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Verzet tegen transhumanisme met de filosofie van de natuur, of Goethe versus Harari

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VIE, CONNAISSANCE ET LIBERTÉ VS TECHNOPHILIE, FANTASMES ET SOUMISSION

Antoine Demant

L’expression du pompier pyromane vient de prendre tout son sens : les promoteurs du surdéveloppement technologique ont signé, fin mars, un appel pour un moratoire de six mois sur la construction de l’intelligence artificielle[note]. Tout un symbole, et l’occasion de se pencher sur un des principaux idéologues concernés, ainsi que de lui opposer une approche tout autre. 

L’appel rassemble des experts en IA, l’entrepreneur Elon Musk, ainsi que l’auteur Yuval Noah Harari. Le but de la démarche se dévoile facilement : demander un encadrement politique du développement de l’IA, pour rassurer les populations ; et une fois ce faux-semblant obtenu, poursuivre tranquillement ce développement. (En effet, la grande majorité des politiciens sont acquis à l’idéologie technophile, on l’a vu année après année.) Ces visées ressortent notamment de la fin de l’appel, qui évoque un « avenir florissant avec l’IA […] pour le plus grand bénéfice de tous »… 

Harari étant l’un des théoriciens principaux de cette mouvance, il est éclairant de s’y intéresser. D’autant qu’il est un des auteurs actuels les plus vendus, et qu’il suscite l’intérêt de gens comme Bill Gates, Emmanuel Macron, ou encore Marc Zuckerberg[note]. De plus, il pense dans une certaine mesure jusqu’au bout des idées qui, sous des formes moins claires, sont très présentes à notre époque. 

LA NÉGATION DE TOUTE INDIVIDUALITÉ 

Le lecteur pressé pourrait ne pas discerner les pensées d’Harari dans leur vraie nature, car elles sont enrobées de réflexions apparemment humanistes. Mais si l’on ne se laisse pas distraire par cet enrobage, les choses apparaissent dans leur radicalité : à savoir, comme une négation totale de l’individualité et de la liberté. 

Quelques extraits essentiels : « De même que le mot « âme », le mot sacré de « liberté » est un terme creux, dépourvu de tout sens discernable.[note] » ; « …l’individu libre n’est qu’une fiction concoctée par un assemblage d’algorithmes biochimiques.[note] » ; « …la pensée libérale a acquis une confiance immense dans l’individu rationnel. Elle a décrit les individus comme des agents rationnels indépendants et a fait de ces créatures mythiques la base de la société moderne. La démocratie se fonde sur l’idée que l’électeur sait à quoi s’en tenir ; […] l’enseignement libéral [estime] que les étudiants pensent par eux-mêmes. Or, on a tort de placer une telle confiance dans l’individu rationnel.[note] » Harari va jusqu’à assimiler l’idéal de la pensée libre au chauvinisme, au machisme et au colonialisme… Il écrit ainsi : « Les penseurs postcoloniaux et féministes ont fait observer que cet “ individu rationnel ” pouvait bien être une chimère du chauvinisme occidental glorifiant l’autonomie et le pouvoir des hommes blancs de la classe supérieure.[note] » 

Au vilain idéal d’une personne visant l’autonomie, tentant de comprendre et de se guider par elle-même, l’auteur d’Homo Deus oppose des visions justes en partie, mais en les tournant d’une manière hautement problématique. Il s’agit surtout de l’importance de la coopération, importance bien sûr indéniable. Mais Harari pousse les choses jusqu’à dénier la possibilité, pour le penseur individuel, de s’orienter vraiment par lui-même (et d’autres courants influents vont aussi dans cette direction)[note] : « …quand nous examinons le passé, nous ne percevons pas de corrélation directe entre l’intelligence […] des individus d’un côté, et le pouvoir de notre espèce, de l’autre[note] » ; « Nous pensons plutôt en groupes. […] Ce qui a donné à Homo sapiens l’avantage […] ce n’est pas notre rationalité individuelle, mais notre capacité sans parallèle de penser ensemble en vastes groupes.[note] » Plus explicite encore : Harari réduit tout choix personnel à un processus instinctif, ne reposant que sur le sentiment. Il écrit ainsi : « Comment l’électeur sait-il que choisir ? Théoriquement, tout au moins, il est censé écouter ses sentiments les plus profonds et s’y fier. […] mon authentique voix intérieure […] me chuchote à l’oreille : “ Vote Cameron ”, “ Vote Modi ”, “ Vote Clinton ”. Ainsi savons-nous qui doit diriger le pays. Au Moyen-Âge, cela serait passé pour le comble de la folie. Les sentiments fugitifs des roturiers ignares n’étaient guère une base saine pour prendre des décisions politiques importantes.[note] » 

Quelles alternatives cet auteur propose-t-il ? Son idée centrale concerne le numérique et ses potentialités, en lien avec les algorithmes (ensembles d’opérations visant à résoudre un problème, surtout en informatique). Pour Harari, tout est algorithme : « …les êtres humains […] sont un assemblage de nombreux algorithmes différents dépourvus d’une voix intérieure ou d’un moi unique.[note] » Ce qui signifie qu’une autre structure matérielle, plus vaste et complexe, pourrait être très supérieure aux individus humains, comme à leurs communautés et sociétés : « …un algorithme extérieur pourrait théoriquement me connaître bien mieux que je ne puis me connaître moi-même. […] Une fois au point, cet algorithme pourrait remplacer l’électeur[note] » ; « Ce n’est pas un scénario apocalyptique. Les algorithmes ne vont pas se révolter et nous asservir. Ils excelleront à prendre des décisions pour nous, au point que ce serait folie de ne pas suivre leurs conseils.[note] » 

Harari donne justement l’exemple, si actuel, de la santé : « Google entend construire une gigantesque base de données sur la santé humaine pour établir le profil de la « santé parfaite ». Identifier même les plus infimes déviations par rapport à la norme devrait permettre d’alerter les gens sur des problèmes de santé naissants. […] En échange de conseils aussi précieux, il nous faudra simplement renoncer à l’idée que les êtres humains sont des individus, que chaque humain a son libre arbitre pour déterminer ce qui est bien, ce qui est beau, et le sens de la vie.[note] » 

LES SOURCES DE LA VISION D’HARARI 

Comment cet auteur en arrive-t-il à de telles visions ? Il est éclairant de se pencher sur le livre qui a fait son succès : Sapiens : Une brève histoire de l’humanité[note]. Cet ouvrage se limite à une présentation des conceptions aujourd’hui classiques en matière d’évolution, qui remontent à Darwin surtout. Y a-t-il des liens entre ce livre et les suivants ? Oui, très explicitement. (Notons bien que l’intention n’est pas ici de remettre en cause les phénomènes importants que Darwin et ses héritiers ont contribué à mettre à jour, mais bien leurs tendances réductionnistes.) Harari relie directement les théories de l’évolution à sa négation de la liberté et de l’individualité. (Et si l’on considère la part réductionniste de ces théories, cette liaison est en partie conséquente, comme nous le verrons.) 

L’auteur d’Homo Deus écrit ainsi : « Suivant la théorie de l’évolution, toutes les entités biologiques […] se composent de parties plus petites et plus simples […] Rien de ce qui ne saurait être divisé ni changé ne saurait avoir vu le jour par la sélection naturelle. […] la théorie de l’évolution ne saurait accepter l’idée d’âme, du moins si par « âme » nous entendons quelque chose d’indivisible, immuable et potentiellement éternel. Une telle entité ne saurait résulter d’une évolution par étapes.[note] » Le lien avec la liberté est direct : « les chercheurs ont ouvert la boîte noire de Sapiens : ils ont découvert qu’il n’y avait en lui ni âme, ni libre arbitre, ni “ soi ” ; uniquement des gènes, des hormones et des neurones obéissant aux mêmes lois physiques et chimiques qui gouvernent le reste de la réalité […] Les processus cérébraux électrochimiques qui mènent [à une décision] […] ne sont jamais libres. […] La théorie de l’évolution enfonce le dernier clou dans le cercueil de la liberté. […] Suivant la théorie de l’évolution, tous les choix que font les animaux […] reflètent leur code génétique. Si, du fait de ses bons gènes, un animal choisit de manger un champignon comestible ou de copuler avec des partenaires saines et fécondes, ces gènes se transmettent à la génération suivante.[note] » 

Darwin et ses héritiers ont certes joué un rôle important : en attirant l’attention sur l’adaptation de l’individu aux situations rencontrées, ils ont contribué à dépasser des visions religieuses figées, selon lesquelles l’évolution suivrait un programme qui s’imposerait aux individus ; visions qui induisent passivité comme dirigisme, des institutions pouvant se présenter comme intermédiaires entre l’humanité et l’auteur divin du programme. 

Mais le darwinisme place finalement lui aussi les facteurs de l’évolution en dehors de l’individualité en elle-même. En effet, comme le résume Harari, ces facteurs se limiteraient à des mutations génétiques arbitraires, suivies de sélections, purement mécaniques, des résultats les plus favorables de ces mutations. Ainsi, l’être vivant apparaît ici comme une construction déterminée par les lois de la matière, non comme le porteur d’une vraie individualité, d’une intériorité capable de créativité. Il n’est donc pas étonnant que l’auteur de Sapiens et d’Homo Deus en arrive à envisager une société gouvernée par la technologie et de grandes institutions complexes et centralisatrices. 

TOUT AUTRE CHOSE 

Mais est-il juste que l’idée d’une vraie intériorité, de ce qu’on appelle une âme, serait incompatible avec les découvertes indéniables du darwinisme ? Une telle idée mène-t-elle forcément à celle d’un programme divin ? Eh bien, non. Dès les premiers siècles de l’histoire de la philosophie, des penseurs surent éviter les réductions matérialistes comme les conceptions religieuses figées. On peut mentionner Aristote, des penseurs du Moyen-Âge, de la Renaissance, puis, en particulier, de la philosophie de la Nature des XVIIIe et XIXe siècles. Un des porteurs de ce courant, surtout, a mené des approches tout spécialement fondées sur l’observation attentive, ainsi que sur une pensée la plus indépendante possible (même s’il s’est laissé inspirer par de grands prédécesseurs, comme Spinoza en particulier). Il s’agit de Goethe, qui fut autant homme de science que poète. 70 ans avant Darwin[note], il a développé une approche du monde organique attirant pleinement l’attention sur l’adaptation vivante aux conditions rencontrées, mais sans aucun réductionnisme. Ses travaux scientifiques ont suscité l’intérêt de très grands chercheurs, comme Werner Heisenberg, prix Nobel de physique et l’un des principaux développeurs de la physique quantique. Au sujet de Goethe, il a notamment écrit : « …nous pouvons être certains que cette clarté la plus pure, qui est le but final de la science, était tout à fait familière à Goethe le poète.[note] » Si les travaux scientifiques goethéens restent peu connus malgré l’intérêt de telles personnalités, c’est que celles-ci évoluaient dans différents courants à la fois, y compris les courants dominants ; on a donc surtout retenu d’eux ce qui s’accorde avec ces courants-là. Nous ne pouvons aborder que certains éléments de cette approche, mais cela permet déjà de se faire une idée intéressante. 

Goethe est parti de l’étude de la botanique classique, qui distingue et classe les différentes espèces et organes. Pour lui, cette science passe à côté des relations vivantes et de l’unité. Nous allons nous centrer sur l’une des observations de son livre La métamorphose des plantes : le fait que les divers organes de la plante apparaissent comme des feuilles métamorphosées. Nous verrons ensuite ce qu’on peut en déduire philosophiquement. 

TRANSITIONS VIVANTES ET UNITÉ 

Premier exemple : les pétales se présentent comme des feuilles colorées ; cela ressort du fait que chez certaines plantes, on peut voir des organes qui relèvent à la fois de la feuille et du pétale, en partie verts comme la feuille, en partie colorés comme la fleur, et naissant souvent un peu avant celle-ci ; ces organes apparaissent ainsi comme des étapes intermédiaires entre le feuillage et la floraison. 

Autre exemple : le calice, donc l’enveloppe d’où sortent les pétales, et qui reste visible ensuite, à la base de la fleur. Cette formation apparaît comme une série de feuilles assemblées en couronne. Les organes reproducteurs végétaux, quant à eux, se présentent comme des feuilles contractées ; on le voit chez les fleurs où ils sont remplacés par des pétales, comme chez la rose, dont les pétales centraux sont des étamines transformées. Même le fruit s’avère souvent issu d’une métamorphose des feuilles. C’est clair dans le cas des gousses, qui, quand elles s’ouvrent, révèlent que leurs composants sont comme des feuilles durcies et repliées sur elles-mêmes. 

Le point essentiel que tout cela manifeste est la présence, dans le monde organique, de transitions vivantes ou de métamorphoses, qui font apparaître ceci : contrairement à ce qui se passe dans les phénomènes seulement matériels, les divers organes et phases de la plante ne sont pas dans des rapports d’assemblage, dans des rapports seulement physiques. En effet, dans ces derniers – qu’on trouve le plus typiquement dans les machines –, les éléments agissent les uns sur les autres de manière extérieure, sans entretenir entre eux de relations intérieures. La cohésion de ces éléments est certes fondée dans l’idée du concepteur, mais celle-ci n’agit pas en eux, ils ont seulement été façonnés selon elle. 

Mais dans la plante telle que Goethe la met en lumière, ce qui fait la cohésion s’avère vivant et actif dans toutes les parties, tandis que celles-ci n’interagissent pas extérieurement, mais se muent les unes en les autres. Et cette activité d’une même essence dans chaque organe et phase se révèle par le fait que chacune d’elles manifeste une même forme. Goethe écrit ainsi : « Il m’était apparu que dans cet organe de la plante que nous nommons ordinairement la feuille se dissimule le vrai Protée [dieu grec capable de transformation], qui peut se cacher et se manifester dans toutes les formes.[note] » 

Donc, pour Goethe, la plante ne peut être expliquée par des processus matériels ; il en déduit la présence en elle d’une essence immatérielle, lui donnant sa cohérence. Or, une cohérence immatérielle correspond visiblement à ce qu’on nomme une idée. Ce chercheur écrit ainsi : « …nous ne sommes plus en situation (…) d’opposer l’expérience à l’idée ; bien plus, nous nous habituons à rechercher l’idée dans l’expérience, convaincus que la nature procède selon des idées[note] ». 

En outre, c’est aussi dans le monde végétal dans son ensemble, pas seulement dans la plante particulière, que Goethe a observé les transformations vivantes. Synthétisant ce qui ressort de ses observations en Italie, il écrit : « Les formes végétales […] ne sont pas à l’origine déterminées et fixées ; bien plutôt leur a-t-il été donné, dans leur opiniâtreté générique et spécifique, une heureuse mobilité et plasticité, afin que, dans les conditions si nombreuses qui sur terre agissent sur elles, elles puissent s’adapter, se former et se transformer.[note] » 

LES SENS, DES INSTRUMENTS ESSENTIELS 

Face à cette approche, beaucoup argueront que les causes de tout cela résident au niveau microscopique, surtout génétique. Mais rien ne légitime le fait de négliger toute une dimension de l’expérience sous prétexte qu’une autre dimension serait plus déterminante ; qu’est-ce qui nous permet d’ignorer toute la richesse des formes et mouvements que le monde végétal offre à nos sens, au profit des structures et mouvements de ses composants ? (D’autant que les formes de ceux-ci relèvent de l’hypothèse, car les microscopes électroniques ne permettent pas de perception directe, mais reconstruisent suivant des modèles[note]). En bref, ces réductions reviennent à ignorer l’architecture d’un édifice pour n’étudier que ses matériaux, qui ne sont qu’une des dimensions de la chose. 

Goethe encourage justement à ne pas se limiter à l’observation microscopique, considérant que les 5 sens sont eux-mêmes des instruments essentiels[note]. Dans cet esprit, Heisenberg a écrit de lui que « sa […] tentative de sauver la vérité immédiate de l’impression sensorielle […] est [une tâche] plus urgente que jamais.[note] » 

ÉCLAIRAGES CONTEMPORAINS 

De plus, de grands scientifiques mettent toujours plus en cause le réductionnisme. Par exemple, Richard Strohman écrit qu’ « Il devient de plus en plus clair que la séquence d’information contenue dans l’ADN […] contient trop peu d’information pour déterminer la manière dont les produits des gènes […] interagissent pour produire telle ou telle structure.[note] » Selon Evelyn Fox Keller, l’organisme est le « résultat d’un processus dynamique hautement orchestré, qui requiert la participation d’un grand nombre d’enzymes organisés en un réseau métabolique complexe[note] ». (Or, comme le note Peter Heusser : « Une orchestration implique la détermination active des parties […] à partir du tout.[note] ») Plus interpellant encore : pour Werner Heisenberg, « « l’objet en soi » […] n’est finalement qu’une structure mathématique. […] Et cette structure ne correspond plus à la vision de l’atome pensée par Démocrite, mais aux idées de Platon[note] ». 

En outre, plusieurs scientifiques contemporains ont consacré une grande part de leurs recherches à l’approfondissement ou à l’explicitation des travaux de Goethe, notamment Henri Bortoft, Harald Siebert et Peter Heusser ; sans oublier, dans un passé proche, Rudolf Steiner, responsable des éditions des textes scientifiques du grand poète, et qui m’a beaucoup aidé à accéder à ceux-ci. 

L’approche de Goethe met donc en valeur l’idée ou l’intériorité, l’intelligence ou l’esprit, dans les phénomènes vivants les plus simples déjà. Ainsi, l’individualité qui s’adapte avec créativité aux situations rencontrées apparaît comme active dans l’ensemble du monde vivant. Il y a donc là un dépassement radical des réductionnismes comme ceux d’Harari – toujours dominants à notre époque, même si sous des formes souvent plus floues. Car si c’est l’individualité vivante et créative qui est au centre de l’évolution, alors, la rationalisation, l’« augmentation », la gestion des êtres humains, de la nature, des sociétés depuis l’extérieur, à renfort de technologies et de grandes institutions centralisatrices, ces visées apparaissent dans toute leur inanité. Cette approche de Goethe mène à des perspectives complètement différentes, dans les relations à la nature, à la personne humaine, comme à l’ensemble de la réalité. 

Daniel Zink 

Hou je wel of niet van wokken?

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« Le wokisme est un utopisme dont les méthodes sont celles du terrorisme intellectuel à couverture morale[note] »

Pierre-André Taguieff

Élément du discours progressiste : « Puisque les conservateurs sont contre le wokisme, alors nous les progressistes sommes pour ». À se demander si leur vrai maître à penser ne serait pas un certain Mani (219-274) plutôt qu’un certain Marx (1818-1883), ce qui les ferait régresser bien avant l’esprit des Lumières et la dialectique dont ils s’enorgueillissent. À quand un salutaire examen de conscience de leur part ? Comme si leurs prises de position désastreuses pendant la covidiotie n’avaient pas suffi, voilà qu’il reviennent à la charge avec un autre dada[note]. Dans un article du Soir des 4 & 5 mars (p. 17), « Les wokes, épouvantails de prédilection des conservateurs », Marine Buisson et Fanny Declercq veulent remettre de la « nuance » dans le débat. Alors nuançons leurs nuances. 

La première contre-vérité est de laisser entendre que le terme woke ne serait qu’une étiquette péjorative utilisée par ses détracteurs. Or, au départ, ce sont des militants des droits civiques afro-américains qui se sont qualifiés de la sorte dans les années 1960. Que le mot soit devenu une hétéro-désignation, des dizaines d’années plus tard, pour les besoins de la polémique est une autre histoire. Contrairement à ce qu’affirme le politologue Francis DupuisDéri dans le même article, le terme a donc une valeur explicative, fournie par ses pionniers, et prend toute sa place dans le militantisme postmoderniste[note]. Deuxième contre-vérité : le wokisme engendrerait de la « panique morale » chez ses détracteurs[note]. Nous ne paniquons pas, M. Dupuis-Déri, nous questionnons légitimement la chose et avons des objections philosophiques à son encontre, tout simplement. Et cessez l’inversion accusatoire, quand vous écrivez que « il ne faut pas minimiser la capacité de ces polémistes [de droite] de manipuler l’opinion publique ». Ben voyons ! Il est bien connu que les Social Justice Warriors, eux, ne cherchent pas du tout à manipuler l’opinion publique… Troisième contre-vérité venant de Pascal Delwit (ULB) qui prétend que « la perspective anti-woke est nécessairement de droite ». Doit-on en déduire que toutes les valeurs woke — dont la valorisation (excessive) de l’identité individuelle, le solipsisme, le particularisme, le communautarisme — seraient nécessairement de gauche ? Le cas échéant, le diagnostic de JeanClaude Michéa sonne, hélas, parfaitement juste : « C’est [du reste] l’incapacité pathétique d’assumer la tradition conservatrice de [la] critique anticapitaliste […] qui explique, pour une large part, le profond désarroi idéologique (pour ne pas dire le coma intellectuel dépassé) dans lequel l’ensemble de la gauche moderne est aujourd’hui plongée[note] ». Cette tradition de la critique anticapitaliste, Benjamin Biard l’a bien captée : les positions conservatrices peuvent se retrouver dans presque tout le spectre politique, constate-t-il. Eh bien cela devrait justement amener les progressistes à questionner leurs propres inclinations. Mais ils se cabrent. Auraient-ils raison contre tout le monde ? Décernons enfin la palme de la logomachie au syndicaliste Robrecht Vanderbeeken, co-directeur d’une récente étude collective, Debatfiches van de vlaamse elite (les éléments de langage de l’élite flamande), interviewé dans le dernier numéro de Agir par la culture (printemps 2023). Ce serait « des hommes blancs d’un certain âge », de surcroît progressistes qui, en se joignant « avec émotion et vigueur, comme des idiots utiles, à la croisade anti-wokiste imposée par [l]e cadre de droite », contribueraient ainsi à détourner le regard des « inégalités économiques se creus[a]nt à un rythme effarant ». Bon sang, mais qui contribue à détourner le regard des inégalités économiques, si ce ne sont les militants intersectionnels, trans et queer ?! Qui réagit à qui ? La bataille culturelle et la croisade qu’évoque Vanderbeeken sont autant menées par ceux-ci que par la droite nationaliste flamande (mais ce n’est ni la même bataille, ni la même croisade, et l’issue est incertaine). C’est une classique guerre des idées, inhérente à la vie politique dans une démocratie — celle-ci serait-elle même devenue strictement formelle. 

Foutons le manichéisme au bak[note] ! À Kairos, nous partageons cette réflexion de Dany-Robert Dufour : « L’ultra-droite contre la gauche woke : tel est le nouveau spectacle… dans lequel beaucoup (dont moi) ne se reconnaissent pas[note] ». 

Bernard Legros 

De trein van vals bewustzijn

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Adhoc

Aujourd’hui, le débat politique devient un exercice pénible, quand les protagonistes s’accusent mutuellement de verser dans la confusion idéologique. Le sociologue marxiste Joseph Gabel (1912-2004) parlait lui de « fausse conscience »[note] , ce qui revient plus ou moins au même, mais a le mérite de renouveler le vocabulaire a posteriori. Nous en prendrons cette fois trois exemples. 

1. RÈGLEMENT DE COMPTES À OK COVID 

Maintenant que nous sommes sortis de la phase aiguë de la covidiotie, depuis un an, l’heure des règlements de comptes a sonné. Selon mon interprétation, les attaques que nous subissons à Kairos depuis quelque temps découlent avant tout de notre dénonciation sans relâche, pendant les trois années écoulées, de l’hygiénisme autoritaire. Nous devons payer pour notre crime de lèse-autorité publique ! Notre anti-covidisme est une tache (im)morale à effacer dans les consciences citoyennes ! (par contre, c’était bien une tâche morale). Et par-dessus le marché, nous aurions « fait le jeu des fachos » — un classique. Qu’il nous soit arrivé d’interviewer dans nos colonnes des personnages catalogués à droite (Valérie Bugault, Piero San Giorgio, Slobodan Despot) est certainement un prétexte commode[note]. Pourtant, la suite des événements a donné raison aux sceptiques du narratif officiel que nous fûmes dès la première heure[note]. Voyez par exemple les récents « debunkages » implacables de Laurent Toubiana et de Pierre Chaillot, ainsi que précédemment ceux de Jean-Dominique Michel, Jean-Jacques Crèvecœur, Alexandra Henrion-Caude, Louis Fouché, Paul Kingsnorth, Barbara Stiegler, Laurent Mucchielli, Bernard Crutzen, Martin Zizi, Nicolas Thirion, Anne Dumont, Bernard Rentier, Michel Bureau, Yves Rasir, Jean-Paul Bourdineaud, Alexandra Laignel-Lavastine, André Comte-Sponville, Ludwig Hemeleers, Jean Furtos, Michel Cucchi, Jean Stevens, Ariane Bilheran, Vincent Pavan, Stéphane Polsky, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, etc., qui ne percolent toujours pas dans les médias dominants, et pour cause ! Qui n’a pas encore compris que cette affaire pandémique [sic] ne fut qu’une pitoyable baudruche aujourd’hui dégonflée (mais que certains voudraient regonfler à la première occasion)[note] ? Où sont les centaines de milliers de morts que les épidémiologistes médiatiques annonçaient gravement sur base de leurs très sérieuses modélisations ? Auraient-ils été évités grâce au confinement-enfermement, aux masques-muselières, au couvre-feu, à la « distanciation sociale » et in fine aux injections ? On en attend toujours la preuve… Aujourd’hui, qui pourrait encore défendre sincèrement et d’une manière convaincante le bilan de l’action des gouvernements Wilmès et De Croo en 2020-22 ? Ils nous auraient sauvés d’une épidémie gravissime, vraiment ? Il est tellement plus confortable de refouler ce devoir de mémoire toute récente… et de tomber sur le râble de Kairos, parfait bouc émissaire. Rien de nouveau sous le soleil, le phénomène remonte à la nuit des temps, relisons René Girard. Et c’est vous qui parlez de progrès, mesdames et messieurs les Progressistes ?!? 

Deux mécanismes psychologiques entrent en jeu pour maintenir un semblant de statu quo covidiste après-coup. Primo, l’orgueil. Il n’est jamais facile de (s’)avouer qu’on a été abusé par la propagande, cela demande du courage, de la lucidité et de la modestie, toutes qualités le plus souvent absentes chez les « dividus » actuels, à la fois transis de peur et murés dans leur mauvaise foi — Sartre avait vu juste. Plutôt crever que d’avouer, mais surtout pas du covid ! Secundo, la dissonance cognitive. Les covidistes attardés de 2023 savent ou du moins se doutent que le discours gouvernemental-médiatique était mensonger, mais il ne veulent pas le croire, ni l’entendre. Maman Sophie, papa Alexander et oncle Frank ont été sévères, peut-être même ont-ils fait quelques erreurs, mais c’était pour notre bien. Notre chère chaîne de télévision publique nous a correctement informés. Nos sympathiques experts nous ont éclairés du phare de la science. Que tous soient assurés de notre éternelle reconnaissance! 

2. PATRIARCAT OU MATRIARCAT ? 

Selon la sainte parole du progressisme, tous nos maux proviendraient d’une unique source, le patriarcat, principe actif depuis l’aube de l’hominisation. Difficile à vérifier, la thèse relève davantage de la profession de foi militante et de l’accusation que de la démonstration scientifique ou la critique historique. Le matriarcat aurait-il inversement dominé les rapports sociaux au cours de l’histoire ? Hypothèse tout aussi difficile à vérifier (mais qui, elle, est beaucoup moins souvent avancée). Laissons les temps immémoriaux et revenons à notre époque formidable. Sommes-nous sous le joug d’un Père tyrannique ou d’une Mère étouffante et protectrice ? Les deux, ma colonelle ! Dans son ouvrage Fausse conscience et idéologie (1962), Gabel revient sur la thèse de son confrère Gordon Rattray Taylor (1911-1981) selon laquelle l’histoire aurait vu la succession de périodes patriarcales et matriarcales (patristes et matristes, selon les termes de Taylor). D’après son tableau explicatif[note] reprenant les caractéristiques des deux modèles antagonistes, on conclura que notre âge postmoderne mélange les genres : il est patriarcal par certains aspects — autoritarisme politique, inhibition et crainte de la spontanéité chez les individus prompts à s’auto-censurer —, et matriarcal par d’autres — attitude libérale vis-à-vis des questions sexuelles[note], liberté des femmes[note], appels incantatoires au progressisme, absence de défiance vis-à-vis de la recherche technoscientifique, gommage des différences entre les sexes, promotion de l’hédonisme[note]. Il s’ensuit qu’une société décente devrait, après inventaire, remettre en question ou combattre tout autant certains traits du patriarcat que certains traits du matriarcat, au lieu de taper toujours sur le même clou. 

« Aujourd’hui, l’autorité n’est plus socialisée dans nos sociétés occidentales ni par la communauté traditionnelle, ni par la structure patriarcale de la société[note] », avançait le psychanalyste Gérard Mendel en… 1971 ! Alors par quoi ? Entre-temps, Marius Blouin a apporté la réponse : par la technocratie[note]. Notre devoir est de mettre cette technocratie hors-jeu politiquement, sans pour autant retourner aux pires heures du patriarcat d’antan (limitation de la liberté des femmes considérées comme inférieures, puritanisme, homophobie, religion du Père). Une fois la technocratie K. O., il s’ensuivra normalement que nous cesserons de téter compulsivement le sein nourricier que nous tend la société de consommation[note]. N’est-ce pas là une voie possible et désirable pour l’émancipation, ce beau mot dont les progressistes ont la bouche pleine ? 

3. QUI SONT LES ÉCOFASCISTES ? 

Ici encore, nous avons affaire à cette métaphore bien connue de l’arbre qui cache la forêt. L’écofascisme version 2023 est cet épouvantail agité par les néo-maccarthystes, destiné à faire diversion. Sur le site d’extrême gauche Lundi matin, deux chercheuses-fouineuses et un chercheur-fouineur du CNRS ont cherché-fouiné sur la Toile et ont découvert avec effroi que s’y ébattaient des mouvements écolo-sectaires, dont le réseau Solaris, particulièrement dans leur ligne de mire. Que ceux-ci n’aient aucun poids politique, et ne soient pas près d’en avoir, ne semble guère les rassurer. Mais la démocratie remercie ces trois vigies de l’avoir sauvée par leur courage, leur pugnacité et leur intelligence pénétrante. L’essayiste Pierre Madelin a traité du même thème récemment[note]. 

Mais alors ? Au milieu des années 2000, Serge Latouche, à la suite d’André Gorz et de Bernard Charbonneau, parlait déjà d’écofascisme, mais dans un tout autre sens. Il nous prévenait de la possibilité que la civilisation thermo-industrielle, confrontée à ses limites et contradictions, pouvait générer une réponse étatique et technoscientifique forte, mortelle pour la démocratie et la liberté. Cette possibilité est entre-temps devenue certitude. Alors que l’« écofascisme » sectaire et/ou groupusculaire ne représente qu’un danger potentiel et limité[note], l’écologie technocratique produit déjà des effets concrets dans nos vies, et ce n’est qu’un début, promet-elle ! S’attaquer à elle signifie s’attaquer tout simplement aux pouvoirs en place. Eu égard à la carrière et la réputation, il n’y a aucun risque à montrer du doigt des activistes hirsutes à poncho terrés au fond de la Toile ; incriminer les distingués encravatés présents dans les médias, c’est une autre paire de manches… Que les donneurs de leçons commencent par apercevoir la poutre dans leur œil ! 

Bernard Legros 

Het Amerikaanse rijk geconfronteerd met de opkomst van China, of de val van Thucydides

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Roland De Wind

SPARTE ET WASHINGTON CONTRE ATHÈNES ET PÉKIN 

L’homme politique et stratège athénien du Ve siècle avant notre ère est passé à la postérité pour son histoire de la guerre du Péloponnèse entre Sparte et Athènes. Selon Thucydide, « ce fut l’ascension d’Athènes et la peur que celle-ci instilla à Sparte qui rendirent la guerre inévitable. ». En 2017, Graham Allison, professeur à Harvard publie Vers la guerre : la Chine et l’Amérique dans le piège de Thucydide ?, un ouvrage dans lequel il estime que les mâchoires du piège de Thucydide se sont d’ores et déjà refermées sur les États-Unis, superpuissance sur le déclin, et sur la Chine, concentrée sur son objectif de retrouver la place prééminente qui fut la sienne avant son dépeçage par les pays européens et le siècle d’humiliation[note] qu’elle subit depuis les guerres de l’opium[note] jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon Allison, qu’ils le veuillent ou non, cet engrenage géopolitique a toutes les chances d’entraîner l’aigle américain et le dragon chinois dans une confrontation armée. 

De manière surprenante, loin d’en appeler à une prudence redoublée afin d’éviter un tel scénario, Allison en conclut qu’il est urgent d’affaiblir la Chine par tous les moyens. Il écrit ainsi noir sur blanc que « l’armée américaine pourrait former secrètement et soutenir les insurgés séparatistes […]. Un effort subtil mais concentré destiné à accentuer les contradictions qui sont au cœur de l’idéologie communiste chinoise pourrait, avec le temps, compromettre le régime et encourager des mouvements d’indépendance à Taïwan, au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong. En divisant la Chine et en laissant Pékin s’enliser dans le maintien de la stabilité intérieure, les États-Unis pourraient éviter, ou du moins retarder, la menace chinoise contre la domination américaine[note] ». 

Pour être schématique, ne serait-ce que parce que l’histoire ne se répète jamais telle quelle, la grille d’analyse thucydidienne proposée par Allison est pertinente. Saluées à sa sortie par des sommités telles que Joe Biden et Henry Kissinger[note], toutes pétries de l’exceptionnalisme américain, les conclusions bellicistes qu’il en tire permettent de mieux comprendre l’agressivité des États-Unis à l’encontre de la Chine, qui n’a fait que croître depuis quelques années, plus encore sous la présidence de Biden qu’à l’époque des tweets de Donald Trump. 

LE MOMENT UNIPOLAIRE AMÉRICAIN N’EST PAS LA FIN DE L’HISTOIRE 

Les bases du conflit en devenir sont posées avec la chute du mur de Berlin lorsque l’effondrement de l’Union soviétique inaugure le moment unipolaire des États-Unis. C’est le moment d’une supposée fin de l’histoire théorisée par le politologue américain Francis Fukuyama[note] et l’avènement d’un monde marqué par la suprématie mondiale incontestée des États-Unis et le triomphe de son système capitaliste dit libéral, c’est-à-dire marqué par l’ouverture de nouveaux marchés à la faveur du libre-échange. Moins connu que Fukuyama mais tout aussi influent au tournant des années 1990, John Ikenberry, politologue à Princeton, s’oppose à ceux qui au sein des cercles dirigeants de Washington estimaient alors que, les États-Unis ayant gagné la guerre froide, ils pouvaient se comporter ouvertement comme un empire. Non pas par opposition au principe de l’impérialisme, mais au contraire parce qu’il estime plus efficace de mettre à profit ce moment unipolaire pour établir sur l’ensemble de la planète un ordre libéral international fondé sur des règles, lesquelles sécuriseraient à long terme la domination des États-Unis et de ses alliés. Précision importante du politologue : pour mener à bien un tel projet, il est indispensable d’éviter que d’autres pays émergents puissent construire leur propre système, lequel, sans même leur être concurrent, pourrait, de par sa simple existence, constituer un défi à la pax americana. Contrairement aux appels lyriques exprimés depuis la même époque par l’Union européenne (UE) en faveur d’un monde multipolaire dont elle constituerait l’un des pôles, la doctrine officielle des États-Unis, fondée depuis la présidence de Bill Clinton sur les analyses et les préceptes d’Ikenberry est tout autre : il s’agit d’empêcher l’émergence d’un monde véritablement multipolaire au profit d’un monde multipartite fondé sur un ensemble d’alliances et de partenariats dirigés par les États-Unis[note]. Selon une telle conception, après la décennie bénie des années 1990 et l’intégration brutale des anciens pays de l’Est au monde capitaliste, les efforts de restauration de la puissance russe entrepris par le régime de Vladimir Poutine, et l’affirmation longtemps discrète des ambitions chinoises, mais de plus en plus éclatante sous la férule de Xi Jinping, constituent un double défi thucydidien à l’empire américain. Si la confrontation avec la Russie est apparue au grand jour avec la guerre de Géorgie de 2008, puis le conflit en Ukraine depuis 2014, la menace représentée par la Chine est encore beaucoup plus sérieuse pour l’empire américain, et ce notamment d’un point de vue industriel et commercial. 

NÉO-LIBÉRALISME ANGLO-SAXON CONTRE CAPITALISME D’ ÉTAT CHINOIS 

En effet, lorsque l’idéologie néolibérale s’est imposée avec Margaret Thatcher au Royaume-Uni d’abord, Ronald Reagan aux États-Unis ensuite, ces deux pays ont sabordé la base industrielle qui avait fondé leur prospérité et leur puissance depuis la première révolution industrielle, au profit d’un capitalisme financier et spéculatif. La libéralisation accélérée des échanges au cours des années 1990 a entraîné le basculement d’une grande partie de l’appareil productif industriel à faible valeur ajoutée vers les pays de la périphérie du système-monde, le centre — c’est-à-dire les États-Unis et ses alliés les plus proches — concentrant leurs efforts sur les biens et services fondés sur l’innovation technologique et à haute valeur ajoutée. C’est ainsi qu’au cours des décennies suivantes, en raison du faible coût de sa main-d’œuvre, mais aussi d’un productivisme aussi effréné qu’efficace et de sa capacité à incorporer de nouvelles technologies, le capitalisme d’État à la chinoise a permis de transformer le pays le plus peuplé de la planète[note] en nouvelle usine du monde. Vingt ans après son adhésion de 2001 à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’adoption de son cadre réglementaire voulu par l’ordre international libéral téléguidé par les États-Unis, la valeur ajoutée produite par l’économie chinoise est passée de 1.300 milliards à 14.300 milliards de dollars, alors qu’elle ne faisait « que » doubler aux États-Unis et en Europe. Avec 13% des échanges internationaux contre 9% en 2001, la Chine s’est imposée comme la première puissance exportatrice mondiale. Cette explosion de sa production et de ses exportations a eu des conséquences considérables en Europe et encore plus aux États-Unis : en vingt ans, son déficit commercial avec la Chine s’est creusé de 83 à 310 milliards de dollars. On estime que ce mouvement tectonique commercial aurait conduit à la destruction de plus de deux millions d’emplois industriels aux États-Unis entre 1999 et 2011[note]. De plus, le projet de Nouvelle Route de la Soie dévoilé en 2013 offre des perspectives d’expansion économique et commerciale le long de corridors maritimes et terrestres déployés non seulement en Asie, mais aussi en Europe, en Afrique et jusqu’en Amérique latine. Il vise ainsi à inscrire l’Empire du Milieu au cœur du commerce mondial. En un mot, les États-Unis sont en passe d’être battus par la Chine sur leur propre terrain de jeu de la mondialisation capitaliste. Pourtant, ce terrain de jeu était et reste à leur avantage en raison de l’atout maître dont ils disposent : le dollar. Depuis les accords de Bretton Woods conclus en 1944, ils avaient posé les fondements du commerce international d’après-guerre autour de la création du Gold-Exchange Standard. Celui-ci était fondé sur une seule monnaie, le dollar américain, toutes les autres monnaies étant définies en dollar et seul le dollar étant défini en or, avec la règle implicite selon laquelle les autres pays ne demanderaient pas la conversion en or des dollars qu’ils détiennent. Si le système favorise bien la reconstruction et la croissance économique des Trente Glorieuses, l’accroissement considérable de leurs dépenses, dues notamment à la guerre du Vietnam, ont conduit les États-Unis à faire tourner leur planche à billets à plein régime. Ils provoquent ainsi une inflation qui s’exporte mécaniquement vers les autres pays tributaires du dollar. En 1971, la crainte que de tels déséquilibres n’entraînent une fuite du dollar vers l’or va conduire le président Richard Nixon à suspendre la convertibilité du dollar. 

Pourtant, bien qu’il ne soit plus adossé à l’or ou au moindre bien tangible, le dollar est resté la devise de référence pour les échanges internationaux ainsi que pour les réserves des banques centrales. Aujourd’hui encore, 60% environ de ces réserves sont libellées en billets verts. Avec un coût de fabrication de quelques cents le billet de 100 dollars, il s’agit là d’un privilège exorbitant pour des ÉtatsUnis à même de financer quasi-gratuitement leur déficit budgétaire et leur dette publique par le simple jeu de la création monétaire. Et ils ne s’en sont pas privés : aujourd’hui, leur déficit annuel s’élève à 1.400 milliards et leur dette publique à plus de 30.000 milliards de dollars[note] ! Ce système foncièrement déséquilibré a pu fonctionner jusqu’à présent grâce au rachat de bons du Trésor américain par les banques centrales des pays disposant d’excédents commerciaux avec les États-Unis. C’était notamment le cas de la Chine, qui, durant des décennies, a recyclé une grande partie de ses excédents commerciaux en achetant des montagnes de bons du Trésor : en 2021, ils en avaient amassé pour plus de 1.000 milliards de dollars. Entre l’exportation massive de produits chinois vers les États-Unis et le rachat massif de bons du Trésor par la Chine, la superpuissance à vocation hégémonique et la superpuissance émergente sont devenues mutuellement dépendantes, tant d’un point de vue économique que financier. En bonne logique libérale, et selon la théorie du « doux commerce » cher à Montesquieu, une telle interdépendance aurait dû favoriser une coopération accrue entre les deux géants. 

WASHINGTON LANCE LA GUERRE COMMERCIALE ET TECHNOLOGIQUE 

Pourtant, c’est au contraire que l’on assiste. En 2016, l’élection de Trump sur le programme protectionniste America First ! visant explicitement les produits chinois a marqué un tournant. Accusant le yuan d’être sous-évalué, les États-Unis ont lancé à partir de 2018 une véritable guerre commerciale contre la Chine, en imposant de manière unilatérale, et au mépris des règles de l’OMC, une série de taxes douanières visant à freiner ses importations[note]. La Chine a rétorqué en adoptant des mesures similaires contre plusieurs produits américains. En parallèle, Washington a interdit aux entreprises américaines de transférer leurs technologies de pointe vers une Chine accusée de transferts forcés de technologie et de concurrence déloyale. Poursuivie sous la présidence de Biden, cette politique dénote la nervosité des États-Unis, lesquels sont en passe de se faire rattraper voire dépasser par la Chine dans le domaine des technologies du numérique et de la surveillance (5G, robotique, intelligence artificielle, aéronautique, conquête spatiale, etc.), ce qu’il est convenu d’appeler la quatrième révolution industrielle. 

VERS UNE DÉDOLLARISATION DU COMMERCE INTERNATIONAL ? 

Dans ce contexte tendu, la banque centrale chinoise a commencé à réduire lentement mais sûrement ses avoirs en bons du Trésor US, dont elle ne détient plus à présent « que » 870 milliards. Selon la même logique, elle a aussi engagé un processus de dédollarisation commerciale. Pour être encore limité, il s’agit d’un mouvement de fond qui tente une grande partie des pays du Sud global. Ceux-ci sont non seulement inquiets du niveau abyssal d’une dette que les États-Unis ne pourront bien sûr jamais rembourser, mais aussi de la manière dont Washington use et abuse de l’arme du dollar à des fins géopolitiques et impose des sanctions extraterritoriales au mépris du droit international[note]. À cet égard, la décision prise par Washington et ses alliés occidentaux de geler 330 milliards de dollars d’avoirs russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine et l’intention proclamée de provoquer l’effondrement de l’économie russe a sans doute accéléré la prise de conscience de nombre d’États à travers la planète du risque de trop dépendre du système-dollar, et donc du bon vouloir — jamais garanti — des États-Unis. 

LE G7 CONTRE LA CHINE 

Lors du Sommet du G7[note] qui s’est tenu à Hiroshima en mai 2023, ses dirigeants ont multiplié les critiques à l’encontre de la Chine, tant pour sa politique vis-à-vis de Taiwan et de Hong Kong que pour ses violations des droits de l’homme, notamment au Xinjiang et au Tibet, ou encore pour ses manœuvres en mer de Chine. Après l’avoir accusée d’ingérence dans leurs affaires intérieures, les pays du G7 ont sommé la Chine d’exercer des pressions sur la Russie afin d’obtenir son retrait « immédiat, total et inconditionnel » de l’Ukraine. Enfin et peut-être surtout, la déclaration du G7 comprend un volet économique très offensif : « Nous réduirons les dépendances excessives dans nos chaînes d’approvisionnement essentielles. Afin de permettre des relations économiques durables avec la Chine et de renforcer le système commercial international, nous ferons pression pour des conditions de concurrence équitables pour nos travailleurs et nos entreprises. Nous chercherons à relever les défis posés par les politiques et pratiques non marchandes de la Chine, qui faussent l’économie mondiale. Nous lutterons contre les pratiques malveillantes, telles que le transfert de technologie illégitime ou la divulgation de données. Nous favoriserons la résilience à la coercition économique. Nous reconnaissons également la nécessité de protéger certaines technologies de pointe qui pourraient être utilisées pour menacer notre sécurité nationale sans limiter indûment le commerce et l’investissement[note] ». La plupart des médias occidentaux ont relayé sans guère de recul cette mise en accusation en règle, parfois même considérée comme une condamnation de la Chine par la « communauté internationale ». 

Il est exact qu’au service de ses ambitions, la Chine use et abuse de toutes les ressources conférées par sa puissance économique. Toutefois, lorsque… l’on songe à la manière dont les États-Unis ont abusé de l’arme du dollar et des sanctions extraterritoriales au cours des dernières décennies, que ce soit contre des États — de l’Iran à Cuba en passant bien sûr par la Russie et la Chine —, voire contre des entreprises occidentales — ainsi de BNP Paribas qui dût s’acquitter en 2014 d’une amende de 9 milliards de dollars pour avoir osé effectuer une transaction avec l’Iran, non pas sur le territoire américain, mais simplement parce qu’elle était libellée en… dollars ! —, la sainte indignation des dirigeants du G7 contre la « coercition économique » prête à sourire. 

Par ailleurs, le ton impérieux[note], et pour tout dire impérial, de la déclaration du G7 à l’encontre de la Chine semble paradoxal : à un moment où le conflit ukrainien tout à la fois s’enlise et comporte de sérieux risques d’escalade, jusque et y compris au niveau nucléaire, les dirigeants du G7 et de l’UE — UE qui y est étroitement associée via ses représentants — devraient sans doute juger utile ou en tout cas prudent de favoriser l’émergence d’un consensus international autour d’un plan de paix réaliste. Tenter de trouver un terrain d’entente à ce sujet avec la Chine, ne serait-ce qu’en sa qualité de puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies relève du bon sens diplomatique. Le fait que l’Union européenne et l’Otan n’en fassent rien démontre simplement leur statut de vassal des Américains. 

L’AFFIRMATION DU RÔLE DIPLOMATIQUE DE LA CHINE 

À cet égard, et contrairement à la rhétorique guerrière qui prévaut aux États-Unis et en Europe, selon laquelle le conflit ukrainien ne saurait être réglé que sur le champ de bataille[note], la Chine a présenté en février 2023 un plan en douze points. Pourtant fondé sur la Charte des Nations unies[note], le plan chinois a été balayé d’un revers de la main par le camp atlantiste. Sans doute parce qu’il préconisait, en même temps qu’un cessez-le feu et la tenue de pourparlers de paix, de mettre fin à toute sanction unilatérale non autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies, des sanctions qui figurent justement parmi les mesures phares des États-Unis et des Européens. Sans doute aussi parce que, face au déclin désormais manifeste de l’empire américain sur tous les plans autres que technologiques et militaires, la Chine affirme de plus en plus nettement son rôle sur la scène internationale. 

PÉKIN RÉCONCILIE LES FRÈRES ENNEMIS DU GOLFE 

En avril 2023, réalisé sous les auspices de Pékin — avec le soutien discret de Moscou —, le rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite, les deux voisins du Golfe dont l’hostilité réciproque, exacerbée depuis la révolution iranienne de 1979, était soigneusement entretenue par le parrain américain de Riyad, a manifesté de manière éclatante la force grandissante de la diplomatie chinoise. Ce succès suscite les espoirs de paix au Yémen, en proie à une guerre civile aggravée par l’intervention militaire, depuis 2015, de l’Arabie saoudite et des Émirats Arabes Unis. Qualifiée par l’ONU de pire crise humanitaire de la planète, avec 7 millions de personnes au bord de la famine, cette guerre se déroule depuis huit ans dans l’indifférence quasi générale des médias occidentaux. Le fait que lesdits pays occidentaux fournissent des armes, un soutien logistique et du renseignement militaire aux armées saoudiennes et émiraties n’est sans doute pas étranger à ce silence pudique[note]. 

PÉTRODOLLAR CONTRE PÉTROYUAN 

La percée diplomatique chinoise au Moyen-Orient doit aussi beaucoup à sa puissance économique. En effet, le rapprochement entre deux des principaux exportateurs de gaz et de pétrole coïncide avec une véritable révolution dans le commerce international des hydrocarbures : alors que le pétrodollar y régnait jusqu’alors en maître, les Émirats, l’Arabie saoudite et même l’Irak viennent d’annoncer leur intention de conclure, à l’instar de l’Iran, des contrats avec la Chine libellés en yuan[note]. 

Le fait que ces protégés historiques des États-Unis osent s’affranchir, au moins en partie, de l’hégémonie du dollar, est symptomatique du mouvement de fond enclenché en 2014, déjà à propos de la question ukrainienne. En effet, les sanctions qui lui avaient été imposées à la suite de son annexion de la Crimée avaient frappé durement l’économie russe, laquelle faisait alors partie intégrante d’un système financier international dominé par le dollar. Ce premier choc avait alors conduit Moscou à se rapprocher de Pékin qui, on l’a vu, dans le cadre de la guerre commerciale avec les États-Unis, cherchait aussi à minimiser l’avantage considérable conféré à Washington par sa détention du monopole de la devise de référence. Ainsi que le relève une note de l’École de guerre économique consacrée à la dédollarisation[note], les États-Unis ont aujourd’hui à subir les conséquences de la militarisation[note] du dollar au service de ses intérêts à laquelle ils se sont si souvent livrés[note]. 

En cette année 2023 de tous les dangers et de toutes les incertitudes géopolitiques suscités par la guerre en Ukraine, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont déclaré qu’ils souhaitaient une nouvelle forme de monnaie commune. À terme, celle-ci pourrait servir d’instrument de réserve et de moyen de paiement à l’intérieur de leur zone ainsi qu’avec les pays qui, tels que l’Argentine, l’Iran, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Algérie et l’Égypte s’en rapprochent. Inutile de préciser que la création d’une telle monnaie qui servirait à renforcer la cohésion d’un bloc indépendant du dollar et des États-Unis a peu de chance de remporter les faveurs de ce dernier. 

CONTRE LE DÉCLIN, LA TENTATION DES ARMES 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis jouissaient de tous les attributs de la superpuissance à vocation hégémonique. À partir des années 1980, du fait de sa politique néolibérale, sa puissance industrielle s’est érodée et ses déficits commerciaux ont atteint des niveaux records ; déjà écorné par ses interventions militaires tous azimuts, le prestige international du pays de la statue de la Liberté, phare auto-proclamé de la démocratie dans le monde, s’est effiloché. Les mensonges et les massacres de la guerre en Irak lui ont porté un coup fatal aux yeux de milliards de citoyens du monde entier. Son statut de superpuissance repose désormais essentiellement sur les trois piliers que sont l’innovation technologique, l’arme du dollar et, enfin, la puissance militaire. Cette dernière reste considérable car, avec un budget de la défense de plus de 700 milliards de dollars — soit 40% des dépenses militaires du monde entier —, 800 bases militaires et 200.000 hommes répartis tout autour du globe, les États-Unis sont déterminés à maintenir leur suprématie en ce domaine. À supposer que le processus de dédollarisation s’amplifie et que la Chine parvienne à faire jeu égal voire à dépasser les États-Unis en matière technologique, ne resterait guère à un pays au bord de la banqueroute que son pilier militaire pour tenter de conserver son statut hégémonique. Or, toute l’histoire des États-Unis démontre qu’ils hésitent rarement à employer la force, que ce soit directement ou par procuration. 

Alors que l’ascension de la Chine se poursuit, le piège de Thucydide est en train de se refermer sur ces deux géants engagés dans une concurrence féroce au sein du système capitaliste mondialisé. À défaut d’un abandon du paradigme de la croissance économique à tout crin et de la poursuite de la suprématie militaire, une collision frontale, à Taïwan ou ailleurs, semble inéluctable. 

S. Kimo 

[SÉRIE] Chronique Juridique #4 – RGPD et EVRAS

Avec Thierry VANDERLINDEN: Juriste

1. Arrêt Cour Constitutionnelle.

  • Que dit l’arrêt ? En vertu du RGPD seul le Parlement (dans le cadre d’une loi) est habilité à autoriser des transferts de données et non le CSI organe « confidentiel » et non démocratique
  • Conséquences de l’arrêt : l’Etat a commis une faute en habilitant le CSI à autoriser les transferts de données
  • Principes de la responsabilité civile : faute + dommage ( = transfert inconstitutionnel de données) + lien de causalité entre la faute et le dommage
  • Qui est concerné ? Tous les vaccinés ==> consulter un avocat (cf. https://www.lawyers4democracy.com/)

2.EVRAS

  • Education à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle : programme généralisé à partir de septembre en Wallonie et à Bxl (ministres Caroline Désir & Christie Morreale)
  • « L’éducation sexuelle des enfants doit se faire au sein de la famille et au moment où ceux-ci posent des questions, et ne peut en aucun cas se faire à l’école de manière planifiée et standardisée » (cf. totalitarisme) – Plus d’infos sur le site : https://sauvonsnosenfants.weebly.com/
  • Comment ça se passe concrètement dans les classes ? La stimulation de l’auto-détermination de l’enfant est effractant
  • Infractions pénales : atteinte à l’intégrité sexuelle (art. 417/7) + absence légale de consentement jusqu’à 16 ans (art. 417/6)
  • Comment réagir : directions d’école – Bourgmestres – famille, voisins, amis, etc. – envoyer témoignages à Asbl Innocence en danger : https://innocenceendanger.be/

Extraits du guide Evras : 

DÈS 5 ANS
Illustrer, à l’aide d’exemples concrets, comment l’amitié, l’amour et la sexualité se vivent et s’expriment dans sa vie d’enfant (p. 183)
DÈS 9 ANS
Influence positive et négative de la pression des pairs, des médias, des pornographies (p. 137)
L’amour, être amoureux, le plaisir, la masturbation, l’orgasme (p. 187)
La sexualité est présente dès la naissance (p. 193)
Beaucoup de jeunes pourront écrire ou se retrouver en possession de sextos ou diffuser des photos dénudées de soi. L’idée n’est pas de les en dissuader, mais de leur donner les éléments pour éviter que ces pratiques ne leur attirent des ennuis (p. 192)
DÈS 12 ANS
Apprentissage de la pornographie, ses avantages et ses inconvénients (p. 197), faire preuve d’esprit critique en regardant des films pornographiques. (p. 210)
Le consentement dans les relations sexuelles de nature transactionnelle (prostitution, escort, accompagnement sexuel, mais aussi en échange de petits cadeaux, repas, sorties, petites sommes d’argent). (p. 197)

[SÉRIE] Redevenez parents ! Contre le gouvernement des enfants par l’État

Karina Terki, psychologue clinicienne, est spécialiste des traumas, elle a notamment travaillé en psychiatrie adulte. Elle évoque l’injonction paradoxale qui était celle de conditionner la continuité du suivi thérapeutique du patient à l’injection obligatoire, là où l’objectif principal d’une thérapie est de redonner au patient sa liberté. Elle nous parle de la sidération dont ont été victimes les parents, état qui permet de les aliéner encore davantage en leur retirant les prérogatives qu’ils avaient encore sur leurs enfants, enclenchant divers traumatismes majeurs : retard de langage, troubles anxieux, phobies scolaires… jusqu’au suicide, dont le taux chez les jeunes a dramatiquement augmenté ces trois dernières années. Covid-19 est l’événement politique d’une époque, qui n’aurait pas pris sans la technologie du 21ème siècle et la soumission introjectée des masses. Elle appelle à ce que chacun reprenne son rôle : parents et enfants. Mais aussi les « Psys », qui ne doivent jamais devenir les instruments zélés d’un gouvernement.

[INTERVIEW] Ne leur pardonnez pas ils savent très bien ce qu’ils font

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin est spécialiste des mensonges d’État? Il s’est notamment intéressé à ceux liés au nucléaire: Tchernobyl et Fukushima, et a publié plusieurs ouvrages. Quand l’événement Covid-19 arrive, il se dit que quelque chose ne va pas dans leur scénario. Au début de la vaccination de masse, il observe les données américaines au premier trimestre 2021: les chiffres sont alarmants, mais ni médias de masse ni politiques ne disent quelque chose… Ceux qui ont fait peur, dramatisé quand il n’y avait aucune raison et se sont tus quand il fallait informer sur les effets secondaires dramatiques des injections, savent très bien ce qu’ils font. Seront-ils jugés, d’une manière ou d’une autre? http://www.jeanmicheljacquemin.com

Les magasins Delhaize repeints la nuit du 12 juin

Nous avons reçu ce message dans le mail de la rédaction de Kairos, que nous relayons.

Cette nuit du 12 juin, à Bruxelles, saccage à la peinture de plusieurs Delhaize franchisés à la veille des « journées du personnel » de Delhaize.

Dans ce conflit social, l’attitude du CEO, Xavier Piesvaux, et du reste de la direction du groupe Ahold Delhaize, appelle à l’élargissement des attaques qui viseront dorénavant davantage les franchisés. L’objectif est plus que jamais de porter un coût au portefeuille patronnal.

« Boycott Delhaize », « Leurs rentes contre nos salaires », « mort aux patrons, force aux grévistes », ont été entre autres inscrits sur les façades des Delhaize de Defacqz, Louise, Toison d’or, rue des saisons et avenue de la courronne. Ce n’est pas pour rien.

Aujourd’hui, les « journées du personnel » commencent chez Delhaize. Une opportunité que saisit la direction du groupe Ahold Delhaize pour passer du temps avec les patrons et avec les directeurs des magasins franchisés. Une occasion supplémentaire pour réaffirmer la fracture sociale opposant d’un côté, la direction et les actionnaires, et de l’autre, les centaines de travailleurs et travailleuses. D’un côté, l’éternelle ambition vers un maximum de profits dans quelques portefeuilles, et de l’autre, une révolte sociale systématiquement réprimée par l’état, la police, les huissiers.

Ces dernières semaines, le fossé se creuse de plus en plus dans le conflit social de Delhaize. Face à la protestation de plus de 3 mois et à l’appel au boycott, la direction met le paquet dans un plan publicitaire agressif envahissant les rues, envoie des mails aux clients pour les inciter à revenir dans les supermarchés, chouchoute les directeurs de franchisés avec ces journées du personnel et maintient la répression des grévistes avec l’envoi systématique d’huissiers. Pourtant, il semblerait que des repreneurs se soient déjà désistés.

C’est en réponse à ce mépris de classe et au foutage de gueule de Xavier Piesvaux que les actions ont eu lieu cette nuit. Nous voulons montrer que les travailleurs et travailleuses ont raison de persévérer, que si la direction devient de plus en plus hostile, nous faisons de même en multipliant les potentielles cibles du groupe financier. Car franchisés, intégrés, centres de stockage, derrière, ce sont toujours les mêmes poches qui se remplissent et les mêmes qui se vident.

De ontstellende stilte van de Belgische mainstream media over Assange*.

Zoals elke maandag wordt er van 17.00 tot 18.30 uur een betoging gehouden ter ondersteuning van Julian Assange op het Muntplein in Brussel (en op het Angeplein in Namen).

Nieuwsbrief 33 Julian Assange:

– Na 10 maanden wachten heeft een rechter van het Hof van Beroep in Londen geweigerd om Assange in beroep te laten gaan, waarbij hij zeldzaam schaarse argumenten gebruikte. Het is nog steeds mogelijk om binnen 5 dagen in beroep te gaan tegen deze beslissing. Het belangrijkste evenement is een openbare hoorzitting waar Assange’s advocaten maximaal 30 minuten en 20 pagina’s de tijd krijgen om hun standpunten …

– Op het moment dat er wereldwijd steeds meer stemmen opgaan om de Amerikaanse president Joe Biden te vragen de vervolging stop te zetten, vallen de Belgische media op door hun verbazingwekkende stilte.

1) Ontwikkelingen

Het duurde bijna een jaar voordat een rechter van het Hof van Beroep in Londen het verzoek van Assange en zijn advocaten om in beroep te gaan afwees. Voor de goede orde: het Hof van Beroep had de VS al in het gelijk gesteld over de kwestie van de gezondheid van Assange in het geval van uitlevering. Na deze eerste tegenslag gingen de advocaten van Assange echter in beroep tegen het andere deel van de uitspraak, dat betrekking had op het politieke karakter van het uitleveringsverzoek van de VS, dat een inbreuk vormde op de vrijheid van meningsuiting en de vrijheid van informatie. Deze beroepsbrief was ongeveer honderd pagina’s lang en was onderverdeeld in 12 beroepsgronden. Het bevatte ook nieuwe informatie die aan het licht was gekomen ten gunste van Assange. Zoals de bekentenis van een belangrijke Amerikaanse getuige tegen Assange dat hij had gelogen. Of informatie over de spionage waaraan Assange en zijn advocaten zelf werden onderworpen door de Amerikaanse diensten. Of over plannen voor de ontvoering of moord op Assange door de Amerikaanse diensten toen hij als vluchteling opgesloten zat in de Ecuadoraanse ambassade in Londen.

In een twintig pagina’s tellende uitspraak beoordeelde Mr Justice Swift van het hof van beroep in Londen al deze gronden snel en beknopt. Zij weigert daarom het beroep van Assange in te dienen, te horen en te behandelen.

Kortom, » zegt hij, « er is geen reden om het eerste oordeel opnieuw te bekijken, geen reden om te denken dat het verkeerd is, of dat de nieuwe elementen interessant en relevant zijn. In elk geval was het eerste arrest ruimschoots gedetailleerd en beargumenteerd, en er is geen reden om het te heroverwegen. Punt. Zonder verder argument.

Misschien waren we dom om te denken dat het anders kon? De vorige etappes hadden al laten zien welke verdraaiingen en verdraaiingen Britse rechters kunnen maken? De indruk van een permanente spiegelfilmoperatie blijft dus bestaan… die tegelijkertijd dient om de verlenging van een ongelooflijk harde detentie voor een journalist, een politieke gevangene in een zogenaamd democratische staat, te rechtvaardigen. Sommige waarnemers wijzen ook op de sterke ideologische affiniteiten van een rechter die in het recente verleden het plan van de Britse regering goedkeurde om asielzoekers uit te zetten naar Rwanda (tegen betaling), wat vervolgens werd tegengehouden door het Europees Hof voor de Rechten van de Mens (EHRM).

Er zijn ook de eigenaardigheden van de Britse procedure, waar de mogelijkheden voor grondige herziening in hoger beroep in feite veel beperkter zijn dan op het continent. De rechter zegt hier niet echt iets over de grond van de zaak, maar hij zegt dat er in feite geen fundamentele gronden voor beroep zijn (wat al een beetje de grond van de zaak is, … moeilijk te begrijpen). Het is een soort filter. Dus we praten er niet over. Game over.

Er werd een tweede uitspraak gedaan, omdat de verdediging het uitleveringsbesluit van de minister van Binnenlandse Zaken ook had aangevochten als strijdig met het uitleveringsverdrag tussen het Verenigd Koninkrijk en Groot-Brittannië. Dit beroep werd ook verworpen.

De bijlage bevat

– Een uitstekend artikel van Tareq Haddad (die alle processtukken nauwgezet archiveert op zijn website)

https://www.tareqhaddad.com/news-british-judge-rejects-assange-appeal-declines-to-hear-new-evidence/

De vertaling:

– Een uitstekend artikel in de Dissenter waarin naast het vonnis ook de ideologische ‘connecties’ worden beschreven van rechter Swift die het vonnis schreef;

https://thedissenter.org/justice-extremely-delayed-and-denied-uk-high-court-rejects-assange-appeal/?ref=the-dissenter-newsletter

De vertaling:

Tegen deze beslissingen blijft een laatste beroep mogelijk, dat dan door twee andere rechters van hetzelfde Hof moet worden onderzocht. Het moet binnen 5 dagen worden ingediend, de rechter specificeert dat het niet langer dan 20 pagina’s mag zijn en dat de openbare hoorzitting die eraan wordt gewijd niet langer dan 30′ mag duren.

Een soortgelijke situatie deed zich voor in de zomer van 2021. De Verenigde Staten hadden een herziening verkregen van het besluit van de oorspronkelijke rechter, die uitlevering uitsluitend afwees op grond van gezondheidsredenen en gevaar voor het leven van Assange. De advocaten van de Verenigde Staten dienden vervolgens een verzoek in hoger beroep in, gebaseerd op 5 argumenten. Een eerste rechter stemde ermee in om twee van hen in beroep te laten gaan. Twee andere juryleden breidden de lijst vervolgens uit tot de 5 argumenten. De discriminatie met de huidige situatie – de weigering om ook maar het minste argument van de verdediging te horen – is dan ook flagrant.

Als de rechters van het Hooggerechtshof de eerste beslissing van Mr. Swift volgende week bevestigen, zal er slechts één beroep – dat waarschijnlijk niet succesvol zal zijn – bij het Hooggerechtshof mogelijk zijn. Vervolgens, als alle juridische opties van Assange in het Verenigd Koninkrijk zijn uitgeput, moet de zaak worden voorgelegd aan het Europees Hof voor de Rechten van de Mens. Zij kan mogelijk een bevel uitvaardigen om de uitlevering op te schorten voordat zij de zaak onderzoekt. Maar het is allerminst zeker dat het Verenigd Koninkrijk zich aan een uitspraak van het EHRM zou houden.

2) De belangrijkste Belgische media zwijgen in alle talen over Assange

Verrassend genoeg hebben de belangrijkste Belgische media, zelfs vier dagen later, deze laatste ontwikkeling nog niet gemeld. Dit is een voortzetting van hun ernstige en wijdverspreide onverschilligheid voor de behandeling van Assange, die hen het meest zorgen zou moeten baren. Deze onverschilligheid wordt bevestigd door hun stilzwijgen over de acties van de verdedigingscomités van Julian Assange.

Op 16 april 2023 stuurden het Free.Assange.Belgium comité en Belgium4assange een brief naar de directeurs en redacteurs van een groot aantal Franstalige en Nederlandstalige Belgische media.

Het verzoek was heel eenvoudig. Ze boden aan een brief te ondertekenen gericht aan de president van de Verenigde Staten, Joe Biden, om hem te vragen de procedure tegen Julian Assange te beëindigen en zo zijn onmiddellijke vrijlating te bewerkstelligen. Deze brief is bijgevoegd. Om het makkelijker te maken, boden de comités aan om praktisch de leiding te nemen over zo’n gegroepeerde zending naar het Witte Huis, zonder commentaar van hun kant.

Door dit te doen, zouden de belangrijkste Belgische media zich ook hebben aangesloten bij het groeiende aantal media over de hele wereld die deze eenvoudige stap hebben genomen.

De comités hebben deze Belgische begunstigden op 28 april 2023 een herinnering gestuurd.

Zeven weken later hebben ze nog geen antwoord ontvangen. Er kwam niet alleen geen reactie in de zin van aanvaarding of weigering, maar zelfs geen enkele ontvangstbevestiging. Noch aan de Franse, noch aan de Nederlandse kant

Een oorverdovende stilte. Schaamte? Minachting? Bewusteloosheid? de lezer zal oordelen.

Van onze kant moeten we gewoon zeggen dat het management van de belangrijkste Belgische media een verontrustend beeld geeft van een van de zwakste schakels in de Assange-campagne. Zelfs media die nauwelijks sympathie hadden voor de journalist Julian Assange en zijn strijd zijn de ernst gaan inzien van wat er op het spel staat in de vervolging en het lot van Assange voor het geheel van informatie en vrijheid van meningsuiting.

Niet in België. Tegen de tijd dat ze zich dit realiseren – als ze dat al doen – zal het te laat zijn.

  • De titel is van de redactie. Dit stilzwijgen verbaast ons natuurlijk niet, in tegenstelling tot de auteur van deze nieuwsbrief.

L’horrible silence des médias – mainstream – belges sur Assange*

Comme tous les  lundis, se tiendra tout à l’heure place de la Monnaie à Bruxelles, de 17 à 18H30 un rassemblement de soutien à Julian Assange ( ainsi que place de l’Ange à Namur).

Lettre d’information 33 Julian Assange:

– Après 10 mois d’attente, un juge de la Cour d’appel de Londres refuse, avec des arguments d’une rare indigence, d’autoriser Assange à faire appel. Un recours contre cette décision est encore possible dans les 5 jours. Avec à la clé une audience publique lors de laquelle les avocats d’Assange auront maximum 30’ et 20 pages pour s’exprimer …

– Alors que des appels se multiplient dans le monde, adressés au Président américain Joe Biden pour qu’il ordonne l’abandon des poursuites, les directions des médias belges se signalent par leur silence étonnant.

1) Développements

Il a fallu presque qu’un an pour qu’un juge de la cour d’appel de Londres rejette la requête introduite par Assange et ses avocats pour pouvoir faire appel. Pour mémoire, la cour d’appel avait déja donné gain de cause aux USA sur le thème de la santé d’Assange en cas d’extradition. Mais après ce premier revers, les avocats d’Assange avait introduit un appel sur toute l’autre partie du jugement, relative au caractère politique de le demande d’extradition américaine, attentatoire à la liberté d’expression et la liberté d’informer. Ce mémoire d’appel faisait une centaine de pages et se décomposait en 12 motifs d’appel. Il incluait aussi de nouveaux éléments survenus entretemps en faveur d’Assange. Comme l’aveu, par un témoin essentiel des USA à charge d’Assange, qu’il avait menti. Ou des informations sur l’espionnage dont Assange et ses avocats eux-mêmes étaient victimes par les services américains. Ou encore sur des projets d’enlèvement ou d’assassinat d’Assange par les services américains lorsqu’il était réfugié et confiné à l’ambassade d’Equateur à Londres.

Dans un arrêt d’une vingtaine de pages, le juge Swift, de la Cour d’appel de Londres, balaie rapidement et sommairement l’ensemble de ces motifs. Il refuse donc que l’appel d’Assange soit introduit, entendu et traité. 

En somme, dit-il, il n’y a pas de raisons de réexaminer le premier jugement, pas de raisons de penser qu’il soit erroné, ou que les éléments neufs soient intéressants et pertinents. De toutes façons, le premier jugement était largement détaillé et argumenté, et il n’y a pas de raisons de le reconsidérer. Point barre. Sans plus d’arguments.

Peut-être était-on idiot de croire qu’il pouvait en aller autrement ? Tant les étapes précédentes avaient déjà montré toutes les distorsions et contorsions auxquelles pouvaient se livrer les juges britanniques ? Ainsi se poursuit l’impression d’un enfumage permanent … qui en même temps sert à justifier la prolongation d’une détention incroyablement dure pour un journaliste, prisonnier politique dans un état paraît-il démocratique. Certains observateurs relèvent aussi les fortes affinités idéologiques d’un juge qui a déjà dans un passé récent, validé le projet du gouvernement britannique de déporter des demandeurs d’asile vers le Rwanda ( contre paiement), car avait ensuite été stoppé par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH)

Il y a aussi les particularités de la procédure britannique où l’on voit que les possibilités de réexamen approfondi en appel sont en fait beaucoup plus limitées que sur le continent. Le juge ici ne dit pas vraiment le fond, mais il dit qu’en fait il n’y a pas de matière fondamentale à appel ( ce qui est déjà un peu du fond, … difficile d’ailleurs à comprendre). C’est un filtre en quelque sorte. Donc on n’en parlera pas. Fin du jeu.

Un deuxième arrêt a été rendu, car la défense avait aussi contesté par ailleurs la décision d’extradition de la ministre de l’Intérieur, l’estimant contraire au traité d’extradition entre le Royaume Uni et la Grande Bretagne. Cet appel là aussi est rejeté.

On trouvera en annexe

– Un article excellent de Tareq Haddad, (qui archive méticuleusement tous les documents du procès sur son site)

https://www.tareqhaddad.com/news-british-judge-rejects-assange-appeal-declines-to-hear-new-evidence/

Sa traduction:

– Un excellent article du Dissenter qui, outre l’arrêt, décrit aussi les « connexions » idéologiques du juge Swift qui a rédigé l’arrêt ;

https://thedissenter.org/justice-extremely-delayed-and-denied-uk-high-court-rejects-assange-appeal/?ref=the-dissenter-newsletter

 Sa traduction:

Un dernier recours reste possible contre ces décisions, qui devrait alors être examiné par deux autres juges de la même Cour. Il doit être introduit dans les 5 jours, le juge précise qu’il ne doit pas dépasser 20 pages et que l’audience publique qui lui sera consacrée ne peut excéder 30’.

On rappellera qu’une situation semblable s’était présentée l’été 2021. Les Etats-Unis avaient, eux obtenu qu’on réexamine la décision de la première juge qui rejettait l’extradition uniquement pour des raisons de santé et risques pour la vie d’Assange. Les avocats de Etats-unis avaient alors déposé une demande d’aller en appel, basée sur 5 arguments. Un premier juge avait accepté d’en soumettre deux à appel. Ensuite, deux autres juges avaient élargi la liste aux 5 arguments. La discrimination avec la situation actuelle – refus d’entendre le moindre argument de la défense -, est ainsi flagrante.

Si les juges de la Haute Cour confirment la première décision du juge Swift la semaine prochaine, il ne restera plus qu’un recours – au succès peu probable -, devant la Cour suprême. Ensuite, si toutes les options juridiques d’Assange en Grande-Bretagne sont ainsi épuisées, l’affaire devrait être portée devant la Cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci pourrait éventuellement émettre une injonction pour suspendre l’extradition avant d’examiner l’affaire. Mais il n’est pas du tout certain que le Royaume Uni respecterait un arrêt de la CEDH.

2) Les principaux médias belges se taisent dans toutes les langues sur Assange

Etonnant, mais même quatre jours après, les principaux médias belges n’ont pas encore relaté ce dernier développement. Ainsi persiste leur indifférence grave et généralisée vis-à-vis du traitement d’Assange, qui pourtant devrait les concerner au premier chef. Une indifférence confirmée par leur silence face aux démarches des comités de défense de Julian Assange.

Qu’on en juge : le 16 avril 2023, le comité Free.Assange.Belgium et Belgium4assange adressaient un courrier aux directeurs et chefs de rédaction de nombreux médias belges, francophones et néerlandophones.

La requête était très simple. Ils leur proposaient de signer un courrier adressé au Président des Etats-Unis, Joe Biden, pour lui demander de mettre fin aux poursuites à l’égard de Julian Assange et d’ainsi entrainer sa libération immédiate. On trouvera ce courrier en annexe. Pour faciliter les choses, les comités leur proposaient de prendre pratiquement en charge un tel envoi groupé à la maison blanche, sans ajouter aucun commentaire de leur part.

Ce faisant, les principaux médias belges auraient aussi rejoint le nombre croissant de médias qui, dans le monde, ont effectué cette démarche simple.

Les comités ont adressé à ces destinataires belges un petit rappel le 28 avril 2023.

Sept semaines après, ils n’ont reçu aucune réponse. Non seulement aucune réponse dans le sens d’une acceptation ou d’un refus, mais même pas un seul accusé de réception. Ni du côté francophone, ni du côté néerlandophone

Un silence assourdissant. De la gêne ? Du mépris ? De l’inconscience ? le lecteur jugera.  

Pour notre part, nous devons simplement constater que les directions des principaux médias belges donnent ainsi l’image affligeante d’un des maillons les plus faibles de la mobilisation en faveur d’Assange. Même des médias qui n’étaient guère favorables au journaliste Julian Assange et à son combat ont fini par comprendre la gravité de l’enjeu des poursuites et du sort fait à Assange pour l’ensemble de l’information et de la liberté d’expression.

En Belgique, non. Quand ils s’en rendront compte – si cela arrive – il sera trop tard.

  • Le titre est de la rédaction. Ce silence ne nous étonne évidemment pas, contrairement à l’auteur de cette newsletter.

[SÉRIE] Chroniques du Totalitarisme: préserver l’innocence de l’enfant

Parler de sexualité chez les enfants relève du domaine du délire, forme d’adultomorphisme où le grand voit dans le petit un adulte en devenir déjà porteur des germes… Or, ce n’est pas parce que l’enfant naît avec des jambes qu’il peut marcher, qu’il sait même ce qu’est marcher. Ainsi, le sexe n’a aucunement la signification qu’elle prendra dans la vie adulte. L’intrusion précoce de ce contenu, qu’il n’est pas prêt à recevoir, constitue un véritable viol psychique qui présage un développement futur problématique. Régis Bruno, pédiatre, qui a reçu en consultation des enfants pendant plus de 50 ans, nous parle de cette maltraitance encouragée par les institutions.

[INTERVIEW] Le pharmacien a dit la vérité, il doit être exécuté – CSI100

Auditionné publiquement le 24 mai 2022 (une première fois à huit clos le 8 avril) devant l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) français, sur les effets indésirables du « vaccin » anti-Covid, Amine Umlil, pharmacien et juriste, rend un rapport qui constitue une petite bombe. Quelques semaines plus tard, le Ministère de la santé ouvre via le Centre national de gestion, une procédure disciplinaire qui conduira à sa révocation. Motif ?: malgré que l’organe de jugement reconnaît toutes les compétences d’Amine Umlil ainsi que la véracité de ses propos, il considère qu’il aurait dû se taire et assumer un devoir de réserve… alors que le pharmacien n’est aucunement soumis au devoir de réserve, mais plutôt au devoir d’alerter puisque la protection du public en matière de médicament lui est confié. Tout est dit, résumé, sur cette époque où plus ils font le spectacle de la liberté d’expression, moins ils lui attribuent de valeur.

Twitter d’Amine Umlil: @amine_umlil

Rapport de l’OPECST:
https://www2.assemblee-nationale.fr/15/les-delegations-comite-et-office-parlementaire/office-parlementaire-d-evaluation-des-choix-scientifiques-et-technologiques/secretariat/a-la-une/rapport-sur-les-effets-indesirables-des-vaccins-contre-la-covid-19-et-le-systeme-de-pharmacovigilance-francais🙏

Chroniques du DONBASS #11

Avec Erwan CASTEl : https://t.me/Agora_Novorossiya

[SÉRIE] Chroniques du Totalitarisme: les enfants traumatisés des politiques Covid-19

L’homme, au service du système, a véritablement vendu ses enfants au monde économique. De même que ceux-ci étaient la cible privilégiée des constructeurs automobiles car influençant en premier le choix commercial des parents, on en a fait des outils pour infuser les idées dominantes dans la société, les ancrer profondément en eux, à la fois pour faire de lui le futur adulte formaté, mais aussi se servir de lui comme levier pour « sauver papy et mamy ». Pendant trois ans, l’enfant a été bombardé d’injonctions paradoxales, sommé de porter un masque alors qu’il allait bien, de se tester alors qu’il n’était pas malade, de s’éloigner de ses pairs alors qu’ils étaient essentiels à son bon développement. Le monde de l’adulte a fait effraction dans celui de l’enfant. Nous devrons réparer les blessures profondes que nous leur avons faites. Il faudra pour cela changer de paradigme.

[INTERVIEW] Les injectés sont devenus des OGM – CSI#100

Si l’injection ARN messager, faussement vendue comme protégeant contre le Covid-19 et spécieusement appelée « Vaccin », génère la fabrication d’une protéine par le sujet qui se mue de fait en une véritable usine, on peut considérer que l’humain injecté devient littéralement un Organisme Génétiquement Modifié (OGM). Hélène Banoun, pharmacienne et biologiste, a spécifiquement travaillé sur la réglementation des produits ARN messager. Comment interpréter le fait que ces produits, considérés comme du domaine de la thérapie génique, donc devant être soumis à une série de contrôles stricts, ne le soient plus ? Comment considérer le fait qu’un produit expérimental distribué à des centaines de millions de gens, fasse l’objet de si peu d’attention ? Dans cette saga, qui mena à la tragédie actuelle, on retrouve Anthony Fauci, le gouvernement US, Curevac, Sanofi, Moderna, la Darpa…, qui permirent que les thérapies géniques type ARN messager ne fassent plus l’objet de contrôles réglementés. La porte ouverte à leur commercialisation mondiale… Suivez l’argent qu’ils disaient !

Il y aura encore des morts à la RTBF…

Cet article du dernier journal Kairos vous est offert car nous pensons qu’il est plus important de respecter le « droit du public de connaître la vérité » (Charte de Munich), que de l’en priver parce qu’il ne serait pas abonné. Sachez toutefois que ce n’est QUE parce que des gens s’abonnent et font des dons que nous pouvons continuer à faire valoir ce droit. Abonnez-vous
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Philippe Debongnie

La situation est difficile, accrochez-vous, car seuls les plus forts résisteront aux changements. Ceux qui sont trop faibles tomberont en chemin. » C’était en 2010, sorti de la bouche d’un haut responsable de la RTBF lors d’un discours de nouvel an, cité dans un témoignage anonyme d’une pigiste. Prophétique. Le 14 février 2023, Alain Dremière prenait sa voiture pour se rendre à la RTBF, où il ne venait plus depuis des mois pour cause de Burn-out, monter au 10ème étage, celui de la direction, et se défenestrer. Un employé de la RTBF qui fumait sa cigarette, sera témoin du dernier bruit d’Alain Dremière, celui de son corps heurtant le sol. Il est à cet instant le dernier d’une longue liste, « tombé en chemin »[note]. 

Dans un agencement où l’ensemble des dominos tiennent debout et pérennisent une structure qui elle-même assure la stabilité individuelle de chaque pièce, aucune de ces dernières ne peut chuter sous risque d’emporter les autres et mettre en péril tout l’édifice.. Cette réalité est d’autant plus forte dans le cas d’une chaîne télé, qui possède également radios, sites web, régie publicitaire… : la refonder complètement, repenser son fonctionnement, impliquerait de lui ôter le rôle principal qu’elle remplit en l’état actuel, celui d’un organe de propagande éloignant le risque que les masses se révoltent contre le système en place, son injustice et sa violence structurelles. 

C’est l’histoire de l’œuf et de la poule. Si un média mainstream devient autre que ce qu’il est, c’est que la société actuelle aura accepté de changer. Cela ne peut se faire, selon nous, qu’au prix d’une révolution, c’est-à-dire un « changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État ». Tous les autres changements, qui seront toujours présentés comme historiques à grand renfort de communication, seront des effets d’annonce, purement cosmétiques, des « changements dans la continuité », comme disait Pierre Bourdieu, ou « changer » pour ne rien changer. On aura calmé provisoirement les plus revendicatifs, distribué gratifications et petits cadeaux à ceux qui trouvent davantage leur satisfaction dans la reconnaissance du maître que dans la liberté, donné des promotions aux moins intègres, licencié ceux qui n’allaient rien lâcher… en somme, la direction aura étouffé la contestation, jusqu’au prochain défenestré… 

Le management fera la part des choses : ou répondre aux attentes des employés, donc qu’il se retire de sa propre initiative[note] ; ou sacrifier les « trop faibles » sur l’autel de la concurrence et du service rendu aux politiques, qui « tomberont en chemin ». Ces politiques, réunis dans ce que l’on nomme la Communauté Wallonie-Bruxelles, censés contrôler la direction à la tête de la RTBF, ne font nullement leur travail. Il se dit d’ailleurs dans les cercles avertis de la RTBF que le véritable ministre des médias n’est pas Bénédicte Linard, mais Jean-Paul Phillipot. L’administrateur général de la RTBF, celui qui aurait dû prendre la porte ouverte par Linard et son cabinet après qu’il se soit offert un sursalaire en toute illégalité et fait à plusieurs reprises des faux en écriture n’a pas été embêté, ne remboursant qu’une partie de la somme volée. Au sein du Conseil d’administration de la chaîne, d’aucuns auraient pu s’attendre à ce que le PTB, les plus à gauche, crie au scandale : il n’en est rien, le CA d’une seule et même voix décidera du licenciement de la lanceuse d’alerte qui avait dénoncé les petits arrangements entre amis. 

Ceux qui espèrent le renouveau à chaque « drame », que les morts réveillent les vivants, sans comprendre que rien n’aura lieu sans une mise à bas radicale des structures dont le fonctionnement est intrinsèquement producteur de drames, peuvent encore espérer et attendre. Ce qui leur restera, s’ils ne s’attaquent pas aux causes, au pouvoir, c’est la liberté de faire des individus, une fois morts, des héros. Enfin, il y en a qui aiment cela, édifier des icônes. Ils voudront y croire, comme on croit en un miracle, à l’apparition de la Sainte Vierge comme en l’intégrité d’un ministre, et se contenteront des palliatifs mis en place par ceux-là mêmes qui ne veulent pas disparaître et sont causes de la situation délétère : ligne d’appel d’urgence, communiqués de presse, promesses d’analyser la situation… toutes sortes de mensonges lénifiants visant à occulter la cause principale, spectacle mis en place par ceux qui veulent que ça dure. Les syndicats, eux, évoqueront un malaise, mais joueront finalement au même jeu que la direction. Tout cela stagnera, maintenant un milieu vaseux, médiocratie où les plus incompétents, les plus vicieux, trouveront leur place. 

En 2018, un technicien s’était déjà défenestré. Sa fonction avait sans doute favorisé le silence médiatique, alors que l’on connaît la fracture interne à la RTBF entre les journalistes et les techniciens. Avant, il y en eut d’autres. Que reste-il à faire individuellement quand on ne peut plus rien faire collectivement ? : se suicider, croupir dans la vase interne, sous valium, antidépresseur, alcool ; fuir. C’est ce que fera l’auteure de l’article « Je n’ai pas laissé ma peau à la RTBF, d’autres l’ont fait[note] ». 

LA FORME (MANAGÉRIALE) TUE LE FOND (RÉDACTIONNEL) 

« Ce que nous vivons en interne, c’est depuis que Philippot est arrivé. Au bout de quelque temps, il a annoncé ce qu’il appelait un “ big bang ”, un changement complet dans la façon de travailler. Et qu’est-ce qui ressort de ce changement ? Nous sommes maintenant multiplateformes, interchangeables, le journaliste qui avant partait faire son sujet télé, maintenant on lui dit “ tu fais ton sujet télé, mais n’oublie pas, il y a le web et la radio ”[note] ». 

L’organisation joue évidemment aussi sur le contenu des émissions, dans un contexte sociétal où abêtir rapporte plus que de faire réfléchir. On mettra en scène un concours de Drag Queen à heure de grande écoute plutôt qu’un sujet d’intérêt général; on ne mordra pas la main qui nous nourrit, et on évitera de s’appesantir sur la corruption politique, répétant scrupuleusement le discours du gouvernement sans pousser l’investigation. Sur ce dernier point, nos contacts au sein de la RTBF nous ont fait part du désarroi rédactionnel dans les premiers jours du Covid et des mesures politiques irréfléchies (confinement, masques généralisés, couvre-feu), où à l’antenne les journalistes donnaient l’illusion de l’assurance, mais ne faisaient que s’aligner sur le politique, sans chercher plus loin, matraquant d’« information » la population sans discontinuer pendant deux ans. 

On fera du Tittytainment[note], les yeux braqués sur les chiffres d’audimat : « Le matin, le chef se félicitait des chiffres et qu’on avait fait mieux que RTL. Parfois il ne connaissait même pas le contenu de l’émission » (…) « Si c’est diffusé sur Internet, combien de clics ? Il n’y a plus que ça qui compte, l’aspect qualitatif n’est même plus pris en compte. On fait péter le champagne quand on bat RTL ». Et cet objectif purement financier des managers se répercutera sur le travailleur et le sens de ce qu’il fait : « On vient pour bosser, pour faire des choses de qualité, pour pouvoir repartir de l’avant en disant “ j’ai fait du bon boulot, je suis content de ce que j’ai fait”. Ça n’arrive plus ça. La plupart des gens, ils rentrent chez eux, ils disent j’ai fait de la merde et en fait, tous les jours, tu te dis que t’as fait la même chose ». La déshumanisation des contenus répondra à l’inhumanité structurelle, satisfaisant à la fois l’administration de la RTBF et les politiques, « ce qui les arrange parce que la RTBF ne va jamais faire une interview dérangeante avec un politique ». Et le surmenage tuera dans l’œuf la contestation : « Quand tu fais le boulot de trois personnes, tu n’as pas le temps de réfléchir. Donc quelque part, la contestation qui pourrait venir simplement par le fait que tu as un peu de temps pour réfléchir ne vient pas, tu es le nez dans le guidon en permanence ». (…) « Aujourd’hui la moyenne d’âge est de 30 et quelques années à la rédaction et c’est ces petits jeunes qui viennent maintenant (…) Pour la plupart, ils sont pigistes, donc intérimaires, donc taillables et corvéables. Mais le boulot d’un journaliste, c’est d’ouvrir sa gueule. Moi je parle trivialement, mais bon, aujourd’hui c’est d’ouvrir sa gueule. Quand tu as peur pour ton contrat et que tu te dis “ il faut quand-même que je mange à la fin du mois ou j’ai deux ou trois enfants à nourrir ”… » 

Cette précarité répond donc « à un management qui a décidé à un moment donné d’appliquer les recettes libérales, même néolibérales, qui sont qu’on ne sécurise plus les gens. On les laisse dans une situation d’instabilité constante où ils sont à se demander s’ils vont pouvoir bosser demain ou pas pour une partie d’entre eux ». Dans ce contexte, les morts ne sont « que » le prix à payer ; faible prix pour le pouvoir politique qui en sort gagnant et la poignée de privilégiés de la RTBF qui s’enrichit sur le dos du contribuable. La modification dans l’organisation des ressources humaines rendra toute remontée impossible, le suicide devenant cruellement la seule possibilité d’être entendu : « Tu as tout en haut l’administrateur général, et juste en dessous de lui une espèce de mur, une armée mexicaine pleine de directeurs, avec d’autres directeurs en dessous, responsables des opérations, responsables RH, responsables thématiques »… « véritable lasagne où plus personne n’est responsable » (…) « D’ailleurs le bureau de Philippot est inaccessible au petit personnel, il est dans une sorte de tour d’ivoire ; la direction a un restaurant de luxe avec serveur, destiné au gratin de la RTBF et aux invités de marque. On est dans le même bâtiment mais on est pas dans la même famille. Et plus il y a des inégalités, plus on parle de “ grande famille ” ». Et pour être sûr que les plus récalcitrants rentrent dans l’ordre, Jean-Paul Phillipot s’est assuré « une garde rapprochée qui bénéficie de contrats beaucoup plus intéressants ». 

A l’issue de son assemblée générale du 15 février 2023, la Société Des Journalistes demandait d’urgence une réflexion de fond sur les structures de décisions et la gestion humaine qui sont à l’œuvre aujourd’hui à la RTBF, et énonçait : « Plus jamais pareil drame ne peut se reproduire ». Fin 2012, une pigiste anonyme écrivait « bouteille à la mer d’un journaliste pigiste de la RTBF », concluant : « Ce qui m’a décidé à vous confier ceci, c’est ma crainte que parmi les personnes travaillant pour la RTBF qui sont en souffrance psychique, certains ne se contentent plus, à l’avenir, de s’abrutir d’anxiolytiques, pour supporter cette ambiance de travail. Je suis solidaire de tous ces gens qui souffrent de ne plus pouvoir exercer avec fierté le métier qu’ils ont choisi ». En 2020, ayant quitté entretemps l’enfer, elle réitérait : « Je n’ai pas laissé ma peau à la RTBF. D’autres l’ont fait ». 

En 10 ans, les suicides, la souffrance, ont pris une plus grande ampleur. Patrons et politiques avaient fait leur promesse. L’espoir a la même éthymologie que le verbe attendre. Il y a des moments où il ne faut plus attendre, plus espérer. Mais agir. 

Alexandre Penasse 

[SÉRIE] « Plus jamais ça, c’est maintenant et mondial »

Des rescapés de l’Holocauste dénoncent le retour du totalitarisme. Série réalisée par Vera SHARAV

https://sentadepuydt.substack.com/p/140523-la-serie-de-vera-sharav-plus

Épisode 1

Épisode 2

Épisode 3

Épisode 4

Épisode 5 (à venir)

[SÉRIE] CHRONIQUES DU TOTALITARISME – L’OMS et les enfants

La sexualisation précoce des enfants est dans les agendas des gouvernements de tous les pays occidentaux, chapeautée par l’OMS. Synchronisés, ils déploient drag queens et autres manuels pour la vie affective et sexuelle dans les écoles. Mais sur quelles bases se fondent ces incursions précoces dans la vie psychique de l’enfant? Amandine Lafargue, psychologue clinicienne et sociale, et Ariane Bilheran, docteur en psychopathologie et philosophe, nous expliquent en quoi ces politiques sont délirantes et procèdent de manière exactement inverse de ce que nous savons de la psychologie de l’enfant.

Ariane BILHERAN: https://www.arianebilheran.com/

Amandine LAFARGUE: https://amandinelafargue.com/

[SÉRIE] Chroniques du DONBASS #10

Avec Erwan Castel: https://t.me/Agora_Novorossiya

[INTERVIEW] Injection COVID: Un système immunitaire perturbé

Directeur de recherche au CNRS, docteur en biologie cellulaire et microbiologie, Jean-Marc Sabatier a dirigé plusieurs équipes de recherche académique, mais est aussi, notamment, éditeur de la revue « Coronaviruses ». Il s’y connaît donc dans le domaine. Dès mars 2020, il fait une découverte capitale, démontrant que ce n’est pas le virus qui est directement responsable du Covid-19, mais le dysfonctionnement du système rénine-angiotensine (SRA), un système hormonal qui est présent dans tous les organes et tissus du corps humain. Comme pour les autres qui disaient la vérité, proposaient le dialogue, offraient leur expertise pour aider les gens, il a été censuré, banni, ostracisé. Il nous parle de l’importance de la vitamine D, des effets secondaires dramatiques des injections, de l’importance du SRA dans le fonctionnement humain et des perturbations majeures que ces injections lui causent.

Een maffia aan het werk in de hogere echelons voor meer dan 20 jaar

Nous partageons avec vous une enquête de nos amis du média POUR! Enquête qui en dit long sur l’état de corruption systémique en Belgique. Un drame, voulu et entretenu par les pouvoirs exécutif, judiciaire, législatif, avec un pouvoir médiatique (des mainstream) qui ne fait pas son travail – ou bien fait parfaitement son travail de fabrication du consentement. Il est légitime de se dire que sans toucher à cela, rien ne pourra changer en profondeur[note].

Les amies, les amis, On s’est creusé la tête pour vous raconter cette folle histoire le plus simplement possible. Ça prend un peu plus de 10 minutes à lire. Un gros pari, à l’heure des vidéos Tiktok de 20 secondes en moyenne, mais un pari qui pourrait rapporter près de 100 millions et faire en sorte, pour une fois, que des riches paient leurs impôts ! (On a plein d’idées pour y arriver ! )
On vous raconte :

MAIS QUI CONTRÔLE LA JUSTICE ?

On s’est naïvement posé la question parce qu’on est tombé sur une affaire pourrie, mais alors, c’est du lourd.
Une histoire d’évasion fiscale à l’héritage.

En général, ces histoires-là, elles passent sous les radars.
Si les pauvres doivent frauder, les riches, eux, ils ont le pognon pour s’évader.
Ils se paient une armée d’avocats fiscalistes, réviseurs d’entreprises, experts comptables et autres notaires.
Et ils échappent à l’administration fiscale et à la justice (toutes deux définancées), bien souvent impuissantes (et parfois complices).

Mais ici, c’est l’histoire d’un héritier qui a décidé de déclarer l’entièreté de l’héritage, soit 400 millions € au lieu des 117.000 € déclarés par ses frères et sœurs, qui ont planqué le reste.

Pour vous aider à vous représenter la différence entre la succession déclarée et la succession estimée, on vous a fait un graphique. Mais le montant déclaré est tellement petit qu’on ne le voit pas. Alors on a converti l’argent en secondes (1€ = 1 seconde). Et ça donne ceci :
117.000 € = 1 jour, 8h et 30 minutes
400 millions € = 12 ans, 249 jours, 15h et 6 min

Ça donne une idée des sommes qui nous échappent quand il n’y a pas d’héritier rebelle chez les familles riches …

C’est l’histoire, donc, de Luc Verbruggen, l’héritier rebelle.

Il y a 25 ans, Luc a subi une très grave opération qui le tiendra à l’écart de ses affaires durant plus de deux ans et le laissera invalide à 100%.

Pendant ce temps, il est dépouillé par son frère, Marc, devant ses frères et sœurs, spectateurs complices.

Quand leur père (qui fut le plus grand notaire de Bruxelles) décède en 2002, la famille est bien armée pour procéder à la déclaration de succession. Un des oncles est notaire et un autre est un ténor du barreau (il était l’avocat du milliardaire Albert Frère, dont le montant des droits de succession est un secret… d’Etat !)
Et nos héritiers fraudeurs ne sont pas en reste.

Mais vu le pactole, pour assurer le coup, ils se font conseiller par ZE spécialiste en planification successorale, l’avocat Emmanuel de Wilde d’Estmael. C’est lui le magicien, le grand architecte de l’évasion de la fortune du père.
La succession comprend principalement 4 sociétés : 3 de droit belge et 1 au Liechtenstein.
Avant que notre magicien n’entre en scène, un ami de la famille, le réviseur Marc Ghyoot, va se charger d’estimer la valeur des trois sociétés de droit belge.

Il fallait oser : les sociétés possédaient (entre autres !) un superbe hôtel et un complexe Shopping au Sablon (un endroit hyper chic au cœur de Bruxelles), un building ainsi que des terrains dans le centre-ville de Bruxelles, ainsi que d’autres immenses terrains hyper bien placés qui valent une fortune.
Mais dire que ça ne vaut rien, c’est un joli coup, mais ça ne suffit pas. Et c’est là que notre magicien intervient avec ses précieux conseils : faire croire que tout appartenait à la veuve (une couturière qui n’avait jamais exercé d’emploi).

Et il conseille de faire en sorte – tant qu’elle est en vie – qu’elle fasse des donations à 5 de ses 7 enfants.

(Luc, notre héritier rebelle, il est un peu brouillé, forcément, avec ses frères et sœurs qui l’avaient dépouillé.
Et il y a aussi Jack, un autre frère, qui est un peu comme Judas. Il aimerait bien être dans le bon camp, avec Luc, mais le pognon est dans l’autre camp, alors il louvoie.)

Et voilà comment on fait passer une succession de 400 millions d’un richissime notaire pour une succession de Mr Tout-le-Monde : 117.000€. Même pas de quoi s’acheter un appart à Bruxelles. 

Luc, qui a bien saisi l’embrouille, porte plainte au pénal. L’enquête de
la juge d’instruction, Silviana Verstreken, commence fort. Elle ordonne 3 perquisitions : au bureau et au domicile de Liliane (l’héritière notaire) ainsi qu’au bureau du notaire des 5 héritiers, Yves Deschamps (qui a appliqué les conseils d’Emmanuel de Wilde d’Estmael, l’avocat spécialiste en planification successorale).

Et là, BINGO !
Les enquêteurs retrouvent les traces écrites des conseils frauduleux d’Emmanuel de Wilde d’Estmael !

Bref, de quoi faire tomber les héritiers fraudeurs, leur notaire Yves Deschamps, le réviseur Marc Ghyoot et Emmanuel De Wilde d’Estmael.
Pris de panique, ce dernier écrit fissa à la juge pour invoquer le secret professionnel !

Pas besoin de faire 5 ans de droit pour se douter qu’on ne peut pas invoquer le secret professionnel pour couvrir ses propres crimes ou délits…

Et donc la juge Silviana Verstreken ne s’arrête pas et ordonne des enquêtes au Luxembourg, en Italie, en Suisse et en Allemagne (c’est dire l’ampleur du montage fiscal pour arriver à cacher cet héritage…)

Puis soudainement, COUP DE TONNERRE !
La juge saborde l’enquête !

La juge refuse les mesures coercitives que lui réclame l’inspecteur général qui mène l’enquête, MAIS SURTOUT, elle lui demande de retirer les courriers d’Emmanuel de Wilde d’Estmael du dossier ET AUSSI de supprimer tous les PV qui les mentionnent et de les remplacer par d’autres PV qui ne les mentionnent pas !

Pourquoi un tel changement ?

Dans ce milieu où on se connait, on se protège, manifestement. Et des “amis” sont venus plaider avec insistance la cause d’Emmanuel de Wilde d’Estmael auprès de la juge, Silviana Verstreken, qui craquera/comprendra… (à vous de choisir). D’autant que ces “amis” sont des pointures.

Pour ne pas alourdir la lecture, nous ne les nommerons pas.

Il faut dire que les sommes en jeu sont considérables et que les faits sont graves : Emmanuel de Wilde d’Estmael a quand même conseillé de frauder (et en plus, il était officiellement le conseil de la maman, à l’époque, et non des enfants).

Bref : VERDICT (tout démarrait de la plainte de Luc) : 5 mois de prison avec sursis pour les 5 héritiers fraudeurs. (Imaginez la peine si on avait tenu compte des pièces évincées du dossier…)

La Cour d’Appel les innocentera. On ne condamne manifestement pas des gens comme eux.
Les conseils frauduleux d’Emmanuel de Wilde d’Estmael seront considérés comme judicieux (wiwi !) et la Cour ne demandera pas de preuve que la mère possédait bien toute cette fortune, arguant que c’est plausible.

Pour cette incroyable décision, on remerciera Luc Maes, le Président de la Cour d’Appel, ainsi que Jean-François Godbille, l’avocat général.

Luc a été en cassation mais la Cour de cassation n’a rien trouvé à redire.

Nous sommes alors en 2013 (plus de 10 ans après le décès du père !).
Mais l’histoire n’est pas finie, au contraire !!
Car une succession, il faut la liquider. On ne touche pas l’argent comme ça, il faut passer devant un notaire. Et lors de successions conflictuelles, comme ici, on fait appel à un notaire judiciaire, et aussi, dans ce cas, à un expert judiciaire pour estimer la valeur de la succession. 

ET LÀ, REVIREMENT COMPLET DE SITUATION !
L’expert est honnête…

Les 5 héritiers fraudeurs – qui ne savent pas qu’ils vont tomber sur un expert pareil – jurent, sous serment cette fois-ci, que la déclaration de succession de 117.000 € est correcte.

Le boulot de l’expert pour estimer la valeur de la succession, il est pas simple. D’abord, parce que ça fait des années que les héritiers fraudeurs cachent les pièces comptables qui prouvent l’ampleur de la succession et que ça n’est pas une mince affaire de reconstituer ce puzzle avec le peu de documents disponibles. En plus, malgré les gros montants, la comptabilité est majoritairement composée d’ « opérations diverses ». Impossible de savoir ce que c’est, donc. (Les comptables comprendront la gravité de  la chose.)

Et en plus, il a en face de lui des avocats et conseils des héritiers fraudeurs qui font tout, forcément, pour lui mettre des bâtons dans les roues et gagner du temps.

Nous sommes aujourd’hui en 2023, plus de 21 ans après le décès du père et la succession n’est toujours pas liquidée. (Et donc, y’a toujours pas un balle de droits de succession dans les caisses de l’Etat !)
On ne peut pas tout vous raconter ici – il y a trop ! – mais l’expert judiciaire a réalisé un vrai parcours du combattant !

En plus des pointures comme avocats, les héritiers fraudeurs se sont payé les services du Vice-président de l’Institut des Réviseurs d’Entreprises. Une position qui assure une légitimité aux héritiers. Ce dernier ne répondra à aucune question sensible et niera même détenir certains documents.

Luc, il maîtrise cette affaire bien mieux que tout le monde. Et donc, pour ne pas lui transmettre certaines pièces (il pourrait démontrer trop vite qu’elles sont fausses, par exemple), l’avocat des sociétés des héritiers fraudeurs, Fabian Tchékémian, associé du cabinet DALDEWOLF invoquera le SECRET DES AFFAIRES ! CARRÉMENT ! (Après le secret professionnel, hein, tant qu’on y est…) 
Et ça sera validé par la Présidente !

L’expert judiciaire reçoit au compte-gouttes les pièces qu’il demande.
Et ce ne sont bien sûr pas les plus importantes qui lui sont transmises.
On ne lui répond jamais sur les sujets cruciaux.
Bref, ils gagnent du temps.

Ils tenteront aussi de noyer l’expert sous des milliers de documents abscons ou inutiles. Mais l’expert dénichera quand même, parmi eux, des infos primordiales.

L’avocat des sociétés, Tchékémian, fera tout pour restreindre le périmètre de l’expertise. Il brandit même les expertises de 2002 (année du décès du père) faites par le réviseur Marc Ghyoot, qui avait estimé les sociétés pour des queues de cerises.

Et pour couronner le tout, la justice oscille entre passivité complice et sabordage volontaire.
Cette justice se permet tout :
Quand ils existent, il arrive que les PV des audiences ne reprennent pas les propos de l’expert (et encore moins ceux de Luc, mais lui, la Présidente a carrément dit qu’elle ne l’écoutait pas !). Elle est d’une complaisance folle à l’égard des héritiers et refuse de prendre les mesures coercitives que lui demande l’expert pour avancer dans son rapport (par exemple les faire payer 15.000€/semaine de retard de remise des pièces comptables).

Mais l’expert, c’est ZE expert ! Un cador ! Il s’y connait à fond et il se laisse pas démonter et poursuit ses investigations (pour donner les infos les plus complètes au notaire chargé de la liquidation de la succession). Et même s’il lui manque encore plein d’infos, il a bien vu qu’il manquait des sommes gigantesques et ses premiers rapports sont des bombes :
“Comptabilité non conforme aux lois”, “infractions”, “manquements graves”, “conflits d’intérêts”…
Et il lève le voile sur la société cachée au Liechtenstein qui connait de nombreux flux financiers avec les trois autres sociétés de droit belge. 
VERBRUGGEN

Oui, c’est un problème.
Et pas que pour les 5 héritiers fraudeurs mais aussi pour la centaine de professionnels du droit et du chiffre qui a pris part, depuis 21 ans, à cette gigantesque fraude (magistrats, avocats d’affaires, experts-comptables, réviseurs d’entreprises, notaires, experts immobiliers…).
Et parce qu’il s’agit d’une famille connue dans le milieu (c’était le plus grand notaire de Bruxelles), ce sont pas des petits noms qui sont mêlés à ça. Y’a des ténors. Si l’expert dévoile la vérité, les dominos vont commencer à tomber…

Et la justice, elle n’a pas envie de ça. Alors les choses vont s’accélérer. Le 28 octobre 2021, la Présidente Isabelle De Ruydts va dire à l’expert judiciaire (à qui la Cour doit encore de l’argent pour son travail) d’arrêter immédiatement ses travaux en cours !
Et elle va sommer Luc de payer 50.000€ sur les 75.000€ qui sont dus à l’expert ! 
Là, Luc il est ruiné. Il vit sous le seuil de pauvreté (il a même dû dormir dans sa voiture). Il a des gros frais de santé et il ne peut plus se payer d’avocat depuis bien longtemps. Et la Présidente le sait bien puisqu’elle lui a refusé une rente médicale quelques mois plus tôt.

Pour ne pas alourdir cette histoire compliquée, il y a une chose dont on ne vous a pas encore parlé :

QUE FAIT L’ÉTAT dans tout ça ?

Parce que, quand même, il devrait récupérer près de 100 millions de droits de succession. Et ça dure depuis 21 ans ! (Nous, les petits, si on met un mois de trop pour payer nos impôts, on aura vite fait l’administration fiscale sur le dos…)

Et donc, qu’a-t-il fait ? Voici un petit résumé de notre ressenti :

On est (un peu) injuste :
En 2008, l’Etat avait rejoint Luc dans sa plainte contre les héritiers fraudeurs. Mais il a perdu, comme Luc. (Quand les professionnels du droit et du chiffre se tiennent, ils pèsent manifestement plus lourd que l’Etat…)
Mais l’administration fiscale, voyant bien qu’elle est prise pour un blaireau, elle doit quand même réagir un peu. Alors, ils ont fait deux saisies conservatoires (en gros, ils bloquent temporairement l’argent jusqu’à la fin de la procédure) pour un montant total de 32 millions d’euros (sur une succession de 117.000€, rappelons-le…)

Et même si les avocats de l’Etat assistent aux audiences successives, ils n’ont pas fait grand-chose de plus que ça.

MAIS CONTRE TOUTE ATTENTE, lorsque la Présidente ordonne à Luc de payer les frais d’expertise, l’Etat se réveille et propose à la Cour de payer les 75.000 euros pour payer les travaux déjà effectués, ET 75.000€ SUPPLÉMENTAIRES pour s’assurer que l’expertise aille bien au bout !
Du jamais vu !

L’étau se resserre autour des fraudeurs et de leurs millions…

C’est le branle-bas de combat !
Deux semaines plus tard, les avocats des héritiers fraudeurs envoient à la Cour une requête en récusation de l’expert, basée sur de faux témoignages ! (Ça n’aboutira pas : ils ne peuvent quand même pas TOUT se permettre…).

L’Etat, sans réponse de la Cour, il prend l’initiative de payer les 75.000€ à 3 jours de la deadline fixée par la Présidente. (La Cour mettra 5 mois pour verser l’argent à l’expert.) Quant au deuxième versement de 75.000 € pour terminer l’expertise, la Cour trouvera une entourloupe juridique pour dire que cette demande est “sans objet”. On gagne encore du temps.

L’expert judiciaire, il a dû en baver, depuis tant d’années. En plus, il s’est adjoint les services d’un expert immobilier et il faut le payer. (D’autant qu’il est bon, lui aussi : il a retrouvé des biens immobiliers qui n’avaient pas été déclarés.)
Alors, comme il doit en avoir marre, l’expert judiciaire a annoncé qu’il allait payer de sa poche la somme réclamée à la Cour pour payer l’expertise immobilière, histoire d’arriver au bout.

A l’heure nous où écrivons ces lignes (ce 22 mai 2023), l’expert devrait bientôt remettre d’autres rapports assassins … s’il n’est pas éliminé lui-même… Les héritiers fraudeurs et leurs avocats vont forcément encore essayer de le faire tomber. Et si Luc était lui-même éliminé ?

La prochaine audience est fixée au 25 mai 2023.
À l’ordre du jour  :

Une contestation générale de tout ce qui concerne l’expertise (son périmètre, les honoraires, sa longueur, etc). Et une demande d’éliminer l’héritier rebelle du prétoire, de lui interdire toute communication. Il ne faut surtout pas que les saisies conservatoires de 32 millions d’euros deviennent exécutoires. Et surtout, il ne faut pas rouvrir des dossiers si soigneusement cachés depuis tant d’années…

FIN

Fin, vraiment ?

Pour une fois, grâce à Luc, l’héritier rebelle, on peut voir comment des riches tentent d’échapper à l’impôt.
Cet argent, c’est le nôtre ! Ce sont les craies du professeur, les béquilles du malade, la gare du village, le scanner du médecin, le camion du pompier, nos routes, nos trains…

On a saisi 9 fois les politiques, qui invoquent la séparation des pouvoirs ou qui nous disent qu’ils ne peuvent pas poser de questions parlementaires sur des affaires en cours. (Et une fois que ça sera jugé, ils s’abriteront derrière “L’autorité de la chôôôse jugée !” Ça sera trop tard !). Quant aux politiques communaux, AUCUNE RÉPONSE sur les 800 bourgmestres, échevins et conseillers communaux de la Région bruxelloise.

CECI N’EST QU’UN PETIT RÉSUMÉ D’UNE INCOYABLE SAGA DE 21 ANS. VOUS TROUVEREZ INFINIMENT PLUS DE DÉTAILS DANS LE DOSSIER DE CHRISTIAN SAVESTRE : 

L’AFFAIRE VERBRUGGEN – Les fiscotrafiquants au pouvoir

Une mafia à l’œuvre dans les hautes sphères depuis plus de 20 ans

Nous partageons avec vous une enquête de nos amis du média POUR! Enquête qui en dit long sur l’état de corruption systémique en Belgique. Un drame, voulu et entretenu par les pouvoirs exécutif, judiciaire, législatif, avec un pouvoir médiatique (des mainstream) qui ne fait pas son travail – ou bien fait parfaitement son travail de fabrication du consentement. Il est légitime de se dire que sans toucher à cela, rien ne pourra changer en profondeur[note].

Les amies, les amis, On s’est creusé la tête pour vous raconter cette folle histoire le plus simplement possible. Ça prend un peu plus de 10 minutes à lire. Un gros pari, à l’heure des vidéos Tiktok de 20 secondes en moyenne, mais un pari qui pourrait rapporter près de 100 millions et faire en sorte, pour une fois, que des riches paient leurs impôts ! (On a plein d’idées pour y arriver ! )
On vous raconte :

MAIS QUI CONTRÔLE LA JUSTICE ?

On s’est naïvement posé la question parce qu’on est tombé sur une affaire pourrie, mais alors, c’est du lourd.
Une histoire d’évasion fiscale à l’héritage.

En général, ces histoires-là, elles passent sous les radars.
Si les pauvres doivent frauder, les riches, eux, ils ont le pognon pour s’évader.
Ils se paient une armée d’avocats fiscalistes, réviseurs d’entreprises, experts comptables et autres notaires.
Et ils échappent à l’administration fiscale et à la justice (toutes deux définancées), bien souvent impuissantes (et parfois complices).

Mais ici, c’est l’histoire d’un héritier qui a décidé de déclarer l’entièreté de l’héritage, soit 400 millions € au lieu des 117.000 € déclarés par ses frères et sœurs, qui ont planqué le reste.

Pour vous aider à vous représenter la différence entre la succession déclarée et la succession estimée, on vous a fait un graphique. Mais le montant déclaré est tellement petit qu’on ne le voit pas. Alors on a converti l’argent en secondes (1€ = 1 seconde). Et ça donne ceci :
117.000 € = 1 jour, 8h et 30 minutes
400 millions € = 12 ans, 249 jours, 15h et 6 min

Ça donne une idée des sommes qui nous échappent quand il n’y a pas d’héritier rebelle chez les familles riches …

C’est l’histoire, donc, de Luc Verbruggen, l’héritier rebelle.

Il y a 25 ans, Luc a subi une très grave opération qui le tiendra à l’écart de ses affaires durant plus de deux ans et le laissera invalide à 100%.

Pendant ce temps, il est dépouillé par son frère, Marc, devant ses frères et sœurs, spectateurs complices.

Quand leur père (qui fut le plus grand notaire de Bruxelles) décède en 2002, la famille est bien armée pour procéder à la déclaration de succession. Un des oncles est notaire et un autre est un ténor du barreau (il était l’avocat du milliardaire Albert Frère, dont le montant des droits de succession est un secret… d’Etat !)
Et nos héritiers fraudeurs ne sont pas en reste.

Mais vu le pactole, pour assurer le coup, ils se font conseiller par ZE spécialiste en planification successorale, l’avocat Emmanuel de Wilde d’Estmael. C’est lui le magicien, le grand architecte de l’évasion de la fortune du père.
La succession comprend principalement 4 sociétés : 3 de droit belge et 1 au Liechtenstein.
Avant que notre magicien n’entre en scène, un ami de la famille, le réviseur Marc Ghyoot, va se charger d’estimer la valeur des trois sociétés de droit belge.

Il fallait oser : les sociétés possédaient (entre autres !) un superbe hôtel et un complexe Shopping au Sablon (un endroit hyper chic au cœur de Bruxelles), un building ainsi que des terrains dans le centre-ville de Bruxelles, ainsi que d’autres immenses terrains hyper bien placés qui valent une fortune.
Mais dire que ça ne vaut rien, c’est un joli coup, mais ça ne suffit pas. Et c’est là que notre magicien intervient avec ses précieux conseils : faire croire que tout appartenait à la veuve (une couturière qui n’avait jamais exercé d’emploi).

Et il conseille de faire en sorte – tant qu’elle est en vie – qu’elle fasse des donations à 5 de ses 7 enfants.

(Luc, notre héritier rebelle, il est un peu brouillé, forcément, avec ses frères et sœurs qui l’avaient dépouillé.
Et il y a aussi Jack, un autre frère, qui est un peu comme Judas. Il aimerait bien être dans le bon camp, avec Luc, mais le pognon est dans l’autre camp, alors il louvoie.)

Et voilà comment on fait passer une succession de 400 millions d’un richissime notaire pour une succession de Mr Tout-le-Monde : 117.000€. Même pas de quoi s’acheter un appart à Bruxelles. 

Luc, qui a bien saisi l’embrouille, porte plainte au pénal. L’enquête de
la juge d’instruction, Silviana Verstreken, commence fort. Elle ordonne 3 perquisitions : au bureau et au domicile de Liliane (l’héritière notaire) ainsi qu’au bureau du notaire des 5 héritiers, Yves Deschamps (qui a appliqué les conseils d’Emmanuel de Wilde d’Estmael, l’avocat spécialiste en planification successorale).

Et là, BINGO !
Les enquêteurs retrouvent les traces écrites des conseils frauduleux d’Emmanuel de Wilde d’Estmael !

Bref, de quoi faire tomber les héritiers fraudeurs, leur notaire Yves Deschamps, le réviseur Marc Ghyoot et Emmanuel De Wilde d’Estmael.
Pris de panique, ce dernier écrit fissa à la juge pour invoquer le secret professionnel !

Pas besoin de faire 5 ans de droit pour se douter qu’on ne peut pas invoquer le secret professionnel pour couvrir ses propres crimes ou délits…

Et donc la juge Silviana Verstreken ne s’arrête pas et ordonne des enquêtes au Luxembourg, en Italie, en Suisse et en Allemagne (c’est dire l’ampleur du montage fiscal pour arriver à cacher cet héritage…)

Puis soudainement, COUP DE TONNERRE !
La juge saborde l’enquête !

La juge refuse les mesures coercitives que lui réclame l’inspecteur général qui mène l’enquête, MAIS SURTOUT, elle lui demande de retirer les courriers d’Emmanuel de Wilde d’Estmael du dossier ET AUSSI de supprimer tous les PV qui les mentionnent et de les remplacer par d’autres PV qui ne les mentionnent pas !

Pourquoi un tel changement ?

Dans ce milieu où on se connait, on se protège, manifestement. Et des “amis” sont venus plaider avec insistance la cause d’Emmanuel de Wilde d’Estmael auprès de la juge, Silviana Verstreken, qui craquera/comprendra… (à vous de choisir). D’autant que ces “amis” sont des pointures.

Pour ne pas alourdir la lecture, nous ne les nommerons pas.

Il faut dire que les sommes en jeu sont considérables et que les faits sont graves : Emmanuel de Wilde d’Estmael a quand même conseillé de frauder (et en plus, il était officiellement le conseil de la maman, à l’époque, et non des enfants).

Bref : VERDICT (tout démarrait de la plainte de Luc) : 5 mois de prison avec sursis pour les 5 héritiers fraudeurs. (Imaginez la peine si on avait tenu compte des pièces évincées du dossier…)

La Cour d’Appel les innocentera. On ne condamne manifestement pas des gens comme eux.
Les conseils frauduleux d’Emmanuel de Wilde d’Estmael seront considérés comme judicieux (wiwi !) et la Cour ne demandera pas de preuve que la mère possédait bien toute cette fortune, arguant que c’est plausible.

Pour cette incroyable décision, on remerciera Luc Maes, le Président de la Cour d’Appel, ainsi que Jean-François Godbille, l’avocat général.

Luc a été en cassation mais la Cour de cassation n’a rien trouvé à redire.

Nous sommes alors en 2013 (plus de 10 ans après le décès du père !).
Mais l’histoire n’est pas finie, au contraire !!
Car une succession, il faut la liquider. On ne touche pas l’argent comme ça, il faut passer devant un notaire. Et lors de successions conflictuelles, comme ici, on fait appel à un notaire judiciaire, et aussi, dans ce cas, à un expert judiciaire pour estimer la valeur de la succession. 

ET LÀ, REVIREMENT COMPLET DE SITUATION !
L’expert est honnête…

Les 5 héritiers fraudeurs – qui ne savent pas qu’ils vont tomber sur un expert pareil – jurent, sous serment cette fois-ci, que la déclaration de succession de 117.000 € est correcte.

Le boulot de l’expert pour estimer la valeur de la succession, il est pas simple. D’abord, parce que ça fait des années que les héritiers fraudeurs cachent les pièces comptables qui prouvent l’ampleur de la succession et que ça n’est pas une mince affaire de reconstituer ce puzzle avec le peu de documents disponibles. En plus, malgré les gros montants, la comptabilité est majoritairement composée d’ « opérations diverses ». Impossible de savoir ce que c’est, donc. (Les comptables comprendront la gravité de  la chose.)

Et en plus, il a en face de lui des avocats et conseils des héritiers fraudeurs qui font tout, forcément, pour lui mettre des bâtons dans les roues et gagner du temps.

Nous sommes aujourd’hui en 2023, plus de 21 ans après le décès du père et la succession n’est toujours pas liquidée. (Et donc, y’a toujours pas un balle de droits de succession dans les caisses de l’Etat !)
On ne peut pas tout vous raconter ici – il y a trop ! – mais l’expert judiciaire a réalisé un vrai parcours du combattant !

En plus des pointures comme avocats, les héritiers fraudeurs se sont payé les services du Vice-président de l’Institut des Réviseurs d’Entreprises. Une position qui assure une légitimité aux héritiers. Ce dernier ne répondra à aucune question sensible et niera même détenir certains documents.

Luc, il maîtrise cette affaire bien mieux que tout le monde. Et donc, pour ne pas lui transmettre certaines pièces (il pourrait démontrer trop vite qu’elles sont fausses, par exemple), l’avocat des sociétés des héritiers fraudeurs, Fabian Tchékémian, associé du cabinet DALDEWOLF invoquera le SECRET DES AFFAIRES ! CARRÉMENT ! (Après le secret professionnel, hein, tant qu’on y est…) 
Et ça sera validé par la Présidente !

L’expert judiciaire reçoit au compte-gouttes les pièces qu’il demande.
Et ce ne sont bien sûr pas les plus importantes qui lui sont transmises.
On ne lui répond jamais sur les sujets cruciaux.
Bref, ils gagnent du temps.

Ils tenteront aussi de noyer l’expert sous des milliers de documents abscons ou inutiles. Mais l’expert dénichera quand même, parmi eux, des infos primordiales.

L’avocat des sociétés, Tchékémian, fera tout pour restreindre le périmètre de l’expertise. Il brandit même les expertises de 2002 (année du décès du père) faites par le réviseur Marc Ghyoot, qui avait estimé les sociétés pour des queues de cerises.

Et pour couronner le tout, la justice oscille entre passivité complice et sabordage volontaire.
Cette justice se permet tout :
Quand ils existent, il arrive que les PV des audiences ne reprennent pas les propos de l’expert (et encore moins ceux de Luc, mais lui, la Présidente a carrément dit qu’elle ne l’écoutait pas !). Elle est d’une complaisance folle à l’égard des héritiers et refuse de prendre les mesures coercitives que lui demande l’expert pour avancer dans son rapport (par exemple les faire payer 15.000€/semaine de retard de remise des pièces comptables).

Mais l’expert, c’est ZE expert ! Un cador ! Il s’y connait à fond et il se laisse pas démonter et poursuit ses investigations (pour donner les infos les plus complètes au notaire chargé de la liquidation de la succession). Et même s’il lui manque encore plein d’infos, il a bien vu qu’il manquait des sommes gigantesques et ses premiers rapports sont des bombes :
“Comptabilité non conforme aux lois”, “infractions”, “manquements graves”, “conflits d’intérêts”…
Et il lève le voile sur la société cachée au Liechtenstein qui connait de nombreux flux financiers avec les trois autres sociétés de droit belge. 
VERBRUGGEN

Oui, c’est un problème.
Et pas que pour les 5 héritiers fraudeurs mais aussi pour la centaine de professionnels du droit et du chiffre qui a pris part, depuis 21 ans, à cette gigantesque fraude (magistrats, avocats d’affaires, experts-comptables, réviseurs d’entreprises, notaires, experts immobiliers…).
Et parce qu’il s’agit d’une famille connue dans le milieu (c’était le plus grand notaire de Bruxelles), ce sont pas des petits noms qui sont mêlés à ça. Y’a des ténors. Si l’expert dévoile la vérité, les dominos vont commencer à tomber…

Et la justice, elle n’a pas envie de ça. Alors les choses vont s’accélérer. Le 28 octobre 2021, la Présidente Isabelle De Ruydts va dire à l’expert judiciaire (à qui la Cour doit encore de l’argent pour son travail) d’arrêter immédiatement ses travaux en cours !
Et elle va sommer Luc de payer 50.000€ sur les 75.000€ qui sont dus à l’expert ! 
Là, Luc il est ruiné. Il vit sous le seuil de pauvreté (il a même dû dormir dans sa voiture). Il a des gros frais de santé et il ne peut plus se payer d’avocat depuis bien longtemps. Et la Présidente le sait bien puisqu’elle lui a refusé une rente médicale quelques mois plus tôt.

Pour ne pas alourdir cette histoire compliquée, il y a une chose dont on ne vous a pas encore parlé :

QUE FAIT L’ÉTAT dans tout ça ?

Parce que, quand même, il devrait récupérer près de 100 millions de droits de succession. Et ça dure depuis 21 ans ! (Nous, les petits, si on met un mois de trop pour payer nos impôts, on aura vite fait l’administration fiscale sur le dos…)

Et donc, qu’a-t-il fait ? Voici un petit résumé de notre ressenti :

On est (un peu) injuste :
En 2008, l’Etat avait rejoint Luc dans sa plainte contre les héritiers fraudeurs. Mais il a perdu, comme Luc. (Quand les professionnels du droit et du chiffre se tiennent, ils pèsent manifestement plus lourd que l’Etat…)
Mais l’administration fiscale, voyant bien qu’elle est prise pour un blaireau, elle doit quand même réagir un peu. Alors, ils ont fait deux saisies conservatoires (en gros, ils bloquent temporairement l’argent jusqu’à la fin de la procédure) pour un montant total de 32 millions d’euros (sur une succession de 117.000€, rappelons-le…)

Et même si les avocats de l’Etat assistent aux audiences successives, ils n’ont pas fait grand-chose de plus que ça.

MAIS CONTRE TOUTE ATTENTE, lorsque la Présidente ordonne à Luc de payer les frais d’expertise, l’Etat se réveille et propose à la Cour de payer les 75.000 euros pour payer les travaux déjà effectués, ET 75.000€ SUPPLÉMENTAIRES pour s’assurer que l’expertise aille bien au bout !
Du jamais vu !

L’étau se resserre autour des fraudeurs et de leurs millions…

C’est le branle-bas de combat !
Deux semaines plus tard, les avocats des héritiers fraudeurs envoient à la Cour une requête en récusation de l’expert, basée sur de faux témoignages ! (Ça n’aboutira pas : ils ne peuvent quand même pas TOUT se permettre…).

L’Etat, sans réponse de la Cour, il prend l’initiative de payer les 75.000€ à 3 jours de la deadline fixée par la Présidente. (La Cour mettra 5 mois pour verser l’argent à l’expert.) Quant au deuxième versement de 75.000 € pour terminer l’expertise, la Cour trouvera une entourloupe juridique pour dire que cette demande est “sans objet”. On gagne encore du temps.

L’expert judiciaire, il a dû en baver, depuis tant d’années. En plus, il s’est adjoint les services d’un expert immobilier et il faut le payer. (D’autant qu’il est bon, lui aussi : il a retrouvé des biens immobiliers qui n’avaient pas été déclarés.)
Alors, comme il doit en avoir marre, l’expert judiciaire a annoncé qu’il allait payer de sa poche la somme réclamée à la Cour pour payer l’expertise immobilière, histoire d’arriver au bout.

A l’heure nous où écrivons ces lignes (ce 22 mai 2023), l’expert devrait bientôt remettre d’autres rapports assassins … s’il n’est pas éliminé lui-même… Les héritiers fraudeurs et leurs avocats vont forcément encore essayer de le faire tomber. Et si Luc était lui-même éliminé ?

La prochaine audience est fixée au 25 mai 2023.
À l’ordre du jour  :

Une contestation générale de tout ce qui concerne l’expertise (son périmètre, les honoraires, sa longueur, etc). Et une demande d’éliminer l’héritier rebelle du prétoire, de lui interdire toute communication. Il ne faut surtout pas que les saisies conservatoires de 32 millions d’euros deviennent exécutoires. Et surtout, il ne faut pas rouvrir des dossiers si soigneusement cachés depuis tant d’années…

FIN

Fin, vraiment ?

Pour une fois, grâce à Luc, l’héritier rebelle, on peut voir comment des riches tentent d’échapper à l’impôt.
Cet argent, c’est le nôtre ! Ce sont les craies du professeur, les béquilles du malade, la gare du village, le scanner du médecin, le camion du pompier, nos routes, nos trains…

On a saisi 9 fois les politiques, qui invoquent la séparation des pouvoirs ou qui nous disent qu’ils ne peuvent pas poser de questions parlementaires sur des affaires en cours. (Et une fois que ça sera jugé, ils s’abriteront derrière “L’autorité de la chôôôse jugée !” Ça sera trop tard !). Quant aux politiques communaux, AUCUNE RÉPONSE sur les 800 bourgmestres, échevins et conseillers communaux de la Région bruxelloise.

CECI N’EST QU’UN PETIT RÉSUMÉ D’UNE INCOYABLE SAGA DE 21 ANS. VOUS TROUVEREZ INFINIMENT PLUS DE DÉTAILS DANS LE DOSSIER DE CHRISTIAN SAVESTRE : 

L’AFFAIRE VERBRUGGEN – Les fiscotrafiquants au pouvoir

Gewelddadig optreden tegen protesten in Oekraïne

Dit artikel is geschreven door Maxim Goldarb, voorzitter van de partij Unie van linkse krachten (voor een nieuw socialisme). Het getuigt van het geweld van de repressie in Oekraïne sinds 2014. Dit staat ver af van de gedempte toespraken van westerse politici tijdens hun reizen naar Oekraïne, of van Zelensky’s rondreis door Europa. Achter de gladgestreken beelden: moorden op tegenstanders, willekeurige arrestaties, gevangenschap, geminachte vrijheid van meningsuiting.

Oekraïne is lang beschouwd als het vrijste land in het post-Sovjetgebied. Tot tien jaar geleden konden politieke partijen en overheidsorganisaties uit alle richtingen en diverse media vrij opereren in onze staat, en oefenden politici, journalisten en activisten van de oppositie openlijk en moedig kritiek uit op de autoriteiten. Elke poging om kritiek op de autoriteiten in hun activiteiten te verhinderen, veroorzaakte een groot schandaal.

Maar alles is radicaal veranderd sinds de Euromaidan van 2014. Het rechtse oligarchische regime, dat aan de macht kwam met een nationalistische ideologie, begon zijn tegenstanders streng te vervolgen, met behulp van terroristische methoden.

Het meest tragische voorbeeld van niet alleen vervolging, maar ook moord door het heersende regime in Kiev op zijn ideologische tegenstanders vond plaats in Odessa op 2 mei 2014, toen nationalistische activisten, met de volledige medeplichtigheid en hulp van de autoriteiten, antifascistische activisten blokkeerden in het gebouw van het Huis van de Vakbonden en het gebouw in brand staken. En velen sprongen uit de ramen van de brandende mensen waren al klaar op de grond. In totaal kwamen toen meer dan 40 mensen om, onder wie Vadim Papura, een lid van de Komsomol (Communistische Jeugd), en Andrei Brazhevsky, een lid van de linkse organisatie Borotba.

Niemand is ooit gestraft voor deze misdaad, hoewel de deelnemers eraan op talloze foto’s en video’s zijn vastgelegd. Bovendien werd een van de organisatoren van dit bloedbad later voorzitter van het Oekraïense parlement, en werd de tweede afgevaardigde op de lijsten van de partij van voormalig president Porosjenko.

Ook de moordenaars van een aantal bekende oppositiepolitici en journalisten die sinds 2014 zijn overleden, zijn niet gestraft: voormalig parlementslid voor de Socialistische Partij van Oekraïne Valentina Semenyuk-Samsonenko (moord vermomd als zelfmoord, 27 augustus 2014); voormalig parlementslid, organisator van oppositieacties Oleg Kalashnikov (vermoord op 15 april 2015); populaire schrijver en antifascistische publicist Oles Buzina (vermoord op 16 april 2015) en vele anderen.

De activiteiten van de grootste linkse partij van het land op dat moment, de Communistische Partij van Oekraïne, werden verboden.

Bovendien zijn politici, journalisten en oppositieactivisten, veelal van linkse signatuur, de afgelopen jaren geslagen, gearresteerd en opgesloten op grond van valse beschuldigingen van « hoogverraad » en andere openlijk politieke beschuldigingen. Dit gebeurde in het bijzonder met de journalisten Vasili Muravitski, Dmitri Vasilets, Pavel Volkov, mensenrechtenactivist Ruslan Kotsaba en anderen. Het is kenmerkend dat deze beschuldigingen in de rechtbanken, zelfs onder druk van de autoriteiten, over het algemeen zijn gestrand en volstrekt onhoudbaar zijn gebleken.

Jaar na jaar is de situatie verslechterd, vooral nadat Vladimir Zelensky president van Oekraïne werd. De officiële reden voor de volledige eliminatie van de restanten van burgerlijke vrijheden en het begin van openlijke politieke repressie was het militaire conflict in Oekraïne dat in februari 2022 begon.

Alle oppositiepartijen in Oekraïne, waarvan de meeste links zijn, waaronder de Unie van Linkse Krachten (Voor Nieuw Socialisme), die ik leid, zijn verboden op basis van verzonnen en gekopieerde beschuldigingen dat zij « pro-Russisch » zouden zijn.

Tegelijkertijd vertegenwoordigde het enige lid van het Oekraïense parlement dat openlijk ging werken bij de door Rusland op het grondgebied van Oekraïne gecreëerde autoriteiten, Oleksiy Kovalyov, de partij van president Zelensky, Dienaar van het Volk. Bovendien is de regerende partij gedurende de hele oorlog opgeschrikt door spraakmakende corruptieschandalen die het gezag van de autoriteiten in de ogen van het volk ondermijnen en de restanten van het gezag van Oekraïne in de ogen van de internationale gemeenschap catastrofaal vernietigen (vice-kabinetschef van president Kyrylo Timosjenko, Minister van Defensie Oleksiy Reznikov en zijn plaatsvervanger Vyacheslav Shapovalov, onderminister van Gemeenschappen, Gebieden en Infrastructuurontwikkeling Vasily Lozinsky, voorzitter van de Raad van Bestuur van Naftogaz Ukrainy Andriy Kobolev, hoofd van het regionale militaire bestuur van Dnepropetrovsk Valentyn Reznichenko, en anderen). Hoewel juist deze « activiteit » van de regeringspartij een directe bedreiging vormt voor de veiligheid en het bestaan van het land, is zij om de een of andere reden nog niet door de autoriteiten verboden.

De Veiligheidsdienst van Oekraïne (SBU) heeft op beschuldiging van hoogverraad een aantal opinieleiders en journalisten gearresteerd die zich voor de oorlog in de media hebben uitgelaten en kritiek hebben geuit op de regering. Allen werden beschuldigd van het bevorderen van een pro-Russisch standpunt, hoogverraad, spionage, propaganda, enz.

In februari-maart 2022 werden bekende bloggers en journalisten gearresteerd wegens hoogverraad en in voorlopige hechtenis genomen (SIZO), zoals: Dmitry Dzhangirov (een aanhanger van linkse standpunten, werkte samen met onze partij), Yan Taksyur (een aanhanger van linkse standpunten), Dmitry Marunich, Mikhail Pogrebinsky, Yuri Tkachev, enz.

De reden voor hun detentie was helemaal niet een kortstondig verraad, maar de angst van de autoriteiten voor hun publieke positie, die niet samenviel met het officiële standpunt.

In maart 2022 verdween historicus Alexander Karevin, bekend om zijn actief burgerschap, spoorloos nadat agenten van de SBU zijn huis hadden bezocht. Karevin heeft herhaaldelijk kritiek geuit op het optreden van de Oekraïense autoriteiten op het gebied van menswetenschappen, taalbeleid en historisch geheugenbeleid.

In februari 2023 werd Dmitry Skvortsov, een orthodoxe publicist en blogger, in een klooster bij Kiev gearresteerd en in voorlopige hechtenis genomen.

In maart 2022 in Kiev, op verdenking van art. Advocaat, mensenrechtenactivist, bekend om haar antifascistische houding Olena Berezhnaya, die in december 2021 in de VN-Veiligheidsraad sprak over de wetteloosheid die in Oekraïne plaatsvindt, werd aangehouden en in een centrum voor voorlopige hechtenis geplaatst.

Op 3 maart 2022 werd de SBU in Kiev gearresteerd wegens overtreding van art. 109 van het Oekraïense wetboek van strafrecht (« acties gericht op het met geweld wijzigen van de constitutionele orde of het grijpen van de staatsmacht ») en in een centrum voor voorlopige hechtenis geplaatst tot eind 2022, de linkse activisten en antifascistische broers Alexander en Mikhail Kononovichi. Daar werden ze geslagen en gemarteld en werd hun niet tijdig medische hulp verleend.

In mei 2022 arresteerde de SBU in Dnipro de broer van voormalig presidentskandidaat Oleg Tsarev, Oekraïens staatsburger Mikhail Tsarev, wegens « destabilisering van de sociaal-politieke situatie in de regio ». Als gevolg daarvan werd hij in december 2022 wegens terrorisme veroordeeld tot 5 jaar gevangenisstraf.

Op 7 maart 2022 verdwenen zes activisten van de oppositieorganisatie Patriots for Life spoorloos in Severodonetsk, en in mei 2022 plaatste een van de leiders van de Azov-groep, Maxim Zhorin, een foto van hun lichamen op internet, waarbij hij beweerde dat zij « werden geëxecuteerd » en dat hun moord verband hield met hun positie en werd uitgevoerd door paramilitaire structuren.

Op 12 januari 2023 werd Sergej Titov, een inwoner van Belaja Tserkov, een halfblinde gehandicapte met een geestesziekte, gearresteerd en in een voorarrest geplaatst en voor « saboteur » verklaard. Op 2 maart 2023 werd gemeld dat hij in het voorarrest was overleden.

Sinds november 2022 zit Dmitry Shymko uit Khmelnytsky in de gevangenis vanwege zijn politieke overtuiging.

Honderden gewone burgers zijn in het huidige Oekraïne al vervolgd omdat zij politieke inhoud op het internet hadden gezet die de autoriteiten verboden achtten.

De autoriteiten hebben de Oekraïense informatieruimte, met inbegrip van het internet, streng onder controle. Alle persoonlijke publicaties van burgers over fouten aan het front, over corruptie bij de autoriteiten en het leger, over leugens van ambtenaren worden tot misdaden verklaard. Deze mensen, evenals bloggers en beheerders van TG-kanalen, zijn het slachtoffer van pesterijen door de politie en de veiligheidsdienst.

In het voorjaar van dit jaar werden volgens de SBU 26 telegramkanalen geblokkeerd, waarin mensen elkaar informeerden over de huidige locaties van distributie van mobilisatieoproepen. Zes ambtenaren werden gefouilleerd en de verdenkingen werden aan hen doorgegeven. Zo werden openbare pagina’s in de regio’s Ivano-Frankivsk, Tsjerkassy, Vinnitsa, Tsjernivtsi, Kiev, Lviv en Odessa geblokkeerd, waarop meer dan 400 gebruikers waren geabonneerd. Publieke bestuurders riskeren jaren gevangenisstraf.

In maart 2022 werd artikel 436-2 « Rechtvaardiging, erkenning van legaliteit, ontkenning van gewapende agressie van de Russische Federatie tegen Oekraïne, verheerlijking van de deelnemers daaraan » in het wetboek van strafrecht van Oekraïne opgenomen, dat feitelijk gericht is tegen iedere Oekraïense burger die iets anders heeft dan het officiële politieke standpunt.

Deze norm is zo geformuleerd dat hij in wezen voorziet in bestraffing van « gedachtemisdrijven » – woorden, zinnen die niet alleen in het openbaar worden uitgesproken, maar ook in een privé-gesprek, geschreven in een privé-bericht of een SMS-bericht dat via de telefoon wordt gezegd. In feite gaat het om een inbreuk op de privacy van burgers, op hun gedachten. Dit werd in feite bevestigd door zijn rechtshandhavingspraktijk – veroordeling voor likes, privé telefoongesprekken, enz. Voor eenvoudige gesprekken op straat en likes op het internet onder berichten stonden in maart 2023 380 veroordelingen in het register van rechterlijke uitspraken, waaronder die met echte gevangenisstraffen.

Zo werd in juni 2022 in Dnipro een inwoner van Mariupol veroordeeld tot 5 jaar gevangenisstraf, met een proeftijd van 2 jaar, die in maart 2022 beweerde dat de beschieting van de burgerbevolking en de civiele infrastructuur in Mariupol was uitgevoerd door militairen van de Oekraïense strijdkrachten (UF).

Een ander vonnis, gebaseerd op de resultaten van een telefoongesprek in maart 2023, werd uitgesproken tegen een inwoner van Odessa, die werd veroordeeld tot twee jaar voorwaardelijk wegens « onpatriottische en staatsvijandige » gesprekken op een mobiele telefoon.

Een inwoonster van het dorp Maly Bobrik in de regio Sumy, die in april 2022 bij haar rechtbank in aanwezigheid van 3 personen de acties van de Russische autoriteiten ten aanzien van Oekraïne, die haar schuld niet erkenden, goedkeurde, is veroordeeld op grond van deel 1 van art. 436-2 van het Wetboek van Strafrecht in juni 2022 voor een daadwerkelijke straf van zes maanden gevangenisstraf.

Ten minste 25 Oekraïners zijn veroordeeld wegens « anti-Oekraïense activiteiten » op sociale netwerken. In Odnoklassniki zijn 19 mensen door wetshandhavers gestrand aangetroffen. Volgens het onderzoek verspreidden deze inwoners van Oekraïne « Z »-symbolen en Russische vlaggen op hun pagina’s en noemden zij de invasie « bevrijding ».

Er werden ook veroordelingen uitgesproken tegen degenen die dergelijke publicaties niet verspreidden, maar ze alleen « leuk vonden » (hun instemming betuigden op sociale netwerken) – in de teksten van ten minste twee vonnissen staat dat de zogenaamde « likes » tot doel hadden « het idee te verspreiden onder een groot aantal mensen door de grenzen van het grondgebied van Oekraïne te wijzigen » en « de gewapende agressie van de Russische Federatie te rechtvaardigen ». De reden voor het onderzoek was dat persoonlijke pagina’s vrij toegankelijk zijn en dat gelikete publicaties door veel mensen kunnen worden gezien.

Zo werd in mei 2022 in Uman een gepensioneerde veroordeeld tot 2 jaar gevangenisstraf met een proeftijd van een jaar omdat zij « wegens de afwijzing van de huidige Oekraïense autoriteiten … op het internetnetwerk Odnoklassniki de zogenaamde « likes » (tekens « klasse ») heeft toegekend aan een aantal publicaties waarin de gewapende agressie van de Russische Federatie tegen Oekraïne wordt gerechtvaardigd ».

In Kremenchug in mei 2022, volgens art. 436-2 van het strafwetboek van Oekraïne is een Oekraïense burger veroordeeld die onder een bijnaam (netwerknaam, pseudoniem) in Odnoklassniki sprak over nazi’s in Oekraïne en de ontwikkeling van biologische wapens die door het Pentagon worden gefinancierd.

De repressie van de huidige regering tegen degenen die het er niet mee eens zijn, heeft van Oekraïne de minst vrije staat in Europa gemaakt, een staat waar iedereen die zich durft te verzetten tegen de autoriteiten, de oligarchie, het nationalisme en het neonazisme zijn vrijheid en vaak zijn leven riskeert.

Wij verzoeken u deze informatie zoveel mogelijk te verspreiden, omdat in de huidige situatie alleen brede internationale publiciteit aan de in dit artikel gepresenteerde feiten kan helpen duizenden mensen te redden wier vrijheid en leven nu in Oekraïne daadwerkelijk worden bedreigd.

Répression violente de la contestation en Ukraine

Ce article a été écrit par Maxim Goldarb, président du parti Union des forces de gauche (Pour un Nouveau Socialisme). Il témoigne de la violence de la répression en Ukraine depuis 2014. Loin des discours feutrés lors des voyages des politiciens occidentaux en Ukraine, ou de la tournée de Zelensky en Europe. Derrière les images lissées: assassinats d’opposants, arrestations arbitraires, emprisonnements, liberté d’expression bafouée.

L’Ukraine a longtemps été considérée comme le pays le plus libre de l’espace post-soviétique. Il y a encore 10 ans, les partis politiques et les organisations publiques de toutes directions, une variété de médias opéraient librement dans notre État, et les politiciens de l’opposition, les journalistes et les militants critiquant ouvertement et courageusement les autorités. Toute tentative d’empêcher les critiques des autorités dans leurs activités créait un grand scandale, et il y a eu très peu de tentatives de ce genre.

Mais tout a radicalement changé depuis l’Euromaïdan de 2014. Le régime oligarchique de droite qui est arrivé au pouvoir avec une idéologie nationaliste a commencé à persécuter sévèrement ses opposants, en utilisant des méthodes terroristes.

L’exemple le plus tragique non seulement de persécution, mais aussi de meurtres par le régime au pouvoir à Kiev de ses opposants idéologiques a eu lieu à Odessa le 2 mai 2014, lorsque des militants nationalistes, avec toute la connivence et l’aide des autorités, ont bloqué des militants antifascistes dans le bâtiment de la Maison des syndicats et ont mis le feu au bâtiment. Et beaucoup ont sauté par les fenêtres des gens en feu étaient déjà finies sur le sol. Au total, plus de 40 personnes sont mortes à ce moment-là, parmi lesquelles Vadim Papura, membre du Komsomol (jeunesse communiste), ainsi qu’Andrei Brazhevsky, membre de l’organisation de gauche Borotba.

Pour ce crime, personne n’a jamais été puni, bien que ses participants aient été enregistrés sur de nombreuses photos et vidéos. D’ailleurs, l’un des organisateurs de ce massacre est devenu par la suite le président du parlement ukrainien, et le second est devenu député sur les listes du parti de l’ancien président Porochenko.

De même, les assassins d’un certain nombre de politiciens et de journalistes de l’opposition bien connus qui sont morts depuis 2014 n’ont pas été punis : l’ex-députée du Parti socialiste d’Ukraine Valentina Semenyuk-Samsonenko (meurtre déguisé en suicide, 27 août 2014) ; l’ex-député, organisateur des actions de l’opposition Oleg Kalachnikov (tué le 15 avril 2015) ; l’écrivain populaire et publiciste antifasciste Oles Buzina (tué le 16 avril 2015) et bien d’autres.

Les activités du plus grand parti de gauche du pays à cette époque, le Parti communiste d’Ukraine, ont été interdites.

En outre, des politiciens, des journalistes et des militants d’opposition, dont beaucoup étaient de gauche, ont été battus, arrêtés et emprisonnés ces dernières années sur la base d’accusations forgées de toutes pièces de « haute trahison » et d’autres accusations ouvertement politiques. C’est ce qui s’est passé, en particulier, avec les journalistes Vasily Muravitsky, Dmitry Vasilets, Pavel Volkov, le militant des droits de l’homme Ruslan Kotsaba et d’autres. Il est caractéristique que dans les tribunaux, même sous la pression des autorités, ces accusations, en règle générale, se sont effondrées et se sont avérées totalement intenables.

D’année en année, la situation s’est aggravée, en particulier après que Vladimir Zelensky est devenu président de l’Ukraine. La raison officielle de l’élimination complète des restes de libertés civiles et du début de la répression politique ouverte était le conflit militaire en Ukraine qui a commencé en février 2022.

Tous les partis d’opposition en Ukraine, dont la plupart sont des partis de gauche, y compris le parti Union des forces de gauche (Pour le nouveau socialisme), que je dirige, ont été interdits sur la base d’accusations fabriquées et copiées sur carbone d’être « pro-russes ».

Dans le même temps, le seul membre du parlement ukrainien qui est ouvertement allé travailler dans les autorités créées par la Russie sur le territoire de l’Ukraine, Oleksiy Kovalyov, représentait le parti du président Zelensky, serviteur du peuple. En outre, tout au long de la guerre, le parti au pouvoir a été secoué par des scandales de corruption très médiatisés qui sapent l’autorité des autorités aux yeux du peuple et détruisent de manière catastrophique les vestiges de l’autorité de l’Ukraine aux yeux de la communauté internationale (chef adjoint du cabinet du président Kyrylo Timoshenko, ministre de la Défense Oleksiy Reznikov et son adjoint Vyacheslav Shapovalov, Le vice-ministre des Communautés, des Territoires et du Développement des infrastructures, Vasily Lozinsky, le président du conseil d’administration de Naftogaz Ukrainy Andriy Kobolev, le chef de l’administration militaire régionale de Dnepropetrovsk, Valentyn Reznichenko, et d’autres). Bien que ce soit précisément cette « activité » du parti au pouvoir qui constitue une menace directe pour la sécurité et l’existence du pays, pour une raison quelconque, elle n’a pas encore été interdite par les autorités.

Le Service de sécurité de l’Ukraine (SBU), avec l’accusation de haute trahison, a arrêté un certain nombre de leaders d’opinion et de journalistes qui se sont exprimés avant la guerre dans les médias avec des commentaires et ont critiqué le gouvernement. Tous ont été accusés de promouvoir une position pro-russe, de haute trahison, d’espionnage, de propagande, etc.

En février-mars 2022, des blogueurs et des journalistes bien connus ont été arrêtés pour haute trahison et placés dans des centres de détention provisoire (SIZO), tels que : Dmitry Dzhangirov (un partisan des opinions de gauche, a collaboré avec notre parti), Yan Taksyur (un partisan des opinions de gauche), Dmitry Marunich, Mikhail Pogrebinsky, Yuri Tkachev, et ainsi de suite.

La raison de leur détention n’était pas du tout une trahison éphémère, mais la crainte des autorités de leur position publique, qui ne coïncidait pas avec la position officielle.

En mars 2022, l’historien Alexander Karevin, connu pour sa citoyenneté active, a disparu sans laisser de trace après que des agents du SBU se soient rendus à son domicile. Karevin a vivement critiqué à plusieurs reprises les actions des autorités ukrainiennes dans le domaine des sciences humaines, de la politique linguistique et de la politique de mémoire historique.

En février 2023, Dmitry Skvortsov, publiciste et blogueur orthodoxe, a été arrêté dans un monastère près de Kiev et placé dans un centre de détention provisoire.

En mars 2022 à Kiev, sur suspicion au sens de l’art. 111 du Code pénal (CC) (trahison) a été détenue et placé dans un centre de détention provisoire avocate, militante des droits de l’homme, connue pour sa position antifasciste Olena Berezhnaya, qui en décembre 2021 a pris la parole au Conseil de sécurité de l’ONU, parlant de l’anarchie qui se passe en Ukraine.

Le 3 mars 2022, le SBU a été arrêté à Kiev pour violation de l’art. 109 du Code pénal de l’Ukraine (« actions visant à modifier par la force l’ordre constitutionnel ou à s’emparer du pouvoir de l’État ») et placés dans un centre de détention provisoire jusqu’à la fin de 2022, des militants de gauche et des frères antifascistes Alexander et Mikhail Kononovichi. Là, ils ont été battus et torturés, privés d’une assistance médicale en temps opportun.

En mai 2022, à Dnipro, le SBU a arrêté le frère de l’ancien candidat à la présidence Oleg Tsarev, citoyen ukrainien Mikhaïl Tsarev, pour « déstabilisation de la situation sociopolitique dans la région ». En conséquence, en décembre 2022, il a été condamné pour terrorisme à 5 ans de prison.

Le 7 mars 2022, six militants de l’organisation d’opposition Patriotes pour la vie ont disparu sans laisser de trace à Severodonetsk, et en mai 2022, l’un des dirigeants du groupe Azov, Maxim Zhorin, a publié une photo de leurs cadavres sur Internet, affirmant qu’ils « ont été exécutés », et que leur meurtre est lié à leur position et perpétré par des structures paramilitaires.

Le 12 janvier 2023, Sergei Titov, un résident de Belaya Tserkov, une personne handicapée à moitié aveugle atteinte d’une maladie mentale, a été arrêté et placé dans un centre de détention provisoire, il a été déclaré « saboteur ». Le 2 mars 2023, il a été signalé qu’il était décédé dans le centre de détention provisoire.

Depuis novembre 2022, Dmitry Shymko de Khmelnytsky est dans les cachots pour ses convictions politiques.

Des centaines de citoyens ordinaires ont déjà été poursuivis dans l’Ukraine d’aujourd’hui pour avoir diffusé sur Internet des contenus politiques que les autorités considéraient comme interdits.

Les autorités ont pris un contrôle étroit sur l’espace d’information de l’Ukraine, y compris Internet. Toutes les publications personnelles de citoyens sur les erreurs commises au front, sur la corruption parmi les autorités et l’armée, sur les mensonges des fonctionnaires sont déclarées crimes. Ces personnes, ainsi que les blogueurs, administrateurs des chaînes TG, sont victimes de harcèlement de la part de la police et du Service de sécurité.

Au printemps de cette année, selon le SBU, 26 canaux de télégrammes ont été bloqués, dans lesquels les gens s’informaient mutuellement des lieux actuels de distribution des convocations de mobilisation. Des perquisitions ont été effectuées chez six administrateurs publics et les soupçons leur ont été transmis. Ainsi, les pages publiques qui fonctionnaient dans les régions d’Ivano-Frankivsk, Tcherkassy, Vinnitsa, Tchernivtsi, Kiev, Lviv et Odessa ont été bloquées, auxquelles plus de 400 10 utilisateurs étaient abonnés. Les administrateurs publics risquent des années de prison.

En mars 2022, l’article 436-2 « Justification, reconnaissance de la légalité, négation de l’agression armée de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, glorification de ses participants » a été introduit dans le Code pénal de l’Ukraine, qui est en réalité dirigé contre tout citoyen ukrainien qui a quelque chose de différent de la position politique officielle.

Cette norme est formulée de telle sorte que, en substance, elle prévoit une punition pour les « crimes de pensée » – mots, phrases prononcés non seulement en public, mais aussi dans une conversation privée, écrits dans un messager privé ou message SMS dit au téléphone. En fait, nous parlons d’une atteinte à la vie privée des citoyens, à leurs pensées. Ceci, en fait, a été confirmé par la pratique de son application de la loi – condamnation pour likes, appels téléphoniques privés, etc. Pour les conversations simples dans la rue et les likes sur Internet sous les posts, en mars 2023, il y avait 380 condamnations dans le registre des décisions de justice, y compris celles avec de vraies peines de prison.

Ainsi, en juin 2022, à Dnipro, un habitant de Marioupol a été condamné à 5 ans de prison, avec une période d’essai de 2 ans, qui en mars 2022 a affirmé que le bombardement de la population civile et des infrastructures civiles à Marioupol avait été effectué par des militaires des Forces armées ukrainiennes (APU).

Une autre peine, basée sur les résultats d’une conversation téléphonique en mars 2023, a été prononcée contre un habitant d’Odessa, condamné à deux ans de probation pour des conversations « antipatriotiques et antiétatiques » sur un téléphone portable.

Une habitante du village de Maly Bobrik dans la région de Sumy, qui en avril 2022, près de sa cour en présence de 3 personnes, a approuvé les actions des autorités russes en relation avec l’Ukraine, qui n’a pas reconnu sa culpabilité, a été condamnée en vertu de la partie 1 de l’art. 436-2 du Code pénal en juin 2022 pour une peine réelle de six mois de prison.

Au moins 25 Ukrainiens ont été reconnus coupables d’« activités anti-ukrainiennes » sur les réseaux sociaux. 19 personnes ont été retrouvées par des agents des forces de l’ordre à Odnoklassniki bloquées dans le pays. Selon l’enquête, ces résidents de l’Ukraine ont distribué des symboles « Z », des drapeaux russes sur leurs pages et ont qualifié l’invasion de « libération ».

Des condamnations ont également été prononcées contre ceux qui n’ont pas distribué de telles publications, mais seulement les ont « aimées » (ont exprimé leur approbation sur les réseaux sociaux) – au moins les textes de deux phrases disent que les soi-disant « j’aime » avaient pour but de « faire connaître l’idée à un large éventail de personnes en changeant les frontières du territoire de l’Ukraine » et en « justifiant l’agression armée de la Fédération de Russie ». La justification de l’enquête était que les pages personnelles ont un accès libre et que les publications aimées peuvent être vues par de nombreuses personnes.

Ainsi, en mai 2022, à Ouman, une retraitée a été condamnée à 2 ans de prison avec une période probatoire d’un an pour le fait qu’elle « en raison du rejet des autorités ukrainiennes actuelles … sur le réseau Internet Odnoklassniki ont attribué les soi-disant « j’aime » (marques « classe ») à un certain nombre de publications qui justifient l’agression armée de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ».

À Kremenchug en mai 2022, selon l’art. 436-2 du Code pénal de l’Ukraine, un citoyen ukrainien a été condamné qui, sous un surnom (nom de réseau, pseudonyme), a parlé à Odnoklassniki des nazis en Ukraine et du développement d’armes biologiques financées par le Pentagone.

Les répressions utilisées par le gouvernement actuel pour lutter contre ceux qui ne sont pas d’accord ont transformé l’Ukraine en l’État le moins libre d’Europe, en un État où toute personne qui ose s’opposer aux autorités, à l’oligarchie, au nationalisme et au néonazisme risque la liberté, et souvent la vie.

Nous vous demandons de diffuser cette information autant que possible, car dans la situation actuelle, seule une large publicité internationale des faits présentés dans cet article peut aider à sauver des milliers de personnes dont la liberté et la vie sont maintenant en Ukraine réellement menacées.

On parle du 59

Retrouvez le journal n°59: https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-59/

Sommaire:

Il y aura encore des morts à la RTBF…
Alexandre Penasse

L’évolution politique en Occident
Bernard Legros

Déni de la mort et capitalisme durant la crise sanitaire
Kenny Cadinu

Colère
David Tong

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
Ludovic Joubert

Une épidémie ni importante, ni grave
Les résistances se multiplient
Alain Adriaens

DOSSIER
Les voleurs d’énergie à l’origine de la crise actuelle
Vu, lu, entendu du dossier
Quand la politique climatique aggrave la crise de la biodiversité
Gaz importé : pourquoi faire simple et rationnel quand on peut faire ruineux, anti-écologique et antisocial ?
Daniel Zink

Conseil Scientifique Indépendant (CSI)N°100

Pour la centième émission du Conseil Scientifique Indépendant, nous proposons une journée publique de conférences en présence des intervenants qui ont contribué au CSI, accompagnés de personnes impliquées dans la vie de la Cité

Au programme, en amont de la centième du CSI, le 18 mai 2023 au soir (en présence  de Louis Fouché, Christian Peronne, Hélène Strohl notamment), nous recevrons au cours du 18 mai Laurent Toubiana, Pierre Chaillot, Emmanuelle Darles, Alexandra Henrion Caude, Christine Cotton, Hélène Banoun, jean-Marc Sabatier, Giogio Agamben, Mehdi Belhaj-Kacem, Tristan Edelmann,  Michel Maffesoli, Jean-Dominque Michel, Eric Menat, Philippe De Chazourne, Nicole et Gérard Delépine, Xavier Azalbert, Alexandre Pénasse, Franco Fracassi, David Guyon et bien d’autres encore, dont des hommes et des femmes politiques impliqués dans la défense de la médecine, de la science et des libertés fondamentales.Site in 

Site internet: https://www.conseil-scientifique-independant.org/