ont d’abord besoin de voir ce que l’autre fait pour savoir ce qu’ils peuvent penser. En somme, ils ne pensent plus. Boucle sans fin, le processus assure, dans un monde où la médiatisation de l’information est entre les mains des dominants, l’uniformisation idéologique.

Les angoissés : matraqués comme les autres par des actualisations heure par heure des « cas-covid », ils suivent l’évolution de la situation sanitaire comme le trader les cours de la bourse; incapable de se raisonner, tant la perspective angoissante de la mort a pris le contrôle sur leur capacité de penser. Si vous chutez devant eux en rue, même si leur conscience leur dit de vous porter secours, ils s’écarteront de votre route, guidés par la seule angoisse de la mort sur laquelle ils n’ont aucune prise. Le fait, pourtant inéluctable, de la mort, a pris plus d’importance du sens de ce qui la précède, à savoir la vie. Incapables de saisir toute la praxis qu’il y a dans les propos d’André Comte Sponville, qui disait : « J’aime mieux attraper le Covid-19 dans un pays libre qu’y échapper dans un État totalitaire », et que « ne pas attraper le Covid-19 n’est pas un but suffisant dans l’existence« , ils trouvent toutes les raisons possibles de se protéger des autres. Déjà morts de vivre, ils préféreront périr seuls et sans risque, que de jouir et refuser ce monde dans lequel leur petite personne a pris une importance bien trop grande. Comme les autres, ils accompagnent le naufrage.

L’homme n’est désormais plus un loup pour l’homme, il est un potentiel malade du Covid-19. Et c’est pire.

Les hérétiques : ils sont l’engeance, surtout des premiers, mais aussi des troisièmes, qui s’en écartent comme de la peste. Certains veulent briser le spectacle, comme ce lecteur de Kairos (courrier des lecteurs du Kairos de septembre/octobre 2020) qui s’est baladé dans le marché de Verviers avec une pancarte affichant « M’enfin, jusqu’où allez-vous vous soumettre ? ». Ils sont ce qui reste encore pour nous ramener à la surface, une brindille dans l’œil qu’on frotte pour se dire que tout cela n’était qu’un mauvais rêve[note]. Objecteurs de conscience de la société masquée, ils sont ces Natascha McElhone du film Truman Show, qui souffle à Jim Carrey que toute sa vie n’est que spectacle, là où ceux qui l’entourent jouent un rôle et obéissent au metteur en scène. Mais leur conscience ne s’est le plus souvent pas éveillée avec le Covid, comme si tout allait bien précédemment, sachant pertinemment ou pressentant que les choses ne tournaient pas rond avant et que le Covid n’en est que la continuité logique[note].

À quand la fin ?

Il y a de grandes probabilités que les angoissés continuent à porter le masque, là où les sujets de l’État obéiront sans rechigner à l’ordre arbitraire et absurde de porter le masque dans les espaces extérieurs, sans que les contradictions des injonctions gouvernementales ne les saisissent aucunement. En fonction de la proportion de chacun de ces deux groupes, les conformistes obéiront, ou pas. Qu’adviendra-t-il ds hérétiques ? Les camps de redressement sont-ils déjà prêts pour eux ?

Toujours est-il que cette division humaine face au port du masque et à l’ensemble de mesures qui concourent à tuer ce qu’il nous reste d’humanité, génère des dissensions au sein des groupes qui auraient dû rester unis, notamment et surtout ceux qui luttent pour renverser ce système mortifère. L’homme n’est désormais plus un loup pour l’homme, il est un potentiel malade du Covid-19. Et c’est pire.

Dans tous les cas, la question essentielle doit se poser : jusqu’à quand subirons-nous l’imposition du voile buccal et des autres mesures ? Quand déciderons-nous que la vie n’est plus possible ainsi ? Que tout doit changer.

La menace 5G

Ceux qui veulent disposer d’outil permettant un contrôle total de la population entendent imposer, « à tout prix », la mise en place du réseau de communication hertzien 5G. Sur le site de notre confrère pour.press, Alain Adriaens a été interviewé[note] et a décrit le « monde sans humains » que prépare la 5G.

Alain Adriaens est aussi un des contributeurs du numéro spécial de Kairos, « 5G: face au conte de fées, le compte des faits ». Si vous voulez encore plus d’arguments et des données pour juger du grave danger que représente l’imposition de cette technologie dite « de rupture », vous pouvez lire les 40 pages de ce dossier[note].

Errare humanum est, perseverare diabolicum*

Par Kaarle Parikka, PhD en microbiologie virale et Nina Wauters, PhD en écologie environnementale

Nous présentons ici trois erreurs scientifiques majeures commises lors de la prise de mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus, qui permettent à tout un chacun de comprendre les emballements médiatique, citoyen et politique auxquels nous faisons face aujourd’hui. Les données scientifiques exposées ici se basent sur un rapport rédigé par un groupe pluridisciplinaire comprenant des scientifiques, des gestionnaires de santé publique, des journalistes, etc.[note]. Ce rapport ayant été publié en juin 2020, une vérification et une mise à jour en fonction de la littérature scientifique publiée depuis lors ont été effectuées.

1. Il ne faut pas oublier la littérature scientifique existante, ce virus n’est pas si inconnu que ça

La première démarche, que tout étudiant connaît, est celle de la recherche bibliographique, c’est-à-dire, dans ce cas, la lecture des rapports et des publications scientifiques existants. Dès le début, on a parlé du « nouveau coronavirus » comme provoquant des symptômes « nouveaux et inconnus ». Or, le nom de ce virus, «SARS-CoV-2 » (signifiant en anglais « severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 » ou « syndrome respiratoire aigu sévère coronavirus 2» en français) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Il ne s’agit pas du premier coronavirus infectant l’humain qui cause des complications respiratoires aiguës.

Négliger la recherche bibliographique, c’est commencer une série de films d’horreur en plein milieu. Comment faire face aux monstres de la série Alien si l’héroïne, Ellen Ripley, ne découvrait qu’au 2ème épisode que ces derniers pondent dans les corps humains et que leur sang est constitué d’acide ? Les premiers épisodes montreraient que la famille des coronaviridae comprend plusieurs virus qui infectent non seulement les animaux, mais dont au moins 7 infectent également les humains. Parmi ces derniers, il y en a 4 qui causent des infections respiratoires supérieures se manifestant sous forme de « rhume » et 3 autres qui induisent chez certains individus des syndromes respiratoires aigus : le SRAS-CoV-1 (le SRAS ayant sévi de 2002 à 2004 en Asie du Sud-est), le MERS (épidémie au Moyen-Orient en 2012) et maintenant le SRAS-CoV-2.

Les nombreux articles déjà publiés sur les autres coronavirus nous apportent de précieuses informations quant au fonctionnement très probable du virus : son mode de transmission (qui se fait non seulement par gouttelettes, mais également par l’air en grande partie), son origine (les « réservoirs animaux » : le virus circule donc actuellement également aussi via les animaux sauvages et domestiques) et ainsi son aspect moléculaire (sa taille de l’ordre de 100 nanomètres, c’est à dire un dixième de millionième de mètre, son génome et son mode de réplication dans les cellules). Les publications scientifiques publiées depuis lors sur le SARS-CoV-2 confirment ces hypothèses de travail. Cela signifie que dès le début, comprendre que le virus circule quoiqu’il arrive par l’air et les réservoirs animaux aurait permis d’éviter l’erreur majeure de tenter de « bloquer » la transmission du virus, notamment en contrôlant les déplacements des gens.

2. Connaître la mortalité réelle du SARS-CoV-2, c’est-à-dire le danger qu’il constitue pour la population, est une nécessité pour pouvoir gérer la crise. Après 10 mois, il est plus que temps !

La deuxième démarche est celle de l’observation des données. La méthode scientifique est surtout basée sur l’observation, l’émission d’hypothèses puis la prédiction et enfin la vérification desdites hypothèses. Nous arrivons ici à la deuxième erreur majeure faite par beaucoup de gouvernements. Pour décider quelles mesures prendre contre une épidémie, il nous semble logique d’en connaître son origine (par la bibliographie), mais surtout son comportement (par observation épidémiologique).

Pour ceci, il faut connaître et différencier :

  1. le nombre de personnes qui portent (et donc peuvent potentiellement transmettre) le virus ;
  2. parmi ces dernières, le nombre de personnes qui sont malades (c’est-à-dire celles qui présentent des symptômes, mineurs ou majeurs) ;
  3. parmi les malades, ceux qui en meurent. Il s’agit également de déterminer de quoi exactement décèdent ces patients. Avec le temps, on peut également déterminer les catégories de personnes présentant le plus de risques. Il s’agit en d’autres termes de définir la « prévalence » de la maladie, le nombre de « cas » malades dans la population pendant une période donnée. Or depuis le début de cette crise, les statistiques ont, de toute évidence, non seulement été mal présentées et basées sur des données incomplètes, parfois totalement fausses, mais elles ont surtout été abusivement médiatisées sans donner de grille de lecture au grand public, et toujours sous une perspective catastrophiste.

Depuis le début, il y a une confusion entre le taux de mortalité par personne infectée (testée positive) et la mortalité des personnes qui sont en état grave ou en Unité des Soins Intensifs. Le premier chiffre est relativement bas (de l’ordre de 0,2-0,4%) si l’on se donne la peine de faire le calcul en se basant sur les données publiques existantes, mais apparemment non utilisées. Tout étudiant en médecine et personne de bon sens peut comprendre cela. Le taux de mortalité des personnes sévèrement atteintes est fort logiquement plus élevé (au moins 10 fois). Est-il donc logique que ce raisonnement fallacieux ait été publié par la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine le 28 février 2020[note] ? À partir de là, tous les modèles de mortalité calculés sur une donnée incorrecte ont mené à des scénarios absolument catastrophiques et ont conduit les États à confiner leur population et à prendre des mesures antidémocratiques, injustifiées si on se base sur les pratiques scientifiques.

Que cette erreur fondamentale n’ait jamais été corrigée ou même admise pose question. Encore aujourd’hui, on compare les testés positifs du pic de l’épidémie de mars-avril, lorsqu’on ne testait que les personnes gravement malades, et les testés positifs actuellement, majoritairement asymptomatiques, et bien sûr très nombreux puisque l’on teste beaucoup plus. C’est un peu comme comparer des pommes et des poires pour compter des bananes ! Les statistiques sont facilement manipulables : on pourrait même de manière fort perverse démontrer qu’il y a 100% de mortalité chez des personnes décédées ! L’outil de diagnostic actuel (le PCR) est limité à la confirmation d’un diagnostic du SRAS-CoV-2 parmi ceux qui souffrent d’un rhume ou d’une grippe causés par un autre virus. Par contre, les tests basés sur l’immunologie (comme, par exemple, les tests sérologiques) permettent de détecter la présence du virus dans le corps même des personnes, y compris donc des asymptomatiques.

Tous les modèles de mortalité calculés sur une donnée incorrecte ont mené à des scénarios absolument catastrophiques et ont conduit les États à confiner leur population et à prendre des mesures antidémocratiques, injustifiées si on se base sur les pratiques scientifiques

D’autre part, l’observation du virus a aussi permis de comprendre qu’il présente des spécificités : il agit très vite et peut descendre profondément dans les bronches. En revanche, il ne tue pas seul. La plupart des morts du coronavirus ont été victimes d’une pneumonie bactérienne (donc guérissable par des antibiotiques) traitée trop tard. Le report des soins pour les personnes malades et la quarantaine chez soi jusqu’à ce qu’on soit finalement admis aux soins intensifs alors qu’il est trop tard est un non-sens.

3. Il faut passer de l’impossible gestion de la peur à une gestion du risque qui est, elle, parfaitement possible et souhaitable

Nous arrivons ainsi à la troisième erreur: les mesures disproportionnées. En réagissant par un confinement strict de la population, la volonté était d’« aplatir » la courbe de l’épidémie. Cela fait sens uniquement si le virus se limite à infecter des hôtes humains. La Suède a, dès les premiers cas qui ne pouvaient pas être expliqués par des contacts directs, choisi la seule politique scientifiquement logique : se focaliser sur les personnes et non sur la contention du virus. Un confinement court aurait pu se justifier pour pouvoir organiser notre système de santé, mais créer la panique et de facto paralyser la médecine de première ligne n’était pas réellement justifié. Une fois cette machine infernale enclenchée, toute la litanie des mesures n’a servi qu’à engendrer une peur panique qui finira par tuer plus que le virus lui-même.

La Suède a, dès les premiers cas qui ne pouvaient pas être expliqués par des contacts directs, choisi la seule politique scientifiquement logique : se focaliser sur les personnes et non sur la contention du virus

Dans toutes mesures prises en santé publique, il est toujours essentiel de faire un calcul « coût-bénéfice » (ce qu’on appelle une analyse de risques). Concernant le bénéfice, étant donnée la faible mortalité de cette épidémie et l’efficacité très variable de ces mesures, celui-ci sera vraisemblablement faible. Il est évident que lors d’une épidémie d’Ebola, toutes ces mesures permettraient de faire une différence. Mais prendrions-nous celles-ci contre épidémie de rhume? Le SRAS-CoV-2 n’est certes ni l’un ni l’autre, mais pourquoi ne pas plutôt se focaliser sur des soins adéquats, qui permettraient de diminuer le vrai danger de mortalité, par exemple, par un usage plus généralisé des antibiotiques pour éviter les infections bactériennes secondaires.

Le coût sociétal de ces mesures, par contre, a été d’abord ignoré puis systématiquement sous-estimé. Les impacts sanitaires (dus aux nombreuses personnes non traitées ou non dépistées), économique, social, psychologique, éducatif promettent d’être gigantesques. Les vagues de faillites, de mortalité infantile (l’Unicef estime que 6.000 enfants meurent chaque jour de causes évitables par manque de soins dus en partie à la paupérisation de leur famille), de malnutrition (l’activité des nombreux fermiers s’est arrêtée net), de cancers trop avancés, car non dépistés, de violences conjugales, de burn-out, de dépressions et de suicides, commencent seulement à arriver.

Le « principe de précaution » ne peut être sans arrêt utilisé pour tout justifier, surtout qu’il est mal compris. Ce principe recommande de prendre des mesures anticipatives de gestion des risques. Quand des experts exposent des hypothèses plus alarmantes les unes que les autres, ils prennent les autorités en otage en jouant sur la peur des citoyens. Il ne s’agit plus de science. Par précaution, il aurait plutôt fallu évaluer le coût et le bénéfice de chaque mesure, y compris donc des mesures de confinement, des restrictions des libertés individuelles et du port du masque ! Porter le masque « au cas où cela sauverait quelqu’un » n’est pas une bonne raison scientifique. Depuis le début de la crise, de nombreuses autorités (y compris notre ministre de la santé), avaient à raison expliqué qu’ils n’étaient utiles que contre les contaminations humides, c’est-à-dire des gouttes émises lorsque l’on tousse, et aucunement contre la contamination par aérosols. Pourquoi ce changement d’opinion si ce n’est parce qu’il s’agit d’une gestion de la Peur et pas d’une gestion des risques ?

Ce sujet extrêmement clivant et actuel des masques, comme signalent de nombreuses cartes blanches et lettres ouvertes de centaines de médecins et scientifiques[note], ne résiste pas à une lecture extensive de la bibliographie scientifique. La science nous rapporte que l’imposition de ceux-ci n’est utile qu’en milieu hospitalier (qui est, par définition, un lieu de concentration de personnes malades), lorsqu’il est porté par des professionnels en suivant un protocole strict, ce qui n’est pas le cas du grand public. Les particules virales ont approximativement la taille des particules de tabac aérosolisées. Tout comme la fumée du tabac, le virus circulera quoiqu’il arrive, à travers le masque et sur les côtés, en suspension dans l’air parfois plusieurs heures… Par contre, le port du masque généralisé, proposé en dépit des preuves scientifiques, a eu deux effets destructeurs majeurs: le renforcement de la panique au sein des populations (corps médical inclus) et la politisation de cet outil qui est devenu un symbole.

La science nous rapporte que l’imposition des masques n’est utile qu’en milieu hospitalier, lorsqu’il est porté par des professionnels en suivant un protocole strict, ce qui n’est pas le cas du grand public

Les vaccins seront sans doute bientôt l’objet d’une lutte similaire. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la vaccination, mais, comme pour les autres mesures, d’établir un rapport coût/bénéfice. Tous les vaccins ne se valent pas. Certaines maladies virales comme la polio et la variole ont pu être contrôlées par des vaccins, car elles sont uniquement transmises par les humains et par contact direct. Le SRAS-CoV-2 est un virus qui est non seulement véhiculé par l’air et par les animaux, mais qui mute à un taux très élevé. Dans ce cas, trouver un vaccin qui fonctionne réellement est une gageure. Il est très probable qu’un vaccin contre le SARS-CoV-2, comme les vaccins contre les grippes saisonnières (dont l’efficacité dépasse rarement 50%), montre une faible efficacité, et de surcroît doive être continuellement mis à jour au fur et à mesure que le virus mute.

Nous remettons donc en question les mesures prises par notre gouvernement, sachant que les informations sur lesquelles s’appuie cette gestion de crise sont incorrectes et incomplètes, et ont mené à des conclusions qui le sont tout autant. Nous réclamons donc, tout comme nombre de médecins et de personnel soignant ayant signé des cartes blanches et manifestes (Docs 4 open debate, Belgium Beyond Covid, Corona Manifest, Transparence Coronavirus, voir note 3), des mesures correctes et proportionnées, qui prennent en compte les impacts négatifs que cette crise a déjà causés.

* L’erreur est humaine, persévérer est diabolique

Ceux qui vous informent sont ceux qui vous dominent

Il y a quelques années, nous avions mis une dizaine d’affiches MEDIAS dans les stations de métro. En plein Covid-19, quelques années après, il est bon de vous rappeler qui nous informe, et de deviner les intérêts qu’il y a à donner un certain sens à ces informations.

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SANS VOUS, ON NE PEUT RIEN.

À propos de la 5G, Sciensano désinforme les citoyens

Lettre ouverte de Paul Lannoye, Président du Grappe ASBL, Docteur en Sciences physiques et Député européen honoraire pour www.stop5G.be

On attend d’une institution publique chargée d’informer les citoyens de notre pays sur les problèmes de santé publique qu’elle se base sur des faits et utilise des arguments scientifiquement valides pour étayer ses propos. Dans le communiqué de presse, publié le 8 juin dernier, sous la responsabilité de Mme Ledent, il est facile de vérifier que ce n’est pas le cas. Au lieu d’informer correctement, ce texte constitue un plaidoyer unilatéral et totalement biaisé en faveur du déploiement de la 5G, présentée en conclusion comme un indispensable outil sans lequel l’accès aux services de secours par le réseau mobile de télécommunications serait mis en danger !

Ce texte est d’une telle indigence que l’ignorer m’a paru, dans un premier temps, être l’attitude la plus raisonnable. C’était une erreur. Depuis lors, les porte-parole des opérateurs de télécommunications, relayés largement par les médias, l’ont brandi comme garantie de la pertinence de leur projet. En outre, une parlementaire bruxelloise l’a utilisé comme base d’une intervention publique diffamatoire et caricaturale de l’opposition à la 5G.

Passons en revue certaines affirmations prétendument basées sur la science qui constituent l’essentiel du texte de Sciensano.

1. Les risques pour la santé peuvent être évalués sur base de recherches existantes effectuées sur des fréquences comparables à celles de la technologie 5G. Je rappelle que la bande de fréquences attribuée par l’IBPT ce 18 juillet dernier à 5 opérateurs est de 3600 à 3800 MHz. Cette bande de fréquences n’a, à ce jour, fait l’objet que de très rares études, comme l’admet d’ailleurs l’ANSES, l’organisme public français en charge de cette problématique, dans un rapport préliminaire[note]. Comme la fréquence est un paramètre important dans la qualification et la quantification des effets biologiques d’un rayonnement électromagnétique, il est imprudent et scientifiquement mal fondé de considérer a priori qu’on en sait assez pour accepter leur utilisation sans risque.

2. Beaucoup plus grave : il est incorrect d’affirmer que les limites d’exposition appliquées en Belgique pour les radiofréquences nous protègent déjà des effets nocifs sur notre santé. Ces limites nous protègent bien contre les effets thermiques, mais en aucun cas contre les effets biologiques qui se manifestent à des niveaux d’exposition nettement plus faibles (de mille à cent mille fois). Ces effets biologiques, en cas d’exposition régulière, ou pire encore, permanente, peuvent entrainer des dommages à la santé particulièrement pour les enfants et les embryons. L’abondante littérature scientifique révélant ces graves problèmes de santé a fait l’objet d’une méta-analyse exhaustive dès 2007 par un groupe de scientifiques, spécialistes parmi les plus respectés en matière de bioélectromagnétisme[note]. Cette méta-analyse a été actualisée par ce groupe en 2012 et régulièrement mise à jour[note]. Plusieurs milliers de publications se sont ajoutées à charge des rayonnements de hautes fréquences ; il est confirmé que le caractère pulsé des rayonnements de la téléphonie mobile est un facteur aggravant des nuisances provoquées sur le vivant. Les dommages à la santé bien identifiés et répertoriés dans la littérature scientifique sont :

  • Les lésions de l’ADN cellulaire ;
  • Le stress cellulaire ;
  • L’altération de l’expression des gènes ;
  • L’infertilité et l’altération de la qualité du sperme ;
  • La perturbation du sommeil ;
  • Les troubles cardiaques, incluant la tachycardie, l’arythmie et l’arrêt cardiaque ;
  • Les troubles neurologiques, en ce compris la dépression et l’autisme ;
  • Le cancer.

Les processus essentiels de l’organisme humain sont altérés par le stress permanent provoqué par une exposition chronique aux rayonnements électromagnétiques, avec pour conséquence des troubles des fonctions métaboliques, immunitaires et reproductives. Le mécanisme biologique expliquant ces problèmes de santé a été proposé par Martin Pall dès 2013[note] et cautionné par la communauté scientifique au fil du temps. Le rapport du Conseil Supérieur de la Santé de Belgique de 2019 reprend à son compte cette explication lorsqu’il dit que « les rayonnements non ionisants de micro-ondes pulsées agissent via activation des canaux calciques dépendants du voltage, induisant des impacts biologiques à des niveaux non thermiques »[note]. Il importe d’attirer l’attention sur le fait qu’avec la 5G, on entre dans une ère où la pollution électromagnétique n’épargnera personne, sachant que la multiplication des antennes, stations de base (leur nombre serait augmenté d’un facteur 5) et mini-antennes à balayage électronique seront capables de cibler partout les smartphones et les objets connectés.

3. Sciensano admet que « les fréquences plus élevées sont considérées comme indispensables au fonctionnement optimal du réseau 5G (par exemple 26 et 66 GHz) ». L’insistance mise sur la faible profondeur de pénétration des ondes de hautes fréquences et dont les longueurs d’onde vont du centimètre au millimètre laisse entendre que l’organisme humain ne serait guère menacé, seules les couches superficielles de la peau et des yeux pouvant subir quelques effets éventuels. Cette présentation abusivement rassurante fait l’impasse sur la sensibilité particulière de certains organes superficiels et sur les mécanismes biologiques qui impliquent les cellules superficielles dans le fonctionnement global de l’être humain, mécanismes qu’on ne connaît pas encore parfaitement à ce jour.

Une étude récente (2018) publiée par Betzalal et al. a montré que les glandes sudoripares des couches supérieures de la peau jouent un rôle d’antenne, ce qui augmente significativement l’absorption spécifique des ondes millimétriques[note]. Une autre, toujours en 2018, révèle l’apparition de pics de température dans la peau des personnes exposées du fait des salves de quelques millisecondes transmises par les dispositifs sans fil[note]. Les experts de Sciensano admettent qu’on en est actuellement au stade des premières recherches, lesquelles sont encore en cours. Ils déclarent qu’en cas d’incertitude sur la sécurité pour notre santé, le principe de précaution doit être appliqué. Cette déclaration est pertinente, mais laisse sous-entendre qu’on n’est pas du tout confronté à une telle incertitude, ce qui est incorrect.

4. Enfin, l’affirmation selon laquelle « il n’existerait aucune explication scientifique au fait que le rayonnement 5G aurait un effet quelconque sur la propagation du coronavirus » et qu’il s’agirait d’une fausse nouvelle est une contre-vérité grossière. Plusieurs études scientifiques montrent que si une exposition de courte durée aux rayonnements de radiofréquences renforce le système immunitaire, une exposition prolongée, au contraire, l’affaiblit. Le mécanisme en cause est bien compris et a fait l’objet de plusieurs publications : les rayonnements de micro-ondes ouvrent les canaux calciques des membranes cellulaires (voir réf 4 et 5) et augmentent la concentration en radicaux libres. Le terrain est en fait rendu très favorable à la réplication des virus. Il est donc scientifiquement plausible que la propagation des infections virales soit accélérée par l’exposition aux rayonnements de micro-ondes.

Au même titre que la pollution atmosphérique, la pollution électromagnétique devrait être considérée comme un co-facteur potentiel dans la pandémie actuelle, comme l’ont suggéré plusieurs scientifiques aussi compétents que respectés[note], ainsi que plusieurs députés européens dans une question prioritaire posée à la Commission en avril 2020[note]. En conclusion, je voudrais insister sur la nature de la controverse scientifique qui voit s’affronter les partisans du paradigme « thermique », les anciens, et les défenseurs du paradigme « biologique » que j’appellerai les modernes. Le paradigme « thermique » est celui adopté à l’origine par les scientifiques et les ingénieurs impliqués dans le développement des technologies des télécommunications à des fins militaires ou civiles. Ce paradigme est basé sur le postulat implicite de la nécessité de ce développement, sachant que les nuisances éventuellement provoquées doivent être limitées et être aussi faibles que possible sans toutefois entraver ce développement.

L’ICNIRP (Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants) est une commission d’experts issus de ce monde des ingénieurs et des physiciens acquis à ce paradigme « thermique » et proche des milieux industriels. Ses recommandations sont à la base de toutes les législations en vigueur depuis 30 ans et sont la source unique des recommandations de l’OMS et de l’UE, malgré l’accumulation de données scientifiques confirmant le caractère obsolète du paradigme « thermique » et l’existence de dommages à la santé à des niveaux d’exposition bien en dessous du seuil thermique. L’ICNIRP est un comité d’experts parmi d’autres. Il n’est pas indépendant, mais lié à l’industrie. En aucun cas, il n’est une autorité scientifique incontestable, comme l’ont montré dans un rapport récent les députés européens Michèle Rivasi (biologiste) et Klaus Buchner (Physicien)[note].

Le communiqué de presse publié par l’ICNIRP le 11 mars dernier et consacré à la présentation des nouvelles lignes directrices pour la protection contre les rayonnements non ionisants a permis à son président, le docteur Van Rongen, de déclarer que l’application de ces lignes directrices permettra un déploiement de la 5G sans aucun dommage à la santé ! En plein débat sur la problématique de la 5G, cette déclaration a manifestement pour seul objectif de clore rapidement et définitivement ce débat en faveur des intérêts industriels et d’un choix de société imposé aux populations aux dépens de la santé. En fondant son analyse sur les seules recommandations de l’ICNIRP, Sciensano se fourvoie dangereusement et ce qui est beaucoup plus grave désinforme la population. C’est ce qu’a déjà fait Test Achats, cité en référence par Sciensano, on se demande bien pourquoi.

Le Ciel, la vie, et la 5G…

Alors que les autorités politiques, inféodées aux puissances de l’argent, veulent nous imposer la 5G, détruisant notre planète pour « télécharger un film en moins d’une seconde », nous avons rencontré Giles Robert, directeur de l’Observatoire centre Ardenne, le dernier lieu en Belgique d’où l’on puisse encore voir le ciel et ses étoiles sans que les pollutions lumineuse et atmosphérique nous l’occultent*. Comme disait Bernard Moitessier dans La longue route: « Si un marchand pouvait éteindre les étoiles pour que ses panneaux publicitaires se voient mieux dans la nuit, peut-être le ferait-il ». Il avait vu juste. Une interview d’Alexandre Penasse, une réalisation de Terangi Teuira.

Pour la version longue de l’interview: https://odysee.com/@Kairospresse:0/le-ciel,-la-vie,-et-la-5g…-(version:c

MON ENFANT N’EST PAS UN NUMÉRO

Lettre ouverte à mes responsables politiques

Nos enfants fréquentent l’école communale Marcel Thiry, à Mehagne. En ce début d’année pour le moins chahuté, la commune de Chaudfontaine a trouvé bon de mettre en place un nouveau système de prise des présences lors de l’accueil extra-scolaire de toutes les écoles dont elle organise l’enseignement : on ne note plus le nom de l’enfant. On scanne son QR code personnel. Gain de temps. Facturation automatique. CQFD.

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesurez-vous les implications insidieuses de la mise en place d’un tel système chez nos enfants ?

Avant même de vous demander de réfléchir à la lourde symbolique d’associer clairement un code à un individu dès l’enfance, pouvez-vous d’abord chiffrer la perte d’emploi générée à moyen terme par cette « merveilleuse » technologie ? Soyez un minimum honnêtes : l’objectif premier, il est là. C’est vrai, les mesures actuelles ne précarisent pas encore assez de monde, numérisons ce qui peut l’être pour « rationaliser » le peu d’emploi public qui reste ! Que votre progrès et l’économie qui va avec passe par la déshumanisation de nos enfants semble hélas peu vous importer…

Dire son nom ou se faire scanner, quelle différence ?

Peut-être aucune dans le monde que vous désirez mettre en place. Dans le monde d’aujourd’hui pourtant, celui dont l’humanité s’accroche dans des gestes infimes de solidarité et de partage, celui qui nous fait tenir malgré les bourrasques actuelles, celui auquel je veux croire pour mes enfants, dire son nom permet d’exister, de se construire, de se réfléchir. A 3 ans, quand nos petits rentrent à l’école, dire son nom, c’est se reconnaître une identité propre, loin de maman et papa, membre d’une communauté. À 12 ans, quand ils sont presque prêts à quitter cette première école, dire son nom, jour après jour, c’est se forger une personnalité avant d’aborder le monde un pas plus loin.

Tous les jours, dans vos garderies (qui sont d’ailleurs souvent fantastiques, gérées par des gens motivés et positifs que je veux défendre), des centaines d’enfants disent leur prénom et leur nom, face à face avec un adulte qui les reconnaît, leur sourit (même si pour l’instant c’est derrière un masque) et note leur présence au sein du groupe de leurs pairs. Ce geste vous paraît anodin ? Il ne l’est pas. Il fonde comme tant d’autres détails notre société. Cette parole d’affirmation de soi, cet échange, vous décidez, sans concertation, de le remplacer par une action mécanique et sans âme. Nos éducateurs n’auront plus à chercher le visage de l’enfant mais son QR code. Ils n’auront même plus besoin de savoir comment il s’appelle. Et même si je veux croire que l’équipe en place n’oubliera pas pour autant le nom de mes enfants je sais que les nouveaux venus, noyés sous la gestion de ce type de tâches perdront jour après jour le contact humain qui est la substance même d’un accueil extra-scolaire digne de ce nom.

Les technologies qu’on vous vend, Mesdames, Messieurs les élus, sur le terrain, nous sommes bien placés aussi pour savoir qu’elles font certes gagner du temps mais, de un, quand elles fonctionnent (et souvent, ça ne fonctionne pas et après c’est pire) et de deux, quand on ne profite pas de ce gain de temps espéré pour nous charger d’autres tâches supplémentaires qui nous éloignent encore un peu plus de notre premier objectif : prendre soin de l’Humain, et dans ce cas-ci, de centaines de petits humains en devenir qui sont là soir et matin, avant et après une longue journée d’école et qui ont le droit d’être considérés comme des êtres à part entière et pas comme des marchandises.

On me reprochera peut-être d’atteindre le point Godwin en comparant ces codes et ces prises de présences sans âme à d’autres listes remplies, non pas de noms mais de chiffres qui pourtant étaient des personnes de chair et de sang. Dans les pires heures de notre Histoire, qui aurait pu envoyer froidement au camp Anne, André, Sophie, Sarah, Pascal… ? On y a envoyé des numéros, du bétail, et pour l’Humain qui est, qu’il le veuille ou non, un être de symboles, cette anonymisation a permis les pires des dérives.

Non, Mesdames, Messieurs, je ne vous accuse pas de nazisme aujourd’hui. J’ose croire que vous n’avez pas conscience de l’impact de vos choix. Pourtant, en tant que représentants de l’État et gestionnaires de leur Éducation, si vous instituez chez nos enfants, dès l’âge de 3 ans, un système d’acceptation d’une normalisation bête et méchante, si consciemment vous demandez à chaque marmot dont vous avez la responsabilité de s’identifier chaque jour en tendant un code à une machine ou en portant ce code en permanence sur sa mallette, alors vous décidez ni plus ni moins de dessiner un monde où le rôle de l’École est désormais d’habituer nos enfants à être des objets.

La question n’est plus « Qui es-tu ? » mais « Où est ton QR code ?». Tu ne te définis plus par toi-même, une identité, une filiation. Non, tu possèdes un signe qu’on a choisi pour toi et qui te représente, qui symbolise ton être, ta place dans la société.

Venez, mes enfants ! L’école ne vous apprendra plus à communiquer, à vous affirmer, mais elle vous conditionnera déjà à n’être qu’une donnée, similaire aux autres, indissociable à l’œil nu, individuellement facturable mais certainement pas reconnaissable, homogénéisé à l’extrême dès le plus jeune âge.

Cela vaut-il l’économie ? Cela vaut-il le temps « gagné » ? Pourrez-vous être fiers, Mesdames, Messieurs, des répercussions de vos actes ? Vous n’êtes pas de simples citoyens qui faites des choix pour leurs propres enfants, pas même des profs qui décident de leur pédagogie, ni des directeurs d’école qui engagent une équipe dans un projet (même si je pense que chacun aurait raison de réagir à son niveau), vous êtes nos représentants et vous avez dans vos mains le quotidien de nos enfants, ce qui les construit jour après jour dans leur manière d’aborder le monde. À quoi cela servira-t-il de les nourrir mieux en favorisant l’alimentation locale dans nos écoles si vous détricotez en parallèle le lien humain qui jalonne leur vie scolaire ?

Cela ne correspond pas aux valeurs de l’école que nous avons choisie ni, à mes yeux, à celle d’aucune école digne de ce nom.

Je suis habituellement fière de vivre dans une Slow City et le pouvoir communal me semble un rempart essentiel pour préserver notre qualité de vie…

Je vous en prie, Mesdames, Messieurs, réfléchissez avant de mettre en place cet engrenage qui, sous couvert de « facilité » ne pourra que participer à détruire l’essence même de notre société. Ayez le courage de faire marche arrière même si cela semble difficile. L’enjeu est trop important pour avancer sans réfléchir.

Merci.

J. Dall’Arche, maman

L’État « répond » à nos questions

Après plus de 4 mois et demi d’attente, alors que l’État promettait que d’autres journalistes relaieraient mes questions en conférence de presse, ce qui n’a jamais – évidemment – eu lieu, celui-ci, via ses avocats, a répondu à certaines de celles-ci par courrier, le 4 septembre. Enfin, si on peut appeler cela « réponse », car cette dernière implique de tenir compte de la question, qu’on y soit favorable ou opposé. Logique toutefois, la langue de bois n’est pas une langue, mais une rhétorique. Il est d’ailleurs étonnant de constater la façon dont chaque « réponse » de l’État est presque systématiquement précédée de cet avertissement: « La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse », alors que Wikipedia donne comme définition de « langue de bois», une expression « qui désigne un cliché rhétorique péjoratif, visant à disqualifier un discours adverse en affirmant que son argumentation est tissée de formules stéréotypées ». N’est-ce pas clairement ce que cette formule qui sert d’introduction à leur réponse signifie?

Vous trouverez ci-dessous le courrier complet de l’État, avec mes questions, précédées d’un tiret, et leurs « réponses », en gras.

– Lors d’une conférence de presse tenue début août, le décès tragique d’une fille de trois ans a été évoqué en l’attribuant au Covid. Son père a témoigné dans la presse, expliquant que le 16 juillet, sa fille « avait été placée en soins intensifs où l’infection au Covid-19 a ensuite été diagnostiquée. Les tests de dépistage se sont également révélés positifs pour les parents » : « “C’est le coronavirus qui l’a accompagnée, mais pas le coronavirus qui l’a tuée. Il ne faut pas effrayer le monde pour rien. C’est beaucoup de show tout ça”, regrette-t-il ». Ce type de communication qui a des effets politiques, à savoir le durcissement des mesures, mais aussi génère angoisse et inquiétude chez des parents et grands-parents, alors que la rentrée des classes approche, est selon nous la preuve d’un amateurisme, ou d’une volonté d’instiller la peur. Comment le gouvernement collecte-t-il ces informations relatives au Covid et les vérifie-t-il ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Cette histoire, relayée dans la presse, a marqué de nombreux Belges, dont les représentants politiques. Dans de telles circonstances, les autorités ont présenté leurs condoléances.

Les décisions politiques sont prises sur base de rapports contenant à la fois des données sanitaires et des recommandations exprimées par les experts.

– Pouvez-vous nous parler des tractations du gouvernement avec les multinationales pharmaceutiques, notamment GSK ? Quel est l’état de votre collaboration actuelle avec cette dernière ? Sachant notamment que Pascal Lizin est à la fois Président de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et directeur chez GSK comme principal responsable du lobbying. C’est également la SFPI qui a mis Vesalius Biocapital, où travaillait Philippe De Backer, dans ses « priorités stratégiques » (voir https://www.new.kairospresse.be/article/155505

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Le gouvernement a des contacts avec le secteur pharmaceutique dans son ensemble, comme il en a avec tous les secteurs de notre tissu économique et social. Il n’entretient pas de relation privilégiée avec une entreprise, au détriment d’autres. Sur des dossiers importants comme l’élaboration d’un vaccin contre le Covid-19, l’Union européenne a mis en place une procédure de passation de marché centralisée qui ne permet pas aux États membres de mener distinctement leurs propres négociations, et ce, afin de garantir la solidarité entre les États membres.

Le procès d’intention qui est fait aux personnes citées dans la question doit être adressé aux principaux concernés.

– Depuis le début du coronavirus en Belgique, plus rien ne se dit et plus rien n’est fait par rapport au risque majeur et bien plus grand qu’une épidémie et qui concerne le changement climatique et les dangers majeurs pour l’humanité qui lui sont associés. Or, alors que le covid-19 aurait permis de repenser entièrement notre modèle de société, vous vous empressez en phase de « déconfinement », de soutenir financièrement Brussel Airlines, laquelle participe à la destruction de notre écosystème ; rien n’est fait pour juguler la pollution atmosphérique, dont l’automobile est largement responsable. Dans le monde, ce sont 7 millions de personnes qui meurent chaque année d’une mauvaise qualité de l’air ; en Belgique, ce sont plus de 10.000 personnes qui meurent prématurément à cause de la pollution de l’air. Comptez-vous pérenniser cette politique de croissance, qui nous a conduits où nous en sommes, et dont le Covid-19 est également la résultante ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Il est erroné de prétendre qu’aucune action n’est entreprise au niveau de la lutte du réchauffement climatique depuis le début de la crise sanitaire. Le Green Deal a, par exemple, été au cœur des discussions européennes auxquelles la Belgique a participé activement, dans le cadre du MFF (Multi annual. Financial Framework)

La politique environnementale, dont l’amélioration de la qualité de l’air fait partie, est largement régionalisée en Belgique. Les différents ministres régionaux compétents pourront vous faire le bilan de leur action.

Lors des négociations avec Brussels Airlines, le gouvernement a fait savoir qu’il demandait « des garanties (…) en vue d’une mise en œuvre correcte d’un business plan réaliste et tourné sur l’avenir pour Brussels Airlines, axé sur une croissance rentable, responsable du point de vue écologique et offrant des perspectives d’emploi. »

– Pourriez-vous nous détailler les chiffres parmi les personnes testées positives : quelles sont celles qui sont asymptomatiques, celles qui nécessitent de se soigner, mais peuvent rester à la maison, et celles qui nécessitent une hospitalisation ?

Tout est disponible dans les rapports de Sciensano. Les porte-paroles interfédéraux ainsi que l’administration sont en mesure de fournir des informations complémentaires.

– Jamais en plus de 5 mois vous n’avez évoqué précisément le fait que la mortalité attribuée au Covid touchait en fait des personnes en état de comorbidité (obésité, diabète, troubles cardio-vasculaires) ou des personnes très âgées. Vous n’avez pas non plus tenu compte des remèdes éventuels et des pratiques qui pouvaient, à moindre prix, augmenter l’immunité. Alors que les conflits d’intérêts des groupes d’experts et de membres du gouvernement, que vous nommez sans honte « privacy », sont patents, nous pouvons légitimement nous demander ce qui dicte les choix du gouvernement : l’argent ou le bien commun. Au vu de vos décisions antérieures, notamment comme ministre du Budget, mais aussi comme membre d’un parti, le MR, qui a toujours œuvré en faveur des plus riches (cf. notamment les « intérêts notionnels » mis en place par Didier Reynders), vous reconnaîtrez que le doute est permis. Pouvez-vous nous assurer qu’aucun groupe privé ne tire profit du Covid-19 et des décisions qui sont prises par votre gouvernement ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Ces données ont été publiées dans les rapports hebdomadaires qui figurent sur le site de Sciensano.

Le RAG (Risk Assement Group)ne remet pas d’avis de type thérapeutique, une telle mission est de la responsabilité de cliniciens. Un groupe de cliniciens s’est réuni et a émis un avis public sur les traitements COVID, avis basé sur une revue d’articles peer-reviewed, sur des évidences scientifiques et sur leur expérience clinique.

Aucune décision prise ne vise à favoriser le profit d’un particulier.

– Lors de la conférence de presse du 27 juillet, Elio Di Rupo, que j’ai interpellé, ne semblait pas être au courant qu’un seul homme soit derrière les mesures de traçage, un certain Frank Robben. Pourriez-vous nous en dire plus ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Les mesures relatives au contact tracing ont fait l’objet d’un accord de coopération entre les entités fédérées et le fédéral. Cet accord a été discuté en Conférence Interministérielle Santé et en Comité de concertation. Par ailleurs, l’opérationnalité du Testing & Contact tracing est assurée par une Plateforme interfédérale testing and tracing qui comprend les représentants des entités fédérées et de l’état fédéral, présidée par Karine Moykens.

– Les professionnels de la santé mentale indiquent que de nombreuses personnes les consultent pour des troubles liés à la situation présente, dont la dépression, la perte de sens, les idées suicidaires font largement partie. Mettez-vous en balance les dégâts collatéraux de vos mesures avec leurs bénéfices quand vous les décidez, dans une sorte de calcul coût/bénéfice pour la population ? Avez-vous des chiffres des effets sociaux/individuels de vos décisions ?

La santé mentale est une compétence partagée entre les différents niveaux de pouvoir.

Dès mars 2020, la Conférence interministérielle Santé a abordé ce point. La corrélation entre les mesures de confinement et  la santé mentale a aussi été discutée dans le GT Santé mentale du GEES durant les mois avril / mai / juin.

Au fédéral, certaines mesures ont été prises comme la mise en place des vidéoconsultations, l’élargissement du public cible au remboursement psychologique ou encore le renforcement de l’accompagnement dans les hôpitaux. Les premiers chiffres de l’INAMI concernant la vidéoconsultation, par exemple, indiquent qu’il n’ y a pas un pic fortement marqué.  

– Pensez-vous qu’il soit possible d’éviter totalement les contaminations au covid-19? Dans ce domaine, le risque zéro n’existe pas, pourtant on a l’impression que c’est ce que vous voulez tendre à faire croire. Quid de l’immunité collective, qui sera essentielle selon certains virologues pour réduire les contaminations si un retour du virus a lieu de façon saisonnière, immunité collective dont vous ne prenez nullement compte?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

L’objectif a toujours été le contrôle de l’épidémie, ce qui est différent de l’objectif « zéro contamination ».

– La Suède qui a pris des mesures tout à fait différentes de celles de la Belgique, refusant le confinement généralisé, et montre des résultats qui ne sont pas alarmants, alors que certains leur promettaient des dizaines de milliers de morts. Quelles conséquences en tirez-vous ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Si l’approche de la Suède est différente d’une grande partie des autres États européens, des mesures similaires à celles instaurées en Europe (fermeture des établissements scolaires, limitation des rassemblements, restrictions de voyage, etc.) ont été prises, parfois bien plus tard. Le pays décompte par ailleurs un nombre de victimes beaucoup plus importants que ses pays voisins dont les caractéristiques (densité, etc.) sont assez semblables. La stratégie suédoise est sujette à débat. Il est trop tôt pour tirer un bilan alors que l’épidémie n’est pas terminée.

– Comment expliquez-vous qu’au moment le plus crucial de l’épidémie, un seul laboratoire a été désigné pour tout le territoire ? Cela a totalement déterminé le nombre de tests et les critères pour les réaliser.

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Lors de la première vague, les experts scientifiques ont clairement insisté sur l’indispensable nécessité pour réussir la stratégie de déconfinement de l’associer à une politique de testing. Cette politique de testing a tenu compte de la pénurie mondiale de réactifs qui frappait les labos cliniques, ne leur permettant pas plus de 7000 tests journaliers. Grâce à un protocole de l’Université de Namur, une alternative de testing moins consommatrice de réactifs a finalement pu être mise sur pied. Une plateforme nationale permettant d’accroitre les capacités grâce à une mise en commun du matériel a été aussi mise en place.

Le Cabinet du Ministre De Backer peut fournir d’avantage d’information.

– Pouvez-vous nous confirmer à cette date, alors que vous durcissez les mesures, notamment à Bruxelles avec l’imposition du masque dans tous les lieux publics, que le taux de létalité du au Covid ne fait que diminuer ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Le Conseil National de Sécurité n’a jamais imposé le port du masque dans l’ensemble de l’espace public.

Le port du masque obligatoire dans l’espace public à Bruxelles est une décision du gouvernement régional bruxellois auquel il convient donc de s’adresser.

– Il n’y a aucune base scientifique à imposer le port du masque partout. Sur quels critères vous appuyez-vous dès lors ?

La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.

Le rôle joué par les asymptomatiques dans la contamination au virus Covid 19 est prouvé scientifiquement. Par définition, ces asymptomatiques ne peuvent pas être identifiés. Le port du masque permet donc de limiter la contamination par ceux-ci. Il permet également de réduire le risque de contamination.

La littérature scientifique et les rapports d’institutions comme l’OMS démontrent très largement l’intérêt de porter un masque.

Éventuelle sortie limitée du nucléaire après 2025?

Par Francis Leboutte, président de Fin du nucléaire

Comme nombre d’institutions nationales et internationales, l’auteur du projet de résolution[note] relative à une éventuelle sortie limitée du nucléaire après 2025 met en avant la faible émission des gaz à effet de serre (GES) de la filière nucléaire qui serait comparable à celle de l’éolien, soit 12 grammes de CO2[note] par kilowattheure (kWh) produit, ce qui mettrait le nucléaire au premier plan des propositions énergétiques pour atténuer le réchauffement climatique.

L’analyse comparée du cycle de vie de ces deux filières de production d’électricité montre que mettre le nucléaire au niveau de l’éolien est une fiction dont voici quelques éléments :

  • Le cycle de vie de la filière nucléaire comprend de nombreux processus qui tous génèrent des GES à l’exception d’un seul;
    • construction de la centrale nucléaire, maintenance et opération ;
    • extraction du minerai d’uranium, broyage, concentration (production du yellow cake ou d’un équivalent), transport du yellow cake, purification, enrichissement de l’uranium, fabrication des assemblages d’uranium (combustible) ;
    • démantèlement, réhabilitation des sites miniers et de production ;
    • désactivation et stockage provisoire du combustible usé ;
    • traitement et conditionnement des déchets, construction des sites de stockage ;
    • la réaction de fission nucléaire dans le réacteur est le seul processus qui ne produit pas de GES ; par contre il fait que la radioactivité du combustible et des matériaux environnants[note] est multipliée par 1 milliard.
  • la consommation de matière par kWh produit est 20 fois supérieure pour le nucléaire.[note]
  • les matières consommées par le nucléaire sont pour l’essentiel non recyclables, car radioactives.
  • On ne peut chiffrer avec certitude les émissions de GES liées à la gestion des déchets de haute activité et/ou de longue durée principalement constitués du combustible usé, car il faudrait un recul de plusieurs centaines ou milliers d’années pour analyser les qualités et le coût énergétique d’un stockage qui devrait être sûr pendant 1 million d’années.[note]
  • Pour ses besoins en uranium combustible, un réacteur de 1 GW (gigawatt) comme le réacteur T3 de la centrale de Tihange ou D4 de celle de Doel nécessite annuellement l’extraction d’environ 200 000 tonnes de minerai d’uranium, auquel il convient d’ajouter 800.000 tonnes de « roches stériles », c’est-à-dire les roches extraites, mais non traitées, car présentant des taux d’uranium trop faibles pour l’exploitation industrielle, soit un total de 1 million de tonnes de roche extraites par GW nucléaire et par an. Face à cette débauche extractiviste, en termes de « combustible », un champ d’éoliennes ne nécessite que du vent pour produire de l’électricité.

On le constate aisément, mettre le nucléaire et l’éolien au même niveau en termes d’émissions de GES ne tient pas la route. Un expert indépendant[note] arrive à une valeur de 165 grammes de CO2e par kWh, forcément sans prendre en compte les incertitudes et inconnues liées au stockage des déchets, aux émissions d’hydrocarbures halogénés lors de l’enrichissement de l’uranium et, dans une certaine mesure, au démantèlement des centrales[note]. D’autre part, ce taux d’émission est promis à une croissance rapide du fait que le minerai à haute teneur en uranium a déjà été exploité et qu’il faudra de plus en plus d’énergie pour extraire l’uranium d’un minerai de plus en plus pauvre.[note]

Comment dès lors l’idée que le nucléaire serait une source d’électricité peu carbonée est-elle aussi répandue ? L’explication réside dans la puissance et l’efficacité du lobby du nucléaire, à commencer par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique)[note] on ne peut mieux placée au sommet de la pyramide institutionnelle de l’ONU, sous le contrôle du Conseil de sécurité et des puissances atomiques, une position idéale pour tromper son monde moyennant une campagne de propagande bien orchestrée.[note]

Peu de temps après la publication du rapport spécial du GIEC d’octobre 2018 (Réchauffement planétaire de 1,5°C), j’ai rencontré un des rédacteurs du résumé à l’intention des décideurs (Summary for Policy Makers) et lui ai demandé comment le GIEC pouvait se faire le vecteur d’une telle désinformation. La réponse a été on ne peut plus claire : « Le sujet est politique et il n’est pas question qu’une agence de l’ONU en contredise une autre surtout quand cette dernière est en position dominante ».

L’argument du nucléaire peu carboné est un mensonge et toute argumentation en faveur de la prolongation du nucléaire qui y fait appel s’en trouve discréditée.

On ne peut reprocher à l’auteur du projet de résolution de faire grand cas du réchauffement climatique, allant même jusqu’à citer Greta Thunberg. Cependant en se limitant à mettre en avant les bénéfices climatiques supposés d’une source d’énergie par rapport à une autre, il montre qu’il n’a pas compris que le réchauffement climatique n’est malheureusement qu’un des symptômes d’une crise systémique d’une tout autre envergure. Il ne s’interroge en rien sur notre modèle de société et se montre incapable de sortir du mythe d’une croissance infinie dans un monde fini, en particulier celle de la croissance de la consommation d’électricité qu’il voit comme inéluctable « au cours des décennies à venir ». Tout le monde devrait le savoir, une augmentation de la production d’électricité, fût-elle « durable », ne peut s’accompagner que d’une augmentation des émissions de GES et de la consommation des ressources non renouvelables. Cet aveuglement lui permet aussi, à lui-même et son parti, d’être favorable au déploiement de la 5G et de l’internet des objets qui, sans aucun doute, vont provoquer une lourde augmentation de la consommation d’énergie électrique et autres. En définitive, il propose de faire exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire pour assurer un avenir viable à nos enfants et aux générations futures et il s’inscrit dans une voie qui mène l’humanité et le monde vivant à la catastrophe.

L’auteur du projet de résolution semble aussi accorder beaucoup d’importance aux sondages d’opinion qui tendraient à prouver qu’une majorité de Belges serait favorable à une prolongation du nucléaire. Il devrait savoir qu’il est possible de faire dire aux sondages ce qu’on veut à condition de formuler les questions adéquatement. Je lui suggère de commander un nouveau sondage avec cette question : « Seriez-vous favorable à une prolongation du nucléaire à la condition que les déchets de haute activité soient stockés dans votre commune ? ». Au vu des réactions qu’a suscitées la toute récente consulta­tion publique de l’ONDRAF sur la destination de ces déchets, nul doute sur les réponses qui seraient fournies. Les Belges ont de fait parfaitement compris qu’il n’y a pas de solution avérée pour les « stocker de manière sûre », encore un élément qui prêche contre la prolongation du nucléaire et même pour un arrêt immédiat, car, plus le stock de ces déchets augmente, plus leur gestion risque d’être insoluble.

Depuis 2012, la Belgique a dû régulièrement et inopinément se passer d’un à plusieurs réacteurs, jusqu’à six réacteurs, sur les sept en service pendant des périodes plus au moins longues[note]. Le premier intérêt de la chose a été que ces arrêts étaient « non planifiés » et que la Belgique a ainsi bénéficié d’une preuve expérimentale de la non-indispensabilité de la filière nucléaire pour assurer l’approvisionnement en électricité du pays. Entre le 1er septembre et le 15 décembre 2018 la capacité des réacteurs n’a pas dépassé les 2GW et même 1GW pendant 1 mois à partir du 14 octobre, mais à aucun moment la Belgique n’a été menacée de blackout ni même d’un délestage partiel. Mieux, à tout moment, la capacité de réserve était au minimum de 3,7GW, dont près de la moitié en capacité domestique : la Belgique aurait donc pu se passer de l’ensemble des réacteurs pendant toute cette période. Cette réserve étant aussi grosso modo équivalente au double de la capacité des réacteurs T3 et D4 que certains voudraient voir prolonger au-delà de 2025, en termes de sécurité d’approvisionnement, on comprend sans mal que cette prolongation est sans intérêt, tout comme la mise en place d’un mécanisme de rémunération des capacités de production d’électricité (CRM) pour « aider » les opérateurs et investisseurs à construire des centrales à gaz qui seraient nécessaires après l’arrêt complet du nucléaire en 2025. De plus, il serait paradoxal et inacceptable pour le citoyen d’avoir à financer un tel mécanisme au profit d’entreprises privées qui ont tout fait pour libéraliser le secteur de l’énergie.

À supposer que la Belgique soit réellement en manque de capacité en 2025, il serait irresponsable d’imaginer combler ce manque par la prolongation de réacteurs nucléaires obsolètes qui depuis 2012 démontrent par une succession d’arrêts intempestifs leur manque de fiabilité et ont vu leur taux d’utilisation moyen baisser de près de 25% (c’est comme si un quart du parc nucléaire avait été perdu) ; cette progression du nombre d’incidents liée au vieillissement physique des installations est inéluctable et ne pourra que s’accentuer.

Mais cette prise de risque serait considérée comme mineure face à un possible de plus en plus probable au fil du temps : le risque d’un accident majeur qui annihilerait la Belgique, ainsi qu’une partie de ses pays voisins. Rappelons que ces réacteurs ont été conçus pour une durée d’utilisation de 30 ans, que leurs cuves ne peuvent être remplacées et que, de jour en jour, sous l’effet du bombardement neutronique de la réaction nucléaire, l’acier dont elles sont constituées perd petit à petit ses qualités de résistance dans une mesure qu’il est impossible de mesurer réellement (seuls des tests d’échantillons d’acier prélevés sur les cuves pourraient réellement objectiver leur état). Une rupture spontanée de la cuve ne peut plus être exclue, étant donné la fragilisation excessive due au vieillissement, avec pour conséquence la perte totale de l’eau de refroi­dissement, une fusion rapide du cœur et des rejets radioactifs extrêmement importants. Autre cas de figure plus probable, cette rupture de la cuve pourrait se produire suite au choc thermique consécutif à une injection massive d’eau froide de secours en réaction à une fuite dans le circuit de refroidissement primaire (une telle fuite s’est produite dans le réacteur D1 en 2018, heureusement découverte alors que le réacteur était à l’arrêt et la fuite encore minime). Des scénarios tout à fait possibles que ne démentiraient pas les plus hautes autorités françaises de sûreté nucléaire comme Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui déclarait au journal Le Monde le 20 avril 2016 : « Un accident nucléaire majeur ne peut être exclu nulle part ».

Le tort d’avoir raison « trop tôt »

Un lecteur de Kairos, constatant que certains médias du pouvoir commençaient tardivement à se voir obligés de révéler des conflits d’intérêts, qui deviennent de fait impossibles à taire, nous envoyait le mail suivant, qu’il a adressé au responsable du service de communication de Sophie Wilmès :

« Bonjour Monsieur Detry,

Rentrant de vacances, je suis interpellé par la lecture de 3 articles qui m’amène à vous poser la question ci-dessous :

–  « Mainmise de Sciensano », « conflits d’intérêt »… : dans son rapport à la Commission spéciale Covid, Yves Coppieters pointe de graves manquements

– 137 jours interdit de conférences de presse… « Penasse c. État belge »

–  Vaccins H1N1: « Oui, il y a eu conflit d’intérêts »

QUESTION :   Dans la mesure où le contenu de l’article de LaLibre de ce jour n’est pas très éloigné de la question de Kairos du 15 avril relative aux conflits d’intérêts, conflits d’intérêts pourtant déjà soulevé par L’Echo lors de la crise H1N1, allez-vous également exclure La Libre et L’Echo de vos conférences de presse ?

Et quelle est votre réaction suite à la publication des 2 articles ci-dessous, également par La Libre ?

– Lettre ouverte à nos responsables politiques : Il est urgent de revoir totalement la gestion de la crise Covid-19

– Didier Raoult contre-attaque et dénonce « le plus grand scandale scientifique de tous les temps »

Vous remerciant d’avance pour votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur Detry, à l’assurance de ma meilleure considération »

De quoi devrions-nous avoir peur ?

« […] il arrive à l’homme d’aimer mieux croupir dans la peur que d’affronter l’angoisse d’être lui-même[note]. »

Cioran, 1957.

Depuis longtemps j’ai de l’intérêt pour la notion d’heuristique de la peur proposée par Hans Jonas : moyennant un effort d’imagination, l’homme peut entrevoir les conséquences catastrophiques futures de son pouvoir technoscientifique sur lui-même et sur la nature. Cette peur prospective, mâtinée de culpabilité, est à son tour un moteur pour l’action destinée à éviter le chaos ou l’apocalypse. Il en allait, disait Jonas, du maintien des possibilités de vie biologique des lointaines générations, cela prenant la forme d’un nouvel impératif catégorique adapté aux temps présents et futurs. Ces dernières années, en jonassien, j’ai porté un jugement sévère sur mes contemporains pour leur insouciance irresponsable, leur indifférence provocante, leur nonchalance apolitique, leur scepticisme inapproprié (« Sur la réalité du réchauffement climatique, tous les scientifiques ne tombent pas d’accord, tu sais »), leur cynisme (« Profitons de tout tant que c’est encore possible ») et même leur nihilisme chic. Ces individus de la classe moyenne qui se prennent pour des dandies, je les ai exhortés, généralement en vain, à ressentir une peur salutaire. Pas plus d’effet chez mes camarades de lutte : « La peur paralyse l’action, elle est donc à éviter ». Non, elle la stimule, et en plus elle est censée nous mener à la « raison lucide », rétorquais-je en pensant encore à Karl Jaspers, ainsi qu’à la philosophe Chantal Guillaume qui, elle, parle de peur écologique ou peur responsable[note].

Tout cela fait partie de l’ancien temps. Il y a des moments de l’histoire où les choses basculent rapidement. Il était déjà étonnant de voir comment la doxa néolibérale avait pu contaminer les consciences en un temps record, dans le courant des années 1980, des consciences adultes qui pourtant avaient été élevées dans les promesses marxistes (politiquement parlant), soixante-huitardes (sociétalement parlant) et post-soixante-huitardes (écologiquement parlant)[note]. Avec l’épidémie de coronavirus, le phénomène d’accélération a été bien plus fulgurant : en six mois à peine, l’ensemble du corps social s’est converti à la peur, se retrouvant dans un état de sidération, de détresse existentielle pour certains, soumis à la pression du groupe et aux décisions liberticides autant qu’incohérentes et absurdes des gouvernements belges et français. Nous assistons à une « expérience morale », telle que l’avait analysée le sociologue Erving Goffman : « Le sujet s’adapte à son milieu, est influencé par celui-ci, il se crée une nouvelle identité, se transforme lui-même, tout cela en rapport avec des formes de pouvoir qui se déploient autour de lui[note] ». Avais-je enfin réussi mon coup ? Que nenni ! Car cette peur-ci n’est pas le fruit goûteux de l’usage de la raison appliquée aux événements, elle est le fruit pourri de la propagande médico-politico-médiatique. Donc, une mauvaise conseillère. Derrière leurs masques-muselière, les électeurs-consommateurs ont peur[note]. Leurs raisonnements, leurs paroles, leurs gestes, parfois leur démarche lasse et leur tête baissée expriment la peur du coronavirus. Là se trouve le nœud : l’objet de leur peur. « Le vrai courage sait ce dont il doit avoir peur[note] », écrit Cynthia Fleury. Ne serait-il pas plus sage, plus courageux et mieux avisé de s’inquiéter de la dérive autoritaire et biopolitique des gouvernements, ou encore plus globalement l’évolution totalitaire de l’Occident[note] ? Pourtant cela ne semble pas tracasser la majorité de la population en demande pressante de sécurité, de protection, de survie ou de vie « nue », c’est-à-dire réduite au simple fait d’un organisme d’être en vie, plus encore que de santé. La peur du virus conjure celle que nous devrions éprouver face à la détérioration préoccupante tant de ce qui reste de démocratique dans nos institutions que des écosystèmes dont nous dépendons. Car « le reste » n’a évidemment pas disparu. Pour ne considérer que trois exemples, les mégafeux viennent de reprendre sur la côte ouest des États-Unis et en Amazonie, alors que nous ne sommes qu’au début de la saison sèche ; la pollution par le plastique est démultipliée depuis six mois[note] ; comme la population, nos centrales nucléaires continuent de vieillir et font aussi montre de « comorbidité ». Mais on se presse moins à leur chevet !

Les gouvernements et les médias auraient-ils cessé d’être « rassuristes » à l’occasion de cette épidémie ? Là aussi nous percevons un changement. Jusqu’ici le pouvoir politico-médiatique évitait d’apeurer inutilement les individus pour qu’ils continuent leur vie au rabais d’électeurs-consommateurs. Il leur assurait qu’il n’y avait pas à s’affoler, puisque la technoscience et ses experts trouveraient les solutions à tous les problèmes. Mais voilà qu’avec le Covid-19, il sonne le tocsin depuis des mois en énumérant quotidiennement les chiffres des contaminations, des hospitalisations, des morts. Peur, angoisse et même terreur à tous les étages ! Dans le Léviathan (1651), Thomas Hobbes remarquait déjà que la peur de la mort et le goût du confort étaient les passions principales qui disposent le mieux les hommes à obéir. Cela n’a pas changé trois siècles et demi plus tard. Pour le confort, pas de problème, la vie sous cloche du confinement (ou semi-confinement) y est très favorable puisqu’il ne restera bientôt plus que « ça » pour se consoler. Le divertissement numérique et les plateformes de vente en ligne y pourvoiront. La peur de la mort joue aussi sa pleine partition en cette époque où les projets du transhumanisme semblent séduire (réduire ?) de plus en plus de monde. Avec Olivier Rey, on peut se poser la question : « Sur quelles libertés [en effet] les populations ne sont-elles pas disposées à transiger, quelles sujétions ne sont-elles pas prêtes à accepter, pour fuir devant cette terreur [Ndlr : la mort], avec laquelle plus aucun rite ne permet de composer ?[note] ». Mais la peur est à géométrie variable. Quand les électeurs-consommateurs s’envolent pour des destinations touristiques (plus ou moins) lointaines, ils n’ont toujours pas peur d’accélérer les dérèglements climatiques ; quand ils participent à la gabegie de plastique, ils n’ont toujours pas peur de transformer l’océan en poubelle ; quand, crédules, ils obéissent au gouvernement et aux experts, ils n’ont bizarrement pas peur de basculer dans une nouvelle version 2.0 de la société faite de méfiance systématique du corps de l’autre, d’idéologie du « sans contact », de surveillance ubiquitaire (du pouvoir vers les citoyens et les citoyens entre eux), d’évaporation de la vie collective autre que celle du travail et de la communion consumériste en grandes surfaces. Ils n’ont bizarrement pas peur de cette perspective de simple survie contrôlée par la machinerie algorithmique d’un État à la main droite régalienne de plus en plus lourde[note]. Et nous retrouvons ici le rôle salutaire d’une peur rationnelle et à bon escient. Mais ne nous limitons pas à elle, soyons aussi l’oasis dans le désert de la société hygiéniste[note].

« Il n’y a plus de base médicale justifiant une politique d’urgence »

Quelques extraits de cette lettre ouverte de médecins et de professionnels de la santé. Vous en conclurez s’il nous faut désobéir ou pas aux mesures politiques actuelles; reprendre, comme nous aurions dû le faire depuis longtemps, le contrôle de nos vies. Nous avons conclu.

Leurs demandes

  • Par conséquent nous demandons l’arrêt immédiat de toutes les mesures.
  • Nous mettons la légitimé des experts consultatifs actuels qui se réunissent à huis clos, en question.
  • Nous demandons également qu’une commission indépendante enquête de manière approfondie sur les raisons du maintien de toutes les mesures de restriction de la liberté, alors qu’entre-temps, les chiffres et les données scientifiques ont clairement montré qu’il n’y a aucune raison médicale pour cela un jour de plus.
  • Dans le prolongement de l’ACU 2020 (https://acu2020.org/version-francaise/), nous demandons une enquête approfondie sur le rôle de l’OMS et l’influence possible des conflits d’intérêts dans cette organisation. Elle a également été au cœur de la lutte contre « l’infodémie », c’est-à-dire la censure systématique de toutes les opinions divergentes dans les médias. Pour un état de droit démocratique ceci est inacceptable.

« Le renforcement de l’immunité naturelle est une approche beaucoup plus logique. La prévention est un pilier important, insuffisamment mis en évidence : une alimentation saine et complète, de l’exercice en plein air, sans masque buccal, la réduction du stress et des contacts émotionnels et sociaux nourrissants (…) Les mesures corona forment un contraste frappant avec la politique jusqu’ici minimale du gouvernement lorsqu’il s’agit de mesures bien fondées ayant des effets bénéfiques avérés sur la santé, comme une taxe sur le sucre, l’interdiction des cigarettes (électroniques) et le fait de rendre les aliments sains financièrement attrayants et largement accessibles, l’exercice physique et les réseaux de soutien social. C’est une occasion manquée pour une meilleure politique de prévention qui aurait pu entraîner un changement de mentalité dans toutes les couches de la population avec des résultats clairs en termes de santé publique. Actuellement, seuls 3 % du budget des soins de santé sont consacrés à la prévention »


« Nous demandons ici un débat ouvert, où tous les experts sont entendus sans aucune forme de censure »


« La politique actuelle de crise est complètement disproportionnée, faisant plus de mal que de bien »

« Il ne s’agit donc pas d’un virus meurtrier, mais d’une condition bien traitable

« Le taux de mortalité s’est avéré plusieurs fois inférieur aux prévisions et est proche de celui d’une grippe saisonnière normale »


« Nous constatons sur le terrain que les dommages collatéraux qui sont actuellement causés à la population auront un impact plus important à court et à long terme sur toutes les couches de la population que le nombre de personnes qui sont actuellement sauvées »

« Nous plaidons pour l’arrêt immédiat de toutes les mesures »


« La politique répressive et stricte en matière de corona contraste fortement avec la politique jusqu’ici minimale du gouvernement en ce qui concerne la prévention des maladies, le renforcement de son propre système immunitaire par un mode de vie sain, des soins optimaux avec une attention pour l’individu et l’investissement dans le personnel soignant »

« Le Covid-19 n’est pas un virus du rhume du cuir, mais une affection bien traitable avec une mortalité comparable à celle de la grippe saisonnière. En d’autres termes, il n’y a plus d’obstacle insurmontable à la santé publique. Il n’y a pas d’état d’urgence »

« Les mesures mondiales actuelles visant à lutter contre le SARS-CoV-2 violent considérablement cette vision de la santé et les droits de l’homme
L’utilisation du test PCR non spécifique, qui produit de nombreux faux positifs, a donné une image exponentielle »

« Nous n’avons pas vu de débats ouverts dans les médias, où les contestataires pouvaient donner leur avis »

« Si l’on compare les vagues d’infection des pays menant une politique de confinement stricte avec celles des pays qui n’en avaient pas (Suède, Islande …), on observe des courbes similaires »


« Des mesures d’hygiène excessives ont un effet néfaste sur notre immunité
La grippe va réapparaître à l’automne (en combinaison avec le covid-19) et une éventuelle diminution de la résistance naturelle pourrait entraîner encore plus de victimes »

« En attendant, il existe une thérapie abordable, sûre et efficace pour ceux qui présentent de graves symptômes de maladie, sous la forme d’HCQ (hydroxychloroquine), de zinc et d’AZT (azithromycine) »

« L’isolement social et les dégâts économiques ont entraîné une augmentation de la dépression, de l’anxiété, des suicides, de la violence intrafamiliale et de la maltraitance des enfant »

« Le port d’un masque buccal n’est pas sans effets secondaires (…) De plus, le CO2 accumulé entraîne une acidification toxique de l’organisme qui affecte notre immunité. Certains experts mettent même en garde contre une transmission accrue du virus lors d’un usage fautif »

« Des études ont montré que plus les gens ont d’engagements sociaux et émotionnels, plus ils sont résistants aux virus »

« Le nombre de décès par corona enregistrés semble donc encore surestimé. Il y a une différence entre la mort par corona et la mort avec corona »

« A l’échelle mondiale, on s’attend à ce que le vaccin provoque 700 000 cas de dommages ou de décès. Si 95 % des personnes ne présentent pratiquement aucun symptôme pour le Covid-19, l’exposition à un vaccin non testé est un risque irresponsable »

Il est de ces choses que le pouvoir ne peut entendre – Chronologie d’une censure d’État

Depuis le 15 avril et « la question biaisée politiquement, ce qui n’est pas l’habitude des journalistes », dixit Wilmès, je suis interdit de conférence de presse. Rien d’extraordinaire pourtant que de demander la légitimité d’un gouvernement dont nombreux des membres travaillent ou ont travaillé pour des multinationales liées à la santé. C’est la réponse – que nous n’attendions évidemment pas -, qui est extraordinaire, du fait qu’au fond il n’y en a pas (c’est de la rhétorique), car une réponse signifierait que le débat puisse avoir lieu. Quand on ne demande pas aux politiques ce qu’ils veulent entendre, comme le font les journalistes habituellement, on n’est plus autorisé à leur poser des questions – et pour cela, ils doivent trouver des prétextes. On aura ainsi appris une chose depuis, pour ceux qui ne le savaient pas ou en doutaient encore : nous sommes tolérés tant que nous demeurons spectateurs (et consommateurs, ce qui est peu ou prou identique). Si nous nous levons du siège, ils prennent peur.

Covid-19(84) ou La vérité (politique) du mensonge sanitaire

« Le monde est une mascarade : visage, costume et voix, tout est faux.Tous veulent paraître ce qu’ils ne sont pas, tous trompent et personne ne se connaît. »

Goya, Los Caprichos, sixième eau-forte « Nadie se conoce », 1799.

L’événement Covid-19 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Tout et son contraire ont été affirmés, parfois par les mêmes personnes, et au même moment. Démêler l’écheveau nécessite donc de simplifier le récit. Il y a bien sûr un prix à payer pour ce faire ; il est double. D’une part, il faut ignorer ce qui semble accessoire ; d’autre part, il importe de remettre l’événement dans son contexte historique, à la fois au sens perspectif (la crise culturelle qui remonte à 1968) et projectif (les conséquences politiques immédiates).

Pour l’essentiel, on trouvera ici une thèse — la crise de la Covid-19 n’est pas sanitaire, mais politique, et aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement — soutenue par trois arguments :

1. La Covid-19 rend évidente la corruption complète du corps politique et de ses appendices médiatiques et scientifiques. Ils ont définitivement perdu toute légitimité et toute autorité.

2. Cette corruption reflète la crise du capitalisme financier, et la volonté des oligarques de détruire la démocratie représentative.

3. Le système politique qui se met en place est totalitaire, c’est-à-dire que toutes les facettes de la vie des citoyens seront pilotées par une structure idéologique mortifère ne différenciant plus les sphères privées et publiques. Ce totalitarisme sera fasciste et numérique.

Le grand récit qui nous est officiellement proposé est bien synthétisé par Wikipédia : la maladie à coronavirus 2019, ou Covid-19, est une pandémie d’une maladie infectieuse émergente provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Elle apparaît le 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan, puis se propage dans le monde entier. Pour l’expliquer, on incrimine le pangolin et la barbarie diététique locale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prononce l’état d’urgence de santé publique internationale le 30 janvier 2020. Elle déclare l’épidémie de Covid-19 « pandémique » le 11 mars 2020, et demande des mesures exceptionnelles (l’état d’urgence sanitaire) pour prévenir la saturation des services de soins intensifs et renforcer l’hygiène préventive (suppression des contacts physiques, des attroupements et des manifestations, ainsi que des déplacements et voyages non indispensables, promotion du lavage des mains, mise en application de quarantaine, etc.).

Il faudrait prendre le temps de (re)définir ce que sont une épidémie, une pandémie, un virus émergent, les conditions d’une zoonose (de transmission d’un pathogène entre espèces), un virus augmenté (ou « Frankenvirus »), les « gains de fonction », les présupposés des modèles d’analyse de risque (à commencer par la distribution d’âge rectangulaire et stationnaire, et le mélange homogène de la population), etc. Et de rappeler qu’un virus ne peut jamais être à la fois très dangereux et très contagieux. Discussion compliquée par le fait que les experts peinent à argumenter entre eux et avec le grand public. Par contre, on peut facilement constater la faillite complète de la gestion politique de la crise. Il existe des variations par pays, mais — la Chine mise à part —, ce sont les similitudes qui sont frappantes. Il pourra suffire d’explorer ici les trois facettes annoncées : la corruption des corps politique, médiatique et scientifique ; la crise du capitalisme biocidaire ; et le totalitarisme fasciste numérique.

1. La corruption des corps politique, médiatique et scientifique

« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin. »

Proust, 1913

La gestion politique ubuesque de l’épidémie peut se définir par cinq traits.

1.1. L’impréparation : le gouvernement a été complètement pris au dépourvu, alors que la réaction de la Chine, connue de tous dès janvier, avait été prompte et radicale. En bref : les autorités chinoises ont réagi comme s’il s’agissait d’une attaque bactériologique, pas d’une épidémie saisonnière (et personne n’a jusqu’ici apprécié toutes les implications de cette réaction). De plus, les scénarios de pandémie sont très répandus depuis une douzaine d’années, surtout après la crise de 2009 (H1N1), et ce tout spécialement chez les militaires et dans les fondations privées, grâce au zèle de B. Gates, qui en a fait son unique cheval de bataille philanthropique depuis 2007. Cette impréparation est sans nul doute possible le résultat de cinquante ans de néo-libéralisme. Mais pas que.

1.2. L’incompétence des uns et l’expertise des autres : alors que la chose politique est abandonnée aux universitaires, ceux-ci ne sont que très rarement à la hauteur de la tâche qui leur est dévolue, et ils se contentent de travailler à la prolongation de leur mandat. Du reste, dans une technocratie qui ne dit pas son nom, on comprend la nécessité de s’en remettre aux experts, dont l’objectivité est proverbiale. En fait, l’incompétence, c’est-à-dire l’absence d’expertise adéquate, ne devrait être aucunement problématique en politique : seul le sens commun devrait importer. S’il faut être un expert pour gouverner, nous ne sommes plus en démocratie (représentative), ou même en particratie (pas représentative), mais en technocratie. Le recours aux experts est donc intrinsèquement problématique. Il l’est d’autant plus qu’il suffit de connaître l’employeur de l’expert, ou son bailleur de fonds, pour déduire par avance la nature de ses conclusions.

1.3. La corruption : le niveau de corruption des acteurs politiques est un secret de polichinelle. On se permet même, dans notre monarchie bananière, de rire sous cape des malversations qui finissent par être médiatisées dans d’autres pays, de préférence situés plus au Sud. (Et cela vaut bien sûr pour le regard que la Flandre porte sur la Wallonie). On le sait depuis Platon (ce sont les Grecs qui ont créé la démocratie participative) et, plus particulièrement, depuis Machiavel (1532), le pouvoir est recherché par les corrompus en puissance, et exercé par des corrompus de fait. Du reste, répétons-le, les conclusions de l’expert se trouvent en germe dans la source de financement de ses études.

1.4. La coercition en toute illégalité. L’imbroglio gouvernemental et institutionnel belge a donné naissance à un fort curieux proto-totalitarisme : un gouvernement en affaire courante s’est octroyé les pouvoirs spéciaux pour euthanasier le législatif, instrumentaliser le judiciaire, et instaurer un État d’urgence (sanitaire) qui ne dit pas son nom. Les mesures et règlements liberticides ne se comptent plus — à commencer par le confinement dans les maisons de repos, la généralisation du confinement à domicile, la distanciation « sociale », le port du masque, etc.

Avec ce cortège de mesures liberticides, illégitimes, inefficaces et illégales, on obtient, de fait, la fin de l’État de droit. Le bien public est devenu privé, c’est-à-dire source de profit. Et l’intimité de la sphère privée est exposée au regard (parfois à la vindicte) de tous.

1.5. La communication, et particulièrement sa composante absurde, constitue la vraie signature de cette crise, durant laquelle les responsables politiques ont épuisé toutes les formes pathologiques du langage. Épinglons les suivantes :

— l’évitement : ignorer les objections, refuser le dialogue sous quelque forme que ce soit ;

— l’indignation : faire l’innocent, plaider la bonne foi, le dévouement au bien commun ;

— le mensonge pur et simple : le masque protège des virus et pas seulement des infections bactériennes ; le vaccin est efficace contre une maladie qui n’est pas immunisante ;

— la censure : refuser l’accès à une information ou à une conférence de presse ;

— la propagande : gonfler de vraies informations ;

— la désinformation : propager de fausses informations ;

— la sur-information : inonder d’informations (vraies, fausses, vraiment fausses, faussement vraies, etc.) ;

— l’usage de la contradiction : soutenir deux propositions contradictoires (le masque est inutile ; vous devez porter un masque) ;

— l’usage du paradoxe : utiliser des énoncés indécidables tels que : l’épidémie progresse sans empirer ; le monde d’après sera, et ne sera pas, différent ; seuls, ensemble ; soyez solidaires (dans la solitude) ; faites confiance aux responsables (!) ; informez-vous (dans les médias) ; vaccinons tout le monde pour contrôler la démographie ; imposons la monnaie digitale pour permettre aux pauvres d’épargner ; instaurons un gouvernement mondial démocratique ; ce que je vous dis est faux… Tout ceci ressort de l’effort pour rendre l’autre fou (Searles, 1959).

En somme, la communication gouvernementale, servilement relayée par les médias et aiguillée (et endossée) par les experts en sciences médicales, a entretenu la peur et, surtout, l’angoisse. La peur est un sentiment naturel positif, car mobilisateur : face à une menace palpable, l’individu réagit par la fuite ou le combat. Au contraire, l’angoisse est paralysante : on pressent une menace invisible, sans savoir comment réagir… La communication absurde vise à stupéfier par l’angoisse, pas à perdre par la peur. Le dispositif est beaucoup plus efficace : la peur demande à être orientée afin qu’elle ne nuise pas au statu quo social ; l’angoisse paralyse les citoyens qui acceptent passivement tout ce qui leur est imposé.

La banqueroute politique signale en outre deux faillites supplémentaires : celle des médias et celle des experts scientifiques, et tout particulièrement des médecins. Les médias ont donné une ampleur inouïe à la communication absurde des politiques et des scientifiques. Il y a eu cooptation des uns par les autres. On peine à trouver un dissident dans la classe politique ; il en existe peu dans le monde scientifique et, s’ils s’expriment dans les médias, c’est généralement de manière très pondérée ; rares sont les journalistes qui ont fait leur travail, Alexandre Penasse constituant une notable exception. Tous se sont couverts d’ignominie en participant, activement ou passivement, à cette mascarade ; tous devraient se voir sévèrement sanctionner.

2. La crise du capitalisme biocidaire

« C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu, puis la fin ; à la fin, c’est la fin qui est le pire. » (Thomas Beckett, 1953)

En amont de cette sclérose politique, médiatique et scientifique, on trouve l’influence des mondes bancaire et pharmaceutique, qui sont mus par deux perspectives : d’une part, la maximisation de leur emprise sur la société (et donc de leur chiffre d’affaires) ; d’autre part, la gestion de la crise globale systémique annoncée clairement dès 1968, et dont la chronologie a été esquissée en 1972 par Meadows et Kukla (l’épuisement des ressources, le dérèglement climatique, et la progression de la pollution finiront par avoir raison de la société de consommation et de la démocratie représentative).

2.1. De ce point de vue, l’utilisation de la stratégie du choc, identifiée par Klein en 2007 — instrumentaliser une crise réelle ou ressentie, naturelle ou culturelle, afin de modifier profondément l’espace social, tandis que celui-ci est paralysé — s’impose comme une évidence si on veut anticiper le chaos. Que la crise soit réelle, ou simplement mise en scène, que son origine soit naturelle, ou le produit d’une machination, ne change finalement pas grand-chose au traumatisme et à la possibilité de son usage.

2.2. Par contre, il faut comprendre, une fois pour toutes, que les élus ne représentent pas le peuple, mais les oligarques et leurs multinationales. Le programme néolibéral est en effet très simple : dissoudre les États afin de privatiser toutes leurs fonctions. Tant qu’un gouvernement mondial (privatisé) n’est pas implémentable, on peut se contenter de transformer les États en coquilles vides. Ce programme ne constitue qu’une réappropriation du fascisme tel que Mussolini l’a défini, et mis en pratique, dès 1922-1925, à l’aide de la vision économique de Vilfredo Pareto : l’entreprise privée est, par définition, beaucoup plus efficace que l’État. Puis vinrent les politiques similaires des Nazis en 1934–1937, qui subirent une légère obsolescence de 1944 à 1972 (les « trente glorieuses »). En fait, Hayek, le chantre du néolibéralisme, stipule très clairement, et ce dès 1944, la stratégie à adopter : seule une infiltration progressive des institutions civiles et politiques permettra la destruction de la menace communiste et de sa cinquième colonne. Vingt ans plus tard, le 30 septembre 1965, il arriva à ses fins avec le coup d’État de Suharto, qui coûta la vie à plus d’un million de communistes (certains parlent de 3 millions d’exécutions arbitraires), et permit une première mise en place du dispositif néolibéral. C’était en quelque sorte la répétition du renversement d’Allende par Pinochet, perpétré le 11 septembre 1973. Le remplacement des gouvernements par des multinationales a été quantifié très tôt, e. a., par Stephen Hymer (1960) et David C. Korten (1995). Il est devenu évident avec la politique d’intégration européenne et, surtout, la multiplication des traités et autres partenariats transatlantiques de commerce et d’investissement (comme le « Transatlantic Trade and Investment Partnership », TTIP). C’est du reste le fil rouge de la littérature « cyberpunk » dont le représentant le plus fameux est sans doute Phillip K. Dick (1955), qui a offert les scénarios de Blade Runner (1982), Total Recall (1990), Minority Report (2002), etc.

2.3. Tout se joue donc en 1968–1973 : le dévoilement des enjeux civilisationnels comme leur effacement, c’est-à-dire, d’une part, la prise de conscience de la crise globale qui ne pourrait être conjurée qu’en renonçant au capitalisme industriel et financier ; et, d’autre part, la reprise en main de l’agenda politique par ce dernier avec des figures telles que Suharto et Pinochet, puis Margaret Thatcher (1979), Ronald Reagan (1981) et Helmut Kohl (1982). (Il faudrait également mentionner le travail de sape de Pompidou, élu à la présidence française en 1969, et le bref espoir instillé par Sicco Mansholt à la Commission européenne en 1972–1973.)

3. Le totalitarisme fasciste numérique

« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. » (George Orwell, 1949)

En amont de la corruption complète du corps politique et de ses appendices médiatiques et scientifiques, nous avons trouvé la crise du capitalisme financier et la volonté des oligarques de remodeler en profondeur la démocratie (représentative) de marché. En aval, nous découvrons, sans surprise, un nouveau totalitarisme fasciste, bien plus pernicieux que ses ancêtres du XXe siècle, car numérique.

3.1. « Totalitarisme » désigne le système politique qui prétend gérer toutes les dimensions de la vie citoyenne, publiques comme privées. Rien ne doit lui échapper, en droit comme en fait. Le « fascisme » est un totalitarisme de droite, c’est-à-dire conçu par, et pour, les oligarques.

3.2. L’histoire du totalitarisme fasciste est supposée connue ; elle se résume à la prise de pouvoir des oligarques industriels et financiers par l’intermédiaire d’un lampiste plus ou moins allumé (ce qui permet aux commanditaires de tirer leur épingle du jeu si l’affaire tourne mal). À partir de 1921, la droite extrême progresse partout en Europe : en Italie (Mussolini accède au pouvoir en 1922), en France (avec la création en 1922 de la Synarchie, suivie plus tard par la Cagoule), en Allemagne (le Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, en gestation depuis 1918, s’organise en 1920 ; Hitler écrit Mein Kampf en 1924, publié en 1925), Salazar assied sa dictature en 1932–1933, et Franco pilote la guerre civile déjà en 1934. De 1967 à 1974, il y aura aussi la dictature des colonels en Grèce. (Voir, par exemple, Lacroix-Riz, 2006).

3.3. Nous sommes dans une configuration totalitaire depuis déjà de longues années, c’est-à-dire qu’un système, qu’une idéologie, prétend gérer tous les aspects de la vie : la technoscience constitue un tel système ; le capitalisme, renommé néolibéralisme, est un tel système ; la globalisation est un tel système ; l’État d’urgence permanent qui s’enracine dans la guerre contre la terreur datant de 2001 en est la dernière péripétie. La vraie-fausse crise sanitaire de 2020 est le prétexte (au sens de Naomi Klein) utilisé pour dépouiller définitivement les peuples des acquis sociaux et politiques concédés après 1945. Elle touche donc différemment les pays selon qu’ils sont développés ou pas. Dans les pays riches, il s’agit de détruire les acquis sociaux et de mettre la population au pas ; dans les pays pauvres, c’est une logique néocoloniale qui est à l’œuvre. C’est ainsi, alors que l’épidémie saisonnière est finie, que des règlements (de plus en plus) absurdes prolongent la terreur sécuritaire.

3.4. Au nombre des outils pour comprendre les enjeux du totalitarisme numérique, on trouve les concepts de conformisme et d’atomisme, qui s’imposent dès les débuts de la révolution industrielle et de la démocratie représentative, et sont esquissés chez Saint-Simon (1803) et Tocqueville (1835). L’ère thermo-industrielle est celle du machinisme, c’est-à-dire de la standardisation des produits et de l’organisation scientifique du travail. Alors que l’outil dépend de la morphologie humaine, la machine demande à l’ouvrier de s’adapter à son mécanisme. Le pouvoir de la machine est ainsi le pouvoir du conformisme : en amont, l’ouvrier doit être calibré, dompté, géré comme une ressource ; et, en aval, le consommateur doit accepter l’uniformisation de ses habitudes de vie, de ses goûts alimentaires, de ses vêtements, de ses idées, de ses désirs, etc. Les rendements d’échelle sont à la mesure des espérances de quelques-uns, et du désespoir de tous les autres. Le conformisme se manifeste donc par l’infantilisation et l’indifférenciation des personnes, la dépolitisation des citoyens, et la standardisation des consommateurs, qui constituent autant de précieuses muselières pour paralyser les corps et amnésier les esprits.

D’autre part, l’atomisme constitue le fondement du libéralisme (Mandeville, 1714, avant Smith, 1776) ; il équivaut à briser toutes les solidarités, et à entretenir la guerre de tous contre tous, parfois appelée compétitivité. En scellant l’alliance entre capitalisme et technoscience, la révolution industrielle établit les deux principes fondamentaux du capitalisme mondialisé, l’atomisation des individus sous prétexte de les libérer, et leur conformisation afin de machiner le meilleur des mondes possibles. En d’autres termes, les conditions de possibilité de la culture, qui sont celles de la vie authentique, sont deux fois niées. D’une part, le conformisme se substitue à l’individuation (à ne pas confondre avec l’individualisme) ; d’autre part, l’atomisme remplace la solidarité. Or, sans solidarité, il est impossible de s’individuer, d’endosser son destin, de dépasser les contingences de sa naissance ; et, sans individuation, la solidarité reste lettre morte. Cette double négation est toutefois rendue acceptable par une inversion spectaculaire (aussi au sens de Guy Debord) des pôles privé et public : on prend l’atomisme (c’est-à-dire l’absence de solidarité) pour de la liberté, et le conformisme (c’est-à-dire l’absence de projet personnel) pour de la solidarité (tout le monde désire la même chose). On obtient, en somme, la guerre des clones, de ceux qui montrent leurs derrières (calibrés) en public, et parlent de politique (néolibérale) en privé. Les conséquences sont radicales : infantilisation, déculturation, dépolitisation, dissociété, Terreur (1792, très précisément au moment où Sade écrit), c’est-à-dire la paralysie par l’angoisse.

3.5. Le passage au totalitarisme numérique peut se comprendre comme la transformation des sociétés disciplinaires (Foucault, 1976) en sociétés du contrôle (Deleuze, 1990). L’ère thermo-industrielle est celle du machinisme et des institutions disciplinaires qui lui sont propres : famille, école, église, caserne, usine, hôpital, asile d’aliénés, prison, maison de repos. Tous (ou la plupart de) ces lieux d’enfermement physique (mais aussi mental) peuvent être avantageusement remplacés par un dispositif plus souple de contrôle mental (mais aussi physique) : le numérique. La technologie — et tout particulièrement les dispositifs associés à la 5G — permet maintenant une surveillance panoptique totale : traçage de tout le trafic internet (« big data ») et des déplacements physiques (géolocalisation), disparition des transactions en liquide, assignation à résidence (télétravail, cyber-enseignement, achats en ligne, téléconsultations) etc. Le totalitarisme numérique pousse encore plus loin la synergie entre conformisme et atomisme en remplaçant tout ce qui restait d’humain — et donc de corporel, d’immédiat, de qualitatif et d’aléatoire — dans le machinisme par le virtuel, le médiat, le quantitatif et l’algorithmiquement nécessaire. Il n’y a pas plus conforme que celui qui dépend entièrement du numérique pour vivre ; il n’y a pas plus atomisé non plus. Du reste, la psychose hygiéniste institue un nouveau puritanisme qui exige une vie sans contact. Après avoir disposé de la chair du monde, le technocapitalisme entend exploiter sans complexes la chair humaine (Weber, 2017 & 2018).

4. En conclusion, il faut bien comprendre que la crise de la Covid-19 n’est pas sanitaire, mais politique, et qu’aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement. Par contre, elle met en évidence la corruption complète du corps politique et de ses factotums médiatiques et scientifiques, et, plus particulièrement, leurs allégeances envers les puissances de l’argent et leur projet totalitaire. La crise constitue à la fois le symptôme de la faillite de la démocratie représentative, et le prodrome du retour d’une gouvernance uniquement respectueuse des droits du capital. Plus encore qu’Orwell (1949), c’est Terry Gilliam (1985) qui vient à l’esprit de celui qui chercherait à contraster le cauchemar politique avec l’absurdité fictionnelle. Ces évidences se retrouvent très précisément dans l’intervention d’A. Penasse (qui a fait, après tout, preuve d’une grande retenue), lui qui demandait, 15 avril 2020, « quelle légitimité démocratique il y a à prendre certaines décisions quand la plupart des membres qui décident et réfléchissent font partie des multinationales et du monde de la finance ? »

Le capitalisme est kleptocrate et totalitaire par essence. L’évolution qui se dessine dans la gestion de la crise Covid-19 dévoile la corruption de tous les acteurs médiatisés et laisse entrevoir ceux qui, jusqu’ici, restaient dans l’ombre. Si la population reste confinée dans la terreur, rien ne viendra s’opposer au régime le plus barbare de tous les temps. Si elle se réveille, non seulement le règne de l’angoisse sera révoqué, mais il ne sera plus possible d’agir par la force non plus (les « gardiens de l’ordre » sont toujours issus du peuple, et leur servilité n’est jamais acquise une fois pour toutes). La dernière option des oligarques sera alors, comme d’habitude, le génocide. Toutes les guerres du XXe siècle étaient d’abord des guerres menées par l’aristocratie et la haute bourgeoisie contre le bas peuple. Mais l’irruption d’une vraie pandémie ne serait bien sûr pas à exclure…

Reste la question de savoir pourquoi les citoyens acceptent de se faire maltraiter par les « responsables politiques ». Pourquoi acceptent-ils de subir un pouvoir pervers ? La réponse se trouve dans l’analyse de la relation que le prédateur impose à sa proie. Précisons en deux mots les modalités qui ont été identifiées dans le cadre de l’inceste, de la logique concentrationnaire, ou de ce qui a été appelé tardivement (1973) le syndrome de Stockholm. Il existe un lien vital entre le prédateur et sa proie : c’est le prédateur qui nourrit la proie, c’est lui qui lui offre un récit pour cadrer son malheur, c’est encore lui qui, parfois, fait un geste qui semble bienveillant. La proie refuse donc instinctivement d’ouvrir les yeux sur le mécanisme prédateur. Ferenczi (1932) l’a bien compris : l’enfant traumatisé, physiquement et psychiquement plus faible, se trouvant sans défense, n’a d’autre recours que de s’identifier à l’agresseur, de se soumettre à ses attentes ou à ses lubies, voire de les prévenir, et finalement y trouver même une certaine satisfaction. Aimer son bourreau, dont on dépend physiquement, symboliquement, et affectivement, devient une condition de survie, mais aussi un piège psychotique. Dans le cas qui nous occupe : comme cette servitude volontaire offre les avantages que l’on peut se payer, et les espoirs que l’on veut bien conserver, la plupart des citoyens croient pouvoir continuer, après le « confinement », à confondre rêve et réalité. Il leur faudra plutôt choisir entre rêve et cauchemar.

À chacun sa conclusion, la mienne est empruntée à Gramsci : je suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté. Pessimiste, car, dans le cas qui nous occupe, on assiste simplement à une accélération de la tendance totalitaire d’une société technocratique dans le cadre d’une crise globale systémique identifiée dès 1968. Si on se demande dans quelle direction ce mouvement va se faire, il suffit de questionner le pilote : le bref interlude soviétique mis à part, la technique a toujours été pilotée par les capitalistes (la « grande bourgeoisie »). Historiquement, un totalitarisme capitaliste s’appelle fasciste ou, mieux, nazi. (Hitler n’était pas Mussolini.) Optimiste, car, comme l’écrivait Victor Hugo avant Che Guevara : « Rien n’est plus imminent que l’impossible » (1862).

Références

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Deleuze, Gilles, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in L’Autre journal, n°1, mai 1990.

Dick, Philip Kindred, Solar Lottery, New York, Ace Books, 1955

Ferenczi, Sándor, « Die Leidenschaften der Erwachsenen und deren Einfluss auf Character- und Sexualentwicklung der Kinder. Gehalten im September 1932 auf dem XII. Internationalen Psychoanalytischen Kongress, der vom 4. bis 7. September in Wiesbaden stattfand », Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse 19, 1933, pp. 5-15.

Foucault, Michel, Histoire de la sexualité. I, La Volonté de savoir ; II, L’Usage des plaisirs ; III, Le Souci de soi [1976], Paris, NRF Éditions Gallimard, 1984.

Harold F. Searles, « The Effort to Drive the Other Person Crazy—An Element in the Aetiology and Psychotherapy of Schizophrenia », in British Journal of Medical Psychology, XXXII/1, 1959, pp. 1-18.

Hugo, Victor, Les Misérables, Paris, Albert Lacroix et Cie, 1862.

Hymer, Stephen, The International Operations of National Firms: A Study of Direct Foreign Investment. PhD Dissertation [1960], published posthumously. Cambridge, Mass., The MIT Press, 1976.

Korten, David C., When Corporations Rule the World [1995]. 20th anniversary edition, Oakland, Berrett-Koehler Publishers, Inc., 2015.

Lacroix-Riz, Annie, Le Choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930, Paris, Éditions Armand Colin, 2006.

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Mandeville, Bernard de, The Fable of the Bees or Private Vices, Public Benefits [1714], Oxford, At the Clarendon Press, 1924.

Orwell, George, Nineteen Eighty-Four [1949]. Introduction by Thomas Pynchon, London, Penguin Books, 2003.

Proust, Marcel, À la recherche du temps perdu. T. I. Du côté de chez Swann [1913]. Édition présentée et annotée par Antoine Compagnon, Paris, Gallimard, 1988.

Saint-Simon, Henri de Rouvroy, comte de, Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains [1803], Paris, Presses Universitaires de France, 2012

Smith, Adam, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations [1776], Paris, Gallimard, Folio essais, 1976.

Tocqueville, Alexis de, De la démocratie en Amérique [1835], Paris, Robert Laffont, 1986.

Weber, Michel, Pouvoir, sexe et climat. Biopolitique et création littéraire chez G. R. R. Martin, Avion, Éditions du Cénacle de France, 2017.

Weber, Michel, Contre le totalitarisme transhumaniste : les enseignements philosophiques du sens commun, Limoges, FYP Éditions, 2018.