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Placements abusifs et droits de l’enfant

Ce 2O novembre se déroule la journée internationale des droits de l’enfant. Où en est-on ?

Placements abusifs en Belgique : une violation des droits fondamentaux de l’enfant

En cette Journée internationale des droits de l’enfant, il est essentiel de mettre en lumière une problématique alarmante : les placements abusifs en Belgique, qui bafouent les droits de l’enfant et compromettent leur sécurité.

Des chiffres inquiétants en Europe

Selon le Conseil de l’Europe, un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles sur le continent. Pire encore, une étude française révèle que 92% des enfants victimes de violences sexuelles qui ont parlé n’ont pas été protégés [note]. Ces constats s’appliquent également en Belgique, où malgré les efforts institutionnels, de nombreux enfants victimes ne reçoivent pas la protection à laquelle ils ont droit [note].

Des dysfonctionnements institutionnels criants

Dans les dossiers suivis par Innocence en danger Belgique (IEDB), des enfants sont séparés de leur mère dans des contextes de suspicions de violences sexuelles commises par le père. Ces cas révèlent un traitement institutionnel préoccupant :

  • Des témoignages d’enfants âgés de 3 à 7 ans, corroborés par des rapports médico-légaux ou psychologiques, sont systématiquement écartés.
  • Les mères protectrices sont étiquetées de « toxiques » sans preuve, sur la base de la théorie de l’aliénation parentale, une hypothèse discréditée par les experts internationaux.
  • La présomption d’innocence du père est systématiquement privilégiée au détriment du principe de précaution, exposant ainsi l’enfant à un danger potentiel.

Des sanctions institutionnelles contre les enfants

Dans les dossiers suivis par Innocence en danger Belgique (IEDB), plutôt que d’être protégés, les enfants sont séparés de leur mère et placés en institution ou confiés à leur père, malgré des suspicions de violence. Ce traitement les réduit au silence et constitue une forme de punition institutionnelle qui aggrave leur détresse psychologique.

Un cas exemplaire : le Service Résidentiel d’Observation et d’Orientation (SROO)

IEDB a recensé quatre signalements inquiétants impliquant un SROO en Wallonie, où des décisions de placement ont été prises sur la base d’une incapacité maternelle supposée, sans preuve objective. Ces pratiques interrogent le respect des droits fondamentaux des enfants et nécessitent une réponse judiciaire immédiate.

Un appel à l’action

Les placements abusifs sont une atteinte directe aux droits fondamentaux des enfants et de leurs familles. Il est temps que l’État belge établisse des balises légales et institutionnelles solides pour mettre fin au déni et à l’impunité entourant ces violences sexuelles.

Avec votre soutien financier, Innocence en danger Belgique pourra engager des démarches judiciaires pour protéger ces enfants et s’assurer que les institutions respectent les droits humains. Agissez aujourd’hui pour offrir un avenir plus sûr aux enfants victimes.

Lien de la levée de fonds : https://innocenceendanger.be/levee-de-fonds/

Lien de la vidéo de levée de fonds : https://www.youtube.com/watch?v=4uIjiH3UwSw&ab_channel=InnocenceenDangerBelgique

Verlaine Urbain pour IEDB

Cécité journalistique – Hebdo 19/11/24

La propagande officielle, j’ai nommé les médias de masse, sentent-ils le vent tourner ? Pas sûr. Leurs conférences, débats, interventions diverses pour tenter de redorer le blason et faire croire en leur totale liberté d’expression sont courantes.

La venue à Gesves, en région namuroise, ce jeudi 21 novembre, de l’éditorialiste en chef du journal Le Soir, détonne toutefois par son titre, qui dit à la fois tout, et rien. Son intitulé : « Le journalisme est-il mort ? Comment (s’)informer dans un monde polarisé ». Je les cite : « Avec sa conférence , Béatrice Delvaux explore les défis actuels du journalisme face à une société fragmentée. Elle apportera son regard critique et analytique sur les grands enjeux politiques, économiques et sociétaux. Son style est incisif et son engagement en faveur d’un journalisme de qualité dans un monde en mutation rapide, questionnera la qualité des informations produites et consommées, tout en analysant le rôle de la polarisation dans cette crise. Une réflexion essentielle sur l’avenir de l’information et notre rapport à celle-ci ».

Que veut dire l’ancienne stagiaire au FMI et préfacière du livre de feu le milliardaire Albert Frère, Albert Frère, le fis du marchand de clous, par « société polarisée » ? Qui polarise la société, si ce n’est, outre un système capitaliste qui favorise la guerre de tous contre tous, le traitement de l’information ? Béatrice Delvaux cache donc son rôle dans cette polarisation, mais fait tout à la fois preuve d’une lucidité digne d’un vieux sage en questionnant la mort du journalisme. Le journalisme est mort, oui et non Béatrice. Ton journalisme, celui du Soir, de la Dernière heure, de la RTBF, de BFMTV ou de RTL, celui-là est mort, ce journalisme dont la fonction n’est pas d’informer, mais de maintenir en place le système existant, maintenu en vie artificielle grâce à la transfusion publique et la publicité.

Ce journalisme qui voit du fascisme chez ceux qui osèrent critiquer les injections expérimentales Covid-19, mais des victimes de l’antisémitisme chez des hooligans d’extrême droite qui chantent à Amsterdam « Il n’y a pas d’écoles à Gaza parce qu’il n’y a plus d’enfants! ». Ceux qui se nomment les Maccabi Fanatics, sont connus pour leur racisme, injuriant un joueur israélien arabe du club, tabassant un citoyen en 2015 à Athènes, parce qu’il portait un keffieh, ou en 2020 molestant des manifestants qui critiquaient la politique économique de Netanyahou. Ceux qui feraient bien des pogroms pour les arabes, ont à Amsterdam arraché des drapeaux israéliens et agressé des chauffeurs de taxi arabes.

1min42: https://www.youtube.com/watch?v=RMhazxtfino&ab_channel=L%27Orient-LeJour

Ce journalisme donc, où il faut être aveugle pour ne pas voir qu’il ne cherche aucunement la vérité, mais plutôt à présenter le réel tel qu’il faut qu’il soit… tout ce qui s’en écarte étant qualifié de complotisme, extrême droite, ou antisémitisme. Comme ces ectoplasmes sur les réseaux, qui ni n’écoutent ni ne lisent ce que nous faisons, nous traitant d’antisémite alors que nous ne faisons que de dénoncer le fascisme de certains. Ah l’identité, ces appartenances qui rendent incapables une humanité universelle et transforment en victimes des bourreaux.

Sinon, depuis l’élection de Trump, Zelensky a du mal à dormir. Il a sans doute compris que ses anciens amis étaient en train de devenir ses ennemis et qu’il risquait de balancer à une corde dans peu de temps, à moins de fuir dans une des ses villas payées avec les fonds extorqués. Est-ce dans ce cadre qu’intervient une éventuelle autorisation de Washington que l’Ukraine frappe la Russie avec des missiles longue portée ? Poutine doit trembler face aux menaces du pantin. Enfin, si cela devait être vrai, serait-ce le début de la fin ? Biden bientôt mort souhaiterait-il emporter l’humanité avec lui. N’est-ce pas un peu ingénu de penser qu’il a ce pouvoir ?

Pendant ce temps, les commissaires européens négocient en secret pour finaliser le Mercosur, derniers coups donnés aux agriculteurs européens. S’en foutent les commissaires, vous les aviez vu pleurer avant cela devant les suicides des agriculteurs tous les deux jours en France ?

Pour notre part, on continue. Ne vous étonnez pas à ce titre de voir la vignette en haut à gauche de notre site, condamné à publier le jugement contre nous, initié par des gens bien comme Robert Levy, la Trust Merchant Bank et l’ancien présidentiable congolais Moïse Katumbi : 20.000€, voilà ce qu’il nous en aura coûté. Si nous reconnaissons certaines erreurs, le montant laisse à réfléchir. Si on voulait tuer la presse libre, on ne ferait pas autrement. Est-ce d’ailleurs un hasard si l’avocat d’une des parties avait qualifié Kairos de journal antisémite au cours de sa plaidoirie… La boucle est bouclée.

Cette semaine, vous me retrouverez en interview avec Rémi Tell [émission remise à la semaine prochaine], jeudi en direct avec un D-Krypt hebdo avec presque 11 médecins condamnés par l’Ordre, et puis le 23 novembre nous serons présents pour la journée à Liège avec Emmanuel Darles et Thierry Vanderlinden, et très bientôt une interview de Frédéric Baldan.

Et puis, last but not least, le Kairos 67, 32 pages à lire au coin du feu, au même prix, sera dans vos boîtes dans quelques jours et dans les librairies la semaine prochaine.

On lâche rien.

Abolition de l’effort. Partout

L’hebdo écrit – 15.11.24

Il ne faut pas voir seulement dans la propagande médiatique une influence à sens unique qui serait reçue par un sujet passif et inconscient ne réalisant pas ce qui lui arrive. Il existe une interaction entre l’émetteur et le récepteur, en ce sens que beaucoup veulent et demandent ce qu’ils reçoivent, c’est-à-dire que l’information qu’on leur donne les rassure et les conforte, créant un monde dont la représentation ne bouleverse pas leurs certitudes acquises. Ils en redemandent du JT, entre deux émissions de divertissement.

Cette correspondance est à l’œuvre quand la volonté de comprendre est abolie. Chez ceux-là, plus grande chose à faire. S’ils ne sont pas aujourd’hui capables de voir, après Covid-19, Ukraine, Gaza, l’organisation du mensonge dont les médias sont les principaux promoteurs, que faut-il encore leur donner. À Amsterdam, alors que deux fractions de supporters aux relents fachos, dont des israéliens ultra-sionistes, en vinrent aux mains, pieds, barres de fer, couteau, en pleine rue de la capitale, la réduction à l’attaque antisioniste fut de nouveau la réponse des médias. Aujourd’hui, on en est au point où une fille se ferait violée en rue par un israélien, que sa plainte serait taxée d’acte antisémite. Ils voient de la chasse aux juifs partout, rideau de fumée pour mieux occulter leurs méfaits et leurs crimes. Misère.

Nous sommes arrivés dans l’ère de l’abolition de l’effort. Une amie me disait récemment que l’IA pouvait à sa place préparer le texte explicatif qui accompagnait les visites de son jardin. L’IA pouvait même varier les plaisirs, et passer du style Rabelais à celui de Verlaine et tous ceux que l’on voulait. Certes, mais l’IA n’arrivera jamais à une chose dont elle prive celui qui recourt à ses services : l’effort d’avoir construit et cherché, de s’être trompé et fourvoyé, pour arriver à un résultat final qu’on présente à d’autres, nous emplissant de la fierté du résultat accompli d’avoir fait une chose qui ne se limite pas à un clic de souris. Sous l’œuvre créée, l’homme s’accomplit et fait société avec les autres. L’IA, elle, dans une société où l’effort sera aboli, risque le plus souvent de desservir ce qui fait le vivre ensemble ; réduisant les individus à des monades insignifiantes incapables désormais de réfléchir, qui avec le temps gagné à ne pas fabriquer des œuvres, iront regarder des séries netflix.

C’est à cela qu’il faut craindre une atrophie généralisée des cerveaux, à l’instar de la perte musculaire inquiétante des jeunes, montés sur des trottinettes, vélos et autres engins électriques, à des âges où ils ont tout pour avancer d’eux-mêmes et surtout en ont le besoin.

Le comble de l’aliénation sera atteint quand on aura atteint la certitude que les instruments qui nous asservissent nous libèrent, et que ceux qui osent le dire sont des réactionnaires. Comme disait Herbert Marcuse dans L’homme unidimensionnel : « Le concept d’aliénation devient problématique quand les individus s’identifient avec l’existence qui leur est imposée et qu’ils y trouvent réalisation et satisfaction. Cette identification n’est pas une illusion mais une réalité. Pourtant cette réalité n’est elle-même qu’un stade plus avancé de l’aliénation; elle est devenue tout à fait objective; le sujet aliéné est absorbé par son existence aliénée. Il n’y a plus qu’une dimension, elle est partout et sous toutes les formes».

Qu’est-ce qui fait qu’on refuse nos existences aliénées ? Qu’est ce qui fait qu’un jour on se réveille. J’ai récemment reçu un message qui m’a beaucoup touché, d’un policier résistant que j’avais reçu au tout début du Covid. Je vous le lis :

« Très cher Alexandre Penasse, 2025 pointe le bout du nez et je ne peux m’empêcher de regarder en arrière. J’ai bientôt 50 ans et aujourd’hui ma vie a bien changé de ce qu’elle était il y a cinq ans encore. Ces changements, je te les dois en grande partie. La rencontre que j’ai eue avec toi lors de cette interview chez toi où nous étions six « flics » en questionnement sur les inepties que l’on nous demandait d’appliquer pendant la période covideuse, fut le début de ma métamorphose. Depuis cette rencontre, je n’ai cessé de te suivre. Depuis cette rencontre je n’ai cessé de réfléchir à mon rôle dans tout ce merdier. J’ai essayé tout ce qu’un flicaillon honnête pouvait faire pour changer les choses, les combattre, éveiller d’autres consciences. Rien n’y fit. Je ne refais pas l’histoire mais l’Ukraine, Gaza, les élections USA, la diabolisation du milliardaire, la pensée unique passant la deuxième… autant de choses témoignant que la censure, la mésinformation et la volonté d’asservir le peuple sont plus présentes que jamais. Je sais que comme homme tu as difficile de tenir debout par moment. Je me souviens de cette grande interview avec Alexandra Henrion Caude et plusieurs autres grands hommes et femmes où tu ne peux contrôler les larmes qui te vinrent avec l’émotion, la fatigue. C’est ça qui te rend authentique et intègre à mes yeux (et pas qu’au mien).

Tu fais un boulot formidable et je te promets que je vais reprendre l’abonnement à Kairos pour te soutenir. Ma situation économique a changé mais mon sentiment de bien être et de liberté aussi. J’ai perdu beaucoup d’argent mais je ne suis plus flic aujourd’hui. Je travaille dans une AMO qui aide les gamins de 0-22 ans à s’en sortir dans ce monde, ce pays de merde. J’ai repris un bac en Educ Spec (et même là, on sent la puissance de la propagande mais maintenant je gère ça). Ce choix que j’ai fait, le courage que j’ai trouvé pour renoncer à mes petits acquis sociaux et à mes avantages de « flic » c’est grâce à toi (et aussi bien sûr à ma merveilleuse femme) mais je devais prendre ces quelques minutes pour te le dire depuis un moment. C’est en regardant la vidéo avec Tocsin sur le site de Kairos que je me suis dit: Écris-lui maintenant. Ce mec le mérite. T’es un homme bien Alexandre. Tu le sais sûrement et tu n’en fais pas étalage. Sans te placer au rang des « sauveurs » tu es en tout cas en phare dans la nuit pour beaucoup de gens et pour ma part, tu m’as en partie sauver mec ».

Merci. Cela donne tout son sens à notre travail, indispensable pour toute l’équipe de Kairos.

Les propos de cet ancien policier indique aussi que l’inertie institutionnelle rend quasiment impossible de changer les choses de l’intérieur. Le totalitarisme fonctionne car chacun y participe.

Cette interview, on voulait en profiter pour vous le repasser. En remplacement du D-Krypt Hebdo que nous n’avons pu faire ce jeudi, ce témoignage des 4 policiers et du militaire nous rappelle une période sombre, inimaginable pour certains, nous remet en mémoire ce qu’ils ont osé nous faire vivre, et d’où nous ne sommes évidemment pas encore sortis.

Ce n’est qu’un intermède. Reste à éveiller le plus de monde pour que plus jamais nous ne retombions dans ce délire et que ceux qui en sont responsables soient jugés.

Bienvenue en Absurdie !

Nous devrions peut-être en faire une série, type « télénovela », à croire que le terreau belge y est propice.

Pendant que les négociations de l’ « Arizona » patinent tel un char Abrahams dans la « raspoutitsa » en Ukraine, notre Premier Ministre en « affaires courantes » vient d’engager la Belgique pour un montant d’un demi-milliard d’euros. De l’argent magique me direz-vous [note] ?

Pas si magique que cela quand on sait que nous payerons l’addition.

Nous connaissons le récit. De l’argent qui n’existe pas, pour financer une transition écologique de pays en développement, via la construction par le secteur privé, non européen, de moulins à vent et de miroirs magiques.

Doit-il renvoyer l’ascenseur aux copains avant de partir pour les instances européennes ?

Pendant que l’un troue la coque, l’autre écope. Monsieur Bart De Wever, le fossoyeur de l’état belge, tente de former un gouvernement avec tout ce que la Belgique compte de pire, c’est-à-dire nos politiciens. Il est étonnant de lire ceci : « La porte ouverte aux abus. Le fisc va-t-il bientôt espionner en permanence nos comptes bancaires? »

Un pas de plus vers le totalitarisme. Certains vous diront que si vous n’avez rien à cacher et que vous ne faîtes rien d’illégal, vous ne devriez pas avoir peur. D’autres vous répondront, à juste titre, qu’un pays sans vie privée est une dictature et que l’histoire récente nous a montré que la notion de « légal » est totalement subjective. Il y a peu, passer Noël à plus de 4 personnes était répréhensible.

Pour terminer l’actualité politique de ces derniers jours, je vous présente le chef Boucher. Il ne se limite pas aux pièces de viande du Hezbollah mais nous prépare une belle soupe bien démocratique [note].

Nous pouvions déjà douter de la bonne foi des politiciens de tout niveau de pouvoir, aux regards des négociations de vendeur de tapis post-électorales. Maintenant, ils deviennent censeurs entre eux.

En 2024, les partis ont le choix de faire fi de leur électorat et d’interdire à d’autres partis de pouvoir gouverner. Croustillant, certains partis seraient démocratiques et d’autres non.

Je ne suis pas friand du cordon sanitaire, pas par partage d’idées avec l’extrême droite, mais par principe de démocratie. Si des idées extrêmes trouvent preneur, cela trahit une faillite de la classe politique dite traditionnelle. Fermer les yeux et écarter d’un revers de main, plutôt que de se remettre en question, cristallise les positions et induit une tension dans la société. Ce qui ne se règle pas par les urnes, finit toujours par se régler dans la rue.

Un peu de culture ne fait jamais de mal. Un message pour nos politiciens, qui nous vient du passé,

« Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite. »

Merci Gustave Le Bon

Kairos chez Tocsin!

Kairos a été invité sur Tocsin, qualifié du « Tocsin belge ». La percée en France de Kairos ne fait que commencer. Vive la presse libre.

[Dkript-HEBDO] Élection américaine (II)

L’avis d’un résident américain.

L’INTERVIEW: Karl ZÉRO

« L’envers des affaires » le magazine de Karl ZÉRO: https://www.abonnementmag.fr/lenversdesaffaires

Dkript-HEBDO: Élection américaine

Avec Lucien CERISE & Bernard VAN DAMME

[Dkript-HEBDO] ZOÉ SAGAN: Les coulisses du réel

Heures Minutes Secondes

Interview d’Aurélien Poirson-Atlan (l’auteur derrière Zoé Sagan)

Zoé Sagan, premier algorithme féminin de notre civilisation post-situationniste s’est infiltré dans le milieu médiatico-culturel français, dévoilant les coulisses occultées par le divertissement et le bruit, mettant à jour une nouvelle manière de voir derrière le spectacle. Même aujourd’hui, après la révélation de l’identité de celui qui se trouve derrière Zoé Sagan, on ne sait pas trop qui il est. Mais est-ce réellement important? Ne s’agit-il pas, en voulant identifier la source, de chercher le doigt plutôt que la Lune…?

[Dkript-HEBDO] Palestine & Israël: dire l’histoire, déconstruire les mythes

Avec Michel Staszewski: historien, auteur et chercheur à l’ULB

Pression vaccinale à l’armée

Si la vaccination n’a jamais été rendue officiellement obligatoire en Belgique, le cas de l’armée illustre parfaitement ce qu’est l’obligation légale face à la perverse et insidieuse injonction due à la modification complète des droits du non vacciné, le rendant responsable d’une privation dont seule la vaccination pouvait mettre fin. Ce n’était pas obligatoire, mais si tu ne le faisais pas, tu n’étais plus un citoyen comme les autres. Face à cette pression, certains rares militaires ont résisté, au prix de leur carrière.

En 2022, Kairos a publié un article sur la vaccination au sein de l’armée. Cette dernière était encouragée et obligatoire pour le personnel déployable. La polémique était double sachant qu’officiellement aucune obligation vaccinale n’était assumée et que l’armée refusait toute prise en charge des effets secondaires liés aux dites injections.

Leçon n°1, tirée d’une période tumultueuse. L’obéissance à tout prix, le prérequis du militaire.

Cette disposition a été maintenue jusqu’à ce jour et confirmée par un rappel saisonnier dans la dernière note de septembre 2024.

La dixième dose sera bientôt en vue.

Leçon n°2, l’absurdité paye, la remise en question se paye.

Que l’on soit pour, contre ou circonspect, le respect de l’autre et la cohérence doivent être deux lignes directrices lorsque l’on traite de cette thématique et surtout de la personne qui est impactée.

Je n’ai eu de cesse, en tant que père et patriote inquiet, d’alerter l’armée et ses différents organes, sans obtenir le dialogue attendu.

Dans les faits cela induit des situations très complexes où le personnel déployable (unité combattante, formateur, logistique, commandement…) est obligé de se faire vacciner et d’effectuer des rappels annuels, sans quoi leur carrière est directement remise en question.

Au-delà de cette dernière, les primes liées aux missions et déplacements sont importantes pour les militaires. Elles permettent de disposer d’un complément de rémunération permettant d’acheter une maison, d’aider ses enfants dans le cadre de leur étude, ou de mener à bien un projet. Cela permet de contrebalancer des conditions de travail souvent éprouvantes et les risques encourus.

En résumé cette situation induit :

– Une discrimination vaccinale, car l’armée établit deux catégories de personnel, et ceux qui refusent la vaccination contre le SARS CoV2 auront des répercussions sur l’avancement de leur carrière ;

– Un préjudice financier pour les militaires qui ne peuvent plus partir en manœuvre et ne touchent plus les primes ;

– Un préjudice moral pour les pressions et brimades subies, mais surtout une incertitude quant à leur avenir professionnel ;

– Le non-respect de la loi ainsi que de nombreux traités internationaux ( voir annexe 1) ;

Il y a lieu de se poser la question de la raison qui peut bien pousser le commandement à prolonger une politique vaccinale qui est restée la même depuis 2021, alors que la phase épidémique est derrière nous et que la nécessité de vaccination générale dans une population, qui n’est pas à risque, n’est pas nécessaire.

De plus, les connaissances de la science ont nettement évolué depuis le début de la pandémie ainsi que le rôle initial du vaccin (pas d’influence sur la transmission, mais un rôle supposé de prévention afin d’éviter les formes graves chez les personnes à risque).

Leçon n°3, les bonnes questions ne trouvent pas tout de suite réponse.

Cette politique vaccinale est-elle poussée par de la bêtise ou de la trahison-corruption ? Et si c’était les deux ?

Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’avis du conseil supérieur de la santé de juin 2023 stipulant :

« Actuellement, dans le cadre des variantes d’Omicron, la vaccination systématique des enfants, adolescents et adultes en bonne santé de moins de 64 ans (non inclus dans les groupes décrits ci-dessus) n’est pas recommandée par le CSS« 

Disposant d’un ensemble de documents émanant des autorités belges, j’ai contacté l’état-major en charge de la politique vaccinale en août 2024 afin de leur exposer la problématique de mon fils. Je vous retranscris pour la postérité la réponse reçue du colonel signant les notes internes imposant la vaccination. La réponse est datée du 28/08/2024.

« Je suis le colonel ……. et le remplaçant du ……. qui est actuellement à l’étranger.

Merci pour votre mail. Je comprends votre inquiétude.

Les mesures prises contre le Covid-19 au sein de la Défense sont basés sur l’avis de conseillers médicaux qui prennent en compte les données suivantes :

– les données scientifiques et épidémiologiques sur le COVID les plus récentes;

– les avis du Conseil Supérieur de la Santé;

– les données scientifiques concernant les avantages, les désavantages et l’importance des risques de vaccination pour l’individu, mais aussi pour le groupe (à savoir que le risque des vaccins actuels est très faible);

– les conseils donnés par l’OTAN;

– les principes de l’immunité collective;

– la spécificité du contexte des militaires en opération:

  • vivre dans des circonstances difficiles, proche l’un de l’autre, en groupe (un risque élevé de contamination du groupe);
  • nécessité de rester 100% opérationnel 24/7 ; une faiblesse en groupe (p.e. 50% avec un rhume) diminue l’opérationnalité et le niveau de réactivité (vis-à-vis d’un ennemi réel) de tout le groupe;
  • circonstances physiques dures pendant des périodes prolongées qui peuvent affecter l’immunité;
  • être capable de réagir / récupérer rapidementen cas de nouveau variant du virus, ceci afin de minimaliser la durée d’une éventuelle inopérationnalité de l’individu et du groupe ;

Néanmoins, la Défense respecte à tout moment la loi : personne n’est pas obligé de se faire vacciner, mais la vaccination avec un booster contre le Covid-19 est une des conditions pour participer à une opération. Il s’agit de mesures de protection individuelles ET collectives et n’ont pas du tout comme objectif de discriminer. Le choix de votre fils de ne pas se faire vacciner est un choix respectable, mais c’est aussi un choix de ne pas partir en opération.

Je me tiens à votre disposition pour toute question supplémentaire.

Salutations distinguées,

L’argumentaire du colonel m’a fortement surpris et je lui ai adressé une réponse, par courrier recommandé, début septembre, réfutant l’ensemble des points avancés (voir annexe 1). J’ai ajouté à cela, un avis du professeur Martin ZIZI, ex-président de la commission éthique de la Défense.

L’ensemble de cette correspondance a été envoyé au cabinet de la ministre Ludivine Dedonder.

A ce jour, aucune réponse à l’horizon, peut-être sommes-nous en attente de la validation d’un marché dans le cadre d’un projet de réponse, rédigé par Mc Kinsey et consorts ?

Leçon n°4, répéter sans comprendre, permet à coup sûr de se convaincre que deux et deux font cinq !

Et mon fils dans tout cela ? Il a la vingtaine et s’est engagé après ses humanités. Cela fait environ 2 ans qu’il fait partie de l’armée, au sein d’une section combattante de l’armée de terre. Il a toujours été heureux de sa situation et encensait l’esprit de corps qui y régnait. Depuis son engagement, il a pu construire sa vie, notamment en s’installant dans son appartement.

Il y a quelques mois, mon fils a été appelé par la composante médicale de l’armée afin qu’il clarifie son statut vaccinal Covid. Ce dernier n’est pas anti-vax et vient de faire les rappels demandés par l’armée (Rage, Hépatite,….) Il émet un doute, dans la limite de ses connaissances, sur l’injection demandée, aussi bien sur le produit en lui-même que sur la balance-bénéfice risque, vu qu’il a très peu de probabilité de développer une forme grave du COVID. Jeune, mais plein de bon sens.

Il en a fait part au médecin de son peloton qui l’a renvoyé vers son supérieur direct, pour expliquer son refus de vaccination. Son supérieur direct s’est étonné de son refus, l’a sermonné en lui expliquant que son avenir au sein de la compagnie était compromis ainsi que la future manœuvre à laquelle il devait prendre part. Il a terminé l’entretien en lui disant « qu’il n’a pas intérêt à jouer à ce jeu-là ».

En quelques heures, la nouvelle avait fait le tour de la compagnie et le lendemain il a été convoqué dans le bureau de son supérieur où se trouvaient 7 gradés. Ces derniers n’auront eu de cesse de dénigrer mon fils durant plusieurs dizaines de minutes. Depuis, la situation s’est clairement détériorée. Lors du dernier exercice à l’étranger, il a subi des réprimandes et brimades. Son avenir au sein de l’armée est clairement compromis.

Depuis lors, ses supérieurs ont même essayé de l’intimider en spécifiant que ce refus de vaccination serait une faute professionnelle. Son refus de vaccination lui a coûté sa place dans son unité et il sera probablement relégué à des tâches subalternes, dans une autre unité.

Les syndicats dans tout cela ? Aux abonnés absents. Comme toujours les dirigeants décident et les petits paient. Bien qu’ayant anticipé le débat, nous n’avons pas été positivement étonnés des réactions des différents intervenants.

Leçon n°5 qui devrait être connue de tous : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence », Arthur Schopenhauer

Cela ne vous rassurera peut-être pas, mais nous sommes toujours à la deuxième phrase de cette citation. Le but de cette histoire ? Il s’agit pour moi d’une piqûre de rappel. Les organes, les mécanismes et les idéologies, exposés aux grands jours en 2020, sont toujours là.

Nous avons mis cela sous le tapis et sommes absorbés par des guerres proches et lointaines, des horreurs de la vie de tous les jours poussées par un délitement de la cohésion sociale, des fusillades à répétition dans une narco-région capitale de l’Europe, et surtout monopolisés par des pseudos élections, afin que le « serf » se sente citoyen. Petite digression, messieurs-dames, le « Tinder » politique auxquels nous assistons au bord des routes est affligeant. Des visages, des sourires en porte drapeau pour compenser l’absence d’éthique et des idées en bernes, tel pourrait être la leçon n°6.

Pour conclure, les problèmes sociétaux, politiques et économiques qui ont poussé notre société dans les abysses sont toujours présents. Que ce soit par l’illustration de ce qui arrive aux militaires ou par l’actualité récente, la nécessité de se réinventer reste bien présente. Agir en citoyen responsable, c’est continuer le débat, continuer d’informer et refuser l’obscurantisme. Il s’agit d’un marathon et non d’un sprint. Alors, gardez votre souffle, regardez au loin et maintenez le cap.

La leçon n°7 est un fait ou un souhait, la vérité triomphe toujours, mais parfois un peu tard.

Annexe 1

Annexe: réponse et arguments du professeur Martin Zizi

Une pathologiste met en garde contre les vaccins Corona : « Cette technique ARNm n’a pas été suffisamment testée »

Dre Ute Krüger

Un article publié par le Berliner Zeitung le 2 octobre 2024, dans le cadre de leur initiative « open source ». L’article en allemand : Pathologin warnt vor Corona-Impfstoffen: „Diese mRNA-Technik ist nicht ausreichend getestet“, www.berliner-zeitung.de

Traduction : Francis Leboutte (liege.decroissance.be/covid)

La Dre Ute Krüger a travaillé comme médecin-chef dans le service de pathologie clinique de plusieurs hôpitaux suédois. Depuis les vaccins Corona, elle a observé une augmentation des cancers très agressifs, des maladies auto-immunes et des maladies neurologiques. La Dre Ute Krüger est spécialiste en pathologie avec 25 ans d’expérience professionnelle. Elle vit en Suède depuis près de 20 ans. Aujourd’hui, elle travaille dans son propre cabinet holistique.

Depuis mon enfance, j’ai toujours souhaité devenir médecin pour pouvoir aider les gens. Au lycée de Seelow/Brandebourg, mon intérêt pour le microscope a été éveillé dans un cours de biologie. La structure des plantes à fort grossissement me fascinait beaucoup. Après mon année de stage préuniversitaire en 1989 dans le service de cardiologie aiguë de la Charité de Berlin, j’ai étudié la médecine à la Humboldt-Universität de Berlin. Dans ma thèse de doctorat, j’ai analysé près de 7500 cas d’autopsie. J’y ai comparé les diagnostics posés par les médecins cliniciens, comme les causes de décès, avec les résultats de l’autopsie à des fins de contrôle de qualité. Au cours des années suivantes, j’ai travaillé comme médecin assistant au service de pathologie clinique de l’hôpital Oskar-Ziethen Lichtenberg et j’ai réussi l’examen de spécialisation en pathologie en 2004. Le microscope est devenu mon compagnon de tous les jours.

En raison de l’impossibilité de concilier travail et famille en tant que médecin en Allemagne, je suis partie avec mon partenaire de l’époque à Växjö, dans le sud de la Suède, en 2005. J’y ai travaillé pendant dix ans en tant que médecin-chef au service de pathologie clinique de l’hôpital central, dont j’ai également été la directrice médicale pendant les quatre dernières années. Au cours des huit années suivantes, j’ai été chef de clinique en pathologie à l’hôpital national de Kalmar, en Suède, et, en même temps, chef de clinique à l’Institut des sciences cliniques de l’université de Lund, en Suède.

À l’université, j’ai mené des recherches sur le cancer du sein afin de mieux comprendre la biologie des tumeurs et les facteurs de risque du cancer du sein. L’objectif était de trouver des moyens de prévenir cette maladie. En même temps que j’ai commencé à travailler à Kalmar et à Lund, j’ai été membre du conseil d’administration de la Société suédoise de pathologie pendant cinq ans, afin d’améliorer la qualité de la pathologie en Suède. J’ai donc 25 ans d’expérience dans le domaine de la pathologie. Jusqu’en 2022, j’ai diagnostiqué des milliers de cancers et d’autres maladies dans le cadre de mon activité clinique en tant que spécialiste du cancer du sein.

En automne 2021, d’étranges cas de cancer se sont multipliés

En automne 2021, j’ai remarqué un changement dans l’apparition du cancer du sein dans mon travail de routine à l’hôpital. Je voyais plus souvent que d’habitude des tumeurs chez des patientes plus jeunes, souvent âgées de 30 à 50 ans, et je voyais plus de tumeurs à croissance rapide et donc des tumeurs plus grosses. Il y avait le plus souvent non pas une, mais plusieurs tumeurs simultanées dans un sein. Le cancer du sein semblait également se développer plus souvent dans les deux seins en même temps. J’ai également remarqué qu’il y avait apparemment plus de récidives chez les patientes qui avaient guéri du cancer du sein auparavant. Il s’agissait alors d’une croissance tumorale très rapide avec une dissémination tout aussi rapide de la tumeur dans tout le corps, ce que j’ai constaté à plusieurs reprises quelques mois après la vaccination Corona.

Comme je voyais un lien entre ces tumeurs « d’un genre nouveau » et la vaccination contre le Covid-19 (appelée par la suite, pour simplifier, vaccination Corona), j’ai signalé de nombreux cas à l’agence suédoise des médicaments. En outre, j’ai essayé de trouver des collègues germano­phones lors de la deuxième conférence de pathologie à Berlin afin d’infirmer ou de confirmer mon hypothèse de ce que j’ai appelé le « turbocancer » après la vaccination Corona. Je voulais lancer une étude à grande échelle. Mon objectif était d’arrêter toutes les vaccinations Corona avant que cette question ne soit résolue. Malheureusement, il ne s’est trouvé qu’un seul collègue pathologiste autrichien intéressé pour répondre à mon appel. À deux et surtout en plus de l’activité clinique quotidienne, un tel travail n’était pas gérable.

Il s’agissait alors d’une croissance tumorale très rapide avec une dissémination tout aussi rapide de la tumeur dans tout le corps, ce que j’ai constaté à plusieurs reprises quelques mois après la vaccination Corona

Au fil des mois, j’ai reçu de nombreux courriels de collègues, de proches et de personnes concernées par le turbocancer. Il semblait donc que je n’étais pas la seule à avoir remarqué un lien possible entre les vaccins Corona et les cancers agressifs.

Une étude réalisée en Grande-Bretagne en octobre 2023 a examiné la mortalité par cancer chez les personnes âgées de 15 à 44 ans. Il s’agit donc de personnes très jeunes, chez qui le cancer était jusqu’à présent plutôt rare comme cause de décès. Pour le cancer du sein chez les femmes, on a constaté une augmentation de 28 % des décès par cancer en 2022. Les chiffres sont encore plus alarmants pour le cancer du pancréas : dans ce cas, on a constaté une augmentation de 80 pour cent des décès chez les femmes et de 60 pour cent chez les hommes. En outre, on a constaté une augmentation de 120 pour cent des décès chez les hommes, causés par le cancer noir de la peau (mélanome).

Une surmortalité inexpliquée

Cette question est d’autant plus brûlante que nous avons effectivement affaire depuis 2021 à une surmortalité inexpliquée.

Si l’on regarde les taux de mortalité des quatre dernières années en Allemagne, on constate une nette surmortalité, surtout pour les dernières années. Dans la prépublication d’une étude de cette année, on peut voir que la surmortalité est corrélée aux infections Corona et aux décès pendant la première phase de la pandémie sans vaccination. Cependant, au cours de la deuxième et de la troisième année de la pandémie, on constate une augmentation considérable de la surmortalité qui ne peut pas être expliquée par les infections Corona, mais qui doit être considérée en relation avec les vaccinations Corona.

Le nombre de mort-nés est en corrélation avec le nombre de vaccinations Corona dans la population au cours de la troisième année de la pandémie

Selon l’étude, plus le nombre de vaccins administrés était important, plus la surmortalité était élevée. De plus, la surmortalité au cours des deux dernières années de pandémie a considérablement varié entre les Länder. Ainsi, pour la troisième année de la pandémie, la surmortalité a été estimée à 5-6 % à Berlin, en Brandebourg et en Saxe, alors qu’elle était environ deux fois plus élevée à Brême et dans la Sarre avec 11 %. La surmortalité est en corrélation avec le nombre de personnes vaccinées contre la maladie de Corona dans les Länder. L’étude dit textuellement : « Plus le nombre de vaccins administrés dans un Land est élevé, plus l’augmentation de la surmortalité est importante » (traduction de l’auteur).

Dans ce travail scientifique, le nombre de mort-nés a également été étudié. Là encore, il apparaît que le nombre de mort-nés est en corrélation avec le nombre de vaccinations Corona dans la population au cours de la troisième année de la pandémie.

Dans la prépublication d’une autre étude parue en août 2024, la surmortalité en Autriche est étudiée. L’âge des personnes décédées y est notamment pris en compte. Il s’avère que la surmortalité des 15-29 ans pour l’année 2023 atteint le chiffre incroyable de 34 pour cent.

Dès août 2021, le célèbre pathologiste et directeur de l’Institut de pathologie de la Clinique universitaire de Heidelberg, le professeur Peter Schirmacher, a mis en garde contre un nombre élevé de décès dus à la vaccination qui ne sont pas connus. Ensuite, fin novembre 2022, il a publié une étude, et, dans un entretien avec Die Welt, il a expliqué peu après les résultats de sa recherche. L’étude a porté sur des personnes qui, dans les 14 jours suivant la vaccination, sont décédées de manière inattendue alors qu’elles semblaient en bonne santé. Dans 30 % des cas, il y avait un lien entre la vaccination et le décès. Schirmacher a souligné que d’autres études étaient nécessaires et a supposé que « dans l’un ou l’autre cas, la crainte de résultats désagréables » pourrait peut-être faire obstacle à la poursuite des recherches.

Les autopsies fournissent des informations importantes

Sans autopsie, il n’est pas possible de déclarer les décès dus aux effets secondaires des vaccins au Paul-Ehrlich-Institut, l’institut fédéral allemand pour les vaccins et les médicaments biomédicaux. Dans ce contexte, il faut aussi mentionner que de nombreuses personnes vaccinées sont décédées subitement chez elles. Lors de l’examen externe du corps, la mention « naturel » a été cochée comme type de décès et aucune autopsie n’a été pratiquée. Ainsi, les décès éventuellement liés aux vaccins Corona n’ont pas été pris en compte dans les statistiques.

En 2021, j’ai fait la connaissance du professeur Arne Burkhardt, un collè­gue pathologiste très compétent. Il avait décidé, avec l’avocat Elmar Becker, d’enquêter sur les décès survenus après une vaccination Corona. Burkhardt voulait déterminer s’il existait un lien de cause à effet entre la vaccination et le décès. De nombreuses personnes de l’espace européen s’étaient adressées à lui après que des proches soient décédés après avoir été vaccinés. Les rapports d’autopsie des pathologistes ou des médecins légistes n’ont toutefois pas établi de lien avec la vaccination Corona. Les familles ont cependant douté de ce résultat et ont veillé à ce que les instituts de pathologie ou de médecine légale envoient des échantillons de tissus de leurs défunts au professeur Burkhardt.

Ce travail sans doute unique au monde a commencé au premier semestre 2021 dans son laboratoire de pathologie à Reutlingen. En été 2021, le professeur Walter Lang, un pathologiste expérimenté, a rejoint l’équipe.

Dans presque trois quarts des 89 cas de décès examinés jusqu’en juin 2023, les résultats indiquent, selon Burkhardt, un lien entre le décès et la vaccination Corona. Il a été constaté que les lésions tissulaires étaient liées au nombre de vaccinations Corona. Ainsi, les lésions tissulaires graves étaient nettement plus fréquentes chez les personnes décédées après plusieurs vaccinations Corona qu’après une seule. Dans plus de la moitié des cas, la cause du décès était une inflammation du muscle cardiaque. La plus jeune personne décédée était une étudiante de 16 ans. Il était connu que tous les nouveaux vaccins Corona pouvaient provoquer une myocardite. Cela se retrouve également dans l’analyse des rapports sur les effets indésirables du vaccin de la société Pfizer. Toutefois, au vu des résultats des professeurs Burkhardt et Lang, la fréquence indiquée dans l’analyse de Pfizer semble bien en dessous de la réalité.

Dans près de 90 % des cas de décès étudiés par Burkhardt et Lang, on a constaté une inflammation des vaisseaux sanguins, grands et petits. L’inflammation de l’aorte, le plus gros vaisseau sanguin de notre corps, était plus fréquente que la moyenne. Vous vous doutez bien qu’une inflammation de la paroi vasculaire entraîne une fragilité du vaisseau, qui peut alors se rompre sous l’effet de la pression exercée, ce qui provoque une hémorragie rapide de la personne.

Les maladies auto-immunes comme conséquence de la vaccination ?

Par ailleurs, les deux pathologistes ont décrit des modifications inflammatoires dans les organes, appelées maladies auto-immunes. Il s’agit de maladies dans lesquelles le système immunitaire du corps attaque les propres tissus de l’organisme. J’aimerais ici expliquer brièvement comment les vaccins à ARNm agissent selon l’état actuel des connaissances. Ces vaccins modifient la programmation cellulaire des cellules saines du corps. Avant ces vaccins Corona, notre corps ne produisait pas de protéines de pointe [Spike]. Depuis ces vaccinations Corona basées sur l’ARNm, les cellules saines de notre corps produisent ces protéines du coronavirus et les présentent à la surface des cellules. Pour les cellules de la défense immunitaire de l’organisme, ces cellules sont étrangères et elles sont combattues.

Ainsi, les cellules saines (présentant des protéines Spike) sont donc attaquées, ce qui provoque une inflammation appelée réaction auto-immune. Dans une étude coréenne publiée en juillet de cette année dans la revue scientifique reconnue Nature, il apparaît qu’après une vaccination de rappel, c’est-à-dire une deuxième vaccination Corona, on trouve un risque accru de certaines maladies auto-immunes. On cite ici l’alopécie circulaire [zones circulaires sans cheveux], le psoriasis et le rhumatisme articulaire. Il est important de mentionner ici que ces complications vaccinales peuvent en principe survenir sur tous les organes.

Après le décès inattendu et soudain de notre cher collègue Burkhardt, j’ai considéré qu’il était de mon devoir de mettre à la disposition du public les résultats qu’il avait trouvés. En l’espace d’un an, j’ai rassemblé ces résultats et les ai publiés dans le livre « Geimpft – gestorben – Histopathologischer Atlas der Corona-Impfschäden », paru en août 2024. Il présente 57 cas de patients dont le décès est, dans la grande majorité des cas, en relation démontrable avec l’injection du vaccin ARNm contre le Covid-19. Ce livre s’adresse en priorité aux pathologistes, mais aussi aux médecins d’autres spécialités ainsi qu’aux non-médecins intéressés par la santé.

D’une part, les images de coupes de tissus sont présentées afin de sensibiliser les collègues travaillant dans le domaine de la pathologie de routine et de la médecine légale à l’égard de ces résultats totalement nouveaux et d’attirer l’attention sur les modifications typiques des injections d’ARNm. D’autre part, les descriptions de cas correspondantes sont incluses, documentant les circonstances tragiques et les souffrances multiformes des personnes ayant subi ces vaccinations.

Apparition fréquente de maladies neurologiques

Les maladies neurologiques sont également plus fréquentes après les vaccinations Corona. Voici un exemple tiré de mon activité de pathologiste : j’ai autopsié un patient décédé après avoir reçu deux vaccins Corona. En raison d’une maladie maligne, il avait reçu une chimiothérapie et une thérapie visant à atténuer la réponse immunitaire. En même temps, il a reçu deux doses du vaccin contre le Covid-19.

J’affirme que n’importe quel non-médecin comprend qu’on ne peut pas, d’une part, freiner le système immunitaire et, d’autre part, donner un vaccin qui présuppose une réponse du système immunitaire au plus haut degré. L’homme a développé des paralysies sur tout le corps relativement peu de temps après les vaccinations et est décédé trois mois plus tard. J’ai voulu publier ce cas avec deux professeurs très expérimentés de l’hôpital universitaire de Lund, en Suède, et de la Charité de Berlin. Pendant plus de six mois, j’ai donc été en contact avec le British Medical Journal, une revue spécialisée reconnue. On m’a demandé à plusieurs reprises d’apporter des modifications au texte et d’effectuer de nouvelles colorations en laboratoire, pour finalement recevoir, après de nombreux contacts par courriel, un bref message me disant qu’un cas similaire venait d’être publié et que le journal n’était plus intéressé par mon article.

Suite à cela, je me suis adressé à un autre journal, où le texte a été publié en décembre 2022. Malheureusement, cet article ne se trouve pas sur Pubmed, la plateforme de publications scientifiques – que j’appellerais le « Wikipédia des scientifiques et des médecins ». Je me demande donc combien d’études scientifiques et de descriptions de cas publiées ne se trouvent pas non plus sur cette plateforme.

Jusqu’à présent, les vaccins étaient normalement développés et testés pendant sept à huit ans avant d’être autorisés. Le vaccin Corona, quant à lui, a été mis sur le marché moins d’un an après avoir été testé de manière totalement insuffisante.

Non seulement d’innombrables personnes sont tombées malades après ces vaccins Corona, mais de nombreuses personnes sont également décédées après ces vaccins. Dans une étude de juin 2024, des effets secondaires graves ont été constatés dans 11 % des cas pour les vaccins Pfizer et dans 21 % des cas pour les vaccins Moderna après ces vaccinations à ARNm. En comparaison, les anciens vaccins influenza n’ont provoqué que 0 à 4 % d’effets secondaires graves. En revanche, la probabilité de mourir d’une infection à Corona est désormais estimée à seulement 0,1 %. À mes yeux, le vaccin Corona était et est malheureusement toujours une expérience sur nous, les humains.

D’autres chiffres alarmants concernent le taux de natalité. Une étude des naissances vivantes en Europe datant de 2022 montre que dans tous les pays étudiés, on constate une baisse du nombre de naissances pouvant aller jusqu’à plus de 10 %. Dans ce contexte, il a pu être démontré dans les coupes de tissus de l’institut du laboratoire de Burkhardt que la protéine Spike était présente dans les ovaires. Ce fait permet de conclure qu’une inflammation peut également se produire à cet endroit, ce qui peut à son tour entraîner la formation de cicatrices et une éventuelle stérilité. Dans les coupes de tissus des testicules de jeunes décédés, on a trouvé un nombre considérablement réduit de spermatozoïdes, un cas est également illustré dans le livre décrit ci-dessus. Ces changements dans les organes sexuels sont effrayants et pourraient expliquer la baisse de la natalité.

La politique plutôt que la science

On sait désormais, après la divulgation des documents de l’état-major de crise, d’abord secrets, de l’Institut Robert Koch (RKI) en Allemagne, qu’il n’y avait et qu’il n’y a pas de base scientifique pour de nombreuses mesures imposées par les politiques en rapport avec le Corona.

Les scientifiques et les médecins qui se sont longuement penchés sur les conséquences de ces vaccinations Corona sont traités d’affabulateurs, de conspirationnistes, voire d’extrémistes de droite. Ma tentative de mettre en garde contre de ce que l’on appelle le turbocancer après les vaccinations Corona a été qualifiée de sabotage par les médias suédois – sabotage contre la campagne de vaccination qui prévoyait de vacciner tout le monde contre le Corona.

En raison du fait que la politique a pris le pas sur la science, j’ai démissionné de mon poste de médecin-chef à l’hôpital de Kalmar et à l’hôpital universitaire de Lund. J’étais profondément choquée et je ne pouvais plus, en mon âme et conscience, faire partie d’un système de santé aussi peu scientifique. L’un de mes principes est de ne pas faire de mal aux gens, comme je l’ai juré dans le serment d’Hippocrate (la formulation de l’éthique médicale).

J’en appelle à vous, soyez actifs. Informez-vous. Remettez tout en question, même ce que l’on vous sert sans cesse sur un plateau d’argent dans les médias. Contrôlez également les références bibliographiques que j’ai citées.

Les dégâts causés par ces vaccins à base d’ARNm contre Corona sont désormais connus. Cette technique à ARNm n’a pas encore été suffisamment testée et éprouvée. À l’avenir, veuillez vous informer sur les bases desquelles sont fabriqués les vaccins que vous souhaitez recevoir.

Et n’oubliez pas que la peur affaiblit notre système immunitaire. Soyez le plus possible dans la nature et renforcez-le de cette manière. Notre corps est fantastique, soutenez-le et ayez confiance en lui et en vous !

Cet article est soumis à la licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0). Il peut être librement réutilisé à des fins non commerciales, à condition de mentionner l’auteur et le journal Berliner Zeitung et d’exclure toute modification.

Les facéties de la barbarie ordinaire, #2 – Il y a du temps et il n’y a pas de temps

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Le phénomène historique du « déclin » des civilisations est délicat à étudier. Il paraît qu’en ces périodes-là les comportements socio-moraux se dégradent, que la société tombe dans l’anomie ou dans l’hubris. Même s’il faut manier avec une grande prudence l’idée morale de déclin-décadence-déchéance, laquelle fait bizarrement abstraction des antagonismes politiques internes et externes, on admettra ici provisoirement cette dégradation des comportements. J’admets provisoirement cette dégradation des comportements parce que cela permet de poser la question de ce qu’il en est des façons de penser : est-ce que, dans les périodes terminales des civilisations, le penser se dégrade autant que l’agir ? Est-ce que les humains se mettent à penser-dire « n’importe quoi » ? Est-ce qu’ils se mettent à affirmer une chose et son contraire sans être gênés par l’incohérence ?

La civilisation du « progrès techno-économique » va aujourd’hui vers sa fin. Le libéral-fascisme (plus précisément : le néolibéral-fascistoïde) est l’un des symptômes de cette fin interminable et chaotique (qui a commencé à vrai dire en 1914). La dégradation actuelle des comportements est évidente, surtout chez les oligarques milliardaires et chez leurs complices gouvernementaux. Un signe, parmi d’autres, de cette dégradation est la zone floue où l’on ne distingue plus bien le cynisme conscient et la folie inconsciente : Macron, Musk, Modi, Arnault, Milei, Bolloré… sont-ils cinglés ou sadiques ? Un peu des deux ? Beaucoup des deux ? Mais cette dégradation des manières d’agir ne va-t-elle pas de pair avec celle des façons de penser ? On voit en tout cas que dans les oligarchies du néolibéralisme fascisant, on n’est pas à une contradiction près. Naomi Klein a montré comment le capitalisme néolibéral provoque des désastres sociaux et écologiques et utilise ces mêmes désastres pour imposer plus avant ses pratiques. Il en va de même dans le langage et la pensée : le capitalisme fascistoïde provoque des désastres dans la pensée et utilise ces mêmes désastres pour imposer plus avant sa folie comme une rationalité.

Le désastre de pensée qui m’occupe aujourd’hui est la contradiction suivante : il y a du temps (le temps existe) et il n’y a pas de temps (le temps n’existe pas).

Il y a du temps, du temps long, et même si long qu’il confine au mythe religieux. Avec d’autres peuples, le peuple d’Israël habitait la Palestine il y a deux millénaires et plus. C’est dans l’Ancien Testament. « Donc » il est « normal » que depuis 1948 Israël habite de nouveau la Palestine en évinçant les autres peuples. Ici, le temps existe, et c’est du temps long. Le temps long, c’est un temps qu’on fait mine de considérer comme continu. On fait semblant de croire qu’il n’y a pas eu de changements historiques, par exemple des changements qui, au Moyen Âge, ont amené diverses populations à coexister et à se mélanger en Palestine. On fait comme s’il n’y avait pas eu de ruptures historiques, comme si la rupture était la « continuité », comme si Israël était l’origine absolue de la Palestine. Mais origine pour origine, il vaut mieux savoir qu’avant les juifs, au second millénaire de l’ère pré-chrétienne, la Palestine était habitée par une majorité d’Égyptiens. Au nom du temps de l’origine, pourquoi les Égyptiens ne revendiqueraient-ils pas aujourd’hui la souveraineté absolue sur la Palestine ? (Il est vrai qu’à l’époque l’imaginaire de la propriété-souveraineté économique et étatique existait peu, et cela rendait plus facile ce que l’historien libanais Georges Corm appelle « le bon vieux pluralisme religieux du bassin méditerranéen ».) Mais les Égyptiens sont des petits joueurs : bien avant eux, « à l’origine », il y avait en Palestine des homo erectus, eux-mêmes venus d’Afrique – bref, de méchants émigrés qui voulaient procéder au « grand remplacement » de l’« identité » palestinienne antique dont personne ne sait en quoi elle consistait. Il y a deux millénaires, les Romains habitaient la « Belgique ». Puis, pour diverses raisons historiques, leur habitat a cessé. Depuis quelque temps la rumeur court que les habitants méloniens de Rome – du genre homo melonius – ont le projet de revenir occuper la Belgique en 2027 et que, dans ce but (ressusciter l’Empire romain), ils vont chasser les Wallons et les Flamands du plat pays. Il semble que les Belges de 2027, réfractaires comme des Gaulois, regimbent. Mais tant pis pour eux : c’est la loi du temps long, « donc » continu. Puisque les Romains étaient en Belgique il y a 2 millénaires, les Belges devront quitter Bruxelles et Liège en 2027. Et s’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent se faire voir chez les Égyptiens.

Question : l’Europe a massacré les Juifs européens pendant la Deuxième Guerre mondiale – à l’initiative de l’Allemagne nazie, avec l’aide de la France de Vichy, de l’Autriche annexée et de quelques autres. Pourquoi donc, au titre d’une juste réparation, l’Europe n’a-t-elle pas fait une place en Europe aux Juifs européens ? Pourquoi ne leur a-t-elle pas donné un territoire, par exemple, à la frontière de l’Allemagne, de la France et de la Suisse ? Ou aux confins de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse ? Quelqu’un peut-il m’expliquer la logique qui veut que la politique européenne de 1914-1945, responsable du judéocide, s’abstienne de réserver un territoire européen aux survivants – pour mieux les expédier dans une Palestine qui n’était en rien responsable du judéocide ? Ainsi le temps existe. Depuis l’Ancien Testament jusqu’à aujourd’hui.

Mais le temps n’existe pas. J’explique. Je commence à expliquer en faisant un petit détour par une définition minimale du terrorisme : celui-ci se définit par le fait que des organisations armées, étatiques ou para-étatiques, utilisent des armes contre des civils désarmés. Par exemple, l’État des États-Unis, parce qu’il a bombardé pendant des années la population civile du Vietnam, est un État terroriste. Sur les crimes terroristes initiaux perpétrés par les États-Unis contre les peuples amérindiens (crimes qui ont fait entre 15 et 20 millions de morts amérindiens), sur les crimes terroristes plus tardifs, on lira le livre de l’historien Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (Agone, 2003).

Le 7 octobre 2023, le Hamas a assassiné des centaines de civils israéliens. Cela constitue une attaque terroriste parce que les assaillants étaient armés, et les assaillis étaient presque tous des civils désarmés. À ce propos, Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a déclaré dans le journal La Croix du 16 octobre 2023 : « Cette violence barbare est sans excuse, mais elle n’est pas sans cause. » En parlant de cause, l’archevêque suggère que le temps existe. Eh oui, comment une cause pourrait-elle produire ses effets si le temps n’existait pas entre les deux ?… ce temps qui en l’occurrence prend la forme du lien de cause à effet. Les gouvernements occidentaux ont déclaré qu’Israël avait un droit inconditionnel à se défendre. Mais ce droit d’autodéfense implique-t-il celui de commettre, contre la population civile gazaouie désarmée, des massacres terroristes ? Les gouvernements occidentaux sont un peu gênés aux entournures, mais leur réponse implicite est : « Oui, l’armée israélienne a le droit de commettre des massacres terroristes contre les civils palestiniens. » Pourquoi les gouvernements occidentaux ne disent rien et ne font rien contre ces massacres ? Parce que pour eux l’archevêque d’Alger n’existe pas, la notion de cause n’existe pas, donc la notion d’effet n’existe pas, donc le temps historique n’existe pas non plus. On imagine aisément la cause ou les causes auxquelles pense l’archevêque d’Alger pour expliquer l’attentat du 7 octobre : cette cause n’est rien d’autre que le nombre des grandes et petites cruautés liées à l’entreprise de colonisation de la Palestine, entreprise que l’État israélien mène depuis 1948.

Inexistence du temps et essentialisme se tiennent par la main. Le temps n’existe pas, donc la colonisation israélienne de la Palestine depuis 1948 n’existe pas. Donc les attaques du 7 octobre n’ont pas de cause, elles sont hors temps. Si les attaques du 7 octobre n’ont pas de cause et si elles ont eu lieu malgré tout, c’est que les Palestiniens sont méchants par essence – colonisés qu’ils sont par un État israélien qui est gentil par essence. En 2017, en visite à Alger, Macron a déclaré que la colonisation (de l’Algérie par la France) était un crime contre l’humanité. Et la colonisation de la Palestine par l’État d’Israël ? En 2024 Macron, von der Leyen et leurs complices n’en disent rien. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de temps. Le temps n’existe pas. La colonisation moderne de la Palestine par l’État moderne d’Israël est hors temps : elle n’existe pas. Dans la mesure où, paraît-il, Israël est en Palestine depuis plus de 2 millénaires, avec des ruptures historiques que seuls les imbéciles oublient de voir comme des continuités, le colonialisme étatique israélien n’existe pas. Mieux : ce n’est pas un colonialisme. Il n’y a donc aucune raison pour que le colonialisme de l’État non-colonialiste d’Israël soit condamné par les oligarques occidentaux. Comment en effet condamner quelque chose qui n’existe pas ? Qui serait prêt à condamner les éléphants volants qui barrissent dans nos cieux nocturnes ?

J’avoue que j’ai mauvais esprit. Il faut vraiment avoir mauvais esprit pour remarquer que la déraison néolibéral-fascistoïde oscille « rationnellement » entre le temps long qui existe dans la fiction biblique et le temps court du colonialisme qui n’existe pas (qui n’existe que dans la tête des damnés de la terre). Y a-t-il une contradiction entre le temps biblico-mythique long qui existe et le temps historique court qui n’existe pas ? Peut-être. Mais la contradiction se résout de manière malheureusement assez facile : le propre du mythique temps long n’est-il pas d’avaler le temps historique court ?

Marc Weinstein

[Dkript-HEBDO] La fin DU monde, ou la fin D’UN monde

Avec Thierry MEYSSAN: écrivain et président-fondateur du Réseau Voltaire

***Dkript-HEBDO c’est tous les jeudis en direct!!***

Extraits de l’émission:

Science asservie : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau »

En ce début de mois de septembre, de très nombreux médias en Belgique et partout dans le monde ont fait état d’une étude commanditée par le projet CEM (champs électromagnétiques) de l’OMS[note] selon laquelle « il n’y a pas de lien entre l’utilisa­tion des téléphones portables et le cancer » (Le Soir du 9 septembre), ou encore « l’utilisation du téléphone portable n’augmente pas les risques de cancer du cerveau » (Euro­news, le 4 septembre). De l’autre côté de la Manche, on n’est pas en reste : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau, selon la plus grande étude réalisée à ce jour » (The Guardian, le 4 septembre) et de même, aux anti­podes, le très populaire Sydney Morning Herald, annonce que la science s’est prononcée avec certitude : « Non, votre téléphone portable ne vous donne pas le cancer du cerveau » (le 4 septembre). Le coup d’envoi de ce qu’il faut bien consi­dérer comme une campagne de presse soigneusement orches­trée a été donné par l’auteur principal de l’étude, Ken Karipidis, avec la publication d’un résumé de l’étude placé le 3 septembre sur le site d’information en ligne multilingue The Conversation[note]et titré : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau, selon une analyse approfondie de 28 années de recherche ».

« Les téléphones portables ne sont pas liés au

cancer du cerveau, selon une analyse approfondie

de 28 années de recherche »

The Conversation

Cependant, il existe d’autres études dont les conclusions sont beaucoup plus inquiétantes ; aucune d’entre elles ne semble avoir été mentionnée par les médias concernés, y compris les trois suivantes :

  • Dans une méta-étude réalisée en 2020 et portant sur 46 études de cas-témoins, Joel M. Moskowitz, un directeur de l’École de santé publique de l’université de Californie à Berkeley, et ses collègues chercheurs coréens, ont « trou­vé des preuves significatives liant l’utilisation du télé­phone cellulaire à un risque accru de tumeur, en parti­culier chez les utilisateurs de téléphone cellulaire ayant cumulé 1000 heures ou plus d’utilisation au cours de leur vie (ce qui correspond à environ 17 minutes par jour sur 10 ans) ».[note]
  • De 1999 à 2018, toujours aux États-Unis, le National Toxicology Program (NTP) a mené une étude qui a coûté 30 millions de dollars et qui démontre clairement l’exis­tence d’un lien de causalité entre le cancer et l’exposition aux signaux des téléphones mobiles : les rayonnements des téléphones 2G et 3G provoquaient des cancers des cellules de Schwann du cœur et des gliomes cérébraux[note] chez les rats, des lésions de l’ADN dans les cellules cérébrales et une réduction du poids à la naissance.[note]
  • En 2018, l’Institut Ramazzini a publié une étude dans laquelle 2448 rats ont été exposés à vie afin d’évaluer les effets cancérogènes des champs électromagnétiques de radiofréquence (CEM-RF) équivalents à l’exposition usuelle aux antennes GSM à 1,8 GHz. Conclusion princi­pale : une augmentation de l’incidence des tumeurs cérébrales et cardiaques chez les rats exposés, en fait des tumeurs similaires à celles de l’étude du National Toxicology Program.[note]

Pour démêler le vrai du faux, il est clairement nécessaire de s’intéresser aux auteurs de ces études. La qualité des trois études ci-dessus n’est pas en cause et il est impossible de trouver quoi que ce soit à redire sur leurs auteurs en ceci qu’ils n’ont pas de conflits d’intérêts et présentent des profils de chercheurs exemplaires.

Par contre, il y aurait plus à redire sur Ken Karipidis et ses coauteurs qui ont des liens étroits avec l’ICNIRP[note] (Interna­tional Commission on Non-Ionizing Radiation), la Commis­sion internationale sur la protection des radiations non ionisantes, une institution de droit allemand qui fonctionne comme un club privé et établit des recommandations en matière de protection des CEM. Celles-ci sont adoptées telles quelles ou à peu près par l’OMS, l’UE, tous les pays européens et d’autres, à la plus grande satisfaction de l’industrie des télécommunications sans fil.[note] En effet, le credo de l’ICNIRP est que toute atteinte à la santé par les CEM ne peut résulter que d’un effet thermique. En conséquence, les seuils de protection ne sont établis que pour limiter l’échauffement des tissus, sans prendre en considération tout autre effet (non thermique), ce qui va pourtant à l’encontre des résultats de la recherche menée depuis plus de 50 ans, mais aussi tout simplement du bon sens : est-il raisonnable de penser qu’il est sans danger de saturer notre environnement de CEM-RF artificiels qui sont des milliards de fois plus intenses[note] que les CEM-RF naturels ?

« … les détracteurs de M. Repacholi lui reprochent d’avoir systématiquement
évacué ou minimisé les études “dérangeantes” pour l’industrie« 

À l’origine de la création de l’ICNIRP et du projet CEM de l’OMS dans les années 1990, on retrouve les mêmes person­nes, à commencer par Michael Repacholi, un scientifique australien. Les critiques à l’égard de ces deux entités ne datent pas d’aujourd’hui, comme en témoignent les quelques enquêtes collectées ici : electrosmog.be/#ICNIRP. Trois exemples parmi d’autres :

  • « Or les détracteurs de M. Repacholi lui reprochent d’avoir systématiquement évacué ou minimisé les études “dérangeantes” pour l’industrie, impliqué celle-ci dans le processus de décision, écarté des scientifiques de renom des groupes d’experts réunis par ses soins à l’OMS, mais aussi d’avoir été très timoré dans ses recommandations de santé publique et d’avoir fait financer “son” projet CEM en grande partie par les industriels de la téléphonie mobile. En caricaturant à peine, l’homme est accusé, ni plus ni moins, d’avoir pédalé pendant dix ans pour l’industrie » (David Leloup, janvier 2007).
  • Plus récemment, un groupe de journalistes européens a enquêté sur l’ICNIRP elle-même : « Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant aux risques pour la santé causés par les rayonnements de la technologie mobile. Sans fondement, assurent la plupart des autorités chargées de la sécurité des rayonnements. Celles-ci prennent l’avis d’un petit cercle d’initiés [l’ICNIRP] qui rejettent les recherches alarmantes et fixent les limites de sécurité » (Investigate Europe, janvier 2019).
  • Et cet extrait d’un rapport accablant, rédigé par deux députés européens : « Pour un avis scientifique réelle­ment indépendant, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas nous fier à l’ICNIRP. La Commission européenne et les gouvernements nationaux de pays comme l’Allemagne devraient cesser de financer l’ICNIRP » (Klaus Buchner et Michèle Rivasi, 2020).

Ken Karipidis ne recule pas devant le mensonge pour maintenir le public dans l’ignorance. Ainsi il nie l’augmenta­tion des tumeurs cérébrales : « Même si l’utilisation des téléphones portables a explosé, les taux de tumeurs cérébra­les sont restés stables »[note]. Il emboite ainsi le pas à Eric van Rongen, le vice-président de l’ICNIRP quelques années auparavant, qui déclarait au micro de Benoit Feyt, journaliste à la RTBF : « Nous n’observons d’ailleurs aucune augmenta­tion du nombre de cancers depuis que la téléphonie mobile existe »[note]. Plusieurs études montrent le contraire, et ce pour différents types de tumeur, comme le signale l’Agence française de santé publique en 2019 : « Entre 1990 et 2018, multiplication par 4 et plus du glioblastome », une tumeur du cerveau très agressive.[note]

Karipidis fait donc partie de ces scientifiques corrompus par les firmes industrielles, et peut être rangé parmi ces merce­naires prêts à tout pour alimenter la fabrique du doute et de l’ignorance, pour satisfaire leurs maîtres et gagner leurs faveurs. Il n’en est pas à son coup d’essai : fin 2018, Karipidis avait déjà publié une étude à propos de l’incidence des tumeurs cérébrales en Australie liées à l’utilisation du téléphone mobile, cosignée notamment avec Rodney J. Croft qui, à l’époque, était le président de l’ICNIRP.[note] Dans cette étude, Karipidis n’avait pas hésité à exclure de ses statistiques les Australiens âgés de plus de 59 ans, soit évidemment la tranche de la population la plus atteinte par les tumeurs cérébrales. Dans ces conditions, l’étude ne pouvait conclure qu’à l’absence de risques, ce qui a permis à l’ARPANSA de titrer un communiqué de presse comme suit : « Une nouvelle étude australienne ne trouve aucun lien entre l’utilisation des téléphones portables et les cancers du cerveau ».[note] Ce fait d’armes a valu à Karipidis d’être nommé commissaire de l’ICNIRP quelques mois plus tard.

Avec cette nouvelle « étude » réalisée à la demande de l’OMS qui savait ce qu’elle faisait en s’adressant à Ken Karipidis, c’est-à-dire à l’ICNIRP, on assiste à une nième tentative de clore le débat sur les effets délétères des radiations électroma­gnétiques de la téléphonie mobile : pas question de laisser entrevoir ces radiations pour ce qu’elles sont, une des pollutions industrielles emblématiques et désastreuses, aux côtés de l’amiante, du tabac, de la radioactivité, du plomb, des pesticides et des plastiques.

Lectures complémentaires :

  • À propos de l’étude de l’OMS, en anglais :
  • La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. Annie Thebaud-Mony. La Découverte, 2014, 224 pages.
    Annie Thébaud-Mony est sociologue, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, France).

[REPORTAGE] Manifestation pour la paix à Berlin 03/10/2024 (Oval MEDIA)

Le 3 octobre avait lieu une grande manifestation à Berlin contre la guerre, avec une coalition des forces politiques de gauche et de droite. En avez-vous entendu parler dans les médias belges ou français? L’Allemagne, lieu d’une contestation globale, Ukraine et Covid compris?

Merci à Robert CIBIS (Oval Média) pour le reportage.
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[Dkript-HEBDO] Qui dirige réellement le monde?

Avec

  • Claude JANVIER: écrivain-essayiste
  • Thierry VANDERLINDEN: juriste
  • Bernard VAN DAMME: recheur indépendant en économie
  • Bernard LEGROS: rédacteur à Kairos

Émission autour du livre de Claude JANVIER: « Les démasqués : Qui dirige réellement le monde ? »

***Dkript-HEBDO, c’est tous les jeudis en direct!***

Un monde qui change. Comment les BRICS bouleversent-ils la géopolitique mondiale ?

Le prochain sommet annuel des BRICS à Kazan, en Russie, s’approche à grand pas. Pour la première fois, quatre nouveaux pays intronisés l’année dernière vont participer officiellement aux réunions : les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Iran et l’Éthiopie. Ainsi, désormais, il faut accoler au sigle officiel un signe +. Aux pays initiaux, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, que l’Afrique du sud avait déjà rejoints, les BRICS+ vont probablement s’étendre à encore d’autres nations. On estime que 59 pays, du Sud principalement (Afrique, Asie, Amérique du sud), mais aussi d’Europe de l’est, ont exprimé leur intérêt à rejoindre l’organisation internationale. Parmi ceux-ci, on peut mettre en avant la Turquie, membre de l’OTAN et aspirante de l’Union européenne depuis des années. Étonnante stratégie diplomatique d’un pays qui semble hésiter à se ranger dans un camp ou dans l’autre. Seul l’avenir nous révélera ses véritables desseins par rapport à cette demande d’adhésion. Néanmoins, ce fait majeur démontre l’influence grandissante des BRICS+ et son pouvoir d’attractivité. Dans ce qui autrefois était considéré comme l’arrière-cour américaine, on remarquera que le Vénézuela, la Colombie et la Bolivie frappent également à la porte de l’institution.

On sera peut-être moins surpris que plusieurs pays de l’ASEAN (association des pays d’Asie du sud-est), dont la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam, font aussi partie des prétendants. Le poids économique de ces « tigres » asiatiques ne cesse de croître et la multiplication des ballets diplomatiques des dirigeants de ces pays avec leurs homologues russes, chinois, voire iraniens ou émiratis, signalent le rythme accéléré des échanges commerciaux dans ces parties du monde.

C’est incontestablement une victoire du multilatéralisme défendu par les BRICS+, qui préfigure leur  croissance constante et prometteuse. Les échanges économiques entre ces pays vont atteindre 500 milliards $ cette année. Les BRICS+ sont désormais plus puissants que les membres du G7 en terme de poids économique. En 2023, leur PIB combiné représentait 31,5% du total mondial, dépassant ainsi le G7 (30,7%).

BRICS versus économie

L’origine de la réunion de ces pays tient essentiellement à des raisons économiques. En effet, contrairement à la construction européenne, il n’y a pas de processus d’intégration complexe ni de traités détaillés. La vision est surtout pragmatique. Une des premières actions a consisté en la création d’une banque de développement afin de financer des projets sans recourir à la Banque mondiale ni à la domination du dollar. La convergence des points de vue a été guidée par des facteurs conjoncturels liés à l’hégémonie du dollar. Le mot-clé est donc bien « dédollarisation ». Réduire la dépendance au billet vert est un objectif prioritaire, qui peut être réalisé par la valorisation de leur propre monnaie. On peut se demander si la véritable guerre entre l’Occident et le reste du monde ne passe pas par les devises plutôt que sur le champ de bataille ukrainien…

Bien que dans un premier temps les pays membres des BRICS aient envisagé d’établir une monnaie d’échange commune, cela s’est avéré plus complexe que prévu. Aussi ont-ils préféré opter pour des transactions bilatérales dans leur propre monnaie. C’est ainsi que, dans cette logique, la Russie a accepté de vendre du pétrole à l’Inde dans sa propre monnaie souveraine, la roupie, à la Chine, en yuan et à la Turquie, en lire, ces monnaies nationales pouvant ensuite être dépensées pour acheter les biens et services vendus par ces pays. Chaque pays devrait être en mesure de commercer sur les marchés mondiaux dans sa propre monnaie souveraine. Néanmoins, ce système reste dépendant de l’accord des parties dans l’échange de biens ou de services réciproques. Aussi, pour pallier ce risque, il sera nécessaire à l’avenir de recourir à une monnaie de réserve intermédiaire.

Sergei Glaziev, ancien conseiller du président Vladimir Poutine, et plusieurs de ses homologues travaillent à l’introduction d’une nouvelle monnaie de règlement international, arrimée aux monnaies nationales des pays participants et aux biens échangés qui déterminent les valeurs réelles. Soit une devise calculée comme un indice des monnaies nationales des pays participants et sur un panier de matières premières. Sans attendre cette future devise internationale d’échanges, les BRICS+ ont déjà annoncé la création d’un nouveau système de paiement qui renforce leur autonomie dans le système financier international et réduit la dépendance au système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), réseau d’échanges de messages standardisés des transferts inter-bancaires. SWIFT, dont le siège, rappelons-le, est situé dans notre pays, à La Hulpe, est détenu et contrôlé par ses propres adhérents, parmi lesquels se trouvent les plus grosses banques mondiales. Initialement, les BRICS+ avaient prévu d’utiliser le système russe SPFS, créé aussi pour échapper à SWIFT, mais finalement le nouveau système d’échanges s’appuiera sur une blockchain et des crypto-monnaies, une solution technologiquement avancée, accessible et rentable pour les gouvernements, les entreprises et la population en général.

La revanche de l’économie réelle sur l’économie financiarisée

Au-delà de ces aspects techniques strictement monétaires, il faut se rendre compte que ce choc des titans est aussi un affrontement entre des économies basées sur la production (biens tangibles comme les matières premières) et des économies basées sur les services et la finance. Soit un choc entre des valeurs réelles et des valeurs virtuelles. Rappelons-nous que pour maintenir la tête de leur économie hors de l’eau et ne pas chuter dans une récession sérieuse, les pays occidentaux ont eu recours plus de fois qu’il n’en faut à la planche à billets. La dette est devenue le moteur d’une croissance pourtant poussive, voire atone. Au contraire, ces dernières années, la Russie et la Chine ont accumulé suffisamment d’or pour remettre place des monnaies basées sur l’étalon-or. En outre, celle-ci dispose d’un taux d ‘épargne très élevé, qui stratégiquement lui permettra de soutenir les investissements en vue de l’industrialisation de l’Asie, sans craindre une surchauffe inflationniste. Axé sur la production de biens, dans le projet des BRICS+ les activités financières ne viennent qu’en soutien, et la spéculation est minimale.

Il faut toujours avoir en tête les caractéristiques principales de la Chine et de la Russie, que l’on peut considérer comme les véritables piliers des BRICS+. La Russie est le pays le plus étendu du monde avec la plus grande quantité de ressources, alors que la Chine est le plus grand détenteur de réserves de change au monde. Tous deux avancent en favorisant une diplomatie efficace et fructueuse au sein des BRICS+, mais aussi au sein d’autres plateformes interétatiques comme l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO), qui constitue désormais la plus grande organisation politique, économique et de sécurité régionale au monde. Nous entrons véritablement dans une nouvelle période caractérisée par la multi-polarité et le multi-latéralisme. Cette nouvelle ère mettra fin inévitablement à l’hégémonie des États-Unis, qui régnaient sur la planète depuis la conférence de Bretton Woods de 1944, fondation du système monétaire international toujours en fonction. Pour l’heure encore, le dollar reste la principale monnaie d’échange mondiale. Mais pour combien de temps encore ?

La guerre en Ukraine, et en particulier les sanctions imposées par le bloc occidental à la Russie, ont servi d’accélérateur à ce processus de dédollarisation. Les tensions dans les relations américano-chinoises n’ont fait qu’accroître les velléités de Pékin d’affirmer son indépendance face à l’hégémon américain. Ainsi, la Chine, qui fut longtemps le premier banquier des États-Unis avec le Japon, réduit progressivement le montant des obligations du Trésor américain qu’elle détient. Face aux turbulences actuelles, nombre de pays tentent aussi de réduire leur dépendance à l’égard du billet vert en tant que principale monnaie mondiale de commerce et de réserve étrangère. Mais ces craintes, évidemment, ne concernent pas seulement la sphère économique et financière. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis n’ont de cesse de pratiquer une politique étrangère particulièrement agressive et belliqueuse pour asseoir leur domination et imposer partout la « pax americana ». Tous les moyens étaient bons pour transformer ou subvertir des gouvernements étrangers qui, aux yeux de Washington, ne se conformaient pas aux intérêts américains. Interventions armées, invasions militaires, sanctions économiques, sans oublier infiltrations culturelles, incitations à l’émeute et multiples campagnes de désinformation, Washington est devenu le plus grand perturbateur de la sécurité politique mondiale. Le linguiste et politologue renommé Noam Chomsky s’en est fait le comptable et en a tiré le bilan dans plusieurs de ses ouvrages. Cependant, les États-Unis continuent à se présenter comme le leader du monde libre et le gardien de la démocratie à l’occidentale. Comme l’annonçait Carl Schmitt dans son ouvrage Le Nomos de la Terre, « les droits de l’homme et le droit humanitaire ne sont que le paravent de rapports de forces politiques et un outil au service de l’idéologie mondialiste occidentale[note] ».

Tout s’est cristallisé dans une forme de névrose, de tourbillon qui a submergé les élites américaines. En conséquence, l’ensemble de la structure du capitalisme américain pourrait s’effondrer rapidement, ainsi que sa position hégémonique, parce qu’il repose sur une forme postmoderne d’exploitation qui a tout modelé à son profit. C’est l’inconscient du système, l’inconscient d’un régime capitaliste financiarisé qui agit et produit ses effets. Cette décomposition du modèle américain s’accélère même. En réalité, il a atteint ses limites et joue les prolongations par la dette, ce qui le mine encore plus en profondeur. Le retour du boomerang, c’est la force du réel. Certes, pour l’heure l’utilisation internationale du dollar américain reste forte, mais la dette nationale américaine, qui a dépassé la somme stupéfiante de 34.000 milliards de dollars, et les échecs militaires en Irak et en Afghanistan, en attendant la déroute en Ukraine, ont très nettement terni son image de marque et amoindri ses capacités à rester le gendarme du monde. De par son jusqu’au-boutisme, Washington a ouvert la voie à son propre déclin, et il est plausible que le yuan (ou la nouvelle monnaie des BRICS+) devienne une alternative au dollar dans un monde multipolaire d’ici quelques années, et non des décennies ou des siècles. Cela portera un coup sévère à l’économie américaine et à la position mondiale dont Washington ne pourra peut-être pas se remettre.

BRICS versus politique

Le monde du XXIe siècle n’est décidément plus celui du XXe, ni celui des siècles précédents. Les États du sud ne veulent plus subir le joug d’un nouvel hégémon. Pour réussir, les BRICS doivent impérativement intégrer une nouvelle approche dans les relations internationales. Améliorer significativement le niveau de vie de 3,8 milliards d’Asiatiques, d’un milliard supplémentaire en Afrique, et d’un autre milliard environ en Amérique latine et ailleurs est le pari auquel doit s’atteler la nouvelle organisation internationale. Vladimir Poutine a avancé l’idée de construire un parlement des BRICS visant à transformer une initiative économique conjoncturelle en une alliance politique plus structurée et intégrée. Resserrer les liens entre les États membres et aider à résoudre les disparités, voire les conflits éventuels qui pourraient ressortir. Rappelons par exemple, que la Chine et l’Inde furent encore, il n’y a pas si longtemps, des belligérants. Cependant, ce besoin de cohérence dans le cadre des relations internationales doit se réaliser dans le respect de la souveraineté des États et des peuples. Le droit international doit redevenir le cadre juridique naturel des relations entre les États et la référence globale de la géopolitique mondiale. Heureusement pour eux, les BRICS+ cultivent une certaine filiation avec le mouvement des non-alignés[note].

Le mouvement des BRICS vise à rééquilibrer les échanges internationaux et à contester les éléments du « diktat américain », comme l’ingérence dans les affaires intérieures des pays et l’imposition de sanctions économiques qui affectent souvent des populations entières. Cela mettra fin à plus de 5 siècles de domination sur les terres et sur les mers de la thalassocratie occidentale ; la fin du mondialisme tel qu’on l’a connu jusqu’à présent, soit le globalisme occidental qui n’était dirigé que dans un sens : l’exploitation des matières premières du Sud pour l’enrichissement des économies du Nord. La prochaine étape du capitalisme mondial appartient à ceux qui créent de la valeur dans la production. Il s’agit de balayer le parasitisme vampirique du capitalisme rentier financiarisé. C’est le véritable enjeu de la multipolarité. Les Chinois l’ont bien compris. C’est le sens des initiatives gagnant-gagnant de la route de la Soie, « Belt and Road ». Ils s’appuient sur les normes du droit international et, sans coup férir, peuvent désormais apparaître aux yeux du reste du monde comme des partenaires honnêtes, loyaux et posés, face au pitbull yankee enragé et sa meute occidentale de chihuahuas aboyeurs.

Ils n’ont pas peur d’affirmer : « Nous allons rompre avec 500 ans d’exploitation et de domination coloniale européenne. Nous vous aiderons à vous relever sans vous paralyser, car si vous vous débrouillez bien, nous nous débrouillerons bien et nous pouvons tous les deux nous enrichir ensemble ». L’approche de la diplomatie chinoise vis-à-vis du monde arabe et des pétro-monarchies est symptomatique de cette nouvelle vision. La Chine a invité les États arabes, ainsi que de nombreux autres pays, à construire une nouvelle ère dans les relations internationales. La déclaration d’ouverture du président chinois Xi Jinping aux Arabes a souligné l’importance de faire avancer les relations sino-arabes fondées sur la solidarité et l’assistance mutuelle, l’égalité et les avantages mutuels, l’inclusion et l’apprentissage mutuel, et de construire conjointement une communauté sino-arabe de destin. Le message sous-jacent aux Saoudiens et aux autres Arabes était que la Chine, contrairement aux États-Unis, ne dictera, n’influencera, ni ne compromettra les politiques et la prospérité arabes. La Chine et les États arabes développeront leurs relations sur la base du respect, de l’égalité, de la solidarité et de la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre. En conséquence, des dizaines d’accords valant des milliards de dollars ont été signés, couvrant un large éventail de secteurs économiques. Il ne fait aucun doute que si l’Arabie saoudite commençait à négocier du pétrole en yuan, la domination du dollar américain sur le marché mondial du pétrole en souffrirait.

Et l’Europe dans tout cela ?

Le drame de l’Europe, c’est qu’en poursuivant son alignement sur Washington, elle va totalement à l’encontre de ses intérêts et surtout d’une inclinaison somme toute naturelle et conforme à une position géographique qui devrait plaider pour un rapprochement avec le versant oriental du vaste continuum territorial eurasiatique. Rappelons-nous les paroles du général de Gaulle qui parlait d’une Europe qui s’étendait de l’Atlantique à l’Oural. Ne devrions-nous pas surenchérir en étendant l’image jusqu’à la Mer de Chine ? De Lisbonne à Vladivostok ? Hélas, les élites européennes sont droguées à l’atlantisme et incapables, pour l’heure, de couper le cordon ombilical avec l’hégémon américain. Dans très peu de temps cependant, nos gouvernants vont se retrouver face à deux événements qui risquent de les déstabiliser : Le retour probable de Donald Trump à la Maison Blanche et la prochaine défaite totale de l’Ukraine.

Le premier a clairement annoncé qu’aussitôt réélu il reprendrait le cours de sa politique internationale de désengagement généralisé, mu par ses priorités intérieures. Le milliardaire américain sait pertinemment bien que ses concitoyens vont vivre des temps difficiles et il souhaite que l’atterrissage soit le moins violent possible. C’est pourquoi il réhabilite l’isolationnisme qui fût l’un des fondements de la politique étrangère des États-Unis, érigé en doctrine par le président James Monroe en 1823. En ce qui concerne l’OTAN, il a déjà annoncé la couleur et a confirmé qu’il ne garantirait plus la protection des pays membres de l’Alliance si ceux-ci ne payaient pas leur part financière à l’organisation. Une menace qui n’a pas été prise à la légère de l’autre côté de l’Atlantique, puisque les membres européens de l’OTAN ont récemment pris des mesures pour accroître leur capacité à se défendre, et s’accordent aujourd’hui à dire qu’il est nécessaire d’augmenter les dépenses de défense, quel que soit le résultat des prochaines élections américaines.

Le rapport que Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), vient de remettre, il y a quelques jours, à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen anticipe ce « risque ». Parmi ses recommandations principales, Draghi préconise un renforcement de la sécurité et une réduction de la dépendance aux intérêts du complexe militaro-industriel américain. Mais la défaite en Ukraine risque d’avoir de plus grandes conséquences encore et exacerber les envies bellicistes des va-t-en-guerre. Nous risquons d’être confrontés bientôt à une propagande délirante. Les stratèges des plateaux télévisés envoyés au front médiatique vont lancer des salves d’anathèmes sur la Russie, et sur Poutine en particulier, au mépris de la plus élémentaire analyse des faits réels. Poutine n’a jamais eu de velléités impérialistes. Il a toujours défendu une ligne défensive, même dans le cadre du conflit ukrainien. L’opération spéciale de 2022 n’a été lancée que suite à la rupture des accords de Minsk et pour protéger les populations russophones du Donbass, injustement bombardées par les troupes ukrainiennes. Son souci principal a été d’éviter de se faire encercler par les positions de l’OTAN qui menacent son pays. Or, l’organisation atlantiste n’a eu de cesse de se rapprocher des frontières russes, au mépris des engagements passés, au moment de la disparition de l’Union soviétique.

Mais, rien n’y fait, nos élites européennes et leurs porte-voix journalistiques persistent à  construire l’image d’un Poutine tyran sanguinaire et de prétendre à une menace imminente venant des Russes. Comme avec l’opération Covid, nous sommes face à un récit dystopique totalement fabriqué, qui ne repose sur aucune réalité tangible. La seule réalité que tout un chacun peut rapidement constater, c’est que cette fuite en avant délirante entraînera une remilitarisation de l’Europe et le détournement de l’argent public, donc celui des contribuables, vers les industries d’armement, à l’instar des Big Pharma pendant l’épisode covidiste. Pourtant confrontés à des déficits publics qui ne cessent de s’approfondir, à un nombre de faillites de PME historique et les pertes d’emploi qui en résultent, à une paupérisation sans précédent de la population dont même la classe moyenne commence à décrocher, la caste européenne, vent debout, se lance dans une politique jusqu’au-boutiste de réindustrialisation à la mode soviétique en mobilisant l’épargne publique, qui risque d’être spoliée pour de prétendues raisons guerrières. Telle est bien la teneur de la feuille de route de 400 pages du banquier Draghi, ancien vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Pour parfaire ce hold-up remarquable, il faut bien sûr, au préalable, pourvoir au contrôle de la parole et museler la critique. Ce n’est pas pour rien que nous sommes confrontés depuis un certain temps à une censure des réseaux sociaux, à une reprise en main des canaux de diffusion.

Alors que dans le reste du monde, on assiste à une nouvelle dynamique dans les relations internationales faites de loyauté et de coexistence pacifique, de développement économique harmonieux, notre vieux continent prend le chemin inverse, en se repliant sur lui-même, en considérant les autres pays, en particulier ceux des BRICS+, comme des rivaux, voire des ennemis. On se lance, dans l’ensemble du monde occidental, dans des politiques industrielles qui ne correspondent pas aux intérêts et aux besoins spécifiques de leurs populations. La caste au pouvoir en Europe, totalement déconnectée du reste de la population, se fige dans une attitude hautaine, hermétique à la critique. En roue libre, elle impose des politiques en totale inadéquation avec les besoins réels et ô combien pressants de ses concitoyens. Il paraît évident que cette fuite en avant du monde occidental, et en particulier de l’Union européenne, ne peut conduire qu’à un effondrement total. Face à un Himalaya de dettes — la dette des emprunts européens s’ajoutant aux dettes des États ­—, la prédation coercitive de l’épargne des particuliers n’aura d’autre effet que de ruiner la classe moyenne, l’hyper-classe occidentale arrivant toujours à se sauver grâce aux paradis fiscaux. Quant aux classes défavorisées, ce sont les soupes populaires qui les attendent et les nuits froides sous les tentes quechua.

Le monde d’en face sera alors considéré comme un modèle à suivre pour les peuples asservis. Malgré la propagande, les lois liberticides, le contrôle permanent des forces de police transformées en milices étatiques, nos populations ayant perdu leur confort de vie et leurs revenus n’auront d’autre choix que de se rebeller contre ce pouvoir inique. L’écroulement économique en sera l’accélérateur. Or, la vision de la réindustrialisation étatiste de Mario Draghi a d’étranges similitudes avec l’ancienne URSS. Gageons qu’il ne faudra pas attendre 75 ans pour assister à la chute de l’Empire européiste. Pendant ce temps, le monde des BRICS+, soutenu par une dynamique économique nouvelle, étend son influence et son attractivité. Ne dit-on pas que le soleil se lève à l’Est et étend ses rayons au Sud ?

Bernard Van Damme

Une Table Ronde près de Bruxelles pour en connaître davantage ?

Alors que le sommet des BRICS+ aura lieu du 22 an 24 octobre prochain à Kazan en Russie, 2 jours plus tard, le samedi 26 octobre 2024, vous pourrez assister à une table ronde avec des experts en la matière à Machelen, où toutes les mesures seront discutées et analysées. L’heure n’est pas à la panique, mais à l’honnêteté, à la sérénité et à la réflexion. Le monde change plus vite que jamais et nos médias n’y prêtent pas attention. Comme si les BRICS n’existaient pas. C’est pourquoi est consacrée toute une réflexion ce 26 octobre avec un conseil des sages, dont :

     • Le colonel retraité Jacques Baud, ancien inspecteur en désarmement de l’OTAN. Il est particulièrement attentif aux intérêts militaires et stratégiques et à leurs conséquences sur la situation en Ukraine, en Géorgie, en Israël, aux Philippines ou à Taïwan.
     • Gilbert Doctorow, titulaire d’un doctorat en histoire russe de l’Université de Columbia. Russe d’origine, il a grandi à New York et donne un aperçu de ce qui touche le peuple russe, le Kremlin, les médias russes et les relations internationales.
     • Le professeur émérite Kees Van Der Pijl. Il examine les grandes lignes des relations internationales, les tendances et où nous pouvons les détecter. S’appuyant sur son expérience universitaire et diplomatique, il décrit comment l’équilibre entre les blocs de pouvoir se modifie lentement mais sûrement.
     • Alasdair MacLeod. Il analyse les défis pour l’Occident. Le groupe des pays BRICS s’élargit et se dissocie du dollar. Il voit de vrais problèmes émerger : dette souveraine, récession, inflation et baisse du pouvoir d’achat de l’euro et du dollar.

Vous pouvez vous inscrire en cliquant sur le lien suivant :

https://www.eventbrite.be/e/oct-26th-2024-brics-kazan-round-table-discussion-brussels-tickets-1003718588317?aff=oddtdtcreator


[DKRIPT-HEBDO] Manipulation et guerre de 5ème génération (EP2 Chroniques psychologique)

Avec Yann CHARRIER: psychologue du travail et des organisations

Pour le suivre et le soutenir:

***Épisode #2 des Chroniques Psychologiques***

[Chronique Psychologique] Manipulation des masses et guerre psychologique (EP1)

Avec Yann CHARRIER: psychologue du travail et des organisations

Pour le suivre et le soutenir: Telegram :

  • https://t.me/asteroglyph3
  • Tipeee : https://fr.tipeee.com/asteroglyph3

[Dkript-HEBDO] DOSSIER MACRON: Brigitte est-elle vraiment allée sur la lune?

Invité: Natacha REY

Pour aider Natacha dans ses frais de justice: https://www.paypal.me/fraisdejustice

***navré pour les problèmes techniques liés à la visioconférence***

[Dkript-HEBDO] Le complot est-il vraiment où on (ils) pense?

***Dkript-Hebdo c’est tous les jeudis en direct!***

Invités:

  • Antoine MARCIVAL: auteur
  • Mehdi BELHAJ KACEM: philosophe

Émission basé sur son livre: « Index obscurus : Deux siècles et demi de complots : 1788-2022 »

« Apparu à la suite de la commission Warren qui enquêta sur l’assassinat du président Kennedy, le mot complotiste s’est peu à peu installé dans les débats. Ces dernières années, son succès est allé croissant au point de voir toute parole s’écartant des discours officiels et de la doxa gouvernementale taxée decomplotiste. Mais qui connaît vraiment l’origine stupéfiante du mot ? Et n’est-il pas insensé de vouloir faire des complots un tabou quand ceux-ci parsèment l’histoire de l’humanité, parfois avec des répercussions redoutables ?

De la conspiration des poignards lors du Consulat de Napoléon à l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri, des « Pétroleuses » de la Commune de Paris au sabotage du gazoduc Nordstream, c’est de la sorte une bonne soixantaine de sujets, ou « complots », qu’aborde Index obscurus et qui permettent de revivre plus de deux cents ans d’histoire. Démontrant à qui veut bien l’entendre que l’historien, par essence, se doit d’être complotiste. »

Liens vers le direct:

Les facéties de la barbarie ordinaire, #1 – La magie verbale du libéral-fascisme

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 « La barbarie n’est pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture. » Michel Henry

Je demande pardon pour la lourdeur du mot « libéral-fascisme ». On est souvent lourd quand on veut être précis. Et encore ! S’il fallait être tout à fait précis historiquement, il faudrait dire : « Néolibéral-fascisme ». Et puis, comme le fascisme des années 2020 n’est pas exactement celui des années 1930, il faudrait même dire « néolibéral-fascistoïde ». Je ne le dis pas, mais le cœur y est.

Allons-y donc pour le libéral-fascisme. Afin de comprendre pourquoi et comment le (néo)libéralisme et le fascisme s’accouplent, il faut se rappeler que la civilisation occidentale est habitée depuis longtemps par l’essentialisme. Si Bertrand a volé un scooter, c’est qu’il est méchant par essence : il ne changera jamais. Si Jeanine donne 2 euros à un mendiant, c’est qu’elle est gentille par essence, elle sera toujours gentille, et jamais elle ne flanquera une claque à son gamin qui lui casse les pieds. On me demande : « Où veux-tu en venir ? » Je veux en venir au fait que le libéral-fascisme combine deux essentialismes.

Le néolibéralisme dit : le pauvre est mauvais par essence (donc le riche est gentil par essence). Voyez l’enquête sociologique de Serge Paugam, Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017).

Le fascisme dit : l’étranger (au teint foncé) est mauvais par essence (donc le blanc est bon par essence). Si vous êtes blanc-riche, bravo : ticket gagnant. Si vous êtes pauvre-foncé, tant pis pour vous. La France blanche qui, au prix de quelques centaines de milliers de morts, a colonisé l’Algérie est essentiellement gentille. La Belgique blanche qui, au prix de quelques centaines de milliers de morts, a colonisé le Congo est essentiellement gentille. L’Israël blanche qui, au prix d’une expulsion de 750.000 Palestiniens en 1948, a colonisé la Palestine, est essentiellement gentille.

On me demande encore : « Bon, et alors ? »

Alors, voilà : dans la « rationalité » essentialiste du libéral-fascisme, il y a deux choses intéressantes. D’abord, la relation de cause à effet n’existe plus. Ensuite, c’est le temps lui-même qui n’existe plus. Je reprends.

1. Il n’y a plus de relation de cause à effet. Quand il fait plus-chaud, c’est parce qu’il fait plus-chaud par essence (il n’y a pas de causes de réchauffement : il est donc inutile de réduire les extractions et les consommations fossiles). Quand un attentat se produit quelque part, c’est parce que les auteurs de l’attentat sont méchants par essence. L’attentat n’a pas de causes sociales, politiques, économiques, etc. Les essentialistes, horrifiés par l’attentat du 7 octobre 2023, confondent l’inexcusable et l’inexplicable.

Au fond du discours libéral-fasciste se trouvent des tautologies essentialistes : le chômage étant sans cause, le chômeur est chômeur parce qu’il est chômeur par essence ou, si vous préférez, par volonté : il n’a pas voulu traverser la rue. Il faut donc le sanctionner en réduisant ses indemnités. De même, l’immigré est immigré parce qu’il est immigré. Pourquoi a-t-il quitté son pays pour venir en Europe ? Mystère essentiel. L’une des causes (je dis bien : une parmi d’autres) ne serait-elle pas le fait que l’Europe colonisatrice a laissé dans son pays des structures étatiques et économiques qui produisent des phénomènes incitant à l’émigration ? Question idiote. L’émigration n’a pas de cause. L’immigré doit être expulsé, ostracisé, humilié, soumis à ségrégation.

2/ Le temps n’existe plus, le temps ne passe plus. C’est là que se forme la magie verbale. Mode d’emploi : mettez un costume, une chemise blanche, une cravate et un masque de Macron. Déclarez noblement (en 2017) : « Il y a ceux qui réussissent [par essence], et il y a ceux qui ne sont rien [par essence]. » Massacrez les yeux et les jambes des Gilets jaunes, envoyez la police estropier les résistants aux mégabassines, demandez à vos ministres de tenir des propos d’extrême-droite, dévastez l’hôpital et l’Université en coupant les crédits, sabotez les sciences humaines qui développent, en principe, « l’esprit de libre examen » (Durkheim), reculez l’âge de départ en retraite de telle sorte que les gens qui font des métiers pénibles meurent avant de l’avoir atteint, abstenez-vous de toute initiative diplomatique, de toute pression économique et laissez le gouvernement israélien lancer des obus étatsuniens sur les civils palestiniens, recolonisez la Nouvelle-Calédonie. Une fois que vous avez fait tout cela, reprenez la parole et répétez avec conviction : « La France est une démocratie. La France est une démocratie… »

La magie essentialiste tient à ce que, la France ayant parfois été « démocratique » (acceptons cette approximation) dans son passé, elle est et sera toujours démocratique, parce qu’elle est démocratique par essence, indépendamment de ses actes. Pétain, responsable de la déportation de plusieurs milliers de juifs français dans les camps nazis, appartient à l’essence démocratique de la France.

Etape suivante : il suffit de faire passer cette essence démocratique dans le verbe pour que la magie verbale opère. Remettez le masque de Macron (ou de von der Leyen, ou de Biden), prononcez la formule magique « je suis démocrate » – et hop, vous voilà démocrate !… quelle que soit l’infamie anti-démocratique des actes politiques, économiques, technologiques, sociaux que vous commettez. Ce qui est commode avec la magie verbale libéral-fasciste, c’est qu’elle est imperméable à vos actes. Les actes et le temps dans lequel vous commettez vos actes n’affectent pas l’essence immuable. Il n’y a plus d’actes, le temps n’existe plus. La magie verbale essentialiste est essentielle, si j’ose dire, pour comprendre le cynisme des dirigeants occidentaux (ou leur l’aveuglement sur eux-mêmes) : ils ne peuvent pas reconnaître (aux deux sens du verbe : « avouer » et « avoir conscience ») qu’ils deviennent des libéraux-fascistes puisqu’ils sont « démocrates » par essence.

Dernière étape : si jamais vous avez mis le masque de Macron-von der Leyen-Biden et que soudain, troublé par la question désagréable d’un électeur antifasciste, vous vous demandez s’il n’y a pas un petit problème avec la démocratie en Europe, surtout ne cédez pas au doute. Appliquez la logique du pire – renvoyez à votre objecteur la question qui tue : « Dites donc, cher Monsieur, vous avez essayé la Corée du Nord ? »

Je me demande si le fascisme italien n’était pas une démocratie par rapport à au nazisme.

Marc Weinstein