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[CONFÉRENCE] L’unité des praticiens de la santé contre l’Ordre

Réunion / conférence de l’O.U.P.S. avec:

  • Pr Martin Zizi
  • Dr Alain Colignon
  • Jean-Dominique Michel
  • Senta Depuydt
  • Isabelle Duchateau
  • Dr Frédéric Goareguer

Le site internet de l’O.U.P.S. : https://www.ordreuniversel.org/

Hommage au peuple syrien et à son pays qui fut laïc, moderne, et progressiste

Cette fin d’année 2024 est bien funeste. Entre la politique mortifère des faiseurs de guerres « made in USA » et l’effondrement soudain de la Syrie, et de facto du parti laïc Baas dirigé par le président Bachar El Assad, force est de constater que les forces du mal se déchaînent, au mépris comme toujours, de la vie humaine.

Les terroristes qui ont envahi la Syrie démontrent que la coalition Israël-Anglo-Saxonne-UE-Qatar a enclenché la vitesse supérieure afin de continuer à piller le Proche-Orient en toute impunité.

Le Général américain Wesley Clark déclarait en 2007 : « Nous allons éliminer 7 pays en 5 ans : Irak, Libye, Liban, Syrie, la Somalie, le Soudan et enfin l’Iran. » C’est quasiment chose faite. 

Ayant été deux fois en Syrie, je me dois de témoigner ce qu’était ce pays avant qu’il n’implose définitivement le 8 décembre 2024.

La Syrie était un pays laïc où toutes les religions pouvaient co-exister dans un respect mutuel et réciproque. L’Église orthodoxe d’Alep, qui avait été totalement rasé lors des affrontements entre terroristes et l’armée gouvernementale a été complètement reconstruite. La mosquée d’Alep, totalement dynamitée par les islamistes intégristes, était aussi en voie de reconstruction.

La magnifique mosquée des Omeyyades à Damas, construite entre 706 et 715, abrite le tombeau de Jean-Baptiste, (Sidi Yahia pour les musulmans), cousin de Jésus. Cette présence d’un tombeau dans la salle de prière d’une mosquée est un cas pratiquement unique. Les chrétiens du quartier Est viennent s’y recueillir. Nous avons été témoins des prosternations des musulmans, et des signes de croix avec génuflexions des chrétiens au sein de la mosquée.

Qu’il était agréable pour les femmes de ne pas être obligées de porter le Hijab, d’avoir le choix de s’habiller comme elles le voulaient, selon leur bon plaisir. Contrairement aux fausses informations véhiculées dans les « médias de grands chemins », les femmes avaient la même place que les hommes dans la société syrienne. Nous avons pu discuter, mes compagnons et moi, avec des avocates, professeurs, députés et aussi, en 2021, avec la ministre de la Culture à Damas, qui parlait le français couramment.

Qu’il était agréable de se retrouver dans un estaminet du quartier chrétien à Damas, de pouvoir siroter un verre d’Arak avec de nombreux Syriens, puis de repasser dans le secteur musulman et de flâner dans le souk al-Hamidiya très animé de Damas.

Qu’il était agréable d’aller visiter, rue droite à Damas, la Maison de Saint Ananie où Paul de Tarse, – qui deviendra Saint-Paul –, a été baptisé. 

Qu’il était agréable d’admirer les étoffes de soie, les brocarts tramés d’or, les magnifiques objets « damasquinés », d’être émerveillé par les piles impressionnantes de fruits confits entiers d’abricot, de poires, et de mandarines et de s’écraser ensuite dans la salle du glacier Bakdash afin d’y déguster une gourmandise à la vanille saupoudrée d’amandes. (Victime de l’embargo, les propriétaires du glacier ont été obligés d’utiliser du lait en poudre à la place du précieux liquide. De ce fait, la saveur n’est plus tout à fait la même.)

Qu’il était confortable pour un Syrien de pouvoir bénéficier d’un système de santé gratuit pour tous. Outre l’excellence des soins dispensés en Syrie, tous les citoyens pouvaient se faire soigner gratuitement.

Qu’il était confortable pour les familles syriennes de savoir que leurs enfants pouvaient recevoir une solide instruction gratuitement, y compris pour les études supérieures. L’éducation était accessible à tous. À noter que le français était toujours enseigné en Syrie. https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/Fiche_Curie_Syrie.pdf

Malgré 14 ans de guerre incessante, malgré des destructions énormes, malgré l’omniprésence d’un embargo occidental privant le peuple de produits de premières nécessités, de nourriture, de médicaments, d’énergie, – les bons « démocrates américains » pillent le pétrole de pays depuis 2011 sans en donner une goutte au peuple syrien -, les Syriens entretenaient leurs routes, leur environnement, et les terres agricoles.

Qu’il était agréable de voir qu’à l’approche des fêtes de Noël, des guirlandes électriques, des sapins et des décorations fleurissaient à la frontière libano-syrienne proche de la vallée de la Bekaa ainsi qu’à Damas et dans les autres villes de ce pays magnifique.

Tout ce que je viens de décrire se passait sous la présidence de Bachar El Hassad et ce, malgré l’embargo inhumain qui pèse sur le peuple syrien depuis 2011.

Avec la mainmise de terroristes payés par « les bons démocrates » occidentaux, la Syrie moderne et progressiste va disparaître. Au détriment de son peuple, mais aussi au détriment des pays du Proche Orient. L’obscurantisme risque de revenir en force.

À toutes les personnes que j’ai eu l’honneur et le plaisir de rencontrer, et à l’ensemble du peuple syrien, je vous prie d’accepter mon plus profond respect pour avoir résisté héroïquement à la machine de destruction infernale anglo-saxonne. Force et honneur à vous.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste et chroniqueur. Auteur du livre « Les Démasqués. Qui dirige réellement le monde ? », et co-auteur avec François Lagarde du livre « L’État Profond Français. Qui, comment, pourquoi ? » KA Éditions. https://kaeditions.com/

Salut David… mais « on lâche rien! », hein?

David Schiepers s’en est allé.

Stef m’a appelé hier : « David est en train de partir ». J’y croyais pas. Putain! on avait besoin de lui, ça avait été dur, mais on avait traversé tout ça, ensemble. Fallait continuer! Pourquoi le destin était-il si dur, pourquoi lui? Pourquoi pas De Croo, hein David?… on se serait marrés avec ça…

David, un des seuls comédiens qui avait eu le courage de s’opposer aux covidocircus et de le dire, quitte à être traîné dans la boue par les bienpensants. Pas de masque, pas d’injections, pas de CST! Il avait rebondi, quitté les salles de spectacle et joué chez les particuliers, dans les jardins, les salons, les garages. Ça marchait, il aimait cela, faisait rire, mais aussi grincer des dents.

Cela n’avait pas de prix pour lui de vivre debout, plutôt que d’obéir, à genoux. C’est ça que j’aimais chez lui, qu’il aimait chez moi, évoquant mes « cojones », son « héros » depuis la question « biaisée politiquement ». Ils lui ont fait payer les charognes, pour avoir osé les défier et faire sa révolution du salon.

Quand en pleine émission QR Code, il demandait du débat et qu’on invite d’autres scientifiques, citant Kairos, le chien de garde Daout le coupait en indiquant qu’il « mélangeait tout » et que ces médecins « étaient très contestés par 98 % de la communauté scientifique ». Ça faisait bondir David, leur connerie, leur morgue. Il ne lâchait jamais le morceau, même quand la RTBF portait plainte contre lui. Il n’aura pas le plaisir d’aller leur dire ce qu’il pense d’eux, cette caste médiatico-politique qui veut nous empêcher de penser.

Avec David, on avait commencé à enregistrer des capsules, « La minute Pangolin ». C’était son moyen de lutter, contre l’absurde, de relier, d’aider à comprendre. En juin dernier, il était encore venu témoigner avec son avocate, alors qu’il était auditionné par la police pour « cyberharcèlement ». Il n’en manquait pas une, David, ne pouvait pas ne pas prendre de son temps pour dire que ça n’allait pas, ne pas les laisser faire, réveiller les gens. C’était trop fort, trop dur, le silence. Trop lourd aussi. Il faisait le travail pour tous ceux qui ne le faisaient pas. Contre Goliath.

Comme on aimait répéter ensemble: on lâche rien! T’inquiète David, on lâche rien. Même si sans toi, c’est dur…

Alexandre

Affaire « Ullens »… ce que les médias veulent bien montrer

Nous n’inventerons rien en exprimant que les médias de masse sont des outils de fabrication du consentement, industrie du mensonge nécessaire au maintien du pouvoir. Il est donc interdit de parler de corruption systémique, vite qualifiée de théorie du complot par les journalistes stipendiés. Distraire, amuser la galerie, détourner l’attention. Tel est leur rôle. Pas de faire réfléchir.

Dès 2009, Nicolas Ullens l’avait compris, lui qui malgré plusieurs tentatives, n’obtenait pas, ou très peu, l’écoute des médias de masse.

Nous l’avions reçu à l’époque, où nous écrivions:

Petit rappel sur la corruption générale qui gangrène tous les étages de nos institutions… Nicolas Ullens de Schooten, ancien agent de la Sûreté de l’État belge, accorde au journaliste de KAIROS, Alexandre Penasse, une interview inédite. Dans celle-ci, il explique les motivations qui l’ont conduit à dénoncer ce qu’il considère comme un véritable système de corruption avec à sa tête Didier Reynders et Jean-Claude Fontinoy. Menacé de mort, écarté de sa fonction, dénigré… il semble pourtant que cela ne suffit pas à pousser les médias de masse officiels à s’intéresser de plus près à l’affaire: « il n’y a pas de preuve ». Pour Nicolas Ullens, il semble donc qu’il n’y ait plus que les médias alternatifs pour faire le travail. En Belgique, ça ne fait pas beaucoup…

« Le meurtre de la baronne Ullens »

Ce soir sera diffusé sur la chaîne AB3 un documentaire revenant sur le meurtre de la baronne Ullens par son beau-fils Nicolas Ullens. Drôle de coïncidence, alors que Didier Reynders était auditionné et perquisitionné dans deux de ses habitations il y a quelques jours, soupçonné de blanchiment d’argent. Nicolas Ullens, c’est l’homme qui accusait Reynders, étayant ses propos dans divers vidéos et articles sur Kairos.

Comme nous l’avions écrit à l’époque, le fait d’hiver cache l’arbre de la corruption. Espérons que le contexte actuel permettra de révéler les dessous des affaires du « Clan reynders »…

Mais déjà en novembre 2019, nous envoyions une lettre ouverte aux députés européens les interrogeant sur la légitimité de choisir Didier Reynders comme commissaire à la justice:

Mesdames, Messieurs les Député∙e∙s européens,

En tant que journal de critique et d’investigation, nous aimerions vous alerter sur le danger que revêt la nomination de Didier Reynders comme commissaire à la Justice, à l’État de droit et à la Protection des consommateurs, alors que d’énormes soupçons pèsent sur lui. Nous souhaiterions vous faire prendre connaissance de notre travail journalistique qui appuie nos interrogations, devrait également instiller le doute chez vous et enclencher de fait le principe de précaution.

Nous suivons depuis longtemps les affaires autour desquelles celui qui a été choisi pour devenir commissaire européen gravite curieusement, comme son parti, le MR, ce qui fera dire au président de la commission d’enquête parlementaire sur le Kazakhgate, qu’il existe un véritable « réseau bleu ». Nous vous présentons succinctement celles-ci.

– Le Kazakhgate : En 2010, alors que Nicolas Sarkozy, président français, est en tractation commerciale avec le Kazakhstan, portant sur la vente de 45 hélicoptères EC 145 du groupe Eurocopter (EADS) et 290 locomotives du groupe Alstom, pour la somme de 2 milliards d’euros, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev conditionne ce faramineux achat : « Je signe si tu interviens en faveur de mes amis poursuivis en Belgique(1)». Ces fameux amis, ce sont PatokhChodiev (nationalités kazakh et belge), Alijan Ibragimov (Ouzbek et Belge) et Alexandre Mashkevitch (Israélien et Kazakh), appelés par facilité « le trio kazakh ». Dès cette demande, une équipe se met en place. Damien Loras, conseiller Asie centrale de Sarkozy, connu comme « l’officier traitant » de Patokh Chodiev, contacte Jean-François Étienne des Rosaies pour qu’il lui trouve un avocat d’affaires international. Le choix se portera sur Catherine Degoul. Loras et des Rosaies montent donc une équipe technique (judiciaire et financière) et politique, entre la France et la Belgique. Outre Damien Loras, pilote du dossier, des Rosaies, intermédiaire, Catherine Degoul, avocate chapeautant le volet judiciaire, s’ajoute le vice-président du Sénat belge de l’époque, Armand de Decker, par ailleurs avocat.

Un député fédéral, Marco Van Hees, dira : « Un important faisceau d’indices désigne celui qui est toujours Vice-premier ministre dans le gouvernement fédéral comme ayant eu un rôle clé dans l’affaire Chodiev ». Nos investigations et celles des autres journaux en arrivent en effet toujours aux mêmes conclusions. Les liens de Didier Reynders dans cette affaire, avec Nicolas Sarkozy, Armand de Decker, Catherine Degoul, l’avocate du trio kazakh… ; les affectations à la sûreté de l’État de proches de Didier Reynders ; les accusations de Nicolas Ullens, agent des services de renseignements en Belgique (la Sûreté de l’État) entre 2007 et 2018 et les menaces dont il a fait l’objet, mais aussi les officines que sont l’Ordre de Malte, la Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac, ou les concessions nobiliaires, où les protagonistes « s’entre-décorent »… Pour ne citer qu’un exemple : Aymeri de Montesquiou-Fezensac d’Artagnan, représentant spécial du président Sarkozy pour l’Asie Centrale, sénateur-maire UDI de Marsan, très proche du pouvoir kazakh et « grand ami du président Nazarbaïev », devient membre actif de la cellule franco-belge de soutien au trio kazakh. La justice française le soupçonnera d’avoir touché des commissions occultes à l’occasion du contrat de 2 milliards d’euros entre la France et le Kazakhstan. Aymeri de Montesquiou est capitaine de la Compagnie des Mousquetaires d’Armagnac, accusé, selon le journal Mediapart, de posséder un compte non déclaré avec son épouse, dans la filiale suisse de HSBC. Le 16 octobre 2010, Didier Reynders est intronisé « Mousquetaire d’Armagnac ». Hasard de calendrier : le 27 octobre 2010, Sarkozy et Nazarbaïev signaient 2 milliards d’euros de contrats. Parmi les autres membres de la confrérie intronisés ce jour-là, on trouve Armand de Decker, le Vice-président du Sénat et avocat du trio kazakh.

De nombreuses révélations ont été faites dans ce dossier, impliquant clairement Didier Reynders, à l’instar du courrier de Étienne des Rosaies à Claude Guéant : « J’ai donc obtenu le soutien déterminant de mon cousin germain Armand de Decker, qui nous a apporté l’« adhésion » des ministres de la Justice, des Finances et des Affaires étrangères. Et qui a « engagé » le vote (à l’unanimité) de son parti libéral pour modifier la 1re loi du nouveau Code civil de Justice belge autorisant l’État à « des transactions financières dans des affaires pénales recouvrant notamment les chefs d’inculpation de blanchiment, faux en écriture et association de malfaiteurs » »(2).En plein « Kazakhgate », Didier Reynders ne nie pas avoir rencontré l’avocate Degoul le 2.2.2012 dans le bureau d’Armand De Decker et celle-ci évoquerait même plusieurs rencontres.

– Les fonds libyens : en mars 2018, on découvre que 10 milliards€ (sur 16 milliards) sur les comptes des fonds libyens placés en Belgique par Kadhafi, se sont évaporés(3). Les Ministres des Affaires étrangères sont les seules compétents dans les décisions de gel onusien, selon le règlement UE 2016/44. À l’époque du dégel, c’est Didier Reynders qui était ministre des Affaires étrangères. Étrange aussi pour un homme qui a toujours nié être intervenu dans la gestion des fonds libyens que de demander à son homologue si la Libye envisagerait le dégel d’une partie des fonds « pour des objectifs humanitaires ».(4)Par ailleurs, un courrier émanant de la banque Euroclear indique que dès novembre 2011, on a demandé à l’institution de créer un second compte pour libérer les intérêts du premier (environ 300 millions €/an d’intérêts). A cette époque, Didier Reynders est ministre des Finances pour trois semaines encore.

– L’affaire des faux visas : alors qu’elle est seconde à l’ambassade de Belgique à Sofia (Bulgarie) dans les années 90, Myrianne Coen met à jour un vaste trafic de visas impliquant l’ambassadeur de l’époque, avec trafic de drogues, de viandes, prostitution, pornographie infantile, … on soupçonne également un lien avec les réseaux pédophiles et l’affaire Dutroux(5). A l’époque, le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (actuellement Unia), via son directeur Johan Leman, suspecte sérieusement dans cette affaire la traite d’êtres humains, et s’ajoutera ainsi à la plainte de Madame Coen. Dans cette affaire, Didier Reynders a été accusé en 2012 d’intimidations, de harcèlement et d’avoir écarté la diplomate de ses fonctions. Plutôt que d’ordonner une investigation plus profonde à partir des déclarations de Myrianne Coen, le Ministre Reynders « a l’honneur de déposer plainte » contre la diplomate le 31 juillet 2012, demandant « de bien vouloir procéder à une instruction judiciaire concernant les faits qui portent directement préjudice à l’honneur de l’État belge et, plus particulièrement, au SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement ».

– Les informations d’un ancien de la Sûreté de l’État : Nicolas Ullens de Schooten, ancien agent de la Sûreté de l’état, a apporté de nombreux éléments de suspicion concernant des affaires de blanchiment et corruption.

Vous êtes sur le point de valider la nomination de Didier Reynders comme commissaire européen à la Justice et l’État de droit, alors que sur les 20 dernières années son nom est lié en Belgique à de multiples conflits d’intérêts (liens avec des promoteurs immobiliers douteux rachetant des bâtiments de l’État à bas prix pour les relouer ensuite à l’État ‑sale and lease back‑, alors que Didier Reynders était ministre en charge de la Régie des bâtiments de l’État belge), à des faits de corruption (Kazakhgate, les fonds libyens) et des faits de blanchiment d’argent.

Deux dossiers judiciaires l’impliquant sont en cours actuellement :

  • un dossier à la Cour d’Appel de Mons sur le dossier dit du « Kazakhgate » ;
  • un dossier à la Cour d’Appel de Bruxelles suite à la plainte pénale de l’ancien agent de la Sûreté de l’Etat Nicolas Ullens contre les personnes qui comme auteur, co-auteur ou complice, l’ont menacé de mort et harcelé dans l’exercice de ses fonctions comme inspecteur à la Sûreté de l’Etat (VSSE) enquêtant sur divers dossiers de corruption et blanchiment d’argent dans lequel les noms du futur commissaire européen Didier Reynders et son bras droit et conseiller Jean-Claude Fontinoy apparaissaient.

Avec de tels dossiers en cours dans lesquels il est impliqué, le candidat commissaire présenté par la Belgique ne pourrait pas exercer des responsabilités importantes comme Commissaire européen à la Justice et l’État de droit avec l’honnêteté et l’engagement plein et entier que cette tâche demande.

La candidature de la commissaire présentée par la France, Madame Goulard, a été rejetée pour des motifs plus légers que les dossiers impliquant Monsieur Reynders.

Sur la base du principe de précaution, vous devriez demander à la Belgique de désigner une autre candidate ou un autre candidat commissaire.

Nous demandons :

– un débat public en connaissance de toutes les informations disponibles, notamment reprises dans ce courrier ;

– à cette fin, un report du vote du Parlement européen prévu mercredi 27 novembre, afin de rendre possible ce débat démocratique.

Alexandre Penasse

Rédacteur en chef du journal Kairos

L’idéologie mortifère des faiseurs de guerres

En cette fin d’année 2024, le spectre d’une troisième guerre mondiale s’intensifie. Avec la prise d’Alep par des terroristes, mettant en péril le gouvernement syrien, et l’escalade des préparatifs d’une guerre frontale avec la Fédération de Russie, les fêtes de Noël s’annoncent bien moroses. En effet, les dirigeants européens craignent que Donald Trump, à partir du 20 janvier 2025, arrête l’aide militaire à Kiev, et que de facto, l’ensemble des pays de l’UE soient obligés de financer la guerre par procuration contre la Russie. L’économie européenne, déjà chancelante, risque de sombrer définitivement dans un délabrement total.

Ajoutons à cela que les principaux dirigeants européens ne peuvent pas, et ne pourront jamais, admettre qu’ils se sont fourvoyés dans une guerre insensée, il est à craindre qu’ils aillent jusqu’au-boutisme, à savoir, la destruction de l’UE sur le plan économique et industriel. Car, en remettant constamment, les clés de la France et des autres pays de l’UE aux USA et à l’oligarchie financière internationale, force est de constater que la paupérisation de nos pays devient de plus en plus flagrante. Le pillage a encore de beaux jours devant lui à moins que des gens sensés n’y mettent un terme rapidement.

La victoire de Donald Trump n’était pas prévue au programme par les dirigeants européens. Kamala Harris aurait assuré la pérennité du soutien de l’OTAN à Kiev. Avec Donald Trump, rien n’est moins sûr. « Curieusement », depuis la victoire électorale de ce dernier, nous sommes témoins d’une véritable escalade de provocations diverses envers la Fédération de Russie, et d’une attaque de terroristes armés par les USA et la coalition internationale, dans le Nord de la Syrie et plus précisément dans la région d’Alep. « Curieusement », cette attaque survient le même jour de l’entrée en vigueur du cesser le feu entre Israël et le Liban. « Curieusement », le groupe terroriste Hayat Tahrir al-Sham, responsable de l’attaque à Alep, entretient des liens étroits avec la Direction Principale du Renseignement (GUR) du ministère de la Défense de l’Ukraine. Tiens, tiens… Voir en fin d’article.

Voici une chronologie récente des principales étapes des velléités guerrières de nos dirigeants occidentaux.

27 septembre 2024. « La troisième guerre mondiale est possible, et il est urgent de retrouver nos esprits », a déclaré le Président du Conseil européenCharles Michel, le 26 septembre à New York lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.

6 octobre 2024. Déclaration de Benjamin Haddad, ministre de l’Europe au Quai d’Orsay

BH – « Le président de la République avait été très clair, il y a quelques mois. Pendant trop longtemps, on a fixé énormément de lignes rouges aux Ukrainiens, tandis que la Russie ne s’en fixait aucune… » « La France avait permis d’ailleurs à cette aide de passer plusieurs caps. On a été parmi les premiers pays à livrer des chars, je vous le rappelle, à livrer des missiles de longue portée. On a débloqué un certain nombre de débats. Il faut continuer à aider les Ukrainiens et à créer le rapport de force le plus favorable pour eux sur le terrain, en particulier après une année qui a été difficile sur le terrain, sur le plan militaire, comme sur le plan économique ou humanitaire. Il y aura quelques dossiers dans les prochains mois qui vont être absolument fondamentaux et sur lesquels je m’investirai tout personnellement : un prêt qui est financé à partir des avoirs gelés de la Banque centrale russe immobilisés en Europe, un prêt de 50 milliards d’euros des pays du G7 à l’Ukraine, qui est aujourd’hui bloqué notamment par la Hongrie, et donc je me mobiliserai avec nos partenaires pour qu’on débloque ce prêt, qui est fondamental pour donner un souffle, un soutien de long terme aux Ukrainiens… » « Il y a demain, évidemment, des questions qui se posent après les élections américaines sur la durabilité du soutien américain. Il faut que nous, on se donne les moyens de pouvoir défendre notre sécurité, seuls si nécessaire. Et ça passe par le fait d’aider les Ukrainiens… »

Q – « Est-ce que vous pensez que les Britanniques et les Américains devraient donner le feu vert ?

BH – De quoi parlons-nous ? On parle de donner la permission de ne pas s’opposer au fait que les Ukrainiens utilisent leurs armes pour répondre sur des cibles militaires à des tirs de missiles de la part de la Russie contre des infrastructures, que ce soient des infrastructures civiles, parfois, en Ukraine, ou des infrastructures militaires. On est effectivement dans le cadre, là, de la légitime défense.

Q – Donc, oui ?

BH – Donc oui »[note]

Il est nécessaire de rappeler que Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe en France, a reçu 12 200 € par mois par l’Atlantic Council pour être le représentant des intérêts américains en France et en EU. Extrait du journal Marianne en date du 17 novembre 2024

« Le ministre délégué a travaillé aux États-Unis de 2014 à 2022 dans des think tanks politiques. À cette occasion, comme « Marianne » l’a découvert dans son dossier de candidature adressé à « En marche » pour les législatives de 2017, il a tissé des liens avec… Mike Pompeo, qui deviendra patron de la CIA et secrétaire d’État lors du premier mandat de Donald Trump.

Prendre des responsabilités politiques, l’ambitieux Benjamin Haddad en rêve depuis longtemps. Après avoir réussi à se faire élire en 2022, puis en 2024, comme député sous l’étiquette Renaissance, il a obtenu le Graal tant espéré en devenant ministre délégué chargé de l’Europe au sein du gouvernement Barnier. À peine était-il nommé que la polémique enflait sur les réseaux sociaux, lui qui a travaillé à Washington durant huit ans, de 2014 à 2022, dans deux think tanks influents, d’abord au Hudson Institute (pour près de 46 000 € par an), puis à l’Atlantic Council (pour une moyenne de 112 000 € par an). »[note]

21 octobre 2024. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a annoncé lundi lors d’une visite à Kiev, le versement prochain à l’Ukraine d’une aide militaire d’un montant de 400 millions de dollars, prévue dans le cadre d’une enveloppe de plusieurs milliards de dollars annoncée par Washington fin septembre.

Cette aide s’inscrit dans une enveloppe d’un montant total de près de 8 milliards de dollars, annoncée par le président américain Joe Biden fin septembre.

5 novembre 2024. Négociations secrètes en coulisse :

Alors que Donald Trump vient d’être élu à la tête des Etats-Unis, le président ukrainien Volodymyr Zelensky subit la pression de ses alliés pour aller vers la table des négociations. Des émissaires s’y attellent déjà, dans le plus grand secret.[note]

14 novembre 2024. Sébastien Lecornu, ministre des Armées et des Anciens combattants, et Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, se sont rendus dans un camp de manœuvre de l’Est de la France. (Mourmelon dans la Marne). L’occasion d’un point d’étape sur la mission de la Task force « Champagne » et de son travail de formation au profit des militaires ukrainiens.

Depuis le mois de septembre 2024, la France forme et équipe plus de 2 000 soldats de la brigade Anne de Kyiv. Ils sont entraînés et encadrés par 1 500 militaires français de la Task force « Champagne ». Cette formation répond aux besoins exprimés par le partenaire. Pour cela, elle se base sur les retours d’expérience du front russo-ukrainien. Elle s’appuie sur un environnement réaliste, notamment un réseau de tranchées, un environnement de combat en conditions réelles et l’emploi de drones.

Au terme de la formation, la brigade ukrainienne sera opérationnelle et équipée de 128 véhicules de l’avant blindé, 18 canons Caesar, 18 blindés de reconnaissance AMX10RC, 10 TRM ainsi que 20 postes Milan.

Au total, au 1er novembre 2024, plus de 14 000 soldats ukrainiens ont été formés par la France.[note]

17 novembre 2024. Joe Biden donne une conférence de presse où il autorise l’Ukraine à utiliser des missiles à longue portée contre la Fédération de Russie. Conférence de presse « lunaire », car il a l’air absent lors de cette déclaration et à la fin, il s’en va, sans répondre aux questions des journalistes.[note]

18 novembre 2024. Boris Johnson a appelé Paris et Londres à propos de l’autorisation accordée à l’Ukraine pour utiliser des missiles à longue portée. « Je me demande comment un type comme Donald Trump peut inaugurer son mandat par une capitulation, une humiliation pour les États-Unis, pour l’OTAN, et pour lui-même, s’il donnait la possibilité à Poutine de vaincre l’Ukraine […]. Il n’accepterait jamais d’être battu par Poutine », assure par ailleurs l’ex-dirigeant. « Peut-être, je suis naïf, mais on verra », ajoute-t-il. 

18 novembre 2024. Ursula Von der Leyen exhorte l’UE à faire plus pour rivaliser avec les dépenses de défense de Moscou.

18 novembre 2024. La Russie a promis une réponse « appropriée » sur le champ de bataille en cas de tir par l’Ukraine de missiles de longue portée américains contre son territoire.

18 novembre 2024. L’Allemagne livre des drones. Les missiles longue portée ne sont pas encore au programme. Le gouvernement allemand a réitéré son refus de livrer des missiles de longue portée Taurus réclamés par l’Ukraine face à la Russie, malgré le feu vert de Washington pour des armes similaires, mais va en revanche lui fournir 4 000 drones sophistiqués.

18 novembre 2024. La Suède et la Finlande se préparent à la guerre.

Que faire si la guerre arrive ? La Suède a commencé ce lundi à envoyer cinq millions de brochures à ses habitants, les exhortant à se préparer à un potentiel conflit, au moment où l’Ukraine est à la peine face aux troupes russes. Depuis le début de ce conflit armé, ce pays scandinave exhorte sa population à se préparer, aussi bien mentalement que d’un point de vue logistique, à la possibilité d’une guerre, étant donné la proximité de la Russie. La Finlande voisine, a dans le même temps, créé un site web avec des conseils de préparation similaires.

18 novembre 2024. La Chine appelle à la paix en Ukraine.

« Le plus urgent est d’encourager un apaisement de la situation aussi vite que possible », a déclaré lors d’une conférence de presse régulière Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, après que Washington a autorisé l’Ukraine à frapper le territoire russe avec des missiles à longue portée américains. Par ailleurs, Pékin réclame un « cessez-le-feu rapide et une solution politique ».

18 novembre 2024. Déclaration de M. Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, sur les conflits en Ukraine et au Proche-Orient et la question du Mercosur, à Bruxelles.

« Sur le plan de l’aide financière, il faut que les 50 milliards d’euros tirés des actifs russes gelés, agréés au niveau du G7, puissent parvenir le plus rapidement possible aux Ukrainiens.

Sur le plan de la formation, les 2.300 soldats ukrainiens de la brigade Anne de Kiev qui viennent d’être formés en France et équipés en France vont, dans quelques jours, regagner l’Ukraine pour pouvoir se déployer sur le front. Il faut continuer avec ces initiatives qui sont soutenues par l’Europe au travers de l’opération EUMAM. »[note]

18 novembre 2024. Jens Stoltenberg, l’ancien secrétaire général de l’OTAN, deviendra le nouveau co-président du Groupe Bilderberg.[note] Jens Stoltenberg sera également le prochain président de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025.

19 novembre 2024. Emmanuel Macron et Keir Starmer, le 1er Ministre Anglais, saluent la décision américaine d’utiliser les missiles à longue portée.

19 novembre 2024. Déclaration de Donald Trump

« Nous n’avons jamais été aussi proches de la 3e guerre mondiale que nous sommes aujourd’hui avec Joe Biden. Un conflit nucléaire signifierait la mort de l’humanité entière. Il faut éviter ce cauchemar, éviter cet Armageddon nucléaire. Une cessation immédiate de la guerre en Ukraine »[note]

20 novembre 2024. Joe Biden approuve la fourniture de mines antipersonnel pour l’Ukraine. Une guerre de plus en plus sale, car il faut savoir, que les mines terrestres antipersonnel (APL) sont souvent conçues, pour blesser et mutiler, afin de submerger le système de soutien logistique (principalement médical) des forces ennemies qui les rencontrent. Certains types d’APL peuvent également endommager les chenilles des véhicules blindés ou les pneus des véhicules à roues.

La 5ème conférence de la convention d’Ottawa s’est ouverte le 25 novembre 2024 à Siem Reap, au Cambodge. Ce traité, signé par 164 pays, interdit l’utilisation, le stockage, la production et le transfert de mines terrestres antipersonnel. Le lieu du sommet est en soi un symbole, car le Cambodge est l’un des pays les plus minés au monde et est devenu un précurseur mondial en termes de déminage. Alors que les États-Unis ont autorisé la livraison de mines à l’Ukraine, le ministre d’État cambodgien Ly Thuc appelle les pays non-signataires à rejoindre la lutte contre le fléau de ces mines.

20 novembre 2024.  L’Ukraine frappe la Russie avec des missiles franco-britanniques Storm Shadow. Au moins 12 missiles ont été tirés.

21 novembre 2024. Satellites patrouilleurs-guetteurs.

Cet été, le Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (Cosmos) a déménagé de la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun à Toulouse. Une autre étape importante sera franchie en 2025 avec l’inauguration du nouveau bâtiment du CDE. L’édifice devrait accueillir environ 500 personnes d’ici à 2030, soit une augmentation des effectifs d’environ 40 % par rapport à 2019. Surtout, il se trouvera à proximité du CNES et du Centre d’excellence spatial de l’Otan, générant ainsi des synergies bénéfiques à tout l’écosystème. Incarnation de la récréation de la base aérienne 101, ce site deviendra l’organe central de l’outil de combat spatial dont se dote la France. À court terme, le CDE verra en particulier muni d’une véritable capacité de défense active dans l’espace. Elle prendra forme avec la mise en orbite géostationnaire du démonstrateur Yoda. Sa mission : explorer les méthodes de protection de nos satellites militaires depuis l’espace. « C’est un programme expérimental qui sera suivi par le système Egide5, sa version opérationnelle », indique le commandant de l’espace. À noter également, l’annonce, le 17 septembre dernier, du nouveau démonstrateur d’action dans l’espace en orbite basse, nommé Toutatis. Plus globalement, ces premiers satellites patrouilleurs-guetteurs visent à doter la France d’une capacité d’action dans l’espace. À la clé, la possibilité de surveiller l’espace depuis l’espace pour détecter un acte suspect ou agressif et s’interposer si besoin. Le découragement sera au cœur du futur dispositif, qui s’effectuera en étroite coordination avec nos partenaires, comme le signale, entre autres, le ralliement en 2024 de la France à l’opération américaine Olympic Defender.[note]

23 novembre 2024. Déclaration de Jean-Noël Barrot : Guerre en Ukraine, la Russie progresse, la France soutien Kiev. « La France n’écarte « aucune option » dans son soutien à l’Ukraine, a annoncé le ministre des Affaires étrangères. Une déclaration qui intervient alors que l’Ukraine est en difficulté sur le terrain, notamment dans les territoires pris à la Russie durant la contre-offensive.

« Dans la logique de la légitime défense », le chef du Quai d’Orsay n’exclut pas que Kiev puisse tirer des missiles français à longue portée sur la Russie. Il n’a pas confirmé que de telles armes avaient déjà été utilisées. Quant à l’envoi de troupes françaises, Paris n’écarte « aucune option ». « Les alliés occidentaux ne devraient pas fixer de limites au soutien à l’Ukraine contre la Russie », déclare le ministre. Les Occidentaux « ne doivent pas fixer de ligne rouge » dans leur soutien à l’Ukraine. Cette décision place la France sur un pied d’égalité avec les États-Unis et le Royaume-Uni en matière de soutien militaire à l’Ukraine, au milieu des inquiétudes concernant une escalade nucléaire de la part de Moscou.[note]

25 novembre 2024. Dans la perspective d’un désengagement américain vis-à-vis de Kiev en raison du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Paris et Londres n’excluent pas de prendre la tête d’une coalition en Ukraine, selon des modalités qui restent à préciser.

Alors que le conflit en Ukraine connaît une nouvelle phase d’escalade, les discussions sur l’envoi de troupes occidentales et de sociétés de défense privées sur le sol ukrainien, ont été réactivées, a appris Le Monde de sources concordantes. Des débats sensibles, pour l’essentiel classifiés, mais bel et bien relancés, dans la perspective d’un éventuel désengagement américain du soutien à Kiev après la prise de fonctions de Donald Trump, aux Etats-Unis, le 20 janvier 2025.[note]

25 novembre 2024. Depuis peu, des convois de tanks américains sont en déplacement en France. 6 000 réservistes américains vont arriver en France accompagnés de 2000 tanks américains. Selon le ministère des Armées et des Anciens combattants qui a transmis à Actu Landes un communiqué, il s’agit de l’opération « Atlantic Resolve » : « Plusieurs dizaines d’engins blindés seront transportés à travers la France, en plusieurs convois (placés sous la responsabilité de la Gendarmerie nationale). Réalisés par des prestataires civils, ces convois s’échelonneront jusqu’au 21 novembre ». L’opération Atlantic Resolve est la réponse des États-Unis, dans le cadre de l’OTAN, à la guerre russo-ukrainienne.[note][note]

25 novembre 2024. Roumanie : avec Calin Georgescu, la percée inattendue d’un candidat hostile à l’OTAN au premier tour de l’élection présidentielle

À craindre le sabotage du 2e tour par l’OTAN. En exemple : La Moldavie. Qui peut croire que les expatriés moldaves ont pu faire la différence ? La diaspora moldave est si forte que ça à l’étranger ? On ne le croit pas. En Géorgie aussi, ils ont essayé de truquer les élections.

La Roumanie est un pilier stratégique pour la défense européenne. Le pays, qui compte 19 millions d’habitants, abrite plusieurs bases de l’Alliance atlantique. Plus d’un millier de militaires français sont déployés sur son territoire, qui abrite un bouclier antimissile américain. Plus de 5 000 soldats sont stationnés en Roumanie.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, les déclarations passées de Calin Georgescu, ouvertement critiques envers l’OTAN, ont de quoi inquiéter. « Le bouclier antimissile est une honte. Il ne s’agit pas d’une défense, mais d’une politique de confrontation. Il ne nous apportera pas la paix »,dénonçait-il ainsi en 2021. Cette position tranche radicalement avec la ligne actuelle de Bucarest. À noter la construction, en Roumanie, d’une très grande base de l’OTAN similaire à celle de Ramstein en Allemagne

26 novembre 2024. Guerre en Ukraine : la France et le Royaume-Uni à la manœuvre pour envoyer des troupes. Plusieurs pays européens se disent prêts à envoyer des troupes en Ukraine. Ces forces rempliraient des missions de formation et garantiraient la sécurité de Kiev, en cas d’accord de paix avec la Russie.

À Kiev, on parle de « l’alliance des audacieux », un regroupement de cinq à sept pays européens en faveur d’un déploiement de troupes sur le sol ukrainien. Porté publiquement par la France depuis le mois de février et à nouveau évoqué par Emmanuel Macron en juin 2024, en marge de la célébration du 80ᵉ anniversaire du Débarquement, ce projet semble en passe de se concrétiser.[note]

26 novembre 2024. Guerre en Ukraine : La Russie promet une « réponse » aux nouveaux tirs de missiles américains sur son sol.

27 novembre 2024. Un haut responsable de l’ONU s’inquiète d’une nouvelle escalade dans une guerre déjà explosive.

28 novembre 2024. L’UE accorde 18,1 milliards d’euros à l’Ukraine dans le cadre d’un engagement du G7. Cette somme est fournie dans le cadre d’un prêt promis fin octobre 2024 par les sept principales économies du monde, qui doit être remboursé par les intérêts des avoirs russes gelés.[note]

29 novembre 2024. Point d’orgue à l’escalade :

L’Ukraine demande à l’OTAN d’être invitée à adhérer à l’OTAN la semaine prochaine, (Reuters), selon une lettre écrite par le gouvernement ukrainien.

« L’invitation ne doit pas être considérée comme une escalade », a écrit Andriy Sybiha, ministre des affaires étrangères en Ukraine dans la lettre.

« Au contraire, avec une compréhension claire que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est inévitable, la Russie perdra l’un de ses principaux arguments pour poursuivre cette guerre injustifiée », a-t-il écrit.

« Je vous exhorte à approuver la décision d’inviter l’Ukraine à rejoindre l’Alliance, qui sera l’un des résultats de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN des 3 et 4 décembre 2024. »

Il faut comprendre que l’OTAN est une organisation internationale dont la mission essentielle est la défense collective. Elle implique, notamment, qu’une attaque contre l’un ou plusieurs de ses membres est considérée comme dirigée contre tous. Donc, tous les pays doivent ainsi assister les parties attaquées, militairement si nécessaire, pour “rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord” (article 5 du traité de l’Otan).

Vous comprenez pourquoi Volodymyr Zelensky pousse pour que l’Ukraine fasse partie de l’OTAN.

30 novembre 2024. Le groupe Hayat Tahir al-Cham lance une offensive à Alep, la deuxième ville la plus importante de Syrie. Les buts de ce groupe sont de renverser le parti laïc Baas Syrien et de le remplacer par un régime islamique régi par la Charia. Ce groupement est soutenu par les USA et la coalition internationale qui ont déclenché la guerre en Syrie depuis 2011. Un des buts non affichés, est d’affaiblir la Fédération de Russie qui doit agir maintenant sur deux fronts, l’Ukraine et la Syrie. Cerise sur le gâteau, le groupe terroriste Hayat Tahrir al-Sham entretient des liens étroits avec la Direction Principale du Renseignement (GUR) du ministère de la Défense de l’Ukraine. Extrait de l’article de Stratpol du 2 décembre 2024 :

« Tout d’abord, il est crucial de noter que le groupe islamiste terroriste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à la tête de l’offensive contre la ville syrienne d’Alep, entretient des liens étroits avec la Direction principale du renseignement (GUR) du ministère de la Défense de l’Ukraine. Par ailleurs, des mercenaires ayant combattu pour l’Ukraine sont impliqués dans des actes meurtriers contre des Arabes dans la bande de Gaza, au Liban, et désormais en Syrie.

En septembre 2024, il a été révélé que Kiev établissait des relations avec les terroristes de Hayat Tahrir al-Sham pour attaquer les militaires russes en Syrie. Selon le journal turc Aydınlık le 18 juin, une délégation ukrainienne a mené une série de rencontres à Idlib avec des dirigeants de l’organisation HTS, notamment avec l’un de leurs commandants, Haitham al-Omeri. Lors de ces réunions, Kiev aurait proposé un marché : 75 drones de combat en échange de la libération de plusieurs terroristes tchétchènes et géorgiens emprisonnés, tels que le célèbre terroriste tchétchène Muslim al-Shishani, actuellement détenu dans une prison sous le contrôle de Hayat Tahrir al-Sham. D’après le portail analytique Lekolin, affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan, cet accord aurait été mis en œuvre. » [note]

1er décembre 2024. Le Figaro : « Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que son pays a besoin de plus d’armes et des garanties de sécurité de l’OTAN avant d’éventuelles négociations avec la Russie pour mettre un terme à l’invasion de l’Ukraine lancée en 2022. Volodymyr Zelensky s’exprimait après une rencontre avec la nouvelle cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et le nouveau président du Conseil européen, Antonio Costa, tous deux en visite symbolique de soutien à Kiev au premier jour de leur mandat. » [note]

1er décembre 2024. La nouvelle cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et le nouveau président du Conseil européen, Antonio Costa, se sont déplacés à Kiev dimanche. « L’invitation à adhérer à l’OTAN est nécessaire à notre survie », leur a dit le président ukrainien. [note]

3 décembre 2024. Volodymyr Zelensky continue de mettre la pression sur l’OTAN. « La seule véritable garantie de sécurité pour l’Ukraine est la pleine adhésion à l’OTAN »

Cette avalanche de mauvaises nouvelles n’augure rien de bon. D’autant plus que des « personnalités » et des trolls pro-OTAN se déchaînent sur X. Les marchands de chaos, appelés pompeusement médias, sont branchés en mode « propagande unilatérale made in USA », ayant pour résultat un formatage psychique de plus en plus flagrant de la majorité de la population.

Donald Trump ne sera en poste que le 20 janvier 2025. D’ici là, les « vautours » bellicistes sont en train de pratiquer la politique de la terre brûlée, avec comme devise probable « laisser à Donald Trump une situation politique et économique tellement désastreuse à régler, qu’il ne pourra qu’échouer. »

La paix joue les absentes dans les pays occidentaux et au Proche-Orient. Il serait essentiel qu’un ou plusieurs dirigeants comprennent que le peuple, en majorité, aspire à vivre en paix.

Mais les faiseurs de guerres ont inventé la « bonne guerre ». Celle qui épargne les civils, les femmes, les enfants et les vieillards. Des « frappes chirurgicales » en Irak lors de l’invasion « made in USA », aux civils servant de bouclier à l’armée ukrainienne, pour en arriver au carnage à Gaza, preuves en est que les « bonnes guerres » n’existent pas et n’existeront jamais.

Est-ce qu’une lumière arrivera à se frayer un chemin au travers des brumes épaisses qui obscurcissent les cerveaux des va-t-en-guerre ? À la veille de Noël, c’est à souhaiter vivement.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste et chroniqueur. Auteurs de plusieurs livres, dont « Les Démasqués. Qui dirige réellement le monde ? », et co-auteur du livre récent « L’État Profond Français. Qui, comment, pourquoi ? » KA Éditions https://kaeditions.com/

Un battage médiatique dangereux : les mensonges nucléaires des GAFAM

Titre original : Dangerous Hype: Big Tech’s Nuclear Lies
Source : counterpunch.org/2024/11/01/big-techs-nuclear-lies
Traduction et notes : Francis Leboutte (liege.decroissance.be)

M. V. Ramana est le président de la Simons Chair in Disarmament, Global and Human Security à la School of Public Policy and Global Affairs, University of British Columbia (Canada) et l’auteur de The Power of Promise : Examining Nuclear Energy in India (décembre 2012). Il est aussi l’auteur de Nuclear is Not the Solution – The Folly of Atomic Power in the Age of Climate Change (2024).

Au cours des deux derniers mois, Microsoft, Google et Amazon [note], dans cet ordre, ont annoncé qu’ils allaient utiliser l’énergie nucléaire pour répondre à leurs besoins énergétiques. En qualifiant l’énergie nucléaire par des termes aussi douteux que « fiable », « sûr », « propre » et « abordable », tous démentis par les soixante-dix ans d’histoire de l’industrie atomique[note], ces géants de la technologie prétendent être les héros de la cause environnementale, tout comme l’industrie nucléaire qui serait lavée de tout soupçon, même si elle ne survit que grâce à des subventions publiques.

Ces deux conglomérats commerciaux – l’industrie nucléaire et ces entreprises du numérique ultrariches – ont chacun leurs propres intérêts dans ce battage médiatique. À la suite d’accidents catastrophiques, comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima, et face à son incapacité à trouver une solution sûre pour les déchets radioactifs produits dans les réacteurs de tout type, l’industrie nucléaire a utilisé son poids politique et économique pour organiser des campagnes de relations publiques visant à persuader le public que l’énergie nucléaire est une source d’énergie respectueuse de l’environnement.

Les géants du numérique, comme Microsoft, Amazon et Google, ont eux aussi tenté de convaincre le public qu’ils se souciaient réellement de l’environnement et qu’ils voulaient vraiment faire leur part pour atténuer le changement climatique. En 2020, par exemple, Amazon s’est engagé à atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone d’ici 2040. Google a fait mieux lorsque son PDG a déclaré que « Google vise à faire fonctionner son entreprise avec de l’énergie sans carbone partout et à tout moment » d’ici 2030. Alors qu’ils ne sont nullement en chemin pour atteindre ces objectifs.1

Pourquoi font-ils de telles annonces ?

L’écoblanchiment des impacts environnementaux

Les raisons qui poussent ces entreprises à investir dans de telles campagnes de relations publiques ne sont pas difficiles à discerner. L’impact environnemental considérable de l’appétit insatiable de ces entreprises pour les données et la menace qu’elles font peser sur les efforts déjà insuffisants pour atténuer le changement climatique sont en passe de devenir une évidence pour le plus grand nombre.

Au début de cette année, la société Morgan Stanley a estimé que les centres de données produiront environ 2,5 milliards de tonnes d’émissions d’équivalent CO2[note] d’ici à la fin de la décennie[note]. Les climatologues ont prévenu que, si les émissions mondiales ne diminuent pas fortement d’ici 2030, il est peu probable que nous puissions limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, un objectif largement partagé[note]. Même sans tenir compte du dioxyde de carbone supplémentaire émis par les centres de données et leur consommation d’énergie, l’écart entre les émissions actuelles et ce qui est requis est vertigineux.

Mais il n’y a pas que le climat qui soit en cause. Comme l’a calculé un groupe de chercheurs universitaires, les quantités démesurées d’eau nécessaires aux États-Unis « pour faire fonctionner les centres de données, à la fois directement pour assurer le refroidissement et indirectement pour produire de l’électricité »,[note] contribuent à la pénurie d’eau dans de nombreuses régions du pays. C’est également le cas ailleurs, et des habitants de pays allant de l’Irlande à l’Espagne en passant par le Chili s’opposent aux projets d’implantation de centres de données.

Ensuite, il y a les impacts indirects sur le climat. Par exemple, Greenpeace a constaté que « Microsoft, Google et Amazon ont tous des liens avec certaines des compagnies pétrolières les plus polluantes du monde dans le but explicite d’extraire davantage de pétrole et de gaz du sol et de les mettre sur le marché le plus rapidement possible et au moindre coût ». En d’autres termes, les modèles économiques adoptés par ces géants du numérique dépendent de l’utilisation des combustibles fossiles pour longtemps et en grande quantité.

Outre la prise de conscience croissante de l’impact des centres de données par la population, une autre raison possible pour que les entreprises de l’informatique en nuage (« cloud computing ») s’intéressent à l’énergie nucléaire pourrait être ce qui est arrivé aux sociétés de cryptomonnaies. Au début de la décennie, ces sociétés ont elles aussi fait l’objet d’une mauvaise publicité en raison de leur consommation d’énergie et des émissions qui en résultaient. Même Elon Musk, qui n’est pas exactement connu pour être un écologiste, a parlé du « grand coût pour l’environnement » des cryptomonnaies.

Les impacts environnementaux des cryptomonnaies ont joué un rôle dans les efforts visant à les réglementer. En septembre 2022, la Maison-Blanche a publié une note d’information sur les implications climatiques et énergétiques des cryptoactifs, insistant sur le décret du président Biden qui appelait ces entreprises à réduire leurs impacts climatiques néfastes et leur pollution de l’environnement. La Chine est même allée jusqu’à interdire les cryptomonnaies, et ses efforts pour réduire ses émissions de carbone ont été un des motifs de cette décision.

Pour leur part, les sociétés de cryptomonnaies ont fait ce que les GAFAM font aujourd’hui : elles ont annoncé qu’elles utiliseraient l’énergie nucléaire. Amazon, Google et Microsoft suivent désormais cette stratégie pour se faire passer pour de bons citoyens. En revanche, l’industrie nucléaire a ses propres raisons d’accueillir favorablement ces annonces et d’essayer d’en profiter.

L’état de la filière nucléaire

Aussi étrange que cela puisse paraître aux personnes qui fondent leur perception de la santé de l’industrie nucléaire sur les médias grand public, cette technologie est en fait en déclin. La part de l’électricité mondiale produite par les réacteurs nucléaires a diminué de 17,5 % en 1996 à 9,15 % en 2023, en grande partie à cause des retards et des coûts élevés de la construction et de l’exploitation des réacteurs nucléaires.

La centrale nucléaire de Vogtle[note], dans l’État de Géorgie, en est une bonne illustration. Lorsque la compagnie d’électricité qui construit le réacteur a demandé l’autorisation de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC, Nuclear Regulatory Commission) en 2011, elle prévoyait un coût total de 14 milliards de dollars, et des « dates de mise en service en 2016 et 2017 » pour les deux unités. La centrale n’est devenue opérationnelle que cette année, après la mise en service de la deuxième unité en mars 2024, pour un coût total d’au moins 36,85 milliards de dollars.

Compte tenu de ce bilan, il n’est pas surprenant qu’il n’y ait pas de commandes pour d’autres centrales nucléaires.

Comme par le passé, la réponse de l’industrie nucléaire à cette situation difficile a consisté à avancer l’argument selon lequel de nouveaux modèles de réacteurs nucléaires répondraient à toutes les préoccupations. Mais une fois de plus, il a été confirmé que ce n’était pas le cas : en novembre 2023, le projet phare de NuScale, un concept de petit réacteur modulaire promu comme le modèle du genre, s’est effondré en raison des surcoûts élevés[note].

Les partisans de l’énergie nucléaire utilisent maintenant une autre tactique éprouvée pour promouvoir la technologie : projeter que la demande d’énergie augmentera tellement qu’aucune autre source d’énergie ne sera en mesure de répondre à ces besoins. Par exemple, le ministre britannique de l’Énergie Ed Davey a eu recours à cette tactique en 2013 lorsqu’il a déclaré que la centrale nucléaire de Hinkley Point C était essentielle pour « maintenir les lumières allumées » dans le pays[note].

De même, lorsque la South Carolina Electric & Gas Company avait présenté à la Public Service Commission de l’État de Caroline du Sud la nécessité de construire deux réacteurs AP1000 sur son site de V.C. Summer, elle avait déclaré dans son « 2006 Integrated Resource Plan » que les ventes d’énergie de l’entreprise augmenteraient de 22 % entre 2006 et 2016, et de près de 30 % d’ici à 2019 ; ce projet a par la suite été abandonné après avoir coûté plus de 9 milliards de dollars[note].

Les partisans de l’énergie nucléaire essayent de profiter de l’argument de la croissance de la consommation des centres de données et du battage médiatique autour de l’intelligence artificielle générative. Il reste à voir si cette dernière se matérialisera réellement en une entreprise durable à long terme : voir, par exemple, l’argument d’Ed Zitron méticuleusement documenté pour expliquer pourquoi OpenAI et Microsoft ne font que brûler des milliards de dollars et pourquoi leur modèle d’entreprise ne serait « tout simplement pas viable »[note].

Dans le cas du projet V.C. Summer, South Carolina Electric & Gas a déclaré que ses ventes d’énergie avaient en fait diminué de 3 % par rapport à 2006 au moment de l’année 2016. Bien sûr, cela n’avait pas d’importance, car les actionnaires avaient déjà reçu plus de 2,5 milliards de dollars de dividendes et les dirigeants de l’entreprise avaient reçu des millions de dollars de rémunération, selon Nuclear Intelligence Weekly, une publication spécialisée[note].

On peut se demander quels dirigeants et quels actionnaires vont tirer profit de ce nouveau cycle de battage médiatique sur le nucléaire.

Qu’en est-il des émissions ?

Les investissements dans l’énergie nucléaire réalisés par des entreprises telles que Google, Microsoft et Amazon contribueront-ils à réduire les émissions des gaz à effet de serre dans un avenir proche ?

Le projet qui devrait voir le jour le plus tôt est le redémarrage de l’unité 1 du réacteur de Three Mile Island, qui devrait être prêt en 2028 selon Constellation Energy [note]. Mais si l’on se base sur l’histoire de la mise en service des réacteurs, aucune électricité ne sera produite à cette date d’autant que le redémarrage d’un réacteur nucléaire à l’arrêt n’a jamais été réalisé auparavant.

Dans le cas de la centrale nucléaire de Diablo Canyon en Californie[note], qui n’a pas été fermée, mais qui devait être déclassée en 2024-25 jusqu’à ce que le gouverneur Gavin Newsom fasse volte-face, le président du comité de sécurité indépendant de Diablo Canyon a expliqué pourquoi il était très difficile de l’arrêter : « tellement de programmes et de projets différents ont été mis en place au cours des six dernières années en prévision de cette fermeture en 2024- 25, chacun d’entre eux devait être évalué, certains d’entre eux étaient acceptables, d’autres ne l’étaient pas, d’autres encore seraient très difficiles à réaliser, d’autres coûteraient de l’argent et d’autres enfin ne pourraient peut-être pas être réalisés ».

Le coût du maintien en service de Diablo Canyon a été estimé par le propriétaire de la centrale à 8,3 milliards de dollars et par des groupes environnementaux indépendants à près de 12 milliards de dollars.

Il n’existe pas d’estimation fiable du coût de la réouverture de Three Mile Island, mais Constellation Energy, le propriétaire de la centrale, cherche à obtenir un prêt avec un transfert d’une grande partie du risque aux contribuables qui lui permettrait d’économiser 122 millions de dollars.

Il faut aussi se rappeler que Microsoft a déjà annoncé un accord avec Helion Energy, une société soutenue par le milliardaire Peter Thiele, pour obtenir de l’électricité par la fusion nucléaire[note] d’ici 2028. Les chances que cela se produise sont au mieux minces. En 2021, Helion a annoncé qu’elle avait levé 500 millions de dollars pour construire son installation de production d’électricité par la fusion nucléaire qui démontrerait une « production nette d’électricité » dans trois ans, c’est-à-dire « en 2024 ». Cela ne s’est pas encore produit. Mais si l’on remonte plus loin, on peut voir une affirmation similaire et non satisfaite datant de 2014 : à l’époque, le directeur général de l’entreprise avait déclaré au Wall Street Journal que l’entreprise espérait que son produit générerait plus d’énergie qu’il n’en consommerait « au cours des trois prochaines années » (c’est-à-dire en 2017 au plus tard). Il est fort probable que les décideurs de Microsoft savent à quel point il est peu probable qu’Helion soit en mesure de fournir de l’énergie de fusion nucléaire d’ici 2028. La stratégie publicitaire est la raison la plus probable de l’annonce d’un accord avec Helion.

Amazon et Google promettent-ils la lune en misant sur les petits réacteurs nucléaires modulaires de X-energy et Kairos ? 

X-energy est un exemple de réacteur à haute température refroidi au gaz dont la conception remonte aux années 1940. Quatre réacteurs basés sur des concepts similaires ont été exploités commercialement, deux en Allemagne et deux aux États-Unis, respectivement, ainsi que des réacteurs d’essai au Royaume-Uni, au Japon et en Chine. Chacun de ces réacteurs s’est avéré problématique, souffrant d’une variété de défaillances et d’arrêts imprévus. Le dernier réacteur de conception similaire a été construit en Chine[note]. Ses performances laissent beaucoup à désirer : dans l’année qui a suivi sa connexion au réseau en décembre 2021, sa puissance nominale a été réduite à 75 % de sa valeur initiale et, même ainsi, son facteur de charge en 2023 n’a été que de 8,5 pour cent[note].

Kairos, quant à lui, sera confronté à la difficulté d’utiliser des sels fondus comme liquide de refroidissement. Ceux-ci sont chimiquement corrosifs, et des décennies de recherche n’ont pas permis d’identifier de matériaux capables de survivre pendant de longues périodes à de telles contraintes sans perdre leur intégrité. Le seul exemple de réacteur utilisant des sels fondus remonte aux années 1960, et cette expérience s’est avérée très problématique, tant lors de l’exploitation du réacteur que lors du demi-siècle qui a suivi, car la gestion des déchets radioactifs produits n’a cessé de poser problème [note].

Jeter de l’argent par les fenêtres pour remédier à ces problèmes liés à la physique et à la chimie fondamentales ne suffira pas.

Une distraction dangereuse

Bien qu’Amazon, Google et Microsoft prétendent investir dans l’énergie nucléaire pour répondre aux besoins de l’IA, tout porte à croire que leur véritable motivation est de se parer autant que possible de vertus environnementales et écologiques.

Leurs investissements sont modestes et totalement inadéquats par rapport aux montants nécessaires à la construction de réacteurs. Mais ces investissements sont également très faibles par rapport aux revenus colossaux de ces entreprises. Ainsi, du point de vue des dirigeants, investir dans l’énergie nucléaire doit sembler être un moyen bon marché de réduire la mauvaise publicité faite autour de leur empreinte environnementale. Malheureusement, « bon marché » pour eux ne signifie pas bon marché pour le reste d’entre nous, sans parler du fardeau qui pèsera sur les générations futures en raison de l’aggravation du changement climatique et, de la production accrue de déchets radioactifs qui resteront dangereux pendant des centaines de milliers d’années [note].

L’énergie nucléaire ayant été présentée comme propre et comme une solution au changement climatique, les annonces à son sujet sont des distractions tape-à-l’œil pour attirer l’attention du public. Pendant ce temps, ces entreprises continuent d’accroître leur utilisation de l’eau et de s’approvisionner en charbon et surtout en gaz naturel pour produire de l’électricité. C’est la stratégie du magicien : détourner l’attention du public pour faire ce qu’il veut faire en toute discrétion. Le discours sur leurs investissements dans l’énergie nucléaire permet également d’éviter les débats que nous devrions avoir sur la question de savoir si ces centres de données et l’IA générative sont ce que nous souhaitons.

Il existe de nombreuses raisons de s’opposer et de s’organiser contre la puissance et le pouvoir exercés par ces multinationales : les contrats de plusieurs milliards de dollars avec le Pentagone, le soutien au génocide et à l’apartheid menés par Israël[note] et l’appropriation des données personnelles pour s’engager dans ce qui a été décrit comme le capitalisme de surveillance[note]. Une autre raison est leur investissement dans la technologie nucléaire et, plus important encore, la promotion de cette technologie. C’est aussi une opportunité pour établir des coalitions entre des groupes engagés dans des combats très différents.


Le 1er novembre 2024
Titre original : Dangerous Hype: Big Tech’s Nuclear Lies
Source : counterpunch.org/2024/11/01/big-techs-nuclear-lies
Traduction et notes : Francis Leboutte (liege.decroissance.be)

Il fallait que cela paraisse très grave

En Allemagne, la publication de communications internes du gouvernement révèle une gestion de crise volontairement orientée vers la peur. Il est plus que probable qu’il en ait été de même dans les autres pays ayant suivi le plan de l’OMS. En Belgique, rien pourtant ne fuite, alors que les conflits d’intérêts sont évidents. A ce jour, aucun emails de la correspondance du ministre de la santé de l’époque Frank Vandenbroek n’ont été divulgués, accusé de malversations dans l’attribution d’un marché public pour le stockage et la distribution des vaccins, d’un montant de 50 millions d’euros[note].

Une question de risque

En février 2022, l’Institut Robert Koch voulait abaisser le niveau de risque Corona. Mais le ministre de la Santé Lauterbach l’a empêché pendant des mois. C’est ce que montrent des e-mails internes datant de l’époque entre lui et le chef du RKI, Wieler, que les chaînes WDR, NDR et SZ ont pu consulter.

Par Markus Grill,

Pendant la crise de Corona, Lothar Wieler était également de service la nuit. Le 3 février 2022, le président de l’Institut Robert Koch (RKI) de l’époque a écrit un e-mail au ministre fédéral de la Santé à 4h28.« Cher Monsieur Lauterbach », écrit Wieler, “nous avons discuté hier de l’évaluation des risques au sein de la cellule de crise”.Le RKI souhaitait abaisser le risque de Corona de « très élevé » à « élevé », « étant donné que la gravité de la maladie d’Omikron est moins importante que celle de Delta ».

Vers midi, Karl Lauterbach lui a répondu : « Je considère que la rétrogradation de l’évaluation des risques est problématique ». Le ministre a fait référence au « nombre élevé de cas » et a écrit que la rétrogradation était « un mauvais signal, en particulier avant la réunion de la conférence des ministres-présidents ».

Lauterbach a-t-il exercé une influence inappropriée ?

Après la publication des protocoles du RKI en juillet de cette année, la question de savoir si le ministre de la Santé a exercé une influence inappropriée sur l’évaluation des risques du RKI a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, dans les protocoles du RKI, il est toujours question du « ministère de la Santé ».

Le rôle joué par Lauterbach lui-même dans ce conflit n’apparaît clairement que maintenant, grâce aux e-mails que le ministre et le président du RKI ont échangés durant cette période et dont disposent la WDR, la NDR et le « Süddeutscher Zeitung » (SZ). Selon ces documents, le ministre a empêché pendant des mois le déclassement préconisé par le RKI.

Des semaines d’échange de courriels

Un échange de courriels de plusieurs semaines a précédé cette rencontre. Le 15 février, Lothar Wieler a fait une nouvelle tentative : « Cher Monsieur Lauterbach », a-t-il écrit, « vous m’aviez informé l’avant-dernière semaine que l’évaluation des risques ne serait pas mise en ligne sur notre site web avant la MPK de demain. Je vous propose de convenir ensemble de la mise en ligne de l’évaluation des risques ce vendredi ».

Trois jours plus tard, Lauterbach a apparemment semblé brièvement disposé à abaisser le niveau de risque. Wieler a noté le 18 février : « Merci pour la bonne conversation. Je résume encore une fois brièvement : Le RKI mettra la semaine prochaine l’évaluation des risques (de très élevé à élevé) sur son site Internet ».

Mais Lauterbach a de nouveau changé d’avis. Au lieu de cela, l’évaluation des risques devait être révisée. Quatre jours plus tard, Wieler a écrit à Lauterbach : « Suite à notre conversation téléphonique, nous avons encore adapté deux passages. Veuillez me donner une indication, sinon nous mettrons comme convenu l’évaluation des risques sur notre site dans le courant de la journée de demain mercredi ».

« Pas de consensus » entre Wieler et Lauterbach

On ne connaît pas de réponse de Lauterbach à cet e-mail. Cependant, le procès-verbal de la cellule de crise du RKI note un jour plus tard, le 23 février 2022 : « Pas de consensus pour la publication, sera discuté entre le président et le ministre le 24.2. Publication prévue sur le site web du RKI le 25.2.2022 ».

Mais cette date est également passée sans déclassement. Au lieu de cela, on trouve désormais dans les protocoles du RKI sous cette date la mention suivante : « La réduction du risque de très élevé à élevé a été refusée par le BMG ».

A l’Institut Robert Koch, on était apparemment de plus en plus irrité par le ministre. Que devait-on faire lorsque le ministre « refusait » la rétrogradation que l’on considérait soi-même comme juste et appropriée ? La cellule de crise a discuté de la possibilité de retirer tout simplement la mention « très élevé » du site web, mais a rejeté cette idée, la jugeant « très escalade ».

Déclassement du risque en mai 2022

Ensuite, la cellule de crise n’a apparemment plus parlé de l’évaluation des risques pendant des semaines. Le 20 avril, Wieler a fait une nouvelle tentative. « L’évolution positive actuelle de la pandémie nous conduit heureusement à adapter l’évaluation des risques », a-t-il écrit au BMG. Et un jour plus tard, directement à ce « cher Monsieur Lauterbach » : « Ci-joint l’évaluation des risques révisée. Comme convenu, vous me donnerez un signal en vue de la publication la semaine prochaine ». Quatre jours plus tard, on trouve dans les procès-verbaux du RKI la mention suivante : « En attente d’une réponse du BMG. En principe, le ministre est d’accord, mais se manifeste à nouveau ».

Mais une fois de plus, il ne s’est d’abord rien passé. Le 5 mai, plus de trois mois après sa première tentative d’abaisser l’évaluation, il semblait maintenant avoir atteint son but. Wieler a écrit à Lauterbach : « Je pars du principe que nous mettrons l’évaluation des risques en ligne aujourd’hui si nous ne recevons pas d’informations contraires avant 12 heures aujourd’hui ». Lauterbach lui-même n’a plus répondu. En revanche, le chef de son département de direction, Boris Velter, a écrit : « Le texte peut désormais être publié ». Et d’ajouter : « En raison de sa sensibilité fondamentale, il devrait néanmoins voir le jour sans annonce / accompagnement médiatique, s’il vous plaît ».

Les tergiversations de plusieurs mois en 2022 remettent en question la version de Lauterbach selon laquelle il n’aurait pas donné d’instructions politiques au RKI sur le plan technique. « La politique ne s’immisce pas dans les évaluations scientifiques de l’institut, moi non plus », déclarait encore catégoriquement Lauterbach au printemps 2024.

RKI : le ministère est responsable de la gestion de crise

Mais la question de savoir quel est le niveau de risque lié au coronavirus n’est pas une évaluation scientifique ? Interrogé à ce sujet, le RKI fait savoir que l’institut est placé sous la tutelle technique du ministère de la Santé. « Les évaluations des risques du RKI reposent sur des critères scientifiques, mais ne peuvent pas être considérées comme une science protégée par la loi fondamentale », explique la porte-parole du RKI. Enfin, l’évaluation des risques a « un caractère normatif et se situe à la frontière de la gestion de crise ». Et c’est le ministère qui est responsable de cette dernière.

Le ministre de la Santé Lauterbach ne voit aucune contradiction dans sa démarche. « Si des conclusions politiques doivent être tirées de ce travail scientifique, il est de mon devoir de le faire », déclare-t-il à la WDR, la NDR et la SZ.

Lothar Wieler lui-même ne souhaite pas répondre aux questions sur le sujet. Il est toutefois clair que le chef du RKI et le ministre de la Santé ont à l’époque évalué le risque de pandémie de manière différente. Alors que Wieler se montrait « optimiste » lors de la conférence de presse fédérale début février 2022 et reconnaissait que la situation avait fondamentalement changé avec Omikron, Lauterbach regardait surtout le nombre élevé de personnes infectées, de patients dans les unités de soins intensifs et de décès.

Plus longtemps en mode d’alerte

En fait, début février 2022, 2 300 personnes atteintes de la maladie de Corona se trouvaient encore dans les unités de soins intensifs dans toute l’Allemagne – au plus fort de la vague, en décembre 2021, elles étaient encore près de 5 000. « Une maladie qui tue 200 à 300 personnes par jour, je ne peux pas dire que le risque n’est pas très élevé », a déclaré Lauterbach.

Il semble toutefois que le ministre soit resté plus longtemps en mode d’alerte que de nombreux scientifiques. Dès décembre 2021, des épidémiologistes d’Afrique du Sud avaient indiqué que l’omicron était certes beaucoup plus contagieux, mais que seul un petit nombre de personnes infectées devaient être hospitalisées. Mi-janvier 2022, des chercheurs américains dirigés par Marc Lipsitch, épidémiologiste renommé de Harvard, avaient ensuite publié une évaluation de plus de 50.000 patients Omikron de Californie, qui montrait que la mortalité était réduite de plus de 90 pour cent par rapport à la variante Delta.

L’Allemagne a continué de maintenir un niveau de risque élevé pendant longtemps

En février, l’Allemagne elle-même a continué à renoncer aux masques et à l’isolement, et la Suisse a également pris presque toutes les mesures, l’Allemagne a continué à enregistrer sous Lauterbach « très élevé » au niveau de risque de corona. L’autorité européenne de la maladie a même conseillé à l’ECDC de déclasser si 75 % de la population était vaccinée, comme le personnel de crise des RKI l’a maintenu dans ses protocoles. 75 % des vaccinations initiales ont atteint l’Allemagne le 27 février. Décembre 2021, 75 % de secondes vaccinations.

L’Allemagne a longtemps maintenu un niveau de risque élevé

Alors que le Danemark a levé toutes les mesures au 1er février 2022, que la Norvège a elle-même renoncé aux masques et à l’isolement depuis le 12 février et que la Suisse a également réduit presque toutes les mesures, l’Allemagne a continué à maintenir le niveau de risque Corona « très élevé » sous Lauterbach. Pourtant, même l’ECDC, l’autorité européenne de contrôle des maladies, a conseillé un déclassement si 75 pour cent de la population était vaccinée, comme le note la cellule de crise du RKI dans ses procès-verbaux. L’Allemagne atteindrait 75 pour cent de primo-vaccination dès le 27 décembre 2021, 75 pour cent de seconde vaccination le 25 février 2022.

Source: https://www.tagesschau.de/investigativ/ndr-wdr/corona-massnahmen-lauterbach-wieler-100.html?sfnsn=wa

Assange est libre, pas la presse…

Lundi 18 novembre, la place de La Monnaie.

Photos RENAUDFANG.COM

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, et pendant plus de cinq ans, des femmes et des hommes arpentaient chaque lundi cette place centrale de Bruxelles pour informer les citoyens de la situation de Julian Assange, criminalisé par les USA, emprisonné à Londres pour avoir fait son travail de journaliste.

Aujourd’hui, grâce à la mobilisation de milliers de gens dans le monde, Assange est libre. Mais la liberté de la Presse, le droit de savoir, le droit d’être informé ressemble toujours plus à une baudruche crevée…

Et le journaliste honnête, qui fait son travail en conscience, qui « défend la liberté de l’information, du commentaire et de la critique. Et qui respecte la vérité quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité » ( charte de Munich ; Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) risque d’y laisser sa vie. En Palestine, le mot presse sur le gilet censé protéger les journalistes s’est transformé en une cible accrochée dans leur dos.

Les big-médias traditionnels toujours friands d’infos sanglantes ne font pourtant pas leur une sur l’assassinat des journalistes au Moyen Orient…

Et donc, ce lundi 18 novembre, le « Comité Free.Assange.Belgium », dans la droite ligne de ses engagements pour une presse libre et juste, est revenu Place de la Monnaie pour dire haut et fort, en images et en discours :

STOP A L’ASSASSINAT DE JOURNALISTES PAR ISRAËL À GAZA.

RENAUDFANG.COM

Cette action a été soutenue par l’Association belgo-palestinienne.

Présent aussi, Lode Vanoost, journaliste à « DeWereldMorgen.be », a dénoncé dans son discours la faillite des médias traditionnels :

« …Assange est libre, mais la lutte est loin d’être terminée, bien au contraire. Les chiffres sont hallucinants : plus de 180 journalistes ont été tués, massacrés à Gaza. Les émeutes à Amsterdam étaient dérisoires en comparaison, mais elles ont révélé une réalité importante : la faillite morale des médias mainstream. Ce n’était pas du cadrage biaisé, ni des distorsions. C’était une inversion complète des faits. L’hypocrisie totale dans toute sa splendeur. (…)La photographe d’Amsterdam Annet De Graaf a filmé des images de hooligans du Maccabi frappant des gens. Avec stupeur, elle a constaté que les commentaires accompagnant ses images dans The Guardian, The New York Times et la BBC affirmaient exactement le contraire. Ils ont transformé ces fanatiques génocidaires en victimes. (…) Voilà le niveau journalistique de nos médias. (…) C’est à nous tous, sur les réseaux sociaux, dans nos médias alternatifs, de continuer à répondre à cette honte. Non au génocide, non aux mensonges médiatiques. »

RENAUDFANG.COM

Extrait du discours de l’ ABP : «  La guerre se gagne aussi par la communication. Et ça, Israël l’a bien compris. C’est pourquoi, depuis le début du génocide, Israël tente d’éteindre toute voix qui rendrait compte des massacres qu’il est en train de commettre en Palestine. (…)Être journaliste en Palestine, c’est vivre constamment avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Craindre constamment pour soi et pour sa famille d’être la cible des drones pour avoir tenté de rendre compte de ce cauchemar éveillé. D’élever sa voix, de faire voir au monde ce qu’il permettait. (…)Mais les journalistes palestiniens, qui ont bien des leçons à fournir en termes d’éthique à la majorité des journalistes occidentaux, continuent de travailler malgré la menace constante qui pèse sur elles et eux. En espérant que le monde se réveille. »

Nous en sommes bien loin : La classe politique européenne soutient les assassins de masse israéliens en Palestine. Dans notre pays, des mandataires politiques se réjouissent lorsque des crimes de guerre sont commis par Israël : « Les bipeurs, c’est du génie ! » selon MM Francken et Bouchez !! sans grande réaction d’autres hommes politiques, sans que « la Ligue des droits de l’homme », pardon, « des droits humains » n’assignent, à ma connaissance, ces personnages en justice pour apologie de terrorisme !

Un des moments les plus émouvants fut la longue, très longue lecture à voix haute des noms de 188 journalistes palestiniens assassinés à Gaza depuis le 8 octobre 2023.

Nombreux étaient les passants qui ne connaissaient pas l’ampleur de ce massacre. Scandalisés, ils ont signé la lettre ouverte proposée par le comité. Elle sera envoyée au parlement européen et au parlement fédéral:

« Aujourd’hui, partout dans le monde, mais principalement à Gaza, Cisjordanie, et an Moyen Orient, les journalistes qui font bien leur travail, qui informent les populations, qui disent les crimes de guerre, sont ciblés, pourchassés, emprisonnés, assassinés, par ceux qui veulent que les populations soient dans l’ignorance. Le droit de savoir, le droit d’être informé et construire ainsi notre pouvoir de décision est un droit imprescriptible en démocratie. Nous avons défendu Julian Assange. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation de milliers de personnes scandalisées par la criminalisation de son travail de journaliste, il est libre.

C’est ce combat que nous menons, celui pour le droit de savoir, le droit d’être informé et construire ainsi notre pouvoir de décision. Nous vous demandons instamment, Mmes Mrs, de soutenir les journalistes indépendants, et de continuer avec eux le combat pour la liberté de la presse et une véritable information.

Exigeons de nos gouvernements qu’ils appliquent et fassent appliquer les lois internationales en actes et pas en paroles, coupent les liens avec l’état d’apartheid criminel d’Israël et dénoncent l’assassinat des journalistes et la destruction de la liberté de la Presse ».

Le Comité Free.Assange.Belgium  a l’intention de renouveler cette action de « salut moral » aussi souvent que nécessaire. Espérons, pour les journalistes palestiniens et arabes, que cela ne dure pas aussi longtemps que pour Assange…

Le « séparatisme territorial » du vote Rassemblement national (RN) expliqué à l’idéologie métropolitaine


Le RN dans les ruralités : pauvreté et misère en action[1]

Les temps récents ont beaucoup bruissé sur les villes moyennes, les petites villes et surtout les ruralités. Électoralement, il s’entend. Alors, RN ou pas RN ? Conservatrices ou non ? Réactionnaires ou pas ? Car un fait est venu conforter ce que l’on savait : le vote en question s’exprimerait davantage dans les ruralités et surtout s’exprime bien moins dans les grandes villes. Et une explication s’est imposée lors des élections européennes et législatives de 2024 en France : les conditions de ressources et l’accès au travail.

Ainsi, tel que l’exprimait Camille Borden et dans un article du Monde largement relayé[2], le vote RN serait celui de la pauvreté et de la misère, celui des précaires, des classes populaires, éloignées des grands bassins d’activités ou mal insérés dans les grandes polarités. Reprenant les articles et tribunes d’Olivier Bouba-Olga ou encore d’Eric Charmes, les différences spatiales entre villes et campagnes seraient ainsi le décalque de la répartition des inégalités sociales face au travail, avec un sentiment de déclassement converti géographiquement en défiance.

D’un point de vue géographique, on pourrait de prime abord se dire que tout ceci est finalement logique. Les villes et les campagnes sont unies par une seule réalité largement démontrée, celle de l’ordre du capital et de ses mutations. Tout serait donc affaire d’économie et de rapports sociaux avec, derrière, systèmes de production et mondialisation. Toutefois, les comportements électoraux n’auraient-ils pas de liens aux espaces de vie et aux affects construits, sinon transcrits dans la seule structure de l’économie ? Plus largement, les cultures politiques locales et les sentiments qu’elles procurent n’auraient-elles aucune influence sur la répartition d’expressions politiques situées ?

Et si ce type d’explication quelque peu uniforme, que la gauche sociale-démocrate relaye sans relâche, participait finalement de ce qu’elle condamne : la possibilité donnée au RN de construire en toute tranquillité son propre récit géographique et culturel des ruralités (racines et traditions, éternité et… envahissement) ?

Omission coupable : la diversité des formes d’habiter dans les ruralités

Partons de quelques situations. Chacune et chacun l’aura remarqué, interpeller le maire sur la place du village lors du marché hebdomadaire vaut, c’est évident, formulaire pour obtenir, on ne sait d’ailleurs quand, un rendez-vous auprès d’un ou d’une maire d’arrondissement. Plus encore, la débrouille du quotidien, celle dont la réalité sociale permet pour un nombre croissant de personnes de simplement survivre, ne dépend-elle pas un peu de ressources situées et de paysages de la proximité (outillage et biens vivriers, menus services et autres coups de main apportés, visites inopinées par un emploi du temps un peu moins saturé ou petits moments pour simplement se parler en fin de journée…) ? Et l’on pourrait poursuivre par d’autres pratiques non moins très situées, elles-mêmes documentées dans leurs réalités, comme celles de paysages traversés, d’espaces parcourus, d’extérieurs côtoyés par l’usage imposé et tant critiqué de la voiture dans ces contrés. La recherche en sciences humaines nous dit que l’absence de la vue au loin et de belvédère nuit à tout imaginaire, autant que le peu de contact à la nature nuit à l’apaisement. Voilà sans doute pour d’autres sentiments, ceux-là mêmes que, justement, le tourisme champêtre (et urbain) reconnaît souvent comme dépaysant et dont la rareté et le coût d’accès depuis les hautes tours métropolitaines prive la quasi-totalité des urbains.

En fait, dans la lecture dominante proposée, celle socio-économiquement omnipotente et géographiquement légèrement atrophiée, adieu les espaces et cadres de vie, les paysages et les environnements. Adieu chemins et jardins, maisonnées et petites centralités, faibles densités et proximités, comme plus largement tout ce qui fait géographie comme attachement et signifiant, comme expériences et connaissances, épaisseur du temps et ce faisant bien évidemment aussi sentiments. Qui n’a d’ailleurs jamais remarqué que ce qui nous entoure nourrie ses propres croyances et valeurs, sans pour autant être uniquement inféodées aux bases et structures économiques et sociales ? Qui n’a jamais constaté que les géographies de vie ont une petite influence sur les existences et dès lors sur les façons de se figurer symboliquement et pratiquement les puissances et les forces qui agissent sa proximité, son quotidien, son environnement ? Les exemples pris, c’est-à-dire l’accès direct aux décideurs locaux, l’entraide de subsistance ou encore la tempérance des vies, ne participent-ils pas aussi de cognitions, de représentations politiques situées ?

Nous avons affaire à un grand déni, celui de l’habiter, c’est-à-dire les liens que les sociétés tissent avec leur espace de vie pourtant mis en avant par la géographie et l’anthropologie comme expérience située de vie, comme connivence avec la localité, et ce faisant aussi, comme construction de nos affects et subjectivités… politiques. Ici, les dépositaires d’un courant entier de la philosophie, la phénoménologie, doivent bien s’amuser en se voyant à ce point niés car, non, les « effets de lieu » ne sont pas simplement la spécificité locale des rapports de classes converties en places. De même, les dépositaires, historiques, de la géographie, ceux ayant durablement travaillé sur des genres de vie attachés à des pays géographiques et à leur proximité, seront sans doute flattés. Ainsi que toute la géographie culturelle et sociale d’aujourd’hui, et même que la sociologie pragmatique. Mais d’où vient ce déni pour des auteurs qui se prévalent souvent de la géographie voire du titre de géographe (sans d’ailleurs jamais vraiment l’être)[3] ?

Cadrage idéologique : la grandeur urbaine et sa colonialité

Ce déni remonte à fort loin, en fait à une construction de l’État qui, par dessein d’unification, s’est faite au détriment des localités, rurales en particulier, par craintes de quelques passions mal canalisées, des mondes paysans puis ouvriers singulièrement. Or, ce déni se poursuit aujourd’hui largement par les catégories employées et les entendements développés, héritiers de savoirs orientés par et vers cette gouvernementalité.

En premier lieu, les lectures majoritairement proposées, celles rabattant des formes géographiques sur des facteurs sociologiques, celles parlant d’effets de structure spatiale par des indicateurs économiques standardisés, permettent de légitimer et d’adosser la réponse centralisée des politiques d’État à la centralité économique critiquée. Lorsqu’elles s’y laissent aller, les pensées relayées proposent et défendent en fait toujours les mêmes recettes et solutions face à la délocalisation et aux conséquences politiques contre lesquelles ils disent lutter : redéploiement national des activités industrielles comme plus largement économiques par relocalisation (et ce depuis quelques polarités urbaines) et défense des services publics, dans les deux cas par redistribution du paternalisme d’État.

Voilà comment selon les recettes souvent prônées et les données servant à les justifier il s’agirait d’apporter solution au vote frontiste des ruralités : un réarmement de l’action d’État avec, a minima, un ruissellement économique jamais véritablement démontré ou encore des modèles de services et d’aménagement largement importés, à l’exemple parmi d’autres en France de l’Action cœur de ville pour les villes moyennes.

Mais, ce mantra de la réponse d’État n’aurait guère de portée sans d’autres idées nécessaires au cadrage idéologique. Ici, un concept fait son entrée en arrière-plan : selon ces pensées, il y aurait une urbanisation généralisée des modes de vie et ce quels que soient les espaces et situations, pays et gouvernements. De la mobilité à la consommation de biens de première nécessité, de l’équipement des foyers à l’extérieur des activités… tout serait en voie d’être uniformisé par l’urbanisation. Bien que relativisée par nombre de recherches portant sur les ruralités, car faisant fi des environnements de vie, cette lecture fonctionnelle embarque alors tous les habiter dans un même mouvement, homogénéisant. Les maisons périurbaines sont présentées comme des nappes pavillonnaires uniformisées, les mobilités rurales comme uniquement dépendantes de l’automobile, les petites villes et villes moyennes attachées à l’offre de supermarchés… Et dès lors, on l’aura compris, vient assez rapidement dans le propos, particulièrement sur une base éco-responsable et morale urbaine de plus en plus remarquée, l’injonction à changer de modes de vie, d’abord pour les classes populaires, dans des ruralités d’abord nassées par cette logorrhée unifiée et renvoyées à l’obsolescence par cette belle modernité.

Voici les procédés discursifs par lesquels deux champs et effets de structure, économique (le marché mondialisé) et politique (l’État centralisé), évoluant consubstantiellement dans l’esprit des mêmes experts, aplatissent la diversité géographique des territoires. Voilà comment, dans le rural, le local et ses habitudes de vie sont présentées comme homogènes et uniformes, pour un État cherchant toujours et encore, par le fait même de ses institutions, faire advenir l’unité et la prospérité. Or, dans ces discours, les grandes villes sont présentées comme le siège de la richesse économique et le foyer de l’émancipation. Pourquoi se priver d’en faire le référentiel premier, le modèle d’interprétation à partir duquel on traitera de loin les autres territoires ? Ce positionnement implicite, clairement épistémique et macro-céphalique, poursuit en fait l’œuvre d’inconsidération historique, mettant allègrement de côté que les ruralités sont faites de longue date par ces mêmes politiques d’État à la main des grandes villes, exploitées et colonisées à des fins de production et de subsistance aux bénéfices des grands centres urbains.

Savoirs de gouvernement et retranchement des fiertés

Et c’est ainsi que, sans trop forcer la comparaison, il n’y a pas loin entre des termes chatoyants de « ploucs », « bouseux » et « culs terreux » du milieu du siècle dernier et les qualifications actuelles et usuelles données aux populations et territoires ruraux dans notre temps néolibéral de la métropolisation :

  • le « moyen » sert à y qualifier les « villes moyennes » et les classes « moyennes » en voie de déclassement (belle reconnaissance que de se voir qualifié de « moyen »),
  • les « périurbains » et « suburbains » caractériseraient celles et ceux qui n’auraient pas la chance de vivre dans les cœurs métropolitains battants (pour rappel « péri » signifie autour et « sub » en dessous),
  • le « mitage » des paysages qualifie l’habitat dispersé, type d’habitat pourtant au cœur de l’histoire de fragments entiers des ruralités,
  • … et, bien que très récemment requalifiée en diagonale des faibles densités, la chatoyante « diagonale du vide » viendrait caractériser des territoires entiers prétendument déclinant.

Tout ceci sans même parler du gradient d’urbanité développé par certains géographes pour apprécier la diversité sociale et culturelle que la densité des grandes villes offrirait, permettant en retour de qualifier les ruralités d’ « hypo-urbaines », c’est-à-dire de moins civilisées.

Par cette terminologie promue au sein des savoirs dominants, non seulement des réalités sont aplaties mais surtout des regards sont portés, des représentations imposées et, sans nul doute, des fiertés retranchées. Car, de là à en déduire que, dans les ruralités, les espaces seraient globalement inertes et les pensées assez amorphes, la vie forcément étriquée et les normes sociales très pesantes, le tout en comparaison de l’activité fort stimulante et des capacités offertes dans les grandes densités, il n’y a qu’un pas que les commentateurs avisés franchissent parfois allègrement. Souvenons-nous d’ailleurs de l’accueil « chaleureux » des écrits sur la France périphérique que la quasi-totalité des chercheurs en sciences sociales continue de nier[4]. Souvenons-nous également de la réception très réservée au mouvement des Gilets jaunes par ces mêmes soutiens au tout urbain[5], alors même que celui-ci a bien incarné une économie morale de modes de vie périphériques (rapports à la mobilité et à l’habitat, à l’énergie et à l’alimentation), ainsi qu’a attesté d’une désaffiliation au régime politique de la représentation, d’abord celui des Cités(-États).  

Et c’est ainsi que l’on peut lire qu’« À travers la petite ville, les Français demandent la protection. Mais l’urbain, ce n’est pas la protection, c’est l’exposition ! Si l’on ne joue que la protection, on tue l’espace public, et on tue la démocratie. Paradoxalement, c’est dans les grandes métropoles que peuvent se réinventer des modalités de sécurité et de protection. Pour cela, il faut approfondir une citoyenneté politique et une citoyenneté sociale dans des espaces cohérents, qui ont du sens[6]. ». C’est ainsi qu’on lit également : « On ne peut être progressiste si on ne reconnaît pas le fait urbain et la disparition des sociétés rurales. »[7]. C’est ainsi, enfin, que l’on doit admettre que, par de tels jugements, dans les villes moyennes, « la modération devient un manque d’imagination, la douceur de vivre de l’endormissement, l’équilibre de l’ennui, l’harmonie du conformisme »[8].

Voici pour un petit mépris social et culturel, auquel participent, involontairement sans doute, nombre de collègues. En fait, bien plus que la prétendue croissante xénophobie largement instrumentalisée, ne serait-ce pas ce dénigrement qui produirait un peu de ressentiment ? En tout cas, voilà pour l’ordre centralisé des politiques d’État, avec, derrière, la prévalence des pensées et savoirs-experts qui en forment, épistémologiquement, le fondement (et que l’on entend à longueur de temps). Les terroirs et genres de vie (termes eux-mêmes abandonnés aux pensées réactionnaires) seraient totalement uniformisés, sans aucune capacité, depuis les pensées converties au monde entier par leurs propres activités (les savoirs les mieux installés vivent la ville métropolisée).

Prendre distance des métropoles : l’autonomie

Ainsi donc, depuis les grandes villes et leurs métiers, savoirs, professionnalités, fort peu d’histoires géographiques propres et de paysages singuliers accordés aux ruralités ; fort peu de diversité architecturale localisée et de cultures situées reconnues ; et ce faisant fort peu de capacités d’initiatives et d’ingéniosités. Dans les campagnes, il n’existerait pas de possibilités endogènes pour des trajectoires singulières. Et pourtant, les maisons n’y sont pas toutes des pavillons, les commerces pas tous des supermarchés, les mobilités carbonées plus imposées que réellement désirées… et, plus encore, les espaces de vie et localités offrent bien plus de particularités et possibilités que ne le prétendent de telles généralités. C’est ici que d’autres faits livrent des réalités autrement géographiques cette fois-ci. Et, le diable étant toujours caché dans les détails, les analyses du moment en proposent même, bien que reléguées en notes de bas de page, certaines prémices.

L’emploi productif en crise ?

Tout d’abord, si l’aisance financière, le niveau d’éducation, la position dans la stratification sociale ou encore l’absence de services publics grossissent les flux électoraux du RN, à y regarder de plus près, la réalité est plus subtile.

Le nombre d’emplois dans les fonctions dites « productives » par exemple a connu une augmentation de 6,7 % entre 1999 et 2020, y compris dans la Bretagne orientale, la Vendée, le Languedoc, la Provence, la Corse, la vallée du Rhône, les sillons alpin et rhénan, ainsi que plusieurs villes de moins de 80 000 habitants (Agen, Albi, Pau, Rodez, Quimper…). Dès lors, s’il y a bien eu contraction spatiale des nouveaux emplois dans certains bassins ruraux tels les Vosges, le Jura, le Massif central, et dans plusieurs villes de moins de 50 000 habitants, la baisse ne saurait être systématisée à un type de territoires en particulier, en l’occurrence et à rebours des analyses dominantes, à ceux les plus éloignés des grands pôles d’activités.

En outre, à suivre les travaux du géographe Arnaud Brennetot, la baisse de tels emplois productifs à certains endroits n’implique pas nécessairement la baisse de la production, de la valeur ajoutée ou des investissements, notamment là où des gains de productivité sont réalisés. Et cette baisse est parfois compensée par l’essor des fonctions présentielles liées aux dynamiques démographiques, qui, en pourcentage sont en moyenne supérieures dans les ruralités que dans les grandes villes métropolisées. En définitive, seulement certains des territoires demeureraient piégés dans des trappes de déclin systémique. Voilà pour un peu moins d’uniformité.

Dès lors, d’autres dimensions et paramètres éclairant la réalité économique et sociale. Parmi les facteurs influents figurent notamment le sentiment quant à ses propres conditions de vie et à leur évolution, de même que la capacité non moins située à avoir la maîtrise de sa propre vie, de ses propres de choix d’existence et de subsistance. Voilà qui traverserait aussi le vote analysé et qui suggère bien l’influence de la grande ville métropolisée, mais ici moins par représentations distanciées que par certaines influences directement décelées.

Le « périurbain » ou le ressentiment par la comparaison

C’est indéniablement dans le périurbain éloigné (singulièrement parisien et lyonnais) mais néanmoins accueillant une certaine densité que, sans doute, le vote RN a été le plus important lors des dernières élections. Or si ceci n’est pas le seul fait des catégories populaires – mais aussi des catégories intermédiaires d’âge et de diplôme, comprenant, autre terme chatoyant employé dans la littérature installée, les « petits-moyens » – ce vote prospère surtout aux lisières, là où selon les indicateurs la part des actifs qui ont un emploi dans le centre urbain le plus proche est sans doute la plus faible, là également où le prix de l’immobilier est le plus bas en comparaison des grands centres urbains.

Voilà donc introduit pour le premier paramètre identifié. Il s’agirait de considérer le sentiment contrarié quant à ses propres conditions de vie et leur évolution au regard de la situation de sa localité et des politiques d’aménagement menées. Et, comme on le voit, entre fonctions et commodités, le fait métropolitain n’y est pas étranger, que ce soit en termes de concentration des emplois, de concurrence immobilière en découlant ou encore de taux de couverture en services. C’est par comparaison de traitement, et plus encore par sensation de relégation, que les disparités nourrissent un sentiment d’abandon, d’abord dans l’aire d’influence des grandes (et aussi des villes moyennes).

Mais, allant maintenant dans les dites ruralités, l’influence métropolitaine sur le vote RN ne s’arrête pas là. Elle est cette fois-ci inverse aux effets précédents : un potentiel de réaction et une capacité d’action propre à atténuer la probabilité du vote en question. C’est notamment le cas de l’Isère, distinguant pour la Présidentielle de 2022 : un fort taux de vote RN dans le « périurbain » ayant densifié ses habitations sur les dernières décennies, et ce dans les plaines et collines au Nord-ouest du département, sous la double influence de Lyon et Grenoble ; et, à l’opposé, certes Grenoble mais aussi des massifs de l’Est et du Sud du département (Vercors, Chartreuse, Belledonne, Oisans et  Sud Isère) présentant des densités bien moindres.

L’autonomie locale comme remède à la fragmentation territoriale ?

En fait, il est également pour ne pas dire surtout à remarquer que plusieurs territoires pleinement ruraux sont bien moins concernés par la propension du vote RN, qui plus est des contrées qui souvent ne brillent pas par les grandes dynamiques de l’emploi ou par l’offre de services de proximité tant vantées comme solution. Dans les Pyrénées Atlantiques, dans les Hautes-Pyrénées ou dans l’Ariège, dans la Creuse, en Corrèze, dans le Cantal ou en Lozère, en Sud-Isère, en Savoie, en Haute-Savoie et dans la Drôme, ou encore dans l’ensemble de la péninsule bretonne jusqu’aux Deux-Sèvres, la Mayenne et la Haute-Vienne, de nombreux territoires largement pourtant à dominante rurale affichent des pourcentages de vote RN plus faibles.

Or, ces différents territoires affichent tous peu ou prou non seulement de faibles densités et des caractéristiques géo-historiques assez voisines, ainsi que certaines traditions marquées en termes de cultures… politiques. Et ces particularités renvoient indéniablement à des solidarités sociales et productives qui se sont construites sur le temps long et qui se sont bon an mal an maintenues ces dernières décennies. Comment ? En privilégiant l’autonomie, et ce, c’est à remarquer, sinon à rebours tout du moins en dehors de l’influence métropolitaine et/ou des grands aménagements. Les Pyrénées orientales attestent notamment de telles influences : plus on s’éloigne de l’urbanisation littorale pour prendre de l’altitude et être dans des habiter plus dispersés, moins le vote RN est représenté. Et, plus largement, remarquons pour exemple que l’économie sociale et solidaire, certes sociologiquement marquée, occupe une place bien plus importante en zones rurales qu’en zones urbaines et périurbaines (Observatoire National de l’Économie sociale et solidaire).

Voici donc un facteur d’atténuation du vote RN propre à certaines caractéristiques portées par les ruralités reculées : des différences fondées sur des capacités endogènes à trouver réponse par la vie locale et ses initiatives aux mutations économiques globales, sur la base d’histoires et de cultures sociales situées (avec quelques héritages du socialisme municipal et/ou du radical-socialisme), et ce dans le champ du travail comme plus largement dans celui des subsistances et de leur partage par des dynamiques associatives plus actives, déliées de l’influence des grandes villes. C’est aussi le cas de Grand-Combe dans les Cévennes, avec malgré la configuration là aussi un taux de vote RN étonnement bas, entre réactivation des solidarités du travail industriel et création communautaire pour faire entraide et sociabilité[9].

Nous sommes ici au contact du second paramètre précité pour la remise en géographie : la possibilité d’avoir la maîtrise de sa propre vie, et ce faisant la liberté retrouvée de ne plus s’en laisser conter sur les dépendances et les réponses éloignées par les jeux d’assemblées et l’ordre mondialisé (métropolitain). Et le contraire eut étonné à en juger le poids du sentiment non pas seulement d’abandon ou de relégation, mais aussi de dépossession de quelques capacités dans la probabilité de l’expression politique analysée. Tel que le dit Benoît Coquard, les ouvriers et employés des villages sont pris dans des rapports de réciprocité intenses. Les réduire, par une bienveillance située socialement, à cette image d’abandonnés ne fait probablement que susciter chez eux le sentiment d’être incompris.

Cependant, si la plus grande autonomie des ruralités vis-à-vis des mutations économiques est vraisemblablement une des clefs premières pour inverser le vote en question, là non plus, rien n’est dit sur ce réarmement de telles capacités morales et politiques dans les discours du moment. Lorsqu’Olivier Bouba-Olga et Vincent Grimault d’Alternatives Economiques indiquent par exemple que l’intégration d’effets d’appartenance régionale ne modifie pas les résultats des dernières séquences électorales, lesdits effets sont appréhendés depuis les régions définies administrativement par l’État, depuis les systèmes indiciaires de l’Insee et de leur lecture massifiée et uniformisée. Bref, depuis les grandes institutions au creuset de l’arraisonnement et de la neutralisation des cultures locales !

Conclusion : sortir des citadelles métropolitaines pour enfin faire de la géographie

Au final, si les conditions de ressource économique sont bien un explicatif premier d’une propension au vote RN dans les ruralités, la géographie apporte quelques subtilités, avec pour particularité ici de mettre en lien de telles destinées avec l’évolution même des grandes villes. En fait, qu’il s’agisse des dépendances périurbaines par le halo métropolitain des différences de traitement ou des prises de distance par des cultures rurales renouant avec certaines habitudes sociales et politiques attachées à des milieux géographiques éloignés, le devenir métropolitain du pays joue un rôle premier dans le vote des ruralités.

Et ceci est somme toute logique. Si les sentiments de déclassement voire de relégation économique prévalent bien dans d’anciens bassins industriels[10], et que ceux d’assignation et de dépossession spatiale prévalent sur des littoraux pris d’assaut par quelques patrimoines parisiens et internationaux[11], comment ne pas imaginer que les foyers premiers de cette richesse sélective (les métropoles), que le théâtre principal de l’exercice distinctif du pouvoir central (les Métropoles), ne soient pas l’objet principal de quelques ressentiments, voire réprobations ?

Dès lors, si les métropoles apparaissent aujourd’hui pour certaines et certains comme un rempart électoral (à Paris, le vote RN a fait 8% aux dernières législatives), c’est en fait un rempart de citadelle car loin de se vivre en permanence comme abandonnés par Paris, les populations rurales rejettent surtout le mode de vie métropolitain. Voici pourquoi les Métropoles restent totalement indécentes et pleinement barbares[12]. Historiquement, la barbarie émane toujours d’un discours simultanément de supériorité et de séparation, promu par la « civilisation » à des fins de reproduction. Voilà surtout pourquoi l’autonomisation locale est, dialectiquement, la solution au séparatisme territorial, lorsque les disparités de regards et de traitements orchestrent assignations et blessures qui déterminent de beaucoup les suffrages exprimés. A l’opposé du gradient d’urbanité manifestant un sentiment de supériorité des métropoles sur toute autre forme d’habiter, et incitant l’ensemble des autorités de poursuivre l’œuvre historique de colonialité intérieure, il serait bienvenu d’appliquer une lecture inversée : intégrer la prise d’autonomie vis-à-vis des pouvoirs économiques et politiques des métropoles comme critère (et dès lors pour les férus de mesure, un gradient d’autonomie cette fois-ci).

Guillaume Faburel, géographe, Pr. Université Lyon 2, Mouvement Post-urbain.


Les facéties de la barbarie ordinaire, #3 – Centenaire de la mort de Kafka (1924-2024)

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Introduction

À propos de tel aspect absurde de notre temps, par exemple la bureaucratie numérique, on entend souvent dire : c’est kafkaïen. L’adjectif est injuste. Car…

…Franz Kafka n’est pas kafkaïen.

Le « kafkaïen » résulte d’une lecture superficielle de l’œuvre et de notre temps. Sous prétexte que notre époque passe pour rationnelle et que Kafka s’écarte de cette sorte de rationalité, il serait un écrivain de l’absurde. Un explorateur des gouffres métaphysiques de l’humain. Un religieux de l’abîme. Un mystique. Mieux : un mystique juif. Non qu’il n’y ait pas de gouffres chez lui, mais il faut commencer par entendre l’objection qu’il pose dans son Journal du 25 février 1918 : « Je n’ai pas été, comme Kierkegaard, guidé dans la vie par la main déjà bien affaiblie sans doute du christianisme, et je n’ai pas, comme les sionistes, saisi tout juste la dernière frange du châle de prière juif qui s’envole.[note] »

La servitude libre

La Première Guerre mondiale, la montée du gigantisme industriel, le père entrepreneur en bonneterie, la plongée dans les arcanes du droit au sein des Assicurazioni Generali de Prague ont rendu Kafka faible et suicidaire. Seule planche de salut : écrire. La littérature est vitale. Écrire donne de la force parce que c’est une manière de se tenir hors des « intérêts marchands »[note].

Plus précisément, Kafka est faible parce que les « intérêts marchands » trônent en dictature au beau milieu d’un espace où, dans le principe, ils n’ont pas leur place : la famille. Ils s’y sont installés sous la pression de Hermann, père et patron, chef d’État miniature, qui fait pression sur le fils pour qu’il renonce à la littérature et vienne aider à l’entreprise familiale – au nom de l’amour qu’on se doit dans la famille et surtout du confort que moi, le père, je t’apporte à toi, le fils, dans notre appartement bourgeois où tu as tout loisir d’écrire. Le chantage affectif est épuisant. Franz voudrait fuir le confort qui l’asservit. Il n’y parvient pas. Il affronte ainsi, au cœur de la famille, le grand problème de l’Occident depuis La Boétie : la servitude libre ou désirée-désirante. Il est si bon de servir un État paternaliste et un paternel patron, de jouir du confort que le patriarcat politique ou familial vous apporte. Revers de la médaille : on y perd l’autonomie. Le grand tourment de Kafka est le patriarcat indissociablement politique, économique et psychofamilial.

L’État ne suscite pas la loi propre (auto-nomos) ; il impose une loi impropre (hétéro-nomos). Et la famille nucléaire ne fait pas mieux, car « toute famille typique ne représente d’abord qu’une connexion animale, pour ainsi dire un organisme unique. » Avec un « monstrueux excès de pouvoir » du côté des parents. Or pour qu’il y ait éducation, il faudrait qu’une « recherche d’équilibre a[it] lieu entre parents et enfants ». En l’absence d’équilibre, « il n’y a pas la moindre trace d’une éducation véritable, qui consiste à développer dans le calme et dans un amour désintéressé les facultés d’un être en devenir, ou même seulement à tolérer tranquillement un développement ayant sa loi propre.[note] » Loi propre, auto-nomos, autonomie.

Dans Maîtres anciens (1985), que Pierre Bourdieu commente brièvement à l’occasion de son cours Sur l’État (1989-1992), le romancier autrichien Thomas Bernhard dit : on croit que les enfants naissent du ventre des mères, c’est faux, « les enfants d’État naissent du ventre de l’État », nous n’avons « que des enfants d’État, des élèves d’État, des employés d’État, des vieillards d’État, des cadavres d’État. L’État ne fait et ne permet que des humains étatisés. » Quelques décennies plus tôt, Kafka voyait un peu plus large et disait : nous sommes intimement étatisés, paternisés, patronisés, entrepreneurisés. Kafka est suicidaire parce que le Père-Patron-État-Entrepreneur habite en lui et lui dit : tu es libre et tu es mon serf libre. Tu es libre que je t’asservisse avec amour. Le Père-Patron-État-Entrepreneur tranche le fils en deux. Une moitié du fils est l’esclave fouetté, l’autre moitié du fils est le maître et père fouettard, de sorte que la révolte se tourne contre le révolté : « La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle-même pour devenir maître ; et ne sait pas que ce n’est là qu’un fantasme produit par un nouveau nœud dans la lanière du maître.[note] »

Les barreaux de la prison ne sont pas hors du fils, ils sont dedans. Le combat contre la servitude libre est intérieur. « Son propre os frontal lui barre le chemin, il se met le front en sang en le cognant contre son propre front.[note] » Il est difficile de vivre avec une telle schize. Kafka : « J’ai passé ma vie à me défendre d’y mettre fin.[note] » Et s’il a réussi à ne pas y mettre fin, c’est parce qu’il a puisé des forces extraordinaires dans l’écriture : « L’assurance que me procure le moindre travail littéraire est indubitable et merveilleuse.[note] » Un peu plus tard : « J’ai puissamment assimilé l’élément négatif de mon temps », et grâce à l’écriture, activité non seulement libre, mais surtout autonome, « ce négatif extrême se retourne en positif.[note] »

À la fin de 1912, Kafka écrit La Métamorphose. C’est l’histoire de Grégoire qui, un matin, se réveille transformé en infect cancrelat. Pourquoi cette transformation ? Mystère. Absurde ? Cela ne paraît absurde que si on fait abstraction de la concrétisation de la métaphore. La concrétisation de la métaphore consiste à supprimer le « comme » dans la phrase : Kafka se dégoûte tellement lui-même de persévérer dans la servitude libre qu’il se ressent comme un cafard répugnant. Effacez le « comme », et vous obtenez l’homme-cancrelat de La Métamorphose. Grégoire se dégoûte lui-même parce qu’il est voyageur-représentant de commerce, activité qui lui est imposée par ses parents, surtout par son père. La famille a contracté des dettes auprès d’une entreprise, et pour payer les dettes, le père a fait embaucher le fils par l’entreprise. Double absurdité : celle du métier de voyageur de commerce, celle de l’injonction paternelle à laquelle Grégoire se plie par devoir moral. Car les parents, on les aime, même quand ils sont maltraitants. Et cet amour est parfois une prison sans barreaux, une servitude sans fouet. Où est le mystère, où est l’absurde ?

En 1914, pendant la Première Guerre mondiale qui commence, Kafka achève Le Procès. Sommet, paraît-il, de l’absurde, mystère abyssal de la culpabilité substantive de l’humain. Le Procès est l’histoire de Joseph K. (Kafka ?), fondé de pouvoir dans une banque. Un matin, deux gardiens se présentent chez lui et lui signifient son arrestation, en précisant toutefois … qu’ils le laissent libre. Motif de l’arrestation ? Personne ne le sait. Mais Joseph, lui, semble savoir qu’il doit préparer sa défense. Et de courir librement les bureaux et les annexes du tribunal. Il passe tout le roman à courir, à questionner, à demander conseil. Peine perdue. Au dernier chapitre, deux membres du tribunal – deux messieurs fort affables et souriants – viennent le chercher. Joseph les suit volontiers – jusqu’à une carrière en périphérie de la ville. Là, l’un des deux messieurs sort un couteau, et le remet poliment à son collègue qui le lui rend poliment, et ainsi de suite pendant quelques instants. Joseph observe tranquillement ce « répugnant échange de politesses »[note]. Jusqu’à ce que l’un des deux hommes lui plante le couteau dans le cœur, et l’y retourne deux fois. Est-ce la fiction de Kafka qui est absurde ? Ou la soumission à l’autorité mortifère que l’on observe quotidiennement dans la réalité ?

Le Journal de Kafka est parsemé d’aphorismes mystérieusement absurdes. « En un sens essentiel, dit l’écrivain, liberté et sujétion sont identiques.[note] » L’identité entre la liberté et la sujétion se lit dans les deux sens ; l’homme libre est captif, et le prisonnier est libre : « Il se serait accommodé d’une prison. Finir en prisonnier, ce serait un but de vie. (…). Le bruit du monde était là comme chez lui et passait à flots à travers la grille, en vérité le prisonnier était libre, il pouvait participer à tout, rien de ce qu’il y avait dehors ne lui échappait, il aurait même pu quitter la cage, les barreaux étaient espacés de plusieurs mètres, il n’était même pas prisonnier.[note] » 

Les aphorismes de Kafka ne paraissent absurdes que parce que, imprégné d’imaginaire libéral, le lecteur se croit librement libre, alors qu’il est servilement libre (il ne cultive pas les pommes qu’il mange librement, il ne coud pas les habits qu’il revêt librement). Telle est au fond la meilleure définition du libéralisme : le règne de la liberté sans l’autonomie. Or c’est justement le contraire qu’est la littérature, et c’est pourquoi elle est force et puissance : quand Kafka écrit, il ne pâtit pas, il agit, c’est-à-dire qu’il n’obéit à personne d’autre qu’à lui-même.

On a souvent dit que Le Procès annonçait les procès staliniens. C’est douteux. Parce que l’État stalinien n’était pas un État de droit. Or l’action du Procès, comme le premier chapitre le dit explicitement, se déroule dans un « État de droit » (Rechtsstaat). Certains traducteurs, s’éloignant de l’exactitude littérale, traduisent par « État libéral ». Ils n’ont pas tort.

« Mon histoire mondiale privée »

Les œuvres de Kafka prennent leur source dans la situation de servitude libre qui est celle du jeune homme dans la famille. Mais elles auraient un intérêt fort limité si elles n’étaient qu’un roman psychofamilial particulier. L’écrivain perçoit sa famille comme le monde, et le monde à l’image de sa famille. Il perçoit son père comme un tyran mondial : « Tu avais une confiance sans bornes dans ta propre opinion. […]. De ton fauteuil tu gouvernais le monde. Ton opinion était juste, toute autre était folle, extravagante, meschugge [fou en yiddish, M.W.], anormale. […]. Il pouvait aussi arriver que tu n’aies pas d’opinion du tout, et il s’ensuivait nécessairement que toutes les opinions possibles en l’occurrence étaient fausses. […]. Tu pris à mes yeux ce caractère énigmatique qu’ont les tyrans. »[note]

« De ton fauteuil tu gouvernais le monde. » Le constat est significatif : Kafka est tétanisé par les phénomènes anciens (égyptiens) et modernes (étatsuniens) de surpuissance, d’expansionnisme, de gigantisme. Ce n’est pas un hasard si le premier roman, L’Amérique, comporte des scènes égyptiennes. L’abyssale inégalité des forces terrifie le faible. Le petit homme est écrasé par l’énormité de la pyramide. Dans L’Amérique, Karl est comme noyé au milieu des 5.000 chambres et des couloirs labyrinthiques du gigantesque hôtel « Occidental » où il s’embauche quand il arrive dans la ville « égyptienne » de Ramsès. Dans un passage du Verdict, Georges, entrant dans la chambre de son père – ce père qui va le condamner à la noyade –, remarque en son for intérieur l’énormité de sa taille. Hermann Kafka lui-même, père de Franz, est un colosse vociférant, un géant mondial. Évoquant le souvenir cuisant de la pawlatsche – balcon qui fait le tour de la cour intérieure dans les maisons d’Europe centrale et sur lequel le père l’avait expulsé d’autorité pendant une nuit où le petit Franz n’en finissait pas de pleurnicher – le fils écrit au père : « Bien des années après, je souffrais encore à la pensée douloureuse que cet homme gigantesque, mon père, l’ultime instance, pouvait presque sans motif me sortir du lit la nuit pour me porter sur la pawlatsche, prouvant par là à quel point j’étais pour lui un néant [ein Nichts].[note] » Le gigantisme est affaire de taille certes, mais aussi et surtout de pouvoir sans limite qui néantise le dominé. Hermann dit à son fils : « Je te déchirerai comme un poisson.[note] » À ce géant universel, à ce père mondialisé, le fils répond : « Il m’arrive d’imaginer la carte de la terre déployée et de te voir étendu transversalement sur toute sa surface.[note] »

Kafka perçoit que la famille occidentale patriarcale-moderne est déjà une micro-structure stato-patronale, et que l’État juridico-économique est encore une structure familiale patriarcale. Le mondial et le privé se mêlent. Dans les deux structures règne une telle disproportion des forces que la normalité y est non pas la paix, mais la guerre. Évoquant la guerre de 1914-1918, l’écrivain dit à son jeune ami Janouch : « La guerre n’a pas seulement déchiré et brûlé le monde, elle l’a aussi éclairé. Nous voyons que c’est un labyrinthe édifié par les hommes eux-mêmes, un monde mécanique et glacé, dont le confort et l’apparente efficacité nous privent de plus en plus de nos forces et de notre dignité.[note] »

En d’autres termes, ni la famille occidentale ni l’État ne sont faits pour susciter en l’individu l’agir propre, l’autonomie, la force du sens. Kafka y fait au contraire l’expérience de l’hétéronomie et du non-sens. « Il se sent prisonnier sur cette terre. (…). Mais si on lui demande ce qu’il voudrait vraiment, il ne peut pas répondre car il n’a aucune idée de la liberté.[note] » L’absurde n’est pas dans la prose de Kafka, mais dans le monde stato-paternel-patronal qu’elle inverse. L’écriture est le convertisseur du pâtir en agir, de la faiblesse en force, de l’absurdité stato-patronale en autonomie sensée.

À Prague, la famille a un logement où les pièces sont en enfilade (comme dans La Métamorphose) : on ne peut pas aller dans la dernière sans passer par les précédentes. Franz occupe une précédente. On dérange Franz, on passe dans sa chambre sans crier gare, on le prive de son intimité, de son autonomie. Il l’écrit en novembre 1912, dans une lettre à sa fiancée Felice, à qui il dit d’abord son habitude de porter dans sa poche la dernière lettre qu’il reçoit d’elle : « Une fois à la maison, je change de veston et j’accroche celui de mon costume de ville au portemanteau de ma chambre. Ma mère ayant traversé ma chambre à un moment où je n’y étais pas – ma chambre est un passage, ou mieux une rue de communication entre la salle commune et la chambre à coucher de mes parents – elle a vu la lettre luire dans la poche intérieure, et avec l’indiscrétion propre à l’amour, elle l’a sortie et lue […]. J’ai toujours ressenti mes parents comme des persécuteurs. […]. Les parents ne désirent rien d’autre que de vous attirer vers eux, vers le bas ; naturellement, ils le veulent par amour, mais c’est bien cela qui est affreux.[note] »

La chambre est une rue de communication, comme l’hôtel « Occidental » de Ramsès-Amérique est une usine à courants d’air. Les membranes entre les sphères autonomes étant rompues, on ne sait plus si on est chez soi ou chez les autres, si on est en liberté ou servitude. « Notre époque, dit Kafka à Janouch, est celle du Mal. Cela se manifeste d’abord par le fait que rien ne porte plus son nom exact. Ainsi par exemple on parle de patrie, aujourd’hui, à un moment où les racines de l’homme sont depuis longtemps arrachées du sol. […]. Tout navigue sous de faux pavillons, aucun mot ne correspond à la vérité. Moi, par exemple, je rentre maintenant chez moi. Mais ce n’est qu’une apparence. En réalité, je prends place dans un cachot installé spécialement à mon intention, d’autant plus qu’il ressemble à un appartement bourgeois tout à fait ordinaire et que personne à part moi ne discerne qu’il s’agit d’une prison. D’où également l’absence de toute tentative d’évasion. On ne peut pas briser les chaînes quand il n’y en a pas de visibles.[note] »

Le privé et le mondial sont non seulement homomorphes l’un à l’autre, mais en l’absence de membranes entre les deux, ils se mêlent. Kafka en a une conscience si claire qu’il parle dans son journal de « mon histoire mondiale privée » (meine private Weltgeschichte)[note]. C’est en ces termes qu’il interprète la tuberculose contractée en 1917, en pleine guerre. La rencontre du corps privé et de l’esprit guerrier-mondial fait de la tuberculose une maladie qui affecte autant la tête que les poumons. À l’été 1917 Kafka écrit son ami Max Brod : « J’ai quelquefois l’impression que mon cerveau et mes poumons ont conclu un pacte à mon insu. “Ca ne peut pas durer comme ça”, a dit le cerveau, et au bout de cinq ans les poumons se sont déclarés prêts à l’aider[note]. » Au même moment, une lettre à sa sœur Ottla évoque « cette maladie spirituelle [geistige Krankheit] qu’est la tuberculose »[note]. Et comme l’esprit est tout à la fois celui de la famille et de l’époque, cela signifie que la maladie ne peut pas être vue comme personnelle : elle a l’ampleur d’un drame historique. Ce n’est pas de la mégalomanie – on sait ce que Kafka pense du gigantisme –, c’est le refus de s’apitoyer sur lui-même. Foin du lyrisme, oui à l’épopée modeste. C’est toute l’époque et toute l’Europe qui est atteinte par la maladie. D’où le leitmotiv napoléonien. Lettre à la sœur Ottla (août 1917) : « Une victoire entraînant une perte de sang à peu près supportable aurait eu quelque chose de napoléonien.[note] » En septembre 1923, alors que la tuberculose n’est plus très loin d’achever son œuvre de mort, Kafka envisage un voyage à Berlin – il écrit à l’ami Oskar Baum : « À l’intérieur de ma situation, c’est une audace folle, pour laquelle on ne peut trouver de point de comparaison qu’en feuilletant l’histoire du passé, disons la campagne de Russie de Napoléon.[24] »  

La loi propre ou l’auto-nomie

S’il y a maladie, c’est parce que partout, dans la famille comme dans le monde, se pose la même question : non pas celle de la liberté, trop semblable à la servitude, mais celle de l’autonomie, c’est-à-dire, on l’a vu, de la loi propre.

La question de la loi est omniprésente chez Kafka. Mais bien sûr elle est particulièrement prégnante dans Le Procès. On a vu tout à l’heure ce qui arrive à Joseph K. (Kafka ?) : d’abord librement arrêté, il est finalement librement assassiné, après avoir passé tout le roman à écumer librement les bureaux d’un tribunal… qui ne lui demandait rien.

Pourquoi la situation de Joseph semble-t-elle absurde ? Parce que, ici comme ailleurs, Kafka réalise-concrétise la métaphore : il supprime le « comme ». La phrase « Joseph est comme un serf volontairement soumis au maître » devient : « Joseph est arrêté. » Et laissé en liberté. Tel est l’extravagant paradoxe de l’événement initial : l’arrestation libre. Les gardiens viennent arrêter Joseph K. et le laissent libre. Seulement, cette liberté, Joseph l’oublie parce qu’il l’utilise pour la nier : il cherche librement son crime…, un crime qu’il n’a pas commis (ou qu’il commet servilement par le fait même de le chercher ?). Et cette liberté de Joseph, nous, lecteurs, nous l’oublions avec lui parce que, projetant sur lui deux millénaires chrétiens de péché originel, nous ne voyons plus que Kafka a supprimé le « comme ». Si Joseph est arrêté, pensons-nous confusément, c’est qu’il a bien dû commettre quelque faute. Et de conclure à l’absurde, à l’arbitraire, au scandale : les gardiens ne lui ont pas dit sa faute ! L’absurde de surface révélerait un absurde des profondeurs : Joseph serait essentiellement coupable.

Quand Kafka a lu le premier chapitre du Procès à ses amis, ils ont éclaté de rire. On ne dit pas assez que l’auteur du Procès est le maître de la dérision et de l’auto-dérision. C’est pourquoi il ne faut pas prendre l’absurde au pied de la lettre, ni faire de Kafka un mystique. Comme dira sa dernière fiancée, Dora Diamant, « la littérature était pour lui quelque chose de sacré »[note], mais non un motif de mysticisme.

Pourquoi les amis ont-ils ri au récit de l’arrestation libre ? Parce qu’ils ont perçu ce que souvent les critiques ultérieurs ne perçoivent plus – à savoir que le romancier fait une expérience de laboratoire sur la servitude libre – intime et mondiale.

Kafka a l’humour cruel : il est dans son laboratoire littéraire et il tient une souris nommée Joseph K. Il l’arrête et il la laisse libre, et il lui dit : voyons ce que tu vas faire. La meilleure preuve qu’il s’agit d’une expérience de laboratoire est que l’écrivain ne peut supprimer aucun des deux termes de la contradiction initiale : s’il supprime l’arrestation, Joseph n’a plus aucune raison d’enquêter sur sa faute, et donc il n’y a pas de roman Le Procès. S’il supprime la liberté, Joseph est incarcéré, il n’a pas la possibilité d’enquêter sur sa faute, et là encore il n’y a pas de roman. L’arrestation libre sert à mettre en branle une quête et une enquête dont le mouvement même montre que Joseph K. est incapable de faire sa loi propre, de prendre son envol autonome. Au lieu de regarder la réalité en propre (l’arrestation n’est qu’un mot des gardiens, et en réalité il est libre), au lieu d’agir en propre conformément à cette réalité, il réagit de façon impropre : il prend le mot « arrestation » pour la réalité et il l’accepte. Il accepte la loi d’autrui, la loi des gardiens. Au lieu de faire son autonomie, il fait son hétéronomie.

Et nous, lecteurs, nous sommes sous la même menace d’hétéronomie. Si nous oublions l’arrestation libre de Joseph, ou bien si, à propos de cette cocasserie, nous nous demandons « pourquoi » (un pourquoi forcément psycho-métaphysique), nous encourons le risque que Kafka nous dise : « Cher lecteur, tu ne sais pas lire. Tu fais une lecture impropre de mon roman. Non que le sens de mon roman se réduise à l’expérimentation laborantine, mais comment édifier les autres interprétations sans prendre en considération ce sens premier, initial, fondamental ? » En d’autres termes, le pourquoi psycho-métaphysique montrerait que nous ne savons pas élaborer un rapport autonome au texte du Procès, un rapport où la loi propre du lecteur – sa faculté de lire ce qui est écrit, et non de plaquer dessus une idée préconçue – rencontrerait la loi propre du roman : la servitude-arrestation libre.

Je ne parle ici du lecteur que parce que Kafka en parle lui-même. À l’avant-dernier chapitre du roman, Joseph se rend à la cathédrale de la ville. Il y rencontre un prêtre et lui parle de son procès. L’ecclésiastique, qui est l’un des nombreux employés du tribunal, se rend compte que Joseph se trompe sur les intentions de la justice. Pour le lui faire comprendre, il lui raconte une parabole apparemment absurde, intitulée « Devant la loi ». Joseph écoute. Il devient auditeur-lecteur. Résumons ce petit récit interne au roman.

Un campagnard arrive devant la porte de la loi. Celle-ci est gardée par une sentinelle qui lui dit qu’il ne peut pas le laisser entrer maintenant. Mais la porte est ouverte et reste ouverte. S’il le veut, l’homme de la campagne peut regarder à l’intérieur, d’où provient, comme il le constatera plus tard, le rayonnement (Glanz) de la loi. Au-delà du premier gardien et de la première salle, il y a d’autres gardiens et une enfilade d’autres salles. Les gardiens sont nombreux et puissants, mais si le campagnard est vraiment attiré, dit le premier gardien, il peut toujours essayer d’entrer malgré l’interdiction. L’homme préfère attendre. Il attend des jours, des mois, des années, il vieillit, sa vue faiblit. À la fin de sa vie, il demande à la sentinelle pourquoi personne d’autre n’a essayé d’entrer dans la loi pendant qu’il attendait. « Parce que cette entrée n’était destinée qu’à toi »[note], répond le gardien en refermant la porte.

Réaction immédiate de Joseph indigné : la sentinelle a trompé le campagnard, elle s’est bien gardée de lui faire cette révélation avant la fermeture de la porte. Réplique du prêtre : « N’adopte pas sans examen l’opinion d’autrui [die fremde Meinung]. Je t’ai raconté l’histoire selon les termes mêmes de l’Écriture [die Schrift]. Il n’y est pas question de tromperie. Tu n’as pas assez de respect pour l’Écriture et tu changes l’histoire.[note] »

Autrement dit, Joseph est un mauvais lecteur, un lecteur hétéronome, qui « adopte l’opinion d’autrui » au lieu de se faire son propre jugement. Que veut dire l’ecclésiastique en récusant la l’interprétation hétéronome de Joseph ? Il suggère sans doute une interprétation plus autonome. Rappelons-nous : le campagnard hésite à entrer, il attend devant la porte… certes interdite, mais ouverte. Il est attiré par l’éclat de la loi qui lui parvient de l’intérieur. La conclusion s’impose d’elle-même : pour que l’homme de la campagne fasse sa loi propre, il aurait suffi qu’il entre puisque la porte est ouverte, c’est-à-dire qu’il brave une interdiction de pure forme, comme était de pure forme l’arrestation de Joseph. Au lieu de quoi il attend, hésite, tergiverse des années durant. Le gardien en tire la seule leçon possible : il ferme la porte… qui était celle du campagnard (elle « n’était destinée qu’à toi »). C’était sa porte, sa loi propre, son auto‑nomie. Mais l’homme y a renoncé d’emblée. De même, Joseph-lecteur renonce à son interprétation autonome de la parabole. De même, Joseph-agent-social renonce à son autonomie quand, au début du roman, il fait de l’arrestation une réalité alors que ce n’est qu’un flatus vocis destiné à tester sa capacité d’autonomie. Le campagnard, c’est Joseph, et vice versa. Et c’est aussi Franz. Et c’est nous tous, lecteurs, qui, par un brusque mouvement de balancier, n’échappons à l’hétéronomie rationaliste (du gigantisme industriel) que pour nous jeter vers l’extrémité inversement symétrique – l’hétéronomie mystique et « absurdiste » – que nous projetons sur la prose de Kafka.

Conclusion

Entre les deux extrémités, il y a la visée d’autonomie, en vertu de laquelle la littérature de Kafka n’a pas besoin d’être engagée pour nous dire des choses essentielles sur la liberté et la servitude. Elle n’est pas engagée puisque, par la méthode de la réalisation de la métaphore, par la suppression du comme qui déstabilise notre perception ordinaire de l’impureté (La Métamorphose) ou de la culpabilité (Le Procès), elle ne nous impose pas de passer la porte du sens. Elle se contente de l’ouvrir et de nous proposer d’entrer dans l’autonomie, comme le campagnard aurait pu profiter de la porte ouverte pour entrer dans la loi. Toute la finesse de Kafka est de suggérer que la loi du campagnard n’existe pas en général, avant lui, toute faite : la loi ne serait devenue sa loi que s’il avait accompli l’acte d’y entrer.

La loi qui, toute faite, tombe sur nous d’en haut ne peut pas devenir notre loi. Elle ne peut le devenir que si nous l’agissons d’en bas pour la faire monter au-dessus de nous.

Dans son roman historique Un pays à l’aube (2009), l’écrivain étatsunien Dennis Lehane a relaté les pillages qui ont eu lieu à Boston en 1919 pendant la grève de la police. Quand la loi n’est pas ma-notre loi, il suffit que le chat policier s’absente pour que les souris de l’anomie se mettent à danser.

Marc Weinstein

Dkript-HEBDO: L’Ordre attaqué par… les médecins!

Invités:

  • Dr. Philippe BRY
  • Dr. Frédéric GOAREGUER
  • Dr. Jean-Philippe LABREZE
  • Dr. Michel PROCUREUR
  • Dr. Véronique ROGEZ
  • Dr. Louis FOUCHÉ
  • Dr. Alain COLIGNON
  • Dr. Grégory PAMART

Présenté par Alexandre PENASSE

Le monde est divisé en deux : d’un côté les Anglo-saxons et de l’autre les êtres humains !

Ainsi s’exprimait mon ami Adnan Azzam, écrivain syrien, à Damas l’année dernière, alors que nous cheminions ensemble dans l’entrelac des ruelles de la vieille ville, jouxtant la magnifique mosquée des Omeyyades. Nous évoquions la situation catastrophique que subit le peuple syrien depuis, hélas, plus de 12 ans.

Nous faisions le point sur le génocide orchestré sur le monde entier par les Anglo-saxons depuis la création de leur empire à l’idéologie mortifère, ayant pour seul but, le pillage de toutes les richesses de la planète au détriment des peuples. Au sommet, la famille royale britannique, la City de Londres, Wall Street, le complexe militaro industriel des Etats-Unis et de leurs alliés, la haute finance internationale et les services secrets tels que la CIA, le MI 6, etc.

L’épouvantable curriculum vitae des Anglo-saxon prouve la folie meurtrière de leurs dirigeants depuis bien trop longtemps.

Voici une liste non-exhaustive de leurs génocides :

  • 1492 à nos jours. Le génocide des Amérindiens est estimé entre 80 et 100 millions de victimes. Certes, ce massacre n’est pas imputable qu’aux Anglo-saxons, mais ils y ont largement participé. La création des Etats-Unis s’est faite dans un bain de sang.[note][note]
  • 1747-1947. Le colonialisme britannique a causé au moins 100 millions de morts en Inde en une quarantaine d’années, selon une étude universitaire. Et pendant près de 200 ans de colonialisme, l’Empire britannique a volé au moins 45 000 milliards de dollars de richesses à l’Inde.[note][note]
  • 1839-1842. Les guerres de l’opium. L’introduction forcée de l’opium dans l’empire chinois par les Anglais, outre la corruption, le banditisme et la prostitution, a tué entre 120 et 150 millions de personnes. Sans compter les ravages de l’opium ensuite à travers le monde occidental.[note][note]
  • 1840-1891. Nouvelle Zélande. 40 % de la population maori fut tuée. Entre ces années-là, la population Maori passera de 80 000 à 42 000 personnes. La population néo-zélandaise comprend aujourd’hui quatre-vingt-dix pour cent d’habitants d’origine européenne, anglo-saxonne pour environ dix pour cent de Maoris. Le pourcentage de Maoris décroît sans cesse, en partie du fait du manque de moyens, d’une santé déficiente, de la misère et du chômage des populations.
  • 1945. Japon. Deux bombes atomiques inutiles. Les livres d’histoires ne vous l’enseignent pas. En effet, au moment où le président Truman prévoit d’utiliser la bombe atomique contre le Japon, celui-ci pense à arrêter le combat. En effet, l’armée américaine réussit à déchiffrer le 31 juillet un télégramme codé du ministère des Affaires étrangères japonais du 26 juillet qui assurait que « Tokyo étudie l’ultimatum allié », à savoir que le Japon était prêt à déposer les armes. Mais les Américains avaient décidé de déclencher le feu nucléaire. Résultats : les estimations d’après-guerre sur les pertes japonaises vont de 66 000 à 80 000 morts et de 69 000 à 151 000 blessés. Des dizaines de milliers d’autres moururent des suites des radiations et de leurs blessures. On estime que 140 000 personnes sont mortes du fait de la bombe atomique à la fin de l’année 1945. Les estimations les plus élevées avancent le nombre de 230 000 morts. Sur les survivants, 171 000 devinrent des sans-abris.[note]
  • 1945-1975. Guerres auVietnam. Du côté américain, on dénombre près de 60 000 morts et 350 000 blessés et mutilés. Du côté sud-vietnamien, près de 700 000 morts, dont 430 000 civils, ajoutés aux 1,8 million de blessés et mutilés. Du côté nord-vietnamien, près de 1 million de soldats sont tués, avec plus de 900 000 blessés et mutilés. Entre Indochine et Vietnam inclus, ce sont près de 4 millions de civils qui ont perdu la vie, sans compter les guérillas qui ont suivi.[note]
  • 1950-1953. Guerre de Corée. Ce conflit sera très meurtrier. Entre deux à trois millions de victimes avec la menace d’un bombardement nucléaire.[note]
  • 11 septembre 2001. Depuis cette date, les guerres continuelles « made in US », ont tuées 4,5 millions de personnes civiles. Toujours pour la « bonne cause ». De l’Afghanistan en passant par l’Irak, la Libye, la Somalie, la Syrie et des parties du Pakistan touchées par les retombées de la guerre en Afghanistan, la boucherie s’est accélérée. De plus, les décès de soldats et d’entrepreneurs américains, notamment les décès ultérieurs dus à des cancers, des suicides et d’autres conséquences des guerres, ne sont pas pris en compte.[note]
  • 5 mai 2022. Ukraine. D’après « Ukrainska Pravda », « La possibilité de pourparlers entre Zelensky et Poutine s’est arrêtée après la visite de Johnson, selon des sources de l’UP » – jeudi 5 mai 2022, 13 h 32 « (…) La position de Johnson était que l’Occident collectif, qui avait suggéré en février à Zelensky de se rendre et de fuir, estimait désormais que Poutine n’était pas vraiment aussi puissant qu’il l’avait imaginé auparavant, et qu’il y avait là une opportunité de « faire pression sur lui (…) ».

En additionnant, et en laissant de la marge, le total des victimes se situe entre 350 et 400 millions de personnes. Vertigineuse boucherie !

L’impérialisme anglo-américain est la force la plus violente et la plus sanglante de la planète, et le danger est que, si la guerre par procuration contre la Russie devient un conflit plus généralisé, impliquant des armes nucléaires, le nombre de morts risquerait de dépasser ce bilan horrible.

Le complexe politico-médiatique des pays de l’UE est devenu un grand spécialiste de l’indignation à géométrie variable. Les débats n’existent plus. Seuls les militants de la guerre et de la propagande s’expriment. C’est fade, agressif, inconsistant, sans raisonnement et trop souvent, d’une indigence intellectuelle rare. Mais cela tourne en boucle dans les médias à la manière d’un rouleau compresseur perpétuel. C’est de cette façon qu’ils ont réussi à nous propulser à la tête de l’Etat, et pour notre plus grand malheur, le fossoyeur de la République et le chef de guerre de l’Europe : Emmanuel Macron.

À vous de décider si vous devez continuer à soutenir l’insoutenable. A vous de décider si vous souhaitez que notre société s’élève ou s’abîme dans les tréfonds de l’enfer. Le temps presse.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste. Co-auteur et auteur de quelques ouvrages, dont la sortie récente, co-écrit avec François Lagarde de : « L’Etat Profond Français. Qui, comment, pourquoi ? » KA Éditions https://kaeditions.com/product/letat-profond-francais-qui-comment-pourquoi/

Voir l’émission avec Claude Janvier: https://www.new.kairospresse.be/dkript-hebdo-qui-dirige-reellement-le-monde/

Placements abusifs et droits de l’enfant

Ce 2O novembre se déroule la journée internationale des droits de l’enfant. Où en est-on ?

Placements abusifs en Belgique : une violation des droits fondamentaux de l’enfant

En cette Journée internationale des droits de l’enfant, il est essentiel de mettre en lumière une problématique alarmante : les placements abusifs en Belgique, qui bafouent les droits de l’enfant et compromettent leur sécurité.

Des chiffres inquiétants en Europe

Selon le Conseil de l’Europe, un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles sur le continent. Pire encore, une étude française révèle que 92% des enfants victimes de violences sexuelles qui ont parlé n’ont pas été protégés [note]. Ces constats s’appliquent également en Belgique, où malgré les efforts institutionnels, de nombreux enfants victimes ne reçoivent pas la protection à laquelle ils ont droit [note].

Des dysfonctionnements institutionnels criants

Dans les dossiers suivis par Innocence en danger Belgique (IEDB), des enfants sont séparés de leur mère dans des contextes de suspicions de violences sexuelles commises par le père. Ces cas révèlent un traitement institutionnel préoccupant :

  • Des témoignages d’enfants âgés de 3 à 7 ans, corroborés par des rapports médico-légaux ou psychologiques, sont systématiquement écartés.
  • Les mères protectrices sont étiquetées de « toxiques » sans preuve, sur la base de la théorie de l’aliénation parentale, une hypothèse discréditée par les experts internationaux.
  • La présomption d’innocence du père est systématiquement privilégiée au détriment du principe de précaution, exposant ainsi l’enfant à un danger potentiel.

Des sanctions institutionnelles contre les enfants

Dans les dossiers suivis par Innocence en danger Belgique (IEDB), plutôt que d’être protégés, les enfants sont séparés de leur mère et placés en institution ou confiés à leur père, malgré des suspicions de violence. Ce traitement les réduit au silence et constitue une forme de punition institutionnelle qui aggrave leur détresse psychologique.

Un cas exemplaire : le Service Résidentiel d’Observation et d’Orientation (SROO)

IEDB a recensé quatre signalements inquiétants impliquant un SROO en Wallonie, où des décisions de placement ont été prises sur la base d’une incapacité maternelle supposée, sans preuve objective. Ces pratiques interrogent le respect des droits fondamentaux des enfants et nécessitent une réponse judiciaire immédiate.

Un appel à l’action

Les placements abusifs sont une atteinte directe aux droits fondamentaux des enfants et de leurs familles. Il est temps que l’État belge établisse des balises légales et institutionnelles solides pour mettre fin au déni et à l’impunité entourant ces violences sexuelles.

Avec votre soutien financier, Innocence en danger Belgique pourra engager des démarches judiciaires pour protéger ces enfants et s’assurer que les institutions respectent les droits humains. Agissez aujourd’hui pour offrir un avenir plus sûr aux enfants victimes.

Lien de la levée de fonds : https://innocenceendanger.be/levee-de-fonds/

Lien de la vidéo de levée de fonds : https://www.youtube.com/watch?v=4uIjiH3UwSw&ab_channel=InnocenceenDangerBelgique

Verlaine Urbain pour IEDB

Cécité journalistique – Hebdo 19/11/24

La propagande officielle, j’ai nommé les médias de masse, sentent-ils le vent tourner ? Pas sûr. Leurs conférences, débats, interventions diverses pour tenter de redorer le blason et faire croire en leur totale liberté d’expression sont courantes.

La venue à Gesves, en région namuroise, ce jeudi 21 novembre, de l’éditorialiste en chef du journal Le Soir, détonne toutefois par son titre, qui dit à la fois tout, et rien. Son intitulé : « Le journalisme est-il mort ? Comment (s’)informer dans un monde polarisé ». Je les cite : « Avec sa conférence , Béatrice Delvaux explore les défis actuels du journalisme face à une société fragmentée. Elle apportera son regard critique et analytique sur les grands enjeux politiques, économiques et sociétaux. Son style est incisif et son engagement en faveur d’un journalisme de qualité dans un monde en mutation rapide, questionnera la qualité des informations produites et consommées, tout en analysant le rôle de la polarisation dans cette crise. Une réflexion essentielle sur l’avenir de l’information et notre rapport à celle-ci ».

Que veut dire l’ancienne stagiaire au FMI et préfacière du livre de feu le milliardaire Albert Frère, Albert Frère, le fis du marchand de clous, par « société polarisée » ? Qui polarise la société, si ce n’est, outre un système capitaliste qui favorise la guerre de tous contre tous, le traitement de l’information ? Béatrice Delvaux cache donc son rôle dans cette polarisation, mais fait tout à la fois preuve d’une lucidité digne d’un vieux sage en questionnant la mort du journalisme. Le journalisme est mort, oui et non Béatrice. Ton journalisme, celui du Soir, de la Dernière heure, de la RTBF, de BFMTV ou de RTL, celui-là est mort, ce journalisme dont la fonction n’est pas d’informer, mais de maintenir en place le système existant, maintenu en vie artificielle grâce à la transfusion publique et la publicité.

Ce journalisme qui voit du fascisme chez ceux qui osèrent critiquer les injections expérimentales Covid-19, mais des victimes de l’antisémitisme chez des hooligans d’extrême droite qui chantent à Amsterdam « Il n’y a pas d’écoles à Gaza parce qu’il n’y a plus d’enfants! ». Ceux qui se nomment les Maccabi Fanatics, sont connus pour leur racisme, injuriant un joueur israélien arabe du club, tabassant un citoyen en 2015 à Athènes, parce qu’il portait un keffieh, ou en 2020 molestant des manifestants qui critiquaient la politique économique de Netanyahou. Ceux qui feraient bien des pogroms pour les arabes, ont à Amsterdam arraché des drapeaux israéliens et agressé des chauffeurs de taxi arabes.

1min42: https://www.youtube.com/watch?v=RMhazxtfino&ab_channel=L%27Orient-LeJour

Ce journalisme donc, où il faut être aveugle pour ne pas voir qu’il ne cherche aucunement la vérité, mais plutôt à présenter le réel tel qu’il faut qu’il soit… tout ce qui s’en écarte étant qualifié de complotisme, extrême droite, ou antisémitisme. Comme ces ectoplasmes sur les réseaux, qui ni n’écoutent ni ne lisent ce que nous faisons, nous traitant d’antisémite alors que nous ne faisons que de dénoncer le fascisme de certains. Ah l’identité, ces appartenances qui rendent incapables une humanité universelle et transforment en victimes des bourreaux.

Sinon, depuis l’élection de Trump, Zelensky a du mal à dormir. Il a sans doute compris que ses anciens amis étaient en train de devenir ses ennemis et qu’il risquait de balancer à une corde dans peu de temps, à moins de fuir dans une des ses villas payées avec les fonds extorqués. Est-ce dans ce cadre qu’intervient une éventuelle autorisation de Washington que l’Ukraine frappe la Russie avec des missiles longue portée ? Poutine doit trembler face aux menaces du pantin. Enfin, si cela devait être vrai, serait-ce le début de la fin ? Biden bientôt mort souhaiterait-il emporter l’humanité avec lui. N’est-ce pas un peu ingénu de penser qu’il a ce pouvoir ?

Pendant ce temps, les commissaires européens négocient en secret pour finaliser le Mercosur, derniers coups donnés aux agriculteurs européens. S’en foutent les commissaires, vous les aviez vu pleurer avant cela devant les suicides des agriculteurs tous les deux jours en France ?

Pour notre part, on continue. Ne vous étonnez pas à ce titre de voir la vignette en haut à gauche de notre site, condamné à publier le jugement contre nous, initié par des gens bien comme Robert Levy, la Trust Merchant Bank et l’ancien présidentiable congolais Moïse Katumbi : 20.000€, voilà ce qu’il nous en aura coûté. Si nous reconnaissons certaines erreurs, le montant laisse à réfléchir. Si on voulait tuer la presse libre, on ne ferait pas autrement. Est-ce d’ailleurs un hasard si l’avocat d’une des parties avait qualifié Kairos de journal antisémite au cours de sa plaidoirie… La boucle est bouclée.

Cette semaine, vous me retrouverez en interview avec Rémi Tell [émission remise à la semaine prochaine], jeudi en direct avec un D-Krypt hebdo avec presque 11 médecins condamnés par l’Ordre, et puis le 23 novembre nous serons présents pour la journée à Liège avec Emmanuel Darles et Thierry Vanderlinden, et très bientôt une interview de Frédéric Baldan.

Et puis, last but not least, le Kairos 67, 32 pages à lire au coin du feu, au même prix, sera dans vos boîtes dans quelques jours et dans les librairies la semaine prochaine.

On lâche rien.

Abolition de l’effort. Partout

L’hebdo écrit – 15.11.24

Il ne faut pas voir seulement dans la propagande médiatique une influence à sens unique qui serait reçue par un sujet passif et inconscient ne réalisant pas ce qui lui arrive. Il existe une interaction entre l’émetteur et le récepteur, en ce sens que beaucoup veulent et demandent ce qu’ils reçoivent, c’est-à-dire que l’information qu’on leur donne les rassure et les conforte, créant un monde dont la représentation ne bouleverse pas leurs certitudes acquises. Ils en redemandent du JT, entre deux émissions de divertissement.

Cette correspondance est à l’œuvre quand la volonté de comprendre est abolie. Chez ceux-là, plus grande chose à faire. S’ils ne sont pas aujourd’hui capables de voir, après Covid-19, Ukraine, Gaza, l’organisation du mensonge dont les médias sont les principaux promoteurs, que faut-il encore leur donner. À Amsterdam, alors que deux fractions de supporters aux relents fachos, dont des israéliens ultra-sionistes, en vinrent aux mains, pieds, barres de fer, couteau, en pleine rue de la capitale, la réduction à l’attaque antisioniste fut de nouveau la réponse des médias. Aujourd’hui, on en est au point où une fille se ferait violée en rue par un israélien, que sa plainte serait taxée d’acte antisémite. Ils voient de la chasse aux juifs partout, rideau de fumée pour mieux occulter leurs méfaits et leurs crimes. Misère.

Nous sommes arrivés dans l’ère de l’abolition de l’effort. Une amie me disait récemment que l’IA pouvait à sa place préparer le texte explicatif qui accompagnait les visites de son jardin. L’IA pouvait même varier les plaisirs, et passer du style Rabelais à celui de Verlaine et tous ceux que l’on voulait. Certes, mais l’IA n’arrivera jamais à une chose dont elle prive celui qui recourt à ses services : l’effort d’avoir construit et cherché, de s’être trompé et fourvoyé, pour arriver à un résultat final qu’on présente à d’autres, nous emplissant de la fierté du résultat accompli d’avoir fait une chose qui ne se limite pas à un clic de souris. Sous l’œuvre créée, l’homme s’accomplit et fait société avec les autres. L’IA, elle, dans une société où l’effort sera aboli, risque le plus souvent de desservir ce qui fait le vivre ensemble ; réduisant les individus à des monades insignifiantes incapables désormais de réfléchir, qui avec le temps gagné à ne pas fabriquer des œuvres, iront regarder des séries netflix.

C’est à cela qu’il faut craindre une atrophie généralisée des cerveaux, à l’instar de la perte musculaire inquiétante des jeunes, montés sur des trottinettes, vélos et autres engins électriques, à des âges où ils ont tout pour avancer d’eux-mêmes et surtout en ont le besoin.

Le comble de l’aliénation sera atteint quand on aura atteint la certitude que les instruments qui nous asservissent nous libèrent, et que ceux qui osent le dire sont des réactionnaires. Comme disait Herbert Marcuse dans L’homme unidimensionnel : « Le concept d’aliénation devient problématique quand les individus s’identifient avec l’existence qui leur est imposée et qu’ils y trouvent réalisation et satisfaction. Cette identification n’est pas une illusion mais une réalité. Pourtant cette réalité n’est elle-même qu’un stade plus avancé de l’aliénation; elle est devenue tout à fait objective; le sujet aliéné est absorbé par son existence aliénée. Il n’y a plus qu’une dimension, elle est partout et sous toutes les formes».

Qu’est-ce qui fait qu’on refuse nos existences aliénées ? Qu’est ce qui fait qu’un jour on se réveille. J’ai récemment reçu un message qui m’a beaucoup touché, d’un policier résistant que j’avais reçu au tout début du Covid. Je vous le lis :

« Très cher Alexandre Penasse, 2025 pointe le bout du nez et je ne peux m’empêcher de regarder en arrière. J’ai bientôt 50 ans et aujourd’hui ma vie a bien changé de ce qu’elle était il y a cinq ans encore. Ces changements, je te les dois en grande partie. La rencontre que j’ai eue avec toi lors de cette interview chez toi où nous étions six « flics » en questionnement sur les inepties que l’on nous demandait d’appliquer pendant la période covideuse, fut le début de ma métamorphose. Depuis cette rencontre, je n’ai cessé de te suivre. Depuis cette rencontre je n’ai cessé de réfléchir à mon rôle dans tout ce merdier. J’ai essayé tout ce qu’un flicaillon honnête pouvait faire pour changer les choses, les combattre, éveiller d’autres consciences. Rien n’y fit. Je ne refais pas l’histoire mais l’Ukraine, Gaza, les élections USA, la diabolisation du milliardaire, la pensée unique passant la deuxième… autant de choses témoignant que la censure, la mésinformation et la volonté d’asservir le peuple sont plus présentes que jamais. Je sais que comme homme tu as difficile de tenir debout par moment. Je me souviens de cette grande interview avec Alexandra Henrion Caude et plusieurs autres grands hommes et femmes où tu ne peux contrôler les larmes qui te vinrent avec l’émotion, la fatigue. C’est ça qui te rend authentique et intègre à mes yeux (et pas qu’au mien).

Tu fais un boulot formidable et je te promets que je vais reprendre l’abonnement à Kairos pour te soutenir. Ma situation économique a changé mais mon sentiment de bien être et de liberté aussi. J’ai perdu beaucoup d’argent mais je ne suis plus flic aujourd’hui. Je travaille dans une AMO qui aide les gamins de 0-22 ans à s’en sortir dans ce monde, ce pays de merde. J’ai repris un bac en Educ Spec (et même là, on sent la puissance de la propagande mais maintenant je gère ça). Ce choix que j’ai fait, le courage que j’ai trouvé pour renoncer à mes petits acquis sociaux et à mes avantages de « flic » c’est grâce à toi (et aussi bien sûr à ma merveilleuse femme) mais je devais prendre ces quelques minutes pour te le dire depuis un moment. C’est en regardant la vidéo avec Tocsin sur le site de Kairos que je me suis dit: Écris-lui maintenant. Ce mec le mérite. T’es un homme bien Alexandre. Tu le sais sûrement et tu n’en fais pas étalage. Sans te placer au rang des « sauveurs » tu es en tout cas en phare dans la nuit pour beaucoup de gens et pour ma part, tu m’as en partie sauver mec ».

Merci. Cela donne tout son sens à notre travail, indispensable pour toute l’équipe de Kairos.

Les propos de cet ancien policier indique aussi que l’inertie institutionnelle rend quasiment impossible de changer les choses de l’intérieur. Le totalitarisme fonctionne car chacun y participe.

Cette interview, on voulait en profiter pour vous le repasser. En remplacement du D-Krypt Hebdo que nous n’avons pu faire ce jeudi, ce témoignage des 4 policiers et du militaire nous rappelle une période sombre, inimaginable pour certains, nous remet en mémoire ce qu’ils ont osé nous faire vivre, et d’où nous ne sommes évidemment pas encore sortis.

Ce n’est qu’un intermède. Reste à éveiller le plus de monde pour que plus jamais nous ne retombions dans ce délire et que ceux qui en sont responsables soient jugés.

Bienvenue en Absurdie !

Nous devrions peut-être en faire une série, type « télénovela », à croire que le terreau belge y est propice.

Pendant que les négociations de l’ « Arizona » patinent tel un char Abrahams dans la « raspoutitsa » en Ukraine, notre Premier Ministre en « affaires courantes » vient d’engager la Belgique pour un montant d’un demi-milliard d’euros. De l’argent magique me direz-vous [note] ?

Pas si magique que cela quand on sait que nous payerons l’addition.

Nous connaissons le récit. De l’argent qui n’existe pas, pour financer une transition écologique de pays en développement, via la construction par le secteur privé, non européen, de moulins à vent et de miroirs magiques.

Doit-il renvoyer l’ascenseur aux copains avant de partir pour les instances européennes ?

Pendant que l’un troue la coque, l’autre écope. Monsieur Bart De Wever, le fossoyeur de l’état belge, tente de former un gouvernement avec tout ce que la Belgique compte de pire, c’est-à-dire nos politiciens. Il est étonnant de lire ceci : « La porte ouverte aux abus. Le fisc va-t-il bientôt espionner en permanence nos comptes bancaires? »

Un pas de plus vers le totalitarisme. Certains vous diront que si vous n’avez rien à cacher et que vous ne faîtes rien d’illégal, vous ne devriez pas avoir peur. D’autres vous répondront, à juste titre, qu’un pays sans vie privée est une dictature et que l’histoire récente nous a montré que la notion de « légal » est totalement subjective. Il y a peu, passer Noël à plus de 4 personnes était répréhensible.

Pour terminer l’actualité politique de ces derniers jours, je vous présente le chef Boucher. Il ne se limite pas aux pièces de viande du Hezbollah mais nous prépare une belle soupe bien démocratique [note].

Nous pouvions déjà douter de la bonne foi des politiciens de tout niveau de pouvoir, aux regards des négociations de vendeur de tapis post-électorales. Maintenant, ils deviennent censeurs entre eux.

En 2024, les partis ont le choix de faire fi de leur électorat et d’interdire à d’autres partis de pouvoir gouverner. Croustillant, certains partis seraient démocratiques et d’autres non.

Je ne suis pas friand du cordon sanitaire, pas par partage d’idées avec l’extrême droite, mais par principe de démocratie. Si des idées extrêmes trouvent preneur, cela trahit une faillite de la classe politique dite traditionnelle. Fermer les yeux et écarter d’un revers de main, plutôt que de se remettre en question, cristallise les positions et induit une tension dans la société. Ce qui ne se règle pas par les urnes, finit toujours par se régler dans la rue.

Un peu de culture ne fait jamais de mal. Un message pour nos politiciens, qui nous vient du passé,

« Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite. »

Merci Gustave Le Bon

Kairos chez Tocsin!

Kairos a été invité sur Tocsin, qualifié du « Tocsin belge ». La percée en France de Kairos ne fait que commencer. Vive la presse libre.

[Dkript-HEBDO] Élection américaine (II)

L’avis d’un résident américain.

L’INTERVIEW: Karl ZÉRO

« L’envers des affaires » le magazine de Karl ZÉRO: https://www.abonnementmag.fr/lenversdesaffaires

Dkript-HEBDO: Élection américaine

Avec Lucien CERISE & Bernard VAN DAMME

[Dkript-HEBDO] ZOÉ SAGAN: Les coulisses du réel

Heures Minutes Secondes

Interview d’Aurélien Poirson-Atlan (l’auteur derrière Zoé Sagan)

Zoé Sagan, premier algorithme féminin de notre civilisation post-situationniste s’est infiltré dans le milieu médiatico-culturel français, dévoilant les coulisses occultées par le divertissement et le bruit, mettant à jour une nouvelle manière de voir derrière le spectacle. Même aujourd’hui, après la révélation de l’identité de celui qui se trouve derrière Zoé Sagan, on ne sait pas trop qui il est. Mais est-ce réellement important? Ne s’agit-il pas, en voulant identifier la source, de chercher le doigt plutôt que la Lune…?

[Dkript-HEBDO] Palestine & Israël: dire l’histoire, déconstruire les mythes

Avec Michel Staszewski: historien, auteur et chercheur à l’ULB