Manon Aubry, ou l’incarnation de l’opposition intégrée au système
« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air »
George Orwell

Face à la fadeur de la plupart des discours des députés européens précédant le vote pour la réélection d’Ursula Von Der Leyen (VDL) à Strasbourg, le discours de Manon Aubry pouvait donner l’impression de contraste. Mais alors que tout le monde savait que VDL allait être réélue quoi qu’il se passe, les propos d’Aubry étaient-ils réellement subversifs, ou permettaient-ils justement à la fois de conserver de bonnes relations avec le Parti Populaire Européen de VDL tout en illusionnant les spectateurs en attente d’un discours « de gauche » que Manon Aubry demeurait différente des autres?
Elle paraissait sincère, mais dans lequel des deux moments: celui de son discours, ou celui où elle embrasse chaleureusement Ursula Von Der Leyen, la main gauche posée sur son dos, la main droite serrant celle de la présidente nouvellement réélue, tout sourire, la fixant dans les yeux. La réponse des communicants de son parti face à notre étonnement[note] quant à son enthousiasme envers VDL contrastant avec son discours, ne nous rassure pas: « En tant que présidente de groupe, Manon a salué Ursula Von der Leyen après son élection comme c’est la pratique républicaine« .
Était-elle obligée de la saluer pour la « pratique républicaine »? Qu’est-ce d’ailleurs que la « pratique républicaine », qu’est-ce que cela signifie? Manon Aubry n’avait-elle pas dit, juste avant: « Aujourd’hui Madame Von Der Leyen, vous ne devriez même pas vous présenter face à nous, mais davantage face à un juge« . Elle embrasse et félicite celle dont elle pensait quelques minutes avant qu’elle ne devrait pas être là, mais devant la justice…
Manon Aubry évoque encore le « bilan catastrophique » de VDL, qu’elle « s’était affichée au côté de Benjamin Netanyahu, celui qui a du sang sur les mains et commet un génocide dans la bande de Gaza », ou que « sa réélection sera uniquement due à de petits arrangements opaques entre amis« , ou encore que son groupe « refusera toutes ces combines et défendra une alternative«
L’alternative est dans le système
Manon Aubry, n’est-ce pas vous dédire que de féliciter avec accolade et sourire une femme au « bilan catastrophique » qui a aussi du « sang sur les mains« , se faisant réélire comme vous le prédisiez et sachiez si bien, grâce « à de petits arrangements opaques entre amis« … tout cela pour respecter des « pratiques républicaines« ? Alors que vous promettiez de « refuser toutes ces combines et [de] défendre une alternative« .
Comme le ver est dans le fruit, l’alternative est dans le système, elle ne représente rien d’autre qu’une forme de contestation encadrée qui peut être acceptée par le pouvoir en place et dont elle fait partie, et dont les acteurs connaissent les limites à ne pas franchir. Vous paraissez courageuse en prenant la défense des pauvres français et en évoquant les 30.000 € nets mensuels d’Ursula Von Der Leyen, Manon Aubry. Indécents, certes, mais cela nous permet d’oublier que vous touchez 7.300€ nets/mois, plus « 4.800 euros pour couvrir les dépenses de bureau, loyer, ordinateurs et autres fournitures« , « 4.700 euros consacrés aux dépenses effectuées à l’extérieur du pays d’origine du député » et une indemnité journalière de 338 euros dédiés aux frais de logement pour chaque jour passé à Bruxelles ou à Strasbourg[note].
Il est donc évident que le discours de Manon Aubry n’avait rien de véritablement dérangeant, et au fond, qui connaît bien le système politique ne s’étonnera pas des ronds de jambe qu’elle fait à celle qui quelques minutes avant était encore « l’ennemie politique », si l’on sait que tout cela n’est qu’un grand spectacle, qui continuera tant qu’on laissera, à une caste minoritaire, la liberté de décider pour la majorité.
Kairos en Podcast
Envie de juste écouter les émissions de Kairos, à vélo, à moto, en voiture sur la route des vacances, ou pas, à pied, en deltaplane… Kairos publiera progressivement toutes celles-ci, découvrez déjà celles qui s’y trouvent.
Kairos en Podcast : https://open.spotify.com/show/11pKeuKl6JwhPF6BoUjZa1
Où sont les antifas?

Alors que certains consacraient des dizaines de pages à descendre Kairos, journal d' »extrême droite » et « complotiste », nous espérons qu’ils montreront autant de zèle à dénoncer la venue des bataillons Azov, milices d’extrême droite ukrainienne, en Belgique[note] notamment, et en show dans 9 grandes villes européennes. Au programme, témoignages de miliciens d’Azov et danse ukrainienne. Entrée payante. Pas d’inquiétudes : ni torture ni meurtre en direct prévu lors du spectacle. Si on danse rarement sur les champs de bataille, on ne tue pas non plus sur les podiums : l’image, c’est important !
Mais où sont les chasseurs de fachos, Resistance et autres journaux de gauche comme Ensemble, prêts à taper inutilement sur ceux qui tentent comme Kairos de défendre un vrai journalisme et la liberté d’expression qui l’accompagne ? Rien pour l’instant, pas de harangues ni d’articles nous prévenant des prémices du retour de la bête immonde.
Et si ces antifas étaient au fond les idiots utiles des gouvernements et de la finance? Car si ces derniers ne dénoncent pas la « tournée Azov », n’est-ce pas aussi, malheureux hasard, parce qu’Azov arrange bien les gouvernements occidentaux qui, aidés de leur bras médiatique indispensable, qualifient d’extrême droite tous ceux qui ne leur plaisent pas, tout en occultant le véritable fascisme de ceux qui indirectement les servent?
[INTERVIEW ]Une SURVIVANTE témoigne
Suite au film de Pierre Barnerias, des langues se sont déliées. Impossible à penser, à concevoir pour certains, les réseaux pédo-satanistes impliquant selon leurs victimes des personnalités politiques, du show-bizz, de la noblesse, divisent les gens entre ceux qui « croient » et ceux qui pensent cela sorti tout droit de l’imagination de ceux qui s’en disent victimes. Pourtant, depuis les Dossiers X, de nombreux témoignages se recoupent, et ce n’est pas l’affaire Eipstein ou celle plus récente de Puff Dady qui lèveront les doutes.
Acheter massivement – détruire massivement

Le service de propagande du gouvernement, j’ai nommé la RTBF, continue de justifier l’injustifiable: l’achat massif de vaccins et leur destruction pour près de 500 millions d’euros. Qu’est ce qu’on fait avec notre argent? Circulez, y’a rien à voir!
Le même qui avait dit avoir exiger de brûler des billets pour 5 millions de francs belges, Frank Vandebroucke, dit maintenant: « Ceci s’explique principalement par les circonstances au début de la crise du Covid, où des quantités considérables de matériel ont dû être achetées à court terme sur un marché qui, à l’époque, ne fonctionnait pas de manière optimale. Cette situation a conduit à l’achat de matériel parfois de moindre qualité ou à l’achat d’une trop grande quantité de matériel pour être certain de couvrir tous les besoins. »
Le journaliste, dans le reportage vidéo, se gargarise: « Pendant la crise, la Belgique a voulu gérer les risques en commandant plusieurs types de vaccins différents et ce chaque fois en très grand nombre. Une stratégie qui, il faut bien le dire, a fini par fonctionner à la fin de la crise mais qui a eu, on le voit aujourd’hui, un coût important ». Beau travail! Gentil toutou que ce journaliste, qui peut espérer avoir un jour un poste de chargé de com’ dans le cabinet d’un des futurs ministres!
Et ce sont les mêmes qui nous enfument, tentant de nous convaincre que ces achats massifs et leur destruction sont justifiés, qui de leurs médias stipendiés avec nos impôts, tentent de nous faire accepter ce même argent que l’on jette par les fenêtres.
[INTERVIEW] Marc LUYCKX GHISI: 3 scénarios pour le futur
Les temps sont troubles, incertains. Si l’époque est lourdement porteuse d’angoisse, elle demeure toutefois passionnante. Quels sont les scénarios pour le futur? Va-t-on devoir atteindre le fond pour rebondir? Quid des élections américaines et du changement qu’elles pourraient apporter? Les BRICS? L’avenir de la monnaie… toutes des questions, et bien d’autres, que nous discuterons avec Marc Luyckx.
Visionnez nos dernières interviews avec Marc Luyckx:
- « La fin du dollar »: https://www.new.kairospresse.be/la-fin-du-dollar/
- « 2 milliards de réenchanteurs »: https://www.new.kairospresse.be/2-milliards-de-reenchanteurs-le-manifeste-des-acteurs-du-changement/
🙏 SOUTENEZ LE JOURNALISME LIBRE! 🙏
https://www.new.kairospresse.be/abonnement/
https://fr.tipeee.com/kairos-presse
[SÉRIE] On parle du 65
Comme s’il fallait toujours trouver une « case » dans laquelle Kairos devait entrer, la question « quel genre de journal est Kairos » trouvait chez moi souvent la même réponse, un peu confuse : « C’est un journal sans publicités, libre, qui traite de divers sujets : politique, géopolitique, philosophie, sociologie, écologie… ». J’ai plus tard réduit ma définition, considérant que le fondement de notre média était d’être en adéquation avec la Charte de Munich sur les droits et les devoirs des journalistes, particulièrement l’un des ses droits : « Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité ».
…
la suite ici: https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-65/
« LIBERTÉ DE LA PRESSE », ah oui vraiment? – L’histoire de Kairos
Depuis 12 ans, Kairos se bat pour la liberté de la presse et le droit du public de connaître la vérité. Nous vous expliquons ici la naissance de Kairos, notre éternel combat pour continuer alors que le pouvoir politico-médiatique s’emploie, de façon ignoble et antidémocratique, à nous faire taire. Bon signe toutefois: c’est que nous visons juste!
Lien #1
Lien #2
Lien #3
[INTERVEW] Xavier MAGNÉE: L’affaire DUTROUX – 20 ans après son avocat témoigne
En 2004, Xavier Magnée prend la défense de Marc Dutroux lors du procès d’Arlon. Outre que certains ne lui pardonneront pas d’avoir pris la défense du « monstre », Maître Magnée découvre les tentatives réussies pour étouffer tout ce qui n’irait pas dans le sens de « Dutroux le pervers isolé« . Si l’impression de n’avoir servi à rien demeure, Maître Magnée ne désespère pas qu’un jour toutefois la vérité se fasse. Une interview exclusive, alors qu’en 20 ans aucun média n’a jamais accordé à l’homme autant de temps pour s’exprimer, librement.
AFFAIRE VON DER LEYEN – Ben, tiens !
La justice s’est couchée ! Pourquoi n’en sommes-nous même plus surpris ?
La plainte déposée par Frédéric BALDAN est considérée comme non-fondée.
Et puisqu’on en est à parler de plaintes non-fondées, voici que celle que KAIROS avait déposée contre la RTBF l’est également, selon le CDJ…
Les élections bruxelloises faussées!
Alors que les jeunes de 16 ans pouvaient cette année voter aux élections européennes, à Bruxelles des bureaux de vote ont donné des cartes adulte aux jeunes… et donc les cartes étant comptées, des cartes jeunes aux adultes. Résultat: au moins 3400 votes à invalider. Mais aucun parti ne semble s’en plaindre…
AFFAIRE VON DER LEYEN – Qui est cette Ursula ?
9 juillet 2024. Le EPP de Ursula Von Der Leyen s’est enfin présenté devant la Justice. Il semblerait qu’ils ne savent pas qui est cette fameuse Ursula.
Interview de Christian Perronne – «Le réveil 4 ans après»
Christian Perronne était de passage à Bruxelles pour la promotion de son dernier ouvrage: «Le réveil 4 ans après». L’occasion de revenir sur ces années qui ont permis à cet infectiologue, comme à beaucoup d’autres, de découvrir le spectacle derrière le rideau.
AFFAIRE VON DER LEYEN – Citation à comparaître
4 juillet, le EEP de Ursula Von Der Leyen ne s’est à nouveau pas présenté devant la justice. La police, par contre, veillait, nous empêchant de faire notre travail.
Ursula et le EPP ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas, un huissier s’étant rendu au siège du parti européen pour déposer un avis de convocation devant le tribunal pour le 9 juillet.
L’État au service des multinationales… comme d’hab!
En France, nos amis de France-Soir révèlent le combat de citoyens contre l’installation illégale de grandes surfaces dans l’hexagone*. Des milliards que des ministres de l’économie n’ont pas réclamés. Et ils ont gagné. Comme quoi, la victoire de David contre Goliath est encore possible.
Romain Pauc, pour France-Soir

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, condamné après une plainte de l’association En Toute Franchise.
F. Froger / Z9, pour France-Soir
AFFAIRE DES SURFACES ILLICITES – C’est une nouvelle victoire pour l’association En Toute Franchise : « Le ministre de l’Économie est condamné puisque l’on a fait le travail à sa place », se félicite Martine Donnette, sa présidente, suite à la décision de justice du tribunal administratif. Depuis décembre 2023, avec Claude Diot, trésorier de l’association, ils ont réussi à faire condamner plusieurs préfets ayant laissé s’installer des grandes surfaces de manière frauduleuses, comme les magasins Babou, Grand Frais ou Marie Blachère. Le contrôle des préfets à ce sujet est de la responsabilité du ministère de l’Économie qui n’a pas entamé les « poursuites juridiques nécessaires de ces fraudes » selon l’association, qui obtient par cette décision la possibilité de saisir directement ce tribunal, à l’avenir, « à chaque fois que l’association demandera que des surfaces illicites soient fermées et que le préfet n’agit pas ».
Par ce biais, le tribunal administratif, reconnaît la crédibilité de l’association pour poursuivre ces actions : « Les carences des services de l’État ont porté atteinte à la crédibilité des actions de l’association », peut-on lire sur la décision de justice. Pour rappel, En Toute Franchise dénonce des affaires par lesquelles les grandes surfaces s’installent illégalement avec « la complicité des élus et de l’État » (voir le livre 418 milliards) : « On espère toujours qu’ils soient condamnés pour faute lourde, car ce sont eux les complices, » affirme Martine Donnette.
Par cette décision, Bruno Le Maire est également condamné à verser des indemnités. Claude Diot regrette que malgré les condamnations, les obligations de fermeture de ces enseignes ne soient pas encore appliquées : « Babou et Grand Frais sont toujours ouverts, bien que le tribunal administratif ait fait condamner le préfet pour l’obliger à demander la fermeture de ces magasins. Moralité, on peut se demander où est l’Etat de droit. »
Le ministre de l’Economie n’a pas encore demandé à faire appel de cette décision, qui reconnaît la complicité de l’Etat avec les grands groupes de distributions. S’il venait à demander un second acte juridique, Bruno Le Maire pourrait s’exposer à une faute lourde de l’Etat : « Si le ministre fait appel, on a les pièces pour prouver la faute lourde, » concluent Martine Donnette et Claude Diot.
Quelques commentaires après la prestation des petits partis ce jeudi 6 juin lors de la rencontre organisée par Kairos
Au vu de la situation présente, j’estime que nous sommes dans une situation totalement surréaliste. Nous le savons depuis l’opération Covid, nous avons en face de nous des gens parfaitement déterminés et prêts à tout. La caste politique est très bien organisée, contrairement même à certaines apparences qui nous laisseraient penser à de la désinvolture ou de la bêtise. Cela peut être considéré comme un piège subtil parfaitement mis au point par une ingénierie sociale très raffinée. Mais vous allez vite vous rendre compte que le monde politique est totalement clos et hermétique à toute réforme du système. Oui, les portes sont closes. Il faut s’en rendre compte, nous avons véritablement à faire à une mafia, et j’ai rarement vu une mafia accepter de partager un territoire, aussi petit qu’il soit, et une part de son butin.
En Belgique, quel que soit le niveau de pouvoir, fédéral ou régional, les rares intrus qui ont réussi à se glisser dans les arènes parlementaires ont vite déchanté, leur possibilité d’action étant réduite à sa plus simple expression. La censure des médias à leur encontre est totale et leur visibilité est nulle. Ainsi, pour relayer une opinion différente de la norme, mission principale qui incombe à un mandataire d’opposition, la tâche s’avère donc très pénible. En outre, je voudrais vous rendre attentifs au fait que les élections auxquelles la population est généralement conviée représentent le renouvellement du pouvoir législatif. Or, la réalité de ce dernier, son réel pouvoir d’action, est désormais réduit à la portion congrue. Dès lors, il est nécessaire de relativiser les choses. Le renouvellement des assemblées n’a guère d’impact sur la conduite des affaires de l’État. Le réel pouvoir ne se situe plus dans les travées de ces assemblées tant fédérales que régionales. Même l’exécutif, nos gouvernements donc, voit son pouvoir de décision détourné, dans les faits. Les décisions sont prises à l’abri dans d’autres cénacles. J’en veux pour preuve l’aveu de la députée et ancienne ministre Catherine Fonck (ex-CDH, aujourd’hui les Engagés). Dans une interview récente, elle explique sa décision de ne plus se représenter, en raison d’une forme de dégoût, et avoue que la politique belge se décide entre une petite vingtaine de personnes se trouvant dans les staffs ou le top management des partis traditionnels. Une petit nombre de personnes qui décident de tout, hors assemblée. Qui plus est, ces décideurs nationaux ne sont en fait que les relais d’instances supérieures internationales. Ce ne sont que les gérants de franchises locales, de filiales de puissances principalement économiques et financières. Même à l’échelon européen, otanesque voire onusien, ces instances sont occupées par des représentants, des fondés de pouvoir, des fonctionnaires subalternes qui appliquent les décisions et vont dans le sens désirés par les réels décideurs, qui se retrouvent dans les mondes économique et financier. Le pouvoir politique tient dans la main du pouvoir économique.
Ce paysage politique que je dépeins là nous oblige à relativiser les enjeux de ces élections. Par conséquent, je suis sidéré par votre réaction face à ces élections. Vous avez été attirés par celles-ci comme des papillons par la lumière. Par conséquent, vos disputes, vos chamailleries s’avèrent ridicules et totalement déplacées. Encore une fois, les egos surdimensionnés ont prévalu. Je n’ose imaginer quelles sont les ambitions intimes auxquelles certains d’entre vous ont sans doute rêvé. L’attrayant salaire de 6.000€ d’un député, la gloriole de pouvoir monter aux perchoirs pour poser sa petite question à la caste politicienne. Tout cela relève d’une extrême puérilité et de fantasmes dont je ne souhaite pas connaître les sous-jacents psychologiques. Résultat des courses, les résistants, les révoltés, les indignés partent au combat en ordre dispersé. Triste spectacle dont la caste doit certainement se gausser. Pour des enjeux, nous l’avons vu, somme toute modestes, vous n’avez pas pu vous entendre et vous réunir sous la même liste. Division des listes, donc division des voix. Puisque vous vous retrouvez face à un même électorat. Autant dire que dimanche soir, les voix de ces électeurs ont été dispersées à la façon d’un puzzle. Avec pour conséquence logique et mathématique de n’avoir aucun élu pour la résistance. Bravo les gars ! Je trouve cela très regrettable de ne pas avoir pu vous entendre, ne fût-ce que sur un programme minimum, dans le cadre d’un cartel par exemple. Alors que, je le répète, les enjeux étaient modestes et ne devaient pas entraîner de bouleversement majeur dans le paysage politique belge francophone. Unis, vous auriez peut-être même pu récolter les 5.000 signatures nécessaires pour présenter une liste européenne.
Dès lors, je vous interroge. Qu’allez-vous faire le lundi matin, après la « gueule de bois » du dimanche soir, lorsque vous découvrirez vos résultats à la télévision ? Ne serait-ce pas le temps de se réveiller ? D’abandonner vos rêves illusoires et de revenir à la réalité ? Ne serait-il pas temps de ravaler sa fierté et de se réunir autour d’une table ? Pour quoi faire ? Peut-être pour discuter des véritables enjeux, c’est-à-dire là où les citoyens peuvent réellement marquer leurs empreintes et créer un réel rapport de forces. Je le répète, le système politique vit en vase clos. On ne pourra pas le changer de l’intérieur. Je le redis, c’est le pouvoir économique qui domine le politique, qui le chapeaute. Mais ce pouvoir, aussi puissant qu’il soit, a aussi un talon d’Achille, et nous pouvons appuyer, en tant que citoyens, là où ça fait mal. Ce pouvoir économique, aussi puissant qu’il soit, notamment en matière de poids financier, reste affaire d’entreprises. Les BlackRock, les Vanguard, les J. P. Morgan, aussi énormes qu’elles soient, restent des entreprises qui dépendent de leur chiffre d’affaires. Si, tout à coup, les citoyens du monde entier décidaient de ne plus boire de coca, Coca-Cola serait dans le rouge et en grande difficulté. C’est leur talon d’Achille. Là se trouve le levier.
En même temps, je l’ai évoqué personnellement dans plusieurs émissions économiques chez Kairos, nous assistons actuellement à une guerre économique sans précédent. Nos PME, nos petites entreprises en prennent plein la gueule. Il faut voir le nombre de faillites. Nous vivons un phénomène de concentration majeur. Les grands groupes, les multinationales, les fonds spéculatifs détruisent notre tissu socio-économique. Avec l’aide des instances internationales non élues, comme la Commission européenne, qui ne sont rien d’autre que des relais de ces puissances financières. Par nos choix de consommation, par notre action sur le plan local, notamment communal, nous pouvons agir. Nous pouvons aussi agir en mettant en place une contre-société plus humaine, plus respectueuse, plus confraternelle. Ouvrir des coopératives, des écoles alternatives, soutenir une agriculture différente, défendre une alternative médicale plus holistique. Tout cela, mes chers amis, c’est aussi faire de la politique et c’est peut-être plus efficace encore que de se présenter aux élections et (a)voir sa bouille sur des affiches collées sur des panneaux. Vous voyez, il y a du pain sur la planche. C’est en se réappropriant l’économique que l’on peut aboutir à réenchanter le politique. C’est comme cela que nous avons les moyens réels de faire bouger les choses. Et rien ne nous empêche, le soir ou le week-end, après avoir fait tourner les coopératives et les projets alternatifs, de se réunir à nouveau pour ébaucher un nouveau modèle politique pour demain. Dans le cadre notamment d’un atelier constituant, à l’instar de ce que prône l’infatigable militant qu’est Étienne Chouard ou la remarquable juriste qu’est Valérie Bugault.
Bernard Van Damme
« Entre guillemets »
Les guillemets encadrent le «libre» derrière le nom de Julian Assange dans les articles de ce matin, car il ne comparaîtra que demain mercredi 26 devant un tribunal américain. Si c’est une victoire pour l’homme, qui sort enfin d’un calvaire interminable, ça ne semble pas l’être pour la justice, la vérité et la liberté de la presse…
L’explosion du Nord Stream, Le mystère inexpliqué*

» Il ne peut pas y avoir de gaz dans ce gazoduc », a souligné Anna Lena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères lors d’une interview en juin 2021. Après de multiples spéculations sur ce qui s’est passé avec les gazoducs Nord Stream en 2022, un article d’investigation écrit en septembre 2023 par George Elaison a révélé qu’il pourrait y avoir plus qu’il n’y paraît.
Selon des articles de Jeffrey Brodsky, contrairement à l’opinion publique, les preuves acquises ont montré qu’environ 8 kilos d’explosifs étaient suffisants pour saboter les gazoducs. En outre, l’analyse avance que les Verts allemands sont à l’origine des bombes du Nord Stream.
Pour étayer cette affirmation, des échanges avec des experts militaires, dont la DEVGRU et la force Delta de l’armée, ont révélé que les plongeurs qui ont effectué le « sabotage » étaient formés pour faire le travail, mais qu’ils manquaient d’expérience et qu’ils ont commis des erreurs de niveau débutant.
L’article de 2023 montre toutefois que, bien que les plongeurs ukrainiens aient été initialement formés, ils ne peuvent pas avoir été au cœur de l’attaque, car il ajoute que les plongeurs ukrainiens ne sont allés sous l’eau que « sur le papier ».
Cette révélation rejoint les avis de DEVGRU et Delta Force ainsi que d’autres experts interrogés par Jeff Brodsky concernant le manque d’expérience pratique des plongeurs ukrainiens.
Il convient de mentionner que l’Allemagne avait commencé à travailler avec l’Ukraine en 2020 pour faire de l’Ukraine un centre d’énergie verte pour l’Europe. Une chose en entraînant une autre, le 5 septembre 2022, le président ukrainien Zelensky a indiqué à quoi ressemblerait un monde post-Nord Stream, assurant l’Europe que l’Ukraine prendrait le relais en matière de production et de livraison d’énergie.
Après l’entretien avec Baerbock lors de la conférence YES (Yalta European Strategy) à Kiev, l’Allemagne a commencé à mettre son plan en œuvre. Cette situation est apparue clairement lors du déplacement de troupes, de navires et de moyens de l’armée de l’air vers l’Estonie pour Baltic Tiger 2022. Suite à cela, l’exercice d’entraînement bilatéral a été planifié pour seulement deux mois avant l’action.
Le 26 septembre 2022, les attentats à la bombe pour le sabotage de Nord Stream ont été enregistrés, et le rapport établit un lien avec une opération spéciale de formation de plongeurs ukrainiens.
*Article résumé d’une version longue en anglais, de George Eliason:
[INTERVIEW] Les pangolins devant la justice
Le 13 décembre 2021 le groupe la « ré(love)ution » du salon s’est créé suite à l’incitation à la haine propagée par tous les médias « 70% des Belges veulent des mesures plus strictes contre les non vaccinés », sondage totalement faux condamné au CDJ. Ils ont alors décidé de s’unir via les réseaux sociaux afin de diffuser chaque jour un message commun. Cette action leur a valu d’être auditionné par la Police en juin 2022… Les voici aujourd’hui devant les tribunaux.
[DÉBAT] ÉLECTION 2024 — Grand débat de petits partis
En direct le 6 JUIN 2024 à 20h
Dans le cadre de la campagne électorale en cours, Kairos vous propose un débat exceptionnel entre cinq délégations de partis qui se présenteront aux élections de 9 juin 2024 en Belgique et auxquels les médias mainstream accordent peu de visibilité.
Avec:
- Claude ARCHER – (Transparence)
- Benoit de BELLEFROID – (Agora)
- Senta DEPUYDT – (Collectif Citoyen)
- Michel BUREAU – (Reprise en Main Citoyenne)
- Giovanni GAMBACORTA – (Collectif Citoyen)
- Laurent RYCKAERT – (Blanco)
Lien 1
Lien 2
[SÉRIE] BELGIQUE: TERRE MAFIEUSE – suite de l’affaire DELWART
Suite de l’affaire Valentine DELWART: l’échevine des finances de Uccle, qui « ne savait pas » d’où provenaient les 100 000 € qu’elle touchait chaque année.
[INTERVEW] Aimé BILLE: L’affaire DUTROUX – l’enquête assassinée
Aimé BILLE est un gendarme belge retraité. Enquêteur au sein de la Brigade de Surveillance et de Recherche de Bruxelles de 1986 à 1998, il participa à diverses investigations liées à l’affaire Dutroux. Écarté sans explications, il a rassemblé une masse de documents troublants dans son livre disponible ici: https://investigaction.net/boutique/dutroux-lenquete-assassinee/
lien bis
Rencontre-débat avec Alexandre Penasse et Bernard Legros

Dans le cadre de leurs rencontres avec les lecteurs et le public, Alexandre Penasse, rédacteur en chef, et Bernard Legros, secrétaire de rédaction, s’entretiendront à propos de leurs centres d’intérêt respectifs : le rôle des médias, pour le premier, et la configuration politique actuelle en Occident, pour le second.
Sans médias de qualité, une démocratie est vouée à se transformer en coquille vide, dans le meilleur des cas. Ou en une nouvelle forme de totalitarisme, dans le pire. Pour que des médias soient « de qualité », la condition sine qua non est leur indépendance vis-à-vis des puissances d’argent, autant que de la mainmise de l’État. Donc sans publicité ; éventuellement avec des subventions publiques, pour peu que l’autorité de tutelle respecte inconditionnellement la liberté d’expression des journalistes (hormis dans les rares cas prévus par la loi). Comment faire vivre des médias libres dans un tel contexte ?
Il est patent que la situation politique actuelle est confuse, réseaux sociaux aidant, et donc ardue à démêler, entre des néolibéraux de plus en plus autoritaires s’accrochant à leur pouvoir depuis 4 décennies, une gauche en perte de repères idéologiques, de vrais ou faux néo-fascistes et la montée du « capital algorithmique », nouvel avatar qui voit le capitalisme se régénérer par la numérisation de tous les pans de l’existence humaine, annonçant un cauchemar cybernétique dont le crédit social à la chinoise donne un avant-goût. Comment retrouver l’idéal démocratique dans un tel contexte ?
Les deux exposés seront suivi d’un débat avec le public. Celui-ci pourra se procurer le nouveau numéro (64) du journal, ainsi que des anciens numéros.
Librairie Mot Passant, 300, avenue de Jette — 1090 Bruxelles, jeudi 23 mai à 20 h.
100 places, entrée 10 euros. Pas de réservation, paiement sur place.
[CONFÉRENCE DE PRESSE] #URSULAGATE #SMSGATE
Kairos était en direct de Liège pour la conférence de presse de Frédéric Baldan et de son avocate Diane Protat, autour du scandale Von Der Leyen. Merci à notre reporter Laurent!
lien bis
[Chroniques Agricoles] Philippe GENET: du grain au pain
C’est en 2010 que, suite au hasard d’une rencontre, le terrain au lieu dit « pré aux chênes » à Monceau-Imbrechies est acheté par Philippe et Vera. Ils décident de s’installer avec un couple d’amis sur ces terres fraîchement acquises en roulotte et camion afin d’y développer une ferme paysanne orientée tournée vers l’autonomie alimentaire. Trois ans, c’est le temps qu’il aura fallu à cette vaillante équipe pour construire avec l’aide de main amicale et de conseils avisés un premier bâtiment, démarrer un petit élevage de cochon Duroc, cultiver deux hectares de blés, un demi hectare de maraîchage et réaliser deux cuissons de pains par semaine …
Avec le temps, un véritable réseau d’ami.es, de personnes ressources, de soutien s’est créé autours de la ferme ainsi qu’un système de mutualisation des outils (tracteurs, moissonneuse, trieuse…).
En 2017, la ferme commençait à être bien équipée et pouvait déjà stocker vingt tonnes de céréales dans ses silos. La même année, le décès du meunier d’une ferme (Pierre Brosset, du Moulin de Ferrières, Lavoir) a marqué un tournant pour la ferme qui s’est équipée de son premier moulin.
Dès lors, la farine était directement moulue sur place et proposée à la vente et un nouveau four à bois de type LLopis (chauffe indirecte) est arrivé.
En 2022, la ferme a pu acquérir une décortiqueuse permettant désormais de décortiquer le petit et le grand épeautre.
En 2023, avec le soutien de Terre-en-vue, la ferme a acquis sous bail à ferme quatre nouveaux hectares, lui permettant de sécuriser sa production.
Site internet de la ferme: https://www.fermedupreauxchenes.be/
[INTERVIEW] Cheikh NAWAF: secrétaire général du Parti du Peuple (Syrien)
Le cheikh Nawaf est venu au parlement de l’UE pour plaider l’arrêt des sanctions contre le peuple syrien, sanctions qui se sont avérées aussi inutiles que désastreuses pour la population.
Constantin Mirabel et la société du spectacle
Kairos : Faut-il se réjouir d’observer le monde du spectacle se saisir d’une tribune comme celles des Césars ou des Oscars pour dénoncer les injustices ?
Constantin Mirabel : Le monde du spectacle, c’est aussi la société du spectacle. Comme l’explique Jean-Michéa « le Festival de Cannes n’est pas la négation majestueuse du Forum de Davos. Il en est, au contraire, la vérité philosophique accomplie[note] ». À l’exception de rares individualité, la crise du covid aura plutôt exposé toute la soumission des artistes face pouvoir. Ayant plein la bouche de leur fonction de subversion, ils auront été les relais zélés de toutes les atteintes aux libertés les plus élémentaires. Un seul exemple, au milieu d’une concurrence féroce, est le cas du comédien Didier Bourdon. Cela m’a marqué car j’admirais cet artiste pendant la première partie de sa carrière avec Les Inconnus. Le 12 mai 2021, après avoir qualifié sur BFM-TV les réfractaires à l’injection génique expérimentale de « pauvres connards », il ajouta, le 15 décembre 2021, sur France 2 : « Mon fils travaille pour Pfizer ». Il incarna alors tout ce qu’il avait moqué avec son talent pendant sa jeunesse. Une déchéance autant physique que morale qui fait de la peine. Elle sonne comme un avertissement. Alexandre Soljenitsyne prévenait : « Ah, si les choses étaient si simples, s’il y avait quelque part des hommes à l’âme noire se livrant perfidement à de noires actions et s’il s’agissait seulement de les distinguer des autres et de les supprimer ! Mais la ligne de partage entre le bien et le mal passe par le cœur de chaque homme […] Au fil de la vie, cette ligne se déplace à l’intérieur du cœur, tantôt repoussée par la joie du mal, tantôt faisant place à l’éclosion du bien. Un seul et même homme peut se montrer très différent selon son âge et les situations où la vie le place. Tantôt il est plus près du diable. Tantôt des saints ». (L’Archipel du goulag, 1973). Notre dignité n’est jamais définitive. Elle est à reconquérir tous les jours. Nous pouvons donc espérer retrouver demain le Didier Bourdon que nous avons aimé, comme nous devons veiller, nous-mêmes, à ne pas chuter. Avec son discours à Cannes lors de la remise de son hochet, le sketch involontaire d’une Justine Triet était à la hauteur des acteurs que pastichaient, à peine, Les Inconnus recevant leur récompense. Observer le show business se poser en héraut de la défense des femmes ou des miséreux doit donc, a minima, interroger, normalement nous faire éclater de rire, et devrait plus sérieusement nous révolter. Hélas, c’est peu de dire que la masse tombe dans le panneau. Un peu comme ces pauvres gens fascinés par les bonnes œuvres « écologistes » de Léonardo Di Caprio & consorts. La seule révolte autorisée pour l’industrie du spectacle est celle contre l’extrême-droite, une révolte consommée, conformiste et très logiquement financée. La conséquence en est la nullité affligeante de la production cinématographique actuelle. Si quelques œuvres véritablement subversives passent l’épreuve du temps, le rôle du show biz est celui de produire et diffuser la propagande de notre temps. Nous ne parlerons pas ici de la guerre des sexes comme étape du capitalisme que peut recouvrir un certain discours néo-féministe, et dont les acteur.i.c.es se font les porte-voix. Tout cela n’est pas nouveau, me direz-vous. L’historien Jean-Robert Ragache rappelle de la période de l’Occupation : « Jamais les grands restaurants n’ont eu autant de clients. Au milieu des uniformes allemands, tout ce que Paris compte de célébrités vient prendre ses repas chez Maxim’s, à La Tour d’argent, chez Lapérouse, Drouant ou en Lucas Carton qui forment le groupe de tête des endroits où il faut aller pour être vu être vu[note]. »
Ne devrions pourtant nous réjouir de voir la cause des femmes défendue par les actrices suite aux nombreux scandales qui ont atteint le cinéma ?
Je me fous totalement de Sophie Marceau, mais son propos, sur ce seul sujet, était un des rares raisonnables : « Aujourd’hui, on l’[Gérard Depardieu] accuse de ce pour quoi on l’a encensé. Je ne vais pas lui tendre la perche ni l’enterrer. On m’a tellement demandé d’aller témoigner contre lui partout. Je ne l’ai évidemment pas fait. » (Paris Match, 28 décembre 2023). Il est facile d’être prêt à tout pour décrocher un rôle dans sa jeunesse puis de faire commerce de sa notoriété à la cinquantaine, l’air du temps ayant tourné, pour dénoncer l’« emprise ». Ensuite, je me méfie comme de la peste de ces hommes qui en surajoute dans le néo-féminisme. D’abord, c’est souvent une technique de vieux dragueurs sur le retour. Nicolas Hulot en était coutumier : « Ce qu’évoque très bien le film de James Cameron, Avatar, dissertait-il en compagnie du philosophe médiatique Frédéric Lenoir, qui montre que, contrairement à la Terre où l’emportent les valeurs masculines de domination, de prédation et de compétition, Pandora est la parabole d’un monde où les valeurs féminines, comme l’harmonie avec l’environnement, la collaboration et la protection des plus faibles, sont mises en valeur. » (D’un monde à l’autre, Le temps des consciences, Fayard, 2020). C’est n’importe quoi sur l’analyse du film[note], mais surtout on connaît la suite quant au comportement du grand féministe M. Hulot… Avec le cas du psychanalyste médiatique de LFI Gérard Miller, on plonge du Tartuffe à la criminalité, voire la pédocriminalité. Cassant, autoritaire, sectaire, ce type de personnage présente tous les traits du pervers qui sent les personnalités suggestibles. En revanche, concernant l’affaire Juliette Godrèche, on ne peut pas enlever au réalisateur Benoît Jacquot d’avoir annoncé la couleur. D’abord, à l’instar du psychanalyste, il n’est pas accusé d’avoir abusé sous hypnose d’une multitude de très jeunes femmes. Je suis contraint à le préciser aux imbéciles : ce n’est bien sûr pas une excuse. Personnellement, j’ai toujours trouvé dégueulasse ces hommes d’âge mûr qui débauchent des adolescentes. Néanmoins, je suis toujours très méfiant des pudibonds pour qui leur morale « est ce que l’impuissance est à la chasteté » (Robespierre). Si, « un homme ça s’empêche » (Camus), personne n’est à l’abri d’un faux pas, fruit de la passion amoureuse. Cela précisé, Jacquot fait partie de cette bourgeoisie libérale-libertine qui n’a eu de cesse de vouloir réhabiliter Sade. Il réalisera un film à sa gloire, en 2000, avec Daniel Auteuil. Ce long métrage reçut un accueil dithyrambique de la critique parisienne, dénuée tout esprit critique sur la réalité de Sade. C’est cette même critique qui se dresse aujourd’hui indignée pour défendre les jeunes femmes. Les actes et écrits de Sade ne semblent, en revanche, ne pas l’avoir dérangé. Dany-Robert Dufour a longuement développé ce phénomène dans son essai La Cité perverse. Le philosophe montre en quoi Sade préfigure l’accomplissement dans la perversité de la logique libérale. Cette dernière exempte les individus « des Lois gouvernant notre nature, celles de la différence sexuelle et de la différence générationnelle, et a réorganisé les grandes institutions en ce sens » ; « Ce “projet pervers” a été préparé de longue main. Comme nous l’avons montré, l’arrivée de cette personnalité perverse est annoncée depuis plus de deux siècles par Sade, qui a non seulement construit (littérairement et philosophiquement), avec une constance logique impressionnante, cette personnalité, mais qui, en plus, s’est livré à un extraordinaire prosélytisme pour la promouvoir. » Dans Salò ou les 120 journées de Sodome, Pier Paolo Pasolini a filmé à la lettre les scènes écrites et décrites par Sade. Le résultat en est un film insoutenable. Le réalisateur place les laudateurs du « divin marquis » devant leurs responsabilités. Cela n’empêchera pas, bien au contraire, tout un cénacle d’artistes de se présenter comme de fervents promoteurs de l’œuvre sadienne. En son hommage, un prix Sade est même créé en 2001. On y retrouve des personnalités du monde littéraire comme Frédéric Beigbeder, Marcela Iacub ou Catherine Millet. Personnalité emblématique de ce milieu, l’écrivain Philippe Sollers conclura dans son Sade contre l’Être Suprême[note] : « Que notre projet soit clair, en tout cas : nous ne souhaitons pas autre chose que l’accélération de ce sympathique courant clandestin. Oui, nous ne demandons qu’à renforcer, en quelque sorte, ce chuchotement en faveur de Sade ».
Que conseiller alors aux artistes ?
Pour vendre Emmanuel Macron, il est établi que l’ensemble des mass média ont délibérément menti sur la différence d’âge du couple présidentiel. Un seul exemple, – mais c’était le cas partout ailleurs dans les mass médias –, avec le « quotidien de référence ». Le Monde affirmait le 27 août 2014 : « Emmanuel Macron s’est marié avec Brigitte Trogneux, de vingt ans son aînée, rencontrée alors qu’elle était sa professeur de français en première au lycée Henri IV. » Leur différence d’âge est en fait de 24 ans, ce qui change beaucoup dans le cas présent face à la loi. La journaliste Sylvie Bommel a publié un livre intitulé Il venait d’avoir dix-sept ans (JC Lattès, 2019). Ce qui est l’âge de la thèse médiatico-politique officielle. En réalité, alors qu’Emmanuel Macron n’avait que 15 ans, sa famille a failli porter plainte contre son professeur pour détournement de mineur[note]. Brigitte Macron l’a avoué elle-même dans Paris Match, le 16 novembre 2023 : « C’était le bazar dans ma tête. Au moment de la mort de mon père, j’étais prise dans un ouragan intérieur. Pour moi, un garçon si jeune, c’était rédhibitoire. » Elle l’a rencontré alors qu’il avait 14 ans. Des enseignants, hommes ou femmes, sont actuellement en prison pour un débauchage moins grave. Qu’attend le show biz pour s’indigner de ce secret de Polichinelle ? Il s’agit d’un tabou sur lequel repose aujourd’hui le sommet de la République française. Ce qui est assez extraordinaire. Il est interdit d’en faire état sous peine d’être instantanément affligé des pires insultes. Nous n’avons pas de certitudes définitives sur le sexe de madame Macron, mais, là, les faits sont établis. Voilà qui interroge sur l’ampleur des mensonges possibles dans une société, sur ces archaïsmes, nous qui nous pensons tellement libérés du passé. Les secrets les plus exposés sont les mieux gardés. Tout cela nous a été vendu, au contraire, comme une belle histoire d’amour. Le plus paradoxal est que M. Macron en appelle à la justice et au droit pour faire taire ces « rumeurs ». Voilà un excellent thème de films, de pièces de théâtre ou sujet d’indignation lors de leurs insupportables soirées d’auto-congratulations. Chiche ?
Vous y croyez ?
Olivier Rey explique que si les Américains n’étaient pas allés sur la Lune, les Russes auraient eu les moyens de le voir et l’auraient dit. Certes, c’est un argument. Il n’en demeure pas moins un parmi d’autres car de multiples autres alimentent, avec sérieux, la thèse d’une falsification. Le pire restant d’être péremptoire, dans un sens comme dans l’autre. Pour expliquer la possibilité d’un mensonge d’État, prenons le cas des religions. Dans un cadre rationaliste, leurs fondements relèvent par nature de « fake news » : un homme ressuscité pour le christianisme, un récit incréé pour l’islam, un peuple élu pour le judaïsme, etc. Certains esprits se sont d’ailleurs déjà élevés pour demander leur interdiction. Néanmoins, innombrables sont ceux qui ont été décapités, brûlés, torturés tout au long de l’histoire pour avoir qualifié ces croyances de mensonges. Ce sont même les sociétés toutes entières qui reposaient sur elles. Dans le cas de l’affaire de pédocriminalité de Brigitte Macron, nous observons bien que nous sommes confrontés au phénomène d’un tabou. Tout à la défense de la Macronie, les mass média dénoncent : « Ces fausses informations évoquent même un lien entre Brigitte Macron et la pédocriminalité »(in Le Journal du dimanche, 8 mars 2024). Parfaite accusation inversatoire. Le lien est établi. Mais nous voyons que le simple fait de l’évoquer provoque immédiatement le raidissement des visages, la gêne, et que les excuses fusent alors pour se détourner du sujet. L’exposition du mensonge ne garantit en rien la condamnation de son auteur. Au contraire. Imaginons que demain le sexe masculin de Brigitte Macron soit révélé. Nous pouvons déjà imaginer la réponse des mass média : « C’est la faute des Français qui n’étaient pas mûrs pour l’entendre ».


