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Nous ferons mieux la prochaine fois.

Le pouvoir que personne ne voit : BlackRock, Vanguard et l’illusion démocratique

Jour après jour, je ne peux que constater que la toute grande majorité des gens avec qui je discute (amis, rencontres, famille…) n’ont même jamais entendu parlé de BlackRock et Vanguard … C’est quoi ? C’est qui ?

Dans toutes les discussions sérieuses sur l’état du monde, il y a des absents de taille. Tandis que les médias attirent notre attention sur les conflits, les polémiques sociétales ou les petits scandales politiques, le climat,… une réalité demeure largement ignorée : celle des véritables centres de pouvoir économique mondiaux, incarnés notamment par BlackRock et Vanguard. Cette ignorance n’est pas fortuite : elle est organisée, entretenue, cultivée. Et pourtant, c’est peut-être le fait le plus central pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

L’auteur-journaliste Pierre Jovanovic vient de publier un livre essentiel que tout le monde devrait lire, il est tellement dangereux pour la gouvernance globale que l’Elysée a tenté de le faire interner de force un weekend durant la nuit avec comme objectif la censure de ce livre intitulé 2008.

BlackRock et Vanguard sont les plus puissants gestionnaires d’actifs au monde. Cela signifie qu’ils gèrent des portefeuilles financiers gigantesques – au total, plus de 17.000 milliards de dollars cumulés en 2024 [note] – investis dans les plus grandes entreprises de la planète. À eux seuls, ils sont actionnaires majeurs de Nestlé, Google, Apple, Microsoft, Amazon, Pfizer, Bayer, Moderna, Coca-Cola, Total Energies, Shell, JP Morgan, Goldman Sachs, et la liste pourrait remplir des pages entières [note].

Mais contrairement à une idée reçue, leur pouvoir ne s’arrête pas à l’investissement passif. Ces fonds détiennent des droits de vote dans les assemblées générales. Ils peuvent influencer – et influencent – les décisions stratégiques des entreprises : nominations de dirigeants, orientations commerciales, politiques environnementales, choix industriels, voire lignes éditoriales pour les groupes médiatiques [note]. Lorsqu’un fond de ce type détient 5, 8 ou 10 % des actions d’une entreprise multinationale, son influence devient décisive.

Le plus pernicieux ? Cette concentration de pouvoir se fait dans l’ombre. Le citoyen lambda n’a jamais entendu parler de Larry Fink (PDG de BlackRock) ou des structures opaques de Vanguard, dont les propriétaires sont eux-mêmes dissimulés derrière des couches de sociétés croisées [note]. Et pour cause : les médias de masse appartiennent souvent aux mêmes cercles d’influence, eux-mêmes largement financés ou contrôlés par ces fonds [note]. Les rédactions, les écoles de journalisme, les agences de communication sont intégrées dans un écosystème qui ne remet jamais en cause les fondations du pouvoir réel.

L’illusion démocratique reste intacte. On débat de tel ou tel candidat, on s’enflamme pour une déclaration, on croit encore que nos choix électoraux auront un impact sur les décisions majeures. Pendant ce temps, des entités privées, non élues, anonymes, dictent la politique économique mondiale, influencent les politiques de santé publique, investissent dans la transition écologique tout en étant actionnaires du pétrole, et réécrivent les règles du jeu global sans jamais apparaître sur la scène.

BlackRock, par exemple, a été conseiller officiel de la Commission européenne pour la mise en œuvre du Pacte vert (Green Deal) et du plan d’investissement durable. Un rapport officiel de la Cour des comptes européenne a pointé un conflit d’intérêts manifeste, soulignant que la société conseillait l’UE tout en étant massivement investie dans les entreprises impactées par ces nouvelles réglementations [note].

Ce double jeu n’est pas une anomalie : il est systémique, il est structurel, et prospère parce que l’opinion publique ne le voit pas, ne le connaît pas.

L’éducation, dans la plupart des pays occidentaux, n’enseigne rien de tout cela. Les manuels scolaires évoquent vaguement le rôle des banques ou des marchés, mais jamais celui des gestionnaires d’actifs et des fonds de pension qui, dans les faits, possèdent le monde. Cette absence de savoir rend les peuples désarmés, incapables de nommer ceux qui agissent, incapables de se défendre. Et c’est précisément ce que souhaite le système : une masse distraite, fragmentée, émotionnellement manipulée et structurellement impuissante.

Dans cette logique, le citoyen croit boycotter une marque ou « choisir » une alternative. Il ne fait que naviguer à l’intérieur d’un système où les mêmes géants financiers possèdent tous les choix disponibles. Vous voulez quitter Facebook pour Instagram ? C’est Meta. Vous quittez Coca pour Sprite ou Pepsi ? Les trois appartiennent à The Coca-Cola Company. Vous quittez Nestlé pour Danone ? BlackRock et Vanguard sont actionnaires des deux [note].

C’est donc bien plus qu’une question économique : c’est une question de souveraineté. Tant que les nations ne reprendront pas le contrôle de leur économie réelle, de leur monnaie, de leur alimentation, de leur système de santé, de leur information et de leur énergie, elles resteront soumises à des intérêts privés mondiaux qui n’ont aucune légitimité démocratique, et encore moins de loyauté envers les peuples.

Mais tout cela repose sur un seul point faible : le secret. Ce pouvoir immense ne peut exister que tant qu’il reste invisible. Dès que les citoyens ouvrent les yeux, dès qu’ils nomment les choses, dès qu’ils identifient les structures, un basculement devient possible. Le rideau tombe. Et avec lui, la mascarade.

Il ne s’agit pas de brandir des slogans, d’invoquer des courants politiques. Il s’agit de comprendre les mécanismes, d’expliquer, de vulgariser, de transmettre. Car l’arme la plus puissante contre l’oppression silencieuse, c’est la connaissance partagée et pour cela seuls les médias citoyens (nommés aussi alternatifs ou complotistes) sont à la hauteur. Pour autant que la censure de plus en plus visible et féroce ne se décide pas à les interdire pour ne plus permettre qu’à une PRAVDA 2.0 occidentale d’alimenter tous les médias mainstream.


Serge Van Cutsem

Arno van Kessel et plusieurs souverainistes arrêtés avec une forte démonstration du pouvoir

Article de Ido Dijkstra, 12 juin 2025, De Andere Krant, article original

Arno Van Kessel et plusieurs souverains arrêtés après une démonstration de force

Image : Arno van Kessel

L’avocat qui poursuit Rutte et Gates arrêté par une équipe spéciale de la police

L’avocat de Leeuwarden, Arno van Kessel, a été extirpé de son lit tôt mercredi matin. L’avocat, qui avait engagé des poursuites contre Bill Gates, Mark Rutte et l’État néerlandais, entre autres, a été interpellé avec force et emmené les yeux bandés par la police, selon des sources proches de l’avocat. 

Selon des sources proches de Van Kessel, une équipe d’une quinzaine de policiers a perquisitionné son domicile pendant des heures. La police a publié mercredi un communiqué annonçant l’arrestation, entre autres, de deux hommes d’une soixantaine d’années originaires de Leeuwarden. Van Kessel fait partie de ces personnes. « Le mercredi 11 juin, la police a arrêté huit personnes à différents endroits du pays. Elles sont soupçonnées d’avoir commis ensemble des infractions pénales visant à collecter ou à utiliser des armes et/ou des substances dangereuses. Les suspects sont tous en détention provisoire », peut-on lire sur politie.nl. « L’enquête menée par la police et le ministère public du nord des Pays-Bas porte sur un réseau criminel, au sein duquel un grand nombre des suspects arrêtés adhèrent à une idéologie anti-institutionnelle et pourraient avoir l’intention de recourir à la violence. » La police affirme notamment avoir saisi des armes, des munitions, des stupéfiants, de possibles explosifs et de possibles substances dangereuses. Lors de l’arrestation précédente d’un couple de Geesteren, la police avait également affirmé avoir trouvé des explosifs. En réalité, il s’agissait d’une vieille boîte de feux d’artifice qui traînait dans un coin oublié de l’un de leurs entrepôts depuis des années.

Le timing de l’intervention policière est remarquable. Dans moins d’un mois, le 9 juillet, débutera l’audience au fond dans plusieurs procès internationaux très médiatisés intentés par Van Kessel contre le milliardaire Bill Gates, l’ancien Premier ministre Mark Rutte, l’ancien ministre Hugo de Jonge et le directeur de Pfizer Albert Bourla, entre autres. Ces affaires tournent autour des questions centrales suivantes : la politique de lutte contre le coronavirus s’inscrit-elle dans le programme de réformes mondialistes du « Great Reset » et le vaccin contre le coronavirus est-il une arme biologique ? Les sceptiques soupçonnent que l’association de Van Kessel à une organisation criminelle vise à nuire à sa réputation, ce qui devrait garantir que le contenu de ces affaires soit étouffé.

Il est frappant que des proches de Van Kessel affirment qu’il n’est pas du tout un soi-disant souverain, en partie parce que cette idéologie est incompatible avec la profession d’avocat et parce qu’il ne soutient pas personnellement cette vision. Un membre du conseil d’administration de la Fondation Recht Oprecht ( gerechtrecht.online ), qui finance le procès, a déclaré à ce journal : « Un avocat de renom, l’un des rares à oser s’en prendre à l’État, est arrêté un mois avant un procès d’une importance capitale. C’est tout à fait remarquable. »

Peter Stassen, l’avocat avec lequel Van Kessel mène les procédures, n’a pas souhaité commenter l’arrestation de Van Kessel. Il a toutefois confirmé à De Andere Krant que les actes de procédure relatifs aux procédures prévues pour le 9 juillet avaient été déposés par lui et Van Kessel au tribunal de district de Leeuwarden dans les délais.

Ailleurs dans le pays, plusieurs souverains ont été arrêtés, notamment en Overijssel. La chaîne régionale RTV Oost en parle longuement. Le média rapporte, en s’appuyant sur des témoins oculaires, que deux personnes ont également été arrêtées avec une grande violence. Elles sont actuellement détenues à Holten.

Le Service d’Intervention Spéciale (DSI) a été déployé dans le cadre de cette opération policière. Aux Pays-Bas, le DSI est le service de coordination chargé des opérations nationales des unités spéciales de la police et de la défense. Créé le 1er juillet 2006, le DSI est en mesure d’intervenir rapidement et efficacement en cas d’attaque terroriste ou d’autres troubles violents de l’ordre public et de la sécurité, pour lesquels la police régulière est insuffisamment équipée.

RTV Oost rapporte que de nombreuses personnes en costume blanc ont été aperçues lors de l’arrestation. Hans, témoin oculaire, a déclaré à la présentatrice n’avoir jamais remarqué d’activités criminelles. « Ils menaient une vie plutôt retirée. Ils ne s’impliquaient jamais vraiment dans la vie du village. Mais ils étaient très amicaux. Nous discutions souvent par-dessus la haie. Et il m’aidait pour des petits travaux à la maison. Des gens vraiment très sympathiques. »

https://www.oost.nl/nieuws/3530625/update-bewoner-hans-van-boerderij-na-arrestatie-huurders-we-kwam-naar-ommen-voor-onze-rust

https://www.politie.nl/nieuws/2025/juni/11/01-onderzoek-naar-crimineel-netwerk—acht-verdachten-aanhouden.html

https://deanderekrant.nl/nieuw-hoofdstuk-in-rechtszaak-tegen-bill-gates-en-mark-rutte/

Quand l’observateur devient le surveillant : une mise au point salutaire

Serge Van Cutsem

Contexte

En mai 2025, le Conseil de l’Ordre des Médecins a levé la majeure partie des accusations initiales contre le docteur Alain Colignon. Pourtant, certains médias — dont La Libre — continuent à relayer une image déformée de cette affaire, entretenant ainsi une confusion entre réalité juridique et storytelling médiatique.

Cette lettre ouverte (voir ci-dessous) constitue une mise au point journalistique adressée à la rédactrice concernée, mais aussi à tout lecteur soucieux de comprendre comment l’information peut, parfois, se transformer en instrument de pouvoir.

Il ne s’agit pas d’un simple courrier d’humeur, mais d’un recadrage nécessaire : un droit de réponse argumenté émanant d’un lecteur fatigué d’une dérive devenue trop fréquente — celle d’un journalisme qui, au lieu de relater les faits, devient l’écho complaisant du pouvoir qu’il est censé questionner.

Il était indispensable de faire remarquer à Madame Annick Hovine les affirmations tendancieuses, les omissions flagrantes et le biais rédactionnel évident contenus dans son article. Ce courrier n’est pas un pamphlet et il ne contient aucune agressivité. Il ne cherche pas à humilier, mais à rétablir des faits déformés dans un climat où les amalgames et le narratif imposé remplacent trop souvent l’analyse factuelle. Il a été rédigé dans le respect de la Charte de Munich, dont il faut relire tout particulièrement son article fondateur sur l’indépendance du journaliste . 

Aujourd’hui, dans la plupart des salles de rédaction, on sait parfaitement ce qu’il ne faut pas dire ou écrire. Ce n’est même plus de la censure : c’est devenu une discipline silencieuse.

Enfin, ce texte est aussi un avertissement amical à celles et ceux qui croient encore pouvoir manipuler sans réponse. Car le silence n’est plus une option, et la crainte doit changer de camp. Ne pas réagir, ne rien dire, tout accepter : c’est se rendre complice passif du mediavers, ce simulacre d’univers médiatique qui colonise peu à peu notre rapport au réel.

La réponse éventuelle sera bien entendu publiée dans le cadre d’un droit de réponse d’ores et déjà accordé. Une absence de réponse sera tout aussi instructive.

En guise de conclusion : Et si, pour retrouver un vrai journalisme, il fallait commencer par réapprendre à désobéir ?

Guerre Israël-Palestine : distinguer droit à la résistance, terrorisme et terrorisme d’État

Selon le droit international, les mouvements de résistance doivent poursuivre des objectifs nobles et utiliser des moyens légitimes pour être considérés comme légitimes et non comme terroristes. Cette distinction est cruciale pour empêcher les puissances coloniales ou les régimes d’invoquer le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour éliminer des mouvements de résistance légitimes.

En droit international, la résistance armée en situation de colonisation est souvent associée aux luttes de libération nationale. Selon le Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949, les conflits armés dans lesquels des peuples luttent contre la domination coloniale, l’occupation étrangère ou les régimes racistes dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination sont considérés comme des conflits armés internationaux et non du terrorisme, sauf si cela s’exerce contre des civils. C’est pourquoi même en situation coloniale de la Palestine, des actions violentes contre des civils israéliens telles celles du Hamas en octobre 2023 relèvent du terrorisme ou de crime de guerre. Mais pas si ces attaques portent sur les forces armées israéliennes. Dans ce cas là, il s’agit de résistance.

Dans le contexte des peuples sous domination étrangère ou coloniale, le droit à la résistance est affirmé par des résolutions de l’ONU, comme la Résolution 2621 (XXV) de 1970, qui reconnaît « le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre la domination coloniale et étrangère ».  Le droit à la résistance en droit international désigne la possibilité, pour des peuples ou des individus, de s’opposer à la tyrannie, à l’oppression ou à l’occupation, notamment lorsque les droits fondamentaux sont bafoués et qu’aucun autre recours n’est possible. Ce droit n’est pas toujours explicitement formulé dans les textes internationaux, mais il est reconnu de manière indirecte, par exemple dans le Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, qui évoque la légitimité de la révolte contre la tyrannie et l’oppression comme ultime recours[note].

Cependant, ce droit à la résistance s’exerce dans certaines limites : le droit international humanitaire impose le respect de principes comme la distinction entre civils et combattants et la proportionnalité dans l’usage de la force. Sinon, on passe du droit à la résistance, au terrorisme. Par conséquent, le droit à la résistance est reconnu comme un droit de nécessité face à l’oppression, mais il reste encadré et sujet à interprétation selon les situations et les textes applicables.

En droit international le terrorisme n’existe que contre les civils. Durant les périodes de guerre, les différents discours et le choix des mots relèvent majoritairement du partisianisme, donc plus ou moins de la propagande de guerre. C’est le cas du terme terroriste et cela depuis des dizaines d’années au moins. Mais comment définir le terrorisme ? Il n’existe pas de définition unique du terrorisme, même dans le droit international. Voici la définition du terrorisme, selon le célèbre philosophe Jacques Derrida  : « Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y impliquant à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population) ».

Quant à l’assemblée générale des Nations unies, elle reprend aussi l’idée de terroriser et elle a défini le terrorisme ainsi : « Les actes criminels qui, à des fins politiques, sont conçus ou calculés pour provoquer la terreur dans le public, un groupe de personnes ou chez des particuliers dont les actes sont injustifiables quels que soient les motifs de nature politique, philosophique, idéologique, raciale, ethnique, religieuse ou autre que l’on puisse invoquer pour les justifier ». Cependant, cette définition ne fait pas véritablement consensus dans le droit international.

Dans certaines définitions, une armée qui attaque un autre État ne pratique pas le terrorisme. Si le Hamas est considéré comme l’armée de la Palestine, il n’est donc pas terroriste. Or, la Palestine n’est reconnue que par une partie des nations dans le monde comme étant un État, et donc elle n’a donc pas d’armée régulière. Cependant, la résolution de 1948 disant qu’elle est un État, elle s’avère donc légitime pour disposer d’une armée régulière. Néanmoins, même lorsque cette dernière existe ou est reconnue comme telle, lorsqu’une attaque est commise contre des civils par une armée étrangère, on la qualifie de crime de guerre. Par conséquent, même une armée régulière peut commettre des crimes de guerre : c’est régulièrement le cas de Tsahal, l’armée d’Israël, et c’est le cas aussi de la branche armée du Hamas. Compte tenu que la Palestine ne dispose pas d’un État reconnu par toutes les nations du G8, donc que son armée n’est pas collectivement reconnue, il est plus facile de considérer que la défense ou les attaques du Hamas palestinien contre Israël relèvent du terrorisme.

Si on considère que le terrorisme consiste à commettre des actions violentes qui ne relèvent pas du monopole légitime de la violence d’État, de la police ou de l’armée, dans ce cas le Hamas comme les résistants français durant les deux guerres mondiales étaient des terroristes. De même, si on définit cette fois le terrorisme comme des violences physiques contre des civils, dans ce cas, il s’agit donc toujours de terrorisme pour le Hamas, mais aussi de terrorisme d’État pour Tsahal. Enfin, si le terrorisme est défini comme une violence physique à finalité politique, dans ce cas le Hamas et l’armée israélienne sont encore des terroristes, puisqu’ils ont chacun un but politique, libérer leur territoire de ceux qu’ils considèrent comme les occupants.

Nous avons examiné plusieurs définitions et les conséquences qu’elles impliquent. Cependant, il n’est pas juste, ni éthique de choisir une définition quand ça nous arrange et une autre quand ça nous dérange. Or, la justice véritable suppose la justice en équité et en vérité. De plus, le transfert forcé de population est considéré en droit international comme un crime de guerre. Or c’est le cas à Gaza depuis octobre 2023. Il en est de même concernant la zone tampon d’un kilomètre autour de Gaza créée avant 2023.

Les assassinats et les enlèvements de civils par le Hamas du 7 octobre 2023 relèvent bien sûr du terrorisme, puisque des civils ont été tués ou kidnappés. Mais les attaques contre les militaires israéliens relèvent du droit à la résistance contre le non-respect du droit international lié à la colonisation. Quant aux attaques de l’armée Israélienne contre les civils palestiniens de Gaza et de Cisjordanie commises depuis octobre 2023 et auparavant, elles relèvent de crimes de guerre en droit international. On peut aussi les qualifier de terrorisme d’État, même si cette catégorie n’existe pas encore dans le droit international. Voici des exemples de pratiques qui peuvent être considérées comme du terrorisme d’État et qui ont été le fait de l’armée israélienne : assassinats ou bombardements de civils, attaques meurtrières contre des écoles et des hôpitaux, usage d’armes chimiques ou biologiques, exécutions extra-judiciaires, disparitions forcées, détention arbitraire, tortures, organisation volontaire de la famine et de la privation de soins…

La définition des termes, l’usage correct ou manipulé des mots relève aussi d’une des armes de la guerre : la guerre par l’idéologie. Elle s’oppose à la lutte pour des systèmes de pensée au service de la vérité. Chaque camp lutte pour imposer sa vision et donc ses définitions, et les médias en sont les relais.

Thierry Brugvin, sociologue, MCF associé.

Complotiste réhabilité, médias recalibrés ? Non, recroquevillés

Serge Van Cutsem

(Illustration Isabelle Biquet)

L’arrêt du 6 mai 2025 rendu par le Conseil d’appel de l’Ordre des Médecins dans l’affaire du docteur Alain Colignon constitue un tournant discret et pourtant fondamental, et celui-ci ne concerne pas uniquement la Belgique car il y a fort à parier qu’il pourra faire jurisprudence au sein de tous les pays qui ont maltraité tous les membres du corps médical qui ont eu comme seul tort d’avoir raison et surtout d’avoir respecté à la lettre le serment d’hypocrate.

Alors que ce médecin intègre et courageux avait été lourdement sanctionné en 2022 pour ses prises de position sur la gestion du Covid-19, la cour d’appel rejette désormais l’essentiel des accusations, reniant ainsi ses thèses de 2022.

Mais ce retournement embarrasse certains médias, qui préfèrent travestir l’événement.

Car en réalité, que dit ce jugement en appel, en le résumant au mieux car le texte intégral est très indigeste pour le citoyen lambda.

1. Il n’y a aucune faute sur le fond :

Le docteur Alain Colignon ne peut pas être sanctionné pour ses opinions médicales (traitements, vaccins, etc.). La cour reconnaît d’ailleurs que ses propos relèvent de l’intérêt général, qu’ils s’inscrivent dans le débat public, et que rien ne justifie une censure. Même si ses opinions dérangent, elles sont protégées par la liberté d’expression. On ne peut pas s’empêcher de mettre ce jugement en parallèle avec celui concernant le docteur Christian Perronne en France, où le Conseil de l’Ordre a blanchi le professeur Perronne après l’avoir violemment condamné.

2. Il y a faute sur la forme :

Il est en revanche sanctionné pour des propos virulents et dénigrants envers des confrères et le président de l’Ordre. Comparaisons exagérées, attaques personnelles : ces excès sont jugés contraires à la déontologie. La sanction se limite à 2 mois de suspension. Il s’agit purement d’un moyen de s’en sortir par le haut, mais le docteur Alain Colignon a déjà décidé de se pourvoir en cassation.

C’était bien entendu sans compter sur nos chers médias mainstream et propagandistes qui restent fermement figés sur le passé et aveugles sur la réalité d’aujourd’hui, quoique ce soit plus fin qu’il n’y paraît de prime abord.

Ils présentent cette victoire en la travestissant, comptant sur l’habitude de leurs lecteurs à s’arrêter au titre. En effet, la soif d’information n’est plus leur moteur de réflexion, pourvu que ces titres les rassurent et surtout confortent leurs croyances.

Pourtant, cet arrêt acte une réelle réhabilitation de manière incontestable. L’Ordre, qui avait sanctionné sévèrement le docteur Colignon pour ses prises de position, reconnaît désormais qu’elles ne justifient aucune sanction disciplinaire, mais pour ne pas se dédire totalement, il conserve une petite sanction, sur la forme. C’est un recul institutionnel déguisé en fermeté pour ne pas perdre totalement la face.

Le rôle malfaisant des médias

Dans cette affaire, le comportement de certains médias, entre autres Le Soir, La Libre, mais pas que, apparaît non seulement biaisé, mais activement malfaisant. Leur couverture de l’arrêt d’appel ne vise pas à informer, mais à entretenir une fiction punitive à des fins idéologiques.

Alors même que l’Ordre reconnaît que le docteur Colignon ne peut être sanctionné pour ses opinions médicales, Ces médias persistent à le désigner comme « proche de la sphère complotiste » et à parler de « conseils aberrants », recyclant ainsi les termes de l’ancienne condamnation qui a été annulée.

Ce n’est plus de l’information, c’est du formatage. Ce n’est plus une erreur, c’est une intention.

La méthode est simple : ne jamais admettre que ceux qui avaient raison trop tôt ont eu raison tout court. En agissant ainsi, ces médias ne corrigent pas le récit, ils verrouillent le présent pour protéger leurs mensonges passés.

Ils refusent la complexité, ils refusent le doute, ils refusent la démocratie du débat. Ils persistent à confondre science et scientisme.

Mais surtout, et c’est cela qui est le plus important, ils préparent le terrain pour la prochaine campagne d’intimidation narrative, qu’il s’agisse d’une nouvelle pandémie, d’une crise climatique, ou de toute autre urgence où la vérité devra obtenir un visa de conformité avant de voir le jour.

Et si d’aventure la vérité devait être enfin verrouillée et le débat définitivement ouvert et permis, ils se réservent ainsi une position de repli. Mais une demi-vérité n’est jamais qu’un mensonge déguisé.

L’affaire Colignon révèle un malaise plus profond : les institutions commencent à corriger leurs excès, mais les médias restent les gardiens d’un récit figé. Une démocratie mûre devrait permettre à chacun de s’exprimer, sans risquer l’exclusion ou la diffamation. Ce que cette affaire met en lumière, c’est le pouvoir immense de la presse à déformer les faits pour maintenir une vérité de convenance, même contre l’évidence juridique.

Il ne s’agit donc plus d’un problème de traitement médiatique ponctuel. Il s’agit d’un dérèglement structurel du rôle de la presse. Et si ce phénomène n’est pas dénoncé et contrecarré, il continuera d’alimenter l’érosion du débat démocratique, en faisant des médias non plus des contre-pouvoirs, mais des organes d’alignement idéologique.

Cette stratégie est également un outil de conditionnement. En refusant d’admettre que le débat était légitime, en diabolisant toute voix discordante, les médias traditionnels posent les jalons d’une obéissance future. Ce n’est pas seulement le passé qu’ils verrouillent : c’est le futur qu’ils balisent. Ainsi, lorsqu’une prochaine crise surviendra — sanitaire, climatique, ou autre — le public sera déjà préparé à désigner les bons et les méchants, à savoir qui écouter et qui ignorer, et aussi à censurer sans réfléchir en s’érigeant kapos du pouvoir, ce qui rappelle des années très sombres.

Mais à mesure que le temps passe, et que les faits rattrapent les dogmes, ces médias sont confrontés à une impasse : ils doivent soit reconnaître qu’ils se sont trompés, soit persister dans le mensonge. Ils choisissent, pour l’instant, la seconde option. C’est un choix stratégique : il ne s’agit plus d’informer, mais de survivre en tant qu’autorité narrative.

Les médias institutionnels n’ont jamais supporté l’idée que des médecins, scientifiques ou journalistes indépendants aient pu, dès 2020, identifier les dérives de la gestion sanitaire. Il était vital pour eux de les neutraliser symboliquement, en les assignant à la marge, dans un enclos lexical : « complotistes », « antivax », « extrémistes ». Cela a permis de suspendre le débat, de bloquer toute remise en cause du discours dominant.

Pourquoi tant d’empressement à continuer de le qualifier de « complotiste », alors que même la juridiction disciplinaire — pourtant rarement indulgente avec les voix dissidentes — reconnaît qu’il ne doit pas être sanctionné pour ses opinions médicales ?

Parce que reconnaître qu’il avait raison reviendrait à admettre l’échec de toute une chaîne d’obéissance : politiques, experts officiels, et journalistes, le tout étant sous l’emprise de Big Pharma.

Au-delà de cette affaire, ce qui se joue ici est bien plus vaste. Les médias dits « de référence » ne sont plus, depuis longtemps, de simples relais d’information neutres. Ils sont devenus des instruments de pouvoir, des prescripteurs de vérité officielle. Leur rôle n’est plus de rapporter les faits, mais de les encadrer, de les hiérarchiser, de les interpréter à travers le prisme de récits imposés. L’affaire Colignon en est une illustration frappante car ils en sont même arrivés à travestir les décisions de l’Ordre de Médecins, se disant en aparté : << Mince alors, même eux nous ont lâchés >>.

Le journalisme du XXIe siècle, tel qu’il se dessine ici, ne cherche plus à dire le réel, mais à le discipliner, à le fondre dans le récit, le narratif.

On parle du #69

Avril / Mai 2025

Le numéro 69 du journal est disponible ici: https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-69/

L’Europe: une destruction programmée

Interview d’Aldo Sterone: essayiste.

[INTERVIEW] Claude JANVIER

La décadence française. Pourquoi? Que faire?

Claude Janvier est un écrivain-essayiste.

L'abandon français: Quelque chose est pourri dans mon royaume de France par Izambert

Son dernier ouvrage en collaboration avec Jean-Loup Izambert est disponible ici: https://www.babelio.com/livres/Izambert-Labandon-francais-Quelque-chose-est-pourri-dans-/1812805

Le véhicule électrique, la grande mystification écologique

Serge Van Cutsem

Illustration : IB

Dans une Europe obsédée par son image verte, la face sombre de cette électrification débridée est totalement occultée par les dirigeants. Citons d’emblée un des chiffres que personne ne veut entendre, et il est loin d’être exhaustif : avant même que la voiture électrique ne quitte l’usine, elle aura à elle seule nécessité l’extraction de 75 tonnes de minerais pour une batterie de 75 kWh sans oublier l’émission de 20 tonnes de CO₂ émises. Et ce n’est là que la première dissimulation d’une technologie prétendument propre car derrière ce vernis vert se cache une logistique planétaire destructrice, une industrie minière exploitant les enfants et un modèle économique au-delà du bon sens.

Ces véhicules électriques vous sont vendus comme ultra-pérennes avec un avenir décarboné, mais cette illusion s’effondre dès qu’on analyse la chaîne de production. Les batteries lithium-ion, composées de lithium, cobalt, nickel, manganèse et graphite, nécessitent des ressources rares, extraites dans des conditions souvent inhumaines. Ainsi au Chili, jusqu’à 2 millions de litres d’eau sont requis pour produire une tonne de lithium, dans un désert déjà assoiffé. En RDC, les mines artisanales de cobalt voient des enfants risquer leur vie, sans protection, pour quelques euros par jour. Comme dans quasiment tous les domaines que l’écologie approche, l’indignation est systématiquement à la fois sélective et occultante. Elle agit comme un prestidigitateur : pendant que sa main gauche détruit la planète, elle vous montre une fleur de la main droite.

Quant au recyclage des batteries, il s’agit d’une vaine promesse verte de plus. Souvent présenté comme une solution écologique, celui-ci se heurte à une réalité bien moins reluisante. Derrière l’idée séduisante de récupérer les métaux précieux (lithium, cobalt, nickel…), les procédés mis en œuvre – pyrométallurgie à haute température ou traitements chimiques lourds – restent très énergivores et polluants. Le coût carbone du recyclage, surtout lorsqu’il dépend d’une électricité issue du charbon, peut s’approcher de celui de la fabrication initiale.

De plus, l’efficacité reste limitée : une partie importante des matériaux, comme le lithium ou les électrolytes, est perdue ou trop complexe à récupérer. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques majeures (transport, stockage, sécurité), qui alourdissent encore le bilan environnemental. Mais surtout, cette filière ne permet pas de répondre à l’explosion de la demande mondiale. La quantité de batteries recyclables reste marginale face à la production nécessaire, et la dépendance aux métaux rares reste entière. Le recyclage n’est donc ni une solution miracle, ni une alternative propre. Il agit davantage comme un vernis écologique que comme un véritable levier de durabilité. En l’état, c’est une rustine coûteuse sur une fuite bien plus large.

Et il y a pire dans cette gigantesque arnaque, car le véritable coût environnemental global est volontairement exclu des bilans carbone officiels. Seule la phase d’utilisation est volontairement comptabilisée, occultant la réalité : durant son cycle de vie une voiture électrique émettra plus de CO₂ qu’un véhicule thermique bien conçu, mais cela les médias ne le disent ni ne l’écrivent jamais.

Encore une autre mascarade amusante ? Vous verrez toujours les consommations annoncées selon les fameux tests WLTP[1], dont presque personne ne connaît la signification. Ils sont utilisés pour calculer l’autonomie, mais ceux-ci sont réalisés en laboratoire clos, dans des conditions idéales, sans chauffage, à vitesse modérée, ces tests sont à la conduite réelle ce que les photos de pub sont à la vie quotidienne : une fiction. Dès que le thermomètre passe sous les 5°C, jusqu’à 40 % de la capacité des batteries disparaît. Chauffage activé ? Encore 30 à 50 km en moins. Sur autoroute ? L’autonomie s’effondre. Résultat : un Paris-Lyon en hiver devient un parcours du combattant, avec arrêts pour recharge obligatoires… pour peu qu’on trouve une borne libre, fonctionnelle et compatible, car l’UE est capable de réglementer la fixation des bouchons sur les bouteilles et boîtes de boisson mais pas le standard de chargement des voitures électriques.

Les constructeurs le savent, des tests indépendants montrent un écart qui peut aller jusqu’à 50 % entre l’autonomie annoncée et celle réellement constatée. Pire, certains logiciels sont programmés pour afficher une autonomie optimiste au début du trajet, avant de réajuster discrètement les chiffres : manipulation psychologique assumée.

Et si tout cela ne suffisait pas, une autre bombe à retardement menace : la voiture électrique est aussi un gouffre financier, cela les dirigeants le savent également. Voici un petit résumé synthétique de ce qu’on ne vous dit pas. Une fois les 160 000 km atteints, la batterie a déjà perdu 30 % de sa capacité, et ne croyez surtout pas la fameuse promesse commerciale « encore au moins 70 % après 8 ans ». Car après la garantie, la dégringolade s’accélère de manière exponentielle et le remplacement coûte entre 10 000 et 30 000 euros, donc votre voiture est bonne pour la casse. On peut estimer qu’une berline électrique familiale achetée neuve 45 000 euros vaudra à peine 7 000 euros après 8 ans, contre 12 000 à 15 000 pour son équivalent thermique. Ajoutez une batterie à 20 000 euros à remplacer, et la messe est dite.

Le prix du dogme : une industrie en ruine…[2]

Le marché de l’occasion s’effondre pour les véhicules électriques, en grande partie à cause de la vague massive de fin de leasing. Ces véhicules reviennent sur le marché sans trouver preneur : le grand public les refuse à cause de leur autonomie réduite, de leur coût de recharge, ou de l’incertitude sur la durée de vie des batteries. Les pays de l’Est ou du Sud, habituellement clients de ces véhicules d’occasion, les boudent également. Résultat : les sociétés de leasing comme Hertz se retrouvent avec des flottes invendables ou à liquider à perte.

L’exemple Hertz est emblématique du désastre. Sous pression politique, médiatique et idéologique, l’entreprise a acheté 100 000 Tesla en 2021. Mais le modèle économique s’est retourné contre elle : forte dépréciation des véhicules, coûts d’entretien élevés, refus d’assureurs. Résultat : chute libre en bourse, revente massive de véhicules, et actions en justice des actionnaires contre les dirigeants. Un cas d’école de décision précipitée guidée par la vertu apparente plutôt que par l’analyse de terrain.

Les aides fiscales ont créé un marché artificiel. Dès que les primes d’achat diminuent ou disparaissent, les ventes de véhicules électriques chutent brutalement. Cela révèle que la demande n’est pas structurelle, mais opportuniste. Le schéma rappelle les stratégies marketing où l’on distribue un produit gratuitement en espérant fidéliser un consommateur — ce qui ne fonctionne pas. Les clients viennent chercher la prime, pas le véhicule, ce qui rend toute la filière instable et dépendante de l’argent public.

La chute de valeur des VE est sans précédent : plus de 50 % de dépréciation en un an, parfois même en quelques mois. Les constructeurs majorent les prix de départ en anticipant les subventions, puis la voiture retrouve sa vraie valeur dès sa sortie de concession. Résultat : les acheteurs se retrouvent en capital négatif, avec une voiture qui vaut moins que le crédit qu’ils remboursent. Cette mécanique nourrit la défiance du marché de l’occasion et accélère le désengagement des acheteurs.

Le phénomène insidieux des bonus verts touche les grandes entreprises : des cadres dirigeants surfent sur la vague écologique pour atteindre des objectifs ‘verts’ qui leur permettent de toucher des stock-options massives. Leur engagement est purement opportuniste. Ils prennent des décisions économiquement catastrophiques, puis quittent l’entreprise avant que les conséquences ne se matérialisent. L’idéologie devient alors une stratégie de carrière, au détriment de la viabilité de l’entreprise.

L’interdiction programmée du moteur thermique équivaut à une autodestruction industrielle de l’Europe. L’industrie automobile européenne, forte de plus d’un siècle de R&D, de raffinement des moteurs thermiques et de brevets, a été contrainte d’abandonner son savoir-faire historique, son core business, pour se lancer à corps perdu — et à perte — dans une technologie où elle part avec dix ans de retard. Il faut dire qu’on ne lui a pas laissé le choix : les diktats de l’UE sont indiscutables. Le cœur historique de la compétence technique automobile — transmission, injection, combustion — est jeté à la poubelle. Or, l’Europe n’a ni les métaux rares, ni l’avance technologique, ni la main-d’œuvre bon marché pour concurrencer la Chine. Les Européens se jettent dans une bataille qu’ils sont structurellement incapables de gagner.

Le résultat de ces aberrations ? Même des constructeurs de smartphones chinois peuvent entrer sur le marché, sans effort. Car dans ce nouveau paradigme électrique, ce n’est plus l’ingénierie moteur qui prime, mais l’électronique, les plateformes logicielles, et surtout… la batterie. Et dans ce domaine le constat est brutal : l’Europe ne produit quasiment rien. L’approvisionnement est chinois à 80 %, les batteries, les cellules, le lithium transformé, les terres rares, viennent d’Asie. Même les usines européennes dites “gigafactories” ne sont souvent que des unités d’assemblage dépendantes de composants venus du continent asiatique.

Nous avons sacrifié notre indépendance industrielle au nom d’un mythe vert, pour dépendre désormais d’un quasi-monopole technologique asiatique.

Pour respecter les quotas carbone imposés par l’UE, Volkswagen a été contraint de payer la Chine via SAIC/MG pour ‘partager’ les chiffres d’émissions. Ce système de ‘pools CO₂’ est une mascarade réglementaire : les constructeurs européens doivent acheter leur droit de produire à l’étranger. Ainsi, l’argent des amendes ou des quotas part vers la Chine ou les États-Unis, sans réduction effective du CO₂ à l’échelle planétaire.

Les compagnies d’assurances n’aiment pas les véhicules électriques. Une simple suspicion de batterie endommagée suffit à classer le véhicule en perte totale, car les risques d’incendie sont difficilement gérables. Les primes explosent (+72 %), certaines compagnies refusent purement et simplement d’assurer certains modèles. Les garagistes doivent isoler physiquement les véhicules dans des zones sécurisées, ce qui alourdit encore les coûts.

Après une période d’euphorie boursière en 2021, la réalité rattrape les constructeurs. Volkswagen, Porsche, Volvo : tous voient leurs actions chuter, parfois de plus de 60 %. Volvo recule même officiellement sur ses objectifs de 100 % électrique. Cette marche arrière générale prouve que l’électrification forcée a été décidée trop tôt, sans réflexion stratégique de long terme.

Le rachat de Volvo Cars par le groupe chinois Geely illustre la perte du savoir-faire européen. Pour une somme dérisoire, la Chine a mis la main sur 80 ans d’expérience technique et d’ingénierie. Résultat : en quelques années, les voitures chinoises sont devenues plus fiables, mieux équipées et moins chères que leurs homologues européennes. La Chine ne copie plus, elle dépasse — grâce à nos propres technologies bradées.

Bruxelles savait et a imposé quand même.

Les institutions européennes ont imposé l’électrification totale en connaissance de cause. L’interdiction du thermique d’ici 2035 fut décidée sans intégrer les analyses rigoureuses du cycle de vie complet, qui montrent pourtant qu’un moteur thermique optimisé peut émettre moins de CO₂ qu’un véhicule électrique, sur l’ensemble de son existence. Pourquoi cet aveuglement ? Parce que les investissements publics massifs ont été concentrés exclusivement sur l’électrique, au détriment de toute alternative. Biocarburants, hydrogène, carburants de synthèse ? Étouffés. Non par échec technologique, mais par absence de volonté politique et d’équité budgétaire.

Mais les digues craquent. À Bruxelles et dans plusieurs capitales européennes, des voix s’élèvent enfin. L’échec est trop visible, les chiffres trop accablants. Ce n’est plus une vision, c’est une imposture industrielle.

Le tout électrique, c’est l’histoire d’un mythe industriel vendu à coups de slogans, de milliards, et de culpabilisation climatique. Ce mythe s’effondre. Et il emportera avec lui ceux qui auront refusé trop longtemps de voir le réel.

Ira-t-on rapidement vers le retour du bon sens ? Car c’ est une évidence de plus en plus visible : les constructeurs rebroussent chemin à toute vitesse. Pris à leur propre piège, ils opèrent un virage stratégique vers les hybrides rechargeables et le full hybride, que l’on prétendait jadis être une étape temporaire. Pourquoi ce revirement ? Parce que ces motorisations permettent deux choses : éviter la panne énergétique, grâce au moteur thermique embarqué et la réduction (relative) des besoins en batteries, donc en minerais, en déchets et den dépendance géopolitique.

C’est un retour au réel et un aveu : le 100 % électrique est impraticable à large échelle, et cela on le savait ! Car tous les éléments et paramètres sont connus depuis le début, il est inutile de jouer la surprise, la méconnaissance et la bonne foi. L’Europe se dépouille volontairement de sa propre industrie qui était un de ses fleurons car l’équation ne serait pas complète sans y ajouter un élément capital : la trahison technologique.

De la mise à jour à la mise au pas : l’arme silencieuse de l’industrie connectée

Il reste encore les derniers aspects à aborder, et pas des moindres. Il s’agit de la dépendance technologique et l’obsolescence logicielle programmée. La transition vers le tout-logiciel rend désormais chaque véhicule dépendant des mises à jour OTA (Over-The-Air) qui n’est pas vraiment vertueuse, car derrière les promesses d’amélioration continue se cache une mécanique bien huilée d’obsolescence logicielle programmée, subtile, mais implacable.

Les mises à jour logicielles vous sont présentées comme étant une amélioration continue : sécurité renforcée, interface modernisée, nouvelles fonctionnalités. Mais en réalité, elles servent souvent d’outil pour restreindre, désactiver, ou verrouiller des fonctions existantes, et en introduire de nouvelles… payantes.

Le gratuit aujourd’hui se transforme toujours en payant demain, mais seulement quand vous ne pouvez plus vous en passer, et cela les algorithmes et l’IA le sauront en temps voulu. N’oubliez jamais ce précepte : « Quand c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ». Ce principe s’applique désormais aux voitures comme aux smartphones. Les constructeurs copient le modèle économique des GAFAM : verrouiller, fidéliser, facturer.

Il y a déjà quelques décennies, le pérenne robuste et réparable a migré progressivement vers « l’obsolescence programmée » mais cela concernait le matériel. Avec la révolution technologique, contrairement à l’époque des voitures mécaniques, où une pièce usée se remplaçait, les voitures modernes et surtout les électriques sont dépendantes des logiciels embarqués. Cela signifie que lorsque le constructeur désire vous forcer à changer de voiture vous pouvez faire face à  la perte de compatibilité avec les nouvelles normes ou infrastructures (ex : bornes de recharge, applications de navigation, etc.), ou l’abandon volontaire du support logiciel après quelques années pour inciter à l’achat d’un nouveau véhicule. La voiture devient une plateforme verrouillée, dépendante du bon vouloir du constructeur… et de ses partenaires cloud. Chaque action (démarrer, se localiser, ouvrir le coffre à distance…) peut devenir un service monétisé, ou un levier de blocage en cas de défaut de paiement. On glisse ainsi doucement du produit acheté vers le service loué (en 2030 vous ne possèderez rien mais vous serez heureux… ça ne vous rappelle rien ?)

L’obsolescence logicielle programmée n’est pas une théorie du complot, c’est un modèle économique assumé. Il permet de rendre obsolète non plus l’objet, mais l’usage de l’objet, contrôlé à distance, conditionné à des abonnements, ou restreint par design. Ce phénomène, peu débattu, pose des questions majeures de souveraineté numérique, de transparence et de liberté de propriété.

La voiture électrique comme outil de contrôle ou la fin de la liberté de mouvement. Ce que l’automobile avait libéré au XXe siècle — la mobilité individuelle, l’autonomie, l’aventure — est en passe d’être récupéré au XXIe comme un levier de contrôle technocratique.

Sous couvert de transition écologique, la voiture électrique introduit des contraintes majeures qui remettent en question la liberté même de se déplacer :

  • Autonomie limitée : le plein d’électricité ne garantit plus l’indépendance d’antan.
  • Les trajets doivent être planifiés, rationalisés, géolocalisés.
  • L’improvisation devient un luxe.
  • Recharge sous conditions : disponibilité des bornes, prix variables selon l’heure et la localisation, gestion à distance des puissances via le réseau (smart charging). Une « liberté » conditionnée par l’infrastructure et les choix politiques.
  • Surveillance intégrée : puces, capteurs, modules connectés, télémétrie… Le véhicule devient traçable en temps réel. Les trajets, les arrêts, les comportements sont enregistrés, analysés, potentiellement transmis.
  • Fonctions désactivables à distance : en cas d’impayé, d’infraction, ou selon des critères « écologiques » prédéfinis, l’accès à certaines fonctions — voire au véhicule lui-même — peut être restreint par un simple clic à distance.

Ce n’est plus vous qui possédez la voiture, c’est elle qui vous possède… et ceci avec l’accord du constructeur, de l’État, et de votre opérateur cloud.

Et pourtant, tout n’était pas à jeter…

Car comme toujours, ce n’est pas l’objet qui ment, c’est l’usage qu’on en fait. L’intelligence technologique commence là où s’arrête la croyance idéologique. Une technologie n’est ni bonne ni mauvaise, tout dépend de son usage

Peut-être qu’après cette lecture vous ne verrez plus la voiture électrique de la même manière. En effet, loin d’être un progrès, elle marque peut-être la fin d’une époque : celle de la liberté de circuler, de la maîtrise de son véhicule, et plus largement, de l’autonomie individuelle. Ce qui se profile, ce n’est pas une révolution verte, mais une prise de contrôle douce, algorithmique et centralisée, aux airs de transition écologique.

Mais faut-il pour autant rejeter toute forme d’électrification ? Non, car pour toute chose l’excès nuit autant au refus qu’à l’acceptation. Dès le moment où l’on utilise le véhicule électrique de manière réfléchie et ciblée, les besoins en ressources sont drastiquement réduits, ce qui permet de mieux organiser la filière en amont et en aval.

L’électrique a du sens, à condition qu’on l’utilise à bon escient, avec intelligence et mesure. Un postier, un livreur urbain, un véhicule partagé ou communal pour de courts trajets peut parfaitement tirer parti de cette technologie. Là, l’impact est contenu, les limites sont connues et les bénéfices réels.

Ce n’est pas le véhicule électrique qui est le problème, c’est le dogme du tout-électrique imposé à tous, partout, tout le temps.

Dès lors qu’on restreint l’usage de l’électrique à ce pour quoi il est vraiment pertinent, les besoins en ressources deviennent maîtrisables :

  • Il n’y a pas besoin de développer des chaînes d’extraction massives, esclavagistes et ultrapolluantes.
  • Il devient possible de recycler de manière efficace, sur des volumes réalistes.
  • On sort de la fuite en avant technologique pour revenir à une écologie des usages, pragmatique et non idéologique.

Ce n’est donc pas la technologie qui vous ment, mais ceux qui la généralisent pour des raisons politiques, financières ou pseudo-idéologiques.

En réalité, si on laissait les citoyens choisir en fonction de leur réalité – ville ou campagne, trajet court ou long, usage ponctuel ou quotidien, moyens financiers – alors l’électrique aurait naturellement trouvé sa place. Mais on ne leur a pas laissé le choix, et c’est bien cela, au fond, le cœur du problème.

« Ne laissez jamais quelqu’un penser à votre place. » — Idriss Aberkane


[1] Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure. Protocole d’homologation adopté en Europe à partir de 2017 pour mesurer la consommation de carburant, les émissions de CO₂ et l’autonomie des véhicules électriques. Il est censé remplacer l’ancien cycle NEDC (New European Driving Cycle), jugé totalement irréaliste.

[2] Remerciements à Aldo Sterone pour son livre “Escrologie” qui a été une source d’inspiration détaillée et qui doit être lu car il aborde bien plus de sujets que la seule voiture électrique.

Sortir des catégories, seul chemin vers la paix…

La question n’est pas de se demander s’il faut ou pas défendre les Palestiniens, mais plutôt de s’interroger sur la ou les raisons qui expliqueraient que ce ne soit pas une évidence pour chacun. Le fait qu’il faille le souligner indique en lui-même la misère intellectuelle dans laquelle est plongée notre époque. Comment peut-on en effet se demander si nous tendrons ou pas la main à un petit être estropié en fonction de son identité, Palestinien ou Israélien. Enfants, les deux auraient joué ensemble sans se poser la question de leur origine.

On ne verra jamais un petit Israélien dans une école maternelle demander à son camarade palestinien sa carte d’identité avant de jouer avec lui. L’humanité se dispense de documents administratifs, elle est profondément ancrée dans l’être, transcende les hasards de l’origine, elle est présente, dès la naissance, le petit d’homme reconnaissant uniquement l’autre parce qu’il est humain, sa mère en premier, dont il ne se pose pas la question de savoir d’où elle vient.

Étymologiquement, enfant, infant, signifie celui qui ne parle pas. Pas besoin de mots pour tendre la main à celui qui souffre, pas besoin de ces mots qui lui accoleront un trait qui l’acculera à une identité catégorielle indélébile qui déterminera notre réaction. L’adulte gavé à la haine télévisuelle est descendu tellement bas, la décadence atteignant son faîte, qu’il est capable d’opérer une indignation sélective. On se lève contre un génocide, quelle que soit l’identité des coupables et des bourreaux, et on espère évidemment que les musulmans se lèveront demain si leurs frères juifs se faisaient massacrer.

Je me souviens de cette scène dans le documentaire American Radical, où Norman Finkelstein, d’origine juive, fils de survivants de la Shoah, auteur du livre L’industrie de l’Holocauste, discute avec une amie palestinienne. Celle-ci ne sait pas qu’il est d’origine juive et il lui annonce au cours de cette discussion, alors qu’elle-même ressent une forme de haine et de répulsion envers le juif. Cette annonce provoque chez elle un choc, une forme de dissonance cognitive : que va-elle faire ? Rompre le lien profond qui les lie depuis des années et cette amitié parce qu’elle a appris qu’il était juif ? Quel sens, qu’est-ce que cela change-t-il au fond ? Est-il devenu quelqu’un d’autre du seul fait de lui avoir annoncé qu’il était juif ? Non, bien évidemment. Il est et reste Norman Finkelstein.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que les identités empêchent de se lier, qu’elles s’entrechoquent là où la reconnaissance d’une similitude aurait vu naître des amours, des amitiés, une mixité noyée dans une commune humanité. Ceux qui dans les tranchées célébraient la trêve de Noël le savent bien : les Français trinquaient avec les Allemands, avec cette cinglante ironie qui fera que le lendemain ils s’entre-tueront, troquant leur godet pour une mitraillette.

Il faut sortir des catégories, ces identités meurtrières alimentées par la caste médiatico-politique. L’intelligence peut être blanche, noire, brune, jaune, tout comme la connerie. La haine n’est pas propre à un groupe, la victime d’hier peut devenir le bourreau de demain, l’instrumentalisation de l’holocauste et la haine de certains juifs en offrent la preuve.

Mais rien n’est dû au hasard, ce ne sont pas les Israéliens et les Palestiniens, les Ukrainiens et les Russes, qui se détestent de façon congénitale : c’est une petite minorité qui s’engraisse sur la haine qu’elle provoque : marchand d’infos et marchand d’armes. Ceux-là ne veulent pas la paix, ne veulent pas de gens en bonne santé, cela ne leur rapporte rien.

Comme le chantait un soldat inconnu dans les tranchées, auteur de la chanson de Craône, dans cette boucherie que fût 14-18 :

Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes,
C’est bien fini et pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

C’est malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu de se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens car nous n’avons rien
Nous autres pauvres purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour remplir les poches de ces messieurs-là

Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce sera votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la de votre peau

Le jour où les confits identitaires horizontaux prendront fin pour unir les gens dans une lutte verticale contre cette caste qui nous tue, ils trembleront là au-dessus. C’est surtout ce qu’ils ne veulent pas, et c’est pour cette raison qu’ils nous divisent de toutes les manières possibles.

Unissons-nous, au-delà de nos petites différences.

Il ne nous reste que cela.

Ils ne veulent pas que vous puissiez penser…

Alors que la commune bruxelloise de Woluwé-saint-Lambert interdisait la conférence de Thierry Meyssan dans une de ses salles, il est indispensable de saisir cette occasion pour analyser ce qui constitue un flagrant délit de censure à l’aune du totalitarisme en marche dans nos contrées occidentales.

C’est un enseignement magistral, qui ne peut se faire que pour celui qui accepte de ne pas céder aux sirènes hurlantes des médias du pouvoir, outils politiques organisant le Grand Récit, c’est-à-dire le mensonge, propageant les perpétuelles premières sommations pour celui qui aurait par hasard quelques velléités de remettre la vérité médiatique en question.

Je parle, évoquant la conférence de Thierry Meyssan ce 15 mai 2025, de ce premier enseignement qui forme les prémices d’un second : le réel ne fut nullement conforme à ce que les instances politiques nous prévoyaient en feignant vouloir nous en protéger, à savoir « troubles », « controverses » (sic) et « perturbations de l’ordre public ».

Rappelons les faits : invité par nos soins en Belgique pour partager avec un public attendu nombreux, son analyse de la géopolitique, nous avions trouvé une salle pour accueillir Thierry Meyssan et ceux venus l’écouter. La soirée devait se tenir à Woluwé-Saint-Lambert, une commune de la région de Bruxelles, dans une salle propriété de ladite commune et appelée La Rotonde. Alors que les places avaient déjà été mises en vente, qu’un nombre important de personnes avaient réservé, le bourgmestre prit le 2 mai un arrêté interdisant la conférence dans cette salle.

Que s’est-il passé ? Décision émanant de plus haut : Sûreté de l’État, ministère ? Appels de quelques militants « antifas » monomaniaques qui sont à la liberté d’expression ce que le débat est aux émissions de la RTBF ? Qu’importe au fond… et on peut penser que ce sont sans doute les deux.

Confirmation circulaire

Voilà en substance les raisons invoquées par le pouvoir communal pour justifier l’interdiction :

« Considérant que M. Thierry Meyssan est l’auteur de plusieurs livres dans lesquels il développe diverses théories qualifiées, notamment par la presse, de complotistes ou de conspirationnistes et partage son admiration pour des régimes tels que ceux de Kadhafi (Libye), de Bachar al-Assad (Syrie) ou de Poutine (Russie). Considérant qu’il est notamment l’auteur de « 11 septembre 2001 – L’effroyable imposture et le Pentagate »(…) Considérant que l’article de presse du journal Libération du 07/09/2021 (…) ainsi que l’article paru sur Streetpress 14/06/2022 (…) et l’article de presse du 17/04/2015 (…) Vu le rapport des service de police ;

Considérant que ledit rapport de police conclut qu’au vu des prises de position et des sympathies affichées par M. Thierry Meyssan, il y a un risque que ses discours dans un lieu accessible au public provoquent des troubles et des controverses, susceptibles de perturber l’ordre public ;

Vu l’ensemble de ces éléments ;

Est interdite la tenue le 15/05/2025 à La Rotonde, avenue Jean-François De Becker, 54 à Woluwsé-Saint-Lambert de la conférence « Géopolitique d’un monde en mutation » donnée par Thierry Meyssan ».

On est ici en présence d’une manœuvre courante d’exercice du pouvoir, où ce dernier appuie son avis sur une autre instance qu’il feint de faire croire indépendante alors que chacune d’elle (politique, médiatique, policière) participe d’un même système qui se renforce en invoquant l’expertise de l’autre. La commune de Woluwé-Saint-Lambert justifie en effet son interdiction du débat :

– en se référant à des articles de presse émanant des médias du pouvoir subsidiés par le politique, qualifiant Thierry Meyssan de complotiste ou conspirationniste ;

– en se référant à la Science, la vérité historique de nature religieuse, pour laquelle le Récit officiel est écrit dans le marbre et indiscutable. Quiconque en douterait est suspect ;

– d’un rapport des services de police, police elle-même sous l’autorité directe du bourgmestre.

Feindre la protection collective pour assurer la stabilité du pouvoir politique

Revenons-en donc au début : la censure organisée par le pouvoir politique s’appuyant sur les forces de l’ordre et la police médiatique, anticipe l’avenir et s’appuie spécieusement sur une mission de protection de l’ordre public pour justifier l’interdiction. Le premier enseignement à tirer pour celui qui ose outrepasser cette interdiction et assister à la conférence de Thierry Meyssan est fondamental, c’est celui du constat que le réel n’aura aucunement été celui qu’annonçait le pouvoir politique : il n’y eut aucune perturbation à l’ordre public et la soirée se déroula dans de parfaites conditions[note].

Le second enseignement, qui révèle au fond la véritable volonté du pouvoir politique, est le suivant : en interdisant la tenue d’une conférence, l’individu qui obéit à l’injonction se privera d’une source d’information qui aurait pu l’aider à intellectuellement se faire une représentation du réel et approcher la vérité. L’idée n’est pas de dire que Thierry Meyssan a raison ou pas, mais de rappeler que penser nécessite de la contradiction et du débat. Se révèle ainsi le véritable but du pouvoir qui, prenant comme prétexte la protection de l’ordre public, mais n’en a en réalité rien à faire, vise à interdire tout discours qui irait à l’encontre du Grand Récit, nous privant de « comprendre ce qu’il se passe ».

Cette interdiction de débattre, cette définition du seul Vrai par le pouvoir, est une forme de totalitarisme, prélude aux autodafés, emprisonnements pour délits de pensée, et à terme assassinats politiques.

Ainsi, le pouvoir politique, arguant nous protéger, au nom de la liberté[note] sème les graines de la discorde et de l’anomie[note] qui, si nous ne décidons pas collectivement de prendre notre destin en main, nous mènera inévitablement au chaos.

Tuer le père, effacer la mère: le vrai visage d’une société en déconstruction

La neutralisation idéologique de la culture familiale

Par courrier daté du 12 mai 2025 la commune d’Uccle à annoncé la suppression des fêtes des mères et des pères au sein des écoles communales, ceci au profit d’une supposée « fête des familles » qui sera désormais célébrée le 1er juin.

Sous couvert de modernité et d’inclusion, cette décision traduit en réalité une négation pure et simple d’une tradition affective forte, profondément enracinée dans notre culture et dans l’histoire de nos enfants.

Ce n’est pas une évolution : c’est une suppression, une annulation dictée par une minorité.

On prétend respecter la diversité mais en réalité on l’étouffe, car célébrer une maman ou un papa, ce n’est pas nier d’autres réalités familiales : c’est honorer des liens affectifs profonds, intimes, parfois uniques, que l’école n’a ni mandat ni légitimité à neutraliser au nom de considérations abstraites.

Il ne s’agit pas ici d’une tirade psychanalytique Œdipienne, mais d’un constat très concret, en 2025, sur l’évolution préoccupante des rapports entre l’État, les parents et leurs enfants.

L’argument de la réforme du calendrier scolaire n’est qu’un prétexte pour cacher cette dérive malsaine. Ce n’est ni la fête des mères ni la fête des pères qui tombent mal, c’est une nouvelle lecture idéologique de la société qui pousse à son effacement.

Faut-il rappeler que l’inclusion ne consiste pas à gommer ce qui existe, mais à permettre à chacun d’exister sans en effacer les autres ? Car clairement il s’agit ici d’une dictature des minorités qui s’impose à la majorité.

Evras & co…

Nous avions déjà alerté, en 2023, sur l’accord de coopération signé entre la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne et la Cocof, visant à généraliser l’EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle). Ce guide, censé accompagner les enfants dans leur développement, soulevait des questions essentielles et légitimes :

  • Inadéquation des contenus pour les jeunes enfants
  • Absence de valorisation du rôle des parents
  • Sacralisation précoce de l’autodétermination
  • Sexualisation anticipée de l’enfant
  • Manque de prudence sur les questions transgenres
  • Violation potentielle de principes juridiques relatifs à la minorité

À l’époque, ces critiques furent balayées d’un revers de la main, nous avions été traités comme d’habitude de « complotistes » et d’ennemis du progrès. Et pourtant, deux ans plus tard, nos craintes se confirment par des faits incontestables.

A la lecture de ce courrier, il est difficile de ne pas ressentir le souffle froid des régimes qui, dans l’histoire, ont voulu briser les liens familiaux pour mieux contrôler l’individu : l’URSS stalinienne, l’Allemagne nazie, la Chine maoïste.

Casser le lien parent-enfant : un vieux rêve totalitaire. On commence par effacer le père et la mère, l’étape suivante sera l’éducation confiée exclusivement à l’Etat.

Dans toute dictature digne de ce nom, l’objectif est le même : dominer la sphère privée, notamment le lien entre l’enfant et ses parents, premier rempart contre l’endoctrinement.

En tant que parents, nous refusons :

  • La confiscation de nos repères éducatifs par une administration qui outrepasse son rôle.
  • L’alignement systématique sur des minorités hyper visibles  et revendicatrices au détriment d’une majorité silencieuse.
  • La réécriture des rites sociaux sans consultation des familles concernées.

Nous ne sommes pas dupes : cette démarche ne relève pas du bon sens pédagogique, mais d’une dérive idéologique qui impose à nos enfants une vision désincarnée de la famille, transformant l’école en laboratoire sociologique sans leur consentement.

En conséquence, nous exigeons :

  1. Le rétablissement du libre choix des écoles d’organiser ou non la fête des mères et la fête des pères, en concertation avec les familles.
  2. La tenue d’une consultation citoyenne locale, afin de mesurer objectivement le souhait réel des parents d’élèves sur cette question.
  3. Une garantie écrite que les décisions éducatives futures ne feront plus l’objet de telles modifications unilatérales sans débat public.

L’école n’est pas un outil d’ingénierie sociale. Elle est un lieu d’apprentissage et de respect des réalités humaines, dans toutes ses dimensions. L’enfant qui ne peut plus faire un dessin pour sa maman ou réciter un poème, fruit de sa création, pour son papa parce que cela dérangerait un autre modèle familial n’est pas plus inclus : il est amputé d’un geste d’amour universel et donc exclu de nouvelles idéologies insensées.

La tolérance ne doit pas mener à l’effacement des repères fondamentaux, ni à la dissolution des traditions qui fondent un vivre ensemble durable.

Un symbole tombé, une incohérence révélée

Ironie de l’histoire : la fête des mères fut introduite en 1913 à Anvers par un échevin libéral. Et en 2025, elle est supprimée par une autre élue libérale, Carine Gol-Lescot, veuve de Jean Gol, grande figure du libéralisme francophone (courrier officiel ci-dessous)

Que dirait-il aujourd’hui, face à une politique qui semble avoir perdu ses repères ? Face à un président de parti (George-Louis Bouchez) qui, malgré ses postures de force, laisse filer les valeurs qu’il prétend incarner ?

Cette société de déconstruction, fluide et insipide, perd ses enfants. Il est temps que les parents ouvrent les yeux, reprennent leur place et résistent à l’intrusion idéologique dans l’intimité familiale.

[CONFÉRENCE] Géopolitique d’un monde en mutation

Thierry Meyssan est un écrivain français, président-fondateur du Réseau Voltaire.

Le Nouvel Empire Européen. Ce que l’on vous cache !

A l’occasion de la parution du livre de Claude Janvier, Le nouvel empire européen, voici un article présentant dans les grandes lignes ce nouveau recueil.


Un peuple, un empire, un chef. C’est par ses mots qui résonnent dans notre histoire que nous pouvons cerner le futur de cette Europe qui nous a été vendu comme l’âge de la prospérité et de la paix durable.


Or, la mission de cette Europe nous mène à la confrontation avec le peuple russe qui nous a tant donné, et même sauvé du nazisme.


Klaus Schwab, directeur du Wolrd Economic Forum de Davos, nous avait prévenu : « On devrait reconstruire l’Europe, et naturellement, le président Macron c’est celui qui est le guide (führer en allemand) pour ce processus de renouvellement ».


L’Europe fédérale pointe le bout de ses bottes avec la destruction programmée des nations qui la composent.


Pour Emmanuel Macron, la période troublée que nous traversons doit être reliée « à la fin du Moyen Age et au début de la Renaissance ». « C’est l’époque des grandes peurs, des phénomènes qui forgent un peuple, je dirais même de la réinvention d’une civilisation. C’est aussi un moment de tensions (…) entre un Etat central et des féodalités, (…) sans oublier le rapport entre les religions ».


Les grandes priorités pour Emmanuel Macron sont : « L’Europe doit être au rendez-vous des grands défis économiques, éducatifs, migratoires et militaires.»


Il était naïf de croire que l’Europe deviendrait un poids lourd politique mondial. Pendant des années, on a cru à une Europe puissante et autonome sur la scène internationale.


Depuis les années 90 des rapports de force internes ont tout changé avec le schéma anglo-saxon qui nous a été imposé pour nous transformer en une zone de libre-échange transatlantique au sein de laquelle le modèle européen a cédé devant le concept ultralibéral.


Cette Europe appartient plus à l’OTAN et au mondialisme qu’aux peuples qui la composent. L’Union européenne est co-responsable de la guerre dans les Balkans, de l’élargissement de l’OTAN à l’Est, du nouveau concept d’intervention de l’OTAN de 1999 (qui se démarque de la Charte des Nations Unies), et des invasions de l’Irak, de la Syrie, de l’Afghanistan et de l’Ukraine. Toutes ces invasions sont, bien évidemment, contraires au droit international.

Les projections montrent que la dette française va exploser pour financer ce projet européiste qui n’est ni plus ni moins que la suite du PNAC, – Projet pour un Nouveau Siècle Américain -. Les néoconservateurs sont en train de migrer en Europe depuis leur tentative avortée de faire échouer l’élection de Donald Trump.


Le plan de Mario Draghi, qui s’est exprimé à ce sujet le 18 mars 2025 devant le Sénat de la République Italienne, porte sur le financement de la Fédération Européenne. Ceci est inclus dans le Projet pour un Nouveau Siècle Européen. – PNEC -.


Nos « élites » s’expriment sur le Nouvel Empire Européen. Raphaël Glucksmann, que je ne présente pas, a déclaré il y a peu : « C’est en affrontant la possibilité de la mort du projet démocratique européen que nous le redresserons et que nous lui donnerons la vigueur qui lui manque aujourd’hui ».


Emmanuel Macron, qui se pose en chef de guerre incontesté de l’UE, a déclaré il y a quelque temps : « On est en train de réinventer un modèle. C’est plus dur de le réinventer quand tout n’a pas été détruit. »


Un nouvel ordre mondial est en cours d’élaboration. L’Europe reste une construction inachevée et son avenir est soumis aux zones économiques et politiques des trois nouveaux acteurs que sont la Chine, la Russie et les États-Unis.


Elle ne peut pas se positionner dans ce futur monde multipolaire si elle entend se transformer en république fédérale. L’Europe doit réfléchir à son positionnement dans le multilatéralisme afin de continuer à exister dans les relations internationales en actant la paix durable comme elle nous l’avait
promis.


Si la Commission européenne peut prendre des mesures exceptionnelles dans des situations occasionnelles avec l’article 122, elle endossera la responsabilité de mener une dictature comme le Politburo de l’ex Union Soviétique.


Le Nouvel Empire Européen s’effondrera comme l’Empire Soviétique en 1990. Il faut maintenant penser à une union des peuples et non à une union des capitaux de dette commune, pour payer la construction fédérale de Bruxelles.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste, auteur d’ouvrages sur les relations entre la politique et la grande finance. Connu pour ses « coups de gueule », il anime l’émission « Libres Paroles » sur TV ADP, et est partenaire de nombreux blogs et sites d’information. Contact : clojea@yandex.com Note : Ce texte est un petit extrait du recueil que j’ai publié fin avril 2025, en réponse au manuel de survie qui sera envoyé, sous fond de menace de guerre hypothétique, à chaque Français par Emmanuel Macron.

Pour commander le recueil :

https://www.thebookedition.com/fr/#307a/fullscreen/product/m=and&q=claude+Janvier

    Thierry Meyssan/Kairos interdit de salle dans une commune de Bruxelles

    Ainsi, les amoureux de la « liberté d’expression », mais uniquement pour ce qu’eux et leurs amis ont à dire, ont pris un Arrêté nous interdisant la conférence de Thierry Meyssan dans la salle communale La Rotonde, à Woluwé-Saint-Lambert, ce jeudi 15 mai.

    Alors que dans un premier temps la location avait été acceptée, que des gens avaient dès lors réservé, la commune est revenue sur sa décision de façon tout à fait anti-démocratique, même si elle se cache derrière la procédure politique officielle.

    Pressions extérieures, influence interne d’un membre du parti ou du Collège?… qu’importe, nous ne sommes plus libres de débattre.

    Causer oui, mais uniquement de ce qu’ils veulent bien. Donc faire de la propagande.


    Changement de lieu suite à l’arrêté du bourgmestre Olivier Maingain contre Kairos. La conférence aura bien lieu dans le sud de Bruxelles jeudi 15 Mai à partir de 20h30 (ouverture au public à 19h30), l’adresse exacte sera fournie la veille par e-mail.
    Vous n’avez pas encore réservé votre place ? Dépêchez-vous, suivez ce lien: https://www.new.kairospresse.be/product/conference-thierry-meyssan-geopolitique-dun-monde-en-mutation/

    Heureusement qu’il existe encore des salles qui ne leur appartiennent pas.

    Le progrès technologique : l’autre face du miroir

    Serge Van Cutsem

    Après la dérive de l’UE qui est passée de l’économie à l’idéologie, celle-ci instaurant le contrôle numérique à une vitesse record, il est tout aussi important de ne pas oublier l’autre face obscure du miroir technologique.

    L’humanité a longtemps perçu le progrès comme un moteur indiscutable de civilisation, et on ne peut pas mettre en doute tous les avantages qu’il a apporté à l’humanité, l’instruction et sa transmission avec l’imprimerie, la santé avec les avancées de la médecine, les déplacements avec les différents moyens de locomotion, etc. C’était le progrès constructeur, qui améliorait et élevait la condition humaine.

    Mais depuis que le progrès technologique récent avance à une vitesse dont l’accélération est exponentielle, les certitudes quant ses bienfaits ont tendance à vaciller sur leurs bases car nous assistons à l’apparition d’un progrès destructeur. Loin d’être une amélioration constante des conditions de vie, la réalité semble indiquer un renversement de courbe : précarisation croissante, dépendances technologiques nouvelles, perte de repères. Ce qui est le plus préoccupant c’est que le progrès constructeur s’est étalé sur des siècles et des siècles tandis que le progrès destructeur se constate sur quelques dizaines d’années, il y a de quoi se poser les bonnes questions.

    Certes, il est humain de penser que l’évolution continuera comme elle l’a toujours fait. L’histoire récente nous a conditionnés à cette attente. Mais à quel prix ? Ce prix-là, rarement évoqué par les médias dominants, pèse de plus en plus lourd.

    Je ne renie pas ce que je prétendais dans ma publication précédente, à savoir que le progrès ne pourra pas être stoppé facilement et rapidement. C’est la raison pour laquelle il faut pouvoir l’appréhender avec un maximum de connaissance afin de le maîtriser car ce sont les générations d’aujourd’hui et de demain qui, à court terme, devront tout mettre en œuvre pour y mettre un frein.

    Les entrailles du numérique : un véritable pillage planétaire

    Le numérique, cet univers prétendument dématérialisé, repose en réalité sur une infrastructure matérielle qui est bien réelle et qui est excessivement gourmande en termes de ressources : terres rares, lithium, cobalt, coltan… indispensables à la fabrication des batteries, smartphones, ordinateurs, voitures électriques et fermes d’intelligences artificielles[1].

    Ces matériaux sont extraits dans des conditions le plus souvent inhumaines. Dans certaines régions d’Afrique ou d’Amérique latine, des enfants creusent à mains nues, les sols sont ravagés, les nappes phréatiques contaminées. Le silence complice autour de l’exploitation des plus faibles souligne le déséquilibre médiatique : les faits les plus graves sont passés sous silence, pendant que d’autres sujets écologiques secondaires ou tout simplement mensongers monopolisent l’espace public. Sous couvert de transition « verte », c’est en réalité un nouveau colonialisme industriel qui se met en place. Le greenwashing devient une religion moderne. Aldo Sterone, dans son livre Escrologie, entièrement sourcé et documenté, démonte avec efficacité cette mystification verte.

    L’empreinte écologique de la haute technologie est terrifiante. l’imaginaire collectif associe souvent la technologie à l’efficacité, au gain de temps et à l’économie d’énergie. C’est un leurre. Les data centers, serveurs, fermes de calcul consomment une énergie colossale et génèrent une chaleur difficilement dissipable[2]. Cela ne fait l’objet d’aucun débat public digne de ce nom. À cela s’ajoute une pollution invisible mais massive : déchets électroniques en croissance exponentielle, l’obsolescence programmée qui est devenue une norme économique et surtout … Une absence totale de vision à long terme quant à leur traitement. Peu de pays ont mis en place des solutions réalistes et efficaces.

    Pendant qu’on culpabilise le citoyen lambda avec ses émissions de CO2 (dont les effets restent encore à être démontrés) et ses trajets en voiture, les véritables désastres écologiques sont éclipsés : La déforestation, la disparition irréversible de ressources non renouvelables, les océans envahis par les matières plastiques.

    La planète a des limites physiques et certaines sont déjà atteintes tandis que d’autres sont proches. La pénurie annoncée[3] des terres rares ne semble pas inquiéter les planificateurs du progrès technologique. Pourtant, sans ces matériaux il n’y aura plus de batteries, plus d’ordinateurs, plus de smartphones et plus d’IA. Quant à l’extraction, elle devient de plus en plus énergivore et donc de plus en plus coûteuse. Mais la quasi totalité des dirigeants politiques, financiers et économiques actuels partagent une même caractéristique lamentable : Une vision stratégique limitée à du court-terme car aucun d’entre eux ne semble se préoccuper de ce qui va inévitablement arriver plus vite qu’ils ne le pensent, et ici on ne parle pas du pétrole dont on annonçait dans les années 70-80 qu’on allait assister à son épuisement avant l’an 2000.

    Face à cette impasse, une forme de techno-scepticisme rationnel et surtout raisonné émerge : faut-il accepter une forme de décroissance choisie — raisonnée, structurée — ou subir un effondrement non anticipé ? Chez Kairos, cette question n’est pas nouvelle, elle est posée depuis 2012, année de sa naissance, et elle prend aujourd’hui une urgence singulière.

    Quelles issues possibles ?

    Il serait temps de relocaliser une partie de la production, de miser sur l’économie circulaire, de promouvoir une sobriété technologique lucide et assumée.

    Redonner sens au mot « progrès » : abandonner l’accumulation compulsive de gadgets et rechercher un équilibre humain, réellement écologique, et même spirituel. Selon ma vision, la spiritualité n’est pas propre aux religions, ceci sans aucune critique sous-jacente car la spiritualité n’est pas exclusive mais bien inclusive et non sectaire.

    En effet, plusieurs civilisations ou traditions philosophiques non-théistes — du bouddhisme ancien au taoïsme, du stoïcisme à certaines spiritualités autochtones — ont su développer une conscience aiguë des liens subtils entre toutes les formes de vie. En l’absence de dieu personnel, elles ont souvent cultivé un respect profond du vivant, non pas par crainte d’un jugement divin, mais par la compréhension de l’interdépendance. Là où d’autres cultures plaçaient l’homme au sommet d’une hiérarchie créée par un dieu, ces traditions voyaient l’humain comme un fragment du tout, soumis aux mêmes cycles, aux mêmes lois naturelles, appelant à l’humilité plutôt qu’à la domination. Cette spiritualité sans théisme semble avoir ouvert une voie plus directe vers une écologie intérieure — et donc, peut-être, vers une sagesse oubliée. oui il existe aussi l’athéisme spirituel.

    Les idéologues transhumanistes, qui rêvent d’un homme augmenté ou fusionné à la machine, semblent oublier que cette fusion repose sur l’extraction massive et destructrice de ressources qu’ils supposent infinies[4] quod non.

    Pour parvenir à maîtriser ce progrès technologique de plus en plus en plus envahissant, le choix et les décisions ne viendront pas d’en haut. Cela implique une prise de conscience citoyenne, capable de repenser l’usage, les flux et les priorités. Car si l’on ne redéfinit pas maintenant les règles du jeu, c’est la fin de la partie qui finira par s’imposer, sans préavis.

    Serge Van Cutsem


    [1] Voir par exemple les rapports de l’UNCTAD ou les investigations de l’ONG Amnesty International sur l’extraction du cobalt en RDC

    [2] En 2023, l’IA générative d’OpenAI, Google ou Meta consommait des quantités d’énergie comparables à celles de petits pays européens.

    [3] Elon Musk a reconnu que la pénurie de lithium est une des menaces majeures pour l’avenir des véhicules électriques

    [4] Le projet Neuralink ou les implants cérébraux nécessitent des composants électroniques hautement dépendants des terres rares

    [INTERVIEW] Irina DUBOIS: directrice du dialogue franco-russe

    Chargée de missions au sein des milieux diplomatiques en Russie entre 2005 et 2010, spécialiste en communication internationale, avec une riche expérience dans des entreprises françaises à Moscou, Irina DUBOIS dirige les activités du Dialogue Franco-Russe.

    L’Association Dialogue Franco-Russe a été créée en 2004 par des personnalités françaises et russes d’horizons différents mais toutes désirantes renforcer la coopération entre les deux pays. Elle a été placée, dès sa création, sous le patronage des présidents français et russes. Présidée depuis 2012 par Thierry Mariani et depuis 2019 par Sergueï Katassonov, l’Association Dialogue Franco-Russe est aujourd’hui un instrument privilégié de communication entre les milieux politiques, économiques et culturels des deux pays.


    [INTERVIEW] Regards sur le « European Peace Project » avec Ulrike Guérot

    Entrevue avec la politologue allemande Ulrike Guérot, co-initiatrice du projet, Academia Libera Mentis, à Hodbomont.

    >>>L’European Peace Project <<<

    Nota bene : cette interview été réalisée dans l’après-midi du 6 mai, alors que ce jour-là se déroulait une saga inédite dans l’histoire de l’Allemagne. En matinée, Friedrich Merz avait d’abord raté son élection à la chancellerie à 18 voix près manquantes au Bundestag. Dans l’après-midi, il a fallu organiser un second tour à l’arraché pour le mettre finalement en selle. Sitôt l’interview terminée, Ulrike Guérot a pris connaissance, via Internet, de ce coup de théâtre politique. Ses informations, sur ce point-là, ne sont donc pas à jour.

    *L’interview s’est déroulée à l’Academia Libera Mentis.

    En podcast

    2025, la trahison des morts – Quand les héritiers des collabos paradent et que les libérateurs sont effacés

    En 2025, Londres célèbrera les 80 ans de la victoire sur le nazisme. Une commémoration censée honorer le souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour libérer l’Europe de la barbarie. Et pourtant, c’est une ignominie sans nom qui s’y prépare : les soldats ukrainiens, nourris d’un héritage revendiqué de Stepan Bandera – l’un des plus infâmes collaborateurs de l’Allemagne nazie – défileront en grande pompe, glorifiés comme les « nouveaux défenseurs de la liberté ». Pendant ce temps, la Russie, pilier central de la victoire de 1945, en est exclue.

    Oui, vous avez bien lu : les enfants spirituels de la Waffen-SS ukrainienne seront acclamés sur le sol britannique, tandis que les héritiers de ceux qui ont écrasé Hitler à Stalingrad et Berlin seront considérés comme persona non grata. C’est plus qu’un oubli, c’est une trahison, une abjection.

    Mon père, résistant dans l’armée secrète belge, fut arrêté, torturé, et envoyé dans le camp de concentration nazi de Oranienburg-Sachsenhausen, après être passé par celui de Breendonk. Il y a survécu un an, brisé mais debout, ce camp a été libéré par l’Armée rouge le 22 avril 1945, avec l’appui de troupes polonaises. Ce sont bien les Soviétiques qui ont mis fin à l’enfer de ce camp, où plus de 200 000 personnes avaient été détenues depuis sa création en 1936. Entre 30 000 et 50 000 y ont trouvé la mort selon les estimations. Il avait subi la bête immonde et il savait ce que signifiait vraiment le mot liberté. S’il vivait encore, il n’aurait pas compris. Il aurait pleuré de rage.

    Car que voit-on aujourd’hui ? Des gouvernements occidentaux, à genoux devant leur propre propagande, qui réécrivent l’histoire avec le cynisme d’un faussaire sans morale. On efface l’Union soviétique de la mémoire collective, on transforme des collaborateurs notoires en patriotes et on ose prétendre que ceux qui marchaient sous les drapeaux nazis étaient des résistants à l’oppression soviétique, comme si cela effaçait les massacres de civils polonais, juifs et russes, les pogroms, les délations.

    Ce n’est plus simplement une falsification de l’Histoire, C’est une insulte à nos morts.

    Car soyons clairs : sans l’Armée rouge, sans les sacrifices inouïs du peuple soviétique — qu’ils soient russes, ukrainiens, biélorusses, géorgiens ou arméniens — l’Europe serait peut-être encore sous la botte nazie. Ce sont eux qui ont brisé la machine de guerre allemande. Pas Hollywood. Pas les batailles reconstituées en Normandie pour touristes. Pas les communiqués de presse de l’OTAN.

    Mais voilà : dans le monde inversé que l’on nous impose, on glorifie les bourreaux tant qu’ils servent le bon camp. Celui de Washington. Celui des multinationales. Celui de l’idéologie otanienne. On ressuscite les collabos, on efface les libérateurs et on piétine les tombes avec un sourire satisfait.

    C’est cela, aujourd’hui, la « mémoire européenne » ? Un défilé de marionnettes arborant des drapeaux aux couleurs des divisions SS Galicie ?

    Et pendant ce temps, les médias se taisent, les intellectuels baissent les yeux et il n’y a quasiment plus d’anciens combattants pour s’indigner. Il ne reste que les enfants — comme moi — et les petits-enfants des résistants pour refuser cette inversion totale des valeurs, cette décadence morale qu’on nous impose comme nouveau récit.

    Non, nous n’oublierons pas. Non, nous ne laisserons pas l’histoire être détournée au profit des stratèges du chaos. Non, nous n’accepterons pas que nos pères soient effacés par des communicants en costard, qui n’ont jamais risqué autre chose qu’un mauvais sondage.

    Ce qu’il se passe aujourd’hui est plus qu’un scandale : c’est une capitulation morale. Et c’est à nous, citoyens libres, enfants des résistants véritables, de dire NON. Haut et fort. Car si la mémoire est une arme, alors nous nous en servirons pour défendre la vérité — et honorer les morts qui ne peuvent plus parler.

    Vers le contrôle numérique total : la suite logique du basculement idéologique de l’Union européenne

    Serge Van Cutsem

    Une suite logique à la publication : De l’économie à l’idéologie : le basculement inquiétant de l’Union européenne.

    Là où l’Union européenne prétendait être un modèle de prospérité économique et de liberté politique, elle s’est progressivement engagée sur la voie d’un contrôle idéologique de plus en plus affirmé. Cette mutation, d’abord subtile, devient aujourd’hui tangible dans les projets concrets de régulation du numérique. La liberté d’expression, jadis revendiquée comme un pilier fondamental, est aujourd’hui redéfinie au nom de la « sécurité », de la « protection contre la haine » et du « respect des valeurs ».

    Parallèlement à ce glissement idéologique, l’Union européenne s’engage sur une pente encore plus dangereuse : celle de la numérisation forcée de l’identité et du contrôle des communications privées. Les projets tels que l’Identité numérique européenne, le ChatControl ou encore la régulation des VPN et messageries chiffrées visent à instaurer un régime où chaque individu devra prouver son identité numérique pour pouvoir simplement communiquer, naviguer ou acheter en ligne.

    Ce progrès de façade dissimule une réalité glaçante : l’analyse automatique des messages privés, l’assignation d’une identité vérifiée à chaque action, avec la menace croissante de criminaliser l’utilisation libre du chiffrement. Sous couvert de sécurité et de protection, l’Union européenne est en train de construire une architecture de surveillance sans précédent.

    Ce basculement technique parachève ainsi le basculement idéologique précédemment décrit.

    Alors que l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme[1] posait une interdiction claire et sans ambiguïté des ingérences arbitraires dans la vie privée, son esprit a peu à peu été dilué dans des dispositifs juridiques nationaux ou européens[2] qui, sous couvert de légalité et de proportionnalité, permettent aujourd’hui toutes les intrusions dès lors qu’elles sont encadrées par une loi, fût-elle même liberticide. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme en est un parfait exemple : en admettant des exceptions «nécessaires dans une société démocratique», il a ouvert la voie à une interprétation élastique de la notion de respect de la vie privée, jusqu’à en inverser parfois la logique. Ce qui devait être un rempart est devenu une porte d’entrée. Cette glissade juridique, apparemment bénigne, a en réalité légitimé les outils du contrôle numérique, de la surveillance de masse, du traçage des populations, de la collecte algorithmique des comportements , toujours au nom de la sécurité, de la santé publique, du climat ou de l’ordre économique. Nous ne sommes plus dans la défense des droits, mais dans leur reprogrammation silencieuse. Si on appuie ce glissement sur l’inversion de sens de la démocratie, on peut raisonnablement se poser la question : Et si tout cela n’avait été prévu et patiemment mis en place ? Mais cela fera l’objet d’un autre article qui traitera de la criminalisation de la dissidence car ces sujets sont vastes et ils ne sont pas suffisamment expliqués.

    Alors que nous réserve concrètement ce futur proche ? qui concerne l‘Europe, les Etats-Unis et ce qui se prétend être l’Occident, avec l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande, ce que nos médias propagandistes appellent la communauté internationale :

    1. Obligation d’identification numérique pour tous : Chaque utilisateur devra être identifié numériquement pour accéder à Internet, utiliser une messagerie, faire des achats ou consulter des services publics.
    2. Scan automatique des messages privés (chat control) : Les messages chiffrés seront analysés localement avant même d’être envoyés. Toute déviation considérée comme suspecte pourra être automatiquement signalée aux autorités. Une méthode qui rappelle furieusement les techniques de la STASI avant 1989.
    3. Censure active via DNS[3] et protocoles IP[4] : Certaines applications ou protocoles seront bloqués directement au niveau des opérateurs, empêchant l’utilisation de services de messagerie non conformes.
    4. VPN[5] et TOR[6] sous surveillance ou interdits : Seuls les VPN autorisés (donc potentiellement surveillés) seront tolérés. L’utilisation de TOR ou de VPN indépendants deviendra d’abord suspecte et ensuite illégale.
    5. Criminalisation du chiffrement autonome : Posséder ses propres clés de chiffrement ou utiliser des outils d’anonymat pourrait être criminalisé en dehors d’un cadre agréé par les autorités, ce qui changera drastiquement la norme qui sépare l’honnête citoyen du malfrat, réduisant quasiment à néant la marge de liberté des citoyens honnêtes.

    Mais aujourd’hui, sur près de 8 milliards d’êtres humains, plus de 2,6 milliards n’ont toujours pas accès à Internet et parmi les connectés, une part importante vit avec un accès limité, lent ou très réglementé. Ce constat apporte une question simple : Comment imposer un régime d’identité numérique globale à une humanité qui n’est pas entièrement connectée ? La réponse est évidente : on ne le pourra pas.

    De ce fait, l’avenir verra apparaître deux humanités parallèles, deux mondes virtuels sur une même planète :

    • Une humanité numérisée, codifiée, surveillée, où chaque individu devra obéir aux normes imposées par les plateformes, les États et les consortiums technologiques.
    • Une humanité libre mais technologiquement nulle ou minimale, vivant encore largement hors des radars numériques, en Afrique rurale, dans certaines régions d’Asie ou d’Amérique Latine.

    Ce paradoxe soulève une question encore plus fondamentale : Le progrès numérique tel qu’imposé par l’Union européenne et d’autres blocs occidentaux, est-il encore synonyme de liberté, ou devient-il la nouvelle forme d’aliénation imposée ressentie comme volontaire par la magie de la psychologie des foules[7] victime d’une manipulation médiatique permanente [8] ?

    Car ceux que l’on considère aujourd’hui comme arriérés technologiques pourraient bien être, demain, les derniers dépositaires de la liberté fondamentale : celle de penser, de parler, et d’agir sans être tracés, fichés, notés et sanctionnés par des algorithmes.

    La construction de cet avenir est déjà en marche. Il appartient à chacun de choisir s’il souhaite l’accompagner, le subir, ou chercher des voies parallèles pour préserver ce qui reste d’autonomie individuelle. Car bientôt, la liberté ne sera plus un droit évident… Elle sera un acte de résistance. La liberté ne se quémande pas, elle s’obtient par la résistance et la victoire.

    Mais pour cela il faudra conserver la souplesse et les facultés d’adaptation en restant conscient des enjeux et des dangers, car s’il y a une chose qui est inévitable, c’est la continuité du progrès technologique et aucun humain, aussi fort et intelligent soit-il, ne pourra le stopper, il faudra donc le maîtriser autant que faire se peut et pour le maîtriser il faut le connaître, alors appliquons le postulat “l’excès nuit autant à l’acceptation qu’au refus” au contexte du progrès technologique et faisons une parenthèse philosophique afin de démontrer que même face à ce nouveau défi, l’équilibre est la clé d’une position juste et intelligente.

    L’acceptation, lorsqu’elle est mesurée, permet l’ouverture, la tolérance et la croissance. Mais lorsqu’elle devient excessive, elle dégénère en complaisance, en abdication du jugement critique, voire en soumission aveugle.

    Le refus, dans sa forme raisonnée, peut être un acte de lucidité, une protection face à l’inacceptable, une affirmation de la dignité. Mais poussé à l’excès, il devient rigidité, enfermement, et rejet systématique de toute nouveauté, même bénéfique.

    Ainsi, qu’on accepte ou qu’on refuse, l’excès dénature l’intention première. Il remplace l’acte réfléchi par un réflexe dévastateur. Trop accepter, c’est perdre totalement son discernement et sa liberté ; trop refuser, c’est se couper de toute possibilité de changement et d’apprentissage. Dans les deux cas, c’est notre liberté intérieure qui vacille en silence, car l’excès assujettit l’esprit à une mécanique d’extrêmes, là où la sagesse invite au discernement, à la nuance et à la juste mesure.

    Partant de ce constat, il est important de comprendre et maîtriser au mieux les technologies qu’on nous impose, du moins leur utilisation et les portes dérobées, car c’est la seule possibilité pour pouvoir les contourner. Il faut connaître l’ennemi pour déjouer ses plans, du moins éviter ce qui peut l’être.

    Il y a aussi la possibilité de se fondre dans l’autre univers parallèle, parmi les populations non atteintes par la technologie et dont le contrôle se fait au sein d’une communauté dans un contexte tribal[9] éloigné d’une emprise globale.

    Fuir ou résister ? Il est encore temps de choisir.


    [1] Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948) “Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

    [2] Article 8 – Convention européenne des droits de l’homme (CEDH, 1950) Droit au respect de la vie privée et familiale 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2.Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

    [3] DNS (Domain Name System) : système qui traduit un nom de domaine (comme google.com) en adresse IP compréhensible par les machines

    [4] Protocole IP (Internet Protocol) : règle qui permet à des données de circuler d’un appareil à un autre via Internet en les identifiant par une adresse IP

    [5] VPN (Virtual Private Network) : tunnel chiffré qui masque votre adresse IP réelle et sécurise votre connexion en la redirigeant via un serveur distant

    [6] TOR (The Onion Router) : réseau décentralisé qui anonymise votre navigation en faisant passer les données par plusieurs relais chiffrés

    [7] Psychologie des foules est un livre de Gustave Le Bon paru en 1895. Il s’agit d’un ouvrage classique en psychologie sociale

    [8] Propaganda est un livre écrit par Edward L. Bernays en 1928

    [9] Un contexte tribal, dans un sens sociologique ou psychologique moderne (au-delà des sociétés tribales traditionnelles), désigne un environnement dans lequel les individus se regroupent autour de valeurs, croyances ou identités communes, formant ainsi des groupes soudés, exclusifs et émotionnellement chargés.

    European Peace Project

    En cette époque de réarmement tous azimuts, il est temps de donner un signe en sens contraire, appeler à une solution diplomatique négociée, ce que les autorités de l’UE refusent depuis le début du conflit en Ukraine.

    À l’initiative de 3 personnes — Ulrike Guérot, Isabelle Casel et Peter Van Stigt — le 9 mai à 17 h, les citoyens européens sont invités à se manifester dans l’espace public en récitant cet appel à la paix, en tout ou en partie :

    Ce n’est qu’une action symbolique, mais elle a une portée morale et politique qui peut orienter le cours des événements dans un sens salvateur.

    Vous pouvez participer à cette action pour la paix en vous inscrivant via le formulaire de contact. Il vous est également possible de soutenir l’action en versant 1€.

    Vive la liberté, vive la paix et vive l’Europe des peuples !

    LA CIGALE GARDIN ET LA FOURMI HORVILLEUR?

    L’excellente humoriste de gauche Blanche Gardin soutient les Palestiniens, dénonce les exactions du gouvernement israélien et c’est très bien. Son soutien va-t-il aussi loin que celui de LFI, pour qui tous les blancs sont des colonisateurs, mais qui à part cela sont antiracistes et anti-amalgame ? Il semblerait bien que ce soit le cas, mais ce n’est pas le sujet. Elle s’est déclarée solidaire du collectif Tsedek!, Collectif juif décolonial qui rédige ses articles en écriture dite inclusive (« Juif·ve·s et décoloniaux·ales ») qui lutte donc contre la colonisation mais aussi contre le « racisme d’État », donc à bonne distance spatiale et/ou temporelle de ses ennemis désignés ou imaginaires.

    Ce soutien a valu à Blanche Gardin des attaques qui lui ont inspiré un duo humoristique avec « l’humouriste » (le mot est de lui) Aymeric Lompret. Le point de départ de ce sketch assez amusant est une sorte de réunion des AA : les antisémites anonymes. Car la question se pose de savoir : aujourd’hui qui n’est pas potentiellement antisémite ? Je ne donne pas la réponse, réfléchissez, c’est facile.

    Il n’en a donc pas fallu davantage pour qu’une certaine Elishéva Gottfarstein se fende d’une vidéo crispante de treize minutes dans laquelle elle fait la leçon à Blanche Gardin, et donc à tout le monde. Soit dit en passant, elle s’exprime sur un site, Akadem, qui pratique l’amalgame et dont les titres de vidéos récentes sont : L’antisionisme est l’antisémitisme des gens vertueux et Tsedek – Neturei Karta, les Juifs préférés des antisémites ou encore cette fanfaronnade paradoxale : Plus français que les français, les ancêtres juifs de Zemmour

    Réquisitoire contre Blanche Gardin

    
Les citations qui suivent résument l’esprit du sermon d’Elishéva Gottfarstein:

    « Les instrumentalisations de l’antisémitisme, (comme celle que pratique le criminel de guerre Nétanyahu N.D.A.) ne peuvent être dénoncées que si une lutte radicale contre la haine anti-juive est menée dans le même temps ». 

À cela, je me permettrai de répondre : Blanche Gardin fait ce qu’elle veut. 

« …combattre l’instrumentalisation sans combattre l’antisémitisme ne fait que renforcer la solitude et la fragilité des juifs. Entendre que la haine dont il sont la cible ne mérite que des ricanements accroît leur sentiment d’insécurité et leur isolement. »

 Quand Elishéva Gottfarstein parle de « la solitude et la fragilité des juifs », je ne peux que me demander si elle parle d’êtres imaginaires ? Se peut-il que les juifs dont elle parle n’aient aucun accès aux médias grand public ? Il ne faut pas exclure que des juifs soient sujets à des hallucinations car après tout, ils sont humains. Mais humains comme les autres, des gens comme Elishéva Gottfarstein le concèderaient-ils ? Nieraient-ils la notion d’élection ? 
Comme si elle voulait porter atteinte à l’image de Blanche Gardin, Elishéva Gottfarstein affirme que celle-ci dans le fameux sketch avec Aymeric Lompret, « ricane de la haine dont les juifs sont la cible ».

    En réalité, Blanche Gardin raille la haine dont sont la cible ceux qui ne s’identifient pas assez (et ce n’est jamais assez) avec le point de vue imposé par le gouvernement israélien. Cette haine s’exprime en toute impunité par une des nombreuses calomnies qui ont cours dans l’arène médiatique[note] : « antisémite ». Ce mot infiniment élastique vise toute critique désagréable portant de près ou de loin sur tel aspect du judaïsme ou sur telle personne d’origine ou de confession juive (parfois même si la critique ne porte pas sur la judéité de la personne en question). Rappelons au passage que les ashkénazes, qui constituent entre 75 et 85 % de la population juive mondiale, ne sont pas sémites. Et que les Palestiniens, eux, le sont (appartenant à une population qui parle une langue sémitique). 

Les propos de Blanche Gardin empêchent, continue Gottfarstein, « de nombreux civils sionistes[note] à (sic) manifester leur soutien envers les civils palestiniens… » Les « civils sionistes » dont elle parle peuvent-ils être si impressionnables ? Blague à part, cette hyper-responsabilité exigée de la part des goys (non juifs) n’est-elle pas exorbitante ? Les uns sont-ils responsables de la pusillanimité des autres ? 
Elishéva Gottfarstein reprend Blanche Gardin qui dénonce le sionisme comme « projet criminel et colonialiste » : non, ce serait « un projet émancipateur pour les juifs ». Mais l’un n’empêche-t-il l’autre ? Les deux verdicts énoncent tout simplement la même réalité de deux points de vue différents. 



    En conclusion, Blanche Gardin est accusée de « dieudonnite ». Rappelons que Dieudonné est devenu persona non grata à la télévision pour avoir dénoncé les débordements fanatiques – et aujourd’hui sanguinaires – qu’est en train de subir le peuple palestinien : civils, hommes, femmes, enfants. Depuis ses prises de position Blanche Gardin constate que le cinéma lui a totalement tourné le dos. Blacklistée, victime d’ostracisme professionnel, blessée, en détresse, elle s’est adressée le 12 mars via Facebook au rabbin Delphine Horvilleur, personnalité qu’elle admire, et qui avait relayé, et donc entièrement approuvé la vidéo de Gottfarstein. Elle a peut-être manqué de discernement. C’est parfois le lot des personnes honnêtes… 

    Dans sa lettre, elle a la naïveté de préciser que : 

«  l’antisémitisme à travers des actes ou des propos constitue un délit, et que par conséquent si j’avais eu des propos antisémites comme tant de gens semblent le désirer si fort, il suffirait de porter plainte contre moi et je devrai me rendre au tribunal. »  

Si « l’antisémitisme » ou « l’incitation à la haine raciale » sont des délits, c’est précisément parce qu’ils sont si peu définis qu’ils permettent de condamner quiconque gêne le pouvoir. La loi était censée punir des actes. En réprimant des crimes de pensée, elle rend impossible aux accusés de prouver leur innocence. Et c’est d’ailleurs à cela qu’elle sert. Le droit, la loi et la justice sont des choses distinctes. 
Delphine Horvilleur qui se dit antisioniste[note], n’a pas gardé les cochons avec les goys qui se disent antisionistes. Elle prend d’ailleurs Blanche Gardin d’assez haut dans sa réponse, feignant de ne pas comprendre que les commentaires de Gottfarstein soient jugés diffamatoires par l’humoriste blessée. Or Gottfarstein, lors d’un mini épisode de paranoïa psychiatrisante, dit Blanche Gardin atteinte de « Dieudonnite ». Dieudonné est bien placé pour savoir ce que la critique par l’humour de certaines dérives fanatiques peut vous coûter. 

« vous m’affirmez, répond Delphine Horvilleur, que vous n’êtes pas antisémite du tout, […] là n’est absolument pas le problème. 

    La question aujourd’hui n’est pas de savoir qui est antisémite, qui ne l’est pas du tout ou rien qu’un peu, mais qui, dans son discours, ses actes, ses alliances ou ses silences promeut ou nourrit cette haine? (a) Mettre en avant une instrumentalisation de l’antisémitisme par des Juifs sans jamais rappeler avec force la terrible réalité dans notre pays de cette haine qui a tué des enfants, menacé physiquement tant d’autres et pousse de milliers de citoyens à vivre cachés ou dans la peur… (b) Ne pas percevoir combien votre parole – qui n’est pas antisémite (c) – crée de désinhibition d’autres paroles tout à fait antisémites qui inondent vos commentaires, et ma messagerie. (d) […] Toute critique d’un gouvernement ou d’une politique est légitime (et souvent essentielle), sur la base de la reconnaissance évidente du droit de l’autre à exister. La lutte essentielle pour les droits des Palestiniens, pour rester pleinement légitime, ne doit tolérer aucune rhétorique à relent antisémite. Suggérer que les Juifs (e) instrumentalisent leur douleur (f) l’exagèrent ou la “provoquent” eux-mêmes est insupportable, comme l’est de leur dire qu’on ne les soutiendra que (je vous cite) s’il “refusent de se laisser embastillés (sic) dans le projet sioniste”, c’est-à-dire s’ils refusent l’idée d’un refuge territorial, au cœur d’un monde qui leur est si hostile. »

    Monde si hostile, précisons-le, sans nier d’ailleurs que les juifs aient été persécutés tout au long de l’histoire, que seule une minorité de juifs souhaite vivre en Israël. 

    a. Delphine Horvilleur nous prendrait-elle pour des surhommes ? Des surfemmes ? 

    
b. L’exemple d’un peuple vivant aujourd’hui dans la terreur est peut-être choisi aujourd’hui avec une certaine maladresse. 

    
c. Cette concession peut sembler de bon augure. La suite montre que ce n’est pas une concession puisqu’il s’agit d’intérioriser un agent de police de la pensée. 


    d. … mais au fait : qui est responsable de cette situation ? Une petite humoriste française ou un chef d’État sanguinaire ?

    e. C’est Delphine Horvilleur qui généralise et insinue que Blanche Gardin accuse les juifs d’instrumentaliser leur douleur.

    f. Norman Finkelstein dénonce cette instrumentalisation dans son livre L’industrie de Holocauste. C’est peut-être insupportable… mais est-ce vrai ? 

Contrairement à des personnalités juives comme Michelle Sibony, Ronny Brauman ou Jacob Cohen, je ne vois ni Élishéva Gottfarstein ni Delphine Horvilleur s’élever contre le génocide qui a lieu en Palestine. Elles jugent préférable au contraire de prélever toujours plus de gages de lutte contre l’antisémitisme… Et de s’occuper de ce que la situation en Palestine fait à leur communauté. Ce qui se passe est comme d’habitude prétexte à culpabiliser les goys que nous sommes, alors que s’il fallait trouver un responsable de cet « antisémitisme », c’est plutôt du côté du gouvernement israélien qu’il faudrait le chercher.
Blanche Gardin s’était pourtant exprimée clairement : 

« la seule façon de lutter contre l’antisémitisme est de lutter contre tous les suprémacismes ethno-religieux, et donc de s’opposer aujourd’hui au régime israélien »

Elle a juste commis l’erreur de croire sa supplique adressée à la bonne personne.

    Lien vidéo d’Élishéva Gottfarstein :

    www.youtube.com/watch?v=00T_LMmEzWs&ab_channel=Akadem

    Réponse de Delphine Horvilleur :

    tenoua.org/2025/03/13/delphine-horvilleur-repond-a-blanche-gardin