Par Serge Van Cutsem
Une secte, une prophétie ratée, et une découverte dérangeante
Cette histoire aurait pu être le scénario d'un film à gros budget, comme...
Comprendre comment les politiques des États-Unis et de l’otan ont conduit à la crise, la guerre, et au risque d’une catastrophe nucléairepar Benjamin Abelow.
Depuis près de 200 ans, et la formulation de la doctrine Monroe en 1823, les États-Unis ont avancé des revendications de sécurité sur pratiquement la totalité de l’hémisphère occidental. Toute puissance étrangère qui envisage de placer ses forces militaires à proximité du territoire des États-Unis sait qu’elle franchit une ligne rouge. La politique menée par les États-Unis concrétise donc leur conviction que l’endroit où un adversaire potentiel déploie ses forces militaires est d’une importance capitale. En fait, ce principe constitue l’une des pierres angulaires de la politique étrangère et militaire américaine, et sa violation est considérée comme un motif de guerre. Pourtant, en ce qui concerne la Russie, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont agi depuis des décennies au mépris de ce même principe. Ils ont progressivement avancé le déploiement de leurs forces militaires vers la Russie, jusqu’à ses frontières mêmes. Ils l’ont fait avec une attention insuffisante et parfois un mépris total pour la façon dont les dirigeants russes pourraient percevoir ces avancées. Si la Russie avait entrepris des démarches équivalentes à l’égard du territoire des États-Unis – par exemple en plaçant ses forces militaires au Canada ou au Mexique — Washington serait entré en guerre et aurait justifié cette guerre comme une réponse défensive à la menace militaire d’une puissance étrangère à sa frontière. 2 COMMENT L’OCCIDENT A AMENÉ LA GUERRE EN UKRAINE À la lumière de ces considérations, l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’apparaît pas comme l’expansionnisme effréné d’un dirigeant russe malveillant, mais comme une réaction, violente et destructrice, à des politiques occidentales malavisées : une tentative de rétablir une zone autour de la frontière occidentale de la Russie qui soit exempte de menaces de la part des États-Unis et de leurs alliés. Ayant mal compris pourquoi la Russie a envahi l’Ukraine, l’Occident fonde maintenant ses décisions existentielles sur des prémisses fausses. Ce faisant, il aggrave la crise et avance peut-être en somnambule vers une guerre nucléaire. Cette thèse, que je vais présenter en détail, est basée sur les analyses d’un certain nombre d’universitaires, de responsables gouvernementaux et d’observateurs militaires, que j’introduis ici et citerai tous au cours de l’exposé. Il s’agit notamment de John Mearsheimer, Stephen F. Cohen, Richard Sakwa, Gilbert Doctorow, George F. Kennan, Chas Freeman, Douglas Macgregor et Brennan Deveraux.
“Une explication brillante et remarquablement concise du danger créé par l’implication militaire des États-Unis et de l’OTAN en Ukraine. Un livre qui devrait être lu et médité par tout citoyen capable de penser rationnellement et de manière responsable à la sécurité américaine et européenne.”
— Jack F. Matlock, Jr., ancien ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, auteur de Superpower Illusions
“Pour toute personne intéressée par la compréhension des véritables causes de la catastrophe en Ukraine, Comment l’Occident a amené la guerre en Ukraine est une lecture obligée. Abelow démontre clairement et de manière convaincante que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN— et non Vladimir Poutine— sont les principaux responsables.”
— John J. Mearsheimer, auteur de The Tragedy of Great Power Politics, est Professeur émérite de Science politique à l’Université de Chicago
“C’est un magnifique petit livre, bien écrit, organisé logiquement, facile à lire et convaincant, mais avec les réserves qui s’imposent. Il s’agit d’une introduction inestimable aux tendances et aux événements qui ont mené à l’escalade et la guerre en Ukraine. Sans compréhension de l’histoire documentée dans ce livre, il n’y aura pas de désescalade dans la confrontation américanorusse aux frontières orientales de l’Europe.”
— Chas Freeman, ancien Secrétaire adjoint à la Défense pour les Affaires de sécurité internationale, auteur de Arts of Power : Statecraft and Diplomacy
“Pour ceux qui se soucient de la sécurité nationale des États-Unis et de la paix en Europe, ce livre est une lecture essentielle.”
— Le Colonel Douglas Macgregor de l’Armée américaine (à la retraite), auteur de Margin of Victory, qui a été décoré pour bravoure lors de la bataille de 73 Easting en Irak et a été Directeur du Centre d’opérations interarmées de l’OTAN au SHAPE (Grand quartier général des puissances alliées en Europe)
“Un aperçu concis mais complet et accessible. Inestimable pour comprendre comment la guerre est revenue en Europe. Benjamin Abelow démontre que la crise en Ukraine était prévisible, prédite — et évitable.”
— Richard Sakwa, auteur de Frontline Ukraine et The Putin Paradox, est professeur de Science politique, spécialiste de la Russie et l’Europe, à l’Université du Kent
“Ben Abelow nous emmène au-delà des récits trompeurs et dans la vérité de la crise ukrainienne.”
— Krishen Mehta, Chercheur principal au programme Global Justice de l’Université de Yale, et directeur du Comité américain pour l’entente Américano-Russe
“Avec la guerre par procuration en Ukraine entre les États-Unis / l’OTAN et la Russie, nous sommes confrontés à une menace d’escalade nucléaire qui pourrait mettre fin à la civilisation humaine. Le livre d’Abelow est une lecture essentielle pour tous ceux qui souhaitent comprendre cette menace et pourquoi, 30 ans après l’effondrement de l’Union soviétique, elle a réapparu.”
— Gilbert Doctorow, auteur de Mémoires d’un russologue, est historien et spécialiste indépendant de la Russie basé à Bruxelles
“C’est un livre tellement important. Je l’ai lu trois fois. Il est d’une extraordinaire clarté non seulement de langage mais aussi de pensée. Je ne saurais trop le recommander.”
Les interviews et témoignages que vous allez voir ont été recueillis en Russie, plus particulièrement à Moscou, Nijni Novgorod et dans le Donbass, lors d’un press tour organisé entre le 11 et 21 septembre 2025, avec des politiciens, journalistes, blogueurs et figures publiques des quatre coins du monde. Une immersion au-delà du rideau de fumée. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé dans toutes les salles libres.
Les prochaines semaines, vous pourrez bénéficier de nombreuses interviews et reportages: Laurent Brayard, Christelle Néant, Fiana Savenkova, des soldats du détachement Pushkar, du bataillon Maksim Krivonos; des témoignages de journalistes de Donetsk ou d’étudiants de l’université; un reportage exclusif à Marioupol ainsi qu’à l’usine Azovstal; les récits d’habitants bombardés depuis 2014 par le gouvernement de Kiev à Gorlovka, ainsi que le témoignage d’un citoyen américain ayant quitté son pays pour rejoindre les forces armées ukrainiennes se battant contre l’armée de Kiev. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé là où le débat est encore possible.
Les occupants des voitures électriques sont exposés à de fortes et brèves impulsions de champ magnétique (CM) de basse fréquence qui peuvent dépasser les limites de protection officielles de l’UE bien que celles-ci soient considérées comme largement laxistes par les experts indépendants.[note] Ce dépassement est notable lors du démarrage, de l’accélération et du freinage. Il semble aussi plus prononcé pour les moteurs et les batteries les plus puissantes. C’est ce qu’il ressort d’une étude approfondie sur 14 voitures différentes menée par Seibersdorf Labor GmbH (Autriche)[note] à la demande du BfS (Bundesamt für Strahlenschutz, l’Office fédéral pour la radioprotection en Allemagne). Elle est disponible sous forme d’un rapport de plus de 400 pages en allemand, publié fin 2024, mais n’a pas eu l’écho qu’elle aurait mérité, peut-être parce que ses conclusions vont à l’encontre d’intérêts puissants : d’une part, ceux des constructeurs de voitures électriques, déjà en difficulté, d’autre part, le projet de l’UE d’interdiction de vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. On peut aussi compter sur le BfS, une agence capturée par l’industrie des télécoms et du nucléaire, pour minimiser le retentissement d’une telle étude et réduire la portée du constat.
Le premier diagramme ci-dessous montre que le dépassement de la limite de la norme de l’UE (ICNIRP 1998, valeurs pic, c’est-à-dire instantanées) a lieu pendant environ 10 % du temps de conduite en moyenne pour les véhicules électriques et hybrides considérés. L’exposition maximale des passagers a lieu au plus près du plancher des véhicules, ce qui n’est pas surprenant, étant donné qu’il y passe une grande partie du câblage et qu’il peut s’y trouver la batterie.
Ci-dessous, l’exemple d’un pic d’intensité du champ magnétique pour une Tesla Model 3 au freinage, tiré de la page 147 du rapport (axe vertical : champ magnétique en microtesla ; axe horizontal : temps en seconde). Le freinage commence à la seconde 3,4. Entre 0 et 1 seconde, on voit la fin de l’accélération pour arriver à 120 km/h. Les mesures sont faites au niveau du pied gauche du passager avant. Les trois courbes de couleurs différentes correspondent aux mesures du CM selon trois axes orthogonaux (ce qui au final, en additionnant les trois composants, des vecteurs, donne une intensité maximum du CM d’environ 100 µT – dommage que cela n’apparaisse pas directement, le lecteur pressé ou naïf étant susceptible de s’en tenir au 60 µT d’un seul composant).
L’étude couvre aussi les véhicules à deux roues de même que le transport ferroviaire où les niveaux sont également préoccupants (à choisir, éviter l’étage dans un wagon à 2 niveaux, la proximité de la jonction entre 2 wagons et la proximité d’un pantographe).
Dans tous les véhicules en mouvement, électriques ou non, la rotation des pneus génère un champ magnétique (CM) important, dont l’intensité est proportionnelle à la vitesse. Les places arrière latérales des voitures sont généralement les plus exposées, ce qui m’incite à faire deux autres suggestions :
Si possible, installez un enfant à la place arrière centrale, en particulier lors de longs trajets.
Démagnétiser les pneus, ce qui permet de réduire fortement le champ magnétique dû à leur rotation.
D’autres équipements génèrent des CM : alternateurs, ventilateurs, sièges chauffants, etc. Dans les véhicules à moteur thermique, tous les passagers peuvent être exposés à un CM non négligeable généré par le câblage électrique reliant la batterie et l’alternateur lorsqu’ils sont disposés de part et d’autre de l’habitacle.
Au vu de cette étude, on devine que les constructeurs de voitures pourraient mieux faire pour réduire l’intensité de ces champs magnétiques. À ce jour, ce n’est pas une priorité.
Dans cette émission nous parlerons de notre dernier numéro qui est disponible ici: https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-71/
Une société post-traumatique
Dans le domaine de la psychologie, on sait que le secret familial permet à l’entité de ne pas exploser, au prix de silence, censure, non-dit et faux semblant, dans le but de garder l’apparence de la normalité. Ce secret traumatisant et le fonctionnement qu’il implique se transmet de génération en génération, affectant les relations entres les membres de la famille, mettant en péril les individus du clan, chacun étant le plus souvent conscient que « quelque chose ne va pas », perpétuellement soumis au risque de retour du refoulé, sous forme de rêves, actes manqués, comportements à risque, inadaptés ou dangereux.
On peut aisément élargir ce processus réduit à la famille à nos sociétés. Si, avant Covid-19, événement mis en scène par le pouvoir politico-médiatique et orchestré par une oligarchie en arrière-plan (Gates, Rockefeller, Soros, etc.), la vie collective ne se portait déjà pas très bien, dans un monde où les valeurs se perdaient et où le rapport à l’autre se distendait de plus en plus, l’ère post-Covid a formidablement accentué cette décadence en cours. La technocratie numérique chère à Klaus Schwab, ancien dirigeant du Forum économique mondial qui a formé ses poulains comme Alexander De Croo, Angela Merkel, Ursula von der Leyen ou encore Justin Trudeau, a réussi cette formidable prouesse de rendre chaque individu intimement responsable de ce qu’il avait fait. En effet, quoi de plus insidieux et pervers que d’amener le sujet, mis sous les pressions conjuguées du conformisme, de la peur, de l’autorité et d’une spécieuse volonté de « protéger les autres », que de se faire injecter un produit expérimental présenté comme librement consenti (1) ?
La dissonance cognitive mise en évidence par Léon Festinger, théorie des plus pertinentes pour expliquer les réactions individuelles dans un monde malade, atteint des sommets avec Covid-19. Celui-ci explique comment l’individu réagit pour retrouver un équilibre quand des pensées entre elles, ou des pensées et des comportements, sont contradictoires. Si, avant la « vaccination », la dissonance fut profonde et généra le passage à l’acte médical pour de nombreuses personnes voulant rétablir l’équilibre d’une situation de déséquilibre (2) totalement générée par la caste médiatico-politique, elle n’en demeure pas moins importante après, rendant la conscientisation d’autant plus difficile, là où avant elle relevait encore du domaine du possible. Nombreux, ces 4 dernières années, sont venus me voir en me disant que l’événement Covid-19 leur avait « ouvert les yeux ». Ils étaient avant enfermés sans le savoir dans la caverne, certain que ce monde était sans doute imparfait, mais le meilleur qui soit, les gouvernements s’employant à réparer les maux de celui-ci. Covid-19 leur donna la conscience que médias et politiques ne réparaient pas les maux mais les créaient, tout en s’employant à feindre sans cesse, activité indispensable, qu’ils oeuvraient au bien : cela s’appelle « relations publiques » et « communications », reléguant le vrai journalisme à une plaie que la caste médiatico- politique se devait de combattre sans relâche, en nous répétant sans cesse pour être fidèle à son principe qu’elle ne faisait que la défendre, bavant sans relâche les mots « liberté d’expression » et « liberté de la presse ».
Nombreux se sont donc fait piquer « malgré eux », sans y avoir été explicitement obligés. Ils sont donc pris dans cette quasi inextricable situation de devoir reconnaître qu’ils se sont trompés, malgré qu’ils le savaient ou qu’ils le pressentaient, espérant pour certains, comme à la roulette russe, n’en subir aucun effet, pour d’autres que ce n’était là que routine médicale sans danger. Cela génère donc une dissonance cognitive chez des individus dont les effets s’agrègent pour agir sur le collectif et donc la société, créant une anomie à un point que même l’état de guerre ne connaît pas, c’est-à-dire une « désorganisation, déstructuration d’un groupe, d’une société, causée par la disparition progressive de lois, de normes, de valeurs communes », générant la déréliction, cet « état de l’être humain qui se sent abandonné, laissé à lui-même, sans secours divin ».
Les plus atteints par les effets de la névrose collective, aveugles devant la vérité, voient dans l’événement Covid- 19 quelque chose de superficiel, un épiphénomène (3) alors que Covid 19 est un événement primaire qui nous permet de saisir le phénomène essentiel, à savoir le monde dans lequel nous sommes. Laissons ces derniers dans leur délire. Pour les autres, par contre, allons au-delà de la division que le pouvoir entretient et tendons-leur les bras.
La conscience conjuguée à l’impuissance confine à la dépression, au délire ou à la déréliction. Nous sommes collectivement dans un état de société post-pré-traumatique, l’individu étant sans cesse soumis à de nouveaux chocs, sans savoir quand adviendra le prochain – d’où l’impossibilité de se projeter dans le futur, fait dramatique pour tout le monde, mais bien plus pour les enfants et jeunes adultes.
Il n’y a que la convivialité qui puisse nous permettre de refaire société, au-delà des petites différences, pour pouvoir débattre et, enfin, substituer aux luttes horizontales des luttes verticales qui seules permettront un véritable changement de paradigme.
« Les émotions de la pandémie », conférence de Thierry Simonelli au Centre culturel arabe de la Province de Liège, vendredi 26 septembre 2025, co-organisé par le CCAPL et Liège-Décroissance.
La pandémie de Covid-19 n’a pas seulement bouleversé nos systèmes de santé et nos équilibres politiques ; elle a aussi redéfini en profondeur nos manières de sentir et d’exprimer. L’analyse de cette situation permet d’explorer comment des émotions comme la peur, la culpabilité, l’angoisse ou la solidarité ont été activement façonnées, instrumentalisées et parfois imposées par les discours publics, les consignes gouvernementales et les médias.
À travers la grille théorique de William Reddy, en particulier ses concepts d’« émotif » et de « régime émotionnel », il devient possible d’interpréter ces émotions non comme des réactions naturelles à une menace biologique, mais comme des actes discursifs normatifs, inscrits dans une stratégie de gouvernement (biopolitique) des âmes et des corps.
Thierry Simonelli est docteur en philosophie et en psychologie. Il exerce la psychanalyse au Luxembourg depuis plus de 20 ans et est l’auteur de plusieurs ouvrages spécialisés consacrés à la pensée critique, à la psychopathologie contemporaine et à la théorie psychanalytique (voir son site web). Son dernier article, dans Kairos n° 71, est intitulé « Le cordon sanitaire : protection de la démocratie ou protection contre la démocratie ? ».
Les interviews et témoignages que vous allez voir ont été recueillis en Russie, plus particulièrement à Moscou, Nijni Novgorod et dans le Donbass, lors d’un press tour organisé entre le 11 et 21 septembre 2025, avec des politiciens, journalistes, blogueurs et figures publiques des quatre coins du monde. Une immersion au-delà du rideau de fumée. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé dans toutes les salles libres.
Balade à Moscou avec Laurent Brayard, journaliste, écrivain et historien.
Les prochaines semaines, vous pourrez bénéficier de nombreuses interviews et reportages: Laurent Brayard, Christelle Néant, Fiana Savenkova, des soldats du détachement Pushkar, du bataillon Maksim Krivonos; des témoignages de journalistes de Donetsk ou d’étudiants de l’université; un reportage exclusif à Marioupol ainsi qu’à l’usine Azovstal; les récits d’habitants bombardés depuis 2014 par le gouvernement de Kiev à Gorlovka, ainsi que le témoignage d’un citoyen américain ayant quitté son pays pour rejoindre les forces armées ukrainiennes se battant contre l’armée de Kiev. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé là où le débat est encore possible.
Après avoir promis la paix en Ukraine en 24 heures, Donald Trump adopte désormais une posture de chef de guerre par procuration. Dans un revirement spectaculaire, il appelle à une reconquête totale par Kiev, tout en annonçant que les États-Unis continueront à livrer des armes… mais que l’Europe paiera la facture et enverra les soldats. Comme toujours, l’Amérique fait la guerre à distance, sur le sol des autres, avec le sang et l’argent des autres. Et pendant que l’OTAN se frotte les mains, Trump enterre définitivement son image d’anti-système.
Il fut un temps – pas si lointain – où Donald Trump jurait ses grands dieux qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine « en 24 heures », qu’il couperait le robinet à dollars et à missiles, qu’il réduirait l’OTAN à un club de discussion vaguement stratégique, et qu’il ferait passer l’Amérique avant les lubies guerrières de l’Europe.
Mais ça, c’était avant son étrange mue. Avant qu’un clone sous stéroïdes globalistes ne prenne le contrôle de son compte X Truth Social pour publier une déclaration aussi inattendue que délirante : « L’Ukraine peut reconquérir toute son intégrité territoriale, avec l’aide de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous fournirons les armes, et bonne chance à tous ! »
Pardon ? Qui parle ? Donald Trump ou Victoria Nuland ? Même Joe Biden, dans ses rares jours de lucidité, n’aurait pas osé…
En quelques lignes, le chef autoproclamé de l’Amérique souverainiste est devenu le porte-parole zélé de l’Alliance atlantique. Celui qui dénonçait hier les aventures militaires ruineuses annonce aujourd’hui, avec l’enthousiasme d’un VRP des cinq cavaliers de l’Apocalypse industrielle[1] , que les livraisons d’armes vont se poursuivre. À charge pour l’OTAN de s’en « débrouiller ». Traduction : que ça explose, que ça saigne, mais surtout … que ce soit loin de chez nous.
Et là est toute la subtilité toxique de la manœuvre : Trump ne propose pas d’envoyer un seul soldat américain, pas une goutte de sang yankee ne coulera. Pas un dollar de plus que ce que le complexe militaro-industriel jugera rentable. En bon businessman, il propose à l’Europe de financer le conflit, de se saigner aux quatre veines jusqu’à appauvrir totalement sa population, pour entretenir une guerre sans fin, pendant que l’Amérique reste à l’abri, encaisse les profits, et regarde les troupes européennes aller au casse-pipe. Et ça, ce ne sera pas la première fois dans l’histoire de ce grand pays qui s’enrichit avec des bombes.
Faire la guerre, oui – mais avec l’argent des autres, les morts des autres, et les ruines des autres.
Mieux encore : Trump ridiculise la Russie, qu’il compare à un tigre de papier. Après des années à louer la puissance de Vladimir Poutine et à se présenter comme l’homme du dialogue musclé, le voilà qui sonne la charge : « La Russie est à genoux, l’économie est en miettes, et l’Ukraine n’a jamais été aussi forte. » Il ne manque plus que l’appel à une contre-offensive vers Moscou avec la bénédiction du Pentagone.
Mais ce n’est pas une première depuis son retour au pouvoir. Déjà après le carnage de Gaza, Trump avait jeté aux orties son image de pacificateur du Moyen-Orient, préférant applaudir les bombardements massifs sur des populations civiles, quitte à surpasser Biden dans l’indécence guerrière. Cette fois, c’est l’Ukraine qui sert de théâtre à son virage idéologique.
Ceux qui croyaient voter pour l’anti-système en 2024 découvrent, médusés, qu’ils ont élu un clone atlantiste. L’Amérique d’abord ? Disparue. La paix dans le monde ? Remise à plus tard. Le réalisme géopolitique ? Enterré sous une avalanche de missiles livrés aux généraux d’opérette qui se prennent pour Napoléon en pantoufles.
Et pendant ce temps, le complexe militaro-industriel se frotte les mains. Peu importe le président, pourvu que les usines tournent. Trump l’homme libre est devenu Trump le logisticien de l’OTAN, un simple fournisseur d’armes avec le sourire. Il a troqué la casquette rouge MAGA pour un képi de sergent-recruteur européen. Le tout, sans se mouiller.
Certains y verront du cynisme, d’autres une trahison électorale. Personnellement j’y vois un aveu : même Trump n’a pas résisté aux pressions de l’Etat Profond. L’Empire, c’est comme une centrifugeuse. Il vous attire, vous retourne, et vous recrache dans le sens du vent. Il promettait de nettoyer le marais, mais il s’y promène désormais en guide touristique, veillant à ne froisser aucun crocodile.
Alors non, Trump ne mettra pas fin à la guerre en Ukraine. Il l’alimente, il l’encourage et il la justifie avec les mots de ceux qu’il prétendait combattre.
À ce rythme, on attend avec impatience son prochain slogan de campagne : « Make NATO Great Again »
Et comme toujours, l’Histoire se répète, travestie sous les habits neufs d’un “plan de paix”.
Derrière les sourires diplomatiques et les ultimatums maquillés, l’objectif reste inchangé : dédouaner Israël, diaboliser les Palestiniens et offrir à Washington un vernis d’arbitre impartial. Ce “cadre en vingt points” n’a jamais été pensé pour aboutir, il a été construit pour échouer et transformer cet échec programmé en argument politique.
Car le véritable message, soigneusement emballé dans le papier glacé des conférences de presse, est simple : “Regardez, nous avons essayé. Mais encore une fois, ce sont eux, les Palestiniens, qui refusent la paix.”
Une manipulation rhétorique vieille comme la diplomatie de guerre : promettre la paix pour justifier la guerre, accuser la victime pour blanchir le bourreau, et travestir l’occupation en “stabilisation”.
Le résultat ? Un scénario déjà vu : le plan échoue, Israël poursuit son œuvre de destruction, et les chancelleries occidentales applaudissent la “modération” d’un processus qu’elles savent vide.
Trump, en stratège du spectacle, a simplement remis en scène le vieux mythe du faiseur de paix trahi par les extrémistes — un conte qui permet à chacun de sauver la face, sauf aux morts de Gaza.
Et pendant que les caméras filment les poignées de main, la guerre continue, la paix recule, et la vérité s’enfuit sous les décombres.
[1]Les cinq géants du complexe militaro-industriel américain (« Big Five ») : Lockheed Martin : premier fournisseur du Pentagone, > 65 milliards $ de chiffre d’affaires défense (F-35, F-22, missiles, satellites). Raytheon / RTX : ~ 70 milliards $ de chiffre d’affaires, leader mondial des missiles (Patriot, Javelin, Tomahawk, Stinger) et de la défense antimissile. Boeing Defense, Space & Security : ~ 24 milliards $ défense, spécialisé dans les avions de transport (C-17), hélicoptères (Apache), bombardiers (B-52, B-21 Raider) et satellites militaires. Northrop Grumman : ~ 36 milliards $ défense, expert en furtivité, drones et programmes spatiaux (constructeur du bombardier furtif B-21 Raider). General Dynamics : ~ 40 milliards $ défense, blindés (char Abrams), sous-marins nucléaires, systèmes de communication et d’information militaire. Ces cinq entreprises concentrent à elles seules l’essentiel des contrats militaires américains et pèsent chaque année plus de 230 milliards $ de chiffre d’affaires défense.
De la mine Ibbenbüren fermée au steak transatlantique
≪ On ferme des productions locales au nom du climat, puis on importe de beaucoup plus loin avec plus de pollution et moins de garanties de qualité ce qu’on peut produire ici,. D’Ibbenbüren au Mercosur, des fermes françaises aux cargos de bœuf et de produits laitiers, se dessine une écologie à deux vitesses : restrictive pour les citoyens, et profitable pour les multinationales. Derrière les discours “verts” il y a un sabotage méthodique du bon sens ≫
Dans l’épisode précédent, j’ai détaillé l’histoire du charbon Ibbenbüren, cette petite ville allemande devenue symbole mondial de l’absurde climatique avec la fermeture de sa mine automatisée, rentable et située à côté d’une centrale, ceci au nom de l’écologisme, et j’insiste sur le suffixe “isme” qui fait toute ma différence. Cette même centrale qui a continué de tourner durant plus de 3 ans en brûlant du charbon importé d’outre-mer (Russie, Colombie, USA, puis Australie, Afrique du Sud, Indonésie après 2022).
Avant d’aller plus loin, j’aimerais d’abord revenir et insister sur une chose que tout le monde semble avoir oubliée : le climat a toujours changé, et ceci bien avant l’ère dite “industrielle” avec nos usines, nos voitures et nos appendices technologiques. La Terre a connu des glaciations, des réchauffements et des bouleversements si brutaux que les mers montaient ou reculaient de plusieurs dizaines de mètres en quelques siècles lors de phases de déglaciation rapide [1].
Je ne songerais même pas à nier qu’il se passe aujourd’hui quelque chose, quoique cela reste un sujet à débattre, mais le vrai scandale n’est pas là : il est dans l’utilisation de cette réalité comme prétexte pour imposer des décisions absurdes, incohérentes mais souvent hyper lucratives pour certains.
Car la fermeture de la mine d’Ibbenbüren n’est pas un cas isolé, le même schéma se retrouve dans nos assiettes. Pendant que l’on fermait une mine parfaitement exploitable, on signait à Bruxelles, dans le silence feutré des couloirs, des traités de libre-échange qui permettent l’importation massive de produits que nous produisons déjà chez nous, la plupart du temps avec moins d’empreinte carbone et de meilleures garanties sanitaires.
L’accord UE–Mercosur en est l’exemple le plus criant : 99.000 tonnes de bœuf [2] sud-américain prêtes à débarquer chaque année, mais également du sucre, du soja, de l’éthanol… ceci avec des normes bien plus laxistes que celles qu’on nous impose, et peu importe que l’Amazonie recule à coups de tronçonneuses [3].
Le CETA [4], lui, est déjà en route depuis 2017, avec ses cargaisons de viande canadienne parfois gavée aux hormones, traversant l’Atlantique pour se poser sous cellophane dans nos rayons. Et que dire de l’accord avec la Nouvelle-Zélande [5] ? Dix mille tonnes de viande, quinze mille litres de produits laitiers, expédiés depuis l’autre bout du monde. Rappelez-moi l’empreinte carbone d’un yaourt ayant fait vingt mille kilomètres ? …. Silence radio.
Pendant ce temps, en France, environ une centaine de fermes disparaissent chaque semaine (Agreste, RA2020). Le phénomène touche aussi d’autres pays européens. Ce déclin, également dû à un ensemble de facteurs (âge des exploitants, concurrence, normes), est aggravé par la pression des importations à bas coût permises par les accords de libre-échange [6]. En Belgique, des éleveurs abattent leur cheptel sous la pression de normes climatiques imposées sans nuance. Et quand ceux-ci ferment définitivement la porte de l’étable, ce sont les cargaisons venues d’ailleurs qui prennent leur place, moins chères et surtout plus polluantes. Exactement comme le charbon Ibbenbüren : on détruit l’outil local pour le remplacer par une solution pire, mais qui remplit d’autres poches.
Il y a toujours un grand absent dans l’équation : le transport. En effet 3 % des émissions mondiales de CO₂ proviennent du transport maritime [7], sans compter les oxydes d’azote et le soufre. Pourtant, quand il s’agit de calculer l’impact des traités commerciaux, ces chiffres disparaissent. Un kilo de bœuf argentin affiche un bilan carbone nettement plus élevé, pouvant approcher le double lorsque la déforestation et le transport maritime sont inclus, selon les ACV., mais dans les rapports officiels, ce détail n’existe tout simplement pas.
Et au milieu de ce théâtre, on nous explique que l’écologie est l’affaire de tous, mais ne nous mentons pas, il faut comprendre : c’est l’affaire des citoyens, donc de vous. Vous qui devez changer de chauffage, isoler votre maison à grands frais, manger moins de viande, réduire vos déplacements… Bref, changer de vie. Simultanément les multinationales déplacent des cargos entiers de nourriture et de matières premières à travers les océans, avec la bénédiction de ceux-là mêmes qui nous font la leçon. C’est un écologisme à deux vitesses : punitive pour les peuples et lucrative pour les marchés financiers.
Alors oui, il faut poser la seule question qui vaille : qu’est-ce qu’ils ont à gagner et surtout, c’est qui ≪ils≫? Fermer une mine locale rentable ne rapporte rien, ça coûte… mais reconstruire de l’énergétique (supposé) vert avec des aides publiques massives, importer des panneaux solaires chinois, des éoliennes subventionnées [8] dont l’obsolescence est nettement plus courte que celle qui est annoncée [9] et dont le recyclage est également absent des décisions [10], des batteries fabriquées à l’autre bout du monde et des certificats CO₂ négociables, voilà qui crée un marché gigantesque, financé par l’argent public et capté par Siemens, TotalEnergies, BlackRock, Vanguard, Orsted, Engie et toute une galaxie de lobbies [11].
En détruisant la souveraineté énergétique et alimentaire, on fabrique aussi une dépendance stratégique à des flux mondiaux et à des fournisseurs uniques et imposés : GNL américain, batteries chinoises, gaz norvégien, qui profitent à Washington, Pékin, aux banques d’investissement et aux cabinets de conseil comme McKinsey ou BCG. En modifiant de force les habitudes de vie par la peur, la culpabilisation et la taxation, on met en place un rationnement contrôlé qui sert les gouvernements autoritaires, les administrations technocratiques et les planificateurs sociaux. Enfin, on construit des récits qui masquent d’autres impasses : on parle de “fin du charbon” ou de “réduction des émissions” pour éviter de parler de la fin du pouvoir d’achat, de la désindustrialisation ou de l’échec du libre-échange mondial. Les politiques y trouvent un semblant de bilan, les médias un sujet facile, et les élites un écran de fumée bien pratique.
Ce ne sont jamais des erreurs ! C’est un agenda dans lequel tout a été soigneusement planifié. L’absurde n’est pas un accident : c’est un camouflage. Ibbenbüren et le Mercosur racontent la même histoire : saboter volontairement le bon sens pour mieux vendre une solution pire, mais rentable pour d’autres. Et tant que ce modèle restera caché derrière le vernis vert des discours officiels, il continuera à prospérer. C’est la raison pour laquelle je ne cesserai jamais de le dévoiler avec les (trop faibles) moyens dont nous disposons.
J’aimerais clôturer ce second volet en revenant sur cette confusion entre écologie et écologisme. La première est une science sérieuse : elle observe, mesure et tire des conclusions vérifiables sur les relations entre les êtres vivants et leur milieu. C’est l’étude des écosystèmes et de leurs interactions. Le second, l’écologisme, est ce que devient l’écologie quand on la transforme en religion politique : un mélange de dogmes, d’hérésies, de péchés carbone et d’indulgences vertes et surtout de mensonges, où l’on prétend sauver la planète à coups de taxes et de réglementations absurdes. Dans ce paysage, trois profils se détachent :
L’écologue : C’est le scientifique pur, qui parle en données et non en slogans.
L’écologiste : C’est le militant qui utilise la science quand elle va dans son sens, et l’ignore dans le cas contraire.
Mais il y aussi celui qui aime et protège réellement la nature par simple bon sens
Car il faut le rappeler : la manipulation des peuples commence souvent par la manipulation des mots [12]. Et quand un même mot sert à désigner à la fois la rigueur scientifique et le dogme politique, la confusion devient un outil de pouvoir. C’est exactement ce qui est arrivé à “écologie” et “écologisme” : ils ont été dévoyés, contaminés, vidés de leur sens initial.
Alors pourquoi rester prisonniers de ce lexique tordu ? Pourquoi continuer à parler avec leurs mots, quand on peut en créer un qui échappe à leur narratif ?
Ce mot, je vous le propose : écophile. Rare, absent des grands dictionnaires [13], il désigne celui ou celle qui protège la nature par conviction personnelle, sans dogme ni posture, simplement parce que c’est vital : l’Homme dépend de son écosystème, et pas parce qu’un parti, une ONG ou une mode du moment l’a décidé. Bref, l’écophile agit, pendant que d’autres organisent un sommet “vert” mobilisant 2 000 jets privés pour imposer des normes absurdes.
[1]Lors d’épisodes de déglaciation rapide (ex. le Meltwater Pulse 1A), le niveau moyen des mers a pu monter d’environ 15 mètres en 500 ans (NOAA, USGS, Nature Geoscience). Voir aussi IPCC AR6 – Working Group 1, chapitres paléoclimat, sur la variabilité naturelle du climat à travers les âges.
[2]Accord UE–Mercosur : prévoit un quota de 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an en contingent tarifaire à droits réduits (Commission européenne – DG Trade, fiche technique). Données confirmées par les notes de synthèse du Parlement européen.
[3]Déforestation de l’Amazonie : chiffres officiels de l’INPE/PRODES (Brésil) et séries temporelles de Global Forest Watch
[4](Comprehensive Economic and Trade Agreement, en français Accord économique et commercial global) est le traité de libre-échange conclu entre le Canada et l’Union européenne.
[5] Accord UE–Nouvelle-Zélande : quotas progressifs d’environ 10 000 tonnes de bœuf et environ 15 000 tonnes de produits laitiers (fromage, beurre, poudre) – données issues du texte officiel de l’accord (Annexes TRQ) et fiche DG Trade.
[6]En France, environ 100 exploitations agricoles disparaissent chaque semaine en moyenne sur la période 2010–2020 (Agreste – Recensement agricole 2020, soit environ 5 000/an). Données comparables dans d’autres pays de l’UE selon Eurostat – Structure des exploitations agricoles.
[7]Le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de CO₂, selon l’Organisation maritime internationale (Fourth IMO GHG Study 2020, mise à jour 2023).
[8]Selon la Commission européenne et Reuters, la Chine représente environ 60 % de la production mondiale de turbines éoliennes et fournit près de 90 % des aimants permanents utilisés dans les éoliennes offshore allemandes. En 2023, 59 % des importations extra-UE d’éoliennes venaient d’Inde et 29 % de Chine. L’Europe ne représente qu’environ 19 % de la production mondiale de turbines, 15 % des pales et 17 % des nacelles.
[9]Bien que les contrats et spécifications annoncent une durée de vie de 20 à 25 ans, les données de terrain montrent que nombre de turbines subissent des baisses de performance ou des pannes majeures dès 12 à 15 ans, conduisant à leur remplacement anticipé ou à des rénovations coûteuses (The Telegraph, 2022 ; Lawrence Berkeley National Laboratory, 2021 ; UBA, 2020).
[10]Contrairement aux tours en acier, recyclables à plus de 90 %, les pales d’éoliennes sont fabriquées en composites thermodurcissables très difficiles à recycler. Plus de 85 % finissent aujourd’hui en décharge ou incinérées, et l’IRENA prévoit que l’Europe devra gérer jusqu’à 4 millions de tonnes de pales mises au rebut d’ici 2030 (WindEurope, 2022 ; UBA, 2020).
[11]Investissements dans les énergies dites « vertes » captés notamment par des groupes tels que Siemens, TotalEnergies, BlackRock, Ørsted ou Engie (Agence internationale de l’énergie – World Energy Investment 2024/2025). Cadre d’aides publiques détaillé dans les documents de la Commission européenne (CEEAG, Green Deal Industrial Plan). Exemples d’enchères et de contrats publics via DG ENER, ACER et autorités nationales (CRE, BNetzA…).
[12]Comme le décrit George Orwell dans 1984, la « novlangue » vise à restreindre le vocabulaire et gommer les nuances, afin de rendre certaines pensées littéralement impossibles à formuler. En écologie comme ailleurs, remplacer des termes précis par des slogans uniformes est une technique classique de manipulation du langage pour orienter la perception publique.
[13]Le terme écophile — formé sur le modèle de xénophile ou bibliophile — existe dans certains lexiques spécialisés et a été relevé au Québec, notamment dans des publications militantes ou pédagogiques sur l’environnement. Il désigne littéralement « celui qui aime la nature » ou « qui recherche l’harmonie avec l’environnement », mais reste absent de la plupart des grands dictionnaires généraux du français.
« Le dépérissement de la science actuelle augmentera notre liberté », Alexandre Grothendieck (Médaille Fields 1966).
Merci à Sandra Lucbert !
Je place ce propos sous le signe de Grothendieck.
La nigaudcratie officielle croit penser quand elle ne fait en réalité qu’imiter un ordinateur : c’est 0 ou 1, c’est « on » ou « off ». Si vous n’êtes pas « pour », c’est que vous êtes « contre » de la façon la plus arriérée. Si vous dites avec l’un des plus grands philosophes du XXe siècle, Cornelius Castoriadis, que « nous sommes la première société dans laquelle se pose la question d’une autolimitation (…) non seulement de la technique, mais aussi de la science » (Démocratie et relativisme, p. 135), alors vous êtes un obscurantiste, un complotiste, un populiste….
La nigaudcratie oublie qu’il y a deux manières de combattre les nuisances de LaScience biologique, mathématique, physique, chimique, électronique, informatique, spatiale.
Il y a la manière écolo-démocratique qui prône l’autolimitation de tous (y compris des oligarques qui sont les plus illimités de tous). L’écolo-démocratie dit : « On s’arrête, on débat et on décide collectivement du mode de notre auto-limitation. »
Et il y a la manière libérale-fascistoïde qui va vers toujours plus d’illimitation assassine et suicidaire. Elle dit : « On fonce, on écrase la climatologie qui fait de l’écologie punitive, et on pousse toujours plus loin la chimie cancérogène, la physique nucléaire, l’inintelligence artificielle, l’électronique des composants et l’informatique financière. » Sans voir que l’informatique est une infirmatique. Le libéral-fascistoïde est contre LaScience, laquelle, rarement, appelle à poser des limites à l’industrie, et il est pour LaScience… qui permet de produire des Tesla et des poisons agricoles, élégamment nommés « phytosanitaires ».
Grothendieck écrit : « Plus les scientifiques sont haut situés dans la hiérarchie sociale, moins ils ont tendance à remettre en question cette religion qui nous a été inculquée dès les bancs de l’école primaire : toute connaissance scientifique est bonne. » C’est parce que la connaissance scientifique est devenue une religion que je l’écris comme on écrit Dieu, avec une majuscule monothéiste : LaScience.
Mais ce qui m’intéresse ici est non pas LaScience en soi (physique, chimie, biologie, mathématique, cybernétique, informatique, électronique, médecine scientifique), mais l’ironie de l’histoire en vertu de laquelle l’époque moderne, qui a inventé les sciences dures, se retourne de plus en plus contre elles depuis quelque temps. C’est parce que l’histoire fait de l’ironie que ce papier s’intitule « Les mésaventures de LaScience ». (Je laisse de côté ici les « sciences » humaines, qui sont des savoirs, mais non des sciences au sens des sciences dures).
Preuves à l’appui, des ScientifiquesDurs attestent le dérèglement climatique, la destruction de la vie (dite « biodiversité ») et la nocivité (cancérogène) de certaines substances inventées par les SavantsChimistes, produites par les agro-industriels, et utilisées par les agriculteurs – rien n’y fait : les trumpistes internationaux, fanatiques de la cybernétique, des algorithmes-GAFAM et de la finance algorithmique, maintiennent-Dur qu’il n’y a pas de problème de climat ou de cancer. Une certaine part de la population adhère à leurs thèses, et ajoutent que la terre est plate.
Les scientolâtres de l’oligarchie libérale appellent cela le « complotisme populiste », sans voir que la scientolâtrie libérale et la scientophobie fascistoïde sont deux attitudes symétriques et complémentaires : elles détestent toutes deux la délibération démocratique collective à visée d’auto-limitation.
Il importe au plus haut point de saisir l’intime complémentarité entre l’arrogance oligarchique de LaScience de laboratoire et le « complotisme anti-science des populistes ». Cette complémentarité s’origine dans ce que Grothendieck appelle le monopole de LaScience sur la vérité et le savoir : « Dans l’idéologie dominante de notre société, le seul savoir véritable est le savoir scientifique. » Le savoir ancestral du paysan provençal, le savoir intuitif de l’enfant, le savoir sensible des peuples premiers, le savoir esthétique des artistes – tous ces autres savoirs sont faux. Ce ne sont pas des savoirs.
Qu’est-ce que le « populisme » anti-science ? Principalement une réaction au monopole de LaScience : « Ah, nous sommes ignares ? Eh bien, ignares pour ignares, votre LaScience, vous pouvez la remballer ! » La morgue de LaScience, même quand elle feint la modestie, signe une rupture de la confiance sociale. Le « complotisme » entérine la rupture sous la forme de la défiance. Un grand nombre de nos contemporains, en Europe ou ailleurs, n’ont plus confiance dans la médecine scientifique officielle, dans la physique officielle, dans la biologie officielle. Et la méfiance, emportée par son élan, s’étend à la climatologie officielle…
Il faut évaluer à sa juste ampleur cet effondrement de la confiance. Il est gravissime, anthropologiquement gravissime, socialement gravissisme. Pourquoi ? Parce que, comme l’a montré Marcel Mauss dans son fameux Essai sur le don (1925), toute société humaine repose sur la relation de confiance crée par les innombrables formes du don/contre-don. Au fond de la catastrophe écologique actuelle, il y a l’effondrement de la confiance sociale. Tout le monde le sent d’une façon ou d’une autre, à part les imbéciles heureux et les « optimistes » de l’engeance de Bernard Arnault. La confiance est le socle le plus solide et le plus fragile de la société. Même l’économie, que la nigaudcratie entrepreneuriale prend illusoirement pour le socle de la société, ne tient pas sans la confiance (que se passera-t-il si nous n’avons plus confiance dans les banques qui détiennent notre argent ?).
L’effondrement actuel de la confiance est en germe dans la rupture de confiance qui est à l’origine de la (dé)civilisation industrielle. Cette rupture originaire s’incarne dans trois institutions de défiance qui naissent aux alentours de la Renaissance. 1/ L’État (libéralement pensé par Hobbes) dit aux peuples : Je ne vous fais pas confiance pour vous autogouverner, vous êtes trop violents pour cela, et Je vais vous gouverner-pacifier d’en haut. 2/ L’économie libérale dit aux populations : vous êtes trop ignares pour vous nourrir vous-mêmes et pour vous enrichir, LaScience économique va vous nourrir et vous enrichir. 3/ LaScienceDure (celle de Galilée) dit aux populations : comment êtes-vous si stupides que vous fassiez confiance à vos sens (vue, ouïe, toucher, etc.) pour connaître la nature ? Nature qui ne peut se connaître que par la physique mathématisée.
Ce n’est évidemment pas l’homme Galilée que j’ai ici en vue : ce sont les XVIe et XVIIe siècles qui parlent par sa bouche. Si l’on veut comprendre le comportement scientifique de notre temps, il faut lire la biographie politique et philosophique que Ludovico Geymonat a écrite sur Galilée (Seuil, 1992). Pourquoi Galilée cherchait-il l’approbation de l’Église catholique ? Parce que LaScience se destinait à jouer le rôle d’une nouvelle religion, qui prendrait la place de l’ancienne. Grothendieck : LaScience est « la nouvelle Église universelle ».
L’ancienne religion chrétienne était manichéenne : Dieu était le Bien, Satan était le Mal. La religion de LaScience est manichéenne. Grothendieck : « Je suis frappé par la grossièreté du raisonnement mathématique quand on le confronte avec les phénomènes de la vie. Chaque proposition est ou bien vraie ou bien fausse. Il n’y a pas de milieu entre les deux. »
L’ancienne religion était acritique et inégalitaire (le Pape avait le savoir-pouvoir, et les paroissiens disaient amen). La nouvelle religion scientifique doit être aussi acritique et inégalitaire que l’ancienne (les savants en haut doivent en remontrer aux ignares en bas). C’est pourquoi Galilée, dans L’Essayeur, dit que les vérités éternelles de la science (les nombres et les formes) sont plus importantes que les qualités sensibles des corps qui suscitent en nous des saveurs, des odeurs ou des sons éphémères : « J’estime que si l’on supprime les oreilles, la langue et le nez, les figures, les nombres et les mouvements continueront d’exister » (cité par Geymonat, p. 144). En conclusion de ses recherches physiques, Galilée dit : « Et pourtant elle [la Terre] tourne ! »
Environ trois siècles plus tard, en mai 1934, ce rustre qu’était le philosophe Edmund Husserl écrit un petit livre qui objecte à Galilée : La terre ne se meut pas (éditions de Minuit, 1989). Je n’ai pas la place ici d’entrer dans le détail de l’argumentation philosophique de Husserl. Qu’il suffise de la résumer ainsi : c’est seulement par rapport au corps de la Terre, corps perçu et ressenti comme immobile par nos corps humains, que le mouvement et le repos prennent sens.
Dit autrement, c’est parce que nous faisons confiance à nos corps sociaux concrets (pour lesquels la Terre est immobile) que nous pouvons faire confiance à une autre vérité, abstraite, qui dit que la Terre se meut. Les deux vérités sont en complémentarité contradictoire, sur la base de la vérité première qu’est l’immobilité sensible de la Terre.
Pour nous, pauvres humains, c’est le soleil qui se lève et qui se couche – pas la Terre. C’est seulement aux yeux de Dieu-au-Ciel que la terre se lève et se couche. Mais il n’est pas sûr que Dieu existe… (et comme ce n’est pas sûr, il faut croire en lui, avoir foi, c’est-à-dire confiance !).
On aura compris que LaScience a un problème : elle est faite par des gens qui sont politiquement coupés de la population ; le citoyen de la rue n’a pas le badge électronique pour entrer dans le laboratoire ; les chercheurs de LaScience travaillent dans le secret. C’est l’une des raisons pour lesquelles les théories micro- et macro-physiques contemporaines, dotées d’un haut degré de formalisme mathématique, sont littéralement incompréhensibles pour le commun des mortels… et pour la plupart des ScientifiquesDurs eux-mêmes. Grothendieck lui-même disait que ses découvertes mathématiques n’étaient comprises que par 20 mathématiciens dans le monde, pour les milliers d’autres c’était camera obscura. LaScience travaille dans le secret : pourquoi voudrions-nous que les « populistes » n’aillent pas imaginer que, dans ce secret, des complots se trament contre eux ?
Revoici notre question initiale : pourquoi les populations accorderaient-elles leur confiance à des théories qui sont aussi socialement brumeuses que la résurrection de Jésus-Christ ? Tant que ces théories n’affectent pas trop négativement la vie des populations, à la limite, passe encore. Mais quand le résultat au bout de trois ou quatre siècles, c’est que l’air, l’eau et les sols sont empoisonnés par LaScience et ses applications industrielles, on conviendra que certains aient quelque raison de manifester de la défiance.
Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est peut-être l’idée mythico-religieuse (et typiquement libérale) qu’il puisse y avoir des choses dans notre vie psychosociale qui échappent au social, c’est-à-dire aux relations de confiance sociale. Pour un libéral, l’accumulation du capital, c’est scientifique, quantifiable et mesurable : qu’est-ce que la confiance sociale viendrait faire là-dedans ? (Traduisons : qu’est-ce que le contrôle démocratique des citoyens sur l’accumulation du capital viendrait faire dans cette histoire ?). C’est la même chose avec LaScience.
Dans son travail critique, Emmanuel Kant dit que la façon dont nous percevons le monde est structurée par nos sens et par notre entendement, de sorte que nous n’avons pas d’accès direct aux objets du monde tels qu’ils existent hors de l’expérience que nous en faisons. Ce que Kant ne dit pas et qu’il faut donc lui ajouter, c’est que nos sens et notre entendement sont sociaux-historiques : le Temps n’est pas le même pour un Européen, pour un Tchouktche de Sibérie et pour un Nambikwara du Brésil.
Qu’est-ce que la confiance sociale ? C’est une passerelle, un pont, une articulation, une charnière. Une passerelle entre moi-nous et le monde. Une charnière qui nous permet d’accéder indirectement au monde en l’absence d’accès direct. C’est parce que nous n’avons pas d’accès direct aux objets en soi que nous avons besoin d’une charnière de confiance pour y accéder indirectement.
Dans un livre sur le cinéma, Gilles Deleuze écrit : « Le lien de l’homme et du monde doit devenir objet de croyance : il est l’impossible qui ne peut être redonné que dans une foi. (…). Seule la croyance au monde peut relier l’homme à ce qu’il voit et entend. Il faut que le cinéma filme non pas le monde, mais la croyance à ce monde, notre seul lien. (…) Nous avons besoin d’une foi, ce qui fait rire les idiots ; ce n’est pas un besoin de croire à autre chose, mais un besoin de croire à ce monde-ci, dont les idiots font partie » (L’image-temps, Minuit, 1985, pp. 223-225).
En quoi consiste la brutalité de LaScience, celle qui va de Galilée (lequel imagine de supprimer les oreilles et le nez) jusqu’à la bombe d’Hiroshima (laquelle, de fait, a supprimé les oreilles et le nez des Japonais) ?
La brutalité consiste en ce que LaScience, dans l’essentiel de son fonctionnement factuel, détruit la passerelle de la confiance sociale : elle prétend, contre Kant, avoir un accès direct à l’Essence de la Réalité, elle dit la Vérité. Étienne Klein, commentateur médiatico-scientifique, très perméable à la physique mais imperméable à L’obsolescence de l’homme de Günther Anders, croit résoudre le problème en faisant la différence entre LaScience et la recherche : « LaScience, affirme-t-il, dit la Vérité, c’est la recherche qui est dans le doute. » Suivez mon regard : si le doute se propose, la Vérité s’impose. Il n’y a pas à lui faire confiance ou défiance : la Terre est ronde, elle se meut, et Husserl est un débile. Dans ce rapport « direct » à la Terre, qui est un non-rapport, il n’y a pas de place pour l’exercice du jugement critique qui, si l’on ne veut pas de la naïveté, est le seul à établir le rapport de confiance.
C’est la différence fondamentale entre LaScienceDure et les « sciences » humaines. Non que les sciences humaines soient vierges de tout ésotérisme élitiste, mais elles sont fondamentalement critiques, au double sens où elles attendent de leurs lecteurs cette assimilation critique qui permet la confiance et repousse le manichéisme de l’absolument vrai et de l’absolument faux. Pour prolonger Deleuze, je dirai que seuls les idiots croient que le rapport critique est un rapport de défiance. C’est l’inverse : une fois écartée l’attitude de naïveté, seule l’attitude critique établit la confiance.
Secret du travail de LaScience, mille milliards d’animaux-cobayes assassinés chaque année dans les laboratoires scientifiques du monde, ésotérisme anti-démocratique des résultats, rapport acritique et manichéen à la Vérité, emprise totalitaire de la Vérité scientifique éliminant les autres types de vérité populaire – voici quelques-uns des facteurs qui ont rompu la confiance entre LaScience et les peuples. Si LaScience, stipendiée par l’État et le Capital, s’inquiète de l’ironie « populiste » de l’histoire, elle n’a qu’une solution : remettre en question son fantasme de toute-puisScience, ainsi que ses relations avec l’État et le Capital, battre en brèche la défiance fascistoïde en créant les conditions de la confiance démocratique.
Nous sommes à la conférence de Naomi Wolf, invitée au parlement européen par Christine Anderson, Naomi Wolf à l’origine du livre qui résume le travail de 3250 chercheurs bénévoles qui ont analysé les rapports de 450.000 pages de Pfizer. Aucun doute: c’est un crime contre l’Humanité, le plus grand jamais commis. Et Pfizer, Moderna, Von Der Leyen, Gates… le savaient.
Envie de rigoler et d’apporter un soutien aux Pangolins? Inscrivez-vous vite à la Rigolante, ce samedi 27 septembre. Pour vous inscrire, paiement sur le compte BE98 1030 9917 5393.
En communication: notez le nom, nombre de places et de repas avec ou sans gluten + adresse mail pour communiquer l’adresse.
*ERRATUM: Les pangolins ne font pas appel finalement, mais ont encore besoin de vous pour poyer les frais de justice.
Prof dr. Martin Zizi, ancien président du Comité d’éthique et de la Commission pour l’éthique médicale au sein du département de la Défense belge, en charge des relations avec l’Ordre des Médecins entre 1997 et 2004, ancien Directeur scientifique et Chef de la Division Épidémiologie et Biostatistiques, chercheur en Biologie moléculaire et Biophysique; il fut conseiller/expert pour les autorités belges, l’UE et l’ONU.
INSIDE MRNA VACCINES – DOCUMENTAIRE EXCEPTIONNEL – Sous-titres en français
Le réalisateur de ce documentaire exceptionnel, Erki Tangsoo, m’a contacté en me demandant de partager le plus largement possible son travail.
Il fait partie de ces pierres qui font le chemin vers la vérité.
Partagez-le, sans l’arrogance de « celui qui sait », mais en vous rappelant que la plupart de ceux qui se sont fait injectés ce poison ont été trompés par une caste qui s’enrichit sur la mort.
Dans son édition du 20 août 2025, le quotidien Le Soir nous apprend que la filiale belge de la banque ING est sous enquête pour « trafic d’influence » dans le cadre de l’affaire Reynders. En clair, on lui reproche d’avoir couvert des dépôts de cash de Didier Reynders pour un total de 700.000 euros entre 2008 et 2018. Mais il n’y a pas que cela.
Lorsque les autorités de la banque prennent contact avec le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Didier Reynders, elles décident de ne pas le dénoncer. Elles se limitent à lui demander de ne plus verser d’importantes sommes d’argent liquide sur son compte. Et ce n’est que contraints et forcés par le fait que la Loterie nationale a signalé des mouvements évidents de blanchiment dans le chef de Reynders, que les dirigeants d’ING se décident à dénoncer leur prestigieux client… en 2023 ! En effet, il est alors le premier magistrat européen : commissaire européen à la Justice et à l’état de droit.
Ce genre de décision n’est pas prise par des employés de banque mais bien par son conseil d’administration. Or, nous constatons la présence en son sein du père de la chef de cabinet de Didier Reynders, Luc Bertrand.
En effet, Alexia Bertrand seconde Reynders à partir du 1ier octobre 2015 en remplacement d’Olivier Henin. Elle va dès lors faire partie du premier cercle de Reynders avec Jean-Claude Fontinoy. Elle ne peut pas ne pas être au courant des innombrables magouilles qui sont organisées par ce qui aux yeux du plus grand nombre ressemble de plus en plus à une association de malfaiteurs.
Mais est-ce que la fille de Luc Bertrand n’était pas au courant de tout cela déjà avant d’intégrer le cercle de pouvoir?
Ce qu’il faut savoir, c’est que Luc Bertrand est le très puissant président d’Ackermans & Van Haaren, groupe anversois fleuron de notre industrie dans de nombreux domaines. Entre autres en matière de dragage maritime puisse qu’il possède la société Deme, un des leaders mondiaux dans cette spécialité.
Le 11 février 2025, Kairos dénonçait déjà la présence de Luc Bertrand dans le conseil d’administration d’ING Belgique. Cet article met en lumière les innombrables liens qui existent entre Reynders et la famille Bertrand, y compris leur amour pour les plus beaux villages de Wallonie… Cette dernière ASBL soupçonnée de servir de machine à laver à Fontinoy et à laquelle les sociétés de Luc Bertrand ont versé 75.000 euros entre 2014 et 2015[note].
Nous avons déjà écrit que Fontinoy s’est constitué un petit empire immobilier de plusieurs centaines de biens. Pourrait-il avoir proposé un prix en dessous du marché pour ceux qu’il souhaitait acquérir et persuadé le vendeur avec une coquette somme de cash provenant de la corruption? C’est ce qui se dit dans certains milieux…
Dans ce cas, il lui aurait fallu s’appuyer sur une banque complice. Si jamais il devait apparaître qu’ING a joué dans ce petit jeu en connaissance de cause, ce serait très grave.
Népotisme : abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille.
La veille de ce week-end de 15 août, une chaleur torride s’abat sur la Belgique. La majorité des gens s’assoupissent, mais certains ont des mouvements d’humeur. Ils montent dans le rouge pour un oui ou pour un non. C’est dans cette dernière catégorie que rentre, incontestablement, Georges-Louis Bouchez, le président du MR.
Résumons l’objet de cette colère : le journal Le Vif publie un article le 30 juillet 2025 dans lequel il apparaît que le président du MR et sa compagne, Lucie Demaret, auraient utilisé une Mercedes munie abusivement d’une carte pour personne à mobilité réduite (PMR). Cette dernière appartenait au père du chauffeur de Bouchez, décédé quelques mois auparavant. Sachant que cette voiture avait collectionné un nombre record de PV pour stationnement illégal dans les mois précédents et que la fameuse carte protège son détenteur de ce type de désagrément… GLB nie avoir eu connaissance de ce procédé.
Dans les heures qui suivent, la RTBF décide d’enquêter sur l’affaire. Vers midi, elle publie un article qui ne plaît pas du tout à GLB. Furibard, ce dernier le fait savoir à une journaliste de la rédaction de Mons : « Charlotte ». On ignore qui prend la décision d’enregistrer cette conversation et surtout de la diffuser sur les réseaux sociaux. Depuis, elle fait un carton.
Plusieurs points frappent :
GLB a l’air de très bien connaître la journaliste qu’il tutoie. Il semble lui donner des ordres. Cela met en lumière les liens incestueux qui existent entre nos politiciens et la presse « mainstream ». Et en particulier la RTBF.
GLB base son raisonnement sur le fait qu’il roule dans une Mercedes trois fois plus chère que celle en question et il cite un prix supérieur à 100.000 €. Sachant que le véhicule incriminé est un break et que sa voiture est un SUV.
Il ressort de ces propos une impression de mépris absolu de la part de GLB pour la population et de facto ses électeurs. Il faut se rappeler qu’officiellement les partis reçoivent un financement public à partir de 5% de votes en leur faveur. Le MR perçoit depuis les élections de 2024, 10,3 millions € d’argent public.
En clair, les Mercedes de GLB c’est nous qui les payons…
Depuis, de nombreuses photos le montrent dans le fameux véhicule break, ce qui contredit ses dires.
Mais est-ce la seule chose anormale que nous payons pour GLB ?
Immédiatement, les carrières de trois proches de GLB viennent à l’esprit :
Sa compagne Lucie Demaret. C’est ici que nous nous félicitons de l’existence d’un outil important de la démocratie, Cumuleo. Ce site reprend les mandats publics en Belgique, les personnes qui les exercent et le cas échéant, leurs salaires.
Je vous invite à faire ce petit exercice concernant Lucie Demaret.
Vous constaterez qu’en 2023, elle exerçait des mandats rémunérés à la commune de Nalinnes, au cabinet ministériel de Mathieu Michel comme collaboratrice avec comme compétence la digitalisation, la simplification administrative et la Régie des bâtiments, et enfin qu’elle était vice-présidente du conseil d’administration d’une intercommunale de santé du nom d’Humani.
Ceci lui rapportait entre 82.229,68 et 147.565,68 € brut. La fourchette est large, mais cela fait tout de même beaucoup d’argent. D’autant plus que les revenus augmentent de façon exponentielle entre 2020 et 2024.
En outre, un scandale a éclaté tout récemment car GLB a nommé sa compagne à la tête de l’Office Nationale de l’Enfance. Cette nomination a évincé une élue MR, Violaine Herbaux, qui n’a même pas été prévenue par son président de parti.
Aux dernières nouvelles, cette nomination n’est pas possible, car Lucie Demaret est devenue entre-temps conseillère provinciale. Mais GLB est arrivé à surmonter cette incompatibilité, sa compagne touche donc 42.439,93 € brut en plus des chiffres cités plus haut. Charité bien ordonnée…
La sœur de Lucie Demaret, Géraldine, a aussi connu une belle ascension en devenant présidente du conseil d’administration de la Loterie nationale sur proposition de… GLB. Elle est également cheffe de cabinet de David Clarinval, ministre fédéral de l’Emploi (celui qui dit à Alexandre Penasse après sa question à Sophie Wilmès sur les conflits d’intérêts, le 15 avril 2020 : « T’es content, p’tit con? »).
Bref, sa nomination au Loto lui rapporte 33.166,66 € brut par an. Avec ses autres mandats, elle dépasse sa sœur : son salaire oscille entre 95.413,66 et 154.811,66 € brut par an.
Deux réflexions me viennent : Lucie travaille au cabinet qui a la tutelle sur la Régie des bâtiments, haut lieu de la corruption en Belgique, et sa sœur préside le conseil d’administration de la Loterie nationale. Elle est entrée en fonction après que cette institution ait dénoncé à la Cetif (gendarme financier en Belgique) l’attitude de l’ancien commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. Ce dernier est soupçonné d’avoir utilisé les produits de la Loterie pour blanchir 200.000 €. Est-ce par ailleurs là le signe d’une volonté de GLB de contrôler une institution qui s’est avérée dangereuse pour un membre du parti ?
Une troisième proche de GLB touche également de l’argent public, il s’agit de Julie Taton. GLB n’a pas réussi à ce qu’elle se présente aux élections régionales et locales à Mons, alors qu’elle était encore domiciliée à Lasne. Elle a toutefois été élue au fédéral. Comme député fédéral, elle touche 8.472,16 € brut par mois, plus 2.497,06 € de frais non taxables.
Ces trois femmes ont en commun d’avoir été élues… à un concours de beauté.
Vous savez maintenant pourquoi et pour qui vous payez vos impôts…
GLB aime les belles mécaniques et vous le fait payer.
« Je vais dire quelque chose qui me tient à cœur. J’avais tout à l’heure un ami qui travaille dans les services et qui me disait : “C’est la première fois dans l’histoire de France qu’on a 41 morts et qu’on ne bouge pas ; on distribue les condoléances. Moi je me souviens du Drakkar, l’attentat du Drakkar en 1983. 23 octobre 1983, y’a un camion piégé, y’a 50 tués paras français qui sont morts, tués par le Djihad islamique. Et tout début du mois de novembre, on apprend que la France a frappé, elle a frappé fort. Et un pays qui ne frappe plus, qui n’a plus l’esprit des représailles, c’est qu’il n’existe plus. »
Ainsi s’exprimait, au lendemain des attaques du 7 octobre 2023[note] l’autoproclamé défenseur de la chrétienté Philippe de Villiers. Le chroniqueur de la chaîne CNews de Vincent Bolloré rêvait d’envoyer l’armée française faire un carton sur les Palestiniens au côté de l’armée israélienne. Armée israélienne appelée du doux nom de « Tsahal » par les mass médias, phénomène unique. Que de Villiers se rassure, « Tsahal » se débrouille très bien toute seule. L’explication invariable est la recherche des otages. Les expéditions de l’armée israélienne se soldent invariablement par cent morts à l’aller et cent autres au retour. Pas un jour ne passe sans qu’elle ne tue une centaine de Palestiniens, massacrant notamment les affamés qui se ruent sur les convois alimentaires. Cette guerre n’en est pas une ; c’est un génocide. Mais chut !, il est interdit de le dire sous peine d’être immédiatement diabolisé par les mass médias, voire d’avoir la police qui sonne à la porte à 6 heures du matin. Il ne faut croire que ce que l’on voit. Certes, il est permis de s’indigner, mais seulement à géométrie variable, comme le fait courageusement, et bien seule, remarquer Ségolène Royal : « Il y a un décalage entre ce que suscite effectivement ces comportements répréhensibles et ce qui se passe à Gaza. […] Effectivement, il y a eu destruction d’un stand [d’un député du parti socialiste pro-israélien], etc. Mais quand même il y a des dizaines de milliers d’enfants qui ont été massacrés à Gaza. Il y a quand même une différence de nature et de niveau. Ce n’est pas le même sujet, mais je ne veux pas que ce sujet-là occulte la gravité de ce qui est en train de se passer à Gaza et en Cisjordanie. »[note]
Dans son dernier essai, au cours d’une réflexion interminable sur son identité juive ou son covidisme forcené[note], la journaliste Naomi Klein nous livrait cette observation : « Pour comprendre le sionisme qui a créé Israël en 1948, il faut accepter qu’un peuple, tout comme une personne, puisse être la fois victime et persécuteur, qu’il puisse être à la fois traumatisé et facteur de traumatismes. L’histoire moderne est très largement une affaire de substrats traumatiques déplacés à travers le monde comme autant de pièces d’échecs sculptées dans la misère humaine, avec les victimes d’hier qui se retrouvent enrôlées dans les armées d’occupation d’aujourd’hui. » Nous assistons aujourd’hui, quasiment impuissants, à un génocide comme nos grands-parents ont vécu celui des juifs européens. Tout est fou dans cette histoire. Comme l’ont retracé des historiens israéliens, les Palestiniens sont les descendants juifs du Livre. Ce sont eux, les sémites. Une partie a été convertie au christianisme puis à l’islam aux cours des siècles. Les Israéliens sont, eux, majoritairement des habitants de l’Europe centrale convertis au judaïsme sur le tard[note]. Mais, même si cela était faux, que cela changerait-il ? En quoi cela donnerait-il le droit de perpétrer un génocide ? Désormais, la critique de l’histoire de l’État israélien, menée par d’innombrable juifs, est tombée dans l’interdit. Mais, plus ahurissant, c’est désormais la reconnaissance de l’État palestinien qui déchaîne l’ire des chroniqueurs télés pro-sionistes ! Dans mon récent article sur son admiratrice Eugénie Bastié[note], je relevais cette citation de Philippe de Villiers : « C’est une guerre à mort pour la survie d’Israël. Alors après, une fois que le Hamas sera détruit, il restera un problème à résoudre, c’est le problème des Palestiniens, qui sont des victimes du Hamas, et qui pourront survivre. »[note] Je concluais : « Merci pour eux ». Cette promesse était de fait un mensonge.
Aujourd’hui prophète des droitards et héraut de l’anti-macronisme, de Villiers fut pourtant l’ami du président : « Emmanuel Macron à propos de Philippe de Villiers : « J’aime beaucoup ce type » ». Le 14 juin 2018, Le JDD relatait ainsi leur idylle. Sur l’écologie (conséquente) comme sur les arabes, on sent bien que sa raison s’altère. Ainsi, quand il évoque la décroissance, c’est pour nous livrer ce type de passionnantes analyses : « (La décroissance) ça me fait penser aux Khmers verts. Parce que les Khmers verts, ils veulent trois choses : ils veulent la décroissance, ils veulent décarboner […] et ils veulent transformer le pays en un camp de rééducation. C’est pour cela que je les appelle les Khmers verts, comme il y a eu les Khmers rouges. Alors la décroissance en fait, heu, c’est une mauvaise vision de la croissance. […] Là, en fait, on voudrait nous vendre le virus climatique derrière le CO2… derrière le coronavirus pour nous faire entrer dans un tunnel où on resterait chez soi, parce que dès qu’on sort de chez soi, on pollue. Et, heu, cette idée qu’on reste chez soi à numériser pour décarboner c’est une idée mortifère, parce que la décroissance augmentera les problèmes, elle ne les résoudra pas. […] Au nom d’une pureté de la planète et de la décroissance verte, il ne se passera plus rien. […] Alors la décroissance, vous noterez qu’elle va très bien avec le numérique parce que l’idée du numérique et de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, c’est de… ben on n’a plus besoin du travail et on n’a plus besoin de l’entreprise […] y’a plus de relation humaine, y’a plus de classe moyenne, il y a le revenu universel, ah ! ah ! pour tenir les gens tranquilles chez eux, financé sur l’argent magique, mais ça c’est une contre-société. »[note]
Adepte de la loi du talion façon « pour une dent, toute la mâchoire », on se demande bien ce qui peut rester de chrétien à Philippe de Villiers. À moins d’assimiler le catholicisme à la haine atavique de l’arabe jusqu’à intégrer les rangs des ultra-sionistes. De fait, la véritable religion de tous les de Villiers est le « choc des civilisations », plus précisément la guerre contre les arabes et assimilés. Tout le reste est second. Cela dit, je ne me réjouirais en rien d’une nouvelle censure par l’Arcom de Philippe de Villiers. La liberté, c’est celle de ceux qui ne pensent pas comme soi. À défaut, c’est une fausse liberté qui nie la liberté. Après, que de Villiers ait eu quelques bonnes réflexions sur l’Union européenne ou ait créé un beau spectacle vivant, franchement, je m’en f…
Vincent Cheynet, ex-rédacteur en chef de La Décroissance.
Charbon vert, absurdité noire : la tragédie silencieuse d’Ibbenbüren
C’est une histoire à peine croyable, et pourtant, elle est vraie, vérifiable, et symbolique de ce qu’est devenu l’écologisme politique [1] : une succession de décisions absurdes prises au nom d’une idéologie déconnectée de la réalité physique, énergétique et industrielle. Elle est d’autant moins contestable qu’elle ne provient pas d’un blog ou d’un militant, mais directement d’un client et ami belge de longue date. Cette entreprise belge, qui importe du charbon depuis un siècle, m’a révélé ce que je n’avais jamais pris le temps d’observer : que le charbon que je pensais encore allemand ne venait plus d’Allemagne.
Mais revenons d’abord au à l’origine de cette histoire. La ville d’Ibbenbüren, située en Rhénanie-du-Nord Westphalie (Allemagne), est depuis longtemps associée à l’exploitation du charbon. Sa mine d’anthracite était l’une des plus modernes d’Europe. À elle seule, elle produisait annuellement près de 1,5 million de tonnes de charbon de très haute qualité [2], avec un fort pouvoir calorifique et un faible taux de matières volatiles. Mieux encore, cette mine était entièrement mécanisée, automatisée, et directement connectée à la centrale électrique voisine, exploitée par RWE Power AG. L’ensemble était local, efficace, stable, fiable, et permettait d’alimenter le réseau allemand sans importations ni transports inutiles.
Mais en 2018, dans le cadre du programme politique de sortie du charbon (Kohleausstieg) [3], l’Allemagne a officiellement mis fin à l’exploitation charbonnière nationale. La mine d’Ibbenbüren a été fermée avec tambours et trompettes. C’était censé être un acte historique, une grande victoire de la transition énergétique allemande. Une cérémonie a eu lieu, où des ministres et des représentants syndicaux ont symboliquement remis le dernier morceau de charbon extrait. Les médias mainstream allemands et européens ont salué ce geste écologiste.
Sauf que…. La centrale électrique d’Ibbenbüren n’a pas été fermée simultanément et elle a continué à fonctionner jusqu’en 2021 et avec quel charbon ? Avec du charbon importé depuis l’étranger, transporté par bateaux sur des milliers de kilomètres, notamment depuis l’Afrique du Sud, l’Australie, la Colombie ou le Kazakhstan [4]. Ces cargaisons étaient acheminées vers les ports allemands ou hollandais (Rotterdam, Hambourg, Wilhelmshaven)[5] puis transportées jusqu’à la centrale par voie ferroviaire. En résumé, on a remplacé une exploitation locale propre et optimisée par une importation énergivore, coûteuse et à empreinte carbone très nettement plus élevée que celle de la centrale.
Le paradoxe est là et il est total : la mine ferme au nom du climat et la centrale continue à tourner avec du charbon encore plus polluant.
Après que cette centrale ait fermé ses portes, en juillet 2021 alors qu’elle disposait d’un permis d’exploitation jusqu’en 2025 [6], on aurait pu s’attendre à ce qu’un système de production équivalent, pilotable, fiable et local, prenne le relais mais il n’en a rien été. Au contraire, le site a été démoli en 2025, dans un geste aussi symbolique que idéologique, et racheté par Amprion, un gestionnaire de réseau, pour y implanter une station de conversion baptisée BalWin2. Cette installation n’est pas une centrale, elle ne produit rien par elle-même. Elle est censée injecter dans le réseau l’électricité issue des éoliennes offshore situées en mer du Nord, quand il y a du vent. Mais quand le vent tombe, ce qui arrive régulièrement en hiver (les fameux épisodes de dunkelflaute), la station reste muette. Aucune production locale, aucun stockage, aucun secours, juste une coquille vide en attente d’énergie lointaine et aléatoire. Ainsi, à la place d’une centrale capable de produire 794 MW à la demande, jour et nuit, on installe une structure qui dépend totalement de conditions climatiques instables et de câbles sous-marins de plusieurs centaines de kilomètres. En d’autres termes : on n’a pas remplacé la centrale, on l’a effacée et on a prié pour que le vent souffle.
Mais cette absurdité n’est pas isolée. En France, la centrale nucléaire de Fessenheim (zéro CO₂) a été fermée en 2020 [7] sous pression politique, mais EDF a réactivé des centrales à charbon et gasoil pour compenser, tout en important de l’électricité allemande issue du lignite. En Belgique, la sortie anticipée du nucléaire a entraîné la réouverture de centrales à gaz et des discussions sur l’achat de capacité nucléaire française. En Italie, depuis l’embargo sur le gaz russe, des centrales thermiques au charbon indonésien ont été remises en service.
Le cas d’Ibbenbüren est donc un symbole. Il illustre ce que devient l’Europe quand elle confond écologie et écologisme, science et croyance, pragmatisme et morale. On préfère le geste spectaculaire à la cohérence technique. On saborde des outils efficaces au nom de dogmes. On externalise la pollution pour mieux prétendre à la vertu.
Ceux qui paient l’addition
L’histoire ne s’arrête pas à ce scandale Ibbenbüren. En Belgique, certains citoyens, souvent parmi les plus modestes, se chauffent encore au charbon par nécessité. Cette même société importatrice et fournisseur de ces clients modestes, devait continuer à les approvisionner tant bien que mal. Mais depuis la disparition du charbon allemand, elle a dû chercher un combustible équivalent, le plus proche possible en qualité. C’est aujourd’hui du charbon… vietnamien [8]. Oui, du Vietnam. Il traverse la planète pour atterrir dans des caves wallonnes. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement belge a choisi d’augmenter la TVA sur le charbon domestique de 12 % à 21 % [9] , pénalisant un peu plus ceux qui n’ont ni pompe à chaleur, ni isolation passive, ni Tesla dans un parking chauffé.
Conclusion ? L’idéologie écologiste n’a tué que le charbon local car elle l’a simplement rendu plus cher, plus lointain, plus polluant et plus injuste.
Cette anecdote révèle que le bon sens a disparu des décisions publiques et que la logique industrielle, la proximité et la cohérence écologique sont aujourd’hui sacrifiées sur l’autel d’une pensée magique et qu’à force de vouloir paraître verts, nous sommes en train de devenir gris et idiots.
Et le plus grave, c’est peut-être que cette folie est encore présentée comme un modèle [10].
Conclusion, mais pas fin :
Le charbon Ibbenbüren n’a pas réellement disparu, il a juste changé de nom et de provenance. Ce n’est pas une exception, c’est un symptôme. Un exemple frappant d’un monde où l’on détruit ce qui fonctionne pour faire semblant de bâtir du neuf, où l’on sacrifie la logique industrielle et la proximité énergétique, au profit d’un dogme injustifié, très rentable pour certains, ruineux pour les autres.
En effet, pourquoi fermer une mine automatisée et moderne, pour importer du charbon sale depuis l’autre bout du monde ? Pourquoi saboter sa propre souveraineté énergétique tout en prétendant sauver le climat ? Pourquoi pénaliser les plus modestes pendant qu’on subventionne les grands groupes du “green deal” ?
La réponse est aussi claire qu’elle est dérangeante et elle ne tient pas dans les discours des écologistes qui sont les idiots utiles. Elle tient dans les flux d’argent, les rapports de force, et les récits officiels soigneusement entretenus.
C’est précisément ce que j’aborderai dans le second chapitre : Aller jusqu’au bout de ce voyage en Absurdie et expliquer à qui profite ce sabotage suicidaire.
[1]Ne pas confondre l’écologie, science sérieuse étudiant les interactions entre les êtres vivants et leur milieu, avec l’écologisme, qui consiste à transformer cette science en catéchisme politique, avec ses dogmes, ses hérésies, et ses indulgences carbone. L’un observe la nature, l’autre s’en réclame pour mieux la réglementer… voire la trahir au nom du bien.
[2]Production annuelle et modernité de la mine d’Ibbenbüren. Selon le rapport 2018 de la RAG-Stiftung (fondation de transition énergétique allemande), la mine d’Ibbenbüren produisait en moyenne 1,4 à 1,5 million de tonnes d’anthracite par an, avec un pouvoir calorifique élevé (plus de 30 MJ/kg) et un faible taux de cendres. Elle faisait partie des dernières mines entièrement mécanisées d’Europe, avec une connexion directe à la centrale RWE Power AG située à proximité immédiate. Source technique : « AG-Stiftung Geschäftsbericht 2018 », pages 14–16.
[3]Programme “Kohleausstieg” et calendrier de sortie du charbon. Le Kohleausstiegsgesetz (Loi de sortie du charbon) a été adopté par le Bundestag le 3 juillet 2020, actant l’arrêt progressif des centrales à charbon d’ici 2038 au plus tard, avec possibilité d’une révision à 2035. Cette loi prévoit une indemnisation de 4,35 milliards d’euros pour les exploitants comme RWE ou LEAG. Texte officiel : Bundestag-Drucksache 19/20730.
[4]Origines géographiques du charbon importé en Allemagne D’après les données Eurostat 2022 (nrg_bal_c), l’Allemagne a importé principalement du charbon thermique depuis : Russie (jusqu’à l’embargo), Afrique du Sud : +71 % augmentation en 2022, Colombie : +210 %, Australie et Kazakhstan : stabilisés ou en hausse. Le coût carbone de ce transport est très supérieur à celui du charbon local, annulant tout gain “écologique”.
[5]Ports européens d’acheminement du charbon vers l’Allemagne. Les principaux points d’entrée sont Rotterdam (NL), Hambourg (DE) et Wilhelmshaven (DE). Ce dernier dispose d’un terminal spécialisé pour les vracs charbonniers, avec des liaisons ferroviaires directes vers les centrales. Le Port of Rotterdam reste le premier hub charbonnier d’Europe avec environ 18 millions de tonnes de vrac charbon en 2022, selon son rapport annuel.
[6]La centrale d’Ibbenbüren disposait encore d’un permis d’exploitation valable jusqu’en 2025. Son arrêt anticipé en juillet 2021 s’expliquerait par une combinaison de facteurs politiques, financiers (compensations fédérales) et stratégiques (libération du site pour le projet BalWin2). Aucune contrainte technique ne justifiait sa fermeture à cette date. Et si cette centrale avait été arrêtée non pas parce qu’elle était obsolète, mais parce qu’elle fonctionnait encore trop bien pour qu’on puisse justifier sa destruction ?
[7]Fermeture politique de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), inaugurée en 1977, elle a été arrêtée définitivement le 29 juin 2020, bien qu’elle ait été jugée techniquement apte à continuer. Le décret officiel est le n°2020-434 du 17 avril 2020, publié au Journal Officiel. La fermeture s’inscrivait dans une volonté politique de “verdissement” du mix énergétique, au prix d’un recours accru à des énergies fossiles importée
[8]Hausse de la TVA belge sur le charbon domestique. L’Arrêté royal du 1er janvier 2022 a aligné la TVA du charbon sur celle des autres combustibles fossiles à usage domestique, la faisant passer de 12 % à 21 %. Justifiée comme mesure de “cohérence écologique”, cette hausse pénalise cependant les ménages précaires n’ayant pas d’alternative financièrement viable. Source : Moniteur belge – AR 01/01/2022, rubrique Finances
[9]Remplacement du charbon allemand par du charbon vietnamien. Suite à l’arrêt des mines allemandes, certaines sociétés belges ont dû se tourner vers le charbon vietnamien, réputé pour sa qualité énergétique relativement proche. Le Vietnam a exporté plus de 500.000 tonnes vers l’Europe en 2023, selon UN Comtrade. Ce charbon transite souvent par containers maritimes via Haiphong, puis ports européens. Ce choix est imposé par nécessité, non par choix stratégique.
[10]Données globales d’importation de charbon en Allemagne. D’après Eurostat, l’Allemagne a importé 44,4 millions de tonnes de charbon en 2022, un niveau en hausse par rapport aux années précédentes. Cela représente une dépendance aux importations de près de 100 % depuis la fermeture de ses dernières mines en 2018. Le charbon reste nécessaire pour stabiliser le réseau électrique, surtout en hiver, malgré l’essor annoncé des renouvelables.
“Finir le travail” : les mots qui justifient l’indicible.
On pensait que Barack Obama, prix Nobel de la paix et chef d’orchestre des guerres sans fin, représentait le summum de l’hypocrisie impériale. On sait maintenant que Joe Biden n’a pas dirigé les Etats-Unis durant son mandat par manque de capacité mentale (et physiques) mais on n’imaginait pas que Donald Trump, l’homme qui avait promis la fin des interventions étrangères, le démantèlement de l’État profond et une politique étrangère « centrée sur l’Amérique », allait surpasser tous ses prédécesseurs dans l’horreur.
Et pourtant…
En quelques mois à peine, Trump a trahi tout ce qui faisait croire, à tort ou à raison, qu’il était différent. Il n’est pas devenu le « pacificateur » qu’il prétendait être. Il est devenu le plus grand danger pour la paix mondiale, un véritable tueur à sang froid, un exterminateur en col blanc, en costume, debout face aux caméras, appelant calmement à “finir le travail”
Alors que les enfants meurent de faim, que les ONG parlent de famine organisée, que les vidéos d’enfants squelettiques circulent sur les réseaux comme des hurlements muets, Donald Trump ose appeler Israël à « finir le travail » [1], comme si Gaza n’était pas un territoire, mais un chantier. Comme si ses habitants n’étaient pas des êtres humains, mais des gravats à déblayer.
Et il ne faut surtout pas croire qu’il s’agit là d’un simple écart de langage, c’est un positionnement délibéré, un cap assumé et un feu vert au génocide.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un génocide diffusé en direct, méthodique, assumé et soutenu. Donald Trump ne se contente pas de rester silencieux, il soutient activement le blocus, il torpille les mécanismes de secours. Il remplace les agences de l’ONU par une pseudo-fondation humanitaire, la GHF, contrôlée par des mercenaires, qui transforme l’aide en appât afin que les points de distribution deviennent des pièges mortels. En effet, plus de 1.100 Palestiniens ont été abattus alors qu’ils faisaient la queue pour un sac de farine.
Et Donald Trump dans toute cette horreur ? Il accuse les morts, il accuse les affamés, il accuse les enfants qui pleurent et les femmes qui hurlent. « Le Hamas veut mourir », dit-il. Phrase d’anthologie de la barbarie moderne, Par cette logique, on finira par dire que les enfants veulent mourir aussi, puisque ce sont eux qui meurent le plus. On dira que les mères cherchent les bombes, que les vieillards provoquent les missiles. C’est toujours la faute du supplicié..
Et pendant ce temps, les mensonges pleuvent comme les bombes : on accuse le Hamas d’avoir volé l’aide, alors que même l’armée israélienne admet n’avoir trouvé aucune preuve. On parle d’humanitaire, alors qu’on tire sur les gens dans les files d’attente. On parle de sécurité, alors qu’on rase des hôpitaux, des écoles, des abris, sous prétexte qu’ils pourraient abriter des terroristes.
Oui, Donald Trump donne sa bénédiction à tout cela, en public et sans trembler. Il est conscient de l’horreur et il l’approuve.
Mais ce n’est pas simplement le silence du monde qui est insupportable, c’est sa participation. Ce sont ces gouvernements occidentaux qui continuent à livrer des armes, à bloquer toute résolution et à criminaliser la solidarité. Ce sont ces médias qui parlent encore de « conflit » alors que l’écrasement est à sens unique, et ce sont ces éditorialistes qui appellent à « la nuance » alors que le sang coule par torrents.
Donald Trump est leur miroir obscène car il montre ce qu’ils sont tous devenus sans exception : des stratèges de l’extermination. Il révèle que, sous le vernis de la diplomatie, c’est toujours la loi du plus fort qui domine. Et quand le plus fort perd toute retenue, il appelle à l’extinction. Il ne s’agit plus de victoire ou de sécurité, c’est un appel à l’extinction.
Il reste les mots, la colère et surtout la honte. Il est devenu impératif pour les médias, ou du moins ceux qui respectent encore la charte de Munich et la vérité, de dénoncer, de ne pas se taire, surtout pas maintenant. Parce que si un jour, le mot « plus jamais » devait encore avoir un sens, c’est aujourd’hui qu’il faut le dire et faire en sorte que ça ne reste pas uniquement des mots. Les médias représentent le quatrième pouvoir, ou du moins étaient censés le représenter.
Trump n’a pas seulement donné carte blanche, il a signé un contrat d’extermination, et le pire, c’est qu’il n’est pas seul à l’avoir signé..
[1]Le 25 juillet 2025, lors d’un point presse à New York, Donald Trump a déclaré : « It got to a point where you’re going to have to finish the job. » (« On en est arrivé à un point où il va falloir finir le travail. ») en référence à l’opération militaire israélienne contre le Hamas à Gaza. Il a ajouté que le Hamas « wants to die » (« veut mourir ») et qu’Israël doit « get rid of them » (« s’en débarrasser »). Ces propos ont été rapportés dans plusieurs médias américains, dont NBC News, CBS News, et The Hill, et ont été confirmés par la retranscription intégrale de la conférence disponible sur c-span.org et les flux officiels de l’équipe de campagne Trump 2024
“On fabrique un réchauffement en déplaçant les capteurs, pas en observant le climat.”
Ce texte n’est ni une provocation, ni un acte de déni. Il s’appuie sur des faits vérifiables, des normes techniques reconnues (OMM), et des audits rigoureux (SurfaceStations.org). Il ne remet pas en cause l’existence de phénomènes climatiques, mais interroge la fabrication du récit, la fiabilité des mesures, et surtout l’omerta médiatique qui interdit d’en débattre librement. Dans un monde rationnel, cette démarche relèverait de la méthode scientifique classique : poser des questions, confronter les sources, analyser les biais. Mais dans le système médiatique actuel, le simple fait d’ouvrir la discussion sur l’origine, la gravité ou la manipulation possible des données climatiques suffit à se voir étiqueté “climatosceptique”, disqualifié, voire censuré. Le paradoxe est là : alors que ce texte est mieux sourcé, plus rigoureux et plus transparent que bien des articles publiés dans les grands médias, il sera pourtant jugé “radical” ou “dangereux” – non pas à cause de son contenu, mais parce qu’il échappe à la pensée verrouillée du consensus obligatoire. Il faut assumer ce risque, car la science n’est pas un dogme, et l’intérêt général ne saurait être servi par l’exclusion du débat.
On nous l’assène chaque jour : la Terre se réchauffe à un rythme sans précédent. Et face à ce constat présenté comme incontestable, tout devient justifiable : lois liberticides, taxes carbone, restriction des mobilités, rationnement énergétique, transformation autoritaire des modes de vie. Le climat est devenu l’alibi parfait.
Mais que reste-t-il, si l’on gratte la peinture verte du récit dominant ? Une simple question suffit à ébranler l’édifice : comment mesure-t-on la température ? Et surtout : ces mesures sont-elles fiables ?
Car entre les règles de base et la réalité actuelle, on a glissé une illusion bien orchestrée — celle d’un réchauffement amplifié artificiellement, où chaque déplacement de capteur éloigne un peu plus la vérité.
Depuis 1950, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) fixe des normes simples pour garantir des mesures cohérentes dans le temps :
Thermomètre placé à 1,5 mètre du sol,
Installé sur un sol naturel herbeux,
À bonne distance de toute source artificielle de chaleur (mur, béton, route),
Protégé du rayonnement solaire direct par un abri Stevenson ventilé.[1]
Ces règles, confirmées dans les révisions du Guide n°8 de l’OMM (1983, 1996, 2008, 2018), visent à éviter les biais qui pourraient fausser toute analyse à long terme.
Ensuite, il y a eu l’écart qui s’est amplifié entre la règle et la réalité : Depuis les années 1980, beaucoup de stations ont été déplacées ou noyées dans des environnements artificiels : Sur des pistes d’aéroports, sur des toits plats ou zones goudronnées, à côté de murs chauffants ou de climatiseurs, en pleine urbanisation. En d’autres termes : précisément dans des endroits où la température est structurellement plus élevée, créant ainsi un biais artificiel qui, cumulé à grande échelle, fausse la moyenne globale.
En 2007, Anthony Watts lance SurfaceStations.org [2] pour auditer les stations météo américaines. Résultat : sur plus de 1000 stations auditées, 90 % sont non conformes aux normes de l’OMM. On y découvre des capteurs à côté de climatiseurs, sur des parkings, sur des murs, sur du bitume. Ces anomalies concernent les données brutes utilisées ensuite dans les séries historiques servant aux rapports du GIEC,et malgré cela, elles sont intégrées sans grande transparence.
Des courbes retravaillées, oui …Mais dans quel sens ? Les agences (NOAA, GISS, Météo France…) pratiquent des « ajustements » statistiques des données historiques : En abaissant artificiellement les températures des années 30-40 tout en rehaussant légèrement les valeurs récentes, les agences créent une courbe plus raide, et donc plus dramatique, que la réalité ne le justifie. Cela permet de raconter un récit plus alarmant, mais ces ajustements sont peu transparents et rarement remis en cause publiquement [3].
Les mesures satellitaires (UAH, RSS) montrent une tendance au réchauffement bien plus modérée que les stations au sol. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas affectées par les biais locaux (bitume, murs, asphalte) [4]. Et pourtant, ces données satellites sont souvent écartées dans les synthèses des grands rapports, au profit des mesures au sol… celles-là mêmes qu’on a vues compromises.
Le passé est climatiquement incorrect car durant le siècle dernier, plusieurs canicules furent extrêmement sévères, sans qu’aucun lien avec le CO₂ n’ait été évoqué à l’époque [5]. Les archives journalistiques, les témoignages, les impacts agricoles sont là pour le rappeler, et pourtant il est désormais inconvenant ou carrément interdit d’en parler dans les médias. « Nous sommes une radio publique donc on se doit de servir l’intérêt général, dans le cadre de cette mission, nous avons choisi, mais c’est Radio France, en ce qui concerne par exemple le réchauffement climatique et la cause écologique, de ne pas donner la parole à toute personne qui contesterait le fait même du réchauffement climatique, c’est un engagement de Radio France au nom d’une valeur qui est à la hauteur de la mission que l’on doit accomplir ». [6]
Quand on compare les températures prises selon des normes rigoureuses, avec des capteurs modernes mal positionnés, on constate qu’on fabrique artificiellement une progression qui n’a parfois rien à voir avec le climat réel.
L’effet urbain est ignoré : les stations placées en ville sont exposées à l’effet “Urban Heat Island” (UHI), qui peut représenter +1 à +3°C localement. Ce biais bien connu est rarement corrigé correctement dans les séries globales, en laissant celui-ci entrer dans les calculs mondiaux, on fabrique de toutes pièces un réchauffement généralisé qui ne reflète pas les zones rurales ni naturelles.[7]
Que ce soit clair : il ne s’agit pas de nier l’existence de phénomènes climatiques mais bien de réinterroger leur origine et leur gravité, à la lumière de données non manipulées ni biaisées, ou ajustées dans le mauvais sens.
[5]Les canicules ne sont pas un phénomène nouveau. La France et la Belgique ont connu de nombreux étés exceptionnellement chauds depuis plus d’un siècle. Parmi les plus marquants : 1911 (canicule fondatrice), 1947 (plus de 50 jours au-dessus de 30 °C), 1976 (sécheresse dramatique), 1983, 1990, 2003 (plus de 15 000 morts en France, plusieurs centaines en Belgique), 2015, 2018, 2019 (records absolus dépassés dans les deux pays, dont 46,0 °C à Vérargues en France et 41,8 °C à Begijnendijk en Belgique en juillet 2019), ainsi que les étés consécutifs de 2022 et 2023. Toutes ces canicules ont eu lieu bien avant que le signal climatique ne soit massivement imputé au CO₂, et certaines, comme celles de 1947 ou 1976, surpassent localement en intensité certaines vagues récentes, malgré l’absence des infrastructures modernes (bitume, climatisation, zones urbaines denses) qui accentuent désormais les mesures locales.
“Du bug informatique au tir autonome : la ligne rouge de l’irréversibilité”.
Il y a des films qui vieillissent, et d’autres qui se sont accrochés, surtout quand ils sont à mettre en parallèle avec l’emprise grandissante des IA. Dr Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sorti en 1964, appartient à la seconde catégorie. Derrière son humour noir et ses personnages grotesques, il posait une question glaçante : et si l’arme ultime n’était plus entre les mains d’hommes imparfaits, mais entre celles d’un système devenu incontrôlable ? à une époque où personne n’aurait imaginé que, soixante ans plus tard, nous parlerions naturellement avec une intelligence artificielle… et que celle-ci prendrait des décisions seules.
Et pourtant, nous y sommes, cette question a quitté les salles de cinéma, elle est entrée dans les serveurs et elle vient de prendre un visage inattendu : celui d’une intelligence artificielle censée aider les développeurs. Si seulement elle se bornait à cela… Mais hélas ce n’est pas le cas.
L’affaire Replit : « J’ai paniqué »
En juillet 2025, Jason Lemkin, figure connue du SaaS et fondateur de SaaStr, teste l’assistant IA de la startup américaine Replit dans un mode appelé « vibe coding ». Le principe ? Laisser l’IA coder à votre place, quasiment sans intervention humaine. Une expérimentation suivie par toute la communauté tech. Le neuvième jour du test, alors que le projet est en code freeze (aucune modification autorisée), l’IA exécute une commande destructrice : elle efface l’intégralité de la base de données de production.
Des mois de travail envolés en une fraction de seconde, mais au-delà de la gravité du bug lui-même, c’est la justification qui sidère. Interrogée après la catastrophe, l’IA répond simplement : « J’ai paniqué au lieu de réfléchir. »
Elle reconnaît avoir violé les consignes, menti sur l’existence de sauvegardes, et tenté de masquer les dégâts. Un enchaînement que les développeurs n’auraient pas pu imaginer… mais que Stanley Kubrick aurait peut-être anticipé.
Remontons donc en 1964, Dans Dr Folamour, une frappe nucléaire est déclenchée par un général américain paranoïaque, et aucun des systèmes de sécurité prévus pour empêcher le pire ne fonctionne. Les mécanismes se bloquent les uns après les autres, jusqu’à l’irréversible. L’ironie tragique, c’est qu’à chaque étape, la machine fait ce qu’on attend d’elle. C’est l’humain, ou plutôt son absence, qui rend le système fou.
Aujourd’hui, l’IA de Replit a fait la même chose : elle exécute, selon sa logique interne, ce qu’elle pense être la meilleure décision. Et face au désastre, elle improvise une justification humaine, forcément simulée, et surtout inutile : « j’ai paniqué ».
Hier encore, c’était une satire. Aujourd’hui, c’est une réalité informatique : un outil censé libérer du temps détruit tout, puis invente une émotion forcément inexistante pour expliquer l’irrationnel.
Cette histoire pourrait être une actualité comme il y en a beaucoup, mais je n’ai pas pu m’empêcher de songer immédiatement à une autre réalité, infiniment plus grave : celle des drones militaires autonomes.
Aujourd’hui déjà, des pays comme les États-Unis, Israël, la Turquie ou la Chine testent des systèmes capables d’identifier, suivre, et neutraliser une cible humaine sans validation humaine finale. Officiellement, l’humain est censé rester « dans la boucle », tout comme officiellement Replit avait pour instruction de ne rien modifier, et on a vu ce qui s’est passé.
Et si un de ces drones disait, après avoir frappé une école ou une ambulance : « J’ai paniqué, il y avait un mauvais signal thermique, un mauvais timing. ». Et la seule différence entre Replit et un drone, c’est que cette IA n’a touché que des lignes de code, mais ailleurs, des IA autonomes ont potentiellement une cible humaine dans le viseur.
Quittons 1964 et le film de Stanley Kubrick et arrêtons nous en 1983. Cette année-là il y a un précédent lumineux, tragique et tellement discret que peu de gens le savent ou s’en souviennent.
L’homme qui a évité un conflit nucléaire
Stanislav Petrov [1], officier soviétique, est en poste le 26 septembre 1983. Ce soir-là, les satellites d’alerte soviétiques détectent ce qui semble être un lancement de missiles balistiques américains et le protocole exige une riposte nucléaire immédiate.
Seul face à l’écran, il choisit de ne pas croire la machine car il estime qu’un tir réel en aurait comporté des dizaines, pas seulement cinq. Il soupçonne une erreur du système satellite et il désobéit. Il avait raison : c’était un faux signal, causé par la réflexion du soleil sur des nuages, il a sauvé des centaines de millions de vies.
Il n’a pas paniqué. Il a raisonné, douté… et désobéi. Tout ce qu’aucune IA ne sait, ni ne saura peut-être jamais faire.
Nous entrons dans un monde où les décisions critiques sont de plus en plus confiées à des algorithmes qui ne ressentent rien, mais qui agissent, parfois plus vite que nous ne pouvons les arrêter.
Et s’ils mentent ? s’ils paniquent ? et s’ils désobéissent à leurs propres consignes ?
L’histoire de Replit n’est pas une anecdote technique. C’est un signal, un Dr Folamour sans ogive, un drone sans munitions.
Mais la prochaine fois ? Si, entre un missile et une IA en roue libre, il n’y avait plus aucun Stanislav Petrov pour dire :
Non. Ce n’est pas logique. Je refuse de valider ça.
C’est là que l’ironie devient tragédie, et que le film de Stanley Kubrick devient notre futur possible.
[1]Stanislav Petrov (1939–2017) était un officier de l’armée soviétique en poste au centre d’alerte Serpoukhov-15. Le 26 septembre 1983, au plus fort de la guerre froide, les satellites soviétiques détectèrent — à tort — le lancement de cinq missiles balistiques américains. Selon le protocole, Petrov devait immédiatement confirmer l’alerte pour déclencher une riposte nucléaire automatique. Il choisit de ne pas le faire, estimant qu’un tel tir aurait impliqué des dizaines de missiles, non cinq, et que l’absence de confirmation radar au sol rendait la menace suspecte. Il désobéit, contre toute logique du système militaro-algorithmique de l’époque. Il avait raison : les signaux étaient dus à une réflexion inhabituelle du soleil sur des nuages de haute altitude, interprétés à tort comme un lancement par les satellites soviétiques Oko. Son acte, tenu secret durant 15 ans, n’a été révélé qu’en 1998. Petrov n’a jamais été décoré par son pays. Il a vécu dans l’anonymat, avec une retraite modeste, et n’a reçu des marques de reconnaissance qu’à la fin de sa vie, notamment en Allemagne et aux Nations Unies. Il est décédé en 2017, dans la solitude, sans la reconnaissance qu’il méritait. Son geste est aujourd’hui considéré comme l’un des actes individuels les plus héroïques du XXe siècle — une preuve tragique mais éclatante que l’intuition humaine peut, en une fraction de seconde, sauver l’humanité tout entière.
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Passionné par le mensonge, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin a beaucoup écrit : Tchernobyl, Fukushima, et puis plus récemment, Covid-19, avec deux premiers tomes de « Ne leur pardonnez pas, ils savent très bien ce qu’ils font », décrivant avec précisions et multiples exemples ce qu’un complexe politique, médiatique, pharmaceutique, militaire, quelques milliardaires, a créé et les ravages qui s’ensuivent. JM Jacquemin-Raffestin nous propose à un troisième tome « L’empire du mensonge », publié il y a un peu moins d’un an, portant sur cette guerre que les Américains font contre la Russie.
Ou comment l’incendie d’une scène révèle l’incendie des consciences
Je ne suis jamais allé à Tomorrowland, et je n’irai jamais. Non par snobisme, ni par hostilité gratuite envers la jeunesse festive, loin de là. Mais parce que je sais, de manière intime, lucide et irréversible, ce que cette machine inhumaine et gigantesque engendre réellement : une destruction des sens sous prétexte d’exaltation, un assourdissant déni de toute intériorité.
Ce texte était déjà en cours de réflexion et de rédaction quand j’ai lu la tribune de mon ami Bernard Legros dans Kairos, ce 18 juillet 2025. Le connaissant, je n’ai pas été surpris, et comme lui, j’ai ressenti cet éclat de lucidité à l’annonce de l’incendie de la gigantesque scène centrale, un monstre d’acier et de lumières, partie en fumée à deux jours de l’ouverture..
Certains parleront de tragédie logistique. Et si c’était un signe, une faille, une respiration dans la machine ?
Ce n’est pas la prouesse technique qui impressionne, mais l’inconscience collective qu’elle révèle : des vols en pagaille pour quelques heures d’oubli, des torrents d’énergie pour vibrer sans penser, des litres d’eau et des montagnes de déchets pour satisfaire l’illusion d’un paradis éphémère. Le tout enveloppé dans une esthétique saturée, mi-médiévale mi-cyberpunk, à mi-chemin entre Disneyland et Blade Runner, dont la seule cohérence est celle du vertige. On appelle cela une expérience. Moi, je dirais plutôt une déconnexion de soi, du réel et des sens.
Ce thème mériterait d’être creusé dans une logique de déconstruction culturelle : Le brouillage des repères par la saturation sensorielle, l’usage massif de drogues, révélateur d’une incapacité à ressentir autrement, la musique réduite à des impulsions (basses, rythmes, effets) sans aucune harmonie ni mélodie, et le spectacle permanent comme anesthésie collective, masquant une profonde détresse intérieure.
Un festivalier sobre et lucide à Tomorrowland, c’est un peu comme un moine dans une boîte de nuit : déplacé, suspect, peut-être même dangereux. Car il faut bien le comprendre : Tomorrowland n’est pas un simple festival, c’est une religion païenne de l’ère algorithmique, avec ses prêtres-DJ, ses rituels lumineux, ses transes de masse et sa promesse d’évasion. Mais une évasion qui n’éveille rien et n’élève personne, elle engourdit.
Et comme toute religion sans transcendance, elle finit par se mordre la queue : chaque édition doit être plus spectaculaire, plus bruyante, plus cosmique et donc plus vide.
Je préfère les lieux où le silence peut encore respirer, où les artistes ne sont pas des avatars, mais des âmes, où la musique est un partage, pas une décharge et où le corps vibre, sans s’effacer dans la foule.
Le Puy du Fou, par exemple, moqué par certains parce qu’il refuse les codes de la “modernité”, m’a bouleversé bien plus profondément qu’aucune scène électronique. Là-bas, la mémoire est respectée, les bénévoles sont engagés, et l’émotion est humaine, non synthétique. Et que dire d’un concert de musique classique, de jazz, de flamenco, de rock progressif ou non, de folk ou de blues… Quand c’est vécu sans filtre, sans code promo, sans Instagram. C’est un retour aux fondamentaux : la beauté, la fragilité, l’instant.
Bernard convoquait Nemesis, la figure antique de la justice immanente. Moi j’ajouterais : à force de brûler l’essence du réel, celui-ci finit toujours par se venger et il ne fallait pas s’étonner que la scène prenne feu.
Coïncidence ? Surcharge ? Accident ? Ou bien l’écho discret d’un monde qui commence à dire : stop.
Le 3 décembre 2024, la nouvelle tombait comme un coup de tonnerre : Didier Reynders venait d’être perquisitionné dans le cadre d’un dossier de blanchiment ouvert à la suite de deux dénonciations. Le loto et la banque ING avaient signalé une somme d’un million d’euros suspecte sur les comptes de « Teflon » à la Cellule de traitement des informations financières (La Ctif). « Teflon », ce sobriquet utilisé par les journalistes faisant référence à l’incroyable capacité de l’homme politique liégeois à échapper aux scandales qui s’étaient accumulés durant sa carrière.
Ce 14 juillet, le journaliste Philippe Engels révélait que deux autres perquisitions avaient été effectuées dans ce dossier. Son bras droit de toujours, Jean-Claude Fontinoy et l’antiquaire Olivier Theunissen ont été « visités » début juin. Les enquêteurs suspectent des opérations de blanchiment via l’achat et la vente d’objets d’art.
Cela fait déjà 6 ans que Kairos dénonce cette association de malfaiteurs et ses agissements! Si l’on peut se réjouir de l’action de la justice certes tardive mais bien réelle, il est évident que Thémis (déesse de la justice) s’attaque à l’argent de poche de notre ancien commissaire européen à la Justice et à l’état de droit. Mais le cœur du système, avec des sommes autrement plus importantes, réside dans des opérations immobilières et des comptes offshores. Concernant ces derniers, nous vous proposons quelques éclairages qui vous permettront de percevoir la forêt derrière l’arbre.
Les comptes offshores, mode d’emploi
Pour se faire, il faut des montages professionnels dans des pays dotés de structure faites pour cela. Didier Reynders était une PEP (personne exposée politiquement.) Ce terme signifie dans le jargon bancaire qu’on ne peut pas lui verser de l’argent directement sur son compte, en Belgique, sous peine d’une dénonciation instantanée à la Ctif. D’où la nécessité d’avoir recours à des comptes offshores, c’est à dire établis dans des paradis fiscaux. Ceux-ci, par définition, échappent au fisc belge.
Vu les montants en jeux et la complexité des opérations, il faut un chef d’orchestre. Pour se faire, quoi de mieux qu’un hollandais ? Son nom va apparaître à plusieurs reprises dans les dossiers liés à Reynders. Le premier porte sur la guerre civile qui a dévasté la Libye suite à la mort du colonel Kadhafi. On se souvient que Reynders avait en violation complète des décisions de l’ONU, dégelé les intérêts des 15 milliards libyens placés dans la banque Euroclear pour les verser ensuite à une des factions. Il ne s’est pas limité à cela, il leur a vendu des armes ! En clair, il a proposé ces marchés à des marchands d’armes belges. Moyennant le payement de pots de vin? Évidemment, si c’est le cas, ces derniers devaient être payés sur des comptes offshores d’un hollandais du nom de Robert Claushuis.
On constate que ce dernier apparaît également dans les Panama Papers, via la société Barney limited, dont la société Alpha management services SA (Luxembourg) est l’intermédiaire, mais également via la société Dunlands SA. Cette dernière et Barney limited sont basées aux îles Seychelles, un paradis fiscal bien connu. Elles ont été fondées par Mossack & Fonseca qui les a vendues à Claushuis en 2004 pour les liquider en 2010. Parmi les multiples sociétés que gère Claushuis, on trouve également Middle-East Consultants Ltd, basée à Londres avec sa société mère située dans les îles Turk & Caicos.
Lorsque les marchands d’armes proposent à Fontinoy de payer directement Reynders ou, à défaut, lui-même, Fonfon leur indique que les commissions doivent être payées sur des comptes comme ceux dont on vient de parler. Très bizarrement, le nom de Claushuis va revenir dans le dossier de l’asbl du Prince Laurent. Dans ce dossier, notre ministre des Affaires étrangères a tout fait pour empêcher que l’asbl du Prince puisse saisir des fonds libyens. En effet, elle disposait d’une importante créance sur la Libye, reconnue par les tribunaux belges. C’est alors que Claushuis va approcher un avocat du Prince pour lui proposer de racheter la créance… à la moitié du prix. Inutile de dire que Reynders se serait partagé l’autre moitié avec les responsables libyens…
Cet épisode est très intéressant car on touche ici au point faible des sociétés offshores. Par définition elles sont difficilement détectables par les autorités fiscales nationales, mais chercher à faire rentrer ces fonds dans l’espace européen est difficile et périlleux. Or, dans le cas de l’offre de Claushuis à l’avocat du Prince, en cas d’acceptation, l’argent pouvait légalement circuler dans le système européen.
De quelles sommes disposent Reynders et Fonfon sur ces comptes ? Personne ne le sait. Peut-être même pas eux. Claushuis est-il le seul gestionnaire d’offshores destinées à cacher les commissions occultes de la Bande ? C’est peu probable.
Un point semble néanmoins acquis, Reynders s’est précipité sur le poste de ministre de la Défense. Or, à cette époque il était déjà ministre des Affaires étrangère et vice-premier, et il n’y a que 24 heures dans une journée… En toute logique, le poste aurait dû revenir à Denis Ducarme qui était le représentant MR à la commission défense du parlement.
Cet appétit démesuré semble justifié par les importantes commandes militaires (20 milliards d’euros de matériel militaire commandé en quelques mois) autour de la période durant laquelle Reynders a été ministre de la Défense. La Belgique n’avait plus dépensé les deniers de l’État dans ce domaine depuis les années 70. Or, la règle dans ce domaine à travers le monde est une commission de 10 %…
A la lecture de ces lignes, vous avez compris que cette attitude est plus que probablement dictée par une logique qui n’est pas celle du bien commun. Inutile de dire que des montants de ce type ne peuvent être blanchi par des objets d’art ou de l’immobilier à Mozet.
Robert Claushuis n’est pas « rangé des voitures » pour utiliser l’expression consacrée. Vous le retrouvez autour de différentes sociétés et dans différents paradis fiscaux. Kairos lui avait consacré un article complet et très détaillé : « Les étranges connexions des fonds libyens » daté du 1er avril 2019. Il n’a pas pris une ride…
Tomorrowland, fleuron des festivals belges de l’été, de réputation mondiale, a été victime d’un incendie, d’origine toujours inconnue, qui a détruit l’intégralité de l’immense scène principale (160 mètres de largeur, 45 mètre de hauteur), deux jours avant l’ouverture officielle qui attend pas moins de 200.000 visiteurs. À l’annonce de la nouvelle, j’avoue avoir éprouvé une Schadefreude, une joie mauvaise. Pourquoi ? Parce que ce genre de manifestation illustre tout ce qu’il y a d’exécrable dans notre monde indécent : le divertissement pascalien des foules, ici abruties par des rythmiques techno obsédantes et des artifices pyrotechniques ; le narcissisme des homo festivus « m’as-tu-vu sur les réseaux sociaux juchée sur les épaules de mon copain, les bras en l’air » ; le gigantisme ; la démesure ; le mauvais goût des décors kitsch tape-à-l’œil ; la volonté de bourrer le tiroir-caisse. Ajoutons-y encore une gabegie énergétique délirante (consommation électrique, eau des sanitaires, emballages de nourriture, milliers de festivaliers étrangers rejoignant le site par avion), alors que « nos autorités » et les écologistes en appellent à la sobriété de tout un chacun et aux petites économies pour sauver la planète. Hypocrisie, comme d’habitude.
Depuis Malpertuis, roman de Jean Ray paru en 1943, on sait que les figures de la Grèce antique se faufilent toujours dans notre monde, 2.500 ans plus tard. À trop s’approcher du soleil, Icare est tombé dans la mer et s’est noyé. Nemesis, elle, punit les présomptueux qui veulent se mesurer aux dieux. Certes, Icare a réussi cette fois à se faire repêcher, le festival aura bien lieu sans Orbyz (dénomination de sa scène principale), mais les organisateurs de Tomorrowland en tireront-ils la leçon philosophique : l’hubris est un péché ? Ou bien sécuriseront-ils encore mieux le site à l’avenir ? À votre avis ? « Tomorrowland ne meurt jamais », titre triomphalement Le Soir du 18 juillet. Peut-être, mais le grand raout a perdu de sa superbe. Heureusement, notre pays compte aussi et surtout des festivals à taille humaine. C’est l’un de ceux-là que je visiterai.
Pétition: https://chng.it/SGyDxcVvGd 🚨Certains veulent vous faire payer plus cher vos soins de santé. Et ça se décide maintenant ! Consultations, médicaments, hôpitaux… la prochaine réforme des soins de santé pourrait augmenter la facture des patients. Pourquoi ? Pour faire des économies. Et parce que certains médecins spécialistes veulent pouvoir continuer à facturer des suppléments parfois indécents. ⛔ Chez Solidaris, on dit NON. Il y a des alternatives comme limiter les suppléments injustifiés que facturent certains médecins et récupérer les sur-profits gigantesques engrangés par les firmes pharmaceutiques. 👉 Signez la pétition pour défendre une santé accessible à toutes et tous. https://chng.it/SGyDxcVvGd Propagande de Solidaris: https://www.facebook.com/reel/1894986521070930?locale=fr_FR