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Dossier

Pour une RTBF sans Pub

Dans les pays développés comme la Belgique, plus de 98% des foyers sont équipés d’au moins un téléviseur. Chaque individu consacre plus de 3 heures 40 minutes de sa journée à regarder la petite lucarne, ce qui représente 20 à 25% de notre temps de veille et 75% de notre temps de loisirs. Ou encore 56 jours par an, 11 ans sur une vie qui en compte 81 en moyenne!

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Illustration: Abdel Bouzbiba

Go for zéro ou l’illusion du contrôle

Les accidents de voiture ne sont pas des accidents, c’est-à-dire des événements fortuits, imprévisibles, ils sont des survenues logiques dans un système qui se refuse à intégrer dans son ordre l’acceptation des limites.

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Kairos 53

Février / Mars 2022

Quelques réflexions sur le désastre en cours 

L’appel à la haine de l’éditorialiste en chef Francis Van de Woestyne, du quotidien La Libre, dont elle n’avait de libre que le nom(1), édictant que c’est aussi le manque de civisme des antivax qui tue, « ces égoïstes [qui] sont devenus les alliés objectifs du virus », illustre bien « l’agacement » des médias qui ont façonné le réel dans lequel nous sommes aujourd’hui. Ces nouveaux bienfaiteurs de l’humanité, qui avaient accepté les monstruosités de ce système sans broncher depuis des décennies, n’ont pas compris que le totalitarisme ne se définit publiquement qu’après-coup. Dans l’action présente, les extrémistes sont des héros, qui sombrent dans l’ignominie seulement lorsqu’ils ont perdu. Certains d’être dans le bien, ils ne se fixent aucune limite à leurs objectifs, piétinant toutes valeurs fondamentales sous le prétexte paradoxal de les défendre. Cela nous rappelle la frasque télévisuelle d’Emmanuel Lechypre, qui sur BFMTV laissa suinter sa haine en éructant à l’intention des non-vaccinés : « On vous vaccinera de force, moi je vous ferai emmener par deux policiers au centre de vaccination. Faut aller les chercher avec les dents et avec les menottes s’il le faut ! ». 

Les menottes, ils les avaient déjà scellées sur notre pensée, ils voulaient maintenant nous les passer aux poignets. L’ignorance qu’ils s’étaient employés à cultiver pendant des décennies dans les têtes, reléguant notamment l’école non pas à la formation de citoyens critiques, mais plutôt à celle de travailleurs-consommateurs, ne suffisait donc plus face à l’opposition devant les diktats du Covid. On sait déjà comment ils avaient caricaturé tous ceux qui se levaient contre la « mondialisation heureuse », des grévistes aux gilets jaunes. Montant les uns contre les autres, c’était les mêmes qui vous parlaient « d’une équipe de 11 millions » et de « solidarité » d’un côté, pendant que de l’autre ils sapaient le lien social et ce qui fonde notre humanité, armé du bras médiatique qui s’échinait à créer l’illusion du consensus, nous atomisait en laissant croire que nous sommes seuls à penser contre le narratif officiel. Eux qui nous mettaient quotidiennement en danger, osaient maintenant affirmer que les non-vaccinés constituaient un risque pour la vie des autres. L’unité n’était pour eux qu’un slogan publicitaire. Comme la liberté de la presse ou la démocratie : s’ils en parlaient autant, c’était pour nous faire oublier qu’elles n’étaient pour eux qu’un obstacle sur le chemin du pouvoir insatiable. 

Olivier Maroy, député à la Communauté française, transfuge de la RTBF, marié à une présentatrice JT de la chaîne publique, qualifiera Kairos de torchon à plusieurs reprises, « soi-disant journal », en pleine commission parlementaire, sans être embêté. Où sont les instances de régulation des médias ? Absentes. Les insultes, les coups, les gazages par la police ne deviennent des faits pour ces dernières (comme l’Association des Journalistes professionnels), que lorsqu’ils touchent les médias dont ils sont les seuls représentants : ceux du pouvoir. Normal, il suffit de voir qui compose leur conseil d’administration. 

Mais le terme « agacement » est au fond un euphémisme, car les médias mainstream se pouvaient encore d’être seulement dans un état de contrariété quand les gens ne sentaient pas leurs chaînes et restaient bien sages, consommant les produits qu’ils vantaient dans leurs pages. La donne change quand le peuple se lève, alors que le pouvoir politico-médiatique voudrait les voir assis. Ils ne sont pas agacés donc, ils « bouillonnent » (dixit Olivier Maroy(2)), effrayés qu’ils puissent tomber de leur piédestal, rétrograder, irrités qu’on remette en question leur droit à parler de cette même voix, celle qui émane de ces divers canaux uniques qu’ils s’emploient à nourrir tous les jours, présentée comme démocratique, mesurée, neutre et raisonnable. Alors qu’ils ne font que perpétuer l’ordre établi. 

C’est dans le parlement où siège le journaliste devenu député, que le 2 février ils continuèrent d’ailleurs à établir leurs ordres, et votèrent à 45 contre 18 un projet de décret modifiant le Code wallon de l’Action sociale et de la Santé, dans une précipitation pour le moins étrange alors que la « pandémie » est sur la fin(3) et que le variant Omicron, équivalent du rhume, ne surcharge rien excepté les muqueuses. Dans ce projet de décret, considéré comme « loi pandémie » établie au niveau local, le gouvernement wallon pourra décider seul de décréter l’État d’urgence. Des « inspecteurs d’hygiène régionaux », pourront imposer un traitement médical à une personne « suspectée » d’une maladie qui met en jeu son pronostic vital à bref délai ou qui présente la symptomatologie d’une affection épidémique, cela en dehors de toute évaluation scientifique(4). Le « suspect » peut comme alternative demander à être isolé et/ou de ne plus exercer sa profession ; « les inspecteurs d’hygiène régionaux, les médecins ou les infirmiers visés au paragraphe 1er ont le droit de s’introduire en tout lieu ayant été fréquenté par la ou les personnes atteintes d’une maladie infectieuse ou par les animaux contaminés ou suspectés de l’être (…) et « ordonnent si nécessaire » : la désinfection des objets et locaux susceptibles d’être contaminés ; l’isolement, le traitement et, si nécessaire, la mise à mort et l’incinération d’animaux contaminés ou suspects de l’être, en s’associant avec l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire(5) », etc. 

Christie Morreale, ministre de la Santé initiatrice du décret, répondant à des citoyens inquiets, s’enroule sa langue de bois : « Enfin, ce projet de décret réaffirme, d’une part, les droits des patients en leur reconnaissant formellement le droit de refuser un traitement, à condition que d’autres mesures permettent d’assurer l’absence de contagion. » La personne peut donc refuser le traitement, sauf si le gouvernement considère qu’il n’y en a pas d’autres, comme pour le Covid… Qui a parlé de vaccination obligatoire ? 

Il n’y a plus de parlement, il y a des chambres d’entérinement des décisions d’un exécutif, avec des parlementaires pour la plupart imbus d’eux-mêmes, au-dessus du petit peuple, bien loin du bien commun, perroquets dépourvus d’opinions répétant bêtement les décisions du Parti. Que deviendront ces ectoplasmes politiques, une fois que suffisamment de gens auront accès à la recette de cette crise et qu’ils comprendront que médias et politiques en ont fourni les principaux ingrédients ? Les politiques ont laissé la situation hospitalière se dégrader, avant et après l’ère Covid. L’ironie, mais ils ne sont pas à cela près, c’est que leur préoccupation affectée pour l’Autre qui-mourrait-du-Covid, ne leur a pas donné l’envie d’aider l’hôpital public, alors que Alexander De Croo nous disait avoir investi 4 milliards, des lits ont encore été fermés, mais surtout, après la saturation artificielle de certains hôpitaux, dû au fait qu’on n’a pas laissé aux médecins généralistes la liberté thérapeutique, les soignants sont à bout de souffle. L’habitude très bourgeoise d’applaudissement balconnier du printemps 2020, tirant sa source de la même logique que la bonne conscience hivernale pour les sans-abris qui pourtant meurent toute l’année, n’est pas le signe de l’unité, mais de la division. 

Il faut à tout prix offrir un autre narratif, montrer comme la vie est belle alors qu’ils nous préparent un monde de cauchemar qu’on refuse. Dire non donc, et s’unir. Dans la joie. 

Alexandre Penasse 

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