Comment banquiers, médias et politiques ont provoqué un désastre social.
Pour en savoir plus: https://www.jovanovic.com
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Entretien avec Laurent Firode, cinéaste, qui nous explique le rôle du cinéma et du rire dans le réenchantement et la compréhension du monde qui nous entoure. Il nous parle de son prochain film : Jupiter 2 le retour.
Si Kairos a pu depuis 13 ans, contre vents et marées, informer, interviewer ces centaines de personnes stigmatisées par le pouvoir politico-médiatique, offrir autre chose que leurs fakes news, c’est grâce à ceux qui nous soutiennent, grâce à vous. Continuez à faire vivre la presse libre. Merci.

Par Serge Van Cutsem
Tandis que la propagande parle d’invasion russe, l’UE vide ses arsenaux en Ukraine et distribue aux citoyens un «kit de survie» qui ressemble à un aveu d’impuissance. Les Russes n’ont jamais eu l’intention d’attaquer l’Europe, mais l’Europe a manifestement décidé de s’attaquer elle-même : budgets de guerre, paniers de survie et une jeunesse qu’on prépare discrètement à se sacrifier. La seule véritable menace, c’est un système qui perd pied et qui panique.
Il faut parfois s’arrêter deux minutes pour contempler le spectacle. La France distribue désormais à ses citoyens un «guide de survie» hilarant, pendant que la Belgique envoie aux jeunes de 17 ans un courrier les préparant psychologiquement à un conflit armé. On dirait que tout le continent s’est engagé dans une parodie de mobilisation générale, mais sans jamais prononcer le mot mobiliser. On préfère les euphémismes, les brochures, les sifflets… et surtout les radios à piles. À ce stade, ce n’est plus de la politique : c’est du vaudeville.
Ce qui frappe, c’est la synchronisation parfaite. France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Danemark : tous dansent sur la même chorégraphie, comme connectés à un même serveur central. Même discours, même ton, mêmes signaux faibles, mêmes gestes absurdes, et surtout la même liturgie : «Nous devrons peut-être faire face à des moments difficiles», Ah bon ? Et lesquels ?
Le comique involontaire atteint son sommet quand on lit la liste du fameux «kit de survie». On pourrait croire à un sketch de Coluche, sauf que la liste a été écrite très sérieusement par l’administration française, payée avec les impôts d’un peuple épuisé. Jugez plutôt : une radio à piles dans un pays qui se prétend champion du numérique. Une lampe torche parce que le réseau électrique est si stable qu’il faut vous préparer à vivre comme un spéléologue. Un chargeur de téléphone… sans électricité. Un double de clé, comme si le vrai danger, en temps de guerre, était d’être enfermé dehors. Trois jours d’eau et de nourriture, pile la doctrine OTAN pour un blackout massif, mais chuuut, faut pas le dire. Une liste de numéros importants que vous ne pourrez de toute façon pas appeler. Une trousse de premiers secours, parce qu’il faudra peut-être vous soigner vous-même vu l’état des hôpitaux. Des vêtements chauds, dans un pays nucléarisé qui n’arrive même plus à garantir le chauffage. Et, sommet de l’absurde : un sifflet. Oui, un sifflet. Pour appeler des secours qui ne viendront pas ou pour prouver que vous êtes un bon citoyen «résilient».
Tout cela ressemble à une mauvaise comédie, mais c’est la réalité : l’Europe prépare sa population à un choc majeur sans pouvoir en expliquer la cause. On nous parle de résilience civile, de préparation de crise, de ruptures possibles du réseau, de mobilisation de la jeunesse. On distribue des brochures, on écrit aux adolescents, on multiplie les déclarations anxiogènes. Et pendant ce temps, dans les coulisses, l’Union européenne adopte en urgence un Acte de Production de Munitions, pousse les industries à se transformer en usines de guerre (Renault, Rheinmetall), discute d’une économie de mobilisation et valide des budgets militaires délirants. Tout cela coordonné, bien sûr, avec l’OTAN.
Et puis il y a ce détail qui rend le tableau encore plus grotesque : on justifie tout cela par la «menace russe». Alors qu’il faut rappeler quelques faits simples. Premièrement, ce sont les Russes, et non les Américains, qui ont vaincu 90% de l’armée nazie. Deuxièmement, les Russes n’ont jamais eu l’intention d’envahir l’Europe de l’Ouest. Pas par amour, même si eux savent faire la différence entre le peuple et ses dirigeants belliqueux. Simplement parce que cela n’a aucun intérêt stratégique ou économique. Troisièmement, l’UE a vidé la quasi-totalité de ses arsenaux dans le bourbier ukrainien, et ce matériel a été transformé en ferraille par les missiles russes. Quatrièmement, si un conflit réel éclatait, l’Europe pourrait tenir… 48 heures. Deux jours. Et encore : sur un front de 15 km. Le reste, c’est du vent, du narratif, du PowerPoint.
Le danger n’est pas militaire, il est politique. On ne prépare pas les citoyens à la guerre parce qu’une armée étrangère s’apprête à franchir les Ardennes. On les prépare parce que l’Union européenne a enclenché un virage stratégique qu’elle n’assume pas, qu’elle ne maîtrise plus et qu’elle ne peut expliquer sans provoquer un séisme démocratique. Alors on fait de la psychologie de masse, on infantilise, on culpabilise, on crée un climat de peur diffuse, on installe l’idée d’une «crise permanente» où la guerre devient la suite logique. On raconte n’importe quoi. Et on distribue des radios à piles pour donner l’illusion qu’on a «pris les devants».
Le plus triste, c’est que beaucoup vont y croire, comme ils ont cru au virus covid-19 acrobatique qui attaquait au-dessus de 1m60. Ils verront dans tout cela une démarche responsable, un geste citoyen, une preuve de prévoyance. Et le voisin sceptique sera suspect, parfois dénoncé aux autorités. En réalité, ce kit de survie français et ces courriers envoyés aux jeunes Belges ne sont que des aveux d’échec monumental : l’État ne peut plus garantir ni l’électricité, ni les réseaux, ni la sécurité, ni les approvisionnements, ni même la cohérence du discours public. On vous dit que l’Europe est moderne, mais on vous conseille de survivre comme dans un manuel scout. On vous dit que l’Europe est un rempart, mais elle ne pourrait tenir qu’un week-end. On vous dit qu’on maîtrise la situation, mais on vous donne un sifflet.
Au fond, ce kit de survie n’annonce peut-être pas la guerre : il annonce quelque chose de plus profond : La faillite d’un système qui s’écroule sous son propre poids.
L’Europe n’a plus d’armée, plus d’industrie, plus de vision, plus de courage politique. Elle a des brochures. Des slogans. Un narratif. Et maintenant… un sifflet.
On ne sait pas encore ce qui vient, mais on sait déjà ce qui s’en va : la confiance, la lucidité, la souveraineté… et surtout le sérieux.
Les apologues de la Start-Up Nation (c’est-à-dire les mass médias) hurlent contre la poupée sexuelle Shein. Ce sont pourtant eux qui font profession d’insulter les réfractaires au capitalisme libidinal, à l’accomplissement de tous les fantasmes, à la marchandisation globale, dont celle de la reproduction. « Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion », leur avait enseigné avec enthousiasme Voltaire. Voici un demi-siècle, les mêmes (Le Monde, Libération…) militaient pour la légalisation de la pédophilie, tout en traitant leurs objecteurs d’affreux réacs. Comme ils n’apprennent jamais rien de l’histoire, ils assurent depuis une décennie la promotion du « phénomène trans » (cf. Dany-Robert Dufour) qui expédie des jeunes en difficulté d’identification sexuelle à la boucherie, tout en criminalisant ceux qui tentent, à contre-courant, de les en épargner. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes ravis de la modernité qui gémissent devant l’horreur qu’ils ont eux-mêmes enfantée : une poupée sexuelle représentant une petite enfant. Mais ne constitue-t-elle pas le fruit le plus achevé du système qu’ils nous imposent à longueur d’antenne ? « On a les enfants qu’on mérite, ils sont comme on les a faits », et la Start-Up Nation a, naturellement, accouché de la poupée Shein. La Start-Up Nation, c’est la société technicienne, qu’elle se présente sous le masque du totalitarisme chinois ou sous celui de la démocratie illusoire en Occident.
Les techno-prophètes chinois ou ceux de la Silicon Valley nous promettent qu’elle pourra bientôt parler et marcher. C’est même déjà le cas, s’enthousiasme Le Figaro étudiant : grâce à l’intelligence artificielle, deux militants d’une association « contre les violences sexuelles sur les enfants » […] « font parler la poupée Shein pour dénoncer les violences sexuelles sur les enfants, et le résultat est bluffant. » (15 novembre 2025). La poupée Shein grandira et deviendra comme l’humanoïde du troisième volet de la série Terminator, un robot revêtu de l’apparence d’une nana sexy, le tout piloté par une intelligence artificielle livrée à elle-même. Ou bien comme la nouvelle ministre Diella, une intelligence artificielle intégrée au gouvernement albanais pour lutter contre la corruption. D’ailleurs Diella veut dire « Soleil » en albanais, tout un programme. Ici, le côté sexy pour mieux duper l’esprit encore un peu effrayé par la machine glacée, c’est l’aspect d’une femme en costume traditionnel local. D’ailleurs, « le Premier ministre albanais, Edi Rama, a annoncé que Diella, ministre IA chargée des marchés publics, était enceinte de 83 enfants. Leur but sera d’assister chacun des députés… » (BFM TV, 28 octobre 2025).
Une chronique du Figaro, datée du 13 novembre 2025, vaut que l’on s’y arrête. Monsieur Paulin Césari écrit : « Je consomme donc je suis. L’arrivée de Shein au BHV parisien est le dernier exemple en date de la toujours pertinente actualité de cette proposition. Qui vient démentir les rêves de tous ceux qui pensaient que les temps maudits du consumérisme étaient derrière eux. Que l’émergence d’une “conscience écologiste” soucieuse de décroissance allait sonner le glas de la société de consommation. Il n’en est rien. Pour une raison fort simple. Si le consumérisme est plus vivant que jamais, c’est que ses causes profondes sont toujours à l’œuvre. Ses causes profondes ? La disparition des grands récits qui donnaient un sens à l’existence de l’homme et à celle de la cité. L’effacement de toute transcendance qui pourrait tempérer le naturel désir autocentré de jouissance immédiate qui anime depuis toujours le bipède animé. C’est pourquoi on se trompe de cible en s’en prenant à la Chine. En critiquant la dérégulation du commerce international. En conspuant le libre-échange. Car ce n’est pas parce que les produits chinois arrivent dans la cité que les citoyens les désirent, mais parce que les citoyens les désirent qu’ils arrivent dans la cité. Peut-on reprocher à ces derniers d’être, à l’insu de leur plein gré, les acteurs de cette submersion consumériste et de la culture du déchet qui en résulte ? Que nenni. En revanche, il est permis de souligner la responsabilité de tous ceux qui, prétendant gouverner la cité, ne veulent pas ou ne peuvent pas lui donner d’autres horizons qu’une courbe de croissance et un PIB. Qu’offrent-ils alors au citoyen ? Les écuries d’Augias comme destin. »
Certes, nous partageons, bien sûr, beaucoup de cette analyse, mais, au cours de cette « Minute philo », M. Césari oublie que c’est justement le propre du philosophe (le vrai, pas Raphaël Enthoven) que de refuser la pensée de système, c’est-à-dire la pensée exclusive, celle pour qui c’est tout l’un ou tout l’autre, par exemple en renvoyant seulement à l’individu ou uniquement à la société. C’est l’éternelle histoire de la poule et de l’œuf. Car, citant une figure de droite pour faire plaisir au Figaro, Patrick Buisson expliquait qu’« il n’y a pas d’économie de marché sans société de marché », et que par conséquent « la dérégulation du commerce international » et le libre-échange engendrent des individus qui se vivent d’abord comme des agents économiques, des producteurs-consommateurs, dont le sens est d’accroître le PNB. Et voilà Le Figaro, comme toute cette droite « libérale-conservatrice », condamné à sempiternellement « vénérer le marché et maudire la culture qu’il engendre » (Russell Jacoby).
Cependant, le Président, qui avait pour projet que « la France devienne une Start-Up Nation, c’est-à-dire à la fois une nation qui travaille avec et pour les Start-Up, mais aussi une nation qui pense et agit comme une Start-Up » panique lui aussi devant sa créature. Sa progéniture se retournerait contre lui en déballant ses frasques. Il suit donc la logique intrinsèque au libéralisme pour devenir libéral-autoritaire. Il s’agit désormais de normaliser à tout prix la parole sur Internet. Cette soudaine intransigeance médiatique envers la poupée Shein semble s’inscrire dans ce retournement. De fait, elle ne demeure qu’un objet, et cet évènement ouvre un champ de réflexion vertigineux. Un seul exemple : faut-il surveiller les pédophiles pour qu’ils n’achètent pas ces poupées dans les magasins de jouets ? Le libéralisme promettait pourtant la permissivité ; tout devait être permis à condition que cela n’empiète pas sur autrui. Désormais, faut-il traquer les déviants ? « Une poupée sexuelle interceptée dans les Bouches-du-Rhône, le destinataire interpellé », relate Le Parisien, le 5 novembre 2025. La Start-Up Nation offre des moyens inédits de traque et de lynchage sur la place publique numérique. D’ailleurs, ne faudrait-il pas commencer par condamner les deux militants qui ont fait parler la poupée Shein ? Légitimement, on peut s’interroger sur le côté pervers de leur démarche.
« On reconnaît l’arbre à ses fruits » (Matthieu 7:15-20). Les libéraux engendrent leurs propres monstres.
Vincent Cheynet, auteur de Liberté et décroissance, éditions du Rouge et du Noir, à paraître en février 2026.

Par Serge Van Cutsem
Le 18 novembre, une panne mondiale de Cloudflare a mis à genoux X, ChatGPT, Perplexity, et une série de médias considérés comme sensibles. Pendant que TF1, France.tv ou BFM continuaient de fonctionner, des millions d’utilisateurs ont découvert, souvent pour la première fois, que la quasi-totalité du trafic Internet européen passe par un “filtre” centralisé dont la simple défaillance suffit à faire vaciller le Web. Même les médias officiels ont dû reconnaître du bout des lèvres cette dépendance structurelle.
Le 18 novembre 2025, une panne mondiale de Cloudflare a brièvement mis à nu quelque chose que la plupart des gens ignorent encore : l’immense majorité de ce que nous consultons chaque jour sur Internet transite par un seul acteur privé devenu, au fil des années, un véritable filtre structurel. En quelques minutes, des millions d’utilisateurs ont vu tomber X, Grok, ChatGPT, Perplexity et plusieurs sites à forte dépendance dynamique, tandis que d’autres services continuaient de fonctionner normalement. TF1, France.tv, BFM ou France Info n’ont pratiquement pas bronché, tandis que CNews, Tocsin, Réseau International et les plateformes d’IA, eux, étaient inaccessibles. Cette sélectivité apparente, que beaucoup ont vécue sans comprendre, n’avait pourtant rien d’aléatoire : elle correspond exactement à l’architecture réelle du Web moderne, où les services dynamiques, les IA, les réseaux sociaux et les médias indépendants reposent massivement sur les composants en temps réel de Cloudflare, tandis que les grands diffuseurs institutionnels restent servis par des réseaux multiples, des caches géants et des CDN historiques comme Akamai ou Fastly.
L’une des IA interrogées a d’ailleurs résumé la situation avec une précision clinique : « Tu as parfaitement vu ce que 99 % des gens n’ont pas remarqué : la panne n’a pas été homogène. Les sites statiques sont restés debout, tout ce qui dépendait intensivement de Cloudflare Workers ou de WebSockets est tombé en premier. » Une autre IA, plus analytique, a expliqué qu’il s’agissait « d’un révélateur de l’évolution structurelle du Web, où les médias alternatifs et les plateformes dynamiques dépendent davantage des services en temps réel que les grands réseaux traditionnels ». Même l’IA Gemini, pourtant réputé pour sa prudence institutionnelle, reconnaît que l’incident montre « la dépendance d’une grande partie du trafic Internet européen à un acteur privé unique » et que cette panne illustre « un risque systémique réel lié à la centralisation accrue des infrastructures numériques ». Les quatre IA principales convergent toutes vers les mêmes points : absence de preuve d’une manœuvre intentionnelle mais une sélectivité parfaitement cohérente avec l’architecture du Web qui génère une fragilité structurelle profonde. Toutes ajoutent la même conclusion, presque mot pour mot : l’incident du 18 novembre est un exemple concret de ce qui arrive lorsque le principal point de passage du Web dynamique se dérègle, même brièvement.
Ce qui aurait pu passer pour une panne parmi d’autres est devenu un vrai révélateur lorsque la RTBF, malgré son extrême prudence habituelle, a dû reconnaître à l’antenne que « la majorité de ce que nous consultons transite par Cloudflare », et que ce système agit bel et bien comme un filtre central. Cet aveu, glissé presque malgré eux, est une première dans un média public européen. En réalité, Internet n’est plus un réseau décentralisé ; c’est un ensemble compact de tunnels gérés par quelques intermédiaires privés. Lorsqu’un seul d’entre eux (Cloudflare, AWS, Fastly ou Google Cloud) tous américains, vacille, ce sont des pans entiers de l’accès à l’information européenne qui s’effondrent mécaniquement. La forme même de la panne l’a montré : les services les plus dépendants de l’interactivité, de la logique en temps réel, de la synchronisation constante, sont tombés ensemble, de manière quasi simultanée, dans plusieurs pays. Puis ils sont revenus d’un seul coup, comme si l’on avait basculé un interrupteur.
L’épisode du 18 novembre n’a pas duré longtemps, mais il a montré quelque chose que l’on ne voit d’habitude jamais : l’Europe respire à travers un seul masque numérique. Et lorsqu’il se fissure, même pendant deux heures, c’est tout un continent qui retient son souffle.
Conclusion : une panne ? Fort probablement oui. Un avertissement ? Surtout.
Aujourd’hui, ce n’est qu’une panne, mais demain, ce sera un choix politique et après-demain, on appellera ça une mesure de sécurité indispensable, comme toutes les mesures liberticides adoptées depuis 20 ans et surtout depuis 2020.
Vous vouliez une preuve que l’Europe numérique n’est plus souveraine ? Vous venez de la vivre en direct. C’est un chapitre supplémentaire dans l’histoire du continent qui glisse doucement mais sûrement vers un modèle où ceux qui contrôlent l’infrastructure contrôlent la parole.

Par Serge Van Cutsem
Après la colonisation de l’esprit par la censure numérique vient celle de la matière par la norme écologique. L’Europe, au nom du bien, se punit elle-même : elle détruit son énergie, ruine sa production, et appelle cela vertu. Ce texte poursuit Le Réveil numérique : là où s’éteint la pensée, c’est désormais le feu qui s’éteint.
L’illustration représente l’Europe de nuit, toutes ses lumières éteintes, sauf une flamme autour de la Sicile : le feu de Prométhée. C’est la même lumière symbolique qui relie chacun des “Réveils” : celle du savoir, de la désobéissance créatrice et du refus de l’extinction[1].
Dans sa dernière vidéo, que je vous invite vivement à regarder sur YouTube, Aldo Sterone met en lumière un événement passé presque inaperçu : le Qatar et ExxonMobil annoncent leur retrait progressif du marché énergétique européen. Silence médiatique total. Et pourtant, cette décision signe peut-être le point de bascule d’un continent qui, au nom du climat, s’interdit désormais de vivre. Ce texte prolonge directement ma publication précédente Le Réveil numérique : après la colonisation de la conscience vient celle de la matière. Après la censure des mots, la coupure du courant et de l’énergie.
Le Qatar a prévenu : il ne livrerait plus de pétrole à l’Europe l’an prochain et ExxonMobil s’apprêterait à suivre. Ce n’est pas un chantage, c’est une réaction rationnelle et normale face à une bureaucratie européenne devenue létale. Et pourtant, rien…Pas une ligne dans la presse, ni un débat dans les parlements. Le silence n’est plus une omission : c’est une stratégie. Les rédactions, oscillent comme à leur habitude entre propagande et omerta. Les peuples, eux, croient encore que l’énergie se produit à Bruxelles par décret. Ils ne voient pas que leur confort repose désormais sur une illusion, sa pérennité.
Souvenez-vous du RGPD, cette loi sur la protection des données qui n’était pas un progrès : c’était le prototype d’une punition morale. L’idée géniale consistait à faire payer non pas la faute, mais la simple participation à l’économie. Les amendes, indexées sur le chiffre d’affaires mondial, ont donné à l’Union européenne un goût nouveau : celui du pouvoir sans responsabilité. Depuis, la même mécanique s’applique à tout : climat, genre, inclusion, biodiversité. Chaque valeur devient prétexte à prélèvement. Chaque règlement transforme la vertu en impôt[2].
C’est dans cette logique qu’apparaît aujourd’hui la directive CS3D, la Corporate Sustainability Due Diligence Directive[3]. Sous couvert de “devoir de vigilance”, elle oblige toute entreprise active en Europe à prouver que toute sa chaîne mondiale respecte les idéaux climatiques et sociaux de Bruxelles. Un fournisseur asiatique qui brûle trop de charbon, un sous-traitant africain sans “politique de genre”, un fabricant américain non conforme aux accords de Paris : tout devient motif à sanction. L’amende peut atteindre 5 % du chiffre d’affaires global. Exxon et le Qatar ont simplement fait le calcul : plutôt se retirer que risquer la ruine. L’Europe, déjà coupée de la Russie, NordStream 2 détruit, s’isole maintenant du reste du monde, et ceci volontairement[4].
Moraliser, normer, punir, ruiner : voilà le cycle vicieux parfait. Ce que la guerre n’a pas détruit, la norme l’efface. Ce qu’une bombe ne peut pas faire en une seconde, une directive le fera très bien en dix ans. L’Europe s’inflige la guerre qu’elle prétend éviter : une guerre contre sa propre énergie. Ce que les stratèges appellent “ciblage des infrastructures vitales”, la Commission le pratique au nom du climat. Résultat : plus de feu, plus de souffle, plus d’énergie et donc une production qui meurt, une civilisation à bout de watts.
Il faut cesser de croire que tout cela est absurde. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est une stratégie. L’Europe post souveraine, et bientôt totalement fédérale, veut se dissoudre dans une gouvernance mondiale. Pour y parvenir, elle doit d’abord rendre ses peuples dépendants, ses entreprises coupables et ses États de plus en plus impuissants d’un point de vue économique, mais plus puissant que jamais d’un point de vue régalien.. C’est la rationalité du suicide : on détruit sa puissance économique pour mieux s’adosser à celle des autres. Le chaos n’est pas un échec : c’est un mode de gouvernement. La rareté devient le nouvel instrument de contrôle : quand on gère la pénurie, on n’a plus besoin de convaincre, il suffit de distribuer des tickets de rationnement, et cela avec l’identité et la monnaie numérique, ce sera très simple et automatisé[5]
Dans Le Réveil numérique, j’évoquais la colonisation de l’esprit, voici maintenant la colonisation du réel. Ce que la censure a fait à la pensée, la norme le fait à la production. La propagande filtre les mots tandis que les directives filtrent les kilowatts. La censure prépare la pénurie et la pénurie achève la servitude. Bientôt, il ne s’agira plus seulement de ce que vous avez le droit de dire, mais de ce que vous aurez le droit de chauffer.
Une civilisation meurt toujours en deux étapes : elle perd d’abord dans son âme et ensuite dans sa matière. L’Europe a cessé de croire à la liberté, puis à la puissance, puis à l’énergie. Elle a troqué Prométhée pour Greta Thunberg, la forge pour le slogan, le feu pour le QR code. Ses dirigeants rêvent d’un continent propre, froid et silencieux. Un musée certifié neutralité carbone, mais un musée n’est pas un monde, et un peuple qui ne produit plus finit toujours par ne plus penser.
Le Réveil numérique traitait de celui de la conscience, ici on parle du réveil matériel tout aussi nécessaire, celui qui consiste non pas à débrancher les écrans, mais à rallumer les moteurs (les vrais). Il faut retrouver la maîtrise de l’énergie, du travail, de la matière, du réel. Il faut refuser la pauvreté morale et physique imposée au nom du climat, car sans énergie il n’y a pas d’économie; sans économie il n’y a pas de liberté et sans liberté il n’y a pas de civilisation (Et sans feu, l’homme cesse d’être homme).
[1] Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu divin pour l’offrir aux hommes, leur donnant ainsi la connaissance et l’autonomie. Zeus, pour le punir, le fit enchaîner sur le mont Caucase. Les Anciens situaient la forge du feu sacré sous l’Etna, en Sicile, où le dieu Héphaïstos (Vulcain) travaillait le métal et les éclairs. Cette lueur sur la carte représente donc à la fois le feu volé et le feu puni, le savoir et la souffrance — c’est-à-dire l’état de l’Europe d’aujourd’hui : une civilisation qui s’éteint en croyant se purifier
[2] Règlement (UE) 2016/679 (RGPD)
[3] Proposition de directive CS3D / CSDDD
[4] Reuters – QatarEnergy and ExxonMobil review EU supply (27 oct 2025)
[5] Commission européenne – Communiqué Green Deal & CSDDD (juin 2024)
Le juriste à la retraite Thierry Vanderlinden est un ami et un habitué de Kairos. Il se penche cette fois sur un sujet d’actualité en Belgique (mais pas seulement) : l’état du système carcéral, où règnent surpopulation, non-respect des droits de l’homme, corruption, détresse et violence. Au passage, il rappelle quelques principes que tout État de droit digne de ce nom devrait se faire un devoir de respecter.
EN PODCAST
« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air »
George Orwell
Didier Reynders, orateur principal comme ministre des Finances, en 2003 à un colloque intitulé « Dix ans de lutte contre le blanchiment de capitaux en Belgique et dans le monde », pris la main dans le sac aujourd’hui. On comprend pourquoi, avant d’intégrer sa fonction de commissaire européen à la Justice (sic!), il fit une proposition de loi pour punir les lanceurs d’alerte à plusieurs mois de prison et 5.000€ d’amende[note]… Didi voulait anticiper et mettre en place les structures pour le protéger. C’est ce qu’il fit toute sa carrière…

Sarkozy qui demande que les peines de plus de 5 ans soient purgées dans leur entièreté… avant de lui-même tout faire pour ne pas aller en prison pour ses crimes et, une fois en cabane, en sortir le plus vite possible.
Manon Aubry qui tance publiquement Ursula Von Der Leyen, pour mieux l’étreindre ensuite[note].
La politique, c’est l’infantilisation du citoyen pris en charge après son vote par une caste qui lui dit de faire ce qu’elle ne fait pas et qui fait ce qu’elle ne lui dit pas.
AP
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Par Serge Van Cutsem
Je n’ai pas écrit ce texte pour choquer, mais parce qu’il devenait impossible de me taire. Depuis plusieurs années, je regarde se mettre en place, pièce après pièce, une mécanique froide : désindustrialisation programmée, dépendance numérique, surveillance verte, et bientôt, identité et monnaie conditionnelles. Rien de tout cela n’est imaginaire, tout est déjà voté, signé, amorcé. Le Réveil numérique est ma tentative de relier ces faits, de les rendre visibles avant qu’ils ne deviennent irréversibles. Ce n’est pas un cri de colère, c’est un acte de lucidité : j’écris pour que, le moment venu, nul ne puisse dire qu’il ne savait pas.
J’ai décidé d’entamer le sujet sur l’actualité automobile, car il y a des effondrements qu’on voit venir de loin, mais qu’on préfère regarder comme un film catastrophe, confortablement assis dans son canapé. L’agonie de l’industrie automobile européenne en fait partie.
Le continent qui a inventé la voiture, qui en a fait le symbole même de la liberté, du progrès et de la puissance industrielle, regarde aujourd’hui ses fleurons se désintégrer les uns après les autres dans un silence aussi assourdissant que coupable.
Ce n’est pas une crise passagère : c’est une désintégration structurelle.
Stellantis vacille, les marques historiques meurent ou sont revendues à la découpe, et des centaines de milliers de sous-traitants voient s’effondrer le seul secteur qui leur permettait encore de vivre dignement de leur savoir-faire.
Tout cela au nom d’une transition électrique imposée, censée sauver la planète, mais qui ne sauve que les bilans chinois.
On nous a vendu la “voiture propre” comme une évidence, que dis-je…obligation… morale. Mais derrière le vernis “écologiste”, c’est un désastre industriel et social sans précédent.
Les coûts et les tarifs explosent, la demande s’effondre, la dépendance à la Chine devient totale : pour les batteries, les terres rares, les composants, les technologies de charge.
L’Europe se vide de son savoir-faire et de son génie productif et se remplit de normes, de taxes et de logiciels de conformité. Ce génie se borne désormais à inventer les bouchons fixés aux flacons pour sauver la planète.
Ce n’est pas un accident, c’est un basculement civilisationnel : on a troqué l’esprit d’ingénierie contre l’esprit de régulation. L’ouvrier, l’ingénieur et l’artisan laissent place à l’auditeur, au consultant et au fonctionnaire climatique. Les États ne construisent plus, ils interdisent et les industriels ne créent plus, ils se conforment.
Et dans cette Europe bureaucratique, le moteur thermique, chef-d’œuvre de deux siècles d’intelligence mécanique, devient un ennemi politique.
Ce n’est pas seulement de l’incompétence, ni même de la bêtise, c’est une stratégie. L’autodestruction du tissu industriel européen prépare l’ère du contrôle total, celle où la mobilité, la consommation et l’accès aux ressources ne seront plus des droits, mais des permissions conditionnelles.
La voiture électrique n’est pas une révolution technologique, c’est une transition vers la dépendance : dépendance à l’énergie centralisée, dépendance au logiciel, dépendance à la décision politique. On ne roule plus, on est “autorisé à circuler”. Le véhicule devient un terminal connecté, traçable, configurable à distance, et demain, débrayable en un clic par une autorité.
Là se trouve le véritable basculement. L’identité numérique européenne (EUDI Wallet) et l’euro numérique programmable sont les deux faces d’une même médaille : l’une nomme et identifie, l’autre permet ou interdit d’exister économiquement.
Officiellement, il s’agit de “simplifier la vie des citoyens”. En réalité, ces outils fusionnent toutes les dimensions de ton existence : ton argent, ta santé, tes déplacements, ton empreinte carbone, ton profil fiscal. Tout devient conditionnable et donc conditionné, et ce qui est programmable peut être désactivé.
Demain, un simple dépassement de quota CO₂, un retard de taxe, ou une “non-conformité environnementale” suffira à bloquer ton paiement ou ta recharge électrique. La surveillance verte devient ainsi l’architecture du nouveau contrôle social, douce, propre, rationnelle et surtout totalitaire.
Jeremy Bentham avait imaginé le Panoptique : une prison circulaire où un seul gardien, invisible, pouvait tout voir. Les détenus, ne sachant jamais quand ils étaient observés, en arrivaient à se surveiller eux-mêmes. Deux siècles plus tard, ce modèle est devenu numérique, le gardien n’a plus d’œil, il a des algorithmes. Les murs sont faits de données, les tours de garde de serveurs, les barreaux de conditions d’utilisation que chacun signe sans les lire. Le citoyen s’y enferme volontairement, pour sa sécurité, pour la planète, pour plus de simplicité.
Le contrôle ne punit plus : il paramètre. L’ancienne docilité s’appelle aujourd’hui conformité, et la morale religieuse a cédé la place à la morale verte. Ton empreinte carbone remplace le péché, ton QR code sert de confessionnal. Sous couvert d’écologie et de progrès, la servitude devient vertu. Le Panoptique numérique n’a plus besoin de murs, ni de gardien : il suffit d’une connexion et d’une bonne conscience. Le prisonnier croit être libre — et c’est là que la prison est parfaite. La cerise sur le gâteau, le prisonnier paie lui-même ses chaînes avec des smartphones ou Iphone à plus de 1.000 euros.
Pourquoi la population accepte-t-elle ce déclin ? Parce que jusque-là, le confort sert d’anesthésiant. Les gens sentent bien de plus en plus que quelque chose cloche, mais ils ont encore Netflix, des livraisons à domicile, des crédits prolongés, des voyages low-cost. Le système maintient l’illusion de la normalité tant qu’il peut offrir du divertissement et du confort. Mais ce confort est déjà en train de se fissurer : énergie, logement, mobilité, nourriture, tout devient conditionné, rare, cher ou rationné.
Quand les citoyens comprendront que cette rareté n’est pas subie mais organisée, alors l’hypnose prendra fin.
Le réveil ne viendra pas des institutions ni des médias : il viendra du choc direct avec la réalité. Quand une carte d’identité numérique refusera l’accès à un service. Quand un paiement sera rejeté “pour raison environnementale”. Quand un véhicule refusera de démarrer un jour de “restriction énergétique”. Alors les gens comprendront que le “monde durable” qu’on leur promettait est en réalité un monde sous tutelle.
Et ce jour-là, le système aura trop bien réussi car en cherchant à tout verrouiller, il aura créé le sursaut qu’il redoutait le plus — le retour brutal du réel, le refus instinctif de la servitude.
Mais….Car il y a un mais, et il est de taille. Le pouvoir qui a bâti cette architecture de contrôle n’ignore pas que la confiance s’effondre. Il sait qu’un peuple qui s’appauvrit et se sent trahi finit toujours par se révolter. Et comme toujours dans l’Histoire depuis la nuit des temps, rien n’unifie mieux qu’une guerre.
Depuis des mois, les signaux se multiplient : montée en puissance de la rhétorique militaire, budgets de défense explosés, réactivation du service obligatoire, normalisation de l’idée de “guerre durable”. L’Europe, jadis continent de paix, se prépare mentalement à l’inacceptable, un conflit direct ou indirect avec la Russie, maquillé en “devoir de solidarité”. Ce ne serait pas une guerre pour défendre des frontières, mais pour souder des masses désorientées autour d’un ennemi extérieur fictif, en étouffant les colères intérieures.
Et dans ce brouillard martial, la technostructure trouverait une opportunité inespérée :
Tout cela existe déjà à l’état de projet, il suffira d’un déclencheur.
La peur est le seul carburant qui puisse remplacer le confort. Quand la peur domine, le citoyen réclame lui-même le contrôle qu’il refusait hier. Et rien ne rend plus docile qu’un peuple convaincu qu’il faut choisir entre “liberté” et “sécurité nationale”. Alors, le réveil tant attendu pourrait être retardé, une génération de plus, par une mise sous tension collective, un nouveau rideau de fumée géopolitique.
Mais là encore, cette fuite en avant aurait une limite. La guerre, comme la propagande, use ce qu’elle prétend protéger, et tôt ou tard, les peuples comprendront qu’on ne sauve pas la démocratie en supprimant la liberté, ni la paix en semant la guerre.
Le vrai réveil, s’il advient, ne sera pas joyeux.
Il ne viendra pas d’un espoir collectif, mais d’une fatigue du mensonge. Quand tout ce qui a été promis, la croissance verte, la neutralité carbone, la prospérité numérique, la paix éternelle, se sera effondré sous son propre poids, alors seulement le voile tombera. Mais ce jour-là, l’Europe que nous connaissons n’existera peut-être plus.
Et c’est peut-être là le plus grand paradoxe : le véritable “Réveil numérique” aura bien lieu, mais sur les ruines du monde qui l’a rendu nécessaire.
« Le réveil ne viendra pas d’en haut. Il commence quand on refuse la permission de vivre. Et toi, jusqu’où l’accepteras-tu ? »
PS :
Certains critiquent l’usage d’une illustration générée par intelligence artificielle, mais cela n’a rien de contradictoire avec une réflexion critique sur l’IA. C’est comme utiliser un ordinateur pour écrire un texte sur la dépendance au numérique : on se sert de l’outil, on ne s’y soumet pas. Ce qui compte, ce n’est pas l’outil, mais l’intention et la conscience avec lesquelles on l’utilise. Je ne critique pas la technologie en soi, mais l’usage politique, social et idéologique qu’on en fait, et cela, c’est profondément humain. Refuser d’utiliser l’IA au nom d’un principe moral serait aussi absurde que refuser un stylo parce qu’il a servi à écrire des mensonges. L’illustration par IA n’est ici qu’un moyen esthétique au service d’une idée, pas une caution du système qu’elle dénonce. C’est au contraire une manière de prouver qu’on peut maîtriser la machine plutôt que la subir.
Utiliser l’IA pour illustrer un texte qui la critique n’est pas une contradiction, mais une démonstration : on se sert de la machine, on ne s’y soumet pas.
Suite de l’audience du docteur Colignon dans » l’affaire Bruart », docteur qui n’a peur de rien.

Par Serge Van Cutsem
Ce texte s’inscrit dans la continuité de L’avenir proche de l’humanité : entre effondrement et renaissance. Si le sujet principal est français, à terme les conséquences sont européennes. Cette publication n’est donc pas du tout restreinte aux lecteurs français mais aussi aux autres car ce qui n’était alors qu’un diagnostic global, la décomposition du sens, la perte du réel et la dérive des élites, trouve aujourd’hui sa matérialisation politique dans le théâtre français. Le rejet programmé de la motion de censure du 16 octobre 2025 marque un tournant : la démocratie ne vacille plus, elle se désagrège. Sous les projecteurs, le pouvoir joue à se sauver en dissolvant non plus l’Assemblée, mais le peuple lui-même. C’est le moment où la société du spectacle atteint son point culminant, où la comédie institutionnelle prépare l’acte ultime : l’article 16, cet outil d’exception qui pourrait, demain, faire de la République française un décor. Après l’effondrement du sens, voici venue l’ère du simulacre absolu.
Le rideau vient de tomber sur l’un des épisodes les plus prévisibles de la vie politique française. La motion de censure contre le gouvernement déposée par LFI a recueilli 271 voix “pour” et celle déposée par le RN seulement 144, bref pas assez pour renverser un pouvoir qui, au fond, ne joue plus selon les règles de la démocratie. Mais était-ce vraiment un échec pour l’opposition ? Ou simplement un acte supplémentaire dans une pièce déjà écrite d’avance ?
Tout indique que ce vote n’était qu’un exercice de mise en scène, un moment calibré dans la grande dramaturgie du pouvoir contemporain. Rien n’a été laissé au hasard : la tension médiatique des derniers jours, les discours indignés d’une opposition qui n’en est plus une, le suspense parlementaire… Absolument tout relevait de la société du spectacle telle que Guy Debord l’avait décrite dès 1967 [1]. Une illusion de mouvement pour masquer l’immobilité, une agitation bien réglée pour maintenir les citoyens dans l’idée qu’il reste encore quelque chose à sauver par les urnes.
Mais la réalité est ailleurs et elle est bien plus inquiétante que ce cirque : ce qui vient de se produire n’est pas la victoire d’un gouvernement, mais la validation d’un scénario soigneusement planifié. Le rejet de la motion n’est pas le signe d’une majorité convaincue, mais plutôt celui d’un système verrouillé. La France vient de franchir une étape supplémentaire vers une forme d’autoritarisme d’apparence légale, préparée avec méthode depuis des années.
« Quand le peuple vote mal, on ne dissout plus l’Assemblée, on dissout le peuple. » Libre adaptation de Bertolt Brecht, 1953
Le 16 octobre 2025 aura donc marqué le moment où la démocratie française s’est donnée l’illusion d’un choix. Tout semblait suspendu à un vote de censure, comme si un geste parlementaire pouvait encore inverser la trajectoire d’un pouvoir qui ne se nourrit plus que de sa propre continuité. En réalité, le spectacle a remplacé le débat, et la tension dramatique a pris la place du danger réel.
Les députés ont parlé, les caméras ont filmé, les éditorialistes ont commenté ; le pays, lui, a regardé, impuissant, un épisode déjà rejoué cent fois. Tout était fait pour donner à la comédie un parfum de tragédie. Mais la tragédie véritable se joue ailleurs : dans la disparition du politique au profit de sa scénographie. Je l’ai repris dans ma publication précédente, “Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles.” (Guy Debord).
Ici Le spectacle, ce n’est pas un divertissement : c’est la structure même du pouvoir. Et dans la France d’aujourd’hui, le pouvoir n’agit plus, il se représente.
Je reviens sur le chapô de cet article, « mais en quoi est-ce que cela concerne un Belge qui se vit Outre Quiévrain ? De quoi se mêle-t-il ? La raison est simple, ce qui se passe en France pour le moment n’est que la répétition générale de ce qui va s’étendre dans toute l’Union Européenne. Emmanuel Macron n’est que la marionnette d’Ursula, elle-même étant la marionnette du pouvoir profond.
Car derrière cette mécanique, il y a cet homme qui n’est pas un président, mais un personnage. Macron est la figure centrale de ce théâtre d’ombres, et il est définitivement prisonnier de son propre rôle qui, il faut bien le dire, convient parfaitement à son délire de pervers narcissique.
Refuser de démissionner, annoncer qu’il pourrait dissoudre, menacer du chaos pour mieux l’incarner : tout cela relève d’une logique psychologique, plus que politique. Le narcissisme de pouvoir atteint ici son paroxysme : un chef qui ne gouverne plus, mais s’auto-maintient à la tête d’un système vidé de sens, par peur de sa propre disparition symbolique.
Le refus du réel, le déni de l’échec, la certitude d’incarner la nation, tous les ingrédients du narcissisme pathologique sont là. Et comme toujours dans ces configurations, la mise en scène du désordre précède la proclamation de l’ordre nouveau. Macron a compris qu’il n’a plus de légitimité populaire ; il ne lui reste donc que la légitimité du chaos, celle qu’on impose au nom de la stabilité.
Pendant que la France débat des apparences, le réel se dissout. Les institutions sont devenues des décors : l’Assemblée, un plateau de télévision ; les médias, un chœur antique qui récite la morale officielle. Tout le monde joue son rôle : l’indignation, la gravité, la colère, la résignation. Ce théâtre permanent n’a plus qu’un but : faire durer l’illusion du mouvement démocratique pendant que les leviers réels du pouvoir se concentrent ailleurs.
Et cette concentration n’est plus seulement politique. Elle est psychologique, idéologique, technologique. Le pouvoir n’est plus incarné par une fonction, mais par un individu qui se considère comme indispensable à la cohésion d’un monde qu’il a lui-même détruit depuis 8 ans.
Tous les chemins mènent désormais à l’article 16 [2].
Cette disposition, inscrite dans la Constitution de 1958, permet au président de la République de s’arroger les pleins pouvoirs “en cas de crise grave menaçant la République”.
De Gaulle y avait eu recours en 1961, face au putsch des généraux [3], mais aujourd’hui, la menace ne vient pas des casernes : elle est fabriquée à l’intérieur même du système, par un désordre orchestré.
La mécanique est limpide :
Le rejet de la motion n’est qu’un jalon de plus dans cette progression. Le message envoyé est clair : “Voyez comme l’Assemblée est impuissante; voyez comme la République se paralyse; il faut donc que quelqu’un tranche.”. Et ce quelqu’un, bien sûr, se tient déjà prêt.
L’histoire a souvent tendance à se répéter car elle obéit à des structures récurrentes. Entre 1930 et 1933, la République de Weimar a connu la même lente descentes aux enfers nazis : D’abord la crise économique suivie de la perte de confiance, ensuite les divisions politiques et usage croissant des décrets d’urgence fondés sur l’article 48 [4]. Les “mesures exceptionnelles”, présentées comme temporaires, devinrent la norme. Le Parlement, affaibli, finit par céder aux sirènes de l’efficacité et voter les pleins pouvoirs à un homme qui promettait de restaurer l’ordre. Le reste appartient à l’Histoire qu’on croit connaître et qui pourtant n’est pas exactement la réalité profonde, mais ceci est un autre volet.
Ce qui importe ici, ce n’est pas la comparaison des individus, mais la ressemblance des logiques : quand une démocratie s’épuise, quand ses citoyens n’y croient plus, quand les institutions ne produisent plus que du bruit, alors l’homme fort devient la solution.
Et c’est précisément dans cet instant de lassitude collective que naissent les basculements.
Le 16 octobre a montré que la France n’est plus dirigée, elle est mise en scène. Les crises ne sont plus subies, mais produites. Elles servent à maintenir le peuple dans un état d’incertitude contrôlée : trop inquiet pour se révolter, trop désabusé pour espérer. C’est cela, le véritable “ordre nouveau” : une stabilité dans le déséquilibre, une gouvernance par la peur et par la fatigue.
Ce n’est pas un hasard si le discours du pouvoir reprend sans cesse les mêmes termes : “responsabilité”, “stabilité”, “sécurité”. Ce sont les mots qu’on prononce avant de fermer une porte.
J’en reviens à ce que j’ai écrit au début, ce qui se joue à Paris dépasse Paris car une France en état d’exception entraînerait l’ensemble du continent dans sa chute symbolique. En effet, si la “patrie des droits de l’homme” peut suspendre les siens sans réaction, alors plus rien ne protège les autres. L’Europe, déjà affaiblie par la technocratie, la guerre économique et la peur de l’avenir, verrait dans ce précédent une autorisation morale à basculer vers l’exception permanente.
Le danger n’est plus militaire, il est psychologique et narratif. Les peuples n’ont plus peur de la guerre, ils ont peur du vide, et ceux qui maîtrisent la peur contrôlent le réel.
Le rejet de la motion n’est pas une fin, c’est le point de non-retour. Le scénario avance, et il avance vite : chaque crise future, qu’elle soit économique, énergétique ou sociale, pourra désormais servir de prétexte à la proclamation d’un état d’exception. Quand l’article 16 sera activé, il ne sera pas vécu comme un coup d’État car il sera présenté comme étant une délivrance. C’est là le triomphe ultime du spectacle : faire applaudir sa propre disparition.
L’histoire est en train de se rejouer sous nos yeux, non pas comme une farce, mais comme une répétition générale avant la vraie représentation, et dans ce théâtre sans sortie, la seule question qui demeure est celle-ci : jusqu’où un pouvoir peut-il aller pour se sauver de lui-même ?
La réponse, nous la connaissons déjà : jusqu’à tout brûler , s’il n’est pas arrêté à temps.
PS : Ne croyez surtout pas que la Belgique est immunisée.
[1] Guy Debord, La Société du Spectacle, Buchet-Chastel, 1967.
[2] Article 16 de la Constitution française, Journal Officiel, 4 octobre 1958
[3] Archives nationales, Dossier « Article 16 – Crise d’avril 1961 ».
Conférence du dimanche 19/10/25 organisée par Nec Mergitur 17 à Saintes: https://www.necmergitur17.fr/
Partie 3 : attaque sur le génome et la reproduction humaine
(1/2)Conférence du samedi 18/10/25 organisée par Nec Mergitur 17 à Saintes: https://www.necmergitur17.fr/
Invités:
Depuis 2021, nous avons été privés des aides à la presse périodique, une partie de [votre] l’argent public distribué aux publications périodiques qui ne vivent pas de la publicité. Depuis que nous avons été évincés de ces aides,dans des conditions dignes des républiques bananières, l’enveloppe a été augmentée…

4 ans sans subsides, 320.000 euros de votre argent que nous n’avons pas reçu. Nous tenons le coup avec beaucoup moins depuis 2021, nous avons dû licencier des collègues, réduire les salaires et les dépenses de façon générale, nous priver de partager avec vous tous des sujets que nous n’avions pas les moyens de traiter, faute de moyens financiers.
Aucune des publications, dont chacune reçoit aujourd’hui 80.000€ annuellement, n’a dénoncé, au nom de la liberté de la presse, le coup de force étatique dont nous avons été victimes. « Silence, nous sommes les garants de l’illusion que la presse est libre en Belgique. Profitons du partage du gâteau ».
Vous avez compris pourquoi nous sommes si importants ? Notre disparition leur ferait tellement plaisir…
Résultat : malgré que nous tenons le coup, chaque jour est un combat pour nous maintenir à flot.
Il n’a jamais été plus évident que leur souhait est que nous n’existions pas à vos yeux, de feindre qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu de média Kairos. Ils piétinent la Charte de Munich allégrement, n’en ayant que faire de « votre droit à connaître la vérité« .
Comme ici, dans le répertoire officiel de la presse périodique publié sur le site et dans l’agenda annuel de l’Association des Journalistes professionnels où, jamais, nous n’avons été répertoriés, alors que Kairos est un média officiel, avec numéro ISBN et dont les exemplaires sont systématiquement versés au catalogue de la bibliothèque nationale belge.
Vous avez compris pourquoi nous sommes si importants ?
Notre disparition leur ferait tellement plaisir…
Nous ne sommes forts que grâce à votre soutien, à chacun, qui permet de réaliser une œuvre collective.
Nous ne lâcherons rien si vous ne nous lâchez pas.
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Par Serge Van Cutsem
Tout s’effrite mais rien ne s’avoue clairement. Les puissants s’accrochent à leurs illusions, les peuples s’habituent au vacarme du mensonge, et la planète, lasse et indifférente, nous regarde tourner en rond. Ce texte n’annonce pas la fin du monde, mais la fin d’un monde (le nôtre) : celui de la déraison technologique, de la foi aveugle dans la croissance infinie et du spectacle permanent. Entre effondrement et renaissance, il reste une brèche : celle de la conscience. C’est là que se joue désormais l’avenir de l’humanité.
En effet, il flotte dans l’air une impression étrange, un peu comme si le monde continuait à tourner, mais sans pilote dans le cockpit. Les dirigeants gouvernent à vue, les économistes commentent des bilans truqués, les médias récitent des narratifs et récits qu’on leur a imposés, et les peuples, en pleine dissonance cognitive et épuisés, voient leur colère se transformer en résignation.
On parle encore de progrès, de transition, d’innovation, mais tout cela sonne creux. Le sentiment diffus qui s’installe, c’est que quelque chose se défait, lentement mais sûrement, sans pouvoir l’expliquer clairement. Il ne s’agit pas de croire à la fin du monde, car celui-ci existait déjà bien avant nous et il nous survira sans problème… mais c’est bien de la fin d’un monde : celui qui aujourd’hui est bâti sur la croyance que la technique, la finance et la communication pouvaient remplacer la sagesse, la justice et la vérité. Nous vivons l’agonie d’un modèle occidental qui, après avoir voulu dominer la planète, s’effondre dans le vide de sa propre mise en scène. Il atteint son point de rupture, non parce qu’il a été vaincu par des forces extérieures, mais parce qu’il s’est vidé de sens à l’intérieur.
Les grands récits, qu’ils soient religieux, politiques ou scientifiques, s’effondrent sous leur propre poids. L’Occident, qui était jadis le moteur du progrès, s’est transformé en machine à fabriquer des illusions : démocratie représentative sans débat, avec ses représentants qui ne s’intéressent qu’à eux, une écologie qui n’a plus aucun rapport avec la nature et une science qui n’est plus que du scientisme politique et capitaliste.
Ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’effondrement du récit unique, du narratif diffusé inlassablement par des médias mainstream qui appartiennent tous sans exception à des milliardaires, ceux-ci recevant en plus des subsides publics payés par ceux qu’ils désinforment. C’est la double peine.
Partout, les peuples comprennent progressivement que la “vérité officielle” n’est qu’un décor, une mise en scène destinée à maintenir un ordre. Ce que les autorités appellent théorie du complot n’est en réalité qu’une tentative de reprendre le contrôle de la réalité en la diffusant le plus largement possible.
Le futur proche sera donc un champ de bataille narratif : la guerre des récits, entre ceux qui veulent imposer un discours et ceux qui cherchent à redécouvrir le réel.
Guy Debord avait annoncé dès 1967 dans La Société du Spectacle que l’image remplace le réel [1] :
“Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles.” [2].
Ce n’était pas une métaphore, mais une prophétie. Le spectacle, pour Debord, n’est pas un divertissement : c’est très sérieux, car c’est le mode d’organisation du monde moderne, où tout ce qui était vécu directement devient représentation. Prenons l’exemple de Macron qui se préoccupe plus de se mettre en scène que de diriger le pays pour le bien du peuple.
Désormais, les rapports humains passent plus par l’image, la marchandise et la mise en scène que par la parole entre individus. Les réseaux sociaux, les médias et les gouvernements ne produisent plus du sens et de l’intelligence mais des narratifs entrecoupés de divertissement. L’important n’est plus de s’informer sérieusement et de comprendre, mais d’être vu, commenté et partagé sur Facebook, Instagram et autres pièges qui ne sont que des lessiveuses à cerveaux. La vérité n’est plus qu’un décor.
Le réel est remplacé par sa version numérique, et l’histoire par un flux d’images sans mémoire. Certains attendent de vivre leur journée avec un casque virtuel sur la tête. Nous sommes passés du citoyen à l’utilisateur, du débat à la réaction, du vote à l’algorithme.
Il suffit d’observer la vie politique française du dernier mois et surtout ces derniers jours pour mesurer à quel point Debord avait raison. Ce qui se déroule sous nos yeux n’est plus de la politique, mais un feuilleton, une succession d’épisodes contradictoires où l’on ne sait plus qui décide, ni pourquoi. Les ministres tombent avant d’avoir gouverné, les alliances changent d’heure en heure, les éditorialistes jouent les prophètes, et les citoyens, épuisés, regardent cette farce tourner à vide.
La confusion n’est plus un accident, c’est le mode de gouvernance. Les dirigeants ne cherchent plus à convaincre, mais à saturer l’espace mental. Chaque scandale en chasse un autre, chaque indignation recouvre la précédente. Le spectacle ne montre plus le pouvoir, car en fait c’est lui qui est devenu le pouvoir. La France illustre à la perfection ce que Debord appelait “le spectacle diffus”, cette tyrannie douce où la société se maintient par le vacarme de sa propre simulation.
Ce n’est plus un gouvernement, c’est un casting, un décor démocratique où les figurants votent pendant que le scénario s’écrit ailleurs. La phrase de Debord : “Ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît.” résonne comme une sentence : dans cette comédie des apparences, tout ce qui est vrai devient suspect, et tout ce qui brille passe pour réel. L’inversion des valeurs qui débouche systématiquement sur l’inversion accusatoire.
Au milieu de ce chaos surgit un acteur nouveau : l’intelligence artificielle [3]. Certains la craignent, certains la désirent et d’autres la diabolisent, mais elle n’est en réalité que le miroir de ce que nous sommes. Je l’ai déjà décrit plusieurs fois : l’IA amplifie nos vertus, nos vices, nos désirs et nos peurs [4], mais elle peut aussi amplifier nos connaissances et notre intelligence. Elle ne pense pas : elle reproduit. Elle ne crée pas : elle agrège.
L’IA peut libérer l’homme du travail absurde, ou l’enfermer dans une dépendance cognitive totale. Le choix sera simple : soit nous apprenons à piloter l’IA, soit nous serons pilotés par elle. Le futur immédiat se joue sur cette ligne de crête entre maîtrise et servitude numérique.
Les sociétés qui intégreront la technologie sans renier la conscience humaine survivront, tandis que les autres deviendront les colonies d’un empire algorithmique. Quant à l’espoir de sa disparition pure et simple, cela restera incontestablement une illusion.
Pendant qu’on amuse les foules avec les crises politiques, le cœur du système, la finance, s’effondre. Les États vivent à crédit, les banques centrales camouflent les déficits, et la monnaie devient un instrument de pouvoir. L’inflation n’est plus un accident, c’est une stratégie : un impôt invisible pour sauver le château de cartes qui s’effondre inéluctablement [5].
Le centre du monde glisse vers le Sud global. Les BRICS avancent, pendant que l’Europe se perd dans des règlements et des postures morales [6]. Là où d’autres bâtissent, elle réglemente. Là où d’autres innovent, elle culpabilise. L’euro numérique, le dollar programmable, ces monnaies de demain ne visent pas la modernisation et la sécurité, mais le contrôle total de l’Homme [7]. Demain, la dissidence pourrait se payer par un blocage de compte. Le futur monétaire sera soit décentralisé et humain, soit totalitaire et automatique [8].
Quant à l’écologie, on parle de transition verte, mais les faits sont là : on remplace une dépendance par une autre. Le pétrole par le lithium, les mineurs du Congo par les robots de Shanghai [9]. Le discours écologique est devenu la nouvelle liturgie du capitalisme. On ne sauve pas la planète, on change de business model. Le greenwashing n’est que de l’escrologie [10].
Pendant qu’on culpabilise les citoyens pour leurs chaudières, les multinationales continuent d’extraire, de bétonner, de polluer et on importe de la viande qui traverse l’atlantique sur des cargos gigantesque et hyper pollueurs . La planète, elle, ne risque rien car elle fait ce qu’elle a toujours pu faire : elle s’adapte. Par contre, c’est l’humanité qui s’épuise.
Sous le vacarme des sommets intercontinentaux, on va assister de plus en plus rapidement à de nouvelles semences qui germent : ingénieurs, artisans, paysans, communautés locales qui réinventent des modèles sobres et autonomes. C’est là que se prépare la véritable transition, le sauvetage des Hommes par les Hommes.
La crise ultime n’est ni politique ni économique : elle est spirituelle, et je n’utilise pas ce terme dans le sens exclusivement religieux, car la spiritualité n’est pas nécessairement reliée à un Dieu quelconque, elle peut être aussi et surtout intérieure et personnelle.
C’est là que se pose le véritable problème moderne : nous avons tout, sauf le sens même de la vie. L’homme moderne est connecté à tout sauf à lui-même et encore moins aux autres. Le Geek a de moins en moins de choses à dire et de plus en plus de moyens de le faire savoir.
Il faut avoir plus de 50 ans pour se rappeler du feuilleton Le Prisonnier, réalisé et joué par Patrick McGoohan. Cette série était exceptionnellement visionnaire et j’invite ceux qui ne l’ont pas connue à la retrouver [11].
On peut conserver une certaine dose d’optimisme, car sous les décombres de cette modernité qui devient chaque jour plus malsaine, on constate un frémissement. Des voix s’élèvent, des consciences s’ouvrent, des êtres se réveillent et les médias citoyens sont de plus en plus nombreux[12]. En fait ce n’est pas une révolution idéologique, c’est un simple retour du réel, un refus de l’artifice. Ceux qui cultivent la pensée libre, et la foi en l’Humain deviennent les nouveaux dissidents.
Nous entrons dans la décennie du grand choix :
● d’un côté, le bloc technocratique, financier, numérique, obsédé par le contrôle ;
● de l’autre, l’humanité vivante, diverse, créatrice, encore capable de dire non.
Le système joue actuellement sa dernière carte : la peur. La peur du virus, la peur du climat, la peur du chaos, mais la peur n’est ni une solution ni un horizon. Ceux qui auront pu préserver leur lucidité, leurs savoirs, leur âme, seront les vrais résistants du futur.
L’avenir de l’humanité ne se joue plus dans les parlements et les sénats, mais dans la conscience collective ; cette conscience, même assoupie, finit toujours par se réveiller.
L’avenir proche n’est ni radieux ni apocalyptique. Il sera contrasté, chaotique, multiple.
Des sociétés sombreront plus vite que d’autres dans la surveillance numérique ; d’autres renaîtront dans la sobriété volontaire. Certaines populations s’éteindront par lassitude et d’autres parviendront à se réinventer. Une seule certitude demeure : le réel finit toujours par reprendre ses droits. La nature, la vérité, la vie sont patientes, mais inflexibles. Le mensonge prend l’ascenseur et la vérité l’escalier, mais elles se retrouveront inéluctablement face à face. Et lorsque le rideau tombera sur cette société du spectacle , il restera ceux qui auront gardé leur esprit libre, leur mémoire et leur courage.
Ceux-là, qu’on tente de rendre muets, seront pourtant les bâtisseurs du prochain cycle humain.
[1] Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967.
[2] Analyse et contexte historique du concept de « spectacle » (voir éditions Gallimard, 1992).
[3] UNESCO, Recommendation on the Ethics of Artificial Intelligence, 2021.
[4] OCDE, AI Principles and Guidelines for Trustworthy AI, mis à jour 2024.
[5] FMI, Inflation as a Hidden Tax, Working Paper, 2023
[6] Reuters, BRICS Summit 2025 – Expansion and Global South Dynamics.
[7] Banque centrale européenne, Digital Euro Project – Official Overview, 2024
[8] Bank for International Settlements, Programmable Money and CBDC Risks, 2024
[9] Amnesty International, This is what we die for – Human cost of cobalt mining in the DRC, 2023.
[10] OCDE, Protecting and Empowering Consumers in the Green Transition: Misleading Green Claims, 2025
[11] Série britannique culte (1967) créée et interprétée par Patrick McGoohan, Le Prisonnier met en scène un agent secret enfermé dans un “Village” où chacun perd son nom pour un numéro. Refusant d’être “le Numéro 6”, le héros découvre, à la fin, que le mystérieux “Numéro 1” n’est autre que lui-même — symbole de la servitude intérieure et du pouvoir de l’ego. L’explosion finale traduit la destruction du maître intérieur, ultime condition de la liberté.
[12] Étude Reuters Institute / Oxford University (2024) sur la croissance des médias indépendants en Europe
MEHA – Make Europe Healthy Again en direct du parlement européen
Pour en savoir plus: https://gomeha.com/
15 octobre 2025
Pfizer Papers, le livre de Naomi Wolf: https://www.fr.fnac.be/a21284694/Naomi-Wolf-Pfizer-Papers-Les-crimes-de-Pfizer-contre-l-humanite

Comprendre comment les politiques des États-Unis et de l’otan ont conduit à la crise, la guerre, et au risque d’une catastrophe nucléaire par Benjamin Abelow.
Depuis près de 200 ans, et la formulation de la doctrine Monroe en 1823, les États-Unis ont avancé des revendications de sécurité sur pratiquement la totalité de l’hémisphère occidental. Toute puissance étrangère qui envisage de placer ses forces militaires à proximité du territoire des États-Unis sait qu’elle franchit une ligne rouge. La politique menée par les États-Unis concrétise donc leur conviction que l’endroit où un adversaire potentiel déploie ses forces militaires est d’une importance capitale. En fait, ce principe constitue l’une des pierres angulaires de la politique étrangère et militaire américaine, et sa violation est considérée comme un motif de guerre. Pourtant, en ce qui concerne la Russie, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont agi depuis des décennies au mépris de ce même principe. Ils ont progressivement avancé le déploiement de leurs forces militaires vers la Russie, jusqu’à ses frontières mêmes. Ils l’ont fait avec une attention insuffisante et parfois un mépris total pour la façon dont les dirigeants russes pourraient percevoir ces avancées. Si la Russie avait entrepris des démarches équivalentes à l’égard du territoire des États-Unis – par exemple en plaçant ses forces militaires au Canada ou au Mexique — Washington serait entré en guerre et aurait justifié cette guerre comme une réponse défensive à la menace militaire d’une puissance étrangère à sa frontière. 2 COMMENT L’OCCIDENT A AMENÉ LA GUERRE EN UKRAINE À la lumière de ces considérations, l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’apparaît pas comme l’expansionnisme effréné d’un dirigeant russe malveillant, mais comme une réaction, violente et destructrice, à des politiques occidentales malavisées : une tentative de rétablir une zone autour de la frontière occidentale de la Russie qui soit exempte de menaces de la part des États-Unis et de leurs alliés. Ayant mal compris pourquoi la Russie a envahi l’Ukraine, l’Occident fonde maintenant ses décisions existentielles sur des prémisses fausses. Ce faisant, il aggrave la crise et avance peut-être en somnambule vers une guerre nucléaire. Cette thèse, que je vais présenter en détail, est basée sur les analyses d’un certain nombre d’universitaires, de responsables gouvernementaux et d’observateurs militaires, que j’introduis ici et citerai tous au cours de l’exposé. Il s’agit notamment de John Mearsheimer, Stephen F. Cohen, Richard Sakwa, Gilbert Doctorow, George F. Kennan, Chas Freeman, Douglas Macgregor et Brennan Deveraux.
Télécharger le livre ici:
— Jack F. Matlock, Jr., ancien ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, auteur de Superpower Illusions
“Une explication brillante et remarquablement concise du danger créé par l’implication militaire des États-Unis et de l’OTAN en Ukraine. Un livre qui devrait être lu et médité par tout citoyen capable de penser rationnellement et de manière responsable à la sécurité américaine et européenne.”
“Pour toute personne intéressée par la compréhension des véritables causes de la catastrophe en Ukraine, Comment l’Occident a amené la guerre en Ukraine est une lecture obligée. Abelow démontre clairement et de manière convaincante que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN— et non Vladimir Poutine— sont les principaux responsables.”
— John J. Mearsheimer, auteur de The Tragedy of Great Power Politics, est Professeur émérite de Science politique à l’Université de Chicago
“C’est un magnifique petit livre, bien écrit, organisé logiquement, facile à lire et convaincant, mais avec les réserves qui s’imposent. Il s’agit d’une introduction inestimable aux tendances et aux événements qui ont mené à l’escalade et la guerre en Ukraine. Sans compréhension de l’histoire documentée dans ce livre, il n’y aura pas de désescalade dans la confrontation américanorusse aux frontières orientales de l’Europe.”
— Chas Freeman, ancien Secrétaire adjoint à la Défense pour les Affaires de sécurité internationale, auteur de Arts of Power : Statecraft and Diplomacy
“Pour ceux qui se soucient de la sécurité nationale des États-Unis et de la paix en Europe, ce livre est une lecture essentielle.”
— Le Colonel Douglas Macgregor de l’Armée américaine (à la retraite), auteur de Margin of Victory, qui a été décoré pour bravoure lors de la bataille de 73 Easting en Irak et a été Directeur du Centre d’opérations interarmées de l’OTAN au SHAPE (Grand quartier général des puissances alliées en Europe)
“Un aperçu concis mais complet et accessible. Inestimable pour comprendre comment la guerre est revenue en Europe. Benjamin Abelow démontre que la crise en Ukraine était prévisible, prédite — et évitable.”
— Richard Sakwa, auteur de Frontline Ukraine et The Putin Paradox, est professeur de Science politique, spécialiste de la Russie et l’Europe, à l’Université du Kent
“Ben Abelow nous emmène au-delà des récits trompeurs et dans la vérité de la crise ukrainienne.”
— Krishen Mehta, Chercheur principal au programme Global Justice de l’Université de Yale, et directeur du Comité américain pour l’entente Américano-Russe
“Avec la guerre par procuration en Ukraine entre les États-Unis / l’OTAN et la Russie, nous sommes confrontés à une menace d’escalade nucléaire qui pourrait mettre fin à la civilisation humaine. Le livre d’Abelow est une lecture essentielle pour tous ceux qui souhaitent comprendre cette menace et pourquoi, 30 ans après l’effondrement de l’Union soviétique, elle a réapparu.”
— Gilbert Doctorow, auteur de Mémoires d’un russologue, est historien et spécialiste indépendant de la Russie basé à Bruxelles
“C’est un livre tellement important. Je l’ai lu trois fois. Il est d’une extraordinaire clarté non seulement de langage mais aussi de pensée. Je ne saurais trop le recommander.”
— Robert F. Kennedy Jr.
Les interviews et témoignages que vous allez voir ont été recueillis en Russie, plus particulièrement à Moscou, Nijni Novgorod et dans le Donbass, lors d’un press tour organisé entre le 11 et 21 septembre 2025, avec des politiciens, journalistes, blogueurs et figures publiques des quatre coins du monde. Une immersion au-delà du rideau de fumée. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé dans toutes les salles libres.
Les prochaines semaines, vous pourrez bénéficier de nombreuses interviews et reportages: Laurent Brayard, Christelle Néant, Fiana Savenkova, des soldats du détachement Pushkar, du bataillon Maksim Krivonos; des témoignages de journalistes de Donetsk ou d’étudiants de l’université; un reportage exclusif à Marioupol ainsi qu’à l’usine Azovstal; les récits d’habitants bombardés depuis 2014 par le gouvernement de Kiev à Gorlovka, ainsi que le témoignage d’un citoyen américain ayant quitté son pays pour rejoindre les forces armées ukrainiennes se battant contre l’armée de Kiev. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé là où le débat est encore possible.
Les occupants des voitures électriques sont exposés à de fortes et brèves impulsions de champ magnétique (CM) de basse fréquence qui peuvent dépasser les limites de protection officielles de l’UE bien que celles-ci soient considérées comme largement laxistes par les experts indépendants.[note] Ce dépassement est notable lors du démarrage, de l’accélération et du freinage. Il semble aussi plus prononcé pour les moteurs et les batteries les plus puissantes. C’est ce qu’il ressort d’une étude approfondie sur 14 voitures différentes menée par Seibersdorf Labor GmbH (Autriche)[note] à la demande du BfS (Bundesamt für Strahlenschutz, l’Office fédéral pour la radioprotection en Allemagne). Elle est disponible sous forme d’un rapport de plus de 400 pages en allemand, publié fin 2024, mais n’a pas eu l’écho qu’elle aurait mérité, peut-être parce que ses conclusions vont à l’encontre d’intérêts puissants : d’une part, ceux des constructeurs de voitures électriques, déjà en difficulté, d’autre part, le projet de l’UE d’interdiction de vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. On peut aussi compter sur le BfS, une agence capturée par l’industrie des télécoms et du nucléaire, pour minimiser le retentissement d’une telle étude et réduire la portée du constat.
Le premier diagramme ci-dessous montre que le dépassement de la limite de la norme de l’UE (ICNIRP 1998, valeurs pic, c’est-à-dire instantanées) a lieu pendant environ 10 % du temps de conduite en moyenne pour les véhicules électriques et hybrides considérés. L’exposition maximale des passagers a lieu au plus près du plancher des véhicules, ce qui n’est pas surprenant, étant donné qu’il y passe une grande partie du câblage et qu’il peut s’y trouver la batterie.

Ci-dessous, l’exemple d’un pic d’intensité du champ magnétique pour une Tesla Model 3 au freinage, tiré de la page 147 du rapport (axe vertical : champ magnétique en microtesla ; axe horizontal : temps en seconde). Le freinage commence à la seconde 3,4. Entre 0 et 1 seconde, on voit la fin de l’accélération pour arriver à 120 km/h. Les mesures sont faites au niveau du pied gauche du passager avant. Les trois courbes de couleurs différentes correspondent aux mesures du CM selon trois axes orthogonaux (ce qui au final, en additionnant les trois composants, des vecteurs, donne une intensité maximum du CM d’environ 100 µT – dommage que cela n’apparaisse pas directement, le lecteur pressé ou naïf étant susceptible de s’en tenir au 60 µT d’un seul composant).

L’étude couvre aussi les véhicules à deux roues de même que le transport ferroviaire où les niveaux sont également préoccupants (à choisir, éviter l’étage dans un wagon à 2 niveaux, la proximité de la jonction entre 2 wagons et la proximité d’un pantographe).
Dans tous les véhicules en mouvement, électriques ou non, la rotation des pneus génère un champ magnétique (CM) important, dont l’intensité est proportionnelle à la vitesse. Les places arrière latérales des voitures sont généralement les plus exposées, ce qui m’incite à faire deux autres suggestions :
D’autres équipements génèrent des CM : alternateurs, ventilateurs, sièges chauffants, etc. Dans les véhicules à moteur thermique, tous les passagers peuvent être exposés à un CM non négligeable généré par le câblage électrique reliant la batterie et l’alternateur lorsqu’ils sont disposés de part et d’autre de l’habitacle.
Au vu de cette étude, on devine que les constructeurs de voitures pourraient mieux faire pour réduire l’intensité de ces champs magnétiques. À ce jour, ce n’est pas une priorité.
Pour aller plus loin :
Dans cette émission nous parlerons de notre dernier numéro qui est disponible ici: https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-71/
Dans le domaine de la psychologie, on sait que le secret familial permet à l’entité de ne pas exploser, au prix de silence, censure, non-dit et faux semblant, dans le but de garder l’apparence de la normalité. Ce secret traumatisant et le fonctionnement qu’il implique se transmet de génération en génération, affectant les relations entres les membres de la famille, mettant en péril les individus du clan, chacun étant le plus souvent conscient que « quelque chose ne va pas », perpétuellement soumis au risque de retour du refoulé, sous forme de rêves, actes manqués, comportements à risque, inadaptés ou dangereux.
On peut aisément élargir ce processus réduit à la famille à nos sociétés. Si, avant Covid-19, événement mis en scène par le pouvoir politico-médiatique et orchestré par une oligarchie en arrière-plan (Gates, Rockefeller, Soros, etc.), la vie collective ne se portait déjà pas très bien, dans un monde où les valeurs se perdaient et où le rapport à l’autre se distendait de plus en plus, l’ère post-Covid a formidablement accentué cette décadence en cours. La technocratie numérique chère à Klaus Schwab, ancien dirigeant du Forum économique mondial qui a formé ses poulains comme Alexander De Croo, Angela Merkel, Ursula von der Leyen ou encore Justin Trudeau, a réussi cette formidable prouesse de rendre chaque individu intimement responsable de ce qu’il avait fait. En effet, quoi de plus insidieux et pervers que d’amener le sujet, mis sous les pressions conjuguées du conformisme, de la peur, de l’autorité et d’une spécieuse volonté de « protéger les autres », que de se faire injecter un produit expérimental présenté comme librement consenti (1) ?
La dissonance cognitive mise en évidence par Léon Festinger, théorie des plus pertinentes pour expliquer les réactions individuelles dans un monde malade, atteint des sommets avec Covid-19. Celui-ci explique comment l’individu réagit pour retrouver un équilibre quand des pensées entre elles, ou des pensées et des comportements, sont contradictoires. Si, avant la « vaccination », la dissonance fut profonde et généra le passage à l’acte médical pour de nombreuses personnes voulant rétablir l’équilibre d’une situation de déséquilibre (2) totalement générée par la caste médiatico-politique, elle n’en demeure pas moins importante après, rendant la conscientisation d’autant plus difficile, là où avant elle relevait encore du domaine du possible. Nombreux, ces 4 dernières années, sont venus me voir en me disant que l’événement Covid-19 leur avait « ouvert les yeux ». Ils étaient avant enfermés sans le savoir dans la caverne, certain que ce monde était sans doute imparfait, mais le meilleur qui soit, les gouvernements s’employant à réparer les maux de celui-ci. Covid-19 leur donna la conscience que médias et politiques ne réparaient pas les maux mais les créaient, tout en s’employant à feindre sans cesse, activité indispensable, qu’ils oeuvraient au bien : cela s’appelle « relations publiques » et « communications », reléguant le vrai journalisme à une plaie que la caste médiatico- politique se devait de combattre sans relâche, en nous répétant sans cesse pour être fidèle à son principe qu’elle ne faisait que la défendre, bavant sans relâche les mots « liberté d’expression » et « liberté de la presse ».
Nombreux se sont donc fait piquer « malgré eux », sans y avoir été explicitement obligés. Ils sont donc pris dans cette quasi inextricable situation de devoir reconnaître qu’ils se sont trompés, malgré qu’ils le savaient ou qu’ils le pressentaient, espérant pour certains, comme à la roulette russe, n’en subir aucun effet, pour d’autres que ce n’était là que routine médicale sans danger. Cela génère donc une dissonance cognitive chez des individus dont les effets s’agrègent pour agir sur le collectif et donc la société, créant une anomie à un point que même l’état de guerre ne connaît pas, c’est-à-dire une « désorganisation, déstructuration d’un groupe, d’une société, causée par la disparition progressive de lois, de normes, de valeurs communes », générant la déréliction, cet « état de l’être humain qui se sent abandonné, laissé à lui-même, sans secours divin ».
Les plus atteints par les effets de la névrose collective, aveugles devant la vérité, voient dans l’événement Covid- 19 quelque chose de superficiel, un épiphénomène (3) alors que Covid 19 est un événement primaire qui nous permet de saisir le phénomène essentiel, à savoir le monde dans lequel nous sommes. Laissons ces derniers dans leur délire. Pour les autres, par contre, allons au-delà de la division que le pouvoir entretient et tendons-leur les bras.
La conscience conjuguée à l’impuissance confine à la dépression, au délire ou à la déréliction. Nous sommes collectivement dans un état de société post-pré-traumatique, l’individu étant sans cesse soumis à de nouveaux chocs, sans savoir quand adviendra le prochain – d’où l’impossibilité de se projeter dans le futur, fait dramatique pour tout le monde, mais bien plus pour les enfants et jeunes adultes.
Il n’y a que la convivialité qui puisse nous permettre de refaire société, au-delà des petites différences, pour pouvoir débattre et, enfin, substituer aux luttes horizontales des luttes verticales qui seules permettront un véritable changement de paradigme.
Alexandre Penasse
Que sont devenus les compl-autistes ? Partie 2
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Nicolas Bart
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Le cordon sanitaire : protection de la démocratie ou protection contre la démocratie ?
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Big Mother veille sur vous (partie 1/4)
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Et si on jouait ?
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Les « vrais résistants », apôtres de la division
Alexandre Penasse
Lecourr(oux)ier de Luc Rainien
FILS DE PUB – Influenceurs en pagaille
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Marzie Flodienka
Les interviews et témoignages que vous allez voir ont été recueillis en Russie, plus particulièrement à Moscou, Nijni Novgorod et dans le Donbass, lors d’un press tour organisé entre le 11 et 21 septembre 2025, avec des politiciens, journalistes, blogueurs et figures publiques des quatre coins du monde. Une immersion au-delà du rideau de fumée. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé dans toutes les salles libres.
Balade à Moscou avec Laurent Brayard, journaliste, écrivain et historien.
Les prochaines semaines, vous pourrez bénéficier de nombreuses interviews et reportages: Laurent Brayard, Christelle Néant, Fiana Savenkova, des soldats du détachement Pushkar, du bataillon Maksim Krivonos; des témoignages de journalistes de Donetsk ou d’étudiants de l’université; un reportage exclusif à Marioupol ainsi qu’à l’usine Azovstal; les récits d’habitants bombardés depuis 2014 par le gouvernement de Kiev à Gorlovka, ainsi que le témoignage d’un citoyen américain ayant quitté son pays pour rejoindre les forces armées ukrainiennes se battant contre l’armée de Kiev. Nous terminerons cette série par un documentaire diffusé là où le débat est encore possible.

Par Serge Van Cutsem
Après avoir promis la paix en Ukraine en 24 heures, Donald Trump adopte désormais une posture de chef de guerre par procuration. Dans un revirement spectaculaire, il appelle à une reconquête totale par Kiev, tout en annonçant que les États-Unis continueront à livrer des armes… mais que l’Europe paiera la facture et enverra les soldats. Comme toujours, l’Amérique fait la guerre à distance, sur le sol des autres, avec le sang et l’argent des autres. Et pendant que l’OTAN se frotte les mains, Trump enterre définitivement son image d’anti-système.
Il fut un temps – pas si lointain – où Donald Trump jurait ses grands dieux qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine « en 24 heures », qu’il couperait le robinet à dollars et à missiles, qu’il réduirait l’OTAN à un club de discussion vaguement stratégique, et qu’il ferait passer l’Amérique avant les lubies guerrières de l’Europe.
Mais ça, c’était avant son étrange mue. Avant qu’un clone sous stéroïdes globalistes ne prenne le contrôle de son compte X Truth Social pour publier une déclaration aussi inattendue que délirante : « L’Ukraine peut reconquérir toute son intégrité territoriale, avec l’aide de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous fournirons les armes, et bonne chance à tous ! »
Pardon ? Qui parle ? Donald Trump ou Victoria Nuland ? Même Joe Biden, dans ses rares jours de lucidité, n’aurait pas osé…
En quelques lignes, le chef autoproclamé de l’Amérique souverainiste est devenu le porte-parole zélé de l’Alliance atlantique. Celui qui dénonçait hier les aventures militaires ruineuses annonce aujourd’hui, avec l’enthousiasme d’un VRP des cinq cavaliers de l’Apocalypse industrielle[1] , que les livraisons d’armes vont se poursuivre. À charge pour l’OTAN de s’en « débrouiller ». Traduction : que ça explose, que ça saigne, mais surtout … que ce soit loin de chez nous.
Et là est toute la subtilité toxique de la manœuvre : Trump ne propose pas d’envoyer un seul soldat américain, pas une goutte de sang yankee ne coulera. Pas un dollar de plus que ce que le complexe militaro-industriel jugera rentable. En bon businessman, il propose à l’Europe de financer le conflit, de se saigner aux quatre veines jusqu’à appauvrir totalement sa population, pour entretenir une guerre sans fin, pendant que l’Amérique reste à l’abri, encaisse les profits, et regarde les troupes européennes aller au casse-pipe. Et ça, ce ne sera pas la première fois dans l’histoire de ce grand pays qui s’enrichit avec des bombes.
Faire la guerre, oui – mais avec l’argent des autres, les morts des autres, et les ruines des autres.
Mieux encore : Trump ridiculise la Russie, qu’il compare à un tigre de papier. Après des années à louer la puissance de Vladimir Poutine et à se présenter comme l’homme du dialogue musclé, le voilà qui sonne la charge : « La Russie est à genoux, l’économie est en miettes, et l’Ukraine n’a jamais été aussi forte. » Il ne manque plus que l’appel à une contre-offensive vers Moscou avec la bénédiction du Pentagone.
Mais ce n’est pas une première depuis son retour au pouvoir. Déjà après le carnage de Gaza, Trump avait jeté aux orties son image de pacificateur du Moyen-Orient, préférant applaudir les bombardements massifs sur des populations civiles, quitte à surpasser Biden dans l’indécence guerrière. Cette fois, c’est l’Ukraine qui sert de théâtre à son virage idéologique.
Ceux qui croyaient voter pour l’anti-système en 2024 découvrent, médusés, qu’ils ont élu un clone atlantiste. L’Amérique d’abord ? Disparue. La paix dans le monde ? Remise à plus tard. Le réalisme géopolitique ? Enterré sous une avalanche de missiles livrés aux généraux d’opérette qui se prennent pour Napoléon en pantoufles.
Et pendant ce temps, le complexe militaro-industriel se frotte les mains. Peu importe le président, pourvu que les usines tournent. Trump l’homme libre est devenu Trump le logisticien de l’OTAN, un simple fournisseur d’armes avec le sourire. Il a troqué la casquette rouge MAGA pour un képi de sergent-recruteur européen. Le tout, sans se mouiller.
Certains y verront du cynisme, d’autres une trahison électorale. Personnellement j’y vois un aveu : même Trump n’a pas résisté aux pressions de l’Etat Profond. L’Empire, c’est comme une centrifugeuse. Il vous attire, vous retourne, et vous recrache dans le sens du vent. Il promettait de nettoyer le marais, mais il s’y promène désormais en guide touristique, veillant à ne froisser aucun crocodile.
Alors non, Trump ne mettra pas fin à la guerre en Ukraine. Il l’alimente, il l’encourage et il la justifie avec les mots de ceux qu’il prétendait combattre.
À ce rythme, on attend avec impatience son prochain slogan de campagne : « Make NATO Great Again »
Et comme toujours, l’Histoire se répète, travestie sous les habits neufs d’un “plan de paix”.
Derrière les sourires diplomatiques et les ultimatums maquillés, l’objectif reste inchangé : dédouaner Israël, diaboliser les Palestiniens et offrir à Washington un vernis d’arbitre impartial. Ce “cadre en vingt points” n’a jamais été pensé pour aboutir, il a été construit pour échouer et transformer cet échec programmé en argument politique.
Car le véritable message, soigneusement emballé dans le papier glacé des conférences de presse, est simple : “Regardez, nous avons essayé. Mais encore une fois, ce sont eux, les Palestiniens, qui refusent la paix.”
Une manipulation rhétorique vieille comme la diplomatie de guerre : promettre la paix pour justifier la guerre, accuser la victime pour blanchir le bourreau, et travestir l’occupation en “stabilisation”.
Le résultat ? Un scénario déjà vu : le plan échoue, Israël poursuit son œuvre de destruction, et les chancelleries occidentales applaudissent la “modération” d’un processus qu’elles savent vide.
Trump, en stratège du spectacle, a simplement remis en scène le vieux mythe du faiseur de paix trahi par les extrémistes — un conte qui permet à chacun de sauver la face, sauf aux morts de Gaza.
Et pendant que les caméras filment les poignées de main, la guerre continue, la paix recule, et la vérité s’enfuit sous les décombres.
[1] Les cinq géants du complexe militaro-industriel américain (« Big Five ») : Lockheed Martin : premier fournisseur du Pentagone, > 65 milliards $ de chiffre d’affaires défense (F-35, F-22, missiles, satellites). Raytheon / RTX : ~ 70 milliards $ de chiffre d’affaires, leader mondial des missiles (Patriot, Javelin, Tomahawk, Stinger) et de la défense antimissile. Boeing Defense, Space & Security : ~ 24 milliards $ défense, spécialisé dans les avions de transport (C-17), hélicoptères (Apache), bombardiers (B-52, B-21 Raider) et satellites militaires. Northrop Grumman : ~ 36 milliards $ défense, expert en furtivité, drones et programmes spatiaux (constructeur du bombardier furtif B-21 Raider). General Dynamics : ~ 40 milliards $ défense, blindés (char Abrams), sous-marins nucléaires, systèmes de communication et d’information militaire. Ces cinq entreprises concentrent à elles seules l’essentiel des contrats militaires américains et pèsent chaque année plus de 230 milliards $ de chiffre d’affaires défense.