Jusqu'à quand? L'ambassade d'Ukraine (re)demande l'annulation de notre film dans la région liégeoise, à la ferme du Marly.
Combien de temps allons-nous encore accepter...
Quatre ans après l’agression dont il été victime en tant que journaliste, Alexandre Penasse attend toujours justice.
https://youtu.be/LEQfxPuCoSw
Un journaliste agressé, un policier identifié, une justice...
Ce sont deux concepts déviants sont ultra présents, malheureusement, chez nos « élites mondiales » qui, grâce à leur fortune, restent souvent intouchables. Avec...
C’était le 29 janvier 2023, j’ouvrais ma boîte mail et trouvais un message de Christine Cotton:
“Bonjour Alexandre, Serait-il possible de planifier une interview ensemble,...
Philippe Close refuse l’interpellation publique au sujet des 35 arrestations abusives rue de la Régence
Une demande d’interpellation à la Commune de Bruxelles a été déposée au sujet des violences policières qui se sont déroulées lors de la manifestation pour la Santé du 13/09/2020, notamment rue de la Régence où 35 personnes ont été brutalement arrêtées sans que cela ne se justifie. Celle-ci a été refusée par M. Close. Malgré les plaintes au Comité P et au judiciaire, malgré les enquêtes journalistiques, malgré les images et malgré cette interpellation d’une quarantaine de bruxellois-es, M. Close a choisi de ne pas prendre en compte les victimes de ces violences et de s’en tenir à la seule version de la police. Nous renouvelons donc notre demande à être reçu-es au Conseil communal lundi 19 octobre.
Nous avons déposé à la Commune de Bruxelles le 9/10/2020 une interpellation soutenue par une quarantaine de citoyen-nes bruxellois-ses en vue d’obtenir des réponses et de lancer un débat au sujet des violences policières qui se sont déroulées lors de la manifestation pour la Santé du 13/09/2020 notamment rue de la Régence où 35 personnes ont été brutalement arrêtées sans que cela ne se justifie.
Pour rappel, les faits évoqués ont donné lieu à au moins 11 plaintes au Comité P (à notre connaissance 8 ont déjà suscité une enquête). Une plainte contre X a été déposée pour « coups, blessures et détention arbitraire » au Parquet par trois des personnes arrêtées. Un signalement a été effectué au Délégué général au droit de l’enfant concernant les arrestations de mineurs dont les parents n’ont jamais été prévenus de la détention de leur enfants (c’est illégal). Un photographe suivant la police s’est permis de gazer un homme interpellé au sol (c’est illégal) sans que la police ne réagisse. Des images diffusées par LN24 montre l’intensité des violences rue de la Régence (à partir de 0:09). Plusieurs articles ont paru dans la presse retraçant le déroulé de la journée et des détails de ces violences policières. Enfin, donc, une quarantaine de citoyen-nes bruxellois-es ont demandé à la Commune de Bruxelles une interpellation sur ces questions déposée dans les règles le 9/10/2020.
Malgré ces éléments, M. Close a choisi de suivre uniquement la version officielle de la police. Dans celle-ci, les personnes arrêtées rue de la Régence auraient voulu « reformer un cortège » et la police aurait arrêté des gens qui se sont rendues coupable de violences. Or, ce 13 septembre, la rue est calme avant l’intervention de la police. Nous ne faisions que circuler sur la voie publique ! Et nous mettons au défi M. Le Bourgmestre et sa police de prouver tout faits de violence dans le chef des personnes arrêtées ! Pour rappel, rue de la Régence, la manifestation est terminée et les gens – pacifiques – rentrent chez eux. Une bonne partie des personnes « confinées » et chargés sont des touristes, des passant-es, des familles ! Une bonne partie des gens arrêtés ne savaient même pas qu’il y avait une manifestation !
Dans un mail de réponse ci-joint, M. Close ne répond aucunement à nos légitimes interrogations. Il se contente de juger notre demande irrecevable car elle ne relèverait pas de la compétence communale, arguant que le fichage ne serait pas une question d’intérêt général et que seule la version de la police résumerait les évènements du 13/09/2020.
Or, la zone de police est constituée par des communes. Les bourgmestres sont chef de la police et responsables de ce qui se passe sur leur territoire communal. Le Bourgmestre est donc totalement compétent pour répondre à notre interpellation. Qui d’autres pour nous répondre sinon lui ?
M. Close refuse pour le moment de prendre en compte le récit des victimes de ces violences, les plaintes déposées, les irrégularités de cette opération, l’usage disproportionnée de la force et ce, au profit de la seule version policière. Nous l’invitons à compléter son analyse partielle et partiale de la situation en nous recevant.
Nos questions sont légitimes et d’intérêt général, et elles concernent au premier chef les Bruxellois-ses chez qui ont lieu de nombreuses manifestations toute l’année. Y compris la question du fichage qui risque de dissuader les Bruxellois-ses de manifester par intimidation. Quel signal le Bourgmestre souhaite-t-il dès lors envoyer à sa population et à sa police ?
Toutes ces questions méritent un débat publicisé et nous, victimes de ces abus policiers, des réponses plus circonstanciées.
Malgré ce qui nous est apparu comme une violence arbitraire de la part de ceux qui sont là pour veiller au maintien de l’ordre, nous continuons de croire aux outils démocratiques dont l’interpellation au Conseil communal en est un des exemples. Nous la voir définitivement refusée constituerait à nos yeux un second déni de démocratie.
Nous demandons donc à être reçu-es au conseil communal de ce 19 octobre 2020 pour y lire notre interpellation et entendre les réponses du Bourgmestre et du Conseil communal.
Nous demandons également que l’évaluation des opérations policières de maintien de l’ordre du 13/09/2020 la Commune a, nous l’espérons, demandée soit rendue publique.
Les faits qui ont eu lieu sont graves pour la démocratie et nous demandons des éclaircissements en conséquence.
RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN
—> Un rassemblement de soutien à l’interpellation et pour évoquer les violences policières du 13/09/2020 est organisé par une série d’organisations (La Santé en lutte, CADTM, Quarantine watch, Students for climate…) est prévu le lundi 19 octobre 2020 à 16h devant l’Hôtel de Ville de Bruxelles. https://www.facebook.com/events/326631758642053
Collectif Rue de la Régence
Le Collectif Rue de la Régence est un collectif de personnes interpellées le 13/09/2020 rue de la Régence et de témoins choqué-es par ces arrestations abusives. Il cherche à établir les faits et obtenir des éclaircissements sur ce déni de démocratie qui menace nos droits de circuler et de manifester.
Par le Prof. Dr. Martin ZIZI, MD-PhD, Biophysicien. Ancien Directeur Scientifique Médical à la Défense belge, Ancien Directeur de la Division Épidémiologie et Biostatistiques, Ancien Président du Comité Éthique BE Def.
Je mets au défi tout scientifique belge ou étranger de démontrer que mes explications sur ces tests PCR, selon que l’on soit symptomatique ou non, sont erronées
Depuis un peu plus de 2 semaines, la plupart des pays de l’UE confinent à nouveau leurs citoyens, en justifiant ces mesures comme nécessaires pour limiter la propagation humaine d’un virus qui n’est même pas propre aux hommes[note]. Le plus troublant est que ces mesures sont justifiées sur base des résultats qui mesurent la présence du virus au moyen d’une technique de détection génétique appelée PCR (pour Polymerase Chain Reaction en Anglais). On n’entend pourtant pas dans les « grands » médias que ces mesures utilisées hors contexte ne permettent pas de tirer des conclusions sur de réelles bases scientifiques ou médicales.
C’est uniquement en fonction des résultats au test PCR que l’on décide si une zone sera considérée comme zone de danger ou non, et doit donc être décrétée « rouge » ou « verte ». C’est également sur cette base que l’on décide si quelqu’un doit se mettre en quarantaine ou non ; sur cette base que l’on décide du bien-être économique et social des populations de toute une planète. C’est sur cette base que l’on décide de mettre sur la paille restaurateurs, artistes, théâtres, coiffeurs, manucures et une foule d’autres métiers. C’est sur cette base que l’on décide de fermer ou ouvrir les écoles, et de priver les enfants de la nécessité de jouer pour apprendre…
Pourtant, à de nombreuses reprises déjà, des voix de scientifiques se sont élevées pour critiquer le mauvais usage de ces tests. Les experts se sont alors livrés à des joutes statistiques aussi inutiles que destructrices, en parlant des résultats faussement positifs ou faussement négatifs, alors que c’est l’utilité même des tests PCR qui est en cause, et c’est leur utilisation à grande échelle à des fins de dépistage qui nous a mis dans ces situations ridicules. En plus d’être extrêmes et antidémocratiques, comme l’ont signalé des juristes et des sociologues, ces mesures de confinement n’ont donc pas de réelle base médicale ou scientifique.
Les experts se sont alors livrés à des joutes statistiques aussi inutiles que destructrices, en parlant des résultats faussement positifs ou faussement négatifs, alors que c’est l’utilité même des tests PCR qui est en cause
De l’utilité de la PCR en fonction des symptômes
Je suis Médecin, Biologiste moléculaire et Biophysicien, mais également l’ancien Directeur de la Division Épidémiologie et Biostatistiques du Département de la Défense belge. Des PCR, mon labo en a fait pendant des années, et je me porte en faux contre les informations qui nous sont servies quotidiennement depuis le mois de mars 2020.
La PCR est donc utilisée afin de dépister le COVID. Cette méthode pourtant ne détecte que la présence des gènes du virus SARS-CoV-2, mais en aucun cas n’informe sur la condition physique de la personne testée. Pour être plus clair, la situation et l’utilité de ces tests PCR (qui mesurent la présence des gènes viraux) varient selon que la personne testée a des symptômes ou non. Si cette personne n’a pas de symptômes, un résultat positif ne signifie rien en termes de maladie et rien en termes de contagion.
Cette méthode pourtant ne détecte que la présence des gènes du virus SARS-CoV-2, mais en aucun cas n’informe sur la condition physique de la personne testée
Un tel résultat positif peut signifier que cette personne est soit porteuse du virus actif, ou soit que cette personne est porteuse d’un virus inactif – donc NON infectant, et donc qu’il n’y a aucun danger. Cette même personne – positive pour la PCR – peut aussi tomber malade et être contagieuse, ou ne pas tomber malade et donc ne pas être contagieuse. Car il faut un certain nombre de virus pour tomber malade, et la PCR peut en mesurer 3 ou 4, ou 10, ce qui n’est pas une dose suffisante pour devenir malade. Donc l’utilité médicale et sociale de la PCR en l’absence de tout symptôme est quasi nulle.
Si cette personne a des symptômes, la situation est fort différente. Un test PCR positif permet alors de confirmer que cette personne est malade du SARS et non pas d’un autre virus (une grippe par exemple), ou permet de confirmer que plus d’un virus est présent en même temps. Ceci est utile pour établir de bonnes statistiques médicales fiables.
L’utilité médicale et sociale de la PCR en l’absence de tout symptôme est quasi nulle
En conclusion, la PCR est un outil de confirmation diagnostique et pas un outil de screening de masse. En outre, elle coûte fort cher et nécessite une infrastructure de laboratoire, et des techniciens spécialisés.
Des PCR positives sur des personnes asymptomatiques (tels que les fameux contacts que l’on traque) ne sont donc en aucun cas une mesure médicale et scientifique du danger pour eux ou leurs proches. Ceci n’est pas une opinion, mais repose sur toute une littérature scientifique et des faits solides et démontrables et donc, afin de couper court à tout faux débat aussi inutile que délétère, je mets au défi tout scientifique belge ou étranger de démontrer que mes explications sur ces tests PCR, selon que l’on soit symptomatique ou non, sont erronées. Que la réalité soit connue de tous ! Et que l’on ne vienne pas avec des articulets publiés sous pression médiatique depuis mars, la PCR existe depuis 1985, ses avantages, limites et inconvénients ne datent donc pas d’hier.
Aucune légitimité à déclarer des « zones rouges »
Les tests PCR ont certes leur place en Santé publique, ils mesurent la présence du virus, peuvent confirmer un diagnostic, et donc peuvent servir d’outil logistique pour allouer des moyens, mais les faire passer pour une mesure d’un danger potentiel et donc de déclarer certaines zones, villes ou pays « verts » ou « rouges », est incorrect et médicalement faux. Et les jeter en pâture journalière à une population qui a besoin de clarté et de leadership, ne contribue en rien à une bonne gestion du risque.
À part créer, et surtout entretenir, le sentiment de panique, d’incompréhension et de résignation au sein des populations, la PCR utilisée hors de ce contexte des patients malades nous a conduits à son abus massif – abus coûteux en temps et en ressources en plus.
La seule vraie mesure du danger posé par ce virus est le fameux IFR (Infection Fatality Rate), c’est-à-dire le taux de mortalité calculé en tenant compte à la fois des personnes symptomatiques, mais aussi des personnes asymptomatiques, et la seule manière d’identifier ceux-ci est par testing randomisé au sein d’un échantillon représentatif de la population. Il n’est en effet nul besoin de tester tout le monde pour calculer un tel IFR. Ces tests doivent être des tests sérologiques, pas des PCR. La question de leur date par rapport au moment de l’infection n’est même pas pertinente, car le but de ces tests est précisément d’être randomisés et donc de capturer l’état d’une population à un moment donné – que les personnes testées soient malades ou non. Ceci est donc bien aussi simple que cela y paraît.
Après plus de 10 mois de crise, il est légitime de poser la question de l’absence de la SEULE mesure du danger réel, qui seule permettrait de pratiquer une gestion saine des risques.Pour la bonne information des lecteurs, de telles mesures ont déjà été effectuées dans divers pays à plusieurs reprises, selon les normes et pratiques standards en la matière, et les résultats montrent les taux de mortalité réels, donc de danger lié à COVID, qui oscillent entre 0.3 et 0.6% et sont donc bien loin des 3 à 5% rapportés par toute la presse, et par certains experts jusqu’au-boutistes ou ivres de leur nouvelle puissance médiatique[note].
Après plus de 10 mois de crise, il est légitime de poser la question de l’absence de la SEULE mesure du danger réel, qui seule permettrait de pratiquer une gestion saine des risques
Faire passer les autres scientifiques qui ont tenté de garder la tête froide pour des gens mal informés n’est peut-être pas la meilleure façon pour la presse de défendre l’Intérêt général. Il est surprenant que les professionnels de la Santé et de nombreux biologistes moléculaires restent silencieux à ce sujet. Certains ont dit avoir peur, face à ce battage médiatique erroné, ce qui est un comble dans une démocratie. Je n’ai pas peur et j’ai ma conscience comme guide.
Je le répète une dernière fois : je mets au défi tout scientifique de démontrer que mes explications sur les tests PCR utilisées chez des personnes sans symptômes sont fausses – et en l’absence de cela, il est temps d’exiger de modifier fondamentalement nos approches pour les mettre en phase avec une bonne gestion des risques.
Il est plus que temps de s’occuper des gens au lieu de s’occuper – tels des savants fous – des chiffres ! Que Bruxelles ou Anvers aient plus de PCR positives sur des personnes asymptomatiques qu’un village en Gaume, ne signifie rien, absolument rien en termes de gestion du risque. Et je ne parle même pas du taux fort élevé de faux positifs qui sont propres à la PCR, je laisse cela aux experts…
Le problème n’est pas de savoir qui – entre Anvers et Bruxelles – gère mieux cette crise. Économisez vos sous, et au lieu de faire des PCR sur les contacts que l’on traque, réservez-les pour les patients qui ont des symptômes, ce qui permettra aux médecins d’avoir des statistiques utiles à vous fournir pour vous aider à gérer cette crise avec honnêteté intellectuelle et efficacité.
L’immunité grandissant dans la population, le risque d’infection baisse pour tout le monde, y compris les plus vulnérables. Nous savons que toutes les populations vont finir par atteindre l’immunité collective
Une approche à la fois compassionnelle et prenant en compte les risques et les bénéfices consiste à autoriser celles et ceux qui ont le moins de risques de mourir du virus de vivre leurs vies normalement afin qu’ils fabriquent de l’immunité au travers d’infections naturelles tout en protégeant celles et ceux qui ont le plus de risques de mourir. Nous appelons cela la Protection Focalisée (Focused Protection).
Une déclaration de plus contre les mesures politiques anti-Covid-19.
Depuis quelques jours, la Belgique est dotée d’un gouvernement de plein exercice, la confiance lui ayant été accordée au Parlement par une bonne majorité de députés. Il est composé d’hommes et de femmes appartenant aux sept partis qui ont décidé de s’unir pour diriger le pays. Au-delà de la belle photo de famille, qui se cache derrière ces acteurs politiques ?
Si la Belgique s’illustre par son ouverture en comptant une ministre – de la Fonction publique – transgenre, Petra De Sutter, gynécologue, reconnue mondialement dans cette spécialité, sans antécédents judiciaires connus, qui a exercé ses fonctions politiques chez Groen sans problème (elle dame le pion à Christophe Calvo en lui prenant son poste de ministre, mais il s’agit là de popote interne aux écolos), dans un même temps, la focalisation médiatique sur sa vie privée, offre une douce distraction qui permet de ne pas parler de ses collègues. Pourtant, il y a matière…
Parmi les hommes et les femmes politiques qui font partie de cette équipe ministérielle, un nombre important mérite qu’on s’y attarde, qu’on déterre leur passé et rappelle leur pedigree.
Népotisme…
On définit le terme népotisme par l’abus qu’une personne en place fait de son influence en faveur de sa famille, de ses amis. Sur ce plan-là, avec De Croo et ses copains-copines, on atteint la cime:
Alexander De Croo, le nouveau Premier ministre, est le fils d’Herman De Croo, ancien ministre;
Mathieu Michel est le frère de l’ancien Premier ministre Charles Michel, tous les deux fils de Louis Michel, ancien ministre des Affaires étrangères;
Ludivine Dedonder, ministre de la Défense, est la compagne du bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois;
Sarah Schlitz, secrétaire d’État à l’égalité des genres, des chances et de la diversité, est la petite fille d’un ancien bourgmestre de Liège, Henri Schlitz.
Ajoutons à cela que nombre de nos ministres étaient déjà présents dans l’ancien gouvernement. Alexander De Croo était par exemple ministre des Finances. Il avait donc autorité sur l’Inspection spéciale des Impôts (Isi). Le simple nom prononcé de celle-ci fait blêmir. Elle est réputée redoutable. Est-ce que le ministre De Croo lui a laissé les coudées franches pour traquer la fraude fiscale ?
En fait, il a réduit les efforts de l’Isi à néant en nommant un certain Yannic Hulot à sa tête[note]. L’homme est d’origine wallonne, mais son épouse appartient à la famille Moorkens. Cette dernière est réputée membre de l’aristocratie économique flamande. « De rijkste belgen » classe cette famille et son groupe Alcopa comme 376ème fortune de Belgique avec un capital de 50.419.000€. Le patron de l’Isi passe donc ses week-ends entre Knokke et Verbier… Le garde-chasse partage donc aussi son temps avec les braconniers. Inutile alors de dire qu’Hulot a détruit toutes tentatives de faire éclater la vérité concernant l’évasion fiscale des grandes familles flamandes. Ne sommes-nous pas en plein dans la définition du népotisme ?
Alexander De Croo a réduit les efforts de l’Inspection spéciale des impôts à néant en nommant Yannic Hulot à sa tête, dont l’épouse appartient à la famille Moorkens, 376e fortune de Belgique avec un capital de 50.419.000 €
Sous le règne de De Croo, les lanceurs d’alertes susceptibles de donner des renseignements sur l’évasion fiscale massive en Flandres, n’étaient pas les bienvenus.
… et autres scandales
Nous avons aussi un nouveau secrétaire d’État du nom de Thomas Dermine. Un vrai petit prodige. Bardé de diplômes, il a fait Harvard, a dirigé l’institut Émile Vandervelde (le centre d’étude du parti socialiste.) Il a même été élu « Wallon de l’année. » Grâce à lui, on a trouvé comment recaser le site Caterpillar à Gosselies. Moyennant le payement de 50 millions d’euros sur un compte dans un paradis fiscal (British Virgin Island), une société chinoise du nom de Thunder Power fabriquant des voitures électriques allait s’installer dans la plus grande ville wallonne. Pourtant, pas le moindre Chinois en vue – si vous tentez de faire la même chose, vous devriez avoir des problèmes avec l’Isi, dont on vient de parler. Malgré que le dossier a été étudié par la Sogepa et une grande société de consultance, Deloitte… La facture de cette dernière constitue déjà un scandale en soi. Personne ne sait si tout ou partie des 50 millions ont été versés. A quand la prochaine bourde de Monsieur Dermine ? Pour autant qu’il s’agisse d’une bourde…
Mathieu Michel, le « fils de » et « frère de », que l’on vient d’évoquer, devient secrétaire d’État. Mais de quoi va-t-il s’occuper dans le nouveau gouvernement? Officiellement, il devient secrétaire d’État en charge de l’Agenda digital et du numérique. Cela laisse rêveur lorsqu’on voit la médiocrité de son propre site internet. Mais une autre compétence lui revient : la Régie des bâtiments. Celle-ci est responsable du parc immobilier de l’État belge. Didier Reynders et son complice, Jean-Claude Fontinoy, avaient vendu à vil prix à des promoteurs véreux et moyennant des commissions occultes une partie de ce parc immobilier. Le clan Michel aura décidé que c’était son tour, probablement.
Le nouveau ministre de la Santé s’appelle Frank Vandenbroucke. Il s’agit d’un intellectuel de haut vol, mais certains n’ont pas oublié qu’il a démissionné du gouvernement Dehaene suite à son implication dans l’affaire Agusta. Cette affaire de corruption massive était liée à l’achat d’hélicoptères Agusta par l’armée belge. Vandenbroucke aurait fait brûler, d’après lui, cinq millions de francs belges, l’équivalent de la part des socialistes flamands dans l’enveloppe de corruption. On y croit…
Il est proprement hallucinant de voir revenir au poste de ministre de la Santé Monsieur Vandenbroucke, alors que de nombreux soupçons de corruption pèsent sur la politique belge face à l’attitude du gouvernement dans la lutte contre le Covid-19. Le problème de l’achat par la Belgique dans l’urgence d’un vaccin contre cette maladie s’ajoute à ceux liés aux analyses par les tests PCR, très critiquées. Ne parlons pas des scandales liés à l’achat de masques par la Belgique…
Il y aussi David Clarinval, Bourgmestre empêché de Bièvres, qui est soupçonné de conflits d’intérêts : il aurait privilégié la société à papa, Clarvinval construction, pour l’édification d’une salle communale (60.000€) ainsi que la buvette et les vestiaires du club de foot (140.000€)[note]. Mais non, ça doit être une erreur, hein, David, le politique travaille pour le bien commun, non ?
Reste encore Gilkinet, qui devient ministre de la Mobilité, avec autorité sur la SNCB, dirigée par Fontinoy. Ce dernier avait financé son moteur électoral : une marche gourmande dans le village de Mozet. Ou comment ne plus être embêté par celui qui, en tant que député, causa quelques tracas à toute la clique impliquée dans le Kazakhgate[note].
Les langues se délient également au MR suite aux différentes crises de confiance relatives à son président Georges-Louis Bouchez et aux nominations des responsables MR dans le nouveau gouvernement. « Image dégueulasse », « fonctionnement de clan mafieux », etc.
« Complotiste »… ou « nationaliste flamand »
En conclusion, toute personne qui critiquera ce nouveau gouvernement sera rapidement taxée de complotisme. Ou d’alliée du nationalisme flamand. En effet, la NVA et le Vlaams belang forment 80 % de l’opposition. Il y a pourtant matière à critique, avec un casting qui fait froid dans le dos : des ministres liés à des affaires de corruption gravissimes, d’autres « fils de » et/ou notoirement incompétents dans les domaines qui leur sont confiés, etc.
L’électeur flamand risque de voter sans pitié dans quelques années. Comment également allier l’eau et le feu avec le PTB, de tendance communiste? Nos nouveaux ministres le savent et pourraient être tentés par le chant des sirènes de la corruption, afin de s’enrichir au plus vite, conscient que cela ne va pas durer.
* Éviter de lire svp (ne pas jeter sur la voie publique, il pourrait être récupéré).
« Car les bribes d’information que l’on offre à ces familiers de la tyrannie mensongère sont normalement infectées de mensonge, incontrôlables, manipulées. Elles font plaisir pourtant à ceux qui y accèdent, car ils se sentent supérieurs à tous ceux qui ne savent rien. Elles ne valent du reste que pour faire mieux approuver la domination, et jamais pour la comprendre effectivement. Elles constituent le privilège des spectateurs de première classe : ceux qui ont la sottise de croire qu’ils peuvent comprendre quelque chose, non en se servant de ce qu’on leur cache, mais en croyant ce qu’on leur révèle. »
Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle
Depuis jeudi, minuit une, il vous est loisible de ne plus porter de masque à l’extérieur, cette règle variant au gré des régions, des villes, des communes[note]. Quelles seront les réactions de ceux qui, pour la plupart, ont souscrit aux injonctions gouvernementales? Cette question nécessite de connaître préalablement les raisons de l’obéissance. On peut se risquer à une classification des réactions face à l’obligation de port du masque – sans que chacune soit mutuellement exclusive :
– Le sujet de l’État : passé par les bancs de l’école, les sièges de l’entreprise, les contrôles de police, ces mains des maîtres, il réagit aux ordres sans aucune autre considération que d’obéir. Chien de Pavloff de nos sociétés, s’il a des considérations morales, celles-ci sont secondaires face aux injonctions venues d’en haut. Il y a chez certains un plaisir de la position soumise, une facilité dans le fait de ne devoir ni décider ni penser. Ceux-ci admirent l’assujettissement, croyant par l’obéissance se rapprocher un peu du monde des puissants : comme si le fait d’être « en bas » et d’accepter la hiérarchie les approchait un peu du haut, ce monde des « décideurs » dont ils ne font pas partie. Ils sont les spécialistes de l’excès de zèle, ultra-conformistes qui élargiront de leur propre initiative les zones d’interdiction en portant le masque même là où on ne les y a pas obligés. Les écrits sur le totalitarisme en ont fait la description, car leur penchant pour la soumission en fait des alliés indéfectibles d’un ordre arbitraire. Ces sujets de l’État pousseront l’obéissance jusqu’à vérifier que les autres se soumettent, à l’instar de celui qui vous apostrophera dans les transports en commun pour vous dire que vous portez « mal » le masque, sous le nez, et que c’est interdit. Ceux-ci se justifieront en vous expliquant que c’est dans un souci altruiste qu’ils agissent, mais c’est surtout pour eux-mêmes qu’ils se font les relais zélés de la police. Délateurs et petites mains du pouvoir armé, ils sont ceux qui dans un groupe dont les membres auraient dû rester solidaires, dénoncent un coupable pour s’en tirer à bon compte.
– Les conformistes : si la catégorie précédente s’y assimile évidemment, il existe une grande différence entre les deux : là où les premiers obéissent d’abord par une forme de résonance personnelle aux ordres qui, d’extérieur, en deviennent auto-injonctions – comme ces individus qui, seuls en rue et en pleine nuit, arborent le masque –, les seconds obéissent par mimétisme : ils font parce que les autres font. Propre à une société qui avec ses écoles et ses universités nous a d’abord appris à penser comme les autres, ces sujets ne réfléchissent plus par eux-mêmes, mais ont d’abord besoin de voir ce que l’autre fait pour savoir ce qu’ils peuvent penser. En somme, ils ne pensent plus. Boucle sans fin, le processus assure, dans un monde où la médiatisation de l’information est entre les mains des dominants, l’uniformisation idéologique.
– Les angoissés : matraqués comme les autres par des actualisations heure par heure des « cas-covid », ils suivent l’évolution de la situation sanitaire comme le trader les cours de la bourse; incapable de se raisonner, tant la perspective angoissante de la mort a pris le contrôle sur leur capacité de penser. Si vous chutez devant eux en rue, même si leur conscience leur dit de vous porter secours, ils s’écarteront de votre route, guidés par la seule angoisse de la mort sur laquelle ils n’ont aucune prise. Le fait, pourtant inéluctable, de la mort, a pris plus d’importance du sens de ce qui la précède, à savoir la vie. Incapables de saisir toute la praxis qu’il y a dans les propos d’André Comte Sponville, qui disait : « J’aime mieux attraper le Covid-19 dans un pays libre qu’y échapper dans un État totalitaire », et que « ne pas attraper le Covid-19 n’est pas un but suffisant dans l’existence« , ils trouvent toutes les raisons possibles de se protéger des autres. Déjà morts de vivre, ils préféreront périr seuls et sans risque, que de jouir et refuser ce monde dans lequel leur petite personne a pris une importance bien trop grande. Comme les autres, ils accompagnent le naufrage.
L’homme n’est désormais plus un loup pour l’homme, il est un potentiel malade du Covid-19. Et c’est pire.
– Les hérétiques : ils sont l’engeance, surtout des premiers, mais aussi des troisièmes, qui s’en écartent comme de la peste. Certains veulent briser le spectacle, comme ce lecteur de Kairos (courrier des lecteurs du Kairos de septembre/octobre 2020) qui s’est baladé dans le marché de Verviers avec une pancarte affichant « M’enfin, jusqu’où allez-vous vous soumettre ? ». Ils sont ce qui reste encore pour nous ramener à la surface, une brindille dans l’œil qu’on frotte pour se dire que tout cela n’était qu’un mauvais rêve[note]. Objecteurs de conscience de la société masquée, ils sont ces Natascha McElhone du film Truman Show, qui souffle à Jim Carrey que toute sa vie n’est que spectacle, là où ceux qui l’entourent jouent un rôle et obéissent au metteur en scène. Mais leur conscience ne s’est le plus souvent pas éveillée avec le Covid, comme si tout allait bien précédemment, sachant pertinemment ou pressentant que les choses ne tournaient pas rond avant et que le Covid n’en est que la continuité logique[note].
À quand la fin ?
Il y a de grandes probabilités que les angoissés continuent à porter le masque, là où les sujets de l’État obéiront sans rechigner à l’ordre arbitraire et absurde de porter le masque dans les espaces extérieurs, sans que les contradictions des injonctions gouvernementales ne les saisissent aucunement. En fonction de la proportion de chacun de ces deux groupes, les conformistes obéiront, ou pas. Qu’adviendra-t-il ds hérétiques ? Les camps de redressement sont-ils déjà prêts pour eux ?
Toujours est-il que cette division humaine face au port du masque et à l’ensemble de mesures qui concourent à tuer ce qu’il nous reste d’humanité, génère des dissensions au sein des groupes qui auraient dû rester unis, notamment et surtout ceux qui luttent pour renverser ce système mortifère. L’homme n’est désormais plus un loup pour l’homme, il est un potentiel malade du Covid-19. Et c’est pire.
Dans tous les cas, la question essentielle doit se poser : jusqu’à quand subirons-nous l’imposition du voile buccal et des autres mesures ? Quand déciderons-nous que la vie n’est plus possible ainsi ? Que tout doit changer.
Ceux qui veulent disposer d’outil permettant un contrôle total de la population entendent imposer, « à tout prix », la mise en place du réseau de communication hertzien 5G. Sur le site de notre confrère pour.press, Alain Adriaens a été interviewé[note] et a décrit le « monde sans humains » que prépare la 5G.
Alain Adriaens est aussi un des contributeurs du numéro spécial de Kairos, « 5G: face au conte de fées, le compte des faits ». Si vous voulez encore plus d’arguments et des données pour juger du grave danger que représente l’imposition de cette technologie dite « de rupture », vous pouvez lire les 40 pages de ce dossier[note].
ParKaarle Parikka, PhD en microbiologie virale et Nina Wauters, PhD en écologie environnementale
Nous présentons ici trois erreurs scientifiques majeures commises lors de la prise de mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus, qui permettent à tout un chacun de comprendre les emballements médiatique, citoyen et politique auxquels nous faisons face aujourd’hui. Les données scientifiques exposées ici se basent sur un rapport rédigé par un groupe pluridisciplinaire comprenant des scientifiques, des gestionnaires de santé publique, des journalistes, etc.[note]. Ce rapport ayant été publié en juin 2020, une vérification et une mise à jour en fonction de la littérature scientifique publiée depuis lors ont été effectuées.
1. Il ne faut pas oublier la littérature scientifique existante, ce virus n’est pas si inconnu que ça
La première démarche, que tout étudiant connaît, est celle de la recherche bibliographique, c’est-à-dire, dans ce cas, la lecture des rapports et des publications scientifiques existants. Dès le début, on a parlé du « nouveau coronavirus » comme provoquant des symptômes « nouveaux et inconnus ». Or, le nom de ce virus, «SARS-CoV-2 » (signifiant en anglais « severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 » ou « syndrome respiratoire aigu sévère coronavirus 2» en français) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Il ne s’agit pas du premier coronavirus infectant l’humain qui cause des complications respiratoires aiguës.
Négliger la recherche bibliographique, c’est commencer une série de films d’horreur en plein milieu. Comment faire face aux monstres de la série Alien si l’héroïne, Ellen Ripley, ne découvrait qu’au 2ème épisode que ces derniers pondent dans les corps humains et que leur sang est constitué d’acide ? Les premiers épisodes montreraient que la famille des coronaviridae comprend plusieurs virus qui infectent non seulement les animaux, mais dont au moins 7 infectent également les humains. Parmi ces derniers, il y en a 4 qui causent des infections respiratoires supérieures se manifestant sous forme de « rhume » et 3 autres qui induisent chez certains individus des syndromes respiratoires aigus : le SRAS-CoV-1 (le SRAS ayant sévi de 2002 à 2004 en Asie du Sud-est), le MERS (épidémie au Moyen-Orient en 2012) et maintenant le SRAS-CoV-2.
Les nombreux articles déjà publiés sur les autres coronavirus nous apportent de précieuses informations quant au fonctionnement très probable du virus : son mode de transmission (qui se fait non seulement par gouttelettes, mais également par l’air en grande partie), son origine (les « réservoirs animaux » : le virus circule donc actuellement également aussi via les animaux sauvages et domestiques) et ainsi son aspect moléculaire (sa taille de l’ordre de 100 nanomètres, c’est à dire un dixième de millionième de mètre, son génome et son mode de réplication dans les cellules). Les publications scientifiques publiées depuis lors sur le SARS-CoV-2 confirment ces hypothèses de travail. Cela signifie que dès le début, comprendre que le virus circule quoiqu’il arrive par l’air et les réservoirs animaux aurait permis d’éviter l’erreur majeure de tenter de « bloquer » la transmission du virus, notamment en contrôlant les déplacements des gens.
2. Connaître la mortalité réelle du SARS-CoV-2, c’est-à-dire le danger qu’il constitue pour la population, est une nécessité pour pouvoir gérer la crise. Après 10 mois, il est plus que temps !
La deuxième démarche est celle de l’observation des données. La méthode scientifique est surtout basée sur l’observation, l’émission d’hypothèses puis la prédiction et enfin la vérification desdites hypothèses. Nous arrivons ici à la deuxième erreur majeure faite par beaucoup de gouvernements. Pour décider quelles mesures prendre contre une épidémie, il nous semble logique d’en connaître son origine (par la bibliographie), mais surtout son comportement (par observation épidémiologique).
Pour ceci, il faut connaître et différencier :
le nombre de personnes qui portent (et donc peuvent potentiellement transmettre) le virus ;
parmi ces dernières, le nombre de personnes qui sont malades (c’est-à-dire celles qui présentent des symptômes, mineurs ou majeurs) ;
parmi les malades, ceux qui en meurent. Il s’agit également de déterminer de quoi exactement décèdent ces patients. Avec le temps, on peut également déterminer les catégories de personnes présentant le plus de risques. Il s’agit en d’autres termes de définir la « prévalence » de la maladie, le nombre de « cas » malades dans la population pendant une période donnée. Or depuis le début de cette crise, les statistiques ont, de toute évidence, non seulement été mal présentées et basées sur des données incomplètes, parfois totalement fausses, mais elles ont surtout été abusivement médiatisées sans donner de grille de lecture au grand public, et toujours sous une perspective catastrophiste.
Depuis le début, il y a une confusion entre le taux de mortalité par personne infectée (testée positive) et la mortalité des personnes qui sont en état grave ou en Unité des Soins Intensifs. Le premier chiffre est relativement bas (de l’ordre de 0,2-0,4%) si l’on se donne la peine de faire le calcul en se basant sur les données publiques existantes, mais apparemment non utilisées. Tout étudiant en médecine et personne de bon sens peut comprendre cela. Le taux de mortalité des personnes sévèrement atteintes est fort logiquement plus élevé (au moins 10 fois). Est-il donc logique que ce raisonnement fallacieux ait été publié par la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine le 28 février 2020[note] ? À partir de là, tous les modèles de mortalité calculés sur une donnée incorrecte ont mené à des scénarios absolument catastrophiques et ont conduit les États à confiner leur population et à prendre des mesures antidémocratiques, injustifiées si on se base sur les pratiques scientifiques.
Que cette erreur fondamentale n’ait jamais été corrigée ou même admise pose question. Encore aujourd’hui, on compare les testés positifs du pic de l’épidémie de mars-avril, lorsqu’on ne testait que les personnes gravement malades, et les testés positifs actuellement, majoritairement asymptomatiques, et bien sûr très nombreux puisque l’on teste beaucoup plus. C’est un peu comme comparer des pommes et des poires pour compter des bananes ! Les statistiques sont facilement manipulables : on pourrait même de manière fort perverse démontrer qu’il y a 100% de mortalité chez des personnes décédées ! L’outil de diagnostic actuel (le PCR) est limité à la confirmation d’un diagnostic du SRAS-CoV-2 parmi ceux qui souffrent d’un rhume ou d’une grippe causés par un autre virus. Par contre, les tests basés sur l’immunologie (comme, par exemple, les tests sérologiques) permettent de détecter la présence du virus dans le corps même des personnes, y compris donc des asymptomatiques.
Tous les modèles de mortalité calculés sur une donnée incorrecte ont mené à des scénarios absolument catastrophiques et ont conduit les États à confiner leur population et à prendre des mesures antidémocratiques, injustifiées si on se base sur les pratiques scientifiques
D’autre part, l’observation du virus a aussi permis de comprendre qu’il présente des spécificités : il agit très vite et peut descendre profondément dans les bronches. En revanche, il ne tue pas seul. La plupart des morts du coronavirus ont été victimes d’une pneumonie bactérienne (donc guérissable par des antibiotiques) traitée trop tard. Le report des soins pour les personnes malades et la quarantaine chez soi jusqu’à ce qu’on soit finalement admis aux soins intensifs alors qu’il est trop tard est un non-sens.
3. Il faut passer de l’impossible gestion de la peur à une gestion du risque qui est, elle, parfaitement possible et souhaitable
Nous arrivons ainsi à la troisième erreur: les mesures disproportionnées. En réagissant par un confinement strict de la population, la volonté était d’« aplatir » la courbe de l’épidémie. Cela fait sens uniquement si le virus se limite à infecter des hôtes humains. La Suède a, dès les premiers cas qui ne pouvaient pas être expliqués par des contacts directs, choisi la seule politique scientifiquement logique : se focaliser sur les personnes et non sur la contention du virus. Un confinement court aurait pu se justifier pour pouvoir organiser notre système de santé, mais créer la panique et de facto paralyser la médecine de première ligne n’était pas réellement justifié. Une fois cette machine infernale enclenchée, toute la litanie des mesures n’a servi qu’à engendrer une peur panique qui finira par tuer plus que le virus lui-même.
La Suède a, dès les premiers cas qui ne pouvaient pas être expliqués par des contacts directs, choisi la seule politique scientifiquement logique : se focaliser sur les personnes et non sur la contention du virus
Dans toutes mesures prises en santé publique, il est toujours essentiel de faire un calcul « coût-bénéfice » (ce qu’on appelle une analyse de risques). Concernant le bénéfice, étant donnée la faible mortalité de cette épidémie et l’efficacité très variable de ces mesures, celui-ci sera vraisemblablement faible. Il est évident que lors d’une épidémie d’Ebola, toutes ces mesures permettraient de faire une différence. Mais prendrions-nous celles-ci contre épidémie de rhume? Le SRAS-CoV-2 n’est certes ni l’un ni l’autre, mais pourquoi ne pas plutôt se focaliser sur des soins adéquats, qui permettraient de diminuer le vrai danger de mortalité, par exemple, par un usage plus généralisé des antibiotiques pour éviter les infections bactériennes secondaires.
Le coût sociétal de ces mesures, par contre, a été d’abord ignoré puis systématiquement sous-estimé. Les impacts sanitaires (dus aux nombreuses personnes non traitées ou non dépistées), économique, social, psychologique, éducatif promettent d’être gigantesques. Les vagues de faillites, de mortalité infantile (l’Unicef estime que 6.000 enfants meurent chaque jour de causes évitables par manque de soins dus en partie à la paupérisation de leur famille), de malnutrition (l’activité des nombreux fermiers s’est arrêtée net), de cancers trop avancés, car non dépistés, de violences conjugales, de burn-out, de dépressions et de suicides, commencent seulement à arriver.
Le « principe de précaution » ne peut être sans arrêt utilisé pour tout justifier, surtout qu’il est mal compris. Ce principe recommande de prendre des mesures anticipatives de gestion des risques. Quand des experts exposent des hypothèses plus alarmantes les unes que les autres, ils prennent les autorités en otage en jouant sur la peur des citoyens. Il ne s’agit plus de science. Par précaution, il aurait plutôt fallu évaluer le coût et le bénéfice de chaque mesure, y compris donc des mesures de confinement, des restrictions des libertés individuelles et du port du masque ! Porter le masque « au cas où cela sauverait quelqu’un » n’est pas une bonne raison scientifique. Depuis le début de la crise, de nombreuses autorités (y compris notre ministre de la santé), avaient à raison expliqué qu’ils n’étaient utiles que contre les contaminations humides, c’est-à-dire des gouttes émises lorsque l’on tousse, et aucunement contre la contamination par aérosols. Pourquoi ce changement d’opinion si ce n’est parce qu’il s’agit d’une gestion de la Peur et pas d’une gestion des risques ?
Ce sujet extrêmement clivant et actuel des masques, comme signalent de nombreuses cartes blanches et lettres ouvertes de centaines de médecins et scientifiques[note], ne résiste pas à une lecture extensive de la bibliographie scientifique. La science nous rapporte que l’imposition de ceux-ci n’est utile qu’en milieu hospitalier (qui est, par définition, un lieu de concentration de personnes malades), lorsqu’il est porté par des professionnels en suivant un protocole strict, ce qui n’est pas le cas du grand public. Les particules virales ont approximativement la taille des particules de tabac aérosolisées. Tout comme la fumée du tabac, le virus circulera quoiqu’il arrive, à travers le masque et sur les côtés, en suspension dans l’air parfois plusieurs heures… Par contre, le port du masque généralisé, proposé en dépit des preuves scientifiques, a eu deux effets destructeurs majeurs: le renforcement de la panique au sein des populations (corps médical inclus) et la politisation de cet outil qui est devenu un symbole.
La science nous rapporte que l’imposition des masques n’est utile qu’en milieu hospitalier, lorsqu’il est porté par des professionnels en suivant un protocole strict, ce qui n’est pas le cas du grand public
Les vaccins seront sans doute bientôt l’objet d’une lutte similaire. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la vaccination, mais, comme pour les autres mesures, d’établir un rapport coût/bénéfice. Tous les vaccins ne se valent pas. Certaines maladies virales comme la polio et la variole ont pu être contrôlées par des vaccins, car elles sont uniquement transmises par les humains et par contact direct. Le SRAS-CoV-2 est un virus qui est non seulement véhiculé par l’air et par les animaux, mais qui mute à un taux très élevé. Dans ce cas, trouver un vaccin qui fonctionne réellement est une gageure. Il est très probable qu’un vaccin contre le SARS-CoV-2, comme les vaccins contre les grippes saisonnières (dont l’efficacité dépasse rarement 50%), montre une faible efficacité, et de surcroît doive être continuellement mis à jour au fur et à mesure que le virus mute.
Nous remettons donc en question les mesures prises par notre gouvernement, sachant que les informations sur lesquelles s’appuie cette gestion de crise sont incorrectes et incomplètes, et ont mené à des conclusions qui le sont tout autant. Nous réclamons donc, tout comme nombre de médecins et de personnel soignant ayant signé des cartes blanches et manifestes (Docs 4 open debate, Belgium Beyond Covid, Corona Manifest, Transparence Coronavirus, voir note 3), des mesures correctes et proportionnées, qui prennent en compte les impacts négatifs que cette crise a déjà causés.
Il y a quelques années, nous avions mis une dizaine d’affiches MEDIAS dans les stations de métro. En plein Covid-19, quelques années après, il est bon de vous rappeler qui nous informe, et de deviner les intérêts qu’il y a à donner un certain sens à ces informations.
Lettre ouverte de Paul Lannoye, Président du Grappe ASBL, Docteur en Sciences physiques et Député européen honoraire pour www.stop5G.be
On attend d’une institution publique chargée d’informer les citoyens de notre pays sur les problèmes de santé publique qu’elle se base sur des faits et utilise des arguments scientifiquement valides pour étayer ses propos. Dans le communiqué de presse, publié le 8 juin dernier, sous la responsabilité de Mme Ledent, il est facile de vérifier que ce n’est pas le cas. Au lieu d’informer correctement, ce texte constitue un plaidoyer unilatéral et totalement biaisé en faveur du déploiement de la 5G, présentée en conclusion comme un indispensable outil sans lequel l’accès aux services de secours par le réseau mobile de télécommunications serait mis en danger !
Ce texte est d’une telle indigence que l’ignorer m’a paru, dans un premier temps, être l’attitude la plus raisonnable. C’était une erreur. Depuis lors, les porte-parole des opérateurs de télécommunications, relayés largement par les médias, l’ont brandi comme garantie de la pertinence de leur projet. En outre, une parlementaire bruxelloise l’a utilisé comme base d’une intervention publique diffamatoire et caricaturale de l’opposition à la 5G.
Passons en revue certaines affirmations prétendument basées sur la science qui constituent l’essentiel du texte de Sciensano.
1. Les risques pour la santé peuvent être évalués sur base de recherches existantes effectuées sur des fréquences comparables à celles de la technologie 5G. Je rappelle que la bande de fréquences attribuée par l’IBPT ce 18 juillet dernier à 5 opérateurs est de 3600 à 3800 MHz. Cette bande de fréquences n’a, à ce jour, fait l’objet que de très rares études, comme l’admet d’ailleurs l’ANSES, l’organisme public français en charge de cette problématique, dans un rapport préliminaire[note]. Comme la fréquence est un paramètre important dans la qualification et la quantification des effets biologiques d’un rayonnement électromagnétique, il est imprudent et scientifiquement mal fondé de considérer a priori qu’on en sait assez pour accepter leur utilisation sans risque.
2. Beaucoup plus grave : il est incorrect d’affirmer que les limites d’exposition appliquées en Belgique pour les radiofréquences nous protègent déjà des effets nocifs sur notre santé. Ces limites nous protègent bien contre les effets thermiques, mais en aucun cas contre les effets biologiques qui se manifestent à des niveaux d’exposition nettement plus faibles (de mille à cent mille fois). Ces effets biologiques, en cas d’exposition régulière, ou pire encore, permanente, peuvent entrainer des dommages à la santé particulièrement pour les enfants et les embryons. L’abondante littérature scientifique révélant ces graves problèmes de santé a fait l’objet d’une méta-analyse exhaustive dès 2007 par un groupe de scientifiques, spécialistes parmi les plus respectés en matière de bioélectromagnétisme[note]. Cette méta-analyse a été actualisée par ce groupe en 2012 et régulièrement mise à jour[note]. Plusieurs milliers de publications se sont ajoutées à charge des rayonnements de hautes fréquences ; il est confirmé que le caractère pulsé des rayonnements de la téléphonie mobile est un facteur aggravant des nuisances provoquées sur le vivant. Les dommages à la santé bien identifiés et répertoriés dans la littérature scientifique sont :
Les lésions de l’ADN cellulaire ;
Le stress cellulaire ;
L’altération de l’expression des gènes ;
L’infertilité et l’altération de la qualité du sperme ;
La perturbation du sommeil ;
Les troubles cardiaques, incluant la tachycardie, l’arythmie et l’arrêt cardiaque ;
Les troubles neurologiques, en ce compris la dépression et l’autisme ;
Le cancer.
Les processus essentiels de l’organisme humain sont altérés par le stress permanent provoqué par une exposition chronique aux rayonnements électromagnétiques, avec pour conséquence des troubles des fonctions métaboliques, immunitaires et reproductives. Le mécanisme biologique expliquant ces problèmes de santé a été proposé par Martin Pall dès 2013[note] et cautionné par la communauté scientifique au fil du temps. Le rapport du Conseil Supérieur de la Santé de Belgique de 2019 reprend à son compte cette explication lorsqu’il dit que « les rayonnements non ionisants de micro-ondes pulsées agissent via activation des canaux calciques dépendants du voltage, induisant des impacts biologiques à des niveaux non thermiques »[note]. Il importe d’attirer l’attention sur le fait qu’avec la 5G, on entre dans une ère où la pollution électromagnétique n’épargnera personne, sachant que la multiplication des antennes, stations de base (leur nombre serait augmenté d’un facteur 5) et mini-antennes à balayage électronique seront capables de cibler partout les smartphones et les objets connectés.
3. Sciensano admet que « les fréquences plus élevées sont considérées comme indispensables au fonctionnement optimal du réseau 5G (par exemple 26 et 66 GHz) ». L’insistance mise sur la faible profondeur de pénétration des ondes de hautes fréquences et dont les longueurs d’onde vont du centimètre au millimètre laisse entendre que l’organisme humain ne serait guère menacé, seules les couches superficielles de la peau et des yeux pouvant subir quelques effets éventuels. Cette présentation abusivement rassurante fait l’impasse sur la sensibilité particulière de certains organes superficiels et sur les mécanismes biologiques qui impliquent les cellules superficielles dans le fonctionnement global de l’être humain, mécanismes qu’on ne connaît pas encore parfaitement à ce jour.
Une étude récente (2018) publiée par Betzalal et al. a montré que les glandes sudoripares des couches supérieures de la peau jouent un rôle d’antenne, ce qui augmente significativement l’absorption spécifique des ondes millimétriques[note]. Une autre, toujours en 2018, révèle l’apparition de pics de température dans la peau des personnes exposées du fait des salves de quelques millisecondes transmises par les dispositifs sans fil[note]. Les experts de Sciensano admettent qu’on en est actuellement au stade des premières recherches, lesquelles sont encore en cours. Ils déclarent qu’en cas d’incertitude sur la sécurité pour notre santé, le principe de précaution doit être appliqué. Cette déclaration est pertinente, mais laisse sous-entendre qu’on n’est pas du tout confronté à une telle incertitude, ce qui est incorrect.
4. Enfin, l’affirmation selon laquelle « il n’existerait aucune explication scientifique au fait que le rayonnement 5G aurait un effet quelconque sur la propagation du coronavirus » et qu’il s’agirait d’une fausse nouvelle est une contre-vérité grossière. Plusieurs études scientifiques montrent que si une exposition de courte durée aux rayonnements de radiofréquences renforce le système immunitaire, une exposition prolongée, au contraire, l’affaiblit. Le mécanisme en cause est bien compris et a fait l’objet de plusieurs publications : les rayonnements de micro-ondes ouvrent les canaux calciques des membranes cellulaires (voir réf 4 et 5) et augmentent la concentration en radicaux libres. Le terrain est en fait rendu très favorable à la réplication des virus. Il est donc scientifiquement plausible que la propagation des infections virales soit accélérée par l’exposition aux rayonnements de micro-ondes.
Au même titre que la pollution atmosphérique, la pollution électromagnétique devrait être considérée comme un co-facteur potentiel dans la pandémie actuelle, comme l’ont suggéré plusieurs scientifiques aussi compétents que respectés[note], ainsi que plusieurs députés européens dans une question prioritaire posée à la Commission en avril 2020[note]. En conclusion, je voudrais insister sur la nature de la controverse scientifique qui voit s’affronter les partisans du paradigme « thermique », les anciens, et les défenseurs du paradigme « biologique » que j’appellerai les modernes. Le paradigme « thermique » est celui adopté à l’origine par les scientifiques et les ingénieurs impliqués dans le développement des technologies des télécommunications à des fins militaires ou civiles. Ce paradigme est basé sur le postulat implicite de la nécessité de ce développement, sachant que les nuisances éventuellement provoquées doivent être limitées et être aussi faibles que possible sans toutefois entraver ce développement.
L’ICNIRP (Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants) est une commission d’experts issus de ce monde des ingénieurs et des physiciens acquis à ce paradigme « thermique » et proche des milieux industriels. Ses recommandations sont à la base de toutes les législations en vigueur depuis 30 ans et sont la source unique des recommandations de l’OMS et de l’UE, malgré l’accumulation de données scientifiques confirmant le caractère obsolète du paradigme « thermique » et l’existence de dommages à la santé à des niveaux d’exposition bien en dessous du seuil thermique. L’ICNIRP est un comité d’experts parmi d’autres. Il n’est pas indépendant, mais lié à l’industrie. En aucun cas, il n’est une autorité scientifique incontestable, comme l’ont montré dans un rapport récent les députés européens Michèle Rivasi (biologiste) et Klaus Buchner (Physicien)[note].
Le communiqué de presse publié par l’ICNIRP le 11 mars dernier et consacré à la présentation des nouvelles lignes directrices pour la protection contre les rayonnements non ionisants a permis à son président, le docteur Van Rongen, de déclarer que l’application de ces lignes directrices permettra un déploiement de la 5G sans aucun dommage à la santé ! En plein débat sur la problématique de la 5G, cette déclaration a manifestement pour seul objectif de clore rapidement et définitivement ce débat en faveur des intérêts industriels et d’un choix de société imposé aux populations aux dépens de la santé. En fondant son analyse sur les seules recommandations de l’ICNIRP, Sciensano se fourvoie dangereusement et ce qui est beaucoup plus grave désinforme la population. C’est ce qu’a déjà fait Test Achats, cité en référence par Sciensano, on se demande bien pourquoi.
Alors que les autorités politiques, inféodées aux puissances de l’argent, veulent nous imposer la 5G, détruisant notre planète pour « télécharger un film en moins d’une seconde », nous avons rencontré Giles Robert, directeur de l’Observatoire centre Ardenne, le dernier lieu en Belgique d’où l’on puisse encore voir le ciel et ses étoiles sans que les pollutions lumineuse et atmosphérique nous l’occultent*. Comme disait Bernard Moitessier dans La longue route: « Si un marchand pouvait éteindre les étoiles pour que ses panneaux publicitaires se voient mieux dans la nuit, peut-être le ferait-il ». Il avait vu juste. Une interview d’Alexandre Penasse, une réalisation de Terangi Teuira.
Nos enfants fréquentent l’école communale Marcel Thiry, à Mehagne. En ce début d’année pour le moins chahuté, la commune de Chaudfontaine a trouvé bon de mettre en place un nouveau système de prise des présences lors de l’accueil extra-scolaire de toutes les écoles dont elle organise l’enseignement : on ne note plus le nom de l’enfant. On scanne son QR code personnel. Gain de temps. Facturation automatique. CQFD.
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesurez-vous les implications insidieuses de la mise en place d’un tel système chez nos enfants ?
Avant même de vous demander de réfléchir à la lourde symbolique d’associer clairement un code à un individu dès l’enfance, pouvez-vous d’abord chiffrer la perte d’emploi générée à moyen terme par cette « merveilleuse » technologie ? Soyez un minimum honnêtes : l’objectif premier, il est là. C’est vrai, les mesures actuelles ne précarisent pas encore assez de monde, numérisons ce qui peut l’être pour « rationaliser »le peu d’emploi public qui reste ! Que votre progrès et l’économie qui va avec passe par la déshumanisation de nos enfants semble hélas peu vous importer…
Dire son nom ou se faire scanner, quelle différence ?
Peut-être aucune dans le monde que vous désirez mettre en place. Dans le monde d’aujourd’hui pourtant, celui dont l’humanité s’accroche dans des gestes infimes de solidarité et de partage, celui qui nous fait tenir malgré les bourrasques actuelles, celui auquel je veux croire pour mes enfants, dire son nom permet d’exister, de se construire, de se réfléchir. A 3 ans, quand nos petits rentrent à l’école, dire son nom, c’est se reconnaître une identité propre, loin de maman et papa, membre d’une communauté. À 12 ans, quand ils sont presque prêts à quitter cette première école, dire son nom, jour après jour, c’est se forger une personnalité avant d’aborder le monde un pas plus loin.
Tous les jours, dans vos garderies (qui sont d’ailleurs souvent fantastiques, gérées par des gens motivés et positifs que je veux défendre), des centaines d’enfants disent leur prénom et leur nom, face à face avec un adulte qui les reconnaît, leur sourit (même si pour l’instant c’est derrière un masque) et note leur présence au sein du groupe de leurs pairs. Ce geste vous paraît anodin ? Il ne l’est pas. Il fonde comme tant d’autres détails notre société. Cette parole d’affirmation de soi, cet échange, vous décidez, sans concertation, de le remplacer par une action mécanique et sans âme. Nos éducateurs n’auront plus à chercher le visage de l’enfant mais son QR code. Ils n’auront même plus besoin de savoir comment il s’appelle. Et même si je veux croire que l’équipe en place n’oubliera pas pour autant le nom de mes enfants je sais que les nouveaux venus, noyés sous la gestion de ce type de tâches perdront jour après jour le contact humain qui est la substance même d’un accueil extra-scolaire digne de ce nom.
Les technologies qu’on vous vend, Mesdames, Messieurs les élus, sur le terrain, nous sommes bien placés aussi pour savoir qu’elles font certes gagner du temps mais, de un, quand elles fonctionnent (et souvent, ça ne fonctionne pas et après c’est pire) et de deux, quand on ne profite pas de ce gain de temps espéré pour nous charger d’autres tâches supplémentaires qui nous éloignent encore un peu plus de notre premier objectif : prendre soin de l’Humain, et dans ce cas-ci, de centaines de petits humains en devenir qui sont là soir et matin, avant et après une longue journée d’école et qui ont le droit d’être considérés comme des êtres à part entière et pas comme des marchandises.
On me reprochera peut-être d’atteindre le point Godwin en comparant ces codes et ces prises de présences sans âme à d’autres listes remplies, non pas de noms mais de chiffres qui pourtant étaient des personnes de chair et de sang. Dans les pires heures de notre Histoire, qui aurait pu envoyer froidement au camp Anne, André, Sophie, Sarah, Pascal… ? On y a envoyé des numéros, du bétail, et pour l’Humain qui est, qu’il le veuille ou non, un être de symboles, cette anonymisation a permis les pires des dérives.
Non, Mesdames, Messieurs, je ne vous accuse pas de nazisme aujourd’hui. J’ose croire que vous n’avez pas conscience de l’impact de vos choix. Pourtant, en tant que représentants de l’État et gestionnaires de leur Éducation, si vous instituez chez nos enfants, dès l’âge de 3 ans, un système d’acceptation d’une normalisation bête et méchante, si consciemment vous demandez à chaque marmot dont vous avez la responsabilité de s’identifier chaque jour en tendant un code à une machine ou en portant ce code en permanence sur sa mallette, alors vous décidez ni plus ni moins de dessiner un monde où le rôle de l’École est désormais d’habituer nos enfants à être des objets.
La question n’est plus « Qui es-tu ? » mais « Où est ton QR code ?». Tu ne te définis plus par toi-même, une identité, une filiation. Non, tu possèdes un signe qu’on a choisi pour toi et qui te représente, qui symbolise ton être, ta place dans la société.
Venez, mes enfants ! L’école ne vous apprendra plus à communiquer, à vous affirmer, mais elle vous conditionnera déjà à n’être qu’une donnée, similaire aux autres, indissociable à l’œil nu, individuellement facturable mais certainement pas reconnaissable, homogénéisé à l’extrême dès le plus jeune âge.
Cela vaut-il l’économie ? Cela vaut-il le temps « gagné » ? Pourrez-vous être fiers, Mesdames, Messieurs, des répercussions de vos actes ? Vous n’êtes pas de simples citoyens qui faites des choix pour leurs propres enfants, pas même des profs qui décident de leur pédagogie, ni des directeurs d’école qui engagent une équipe dans un projet (même si je pense que chacun aurait raison de réagir à son niveau), vous êtes nos représentants et vous avez dans vos mains le quotidien de nos enfants, ce qui les construit jour après jour dans leur manière d’aborder le monde. À quoi cela servira-t-il de les nourrir mieux en favorisant l’alimentation locale dans nos écoles si vous détricotez en parallèle le lien humain qui jalonne leur vie scolaire ?
Cela ne correspond pas aux valeurs de l’école que nous avons choisie ni, à mes yeux, à celle d’aucune école digne de ce nom.
Je suis habituellement fière de vivre dans une Slow City et le pouvoir communal me semble un rempart essentiel pour préserver notre qualité de vie…
Je vous en prie, Mesdames, Messieurs, réfléchissez avant de mettre en place cet engrenage qui, sous couvert de « facilité »ne pourra que participer à détruire l’essence même de notre société. Ayez le courage de faire marche arrière même si cela semble difficile. L’enjeu est trop important pour avancer sans réfléchir.
Après plus de 4 mois et demi d’attente, alors que l’État promettait que d’autres journalistes relaieraient mes questions en conférence de presse, ce qui n’a jamais – évidemment – eu lieu, celui-ci, via ses avocats, a répondu à certaines de celles-ci par courrier, le 4 septembre. Enfin, si on peut appeler cela « réponse », car cette dernière implique de tenir compte de la question, qu’on y soit favorable ou opposé. Logique toutefois, la langue de bois n’est pas une langue, mais une rhétorique. Il est d’ailleurs étonnant de constater la façon dont chaque « réponse » de l’État est presque systématiquement précédée de cet avertissement: « La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse », alors que Wikipedia donne comme définition de « langue de bois», une expression « qui désigne un cliché rhétorique péjoratif, visant à disqualifier un discours adverse en affirmant que son argumentation est tissée de formules stéréotypées ». N’est-ce pas clairement ce que cette formule qui sert d’introduction à leur réponse signifie?
Vous trouverez ci-dessous le courrier complet de l’État, avec mes questions, précédées d’un tiret, et leurs « réponses », en gras.
– Lors d’une conférence de presse tenue début août, le décès tragique d’une fille de trois ans a été évoqué en l’attribuant au Covid. Son père a témoigné dans la presse, expliquant que le 16 juillet, sa fille « avait été placée en soins intensifs où l’infection au Covid-19 a ensuite été diagnostiquée. Les tests de dépistage se sont également révélés positifs pour les parents » : « “C’est le coronavirus qui l’a accompagnée, mais pas le coronavirus qui l’a tuée. Il ne faut pas effrayer le monde pour rien. C’est beaucoup de show tout ça”, regrette-t-il ». Ce type de communication qui a des effets politiques, à savoir le durcissement des mesures, mais aussi génère angoisse et inquiétude chez des parents et grands-parents, alors que la rentrée des classes approche, est selon nous la preuve d’un amateurisme, ou d’une volonté d’instiller la peur. Comment le gouvernement collecte-t-il ces informations relatives au Covid et les vérifie-t-il ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Cette histoire, relayée dans la presse, a marqué de nombreux Belges, dont les représentants politiques. Dans de telles circonstances, les autorités ont présenté leurs condoléances.
Les décisions politiques sont prises sur base de rapports contenant à la fois des données sanitaires et des recommandations exprimées par les experts.
– Pouvez-vous nous parler des tractations du gouvernement avec les multinationales pharmaceutiques, notamment GSK ? Quel est l’état de votre collaboration actuelle avec cette dernière ? Sachant notamment que Pascal Lizin est à la fois Président de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et directeur chez GSK comme principal responsable du lobbying. C’est également la SFPI qui a mis Vesalius Biocapital, où travaillait Philippe De Backer, dans ses « priorités stratégiques » (voir https://www.new.kairospresse.be/article/155505
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Le gouvernement a des contacts avec le secteur pharmaceutique dans son ensemble, comme il en a avec tous les secteurs de notre tissu économique et social. Il n’entretient pas de relation privilégiée avec une entreprise, au détriment d’autres. Sur des dossiers importants comme l’élaboration d’un vaccin contre le Covid-19, l’Union européenne a mis en place une procédure de passation de marché centralisée qui ne permet pas aux États membres de mener distinctement leurs propres négociations, et ce, afin de garantir la solidarité entre les États membres.
Le procès d’intention qui est fait aux personnes citées dans la question doit être adressé aux principaux concernés.
– Depuis le début du coronavirus en Belgique, plus rien ne se dit et plus rien n’est fait par rapport au risque majeur et bien plus grand qu’une épidémie et qui concerne le changement climatique et les dangers majeurs pour l’humanité qui lui sont associés. Or, alors que le covid-19 aurait permis de repenser entièrement notre modèle de société, vous vous empressez en phase de « déconfinement », de soutenir financièrement Brussel Airlines, laquelle participe à la destruction de notre écosystème ; rien n’est fait pour juguler la pollution atmosphérique, dont l’automobile est largement responsable. Dans le monde, ce sont 7 millions de personnes qui meurent chaque année d’une mauvaise qualité de l’air ; en Belgique, ce sont plus de 10.000 personnes qui meurent prématurément à cause de la pollution de l’air. Comptez-vous pérenniser cette politique de croissance, qui nous a conduits où nous en sommes, et dont le Covid-19 est également la résultante ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Il est erroné de prétendre qu’aucune action n’est entreprise au niveau de la lutte du réchauffement climatique depuis le début de la crise sanitaire. Le Green Deal a, par exemple, été au cœur des discussions européennes auxquelles la Belgique a participé activement, dans le cadre du MFF (Multi annual. Financial Framework)
La politique environnementale, dont l’amélioration de la qualité de l’air fait partie, est largement régionalisée en Belgique. Les différents ministres régionaux compétents pourront vous faire le bilan de leur action.
Lors des négociations avec Brussels Airlines, le gouvernement a fait savoir qu’il demandait « des garanties (…) en vue d’une mise en œuvre correcte d’un business plan réaliste et tourné sur l’avenir pour Brussels Airlines, axé sur une croissance rentable, responsable du point de vue écologique et offrant des perspectives d’emploi. »
– Pourriez-vous nous détailler les chiffres parmi les personnes testées positives : quelles sont celles qui sont asymptomatiques, celles qui nécessitent de se soigner, mais peuvent rester à la maison, et celles qui nécessitent une hospitalisation ?
Tout est disponible dans les rapports de Sciensano. Les porte-paroles interfédéraux ainsi que l’administration sont en mesure de fournir des informations complémentaires.
– Jamais en plus de 5 mois vous n’avez évoqué précisément le fait que la mortalité attribuée au Covid touchait en fait des personnes en état de comorbidité (obésité, diabète, troubles cardio-vasculaires) ou des personnes très âgées. Vous n’avez pas non plus tenu compte des remèdes éventuels et des pratiques qui pouvaient, à moindre prix, augmenter l’immunité. Alors que les conflits d’intérêts des groupes d’experts et de membres du gouvernement, que vous nommez sans honte « privacy », sont patents, nous pouvons légitimement nous demander ce qui dicte les choix du gouvernement : l’argent ou le bien commun. Au vu de vos décisions antérieures, notamment comme ministre du Budget, mais aussi comme membre d’un parti, le MR, qui a toujours œuvré en faveur des plus riches (cf. notamment les « intérêts notionnels » mis en place par Didier Reynders), vous reconnaîtrez que le doute est permis. Pouvez-vous nous assurer qu’aucun groupe privé ne tire profit du Covid-19 et des décisions qui sont prises par votre gouvernement ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Ces données ont été publiées dans les rapports hebdomadaires qui figurent sur le site de Sciensano.
Le RAG (Risk Assement Group)ne remet pas d’avis de type thérapeutique, une telle mission est de la responsabilité de cliniciens. Un groupe de cliniciens s’est réuni et a émis un avis public sur les traitements COVID, avis basé sur une revue d’articles peer-reviewed, sur des évidences scientifiques et sur leur expérience clinique.
Aucune décision prise ne vise à favoriser le profit d’un particulier.
– Lors de la conférence de presse du 27 juillet, Elio Di Rupo, que j’ai interpellé, ne semblait pas être au courant qu’un seul homme soit derrière les mesures de traçage, un certain Frank Robben. Pourriez-vous nous en dire plus ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Les mesures relatives au contact tracing ont fait l’objet d’un accord de coopération entre les entités fédérées et le fédéral. Cet accord a été discuté en Conférence Interministérielle Santé et en Comité de concertation. Par ailleurs, l’opérationnalité du Testing & Contact tracing est assurée par une Plateforme interfédérale testing and tracing qui comprend les représentants des entités fédérées et de l’état fédéral, présidée par Karine Moykens.
– Les professionnels de la santé mentale indiquent que de nombreuses personnes les consultent pour des troubles liés à la situation présente, dont la dépression, la perte de sens, les idées suicidaires font largement partie. Mettez-vous en balance les dégâts collatéraux de vos mesures avec leurs bénéfices quand vous les décidez, dans une sorte de calcul coût/bénéfice pour la population ? Avez-vous des chiffres des effets sociaux/individuels de vos décisions ?
La santé mentale est une compétence partagée entre les différents niveaux de pouvoir.
Dès mars 2020, la Conférence interministérielle Santé a abordé ce point. La corrélation entre les mesures de confinement et la santé mentale a aussi été discutée dans le GT Santé mentale du GEES durant les mois avril / mai / juin.
Au fédéral, certaines mesures ont été prises comme la mise en place des vidéoconsultations, l’élargissement du public cible au remboursement psychologique ou encore le renforcement de l’accompagnement dans les hôpitaux. Les premiers chiffres de l’INAMI concernant la vidéoconsultation, par exemple, indiquent qu’il n’ y a pas un pic fortement marqué.
– Pensez-vous qu’il soit possible d’éviter totalement les contaminations au covid-19? Dans ce domaine, le risque zéro n’existe pas, pourtant on a l’impression que c’est ce que vous voulez tendre à faire croire. Quid de l’immunité collective, qui sera essentielle selon certains virologues pour réduire les contaminations si un retour du virus a lieu de façon saisonnière, immunité collective dont vous ne prenez nullement compte?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
L’objectif a toujours été le contrôle de l’épidémie, ce qui est différent de l’objectif « zéro contamination ».
– La Suède qui a pris des mesures tout à fait différentes de celles de la Belgique, refusant le confinement généralisé, et montre des résultats qui ne sont pas alarmants, alors que certains leur promettaient des dizaines de milliers de morts. Quelles conséquences en tirez-vous ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Si l’approche de la Suède est différente d’une grande partie des autres États européens, des mesures similaires à celles instaurées en Europe (fermeture des établissements scolaires, limitation des rassemblements, restrictions de voyage, etc.) ont été prises, parfois bien plus tard. Le pays décompte par ailleurs un nombre de victimes beaucoup plus importants que ses pays voisins dont les caractéristiques (densité, etc.) sont assez semblables. La stratégie suédoise est sujette à débat. Il est trop tôt pour tirer un bilan alors que l’épidémie n’est pas terminée.
– Comment expliquez-vous qu’au moment le plus crucial de l’épidémie, un seul laboratoire a été désigné pour tout le territoire ? Cela a totalement déterminé le nombre de tests et les critères pour les réaliser.
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Lors de la première vague, les experts scientifiques ont clairement insisté sur l’indispensable nécessité pour réussir la stratégie de déconfinement de l’associer à une politique de testing. Cette politique de testing a tenu compte de la pénurie mondiale de réactifs qui frappait les labos cliniques, ne leur permettant pas plus de 7000 tests journaliers. Grâce à un protocole de l’Université de Namur, une alternative de testing moins consommatrice de réactifs a finalement pu être mise sur pied. Une plateforme nationale permettant d’accroitre les capacités grâce à une mise en commun du matériel a été aussi mise en place.
Le Cabinet du Ministre De Backer peut fournir d’avantage d’information.
– Pouvez-vous nous confirmer à cette date, alors que vous durcissez les mesures, notamment à Bruxelles avec l’imposition du masque dans tous les lieux publics, que le taux de létalité du au Covid ne fait que diminuer ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Le Conseil National de Sécurité n’a jamais imposé le port du masque dans l’ensemble de l’espace public.
Le port du masque obligatoire dans l’espace public à Bruxelles est une décision du gouvernement régional bruxellois auquel il convient donc de s’adresser.
– Il n’y a aucune base scientifique à imposer le port du masque partout. Sur quels critères vous appuyez-vous dès lors ?
La question comprend des insinuations incorrectes qui ne correspondent pas à la réalité. Il en est fait abstraction pour apporter des éléments de réponse.
Le rôle joué par les asymptomatiques dans la contamination au virus Covid 19 est prouvé scientifiquement. Par définition, ces asymptomatiques ne peuvent pas être identifiés. Le port du masque permet donc de limiter la contamination par ceux-ci. Il permet également de réduire le risque de contamination.
La littérature scientifique et les rapports d’institutions comme l’OMS démontrent très largement l’intérêt de porter un masque.
ParFrancis Leboutte, président de Fin du nucléaire
Comme nombre d’institutions nationales et internationales, l’auteur du projet de résolution[note] relative à une éventuelle sortie limitée du nucléaire après 2025 met en avant la faible émission des gaz à effet de serre (GES) de la filière nucléaire qui serait comparable à celle de l’éolien, soit 12 grammes de CO2[note] par kilowattheure (kWh) produit, ce qui mettrait le nucléaire au premier plan des propositions énergétiques pour atténuer le réchauffement climatique.
L’analyse comparée du cycle de vie de ces deux filières de production d’électricité montre que mettre le nucléaire au niveau de l’éolien est une fiction dont voici quelques éléments :
Le cycle de vie de la filière nucléaire comprend de nombreux processus qui tous génèrent des GES à l’exception d’un seul;
construction de la centrale nucléaire, maintenance et opération ;
extraction du minerai d’uranium, broyage, concentration (production du yellow cake ou d’un équivalent), transport du yellow cake, purification, enrichissement de l’uranium, fabrication des assemblages d’uranium (combustible) ;
démantèlement, réhabilitation des sites miniers et de production ;
désactivation et stockage provisoire du combustible usé ;
traitement et conditionnement des déchets, construction des sites de stockage ;
la réaction de fission nucléaire dans le réacteur est le seul processus qui ne produit pas de GES ; par contre il fait que la radioactivité du combustible et des matériaux environnants[note] est multipliée par 1 milliard.
la consommation de matière par kWh produit est 20 fois supérieure pour le nucléaire.[note]
les matières consommées par le nucléaire sont pour l’essentiel non recyclables, car radioactives.
On ne peut chiffrer avec certitude les émissions de GES liées à la gestion des déchets de haute activité et/ou de longue durée principalement constitués du combustible usé, car il faudrait un recul de plusieurs centaines ou milliers d’années pour analyser les qualités et le coût énergétique d’un stockage qui devrait être sûr pendant 1 million d’années.[note]
Pour ses besoins en uranium combustible, un réacteur de 1 GW (gigawatt) comme le réacteur T3 de la centrale de Tihange ou D4 de celle de Doel nécessite annuellement l’extraction d’environ 200 000 tonnes de minerai d’uranium, auquel il convient d’ajouter 800.000 tonnes de « roches stériles », c’est-à-dire les roches extraites, mais non traitées, car présentant des taux d’uranium trop faibles pour l’exploitation industrielle, soit un total de 1 million de tonnes de roche extraites par GW nucléaire et par an. Face à cette débauche extractiviste, en termes de « combustible », un champ d’éoliennes ne nécessite que du vent pour produire de l’électricité.
On le constate aisément, mettre le nucléaire et l’éolien au même niveau en termes d’émissions de GES ne tient pas la route. Un expert indépendant[note] arrive à une valeur de 165 grammes de CO2e par kWh, forcément sans prendre en compte les incertitudes et inconnues liées au stockage des déchets, aux émissions d’hydrocarbures halogénés lors de l’enrichissement de l’uranium et, dans une certaine mesure, au démantèlement des centrales[note]. D’autre part, ce taux d’émission est promis à une croissance rapide du fait que le minerai à haute teneur en uranium a déjà été exploité et qu’il faudra de plus en plus d’énergie pour extraire l’uranium d’un minerai de plus en plus pauvre.[note]
Comment dès lors l’idée que le nucléaire serait une source d’électricité peu carbonée est-elle aussi répandue ? L’explication réside dans la puissance et l’efficacité du lobby du nucléaire, à commencer par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique)[note] on ne peut mieux placée au sommet de la pyramide institutionnelle de l’ONU, sous le contrôle du Conseil de sécurité et des puissances atomiques, une position idéale pour tromper son monde moyennant une campagne de propagande bien orchestrée.[note]
Peu de temps après la publication du rapport spécial du GIEC d’octobre 2018 (Réchauffement planétaire de 1,5°C), j’ai rencontré un des rédacteurs du résumé à l’intention des décideurs (Summary for Policy Makers) et lui ai demandé comment le GIEC pouvait se faire le vecteur d’une telle désinformation. La réponse a été on ne peut plus claire : « Le sujet est politique et il n’est pas question qu’une agence de l’ONU en contredise une autre surtout quand cette dernière est en position dominante ».
L’argument du nucléaire peu carboné est un mensonge et toute argumentation en faveur de la prolongation du nucléaire qui y fait appel s’en trouve discréditée.
On ne peut reprocher à l’auteur du projet de résolution de faire grand cas du réchauffement climatique, allant même jusqu’à citer Greta Thunberg. Cependant en se limitant à mettre en avant les bénéfices climatiques supposés d’une source d’énergie par rapport à une autre, il montre qu’il n’a pas compris que le réchauffement climatique n’est malheureusement qu’un des symptômes d’une crise systémique d’une tout autre envergure. Il ne s’interroge en rien sur notre modèle de société et se montre incapable de sortir du mythe d’une croissance infinie dans un monde fini, en particulier celle de la croissance de la consommation d’électricité qu’il voit comme inéluctable « au cours des décennies à venir ». Tout le monde devrait le savoir, une augmentation de la production d’électricité, fût-elle « durable », ne peut s’accompagner que d’une augmentation des émissions de GES et de la consommation des ressources non renouvelables. Cet aveuglement lui permet aussi, à lui-même et son parti, d’être favorable au déploiement de la 5G et de l’internet des objets qui, sans aucun doute, vont provoquer une lourde augmentation de la consommation d’énergie électrique et autres. En définitive, il propose de faire exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire pour assurer un avenir viable à nos enfants et aux générations futures et il s’inscrit dans une voie qui mène l’humanité et le monde vivant à la catastrophe.
L’auteur du projet de résolution semble aussi accorder beaucoup d’importance aux sondages d’opinion qui tendraient à prouver qu’une majorité de Belges serait favorable à une prolongation du nucléaire. Il devrait savoir qu’il est possible de faire dire aux sondages ce qu’on veut à condition de formuler les questions adéquatement. Je lui suggère de commander un nouveau sondage avec cette question : « Seriez-vous favorable à une prolongation du nucléaire à la condition que les déchets de haute activité soient stockés dans votre commune ? ». Au vu des réactions qu’a suscitées la toute récente consultation publique de l’ONDRAF sur la destination de ces déchets, nul doute sur les réponses qui seraient fournies. Les Belges ont de fait parfaitement compris qu’il n’y a pas de solution avérée pour les « stocker de manière sûre », encore un élément qui prêche contre la prolongation du nucléaire et même pour un arrêt immédiat, car, plus le stock de ces déchets augmente, plus leur gestion risque d’être insoluble.
Depuis 2012, la Belgique a dû régulièrement et inopinément se passer d’un à plusieurs réacteurs, jusqu’à six réacteurs, sur les sept en service pendant des périodes plus au moins longues[note]. Le premier intérêt de la chose a été que ces arrêts étaient « non planifiés » et que la Belgique a ainsi bénéficié d’une preuve expérimentale de la non-indispensabilité de la filière nucléaire pour assurer l’approvisionnement en électricité du pays. Entre le 1er septembre et le 15 décembre 2018 la capacité des réacteurs n’a pas dépassé les 2GW et même 1GW pendant 1 mois à partir du 14 octobre, mais à aucun moment la Belgique n’a été menacée de blackout ni même d’un délestage partiel. Mieux, à tout moment, la capacité de réserve était au minimum de 3,7GW, dont près de la moitié en capacité domestique : la Belgique aurait donc pu se passer de l’ensemble des réacteurs pendant toute cette période. Cette réserve étant aussi grosso modo équivalente au double de la capacité des réacteurs T3 et D4 que certains voudraient voir prolonger au-delà de 2025, en termes de sécurité d’approvisionnement, on comprend sans mal que cette prolongation est sans intérêt, tout comme la mise en place d’un mécanisme de rémunération des capacités de production d’électricité (CRM) pour « aider » les opérateurs et investisseurs à construire des centrales à gaz qui seraient nécessaires après l’arrêt complet du nucléaire en 2025. De plus, il serait paradoxal et inacceptable pour le citoyen d’avoir à financer un tel mécanisme au profit d’entreprises privées qui ont tout fait pour libéraliser le secteur de l’énergie.
À supposer que la Belgique soit réellement en manque de capacité en 2025, il serait irresponsable d’imaginer combler ce manque par la prolongation de réacteurs nucléaires obsolètes qui depuis 2012 démontrent par une succession d’arrêts intempestifs leur manque de fiabilité et ont vu leur taux d’utilisation moyen baisser de près de 25% (c’est comme si un quart du parc nucléaire avait été perdu) ; cette progression du nombre d’incidents liée au vieillissement physique des installations est inéluctable et ne pourra que s’accentuer.
Mais cette prise de risque serait considérée comme mineure face à un possible de plus en plus probable au fil du temps : le risque d’un accident majeur qui annihilerait la Belgique, ainsi qu’une partie de ses pays voisins. Rappelons que ces réacteurs ont été conçus pour une durée d’utilisation de 30 ans, que leurs cuves ne peuvent être remplacées et que, de jour en jour, sous l’effet du bombardement neutronique de la réaction nucléaire, l’acier dont elles sont constituées perd petit à petit ses qualités de résistance dans une mesure qu’il est impossible de mesurer réellement (seuls des tests d’échantillons d’acier prélevés sur les cuves pourraient réellement objectiver leur état). Une rupture spontanée de la cuve ne peut plus être exclue, étant donné la fragilisation excessive due au vieillissement, avec pour conséquence la perte totale de l’eau de refroidissement, une fusion rapide du cœur et des rejets radioactifs extrêmement importants. Autre cas de figure plus probable, cette rupture de la cuve pourrait se produire suite au choc thermique consécutif à une injection massive d’eau froide de secours en réaction à une fuite dans le circuit de refroidissement primaire (une telle fuite s’est produite dans le réacteur D1 en 2018, heureusement découverte alors que le réacteur était à l’arrêt et la fuite encore minime). Des scénarios tout à fait possibles que ne démentiraient pas les plus hautes autorités françaises de sûreté nucléaire comme Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui déclarait au journal Le Monde le 20 avril 2016 : « Un accident nucléaire majeur ne peut être exclu nulle part ».
Un lecteur de Kairos, constatant que certains médias du pouvoir commençaient tardivement à se voir obligés de révéler des conflits d’intérêts, qui deviennent de fait impossibles à taire, nous envoyait le mail suivant, qu’il a adressé au responsable du service de communication de Sophie Wilmès :
« Bonjour Monsieur Detry,
Rentrant de vacances, je suis interpellé par la lecture de 3 articles qui m’amène à vous poser la question ci-dessous :
– « Mainmise de Sciensano », « conflits d’intérêt »… : dans son rapport à la Commission spéciale Covid, Yves Coppieters pointe de graves manquements
– 137 jours interdit de conférences de presse… « Penasse c. État belge »
– Vaccins H1N1: « Oui, il y a eu conflit d’intérêts »
QUESTION : Dans la mesure où le contenu de l’article de LaLibre de ce jour n’est pas très éloigné de la question de Kairos du 15 avril relative aux conflits d’intérêts, conflits d’intérêts pourtant déjà soulevé par L’Echo lors de la crise H1N1, allez-vous également exclure La Libre et L’Echo de vos conférences de presse ?
Et quelle est votre réaction suite à la publication des 2 articles ci-dessous, également par La Libre ?
– Lettre ouverte à nos responsables politiques : Il est urgent de revoir totalement la gestion de la crise Covid-19
– Didier Raoult contre-attaque et dénonce « le plus grand scandale scientifique de tous les temps »
Vous remerciant d’avance pour votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur Detry, à l’assurance de ma meilleure considération »
« […] il arrive à l’homme d’aimer mieux croupir dans la peur que d’affronter l’angoisse d’être lui-même[note]. »
Cioran, 1957.
Depuis longtemps j’ai de l’intérêt pour la notion d’heuristique de la peur proposée par Hans Jonas : moyennant un effort d’imagination, l’homme peut entrevoir les conséquences catastrophiques futures de son pouvoir technoscientifique sur lui-même et sur la nature. Cette peur prospective, mâtinée de culpabilité, est à son tour un moteur pour l’action destinée à éviter le chaos ou l’apocalypse. Il en allait, disait Jonas, du maintien des possibilités de vie biologique des lointaines générations, cela prenant la forme d’un nouvel impératif catégorique adapté aux temps présents et futurs. Ces dernières années, en jonassien, j’ai porté un jugement sévère sur mes contemporains pour leur insouciance irresponsable, leur indifférence provocante, leur nonchalance apolitique, leur scepticisme inapproprié (« Sur la réalité du réchauffement climatique, tous les scientifiques ne tombent pas d’accord, tu sais »), leur cynisme (« Profitons de tout tant que c’est encore possible ») et même leur nihilisme chic. Ces individus de la classe moyenne qui se prennent pour des dandies, je les ai exhortés, généralement en vain, à ressentir une peur salutaire. Pas plus d’effet chez mes camarades de lutte : « La peur paralyse l’action, elle est donc à éviter ». Non, elle la stimule, et en plus elle est censée nous mener à la « raison lucide », rétorquais-je en pensant encore à Karl Jaspers, ainsi qu’à la philosophe Chantal Guillaume qui, elle, parle de peur écologique ou peur responsable[note].
Tout cela fait partie de l’ancien temps. Il y a des moments de l’histoire où les choses basculent rapidement. Il était déjà étonnant de voir comment la doxa néolibérale avait pu contaminer les consciences en un temps record, dans le courant des années 1980, des consciences adultes qui pourtant avaient été élevées dans les promesses marxistes (politiquement parlant), soixante-huitardes (sociétalement parlant) et post-soixante-huitardes (écologiquement parlant)[note]. Avec l’épidémie de coronavirus, le phénomène d’accélération a été bien plus fulgurant : en six mois à peine, l’ensemble du corps social s’est converti à la peur, se retrouvant dans un état de sidération, de détresse existentielle pour certains, soumis à la pression du groupe et aux décisions liberticides autant qu’incohérentes et absurdes des gouvernements belges et français. Nous assistons à une « expérience morale », telle que l’avait analysée le sociologue Erving Goffman : « Le sujet s’adapte à son milieu, est influencé par celui-ci, il se crée une nouvelle identité, se transforme lui-même, tout cela en rapport avec des formes de pouvoir qui se déploient autour de lui[note] ». Avais-je enfin réussi mon coup ? Que nenni ! Car cette peur-ci n’est pas le fruit goûteux de l’usage de la raison appliquée aux événements, elle est le fruit pourri de la propagande médico-politico-médiatique. Donc, une mauvaise conseillère. Derrière leurs masques-muselière, les électeurs-consommateurs ont peur[note]. Leurs raisonnements, leurs paroles, leurs gestes, parfois leur démarche lasse et leur tête baissée expriment la peur du coronavirus. Là se trouve le nœud : l’objet de leur peur. « Le vrai courage sait ce dont il doit avoir peur[note] », écrit Cynthia Fleury. Ne serait-il pas plus sage, plus courageux et mieux avisé de s’inquiéter de la dérive autoritaire et biopolitique des gouvernements, ou encore plus globalement l’évolution totalitaire de l’Occident[note] ? Pourtant cela ne semble pas tracasser la majorité de la population en demande pressante de sécurité, de protection, de survie ou de vie « nue », c’est-à-dire réduite au simple fait d’un organisme d’être en vie, plus encore que de santé. La peur du virus conjure celle que nous devrions éprouver face à la détérioration préoccupante tant de ce qui reste de démocratique dans nos institutions que des écosystèmes dont nous dépendons. Car « le reste » n’a évidemment pas disparu. Pour ne considérer que trois exemples, les mégafeux viennent de reprendre sur la côte ouest des États-Unis et en Amazonie, alors que nous ne sommes qu’au début de la saison sèche ; la pollution par le plastique est démultipliée depuis six mois[note] ; comme la population, nos centrales nucléaires continuent de vieillir et font aussi montre de « comorbidité ». Mais on se presse moins à leur chevet !
Les gouvernements et les médias auraient-ils cessé d’être « rassuristes » à l’occasion de cette épidémie ? Là aussi nous percevons un changement. Jusqu’ici le pouvoir politico-médiatique évitait d’apeurer inutilement les individus pour qu’ils continuent leur vie au rabais d’électeurs-consommateurs. Il leur assurait qu’il n’y avait pas à s’affoler, puisque la technoscience et ses experts trouveraient les solutions à tous les problèmes. Mais voilà qu’avec le Covid-19, il sonne le tocsin depuis des mois en énumérant quotidiennement les chiffres des contaminations, des hospitalisations, des morts. Peur, angoisse et même terreur à tous les étages ! Dans le Léviathan (1651), Thomas Hobbes remarquait déjà que la peur de la mort et le goût du confort étaient les passions principales qui disposent le mieux les hommes à obéir. Cela n’a pas changé trois siècles et demi plus tard. Pour le confort, pas de problème, la vie sous cloche du confinement (ou semi-confinement) y est très favorable puisqu’il ne restera bientôt plus que « ça » pour se consoler. Le divertissement numérique et les plateformes de vente en ligne y pourvoiront. La peur de la mort joue aussi sa pleine partition en cette époque où les projets du transhumanisme semblent séduire (réduire ?) de plus en plus de monde. Avec Olivier Rey, on peut se poser la question : « Sur quelles libertés [en effet] les populations ne sont-elles pas disposées à transiger, quelles sujétions ne sont-elles pas prêtes à accepter, pour fuir devant cette terreur [Ndlr : la mort], avec laquelle plus aucun rite ne permet de composer ?[note] ». Mais la peur est à géométrie variable. Quand les électeurs-consommateurs s’envolent pour des destinations touristiques (plus ou moins) lointaines, ils n’ont toujours pas peur d’accélérer les dérèglements climatiques ; quand ils participent à la gabegie de plastique, ils n’ont toujours pas peur de transformer l’océan en poubelle ; quand, crédules, ils obéissent au gouvernement et aux experts, ils n’ont bizarrement pas peur de basculer dans une nouvelle version 2.0 de la société faite de méfiance systématique du corps de l’autre, d’idéologie du « sans contact », de surveillance ubiquitaire (du pouvoir vers les citoyens et les citoyens entre eux), d’évaporation de la vie collective autre que celle du travail et de la communion consumériste en grandes surfaces. Ils n’ont bizarrement pas peur de cette perspective de simple survie contrôlée par la machinerie algorithmique d’un État à la main droite régalienne de plus en plus lourde[note]. Et nous retrouvons ici le rôle salutaire d’une peur rationnelle et à bon escient. Mais ne nous limitons pas à elle, soyons aussi l’oasis dans le désert de la société hygiéniste[note].
Quelques extraits de cette lettre ouverte de médecins et de professionnels de la santé. Vous en conclurez s’il nous faut désobéir ou pas aux mesures politiques actuelles; reprendre, comme nous aurions dû le faire depuis longtemps, le contrôle de nos vies. Nous avons conclu.
Leurs demandes
Par conséquent nous demandons l’arrêt immédiat de toutes les mesures.
Nous mettons la légitimé des experts consultatifs actuels qui se réunissent à huis clos, en question.
Nous demandons également qu’une commission indépendante enquête de manière approfondie sur les raisons du maintien de toutes les mesures de restriction de la liberté, alors qu’entre-temps, les chiffres et les données scientifiques ont clairement montré qu’il n’y a aucune raison médicale pour cela un jour de plus.
Dans le prolongement de l’ACU 2020 (https://acu2020.org/version-francaise/), nous demandons une enquête approfondie sur le rôle de l’OMS et l’influence possible des conflits d’intérêts dans cette organisation. Elle a également été au cœur de la lutte contre « l’infodémie », c’est-à-dire la censure systématique de toutes les opinions divergentes dans les médias. Pour un état de droit démocratique ceci est inacceptable.
« Le renforcement de l’immunité naturelle est une approche beaucoup plus logique. La prévention est un pilier important, insuffisamment mis en évidence : une alimentation saine et complète, de l’exercice en plein air, sans masque buccal, la réduction du stress et des contacts émotionnels et sociaux nourrissants (…) Les mesures corona forment un contraste frappant avec la politique jusqu’ici minimale du gouvernement lorsqu’il s’agit de mesures bien fondées ayant des effets bénéfiques avérés sur la santé, comme une taxe sur le sucre, l’interdiction des cigarettes (électroniques) et le fait de rendre les aliments sains financièrement attrayants et largement accessibles, l’exercice physique et les réseaux de soutien social. C’est une occasion manquée pour une meilleure politique de prévention qui aurait pu entraîner un changement de mentalité dans toutes les couches de la population avec des résultats clairs en termes de santé publique. Actuellement, seuls 3 % du budget des soins de santé sont consacrés à la prévention »
« Nous demandons ici un débat ouvert, où tous les experts sont entendus sans aucune forme de censure »
« La politique actuelle de crise est complètement disproportionnée, faisant plus de mal que de bien »
« Il ne s’agit donc pas d’un virus meurtrier, mais d’une condition bien traitable
« Le taux de mortalité s’est avéré plusieurs fois inférieur aux prévisions et est proche de celui d’une grippe saisonnière normale »
« Nous constatons sur le terrain que les dommages collatéraux qui sont actuellement causés à la population auront un impact plus important à court et à long terme sur toutes les couches de la population que le nombre de personnes qui sont actuellement sauvées »
« Nous plaidons pour l’arrêt immédiat de toutes les mesures »
« La politique répressive et stricte en matière de corona contraste fortement avec la politique jusqu’ici minimale du gouvernement en ce qui concerne la prévention des maladies, le renforcement de son propre système immunitaire par un mode de vie sain, des soins optimaux avec une attention pour l’individu et l’investissement dans le personnel soignant »
« Le Covid-19 n’est pas un virus du rhume du cuir, mais une affection bien traitable avec une mortalité comparable à celle de la grippe saisonnière. En d’autres termes, il n’y a plus d’obstacle insurmontable à la santé publique. Il n’y a pas d’état d’urgence »
« Les mesures mondiales actuelles visant à lutter contre le SARS-CoV-2 violent considérablement cette vision de la santé et les droits de l’homme L’utilisation du test PCR non spécifique, qui produit de nombreux faux positifs, a donné une image exponentielle »
« Nous n’avons pas vu de débats ouverts dans les médias, où les contestataires pouvaient donner leur avis »
« Si l’on compare les vagues d’infection des pays menant une politique de confinement stricte avec celles des pays qui n’en avaient pas (Suède, Islande …), on observe des courbes similaires »
« Des mesures d’hygiène excessives ont un effet néfaste sur notre immunité La grippe va réapparaître à l’automne (en combinaison avec le covid-19) et une éventuelle diminution de la résistance naturelle pourrait entraîner encore plus de victimes »
« En attendant, il existe une thérapie abordable, sûre et efficace pour ceux qui présentent de graves symptômes de maladie, sous la forme d’HCQ (hydroxychloroquine), de zinc et d’AZT (azithromycine) »
« L’isolement social et les dégâts économiques ont entraîné une augmentation de la dépression, de l’anxiété, des suicides, de la violence intrafamiliale et de la maltraitance des enfant »
« Le port d’un masque buccal n’est pas sans effets secondaires (…) De plus, le CO2 accumulé entraîne une acidification toxique de l’organisme qui affecte notre immunité. Certains experts mettent même en garde contre une transmission accrue du virus lors d’un usage fautif »
« Des études ont montré que plus les gens ont d’engagements sociaux et émotionnels, plus ils sont résistants aux virus »
« Le nombre de décès par corona enregistrés semble donc encore surestimé. Il y a une différence entre la mort par corona et la mort avec corona »
« A l’échelle mondiale, on s’attend à ce que le vaccin provoque 700 000 cas de dommages ou de décès. Si 95 % des personnes ne présentent pratiquement aucun symptôme pour le Covid-19, l’exposition à un vaccin non testé est un risque irresponsable »
Depuis le 15 avril et « la question biaisée politiquement, ce qui n’est pas l’habitude des journalistes », dixit Wilmès, je suis interdit de conférence de presse. Rien d’extraordinaire pourtant que de demander la légitimité d’un gouvernement dont nombreux des membres travaillent ou ont travaillé pour des multinationales liées à la santé. C’est la réponse – que nous n’attendions évidemment pas -, qui est extraordinaire, du fait qu’au fond il n’y en a pas (c’est de la rhétorique), car une réponse signifierait que le débat puisse avoir lieu. Quand on ne demande pas aux politiques ce qu’ils veulent entendre, comme le font les journalistes habituellement, on n’est plus autorisé à leur poser des questions – et pour cela, ils doivent trouver des prétextes. On aura ainsi appris une chose depuis, pour ceux qui ne le savaient pas ou en doutaient encore : nous sommes tolérés tant que nous demeurons spectateurs (et consommateurs, ce qui est peu ou prou identique). Si nous nous levons du siège, ils prennent peur.
« Le monde est une mascarade : visage, costume et voix, tout est faux.Tous veulent paraître ce qu’ils ne sont pas, tous trompent et personne ne se connaît. »
Goya, Los Caprichos, sixième eau-forte « Nadie se conoce », 1799.
L’événement Covid-19 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Tout et son contraire ont été affirmés, parfois par les mêmes personnes, et au même moment. Démêler l’écheveau nécessite donc de simplifier le récit. Il y a bien sûr un prix à payer pour ce faire ; il est double. D’une part, il faut ignorer ce qui semble accessoire ; d’autre part, il importe de remettre l’événement dans son contexte historique, à la fois au sens perspectif (la crise culturelle qui remonte à 1968) et projectif (les conséquences politiques immédiates).
Pour l’essentiel, on trouvera ici une thèse — la crise de la Covid-19 n’est pas sanitaire, mais politique, et aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement — soutenue par trois arguments :
1. La Covid-19 rend évidente la corruption complète du corps politique et de ses appendices médiatiques et scientifiques. Ils ont définitivement perdu toute légitimité et toute autorité.
2. Cette corruption reflète la crise du capitalisme financier, et la volonté des oligarques de détruire la démocratie représentative.
3. Le système politique qui se met en place est totalitaire, c’est-à-dire que toutes les facettes de la vie des citoyens seront pilotées par une structure idéologique mortifère ne différenciant plus les sphères privées et publiques. Ce totalitarisme sera fasciste et numérique.
Le grand récit qui nous est officiellement proposé est bien synthétisé par Wikipédia : la maladie à coronavirus 2019, ou Covid-19, est une pandémie d’une maladie infectieuse émergente provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Elle apparaît le 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan, puis se propage dans le monde entier. Pour l’expliquer, on incrimine le pangolin et la barbarie diététique locale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prononce l’état d’urgence de santé publique internationale le 30 janvier 2020. Elle déclare l’épidémie de Covid-19 « pandémique » le 11 mars 2020, et demande des mesures exceptionnelles (l’état d’urgence sanitaire) pour prévenir la saturation des services de soins intensifs et renforcer l’hygiène préventive (suppression des contacts physiques, des attroupements et des manifestations, ainsi que des déplacements et voyages non indispensables, promotion du lavage des mains, mise en application de quarantaine, etc.).
Il faudrait prendre le temps de (re)définir ce que sont une épidémie, une pandémie, un virus émergent, les conditions d’une zoonose (de transmission d’un pathogène entre espèces), un virus augmenté (ou « Frankenvirus »), les « gains de fonction », les présupposés des modèles d’analyse de risque (à commencer par la distribution d’âge rectangulaire et stationnaire, et le mélange homogène de la population), etc. Et de rappeler qu’un virus ne peut jamais être à la fois très dangereux et très contagieux. Discussion compliquée par le fait que les experts peinent à argumenter entre eux et avec le grand public. Par contre, on peut facilement constater la faillite complète de la gestion politique de la crise. Il existe des variations par pays, mais — la Chine mise à part —, ce sont les similitudes qui sont frappantes. Il pourra suffire d’explorer ici les trois facettes annoncées : la corruption des corps politique, médiatique et scientifique ; la crise du capitalisme biocidaire ; et le totalitarisme fasciste numérique.
1. La corruption des corps politique, médiatique et scientifique
« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin. »
Proust, 1913
La gestion politique ubuesque de l’épidémie peut se définir par cinq traits.
1.1. L’impréparation : le gouvernement a été complètement pris au dépourvu, alors que la réaction de la Chine, connue de tous dès janvier, avait été prompte et radicale. En bref : les autorités chinoises ont réagi comme s’il s’agissait d’une attaque bactériologique, pas d’une épidémie saisonnière (et personne n’a jusqu’ici apprécié toutes les implications de cette réaction). De plus, les scénarios de pandémie sont très répandus depuis une douzaine d’années, surtout après la crise de 2009 (H1N1), et ce tout spécialement chez les militaires et dans les fondations privées, grâce au zèle de B. Gates, qui en a fait son unique cheval de bataille philanthropique depuis 2007. Cette impréparation est sans nul doute possible le résultat de cinquante ans de néo-libéralisme. Mais pas que.
1.2. L’incompétence des uns et l’expertise des autres : alors que la chose politique est abandonnée aux universitaires, ceux-ci ne sont que très rarement à la hauteur de la tâche qui leur est dévolue, et ils se contentent de travailler à la prolongation de leur mandat. Du reste, dans une technocratie qui ne dit pas son nom, on comprend la nécessité de s’en remettre aux experts, dont l’objectivité est proverbiale. En fait, l’incompétence, c’est-à-dire l’absence d’expertise adéquate, ne devrait être aucunement problématique en politique : seul le sens commun devrait importer. S’il faut être un expert pour gouverner, nous ne sommes plus en démocratie (représentative), ou même en particratie (pas représentative), mais en technocratie. Le recours aux experts est donc intrinsèquement problématique. Il l’est d’autant plus qu’il suffit de connaître l’employeur de l’expert, ou son bailleur de fonds, pour déduire par avance la nature de ses conclusions.
1.3. La corruption : le niveau de corruption des acteurs politiques est un secret de polichinelle. On se permet même, dans notre monarchie bananière, de rire sous cape des malversations qui finissent par être médiatisées dans d’autres pays, de préférence situés plus au Sud. (Et cela vaut bien sûr pour le regard que la Flandre porte sur la Wallonie). On le sait depuis Platon (ce sont les Grecs qui ont créé la démocratie participative) et, plus particulièrement, depuis Machiavel (1532), le pouvoir est recherché par les corrompus en puissance, et exercé par des corrompus de fait. Du reste, répétons-le, les conclusions de l’expert se trouvent en germe dans la source de financement de ses études.
1.4. La coercition en toute illégalité. L’imbroglio gouvernemental et institutionnel belge a donné naissance à un fort curieux proto-totalitarisme : un gouvernement en affaire courante s’est octroyé les pouvoirs spéciaux pour euthanasier le législatif, instrumentaliser le judiciaire, et instaurer un État d’urgence (sanitaire) qui ne dit pas son nom. Les mesures et règlements liberticides ne se comptent plus — à commencer par le confinement dans les maisons de repos, la généralisation du confinement à domicile, la distanciation « sociale », le port du masque, etc.
Avec ce cortège de mesures liberticides, illégitimes, inefficaces et illégales, on obtient, de fait, la fin de l’État de droit. Le bien public est devenu privé, c’est-à-dire source de profit. Et l’intimité de la sphère privée est exposée au regard (parfois à la vindicte) de tous.
1.5. La communication, et particulièrement sa composante absurde, constitue la vraie signature de cette crise, durant laquelle les responsables politiques ont épuisé toutes les formes pathologiques du langage. Épinglons les suivantes :
— l’évitement : ignorer les objections, refuser le dialogue sous quelque forme que ce soit ;
— l’indignation : faire l’innocent, plaider la bonne foi, le dévouement au bien commun ;
— le mensonge pur et simple : le masque protège des virus et pas seulement des infections bactériennes ; le vaccin est efficace contre une maladie qui n’est pas immunisante ;
— la censure : refuser l’accès à une information ou à une conférence de presse ;
— la propagande : gonfler de vraies informations ;
— la désinformation : propager de fausses informations ;
— l’usage de la contradiction : soutenir deux propositions contradictoires (le masque est inutile ; vous devez porter un masque) ;
— l’usage du paradoxe : utiliser des énoncés indécidables tels que : l’épidémie progresse sans empirer ; le monde d’après sera, et ne sera pas, différent ; seuls, ensemble ; soyez solidaires (dans la solitude) ; faites confiance aux responsables (!) ; informez-vous (dans les médias) ; vaccinons tout le monde pour contrôler la démographie ; imposons la monnaie digitale pour permettre aux pauvres d’épargner ; instaurons un gouvernement mondial démocratique ; ce que je vous dis est faux… Tout ceci ressort de l’effort pour rendre l’autre fou (Searles, 1959).
En somme, la communication gouvernementale, servilement relayée par les médias et aiguillée (et endossée) par les experts en sciences médicales, a entretenu la peur et, surtout, l’angoisse. La peur est un sentiment naturel positif, car mobilisateur : face à une menace palpable, l’individu réagit par la fuite ou le combat. Au contraire, l’angoisse est paralysante : on pressent une menace invisible, sans savoir comment réagir… La communication absurde vise à stupéfier par l’angoisse, pas à perdre par la peur. Le dispositif est beaucoup plus efficace : la peur demande à être orientée afin qu’elle ne nuise pas au statu quo social ; l’angoisse paralyse les citoyens qui acceptent passivement tout ce qui leur est imposé.
La banqueroute politique signale en outre deux faillites supplémentaires : celle des médias et celle des experts scientifiques, et tout particulièrement des médecins. Les médias ont donné une ampleur inouïe à la communication absurde des politiques et des scientifiques. Il y a eu cooptation des uns par les autres. On peine à trouver un dissident dans la classe politique ; il en existe peu dans le monde scientifique et, s’ils s’expriment dans les médias, c’est généralement de manière très pondérée ; rares sont les journalistes qui ont fait leur travail, Alexandre Penasse constituant une notable exception. Tous se sont couverts d’ignominie en participant, activement ou passivement, à cette mascarade ; tous devraient se voir sévèrement sanctionner.
2. La crise du capitalisme biocidaire
« C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu, puis la fin ; à la fin, c’est la fin qui est le pire. » (Thomas Beckett, 1953)
En amont de cette sclérose politique, médiatique et scientifique, on trouve l’influence des mondes bancaire et pharmaceutique, qui sont mus par deux perspectives : d’une part, la maximisation de leur emprise sur la société (et donc de leur chiffre d’affaires) ; d’autre part, la gestion de la crise globale systémique annoncée clairement dès 1968, et dont la chronologie a été esquissée en 1972 par Meadows et Kukla (l’épuisement des ressources, le dérèglement climatique, et la progression de la pollution finiront par avoir raison de la société de consommation et de la démocratie représentative).
2.1. De ce point de vue, l’utilisation de la stratégie du choc, identifiée par Klein en 2007 — instrumentaliser une crise réelle ou ressentie, naturelle ou culturelle, afin de modifier profondément l’espace social, tandis que celui-ci est paralysé — s’impose comme une évidence si on veut anticiper le chaos. Que la crise soit réelle, ou simplement mise en scène, que son origine soit naturelle, ou le produit d’une machination, ne change finalement pas grand-chose au traumatisme et à la possibilité de son usage.
2.2. Par contre, il faut comprendre, une fois pour toutes, que les élus ne représentent pas le peuple, mais les oligarques et leurs multinationales. Le programme néolibéral est en effet très simple : dissoudre les États afin de privatiser toutes leurs fonctions. Tant qu’un gouvernement mondial (privatisé) n’est pas implémentable, on peut se contenter de transformer les États en coquilles vides. Ce programme ne constitue qu’une réappropriation du fascisme tel que Mussolini l’a défini, et mis en pratique, dès 1922-1925, à l’aide de la vision économique de Vilfredo Pareto : l’entreprise privée est, par définition, beaucoup plus efficace que l’État. Puis vinrent les politiques similaires des Nazis en 1934–1937, qui subirent une légère obsolescence de 1944 à 1972 (les « trente glorieuses »). En fait, Hayek, le chantre du néolibéralisme, stipule très clairement, et ce dès 1944, la stratégie à adopter : seule une infiltration progressive des institutions civiles et politiques permettra la destruction de la menace communiste et de sa cinquième colonne. Vingt ans plus tard, le 30 septembre 1965, il arriva à ses fins avec le coup d’État de Suharto, qui coûta la vie à plus d’un million de communistes (certains parlent de 3 millions d’exécutions arbitraires), et permit une première mise en place du dispositif néolibéral. C’était en quelque sorte la répétition du renversement d’Allende par Pinochet, perpétré le 11 septembre 1973. Le remplacement des gouvernements par des multinationales a été quantifié très tôt, e. a., par Stephen Hymer (1960) et David C. Korten (1995). Il est devenu évident avec la politique d’intégration européenne et, surtout, la multiplication des traités et autres partenariats transatlantiques de commerce et d’investissement (comme le « Transatlantic Trade and Investment Partnership », TTIP). C’est du reste le fil rouge de la littérature « cyberpunk » dont le représentant le plus fameux est sans doute Phillip K. Dick (1955), qui a offert les scénarios de Blade Runner (1982), Total Recall (1990), Minority Report (2002), etc.
2.3. Tout se joue donc en 1968–1973 : le dévoilement des enjeux civilisationnels comme leur effacement, c’est-à-dire, d’une part, la prise de conscience de la crise globale qui ne pourrait être conjurée qu’en renonçant au capitalisme industriel et financier ; et, d’autre part, la reprise en main de l’agenda politique par ce dernier avec des figures telles que Suharto et Pinochet, puis Margaret Thatcher (1979), Ronald Reagan (1981) et Helmut Kohl (1982). (Il faudrait également mentionner le travail de sape de Pompidou, élu à la présidence française en 1969, et le bref espoir instillé par Sicco Mansholt à la Commission européenne en 1972–1973.)
3. Le totalitarisme fasciste numérique
« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. » (George Orwell, 1949)
En amont de la corruption complète du corps politique et de ses appendices médiatiques et scientifiques, nous avons trouvé la crise du capitalisme financier et la volonté des oligarques de remodeler en profondeur la démocratie (représentative) de marché. En aval, nous découvrons, sans surprise, un nouveau totalitarisme fasciste, bien plus pernicieux que ses ancêtres du XXe siècle, car numérique.
3.1. « Totalitarisme » désigne le système politique qui prétend gérer toutes les dimensions de la vie citoyenne, publiques comme privées. Rien ne doit lui échapper, en droit comme en fait. Le « fascisme » est un totalitarisme de droite, c’est-à-dire conçu par, et pour, les oligarques.
3.2. L’histoire du totalitarisme fasciste est supposée connue ; elle se résume à la prise de pouvoir des oligarques industriels et financiers par l’intermédiaire d’un lampiste plus ou moins allumé (ce qui permet aux commanditaires de tirer leur épingle du jeu si l’affaire tourne mal). À partir de 1921, la droite extrême progresse partout en Europe : en Italie (Mussolini accède au pouvoir en 1922), en France (avec la création en 1922 de la Synarchie, suivie plus tard par la Cagoule), en Allemagne (le Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, en gestation depuis 1918, s’organise en 1920 ; Hitler écrit Mein Kampf en 1924, publié en 1925), Salazar assied sa dictature en 1932–1933, et Franco pilote la guerre civile déjà en 1934. De 1967 à 1974, il y aura aussi la dictature des colonels en Grèce. (Voir, par exemple, Lacroix-Riz, 2006).
3.3. Nous sommes dans une configuration totalitaire depuis déjà de longues années, c’est-à-dire qu’un système, qu’une idéologie, prétend gérer tous les aspects de la vie : la technoscience constitue un tel système ; le capitalisme, renommé néolibéralisme, est un tel système ; la globalisation est un tel système ; l’État d’urgence permanent qui s’enracine dans la guerre contre la terreur datant de 2001 en est la dernière péripétie. La vraie-fausse crise sanitaire de 2020 est le prétexte (au sens de Naomi Klein) utilisé pour dépouiller définitivement les peuples des acquis sociaux et politiques concédés après 1945. Elle touche donc différemment les pays selon qu’ils sont développés ou pas. Dans les pays riches, il s’agit de détruire les acquis sociaux et de mettre la population au pas ; dans les pays pauvres, c’est une logique néocoloniale qui est à l’œuvre. C’est ainsi, alors que l’épidémie saisonnière est finie, que des règlements (de plus en plus) absurdes prolongent la terreur sécuritaire.
3.4. Au nombre des outils pour comprendre les enjeux du totalitarisme numérique, on trouve les concepts de conformisme et d’atomisme, qui s’imposent dès les débuts de la révolution industrielle et de la démocratie représentative, et sont esquissés chez Saint-Simon (1803) et Tocqueville (1835). L’ère thermo-industrielle est celle du machinisme, c’est-à-dire de la standardisation des produits et de l’organisation scientifique du travail. Alors que l’outil dépend de la morphologie humaine, la machine demande à l’ouvrier de s’adapter à son mécanisme. Le pouvoir de la machine est ainsi le pouvoir du conformisme : en amont, l’ouvrier doit être calibré, dompté, géré comme une ressource ; et, en aval, le consommateur doit accepter l’uniformisation de ses habitudes de vie, de ses goûts alimentaires, de ses vêtements, de ses idées, de ses désirs, etc. Les rendements d’échelle sont à la mesure des espérances de quelques-uns, et du désespoir de tous les autres. Le conformisme se manifeste donc par l’infantilisation et l’indifférenciation des personnes, la dépolitisation des citoyens, et la standardisation des consommateurs, qui constituent autant de précieuses muselières pour paralyser les corps et amnésier les esprits.
D’autre part, l’atomisme constitue le fondement du libéralisme (Mandeville, 1714, avant Smith, 1776) ; il équivaut à briser toutes les solidarités, et à entretenir la guerre de tous contre tous, parfois appelée compétitivité. En scellant l’alliance entre capitalisme et technoscience, la révolution industrielle établit les deux principes fondamentaux du capitalisme mondialisé, l’atomisation des individus sous prétexte de les libérer, et leur conformisation afin de machiner le meilleur des mondes possibles. En d’autres termes, les conditions de possibilité de la culture, qui sont celles de la vie authentique, sont deux fois niées. D’une part, le conformisme se substitue à l’individuation (à ne pas confondre avec l’individualisme) ; d’autre part, l’atomisme remplace la solidarité. Or, sans solidarité, il est impossible de s’individuer, d’endosser son destin, de dépasser les contingences de sa naissance ; et, sans individuation, la solidarité reste lettre morte. Cette double négation est toutefois rendue acceptable par une inversion spectaculaire (aussi au sens de Guy Debord) des pôles privé et public : on prend l’atomisme (c’est-à-dire l’absence de solidarité) pour de la liberté, et le conformisme (c’est-à-dire l’absence de projet personnel) pour de la solidarité (tout le monde désire la même chose). On obtient, en somme, la guerre des clones, de ceux qui montrent leurs derrières (calibrés) en public, et parlent de politique (néolibérale) en privé. Les conséquences sont radicales : infantilisation, déculturation, dépolitisation, dissociété, Terreur (1792, très précisément au moment où Sade écrit), c’est-à-dire la paralysie par l’angoisse.
3.5. Le passage au totalitarisme numérique peut se comprendre comme la transformation des sociétés disciplinaires (Foucault, 1976) en sociétés du contrôle (Deleuze, 1990). L’ère thermo-industrielle est celle du machinisme et des institutions disciplinaires qui lui sont propres : famille, école, église, caserne, usine, hôpital, asile d’aliénés, prison, maison de repos. Tous (ou la plupart de) ces lieux d’enfermement physique (mais aussi mental) peuvent être avantageusement remplacés par un dispositif plus souple de contrôle mental (mais aussi physique) : le numérique. La technologie — et tout particulièrement les dispositifs associés à la 5G — permet maintenant une surveillance panoptique totale : traçage de tout le trafic internet (« big data ») et des déplacements physiques (géolocalisation), disparition des transactions en liquide, assignation à résidence (télétravail, cyber-enseignement, achats en ligne, téléconsultations) etc. Le totalitarisme numérique pousse encore plus loin la synergie entre conformisme et atomisme en remplaçant tout ce qui restait d’humain — et donc de corporel, d’immédiat, de qualitatif et d’aléatoire — dans le machinisme par le virtuel, le médiat, le quantitatif et l’algorithmiquement nécessaire. Il n’y a pas plus conforme que celui qui dépend entièrement du numérique pour vivre ; il n’y a pas plus atomisé non plus. Du reste, la psychose hygiéniste institue un nouveau puritanisme qui exige une vie sans contact. Après avoir disposé de la chair du monde, le technocapitalisme entend exploiter sans complexes la chair humaine (Weber, 2017 & 2018).
4. En conclusion, il faut bien comprendre que la crise de la Covid-19 n’est pas sanitaire, mais politique, et qu’aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement. Par contre, elle met en évidence la corruption complète du corps politique et de ses factotums médiatiques et scientifiques, et, plus particulièrement, leurs allégeances envers les puissances de l’argent et leur projet totalitaire. La crise constitue à la fois le symptôme de la faillite de la démocratie représentative, et le prodrome du retour d’une gouvernance uniquement respectueuse des droits du capital. Plus encore qu’Orwell (1949), c’est Terry Gilliam (1985) qui vient à l’esprit de celui qui chercherait à contraster le cauchemar politique avec l’absurdité fictionnelle. Ces évidences se retrouvent très précisément dans l’intervention d’A. Penasse (qui a fait, après tout, preuve d’une grande retenue), lui qui demandait, 15 avril 2020, « quelle légitimité démocratique il y a à prendre certaines décisions quand la plupart des membres qui décident et réfléchissent font partie des multinationales et du monde de la finance ? »
Le capitalisme est kleptocrate et totalitaire par essence. L’évolution qui se dessine dans la gestion de la crise Covid-19 dévoile la corruption de tous les acteurs médiatisés et laisse entrevoir ceux qui, jusqu’ici, restaient dans l’ombre. Si la population reste confinée dans la terreur, rien ne viendra s’opposer au régime le plus barbare de tous les temps. Si elle se réveille, non seulement le règne de l’angoisse sera révoqué, mais il ne sera plus possible d’agir par la force non plus (les « gardiens de l’ordre » sont toujours issus du peuple, et leur servilité n’est jamais acquise une fois pour toutes). La dernière option des oligarques sera alors, comme d’habitude, le génocide. Toutes les guerres du XXe siècle étaient d’abord des guerres menées par l’aristocratie et la haute bourgeoisie contre le bas peuple. Mais l’irruption d’une vraie pandémie ne serait bien sûr pas à exclure…
Reste la question de savoir pourquoi les citoyens acceptent de se faire maltraiter par les « responsables politiques ». Pourquoi acceptent-ils de subir un pouvoir pervers ? La réponse se trouve dans l’analyse de la relation que le prédateur impose à sa proie. Précisons en deux mots les modalités qui ont été identifiées dans le cadre de l’inceste, de la logique concentrationnaire, ou de ce qui a été appelé tardivement (1973) le syndrome de Stockholm. Il existe un lien vital entre le prédateur et sa proie : c’est le prédateur qui nourrit la proie, c’est lui qui lui offre un récit pour cadrer son malheur, c’est encore lui qui, parfois, fait un geste qui semble bienveillant. La proie refuse donc instinctivement d’ouvrir les yeux sur le mécanisme prédateur. Ferenczi (1932) l’a bien compris : l’enfant traumatisé, physiquement et psychiquement plus faible, se trouvant sans défense, n’a d’autre recours que de s’identifier à l’agresseur, de se soumettre à ses attentes ou à ses lubies, voire de les prévenir, et finalement y trouver même une certaine satisfaction. Aimer son bourreau, dont on dépend physiquement, symboliquement, et affectivement, devient une condition de survie, mais aussi un piège psychotique. Dans le cas qui nous occupe : comme cette servitude volontaire offre les avantages que l’on peut se payer, et les espoirs que l’on veut bien conserver, la plupart des citoyens croient pouvoir continuer, après le « confinement », à confondre rêve et réalité. Il leur faudra plutôt choisir entre rêve et cauchemar.
À chacun sa conclusion, la mienne est empruntée à Gramsci : je suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté. Pessimiste, car, dans le cas qui nous occupe, on assiste simplement à une accélération de la tendance totalitaire d’une société technocratique dans le cadre d’une crise globale systémique identifiée dès 1968. Si on se demande dans quelle direction ce mouvement va se faire, il suffit de questionner le pilote : le bref interlude soviétique mis à part, la technique a toujours été pilotée par les capitalistes (la « grande bourgeoisie »). Historiquement, un totalitarisme capitaliste s’appelle fasciste ou, mieux, nazi. (Hitler n’était pas Mussolini.) Optimiste, car, comme l’écrivait Victor Hugo avant Che Guevara : « Rien n’est plus imminent que l’impossible » (1862).
Références
Beckett, Samuel, L’Innommable, Paris, Les Éditions de Minuit, 1953.
Delaunay, Janine ; Meadows, Donella H. ; Meadows, Dennis ; Randers, Jorgen ; Behrens, William W. III, Halte à la croissance ? Enquête sur le Club de Rome & Rapport sur les limites de la croissance. Préface de Robert Lattes, Paris, Librairie Arthème Fayard, Écologie, 1972.
Deleuze, Gilles, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in L’Autre journal, n°1, mai 1990.
Dick, Philip Kindred, Solar Lottery, New York, Ace Books, 1955
Ferenczi, Sándor, « Die Leidenschaften der Erwachsenen und deren Einfluss auf Character- und Sexualentwicklung der Kinder. Gehalten im September 1932 auf dem XII. Internationalen Psychoanalytischen Kongress, der vom 4. bis 7. September in Wiesbaden stattfand », Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse 19, 1933, pp. 5-15.
Foucault, Michel, Histoire de la sexualité. I, La Volonté de savoir ; II, L’Usage des plaisirs ; III, Le Souci de soi [1976], Paris, NRF Éditions Gallimard, 1984.
Harold F. Searles, « The Effort to Drive the Other Person Crazy—An Element in the Aetiology and Psychotherapy of Schizophrenia », in British Journal of Medical Psychology, XXXII/1, 1959, pp. 1-18.
Hugo, Victor, Les Misérables, Paris, Albert Lacroix et Cie, 1862.
Hymer, Stephen, The International Operations of National Firms: A Study of Direct Foreign Investment. PhD Dissertation [1960], published posthumously. Cambridge, Mass., The MIT Press, 1976.
Korten, David C., When Corporations Rule the World [1995]. 20th anniversary edition, Oakland, Berrett-Koehler Publishers, Inc., 2015.
Lacroix-Riz, Annie, Le Choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930, Paris, Éditions Armand Colin, 2006.
Machiavel, Nicolas, Le Prince. Traduction française [1532], Paris, Éditions Gallimard, 1980.
Mandeville, Bernard de, The Fable of the Bees or Private Vices, Public Benefits [1714], Oxford, At the Clarendon Press, 1924.
Orwell, George, Nineteen Eighty-Four [1949]. Introduction by Thomas Pynchon, London, Penguin Books, 2003.
Proust, Marcel, À la recherche du temps perdu. T. I. Du côté de chez Swann [1913]. Édition présentée et annotée par Antoine Compagnon, Paris, Gallimard, 1988.
Saint-Simon, Henri de Rouvroy, comte de, Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains [1803], Paris, Presses Universitaires de France, 2012
Smith, Adam, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations [1776], Paris, Gallimard, Folio essais, 1976.
Tocqueville, Alexis de, De la démocratie en Amérique [1835], Paris, Robert Laffont, 1986.
Weber, Michel, Pouvoir, sexe et climat. Biopolitique et création littéraire chez G. R. R. Martin, Avion, Éditions du Cénacle de France, 2017.
Weber, Michel, Contre le totalitarisme transhumaniste : les enseignements philosophiques du sens commun, Limoges, FYP Éditions, 2018.
Le 26 août dernier, Phil Hogan présentait sa démission en tant que commissaire européen en charge du Commerce. On lui a reproché de ne pas respecter les règles sanitaires relatives au Covid lors d’un dîner dans son club de golf !
Il est amusant de constater que Georges-Louis Bouchez, lors de sa conférence de presse comme nouveau président du club de football des Francs Borains, n’a respecté aucune règle à ce niveau. Nous étions pourtant en pleine pandémie le 24 avril. De là à penser que la chasse aux sorcières qu’a subie Hogan n’était qu’un prétexte, il n’y a qu’un pas.
Cette situation est surréaliste au regard de la batterie de cuisine que traînent certains commissaires à qui on ne reproche plus rien. Les gens ont la mémoire courte.
À tout seigneur tout honneur. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était ministre de la Défense en Allemagne avant de diriger l’Europe. Sa gestion de ce ministère a été un échec complet. Mais surtout, une petite centaine de millions d’euros ont été versés à des sociétés privées de consultance en dépit du bon sens. À moins qu’elles ne renvoient l’ascenseur sous forme de rétro-commissions… Un rapport du parlement allemand fait état d’une véritable exfiltration en urgence de l’ancienne ministre vers l’Europe pour masquer le chaos qu’elle laissait derrière elle[note].
Que dire du commissaire européen à la Justice et à l’État de droit, Didier Reynders. Son nom est cité dans un certain nombre d’enquêtes encore ouvertes aujourd’hui comme le Kazakhgate ou les fonds libyens gelés. Il en va de même de son bras droit, Jean-Claude Fontinoy devenu plus discret ces derniers temps. Ce dernier est soupçonné d’avoir touché des commissions occultes pour le compte de son mentor via des structures comme l’asbl « Les plus beaux villages de Wallonie. » Évidemment, lorsqu’on voit que l’enquête sur le malheureux Chovanec, mort après son arrestation à l’aéroport de Charleroi, n’a pas encore été bouclée après plus de deux ans et demi…
Le Financial Times publiait le 1er septembre un article portant sur le remplacement de Hogan par Didier Reynders ! Inutile de dire que si ce scénario se produisait, il faudrait autre chose que « Les plus beaux villages de Wallonie » pour blanchir les dessous de table qui ne manqueront pas de tomber. En effet, le poste de commissaire au Commerce serait nettement plus rémunérateur que celui de la justice.
Dessous de table en vue
Vous voulez un exemple? En 2008, un scandale éclaboussait le commissaire européen au Commerce de l’époque, Peter Mandelson. Ce dernier était soupçonné d’avoir privilégié les intérêts de l’oligarque russe Oleg Deripaska, le roi de l’aluminium, grâce à son influence sur les cours de ce métal.
Les mauvaises langues parlent d’un séjour de Mandelson sur le yacht de Deripaska durant lequel ses penchants les plus inavouables auraient été exaucés et… filmés. On voit que Jeffrey Epstein n’a rien inventé. Si Reynders parvient à sortir de sa fonction actuelle dans laquelle il est contrôlé par sa collègue Tchèque, Vera Jourova, il y a gros à parier que Jean-Claude Fontinoy va reprendre du service…
À l’heure du nouveau plan de relance pour l’Europe, gageons qu’il est probable qu’il y ait d’autres milliards que ceux de Kadhafi qui risquent de s’égarer.
La seule bonne nouvelle pour nous, pauvres petits Belges, est que Didier ne volera plus uniquement ses compatriotes mais toute l’Europe.
Aussi dramatique soit-elle, la mort d’un individu[note] laissé aux soins de la police n’a rien d’une bavure de trop, non. C’est juste une bavure de plus. Car, dans le monde tel qu’il est actuellement, il n’y a jamais trop de bavures. Jamais trop de dérapages. Ces faits, médiatiques ou non, sont systémiques. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas à considérer comme des faits isolés, mais bien dans leur ensemble. Le 10 avril, un jeune homme de 19 ans perdait la vie sous les roues de la police[note]. Quelques jours plus tard, un jeune soudanais était kidnappé et tabassé[note] dans un fourgon de police avant d’être jeté, dépouillé, place Annessens. Le 15 août dernier, trois jeunes femmes, victimes de harcèlement de rue, étaient brutalisées[note] par une équipe d’intervention. Et depuis le déconfinement, la liste des faits de violences policières ne cesse de s’allonger.
Ces
agressions policières se font majoritairement sur des publics
fragilisés, des personnes racisées, et contre les principes
d’émancipation féministe. Et les réactions des instances de
tutelles, qu’elles soient policières ou politiques, sont
systématiquement du même ordre : mise en cause de la victime ou de
sa version (elle était saoule ou agressive), présentation du
bien-fondé de l’action policière (intervention dans le cadre de
la loi, protection de l’ordre public) et rappel de l’utilisation
des procédures de contrôle interne (les responsables cherchent
d’abord à se dédouaner et on se range ensuite derrière le secret
d’instruction).
Dès
lors, il n’y a que des moments à effacer de la mémoire
collective. Pour que les choses redeviennent normales, que les
cowboys continuent d’agir en toute impunité, que les hiérarchies
gardent leur siège et les politiques leur mandat, il faut faire
oublier. Faire oublier la mort d’un ado, d’un homme et d’une
enfant en moins de deux ans. Faire oublier les interpellations
d’activistes féministes lors de la manifestation du 8 mars. Faire
oublier les propos racistes d’un commissaire de police au beau
milieu de l’été. Faire oublier les techniques de ségrégation
(ou profilage ethnique si vous préférez) qui s’en suivirent dans
certaines zones du pays. Faire oublier les migrants gazés à 6h du
matin au Parc Maximilien. Faire oublier cette femme afro-descendante
violemment arrêtée et emprisonnée pour non-port du masque à la
sortie du métro. Faire oublier que la police est aujourd’hui en
roue libre. Oui, en roue libre.
Les
politiques ont besoin de la police pour faire respecter des mesures
toujours plus impopulaires. Les entreprises ont besoin de la police
pour protéger leurs moyens de production et d’enrichissement
toujours plus destructeurs. La police, elle-même, a besoin de ses
éléments les plus violents pour entretenir la peur et maintenir un
moyen de pression sur celles et ceux qui voudraient dénoncer ou
réformer. Et les personnes qui s’engagent «pour contribuer à la
protection des libertés et des droits individuels» (selon l’article
1 de la loi sur la fonction de police) se retrouvent réduit·e·s au
silence.
Comme tout service public bridé par les mesures d’austérité, les agents sont en sous-effectifs, sous-équipés, mal formés et «mangés» à toutes les sauces. Ralentie par une paperasserie poussée parfois jusqu’à l’absurde, la fonction connaît aussi un fort taux de suicide et de nombreuses situations familiales et sentimentales violentes. Même si cette réalité est le résultat d’une politique menée par des partis qui assèchent les budgets publics et promettent dans le même temps plus de moyens, plus d’effectifs et plus de sécurité, l’idéologie raciste, sexiste et fascisante qui les caractérise semble percoler plus que jamais dans les rangs policiers. Preuve en est, encore, le groupe Facebook[note] mis à jour par le site Apache.
Donc,
si tu en as marre que l’on crache sur l’uniforme, commence par le
laver ! Car tous les jours, le corps auquel tu appartiens nous
rappelle que nous ne sommes pas égaux.les, pas en sécurité et
encore moins protégé.e.s lorsque tu interviens. Tu gazes et tu
matraques. Tu insultes, tu tords et tu casses. Tu brises, tu étouffes
et tu camoufles. Tu es un instrument de violence dont nous ne pouvons
plus tolérer les dérives. Et si tu n’es pas de ceux-là,
rappelle-toi que «tu en présentes tous les signaux», comme tu dis
à propos des jeunes de quartiers. Alors le jour où tu prendras
aussi sur la gueule, faudra pas venir pleurer chez le politique. À
ce stade, lui aussi aura été décapité.
Sauf si
Sauf
si, collectivement, nous sommes capables de proposer un avenir à la
police.
Il
n’y a pas d’illusion possible : à situation inchangée, la
cristallisation des corps qui composent notre société ira
croissant. Et, en l’occurrence, les victimes d’abus policiers
continueront de se radicaliser et la police poursuivra son chemin
vers une plus grande répression, et des sorties, y compris
médiatiques, toujours plus racistes, sexistes et violentes. Le degré
de violence n’aura donc de cesse d’augmenter.
De
cette situation, le politique en est à la fois victime et
responsable. Responsable, car ses mesures d’austérité et sa
conception politique à protéger les intérêts de quelques-uns le
conduisent à laisser faire afin de s’assurer la loyauté d’une
force armée qui le protège de la colère de citoyen·e·s chaque
jour plus légitime. Mais demain, cette même classe politique sera
victime de cette attitude attentiste. Lorsqu’elle ne pourra plus
rappeler à l’ordre celles et ceux qui se livreront à des abus
toujours plus scandaleux en regard des droits fondamentaux et des
valeurs qui sous-tendent l’État de droit, elle n’aura d’autres
choix que de se ranger derrière la violence du corps policier pour
sauvegarder ses intérêts.
Dans
cette impasse mexicaine, la droite et ses petits frères racistes et
xénophobes tirent actuellement leur épingle du jeu. Comme Marine Le
Pen en France, les partis belges qui misent sur une économie des
riches et une xénophobie décomplexée laissent faire les dérapages
systémiques émanant des rangs policiers. Car ces derniers
légitiment leurs discours de peur et de rejet, permettent
l’expansion de leurs idées rétrogrades et garantissent un
électorat rassuré dans sa suffisance et son enfermement mental.
La
gauche, incapable de proposer une autre forme de police pour notre
société, s’est figée dans une posture geignarde, dénonçant
dans de grandes phrases, mais sans victoire réelle. Son incapacité
à obtenir la création d’un véritable organe indépendant de
contrôle sur la police est sans doute l’illustration de ces
paroles sans résultat. Pourtant, imaginer comment organiser la
police est essentiel aux progressistes du XXIe siècle, car la gauche
de l’échiquier politique a laissé le sujet pourrir aux mains des
libéraux, qui y a laissé entrer la vermine d’extrême droite.
C’est une erreur impardonnable de la gauche et une complaisance
irresponsable de la droite qui menacent maintenant l’équilibre de
nos sociétés.
Voici donc quelques réflexions qui pourraient être proposées au débat public :
recentrer les missions sur lesquelles des agents de police armés sont appelés ;
diversifier le profil des équipes d’intervention, en y intégrant des travailleurs et travailleuses de rue, des psychologues, des infirmier·e·s et des assistant·e·s sociaux·ales ;
élargir les missions des gardiens de la paix pour répondre à des interventions de moindre intensité (litige entre voisins, tapage nocturne, rassemblements spontanés…) ;
pour assurer la transition, proposer aux policiers en fin de carrière de former des gardiens de la paix aux missions élargies ;
systématiser les formations de toutes les parties au contact du public à la communication non violente, aux risques du profilage ethnique, et à la prise en charge de situations de violences conjugales et familiales ;
imposer le bodycam à tous les agents de terrain, avec l’obligation de l’activer dès le début de toute intervention ;
systématiser les conseils de concertation entre maisons de quartiers et commissariats locaux ;
redéfinir les méthodes de déploiements des agents de police dans le pays;
mettre enfin sur pied un organe indépendant de surveillance et de sanction à l’égard des agents qui se rendraient responsables de violences policières ;
sanctionner effectivement (suspension, renvoi, amende et peine de prison) les agents qui créeraient une situation de violence ou de discrimination.
Dans
un débat aussi sensible que celui du rôle de la police dans notre
société en mutation, il ne peut être question de simplement
décider s’il faut désarmer ou non la police. Il s’agit de
savoir si toutes les situations auxquelles elle répond actuellement
nécessitent exclusivement des hommes et des femmes en armes,
formé·e·s à appréhender, maîtriser et arrêter. Il s’agit
d’éviter que nos commissariats deviennent des zones de non-droit,
que nos libertés individuelles et collectives soient menacées par
les forces de l’ordre, au lieu d’être protégées par celles-ci.
Aujourd’hui, Anvers est une plaque tournante de cocaïne[note]. Le Limbourg est la province européenne de prédilection pour la production d’ecstasy[note]. Bruxelles charrie des corps brimés par la traite des êtres humains[note].
Des armes de guerre[note] transitent par Liège, et des gangs rivaux[note] sévissent sur Charleroi. En parallèle à cette criminalité, les cols blancs[note] qui s’adonnent à l’évasion fiscale, au blanchiment d’argent et à la destruction des ressources naturelles et de notre système de solidarité ne craignent ni les descentes, ni les poursuites, ni les filatures. Comme les autres, ils agissent en toute impunité, sans s’inquiéter des actions policières.
Face
à tous ces criminels, nous avons besoin d’hommes et de femmes
prêt·e∙s à défendre notre démocratie et ses principes afin de
protéger les membres de la société et servir la loi. Ce n’est
pas ce à quoi les effectifs policiers sont employés aujourd’hui.
Et refuser d’ouvrir ce débat n’est que courir à la
confrontation. Car, si rien ne change, demain, la police tirera sur
des manifestant·e·s excédé·e·s de leur impunité. Au regard de
l’Histoire, c’est là une promesse qui n’a rien d’une
fantaisie.
Alors que des bruits annoncent la possible succession de Didier Reynders à l’Irlandais Phil Hogan comme commissaire européen au commerce, il est important de rappeler qui est Didier Reynders, et les casseroles qu’il traîne…
A voir notamment dans cette interview, et dans d’autres (https://media.new.kairospresse.be/videos/)
Un document a fuité, envoyé par une bonne âme à KAIROS, une note aux membres du gouvernement de la Région bruxelloise pour le déploiement de la 5G.
Voici la note que les membres du gouvernement bruxellois ont reçu ce 31 août: « note aux membres du gouvernement de la région bruxelloise. Édifiant!: Bruxelles doit devenir une « smart city », « la connectivité large bande est essentielle », alors qu’ils feindront, pendant qu’ils avancent dans la mise en œuvre, de mettre en place un « débat public ».
Depuis le siècle passé, les temps modernes nous ont enseigné le rôle joué par l’ambition chez les jeunes intellectuels dans l’histoire politique de notre pays. Qu’il s’agisse de la naissance du socialisme au XIXe siècle, de celle du communisme au XXe ou encore de l’écologisme au XXIe, les idées nouvelles ont mobilisé de nouvelles générations déterminées à changer radicalement l’ordre établi.
Ces idées étaient considérées comme porteuses d’un grand espoir pour l’humanité. De là la puissance de mobilisation pour les nouvelles générations qui ont toujours réuni les idéalistes, mais aussi les réalistes soucieux de se trouver une place au soleil. Il ne faut cependant pas avoir une vision manichéenne de ces deux tendances, car l’histoire politique n’a pas arrêté de nous démontrer que le jeune idéaliste peut se transformer en un impitoyable réaliste au vu des difficultés de la fonction, comme cela a été le cas de Robespierre, de Lénine, de Trotski ou encore de Jules Guesde et de l’anarchiste Hervé en 1914 avec l’Union Sacrée. Plus proche de nous, on peut aussi citer des représentants de la génération 68 passant de la gauche prolétarienne au capitalisme le plus caricatural, comme l’ancien directeur du journal Libération, entre autres exemples. En fait, la capacité de résistance aux grands courants collectifs dépend des convictions et de la personnalité de chacun, l’opportunisme affectant les plus faibles. Généralement, les plus discrets, ceux qui n’ont jamais voulu être sous les sunlights, sont généralement les plus sérieux et les plus convaincus !
À vrai dire, le mécanisme psychologique de ce genre de « trahison » est assez simple à expliquer, car il s’agit là du passage brutal du rêve aux dures réalités de la politique. Des générations entières sont passées des discours radicaux marqués par une espérance naïve aux aléas d’une banale carrière politique. Il y a de belles pages dans un livre de mon père (Bernard Charbonneau, Une seconde nature, aux éditions Sang de la Terre, 2012) à propos de l’itinéraire politique de l’écrivain roumain Cioran, pour expliquer les virages à 180° pris par des personnalités connues de sa génération.
On retrouve le même phénomène chez de nombreux militants écologistes aujourd’hui confortablement installés dans des bureaux ministériels ou à la tête d’entreprises médiatiques, ou encore de plateformes Internet. De ce point de vue, les libertaires ont raison, il ne faut surtout pas être tenté ni par le pouvoir ni par le désir de réussite sociale. Or nombreux sont les militants verts qui, au nom du goût de l’action, sont tentés par cette voie qui, en réalité, ne mène pas à grand-chose du point de vue des valeurs que l’on prétend défendre (la justice sociale et la défense de la nature). Reconnaissons cependant que les choses sont compliquées, car la générosité et l’esprit de justice étant à l’origine de l’engagement peuvent vite céder la place au goût du pouvoir et surtout des honneurs. De ce point de vue, le personnage de Bartleby du roman de Melville a bien été compris et utilisé par le site web de Jean-Bernard Maugiron qui déclare invariablement à chaque proposition d’emploi et de montée en grade venant de son patron « Je ne préférerais pas ! », un refus qui semble inexplicable.
Certes, nous assistons aujourd’hui à ce que mon père a appelé « le feu vert » avec tout le processus de récupération politicien de la cause écologiste dénoncé à juste titre par un journal comme La Décroissance. De ce point de vue, il ne s’est pas trompé, mais pourtant, à voir la réalité des choses, il faut bien dire que cette récupération est beaucoup moins efficace que ne l’a été celle de la question sociale par l’idéologie progressiste en raison de la spécificité de la question écologique. En effet, on peut observer la résistance de la réalité tragique des problèmes menaçant actuellement l’humanité face aux propagandes vertes porteuses du mensonge de latransition, pourtant chaque jour démenties par les messages inquiétants depuis quelque temps fortement médiatisés, venant du monde entier. De là, la pratique opportuniste officielle de la politique de l’oxymore chère à Bertrand Méheust où sont menés de front des choix radicalement contradictoires ! La puissance incontournable de la nature est là pour rappeler à l’ordre les égarements prométhéens des hommes. Le problème est que ceux dont l’esprit est colonisé par la puissance de la technoscience nous dirigent tout droit vers l’abîme !
Reste donc la voie du refus radical de cautionner cette démission qui est seule porteuse d’une véritable ambition supposant de cultiver une conscience personnelle à la fois intellectuelle et morale. Cette ambition, à mon avis la seule véritablement honorable, suppose d’abord d’affronter la réalité tragique dans laquelle se retrouve actuellement l’humanité, ce qui suppose un effort critique en allant à contre-courant des idées reçues qui par exemple donnent chez le militant de base toujours la priorité à l’action par rapport au fait de mener une réflexion souvent source d’angoisse.
En cette rentrée scolaire 2020, les élèves et enseignants du secondaire devront porter le masque en classe 8h par jour, alors que cette mesure ne fait l’objet d’un consensus ni scientifique, ni social, ni politique. Les implications pédagogiques, sociales, psychologiques et démocratiques de cette situation ne devraient-elles pas faire l’objet d’un large débat citoyen ? Kairos relaie ici les doutes et inquiétudes légitimes de parents.
Sociologues et psychologues l’affirment : le masque va transformer nos interactions et modes de sociabilité. Les expressions sur les visages nous permettent d’ajuster nos comportements en fonction de notre appréciation de l’état émotionnel de l’autre : ce système de régulation aurait la faculté de réduire les conflits et d’augmenter la cohésion sociale[note]. Un système de régulation qui n’est pas inné, mais qui s’apprend aussi dans l’espace public, notamment à l’école durant l’adolescence. Le masque quant à lui nous rend invisibles, indiscernables, indéfinis, il nous dépersonnalise. En rue comme dans les cours de récré, il fait de nous des atomes isolés, solitaires, préoccupés par notre bulle individuelle. Il nous y emprisonne, nous coupe des autres, nous empêche de faire de nouvelles connaissances : comment sympathiser avec quelqu’un dont on ne perçoit ni le visage ni les réactions émotionnelles, quand on doit en outre respecter une distance sociale, et sachant par ailleurs que le masque a précisément pour but de faire peur en rappelant la présence du virus ?
Jusqu’à quand?
Se masquer le visage à l’adolescence comporte un enjeu supplémentaire : on peut imaginer que certains jeunes éprouveront un soulagement à cacher leur timidité, leur acné, leur appareil dentaire… , mais c’est un cercle vicieux infernal qui risque alors de s’enclencher ! Couplé à la perte de la proximité, du contact physique, du toucher – fondamental pour la construction psychique des jeunes et la conservation d’un équilibre émotionnel chez les moins jeunes -, le masque isole et accroît la solitude. De façon temporaire répondront certains. Mais pour combien de temps ? « De nombreux mois » préconisent certains de nos experts, voire même deux ans, si l’on en croit les actuelles prévisions de l’OMS. Mais qui peut en garantir le caractère temporaire, alors que le phénomène semble bien ancré en Asie et que de nombreuses voix cherchent à nous convaincre du caractère plus « raisonnable » et plus « éthique » de cette nouvelle norme ?
Quelle que soit la durée de cet épisode, il affectera la représentation du monde et les émotions des jeunes en pleine construction. Et ce n’est pas une bonne nouvelle, car en moins de six mois, les problèmes psychiques ont déjà connu une hausse dans notre pays et ailleurs, et la dépression chez les jeunes – et les moins jeunes – pourrait ne pas tarder à se manifester comme une véritable lame de fond[note].
Pédagogie masquée
Par ailleurs, qu’en est-il, sur le plan pédagogique, de l’obligation du port du masque dans les classes ? Suivre les cours masqué implique pour l’élève une moins bonne compréhension à l’audition, l’impossibilité de lire sur les lèvres du professeur pour parfaire sa compréhension, l’absence de communication de ses émotions à travers les expressions de son visage, une perte d’informations concernant les émotions du professeur et de ses condisciples, et la disparition d’une partie importante de la communication non verbale de ses difficultés ou de son intérêt. Pour le professeur, le port du masque implique la perte du renforcement de son message au moyen des expressions de son visage, la disparition de la perception visuelle des problèmes de compréhension et de l’intérêt des élèves sur leur visage, l’impossibilité d’échanger des sourires, une difficulté accrue à créer de la connivence, du lien affectif et dès lors un environnement rassurant propice à la construction des apprentissages[note], et enfin une obligation de parler fort en permanence au risque de surmener sa voix (une pathologie courante dans le monde enseignant). Exigerait-on des acteurs qu’ils tentent, masqués, de transmettre du sens et des émotions? Irait-on voir de tels films? Nos journalistes et présentateurs (qui n’hésitent pourtant pas à présenter les détracteurs du port du masque obligatoire comme des complotistes, adeptes de Trump, partisans de l’extrême-droite ou de la gauche radicale, anti-vaccins, anti-5G, etc.[note]), argumentent pour leur part qu’il serait « bien trop anxiogène » de proposer un visage masqué aux téléspectateurs : « Des présentateurs masqués renverraient en effet une image dépourvue de toute humanité ». Et pas des enseignants masqués ?
Comment nos responsables politiques peuvent-ils être à ce point déconnectés de la réalité scolaire ? La plupart d’entre eux (experts comme politiciens) ôtent d’ailleurs leur masque au moment de s’exprimer publiquement ! Il est vrai que des conseils de « pro » ont été formulés par des didacticiens : « Les profs devront miser sur les mouvements et la voix (…) voilà un vrai défi![note] ». Sauf qu’un théoricien n’est pas un praticien. Et qualifier l’adaptation exigée de « défi » (terme hyper-valorisé dans notre culture selon laquelle seuls les paresseux et les incompétents ne sont pas capables de relever un défi) en donnant des pseudo-solutions entraîne un effet pervers non négligeable : les personnes extérieures au monde de l’enseignement risquent de penser que ce n’est qu’une question de volonté et de compétence de la part des enseignants, déjà largement victimes d’une perception négative au sein d’une partie de la population.
L’argument du ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA, soit dit en passant), est qu’il faut tenir compte de la peur de certains professeurs, parents et enfants. C’est donc une émotion partagée par un certain pourcentage de la population (une émotion, légitime et utile dans certaines circonstances, mais qui, il faut bien le reconnaître, est aussi en partie le résultat de stratégies de communication et de politiques discordantes et anxiogènes depuis des mois) qui dicte une mesure qui va impacter la vie, la construction psychique, l’intégration sociale, l’apprentissage et la vision du monde de dizaines de milliers d’adolescents. Et cela contre l’avis de la task force chargée d’évaluer le risque pédiatrique qui, le 12 août, prônait « l’utilisation rationnelle du masque buccal pour les plus grands (+12 ans) telle que généralement recommandé (par exemple lorsqu’on n’est pas dans la bulle de sa classe ou de son année, comme lors de l’arrivée à l’école ou de déplacements dans les couloirs) ». Pour l’OMS, les enfants âgés de 12 ans et plus « devraient surtout porter un masque lorsqu’une distance sanitaire d’un mètre ne peut être garantie ».
Garantir cette distance n’aurait rien d’impossible. On pourrait – on peut encore – transformer cette crise en opportunité de réformer le système scolaire comme le réclament les pédagogues : scinder les classes, organiser le travail en petits comités, équiper les élèves en matériel scolaire pour améliorer la possibilité de travail à domicile, passer à la classe inversée et à la pédagogie active, avancer sur la question des rythmes scolaires. Non : en guise d’unique mesure, on impose le masque, signe ostensible que les politiques et la FWB ne restent pas inactifs, sans insister sur le caractère exceptionnel que devrait revêtir cette mesure, sans en souligner et se préparer à en affronter les conséquences psychiques et pédagogiques, comme si l’on assistait à une rentrée quasi normale. Or connaît-on seulement le pourcentage de parents favorables à ce que leurs ados vivent pour une durée indéterminée dans un monde où la peur de l’autre, la peur du contact, la peur de la mort va prendre corps physiquement tout autour d’eux, sur les centaines de masques de leurs professeurs et condisciples, 8h par jour (à l’exception des récréations, nous voilà rassurés !), durant des mois, voire des années? Cette remarque vaut d’ailleurs aussi pour les adultes, peut-être moins résilients encore, et dont l’angoisse, en partie aggravée par la gestion médiatique et politique de l’épidémie, affecte immanquablement les jeunes. Connaît-on enfin le pourcentage des enseignants du secondaire prêts à donner cours masqués (précision qui doit les enchanter : ils peuvent tomber le masque « lorsqu’ils ne donnent pas cours à voix haute »!)?
A-t-on seulement réfléchi aux implications politiques d’un symbole qui risque d’être vécu comme une contrainte illégitime supplémentaire dans un cadre scolaire déjà perçu par nombre de jeunes (et d’enseignants) comme un lieu de contraintes massives, de conditionnement et de clivage social plutôt que d’épanouissement, d’émancipation, de construction et de réalisation de soi ? A-t-on pensé au risque d’une aggravation des rébellions, des phobies scolaires et des phénomènes de décrochage chez certains jeunes ? Des maux que nous combattons actuellement très mal (pour avoir travaillé deux ans sur un projet de lutte conte le décrochage en secondaire, l’auteur de cet article peut en témoigner), faute de nous donner les moyens appropriés pour le faire. Le masque risque d’aggraver encore ces situations, ainsi que le sentiment (et les actes) de rébellion des ados face à la société (sentiment que l’on peut d’ailleurs voir comme un signe rassurant en termes de santé mentale).
En imposant le port du masque en classe, l’école fait donc courir un risque psychologique aux élèves et ne garantit pas des conditions pédagogiques adaptées à ses missions. Etant donné que le masque altère les conditions de la communication, donc de la transmission des savoirs et des apprentissages, il ne peut en outre être garanti que l’ensemble des élèves puisse atteindre les objectifs pédagogiques dans de telles conditions : sans pouvoir lire sur les lèvres, comment comprendre le prof d’anglais, faire ses premiers pas en néerlandais, enseigner le français langue étrangère aux primo-arrivants, etc. ?
Exigence de transparence
En tant que professionnels de l’éducation ou de la santé ou en tant que parents contraints de mettre nos ados à l’école masqués, nous n’avons pas d’autre choix que de nous adresser aux différents responsables de l’enseignement et d’exiger de leur part que soient rendues publiques les références des études qui démontrent la nécessité sanitaire d’imposer le masque 8h par jour à l’école, et que dès aujourd’hui d’autres études soient menées sur cette thématique essentielle. Si ces études n’existent pas encore, la décision autour du port du masque obligatoire dans la classe doit être élaborée de façon démocratique en incluant les arguments d’autres acteurs (anthropologues, sociologues, pédagogues, politologues, spécialistes de la communication, juristes, philosophes, médecins, logopèdes, représentants de citoyens, d’élèves, de parents d’élèves et d’enseignants), en tenant compte des multiples enjeux – dont bien sûr les facteurs épidémiologiques, les personnes à risque et l’angoisse, mais pas exclusivement – de manière rationnelle et proportionnée.
Que soient également rendues publiques sans plus attendre les références des études qui mettent en balance les bénéfices éventuels et les dommages psychosociaux collatéraux du masque porté 8 heures par jour durant des mois chez des adolescents (et la population en général) et que d’autres études soient menées sur cette thématique fondamentale. Si ces études n’existent pas encore, la même remarque que ci-dessus s’applique : les conditions d’un véritable débat citoyen sur le niveau de risque acceptable doivent être mises en place. Il serait judicieux également que des études scientifiques indépendantes soient menées sur les effets respiratoires de l’inhalation de particules de tissus, de colorants et de substances chimiques présentes dans les tissus des masques durant 8 à 10h par jour, tout comme certaines études portent déjà sur les dégâts environnementaux consécutifs à la multiplication des masques jetables, et que les résultats de ces différentes études fassent à l’avenir partie du débat.
D’un point de vue démocratique, toutes ces données doivent être rendues publiques afin de permettre aux parents et aux enseignants de se forger une position. Ensuite, vu l’importance de ce qui est en jeu, les décisions concernant l’évaluation des risques et les stratégies de leur contrôle et de leur réduction doivent pouvoir être politisées, sans quoi cette mesure sera vécue comme une contrainte arbitraire supplémentaire aussi lourde qu’insensée par une partie de la population, et la part de la population qui craint le virus risque de ne pas la trouver suffisante dès qu’apparaîtra le premier cluster en milieu scolaire.
Une revendication citoyenne
Les lacunes dans l’établissement et la publication de ces données scientifiques et la rhétorique de certains experts, politiques et médias pour discréditer les détracteurs de cette mesure et éviter un véritable débat citoyen sur cette question mettent les parents d’élèves, les élèves et les professeurs en position de pouvoir attaquer ces mesures en justice et de dénoncer les errements des experts (dont l’expertise ne couvre pas l’entièreté du champ du risque, celui-ci ne se résumant pas aux virus), qui confondent avis (de) scientifiques et prescriptions politiques, et les politiques qui négligent de remettre en perspective les avis de ces scientifiques et préfèrent « enfermer, cloisonner », « culpabiliser et pénaliser » plutôt que de tenter de faire émerger un consensus social sur le niveau de risque acceptable[note]. Cette situation met les enseignants, parents d’élèves et les élèves, même mineurs, en position de pouvoir refuser pacifiquement mais fermement des conditions d’apprentissage et de vie qui entravent le développement équilibré des élèves. A Iéna, en Allemagne, des parents d’élèves ont obtenu en justice le retrait de l’obligation du port du masque en classe.
Des professionnels de la santé mentale pourraient répondre que les jeunes peuvent s’adapter, qu’ils ont une certaine capacité de résilience. Certes, l’être humain s’adapte à un tas de situations désagréables, et même horribles d’ailleurs. Mais quel en sera le coût psychologique, relationnel, sociologique, politique et anthropologique ? On ne le connaît pas, mais on peut y réfléchir. Dans l’état actuel de cette réflexion, ce coût ne semble-t-il pas trop élevé pour une mesure qui, pour l’heure, n’est pas suffisamment justifiée ? Et dans l’hypothèse où les jeunes pourraient s’adapter (mais pas sans conséquences), pourquoi devraient-ils s’adapter à une mesure qui n’a pas fait l’objet d’une vraie réflexion de fond et qui est loin de faire consensus ? A quelles mesures injustifiées et contraires à leur intérêt leur demandera-t-on de s’adapter ensuite? Il est évident qu’on peut s’adapter à un tas de situations, mais sont-elles toutes souhaitables ou ne serait-ce même qu’acceptables pour la cause?
Nous positionner contre le masque en classe ne fait pas de nous des « super-défiants » au comportement anti-social. Ce type de catégories dépréciatives a pour but de discréditer les objections à ce qui est établi ou à ce qu’il est de bon ton de penser en qualifiant d’emblée ces objections de complotistes. Or notre démarche, pour notre part, est une démarche de questionnement, d’approfondissement, de remise en question, de recherche citoyenne d’un bien commun véritablement commun, c’est-à-dire qui concerne tout le monde, et notamment les jeunes. Pour rassurer ceux qui en douteraient, les auteurs de cet article ne croient pas aux reptiliens ni aux illuminati, ils ne remettent pas en question l’existence de la Covid-19 ni l’utilité du masque dans certaines circonstances (à déterminer de nouveau politiquement, sur base d’un consensus social, éclairé par des arguments notamment scientifiques), ils se demandent si la route que sont en train de tracer certains experts et politiques dans de nombreux pays et que certains suivent sans l’interroger correspond à la façon de vivre ensemble, à la société que nous souhaitons pour nos enfants. La question du port du masque à l’école est, pour nous, en tant que parents et pour ma part en tant que professionnelle de l’éducation, la goutte d’eau de trop sur un ensemble de mesures bien plus larges dont la légitimité, ne serait-ce que légale, est floue et qui, outre leurs impacts politiques et sociologiques, entraînent des dommages sur la santé mentale de l’ensemble de la population et à propos desquelles on ne peut plus faire l’économie d’un débat citoyen[note].
Valérie Tilman, citoyenne et parent. Merci à tous ceux qui ont contribué au texte et à son argumentaire.
« Le langage politique – et avec quelques variantes, cela s’applique à tous les partis politiques, des conservateurs aux anarchistes – a pour fonction de rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et de donner à ce qui n’est que du vent une apparence de consistance ».
George Orwell[note]
Ce n’est pas que la chose m’excitait spécialement, trouvant particulièrement fades et sans intérêt ces conférences de presse du gouvernement, un peu comme un JT de la RTBF ou de RTL-TVI, un édito du Soir ou de La Libre. Poussé dans le dos par des proches qui me glissaient « On ne peut quand même pas laisser dire ça ! Vas-y et pose d’autres questions », j’ai décidé de m’y rendre. C’était le 15 avril, avec cette extraordinaire banale question sur la légitimité d’un gouvernement et de groupes d’experts qui mangent à tous les râteliers et nous invitent à prendre soin de nous pendant qu’eux prennent surtout soin de leurs intérêts et de ceux des multinationales pharmaceutiques[note]. Et si tout l’art de la politique n’était que de travestir les mots, de construire une réalité qui n’existe pas, d’occulter tout ce qu’ils font et ne disent pas ? Là réside le véritable enseignement de ma question et de la réaction politique du 15 avril. Ils feront ainsi tout pour que plus jamais je ne revienne et ne leur demande des comptes devant des centaines de milliers de Belges.
Avant la conférence de presse du 15 avril
Ma première prise de contact avec le service de communication de la ministre eut lieu le 30 mars, par un email envoyé au porte-parole francophone de la ministre, Steve Detry :
« Bonjour, en tant que journaliste, je souhaiterais assister aux prochaines conférences de presse du gouvernement qui auront lieu. Pourriez-vous m’indiquer les dispositions à suivre s’il vous plaît? En vous remerciant d’avance. Cordialement,Alexandre Penasse, journaliste accrédité (F08882) »
Ils feront ainsi tout pour que plus jamais je ne revienne et ne leur demande des comptes devant des centaines de milliers de Belges.
Réponse de Steve Detry (30 mars)[note] :
« Bonjour, en raison des consignes strictes liées au Coronavirus, l’accès à la salle de presse est strictement limité à certaines rédactions en pool. Vous pouvez néanmoins suivre en streaming les conférences de presse sur nos sites officiels. Cette configuration sera réévaluée lorsque les mesures de social distancing seront levées. Merci de votre compréhension »
Je renvoie un mail (30 mars) :
« Que voulez-vous dire par « certaines rédactions en pool« . Pourrions-nous les connaître pour faire savoir aux personnes qui nous suivent quelles sont les rédactions autorisées ? Faisant partie d’un autre type de média que ceux de type conventionnel, il serait intéressant de pouvoir nous rendre à ces conférences de presse. D’autant plus que le social distancing ne justifie nullement que certains médias aient des laissez-passer et pas d’autres. Sur quels critères établissez-vous la distinction ? »
Réponse de Steve Detry (31 mars) :
« Bonjour, L’accès physique est autorisé aux rédactions qui sont répertoriées par l’Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique. Celles-ci s’organisent afin de former des pools entre elles. Cela se passe sans encombre. Ceci étant dit, toutes les conférences de presse et leur contenu sont accessibles à tout un chacun, dans leur entièreté, en streaming live ».
31 mars, je réponds :
« Je suis reconnu comme journaliste professionnel (F07882) et le journal dont je suis rédacteur en chef (Kairos) enregistré comme presse périodique auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je ne vois pas ce qui nous empêcherait d’envoyer un de nos journalistes à une conférence de presse du gouvernement? Je viens de prendre contact avec l’AJP[note], dont je suis bien évidemment membre, afin de connaître mes droits. »
Le 2 avril, n’ayant pas de réponse du service de communication de la ministre, je renvoie un mail :
« Pourriez-vous répondre aux questions du mail précédent, mais également me signaler les rédactions autorisées, ce pool dont vous parlez ? »
Le lendemain, j’obtiens la réponse :
« Je pense vous avoir déjà répondu quant aux rédactions. Lors des prochaines conférences de presse, il vous sera demandé de vous inscrire comme c’est le cas pour n’importe quel organe de presse. Nous aviserons à ce moment-là en fonction de la configuration de la salle et le nombre de demandes ; le tout en bonne concertation avec vos homologues journalistes. »
À partir du 3 avril, je n’aurai plus aucune nouvelle du service de communication de la ministre. Le 15 avril, jour de la conférence de presse, à 12h53, je reçois toutefois étrangement un mail de Louise Ringuet, qui était toujours en copie des mails de Steve Detry, mais avec qui je ne communiquais jamais directement :
« Monsieur Penasse, une conférence de presse aura lieu après le CNS cet après-midi au 16 rue de la Loi. Comptez-vous venir ? Le cas échéant, un lien peut vous être envoyé afin que vous suiviez la conférence à distance en direct. Merci d’avance pour votre réponse rapide. »
Je lui répondrai et confirmerai ma présence.
« Comptez-vous venir ? Le cas échéant, un lien peut vous être envoyé afin que vous suiviez la conférence à distance en direct ».
Service de communication de la ministre
On peut trouver curieux, alors que le dernier mail de Steve Detry indiquait qu’ils allaient prendre leur décision le jour de la conférence de presse en fonction « de la configuration de la salle et du nombre de demandes », et qu’ils savaient parfaitement que je voulais assister à la conférence de presse et poser mes questions, qu’une autre responsable du service de communication de la ministre m’invite à m’envoyer un lien pour « suivre la conférence à distance en direct ». De même, peu avant 15h00, le 15 avril, après avoir pourtant signalé au porte-parole de Sophie Wilmès que je désirais assister à la conférence de presse, une personne, liée au service de communication de la ministre, m’envoyait un SMS avec le lien YouTube, alors que je n’avais rien demandé :
« Voici le lien YouTube pour suivre la conférence de presse. Je n’ai toujours pas plus d’infos sur l’heure de la conférence de presse ».
À 14h45, je renvoyais un SMS :
« Je voudrais y assister, pas comme spectateur sur YouTube, merci ».
À 14h48, on me répondait :
« It’s up you [traduction : « cela dépend de toi »], à voir alors détails pratiques avec la chancellerie ».
… c’est justement ce que j’étais en train de faire…
Le 15 avril, j’avais avant cet échange appelé le service de presse de la chancellerie pour obtenir plus d’informations concernant le lieu et l’heure de la conférence de presse de Sophie Wilmès. Suite à mon appel, le service de presse de la ministre Wilmès ne pouvant m’informer sur l’heure et le lieu, il me rappelait un peu plus tard :
« Concernant « la conférence de presse de cet après-midi ou soirée, je peux vous dire déjà où c’est, ce sera au palais d’Egmont où la conférence de presse aura lieu, donc vous voyez où c’est le Palais d’Egmont, c’est derrière le Sablon. Alors pour toute question pratique liée à cette conférence de presse, vous pouvez appeler la chancellerie, là le numéro, mais je pense que vous l’avez, c’est le 02/301.02.11. »
– « Donc, l’heure on ne sait pas ».
– « Non, l’heure on ne sait pas, nous-mêmes on fait des paris. On verra bien quand ils auront décidé ».
Ceci était une fausse information, car la conférence de presse eut lieu au « bunker », rue Ducale. Il est étonnant que le service de communication de la ministre, le premier informé, se trompe à ce sujet.
Le jour de la conférence de presse
Le 15 avril, j’entre donc dans le « bunker » et pose ma question à une ministre désarçonnée : « Vous venez d’introduire dans cette salle de presse la question biaisée politiquement, ce qui en général n’est pas l’habitude des journalistes »[note]. La ministre refusera ma deuxième question, évoquant le timing serré et le fait que les questions peuvent être posées après la conférence de presse. Ce sera le premier mensonge laissant croire que la liberté d’expression des journalistes est tolérée : on ne sort pas du cadre !
Ce jour-là, des dizaines de milliers de personnes entendent une question qui contraste avec la banalité des propos des journalistes révérencieux qui ne cherchent pas à révéler la vérité, mais plutôt à demeurer en bon terme avec le pouvoir. Suite à la conférence de presse, des centaines de personnes s’abonneront à Kairos, plus de 8.000 à la page Facebook du journal.
Fort d’avoir brisé leur spectacle et introduit « la question biaisée politiquement », c’est-à-dire la bonne question, j’envoie un mail le 20 avril à Steve Detry :
« Je serai présent à la conférence de presse de Sophie Wilmès de ce vendredi 24 avril. Pourriez-vous en prendre note et me tenir informé des horaires et du lieu ? »
Il me répondra le même jour :
«Comme annoncé la dernière fois, nous procédons en pool au vu de l’accès limité à la salle de la conférence de presse au regard des mesures de social distancing. Vos confrères doivent pouvoir avoir accès également à la salle de presse. Les équipes tournent. Comme déjà indiqué, le contenu est disponible, en direct, sur internet. Si vous avez une question, je vous invite à vous organiser avec vos confrères journalistes. Il est de coutume que certains journalistes posent également une question pour une autre rédaction. Il est possible aussi de nous la transmettre ultérieurement. »
Ces assertions se sont révélées fausses. Aucune question envoyée au cabinet par la suite n’a obtenu de réponses et aucun journaliste, évidemment, n’a relayé nos questions. Pourquoi « évidemment » ? Car c’est ce fonctionnement même des médias de masse, que nous dénonçons depuis des années, qui explique que des questions « dérangeantes » ne peuvent être posées. Il existe, pour plusieurs raisons, une proximité indécente entre médias et politiques qui font que les premiers ne jouent plus leur rôle de contre-pouvoir et ne demeurent qu’une caisse de résonance des décisions politiques, service de communication du pouvoir qui lui assure que ses décisions seront acceptées et sa pérennité assurée.
L’association des journalistes
Vu la difficulté à se faire inviter aux conférences de presse du gouvernement, le 31 mars nous avions préventivement informé le syndicat des journalistes, l’AJP. Celui-ci s’avérera par la suite au service du statu quo médiatique, et donc du pouvoir politique, conclusion logique quand ceux qui le dirigent sont issus des médias de masse dont nous dénonçons le rôle néfaste[note].
Nous écrivions à l’AJP :
« J’ai contacté le porte-parole de la ministre Wilmès pour avoir un accès direct à l’une des conférences de presse à venir. Celui-ci me répond: « L’accès physique est autorisé aux rédactions qui sont répertoriées par l’Association Générale des Journalistes professionnels de Belgique. Celles-ci s’organisent afin de former des pools entre elles. Cela se passe sans encombre« . Pourrais-je avoir accès également, en tant que journaliste professionnel et rédacteur en chef d’un journal reconnu par la FWB en tant que presse périodique? Merci de votre aide. »
Le mail aurait été transmis au service juridique, dont nous n’avons plus eu aucune nouvelle, jusqu’au 20 avril, où nous écrivions : « Vous ne m’aviez plus informé de la suite quant à ma demande d’aide juridique relative au refus de pouvoir assister à la conférence de presse de Sophie Wilmès. Ils refusent que j’assiste à la prochaine. Quels sont mes droits ? C’est urgent ».
Martine Simonis, secrétaire générale de l’AJP, y répondra[note] : « Suite à votre précédent message, j’étais en effet personnellement intervenue auprès de l’organisateur des pools (la cabinet de la Première ministre) pour que vous ayez l’occasion d’y participer. Ce qui a été le cas. Les pools sont par définition des regroupements limités de journalistes, qui servent ensuite tous les autres médias (partage d’image, de son, d’information). Il y a une rotation parmi ces journalistes/médias au sein des pools. Il n’y a pas de « droit » d’être dans les pools. Votre participation au pool semble par ailleurs avoir causé certains problèmes (de comportement vis-à-vis d’autres journalistes notamment). Ceci, et ce qui précède, explique probablement que l’organisateur des pools [le cabinet de la ministre] ne donne pas de suite favorable à votre demande (sic). Nous n’avons pas d’autre moyen d’intervenir pour vous ».
« Votre participation au pool semble par ailleurs avoir causé certains problèmes (de comportement vis-à-vis d’autres journalistes notamment). Ceci, et ce qui précède, explique probablement que l’organisateur des pools [le cabinet de la ministre] ne donne pas de suite favorable à votre demande ».
Martine Simonis, secrétaire générale de l’Association des journalistes professionnels
Qui le syndicat des journalistes sert-il ?
Cette réponse lève plusieurs interrogations. En premier lieu, outre qu’il est étonnant qu’un syndicat réponde à notre demande et nous soutienne sans même nous en informer, il est encore plus surprenant qu’il tolère que le cabinet de la Première ministre s’arroge le droit d’organiser les pools, alors que nous constaterons par la suite que cela se fait dans la plus grande opacité.
Mais le plus significatif, c’est que la suite des événements montrera que le syndicat lui-même était en train de préparer la défense des médias de masse et d’anticiper la posture que prendra le gouvernement. Lorsque j’attaquerai en effet l’État pour entrave à la liberté de la presse (voir ci-dessous), ce dernier justifiera, via son avocat, mon interdiction d’assister aux conférences de presse par mon attitude présumée du 27 juillet (voir courrier avocat), alors qu’avant il ne pouvait l’appuyer sur aucune règle, sauf celle des « pools », création arbitraire et faussement démocratique sur laquelle s’accordent médias et politiques. À certains moments, les « pools » sont des habitudes journalistiques anciennes, à d’autres des mesures prises en raison du Covid-19[note]. Soit, une mesure dont le flou sémantique laisse place à l’arbitraire et à la censure.
Le 23 avril, je répondrai à Madame Simonis de l’AJP :
« Je vous remercie d’emblée pour votre première intervention auprès du service de presse de la ministre Wilmès. Sachez toutefois que, malgré celle-ci, de nombreux éléments m’amènent à penser qu’ils ont agi pour que je ne sois pas présent le 15 avril. Les réactions de nombreux citoyens belges à ma question ce jour-là, indiquent clairement que ces derniers attendent des journalistes qu’ils posent certaines questions qui leur paraissent importantes. Force est de constater que ce n’est que très rarement le cas, pour des raisons que nous avions déjà à de multiples reprises analysées dans le journal Kairos. Il s’ensuit donc, assez logiquement, que quand des journalistes tiennent un autre discours, cela dérange.
« Mon comportement vis-à-vis des autres journalistes » ? Ce que vous relayez là sans preuve, constitue de graves accusations. Ne pensez-vous pas que ce soit plutôt l’objet de ma question qui a provoqué la recherche de prétextes, pour désormais tenter de justifier leur refus que je me rende à nouveau à une conférence de presse ? Votre formulation (« notamment ») indique également qu’il y aurait eu d’autres problèmes. Puis-je savoir lesquels ?
Vous m’annoncez dans votre courrier du 20 avril que vous ne pouvez plus me soutenir – quid de votre soutien pour la diffamation dont je fais l’objet dans les médias de masse ? Vous représentez pourtant le syndicat des journalistes : n’êtes-vous pas censés me défendre dès lors que l’on bafoue clairement le droit de la presse et la liberté d’expression ?
Pourriez-vous me donner par ailleurs des textes de loi relatifs aux conférences de presse et au droit du journaliste. Il semble que, représentant un seul média et disposant de ma carte de presse, ils ne puissent me refuser l’accès à la conférence de presse. »
« Ne pensez-vous pas que ce soit plutôt l’objet de ma question qui a provoqué la recherche de prétextes, pour désormais tenter de justifier leur refus que je me rende à nouveau à une conférence de presse »
Courrier à l’AJP
Sans réponse, je relance le 29 avril et reçois une réponse le jour même :
« Je vous ai écrit le 20 avril que « j’étais en effet personnellement intervenue ». Ce mail précisait également : « Les pools sont par définition des regroupements limités de journalistes, qui servent ensuite tous les autres médias (partage d’image, de son, d’information). Il y a une rotation parmi ces journalistes/médias au sein des pools. Il n’y a pas de « droit » d’être dans les pools ».
Vous nous demandez « des textes de loi relatifs aux conférences de presse et au droit du journaliste ». Les conférences de presse ne sont pas réglementées. En l’espèce, les règles de distance sanitaire ne permettent pas d’ouvrir à tous les journalistes les conférences de presse du CNS. C’est la raison de l’organisation de pools de journalistes. Les pools visent (je réexplique) à mettre l’information donnée en conférence de presse (au-delà du streaming que tout le monde peut visionner) à disposition des journalistes qui ne peuvent, pour des raisons de place ou de sécurité, être présents. Les pools sont fréquents dans des lieux comme les Cours d’Assises par exemple. Le principe du pool est la rotation. Il y a 5.000 journalistes professionnels en Belgique. Ils sont soit salariés soit free-lances, pour de grands ou petits médias, mainstream ou non. Ils sont titulaires d’une carte de presse. Il n’y a pas de « droit » individuel à faire partie des pools. Ni pour vous, ni pour quelqu’un d’autre. L’autorité publique doit veiller à l’accès à l’information (diffusion publique) et à la possibilité de poser des questions (présence de journalistes). Ensuite, le travail journalistique commence. L’investigation ne se mène pas en conférence de presse, tous les professionnels vous le diront et vous le savez également.
Quant à votre comportement vis-à-vis d’autres journalistes : le Conseil de direction de l’AJP a été informé de votre attitude à l’extérieur du CNS de vendredi dernier. Vous avez volontairement gêné des journalistes dans leur travail de prise d’interview au moment de la sortie des ministres. Le Conseil tient à vous rappeler les règles de confraternité qui régissent la profession et qui impliquent de respecter le travail des autres journalistes[note], quoi que vous en pensiez par ailleurs. Nous vous remercions d’y veiller à l’avenir.
Enfin, si, comme vous l’écrivez, vous pensez faire l’objet de « diffamation »» dans les « médias de masse », ou que votre liberté d’expression et le droit de la presse sont « bafoués », il faut sérieusement constituer un dossier (avec preuves à l’appui). Le service juridique de l’AJP examine les demandes de ses membres dès lors qu’elles sont étayées.
Recevez, Monsieur Penasse, l’assurance de notre parfaite considération ».
« L’investigation ne se mène pas en conférence de presse, tous les professionnels vous le diront et vous le savez également »
Martine Simonis, secrétaire général de l’Association des journalistes professionnels
Le 8 mai, je lui répondais:
« Madame Simonis,
Le 23 avril, je vous disais que vous relayiez sans preuve de graves accusations sur des comportements que j’aurais eus à l’encontre de collègues lors de la conférence de presse du 15 avril. Outre que de ne pas répondre à mes interrogations dans votre courrier du 29 avril, vous persistez dans une attitude partiale et m’accusez à nouveau, sans aucune preuve, d’une attitude inadéquate que j’aurais eue le vendredi 24 avril. Cette fois-ci, l’inexactitude relative aux faits s’ajoute à l’accusation sans preuves.
Je vous cite : « Quant à votre comportement vis-à-vis d’autres journalistes : le Conseil de direction de l’AJP a été informé de votre attitude à l’extérieur du CNS de vendredi dernier »… Je ne me suis à aucune reprise rendu à l’extérieur du CNS, mais ai été uniquement présent au lieu de la conférence de presse, rue Ducale. Il n’y a donc pas eu de « comportement vis-à-vis d’autres journalistes à l’extérieur du CNS ».
« Vous avez volontairement gêné des journalistes dans leur travail de prise d’interview au moment de la sortie des ministres… » Alors que le ministre Jeholet arrivait à la conférence de presse, j’ai été le premier à l’interviewer. Un confrère de RTL-Tvi s’est alors interposé et placé devant moi pour poser ses questions. Alors que j’étais empêché de poser les miennes, le cameraman de RTL a frappé sur ma caméra délibérément, dans l’intention manifeste de m’empêcher de continuer à filmer. Nous avons toutes les preuves en images et ne manquerons pas de les utiliser pour notre défense.
« …Le Conseil tient à vous rappeler les règles de confraternité qui régissent la profession et qui impliquent de respecter le travail des autres journalistes, quoi que vous en pensiez par ailleurs. Nous vous remercions d’y veiller à l’avenir ». Vous devez connaître, Madame Simonis, la présomption d’innocence ? Comment expliquer que vous accordiez plus de crédibilité à certains médias ? Je rappelle : vous m’accusez une première fois sans preuve, par rapport à la journée du 15 avril, tout en ne répondant pas à mes questions contenues dans mon courrier du 23 avril[note]. Au lieu de cela, vous portez à nouveau des accusations relatives à mon attitude supposée le 24 avril, sans nullement me consulter ou chercher à savoir ce qu’il s’est passé. Vous me demandez de veiller à respecter le travail des autres journalistes comme si leur parole avait valeur de vérité. N’y a-t-il pas enquête à faire avant de condamner des actes pour lesquelles vous n’avez aucune preuve ?
« …respecter le travail des autres journalistes, quoi que vous en pensiez par ailleurs ». « Quoi que j’en pense par ailleurs » ?… Que voulez-vous dire par là ? N’est-ce pas là un procès d’intention ?
Je vous joins un passage de la vidéo qui vous permettra de juger par vous-même. Vous y verrez notamment que mes collègues de RTL ne respectent pas les règles de confraternité. Avez-vous pareillement admonesté ceux-ci ? Je vous invite donc à regarder cette vidéo, à partir du début, et particulièrement la seconde 59[note] où le cameraman de RTL tente de faire tomber ma caméra. Je vous signale en même temps que j’ai approché le ministre Jeholet avant l’équipe de RTL, mais que cette dernière est passée devant moi. D’autres images en cours de séquençage vous prouveront par ailleurs le manque criant de solidarité de la part de mes confrères journalistes, contrairement donc à ce que stipulait le porte-parole de Sophie Wilmès, Steve Detry, avant la conférence de presse du 24 avril, me recommandant de demander à d’autres journalistes qu’ils posent mes questions.
Pendant des heures, je suis resté devant l’entrée de la rue Ducale, ai approché plusieurs confrères. Tous ont refusé de poser mes questions, certains arguant même qu’ils n’allaient pas assister à la conférence de presse, alors qu’ils s’y rendirent pour la plupart.
Pour revenir au début de votre mail, vous évoquez qu’il n’y a aucun droit pour un journaliste d’être dans les pools. Représentant un seul média, Kairos, à l’instar des journalistes de RTL quireprésentent un seul média, RTL, pouvez-vous m’assurer que notre média n’a pas le droit d’être représenté à la conférence de presse, et sur quelle règle relative au droit des médias, ce refus s’impose ? Étant par ailleurs le seul journaliste de Kairos avec une carte de presse, je suis le seul à pouvoir entrer. Ma question est donc : chaque média a-t-il le droit d’être représenté lors d’une conférence de presse ?
Nous préparons un dossier de plainte en bonne et due forme.
Cordialement,
Alexandre Penasse
« Représentant un seul média, Kairos, à l’instar des journalistes de RTL quireprésentent un seul média, RTL, pouvez-vous m’assurer que notre média n’a pas le droit d’être représenté à la conférence de presse, et sur quelle règle relative au droit des médias, ce refus s’impose ? »
Courrier à l’AJP
L’intervention de l’avocate
Suite au courrier de Steve Detry m’interdisant l’accès à la conférence de presse du 24 avril, une avocate mettra en demeure le cabinet de fournir dans les 24h00 :
« – l’adresse et l’horaire de la conférence de presse à venir ;
– la confirmation de votre accord sur la participation de mon client à la prochaine conférence ;
sans quoi, je serai mandatée pour entreprendre d’autres actions (judiciaires et en référé au besoin), à moins que vous ne puissiez justifier votre position de manière plus circonstanciée, et ce, sur une base légale, produite sans équivoque ? »
L’avocate ne recevra aucune réponse à cette mise en demeure. Depuis la réponse de Steve Detry du 20 avril, alors qu’il était déjà impossible de le joindre lui ou ses collègues par téléphone, nous n’aurons plus aucune réponse de la part du service de presse du cabinet de la Première ministre.
Le 29 avril, 12h42, j’enverrai un courrier au service de communication de la ministre :
« Ce courrier pour faire part que:
– N’ayant pas répondu à la mise en demeure de mon avocate, nous ayant interdit l’entrée à la conférence de presse ce 24 avril, sous prétexte que nous devions nous organiser par pool, « obligation » nécessaire afin notamment de respecter la distanciation sociale et la rotation des journalistes dans la salle de conférence de presse, distanciation sociale qui d’ailleurs n’a jamais été respectée par les ministres lors de toutes les conférences de presse.
– L' »obligation » de se regrouper en pool ne relève que d’un protocole arbitraire édicté par les services de la Première ministre, soi-disant mis en place par votre ministère pour garantir la liberté de presse et assurer une rotation démocratique des médias.
– Du fait qu’aucune obligation légale ne stipule que d’autres confrères seraient dans l’obligation de prendre en charge nos questions et de les relayer, n’offrant dès lors aucune garantie que cela se fasse effectivement, ces dernières laissées à leur seul bon vouloir, les journalistes « accrédités » ont refusé de relayer nos questions[note] comme vous le supposiez (sous le prétexte fallacieux qu’ils n’assistaient pas à la conférence de presse, à laquelle ils ont tous finalement assisté, ou que cela ne les regardait pas); nous vous transmettons donc celles-ci (comme vous l’aviez stipulé dans votre courrier précédent), qui auraient dû être posées lors de la conférence de presse, particulièrement à Madame Sophie Wilmès. Ces questions ont toutefois toute leur pertinence dès lors que l’ensemble des citoyens belges entendent les réponses qui y sont apportées, et non pas pour que nous seuls recevions « en privé » ces dernières. Soumettre celles-ci à la ministre et son équipe a posteriori ne pallie pas la perte que représente leur non-médiatisation du 24 avril;
– Étant donné tous les points précédents, notre média, Kairos, aurait dû être présent, même en cas de pool, et notre stagiaire journaliste (qui dispose d’une carte de presse) aurait dû pouvoir assister à la conférence de presse. N’êtes-vous pas censés garantir la liberté de la presse?
Par la présente, nous vous informons que nous serons présents lors de la prochaine conférence de presse. Veuillez dès lors nous tenir informés du lieu et de la date de celle-ci.
Cordialement,
Alexandre Penasse »
Devant leur silence, le 4 mai, l’avocate envoyait une mise en demeure ultime qui « à défaut de réponse convaincante, confirmait être mandatée pour intenter une action en référé (avec demande de dommages et intérêts de l’ordre de 100.000€) si cette situation devait perdurer ». La mise en demeure portait sur :
« – l’adresse et l’horaire de la conférence de presse à venir,
– la confirmation de votre accord sur la participation d’un journaliste du média Kairos lors la prochaine conférence, et idéalement l’inscription de mon client sur votre liste. Pour rappel, M. Penasse est gravement préjudicié par certaines mesures expressément prises à son égard. »
Le 5 mai, Steve Detry répondait :
« Madame,
Les informations concernant l’organisation des conférences de presse sont connues depuis le départ par votre client.
La prudence vis-à-vis de la situation sanitaire en Belgique nous obligent à prendre des mesures afin de limiter les risques de contamination au sein de la salle de conférence de presse du Seize, Rue de la Loi. Il aurait été possible de procéder à une méthode similaire à la conférence de presse biquotidienne du Centre de Crise (questions par voie numérique) ou prendre exemple sur d’autres pays européens qui restreignent l’accès de la salle à un voire deux journalistes (se faisant donc « porte-parole » de l’ensemble de la profession). Ce que nous avons refusé jusqu’ici par souci de transparence. Cela démontre bien notre attachement à la liberté de la presse également.
Au vu de sa superficie et du nombre de places disponibles dans le public (75), nous avons prévu un accès limité à vingt personnes (1-2-1×5) afin qu’il soit possible et « facile » de respecter les distances, sachant que nous devons aussi compter les équipes techniques sur place.
Cinq places sont prévues pour les collaborateurs des Ministres-présidents.
Le reste est donc prévu pour la presse, selon une clé de répartition agences – audiovisuel – presse écrite ; sur la base d’un fonctionnement de « pool ». Ce système permet à chacun d’avoir une chance d’accéder à la conférence de presse. Nous gardons bien entendu une place pour les demandes en provenance des médias qui bénéficient de moins de moyens et de moins d’audience que les grands acteurs médiatiques du paysage belge. Cette place, votre client en a bénéficié le 15 avril. Le 24 avril, Le Ligueur l’a occupée. Pour cette conférence-ci, nous l’attribuons à DaarDaar[note].
Cette manière de procéder est validée et soutenue par l’ensemble des participants et l’union professionnelle des journalistes.
Par ailleurs, je tiens à signaler que l’accès à l’information est totale : la conférence de presse est rediffusée en direct sur internet, sans montage.
Votre client est libre de faire poser sa question par un confrère ou, même, de nous l’envoyer par e-mail pour que nous y répondions. Je constate qu’aucune question ne nous a jamais été adressée avant ou après une conférence de presse (sic).
Salutations distinguées, »
« La prudence vis-à-vis de la situation sanitaire en Belgique nous obligent à prendre des mesures afin de limiter les risques de contamination au sein de la salle de conférence de presse du Seize, Rue de la Loi »
Réponse du service de communication de la Première ministre
L’avocate répondait le 6 mai :
« Mesdames, Messieurs,
Je fais suite à votre missive d’hier, pour laquelle je vous remercie.
Tout d’abord, il est inadéquat de prétendre que mon client était au courant des règles concernant l’organisation de vos conférences (fonctionnement en pool) dans la mesure où la situation est inédite, en sus d’être relativement confuse.
Je pense que Mr Penasse n’a pas fait appel à un conseil par pur plaisir et je vous ai moi-même interpellé en date du 22 avril pour obtenir quelques éclaircissements, de manière vaine.
Quelques éléments de réponse me sont enfin apportés après deux semaines d’attente.
Ceci étant, il me semble, d’une part, inapproprié de considérer que vos pratiques sont validées et soutenues par l’ensemble des participants sans quoi je ne me serais pas permise de vous mettre en demeure à deux reprises.
D’autre part, je constate également que certains de vos critères de sélection semblent discriminatoires puisqu’à titre d’exemple, le média LN24 a été représenté par le même journaliste lors des deux dernières conférences (il en va de même pour d’autres journalistes !).
Sur quelques acteurs autorisés, je remarque aussi que plusieurs photographes ont accès à la conférence, ce qui m’interroge sur vos ordres de priorités, ainsi que votre réel attachement à la liberté de presse, eu égard aux circonstances.
Je m’étonne, par ailleurs, de votre choix quant au « bunker » alors que d’autres lieux, plus accessibles, auraient sans doute pu être privilégiés.
Vu votre souci de transparence, j’aimerais disposer de vos listes pour pouvoir m’assurer du bien fondé de votre argumentation, d’autant plus que les confrères de Daardaar ne seront pas en mesure de relayer la question de Kairos car selon leurs dires, ils ne seront pas présents tout à l’heure… Afin de ne pas tergiverser davantage, je vous rappelle que mon client vous a adressé les questions suivantes par email en date du 29 avril :
– « Vous dites souvent que les citoyens devront se serrer la ceinture et qu’il va falloir faire des efforts, or il existe des alternatives aux politiques d’austérité imposées aux populations. Il est notamment possible de suspendre le remboursement de la dette en utilisant l’argument d’état de nécessité. Allez-vous mettre en place cette solution ? »
– « Comptez-vous mettre des moyens humains et techniques pour stopper l’évasion fiscale ? Car empêcher la fuite fiscale permettrait de ramener l’argent des paradis fiscaux et, notamment, de réinvestir dans le secteur de la santé ? ».
Il est donc tout à fait faux de prétendre que le média Kairos ne vous aurait jamais adressé de questions et par conséquent, je vous saurai gré de les mettre à l’ordre de ce jour, afin de joindre la parole aux actes.
(…) ».
Le 6 mai, j’envoyais ce mail à Steve Detry, puisqu’il nous invitait à remettre nos questions à la ministre :
« Monsieur Detry,
suite à vos invitations reprises dans différents mails, dans lesquels vous nous proposiez de vous transmettre les questions que nous ne pourrons pas poser nous-mêmes lors de cette conférence de presse du 6 mai, et que d’autres journalistes présents refusent de poser pour nous, nous nous sommes exécutés et attendons les réponses de la ministre, outre les deux questions qu’on vous a déjà envoyées le 29 avril et auxquelles vous n’avez donné aucune suite:
– Comment le gouvernement justifie-t-il la disponibilité soudaine de masques, alors que les soignants en ont manqué pendant si longtemps ?
– Pourquoi le gouvernement ne réglemente-t-il pas le prix de vente de ces masques, comme cela se fait dans d’autres pays ?
– Que fera l’État belge avec l’argent récolté lors des infractions aux règles de confinement? Sera-t-il versé à des associations, servira-t-il à l’achat de matériel sanitaire ? Servira-t-il à combler le manque de matériel dans les hôpitaux ? Ou sera-t-il destiné à d’autres fins n’ayant rien à voir avec la situation de crise sanitaire actuelle ?
– Est-il opportun de maintenir l‘achat de F35 ? »
Sans aucune réponse, le 11 mai, l’avocate envoyait :
« Mesdames, Messieurs,
Je vous reviens afin de faire suite à mon courriel du 6 mai, demeurant à nouveau sans réponse.
La prochaine conférence de presse devrait avoir lieu ce mercredi 13 mai et mon client aimerait savoir ce qu’il en est de sa prochaine inscription ?
Ci-joint, vous trouverez par ailleurs une publication fortement interpellante pour ce qui le concerne… Diffusion d’un média mainstream qui est proprement scandaleuse[note]. Dans la mesure où certains confrères ont eu accès à la conférence, sans tournante (!), et que les confrères de DaarDaar ne se seraient pas rendus à la précédente conférence comme indiqué, je vous saurai gré de me confirmer une prochaine date qui permettra à mon client de pouvoir à nouveau jouir de ses droits.
A défaut, merci de m’indiquer quel petit média aurait le privilège de figurer sur votre sélection cette semaine et surtout de m’assurer qu’à défaut d’inscription sur la liste, la question du média Kairos puisse cette fois être posée lors de la prochaine conférence. »
Nous avons, à ce jour, plus aucune réponse du service de communication de Sophie Wilmès. La supposée solidarité de nos collègues journalistes, défendue tant par Steve Detry que par l’AJP, n’a jamais été constatée. Leur fameux pools ont vu défiler les mêmes rédactions et aucune question sur concernant la légitimité du pouvoir en place, de ses décisions, ses conflits d’intérêts patents et de l’impact de toutes ces réalités sur les décisions liberticides qui sont prises par un État soi-disant agissant pour notre bien ».
« Nous n’avons, à ce jour, plus aucune réponse du service de communication de Sophie Wilmès. La supposée solidarité de nos collègues journalistes, défendue tant par Steve Detry que par l’AJP, n’a jamais été constatée. Leurs fameux pools ont vu défiler les mêmes rédactions et aucune question sur concernant la légitimité du pouvoir en place, de ses décisions, ses conflits d’intérêts patents et de l’impact de toutes ces réalités sur les décisions liberticides qui sont prises par un État soi-disant agissant pour notre bien »
Courrier de l’avocate d’Alexandre Penasse au gouvernement
Penasse c. État belge
Le 22 juin, en réponse au dépôt d’une plainte de l’avocate devant l’AJP pour atteinte à la liberté de la presse, le Conseil de direction de l’AJP[note] nous répondait, que « l’AJP n’a pas pour vocation, ni pour objet social, d’arbitrer les querelles entre journalistes ». Il ajoutait que « plus généralement, il nous semble que la population belge en souffre d’aucun déficit démocratique dans la mesure où ses conférences de presse suivant les CNS sont retransmises intégralement et accessibles à qui veut, y compris votre client. Libre à vous de juger que le silence apporté aux demandes de votre client d’assister à nouveau à une conférence de presse suivant le CNS constitue un « traitement dégradant« , mais nous ne le pensons pas ».
« Vous êtes libres de juger, penser… », mais ils sont libres de nous empêcher de poser nos questions en direct… L’AJP ne prend pas parti, mais l’AJP prend parti lorsqu’il m’accuse d’avoir eu un comportement inapproprié vis-à-vis d’autres journalistes… « La liberté c’est l’oppression », « la guerre c’est la paix ». Nous vivons eux et nous dans d’autres mondes, alors qu’ils sont persuadés qu’en raison d’une retranscription intégrale des conférences de presse à la télévision et sur internet, nous vivons en démocratie. Que ma question du 15 avril ait gêné ? Ils n’en parleront pas.
Il ne fallait donc rien attendre de l’AJP dans cette affaire. Devant les prétextes, subterfuges, langues de bois, inventions de toutes sortes du gouvernement pour ne pas évoquer l’essentiel, à savoir que les médias de masse forment un système avec le pouvoir politique permettant de ne jamais saisir les problèmes à leur racine, nous allions tenter le recours en justice.
Alors que l’État via son avocat ne répondait pas aux demandes insistantes que je puisse assister à une conférence de presse et que le gouvernement inventait toutes sortes de règles malléables et opaques pour justifier leur refus, ma dernière tentative le 27 juillet, 3 mois après celle du 25 avril, allait leur donner le prétexte qu’ils recherchaient. À peine quelques heures après avoir montré à ceux qui nous suivaient sur notre site et les réseaux sociaux, le refus[note] répété de me laisser entrer à la conférence de presse, les avocats de l’État belge envoyaient :
« Je suis contrainte de vous adresser le présent mail qui est officiel. Votre client, M. Alexandre Penasse, se trouvait en cette fin de matinée sur le trottoir du 4, rue Ducale à 1000 Bruxelles, i.e. devant le SPF Chancellerie du Premier ministre, en présence d’autres journalistes (…) Vers 12h15, M. Penasse a profité de la sortie d’un membre du personnel pour pénétrer subrepticement dans le bâtiment, alors qu’il n’avait été ni annoncé ni invité. Cette intrusion est intervenue au mépris des règles de sécurité, lesquelles sont applicables à tout visiteur, en ce compris les journalistes, et que tous respectent (sauf votre client, manifestement). M. Penasse s’est cependant retrouvé coincé dans le sas d’entrée, en sorte qu’il n’a pas pu poursuivre dans ses intentions. Il a été invité à quitter les lieux immédiatement, d’autant plus que l’heure de la conférence de presse n’était à ce moment pas encore connue et qu’il pourra la suivre en streaming ».
Ils en concluent que « l’État belge ne souhaite pas que M. Penasse assiste aux conférences de presse faisant suite aux réunions du Conseil National de Sécurité. En effet, le comportement dont a récemment fait preuve M. Penasse confirme que, à tout le moins à titre temporaire, l’accès à ces conférences de presse ne peut lui être consenti ». Ils ajoutent, que « malgré les affiches à l’entrée indiquant que, pour des raisons de sécurité, il est interdit de filmer, M. Penasse a filmé son comportement et l’a diffusé en live sur le Facebook de Kairos (…) Ce comportement, inadmissible, ne témoigne aucunement d’un journalisme responsable et confirme que la présence de M. Penasse lors d’une conférence de presse risquerait de gravement perturber le bon déroulement de celle-ci. Une conférence de presse n’est pas un lieu d’investigation, même si des questions peuvent y être posées ». La suite ressemble à copié-collé du discours de l’AJP cité ci-dessus : le nombre de participants est limité en raison des mesures sanitaires ; d’autres journalistes ont auparavant été importunés par ma présence ; dans le cadre du système de pool, je peux demander à des collègues de relayer mes questions, mais « l’État n’est cependant pas responsable des refus qui seraient opposés à M. Penasse »[note].
Dans la suite du courrier, l’État belge s’engage à répondre aux questions que j’ai posées précédemment ainsi qu’aux nouvelles questions. On peut donc poser des questions loin des caméras, et l’État prendre le temps de répondre ce qu’il veut. Imaginez la différence : ma question du 15 avril devant des centaines de milliers de personnes en direct ou cette même question par mail ? Ils ont bien compris ce qui constituait un risque pour eux…
Nos questions, qui ne seront pas entendues…
Voici certaines questions que nous aurions pu poser à la dernière conférence, et que nous sommes contraints d’envoyer par mail au service de presse de la ministre :
– Lors d’une conférence de presse tenue début août, le décès tragique d’une fille de 3 ans a été évoqué en l’attribuant au Covid. Son père a témoigné dans la presse, expliquant que le 16 juillet, sa fille « avait été placée en soins intensifs où l’infection au Covid-19 a ensuite été diagnostiquée. Les tests de dépistage se sont également révélés positifs pour les parents. « C’est le coronavirus qui l’a accompagnée, mais pas le coronavirus qui l’a tuée. Il ne faut pas effrayer le monde pour rien. C’est beaucoup de show tout ça« , regrette-t-il ». Ce type de communication qui a des effets politiques, à savoir le durcissement des mesures, mais aussi génère angoisse et inquiétude chez des parents et grands-parents, alors que la rentrée des classes approche, est selon nous la preuve d’un amateurisme, ou d’une volonté d’instiller la peur. Comment le gouvernement collecte-t-il ces informations relatives au Covid et les vérifie-t-il ?
Imaginez la différence : ma question du 15 avril devant des centaines de milliers de personnes en direct ou cette même question par mail ? Ils ont bien compris ce qui constituait un risque pour eux…
– Pouvez-vous nous parler des tractations du gouvernement avec les multinationales pharmaceutiques, notamment GSK ? Quel est l’état de votre collaboration actuelle avec cette dernière ? Sachant notamment que Pascal Lizin est à la fois Président de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et directeur chez GSK comme principal responsable du lobbying. C’est également la SFP I qui a mis Vesalius Biocapital, où travaillait Philippe De Backer, dans ses « priorités stratégiques ».
– Depuis le début du coronavirus en Belgique, plus rien ne se dit et plus rien n’est fait par rapport au risque majeur et bien plus grand qu’une épidémie et qui concerne le changement climatique et les dangers majeurs pour l’humanité qui lui sont associés. Or, alors que le Covid-19 aurait permis de repenser entièrement notre modèle de société, vous vous empressez en phase de « déconfinement », de soutenir financièrement Brussel Airlines, laquelle participe à la destruction de notre écosystème ; rien n’est fait pour juguler la pollution atmosphérique, dont l’automobile est largement responsable. Dans le monde, ce sont 7 millions de personnes qui meurent chaque année d’une mauvaise qualité de l’air ; en Belgique, ce sont plus de 10.000 personnes qui meurent prématurément à cause de la pollution de l’air. Comptez-vous pérenniser cette politique de croissance, qui nous a conduits où nous en sommes, et dont le Covid-19 est également la résultante ?
– Pourriez-vous nous détailler les chiffres parmi les personnes testées positives : quelles sont celles qui sont asymptomatiques, celles qui nécessitent de se soigner, mais peuvent rester à la maison, et celles qui nécessitent une hospitalisation ?
– Jamais en plus de 5 mois vous n’avez évoqué précisément et à plusieurs reprises le fait que la mortalité attribuée au Covid touchait en fait des personnes en état de comorbidité (obésité, diabète, troubles cardio-vasculaires) ou des personnes très âgées. Vous n’avez pas non plus tenu compte des remèdes éventuels et des pratiques qui pouvaient, à moindre prix, augmenter l’immunité. Alors que les conflits d’intérêts des groupes d’experts et de membres du gouvernement, que vous nommez sans honte privacy, sont patents, nous pouvons légitimement nous demander ce qui dicte les choix du gouvernement : l’argent ou le bien commun. Au vu de vos décisions antérieures, notamment comme ministre du Budget, mais aussi comme membre d’un parti, le MR, qui a toujours œuvré en faveur des plus riches (cf. notamment les « intérêts notionnels » mis en place par Didier Reynders), vous reconnaîtrez que le doute est permis. Pouvez-vous nous assurer qu’aucun groupe privé ne tire profit du Covid-19 et des décisions qui sont prises par votre gouvernement ?
– Lors de la conférence de presse du 27 juillet, Elio Di Rupo, que j’ai interpellé, ne semblait pas être au courant qu’un seul homme soit derrière les mesures de traçage, un certain Frank Robben. Pourriez-vous nous en dire plus ?
– Les professionnels de la santé mentale indiquent que de nombreuses personnes les consultent pour des troubles liés à la situation présente, dont la dépression, la perte de sens, les idées suicidaires… font largement partie. Mettez-vous en balance les dégâts collatéraux de vos mesures avec leurs bénéfices quand vous les décidez, dans une sorte de calcul coût/bénéfice pour la population ? Avez-vous des chiffres des effets sociaux/individuels de vos décisions ?
– Pensez-vous qu’il soit possible d’éviter totalement les contaminations au covid-19 ? Dans ce domaine, le risque zéro n’existe pas, pourtant on a l’impression que c’est ce que vous voulez tendre à faire croire. Quid de l’immunité collective, qui sera essentielle selon certains virologues pour réduire les contaminations si un retour du virus a lieu de façon saisonnière, immunité collective dont vous ne prenez nullement compte ?
– La Suède qui a pris des mesures tout à fait différentes de celles de la Belgique, refusant le confinement généralisé, et montre des résultats qui ne sont pas alarmants, alors que certains leur promettaient des dizaines de milliers de morts. Quelles conséquences en tirez-vous ?
– Comment expliquez-vous qu’au moment le plus crucial de l’épidémie, un seul laboratoire a été désigné pour tout le territoire ? Cela a totalement déterminé le nombre de tests et les critères pour les réaliser.
– Pouvez-vous nous confirmer à cette date, alors que vous durcissez les mesures, notamment à Bruxelles avec l’imposition du masque dans tous les lieux publics, que le taux de létalité dû au Covid ne fait que diminuer ?
– Il n’y a aucune base scientifique à imposer le port du masque partout. Sur quels critères vous appuyez-vous dès lors ?
Sortant du chapeau leurs « pools » pour justifier auparavant leur refus que j’assiste à une conférence de presse, mon « comportement inapproprié » qui « risque de gravement perturber le déroulement de celle-ci » désormais, aucun débat n’aura lieu. C’est sûr, ce n’est pas du tout le fond de mes questions qui les dérange et met à mal leur travail de représentation…
Combien de temps pourrons-nous encore supporter cela ?
La police de la pensée veille rue Ducale… Photo: AP
Quand La Libre fait un article dithyrambique de 4 pages sur Sophie Wilmès, le site officiel de la première ministre le met en première page[note]. On ne vous avait pas dit que les médias de masse étaient le service de presse du gouvernement, les lèche-bottes du pouvoir?
Celui qui signe l’éloge à Sophie, Francis Van de Woestyne, ancien rédacteur en chef de La Libre, écrivait dans un éditorial (6 janvier 2014) suite à la visite bruxelloise organisée par les syndicats pour montrer les lieux où résident les grosses fortunes fiscalement protégées : « À la veille du week-end, les responsables syndicaux ont réalisé un “safari” dans Bruxelles, un minitrip destiné à pointer du doigt les “espèces fiscales protégées” de Bruxelles. Amusant ? Plutôt navrant… (…) La stigmatisation systématique des “riches”, telle que la pratiquent les syndicats, est déplorable. Alors quoi, il suffit d’être pauvre pour être honnête… ? Un pays a besoin de riches. Pour investir, pour prendre des risques. Le système devrait d’ailleurs faire en sorte que les grosses fortunes, et les autres, trouvent un intérêt à placer leur argent dans l’économie réelle du pays plutôt qu’à chercher des rendements élevés ailleurs. Ce ne sont pas les riches qui sont responsables de la crise, mais bien ces apprentis sorciers qui ont profité des failles d’un système pour le faire déraper[note]».
Sophie Wilmès, issue de la classe que Van de Woestyne défend, sait bien à quel journaliste elle peut et doit parler.
Vous comprenez donc qu’on n’est plus invité aux conférences de presse.
Le masque : belle occasion de nous disputer, nous diviser, et laisser encore plus le champ libre au pouvoir des experts et des États. Car pendant que certains parlent santé, d’autres réfléchissent politique. Au fond, est-ce si incompatible ?
Il serait facile de commencer cet article par la belle « inversion du génitif » qui a tant plus à Marx et Engels : de la philosophie de la misère à la misère de la philosophie, et ainsi de suite, jusqu’aux situationnistes qui en ont usé à satiété. Cependant, si la politique du masque est bel et bien une manière de masquer la politique, ce n’est pas n’importe quelle politique que masque le masque, mais une politique précise. Dévoiler ce qui, selon nous, porte le masque et qui se dissimule derrière ne peut avoir pour première conséquence que de nous séparer de quelques camarades qui porteront, ou pas, le masque, et auront, sur le masque encore et toujours, une position pratique différente de la nôtre.
Tel est le premier succès de la politique du masque : loin d’être d’abord une barrière sanitaire, elle est avant tout un sujet de discussion, et même mieux (pour le pouvoir) : de disputes. Et de ces disputes, dans le climat de chaos et d’incohérences et de peurs qui est celui de cette année 2020 – et qui a toutes les probabilités de s’intensifier encore dans l’avenir puisque voilà au moins un demi-siècle que la peur constitue le fondement de la politique –, de ces disputes, donc, il est fort probable qu’apparaîtront des discordances telles qu’elles s’amplifieront jusqu’aux divisions voire au schisme.
Là est le coup de maître : si certains pensent que la politique sanitaire de distanciation sociale est si cruciale qu’elle doive transcender les divisions entre nous pour reconstituer en quelque sorte une espèce humaine luttant tout de concert pour sa propre préservation, et cela même si le prix à payer s’appelle précisément distanciation sociale – et en réalité rupture de nombre de liens sociaux –, alors nous pouvons sans grand risque prophétiser que ceux qui penseront « à la marge » et ne croiront pas aux vertus du masque comme outil de recomposition de l’humanité vont se retrouver encore plus à la marge : stigmatisés comme ennemis. Non pas des ennemis de classe, car il y a belle lurette que la recomposition de la classe (prolétarienne) a été abandonnée par ses chantres mêmes. Les stigmatisés-marginaux seront désignés simplement comme des ennemis du genre humain. Voire de la vie.
Dans la politique du masque, nous voyons surtout le masque d’une certaine politique, celle qui brandit la peur sanitaire, qui crée de la peur par l’incohérence, donc une véritable politique de la peur. C’est bien entendu la peur sanitaire qui justifie les mesures, mais il est facile de montrer que la politique sanitaire est elle-même incohérente. Nous portons un masque, et nous devons le porter dans certains lieux clos, mais certains lieux clos sont plus sujets à l’échange de virus que d’autres. Les trains, par exemple, regroupent en général des voyageurs qui partagent un trajet ou une portion de trajet, mais avant d’arriver à la gare de départ ? et après être sortis de la gare d’arrivée ? Ces voyageurs peuvent être porteurs de virus venus de loin, ou emporter avec eux, à leur descente du train, des virus contractés dans le train, bien loin de leur lieu d’origine. Pourtant, et pour limiter le gouffre commercial des chemins de fer en 2020, les voyageurs ne sont pas soumis, dans les trains, à des mesures de distanciation sociale aussi rigoureuses que dans d’autres endroits pourtant parfois moins clos. Chacun pourra compléter à loisir la liste des incohérences, et éventuellement se satisfaire d’une banalité de base : même si le masque ne sert pas beaucoup, ce n’est jamais une raison pour ne pas tout mettre en œuvre là où nous le pouvons dans le but d’éviter de propager l’épidémie. Certes, mais c’est là qu’entre en jeu le fond du fond de la politique du masque : elle ne vise qu’à augmenter encore le niveau de peur, à un moment où l’épidémie elle-même semble marquer le pas, du moins en Europe. Ce n’est pas le masque en soi qui augmente le niveau de peur, puisqu’à l’inverse il tranquilliserait certaines personnes ; ce qui fait peur est de voir, tout autour de nous, toutes ces personnes masquées, alors que notre imaginaire, et même notre simple condition d’êtres vivants, nous invite depuis l’éternité à ne pas nous masquer. Si le carnaval nous offre cette possibilité, c’est précisément parce que le carnaval est un renversement de l’ordre habituel des normes. Serait-ce que les normes de notre société sont donc renversées ? Surtout pas : le pouvoir des experts reste bel et bien fort, et celui des États ne vacille pas…
Mais si le masque est d’abord le masque d’une politique, l’interrogation est forcément : le masque a-t-il été imposé pour des raisons sanitaires, ou pour augmenter le niveau de peur ? La seconde option sera forcément qualifiée de « complotiste », un terme dont le succès ne se dément plus depuis le 11 septembre 2001. De nouveau, la division s’annonce entre nous, qui sommes à des degrés divers des opposants à la politique de la peur – à défaut, précisément, de l’être toutes et tous à la politique du masque. Pour nous dégager de cette sorte de piège sémantique et politique, proposons un autre point de vue.
Parmi les partisans de première ligne du masque, certains sont mus par de simples considération sanitaires, d’autres par la banale idée que mieux vaut prendre toutes les précautions quel qu’en soit le coût sur le plan des libertés ; quelques autres enfin, réellement cyniques, tentent de se maintenir au pouvoir par l’augmentation de la peur. Notons tout d’abord que, dans ce dernier carré, peuvent se trouver aussi bien des politiques que des scientifiques, sans oublier bien entendu les trusts pharmaceutiques qui ont de toute façon tout à gagner eux aussi à cette pandémie. Mais le plus important est que, finalement, le port obligatoire du masque réunit ces trois grandes catégories de personnes, toutes favorables au masque, et qu’il est ainsi, quoi que nous pensions par ailleurs de son utilité sanitaire, un bon outil pour élargir la politique du profilage, du contrôle des populations. Et il importe peu, il n’importe même pas du tout de savoir si ceux qui prennent les décisions en dernière instance le font par souci sanitaire, par volonté de se couvrir a priori ou par cynisme politique intégral. Le résultat est là : la fin justifie les moyens.
En l’occurrence, nous estimons qu’aucune fin ne saurait justifier des moyens abjects, mais c’est un fait, incontestable, qu’« en face », ce genre de questionnement n’existe pas. C’est donc que nous ne luttons pas exactement sur le même terrain, et pas du tout avec les mêmes armes.
Comment, donc, contrer la politique de contrôle que le masque incarne ? Nous pourrions nous « surmasquer », et porter par exemple, par-dessus le masque réglementaire, celui des Anonymous, de Guy Fawkes (« V pour Vendetta »). La réponse semble assez cohérente, n’est-ce pas ? Mais cela est strictement interdit, en France tout du moins (il est interdit de se cacher intégralement le visage, dit la loi). Nous pourrions surtout décider que le port du masque étant antihumain, autant développer nos activités humaines, proprement humaines, toutes celles qui n’impliquent pas le respect obligé de l’interdiction.
Et finalement retourner l’interdiction comme un gant : nous refusons l’obligation de porter un masque et nous allons tout mettre en œuvre pour nous passer des « lieux clos » où son port est obligatoire. Ainsi, nous n’irons plus au théâtre mais ferons du théâtre dans la rue ; nous n’irons plus au cinéma mais projetterons des films en plein air. Et puisqu’il faut aller au supermarché pour nous nourrir, autant développer de plus en plus le maraîchage collectif, les vergers collectifs, et ainsi de suite.
Quant au problème beaucoup plus épineux de l’école, pourquoi ne pas créer nos propres écoles ? Car les lois ne l’interdisent absolument pas, et en France par exemple, il existe très peu de contraintes légales pour créer une école.
Bien entendu, ces quelques pistes sont encore très larges, voire floues ou difficiles à mettre en œuvre. Mais l’objet de ce texte plus pratique que théorique était de montrer la cohérence du projet écologique, fondé sur le refus de parvenir, décroissant, lent au sens qu’a acquis ce mot depuis quelques années, marqué par la simplicité volontaire, le « small is beautiful » de Schumacher.
L’État, par l’incohérence de ses décisions, ne disqualifie pas ce pour quoi nous luttons. Et c’est une excellente chose car en dernière analyse, cela est la preuve, simple, que nous avons raison. Comme disait quelqu’un qui n’aurait pas forcément adhéré à ces propos, « l’Histoire nous absoudra ». Magnifique perspective !
Alors que les mesures prises en Belgique rendant obligatoire le port du masque dans de nombreux lieux publics semblent aller de soi pour certains, beaucoup de doutes demeurent quant à leur efficacité réelle. Chez Kairos, nous sommes en contact avec des médecins qui ont des avis contrastant avec la voix officielle. Nous nous faisons le relais de leurs analyses et préoccupations.
La saga des masques nous a occupés tout le printemps et continue de le faire. Tragicomique ou honteuse selon la lecture que chaque citoyen a bien voulu lui donner. Dʼinutile à obligatoire en tous lieux et toutes circonstances, le retournement de veste des politiciens nous est bien connu depuis la chanson de Jacques Dutronc. Lʼinconstance de ceux que lʼon appelle les experts est par contre un phénomène nouveau qui surprend et est évidemment de nature à encourager le politique à varier ses messages au fil du temps et à déstabiliser le citoyen qui, le plus souvent, en revient à suivre son jugement propre ou celui de son voisin de palier. Cette versatilité du monde scientifique est-elle explicable ? Émettre un avis scientifique sur le bénéfice-risque dʼune intervention médicale quʼil sʼagisse dʼun médicament, dʼun dispositif médical ( prothèses, pace-maker, implant, …) ou dʼun geste préventif, nécessite une démarche structurée: désignation dʼexperts, procédure dʼévaluation et avis consensuel. Ces 3 éléments indispensables sont-ils réunis dans le cas du port du masque comme élément de lutte contre le Covid-19?
Procédures et conflits d’intérêts? Circulez, y’a rien à voir!
La Première ministre a constitué son groupe dʼexperts le 6 avril, appelé le GEES (Exit Strategy) sur base dʼune profonde croyance en lʼintelligence collective. Contrairement à ce que lʼon peut penser, il ne sʼagit pas uniquement de scientifiques puisquʼon y retrouve aussi Johnny Thijs, administrateur dʼentreprises comme Electrabel et Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique et reyndersien de longue date. Une composition mixte savamment élaborée pour nuancer les opinions des experts scientifiques. Le site de la Première ministre ne dit par ailleurs rien sur la procédure de désignation de ce groupe ni des conflits dʼintérêts éventuels de ses membres, ce qui ne présage rien de bon en terme de transparence. Une des missions du GEES est de « fournir des analyses et des recommandations ». Ceci implique donc une description des procédures dʼévaluation utilisées comme chaque fois que lʼon effectue ce genre de travail au sein par exemple des sociétés scientifiques ou de la commission de remboursement des médicaments. Là encore le site de la Première est muet.
Venons-en aux masques et aux successives recommandations. Le 28 janvier, le Soir-titre : « le port du masque est inutile et inefficace selon les autorités sanitaires belges ». Marc Van Ranst, futur membre du GEES et Steven Van Gucht, porte-parole du gouvernement expriment que « cela ne sert à rien et est même potentiellement dangereux ». Le 5 avril, soit la veille de la constitution du GEES, la ministre de la santé Maggie De Block communique que « le port du masque nʼa scientifiquement pas de sens ». Dʼautres scientifiques vont progressivement sʼériger en faux contre ses prises de position. Le 24 avril, le GEES émet un rapport stratégique pour le deconfinement. Le port du masque y est fortement recommandé dans lʼespace public dès lʼâge de 12 ans, mais non encore obligatoire. Les bases scientifiques de cette recommandation ne sont pas communiquées. Fin avril, Erika Vlieghe qui préside le GEES, dit dans le Morgen que « le masque est une couche de vernis ». Enfin, le 17 juillet, un nouveau rapport recommande le port du masque même à lʼintérieur lorsque les espaces rassemblent de nombreuses personnes pour un temps prolongé et que la distanciation sociale ne peut être respectée. Ce nouveau rapport nous dit que cela pourrait durer jusquʼaprès lʼhiver, avec lʼarrivée dʼun vaccin.
Il ne semble pas que les opinions soient nécessairement unanimes et fassent lʼobjet dʼun consensus au sein du GEES, ce qui n’a rien dʼétonnant au vu de sa composition. Y a-t-il une assise scientifique à ces changements dʼopinion? Classiquement, depuis des décennies, on s’appuie pour émettre des recommandations scientifiques sur ce que lʼon nomme la médecine basée sur les preuves ( evidence-based médecine). Le niveau dʼévidence le plus élevé qui permet un niveau de recommandation puissant est obtenu par lʼobtention de multiples études de grande qualité méthodologique comparant une option A à une option B et qui permet la recommandation quʼun traitement ou une procédure est bénéfique, utile et efficiente, ce qui signifie quʼelle présente un coût-bénéfice favorable. Le niveau dʼévidence le plus faible est obtenu sur base dʼavis dʼexperts ou de petites études non comparatives.
Quʼen est-il du port du masque généralisé en situation de Covid-19 et quʼest-ce qui justifie le changement de position du GEES ? Le 3 mars, le groupe de recherche Cochrane, pape de la médecine basée sur les preuves, association non lucrative regroupant 28.000 scientifiques dans plus de 100 pays, publie que « si certains gestes comme se laver les mains ou porter des gants ou un masque peuvent peut-être réduire la diffusion de virus respiratoires lʼévidence est très faible ». Une autre étude systématique publiée cette année par Marasinghe de lʼUniversite de Waterloo au Canada conclut également à lʼabsence dʼévidence du bénéfice du port obligatoire du masque. Depuis, seule une publication allemande utilisant un modèle comparant plusieurs régions où le port obligatoire du masque a été instauré va dans une autre direction, mais là encore le niveau dʼévidence est insuffisant.
Que faut-il en conclure ?
1. Il nʼy a pas dʼargument scientifique suffisamment établi aujourdʼhui pour imposer le port du masque à toute la population.
2. Les recommandations édictées vers le public par un groupe dʼexperts doivent se justifier par une évidence scientifique démontrée et forte. Ce nʼest pas le cas en ce qui concerne le GEES.
3. Ces recommandations doivent être transparentes et lʼévidence sur laquelle elles reposent doit être accessible à toutes et tous. En leur absence, les recommandations sont susceptibles de jeter le trouble dans la population induisant des comportements rebelles liés à une forte perte de confiance. Le risque de diffusion accélérée du virus est non négligeable. Le risque est également important de voir des scientifiques ne faisant pas partie du GEES exprimer dans les médias des avis divergents accentuant encore le malaise de la population. Cʼest ce qui se passe aujourdʼhui.
4. Lʼoption stratégique actuelle va totalement à lʼencontre de lʼévolution de la médecine moderne: le concept « One size fits all » est complètement dépassé . Des recommandations différentes doivent être données aux sous- groupes de la société : professionnels de la santé , personnes fragiles, porteurs asymptomatiques et proches de malades infectés.
5. Il faut que les experts fournissent une analyse précise de la balance risque-bénéfice quant au port systématique du masque pour chacun de ces groupes.
6. Les avis émis doivent lʼêtre en concertation avec les pays voisins au vu de lʼaccès facile aux médias de ces pays par les citoyens. Une cacophonie au niveau des recommandations à également un effet extrêmement préjudiciable sur le respect de celles-ci. Cʼest ce que lʼon observe avec la France en particulier.
7. Enfin, on peut sʼétonner quʼaucune étude nʼaie été initiée au niveau européen sur lʼutilité du port du masque au vu de lʼabsence dʼévidence scientifique et du coût particulièrement élevé de cette stratégie. La critique virulente des essais du Professeur Raoult, pour imparfaits quʼils aient été, contraste fortement avec une stratégie basée sur le vide scientifique en ce qui concerne le port du masque. Il est loin dʼêtre acquis quʼune telle étude sorte positive mais au moins on serait fixé. Comme si on considérait déjà que seul un vaccin peut nous sauver tous et quʼil faille entretenir lʼanxiété de la population la plus large afin de garantir la vaccination massive de type carpet bombing, au vu des investissements colossaux auxquels la communauté européenne a largement contribué.