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BIG PHARMA AU PARLEMENT

Nous devions rencontrer la députée européenne Michèle Rivasi cette semaine à Paris, pour une interview exclusive. Changement de dernière minute : Curevac, multinationale biopharmaceutique allemande, a accepté de rendre public le contrat qu’elle a passé avec la Commission européenne: Michèle Rivasi doit venir d’urgence à Bruxelles pour lire ce contrat.

Nous la rencontrons le 19 janvier, juste après la découverte de ce dernier, dans des circonstances pour le moins particulières : 45 minutes, dans une pièce fermée, avec interdiction de faire des copies ou prendre des photos, pour consulter un contrat de 67 pages. Nombreux passages sont noircis, notamment le prix des vaccins, les lieux de production, mais aussi deux pages entières qui portent sur la responsabilité juridique de la multinationale. Lorsque Madame Rivasi demandera à la Commission qui est responsable en cas d’effets secondaires dus au vaccin, il n’y aura pas de réponse…

Ce qu’il se passe dans les arcanes des institutions européennes concernant les contrats entre les entreprises pharmaceutiques (Pfizer, Astrazeneca, BioNTech, Moderna, Curevac…), dépasse le cadre spécifique des négociations et illustre parfaitement la mainmise de sociétés privées sur l’Europe, donc sur tous ses États membres. Donc sur nos vies.

BIG PHARMA AU PARLEMENT

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Nous devions rencontrer la députée européenne Michèle Rivasi cette semaine à Paris, pour une interview exclusive. Changement de dernière minute : Curevac, multinationale biopharmaceutique allemande, a accepté de rendre public le contrat qu’elle a passé avec la Commission européenne: Michèle Rivasi doit venir d’urgence à Bruxelles pour lire ce contrat. 

Nous la rencontrons le 19 janvier, juste après la découverte de ce dernier, dans des circonstances pour le moins particulières : 45 minutes, dans une pièce fermée, avec interdiction de faire des copies ou prendre des photos, pour consulter un contrat de 67 pages. Nombreux passages sont noircis, notamment le prix des vaccins, les lieux de production, mais aussi deux pages entières qui portent sur la responsabilité juridique de la multinationale. Lorsque Madame Rivasi demandera à la Commission qui est responsable en cas d’effets secondaires dus au vaccin, il n’y aura pas de réponse… 

Ce qu’il se passe dans les arcanes des institutions européennes concernant les contrats entre les entreprises pharmaceutiques (Pfizer, Astrazeneca, BioNTech, Moderna, Curevac…), dépasse le cadre spécifique des négociations et illustre parfaitement la mainmise de sociétés privées sur l’Europe, donc sur tous ses États membres. Donc sur nos vies.

D’une pandémie affolante à une syndémie raisonnable

Nous reproduisons avec l’aimable autorisation de l’auteur, Michel Rosenzweig, philosophe, psychanalyste, une tribune qu’il a publiée en décembre sur France Soir. La réflexion demeure, après un mois, percutante, alors que les autorités durcissent l’état d’urgence sanitaire, évoquent la troisième vague et dirigent nos vies comme jamais.

Le Pr Perronne démis de ses fonctions de chef de service de l’AP-HP de Garches, le Pr Fourtillan embastillé en asile psychiatrique à Uzès, le Pr Raoult menacé de mort et attaqué en justice par ses pairs, disqualifié, discrédité et traité de charlatan, le Pr.Toubiana subissant le même sort, le Dr Pascal Sacré convoqué à la commandantuur sanitaire de l’état covidien belge occupé par une clique de scientifiques malhonnêtes et mentalement atteints, des policiers transformés en auxiliaires de police sanitaire, un régime techno-sanitaire tyrannique régnant par la peur, la répression et même par une certaine forme de terreur hygiéniste, un climat malsain et suffoquant règne en cette fin d’année en France comme en Belgique, sans que personne ne puisse en apercevoir le bout du tunnel.

Des délateurs et des chiens de garde à tous les coins de rue pour vous rappeler à l’Ordre sanitaire, même dans les coins les plus reculés, des amendes dissuasives aux montants astronomiques qui s’abattent comme des fléaux antiques sur les contrevenants, les libertés individuelles réduites aux fonctions biologiques « essentielles » par les autorités publiques ayant basculé dans une pensée totalitaire décomplexée, car la situation est grave nous répètent-elles, se justifiant de déployer des mesures contraignantes et coercitives de plus en plus nombreuses au nom de notre santé et donc au nom de notre bien.

Et cette hystérie collective des vaccins qui vient maintenant s’ajouter aux bouffées délirantes thanatophobiques aigües et à la psychose collective virophobe. Un vrai millefeuille dont on ne voit pas pourquoi il s’arrêterait d’enfler.

Après des mois de travail et quelques dizaines de textes dont certains ont été publiés dans des médias courageux, je dois bien le reconnaître, les jeux sont faits et rien ne va plus, nous ne sortirons pas de cette dystopie qui a définitivement bouleversé les normes sociales et politiques de nos vies, comme je l’annonçais déjà il y a quelques mois, fidèle à la réputation de Cassandre dont certains aiment m’affubler, bien que mes prévisions se soient avérées malheureusement exactes.

Je ne me répéterai donc plus sur les sujets principaux que j’ai tenté de traiter ici à plusieurs reprises, car il s’agit en fait d’une déclinaison infinie et répétitive d’un même thème, le Covid, et qui tourne finalement en boucle dans un entre soi sans aucun effet sur la réalité insupportable qu’une toute petite minorité de personnes perçoit mais qu’une immense majorité approuve, se vautrant dans une servitude volontaire à leurs maîtres sans se poser trop de questions probablement très dérangeantes, toutes étant encore convaincues du bien fondé et de la nécessité de ce régime dont elles sont persuadées qu’il n’est que transitoire, certaines en redemandant même une louche supplémentaire.

Errare humanum est, perseverare diabolicum

La covidie virocratique hygiéniste, ce régime sanitaire abject, obscène, inique et selon moi totalement injustifié et bien plus préjudiciable que le virus lui-même, s’est emparé de toute l’Europe sans aucune opposition et avec la complicité de tous : classe politique, académique, universitaire, administrative, société civile, monde associatif, institutionnel, syndicats, etc….

Tous complices actifs ou passifs dans un silence généralisé, hormis quelques voix dissidentes que les autorités s’efforcent de faire taire lorsqu’elles parlent un peu trop fort.

Le virus a gagné

Pas parce qu’il tuerait en masse, pas du tout, il est d’ailleurs très peu performant en terme d’ADM (Arme de Destruction Massive), il a gagné parce que des forces que je qualifierais d’obscures se sont emparé de ce brin d’ARN pour réaliser des objectifs très clairement et publiquement énoncés : le basculement de cette planète dans une nouvelle ère qui verra la généralisation de ce que l’on nomme l’identité numérique et ses corollaires, une nouvelle économie assistée par les robots et l’informatique et qui ne s’embarrassera plus d’une main d’œuvre devenue encombrante, trop chère et donc inutile ainsi que le conditionnement de vos vies à la détention d’un passeport covid vert assorti d’un certificat de vaccination dont le port sur ou à l’intérieur du corps nous permettra l’accès aux services, aux déplacements, au travail, aux soins de santé, aux loisirs, etc…

Il faut vraiment être sourd et aveugle pour ne pas prendre conscience de cette mutation anthropologique, technique et ontologique irréversible et inéluctable qui s’opère sous nos yeux jour après jour.

Or, il existe un lien avéré, reconnu et revendiqué par ses auteurs, entre la grande réinitialisation économique numérique, techno-scientifique (Great Reset du WEF et son mentor Klaus Schwab) et la syndémie du coronavirus terme plus approprié et reconnu par le Lancet ce 17 octobre[note] pour décrire « la » Covid-19, une syndémie étant l’agrégation d’au moins deux maladies ou problèmes de santé dans une population pour laquelle il existe un certain niveau d’interface biologique ou comportementale délétère qui exacerbe les effets négatifs de chacune des maladies impliquées.[note]

Est-il encore autorisé de poser la question sans risquer d’être brûlé sur le bûcher médiatique et numérique ?

Oui, il n’y a jamais eu de « pandémie » au sens ou la science épidémiologique l’entend, mais bien plus une syndémie, une rencontre de plusieurs facteurs aggravants les effets d’un virus fondamentalement pas plus dangereux qu’un autre virus respiratoire de type grippal, mais qui fonctionne comme un accélérateur, un catalyseur d’effets toxiques chez certaines catégories de personnes à risques pour des raisons multifactorielles sur lesquelles il faudrait sérieusement se pencher au lieu de croire à l’univocité de la solution vaccinale et aux vertus supposées du confinement à répétition.

Après les mensonges et les affabulations du Lancet gate, voici la prestigieuse revue britannique qui revient enfin à ses fondements. Le lien entre le vaste programme du Great Reset et la « p(l)andémie » devenue « syndémie » existe donc, seule la nature de ce lien demeurant questionnable.

Est-il opportuniste ou structurel ? Le virus est-il un opérateur naturel et occasionnel ou a-t-il été conçu dans un cerveau malade pour mettre en œuvre la grande réinitialisation ? Est-il encore autorisé de poser la question sans risquer d’être brûlé sur le bûcher médiatique et numérique ?

La question restera encore très longtemps et probablement à jamais sans réponse. Mais elle mérite d’être rationnellement et raisonnablement posée à l’aune de ce bouleversement sociopolitique dont on ne mesure pas encore les conséquences.

Interview avec Hervé Seligmann

Chercheur biomédical, Hervé Seligmann a travaillé cinq ans à l’IHU de Marseille dans l’équipe de Didier Raoult. Il nous explique aujourd’hui le lien entre vaccination, contagion et mortalité infantile.Retrouvez ici les graphes présentés par Hervé Seligman

DEUS EX VACCINA

Après une année de gestion de pandémie qui a fait couler beaucoup d’encre, le vaccin tant attendu et annoncé est enfin là. À noter que le terme « vaccin » a été utilisé plus au singulier qu’au pluriel, ce qui n’est pas sans évoquer le deus ex machina des tragédies grecques: une intervention divine qui dénoue soudainement une situation désespérée. Les défenseurs de la technologie (sous l’étendard du progressisme) saluent bien évidemment l’arrivée de la solution miracle qui mettrait un terme à l’épidémie qui secoue la planète. Tout écart à ce cadre de pensée suscite l’usage d’un vocabulaire à relent propagandiste : « conspirationniste », « covidiot » ou « rassuriste » (ce dernier étant particulièrement violent à mon sens, car il sous-entend que le simple fait de rassurer son entourage est déjà éthiquement questionnable; depuis quand est-il déplorable de simplement rassurer des personnes en détresse psychologique ?).

L’industrie pharmaceutique, dans sa globalité, nous propose quatre types de vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Deux sont basés sur des technologies « classiques » utilisées depuis près d’un siècle et sont composés de :

1) virus atténués (ex. d’entreprises : Sinopharm, Sinovac), vaccin polyclonal (c’est-à-dire ciblant plusieurs composantes du SRAS-CoV-2).

2) fragments de virus (ex. d’entreprises : Novavax), vaccin monoclonal (ne ciblant qu’un seul constituant du virus).

Les deux autres sont construits avec de nouvelles technologies « géniques » et sont composés de :

3) matériel génétique viral sous forme d’ARN, encore jamais appliqué sur les humains (ex. d’entreprises : Pfizer/BioNTech, Moderna), vaccin monoclonal.

4) un vecteur viral qui délivre du matériel génétique (ARN) viral d’intérêt (dans ce cas, celui de SRAS-CoV-2) (ex. d’entreprises : AstraZeneca/Oxford, Johnson & Johnson), vaccin monoclonal.

Tous ces vaccins ne se valent pas et les rejeter en bloc sans les considérer séparément serait tout aussi étroit d’esprit que de considérer la vaccination contre le COVID-19 comme un deus ex machina à notre pandémie (ou plutôt deus ex vaccina). Bien qu’issus de technologies différentes, ces vaccins présentent des points communs. Leur élaboration a été extrêmement rapide, sachant que le développement d’un nouveau vaccin peut prendre des années (parfois au-delà de 10 ans, selon l’OMS)[note]. En effet, lors de la réalisation de nouveaux vaccins, une partie du temps est perdue dans l’attente de diverses autorisations, régulations et financements et une autre partie est consacrée au développement de la technologie vaccinale. Dans le cas du SRAS-CoV-2, ces deux phases ont pu être raccourcies, car d’une part les délais administratifs habituels ont été accélérés et d’autre part les études sur ces nouvelles technologies avaient déjà débuté avant l’arrivée de la pandémie. Mais fabriquer des vaccins dans la précipitation n’est jamais idéal, surtout quand il s’agit d’évaluer leur efficacité et l’étendue des effets secondaires de nouvelles technologies. Ceci est d’autant plus vrai pour ce virus qui présente des particularités qui rendent la conception d’un vaccin compliquée.

Deux craintes principales: l’efficacité et les effets secondaires des vaccins

I. L’efficacité

L’efficacité vaccinale ne dépend pas uniquement de la biotechnologie, mais de la nature de la cible : le virus lui-même. S’il n’existe pas de vaccins durables contre les virus responsables des rhumes ou de la grippe, c’est notamment parce que ces virus évoluent rapidement. Ceci est typiquement le cas des virus à ARN (dont les coronavirus font partie). Outre les mutations (c’est-à-dire la transformation du code génétique par « erreur »), ils se recombinent également fréquemment (ce qui est l’équivalent « d’échanges » génétiques entre virus)[note]. Si les coronavirus sont capables d’accomplir des «ping-pong entre espèces animales (y compris l’humain)»[note], c’est bien grâce à cette faculté de transformation.

Un vaccin monoclonal (qui ne cible donc qu’un seul élément du virus) n’aura très probablement qu’une efficacité éphémère, limitée dans le temps par l’apparition d’un variant quelconque du SRAS-CoV-2. En revanche, un vaccin polyclonal offre aux vaccinés la possibilité de développer des défenses contre différentes parties du virus, permettant de diminuer le risque que le virus échappe (après évolution) à l’immunité collective.

Dans le cas des vaccins monoclonaux contre le SRAS-CoV-2, la composante visée est la protéine « spike » (ces fameuses protéines de surface en forme de boutons que l’on représente à la surface du virus lorsqu’il est dessiné). Le choix stratégique de cette cible est basé sur sa nature stimulante de notre immunité. Or, cette protéine est utilisée par le virus pour reconnaître son hôte et est sujette aux mutations, dont plusieurs ont déjà été documentées[note]. Ainsi, l’espoir d’éradiquer ce virus néglige les possibilités suivantes :

  • la protéine spike du virus mute et le vaccin devient inefficace. Le nouveau variant est aussi dangereux que le précédent, voire pire ;
  • la pression de sélection darwinienne favorise la transmission du virus par voie indépendante de la protéine spike (un mécanisme moins fréquent, mais documenté[note]) ;
  • le virus se recombine avec un autre virus et change de manière à échapper au vaccin (un scénario d’autant plus dangereux s’il s’agit d’un autre coronavirus virus épidémique, comme le MERS-CoV[note]) ;
  • le virus disparaît de l’hôte humain (scénario idéal) et se « réfugie » dans les réservoirs animaux, où ils continuent à évoluer. Le retour d’un variant échappant au vaccin ne serait ainsi pas exclu. À noter à ce titre qu’il est impossible d’éradiquer une zoonose (c’est-à-dire une infection partagée entre humain et autres animaux) à moins que tous les animaux-hôtes soit vaccinés ou éliminés.

L’industrie pharmaceutique propose évidemment une solution : celle de renouveler les vaccins et fournir les doses selon une stratégie vaccinale qui consiste à administrer un vaccin contre le SRAS-CoV-2 plusieurs fois par an. Pour un prix de 20 euros la dose, deux fois par an pour un marché ciblant une grande partie de la population planétaire, cela est effectivement fort intéressant pour l’industrie et pour les fonds d’investissement boursiers. Il s’agit d’un marché renforcé par décision politique de 300 à 500 milliards d’euros par an avec des garanties financières négociées (entre autres avec l’Union Européenne[note]).

II. Les effets secondaires

L’inquiétude des effets secondaires et de la tolérance aux vaccins modernes (ceux à ARN) contre le COVID-19 est fréquemment écartée par les techno-progressistes résolus, qui se réfèrent aux essais cliniques. Tout en admettant qu’un essai clinique (comme celui de la firme Pfizer) effectué sur 38.000 personnes est prometteur et qu’il serait difficile d’exiger plus d’une entreprise, il est extrêmement peu probable que les résultats puissent être aussi encourageants une fois appliqués à des chiffres plus volumineux de plusieurs ordre de grandeur. Si le chiffre de 38.000 personnes peut sembler élevé, celui-ci ne pourra jamais englober une diversité des profils de santé équivalente à la population à qui est destiné le vaccin. L’épidémie étant planétaire et le pourcentage nécessaire pour l’acquisition d’une immunité collective étant situé entre, environ, 60-70% selon l’OMS[note], cela ferait une cible théorique d’environ cinq milliards de personnes, soit une population un million de fois plus nombreuse que dans l’essai de Pfizer (tout en admettant que le nombre réel de personnes vaccinées sera sans doute inférieur). Selon les données de Pfizer[note], 0.6% des sujets vaccinés ont présenté des « événements indésirables graves » (contre 0.5% dans le groupe placebo). Mais 0.1% d’effets secondaires pouvant mettre la vie en danger mis à l’échelle d’un milliard de personnes mettrait un million de vies en danger! Toute mesure préventive se doit de faire moins de mal que la pathologie en question. Or, la létalité de SRAS-CoV-2 (qui oscille aux alentours de 0.2%[note]) est loin d’être comparable à celle des épidémies de peste ou de l’Ebola. Est-il ainsi justifiable de risquer tous ces événements indésirables graves?

Vu que la technologie de vaccin à ARN est nouvelle, il est impératif de la valider. Les vaccins classiques peuvent être certifiés très rapidement, car leurs technologies sont connues et ne posent ainsi aucun problème (c’est pour cela que deux vaccins anti-grippe peuvent être produits et certifiés par an). Pour les vaccins à ARN, certifier sans appliquer la même rigueur de base serait incorrect. Notons d’ailleurs que ceux qui se revendiquent du principe de précaution avec les gestes barrières et les masques sont soudainement absents du débat !

À la liste des préoccupations déjà citées peuvent également être ajoutées :

  • l’inefficacité de tels nouveaux vaccins à vecteurs viraux chez les personnes qui auraient une immunité naturelle contre le vecteur lui-même (le vecteur est un virus humain « vide », rempli avec de l’ARN codant pour des antigènes de SRAS-CoV-2). Ceci est un problème bénin, réel, mais dont personne ne semble se soucier (problème inexistant avec les vaccins classiques)
  • Une éventuelle recombinaison de la construction vecteur/SRAS-CoV-2 avec un/des virus naturel(s). Ceci est un problème beaucoup plus grave. Dans le milieu scientifique (et ceci devient un peu technique, mais peut intéresser certains lecteurs compétents dans le domaine), deux arguments sont opposés à cette préoccupation (i) des échanges de gènes ne se font qu’entre des virus du même type (entre des virus à ADN d’une part et des virus à ARN d’autre part, mais pas entre ces deux catégories) et (ii) tout événement catastrophique serait peu probable. Le premier argument est correct, mais des exemples d’échanges entre des virus à ARN et ADN existent et ne peuvent être ainsi négligés[note]. La deuxième dialectique qui consiste à balayer les craintes sous prétexte que même si des risques existent, ils sont tellement improbables qu’ils peuvent être écartés, démontre l’insouciance des techno-progressistes face à des calculs de probabilités. Il suffit d’imaginer, par exemple, que seul un centième de la population mondiale serait vacciné au final, et ce, deux fois par an. Cela représenterait toujours des centaines de millions de doses par an, intégrant à des milliers/millions de nos cellules plusieurs particules virales vectrices du vaccin, tous potentiellement capables de se transformer… Il faudrait que l’événement indésirable pouvant donner naissance à un monstre de Frankenstein nanoscopique soit moins élevé qu’une chance sur des centaines de milliards.
  • Ajoutons à cette probabilité une condition supplémentaire plus basique, mais absolument cruciale: le fait que l’on ne puisse pas administrer de vaccin lorsque l‘on est activement infecté. Par exemple, lors de l’injection des vaccins anti-grippe, le médecin doit s’assurer que son patient ne porte pas le virus. Ceci ouvrirait la porte en grand aux recombinaisons sauvages. Les gouvernements ont-ils pensé dans leurs stratégies de vaccination à dépister les personnes pour la présence de SRAS-CoV-2 (y compris les asymptomatiques) avant de leur administrer le vaccin?

Notons d’ailleurs que ceux qui se revendiquent du principe de précaution avec les gestes barrières et les masques sont soudainement absents du débat !

C’est pour ces raisons qu’en 2016 « the Brighton Collaboration » (un réseau mondial à but non lucratif portant sur la sécurité des vaccins et destiné aux professionnels de la santé) a formulé des lignes directrices suivant les recommandations de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux FDA et l’Agence européenne des Médicaments) pour la conception des vaccins à vecteurs. Ces recommandations comprennent (i) l’examen des connaissances liées aux recombinaisons virales, (ii) l’ampleur de l’opportunité de ces événements, (iii) l’examen des mécanismes conduisant à ces événements et (iv) la mise en place de sécurités ainsi que des méthodes de détection de ces événements indésirables[note]. Ces principes ont-ils été respectés?

On nous rapporte que l’atout des vaccins modernes, comparés aux classiques, serait leur capacité à être modulés afin de les adapter à une situation qui évolue. Ainsi, si un variant particulièrement virulent devait soudainement se répandre, les vaccins modernes auraient un avantage. Si ceci est effectivement correct, ces nouveaux vaccins qui surstimulent et modulent l’immunité ont néanmoins un inconvénient majeur comparés aux vaccins plus classiques : celui d’interférer avec les équilibres immunitaires eux-mêmes. Le principe de ces vaccins géniques consiste à forcer nos propres cellules à produire des fragments viraux (plutôt que de les injecter) contre lesquels le corps va s’immuniser. Lorsque ce sont nos cellules qui produisent des particules étrangères, le risque d’une réaction auto-immune qui déborde en choc anaphylactique ou à un rejet de nos propres cellules est plus élevé. En pratique, nous ignorons ce qui va se passer chez toute une catégorie de patients, à commencer par ceux qui souffrent de pathologies immunitaires ou endocrinologiques (on pensera ici par exemple aux malades d’Alzheimer, aux diabétiques de type I, aux maladies rhumatismales et articulaires, aux maladies de Cushing ou d’Addison, à certaines pathologies thyroïdiennes, etc.). Ceci représente une fraction non négligeable des populations et mérite d’être investigué.

Il reste une dernière préoccupation concernant la science derrière tous ces vaccins (tous types confondus) : celui de la stratégie vaccinale. La Belgique a décidé de vacciner en priorité les personnes à risque, dont les personnes âgées, et le personnel soignant. Si la stratégie est logique concernant cette dernière catégorie de personnes, elle l’est moins concernant les personnes âgées. Le virus n’est dangereux que pour certaines personnes, dont le système immunitaire est faible. Or, le principe de la vaccination est de stimuler le système immunitaire et par conséquent, le vaccin ne sera jamais plus efficace que le système immunitaire sur lequel il se repose… En Amérique, ce sont les enfants qui sont vaccinés contre la grippe saisonnière, car même si cette catégorie de la population ne souffre pas de la maladie causée par ces virus, elle peut le transmettre. Par contre, elle réagit bien au vaccin et par le biais de l’immunité collective elle protège les personnes qui n’y répondent pas bien. Établir une stratégie de vaccination basée sur les personnes fragiles qui sont également les plus exposées aux risques auto-immunitaires semble de ce fait peu efficace et me parait donc être plutôt une décision de communication politique qu’une décision scientifique.

Quant à d’autres raisons qui m’invitent à considérer ces vaccins avec prudence, Paul Lannoye décrit avec clarté dans son article son examen critique sur la mise en place de ces vaccins et leurs liens avec l’UE dans « À propos du vaccin anti-covid. Ni complotisme ni croyance aveugle »[note]. J’invite les lecteurs également à consulter le rapport du Dr Vélot (généticien moléculaire à l’Université Paris-Saclay et Président du Conseil scientifique du CRRIGEN)[note], dont une synthèse est également proposée par Valérie Tilman dans « « Covid-19 : Rapport d’expertise sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM » : synthèse de la note du Dr Vélot » »[note]. Cette analyse, indépendante de la mienne, arrive aux mêmes conclusions. À noter également que les premières données de la campagne de vaccination commencent à être disponibles et rejoignent nos préoccupations. En effet, ces dernières ne confirment pas l’efficacité du vaccin Pfizer/BioNTech trois semaines après l’administration de la première dose, suscitant un réexamen du calendrier pour l’administration de la seconde dans plusieurs pays[note].

Ma formation en virologie environnementale m’a permis d’étudier le caractère extrêmement dynamique des virus et de leurs cycles de reproduction. Ils représentent l’entité biologique la plus abondante sur Terre et se reproduisent avec une rapidité et multiplicité redoutable. Ils sont capables tant de nous tuer que de nous sauver. Ainsi, pour protéger ma famille et mes proches, il est évident selon moi que nous devons tous être vaccinés avec les vaccins classiques. Mais comme toujours, il faut savoir faire la différence entre ce qui est efficace et sûr et ce qui l’est moins. Une communication honnête et une approche respectueuse des normes sont nécessaires. Il est curieux que non seulement cette communication n’ait pas été faite, mais qu’en forçant les vaccins comme la seule solution – alors que les vaccins ne sont jamais des thérapies curatives – les autorités en ont oublié que la médecine, c’est d’abord traiter des gens… Que se passe-t-il avec la pratique des médecins généralistes, c’est-à-dire la première ligne de défense? On ne peut pas examiner les patients et mesurer la gravité de leur état seulement par une consultation en ligne et des demandes pour des tests COVID…Où en sommes-nous avec les thérapies curatives?

Kaarle P., PhD en virologie environnementale

Le médecin généraliste face au vaccin: d’accord ou… d’accord

Nous avons été contacté par un médecin généraliste amené dans le cadre de sa fonction à devoir placer une de ses patientes en maison de repos. Il a accepté de témoigner sur la procédure particulière qu’il doit suivre dans le cadre de la politique de vaccination en maison de repos. Une pratique qui lui inspire celles des « régimes totalitaires ».

« Hier j’ai dû passer voir une patiente que j’ai dû placer dans une maison de repos et de soins. J’ai adapté le traitement pour ma patiente et, avant de partir, l’infirmière m’a remis une feuille pour signaler si m’a patiente devrait prendre le « vaccin anti-Covid » ou pas.

J’ai déjà lu des documents étranges, semblables, où l’on se lavait les mains sur la prise de responsabilité médicale, derrière des mots comme « Standard Operating Procedure », des termes militaires pour dire que le blindé engage son chemin, sans trop se soucier de qui est au volant, et qui est couvert par une assurance de responsabilité professionnelle médicale dans cette affaire. Je ne pense en effet pas que nos assurances professionnelles de responsabilité médicale nous couvrent pour la campagne d’administration de thérapie génique expérimentale qui est en train de se faire avec les produits de chez Pfizer et de Moderna. Nous n’avons aucun recul, donc, bien que le gouvernement et l’EMA (European Medicines Agency) soient entièrement derrière cette campagne d’expérimentation massive sur la population.

Mais le document que cette infirmière m’a remis hier soir, j’ai dû le relire, car il me semblait trop absurde. Le document me demandait d’informer m’a patiente ou sa famille au sujet de la vaccination, et puis de noter si j’avais obtenu le consentement de ma patiente sur le papier. Si je ne le faisais pas, il considérait d’emblée que ma réponse était positive.

Seulement, en dessous, il n’y avait qu’une seule case à remplir :  une case pour dire, d’une manière générale, que je donnais mon accord pour la vaccination anti-SARS-CoV-2 de mes patients. J’avais l’impression de me trouver dans un choix offert sous une régime totalitaire, où il n’y avait qu’une seule manière de voter. »

Confronté à cette feuille de demande d’autorisation de donner le produit injectable expérimental à sa patiente, le médecin traitant a indiqué dessus : 

« [Que cela soit bien clair], Je soussigné, Dr. XXX  XXX , [N’]« autorise« « PAS«  ( où le «Que cela soit bien clair »,  « N’ » et le « PAS » ont dû être ajoutés entre les mots dans la phrase) que la vaccination contre le COVID-19 soit effectuée pour mes patients. Concerne la patiente XXXXX ».

Consterné, le médecin traitant a également indiqué sur la feuille prévue pour l’autorisation de la vaccination : 

« Où est la case pour dire qu’évidemment ma patiente n’est pas candidate pour cette expérimentation ? » 

Pour s’assurer que son indication de ne pas la vacciner soit suivie par l’équipe du home, le médecin a encore mis : « Elle a déjà eu le Covid-19, lui donner ce produit est très dangereux ! »  

« C’est surtout cette dernière phrase qui a suscité discussions et inquiétude chez les infirmiers qui avaient vu le message, car dans ce Home de Repos et de Soins on vaccinait les personnes qui avaient eu le Coronavirus autant que celles qui ne l’avaient pas eu. Il y a en fait très peu de recul expérimental pour affirmer si les patients qui avaient déjà fait le Covid-19 étaient plus à risque ou non de développer des effets secondaires : ce qu’on peut raisonnablement dire, c’est que le ratio-bénéfice /risque et nettement moins en faveur de la vaccination de ces personnes ( car elles ont déjà une immunité naturelle), et qu’il y a plus de risques de créer un état douloureux d’inflammation iatrogène[note] chez les personnes qui ont récemment fait la maladie.

Le danger est de donner des thérapies géniques présentées comme des vaccins contre un Coronavirus, à des personnes âgées, sachant que ces techniques n’ont pas encore passé des épreuves précliniques sur les animaux. Cela relève d’un risque qu’on ne peut pas se permettre. La réalité est que ce virus est surtout dangereux par la réaction inflammatoire qu’il peut provoquer chez certaines personnes à risque :  cela doit être traité au cas par cas, avec les bons traitements qui existent. La solution n’est pas de « faire la guerre contre ce virus », en développant dans un temps record des vaccins expérimentaux contre un Coronavirus peu immunisant, sachant, en médecine vétérinaire, qu’on a déjà essuyé 30 ans d’échecs cuisants, et que les essais sur les animaux pour développer des vaccins contre les SARS-Coronavirus ont donné des réactions bien pires d’inflammation, quand les animaux étaient exposés à de nouveaux SARS-virus après leurs « vaccinations ». Cela relève du bon sens médical Hippocratique, qui malheureusement se perd dans nos universités de nos jours.

En tout cas, le médecin coordinateur du home était tellement outré par mes remarques sur la feuille « d’autorisation de vacciner », qu’il a pris son téléphone immédiatement et a bruyamment exprimé son exaspération contre moi, le médecin traitant récalcitrant, utilisant des adjectifs peu confraternels et exprimant son intention de porter cette attitude « non scientifique » devant l’Ordre des Médecins… »

Un médecin anonyme

La censure: la réponse de la Commission européenne aux informations « qui ne font pas autorité »

Le 10 juin 2020, les instances européennes publiaient une communication intitulée « Lutter contre la désinformation concernant la COVID-19 – Démêler le vrai du faux »[note]. Sous couvert de « préserver la démocratie » et de « protéger l’intégrité du débat public », et dans la foulée d’autres initiatives européennes[note], cette communication annonce un tournant radical en matière de liberté d’expression, confirmé ce 15 décembre par un document du Conseil de l’UE[note].

À l’heure où certains pays de l’UE déclarent haut et fort ne pas transiger sur la question de la censure, par exemple sur le thème des caricatures religieuses, il semble qu’en réalité une censure d’Etat se mette en place au sein de l’UE. Dans plusieurs passages de cette communication (suivis et précédés de précautions oratoires faisant la promotion de la démocratie, de la liberté d’expression, du journalisme indépendant, etc.), l’UE évoque explicitement le rôle qu’elle attend des médias « professionnels » et des plateformes de médias sociaux en matière de lutte contre la désinformation, et envisage tout aussi explicitement « des mesures publiques », c’est à dire vraisemblablement de légiférer sur cette question. Sous prétexte de lutter contre des « menaces hybrides[note] » visant à « déstabiliser les démocraties » et à « saper les valeurs européennes » (des menaces géopolitiques que le propos de cet article n’est pas de contester), la lutte engagée par l’UE contre la désinformation semble malheureusement prête à étouffer toute forme de discours critique, tant politique que scientifique. En incluant la lutte contre la désinformation en général, et en matière de covid-19 en particulier, dans la lutte contre les menaces hybrides, l’UE est sur le point d’entraver directement le débat public et, ce faisant, la démocratie. Nous présentons ci-dessous quelques extraits de cette communication (en italiques), suivis de nos commentaires.

« Les enseignements tirés de la crise de la COVID-19 montrent qu’il est important de promouvoir les informations provenant de sources faisant autorité et que les décisions doivent être prises sur la base des conseils des scientifiques et des professionnels de la santé. »

Plusieurs remarques s’imposent d’emblée : « Promouvoir les informations de sources faisant autorité » est une conception pour le moins autoritaire du savoir . Quelles sont ces sources qui font autorité ? Qui décide qu’elles font autorité ? Manifestement l’autorité. Et en vertu de quoi font-elles autorité ? Parce que l’autorité en a décidé ainsi .

Dans le domaine politique, il n’y a pas de vérité, seulement des choix politiques. Parmi ces choix, certains privilégient la liberté, d’autres moins ; certains privilégient les intérêts de certaines franges de la population, d’autres les intérêts d’autres groupes sociaux. Aucun de ces choix « ne fait autorité » : ils sont tous susceptibles d’être réévalués démocratiquement et d’évoluer.

Dans le domaine scientifique (et particulièrement médical), s’il y a des vérités scientifiques fondées sur la rigueur du raisonnement et vérifiées par l’expérience, il faut aussi tenir compte du fait que la science est en perpétuelle construction/révision. Promouvoir les informations de sources faisant autorité en science, c’est faire appel à l’argument d’autorité (qui n’est pas un argument scientifique), c’est-à-dire soit à la position de celui qui prétend détenir la Vérité, soit au consensus scientifique qui fait autorité. Or l’histoire des sciences montre qu’un consensus scientifique n’est jamais qu’un consensus historique, susceptible d’évoluer, car la connaissance évolue. Par ailleurs, un consensus de scientifiques ne signifie pas toujours un consensus scientifique si ces scientifiques sont animés, même inconsciemment, d’une certaine vision du monde, ou plus prosaïquement de certains intérêts.

Pourquoi faudrait-il promouvoir uniquement les informations provenant de sources « qui font autorité » quand certains scientifiques qui les soutiennent sont en conflit d’intérêts, que ceux qui les discutent sont censurés, et que d’autres encore s’autocensurent pour ne pas avoir d’ennuis ?

Et pourquoi les décisions devraient-elles être prises uniquement sur la base des conseils de scientifiques et de professionnels de la santé, alors que la vie des hommes ne se résume pas à l’aspect scientifique et sanitaire ? Dans quelle société, sinon dans une dystopie aux allures de dictature sanitaire, les questions sociales sont-elles débattues et les décisions politiques prises uniquement par des scientifiques et des professionnels de la santé ? Dans une démocratie, le débat est public et les décisions sont prises par le peuple par l’intermédiaire de ses représentants tant que ceux-ci le représentent réellement.

« À cette fin, il importe, premièrement, de distinguer les contenus illicites, tels qu’ils sont définis par la loi, des contenus préjudiciables mais non illicites. Deuxièmement, il convient de déterminer s’il existe une intention d’induire en erreur ou de causer un préjudice public, ou encore de réaliser un gain économique. En l’absence d’une telle intention, par exemple lorsque les citoyens partagent à leur insu, de bonne foi, des informations erronées avec leurs amis et leur famille, le contenu en question peut être considéré comme constituant de la mésinformation; en revanche, si une telle intention existe, le contenu peut être qualifié de désinformation, comme la Commission l’a précisé dans sa communication d’avril 2018.»

Cet extrait doit se comprendre comme une proposition d’établir de nouvelles restrictions à la liberté d’expression en cas de désinformation au contenu jugé préjudiciable, comme le confirmera l’extrait suivant. Or introduire « l’intention de nuire », « l’intention d’induire en erreur » ou encore « l’intention de causer un préjudice public » dans les motifs qui permettraient de restreindre la liberté d’expression pourrait avoir pour effet pervers de freiner la contestation politique et sociale, voire le débat scientifique. En effet, les expressions « intention de nuire » et « intention de causer un préjudice public » peuvent être interprétées de façon subjective et partisane (par exemple, contester une mesure politique pourrait être interprété comme une intention de nuire ou de causer un préjudice public puisque cela pourrait nuire au pouvoir en place ; en revanche, cela pourrait s’avérer salutaire pour les citoyens). « L’intention d’induire en erreur » ne constitue pas un motif plus objectif. En effet, comme expliqué plus haut, qui va décréter l’erreur et la vérité ? La discussion d’une mesure politique, d’une hypothèse ou d’une « vérité » scientifique actuelle pour soutenir une hypothèse différente, voire opposée risquerait d’être interprétée comme une intention d’induire en erreur. Or la discussion est intrinsèque tant à la démocratie qu’à la science.

« Une réponse adaptée doit être apportée par tous les groupes qui composent notre société en fonction du degré de nocivité, de l’intention, du mode de diffusion, des acteurs concernés et de l’origine de ceux-ci. La mésinformation peut donc être combattue par des réfutations bien ciblées, des actions de démystification et des initiatives en matière d’éducation aux médias; la désinformation, quant à elle, doit être combattue par d’autres moyens, parmi lesquels des actions menées par les pouvoirs publics, ainsi que cela est exposé notamment dans le plan d’action contre la désinformation. » (…) « Les plateformes doivent limiter les actions de manipulation coordonnées et accroître la transparence autour des opérations d’influence à caractère malveillant. »

La différence établie par la Commission entre mésinformation (traduire « mauvaise » information) et désinformation se situe donc au niveau de l’intention. Or déterminer l’intention de l’auteur d’une information est tout sauf un exercice parfaitement objectif. Et qu’adviendra-t-il par exemple d’un chercheur, d’un enseignant, d’un militant, d’un opposant politique exprimant, seul ou en réseau sur les plateformes, des faits ou des opinions critiques quelquefois « nocifs » pour l’autorité (scientifique ou politique), le coeur de leur mission étant en effet, pour les premiers, de faire progresser la connaissance en discutant celle qui est établie ou, pour les autres, de faire progresser une cause politique ou sociale ? Le risque est de voir des titres tels que celui-ci devenir un jour notre réalité : « Un journaliste/citoyen condamné pour « provocation aux troubles » pour des reportages »[note].

La « désinformation » en matière de vaccins : censurer les positions critiques

« Ainsi, la désinformation et la mésinformation entourant un éventuel vaccin contre la COVID-19 continuent de prospérer et sont susceptibles de compliquer le déploiement des vaccins une fois qu’ils seront disponibles. »

Certes. Et en quoi est-ce problématique si les citoyens estiment de leur propre chef ou s’il est démontré que les nouveaux vaccins ne constituent pas la panacée ? Il est d’ailleurs loin d’exister un consensus scientifique sur la sécurité et l’efficacité des vaccins et candidats vaccins. Chaque citoyen est libre de son opinion. Toute opposition à ces nouveaux vaccins ne découle pas nécessairement d’une mésinformation ou d’une désinformation, contrairement au postulat de cet extrait.

« Dans le cadre de leurs responsabilités respectives, la Commission et le haut représentant travailleront en partenariat avec l’OMS pour renforcer la surveillance épidémiologique de cette dernière grâce à un suivi effectif des médias et pour favoriser la détection des discours de désinformation et des discours nuisibles et la lutte contre ceux-ci (…) »

Chaque citoyen est libre de son opinion. Toute opposition à ces nouveaux vaccins ne découle pas nécessairement d’une mésinformation

Une distinction est faite ici entre « discours de désinformation » et « discours nuisibles ». Un discours sera-t-il jugé nuisible s’il informe sur les limites actuelles des vaccins contre la covid-19 et aboutit à dissuader certains de se faire vacciner, par exemple ? Si l’on se fie à l’intention de cette communication, ce n’est pas impossible. Une telle orientation va-t-elle dans le sens de la démocratie ? Assurément non.

Le rôle des plateformes en ligne : repérer et dénoncer

« Les plateformes en ligne ont indiqué qu’elles avaient adapté leurs politiques pour lutter contre la menace que représente la désinformation au sujet de la COVID-19. Elles ont favorisé les informations exactes et qui font autorité en matière de COVID-19 provenant de l’OMS, des autorités sanitaires nationales et des médias professionnels. »

N’est-il pas un peu précoce, et du coup naïf de parler d’informations « exactes » en matière de covid-19 ? « Les informations exactes et qui font autorité » sont censées provenir exclusivement des sites des organisations internationales, des autorités sanitaires (l’OMS au premier plan, dont l’indépendance a souvent été mise en question, et pas seulement en 2020) et des médias « professionnels » (dont il faut rappeler que nombre d’entre eux sont détenus par des groupes d’intérêt[note]). Quel traitement sera donc réservé aux informations et aux analyses issues, par exemple, d’une association de chercheurs, d’une organisation de lutte en faveur des droits humains, d’un parti politique, d’un groupe de citoyens ? La censure médiatique ? Voire la censure en matière de recherche pour les chercheurs dont les résultats s’éloignent des informations qui font autorité ?

« Il sera demandé aux plateformes de (…) promouvoir les contenus faisant autorité au niveau de l’UE et au niveau des États membres. Les plateformes devraient fournir des données sur les actions menées pour promouvoir les informations des agences sanitaires nationales et internationales, des autorités nationales et de l’UE, ainsi que des médias professionnels. (…) Les plateformes devraient signaler tous les cas de manipulation des médias sociaux, d’opérations d’influence pernicieuses ou de «comportements coordonnés non authentiques» détectés dans les services qu’elles offrent. (…) Il convient aussi que les plateformes coopèrent avec les États membres et les institutions de l’UE afin de faciliter l’évaluation des campagnes de désinformation et des opérations d’influence et d’en identifier les auteurs ».

Qu’est-ce qu’une « opération d’influence pernicieuse » ou un « comportement coordonné non authentique » ? Tout dépend évidemment du point de vue adopté et de celui qui est contesté. Ce qu’il faut retenir de cet extrait, c’est que les médias sociaux sont en tout cas diligentés pour rechercher les auteurs de ce que le pouvoir ou les médias eux-mêmes vont considérer comme des « opérations d’influence pernicieuses ».

« L’observatoire européen des médias numériques (EDMO), qui vient d’être lancé, vise à soutenir la création d’une communauté transfrontière et pluridisciplinaire de vérificateurs de faits indépendants et de chercheurs universitaires (…) à des fins de recherche et de meilleure compréhension des menaces et des tendances en matière de désinformation. »

Cet observatoire sera donc peuplé de « facts checkers » dont la mission sera d’établir ce qu’est la Vérité et l’erreur.

« Comme le projet «Réaction d’urgence en matière de santé dans les réseaux interconnectés» («HERoS»), qui met au point une nouvelle méthode d’extraction d’informations des médias sociaux en ce qui concerne les rumeurs et la mésinformation en matière de COVID-19[note]. (…) L’EDMO pourrait également mettre la recherche au service des autorités publiques et établir des liens utiles avec le système d’alerte rapide. »

Les auteurs coupables de « mésinformation » seront donc dénoncés à leurs pouvoirs publics.

« Des dispositions en matière de désinformation, d’ordre pénal notamment, étaient déjà en place dans plusieurs États membres et un État membre a introduit une nouvelle infraction pénale liée à la propagation de la désinformation durant l’état d’urgence (cf. modification de l’article 337 du code pénal hongrois). Les lois qui définissent ces infractions dans des termes trop généraux et y attachent des sanctions disproportionnées peuvent entraîner une certaine réticence des sources à parler aux journalistes et conduire à l’autocensure, ce qui soulève des préoccupations particulières en ce qui concerne la liberté d’expression. »

Sous couvert de le dénoncer, c’est exactement ce que fait ce texte : définir des infractions en des termes généraux (désinformation, discours nuisibles, intention d’induire en erreur, etc.) qui conduiront soit à l’autocensure prudente, soit à la dénonciation, la censure, voire la répression .

Informations officielles et (ré)informations citoyennes : deux poids, deux mesures

« Dans les menaces hybrides, « On peut citer, à titre d’exemples, (..) les campagnes de désinformation, y compris sur les médias sociaux ». (..) « Afin de travailler de manière cohérente, les conclusions appellent à renforcer la résilience face aux menaces hybrides dans différents domaines d’action, par exemple lors du développement et de l’utilisation de technologies nouvelles et émergentes, y compris l’intelligence artificielle et les techniques de collecte de données, et lors de l’évaluation de l’incidence des investissements directs étrangers ou de futures propositions législatives.[note]» 

La parole dissidente sera-t-elle reléguée du côté du complotisme et de la désinformation, et ceux-ci jugés délictueux ?

En des termes plus clairs, l’UE compte renforcer la lutte contre la désinformation dans ces différents domaines politiques et stratégiques. Mais, de nouveau, qui déterminera s’il s’agit de désinformation ? Qui déterminera ce qu’est la Vérité ? Des experts pointus unanimes uniquement ? Que deviendra la parole des chercheurs dissidents, journalistes, écrivains, citoyens, philosophes, contradicteurs issus d’autres domaines du savoir, etc. qui tenteront de replacer les technologies ou propositions de lois dans un contexte global : sera-t-elle reléguée du côté du complotisme et de la désinformation, et ceux-ci jugés délictueux  ?

« Une avalanche d’informations relatives au virus, souvent fausses ou inexactes et se propageant rapidement par l’intermédiaire des médias sociaux, peut – selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – semer la confusion, susciter la méfiance et compromettre une réaction efficace en termes de santé publique. » (…) « Cette «infodémie» nourrit les angoisses les plus fondamentales des citoyens. » (…) «  La désinformation peut avoir des conséquences graves: elle peut conduire des personnes à ignorer les conseils officiels en matière de santé et à adopter des comportements à risque, ou avoir des répercussions négatives pour nos institutions démocratiques, nos sociétés, ainsi que notre situation économique et financière. » (…) « Parmi les informations qui circulent figurent (…) de fausses allégations (comme « Il ne sert à rien de se laver les mains» ou « Le coronavirus n’est dangereux que pour les personnes âgées»). Un tel contenu n’est pas nécessairement illicite, mais il peut directement mettre des vies en danger et compromettre sérieusement les efforts déployés pour contenir la pandémie. » (…) « Les théories conspirationnistes susceptibles de mettre en danger la santé humaine, de nuire à la cohésion de nos sociétés et de mener à des actes de violence collective et à des troubles sociaux (…) requièrent un engagement accru (…). ».

Sans contester le fait que de nombreuses informations fausses circulent sur les réseaux sociaux, des citoyens observent que les injonctions politiques et l’expertise scientifique officielle de ces douze derniers mois diffusent elles aussi une avalanche d’informations très rapidement contredites par la suite, soit par les mêmes intervenants, soit par leurs pairs, et suscitent elles aussi la confusion et la méfiance d’une partie de l’opinion publique. Sans contester le fait que certaines informations circulant sur les réseaux sociaux nourrissent les angoisses de la population, ces citoyens objectent que l’égrenage quotidien des morts et des contaminations par les instances scientifiques, le matraquage médiatique et le mode de vie imposé depuis mars ont été au premier rang de ce processus de création d’angoisse. Sans contester que la désinformation puisse être nocive, ces citoyens constatent que les mesures politiques adoptées ont, elles aussi, des répercussions négatives pour nos institutions démocratiques (désormais muettes), nos sociétés (qui se désagrègent), ainsi que sur notre situation économique et financière (ou du moins sur celle des petits acteurs économiques et sur l’état des ressources publiques, puisqu’il est vrai que certains acteurs semblent pour leur part tirer leur épingle du jeu). Enfin, sans contester que certaines allégations puissent avoir des conséquences négatives en matière de santé, ces citoyens remarquent que l’absence de soins prodigués à de nombreux malades confinés à domicile ou en maison de repos, les entraves à la liberté de prescrire et les économies réalisées ces dernières décennies dans le secteur hospitalier ont également mis en danger la santé des personnes ; certaines mesures telles que l’isolement social, le confinement, les bulles, le couvre-feu, l’école en distanciel ou encore les interdictions de visites ont, elles aussi, nuit à la santé psychique et à la cohésion humaine ; et, bien plus sans doute que les théories conspirationnistes, la poursuite de mesures strictes (par exemple en matière de fermeture de pans entiers de l’économie qui condamnent des milliers de personnes au chômage et favorisent incontestablement certains acteurs économiques de plus grande taille) est susceptible de « mener à des actes de violence collective et des troubles sociaux ». N’est-il pas antidémocratique et contraire à la démarche scientifique de balayer d’autorité et d’un simple revers de la main ces différentes objections au nom du « conspirationnisme » ?

La liberté d’expression : un droit récent et intrinsèque à la démocratie

La censure existe depuis l’Antiquité ; le combat pour la liberté d’expression aussi. Le droit à la liberté d’expression est un droit récent[note] et intrinsèque à la démocratie. Certains ont déploré que les réseaux sociaux accordent autant de place au « 1% de scientifiques dissidents » au lieu de les censurer. Mais sans débats scientifiques, comment la science progresserait-elle? Copernic, Galilée, Darwin, Einstein représentaient moins de 1% des scientifiques. Et pourtant, ils ont ouvert de nouvelles ères scientifiques. Il en va de même des consensus politiques : dans une démocratie, ils peuvent toujours être discutés et remis en question sur base d’aspects du réel non pris en compte jusque là. En incluant la lutte contre la désinformation en matière de covid-19 dans la lutte contre les menaces hybrides, l’UE est sur le point de mettre fin au débat public et, du même coup, à la démocratie. La liberté de penser autrement, de critiquer, de contester, d’amener d’autres visions est au fondement du progrès de la science, au fondement du progrès social et au fondement de la lutte contre la tyrannie politique. La censure et la répression de la parole ne sont une solution que quand celle-ci constitue un délit et il serait fatal pour la liberté d’expression d’ajouter à la liste des délits en matière de liberté d’expression « l’information qui ne fait pas autorité »[note]. Tant du côté du consensus que de la dissidence, la meilleure façon de lutter contre la bêtise, la manipulation, la propagande ou la désinformation est la réponse argumentée. Contrairement à l’optique défendue dans cette communication de la Commission, nous soutenons que la lutte contre ce que l’UE ou un de ses États considère comme de la désinformation ne doit pas justifier des atteintes au droit fondamental à la liberté d’expression. Le citoyen est en droit d’attendre des pouvoirs publics qu’ils lui permettent l’accès à une information transparente, complète, critique et contradictoire. C’est justement par la possibilité d’une réflexion et d’une information libres et plurielles, et non par la censure et la propagande, que passent la lutte contre la désinformation, la construction de l’esprit critique des populations et le rétablissement d’une plus grande confiance des citoyens envers le politique et la science.

Ces marionnettes qui nous gouvernent

« La vraie caractéristique de la vie moderne – c’est ce qui le frappe – n’est pas sa cruauté ou son insécurité, mais plutôt sa stérilité, sa morosité, son apathie. Il suffit de regarder autour de soi pour constater qu’elle ne ressemble en rien aux mensonges qui dégoulinent du télécran, et pas davantage aux idéaux que le Parti prétend réaliser ».

George Orwell, 1984

« Bien entendu, les jargons politiques utilisés dans les brochures, les éditoriaux, les manifestes, les rappels et les discours des sous-secrétaires diffèrent d’un parti à l’autre, mais ils sont tous semblables en ceci qu’on n’y relève presque jamais une tournure originale, vivante et personnelle. Lorsqu’on observe quelque tâcheron harassé répétant mécaniquement sur son estrade les formules habituelles – atrocités bestiales, talon de fer, tyrannie sanglante, peuples libres du monde, être au coude à coude –, on éprouve le sentiment curieux de ne pas être en face d’un être humain vivant, mais d’une sorte de marionnette (…) ».

George Orwell, Tels, tels étaient nos plaisirs, et autres essais

Le 14 mai, nous envoyions au ministre de la Défense, Philippe Goffin, un courrier faisant suite à un premier mail[note] appelant celui qui s’était érigé en ardent défenseur de la liberté de la presse à se prononcer sur la censure dont Kairos était l’objet. Nous y ajoutions ceci :

« Pourrions-nous ainsi vous demander de décrire le processus qui a conduit à choisir cette entreprise ? [Avrox] Quels fondements ont dicté les prix unitaires des masques ? Quels rapports commerciaux la Défense nationale entretenait avec l’entreprise préalablement à ce contrat, c’est-à-dire comment vous avez eu connaissance de cette société anonyme « inconnue« , qui apparaît tout à coup alors que la Belgique est censée être en recherche de masques depuis des semaines ? Pourquoi Avrox plutôt qu’une autre ? »

Il n’y aura aucune réponse, à aucun de nos mails.

Et puis le temps est passé, l’affaire fut étouffée, comme c’est l’habitude. La Cour des comptes a approuvé, la Défense a sans preuve édicté que tout avait été fait dans les règles de l’art. Goffin avait répondu, alors qu’une des conditions essentielles pour emporter le marché était que l’entreprise ait au moins honoré une commande précédente de 100.000 masques à un autre acheteur : « Avrox nous a donné comme référence la livraison d’un million de masques à un autre État ». À qui ? « Confidentiel ». Paradis fiscaux, sociétés-écrans, Luxembourg, Île Maurice… rien de neuf. Et ceux-là mêmes qui jouent dans ce jeu, les politiciens, nous parlent de responsabilité et de respect des règles, nous infantilisent, alors que les mêmes motivations sous-jacentes – se faire beaucoup d’argent – dictent toujours leurs choix.

L’affaire ressurgit aujourd’hui, trop longtemps après, suite à une enquête de Het Laatste Nieuws[note]. La Défense n’a rien vérifié, la boîte n’a aucune expertise dans la confection de masques, « une facture suspecte » surgit…

Heureusement, celui qui trouvait nos questions trop longues, trop politiques, pas compréhensibles, relevant de « l’investigation », et qui les censure en plein direct, se prononce aujourd’hui pour la liberté de la presse : « « Une démocratie ne peut pas se laisser museler, c’est une mission délicate », a-t-il ajouté, évoquant l’importance d’une « société civile forte » et d’une « presse critique ». « Ce qui est visé, c’est la désinformation intentionnelle et systématique visant à aller au conflit. Lutter contre ce genre de désinformation est un combat de tous les jours et nous ne devons pas hésiter à prendre des mesures[note] ». Certes, Alexander De Croo évoquait les États-Unis, mais ce qui s’applique ailleurs peut aussi s’appliquer ici. Sauf que le propre du discours politique est d’être un discours vide, sans substance, un langage publicitaire qui ne reflète pas l’humanité et les convictions de celui qui parle, mais cherche à tromper en laissant croire que ce qui est dit relève du réel, alors qu’on est uniquement en train de dire ce qu’on ne fera jamais et auquel on n’accorde aucune espèce d’importance. Il n’y a pas de vie dans leurs mots, leurs phrases ne sont que slogans. Alexander De Croo voudrait une « presse critique »… on en rirait si la situation n’était pas si grave.

Et 7sur7 d’encore se demander, pour conclure son article, si cette corruption a été faite « sans complicité au sein du SPF, ose-t-on encore espérer ». Espérons… jusqu’au prochain scandale, et au prochain espoir qui fait vivre les scandales, car il empêche de se questionner sur le type de société que nous avons pour générer tant d’indécence.

La rage… de vivre. D’angoisse et de rage

Michel, lecteur de Kairos, couchait depuis quelques semaines sur papier son vécu, pris dans cette folie dans laquelle nous sommes actuellement. Il attendait de l’envoyer à la rédaction de Kairos, un jour ou l’autre… C’est à la lecture de « Bande de solitudes »[note] qu’il s’est décidé. Nous relayons ses propos dans notre rubrique « témoignage ».

Aujourd’hui, la rage et l’angoisse me rongent le cœur. La peur me hante. Pas tant celle d’être contaminé et de contaminer par la bestiole que celle d’étouffer sous une chape de plomb et de laisser étouffer sous elle tout ce qui fait que nous sommes (encore) vivants.

La lassitude me ronge. De ces longues journées sans autre contact que par écran interposé. Des vidéo-conférences interminables où l’on peut craindre à tout moment de se choper le virus de la discorde. La tristesse me ronge, de voir fermés les centres culturels, les bibliothèques, les restaurants solidaires, les lieux alternatifs, tous ces lieux où des humains se retrouvent pour recréer ensemble des moments, des mouvements qui font sens. De voir condamnée la passerelle de la Maison de quartier de mon quartier, où ma chère amie partie au mois de mai prenait son café et papotait avec celles et ceux pour lesquel∙le∙s cette passerelle était comme un pont qui maintenait le lien entre leurs solitudes. D’apprendre la faillite d’un magasin bio, le suicide d’un jeune homme…

Aujourd’hui j’ai peur : autour de moi, de nous : l’incertitude, l’angoisse, ou la révolte… Le mal-être, l’angoisse (et/ou la révolte) parasitent nos conversations, émoussent nos espoirs… Parmi nos proches, même les plus sereins, manifestent des signes de lassitude ou de souffrance (ou d’une soumission, elle aussi mortifère). J’entends dire et je constate de plusieurs côtés que « les gens pètent un câble ».

Aujourd’hui nous sommes comme terrassés par un nouveau Léviathan[note], nous sommes sous l’emprise de la peur qu’il distille. Face à laquelle nous réagissons par la soumission aveugle ou par la révolte qui parfois elle aussi nous aveugle.

Que faire ?

Ainsi que l’a démontré Naomi Klein[note], le néolibéralisme s’accommode bien d’un régime autoritaire. Pire, comme l’analysent nombre d’auteurs[note], vider la démocratie de son contenu, n’en laisser qu’une forme vide participe de ses fondements et a été théorisé par ses concepteurs tels Hayek et consorts. La stratégie du choc, telle que subie par les Chiliens sous Pinochet, consiste à imposer une austérité extrême, des mesures qui ont pour but de rendre les populations impuissantes, de les amener à renoncer à toute revendication, bref, à se soumettre. Bref à les terrasser.

Est-ce que, à l’instar de Comte-Sponville « J’aime mieux attraper le Covid-19 dans un pays libre qu’y échapper dans un État totalitaire » ? Si j’hésite, c’est que je n’ai pas spécialement peur de l’attraper. Mais j’entends respecter ceux qui craignent de l’attraper, qui veulent préserver leur santé, plus fragile que la mienne, et/ou celle de proches pour lesquels ils-elles se font du souci. Néanmoins, je crains par-dessus tout l’ordre autoritaire, voire totalitaire, et je le crains tout particulièrement dans sa forme insidieuse, mutante, insaisissable, difficile à comprendre qu’est le néolibéralisme. Et là, je crains beaucoup, beaucoup pour ma petite santé mentale, pas si solide. Je crains cet ordre pour ma « petite liberté », mais surtout pour notre liberté, nos libertés, de manifester ensemble dans la rue pour le climat, contre l’extinction des espèces ou pour les droits sociaux, de nous réunir à visage découvert pour refaire le monde ou pour cultiver un jardin collectif… Toutes choses si salutaires, si importantes pour notre bien-être, notre santé psychique.

Entre la soumission qui nous fait vivre sous l’empire de l’angoisse et la rage qui peut conduire à la haine ou au désespoir, je suis plutôt de ceux qui « ont la haine ». Et pourtant…

Peut-être, in fine, entre la terreur de celui qui intègre le discours dominant, anxiogène et liberticide, et la crainte d’un totalitarisme qui s’annonce, tout n’est-il pas joué : que faire ? Que faire ?

Intermède

Il y a quelques semaines (c’était avant le second confinement), V. une voisine vient sonner chez moi, m’inviter à une performance improvisée à l’occasion du parcours d’artiste qui avait lieu le week-end suivant dans la commune. Toute joyeuse, elle me dit que « grâce au Covid », aux rituels applaudissements de vingt heures en fait, des liens se sont créés entre voisins, qui organisaient une fête dans leur rue. Ce « grâce » m’a ulcéré, m’a violenté et je le lui ai dit. Et elle a compris que cela m’ulcérait. Il faut dire que V. trouve du sens sur le chemin du bouddhisme. Cela lui inspire une certaine approche de la vie. Cette approche m’inspire-t-elle ? Non. La méprisé-je pour autant ? Certainement pas. Il est vrai qu’elle et ses voisins, en organisant des fêtes de rue en septembre ont fait quelque chose, ont posé un acte de reliance. Et, c’est vrai, quand passant dans la rue où habite V., j’y avais vu les traces de la fête, des dessins aux craies de couleur sur le macadam, et bien cela m’a procuré une réelle joie. Me suis dit, tiens, ici, la vie a repris ses quartiers. V. et ses voisin-e-s ont-ils ce faisant aidé les habitants des rues pourries de Saint-Josse, les femmes victimes de la violence de leurs mecs, les infirmières au bord du burn out, les vieux dans leurs homes ? Non. Mais ils ont fait à quelques-uns quelque chose qui a du sens, qui est habité d’un certain élan de vie. La vie reste donc possible. Jusqu’à quand ?

Un article retrouvé dans une pile de vieux journaux…

« La haine et la peur [l’angoisse plutôt ?] sont deux aliénations-sœurs. Crier « À bas Hitler » ou « À bas Staline« , « À bas Jaruzelski« [note] [] ou « À bas Poutine« , cela n’a souvent pas plus de sens que crier « À bas Big Brother » (qui n’existe pas). C’est même prendre le risque de conférer à nos cibles une puissance mythique. En s’épuisant à haïr, on se rend aveugles sur les meilleures stratégies possibles de résistance. Car, s’il est vain de haïr, il est constamment nécessaire de résister, d’opposer des îlots d’existence personnelle et interpersonnelle à la marée montante des normalisations abusives, qu’elles soient économiques, sociales ou médiatiques. S’il y a espoir, il ne peut être qu’en l’homme et en tout homme, à commencer par soi-même et par ceux que l’on côtoie ici et maintenant. Personne n’a le droit de démissionner du nom d’homme. Il faut considérer que le « dernier homme », c’est toujours soi. […] Que la moindre dégradation de l’homme, infligée au moindre des hommes à des milliers de kilomètres, rejaillit sur notre vie intime en blessant notre humanité profonde. Accepter la servitude intérieure revient à entériner, et souvent à entraîner l’esclavage d’autrui. À travers chaque cas particulier se joue l’avenir de tous. La défense de soi est indissociable de la défense de l’humanité en soi. La reconquête de l’homme est à refaire chaque matin… sur soi-même. Voilà ce que nous dit la voix d’Orwell. »,[note] lui-même écrit à partir de son livre Sous le soleil de Big Brother, Précis sur 1984 à l’usage des années 2000.

L’auteur commente une scène célèbre de 1984, où le tortionnaire, O’Brien décrit l’avenir comme une botte écrasant un visage humain… éternellement.

Sur les bords du monde

Pour paraphraser le propos de la philosophe Emilie Hache[note], se référant à l’auteure états-unienne Ursula K Le Guin[note], dansons-nous aux limites du monde ? Sur un chemin étroit et dangereux avec une bifurcation possible vers un monde comme avant, ou plutôt bien pire qu’avant, vers les précipices en fait. Ou un autre vers un monde différent, vraiment différent ? Sachant que la première est une voie large vers laquelle nous mène le sens de la circulation, vers laquelle nous poussent les discours dominants. La seconde est un ensemble de sentiers étroits, broussailleux du genre qu’on loupe aisément. Et où il faut se frayer un chemin, défricher quelque peu, marcher avec précaution…

N’est-il pas temps d’éviter de prendre la mauvaise voie, de changer de cap ? Et pour ce faire, des directions nous sont indiquées, pas forcément (pas uniquement en tout cas) par les plus extrêmes. Il y a à repenser l’organisation des relations entre humains, avec la planète : ainsi cet appel[note] lancé au mois de mai dernier par des intellectuels de différentes universités européennes et états-uniennes. Il y a aussi à nous replonger dans nos dynamiques à notre échelle, à l’échelle possible pour chacun-e de nous : tel jardin collectif, magasin coopératif, telle initiative de soutien aux sans-papiers…

Avez-vous lu Baruch ?

Avant le glacis imposé à l’humanité pour cause de pandémie, les mobilisations pour le climat (et pour les autres crises écologiques) faisaient appel à la créativité, à l’inventivité, au partage et au développement des connaissances, en bref à quelque chose de l’ordre de la joie, et de l’empowerment : « La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection » disait en son temps Baruch SPINOZA[note], qui faisait de la joie affect fondamental, l’élan de vie pourrait-on dire. Par opposition à la tristesse, affect fondamental qui « est le passage d’une perfection plus grande à une moindre perfection ».

À partir de là, l’illustre philosophe polisseur de lentilles dresse une typologie des joies et des tristesses. Dans ces dernières, il définit l’aversion, la peur, la haine, le désespoir. Parmi les premières, il place la confiance en soi, l’amour ou l’espoir…[note]

La discipline qui nous est imposée face à la crise du Covid en appelle à toute une série « d’affects » relevant de la tristesse, du passage donc à une « moins grande perfection, un surcroît d’impuissance ». Sans aller jusqu’à abonder dans le sens de ceux qui voient dans la crise une sorte de coup monté, face à la réalité de la menace, n’y a-t-il pas d’autres solutions que de nous soumettre à un ordre autoritaire ? Ou de se laisser emporter par une révolte désespérée ? Toute place est-elle bannie à la créativité, à l’initiative communautaire, à la spontanéité ?

Sortir de l’alternative infernale

Nous devons continuer à prendre des initiatives pour rester en lien, et à soutenir, relayer, faire connaître celles qui sont prises. Nous devons exprimer et entendre nos peurs, nos colères, entendre et faire entendre les cris d’angoisse[note]. Nous devons écouter (avec un sens critique) et faire entendre, les voix dissidentes[note], ou celles qui expriment des inquiétudes quant à l’avenir de nos droits[note]. Et débattons-en ! Le but n’est pas de remplacer une pensée unique par une autre pensée unique, une vérité qu’il serait interdit de questionner par d’autres dogmes.

Nous devons sortir de l’alternative infernale. Non, nous n’avons pas à choisir entre Charybde et Scylla, entre l’angoisse de voir mourir les proches ou celle de voir mourir la liberté, entre la culpabilité ou l’égoïsme libertarien, entre la soumission à l’oligarchie et à la technoscience ou le chaos… Sortons de cette bipolarité mortifère qui crée des conflits voire des ruptures entre proches.

Disons-nous avec force que des alternatives sont possibles pour que la vie puisse reprendre. Osons les imaginer, les proposer, les défendre, les mettre en œuvre[note]. Pour que nous puissions au plus vite sortir sans ces horribles muselières, sourire à nos proches, organiser des fêtes dans nos rues, partager nos savoirs, manifester en masse pour le climat et la justice sociale. Tout en nous souciant vraiment des plus fragiles. Pas seulement par rapport à un virus plus ou moins virulent. Aussi et surtout par rapport à la violence de notre monde, violence des inégalités, des relégations, des mises au rancard… Tout en sachant que nous devons ruser actuellement par un (relativement) dangereux virus, tout en sachant surtout que nous vivons dans un monde contaminé, que ceci est conséquence de siècles d’exploitations, de dominations, de prédations, d’extractivisme…[note] Que donc nous devons vivre avec cette contamination, ruser avec elle pour qu’elle nous empoisonne le moins possible. Et surtout nous associer aux luttes pour que cesse la contamination !

Depuis les confins du monde, nous devons repérer les chemins de traverse qui nous amènent non pas vers les précipices, mais vers le bon côté. Voir où ils nous mènent à court terme, les pas qui nous sont possibles, et aussi vers quelles échappées ils nous ouvrent.

« Le désir qui naît de la joie est plus fort que le désir qui naît de la tristesse » disait Baruch Spinoza. « I believe everything we dream/Can come to pass through our union/We can turn the world around/We can turn the earth’s revolution »[note], chante Patti Smith. Puissent-ils avoir raison.

Témoignage de Michel Bastin

« Covid-19 : Rapport d’expertise sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM » : synthèse de la note du Dr Vélot

En septembre 2020, en appui à la procédure de recours en annulation du règlement européen 2020/1043 qui modifie la réglementation OGM et permet à tout essai clinique de médicaments OGM destinés à traiter ou à prévenir la Covid-19 d’échapper aux évaluations préalables sur la santé et l’environnement, le Dr C. Vélot publiait une note d’expertise sur les risques sanitaires et environnementaux que peuvent présenter les candidats vaccins contre la Covid-19, notamment les vaccins ayant recours aux techniques OGM. L’intérêt de la compilation d’extraits présentée ci-dessous est de synthétiser pour le lecteur pressé cette note du Dr Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris-Saclay et Président du Conseil scientifique du CRRIGEN, le lecteur critique que nous devrions tous être face à cette question cruciale étant invité à aller lire dans son entièreté ce rapport expressément rédigé pour le grand public[note].

Les types de vaccins qui existent :

  • vaccins vivants atténués : « les principaux inconvénients sont d’une part les risques d’apparition de révertants du virus (souche sauvage) par recombinaison entre la souche vaccinale et une souche pathogène présente chez l’hôte vacciné (c’est-à-dire une ré-acquisition de pathogénicité par la souche vaccinale initialement atténuée), et d’autre part une contre-indication chez les personnes immunodéprimées ou chez les femmes enceintes en raison d’un risque d’atténuation insuffisante pour ces personnes ».
  • vaccins inactivés : approche « plus sûre (mais pas dénuée de tout risque pour autant). Leur désavantage est qu’ils provoquent une réponse immunitaire plus faible, ce qui nécessite des injections multiples et répétées, ainsi que l’utilisation d’adjuvants tels que l’aluminium ajoutés pour potentialiser l’effet immunogène du vaccin, et susceptibles d’engendrer des effets toxiques ».
  • vaccins ayant recours aux biotechnologies

Les vaccins contre la covid-19 :

« Six d’entre eux utilisent le virus inactivé, tous les autres reposent sur des approches biotechnologiques et consistent à injecter soit a) une protéine du virus (antigène) ; b) des particules pseudo-virales ; c) l’ADN ou l’ARN codant l’antigène. »

  • vaccins inactivés : « Le fait qu’un vaccin utilise un virus inactivé ne signifie pas une absence de risques. L’effet immunisant de ce type de vaccins est moindre qu’avec un virus atténué. Il nécessite donc des injections répétées et l’ajout d’adjuvants, présentant potentiellement des effets toxiques, pour potentialiser l’effet immunogène. (…) Plusieurs études ont révélé une augmentation du risque d’infection (par le même virus ou d’autres) suite à une vaccination avec des vaccins inactivés. (…) Des précautions toutes particulières doivent donc être prises avec des vaccins inactivés contre la covid-19, d’autant plus que le virus qui en est responsable est totalement nouveau et que nous sommes loin d’en cerner tous les effets. »
  • vaccins contenant la protéine antigénique et vaccins VLP : « Ces vaccins s’avèrent être peu efficaces et peuvent présenter des effets toxiques dus essentiellement aux adjuvants (tels que l’aluminium ou le formaldéhyde par exemple) ajoutés justement pour pallier la faible efficacité et donc potentialiser la stimulation du système immunitaire, mais également éventuellement à l’antigène lui-même qui, en étant produit par des cellules transgéniques (qui ne sont donc pas celles qui le produisent normalement) peut présenter des différences structurelles ou chimiques qui pourront lui conférer des propriétés inattendues. »
  • les vaccins délivrant l’ARN ou l’ADN codant la protéine antigénique :
  • le risque d’apparition de virus recombinants : « Dans un certain nombre de cas, ces virus recombinants sont beaucoup plus virulents que les virus d’origine et peuvent donc provoquer des viroses aggravées. (…) c’est aussi le risque que l’on fait courir chez les humains dès lors que l’on génère des vaccins délivrant dans les cellules des patients de l’ARN ou de l’ADN viral. (…) La vaccination contre la covid-19, si elle devient réalité, sera une vaccination de masse à travers le monde entier. La probabilité que ce genre d’événements survienne est donc loin d’être nulle, même si elle reste sans doute faible en terme de fréquence. Une telle vaccination de masse avec ce type de vaccins pourrait devenir une fabrique à grande échelle de nouveaux virus recombinants. N’oublions pas qu’il suffit qu’un seul nouveau virus apparaisse quelque part dans le monde pour que les conséquences sanitaires, environnementales, sociales, soient mondiales et colossales… »
  • le risque de mutagenèse (= processus d’apparition d’une mutation) insertionnelle (génotoxicité, càd qui compromet l’intégrité physique (cassure chromosomique) ou fonctionnelle du génome) : « La mutagenèse insertionnelle est une mutation (modification de l’information génétique) par insertion d’une séquence à l’intérieur d’un génome, cette insertion pouvant alors inactiver ou modifier l’expression d’un ou plusieurs gène(s). Ce risque de génotoxicité pour les cellules humaines cibles de la vaccination (dont le génome est bien sûr de l’ADN) ne concerne donc que les vaccins délivrant de l’ADN viral, que le vecteur soit un plasmide ou un virus génétiquement modifié. Toutefois, ce risque peut également concerner les vaccins délivrant de l’ARN par le biais d’un vecteur viral génétiquement modifié à ARN du type du virus du sida (VIH, très utilisé comme vecteur) si celui-ci n’a pas été correctement dépourvu de sa transcriptase inverse et du gène la codant. En effet, la transcriptase inverse virale peut alors convertir l’ARN délivré en ADN, lequel ira s’intégrer dans le génome des cellules cibles[note]. Les virus génétiquement modifiés sont également très utilisés à des fins de thérapies géniques pour délivrer dans ce cas la version normale d’un gène humain qui s’avère défaillant (muté) chez le patient traité. (…) Plusieurs études ont montré les effets de mutagenèse insertionnelle provoqués par différentes familles de virus à ARNs (dont le VIH) [24]. De même, plusieurs études réalisées chez des souris ont montré que la délivrance de gènes par des vecteurs dérivés du virus adéno-associé (AAV, petit virus à ADN non pathogène) résultent en une mutagenèse insertionnelle [25]. En 2016, une étude sur les effets génotoxiques des vecteurs viraux dérivés du VIH et du AAV, utilisés à des fins de thérapie génique, conclut que « une connaissance approfondie de la biologie virale et des progrès en génétique cellulaire sont nécessaires pour élucider la nature de la sélection des sites d’intégration des vecteurs viraux et les risques associés. »[note]
  • risques spécifiquement liées à l’utilisation de vecteur viraux modifiés : immunotoxicité (= dysfonctionnement immunitaire résultant de l’exposition d’un organisme à un xénobiotique. Le dysfonctionnement immunitaire peut prendre la forme d’une immunosuppression, d’une allergie ou d’une réaction d’auto-immunité)  : « Outre les risques d’apparition de virus recombinants et de mutagenèse insertionnelle (surtout lorsque le matériel génétique délivré est de l’ADN), les vecteurs viraux étant eux-mêmes immunogènes, ils peuvent engendrer d’importants effets d’immunotoxicité[note]. En 2002, une expérience pilote de thérapie génique, réalisée chez 18 garçons souffrant d’un grave trouble métabolique dû à un gène défaillant situé sur le chromosome X, a conduit au décès d’un jeune homme de 18 ans en raison d’une réponse inflammatoire systémique fatale provoquée par le vecteur viral (virus à ADN humain désarmé) : des séquences d’ADN du vecteur ont été retrouvées dans la plupart de ses tissus. Le fait que les 17 autres individus traités n’ont absolument pas manifesté ce type de réponse montre à quel point ce risque est difficilement prévisible et donc maîtrisable. En Belgique, plusieurs essais cliniques d’immunothérapie pour lutter contre des cancers et utilisant un virus désarmé où plus de 15% de son génome a été remplacé par deux gènes humains (codant un antigène présent à la surface des cellules cancéreuses et une interleukine, protéine de communication entre cellules immunitaires) ont montré une activation non spécifique du système immunitaire liée au vecteur résultant en une réaction inflammatoire et une réponse auto-immune. De nombreux autres études ont montré des effets d’immunotoxicité de divers vecteurs viraux utilisés à des fins de thérapie génique ou de vaccination. Dans le cas des vecteur viraux utilisés à des fin de vaccination, l’immunité anti-vecteur peut aussi directement interférer avec l’efficacité vaccinale recherchée (l’immunogénocité du vaccin). »
  • « Le recours à des vaccins délivrant du matériel génétique viral (ADN ou ARN) est nouveau ou récent. L’utilisation de virus génétiquement modifiés comme vecteurs, notamment à des fins de thérapie génique ou d’immunothérapie a montré à quel point les effets indésirables sont variés, non maîtrisés et peuvent être graves. Si les tentatives de l’immunothérapie sont relativement récentes, les échecs de la thérapie génique depuis près de 35 ans sont là pour nous le rappeler.»
  • « Dans le cas de vaccins, nous sommes dans une démarche de prévention. Cela concerne donc un nombre considérable de personnes dont la grande majorité est en bonne santé (en tout cas vis-à-vis de la pathologie de laquelle le vaccin est censé nous protéger). Des effets secondaires non maîtrisés auraient donc des retombées considérables, surtout dans une campagne de vaccination de masse telle que celle destinée à lutter contre la covid-19. Ces retombées pourraient être désastreuses sur le plan sanitaire bien sûr, mais également sur le plan environnemental (dans le cas par exemple de la propagation de nouveaux virus recombinants). Et le fait qu’il s’agisse d’une démarche de prévention n’autorise aucune prise de risque. »
  • « Par conséquent, ces candidats vaccins nécessitent une évaluation sanitaire et environnementale approfondie incompatible avec l’urgence (…) Au contraire, les articles 2 et 3 du tout récent règlement européen 2020/1043 selon lesquels tout essai clinique de médicaments contenant des OGM ou consistant en de tels organismes et destinés à traiter ou à prévenir la covid-19 échappe aux évaluations préalables sur la santé et l’environnement ouvre la porte au plus grand laxisme en terme d’évaluation et va totalement à l’encontre du principe de précaution. De plus, ce règlement remet en cause, de fait, la législation de confinement qui s’applique aux micro-organismes et aux virus génétiquement modifiés. Cette réglementation définit 4 niveaux de confinement (identifiés de 1 à 4, le confinement étant d’autant plus contraignant que le chiffre est plus élevé). La manipulation de virus pathogènes exige un confinement minimal de 2, très souvent de 3, voire 4. Les dispositions du règlement 2020/1043 ouvrent la porte à un confinement zéro avant même d’avoir apporté la preuve de la sécurité sanitaire et environnementale des virus génétiquement modifiés en question. »

Synthèse par Valérie Tilman

Vaccination de masse contre la covid-19 : fruit de consentements individuels, libres et éclairés ?

Faisant écho à des analyses de scientifiques de plus en plus nombreux à interpeller politiques et citoyens au sujet des risques liés aux nouveaux vaccins anti-covid 19 malgré la vindicte médiatique qu’ils subissent au quotidien, cet article synthétise les zones d’ombre autour de ces vaccins et en tire les conclusions qui s’imposent : des revendications citoyennes parmi lesquelles le droit à l’information et la liberté vaccinale, mais pas seulement…

Alors que la vaccination de masse a commencé dans notre pays (et quelques semaines après l’inoculation des premiers vaccins en Grande-Bretagne), il reste de nombreuses zones d’ombre autour des vaccins. Concernant le vaccin Pfizer : « Avec approximativement 19 000 participants suivis pendant en moyenne 2 mois, des effets indésirables peu fréquents ont pu ne pas être détectés. Aussi, l’efficacité du vaccin contre la maladie Covid-19 asymptomatique n’a pas encore été rapportée. Enfin, la question de l’efficacité du vaccin chez les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées n’a pas été adressée dans cet essai. De nouvelles études sont planifiées pour étudier le rapport bénéfice-risque de la vaccination dans ces populations. (…) D’importantes questions restent toutefois à ce jour sans réponse. Quid de la possible apparition de nouveaux effets secondaires une fois que des millions de personnes auront été vaccinées et sur un plus long terme. Que se passera-t-il si un grand nombre de personnes ne reçoivent pas de seconde injection ? Combien de temps cette vaccination est-elle efficace ? Ce vaccin peut-il prévenir les maladies asymptomatiques et limiter la transmission du virus ? »[note]

On ignore donc encore s’il permettra aux vaccinés de ne pas transmettre le virus : « À ce stade, les essais de phase 3 ne répondront pas à la question de l’action du vaccin contre l’infection/transmission du virus (…) Chez le singe, il a été montré que pour certains des vaccins étudiés, la protection au niveau des voies aériennes supérieures (là où le virus se réplique le plus) était parfois partielle, avec donc un risque de transmission possible après vaccination »[note]. Certains craignent même que les vaccinés puissent se muer en « super-contaminateurs »[note]. Dans le doute, l’OMS a déclaré récemment qu’il faudrait, malgré la vaccination, continuer à respecter le port du masque, la distanciation sociale et l’ensemble des mesures sanitaires.

Par ailleurs, bien que les données disponibles soient pour l’heure insuffisantes, certains vaccins semblent conférer une immunité courte. Une vaccination régulière, voire multiple (plusieurs vaccins différents) semble donc envisagée[note]. Enfin, le virus mute, ce qui pourrait rendre vite obsolètes les vaccins mis au point : « L’infectiologue estime que la problématique se situe désormais au niveau virologique, avec un risque d’apparition de nouvelles souches virales du SARS-CoV2, qui pourraient bien être insensibles à la réponse immunitaire induite par les vaccins actuellement à l’essai. Le SARS-COV-2 mute 10 fois moins que le virus de la grippe et entre 10 et 100 fois moins que le VIH. De plus, sa capacité de recombinaison est moins importante que celle du virus de la grippe. Ceci dit, le risque de mutation est réel. Avec le SARS-CoV2, on compte déjà sept familles de virus, qui comprennent un très grand nombre de variants. C’est assez préoccupant »[note]. Face à cette éventualité, certains producteurs envisagent d’adapter leur vaccin au fur et à mesure des éventuelles mutations et de rendre la vaccination périodique[note]. Cette vaccination multiple et répétée dans un contexte où chacun des nouveaux vaccins pose encore de nombreuses questions en matière de sécurité et de nombreuses inconnues en matière d’efficacité est-elle une stratégie raisonnable ?

Un devoir d’information du patient

Passer de la phase d’expérimentation de la vaccination sur des dizaines de milliers de personnes à la vaccination de millions de gens implique que des effets secondaires non encore décelés risquent d’apparaître. Au bout de seulement deux jours de vaccination en Grande-Bretagne, de tels effets sont d’ailleurs déjà apparus, et il est désormais recommandé aux personnes ayant un historique de réaction allergique importante de ne pas se faire vacciner[note]. Les effets secondaires des candidats vaccins, justement, n’ont été pris en compte que sur quelques mois. Les personnes les plus à risque, pour lesquelles les risques sont, nous dit-on, « plus acceptables dans une optique de balance risques-bénéfices », vont donc en quelque sorte faire office de sujets d’expérimentation pour l’étude des effets des vaccins à plus long terme[note] : elles doivent en être informées. Dans l’hypothèse où la vaccination des jeunes serait privilégiée[note], cela ferait peser un risque inacceptable sur la jeunesse puisque les risques liés aux effets secondaires des vaccins (inconnus) doivent être mis en balance avec les risques qu’ils encourent face à la covid-19 (faibles) : les jeunes et ceux qui en sont responsables doivent donc également en être informés. Vacciner les jeunes n’aurait même aucun intérêt pour les personnes à risque s’il s’avère que les vaccins n’empêchent pas la diffusion du virus.

Plusieurs initiatives politiques interpellantes ont déjà été portées à la connaissance du citoyen. Le Règlement 2020/1043 adopté cet été par l’UE permet aux producteurs de vaccins et de traitements anti-covid19 contenant des OGM de se passer de produire une étude d’impact environnemental et de biosécurité avant le démarrage d’essais cliniques. Publié le 17 juillet, le texte a été adopté au Parlement européen selon une procédure d’urgence, sans amendements ni débats[note]. L’Agence européenne des médicaments, de son côté, a estimé qu’une autorisation de marché conditionnelle était le mécanisme de régulation le plus approprié pour faire face à l’urgence créée par la pandémie actuelle : « Vu l’urgence de la situation sanitaire, des autorisations dérogatoires de mise sur le marché pourraient être accordées au vaccin qui obtient de bons résultats alors que la phase 3 est toujours en cours… En laissant encore en suspens de nombreuses questions sur le virus »[note]. La Commission européenne veut quant à elle durcir la lutte contre ce qu’elle considère comme de la désinformation, notamment sur la question des vaccins[note]. La conjugaison de ces différentes initiatives résonne comme une tentative (en passe d’être couronnée de succès) de passage en force.

Scientifiques circonspects contre propagande

Des scientifiques qui ne sont pas « anti-vaccins », qui ont écrit ou qui travaillent sur les vaccins[note], partagent d’ailleurs certaines craintes liées à ces nouveaux vaccins. Celles-ci leur sont inspirées par la connaissance de leur sujet et non par l’irrationalité. Face à des considérations telles que celles exposées dans la note d’expertise sur l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés à certains vaccins réalisée en septembre 2020 par le Dr Velot, généticien moléculaire et président du conseil scientifique du Comité de recherche et d’informations indépendantes sur le génie génétique (note d’expertise très claire, rédigée spécialement pour le grand public, et accessible via le lien repris dans la note de bas de page ci-dessous[note]), il a paru nécessaire à la Belgique (comme à d’autres pays) de se doter d’une task force « persuasive » comportant une « cellule en charge de la rationalisation et de la coordination de la communication scientifique et publique » pour convaincre la population réticente à se faire vacciner. La plupart des médias, dont beaucoup ont perdu de leur indépendance[note], leur ont emboîté le pas dans une salve quotidienne d’articles et d’émissions pro-vaccins qui ressemblent à s’y méprendre à de la propagande et qui disqualifient d’emblée (comme tout discours de propagande) tout propos critique ou interrogateur issu de la sphère tant scientifique que citoyenne.

Pourtant, les objections exposées ne sont pas systématiquement issues de mouvements hostiles a priori à toute forme de vaccination : nombreux sont ceux qui estiment que certaines vaccinations sont utiles dans certaines conditions, tandis que certaines ne le sont pas. En l’occurrence, comme le montrent les arguments du Dr Velot, les conditions ne paraissent pas remplies à ce jour dans le cas des vaccins proposés. Ces objections ne résultent pas d’une défiance généralisée envers la science ou la médecine puisqu’elles sont aussi le fait de médecins et de scientifiques. Elles proviennent des limites objectives des vaccins actuellement proposés, d’une défiance justifiée envers certaines pratiques irrégulières[note] bien documentées des firmes pharmaceutiques comme le rappelle fort utilement une tribune de P. Lannoye[note], d’une saine défiance par rapport à l’expertise scientifique univoque prise en compte par les politiques et par rapport au pouvoir politique lui-même, les deux étant tout de même parvenus à générer une crise globale à partir d’une « simple«  crise sanitaire et se refusant à adopter, dans leur gestion de cette crise, une vision globale et multidisciplinaire et des procédés démocratiques.

Liberté vaccinale et droit à l’information

Si rien ne devrait empêcher quelqu’un qui le souhaite de se faire vacciner, rien ne devrait non plus empêcher un individu de prendre librement, sans pression présentée comme morale, et quel que soit son niveau d’expertise scientifique, une décision qui concerne son corps et sa santé qui sont sa première responsabilité individuelle. Quelle que soit la conception philosophique libérale (et non totalitaire) du corps à laquelle on souscrit, tout traitement de mon corps individuel devrait faire l’objet de mon consentement libre et éclairé : en vertu de la dignité humaine, principe sur lequel reposent les droits humains fondamentaux, ni le pouvoir, ni la collectivité n’ont le droit de considérer mon corps comme un moyen pour leur fin.

Bien sûr, cette façon de voir n’est pas celle qui prévaut chez nous (et encore moins dans d’autres pays développés). Sur base du principe d’autonomie individuelle, la liberté de ne pas se faire vacciner est certes défendable du point de vue éthique lorsque la personne qui décide de ne pas se faire vacciner en supportera seule les conséquences (ex. vaccin contre le tétanos), note le Comité consultatif de bioéthique belge : cette liberté a d’ailleurs reçu un ancrage légal au travers de la loi relative aux droits du patient. Mais lorsque la finalité de la vaccination concerne la protection d’autrui, les justifications politiques de l’obligation vaccinale s’appuient sur des considérations présentées comme éthiques. Bien que seule la vaccination contre la polio soit obligatoire en Belgique, la jurisprudence comporte déjà tous les arguments qui permettraient de rendre d’autres vaccins obligatoires, même si ces vaccins occasionnaient (dans des cas rares) des effets secondaires graves[note]. Bien sûr, l’analyse devrait tenir compte de l’évaluation du risque lié à la vaccination au regard du risque inhérent au développement de la maladie elle-même, et de la gravité du danger de la maladie pour la population. Par ailleurs, ces mesures devraient être prévues par une loi et ne pourraient être laissées à un pouvoir d’exécution. Elles devraient être réexaminées périodiquement selon les données épidémiologiques et les données de la science afin de répondre correctement à la protection de la santé publique. Enfin, l’autorité publique devrait veiller à ce que la vaccination soit exempte de toute influence commerciale.

Le Comité consultatif de bioéthique belge reconnaît qu’il est « plus difficile de statuer » sur les cas de maladies pour lesquelles « la vaccination devrait idéalement couvrir tous les individus pour atteindre une immunité à l’échelle de la population, mais qui ne constituent pas une menace significative pour une partie des personnes vaccinées qui n’ont dès lors pas d’avantage substantiel à se faire vacciner » (ex. de la vaccination des garçons contre la rubéole ou l’infection à papillomavirus et celle des filles contre les oreillons). Mais il conclut qu’un rapport du Conseil de Nuffield établit que, « d’un point de vue éthique, il est justifié d’encourager les individus à prendre part à des programmes de vaccination lorsque l’avantage personnel qui y est lié est minime ou inexistant, mais qu’ils représentent un avantage significatif pour les autres » car « si tout le monde se basait sur son propre intérêt, la prévention n’aurait que peu, voire pas, de chance de réussite »[note]. Il faut bien être conscient que cet argument permettrait de justifier un grand nombre de vaccins ! Or quel est ce Conseil de Nuffield auquel le Comité consultatif de bioéthique fonde son avis, laisse le dernier mot et abandonne finalement le soin de déterminer ce qui sera ou pas considéré comme « éthique » pour la population belge ?

Le Conseil de Nuffield, fondé en 1991 au Royaume-Uni, est une fondation qui examine et explore les problèmes éthiques soulevés par les progrès récents dans la recherche biologique et médicale. Il est financé par la Fondation Nuffield, le Conseil de recherches médicales et le Wellcome Trust. Ce dernier est une association de recherche basée à Londres, créée en 1936 avec l’héritage du magnat pharmaceutique Henry Wellcome pour financer la recherche visant à améliorer la santé humaine et animale. Le Wellcome Trust est l’une des plus riches fondations caritatives au monde, l’un des plus grands fournisseurs au monde de financements pour la recherche biomédicale, qui « soutient la compréhension publique de la science » (entendons l’acceptation sociale des progrès scientifiques). Il soutient le développement de nouveaux vaccins et l’utilisation plus large des vaccins existants là où (dans les pays en développement) « les politiques pourraient ne pas être en mesure de décider quels vaccins sont le plus utiles ou manquer d’expertise pour organiser leur déploiement ». Il finance également le développement de vaccins contre la covid-19 à travers le CEPI, fondé en 2017. Pour rappel, ce dispositif CEPI finance des projets de recherche indépendants pour mettre au point des vaccins contre les épidémies dues à des agents infectieux émergents, dont le coronavirus. En d’autres termes, le Nuffield Council, qui en dernière instance dicte au Comité consultatif de bioéthique belge en quoi consiste l’éthique, est financé par le Wellcome Trust qui lui-même finance la recherche sur les vaccins et le dispositif CEPI (également financé par la fondation Bill et Melinda Gates).

Rien ne devrait obliger la population à accepter sans débat l’idée que la vaccination est justifiée par l’argument de l’altruisme, du civisme, de la responsabilité ou de la solidarité. Cette idée peut bien sûr être partagée par qui le souhaite, mais cela ne doit pas cacher le fait que la vaccination comporte des enjeux économiques tels que certains de ses promoteurs exercent depuis des décennies une influence culturelle jusqu’à façonner notre conception de la bioéthique. Or en vertu de quel principe éthique peut-on justifier que l’État contraigne un individu (et dans de nombreux cas des générations de bébés et d’enfants qui sont ce que nous avons de plus précieux) à endosser un risque vital pour en protéger un ou plusieurs autres ? Car il s’agit ici de risque vital, et d’autant plus dans le cas de vaccins OGM ou à ARN pour lesquels on ne peut exclure, en plus des risques médicaux classiques, des effets génétiques, transmissibles à la descendance et des risques environnementaux. Établir un parallèle entre cet argument et l’argument libertarien de ceux qui ne veulent pas payer l’impôt nécessaire pour mettre en place des services publics et une sécurité sociale, n’est pas pertinent car dans le cas de l’impôt, il s’agit d’une contribution monétaire ; dans le cas de la vaccination, il s’agit d’une atteinte (potentiellement risquée) à l’intégrité physique individuelle. Les bébés à naître sont-ils désormais destinés à être accueillis dans une société qui dispose de leur corps dès leur naissance dans l’intérêt (décrété) du collectif ?

Bien sûr, ce débat éthique serait moins important si les vaccins ne posaient aucun risque. Mais 1) le risque zéro n’existe sans doute pas en matière de vaccination 2) le risque pose la question du contrôle exercé par la société sur ces vaccins pour en garantir la sécurité, un contrôle à ce jour insuffisant puisqu’il est essentiellement fondé sur les informations que consentent à donner les producteurs de vaccins[note]. Seule l’option du consentement individuel libre et éclairé semble donc véritablement justifiée par l’éthique des droits fondamentaux. Et pour pouvoir exprimer un consentement réellement éclairé, le citoyen est en droit d’attendre des pouvoirs publics qu’ils lui donnent et lui permettent l’accès à une information transparente, complète, honnête, critique et contradictoire puisqu’il est question ici de médecine, c’est-à-dire non pas d’une science exacte, mais d’un savoir en construction, en plus d’être une discipline liée à des enjeux économiques et politiques. Plus largement, c’est par une réflexion et une information libres, sérieuses, honnêtes et plurielles, et non par la censure et la propagande, que passent la lutte contre la désinformation, la construction de l’esprit critique des populations et le rétablissement d’une plus grande confiance des citoyens envers le politique et la science.

Vaccination de masse : conséquences et alternatives

En substance : est-il réellement nécessaire de vacciner toute la population ou presque, alors que le « median infection fatality rate » lié à la covid-19 est actuellement estimé par l’OMS à maximum 0,23%[note], s’interrogent certains scientifiques ?[note] Rien n’oblige la population à accepter ce chantage d’une vaccination collective aventureuse en échange de la promesse d’un retour à une vie normale. En effet, la vaccination n’est pas la seule alternative qui s’offre à nous. Pour soigner ou prévenir, il n’y a pas que les vaccins : d’autres choix thérapeutiques existent . D’une part le renforcement du système immunitaire fait partie des moyens scientifiquement reconnus de lutter contre les infections ; d’autre part on dispose d’une multitude de molécules déjà disponibles[note] ou dans le domaine public, même si nos modèles de recherche, basés notamment sur la propriété intellectuelle, conduisent souvent à négliger ces dernières, voire à les rejeter d’office  ; mais on investit beaucoup moins dans la prévention ou encore dans le développement de sérologies valables que dans les vaccins[note]. Ces trois pistes constituent pourtant des alternatives à des vaccins dont l’élaboration en urgence ne semble pas offrir à ce jour de garanties suffisantes en termes de sécurité, d’efficacité et d’utilité. Les citoyens, et particulièrement les personnes à risque, attendent donc des pouvoirs publics la prise en compte de ces alternatives et leur développement.

Accepter que la vaccination de masse soit la solution imposée pour un retour à une vie normale revient à consentir à ce que les choix thérapeutiques soient faits par le secteur privé en fonction de ses perspectives de revenus, c’est-à-dire à renoncer à l’indépendance de la science. Cela revient à accepter que les choix politiques et sociétaux soient réalisés en fonction de ces intérêts privés, c’est-à-dire à renoncer à la démocratie. Cela revient à cautionner que des milliards d’argent public soient déversés vers le secteur privé une première fois pour financer la recherche privée, une seconde fois pour acheter des vaccins dont les firmes détiendront les brevets et pourront fixer les prix. Cela revient enfin à s’exposer à ce que ces milliards déversés ne soient plus disponibles pour d’autres politiques sociales (santé, éducation, sécurité sociale…), c’est-à-dire à renoncer aux ressources qui nous permettraient de construire l’avenir. Le tout dans un contexte opaque puisque les contrats conclus avec les entreprises pharmaceutiques ne sont pas publics[note], et que l’un des négociateurs européens a été identifié comme l’ancien directeur général d’un important lobby pharmaceutique[note] (la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA). Un contexte où un journaliste ne peut pas, sans encourir la censure, interroger le pouvoir en place sur la légitimité démocratique de telles décisions quand une partie des membres qui conduisent à les adopter sont ou ont été liés au cours de leur carrière à des multinationales ou au monde de la finance[note].

Revendications citoyennes en matière de vaccination contre la covid-19

Dès lors :

  • En tant que citoyens, nous attendons des pouvoirs publics qu’à aucun moment la vaccination contre la covid-19 ne soit rendue obligatoire, pas même indirectement en conditionnant au statut vaccinal l’accès à certaines sphères (crèches, écoles, lieux publics, lieux privés…) ou activités (voyages, loisirs…). Un débat public démocratique doit avoir lieu sur la vaccination.
  • Nous attendons des pouvoirs publics que les personnes ayant des conflits d’intérêts soient exclues des procédures de décision.
  • Nous attendons des pouvoirs publics que les arguments des scientifiques circonspects par rapport aux nouveaux vaccins contre la covid-19 soient entendus et pris en compte au niveau des procédures décisionnelles, des procédures décisionnelles qui doivent urgemment restaurer et accroître le processus démocratique.
  • Nous attendons des pouvoirs publics et des médecins qu’ils informent les patients candidats à la vaccination contre la covid-19 des incertitudes qui persistent au sujet de ces vaccins. Par ailleurs, les notices des vaccins (qui ne devraient pas être des notices de marketing) devraient être portées à la connaissance du public et plus particulièrement des patients avant la vaccination.
  • Les personnes à risque et l’ensemble de la population attendent des pouvoirs publics qu’ils prennent en compte les pistes existantes en matière d’alternative à la vaccination (prévention, traitements) et qu’ils investissent dans la recherche publique sur les alternatives à la vaccination fondées sur l’étude des molécules du domaine public, plutôt que de privilégier le repositionnement thérapeutique de molécules ou traitements protégés par des droits de propriété intellectuelle.
  • Nous rappelons aux pouvoirs publics le caractère irresponsable sur le plan sanitaire et environnemental, tant vis-à-vis des générations présentes que vis-à-vis des générations futures, du Règlement européen 2020/1043 sur les vaccins OGM anti-covid-19 du 15/07/20 pour lequel 6 associations ont introduit un recours en annulation auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne. Et nous alertons le lecteur sur l’effet de précédent que pourrait constituer ce règlement sur la question des OGM en général.

Message de fin d’année: soutenez la presse libre!

Merci pour tout, merci pour votre soutien.

L’année qui arrive risque d’être inédite. Les médias libres feront partie de la solution. Vous avez pu vous faire une idée des autres et du monde qu’ils nous préparent, si vous ne le saviez pas encore: des outils au service de l’ordre en place.

Sans liberté de l’information, pas de liberté. Pas de changement véritable.

On vous attend en 2021. On a besoin de vous!

Meilleurs vœux à vous toutes et tous.

MERCI

« Covid-1984 », la vision d’un philosophe sur la période actuelle

Michel Weber, enseignant, philosophe, se penche dans son livre sur la question du covid, « vérité (politique) du mensonge sanitaire: un fascisme numérique ».

Ce que nous vivons n’est en effet pas parti de rien, n’a pas été généré de nulle part. C’est la suite d’une histoire, production d’un modèle qui a banni la limite, oublié la sagesse d’un Camus qui nous disait dans Le Premier Homme », « un homme, ça s’empêche », et pris la Nature pour son terrain de jeux.

Il est temps de tout changer. Maintenant. Ne pas le remettre à plus tard. La procrastination n’a plus lieu d’être.

Pour vous procurer l’ouvrage de Michel Weber: https://www.i6doc.com/fr/book/?GCOI=28001100297400

Retrouvez le travail de Michel Weber sur http://chromatika.academia.edu/Michel…


La 2e interview de Michel Weber : https://www.new.kairospresse.be/penser-le-totalitarisme-sanitaire/

Pas de questions, de doutes, pas de pensées hors-normes. Pas de démocratie ?

« Une conférence de presse n’est pas un lieu pour faire des déclarations politiques ». Mais une conférence de presse n’est surtout pas un lieu pour débattre, faut-il comprendre[note]. Alors que les interrogations et les mécontentements pointent de toute part, ils semblent cependant avoir du mal à éclore sur la scène politique. De jeunes pousses qui peinent à crever un sol trop sec, une démocratie en manque de pluie.

Le vendredi 18 décembre, à l’occasion de la conférence de presse qui s’y tenait ce jour, Kairos fit encore des siennes. Rabroué durement comme un enfant trop insolent par le Premier ministre, le journaliste concerné et le journal furent tout autant malmenés le soir même et le lendemain dans les gazettes belges[note].

En plongeant le nez dans ces dernières, il est premièrement surprenant d’observer que les articles des journaux francophones sont des copies conformes les uns des autres. N’eussent été les quelques légers changements dans les termes ou le chapeau, c’est même un copié-collé, mot pour mot. Unique différence notable : dans les lignes de La Libre, le terme de « journaliste » est délibérément évité. On parle d’une personne travaillant pour Kairos, même d’un militant, mais on ne reconnaît aucunement à l’intervenant la qualité de journaliste. Une modification qui a été apportée après-coup.

Ces articles sont malheureusement fort incomplets, autre caractéristique des médias de grande distribution, et s’apparentent presque à de la presse à scandale. La question de la démocratie, pourtant au centre des questions du journaliste, n’apparaît pas, exception faite du journal flamand De Morgen. Ils se concluent tous sur cette délicate note d’humour du ministre : si vous voulez faire passer un message, lancez-vous dans la politique. Une prérogative uniquement réservée aux politiques, donc ?

Discrédit et silence

Autre point, la manière avec laquelle on “analyse” l’intervention du journaliste de Kairos dans ces quotidiens est, au minimum, franchement discutable. Le journaliste est jugé et affublé de qualificatifs totalement arbitraires… une honte pour la presse qui se veut (relativement) neutre et objective. Complotiste, militant, peu sérieux, il est présenté sous un jour plutôt sombre.

L’appel qui a été lancé contre cette censure n’a trouvé aucun écho ni chez les homologues médiatiques, ni auprès du syndicat des journalistes, pourtant censé faire rempart face à ce genre d’abus[note].

Le politiquement-incorrect de l’intéressé, Alexandre Penasse, pourrait certes être sujet à la critique, mais n’est en aucun cas irrecevable ou irrationnel, comme on nous invite à le penser. Que du contraire. C’est avec tristesse que nous observons leur silence face à l’injustice. Celle-ci, comme toutes les autres.

Il est tellement plus facile de critiquer un journaliste dissident qu’un gouvernement paternaliste, lorsqu’on lui a abandonné son indépendance. J’ose dire paternaliste, car l’infantilisation de la population sous les mesures Covid n’est plus à démontrer. Et elle est flagrante, ici, dans la réaction du Premier ministre. Le gouvernement n’aura jamais tort, semble-t-il dire, retournez jouer au complotiste. Il n’y a plus de place pour la nuance dans les discussions autour du virus. Il n’y a plus de place pour la discussion autour du virus que dans les masures des citoyens inciviques et criminels qui pourrissent le climat de douce obéissance à la belge.

Mais si le débat et la controverse sont pourtant légitimes, où donc pourront-ils avoir lieu ? Où en est la démocratie lorsque les décideurs clouent le bec à tout avis non conforme ? Lorsque, pleins de condescendance, ils n’hésitent plus à discréditer un journaliste de manière humiliante, indigne de leur position ? Lorsqu’ils affichent pleinement le caractère incontestable de leurs décisions ?Lorsqu’ils établissent, finalement, que les citoyens n’ont pas voix au chapitre ?

Démocratie. Le pouvoir au peuple. Il serait temps de réintégrer le concept au terme. Il serait temps de créer une réelle dimension de discussion et de concertation dans notre société. Un espace où journalistes, médecins, étudiants… tout un chacun pourrait poser ses questions, donner son avis,et proposer ses solutions sans se voir attribuer l’étiquette d’un vaurien lorsque sa réflexion n’alimente pas la norme.

Où la presse, en tant que déléguée du peuple, serait fidèle à sa mission.

Bande de solitudes

Bonsoir bande de solitudes,

Je vous écris sous l’emprise de la morosité et peut-être un jour de joie, relisant ces lignes, je me trouverai ridicule. Néanmoins, le sentiment d’un besoin urgent de partager un câlin collectif et des épaules pour pleurer est bien réel en ce moment. Le manque de perspective et le glissement trop flagrant vers un univers où la distance physique, l’interaction avec plus d’écrans que de personnes et les muselières deviennent la norme me plonge dans une léthargie dépressive inquiétante. J’ai une voisine qui devient folle, rongée par l’angoisse de l’auto-enfermement. Un voisin tout juste pubère et obèse qui porte un pantalon dont le bas est tout déchiré et qui sent la crasse. Ça c’est ce que j’observe à mon échelle.. Qu’est-ce que ça donne à celle d’une ville?

Artiste, habituellement je décèle la beauté dans ce qui m’entoure… Je n’y arrive plus. Je vois de la misère, des yeux dépassent de masques qui vous regardent en chien de faïence. J’ai vu un bus scolaire dans lequel il y avait des petits enfants et certains étaient masqués et me regardaient par la fenêtre. J’avais envie de pleurer. La liberté coûte 250€. J’ai décidé d’y laisser mes économies. C’est la seule petite révolte que j’arrive à maintenir pour l’instant. 

Je me sens seule et pourtant je suis sûre qu’il y en a d’autres en train de cogiter chez eux et de se dire, « Un couvre-feu ! On a accepté un couvre-feu !? », comme si un virus était plus virulent après 22h… Puis on se rassure en se disant qu’ailleurs c’est pire… On nous interdit de nous réunir. Pourquoi ne sommes-nous pas plus organisés? Moi la première. J’ai des idées, je ne trouve pas la force de les mettre en application. Je manque d’acolytes. Je devrais lancer un « qui veut jouer avec moi ? », comme quand j’étais enfant.

J’ai lu une phrase dans un bouquin que j’ai réécrite pour fonctionner avec notre situation : « Nous refusons de vivre dans un monde où la garantie de ne pas mourir du covid s’échange contre la certitude de mourir d’ennui ».

Tous solidaires dans le chacun pour soi. Quand un virologue renommé propose un médicament déjà existant avec lequel il aurait eu des bons résultats, on le traite de charlatan, mais on nous promet qu’un vaccin tout neuf, quand il arrivera, lui, fera des miracles ! D’ici là, que les gens malades restent malades et enfermés chez eux jusqu’à ce que ça passe ou que ça devienne vraiment grave pour être mis sous respirateur, et puis, qu’ils se démerdent avec les séquelles !

Les vieux, infantilisés, ne décident pas pour eux-mêmes de ce à quoi ressembleront leur derniers jours, solitude imposée sous prétexte d’une plus longue espérance de vie. De survie. Ma mammy a toujours appréhendé la solitude plus que la mort. Mais le pire comble étant de mourir seule. Car on ne leur laisse pas le choix de leur mort non plus, ils mourront seuls ou entourés de scaphandres masqués. Je prends ma mammy dans les bras à sa demande et avec mon plus grand plaisir, je suis une terroriste sanitaire… Je n’irai pas la voir si je suis malade, tout comme avant je ne l’aurais pas fait avec une vilaine angine ou une grosse grippe, mais j’aurais déjà pu maintes fois auparavant lui filer des microbes à un moment de fragilité, et paf ! elle en serait morte ; avant je n’aurai pas été culpabilisée pour cela, aujourd’hui, si. Il est préférable de ne pas la côtoyer durant des mois plutôt que de profiter avec elle du temps qu’il nous reste, dont on ignore la durée.

Si en avril, le message des affiches en ville étaient : « Prenons nos distances pour que plus tard on puisse se reprendre dans les bras », aujourd’hui nous avons déjà basculé dans la pub du safe service loin les uns des autres et du bonheur de pouvoir cacher son bout de persil coincé entre les dents et de ne plus devoir hésiter à manger de l’ail grâce au masque, youpi ! (On n’avait pourtant jamais vanté ces mérites à propos de la burqa, mais passons).

On est même en train de nous convaincre qu’un peuple bien obéissant comme celui de Chine a réussi à se débarrasser du virus grâce à la bonne participation de ses citoyens, en omettant de dire qu’ils vivent sous un régime totalitaire et que cela fait un bout de temps qu’ils n’ont plus le droit de remettre quoi que ce soit en question. Si tu acceptes d’être fiché et contrôlé, tu vivras sans virus et tu pourras aller en boîte de nuit ; par contre, si tu n’écoutes pas quand on te donne l’ordre de rester chez toi, tu seras puni, sévèrement.

Quelles seront les conséquences de tout ça ? Du télétravail, du port du masque constant, de la disparition sans crier gare du cash, remplacé par du « sans contact », paiement qui est l’égal du nouveau rapport entre humains « sans contact », distance de 1 m 50, mais avec ton masque je ne comprends pas ce que tu dis, donc il faudrait que tu te rapproches, mais alors on ne respecte plus la distance sociale imposée, alors pour finir on ne se parle plus… Enfin si, derrière un écran. (Vous n’avez pas vu Wall-e? Les humains qui ne savent plus marcher, qui ne font que bouffer, les yeux rivés sur leurs écrans ?).


Quelles seront les conséquences de la récitation en boucle à la radio et à la télévision du nombre de cas (enfin, testé positifs) allant crescendo ? Et de Netflix pour remplir le vide ? Est-ce que les séquelles comportementales, physiques, sociologiques et psychologiques engendrées par la gestion de cette crise sanitaire pèseront réellement moins lourd dans la balance que les dégâts du covid ? Est-ce que cette question est seulement posée dans le débat public, ou est-ce qu’on se réserve juste la surprise pour plus tard en prétendant que là on règle le plus important d’abord ? Et c’est quoi le plus important ?

Tinder est encore actif et les prostituées travaillent encore, est-ce que le besoin de contact physique deviendra lui aussi une consommation en un clic ? Et le besoin d’un simple câlin relayé à un échange sexuel payé ? Est-ce qu’on touchera des corps nus et masqués ? Est-ce que nos échanges physiques n’auront plus de visage ? Ou est-ce qu’on imposera un modèle de relation standard : un mari, une femme, mariés, partagent un lit conjugal et ayant maximum deux enfants pour avoir un nombre qui rentre bien dans une bulle et des rapports garantis « sans microbes extérieur, berk! ».

Les pays qui souffrent de grande pauvreté, de famine, ne se soucient guère du covid. Est-ce qu’il faudra qu’on en arrive là ? Lorsque les gens devront choisir entre gagner des sous pour bouffer et le risque d’attraper le covid, là ils braveront les interdits ? Et est-ce que c’est à ce moment-là qu’on instaurera un salaire minimum pour tout le monde ? Une fois qu’il sera trop tard comme pour les hôpitaux qu’on a laissé dépérir depuis des années ? Et à quoi devra-t-on renoncer ou que devra-t-on accepter en échange ? Un vaccin obligatoire ? Un listing permanent de toutes les personnes qu’on aura fréquentées ? Un traçage, du virus bien sûr, pas des gens, (même si le virus est porté par des gens), mais qui pose question dans une démocratie où une des dernières choses privées qu’il nous restait était la maladie ? Et si non obligatoire, nous interdira-t-on l’accès à certains lieux, comme c’est le cas maintenant si on n’a pas de masque ? Pas d’entrée dans les magasins, si vous n’êtes pas un petit bonhomme vert sur une application de smartphone?

Pourquoi ai-je l’impression que poser toutes ces questions est malvenu, voire interdit dans une démocratie où on défend le droit à la liberté d’expression ? Où est le débat ? La nuance ? Les avis divergents ? Pourquoi on a l’impression de marcher sur des œufs et qu’on va se prendre une rafale d’insultes quand on veut exposer qu’on a la sensation que notre liberté est mise aux oubliettes pendant un temps indéfini (ça fera quand même bientôt un an) et que cela nous inquiète de la perdre pour de bon ? Pourquoi a-t-on peur dans une démocratie d’exprimer qu’on est plus inquiet des mesures qui nous sont imposées et de leurs répercussions sur le court et long terme, sur notre santé physique et morale et sur la division qu’elles créent au sein de la population, que du covid lui-même ? Pourquoi, si j’exprime tout cela, j’incarne une personne sans cœur qui veut tuer son prochain à coup de câlins et de bisous?

Julie

Interview d’une infirmière. Loin des discours officiels.

Une autre réalité, inaudible dans les médias dominants qui nous distillent quotidiennement des chiffres qui donnent forme à une angoisse qui nous ramène à l’état d’enfant, en demande d’un État fort qui nous offrira la solution.

Pour ce dernier, pas de doute, c’est le vaccin (https://youtu.be/v4zVxzxPrd4).

Et si la réalité était tout autre? Interview, pour une percée derrière le rideau de fumée médiatique.

Le Covid dans un centre d’accueil

David* travaille dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, en Belgique. Comprenant plusieurs centaines de personnes, des états grippaux « étranges » apparaissent dès le mois de mars 2020. La direction du centre prévient sa hiérarchie, mais celle-ci recommande de ne rien faire et laisser les occupants continuer à dormir à 8 par chambre. Ce laxisme dénote avec la sévérité des mesures qui seront mises en place quelques semaines plus tard. Il n’y aura aucun mort, mais les effets des mesures politiques ont été redoutables. Le témoignage de David montre deux éléments essentiels : rien n’a été fait quand il aurait fallu agir ; ceux qui sont déjà victimes de nos sociétés iniques, le sont une deuxième fois.

Kairos : Le centre d’accueil pour demandeurs d’asiles dans lequel tu travailles accueille-t-il de nombreuses personnes ?

David : Oui, les chambres vont de 3 à 8 personnes. C’est une ancienne caserne militaire, donc de gros bâtiments, et les gens sont entassés les uns sur les autres. Pour te donner une idée, je pense que lorsqu’il y a 8 personnes dans une pièce, celle-ci doit faire moins de 25m².

Pourquoi tu décides de nous contacter ?

J’avais visionné un de vos teasers que mes potes avaient partagé[note]. J’ai vu qu’il y avait une volonté de penser différemment ce qui est en train de se passer, ces événements auxquels on assiste que je n’arrive pas à comprendre… Je lis pas mal et je m’y intéresse beaucoup, et au départ il me semble qu’il y avait des stratégies pour lutter efficacement contre la covid, au moins enrayer sa propagation. Je parle du mois de mars 2020. Le confinement était une de ces stratégies. À ce moment les masques, les gestes barrières, on ne savait pas trop… On sait maintenant que ça aurait pu être efficace. Et donc en mars, on a vu les gens tomber malades les uns après les autres. Pas des cas graves, plutôt des pertes de goût, perte d’odorat. Au moment de l’été, cela a cessé, on a considéré que c’était grâce aux mesures qu’on avait mises en place, mais c’est entièrement faux. La distanciation, les masques, le gel désinfectant, dans un centre comme le nôtre, c’est juste pas tenable.

Donc à la fois, dans les médias on nous disait qu’il y avait des mesures prises et respectées, mais dans la réalité de certains milieux, notamment celui où tu travailles, il n’y avait factuellement rien qui était fait. Tu expliques aussi dans le courrier que tu nous a envoyé qu’au tout début vous avez pourtant prévenu les autorités ?

Tout début mars, en premier lieu, un jeune gars d’une vingtaine d’années a eu une grippe bizarre. À ce moment on savait déjà qu’il se passait quelque chose, l’Italie avait confiné, la France était à deux doigts de le faire… On a un peu paniqué et on l’a envoyé aux urgences. Vu qu’il était jeune, pas vraiment à risque, ils ont considéré que c’était une grippe normale et nous l’ont renvoyé en bus, sans masque ni aucune protection. On a tenté de l’isoler comme on pouvait, mais c’était compliqué, et on a prévenu toutes les autorités, dont notre Département. Il n’y a pas eu de réaction, le déni a duré presque un mois. On était les derniers à mettre en place des mesures comme la réduction du personnel présent sur le site ou l’adaptation des rythmes. Les deux dernières semaines de mars, la Belgique était confinée et nous, nous étions encore tous à travailler sur place, à faire des réunions à trente autour de la table. On flippait. On voyait à la télévision les gens qui mouraient et les spécialistes qui entraient dans les chambres « suspectées covid » habillés en cosmonautes, alors que chez nous les masques étaient interdits. J’ai un collègue qui est venu un jour avec un masque ; on lui a dit de le retirer pour ne pas provoquer la panique.

La direction interdisait le port du masque ?

Notre Département, oui, en tout cas. Le mot d’ordre était : puisqu’on n’a pas assez de masques pour en fournir à tous les résidents, les membres du personnel n’en porteront pas. On devait cependant continuer à faire des visites de chambre, les gens avaient peur, auraient pu péter les plombs, penser qu’on les laissait mourir. Résultat, un nombre exponentiel de malades, plus que les autres années, mais aucun cas sévère, et ça sur tout le réseau d’accueil! Enfin, cela au moment où on avait des nouvelles. On nous a considérés comme des héros. On n’a eu aucun cas grave, ni aucun mort.

Tu as l’impression que c’est de l’incompétence, que ça a été mal géré, ou que c’est quelque chose qui ressemble plus à une volonté ? Car tu nous disais dans ce courrier qu’on vous a ensuite demandé d’agir en opposition totale avec le laxisme du début. Comment l’interprètes-tu ?

On sort les parapluies. Maintenant on a des masques, donc on nous demande de les mettre, alors qu’au départ nous étions très réticents… La population n’était pas capable de bien les utiliser, et on nous demandait de signer des documents affirmant que c’était pourtant le cas, pour se décharger. On nous donnait des directives qui sont totalement inapplicables. Les dernières mesures, c’est de la folie ! Là nous sommes reconfinés depuis deux semaines[note], un confinement qui n’en est pas vraiment un, et on a demandé si on allait, au centre, repasser au régime du printemps (réduction du personnel présent sur le site). On nous a répondu que non, qu’on n’était pas du tout dans le même cas de figure. On a les masques, le gel, alors on peut continuer à s’entasser. Ils ont encore attendu 15 jours avant de nous envoyer un résumé du Vade Mecum de Fedasil sur les nouvelles mesures gouvernementales, qui conseille notamment de s’organiser de manière à ce que les gens viennent manger chambre par chambre, mais on ne peut pas leur demander ça ! C’est encore une manière de se déculpabiliser : on édicte des mesures, on vous demande de mettre des choses en place, et si vous ne le faites pas, ou n’êtes pas en mesure de le faire, c’est votre responsabilité. Et les demandeurs d’asile ne pourront pas porter plainte plus tard pour absence de protection.

Et maintenant on responsabilise les citoyens, comme si c’était de leur faute. Ça devrait sonner autrement pour toi ?

Oui, totalement. Moi je me suis aussi un peu exposé au centre, parce que je disais « attention, on est en train de leur dire que s’ils tombent malades, c’est de leur faute », alors qu’on ne fait rien pour eux. Là ça fait plus ou moins six mois qu’ils se rendent compte qu’ils ne meurent pas du covid, de toute façon, et que leurs amis et famille, partout en Belgique et dans le monde, n’en meurent pas non plus, ni ne développent de cas graves de la maladie. Mais on les empêche de vivre. En plus l’Office des étrangers a été fermé, les procédures s’allongent encore, on leur interdit de travailler… Ça a repris un peu, notamment avec la saison des pommes, qui est une grosse opportunité pour les demandeurs d’asile. En plus c’était une grosse année, et on n’avait pas les Polonais ou les Roumains pour les récolter, donc les fermiers étaient en demande. Beaucoup de réfugiés profitent de cette occasion pour travailler.

On n’en parle pas beaucoup de ça…

On n’en parle pas. Mais donc oui, beaucoup ont été travailler en août, septembre, octobre. Ils peuvent se faire pas mal d’argent comme ça. Ils peuvent gagner peut-être 1.500, 2.000 euros en un mois alors que d’habitude ils reçoivent 12,90€ par semaine. C’est de l’argent qu’ils envoient au pays, et ça a une réelle incidence. Mais si on leur dit qu’ils ne peuvent pas y aller parce qu’ils ont été en contact covid… et c’est ça qui s’est passé. On a un gars qui est testé positif, mais il n’a rien, il a vingt ans et est en parfaite santé. On l’isole dans une chambre-container, des containers qui sont arrivés à la fin de l’été (avant on avait aucun moyen de faire ça. Tout a toujours été entrepris après le pic épidémique, avec un énorme retard). On l’isole et on dit à toute sa chambre qu’en attendant de se faire tester, ils doivent rester en quarantaine. Ils ne sont pas malades, n’ont aucun symptôme, et on leur interdit d’aller bosser. Mais c’est leur meilleure chance sur l’année, le manque à gagner est énorme et ils n’avaient aucune compensation… donc ils y allaient quand même. Pas que les pommes. Ils sont tous dans des contrats précaires qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre.

Les gens sont entassés dans le centre. Si on venait avec une caméra, quelle serait la réaction ?

Déjà les autorisations pour y entrer vont être très compliquées à obtenir, presque impossibles. Surtout maintenant.

Dans ton courrier, tu nous disais que le risque que tu avais de perdre ta place en parlant de tout ça. Pourtant tu ne décris que la réalité, et ce que tu dis devrait pouvoir être dit. Pourquoi tu as l’impression que tu pourrais perdre ta place ?

Premièrement, dans notre Département ils sont très frileux. La communication est extrêmement cadenassée, le milieu est très hiérarchisé. De plus, quand on se déplace, où qu’on aille, on représente l’institution. Même ce qu’on poste sur Facebook peut être perçu comme une atteinte à son image, certains se sont déjà fait virer pour ça. Il y a vraiment une surveillance et un cadenassage autour de la communication des centres. Je me suis d’ailleurs énervé, car le nôtre avait publié fin septembre que cela faisait des mois que nous respections scrupuleusement les mesures anti-covid, que la distanciation sociale, les gestes barrière, le port du masque, le gel hydroalcoolique faisaient partie de notre quotidien, mais c’est faux ! Mon collègue était chargé de publier ça et j’ai réagi car, pour moi, c’est mentir aux gens. Il m’a répondu qu’il comprenait que cela revenait à mentir, mais que ça nous donnait bonne image. Et c’est vrai qu’on a pas spécialement envie qu’on parle de nous, étant donné qu’il serait très facile pour certains de dire ensuite que c’est la faute des étrangers si le virus se propage.

Il y a une sorte d’omerta. Vous vous protégez et ainsi, indirectement, vous couvrez aussi le gouvernement.

Oui. Et je crois, à titre personnel, que les mesures qui sont prises actuellement ne fonctionnent pas à long terme. C’est pour ça qu’il y a de plus en plus de gens dans les hôpitaux. On ne demande pas à des grands-parents d’arrêter de voir leurs petits-enfants pendant des mois, voire des années ! Si c’est pour trois mois, on se confine tous et on fait un effort. Mais là on se rend compte que ça va durer beaucoup plus longtemps, et que ce ne sera pas tenable. Et je trouve ça fou qu’au centre il n’y ait pas encore eu une révolte ! On a des théories complotistes qui circulent, surtout chez les Africains, parce qu’en Afrique il ne se passe rien, ou du moins les gens ne meurent pas massivement. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas précisément. Mais donc ces personnes se posent des questions, se demandent ce qu’on veut leur faire faire en finalité. On a parlé de tester un premier vaccin en Afrique, ça a fait du foin ! C’est tout le temps sur les mêmes qu’on tape, et ces réfugiés, qui sont déjà embarqués dans des démarches à rallonge, qu’on va parquer dans des cités dortoirs à Bruxelles ou Anvers, vont être les premiers à souffrir d’un reconfinement et à se faire taper dessus s’ils dépassent le couvre-feu d’une minute, et ne pourront même pas passer une journée à la mer en cas de déconfinement. Ça fait beaucoup.

Et d’ailleurs, en termes de vaccin, les autorités vous ont-elles fait part de leur politique ? Les réfugiés pourraient-ils être les premiers ?

Pourquoi pas, il y a des chances. D’après ce que j’ai lu, ce serait d’abord les personnes âgées et le personnel soignant. De toute façon, nous on passe toujours à travers les radars ! Au début, on n’a même pas testé les centres comme le nôtre. Ensuite, quand la politique est devenue celle des tests massifs, là ça a changé, et plusieurs centres ont même été confinés. J’avais eu un contact avec un infirmier qui travaille dans un de ces centres… Ah oui d’ailleurs, encore une mesure incompréhensible : pour éviter les va-et-vient, les permissions sont passées de maximum dix jours à minimum un mois ! C’est-à-dire qu’en temps normal, les résidents sont autorisés à quitter le centre pour maximum dix jours, question de rentabilité des places disponibles. Maintenant donc, cette durée est passée à minimum un mois. Mais à un moment ils doivent bien revenir, chercher leurs affaires par exemple… ils ne peuvent pas. On a eu le cas d’un gars qui est revenu alors qu’il était censé être à l’extérieur. Il revenait d’Anvers, donc d’une zone rouge. Test obligatoire pour lui, il est positif, et donc pour tous ses copains; la moitié l’était également, mais asymptomatique. Bref, ils ont testé tout le centre, et bien entendu il y avait une proportion assez importante de cas positifs pour confiner le centre. Ce qui veut dire vigiles, totalement inutiles, autour du centre, centre qui est, avec ou sans vigiles, une vraie passoire. C’est une perte d’argent.

Depuis le deuxième confinement, y a-t-il de nouvelles contraintes pour vous ?

Malgré le fait qu’ils pourraient théoriquement passer le confinement à l’extérieur, au vu de la règle des quatre semaines, ils préfèrent rester au centre. C’est très risqué pour eux de sortir du réseau. D’autant plus que la plupart ont déjà « abusé » de l’hospitalité de leurs connaissances (souvent précarisées elles aussi) durant le premier confinement. Donc le centre est complet, contrairement au premier confinement. Mais des nouvelles contraintes non, pas vraiment.

Tu évoques aussi la politique vis-à-vis des enfants…

Ce qui est dur concernant les enfants c’est que, déjà, ils n’ont pas été scolarisés depuis le mois de mars, quasiment. Quand il y a eu une sorte de « rentrée », très peu ont été concernés. Un grand nombre va finir en décrochage, et en termes d’intégration c’est désespérant. L’école c’est le meilleur moyen pour eux de s’intégrer, mais on est en train de leur enlever cette possibilité, en plus de celle de s’instruire et d’apprendre la langue. Ils prennent un retard considérable. Ça peut avoir de grosses conséquences sur leur avenir. On leur a aussi expliqué qu’ils pouvaient potentiellement « tuer » leurs parents ou leurs grands-parents. C’est un traumatisme. De plus, personne n’osait les approcher, plus aucune activité n’était organisée pour eux. Toutes les personnes qui leur rendaient visite, comme par exemple les volontaires de l’école des devoirs, ne venaient plus. Maintenant on commence un peu à se déstresser par rapport à eux, mais ça a été très dur.

Au niveau professionnel, considères-tu que les effets négatifs des mesures sont pires que les effets du virus ?

Oui. Et d’ailleurs, les collègues du bureau médical disent qu’elles n’ont jamais vu autant de cas psychiatriques. Les gens ont envie de bouger, de travailler, de faire des rencontres, mais aussi d’oublier leurs soucis. Ceux qui sont là au centre ont souvent un passé difficile, et être confiné, ça signifie ressasser ce passé tout le temps. Il y en a qui ne dorment plus, qui pètent les plombs. Et ça, ça n’est pas l’affaire de cinq mois, ils en souffriront toute leur vie. J’ai envie de casser ma télévision quand je vois une infectiologue tout sourire, cheffe de service et caetera, qui gagne sûrement très bien sa vie, dire « faites un effort de quelque mois, sur toute une vie ce n’est pas énorme, pour que je puisse travailler correctement ». Je suis d’accord qu’il faut protéger le personnel soignant, bien entendu, et ils ne sont pas du tout responsables de l’état des hôpitaux et de la situation dans laquelle on est, mais ce ne sont pas les seuls à souffrir. Alors quand Alexander De Croo dit « notre unique préoccupation, ce sont les hôpitaux et le personnel soignant », c’est pas possible. C’est le premier ministre de tous les Belges, normalement. Toutes les mesures ne peuvent pas être uniquement destinées à secourir les hôpitaux, ça a des conséquences énormes sur la vie des gens et même si ce n’est que pour quelques mois, ça peut leur ruiner la vie. S’ajoute à ça la culpabilisation, partout, tout le temps. Si tu es malade, c’est de ta faute. À la place de nous donner les moyens de pouvoir nous soigner, on nous interdit d’être malades. Pour les gens qui ont tout à construire ici, comme les jeunes ou les réfugiés, c’est lourd de conséquences. Les perspectives, l’espoir d’une vie meilleure… s’envolent quand tu quittes ton pays où c’est la merde et qu’ici, c’est pire. Alors oui, je considère que le remède est bien pire que le mal lui-même. On arrête la vie.

Tu as d’autres collègues qui ont envie de témoigner, de parler, ou tu sens qu’ils ont peur ?

Les gens ont peur de perdre leur boulot. Ils ont peur de la maladie aussi. Mais on se rend bien compte qu’on ne va pas en mourir, du covid ! C’est-à-dire qu’on a compris qu’on n’était pas une population à risque. Si je dis cela à ma collègue, elle me répondra « oui, mais je connais quelqu’un qui… », mais gratte un peu ! Si tu as vécu le pic épidémique de printemps sans aucun problème, pourquoi rester dans l’inquiétude ? On nous dit qu’on va tous crever, et « regardez ces gens, là, qui ne respectent pas les distances de sécurité ! ». Il faut arrêter.

Ce n’est même plus permis d’ailleurs de dédramatiser la maladie. On appelle ça maintenant les « rassuristes »…

Oui, pour ne pas dire complotistes. Je ne sais pas si c’est réellement efficace, ou si on va éradiquer le virus comme ça, je ne pense pas, à vrai dire. Les gens continueront toujours de bouger. Et il faut arrêter de culpabiliser les gens parce qu’ils tombent malades.

Actuellement, on a zéro cas positifs sur plusieurs centaines résidents, et ce depuis plusieurs semaines, alors qu’on est dans un environnement plutôt propice à la propagation. Les malades étaient limite considérés comme des pestiférés, parqués dans des containers, donc peut-être qu’ils se cachent de peur qu’on les teste et les confine. Mais si un d’entre eux avait des symptômes visibles, ça se saurait, et en tout cas nous on n’en voit plus. Et aucun mort !

Dans le camp Moria, là où ils sont 13.000 à la place de 3.000, qui a brûlé à Lesbos?, où ils sont mille pour deux toilettes, ça aurait dû être l’hécatombe ! Pourtant, rien. Maintenant qu’on sait qui développe des cas graves du virus, c’est vers là qu’il faut aller. Investir dans la protection de ces gens-là, mais pas arrêter la vie d’une population entière, qui ne risque rien. Cependant, on explique aux gens que tout le monde est en danger. Un ministre s’insurge en disant qu’il y a été, dans les hôpitaux, et qu’il y a vu des jeunes. L’un avait 28 ans, mais il souffrait d’obésité grave. Alors bien sûr, vu qu’on a une population de plus en plus vieille et de plus en plus obèse, on meurt plus. Mais on n’arrive même à faire croire à des gamins de 15 ans qu’ils peuvent en crever, et devenir des assassins en le propageant. Alors respectez les gestes-barrières, gardez vos distances… arrêtez de vivre. Les résidents auraient eux aussi leur mot à dire. Parfois ils m’en parlent. Certains me disent que c’est une grosse farce, d’autres pointent le fait qu’on leur parle de coronavirus, mais qu’on les empile dans des chambres de 8… À ce moment-là, je ne peux que leur dire que oui, ils ont raison. D’où la dissonance, et le besoin d’en parler ici aussi. Notre métier est presque devenu de la prévention covid. On passe un temps dingue à ça, on les harcèle presque ! Mais ils supportent. Si c’était de si dangereux personnages, comme on aime à le dire, il y aurait déjà eu des émeutes. Mais ils restent tellement calmes. C’est plutôt le personnel qui flippe !

Dans les banlieues c’est pareil, Molenbeek aurait déjà pu s’enflammer ! La police n’arrange rien. Il y a quand même un gosse de 18 ans qui s’est fait buter[note]. Bientôt on ne pourra peut-être plus filmer les policiers, ils vont pouvoir s’en donner à cœur joie, et c’est toujours les mêmes qu’on va contrôler. Ça va donner une raison supplémentaire, sanitaire cette fois, pour taper sur les jeunes Arabes. Leur mettre des amendes de 250 euros parce qu’ils portent leur masque sous le nez. De l’argent qu’ils n’ont pas, donc certains font l’autruche, et ils commencent leur vie avec la justice au cul. On le leur retirera de leur CPAS de 867 euros. C’est eux qui se font contrôler, car ils circulent plus, ils ne sont pas en voiture, ils doivent travailler au black, donc ils n’ont pas d’attestation valable pour sortir après le couvre-feu… De plus, ils ne savent pas bien parler la langue, donc pas bien s’expliquer, pas bien non plus s’informer par rapport à toutes les règles qui changent constamment, et que même nous, nous avons du mal à suivre. Difficile de communiquer avec les flics, et très facile de se retrouver au cachot. Tout ça pour dire qu’encore une fois on tape sur les personnes les plus précarisées. Toujours. Et même nous, les travailleurs, on rentre dans ces comportements-là. On les culpabilise. Mais on est dans l’humanitaire, nous. On est censés les défendre, mais on ne le fait pas.

Interview par Alexandre Penasse

Retranscription : Alice Magos

*Pseudonyme.

Totalitarisme politique et totalitarisme sanitaire

L’état de confinement que des populations entières vivent en Europe et ailleurs mérite une réflexion approfondie alors que la pandémie n’a jamais été anticipée, malgré les alertes annoncées depuis longtemps par les spécialistes. Si l’urgence de la prévention ne saurait être niée en raison de la virulence du virus, l’impréparation à la lutte dans les milieux médicaux et les pouvoirs publics explique la brutalité et la généralisation du confinement des populations, alors qu’une anticipation aurait certainement permis des mesures de prévention beaucoup moins douloureuses. Cette tentation du recours à un pouvoir autoritaire est une constante des périodes troublées. Ceci étant dit, il faut savoir distinguer un pouvoir autocratique tel que nous en faisons l’expérience aujourd’hui en France de la notion de totalitarisme.

Il faut d’abord rappeler que la notion de totalitarisme, née de l’expérience du premier conflit mondial de nature industrielle. a démontré la vanité des clivages politiques existants entre régimes démocratiques fondés sur le suffrage universel et les régimes monarchiques d’Europe centrale. Derrière cette « illusion politique » (selon l’expression de Jacques Ellul) se cachait la réalité du développement industriel à l’origine des épouvantables massacres ayant affecté les populations européennes. Sur le plan des principes politiques, le Conseil d’État, dans un arrêt célèbre (26 juin 1918, Heyries), avait suspendu le principe de légalité, autrement dit celui de l’État de droit au nom des « circonstances exceptionnelles », une décision qui signe l’entrée dans un processus totalitaire. Bien entendu, le second conflit mondial a contribué à perfectionner encore cette organisation. De là le succès de ce nouveau vocabulaire politique durant l’entre-deux guerres , un succès confirmé à l’époque par l’instauration des régimes nazis et stalinien durant une période de paix. Le caractère commun entre ces deux formes de totalitarisme tient au rôle central joué par l’État et son monopole de la violence légitime (Max Weber), un monopole renforcé par l’existence d’un parti unique.

Comme l’ont montré différents auteurs dont mon père[note] et la philosophe américaine Hannah Arendt, cette conception du pouvoir politique englobe toute les dimensions de la société et se caractérise à la fois par la propagande et la terreur qui est à l’origine d’un célèbre poème d’Aragon J’appelle la terreur du fond de mes poumons qui témoignait de l’enthousiasme de l’auteur vis-à-vis de l’expérience communiste en URSS. L’économie comme la culture étaient alors mises à contribution pour servir la cause en honorant le grand chef (Duce, Lider maximo, Führer, etc.), au même titre que la science et la technique totalement mobilisées pour l’effort de guerre. Bien entendu, les apparences de la démocratie libérale étaient parfois maintenues avec l’existence formelle d’une constitution comme en Union Soviétique, contrairement à l’Allemagne nazie où des juristes comme Carl Schmitt ont édifié une doctrine de justification du pouvoir institué. Cependant les principes de l’État de droit, dont en particulier l’indépendance de la justice et le principe de légalité, sont abolis, car ils en constituent la clé de voûte.

Le totalitarisme politique se caractérise surtout par une impitoyable répression de toute forme d’opposition qui peut aller au sein de la société civile jusqu’à l’institution d’une véritable terreur instillée au sein de la population, et plus précisément au sein des catégories sociales les plus éduquées, qui est mise en œuvre par les pouvoirs démesurés de la police. De là une soumission volontaire de la population qui est orchestrée par une propagande omniprésente fondée sur un détournement du vocabulaire politique, comme l’a souligné en son temps George Orwell. Au cœur du dispositif de l’État totalitaire, il y a le parti unique réunissant les fidèles du régime comme les carriéristes et à la tête duquel domine le grand leader. Un espace privé subsiste au sein des familles qui échappe à l’emprise de l’organisation — c’est l’exemple de la cuisine dans l’ancienne URSS —, une exception qui disparaît avec le régime chinois utilisant massivement les technologies numériques de surveillance, des technologies aujourd’hui en cours de diffusion dans nos régimes politiques occidentaux soi-disant libéraux qui peuvent muter rapidement en mode totalitaire en fonction des circonstances. À ce stade, les humains ne sont alors plus considérés que comme des pions déplaçables ou des numéros sans plus aucune existence charnelle, et encore moins spirituelle.

Mais, avec la loi du 23 mars 2020 relative à l’état d’urgence sanitaire destinée à faire face à l’épidémie, suivie d’une série d’autres destinés à perfectionner encore le dispositif liberticide, les pouvoirs publics ont franchi un seuil spectaculaire qui a même retenu l’attention de la commission ONU des droits de l’homme, dont la France été l’initiatrice. Comme cela a été dit par mon collègue Paul Cassia[note] on assiste alors à la remise en question de l’État de droit sans que cela fasse réagir les plus hautes institutions juridictionnelles de l’État comme le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel. Ces textes législatifs, votés par le Parlement sans de vrais débats politiques, suppriment purement et simplement tous les droits et libertés constitutionnels dont notre pays [Ndrl : la France] a hérité depuis la Révolution, parmi lesquels la liberté d’aller et venir, inscrite dans notre Déclaration des droits de l’homme de 1789. Seule la liberté d’expression n’a jusqu’à présent pas été touchée, quoique menacée, ce qui permet encore, dans la presse et sur le réseau internet, l’expression de critiques impossibles à imaginer dans un régime totalitaire aussi parfait que celui de la Chine.

Quoiqu’il en soit, la loi sur l’État d’urgence sanitaire vise à instituer un confinement total des populations qui l’ont accepté dans la mesure où il s’agit de faire face à la pandémie pendant une durée de temps déterminée, afin d’en faire disparaître la menace. Il y a là une justification sanitaire qui permet tous les abus de pouvoirs possibles et imaginables justifiés par la panique des populations qui n’ont pas les moyens de vérifier la pertinence des moyens autoritaires qui leur sont imposés. Et c’est là la particularité de ce type de totalitarisme permettant au pouvoir politique de s’ingérer dans les plus petits recoins de la vie quotidienne de chacun de nous, comme le fait de sortir de chez soi pour prendre l’air, et ceci sans qu’il y ait, pour certaines de ces mesures, de vraies justifications de sécurité sanitaire. De là le sentiment d’arbitraire et d’étouffement vécu par certains de nos concitoyens choqués de se voir interdire d’aller voir ses voisins ou de travailler son potager. Il est vrai que chacun de nous peut avoir des comportements irresponsables vis à vis d’autrui alors que nous ne savons pas si nous sommes ou non porteur du virus. De là, le recours sans nuances au principe de précaution paradoxalement peu utilisé en matière de protection de l’environnement. Or aujourd’hui cet encadrement sanitaire de notre vie sociale va de pair avec un ensemble de mesures liberticides résultant d’attentats islamistes particulièrement horribles. Chaque nouvel attentat provoque de nouvelles mesures liberticides contribuant à enraciner davantage le modèle de l’État totalitaire dans notre histoire politique.

Totalitarisme sanitaire

Le totalitarisme sanitaire est aujourd’hui chez nous en cours d’expérimentation à l’occasion de l’irruption de la pandémie mondiale, car il est seul considéré comme capable de faire face à la toute-puissance de la nature. Il appartient en fait à la catégorie plus générale du totalitarisme technoscientifique qui, en France, a été ébauché avec le programme nucléaire, toujours accompagné de pratiques répressives représentées par l’usage de la violence policière et l’administration de lourdes condamnations pénales. Cela a été particulièrement évident à Bure pour les opposants à l’enfouissement des déchets radioactifs. Dans ce dispositif, point n’est besoin de critères d’ordre politique, car c’est le jugement scientifique qui représente l’ultima ratio. Seule une expertise contradictoire comme celle du docteur Raoult peut prétendre avoir droit de cité, et encore !

Pourtant, dans ce dispositif carcéral, il y a des questions d’ordre politique et moral complètement indépendantes des jugements d’ordre scientifique mais qui, pourtant, ne peuvent échapper à des déterminants d’ordre sociologique. Dans la controverse des experts relative à l’usage de l’hydroxychloroquine ou aux vaccins interviennent des facteurs tels que l’existence de coteries professionnelles et de concurrence entre spécialistes qui peuvent fausser le jugement scientifique, sans compter la défense d’intérêts économiques, un fait bien connu dans certains dossiers de scandales industriels comme celui du Mediator ou du « sang contaminé ». Or le constat de l’existence de tels facteurs relève du jugement politique bien conçu et non de controverses relevant de la science dure, autrement dit du raisonnement de chacun cultivant un certain bon sens, fondement de l’exigence démocratique.

À la base de la prétention de la science, il y a le fait que la science ne se limite plus au jugement de fait mais veut aller au-delà sur des terrains qui lui sont étrangers par nature. Les jugements de fait deviennent alors prescriptifs, ce qui peut se comprendre lorsqu’il s’agit d’adopter une mesure de prévention particulière concernant un patient, mais certainement pas pour protéger une partie de la population, car il y a dans ce genre d’hypothèse trop de considérations d’ordre sociétal à prendre en compte pour ne pas tomber dans l’arbitraire. L’enfermement de catégories entières de populations qui a pour conséquence de leur interdire toute forme de vie relève d’enjeux allant bien sûr au-delà de la démarche thérapeutique, en particulier sur le plan des libertés avec la surveillance numérique des patients. Autrement dit, le totalitarisme sanitaire ne peut échapper inévitablement à sa dimension politique, surtout lorsqu’il faudra faire le bilan socio-économique des mesures de confinement dont on commence seulement à réaliser le prix.

Reste à savoir si le retour souhaité par tous au « monde d’avant », à savoir celui de la consommation, va être possible, compte tenu de l’effondrement du système, en particulier économique, et si les dispositifs de surveillance des populations expérimentés à grande échelle vont être maintenus. On peut avoir à ce sujet quelques craintes en raison de notre expérience politique passée, dont le maintien et le développement d’institutions coercitives telles que celles des préfets datant pourtant du 1er Empire, ou encore les textes sur le remembrement adoptés par Vichy et maintenus à la Libération ! Et ce d’autant plus qu’actuellement, avec la seconde vague accompagnée de mesures de confinement renforcée, on peut même se poser une question plus grave, celle de savoir si cette pandémie de la covid ne correspond pas à une lente régulation de la prolifération de l’espèce humaine ! Dans cette hypothèse extrême correspondant à une des grandes lois de l’écologie, nous serions alors face à la découverte de la faiblesse de la condition humaine face à la toute-puissance de la nature dont beaucoup de philosophes grecs comme chrétiens ont parlé depuis longtemps. En toute hypothèse, étant donné le cataclysme mondial en cours, on peut craindre les pires conséquences pour l’avenir de l’humanité. Or il faudrait que de tels enjeux tragiques soient pris à bras de corps par chacun de nous.

Simon Charbonneau

Les questions qu’ils n’aiment pas

Vendredi 18 décembre, Alexandre Penasse était présent à la conférence de presse faisant suite au Comité de concertation. L’occasion de poser quelques questions…

Pour eux, « la seule solution, c’est le vaccin ». Et quand on a la solution, mieux vaut éviter le débat…

Selon eux, tout a été fait pour anticiper la « deuxième vague » et soutenir les hôpitaux, des dépenses énormes ont été engagées depuis mars. Intéressant: les mêmes qui s’attellent à détruire les services publics depuis des décennies, à n’envisager aujourd’hui que la solution vaccinale qui coûtera aux belges des centaines de millions € (sans parler des risques sanitaires), qui mettent en place des politiques « pour lutter contre le Coronavirus », avec leur cortège d’effets désastreux, se soucient maintenant du bien commun et de la santé collective.

Ne pas traiter « Mal traités »

Difficile d’accoler au documentaire « Mal traités », l’épithète complotiste*… Les médias de masse, ceux qui s’érigent en producteurs d’Infos d’Origine Contrôlée® (IOC), en parlent donc peu. Quand la catégorisation excluante n’est pas possible, ils en reviennent aux anciennes habitudes qui ont fait leur marque de fabrique: le silence, comme si cela n’avait jamais existé.


* À l’instar du documentaire Hold-Up, qui bien que critiquable, a donné lieu dans les médias mainstream et alternatifs confondus, à un inventaire obligé des « fausses informations », permettant ainsi de ne pas discuter de tout ce qui était vrai et intéressant. On a aussi pu assister à des situations assez cocasses, où des organismes comme Les Décodeurs du journal Le Monde osaient se faire donneurs de leçons.

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A propos du vaccin anti-Covid-19. Ni complotisme ni croyance aveugle

En Belgique, comme dans l’ensemble des pays européens qui ont adopté des mesures de confinement difficiles à vivre pour tous, la fin du tunnel est annoncée pour très bientôt grâce aux vaccins anti Covid. Plusieurs vaccins seront disponibles dans quelques semaines; leur efficacité annoncée serait de l’ordre de 95%… selon les producteurs. Restent à obtenir les autorisations de mise sur le marché de l’Agence européenne des médicaments: une formalité si on considère les délais très courts prévus.

Le porte-parole du Conseil de Sécurité, le docteur Yves Van Laethem, n’a cessé de le marteler: l’immunité collective ne pourra être assurée que par les vaccins, à condition que soit acquise une couverture vaccinale d’au moins 70%.

Mais pour cela, il faudra rassurer et convaincre les réticents non seulement de leur efficacité mais surtout de leur innocuité. Tous ceux qui contestent ce discours ou font état des risques à long terme ou des effets secondaires de vaccins fabriqués et autorisés à la hâte sont classés au mieux comme des idéologues anti-vaccins, au pire comme des complotistes. Balayées les objections les plus fondées et les réticences face aux incertitudes, ignorés les faits pourtant avérés qui mettent à mal la doxa vaccinaliste de Mr Van Laethem.

Pourtant les faits sont les faits; on peut les ignorer mais on ne peut pas les nier: ils ont plus de valeur que des croyances.

Je les soumets ici à un examen critique:

  1. Il est généralement admis que la mise au point d’un nouveau vaccin requiert en moyenne 10 ans, ce que confirment tant la littérature scientifique que les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). On peut remarquer, en outre, en consultant ces mêmes données de l’OMS[note] qu’aucun vaccin n’est opérationnel pour lutter contre des virus les plus dévastateurs apparus au cours de ces dernières décennies; aucun vaccin n’est cité comme disponible (available vaccine) pour les maladies mortelles que sont le SIDA, la fièvre Ebola, la dengue sévère ou le Chikungunya. Avec la Covid-19, nous allons disposer en moins d’un an de vaccins présentés comme efficaces grâce à une procédure accélérée et à la suite d’essais cliniques réalisés par les fabricants à qui on est prié de faire confiance. Il est difficile de croire qu’on peut obtenir les mêmes garanties de sécurité à l’issue d’essais cliniques menés sur quelques sites pendant quelques mois qu’avec des essais menés sur de nombreux sites différents pendant plusieurs années. On se rappellera l’épisode du vaccin développé en urgence par GlaxoSmithKline lors de l’épidémie de H1N1 en 2009. Au bout de deux ans d’utilisation généralisée de ce vaccin en Finlande, le système de vaccino vigilance avait mis en évidence un risque de narcolepsie au cours des 6 mois qui suivaient l’injection chez les enfants et les adolescents. Une étude publiée par le British Medical Journal en 2013 a confirmé ces résultats pour le Royaume-Uni. Il y a au total 1500 cas de narcolepsie en Europe et 80% des victimes sont des enfants.[note] Pour rappel la narcolepsie est une maladie neurologique chronique et incurable qui se manifeste sous la forme d’une somnolence brutale et aiguë apparaissant n’importe quand au cours de la journée et n’importe où. Elle endommage la fonction mentale et la mémoire et ne peut être soignée qu’au prix de traitements médicamenteux coûteux.
  2. Les vaccins qui seront disponibles très prochainement, produits respectivement par Pfizer/BioNTech etModerna auxquels il faut ajouter Curevac, sont d’un type nouveau. Ils font appel aux biotechnologies en injectant l’ARN codant la protéine virale pour faire produire l’antigène du virus infectieux par les cellules de la personne vaccinée. Il s’agit là d’une première pour laquelle des risques d’une nature spécifique sont à craindre. Comme le fait remarquer le généticien moléculaire Christian Velot dans une note d’expertise récente effectuée comme président du Conseil scientifique du CRIIGEN, les risques d’apparition de virus recombinants et de mutagenèse insertionnelle sont réels. Mais il insiste sur le fait que l’immunité anti-vecteur viral peut aussi directement interférer avec l’efficacité vaccinale recherchée.Il en conclut que les candidats vaccins actuels nécessitent une évaluation sanitaire et environnementale approfondie incompatible avec l’urgence.[note] Or cette évaluation n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu si rien ne change. Dans le but d’accélérer la mise sur le marché de ce type de vaccin, le Conseil des Ministres de l’Union européenne et le Parlement européen[note] ont adopté le 15 juillet dernier, selon une procédure d’urgence, sans débats ni amendements, un règlement permettant aux producteurs de vaccins contre la Covid-19 d’échapper à l’exigence de procéder préalablement à une étude d’impact environnemental et de biosécurité. Cette dérogation à la législation OGM viole totalement le principe de précaution, principe de base du traité de fonctionnement de l’Union européenne.*Seule une petite minorité de députés a osé s’opposer à cette décision. S’ajoute ici au risque de non prise en compte des effets secondaires en conséquence du peu de recul dont on disposera, le risque écologique et en fin de compte sanitaire lié à la propagation possible de virus recombinants potentiellement plus dangereux que le virus que l’on prétend combattre. Un recours en annulation de ce nouveau règlement européen auprès du Tribunal de l’Union européenne a été introduit par six associations (la CNMSE, Terra SOS Tenible, LNPLV, EFVV, AIMSIB et Children’s Health Defense Europe) considérant que rien ne justifie l’abandon du principe de précaution sous prétexte d’urgence.
  3. Les négociations menées par la Commission européenne avec les firmes pharmaceutiques se sont déroulées dans la plus grande opacité, ce qu’a dénoncé à plusieurs reprises la députée européenne Michèle Rivasi: ni les accords de pré-achat négociés en secret, ni les données brutes des essais cliniques, ni les critères d’efficacité retenus, ne sont disponibles. Ce qui semble acquis, à tout le moins, c’est la clause, selon laquelle la responsabilité des produits défectueux incombera bien aux producteurs mais pas les dommages et intérêts consécutifs aux effets secondaires indésirables, lesquels seront à charge des États! Il est assez évident que les grands gagnants dans cet accord sont de toute manière les producteurs de vaccins à qui on garantit un marché captif sans risques financiers.
  4. Le postulat de base, lorsque des négociations sont entamées entre deux parties, est celui de la bonne foi qu’on prête à ses interlocuteurs. À cet égard, on est en droit de s’interroger sur la confiance qu’on devrait accorder aux déclarations des firmes pharmaceutiques productrices de vaccins. S’agissant plus précisément de Pfizer, il est avéré que des condamnations multiples ont frappé cette société au cours des 15 dernières années[note]. Signalons notamment que Pfizer a plaidé coupable dans une affaire de publicité mensongère relative à plusieurs médicaments aux USA en 2009 et a payé une amende de 2.3 milliards de dollars pour éviter tout jugement. Il est juste de dire que Pfizer n’est pas le mouton noir de l’industrie pharmaceutique; la plupart de ses concurrents présentent un palmarès qui n’est guère plus flatteur. On est à la recherche d’un mouton blanc.
  5. Il faut se méfier des effets d’annonce. C’est la conclusion qui s’impose lorsqu’on se penche sur la longue liste des espoirs déçus après les déclarations prématurées sur l’efficacité de vaccins en voie de commercialisation. Deux épisodes particulièrement dramatiques ont eu lieu récemment. Ils sont révélateurs du caractère intrinsèquement dangereux d’une course aux vaccins qui en arrive à oublier les principes éthiques fondamentaux de la recherche médicale.

Le cas de la dengue hémorragique: des essais cliniques bâclés

En 2015, un vaccin mis au point par Sanofi s’annonçait comme un miracle d’ampleur planétaire. C’était une première mondiale, après vingt ans de recherche et 1.5 milliard d’euros d’investissement. Dès cette annonce, des voix se sont élevées dans la communauté scientifique pour alerter sur les résultats non concluants des premiers essais cliniques. Le gouvernement des Philippines, enthousiasmé, a lancé une campagne de vaccination qui s’est révélée désastreuse: 500 enfants sont morts et plusieurs milliers victimes d’hémorragies sévères. Il est apparu que le risque de dengue sévère était 7 fois plus élevé chez les enfants de moins de 5 ans vaccinés que chez les non vaccinés. Les essais cliniques en phase 3 après ré-analyse, ont montré qu’il n’avait pas été tenu compte des antécédents de la dengue. Le programme a finalement été interrompu.

Un vaccin contre le paludisme en cours d’expérimentation en Afrique[note]

En janvier 2020, un article publié dans le British Medical[note] et signé par plusieurs épidémiologistes expérimentés et connaisseurs du contexte africain, révèle les effets adverses du vaccin de GSK, Mosquirix, en cours d’expérimentation en Afrique depuis quelques années.

Après avoir recherché les effets adverses avec acharnement dans les rapports échangés entre l’industriel et les autorités sanitaires (OMS et Agence Européenne du médicament), les auteurs ont conclu comme suit: « les données de toxicité sont catastrophiques: plus de méningites, plus de malarias cérébrales et doublement de mortalité féminine chez les vaccinés ».

Il eut été logique d’arrêter aussitôt l’expérience, au vu de ces résultats désastreux. Mais, la décision fut tout autre: lancer une nouvelle étude pour vérifier si le vaccin augmentait vraiment le risque de malaria cérébrale (souventmortelle) et la mortalité des bébés filles vaccinées.

Pire, cette nouvelle étude a été programmée sans le consentement éclairé des parents, avec l’argument fallacieux que le fait de confier son bébé à des soignants constituait un consentement implicite. Cette violation manifeste des règles de l’éthique médicale a été dénoncée dans un nouvel article du BMJ le 24 février 2020[note].

En guise de conclusion

Tous les faits évoqués ci-dessus concordent pour provoquer de légitimes interrogations sur la pertinence d’une campagne de vaccination dans un contexte où les informations relatives à l’efficacité des vaccins sont strictement publicitaires et peu explicites et où les risques éventuels pour les personnes vaccinées sont ignorés. Plus grave encore est le saut dans l’inconnu que constitue l’utilisation à grande échelle de vaccins à ARN.

Renforcer le système immunitaire de tous est un choix qui ne comporte aucun risque : réduire les pollutions qui affaiblissent l’immunité, assurer à tous l’accès à une alimentation saine et équilibrée, inciter au recours à des supplémentations utiles, vitaminiques ( vitamine D) et sous forme d’oligo-éléments (zinc), encourager à une bonne hygiène de vie ( exercices physiques réguliers, et sorties au grand air) constituent un plan pour l’immunité où tout le monde gagne… sauf les multinationales du médicament et les pollueurs de toutes catégories

Rappelons que la vaccination est un acte médical. A cet égard, il exige une information rigoureuse et objective des risques éventuels que court chaque patient au regard des bénéfices attendus. En outre, il s’agit d’un acte médical préventif. A défaut de données fiables sur l’efficacité du vaccin pour chaque personne prise individuellement, il faudrait au minimum pouvoir justifier ses avantages pour la société dans son ensemble, vu le coût élevé de l’opération et l’absence de prévisions fiables disponibles. Nous sommes priés de croire au bien-fondé d’un choix en restant aveugles et sourds à tous les signaux qui nous mettent en garde.

Une autre politique de prévention est pourtant à notre portée. Renforcer le système immunitaire de tous est un choix qui ne comporte aucun risque : réduire les pollutions qui affaiblissent l’immunité, assurer à tous l’accès à une alimentation saine et équilibrée, inciter au recours à des supplémentations utiles, vitaminiques ( vitamine D) et sous forme d’oligo-éléments (zinc), encourager à une bonne hygiène de vie ( exercices physiques réguliers, et sorties au grand air) constituent un plan pour l’immunité où tout le monde gagne[note] … sauf les multinationales du médicament et les pollueurs de toutes catégories. Assez curieusement, tout cela est absent du discours des responsables politiques et des experts.

Un dernier mot pour la fin: le vaccin contre le virus de la grippe saisonnière est disponible et largement recommandé depuis des décennies. Il n’a jamais éradiqué le virus ni empêché les milliers de décès annuels dus à cette grippe.

Paul Lannoye, Membre du Bureau du Grappe ASBL. Ancien président du Groupe des Verts au Parlement européen. Article publié originellement sur le site du GRAPPE, grappebelgique.be

Qui nous invite en premier pour parler de la censure d’État belge?… La France!

https://www.radiolarzac.org/freestyle-intempestif-alexandre-penasse-15-decembre/
Belgique VS France, même combat ? Discussion avec Alexandre Penasse, journaliste belge indépendant, autour de la question de la liberté de la presse.
Interview effectuée par Philippe, diffusée le 15 décembre 2020.

Le Larzac plus précisément.

Alors qu’aucun journaliste belge n’a réagi publiquement à notre appel (https://youtu.be/UHkr8Owut7U) aux journalistes (on n’a rien vu en tous cas), Philippe de Radio Larzac nous téléphonait il y a quelques jours pour faire une interview avec Alexandre. Ça en dit long, non?

Larzac, terreau révolutionnaire, sait reconnaître quand chez ses amis belges ça a le même goût de censure, de pouvoir, de cette « liberté de la presse » devenue le slogan de ceux qui n’ont que la liberté de défendre leurs maîtres.

À écouter ici: https://www.radiolarzac.org/freestyle-intempestif…/

Les bons conseils de Marc Van Ranst en cas de pandémie

Le Royal Institute of International Affairs, plus souvent appelé Chatham House, né en 1920, est l’un des think tanks (groupe de pression) les plus influents au monde, avec le groupe Bilderberg ou la Commission Trilatérale. Ces dernières, « Officines du Nouvel Ordre Mondial »* (…), « véritables structures parallèles de réunion, constituant la toile de fond des rencontres annuelles de la Banque Mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’OCDE ou encore du G8 (…), participent , en coulisses, de la réglementation de l’agenda politique , économique et militaire »*.

« Véritable institution au service des multinationales »*, c’est là que Marc Van Ranst décidera de donner une conférence le 22/01/2019. Ce dernier a été dès 2007 responsable pour la planification de réponse aux pandémies de l’influenza, épinglé pour des conflits d’intérêts avec des multinationales pharmaceutiques. Depuis le début du coronavirus, il fait partie des groupes qui conseillent le gouvernement pour la gestion de la pandémie; il est donc un personnage clé dans les décisions politiques qui sont prises.

Celui qui est omniprésent dans les médias depuis mars 2020, nous révèle donc lors de cette conférence quel est son véritable « plan pandémie » et au service de qui il le met en œuvre. Pas pour le peuple belge, c’est certain, mais plutôt pour les multinationales et les politiques qui les servent.

* Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus. États, capital et médias à l’heure de la mondialisation.

Appel aux journalistes

Suite à la censure inacceptable dont Kairos a été l’objet le 27 novembre en conférence de presse, après huit mois d’interdiction d’y participer, nous demandons aux journalistes de se positionner.

Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

Charte de Munich sur les droits et les devoirs du journaliste

Prenez vos responsabilités. C’est le moment. Soutenez la presse libre pour qu’elle puisse continuer son travail.

Pour une explication de cette censure d’État: https://youtu.be/4U8YFk5xB_w

RÉACTION À UNE CENSURE D’ÉTAT

Lorsque le 27 novembre, le journaliste de Kairos est censuré en pleine conférence de presse, l’acte en lui-même répond à une logique: la manipulation de l’opinion publique visant à assurer la fabrication du consentement.

Mais ce qu’il y a de formidable dans cette censure que nous subissons, c’est que ceux qui la mettent en place cafouillent, font des erreurs. Et cela se voit.

Retour sur un cas de censure avéré, bafouant l’article 25 de la Constitution belge et la Charte de déontologie de Munich, adoptée par la Fédération européenne des journalistes. Notamment.

Partagez massivement, car ce ne sont pas ceux qui se gargarisent constamment avec leur « liberté des médias » qui vont en parler. En effet, c’est le silence de leur part depuis le 27 novembre. Leur force de frappe, c’est-à-dire leur pouvoir de diffusion et de contrôle du réel perçu, leur permet d’occulter la réalité et de continuer à nous faire croire qu’ils constituent un quatrième pouvoir, alors qu’ils sont les serviteurs des dominants.

La question que vous n’avez pas pu entendre

Le 27 novembre, lors de la conférence de presse du Comité de concertation, alors que le journaliste de Kairos, Alexandre Penasse, posait sa question, la régie lançait le générique de fin et coupait le direct. Nous avions heureusement un dictaphone, ce qui nous a permis d’avoir la question complète, et la « réponse » d’Alexander De Croo.

Voici donc la question que les Belges n’ont pas pu entendre. Pour Alexander De Croo, nous serions en train de « nier la réalité ». Sans importance donc pour le gouvernement.

Ou trop important…

De quoi demain sera-t-il fait ?

Nous n’y arrivons pas : l’État répressif accentue son emprise, ferme nos lieux de socialité, met au pas l’Université, attaque la culture, interdit les promenades en forêt[note] ou les réunions non digitales, masque les élèves dès six ans… Face à une telle déferlante de caractère de plus en plus ouvertement dictatorial, où se situe la difficulté actuelle qui nous empêche de nous exprimer contre l’État et ceux qui tiennent les médias — entre autres — sans être traités de « complotistes[note] » ?

À un moment du raisonnement — nous ne parlons ici que des raisonnements qui s’appuient sur des faits incontestables par le pouvoir lui-même, tels que le budget de la Santé comparé à celui de l’armée, ou la croissance de la dette du pays —, il « manque » quelque chose. Nous allons dire ici ce qu’il manque, notamment dans le discours des scientifiques critiques qui osent s’exprimer et qui, hélas, se cantonnent à leur seul domaine de compétences. Comme si l’adversaire, lui, les cantonnait à leur domaine de compétences : en traitant Alexandra Henrion-Caude ou Jean-François Toussaint de conspirationnistes, le Pouvoir — l’État, les médias dominants mais aussi le qu’en-dira-t-on des réseaux prétendument sociaux — les propulse dans un autre domaine d’expertise que le leur : la politique, tout simplement. Or, les scientifiques s’auto-bâillonnent de peur de déborder de leur domaine d’excellence. Laissant ainsi un boulevard à leurs adversaires, ces experts sont précipités dans le chaudron du rejet médiatique pour cause de conspirationnisme, ce qui anéantit toute discussion.

Pourtant, il n’est pas si difficile de nous engager sur le véritable champ de bataille, qui n’est pas celui de la pandémie, ni d’ailleurs celui du vaccin ou de l’imposition de la 5G. Si la politique actuelle se limitait à cela, pourquoi donc l’État profiterait-il de la pandémie et du confinement pour imposer des lois liberticides, une mise au pas extrêmement musclée de l’Université, une attaque sans précédent dans les derniers trois quarts de siècle contre la culture ? Nous avançons ouvertement — et non pas « à bas bruit » comme le pensent encore certains qui ne veulent pas voir la réalité en face — vers un régime de type dictatorial, dont la seule nouveauté réside dans le fait qu’il prend pour prétexte une pandémie et qu’il se construit sous un régime dit républicain en utilisant ses « faiblesses » du point de vue de la démocratie. L’origine du virus, chauve-souris, pangolin, Institut Pasteur, laboratoire P4 de Wuhan ou autre, ne nous intéresse strictement pas. Car ce qui nous menace est bien plus important, bien plus inquiétant aussi : une crise de Valeurs — nous écrivons ce mot avec une majuscule et nous allons nous en expliquer —, crise fondamentale, infrastructurelle, dont nous sommes les jouets et les victimes.

En effet, ce qui se joue désormais n’est pas une crise sanitaire. Ce n’est même pas seulement une crise politique, économique ou financière. Une « crise de civilisation », entend-on parfois, mais le terme est erroné, car de quelle civilisation peut bien naître une telle crise ? Une civilisation si destructrice que nous ne nous inquiétons pas, pour notre part, de sa disparition. Nous ne vivons rien moins qu’une crise fondamentale des Valeurs qui font qu’une société existe et tient, qu’elle respecte le vivant et les individus qui la composent. Nous prenons le mot « Valeur » au sens précis que lui a donné Gérard Mendel : « Est Valeur à notre sens seulement ce que la progression du déconditionnement à l’Autorité aura permis d’asseoir collectivement » (Pour décoloniser l’enfant, 1971).


Or, il se trouve que personne, dans ce débat, n’est « déconditionné vraiment à l’Autorité ». Ne parlons pas de ceux qui exercent le Pouvoir pour notre plus grand malheur, puisque eux en sont obsédés et amoureux, de cette Autorité. Parlons des scientifiques qui pensent que leur autorité n’a de sens que reliée aux compétences reconnues qu’ils ont dans leur domaine. Mais non ! Ces experts devraient plutôt, une fois qu’ils ont mis en évidence les incohérences gravissimes du Pouvoir dans la gestion de la crise, dépasser cette limite qu’ils s’imposent et dire, non pas n’importe quoi, non pas des prédictions sur l’avenir qui sont un piège pour tout le monde, mais ce que montre la convergence des décisions prises, en matière de pandémie et dans d’autres domaines. Que sont ces décisions ? Vers quoi convergent-elles ?

Survie digitale


Interdiction de fait d’un lien direct, durable et quotidien avec le vivant (campagne, forêts, mer, montagne) par le biais des limitations aux déplacements ; réduction des relations sociales à des connexions digitales (fermeture des lieux de socialité comme les cafés, interdiction des réunions hors visioconférences, incitation à l’utilisation toujours plus poussée des réseaux prétendument sociaux…) ; quasi-annihilation de la culture non digitale ; mise au pas et digitalisation de l’Université ; distanciation sociale (mais pas la bonne, qui serait « Distancez-vous d’un Maître ! »…) ; progrès considérables de la virtualisation de la monnaie (généralisation du paiement sans contact, qui signifie une acceptation d’un contrôle total sur nos échanges), et ainsi de suite : nous sommes tous au courant de cela. Le point commun se dit : tous vers la survie digitale.

La gestion de la pandémie n’a donc pas pour but d’imposer la 5G ni un vaccin qui ne sont que des épiphénomènes d’une politique beaucoup plus profonde : l’attaque contre des Valeurs porteuses d’émancipation, attaque par l’imposition de relations entre les êtres digitalisées, par le biais du smartphone notamment. Il s’agit d’une attaque frontale contre notre vie sociale, notre culture, notre capacité à penser, notre lien avec le vivant. En effet, le vivant ne s’est jamais accommodé de la distanciation, une notion qui n’a aucun sens dans la vie quotidienne. La distanciation sociale, le confinement, le port du masque sont plusieurs aspects d’un programme politique et éthique unique : la réduction de notre vie à une survie qui serait viable à travers la digitalisation de toute relation (à autrui, à la culture, etc.). La biosécurité est entrée dans nos vies, et voudrait nous contraindre à élever la survie au rang de valeur sociale. À partir de là, c’est à chacun.e d’entre nous de prendre ses responsabilités, et d’assumer sa part du refus, la plus importante possible et surtout toujours en extension (la part du colibri est fort sympathique, mais s’en tenir là n’est pas à la hauteur des défis que nous pose un pouvoir très oppressif, telle que l’est devenue la prétendue démocratie républicaine). Plusieurs stratégies politiques, sociales, éducatives et culturelles sont valables, de la pétition pour l’ouverture des commerces non digitaux (meilleur paradigme que celui de savoir si tel commerce est ou non essentiel) jusqu’à l’organisation d’un refus massif du port du masque par les personnes saines, par exemple, ou à la dénonciation de la politique réelle qu’impose le pouvoir dans l’école, dans la rue, etc.

L’année 2020 aura enfin discrédité les stratégies collapsologistes, lesquelles n’ont produit que du découragement, ainsi que, bien entendu, les partis politiques traditionnels. Mais du défaitisme subsiste, qu’il faut dépasser. Le vide devant lequel nous nous trouvons produit, chez nous, un effet de sidération dont nous commençons peu à peu à sortir. Cette fois, il s’agit de cesser d’avancer dans les mauvaises directions. L’axe ne peut être que de contrer, par tous les moyens nécessaires et selon toutes les stratégies de fond, cette tentative de destruction des Valeurs qui structurent notre désir d’émancipation et de liberté, afin de retrouver les libertés factuelles (de se déplacer, se réunir, etc.) nécessaires à ce processus d’émancipation. Max Stirner écrivait, dans L’Unique et sa propriété,que l’insurrection « entraîne comme conséquence inévitable le renversement des institutions établies […] ; elle est l’acte d’individus qui s’élèvent, qui se redressent, sans s’inquiéter des institutions qui vont craquer sous leurs efforts ni de celles qui pourront en résulter ». Soulevons-nous donc, et ne faisons pas que nous indigner, car cela est désormais insuffisant.

Mise en perspective des chiffres Covid

Quel bilan pour cet épisode épidémique ? Quelle efficacité peut-on attribuer aux mesures sanitaires ?

Cette analyse est établie sur base du rapport épidémiologique Sciensano en date du 30/11/2020[note]

Ci-dessous, nous allons analyser les graphiques épidémiologiques de la covid publiés par Sciensano, dans l’ordre : 1 le nombre de cas, 2 et 3 les hospitalisations, 4 les patients en soins intensifs, 5 la mortalité.

  1. Le nombre de cas

La diminution du nombre de tests positifs continue et passe sous la barre des 2.400 par jour en moyenne hebdomadaire. Il ne s’agit pas toujours de « cas » au sens clinique du terme et la majorité présente des formes bénignes de la maladie (95%). Ce pic de positifs n’est absolument pas comparable à celui de mars-avril où l’on ne testait que les patients arrivés à l’hôpital à des stades très avancés. Le nombre de tests réalisés se stabilise aux alentours de 200.000 par semaine.

Le pic épidémique touchant à sa fin, nous pourrons évaluer, plus loin dans cette analyse, les différents indicateurs depuis le début de cet épisode automnal.

Nous pouvons cependant d’ores et déjà relativiser l’importance cette épidémie en comparant les nouvelles hospitalisations attribuées au covid avec le nombre de « nouvelles grippes » déclarées par le système sentinelle, basée sur les médecins généralistes. L’une et l’autre sont exprimées par semaine et par 100.000 habitants dans le graphique ci-dessous publié par Christophe de Brouwer, professeur à l’École de santé publique de l’ULB. La visualisation donne immédiatement des ordres de grandeurs du problème lié aux infections respiratoires aigües dont fait partie notamment le sars-cov-2. Nous prenons les hospitalisations covid comme point de repère et non les « cas » recensés étant donné la fiabilité douteuse de la méthode de détection par PCR, que nous allons aborder au point 3.

  1. Les hospitalisations

La courbe des hospitalisations classées « covid » poursuit également sa descente. Ce que nous pouvons dire en chiffres du sommet de ce pic épidémique :

  • Les patients covid ont occupé, au paroxysme de cet épisode, 7.500 lits, soit environ 20% de l’ensemble des lits disponibles en clinique sur tout le territoire (37.000) ou 94% des 8.000 lits potentiellement disponibles pour les cas covid[note].
  • Les 880 hospitalisations classées « covid » enregistrées lors du pic des admissions au 3 novembre représentent environ 70% des quelques 1.200 contacts hospitaliers quotidiens habituellement recensés pour plaintes respiratoires, selon les données de 2017 du SPF Santé publique[note].
  • À noter également que la répartition des hospitalisations ne fut pas homogène : Bruxelles et la Wallonie ont supporté les 2/3 des hospitalisations covid.

La menace exposée par les experts ayant conduit les autorités politiques à durcir les mesures sanitaires durant le mois d’octobre est celle de la saturation des hôpitaux. Bien que la situation ait été effectivement très tendue dans les unités covid, on constate que les hôpitaux n’ont manifestement pas été saturés ! Le fait d’attribuer cette inflexion aux mesures sanitaires prises par les autorités est tout à fait fallacieux. En effet, le pic épidémique de cet épisode automnal semble avoir été atteint aux alentours du 23 octobre, comme montré lors de la mise en perspective de la semaine 44[note].

Ceci peut être mis en évidence par le graphique Sciensano ci-dessous où un paramètre majeur de la quantification de l’épisode épidémique, à savoir le taux de positivité des tests covid, atteint son pic aux alentours du 25 octobre.

Graphique du nombre de tests quotidiens effectués ainsi que leur taux de positivité (nbp1)

S’il est communément admis qu’il s’écoule généralement un délai de 10 à 15 jours entre des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation du sars-cov2 et ses effets escomptés[note], l’impact de ce nouveau confinement sur l’évolution de l’épidémie est fortement discutable, pour ne pas dire absolument nul. On pourrait tout au plus attribuer un éventuel effet des mesures prises début octobre, mais celui-ci reste à démontrer. Il n’en reste pas moins que les mesures les plus coercitives prises après la seconde moitié d’octobre ne peuvent pas être à l’origine de l’inflexion des indicateurs constatés au cours du mois de novembre. Le plus évident est que ce pic épidémique d’automne s’est exprimé au travers des divers indicateurs sous la forme d’une banale courbe en cloche sur laquelle les restrictions imposées à la population n’eurent vraisemblablement que peu d’effet.

  1. Les caractéristiques de cet épisode épidémique

Cet épisode épidémique d’automne est-il de même ampleur que le premier ? A priori, le pic des hospitalisations dépasse celui du mois de mars, mais la mortalité ainsi que la létalité de cet épisode sont plus faibles. De plus, l’apparition des maladies respiratoires saisonnières (automne-hiver) implique davantage de suspicions de cas cliniques covid. Les tests PCR, dont la sensibilité très élevée et la spécificité non absolue ne sauront pas toujours distinguer la covid des autres infections respiratoires saisonnières.

Il est important de noter qu’en fonction de la sensibilité des tests PCR, les tests positifs à la détection du sars-cov2 peuvent n’avoir aucune signification médicale lorsqu’ils sont systématisés de manière aussi importante. En effet, certaines études montrent une proportion très élevée de positifs non pertinents sur le plan clinique lorsque le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR dépasse 30[note]. Et en Belgique, le nombre de cycles d’amplification (CT) de la PCR va de 30 à 35[note].

Récemment, une étude parue dans le journal Clinical Infectious Diseases[note] a montré, par des expériences de cultures virales du sars-cov2 issues de patients testés positifs à la PCR, qu’au-delà de 30 CT il y a 70% des tests positifs pour lesquels on ne peut pas cultiver le virus car les traces détectées sont non viables, et par conséquent non contagieuses. A partir de 35 CT, c’est dans 97% des tests positifs qu’il n’y a aucun virus vivant !

Cela pose d’énormes questions sur la fiabilité des tests RT-PCR pour déterminer si une personne est malade ou même contagieuse.

Si les cycles CT des PCR réalisés sont trop élevés, les tests sont hypersensibles et ne peuvent donc pas déterminer, même en étant positifs, si le patient est bien malade de la covid.

Tous ces malades étiquetés «covid», qu’ils soient réellement atteints ou non de cette maladie, engendreront de fait une saturation rapide du système hospitalier en raison de la lourdeur protocolaire de leur prise en charge.

Ajouter à cela que certains patients admis pour toute autre chose que la covid, subissent des tests PCR, et s’ils sont positifs, ils sont répertoriés “admission hospitalière covid” !

Plus éloquent encore, cet article de Corman-Drosten Review Report[note] qui relèverait 10 failles scientifiques majeures au niveau moléculaire et méthodologique du test RTPCR pour détecter le sars-cov2 !

La conclusion de cet article évoque, je cite, les « énormes défauts et erreurs de conception du protocole de PCR… » De quoi remettre sérieusement en question cet outil diagnostic !

Quelle serait l’origine de cette recrudescence épidémique de covid ?

  • L’une des hypothèses semblant se confirmer par diverses constatations et études épidémiologiques est qu’un nouveau variant du sars-cov2 originaire d’Espagne se serait diffusée à travers l’Europe occidentale[note][note].
  • Une autre hypothèse pouvant être complémentaire à la première et partagée par Christophe de Brouwer serait une modification de la transmission virale (l’infectiosité) causé par les mesures NPI (non pharmaceutical intervention), tels que le lock-down/confinement, la fermeture des lieux sociaux, etc.[note]. Ces dernières auraient laissé des « zones vierges » en termes de susceptibilité immunitaire ayant fait office de « nœuds de transmission » propice à la diffusion du virus lors de ce deuxième épisode épidémique.
  • Une dernière hypothèse venant compléter les précédentes a été mise en évidence par les travaux de l’IRMES en collaboration avec l’Université de Toulouse qui, dans une étude observationnelle[note], a pu déterminer que la température ambiante extérieure aux alentours des 10°C favorisait, entre autres, une propagation plus rapide du sars-cov2, ce qui pourrait nous amener à penser que ce virus émergeant entrerait dans un phénomène de saisonnalité avec des pics épidémiques en début de printemps et en milieux d’automne.
  1. Les patients en unités de soins intensifs

Le nombre de patients en soins intensifs (USI) est également en train de diminuer. Les patients « covid » en USI ont atteint à leur paroxysme le nombre de 1.475 sur l’ensemble du territoire. C’est à peu près 70% de la capacité en lits de soins intensifs en Belgique (environ 2.000).

Concernant l’état de saturation des unités de soins intensif en Belgique, ce n’est malheureusement pas non plus une situation exceptionnelle. Selon les dires du docteur Philippe Devos, intensiviste au CHC Liège, lors du pic épidémique de grippe du mois de janvier/février 2020, le taux d’occupation des lits en USI était de plus de 90%! Et ce, par des patients ayant développé des complications à la suite d’un état grippal sévère[note].

Il est aussi impératif de mettre en évidence le fait que les tableaux cliniques covid sont nettement moins sombres qu’en mars/avril. La proportion de patients ventilés a clairement diminué, les intubations ne se font qu’en ultime recours et ne constituent plus que 60% de la prise en charge des patients en USI contre plus de 80% en mars/avril. Cette amélioration en termes de « lourdeur » des cas est très certainement dû à une meilleure prise en charge des patients en amont grâce à une connaissance plus approfondie de la maladie ainsi qu’à l’instauration de traitements comme les anti-coagulants, les corticoïdes ou l’oxygénothérapie qui réduisent les passages en USI et leur gravité.[note]

Et ceci se confirme par une plus faible mortalité covid à l’heure actuelle.

  1. La mortalité

La mortalité « covid » est désormais aussi en baisse, l’intensité de ce pic est 34% moins important que le précédent.

On constate donc, fort heureusement, une mortalité covid moins importante que lors de l’épisode précédent, ce qui est une preuve majeure d’une moindre gravité de cet épisode. Je vous renvoie donc au graphique ci-dessous qui concerne les données de mortalité générale pour la Belgique : il y a, jusqu’au 15 novembre, une notable surmortalité générale en ce qui concerne cet épisode épidémique d’automne 2020 par rapport aux années précédentes, mais moins importante qu’en mars/avril.

Graphique des données de mortalité globale en Belgique pour 2020 établi par Statbel[note]

Il est donc indubitable que cet épisode a engendré une surmortalité ponctuelle significative en Belgique. Mais qu’en est-il chez nos voisins où le même sars-cov2 était en circulation ?

Au niveau européen, globalement, en termes d’impact sur la mortalité globale, cet épisode épidémique est nettement moins important que le premier et est de l’ordre d’un épisode de grippe hivernal comme l’on peut le constater sur ce graphique des données de mortalité récoltées parmi 26 pays européens[note].

Mortalité globale européenne, source : Euromomo (nbp 17)

Il est déplorable de constater que parmi tous nos pays voisins, la Belgique affiche le taux de létalité le plus haut après la France, sur qui, par ailleurs, nos dirigeants sont souvent prompts à copier les décisions en matière de politiques sanitaires.

Le taux de létalité apparent (décès sur nombre de cas) de la covid en Belgique est de 2,95%, là où il est de 1,59% pour l’Allemagne, 1,72% pour les Pays-Bas et 0,92% pour le Luxembourg. Seule le France affiche un taux proche de la Belgique avec 2,38%.[note]

À rappeler que le taux de létalité réel de la maladie est estimé entre 0,3 et 0,65% par l’OMS et le CDC américain[note][note].

Ce faisant, il serait réellement temps de s’interroger sur les stratégies de gestion de cette crise sanitaire compte tenu des résultats dramatiquement calamiteux affichés par le Royaume en comparaison avec ses voisins. Ces derniers ayant une sociologie, un niveau de vie ainsi qu’une démographie comparable.

Voici une carte européenne de la mortalité covid par 100.000 habitants.

Et la Belgique apparaît en orange foncé avec le triste record mondial de 144 décès covid par 100 000 habitants !

Carte européenne de la mortalité Covid par 100 000 hab[note]

Que se passe-t-il donc en Belgique concernant la gestion de la covid ?

Des remises en question doivent être amenés sur la politique de gestion sanitaire en Belgique. Tout d’abord, les mesures de confinement drastiques sont-elles vraiment efficaces ?

Comparons les graphiques d’excès de mortalité (nbp17) de pays ayant adopté la stratégie du confinement par rapport à d’autres plus souples en la matière. Les premiers sont des pays ayant appliqué des mesures de confinements strictes et généralisés : la France, l’Espagne, l’Autriche et la Belgique. Les seconds sont des pays voisins et comparables n’ayant pas appliqué de confinement, ou l’ayant appliqué de manière localisée voire assouplie : L’Allemagne, le Portugal, la Hongrie et les Pays-Bas.

Graphiques d’évaluation de l’excès de mortalité (z-score) pour l’année 2020 publié par le Site Euromomo (nbp17)

Sans tirer de conclusions hâtives, on ne peut pas dire au vu de cette brève comparaison que la politique de confinement ait un impact évident sur la mortalité globale.

En fait, l’efficacité du confinement n’est nullement démontrée : les pays ayant appliqué cette mesure de manière drastique sont parmi ceux qui ont les taux de mortalité par habitant les plus catastrophiques en Europe : Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et France. Ajouter à cela qu’une étude de séroprévalence menée par les autorités espagnoles sur plus de 60.000 sujets a montré que les personnes confinées ont été davantage contaminées que les personnes ayant continué leurs activités professionnelles dans les secteurs essentiels. Des données, confirmées par une autre étude italienne, qui peuvent légitimement mettre en doute la stratégie du confinement comme solution pour faire face à l’épidémie[note][note].

De plus, les preuves de l’inefficacité du confinement sur la mortalité globale semblent confirmées par l’étude française de l’IRMES en collaboration avec l’Université de Toulouse. Les chercheurs ayant analysé les données de 188 pays à travers le monde sur 9 mois n’ont pas observé de corrélation entre rudesse des mesures sanitaires et réduction de la mortalité, certains indices penchant même plutôt pour l’inverse (nbp13). Les dégâts collatéraux des stratégies sanitaires les plus restrictives, tel que le confinement, semblent faire pencher la balance du côté des risques plutôt que des bénéfices. Comme le montrent plusieurs études britanniques qui mettent en évidence une recrudescence sans précédent de cancers tardivement diagnostiqués et de conséquences lourdes sur des pathologies non prises en charge comme les accidents cardiovasculaires. Sans compter les suicides, dépressions et la recrudescence des violences intrafamiliales[note].

Résumé des indicateurs clés de cet épisode épidémique du 15/09/2020 au 30/11/2020

Taux d’hospitalisation (nombre d’hospitalisation par cas recensés) : 4,81%

Proportion des patients hospitalisés admis en réanimation : 20% (0,96% des cas)

Proportion des patients en réanimation sous respirateurs : 60% (0,58% des cas)

Taux de létalité apparent de l’épisode automnal (depuis le 15 septembre) : 1,4%

Age médian des décès : 83 ans

En conclusion, Il semble très probable que le sars-cov2 prenne une tendance à la saisonnalité et qu’une variante particulière soit à l’origine de ce pic épidémique d’automne. Contrairement à ce que la doxa politico-médiatique voudrait distiller, cette recrudescence de l’épidémie n’est pas due à un «relâchement des comportements du citoyen» mais à une évolution classique, identifiable et quantifiable de la dynamique de l’épidémie virale dépendante d’une série de variables au sein desquels les comportements humains ne semblent pas être aussi déterminants que ce que voudrait nous faire croire l’expertocratie politico-médiatique.

Si le pic de l’épidémie de sars-cov2 en Belgique a eu lieu durant la semaine 43 (aux alentours du 25 octobre), c’est à dire avant les mesures les plus coercitives prises par les autorités à la fin du mois d’octobre, cela pose un énorme doute sur l’efficacité et la légitimité des mesures sanitaires gouvernementales. Sans parler de l’énorme aveu, recueilli par un journaliste de la VRT, de la part du Ministre de la santé Franck Vandenbroucke, qui évoque, je cite : « une mesure “psychologique” » en parlant de la décision de fermer les commerces non essentiels[note]! De quoi faire grincer des dents les nombreux citoyens ayant fait les frais de cette décision.

Dans une fuite en avant inconsidérée, notre gouvernement, appuyé par cette expertocratie unanime et dogmatique, aura, sans réellement analyser la situation, replongé le peuple dans un nouveau confinement qui aura très certainement de lourdes conséquences. Sans compter le fait que les mesures restrictives prises par le passé ont même peut-être même pu favoriser l’intensité de cet épisode épidémique !

Une chose est sûre : face au même virus, nos voisins hollandais, allemands et luxembourgeois s’en sont bien mieux sortis que nous, ce qui traduit indubitablement un problème de gestion conséquente de la crise. La Belgique faisant figure de très mauvais élève sur le plan de la mortalité et de la létalité au niveau européen, il semble légitime de s’interroger sur le bien-fondé de mesures sanitaires qui ne donnent que peu de résultats. Pour appuyer cette critique, une déclaration fracassante de Richard Horton, rédacteur en chef de la prestigieuse revue médicale The Lancet, qui a déclaré ce lundi 16 novembre, « Ce système typiquement belge n’a rien donné de bon, il a échoué. Nous aurions pu éviter la plupart de ces 14.000 morts. Des gens sont décédés à cause de l’organisation politique » ! Absolument éloquente, cette sortie se passe de commentaires[note] !

Envers et contre tout, l’appareil politico-médiatique, non content de ne pas remettre en cause ces mesures sanitaires, continue éhontément de verser dans une dialectique culpabilisante du citoyen rendant tacitement ce dernier unique responsable des évolutions de l’épidémie ainsi que des tensions hospitalières. Ces dernières qui pourraient, de l’avis de nombreux praticiens, être évités si des protocoles de prise en charges précoces et de prophylaxie étaient mis en place en ambulatoire[note][note].

Quel bilan pour cet épisode épidémique ?

Il semble mitigé sans pour autant être dramatique au niveau européen, mais il est totalement catastrophique pour la Belgique en comparaison avec ses voisins. La faute probable à une gestion politique calamiteuse de la situation.

Que peut-on conclure sur l’efficacité des mesures sanitaires prises par notre gouvernement ?

Au vu des pistes probantes que nous avons pu suivre, force est de constater au minimum une absence de preuve d’efficacité des mesures restrictives telles que le couvre-feu, la fermeture des commerces et le confinement de manière générale. On pourrait même entrevoir en ce qui concerne la balance bénéfice/risque un penchant pour les risques sans, de surcroît, avoir d’impact significatif sur la mortalité générale.

De quoi sérieusement demander des comptes à nos responsables politiques !

Merci pour votre lecture.

Annes Bouria, pharmacien, membre du collectif Transparence-Coronavirus

https://www.transparence-coronavirus.be

LE KAIROS 47 EST SORTI

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SOMMAIRE

Les questions inévitables
Alexandre Penasse
Page 2

Nucléaire : le confinement de l’information a bien fonctionné pendant huit mois
Paul Lannoye
Pages 3 et 24

Fils de pub
Alain Adriaens
Page 4

Du virus et autres joyeusetés modernes
Jean-Pierre L. Collignon
Page 5

« La réalité est en crise » Entretien avec Christian Godin
Bernard Legros
Pages 6-7-8

DOSSIER
Le « monde d’après ». Le pire du monde d’avant ?
Coordonné par la rédaction
Pages 9 à 18

Un retour des valeurs collectives dans le Nouvel Âge viral ?
Bernard Legros
Pages 10-11

Quand la démocratie est infectée par le Covid-19
Inès Trépant
Pages 12-13

Confinements de la liberté d’expression
Olivier Rouzet
Pages 14-15

Le leurre de la diversité médiatique
Alexandre Penasse
Pages 16-17

Un peu de lait tiède dans le thé brûlant ?
David Tong
Page 18

« Nous sommes des mammifères » Interview de Nancy Huston (2)
Alexandre Penasse
Pages 19 à 21

Vu, lu, entendu
Pages 22-23

Courrier des lecteurs
Page 23

Illustration libre
Page 24

La double pensée politicienne

Frank Vandenbroucke, ministre belge de la Santé, ne répond pas. Il dit blanc dans un contexte, noir dans l’autre. Typique de ces êtres qui fonctionnent comme des machines, ne disent pas ce qu’ils pensent, mais pensent à ce qu’ils disent.

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