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PAPER KNIGHTS? TERUG NAAR HET THEATER

La constante mise en avant de la notion de liberté dans nos régimes dits démocratiques – et je crains bien qu’ils ne le soient, que la notion de démocratie n’ait pas le même sens pour les dirigeants que pour nous – a de quoi faire tiquer. Un animal peut se croire libre s’il ignore tout de ce qui se trouve au-delà des barreaux de sa cage ; ou si son attention est constamment détournée de cet extérieur.

Licence Pixabay

« Accueil ouvert 20′ avant le spectacle. Toutes les mesures sanitaires en vigueur au moment de votre spectacle seront respectées et annoncées sur theatrelepublic.be« 

Mention présente sur le ticket électronique

Les bénéficiaires du CST et des diverses formes de passe sanitaire appliquées dans les démocraties autoritaires, auront manqué une expérience étrange. Une expérience où on avait basculé un peu plus dans un autre monde, où les cinémas, les théâtres, les salles de concert, les cafés, les restaurants, etc. – versant récréatif du crime contre notre humanité qui avait été commis à partir de mars 2020 – nous étaient interdits. Une expérience étrange, comportant aussi sa consolation : d’une part la profonde satisfaction de ne pas avoir cédé au chantage (éventuellement la satisfaction de ne pas avoir sombré dans le mépris de ceux qui avaient cédé), doublée de cette nouvelle perspective qui nous permettait de voir les institutions culturelles subventionnées pour ce qu’elles étaient : des lieux de culte (aussi agréables soient-ils).

Dans “le monde d’avant” l’existence d’un Festival des libertés semblait prouver l’existence de celles-ci. C’était facile à croire. Nous en étions peut-être arrivés à confondre liberté et sécurité, à voir l’arbre de la sécurité cachant la forêt, rasée, de nos libertés. D’ailleurs après une éclipse mondiale, le Festival des libertés nous est revenu en 2021, avec l’absence de vergogne propre à l’institutionnel : accommodé aux « mesures sanitaires » et au CST (Covid Safe ticket, trois mots, un seul mensonge, il faut le saluer) et ce, sans qu’on ait jugé nécessaire de le rebaptiser Festival des libertés conditionnelles par exemple, ou Festival de l’exclusion des réfractaires à une injection expérimentale, ce qui aurait certes été un peu long mais facile à abréger en FÉRIÉ, un beau nom, ma foi pour un festival.

Vers la fin du confinement, c’est à part du reste de la population que les employés et les acteurs du monde culturel avaient protesté (les grandes manifestations bruxelloises tues ou poétiquement minorées par la presse subventionnée) ; et surtout sous la supervision d’une présence policière démocratique beaucoup plus timide que les jeunes et moins jeunes de la Boum au bois de la Cambre (printemps 2021) et que le populo défilant à plusieurs reprises sur la petite ceinture.

Curieusement, ou non, la démocratie libérale aura accompli l’exploit d’escamoter la notion de culture officielle, d’art officiel, renvoyant toujours dans les esprits à ce qu’on appelle « régimes autoritaires » – alors que la politique non autoritaire des pays de l’Union Européenne est décidée en huis clos par la Commission européenne, des commissaires non élus qui ne rendent de compte à personne, et que nos impôts financent les amendes infligées à nos pays en cas de non-respect de ces lois.

L’art officiel n’existerait donc pas, d’où il découle que le ministère de la Culture et la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui financent entre autres les théâtres, ne sont que des hallucinations. Avec un peu de mauvais esprit, on appellerait cela la Matrice.

On se serait tout de même attendu à quelques protestations du milieu culturel contre le CST. Or, le milieu culturel a manifesté encore moins de résistance que les établissements privés (pourtant rares) qui ont continué à accueillir des clients sans les contrôler. En fait, le milieu « culturel » s’est rangé unanimement derrière les diktats du covidisme. En France, même le jusqu’alors valeureux Alexandre Astier, dont le film Kaamelott est sorti en juillet 2021, a cautionné la ségrégation sanitaire. La question se pose du type de contrat qui enchaîne l’âme des artistes, chez qui ne s’est pratiquement pas élevée une voix dissidente. Ils n’ont même pas le droit des bouffons à dire la vérité.

Il aurait été réconfortant, pendant la période de ségrégation que nous avons vécue en Belgique entre novembre 2021 et mars 2022, de lire de la part des institutions culturelles des messages tels que « malgré les réserves que nous inspirent ces mesures, nous nous voyons contraints de les faire appliquer » plutôt que de constater partout le zèle observé comme si c’était normal. Or si ce zèle procédait de convictions sincères, cela pose la question de l’unanimité artificielle, ressemblant étrangement à de la coercition, qui avait recouvert des mesures parfaitement arbitraires et criminelles, unanimité politique, médiatique et culturelle typique des régimes totalitaires[note].

Ne boudons pourtant pas le plaisir de pouvoir retourner au théâtre, même si l’expérience reste à jamais ambivalente et que rien ne sera oublié. Le théâtre Le Public propose entre autres : Le fils de Don Quichotte, pièce qui rencontre un succès mérité. J’y suis allé à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les bonnes raisons, d’assister à cette représentation (mot qui me rappelle la formule de Mehdi Belaj Kacem à propos du premier confinement : nous n’avons pas eu « affaire à […] une pandémie […], mais à la représentation d’une pandémie »), le simple plaisir de retourner au théâtre, l’attraction quichottesque… 

Parmi les “mauvaises” raisons il y avait ma curiosité piquée par les propos de l’auteur Anne Sylvain dans l’interview publiée sur le site du théâtre Le Public :

« J’ai entendu les discours complotistes à propos du vaccin […], ces discours me parvenaient assez violemment. Et là encore j’ai reconnu un trait de caractère fort de Don Quichotte. Car c’est un personnage endoctriné par des valeurs livresques, qui considère sa vérité comme supérieure à celle des autres, et que le reste n’a pas le droit d’exister. »

Dommage qu’Anne Sylvain ne fournisse pas d’exemple de ces discours « complotistes » (c’est le propre des mots fourre-tout que de fonctionner comme des boîtes : on y enferme les problème qu’on ne veut pas examiner). Cela dit, le constat que fait l’auteur est un renversement total de la situation puisque ce sont les « discours complotistes » – en réalité l’exercice de l’esprit critique, du scepticisme, qui n’avaient pas le droit d’exister. Or l’interview étant récente, je me demande si elle parle des « discours complotistes » tenus par Janine Small, la représentante de Pfizer (le PDG de cette société multi-récidiviste, Albert Bourla, n’ayant pas daigné se déplacer pour répondre aux questions de ses commanditaires), confirmant au Parlement européen en octobre 2022 que non, le « vaccin » n’avait pas été testé sur la transmission (Anthony Fauci déclarant aujourd’hui que le vaccin n’a pas marché parce qu’il ne pouvait pas marcher[note]. Quant à l’endoctrinement par les valeurs livresques, n’est-il pas précisément le mal auquel a succombé la population mondiale début 2020, son attention captée par le fil hypnotique de l’« information », et détournée de la réalité vécue, où presque personne ne mourait de cette maladie, sauf, en France par exemple, dans les incantations mortifères du thanatopracteur Jérôme Salomon.

C’est à se demander si les Don Quichotte ne sont pas les acteurs culturels, qui enfourchent leur cheval, montant parfois sur les plus grands, au service de causes promues par les gouvernements de toutes les démocraties occidentales ? Les causes sont peut-être bonnes… mais elles font oublier que le premier devoir vis-à-vis du pouvoir quel qu’il soit, est une saine méfiance (il devrait en aller de même à propos des “philanthropes” aux moyens illimités)… 

La pièce est très physique, très bien emmenée par deux comédiens à la hauteur d’un style vigoureux : Philippe Résimont et Othmane Moumen ; je lui reprocherais seulement de ressembler à un collage dans lequel l’auteur aurait placé Greta Thunberg, les Femen, les expressions toutes faites de Sancho ainsi qu’une référence à Elephant man, autre pièce d’Anne Sylvain dans laquelle a joué Othmane Moumen et qui semble un peu plaqué sur l’ensemble.

En interview, Anne Sylvain ne fait pas mystère de son admiration pour Greta – profond – Thunberg ou pour les FEMEN, qui sont évoquées sur la scène. Mais sortant de la bouche d’un personnage dérangé, on sait ce que vaut leur éloge et cette ambiguïté joue en faveur de la pièce, que l’auteur a eu l’intelligence de ne pas vouloir démonstrative.

Il est peut-être aussi un peu frustrant que rien ne soit déclenché quand un des deux personnages demande « Ne sommes-nous pas dans un théâtre ? », d’autant qu’Anne Sylvain s’était fait intervenir de manière espiègle au tout début de la pièce. « Nous sommes tous des Don Quichotte. » est le message explicite de la pièce. Difficile, en effet, de ne pas s’identifier au chevalier de la triste figure même si sa folie infatigable évoque un sort peu enviable : il aime une femme imaginaire, combat des ennemis imaginaires… La phrase « Nous sommes tous des Don Quichotte » peut être interprétée comme un encouragement à ne pas nous contenter du réel imposé ; ou comme une critique : nous luttons contre des ennemis imaginaires (« Nous sommes en guerre ») faute de les nommer ou de les identifier correctement ; de plus les moulins à vent existent, ils brassent beaucoup d’air et pompent notre énergie, Don Quichotte voit en eux des géants malveillants. Tout fou qu’il est, il n’a peut-être pas tort.

Don Quichotte est donc à la fois pour Anne Sylvain un exemple d’égarement (un personnage emprisonné dans une vision livresque des choses) et un modèle. Faut-il y voir une erreur de lecture, une contradiction ? Ou au contraire une leçon volontaire ou non : le modèle à suivre, ce serait l’égarement ?

Le plaisir du texte ne nous oblige pas à choisir.

Et c’en est tout le mérite.

Ludovic Joubert

Site de l’auteur: https://xyloglosse.net/

DES CHEVALIERS DE PAPIER ? RETOUR AU THÉÂTRE

La constante mise en avant de la notion de liberté dans nos régimes dits démocratiques – et je crains bien qu’ils ne le soient, que la notion de démocratie n’ait pas le même sens pour les dirigeants que pour nous – a de quoi faire tiquer. Un animal peut se croire libre s’il ignore tout de ce qui se trouve au-delà des barreaux de sa cage ; ou si son attention est constamment détournée de cet extérieur.

Licence Pixabay

« Accueil ouvert 20′ avant le spectacle. Toutes les mesures sanitaires en vigueur au moment de votre spectacle seront respectées et annoncées sur theatrelepublic.be« 

Mention présente sur le ticket électronique

Les bénéficiaires du CST et des diverses formes de passe sanitaire appliquées dans les démocraties autoritaires, auront manqué une expérience étrange. Une expérience où on avait basculé un peu plus dans un autre monde, où les cinémas, les théâtres, les salles de concert, les cafés, les restaurants, etc. – versant récréatif du crime contre notre humanité qui avait été commis à partir de mars 2020 – nous étaient interdits. Une expérience étrange, comportant aussi sa consolation : d’une part la profonde satisfaction de ne pas avoir cédé au chantage (éventuellement la satisfaction de ne pas avoir sombré dans le mépris de ceux qui avaient cédé), doublée de cette nouvelle perspective qui nous permettait de voir les institutions culturelles subventionnées pour ce qu’elles étaient : des lieux de culte (aussi agréables soient-ils).

Dans “le monde d’avant” l’existence d’un Festival des libertés semblait prouver l’existence de celles-ci. C’était facile à croire. Nous en étions peut-être arrivés à confondre liberté et sécurité, à voir l’arbre de la sécurité cachant la forêt, rasée, de nos libertés. D’ailleurs après une éclipse mondiale, le Festival des libertés nous est revenu en 2021, avec l’absence de vergogne propre à l’institutionnel : accommodé aux « mesures sanitaires » et au CST (Covid Safe ticket, trois mots, un seul mensonge, il faut le saluer) et ce, sans qu’on ait jugé nécessaire de le rebaptiser Festival des libertés conditionnelles par exemple, ou Festival de l’exclusion des réfractaires à une injection expérimentale, ce qui aurait certes été un peu long mais facile à abréger en FÉRIÉ, un beau nom, ma foi pour un festival.

Vers la fin du confinement, c’est à part du reste de la population que les employés et les acteurs du monde culturel avaient protesté (les grandes manifestations bruxelloises tues ou poétiquement minorées par la presse subventionnée) ; et surtout sous la supervision d’une présence policière démocratique beaucoup plus timide que les jeunes et moins jeunes de la Boum au bois de la Cambre (printemps 2021) et que le populo défilant à plusieurs reprises sur la petite ceinture.

Curieusement, ou non, la démocratie libérale aura accompli l’exploit d’escamoter la notion de culture officielle, d’art officiel, renvoyant toujours dans les esprits à ce qu’on appelle « régimes autoritaires » – alors que la politique non autoritaire des pays de l’Union Européenne est décidée en huis clos par la Commission européenne, des commissaires non élus qui ne rendent de compte à personne, et que nos impôts financent les amendes infligées à nos pays en cas de non-respect de ces lois.

L’art officiel n’existerait donc pas, d’où il découle que le ministère de la Culture et la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui financent entre autres les théâtres, ne sont que des hallucinations. Avec un peu de mauvais esprit, on appellerait cela la Matrice.

On se serait tout de même attendu à quelques protestations du milieu culturel contre le CST. Or, le milieu culturel a manifesté encore moins de résistance que les établissements privés (pourtant rares) qui ont continué à accueillir des clients sans les contrôler. En fait, le milieu « culturel » s’est rangé unanimement derrière les diktats du covidisme. En France, même le jusqu’alors valeureux Alexandre Astier, dont le film Kaamelott est sorti en juillet 2021, a cautionné la ségrégation sanitaire. La question se pose du type de contrat qui enchaîne l’âme des artistes, chez qui ne s’est pratiquement pas élevée une voix dissidente. Ils n’ont même pas le droit des bouffons à dire la vérité.

Il aurait été réconfortant, pendant la période de ségrégation que nous avons vécue en Belgique entre novembre 2021 et mars 2022, de lire de la part des institutions culturelles des messages tels que « malgré les réserves que nous inspirent ces mesures, nous nous voyons contraints de les faire appliquer » plutôt que de constater partout le zèle observé comme si c’était normal. Or si ce zèle procédait de convictions sincères, cela pose la question de l’unanimité artificielle, ressemblant étrangement à de la coercition, qui avait recouvert des mesures parfaitement arbitraires et criminelles, unanimité politique, médiatique et culturelle typique des régimes totalitaires[note].

Ne boudons pourtant pas le plaisir de pouvoir retourner au théâtre, même si l’expérience reste à jamais ambivalente et que rien ne sera oublié. Le théâtre Le Public propose entre autres : Le fils de Don Quichotte, pièce qui rencontre un succès mérité. J’y suis allé à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les bonnes raisons, d’assister à cette représentation (mot qui me rappelle la formule de Mehdi Belaj Kacem à propos du premier confinement : nous n’avons pas eu « affaire à […] une pandémie […], mais à la représentation d’une pandémie »), le simple plaisir de retourner au théâtre, l’attraction quichottesque… 

Parmi les “mauvaises” raisons il y avait ma curiosité piquée par les propos de l’auteur Anne Sylvain dans l’interview publiée sur le site du théâtre Le Public :

« J’ai entendu les discours complotistes à propos du vaccin […], ces discours me parvenaient assez violemment. Et là encore j’ai reconnu un trait de caractère fort de Don Quichotte. Car c’est un personnage endoctriné par des valeurs livresques, qui considère sa vérité comme supérieure à celle des autres, et que le reste n’a pas le droit d’exister. »

Dommage qu’Anne Sylvain ne fournisse pas d’exemple de ces discours « complotistes » (c’est le propre des mots fourre-tout que de fonctionner comme des boîtes : on y enferme les problème qu’on ne veut pas examiner). Cela dit, le constat que fait l’auteur est un renversement total de la situation puisque ce sont les « discours complotistes » – en réalité l’exercice de l’esprit critique, du scepticisme, qui n’avaient pas le droit d’exister. Or l’interview étant récente, je me demande si elle parle des « discours complotistes » tenus par Janine Small, la représentante de Pfizer (le PDG de cette société multi-récidiviste, Albert Bourla, n’ayant pas daigné se déplacer pour répondre aux questions de ses commanditaires), confirmant au Parlement européen en octobre 2022 que non, le « vaccin » n’avait pas été testé sur la transmission (Anthony Fauci déclarant aujourd’hui que le vaccin n’a pas marché parce qu’il ne pouvait pas marcher[note]. Quant à l’endoctrinement par les valeurs livresques, n’est-il pas précisément le mal auquel a succombé la population mondiale début 2020, son attention captée par le fil hypnotique de l’« information », et détournée de la réalité vécue, où presque personne ne mourait de cette maladie, sauf, en France par exemple, dans les incantations mortifères du thanatopracteur Jérôme Salomon.

C’est à se demander si les Don Quichotte ne sont pas les acteurs culturels, qui enfourchent leur cheval, montant parfois sur les plus grands, au service de causes promues par les gouvernements de toutes les démocraties occidentales ? Les causes sont peut-être bonnes… mais elles font oublier que le premier devoir vis-à-vis du pouvoir quel qu’il soit, est une saine méfiance (il devrait en aller de même à propos des “philanthropes” aux moyens illimités)… 

La pièce est très physique, très bien emmenée par deux comédiens à la hauteur d’un style vigoureux : Philippe Résimont et Othmane Moumen ; je lui reprocherais seulement de ressembler à un collage dans lequel l’auteur aurait placé Greta Thunberg, les Femen, les expressions toutes faites de Sancho ainsi qu’une référence à Elephant man, autre pièce d’Anne Sylvain dans laquelle a joué Othmane Moumen et qui semble un peu plaqué sur l’ensemble.

En interview, Anne Sylvain ne fait pas mystère de son admiration pour Greta – profond – Thunberg ou pour les FEMEN, qui sont évoquées sur la scène. Mais sortant de la bouche d’un personnage dérangé, on sait ce que vaut leur éloge et cette ambiguïté joue en faveur de la pièce, que l’auteur a eu l’intelligence de ne pas vouloir démonstrative.

Il est peut-être aussi un peu frustrant que rien ne soit déclenché quand un des deux personnages demande « Ne sommes-nous pas dans un théâtre ? », d’autant qu’Anne Sylvain s’était fait intervenir de manière espiègle au tout début de la pièce. « Nous sommes tous des Don Quichotte. » est le message explicite de la pièce. Difficile, en effet, de ne pas s’identifier au chevalier de la triste figure même si sa folie infatigable évoque un sort peu enviable : il aime une femme imaginaire, combat des ennemis imaginaires… La phrase « Nous sommes tous des Don Quichotte » peut être interprétée comme un encouragement à ne pas nous contenter du réel imposé ; ou comme une critique : nous luttons contre des ennemis imaginaires (« Nous sommes en guerre ») faute de les nommer ou de les identifier correctement ; de plus les moulins à vent existent, ils brassent beaucoup d’air et pompent notre énergie, Don Quichotte voit en eux des géants malveillants. Tout fou qu’il est, il n’a peut-être pas tort.

Don Quichotte est donc à la fois pour Anne Sylvain un exemple d’égarement (un personnage emprisonné dans une vision livresque des choses) et un modèle. Faut-il y voir une erreur de lecture, une contradiction ? Ou au contraire une leçon volontaire ou non : le modèle à suivre, ce serait l’égarement ?

Le plaisir du texte ne nous oblige pas à choisir.

Et c’en est tout le mérite.

Ludovic Joubert

Site de l’auteur: https://xyloglosse.net/

Licencié pour faute grave, ou pour liberté d’expression?

Interview de Me Dillenbourg, avocat de Emmanuel Herbin, enseignant licencié pour avoir informé ses élèves sur les risques de l’injection.

« Ik schaam me voor wat mensen in mijn land [Israël] anderen kunnen aandoen. »

Foto: Vincent Verhaeren

Januari 2023… De staat Israël begint het jaar goed: sinds een paar dagen wordt het weer voor de 6e keer geleid door de onfatsoenlijke Benyamin Netanyahu, gezeten op al zijn potten en pannen, aan het hoofd van de meest rechtse regering in de geschiedenis van Israël. Ja, ja, het is nog mogelijk: de historische rechtervleugel van de Likud, zijn partij, omvat een coalitie van de meest extremistische en ultra-orthodoxe partijen, zoals de « Religious Zionism » partij van de heer Smotrich, en « Jewish Power » van de heer Ben Gvir (die een discipel was van Rabbi Meir Kahane en zijn « Kach » partij, in 1994 verboden wegens terrorisme in Israël en geplaatst op de officiële lijst van terroristische organisaties in de VS). Dus een openlijk neo-fascistische, extreem-rechtse regering…

Dit schijnt onze Europese politici niet te deren die alleen de woorden democratie op hun lippen hebben: op 2 februari hebben mevrouw Macron en Netanyahu in het Elysée-paleis elkaar gefeliciteerd door rode kogels af te vuren op Iran, dit land aan de donkere kant van de macht waar de mensenrechten met voeten worden getreden…; wat natuurlijk niet geldt voor Israël, deze « enige parlementaire democratie in het Nabije Oosten »!

Vorige week woonden we de vertoning bij van Nicola Zambelli’s documentaire « SARURA »:

« Aan de poort van de Negev-woestijn strijdt een groep jonge Palestijnen tegen de Israëlische militaire bezetting. De « Sumud-jongeren » – de jongeren van het doorzettingsvermogen – proberen het van hun families gestolen land terug te geven aan hun volk, door het oude grotdorp Sarura te renoveren. Zij gaan agressie te lijf met geweldloze acties, verdedigen zich tegen geweren met hun eigen camera’s; zij bestrijden troosteloosheid en dood met hoop en leven. »

De vertoning werd gevolgd door een paneldiscussie met de Israëlische burger Eitan Bronstein Aparicio. Hij is de oprichter van Zochrot, een Israëlische organisatie die sinds 2001 werkt aan de bewustwording in Israël en de rest van de wereld over de Nakba en het recht op terugkeer voor Palestijnse vluchtelingen. In 2015 richtte hij samen met Eléonore Merza Bronstein het De-Colonizer Center op, dat het koloniale karakter van het Israëlische regime aantoont.

Eitan verliet Israël en woont nu met zijn familie in België, in Brussel.

«  Ik schaam me, ik schaam me voor wat mensen uit mijn land anderen kunnen aandoen… »

Zijn eerste woorden na de film ontroerden me en ik wilde hem ontmoeten om zijn gevoelens, analyse en hoop voor zijn land te horen.

Interview metEitan Bronstein Aparicio

Annie Thonon: Wat is uw analyse van de huidige situatie in Israël?

Eitan Bronstein Aparicio: Ik denk dat we ons nu in een nieuw en zeer interessant moment bevinden, voor mij als Israëliër die al vele jaren bij de situatie betrokken is.

Sinds zijn oprichting is Israël een koloniaal en apartheidsproject. Zijn beleid ten aanzien van de Palestijnen is altijd hetzelfde gebleven, racistisch, kolonialistisch en gewelddadig, maar hij is er altijd in geslaagd dit beleid uit te voeren terwijl hij zei: « Wij houden van vrede, wij streven naar vrede ». Vandaag is er een verandering: tot twee maanden geleden was er altijd ten minste één partij in Israëlische coalitieregeringen die een façade had van vredeswil, vredeswerk… Vandaag is deze « façade van goed geweten » verdwenen en dat is heel belangrijk. Waarom?

De westerse politieke wereld, Europa en de VS, hielden van dit woord omdat zij een schuldgevoel hadden over de geschiedenis, de genocide, de Shoah, enz. en de Joden wilden helpen. Maar ze konden natuurlijk niet openlijk een zuiver koloniaal project steunen. Dus vertrouwden ze op deze retoriek om Israël te steunen als hun partner voor vrede en democratie. Vandaag zal dit westerse discours het moeilijk hebben om te overleven in een regering waar Netanayhou de meest gematigde is!

Netanyahu is zich bewust van dit feit en zal proberen de westerse opinie niet al te zeer in verlegenheid te brengen: Neem bijvoorbeeld het geval van het Palestijnse dorp Khan Al Ahmar, een klein bedoeïenendorp op de Westelijke Jordaanoever dat zal worden vernietigd. Dit conflict duurt al jaren, bijna tien jaar; Netanyahu, in de oppositie in de vorige regering, verdedigde de sloop met hand en tand bij extreem-rechts, zich beroepend op het advies van het Hooggerechtshof dat de wettigheid van de vernietiging bevestigde. Natuurlijk legaliteit vanuit het standpunt van Israël, dat nooit het internationaal recht respecteert. Daarom is er in Israël geen wettelijke belemmering om deze vernietiging nu uit te voeren. Maar toen de Hoge Raad een paar dagen geleden vroeg wat er aan de hand was, antwoordde de regering: « we moeten nog vier maanden nadenken »… .

Natuurlijk zal deze regering een nog extremer beleid van repressie voeren tegenover de Palestijnen, zoals onlangs in Jenin, maar dit voorbeeld toont aan dat Netanyahu, omdat hij het duidelijk is die dit besluit heeft genomen, zich bewust is van het feit dat het voorwendsel van « vrede » geen rol meer zal kunnen spelen, en dit geeft ons een nieuwe potentieel gevaarlijke situatie voor Israël.

Foto: Vincent Verhaeren

Deze extreme regering zal, als zij consequent is, alle valse woorden van vrede, de mythe van twee staten, enz. verwerpen. Paradoxaal genoeg kan dit positieve gevolgen hebben door de internationale gemeenschap, de Verenigde Staten en hun westerse bondgenoten, te confronteren met haar hypocrisie door een regime te steunen dat alle internationale regels en VN-resoluties aan zijn laars lapt.

Natuurlijk moet men niet al te optimistisch zijn en zichzelf voor de gek houden. De recente verklaringen van het hoofd van de Europese diplomatie Josep Borrell maken me kwaad: vandaag zeggen dat « het niet gepast is om de term apartheid te gebruiken in verband met de staat Israël » en dat « Israël een racistische staat noemen antisemitisme is » toont aan dat de internationale zelfgenoegzaamheid niet van vandaag op morgen zal verdwijnen. Maar men bespeurt enige huivering en ernstige bezorgdheid bij de pro-Israëlische lobby’s over sommige van de extreme standpunten van de nieuwe regering.

Wat betekenen de recente demonstraties in Tel Aviv en Jeruzalem in januari? Is de behandeling van de Palestijnen onder deze nieuwe regering besproken?

Nee, absoluut niet. Helaas staat dit voor de Israëli’s niet centraal; men kan zeggen dat zij gewend zijn aan discriminatie, geweld en annexaties, altijd gepresenteerd als een gerechtvaardigde verdediging…

Nee, maar deze grote demonstraties laten wel een zekere breuk in de Israëlische samenleving zien. Zij betwisten het plan van de nieuwe regering om het rechtsstelsel te hervormen, dat de bevoegdheden van het Hooggerechtshof zou beperken, met inbegrip van de invoering van een zogenaamde « derogatieclausule » die het Parlement in staat zou stellen om met een eenvoudige meerderheid van stemmen een beslissing van het Hooggerechtshof ongedaan te maken. Advocaat-generaal Gali Baharav-Miara toonde zich onlangs bezorgd over hervormingen die de macht van rechters zouden beperken en een « politisering van de rechtshandhaving » die « de meest fundamentele beginselen van de rechtsstaat ernstig zou ondermijnen ».

Deze spectaculaire demonstraties hebben gevolgen voor het bedrijfsleven. Het imago van Israël als een « veilige en gezonde plaats om te investeren » lijkt te wankelen: internationale financiële ondernemingen en kredietbeoordelingsbureaus, zoals JP Morgan, hebben hun bezorgdheid geuit over de manier waarop de justitiële herschikking de economie negatief zou kunnen beïnvloeden. Naar verluidt overwegen grote Israëlische bedrijven het land te verlaten.

Ook op dit gebied zijn er dingen in beweging die tot positieve veranderingen kunnen leiden…

Hoe ziet u de toekomst en waar hoopt u op?

Wat verwacht ik?

Bevrijding van alles, van de koloniale overheersing, van het zionisme; het is een fundamentele strijd die lang zal duren, maar zoals ik al zei, is er nu misschien een kans op verandering.

Ik denk dat het beginsel van twee staten vandaag niet meer mogelijk is: op de Westelijke Jordaanoever zijn er vandaag 700.000 kolonisten, het is niet langer mogelijk een scheiding te overwegen door de illegale kolonisten te verdrijven uit wat een Palestijnse staat had moeten zijn; we moeten denken aan Gaza en de verdrijving van 4.000 kolonisten in 2005, die door sommige kolonisten nog steeds als verraad wordt beschouwd en een trauma blijft in de Israëlische samenleving. Ik denk ook aan de Palestijnen die naar hun huizen moeten kunnen terugkeren.

Ik hou sowieso niet van het idee van een scheiding.

Nogmaals, ik zou graag zien dat mensen samenleven, niet apart. Het principe moet gelijke rechten zijn, mensen moeten samen kunnen leven, niet apart in twee staten. Het land moet worden gedekoloniseerd, wat betekent dat het land over het hele land moet worden verdeeld; het is niet mogelijk dat de kolonisten, die ongeveer 30% van de bevolking uitmaken, 80% van het land bezitten, dus moet er een herverdeling van het land plaatsvinden. Het koloniale systeem moet worden vernietigd; van oudsher, in Latijns-Amerika, in Afrika, is het bezit van land, en van hulpbronnen zoals water, de basis van het koloniale systeem.

Dit alles moet grondig veranderen, en niet alleen op de Westelijke Jordaanoever, maar in heel Israël. Ik hoop dat we daar kunnen leven met rechtvaardigheid, met democratie, met gelijkheid…

Hoe kunnen wij, geconfronteerd met de verantwoordelijkheid van de westerse wereld, als eenvoudige burgers van de westerse wereld handelen om deze veranderingen tot stand te brengen?

Ik zie verschillende niveaus:

Natuurlijk is er de Westerse wereld en haar politieke leiders…

Natuurlijk heeft Europa een grote verantwoordelijkheid bij de oprichting van de Joodse staat. Na de genocide op de Joden tijdens de Tweede Wereldoorlog wilde Europa de Joden helpen door de oprichting van de Joodse staat op het grondgebied van Palestina te bevorderen, misschien met goede bedoelingen… maar vandaag is dat niet meer mogelijk met deze etnische zuivering van de Palestijnen van bij het begin… Europa moet zijn beleid ten aanzien van Israël veranderen, en Israël zijn beleid doen veranderen. We zien dat Europa heel snel sancties kan nemen tegen bepaalde landen, dus waarom niet tegen Israël? Daar wacht ik dus op… een duidelijke veroordeling met sancties tegen het apartheidsregime van Israël in plaats van de verklaringen van Borell! Ik ben erg boos…

Maar er zijn ook de Joden.

Israël presenteert zichzelf als de staat van de Joden van de wereld en zegt « wij zijn de staat van de Joden », maar dat is niet waar. Het is de staat van de zionisten die sinds zijn oprichting in 1948 een beleid van apartheid, overheersing, vernietiging en etnische zuivering voert ten aanzien van een ander volk. Helaas is Israël erin geslaagd deze versie op te leggen en de hele wereld ziet Israël als HET land van de Joden, een symbiose tussen de staat Israël en de Joden in de wereld. Dit is een probleem voor Joden omdat het beleid van Israël het nog steeds bestaande antisemitisme kan aanmoedigen.

Het is heel belangrijk dat Joden dit beeld bestrijden.

Als Jood ben ik zeer geschokt.

« Geheel tegen wat dit land in mijn naam doet, verwacht ik vandaag iets van de Joden. In Frankrijk, in de VS, zijn er gemeenschappen van Franse, Amerikaanse, Joodse burgers, zeer machtig, zeer invloedrijk, die de westerse en Israëlische politiek zouden kunnen beïnvloeden.

En hoe zit het met de burgers?

Ik denk dat het essentieel is om een zo breed mogelijk inzicht, informatie over wat er werkelijk gebeurt, te verspreiden. Dit roept natuurlijk het probleem op, waar we altijd tegenaan lopen, van de informatievoorziening door de mainstream media, die nu alleen nog de officiële spreekbuizen zijn en bevooroordeelde, eenzijdige en misleidende verhalen uitzenden.

Het is ook heel belangrijk om de BDS-campagne tegen Israël te steunen. Het onmiskenbare succes ervan kan worden afgemeten aan de meedogenloosheid waarmee deze campagne door Israël en zijn aanhangers wordt gevoerd. We moeten bedrijven als Hewlett Packard, banken als BNP Paribas die investeren en winst maken (hopelijk niet lang meer, zie boven…) in een koloniale en apartheidsstaat, zoals erkend door Amnesty International, aan de kaak stellen. Zij zijn dus medeplichtig aan een schending van het internationaal publiekrecht, een ernstige schending van de door het internationaal recht gewaarborgde mensenrechten en een misdaad tegen de menselijkheid volgens het internationaal strafrecht.

Dit maakt activistische netwerken en hun werk voor rechtvaardigheid en erkenning van Palestijnse rechten des te belangrijker.

Werk dat, naar mijn overtuiging, alleen maar positief kan zijn voor de toekomst van dit prachtige land en voor de twee volkeren die er samen moeten kunnen leven en het in harmonie moeten kunnen bewonen…

Interview door Annie Thonon

Nog maar negentig jaar geleden stigmatiseerde, joeg, terroriseerde, vermoordde en vergaste een democratisch gekozen regime miljoenen mannen en vrouwen omdat zij behoorden tot een cultuur, een religie, een geschiedenis… Hitler en het nazisme voerden de genocide op de Joden uit en veroorzaakten de verbanning van vele Duitse burgers van Joodse afkomst. Vandaag, een gruwelijk gestamel van de geschiedenis en enkele generaties later, zijn het opnieuw Joden, Israëlische burgers, die een land verlaten waar het voor hen niet meer mogelijk is om te vechten, te werken of hun kinderen op te voeden zonder al hun waarden te verloochenen…

A.T.

« J’ai honte de ce que des gens de mon pays [Israël] peuvent faire subir à d’autres »

Photo: Vincent Verhaeren

Janvier 2023… L’état d’Israël commence bien l’année : depuis quelques jours il est à nouveau dirigé pour la 6ème fois par l’indécrottable Benyamin Netanyahou, assis sur toutes ses casseroles, à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Oui, oui, c’est encore possible : la droite historique du Likoud, son parti, embrasse une coalition des partis les plus extrémistes et ultra-orthodoxes ,tel le  parti « Sionisme religieux » de M. Smotrich, et « Puissance Juive » de M. Ben Gvir ( qui fut un disciple du rabbin Meir Kahane et de son parti « Kach » interdit en 1994 pour cause de terrorisme en Israël et placé sur la liste officielle des organisations terroristes aux EU). Donc un gouvernement ouvertement néo-fasciste d’extrême-droite…

Ce qui n’a pas l’air de déranger nos hommes politiques européens qui n’ont que les mots démocratie à la bouche : ce 2 février à l’Elysée, Mrs Macron et Netanyahou se congratulaient en tirant à boulets rouge sur l’Iran, ce pays du côté sombre de la force où les droits humains sont bafoués… ; ce qui n’est pas le cas d’Israël bien sûr, cette « seule démocratie parlementaire du Proche-Orient » !

Nous avions assisté la semaine dernière à la projection du documentaire de Nicola Zambelli, “SARURA”:

Aux portes du désert du Néguev, un groupe de jeunes Palestiniens lutte contre l’occupation militaire israélienne. Les « jeunes de Sumud » – les jeunes de la persévérance – tentent de rendre à leur peuple les terres volées à leurs familles, en rénovant l’ancien village troglodyte de Sarura. Ils font face à l’agression par des actions non violentes, se défendant des armes à feu avec leurs propres caméras ; ils opposent à la désolation et à la mort l’espoir et la vie.”

La projection fut suivie par une rencontre-débat avec Eitan Bronstein Aparicio, citoyen israélien. Il est le fondateur de Zochrot, une organisation israélienne qui travaille depuis 2001 à susciter en Israël et dans le monde une prise de conscience sur la Nakba et le droit au retour des réfugiés palestiniens. En 2015, il a fondé le centre De-Colonizer avec Eléonore Merza Bronstein, qui démontre la nature coloniale du régime israélien .

Eitan a quitté Israël et vit actuellement avec sa famille en Belgique, à Bruxelles.

J’ai honte, j’ai honte de ce que des gens de mon pays peuvent faire subir à d’autres…”

Ces premiers mots qu’il a prononcé après le film m’ont bouleversée et j’ai voulu le rencontrer pour qu’il nous précise ses sentiments, son analyse et ses espoirs pour son pays.

Interview d’Eitan Bronstein Aparicio

Annie Thonon: Qu’est votre analyse de l’actualité en Israël?

Eitan Bronstein Aparicio: Je pense que l’on est maintenant dans un moment nouveau et très intéressant, pour moi, Israélien impliqué depuis de nombreuses années dans la situation .

Depuis sa création, Israël est un projet colonial et d’apartheid. Sa politique envers les Palestiniens est toujours restée la même, raciste, colonialiste et violente, mais il a toujours réussi à mener cette politique tout en disant:” On aime la paix, on cherche la paix”. Aujourd’hui il y a un changement : jusque il y a deux mois, il y avait toujours dans les gouvernements de coalition israéliens au moins un parti qui avait une façade disant vouloir la paix, travailler pour la paix… Aujourd’hui cette “façade de bonne conscience” a disparu et c’est très important. Pourquoi?

Le monde politique occidental, l’Europe et les EU, aimaient cette parole parce qu’ils avaient un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’histoire, le génocide, la Shoah , etc. et voulaient aider les juifs. Mais, bien sûr, ils ne pouvaient pas soutenir ouvertement un pur projet colonial. Donc, ils s’appuyaient sur ce discours de façade pour soutenir Israël et le considérer comme leur partenaire pour la paix et la démocratie. Aujourd’hui, ce discours occidental va avoir beaucoup de mal à subsister devant un gouvernement où Netanyahou est le plus modéré!

Conscient de ce fait Netanyahou, malin, va essayer ne pas trop embarrasser l’opinion occidentale: Par exemple prenons le cas du village palestinien de Khan Al Ahmar, petit village bédouin de Cisjordanie qui doit être détruit. Ce conflit dure depuis des années, presque dix ans; Netanyahou, dans l’opposition dans le précédent gouvernement, défendait, avec l’extrême-droite, bec et ongles la démolition, en s’appuyant sur l’avis de la Cour Suprême confirmant la légalité de la destruction. Bien entendu légalité du point de vue d’Israël, qui ne respecte jamais le droit international. Donc, il n’y pas d’empêchement légal en Israël pour exécuter maintenant cette destruction. Mais lorsqu’il y a quelques jours la Cour Suprême a demandé ce qu’il en était, le gouvernement a répondu : ”nous avons encore besoin de quatre mois supplémentaires de réflexion”… .

Bien sûr ce gouvernement va mener une politique encore plus extrême de répression envers les Palestiniens, comme à Jenine récemment, mais cet exemple montre que Netanyahou, car c’est lui à l’évidence qui a pris cette décision, est conscient du fait que le prétexte de “la paix” ne pourra plus jouer, et cela nous donne une situation nouvelle potentiellement dangereuse pour Israël.

Photo: Vincent Verhaeren

Ce gouvernement extrême, si il est cohérent, va rejeter toutes les fausses paroles de paix, le mythe de deux états, etc,… Cela peut paradoxalement avoir des conséquences positives en mettant la communauté internationale, États-Unis et ses alliés occidentaux, face à son hypocrisie en soutenant un régime qui se moque de toutes les règles internationales et des résolutions de l’ONU.

Bien sûr, il ne faut pas être trop optimiste et se faire des illusions. Les récentes déclarations du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell me mettent en colère : dire aujourd’hui « il n’est pas approprié d’utiliser le terme  apartheid  en relation avec l’État d’Israël » et que  « qualifier Israël d’état raciste relève de l’antisémitisme » montre que la complaisance internationale ne va disparaître du jour au lendemain. Mais on peut sentir des frémissements et des inquiétudes sérieuses des lobbies pro-israéliens devant certaines prises de positions extrêmes du nouveau gouvernement.

Que signifient les récentes manifestations qui ont eu lieu à Tel Aviv et Jérusalem en janvier dernier ? Le traitement des Palestiniens prévu par ce nouveau gouvernement a-t-il été évoqué ?

Non, absolument pas. Malheureusement, ce n’est pas central pour les israéliens ; on peut dire qu’ils sont habitués aux discriminations, violences, annexions, d’ailleurs toujours présentées comme une défense justifiée…

Non, mais ces grandes manifestations démontrent quand même une certaine fracture au sein de la société israélienne. Elles contestent le projet du nouveau gouvernement de réforme du système judiciaire qui limiterait les pouvoirs de la Cour Suprême, avec notamment, l’introduction d’une clause dite « dérogatoire » qui permettrait au Parlement, avec un vote à la majorité simple, d’annuler une décision de la Cour Suprême. La procureure générale, Gali Baharav-Miara, a récemment dit craindre des réformes réduisant le pouvoir des juges et d’une « politisation des forces de l’ordre » qui « porterait un coup sérieux aux principes les plus fondamentaux de l’État de droit ».

Ces manifestations spectaculaires ont des répercussions dans le monde de l’entreprise. L’image d’Israël, « un pays sûr et solide pour y investir » semble vaciller : des sociétés financières internationales et des agences de notation de crédit, telles JP Morgan, ont exprimé des inquiétudes sur la façon dont le remaniement judiciaire pourrait avoir un impact négatif sur l’économie. De grandes entreprises israéliennes songeraient à quitter le pays.

Dans ce domaine aussi des choses bougent qui pourraient amener des changements positifs…

Comment voyez-vous l’avenir et comment l’espérez-vous ?

Qu’est-ce que j’espère ?

Évidemment la libération de tout, du régime colonial, du sionisme ; c’est un combat fondamental qui va être long, mais comme je l’ai dit, il y a peut-être maintenant une chance de changement.

Je pense que le principe de deux états n’est plus possible aujourd’hui : en Cisjordanie, il y aujourd’hui 700.000 colons, il n’est plus possible d’envisager une séparation en expulsant les colons illégaux de ce qui aurait dû être un état palestinien ; Il faut se souvenir de Gaza et de l’expulsion en 2005 de 4000 colons qui est toujours considérée comme une trahison par certains colons et reste un traumatisme dans la société israélienne. Je pense aussi aux Palestiniens qui doivent pouvoir rentrer chez eux.

De toutes façons je n’aime pas l’idée de séparation.

Je le répète, je voudrais voir les gens vivre ensemble, pas séparés. Le principe doit être égaux en droits, les gens doivent pouvoir vivre ensemble, pas séparément dans deux états. Le pays doit être décolonisé, cela veut dire faire une répartition de la terre, dans tout le pays ; ce n’est pas possible que les colons qui sont environ 30% de la population détiennent 80% de la terre, donc il faut une redistribution des terres. Il faut détruire le système colonial ; de tout temps, en Amérique Latine, en Afrique, c’est la possesssion de la terre, et des ressources comme l’eau, qui est la base du système colonial.

Tout cela doit être changé profondément, et pas seulement en Cisjordanie, mais dans tout Israël. J’espère qu’on aurait la possibilité de vivre là-bas avec la justice, avec la démocratie, de l’égalité

Devant la responsabilité du monde occidental comment pouvons-nous, simples citoyens de ce monde occidental, agir pour faire advenir ces changements ?

Je vois plusieurs niveaux :

Bien sûr, il y a le monde occidental et ses leaders politiques…

Bien sûr l’Europe a une grande responsabilité dans la création de l’état juif. Après le génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale, l’Europe a voulu aider les juifs en favorisant la création de l’état juif sur le territoire de la Palestine, peut-être avec une bonne intention… mais aujourd’hui ce n’est plus possible avec ce nettoyage ethnique des Palestiniens depuis le tout début… L’Europe doit changer sa politique par rapport à Israël, et faire changer la politique d’Israël. On voit bien actuellement que l’Europe peut prendre très rapidement des sanctions contre certains pays, alors pourquoi pas contre Israël ? Alors j’attends ça… une condamnation claire avec des sanctions à la clef contre le régime d’apartheid d’Israël au lieu des déclarations de Borell !! Je suis très en colère…

Mais aussi il y a les juifs.

Israël se présente comme l’état des juifs du monde entier, disant « nous sommes l’état des juifs », mais ce n’est pas vrai. C’est l’état des sionistes menant depuis sa création en 1948 des politiques d’apartheid, de domination, destruction et de nettoyage ethnique envers un autre peuple. Malheureusement Israël a réussi à imposer cette version et le monde entier voit Israël comme LE pays des juifs, une symbiose entre l’état d’Israël et les juifs du monde entier. C’est un problème pour les juifs parce que la politique menée par Israël peut encourager un antisémitisme qui existe toujours .

Il est très important que les juifs combattent cette image.

Moi, en tant que juif , je suis très choqué.

« Not in my name »… Totalement opposé à ce que ce pays fait en mon nom , j’attends quelque chose des juifs aujourd’hui. En France, aux EU, il y a des communautés de citoyens français, étasuniens, d’origine juive, très puissants, très influents, qui seraient capable d’influencer la politique occidentale et israélienne.

Et pour les citoyens, que faire ?

Je pense qu’il est fondamental de diffuser le plus largement possible un éclairage, une information de ce qui se passe réellement. Ce qui pose bien sûr le problème auquel on se heurte toujours, de l’information des grands médias qui ne sont plus que les porte-paroles officiels et diffusent des récits biaisés, à sens unique et mensongers.

Il est très important aussi de soutenir la campagne BDS contre Israël. Son succès incontestable se mesure à l’acharnement avec lequel cette campagne est combattue par Israël et ses soutiens. Il faut dénoncer les entreprises comme Hewlett Packard, les banques telle BNP Paribas qui investissent et font des profits (plus pour longtemps, espérons-le voir plus haut…) dans un état colonial et d’apartheid comme l’a reconnu Amnesty International. Elles se rendent ainsi complices de violation du droit public international, de grave violation des droits humains garantis par le droit international, ainsi que de crime contre l’humanité en vertu du droit pénal international..

Cela donne d’autant plus d’importance aux réseaux militants et à leur travail pour la justice et la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Travail, qui, j’en suis persuadé, ne peut qu’être positif pour l’avenir de cette terre si belle et pour les deux peuples qui doivent pouvoir y vivre ensemble et l’habiter en toute harmonie…

Propos recueillis par Annie Thonon

Il y a tout juste nonante ans un régime issu d’une élection démocratique stigmatisait, pourchassait, terrorisait, assassinait, gazait des millions d’hommes et de femmes pour leur appartenance à une culture, une religion, une histoire… Hitler et le nazisme mettaient en œuvre le génocide des juifs, et provoquaient l’exil de nombre de citoyens allemands d’origine juive. Aujourd’hui, un horrible bégaiement de l’Histoire et quelques générations plus tard, ce sont à nouveau des juifs, citoyens israéliens, qui quittent un pays où il ne leur est plus possible de lutter, de travailler, ou d’élever leurs enfants sans renier toutes leurs valeurs…

A.T.

Hulde aan Madame Merveille

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Philippe Debongnie

Madame Merveille mérite bien son nom. Pendant 42 ans, elle a tenu sa petite boutique au coin de la rue. Dans les heures creuses de la matinée, son gros chien Tom allongé dans un coin, elle y tenait aussi salon avec ses deux vieilles amies de toujours et l’occasionnel chaland pas pressé. Qu’il pleuve ou qu’il vente, toujours aimable, toujours souriante, Madame Merveille a vendu journaux, magazines, revues et, accessoirement, cigarettes, tabac et grilles de loto à plusieurs générations de clients du quartier. Ayant vu grandir mes enfants, aujourd’hui adultes, elle prenait régulièrement de leurs nouvelles. Qu’il pleuve ou qu’il vente, toujours avec son beau sourire, on croisait aussi souvent Madame Merveille sur l’avenue et dans le square en train de promener son gros chien placide. Sortir son Tom l’obligeait à marcher et à se tenir en forme, m’expliquait-elle. 

Lors du basculement de 2020, comme tout le monde, elle a dû fermer boutique. Pas contente, mais pas le choix, bien obligée. Les confinements ont eu raison de l’autre marchand de journaux du quartier, de l’autre côté de l’avenue. Madame Merveille, elle, a tenu bon. Elle a rouvert et continué. « Les temps sont durs », nous disait-elle, sans développer, mais sans se plaindre, « mais ils sont durs pour tout le monde, et j’aime mon métier ». 

Et puis, un triste jour du mois de novembre dernier, alors que je prenais de ses nouvelles en lui achetant mon canard du mercredi, elle m’a annoncé tout de go : « Je ferme à la fin de l’année. » Surpris, je n’ai rien trouvé de mieux à lui dire, de manière fort plate et convenue que : « Triste nouvelle pour nous bien sûr, mais vous allez enfin profiter d’une retraite bien méritée. » « Pas du tout, me répondit-elle, je n’ai aucune envie de prendre ma pension, car j’aime toujours autant mon métier, et j’aurais voulu continuer, mais voilà, j’arrivais déjà tout juste à m’en tirer, et avec l’explosion des factures d’électricité, je ne m’en sors plus : maintenant, ce n’est plus que je ne gagne pas assez d’argent, mais j’en perds !» Et Madame Merveille de m’expliquer que cette situation désastreuse est aussi provoquée par la baisse de la vente des journaux, accélérée par les fermetures imposées en 2020, et l’augmentation des frais bancaires. J’ai ainsi appris avec stupéfaction que, lorsque je lui achetais mon canard à 1,70€ par carte, la banque lui prélevait une commission de 13 centimes, soit presque la moitié de sa modeste marge. Avec sa délicatesse naturelle, jamais Madame Merveille ne m’avait fait la moindre remarque. A posteriori, j’ai honte d’avoir cédé à la facilité de la banque « sans contact » et me suis promis de régler désormais chez les commerçants mes petits achats en liquide. 

Outre la baisse générale du lectorat en raison de la concentration des médias de masse et de leur médiocrité affligeante, le détournement des lecteurs vers la presse digitale, la raréfaction subie de l’argent liquide et la numérisation de notre environnement quotidien conduit à l’élimination progressive des petits marchands de journaux indépendants. Car hélas, si elle ne sait pas encore ce qui va venir après elle, Madame Merveille sait déjà que ce ne sera pas un marchand de journaux. Cette disparition est significative du changement de société en cours. Car, avec son magasin de journaux, Madame Merveille ne proposait pas seulement des revues de sudoku, mots croisés et divertissement, mais, en diffusant l’ensemble de la presse d’opinion et d’analyse – dont Kairos – dans toute sa diversité et sans discrimination aucune, elle accomplissait aussi une véritable mission d’intérêt public. À l’échelle du quartier, elle jouait un rôle modeste, mais essentiel et concret en faveur de la diffusion des idées et de la liberté de s’informer. 

Bientôt, si la tendance se poursuit, il n’y aura plus dans nos villes d’autres possibilités d’acheter la presse que dans les grandes chaînes implantées dans les gares et autres points de passage dits stratégiques. Dans ce monde qui se constitue à toute allure sous nos yeux, il n’y a plus guère de place pour une Madame Merveille et, avec elle, pour tant d’autres petits commerçants et artisans indépendants. Bien sûr, ces « petits » ne jouent pas de rôle « stratégique » avec « effet multiplicateur ». La preuve : ils ne sont même plus « rentables » en tant que « centres de profits » ! Les épiciers de quartier sont remplacés par les lieux de vente dits « de proximité » des multinationales de la distribution et les boulangers qui font leur pain eux-mêmes cèdent la place à des chaînes plus douées pour le marketing et les économies d’échelle que pour pétrir la pâte 1. Et pourtant, ce sont des travailleurs indépendants comme eux, des gens comme nous, qui font que nous ne sommes pas de simples salariés consommateurs atomisés et hébétés, rivés à nos écrans au fond de nos boîtes à habiter en un point quelconque de la planète, mais bien les habitants d’une ville, d’un village ou d’un quartier précis, riche de son histoire collective, où il fait bon vivre et se parler. 

En espérant avoir le plaisir de continuer à vous croiser de temps en temps en promenade avec votre bon chien Tom, du fond du cœur, merci Madame Merveille. Et que reviennent le temps des cerises et le temps des merveilles ! 

S. Kimo 

Dit is mijn nieuwe werk

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Alexandre De Wind

En ce jour de la Saint Barnard (et non pas de la sainte Elisabeth Borne, qui présentait en conseil des ministres, le 23 janvier, son projet de réforme des retraites dans ce doux pays d’outre-Quiévrain qui cultive autant les pommes que les paradoxes), mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en chœur « Merci patron, merci patron… ». Non. Vous n’imaginez pas à quel point, moi, histrion lexical, pantomime gracieux sur les lignes de mots, je ne peux pas glorifier ce mot qui évoque — tant de personnes avant moi l’ont déjà dit ! — une torture. 

Parlons donc, plutôt que des patrons (encore mériteraient-ils une notice aussi fournie que la barbe de feu Demis Roussos), du travail. Ah, la valeur travail ! Savez-vous, bande d’ignares accros aux nouvelles technologies au rythme de changement aussi effréné que les mots scandés par un rappeur émérite, que le mot « travail » vient d’un mot du latin vulgaire ! Oui, vulgaire ! C’est un mot du peuple romain, formé sur un mot à faire frémir les plus prudes d’entre vous (ceux qui ont un pacemaker, éloignez-vous) : tripalium, « le supplice avec trois pieux », à ne pas confondre avec le mot « pal », qui est aussi d’une douceur incommensurable pour les amateurs de supplice. Ne voulant pas heurter les jeunes filles en fleurs ou les adolescents boutonneux qui lisent ma prose remarquable, je vous ferai part seulement de la définition des cruciverbistes, « qui commence bien mais finit mal ». Ces trois pieux permettaient de faire de l’aérobic sans le vouloir et des extensions, sans parler du tout de votre nouvelle coupe de cheveux (que vous trouvez extraordinaire mais que votre coiffeur-euse trouve juste banale, terriblement banale, ne fût-ce que parce que vous êtes le 38e client de la journée à vouloir la tronche de votre footballeur préféré). Par extension (encore !, dira le supplicié), on rapproche ce terme de tripalium des souffrances que l’on connaît lors d’un accouchement. Une douleur qui devait, théoriquement, amener une délivrance à la mère, et un accès à la vie ici-bas à un petit bout d’humanité — dans le meilleur des cas, naturellement, puisque la mort survenait quand même bien souvent. Ne serait-ce même pas un mot d’origine gauloise, ces gueux dont la ressemblance avec Philippe Martinez n’est pas tout à fait fortuite, hein ? Les fameux Gaulois réfractaires … Mais quand on voit ce qu’ils doivent endurer, on le serait à moins. Le latin classique possédait le verbe laborare, « travailler physiquement ». Sa destinée est bien équilibrée, puisqu’il a donné naissance (si je puis m’exprimer ainsi et sans avoir recours au tripalium) autant aux laboratoires qu’au dur labeur à la sueur de son front (non, rien à voir avec vos dernières prouesses au club de fitness du coin). 

Mais revenons au pieu. Non, pas vous, bande de feignasses qui traînez au lit en faisant des vidéos sur TikTok et faites la morale aux types qui travaillent en se levant aux aurores pour permettre à votre wifi de fonctionner sans souci et vous regardent, l’air goguenard, en se tenant le dos endolori à force d’être courbé devant les instances dites supérieures. Parlons donc du travail, dans ce que disait un humoriste américain (bien avant Donald Trump et Joe Biden, les deux vieux du Muppet Show, donc) : « Entre le moment où on signe un contrat et celui où on commence à travailler, s’écoule sans doute la plus belle partie de votre vie ». Le travail qui a du sens au début, qui a du sens au milieu, mais qui fait sacrément mal à la fin. On ne parlera pas uniquement que de douleur physique, puisqu’il est prouvé, spécifiquement dans le cas des jobs à la con, inutiles et dévalorisants, qu’ils amènent à une sorte de folie — ou d’indifférence par rapport à sa capacité de changer le monde, ce qui est pire. Comme diraient d’éminents collègues dans un ouvrage resté fameux, Le travail, et après ?. C’est qu’après cette torture de bousiller ses muscles, atomiser ses articulations, zigouiller à la sulfateuse ses genoux, dézinguer à la Kalach ses bras, il y a une vie qui existe, au sens plein, pour laquelle l’usage le plus grand possible de ses membres, de son cerveau, de ses articulations, est quand même un peu nécessaire. Les termes évoqués dans cet article, qui n’auront fait charbonner que mes 5 neurones restants et mes deux mains se complètent fort bien. Dans le bouillonnement bien légitime et pas tout à fait inattendu de propos au sujet de la réforme de Babeth Borne, on entend beaucoup de références, directes et poignantes, à la sensation de ne pas être capable d’exercer un métier au-delà du raisonnable, ce qui l’apparenterait à un supplice multiple et pas très délicat, ainsi qu’à la fatigue musculaire permanente de tous les corps de métier. On entend sourdre une détresse, latente, comme des enfants qu’on a privés de jouer pendant trop longtemps et qu’on a contraints à faire des gestes incongrus tout au long de leur scolarité (quelle déveine d’avoir appris à marcher et à se tenir debout pour rester sur une chaise et quelle malchance d’avoir appris à parler pour devoir, sans cesse, se taire. Mais c’est un autre débat, la suite sur CNews). 

Plus précisément, on pourrait dire que la plus grande souffrance ressentie est celle des personnes qui acceptent le supplice pour un temps, pour le bonheur collectif, pour le bien-être commun, pour l’altruisme bien nécessaire, du moins en partie ! Le tout, dans nos magnifiques sociétés de consommation où on parle plus à ses abonnés sur tout réseau social qui se respecte qu’à la femme de ménage qui, inlassablement, ne cesse de ramasser, ranger, épousseter, les mêmes endroits salis par les mêmes mains au service des mêmes brillants cerveaux qui se prétendent connectés mais le sont souvent plus avec leur IPhone dernier cri produit dans des conditions qui ne sont pas si éloignées des conditions de travail et d’opération des ouvriers sous nos latitudes. C’est alors que, avec la même vivacité que le ferait la cheffe du merveilleux gouvernement de centre-dévié-droite pour balancer un article 49 alinéa 3, je m’empresse de parler de la pénibilité. Quel concept formidable et qui permet les plus âpres compromissions politiques ! Un travail pénible, maintenant qu’on comprend mieux le premier terme, n’est-ce pas une magnifique figure de style, un paroxysme sémantique ? Par essence, et par ses applications, le travail ne peut qu’être pénible – au sens d’une peine, d’une « souffrance », physique, mentale et/ ou psychologique. Que l’on soit danseur ou forgeron, comédien de cinéma ou maître-nageur, ouvrier à la chaîne ou professeur, le travail est par essence pénible. Il nécessite des aménagements musculaires, des modifications de nos organismes – tant du point de vue cérébral que du point de vue physique. Cette pénibilité est variable en fonction des fonctions mais devrait, naturellement, être intégrée dans la vision de l’existence humaine qui ne devrait jamais se limiter à travailler pour vivre, et à vivre pour travailler. Le travail pourra être passionnant, épanouissant, épatant, il n’en demeurera pas moins un effort répété demandé à son corps et à son cerveau ; par là même, une usure, plus ou moins forte, plus ou moins handicapante, du corps et des facultés neurologiques et cérébrales. Un travail pénible — ou, mieux : un supplice qui apporte de la fatigue — devrait dès lors être jugé et présenté avec plus de circonspection que sous le prisme de l’alpha et de l’oméga d’une société qui s’échine à en vouloir toujours, plus, toujours plus vite, toujours plus fort… Et la retraite, vue comme autre chose qu’un loisir de vieux qui n’ont plus rien à faire (d’utile, on l’entend). 

Je vous laisse, j’ai encore 308 trimestres à acquitter pour pouvoir partir me la couler douce au Touquet. Je serai cassé, brisé, pilé menu, mais m…, je serai sur la plage du Président. 

David Tong 

Technieken om de menigte te manipuleren

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DE LA CHARTE DE TORTURE PSYCHOLOGIQUE AUX TECHNIQUES DE SOUMISSION LIBREMENT CONSENTIE

Le métier de psychologue répond à un code de déontologie et une éthique qui prend soin de préserver la liberté des patients, notamment, la liberté de se penser comme un sujet à part entière. 

Depuis deux ans, cette liberté a été malmenée : liberté de se déplacer, puis liberté de penser par soi-même, de s’exprimer… plus que cela, notre capacité à penser a été entravée à notre insu, générant des phénomènes psychiques qui nous ont paralysés psychiquement. Cette situation a mis à l’épreuve nos valeurs, notre éthique, notre rapport à la norme, à l’autorité. 

Les personnes qui tentaient de garder leur libre-arbitre ont éprouvé des sentiments confus d’angoisse, de perte de repères et de confiance en l’avenir. Ces réactions de survie psychique ont été induites par l’utilisation de méthodes d’ingénierie sociale au sein même de la communication qui a accompagné les mesures liées à la pandémie. 

Depuis le début 2020, le gouvernement est conseillé dans la logistique de son plan vaccinal par des cabinets d’experts en stratégie. Le conseil en stratégie, inventé par James McKinsey dans les années 1920, consiste à « fabriquer du consentement ». Ils élaborent leurs méthodes à partir des données issues des études en sciences humaines et comportementales. Ces recettes, appliquées à la communication, permettent d’obtenir le consentement d’un groupe d’individus. 

Bien que de nos jours, le nudge, cette méthode de communication dite « douce », soit connue du grand public, elle reste utilisée lorsqu’il s’agit d’obtenir le consentement d’une population. Cette recette de coercition mentale agit malgré nous, sur notre consentement et notre sentiment de liberté de choix. Ces méthodes de propagande fonctionnent car elles exploitent les failles naturelles de notre psychisme. Elles nous accompagnent méthodiquement à adopter une attitude de soumission consentie à l’autorité. 

Ce consentement extorqué à l’insu de l’esprit critique de l’individu, ne peut être qualifié de libre et éclairé, puisqu’il est le résultat d’une manipulation. Cette manipulation imperceptible biaise nos repères et travaille nos résistances à notre insu. Elle induit notre acceptation, mais l’anesthésie de notre esprit critique génère des effets de passivité et de sidération psychique. 

Nous allons aujourd’hui revenir dessus, afin que vous puissiez être en mesure de repérer ces avatars et être en mesure de vous protéger. 

Avant de commencer, j’aimerais prévenir ceux qui nous suivent, que cet exercice est difficile et mentalement éprouvant. Penser l’impensable et analyser les paradoxes dans lesquels on a été pris est difficile cognitivement. Cela réveille nos résistances psychiques de défense contre l’humiliation du Moi. 

Lorsque nous réalisons que nous nous sommes fait manipuler, cela réveille chez nous le sentiment de honte et de culpabilité. C’est le résultat du retournement du sentiment de culpabilité par identification à l’agresseur. Sortir de l’emprise par l’analyse et la réflexion produit de la fatigabilité psychique, et épuise cognitivement. Pour parer à cela, nous allons procéder par étapes synthétiques. 

En 2022, les professionnels de la psychologie font le constat d’un épuisement psychique général de la population. Cet état des lieux correspond aux effets de cette ingénierie sociale. En manipulant nos repères psychiques à notre insu, les techniques d’ingénierie sociale ont épuisé nos facultés à appréhender ce qui nous arrivait. Les alertes à la peur, les avis d’experts contradictoires, l’impossibilité de se réfugier dans une solution pérenne pour se protéger… tout cela a produit de l’inquiétude et du stress, des besoins de rationnaliser, de suivre un camp. 

Blandine Denis

Lorsque l’esprit se retrouve dans l’impossibilité de se représenter ce qui lui arrive, il entre dans un état de dissonance cognitive. La dissonance cognitive correspond à la tension psychique interne que nous éprouvons lorsque nos idées, croyances, émotions et intentions entrent en contradiction (dissonance). Un individu amené à adopter un comportement qui entre en contradiction avec ses valeurs, ressent également cette dissonance. 

Ce concept de dissonance cognitive a été énoncé en 1957, par Léon Festinger, dans son ouvrage A theory of cognitive dissonance. Festinger étudie les différentes stratégies de réduction de la tension que les personnes utilisent pour sauver leur besoin de cohérence psychique, notamment les stratégies d’évitement. Ainsi, alors que certaines mesures sanitaires sont suspendues depuis le 14 mars 2022, ceux qui craignent toujours le virus se sentent égarés, ils ne savent plus comment se protéger, d’autres n’arrivent plus à réfléchir ou ne veulent plus entendre parler de ce qui nous est arrivé. 

J’ai travaillé en 1998 avec le professeur Jacques Py, spécialiste des théories de l’engagement et validé un mémoire sur les conditions de mise en place d’une croyance à partir d’une dissonance cognitive. Il portait sur l’étude de Léon Festinger[note], en 1956 : l’échec d’une prophétie. Il s’agissait de comprendre comment des individus réagissaient suite à la réfutation d’une croyance à laquelle ils adhéraient fortement. 

Aujourd’hui, la prophétie des modélisations ne s’est pas réalisée, il n’y a pas eu autant de morts qu’annoncé. Alors que depuis 2 ans, nous sommes sous le coup d’un discours martial concernant un virus mortel et qu’on nous a enjoint à croire à une pandémie mondiale, nous sommes autorisés à enlever le « masque-protection » devenu fétiche. Comment vont réagir les personnes qui ont adhéré au discours de la peur, comment vont-elles réagir face à la réfutation des courbes de prévisions de mortalité, du taux de létalité du virus… comment supportent-elles que plus d’enfants soient décédés des conséquences des mesures sanitaires que du virus lui-même ? Selon la théorie de la dissonance cognitive, ils vont rationaliser leurs actes. Par exemple, certains vont garder le masque pour protéger les autres. 

Rétrospectivement, le besoin humain de cohérence interne amènera la personne à rationaliser son comportement, c’est-à-dire le justifier : « Au départ, je pensais surtout qu’une injection expérimentale était quelque chose de risqué. Puis, j’ai pris rdv parce qu’on m’a dit qu’il fallait que je me protège, parce que mourir du virus, c’était plus grave. » Ce raisonnement a une forme logique, cependant, il ne couvre pas l’inquiétude première, celle du danger. La personne se sent alors inconsciemment obligée de rechercher une cohérence interne : je n’étais pas obligé, je l’ai donc fait par moi-même. Et ce gel de décision aura pour effet d’induire chez elle d’autres comportements : par exemple, elle ne pourra plus partager son inquiétude quant aux effets secondaires. 

Ce premier comportement : se faire vacciner, fait sous la contrainte douce, permet d’engager la personne dans un second comportement tout en lui laissant l’impression qu’elle a elle-même choisi ce second comportement. 

Comme nous l’avons vu, la dissonance cognitive est une tension psychique interne. La dissonance, ce n’est agréable pour personne, pour la supporter, nous tentons de réduire ses effets. Chacun d’entre nous tente de sauver sa cohérence interne. Ainsi, l’effort déployé par la personne pour réduire la dissonance est proportionnel à l’ampleur de sa dissonance interne. 

Par la suite, cette dissonance cognitive influence la façon dont chacun voit les autres et notre façon de considérer notre propre identité. « Je suis vaccinée pour les autres, je suis une personne altruiste ». 

Depuis le début 2020, il a été mis en place des mesures gouvernementales exceptionnelles qui ont un point commun, celui de conditionner les individus et les masses à délaisser leur libre arbitre et préférer obéir. Elles s’appuient sur le fait que, contrairement aux individus qui cherchent la vérité, les foules, elles, désirent croire, plutôt que savoir. Cette démarche est voulue, elle a été pensée, construite et commandée à des cabinets de conseils en stratégie. Le conseil en stratégie a été inventé par James McKinsey dans les années 1920. Ce conseil consiste à « fabriquer du consentement » en utilisant les travaux de spécialistes en sciences humaines et comportementales. Ces conseils appelés « méthode de coercition mentale douce » agissent à notre insu sur notre consentement et nous laissent le sentiment d’avoir fait un choix en liberté. Cette recette n’a de douce que la forme, car dans le fond, elle exploite les failles naturelles de notre psychisme pour nous amener à adopter une attitude de soumission consentie. 

Ce consentement extorqué à l’insu de notre esprit critique ne peut être qualifié de libre et éclairé. Il est le résultat d’une manipulation qui a travaillé nos résistances et anesthésié notre capacité à penser. Cette douce influence nous fait perdre notre libre-arbitre et donc notre autonomie psychique. 

La charte de torture psychologique du sociologue Albert Biderman, par exemple, résume les principes de coercition psychique universels. Cette méthode élaborée à partir des récits de torture des prisonniers de guerre, a également été éprouvée dans des camps de détention militaire. 

Les 8 étapes chronologiques de cette stratégie sont résumées dans un tableau de 1957 que je vais vous présenter en quelques minutes : 

1. Isoler la personne des liens sociaux et du soutien qui lui donneraient la capacité de résister. Développer chez elle une inquiétude intense et la rendre dépendante de l’autorité. L’isolement peut prendre la forme d’un confinement, de la mise en place autoritaire de distances sociales, de gestes barrière, télé-travail, quarantaines… 

2. Monopoliser son attention, éliminer les informations contredisant celles de l’autorité. Punir les actions d’insoumission. Il s’agit ici de conditionner le cerveau, par exemple au travers de journaux télévisés et slogans publicitaires quotidiens. 

3. Induire l’épuisement et affaiblir la volonté de résistance physique ou mentale. L’épuisement psychique étant le résultat d’une pression psychologique. Par exemple : pour continuer de travailler, je dois me faire vacciner. L’injonction induit l’inutilité de la résistance. 

4. Présenter des menaces permettant de cultiver l’anxiété, le stress et le désespoir. Par exemple : « Si je ne suis pas vaccinée, je suis radiée de l’Agence régionale de la Santé, je ne pourrai plus travailler, nourrir mes enfants, payer mon crédit »… 

5. Concéder des indulgences occasionnelles, afin d’empêcher l’accoutumance aux privations. Ce qu’on appelle ici des « indulgences », se traduit par des grâces accordées par l’oppresseur. Ainsi, momentanément soulagée, la victime, honteuse d’accepter la soumission, culpabilise. Oubliant le contexte de maltraitance, elle associe clémence occasionnelle du bourreau à un pardon, une indulgence, au sens catholique du terme (correspond à la réduction du temps de Purgatoire) . D’autant plus si cette levée se fait au moment des fêtes de Noël, pour le cas qui nous intéresse ici. 

6. Démontrer la toute-puissance du pouvoir en suggérant l’inutilité de la résistance. Nous voyons qu’après l’accalmie, on resserre. Ce 6ème point rejoint le 3ème, qui visait à induire l’épuisement et affaiblir la volonté de résistance. 

Blandine Denis

Il correspond à l’annonce de contrôles, chez des professionnels par exemple. Il est ainsi suggéré qu’on viendra vérifier le réel dans l’intimité. Des professionnels peuvent ainsi souhaiter céder pour ne pas avoir à être humiliés par un contrôle. 

7. Dégrader la victime en faisant paraître le prix de sa résistance comme plus dommageable que sa capitulation. Réduire la victime au niveau de la survie animale. 

Blandine Denis

Ici, il s’agit de convoquer la personne au prix de son intégrité. Par exemple : les personnes non vaccinées ne pourront plus sortir au restaurant, au cinéma, etc. Chacun ici est amené à examiner ses besoins essentiels, faire un examen de conscience sur ce qu’il peut abandonner ou non. Beaucoup ici choisiront de se déculpabiliser en évoquant le sacro-saint argument de l’obligation : « On était obligé si on voulait sortir ». Enfin… 

8. Exiger des actions stupides pour développer les habitudes de soumission à l’autorité, même pour des ordres infondés, afin de briser le libre arbitre et les capacités de jugement de la victime. C’est le principe des auto-attestations. Sur le principe, m’auto-autoriser à sortir semble une aberration de sens. Leur rédaction pompeuse est cependant ergonomiquement efficace, car coûteuse cognitivement. Ainsi, pour sortir faire ses courses ou se balader, seul motif valable, il nous était difficile de savoir quelle case cocher, si les courses que vous souhaitiez faire étaient bien comprises dans les biens qualifiés de nécessaires ou encore si vous pouviez être accompagné ou co-voituré. 

Nous avons vu ici que la recette de toute situation de coercition psychique répond à un schéma simple et repérable. Arriver à se réveiller et réaliser que nos repères psychiques ont été sciemment brouillés est difficile cognitivement. Le penser, produit des résistances psychiques de défense contre l’humiliation du Moi. Nous nous devons cependant d’y rester attentifs car cette ingénierie sociale génère des effets de sidération, de passivité et d’addiction à l’économie psychique. 

Par exemple, alors que certaines mesures sanitaires sont suspendues depuis le 14 mars 2022, ceux qui ont abandonné leur libre arbitre et accordé leur confiance sans retour craignent toujours le virus et ne savent plus comment se protéger, d’autres n’arrivent plus à réfléchir ou ne veulent plus entendre parler de ce qui nous est arrivé. Désorientés, ils ont perdu leur congruence interne, leur boussole intérieure. Résister psychiquement passe par un centrage sur ses valeurs et émotions, afin de rester centrés sur un état de sécurité, d’harmonie interne. Lorsque nous sommes alignés sur cette boussole intérieure ou lorsque nos actions ne sont pas alignées sur nos convictions internes, nous sommes en capacité de reconnaître que nous sommes face à deux croyances qui s’opposent. 

Cette boussole peut nous aider à faire le tri, un examen de conscience, afin de hiérarchiser nos valeurs en fonction de ce que nous souhaitons défendre. 

Le psychologue Carl Gustav JUNG, écrivait dans le Livre rouge : « Une certaine forme de solitude et d’isolement est la condition sine qua non d’une vie en bonne harmonie avec soi-même et avec les autres, sans laquelle on ne peut pas être suffisamment soi-même… ». 

Amandine Lafargue 

Weg met de necrobrandstoffen

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Depuis une vingtaine d’années[note], dans l’optique de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, on développe la filière dite des biocarburants. Une première remarque est l’utilisation du préfixe bio pour qualifier ces carburants. Ils sont certes issus de certaines formes de la biomasse, mais ce terme bio est lié chez nous à l’agriculture biologique qui a une image positive pour la plupart des francophones. Les agrocarburants d’origine végétale ne sont pas du tout bio : ils sont issus de plantes cultivées avec toute l’artillerie lourde des intrants de l’agrochimie et des pesticides. 

C’est pourquoi, selon l’origine de la biomasse utilisée pour générer le carburant alternatif, on préfère le terme agrocarburant ou algocarburant. 

Ceux qui voient les inconvénients de la filière les appellent nécrocarburants. 

Il y a deux filières de production de biocarburants : 

À partir de plantes riches en sucre. Le sucre est transformé industriellement pour en faire du bioéthanol qui peut remplacer en partie l’essence. Ce carburant est extrait de betteraves, de cannes à sucre, de céréales, de résidus vinicoles… 

Une autre filière produit une alternative au diesel. Ici, les matières premières sont des produits agricoles riches en huile, comme le palmier à huile, le tournesol, le soja ou le colza. 

On synthétise aussi du biogaz à partir de la fermentation de déchets agricoles. Surtout si elle est réalisée dans de petites exploitations agricoles, la production de méthane peut remplacer le gaz fossile et éliminer des sous-produits difficilement valorisables comme le lisier. 

On tente aussi de produire un biocarburant qui puisse remplacer le kérosène pour avions. 

ACCROISSEMENT DE LA FAIM DANS LE MONDE 

Il est évident que détourner des productions agricoles pour fabriquer des carburants pour véhicules provoque une baisse de quantité de nourriture disponible. Ainsi, des surfaces agricoles existantes sont utilisées pour ces cultures à destination énergétique. En Amérique du Sud, on détruit des pans entiers de la forêt amazonienne pour la remplacer par des cultures de soja. 

Or, un rapport de 2022 de la FAO et des Nations unies estimait que le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde a atteint 828 millions en 2021, soit une hausse d’environ 46 millions par rapport à 2020 et de 150 millions depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19. En 2021, quelque 2,3 milliards de personnes (29,3% de la population mondiale) étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave, soit 350 millions de personnes de plus qu’avant la pandémie de Covid-19. Près de 924 millions de personnes (11,7% de la population mondiale) sont confrontées à une insécurité alimentaire grave, 207 millions de personnes en plus en 2 ans. On comprend dès lors que qualifier les biocarburants du terme de nécrocarburants est tout à fait pertinent. 

La production mondiale de biocarburants s’élève à 4.113 PJ (pétajoules) en 2019, en progression de 56% par rapport à 2010. Les principaux pays producteurs sont les États-Unis (37,9% du total mondial, majoritairement à partir de maïs et de blé), le Brésil (24,1%, canne à sucre, soya) et l’Indonésie (6,7%, palmier à huile). La part des carburants alternatifs à l’essence et au gazole pétroliers augmente régulièrement. Elle représente en 2020 8,7% des carburants consommés, soit 171 Mtep. Parmi ces alternatives (biocarburants, GPL, GNV, électricité), les biocarburants représentent 87,7Mtep, soit une part de marché de 52% des carburants alternatifs. À l’échelle continentale, la consommation de biocarburants dans les carburants routiers varie selon les régions, mais c’est l’Amérique latine (Brésil) qui affiche toujours, avec 12%, le taux le plus élevé grâce à son marché d’éthanol qui atteint à lui seul un taux d’incorporation de plus de 15% dans l’essence (grâce à la grosse production de canne à sucre). L’Amérique du Nord puis l’Europe suivent ensuite avec des taux respectifs de 6,5% et 5,6% (en énergie). En Asie, ce taux n’est que de 2,2%. 

Une étude menée sur une grande centrale de production de bioéthanol à partir de maïs aux États-Unis montre que pour produire 1 litre d’éthanol, il faut transformer 2,37 kilos de maïs, brûler 500 grammes de charbon et utiliser 4 litres d’eau (dans l’usine). Hélas, il faut, selon les régions, de 500 à 1.500 litres d’eau pour produire un kilo de maïs. Cela signifie que la production d’un litre d’éthanol à base de maïs requiert l’utilisation de 1.200 à 3.600 litres d’eau. 

L’impact de l’augmentation de l’utilisation des biocarburants est donc un accroissement de la tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l’érosion des sols, de la désertification, de la pénurie en eau, etc. 

Face à ce sombre tableau, les partisans des agrocarburants ont eu deux réponses : 

1) Les faire passer pour des produits verts en insistant sur leur caractère durable. Il est vrai que les produits agricoles sont renouvelables, mais quant à faire passer ces filières industrielles comme « vertes », c’est une astuce sémantique qui n’a pu être efficace que grâce à de grandes campagnes de désinformation. 

2) Développer des sources de production moins néfastes. C’est ainsi que l’on peut distinguer trois générations de biocarburants. 

La 1ère génération, celle qui utilise des productions agricoles dont on a montré les graves inconvénients. 

La 2ème génération utilise les parties non alimentaires des plantes : huiles et graisses usagées, déchets forestiers (parties des arbres non utilisées par l’industrie du bois), les résidus non agricoles (tiges de maïs), des cultures à croissance rapide comme le peuplier et l’eucalyptus ou des déchets organiques (par exemple les boues de stations d’épuration). 

La 3ème génération : micro-organismes photosynthétiques (cyanobactéries, micro-‐algues). 

Les biocarburants de 1ère génération font augmenter le prix des aliments servant de matière première. Manger coûte alors de plus en plus cher. Quand les conditions agricoles ne sont pas bonnes (inondations, sécheresse), les productions en pâtissent. Les quantités sont alors insuffisantes pour être utilisées comme nourriture (humains et animaux) et comme biocarburants. 

Les biocarburants de 2ème et 3ème génération sont, de fait, moins nocifs, mais ils représentent une faible partie face à la poursuite de la 1ère génération. 

LE SOUTIEN DES POUVOIRS PUBLICS 

Le développement des biocarburants est soutenu par les instances dirigeantes. C’est ainsi qu’en France on a pensé favoriser les véhicules au biocarburant en leur offrant une petite ristourne au péage et des stationnements gratuits. Des mesures de défiscalisation aident aussi grandement le développement des biocarburants. À ce jour, les cultures destinées à la synthèse de biocarburants occupent 3% de la surface agricole. 

Mais plutôt que de mettre en circulation des voitures 100% biocarburants, il fut choisi d’en promouvoir l’utilisation par l’addition d’une certaine quantité aux carburants classiques, ce qui ne demande pas une modification des moteurs et résout le problème du développement d’un réseau de distribution du nouveau carburant (problème connu aussi pour les voitures électriques). 

L’Union européenne fut une des premières à soutenir les biocarburants en fixant des mandats d’incorporation à 2% pour 2005 et à 5,75% pour 2010. Mais aujourd’hui, les taux d’incorporation sont plus élevés. En France, en 2020, la proportion d’énergie due aux biocarburants était de 8,2% de l’énergie contenue dans l’essence et de 8% de l’énergie contenue dans le gazole. 

Le consommateur peut connaître la quantité de biocarburant contenue dans l’essence consommée à la pompe : l’essence E5 en contient 5% et l’essence E10 en contient 10%. 

Chanic

UN BILAN NÉGATIF 

Évidemment, les producteurs de biocarburants prétendent que leurs produits provoquent moins d’émissions de CO2 que les carburants d’origine fossile. Même si les sources des matières utilisées pour la synthèse des carburants sont souvent renouvelables, les filières ne peuvent être qualifiées de « vertes ». En effet, les études menées pour mesurer les émissions de CO2 sont contradictoires et si l’on prend en compte les effets indirects, il n’y a pas d’amélioration en comparaison avec les émissions des carburants fossiles. 

Mais même si le bilan carbone était amélioré par rapport aux combustibles fossiles, leur production par les procédés de 1ère génération devrait être interdite, car elle entre en concurrence avec les productions agricoles destinées à l’alimentation. Déjà, des augmentations du prix des aliments ont été constatées. Ainsi, au Mexique, des émeutes de la faim ont éclaté, car le prix des tortillas avait doublé suite à l’utilisation du maïs comme agrocarburant. 

Dans un premier temps, le secteur pétrolier s’était opposé aux biocarburants, et ils concurrençaient leurs propres productions. Ils ont toutefois accepté le développement des biocarburants, car ils ont investi dans les usines qui transformaient les matières premières en carburants utilisables dans les moteurs actuels. 

En fait, les plus demandeurs de cette évolution étaient les grands producteurs de colza qui ne trouvaient plus de débouchés pour leurs huiles suite au soutien productiviste de la PAC (politique agricole commune). Ainsi, la France dispose de grosses fermes développant des cultures de colza dont la production était excédentaire et difficile à écouler. 

Alain Adriaens 

UNE AVANCÉE EN BELGIQUE 

La ministre fédérale de l’Énergie de Belgique, Tinne Van der Straeten (Groen), vient d’édicter un décret qui tient compte des inconvénients de la filière de 1ère génération. Sous son impulsion, le gouvernement fédéral a décidé d’interdire l’usage de l’huile de palme en tant qu’adjuvant au diesel, et ce à partir du 1er janvier 2023. Le même bannissement sera appliqué à l’huile de soja à partir de juillet 2023. 

La ministre a motivé sa décision de la manière suivante : « Ces combustibles n’ont aucun avantage sur les combustibles fossiles d’un point de vue climatique. (…) Ils coûtent de l’argent au consommateur à la pompe et provoquent finalement davantage d’émissions en raison de la déforestation massive réalisée pour faire pousser ces cultures. » 

La ministre a aussi annoncé que le gouvernement travaillait sur une suppression progressive des biocarburants de première génération, qui sont en concurrence avec les cultures destinées à l’alimentation humaine et celle des animaux d’élevage. Il reste à espérer que cet exemple incitera d’autres pays à adopter les mêmes dispositions. 

Geconfronteerd met instorting, de wedergeboorte van de psychologie

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Flash-back il y a bientôt deux ans : interdit de respirer, de se déplacer, de travailler, de soigner, de ré-informer, de disposer de son corps et de son esprit. Extorsion de consentement par manipulation. Déliquescence du système de soin. Effondrement du contrat social au profit d’une vie à crédit — toujours sociale, certes. D’un côté, une partie de la population terrorisée, soumise à l’autorité par extorsion de consentement ; de l’autre, des minorités actives qui entrent en résistance… En toile de fond, un monde en devenir… Tentative de décryptage des conséquences de la manipulation par le mental à la faveur d’un nouveau paradigme qui unit le corps, le cœur et la conscience. 

1. Quand la stratégie du choc dissocie 

Cœur sidéré, répression dans le corps et refoulement dans le psychisme. Le propre du trauma réside dans sa capacité à dissocier le corps et l’esprit. Anesthésie individuelle et hypnose collective. Le poids des mots, le choc des photos. Face à une démocratie sous hypnose, les psychologues sont restés bien silencieux. Seraient-ils tout aussi sujets aux manipulations du mental qu’ils sont censés prémunir de par leur fonction? Machiavel l’expliquait déjà : « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leur âme ». Il est d’ailleurs intéressant de relever que quasiment depuis les débuts de l’écriture, des traités expliquant comment diviser pour mieux régner sont foison[note] afin de repérer les façons de vaincre l’ennemi sans recours à la violence, ni à la bataille, mais plutôt en utilisant des tactiques psychologiques avec la même ligne de mire : si la peur est un moteur et la division, le liant, le bien-être des peuples reste toujours l’alibi des dirigeants. Le problème est que « la population en général ne sait pas ce qui est en train de se passer. Et elle ne sait même pas qu’elle ne sait pas[note]». Le psychologue ne devrait-il donc pas poser la question de la connaissance de soi comme pierre angulaire d’une évolution nécessaire? 

Partout sur la planète des injections expérimentales sont extorquées à la faveur d’un nouveau paradigme, celui de la survie soumise aux injonctions d’injections impliquant un traçage des populations. C’est la rhétorique du « nous sommes en guerre », et « la guerre, c’est la paix ». Soumettez-vous pour être libre. Relisons 1984, les gouvernements sont passés maîtres dans l’art des injonctions paradoxales, du mensonge pathologique et du chantage. Phénomène inédit qui pousse à questionner une dynamique d’aliénation gouvernementale assez largement consentie. Le tableau pourrait s’analyser selon trois registres subtilement inter-reliés : le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire. 

Choc du Réel. Autrefois, c’était l’autodafé. Désormais le scientifique censé intervenir pour décrypter et justifier le réel est soumis à une chasse aux sorcières. Attaqué pour discours en contradiction avec la théorie officielle, il est évincé. Et si toutefois il pose trop de questions — thèse, antithèse, synthèse —, l’armée des fact-checkers sera toujours là pour lui clouer le bec. Les médias sont passés maîtres dans l’art du façonnage de l’opinion. Fuite de l’Imaginaire. Désormais deux paradigmes se dessinent : transhumanisme contre persistancedelapartsacréeetinaliénable.L’èrepost-matérialiste aurait-elle définitivement évincé la question du sacré ? Où sont donc passés les hommes de foi ? Face à cet effondrement, la renaissance de la psychologie et de la science devient inévitable, nous y reviendrons. 

Du Réel à l’Imaginaire… Un effondrement du Symbolique comme ce qui fait sens à nos existences. De la doctrine d’un réel scientifique censé justifier l’identité numérique à l’effondrement d’un imaginaire religieux, capable de justifier un futur transhumain, le psy aurait-il démissionné ? Abdiqué de la part symbolique qu’il défend en substance ? Mais d’où vient donc cette confusion ? 

2. Tous inconscients, tous innocents? 

Dans son livre Covid-19, the Great Reset, Klaus Schwab, grand manitou du World Economic Forum, avait prévenu que l’exercice de la pandémie serait l’occasion d’une grande réinitialisation : « La crise du Covid-19 représente une grande opportunité pour réformer le système. […] À l’avenir, les gouvernements décideront très probablement, mais avec des degrés d’intensité différents, qu’il est dans le meilleur intérêt de la société de réécrire certaines règles du jeu et d’accroître les rôles de façon permanente ». Historiquement, les débuts de la psychologie contemporaine voient le jour dans l’aire post-victorienne, avec pour chef de file Sigmund Freud, pour qui « le moi n’est pas maître dans sa maison ». Suivant ce créneau, son neveu Edward Bernays deviendra l’inventeur de techniques de publicité recourant au consentement à l’autorité, dont nos gouvernements sont devenus friands. En 1928, dans son premier livre Propaganda, il décrit sa profession de magnat de la presse comme consistant à créer un « lien symbolique » entre son client et les masses en relayant ou en créant de toutes pièces des messages soigneusement adaptés à leur psychologie collective. Il se dit convaincu que « la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux. Bref, que le public, au fond, constitue, pour la gouvernance de la société, un obstacle à contourner et une menace à écarter[note]». Son œuvre de propagande lui permettra de grands succès commerciaux et géopolitiques, dont le renversement du gouvernement du Guatemala en 1954! Selon cette dynamique, l’inconscient est structuré comme un langage, et l’approche freudienne considère sa manipulation comme une évolution. 

À ses côtés, son confrère Carl Gustav Jung apportera une compréhension bien plus évolutive des phénomènes psychiques. Selon lui, c’est l’appauvrissement de la vie intérieure qui a conduit les individus à mener une existence réduite. Si la personnalité consciente est devenue civilisée, organisée et rationnelle, la personnalité inconsciente demeurée sauvage doit être intégrée à la conscience par une vie symbolique et archétypale (nous reviendrons sur ce terme fondamental). Sans quoi elle peut s’exprimer à tout moment de manière violente, barbare et éruptive, en se laissant manipuler. Selon le philosophe Frédéric Lenoir, c’est en ce sens que Jung analyse la montée des périls du XXe siècle (nazisme, communisme et nationalismes en tout genre) qui ne peut être endiguée par plus de raison[note], mais plus de conscience. Ici, la solution est avant tout intérieure et individuelle : c’est par le symbole que nous nous relions à la fonction imaginative. Car, « plus la raison critique prédomine plus la vie s’appauvrit. […] La surestimation de la raison a ceci de commun avec un pouvoir d’état absolu : sous sa domination, l’individu dépérit[note]». Pour résumer, c’est comme dans un jeu de vases communicants : si aucun travail ne se fait au niveau symbolique — celui du cœur qui en principe unit le corps à la conscience, et le Réel à l’Imaginaire —, comment un travail de symbolisation pourrait-il intervenir comme un contre-pouvoir? C’est là l’état d’urgence qu’il nous convient de décrypter. 

3. Détecter, isoler, tracer ? Tout est relatif! 

Dans son intervention de septembre 2022 aux Universités d’été résistantes, l’avocat David Guyon s’est attaché à déceler les trois leviers de l’état d’urgence et de l’effondrement du droit que sont l’urgence, la peur et la propagande[note]. Il est d’ailleurs intéressant de les relier à la triade que la médecin Laurence Kayser a décelée dans ce même temps : paresse, peur et ignorance[note]. Pour être clair, résumons selon les trois plans que nous avons désormais identifiés. Dans le Réel, l’urgence est activée et le mécanisme de sidération nous fige: paresse, stupeur et tremblements. Au niveau du corps, le système limbique est suractivé. Au niveau du Symbolique, le cœur est dans l’incompréhension, le travail de bascule et de renversement ne se fait pas ; c’est la peur qui agit. Au niveau de l’Imaginaire, l’ignorance et la propagande s’emparent des esprits. Qui pour parler de l’effondrement de l’éthique, de la foi et de la morale ? De la nécessité de sortir de l’asservissement ? De l’importance capitale de la maîtrise des états émotionnels et mentaux pour poser des choix de résilience ? Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Hannah Arendt avait tenté de nous alerter : « Pour s’implanter, le totalitarisme a besoin d’individus isolés et déculturés, déracinés des rapports sociaux, organiques, atomisés socialement et poussés à un égoïsme extrême[note] ». Or, « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez[note] ». Alors que Bernays nous montre que l’apport de la psychologie permet de passer maître dans l’art de la propagande, le psy 2.0 sera-t-il celui qui continuera à soutenir le narratif et la mise en place des rouages de la soumission? Isoler, détecter, tracer serait devenu la solution… En tout état d’urgence se pose la question d’une grande bascule. 

Un renversement des mécanismes est cependant le fruit d’une grande motivation et d’un réel effort. Sur ce sujet Spinoza termine son Éthique par ces mots : « Maintenant la voie est très ardue, on peut pourtant la découvrir. Et puis, allons, il faut bien qu’elle soit ardue, une chose qu’on trouve si rarement. Car pourrait-il se faire, si le salut était sous la main et qu’on pouvait l’obtenir sans grande fatigue, que presque tout le monde le néglige ? Mais parmi toutes les choses les plus précieuses, toutes sont difficiles autant que rares[note] ». Ici intervient la notion de relativité et ses conséquences sur un renouveau de la psychologie. 

En 1930, Albert Einstein rencontre le philosophe indien Rabindranâth Tagore. Alors qu’il lui affirmait que « la réalité est relative et la vérité est absolue », Tagore lui répondit : « Mais les deux sont relatifs, parce que si vous niez la réalité, vous reniez la vérité et vice versa, tout l’univers est en moi et je suis à l’intérieur de l’univers. Il n’y a pas de beauté seulement en présence d’un admirateur, et il n’y a de vérité que dans l’existence d’un croyant ». Étonné, Einstein lui répondit : « Il y a quelques instants ma théorie était incomplète… Et maintenant vous la terminez en prouvant que la vérité n’est pas absolue ». Aussi, pour revenir au discours qui nous est martelé depuis deux ans, ainsi qu’à un principe bien connu de la médecine — le poison de l’un est la médecine de l’autre —, soit certains sont protégés par ces injections, et il convient alors de se demander pourquoi cette prophylaxie serait imposée à tous ; soit, tel que le démontrent les avancées du parlement européen lors de l’audition Pfizer, le dit vaccin ne protège pas de la transmission, ce que tout le monde savait, fabriquants compris[note]. Ou encore il existe de surcroît des effets indésirables sans précédents, tout comme une violation de principes fondamentaux, sacrés et inaliénables ayant un impact sur les corps individuel et social. Auquel cas, il y a une manipulation qu’il convient alors de décoder et de dénoncer pour proposer de nouvelles dimensions de soin à l’être humain et à la Terre. Dans ce cadre rien n’est relatif ! Si le mental se sert de nous et que nous sommes inconsciemment identifiés à lui, par conséquent nous ne savons même pas que nous sommes son esclave. Et sortir du pseudo-relativisme est déjà en soi une voie de sortie. 

Alors qu’une psychologie de l’inconscient laisse sa place à une métaphysique de la conscience, des questions de fond peuvent enfin émerger, et les registres du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire, s’interpénétrer vers plus de conscience. De tout temps, au niveau du réel, le savant et le scientifique nous protègent du délire. Les tenants du religieux assurent la part sacrée et imaginaire. Tandis que le psychologue est censé décrypter ce qui ne se voit qu’avec le cœur. Surgit une question : à quoi pourrait donc ressembler une connaissance qui fusionnerait la magie (comme compréhension d’un au-delà du visible), la foi (en soi) et la science comme garante des lois du visible ? Quels seraient ses fondements théoriques et ses outils pratiques ? Quelles seraient les caractéristiques de la nouvelle conscience que cette fusion pourrait faire émerger ? Est-ce que la science sera neutre ou enverra-t-elle de nouvelles ressources pour aider ce trio sacré à triompher ? Quand la démocratie est sous hypnose, comment préparer cette alliance qui prédétermine l’avenir de notre espèce ? 

4. Levée de rideau. Vers une science de la conscience. Quantum experience. What the bleep do we know?[note]

Dès 1944, Jung annonçait le chemin : « Je suis convaincu que l’étude scientifique de l’âme est la science de l’avenir. […] Il paraît en effet, avec une clarté toujours plus aveuglante que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais que c’est bel et bien l’homme qui constitue pour l’homme le plus grand des dangers. La cause en est simple : il n’existe encore aucune protection contre les épidémies psychiques ; or ces épidémies-là sont infiniment plus dévastatrices que les pires catastrophes de la nature ! Le suprême danger qui menace aussi bien l’être individuel que les peuples pris dans leur ensemble, c’est le danger psychique[note] ». Presque 100 ans plus tard, le grand tournant d’une civilisation consciente fondée sur une médecine en conscience et de la conscience est inexorable et déjà présent. C’est d’ailleurs le modèle de médecine intégrative que l’on voit reconnu par les outils de la science contemporaine qui, depuis une trentaine d’années, considère le corps comme support de l’esprit. Aussi, comme pour faire face au transhumanisme, nous nous dirigeons vers une révolution paradigmatique de la connaissance aussi importante que la révolution copernicienne. Révolution d’une connaissance dont le centre serait le cœur, déjà annoncée par Aristote : « L’éducation de l’esprit sans éducation du cœur, n’est pas une réelle éducation ». Ainsi de nos jours, si la façon de faire de la science n’a pas changé, ses concepts fondamentaux ont été, eux, profondément bouleversés, particulièrement autour de la physique quantique. Selon Einstein, cette approche nous montre qu’« en ce qui concerne la matière, nous avons tous eu tort. Ce que nous avons appelé la matière, c’est l’énergie, dont la vibration a été tellement abaissée qu’elle est perceptible aux sens. La matière est l’esprit réduit au point de visibilité. » Elle serait en quelque sorte de la pensée cristallisée. Or, si considérer la matière comme de l’information, de la fréquence et de la vibration peut sembler dorénavant concevable, la répercussion de cette vision est sans précédent sur le renouveau de la psychologie. C’est ce qui lui fit dire qu’« il nous faut résoudre le problème qui a été créé sur un plan [ici le mental], à partir d’un autre plan [la conscience]. » En pratique s’impose comme solution la paix de l’esprit et davantage de compassion. 

À ce titre, en décryptant les synchronicités de cette crise menant vers un futur déjà foutu — ce qu’il appelle le « fouture » —, le physicien Philippe Guillemant soutient que l’organisation doit venir du futur car elle n’a aucune cause passée lui permettant d’exister. C’est ce qui lui fait avancer que « nous pouvons continuer à faire de la physique, mais nous devons être absolument logiques et donc considérer nos intentions comme des réalités physiques, avec l’ingrédient additionnel qu’elles ne semblent pas dépendre uniquement de notre cerveau mais aussi d’un système d’information hors espace-temps qui peut être rejoint par l’intuition[note] ». Cette mécanique quantique permet de construire le modèle standard des particules élémentaires à partir de ce qu’on appelle la théorie quantique des champs. Ainsi là où Jung avait apporté l’idée que les archétypes siégeant dans l’inconscient collectif seraient de nature « psychoïde » (sortes de matrice mi-physique, mi-psychique), cette rencontre sera déterminante pour l’élaboration d’un nouveau paradigme au carrefour de la psychologie et de la physique. Tous deux visaient le même résultat : trouver une loi physique objective qui décrive le champ de forme régissant l’univers, aussi bien sous l’angle matériel que psychique. Ceci les mena à considérer le réservoir de l’inconscient collectif comme une matrice invisible à laquelle l’inconscient personnel accéderait sous la forme d’archétypes et de synchronicités ; et à rappeler au passage que la plupart des découvertes de la physique (espace, temps, matière, énergie, champ, particule) ou de tous les autres domaines, sont souvent le fruit d’intuitions rendues possibles par l’activation de formes universelles servant de modèles que seraient les archétypes. Plus récemment, Ervin Laszlo et d’autres physiciens quantiques ont validé ces champs informationnels appelés « champs morphogénétiques », soulignant qu’ils ont toujours été disponibles depuis la nuit des temps aux chamans, aux sages, aux visionnaires, aux artistes, aux mystiques et aux médiums, ces gens qui avaient la capacité d’ajuster finement leur perception en amenant la conscience dans cette réalité multidimensionnelle où les plus belles intuitions et intentions peuvent être piochées. Selon ses études, notre grande tâche consisterait à élever notre fréquence afin que nos trois cerveaux — corps, cœur et conscience — puissent devenir les réceptacles de ces réalités. 

5. Entre le corps et la conscience, une psychologie du cœur et de l’intention 

Pas à pas, le cœur comme carrefour du corps et de la conscience prend toute sa place. Les travaux du Heart Math Institute sur le cœur (dont le rayonnement magnétique est 6.000 fois plus important que celui du cerveau), montrent que la vibration peut amener des voies de guérison par une pratique consciente de la cohérence cardiaque[note]. Depuis les années 1990, ce laboratoire californien étudie l’intelligence intuitive du cœur, l’impact de la communication entre le cœur et le cerveau sur la gestion du stress et des émotions. Les techniques Heart Math démontrent ainsi que nos émotions et nos intentions influencent également le bien-être des gens qui nous entourent. La cohérence cardiaque génère de la cohérence sociale, où nous pouvons consciemment donner une orientation positive et constructive à la coopération en groupe. Philocalie du cœur chez les pères du désert[note], « caverne du cœur » dans les Upanishads, école du cœur dans la voie bouddhiste, voyage au centre du cœur chez les chamans, s’il n’est pas de voie initiatique qui ne fasse la part belle à la purification du cœur, c’est désormais la science qui la valide comme vecteur d’évolution qui nous amènerait à poser des choix résilients et conscients. 

Au travers d’une multitude d’actions, de nouvelles propositions émergent partout sur la planète pour montrer qu’il est possible de changer les règles du 

– JEU : médical, juridique, éducationnel, monétaire, démocratique et informationnel. 

– ET DU JE : dans ce cadre, l’émergence d’une psychologie de la conscience démontre enfin que, loin d’être le problème, nous sommes humblement la solution ! « Pire encore (pour les matérialistes), la découverte d’un réglage extrêmement précis des caractéristiques de l’Univers pose ouvertement la question de l’existence d’un Créateur au cœur même de la science contemporaine et a pu pousser de grands scientifiques à débattre d’une question qui paraissait être rejetée à jamais en dehors du domaine de la science. Bien d’autres révolutions seraient à mentionner ici, par exemple le théorème de Gödel qui démontra que tout système logique humain cohérent (ce qui est bien la moindre des choses pour un système logique) était radicalement incomplet. Bref, c’est une science beaucoup plus humble, une science consciente de ses limites et ouverte sur d’autres niveaux de réalité qui pointe à l’horizon. Une science fort différente du scientisme triomphant qui pensait pouvoir tout expliquer. Cette évolution a été très bien décrite sous le terme de “Grand Retournement” dans l’analyse de Michel-Yves Bolloré et d’Olivier Bonnassies, “Dieu, la Science, les Preuves”[note] ». Dans ce cadre, l’accès à l’intuition comme la voie royale vers d’autres mondes constitue un grand retournement. 

En toile de fond de cette mutation vers un peu plus de pénurie et de culpabilisation du citoyen, c’est surtout une mutation spirituelle menant à une façon différente de penser et d’interagir qui apparaît. Alors que nous rentrons dans cette zone, la question est celle de la fréquence à laquelle s’accorder. Ici, les perceptions jungiennes concernant le processus d’individuation prennent aussi tout leur sens : au-delà du personnage, l’être en état de conscience modifié vient, par la connexion aux réalités archétypales, se reconnecter à sa vraie nature. Dans ce mouvement de connexion à la supraconscience, il y pioche de l’humilité en se sentant infiniment petit, tout comme de l’amour en se sentant infiniment grand. 

6. Effet Maharishi et champ morpho-génétique. Comment opère le phénomène de bascule? 

Ici intervient le phénomène de « super-radiance » ou « effet Maharishi » (du nom du maître spirituel indien qui fut le premier à le décrire) expérimenté pour la première fois à l’occasion d’une étude menée pendant le conflit israélo-libanais au début des années 1980. Cette étude consistait à réunir, dans les régions du Moyen-Orient dévastées par la guerre, des personnes formées à la technique de la méditation transcendantale élaborée par Maharishi Mahesh Yogi. Durant les périodes au cours desquelles elles éprouvaient toutes ensemble un sentiment de paix, le niveau de violence (crimes, meurtres, accidents, terrorisme) dans la région autour d’elles diminuait significativement. Quand elles arrêtaient de focaliser leur attention sur l’harmonie, toutes ces activités reprenaient. Les résultats furent tellement évidents que les chercheurs purent déterminer le pourcentage exact de population nécessaire pour créer cet effet Maharishi. Il s’agit de la racine carrée de 1% de la totalité d’une population donnée, soit 100 personnes pour un million ou 800 000 sur les 8 milliards d’habitants que compte actuellement la population mondiale. Il semblerait logique et naturel de supposer que pour changer le monde, il faille que l’immense majorité de la population du globe y consente, mais c’est une erreur. Ce qui est important est que la nécessité d’un changement fasse l’objet d’une prise de conscience d’un nombre suffisant de personnes[note]. Le monde qui nous entoure possède un champ énergétique qui est en réalité à la base de toutes les réalités physiques, qu’ils soient appelés champs akkashique, égregore, ether, chi, tchi, tao, intuition, voie du cœur, ou champ morphogénétique. La fonction de ces champs consiste à enregistrer de l’information. C’est quand nous plongeons dans ce pool d’énergie que nous recevons la vibration. Aussi nous suffirait-il d’ouvrir nos corps, cœurs et conscience à ce pool d’énergie pour y planter nos graines dans le futur. 

En-deça, le message est clair: nous concentrant sur notre propre éveil spirituel, nous aiderions l’ensemble de l’humanité à se rapprocher du seuil de masse critique. Atteindre ce seuil pour éveiller l’ensemble des habitants de cette planète est ce qui nous est demandé aujourd’hui, ce qui est tout à fait à notre portée! C’est d’ailleurs la vision de Teilhard de Chardin d’une « noosphère » qui serait la troisième phase d’une succession de développements de la Terre, après la géosphère (matière inanimée) et la biosphère (la vie biologique). Ici, l’humanité serait en voie de « planétisation ». Vision d’une humanité dont l’imaginaire, les pensées, les idées, et les découvertes tissent progressivement une noosphère de plus en plus génératrice de conscience solidaire et planétaire. 

Clap de fin. Au-delà des discours potentiellement manipulateurs, si la conscience est une voie d’éveil, la connexion par le corps et le cœur en est le chemin. Soyons tout simplement humains. Et « heureux les pauvres d’esprit, le royaume des cieux leur appartient »! Depuis deux mille ans, le message est pourtant clair, la psychologie sera spirituelle ou ne sera pas. Il nous faut apprendre à penser moins et à ressentir plus. Là est le réel état d’urgence. Cœur compatissant, corps solide et conscience grandissante, ainsi nos psychismes incarnés changeront le monde. 

Caroline Escartefigues 

RECLAMEDRAAD

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Depuis peu, les politiques et les médias mainstream nous préconisent quasi tous la pratique de la sobriété. Ils veulent nous faire croire que cette soudaine conversion est motivée par la lutte contre les émissions de CO2 et donc la lutte contre le changement climatique. Ce qu’on dit trop rarement c’est que la publicité pour ce concept proposé par les décroissants est d’abord et surtout motivée par la crainte que l’hiver prochain connaisse des pénuries de gaz, possibles vu la décision de la Russie d’interrompre ses livraisons de gaz à l’Occident[note]. Ce conseil de modération concerne aussi l’électricité, car une bonne part de celle-ci est produite par des centrales au gaz. Si l’on voulait réellement lutter contre l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, il faudrait étendre cette politique publicitaire à tous les objets que nous consommons. En effet, pour leur fabrication et transport, ces objets utilisent des quantités importantes d’énergie. Cette production indirecte d’énergie provient souvent d’Asie du Sud-est ou de Chine. Mais puisque le changement climatique est causé par les émissions de CO2 de la terre entière, cette énergie dépensée ailleurs pour nos consommations devrait être ajoutée au calcul de nos émissions. Si l’on ajoutait cette production indirecte aux émissions propres de chaque pays, on obtiendrait des chiffres énormes pour les pays occidentaux. 

Cette hyperconsommation d’objets est, elle aussi, incitée par la publicité pour les emprunts d’argent non pas destinés à l’investissement, mais à la consommation immédiate. Alors qu’on parle de sobriété, celle-ci se limite aux consommations directes d’énergie et pas à tous les objets qui contribuent aux émissions indirectes de gaz à effet de serre. 

LE SPORT SPECTACLE 

Pour ces achats de choses dont la publicité provoque le désir, les classes défavorisées ont recours à l’emprunt. Ces prêts, dangereux pour les acquéreurs, sont eux aussi promus par la publicité. Par exemple, Cofidis, un important prêteur, sponsorise une équipe cycliste professionnelle. Ces sportifs deviennent ainsi des hommes-sandwichs porteurs de noms de marques. De même les maillots distinctifs des grands tours (jaune, vert, etc.) sont sponsorisés par des marques qui multiplient leurs sigles. Ceux-ci sont en toile de fond des interviews et cérémonies officielles. Elles sont donc ainsi vues par les téléspectateurs qui sont parfois des millions. Le rendement de ces publicités est donc assuré pour des montants pas trop importants. 

Et que dire du football où, en plus des dossards publicitaires, les stades sont ceinturés de publicités dont certaines sont lumineuses et animées. Le financement des équipes n’est donc pas assuré par ce que paient les spectateurs, mais aussi par les publicités. 

PRODUITS MÉDICAUX 

La publicité étant interdite pour les médicaments remboursés par la sécurité sociale (souvent peu respectée), c’est parfois le bouche à oreille qui permet à des produits pharmaceutiques de voir leurs ventes augmenter. Il en va ainsi pour la Rilatine qui soigne le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec/ou sans Hyperactivité). La molécule de ce produit est théoriquement réservée aux enfants de 6 à 18 ans. Récemment elle a connu une augmentation importante. En Belgique, en 2021, elle a été prescrite à plus de 34.000 enfants, ce qui est le chiffre le plus élevé à ce jour. Le remboursement de ce produit ne peut être autorisé que sur prescription médicale. On peut douter que le nombre d’enfants touchés par le TDAH se soit brusquement multiplié. En fait, ce n’est pas une maladie, mais un trouble du comportement. Normalement, le médicament ne peut être utilisé qu’après des traitements non médicamenteux tels qu’une thérapie par la parole ou une thérapie comportementale. Mais aujourd’hui, ces étapes sont souvent « négligées ». On se rend compte que la publicité pour ce médicament se fait de bouche à oreille. Même certains professeurs le recommandent parfois (ils préfèrent avoir des élèves calmes plutôt qu’hyperactifs). Mais ce qui pousse notamment les parents à utiliser ce produit c’est qu’il est dit (et parfois observé) améliorer les performances scolaires. Dans une société où le culte de la réussite est soutenu par la pression sociale, les élèves et parents adoptent l’usage de Rilatine pour améliorer la performance scolaire des jeunes. Ceux-ci deviennent parfois accros à cette molécule, croyant que sans elle ils auraient plus de difficultés à réussir leurs études. Pourtant, ce produit a des effets secondaires non négligeables (maux de tête, nervosité, agitation, diminution de l’appétit, nausées et douleurs abdominales). C’est d’autant plus dommageable que des élèves prennent parfois ce médicament sans avoir été diagnostiqués par des médecins (60%). 

Alain Adriaens 

Allemaal geconditioneerd? Toegepaste gedragswetenschappen in tijden van pandemie

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À l’heure de l’ingénierie sociale et dans un monde complexe en transformation, comment les connaissances en psychologie cognitive et comportementale ont-elles été appliquées pour manipuler les individus et les foules dans la gestion de crise Covid-19 ? Comment avons-nous été habilement amenés à penser et réaliser certains comportements? 

Julie Dall Arche

LE CERVEAU : UN ORGANE SOUS INFLUENCE ? 

Les explorations médicales et psychologiques de cet organe complexe qu’est le cerveau, souvent appelé « boîte noire », ont permis de mieux comprendre ses rouages, ses modes d’interactions et les mécanismes en jeu dans la manipulation. D’autre part, les courants du comportementalisme et des sciences cognitives ont pu mettre en évidence certains aspects de fonctionnement du cerveau et de la nature humaine permettant d’éclairer sa vulnérabilité face à la manipulation. Il est en effet possible de comprendre les régions cérébrales qui s’activent sous l’influence de certaines émotions et situations, et certains mécanismes qui permettent d’influencer nos choix et nos comportements. 

Comme l’explique Philippe Breton, docteur en psychologie et sciences de l’information et de l’éducation, « La manipulation consiste à entrer par effraction dans l’esprit de quelqu’un pour y déposer une opinion ou provoquer un comportement sans que 

ce quelqu’un sache qu’il y a eu effraction… » La manipulation semble donc commencer là où la conscience est aveugle… Le cerveau est un organe complexe, loin d’avoir livré tous ses secrets et en évolution constante de par ses apprentissages et expériences qu’il intègre au fur et à mesure. Ce sont ces remaniements des circuits neuronaux via l’apprentissage venant renforcer certaines connexions synaptiques qui ont intéressé les grands behavioristes et la manière dont l’individu réalise et intègre ces apprentissages. La modification des comportements étant au cœur de ces approches comportementales, et ces mêmes approches ayant servi de terreau à la gestion de crise de la Covid-19 avec son lot de mesures inédites, attardons-nous maintenant sur ces grands courants et recherches qui ont permis de comprendre comment il était possible de façonner les comportements humains par le biais de l’apprentissage. 

DU « CHIEN DE PAVLOV » AU « PETIT ALBERT » 

Le courant du comportementalisme (ou behaviorisme) s’est particulièrement intéressé aux mécanismes d’apprentissages du cerveau et renvoie notamment aux travaux sur le conditionnement de Pavlov et Skinner qui ont permis d’éclairer le fonctionnement des réflexes conditionnés et la manière dont les comportements peuvent être manipulés via l’apprentissage. Le conditionnement classique introduit par Ivan Pavlov, médecin et physiologiste russe, en 1903, consiste à associer un stimulus neutre à un stimulus inconditionnel pour créer, après apprentissage, une réponse conditionnée. Il s’agit de la célèbre expérience du « chien de Pavlov ». Pavlov était convaincu qu’il allait trouver un modèle, des lois, qui allaient permettre au niveau mécanique de prédire l’ensemble des comportements humains. Le terme de « comportementalisme » a été évoqué par John B. Watson, psychologue américain qui, dans la lignée des travaux de Pavlov, va centrer ses recherches sur le comportement animal et humain, la publicité et l’éducation des enfants. Watson a démontré à travers l’expérience controversée du « petit Albert » en 1920, que le conditionnement pouvait s’appliquer à l’être humain et qu’il était possible, par apprentissage conditionné, de créer une phobie chez l’enfant. 

Watson a ici engendré chez l’enfant une expérience traumatique associant un stimulus neutre (la souris en peluche qui ne provoque alors chez l’enfant ni peur, ni pleurs initialement) à un stimulus angoissant et aversif (bruit fort qui suscite une réaction de peur). Après répétition de cette opération d’association, le petit Albert, alors âgé de 11 mois, développe une phobie non seulement à la vue des souris, mais également des autres animaux ou objets ressemblants par généralisation. Si le conditionnement classique tient essentiellement aux réponses réflexes de l’organisme, B.F. Skinner, psychologue américain a, quant à lui, introduit la notion de conditionnement opérant en 1938 ajoutant la notion d’influence de l’environnement venant renforcer positivement ou négativement le conditionnement. 

CONDITIONNEMENT DES COMPORTEMENTS 

Cette manipulation du comportement s’opère par exemple par des procédures de renforcement positif partant du principe qu’un comportement renforcé positivement a beaucoup plus de chances de se voir reproduire. Au niveau des mécanismes cérébraux, nous retrouvons ici l’activation du « circuit de la récompense » en lien avec le conditionnement. Par exemple, le salaire au travail est un type de renforcement positif, une récompense obtenue grâce à un investissement (l’argent) va pousser l’individu à s’impliquer encore, afin d’obtenir de nouveau cette récompense. La motivation vient modifier et façonner nos comportements. Nous avons pu voir à l’œuvre un nombre croissant de ce type de mécanismes ces dernières années dans plusieurs pays afin d’inciter et motiver les individus à prendre l’injection expérimentale contre la Covid-19 (allant de la récompense financière en Serbie où le chef d’État déclarait qu’il s’agissait d’une façon de récompenser les gens qui font preuve de responsabilité, aux hamburgers, bières ou pâtisseries offertes aux États-Unis ou en Israël, ou encore des glaces en Russie ou même des piercings en Inde en échange du consentement à l’injection)[note]. Le renforcement négatif, renvoie quant à lui au retrait d’un stimulus ou d’un événement désagréable. Par exemple, si la personne ressent un état de mal-être émotionnel et qu’elle prend un médicament destiné à apaiser ses souffrances, si ses douleurs diminuent, cela va venir renforcer le comportement de prendre ce médicament quand elle ne se sent pas bien. Ce type de renforcement ne semble pas méconnu des industries pharmaceutiques qui ont tout intérêt à ce que les gens consomment les médicaments qu’ils commercialisent. La notion de répétition est importante dans la manière dont le cerveau réalise ces apprentissages et intègre les informations. Les punitions font aussi partie des procédures possibles dans ce type de conditionnement et permettent de dissuader l’individu de répéter le même comportement, soit par l’ajout d’un stimulus aversif (par exemple devoir payer une amende lorsque la personne dépasse du périmètre de 1 km autour de son domicile comme nous avons pu le vivre lors de la mise en place des mesures de restrictions des déplacements prises durant le confinement), ou bien par le retrait d’un stimulus positif (par exemple retirer à la personne le droit de faire telle activité plaisante ou importante tant que le comportement n’est pas en adéquation avec ce qui est attendu. On se souvient bien des privations de se rendre au restaurant, au cinéma, même au travail via la mise en place du pass sanitaire en 2021 et par la suite vaccinal pour les personnes ayant refusé l’injection). Enfin, Skinner a également montré l’aspect addictif de ces apprentissages par le renforcement jugé le plus puissant dit « intermittent », qui consiste à attribuer la récompense ou la punition de manière aléatoire et imprévisible. Le « circuit de la récompense » est fortement activé dans ce cas de figure, ce qui engendre une certaine addiction amenant l’individu à percevoir les rares récompenses d’une manière amplifiée. D’autre part, la cascade de mécanismes biochimiques impliquant non seulement la dopamine, qui est libérée en grande quantité lors du renforcement intermittent, mais aussi l’ocytocine (impliquée dans la modulation des relations sociales et l’attachement), le cortisol et la noradrénaline (sécrétés en situation de stress) viennent aussi renforcer la dépendance à la personne qui octroie les récompenses. La libération importante de certaines hormones dans le renforcement intermittent peut engendrer un attachement très fort à la personne abusive : le manipulateur a alors le champ libre pour créer la peur chez sa victime de perdre la relation et soulager de temps en temps cette peur par d’aléatoires récompenses pour la maintenir dans cet état d’emprise. Là aussi le parallèle avec la gestion gouvernementale de lutte contre la Covid-19 peut être fait si l’on considère les successions « d’assouplissements » temporaires puis de « resserrages » des mesures imposées. Toutefois, la question de la vulnérabilité et des prédispositions de l’individu se pose : pourquoi certaines personnes se trouvent être victimes de manipulations et agressions répétées et pourquoi d’autres n’y sont pas confrontées ou n’ont pas les mêmes ressources pour y faire face ? Cette vulnérabilité semble multifactorielle, que ce soit par exemple via les facteurs génétiques venant influencer notre système hormonal, limbique et notre système nerveux autonome, ou ceux liés à l’environnement tels que les apprentissages et expériences relationnelles potentiellement traumatiques vécues dans l’enfance, l’attachement, la perception de sécurité, etc., la personne se trouve déjà sous l’influence de schémas qui vont venir impacter ce qu’elle va vivre et comment elle va pouvoir y faire face. À ce sujet l’analyse de Gwenaelle Persiaux, psychologue spécialisée dans les blessures et traumatismes d’attachement, est particulièrement intéressante pour comprendre les liens qui peuvent être observés entre l’insécurité relationnelle, les styles d’attachement et la vulnérabilité aux manipulations.[note] Au-delà de ces conditionnements il est bien sûr possible d’agir pour accompagner chacun sur son chemin de conscience et de guérison. 

PSYCHOLOGIE COMPORTEMENTALE APPLIQUÉE AUX POLITIQUES PUBLIQUES…
L’ÉTHIQUE EN QUESTION 

L’évolution de ces recherches sur l’apprentissage et le comportement par conditionnement ouvre la voie à la possibilité de créer de nouveaux comportements ou façonner certains autres de manière à ce que l’individu se conforme à ce qui est attendu et souhaité en fonction du comportement cible défini en amont. Ces mécanismes sont fréquemment retrouvés dans les relations toxiques et de manipulation, que ce soit dans les relations affectives, amicales, ou dans le domaine politique par exemple où ce modèle permet une manipulation insidieuse de certains individus, voire des foules. 

En effet, comme nous l’avons vu, ces éléments ne sont pas méconnus de nos politiques, notamment en France où dès 2017 un département de sciences comportementales a été créé au sein de la direction interministérielle de la transformation publique (DITP).[note] Le gouvernement français s’est notamment appuyé sur des cabinets de conseil bien au fait de ces méthodes tels les cabinets BVA ou encore McKinsey pour la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Nous avons pu voir ces leviers appliqués aux différentes mesures gouvernementales de gestion de crise sanitaire allant de la suspension d’emploi conditionnée à une injection, en passant par les mesures de pass sanitaire conditionnant les libertés aux comportements souhaités et définis par le gouvernement. Le système de crédit social développé en Chine dès 2014 est aussi un bon exemple de l’utilisation du conditionnement. Il représente un moyen de façonner et contrôler les comportements des individus en attribuant un capital de points ou punitions, accordé par l’État aux citoyens en fonction de leur obéissance aux règles fixées par le gouvernement. Ce système semble désormais voir le jour en Europe, où la ville de Bologne, en Italie avait évoqué l’application après l’été 2022 de son Smart citizen wallet ou « portefeuille du citoyen vertueux ». Ce même principe de conditionnement pourrait d’ailleurs être bientôt étendu à d’autres enjeux sociétaux tels que le changement climatique via l’instauration d’un « pass carbone ».[note] Le conditionnement classique du temps de Pavlov ou Skinner a évolué et s’est actualisé au travers notamment d’une approche venue des États-Unis et très en vogue : le nudge qui en français pourrait se traduire par « coup de coude ». Ce concept provenant des sciences comportementales a été théorisé en 2008 par deux économistes américains, Cass Sunstein et Richard Thaler. L’entreprise BVA en France et son directeur général Eric Singler s’est par exemple attachée durant ces dernières années à l’incitation des français à la vaccination. Un des exemples de la mise en place de la technique du nudge durant la gestion de crise Covid-19 réside dans l’application TousAntiCovid mise en place par le gouvernement en 2021.[note] Il s’agit par cette méthode de « faciliter les bons choix » via plusieurs modalités dont la pression sociale. 

Comme l’estime Alice Soriano, docteure en psychologie cognitive, par rapport à la mesure de confinement prise durant la gestion de crise sanitaire : «Une communication efficace du point de vue des sciences comportementales consisterait donc à mettre en lumière l’adoption du confinement par la majorité des Français pour attirer les autres individus vers ce comportement».[note] On perçoit bien ici cet « accompagnement » insidieux à adopter un comportement en s’appuyant sur la pression sociale. Vu sous le seul angle comportemental, le psychisme humain ne se distingue pas de la machine en ce sens que, comme l’évoquent Marco Della Luna, avocat et psychologue expert en manipulation socio-politique et Paolo Cioni, neuropsychiatre et professeur de psychopathologie, dans leur ouvrage Neuro-esclaves : , « Les deux se composent de variables échangeant des informations avec l’environnement ».[note] Ces approches, bien qu’ayant été importantes dans la mise en lumière de nos capacités innées d’apprentissage sur lesquelles elles se basent, quel que soit leur domaine d’application, doivent pouvoir nous interroger sur les aspects éthiques et les dérives possibles de la mise en application de la psychologie comportementale à des fins de manipulation de l’individu. En effet, le conditionnement pose notamment les questions de l’intentionnalité et du consentement puisque l’individu n’est pas conscient des mécanismes mis en œuvre pour l’amener à agir dans un certain sens. 

DES BIAIS COGNITIFS À L’EFFRACTION DU CERVEAU ÉMOTIONNEL 

Les sciences cognitives ont également permis d’éclairer certains aspects du fonctionnement de notre cerveau qui nous rendent vulnérables à la manipulation, elles ont aussi fait le lit de diverses pratiques visant à influer sur les comportements humains. Notre système de traitement de l’information est soustendu par une mécanique bien rodée de sélection, encodage, stockage et récupération. Face à un même stimulus, toutefois, le traitement de cette information va être différent selon les expériences passées, l’état émotionnel et la personnalité de l’individu. Selon Daniel Kahneman, psychologue et économiste américano-israélien, notre cerveau présente deux modes de fonctionnement : le fonctionnement en mode intuitif, d’une part et le système de pensée logique et réfléchie, d’autre part. Dans cette tendance du cerveau au traitement rapide et économique de l’information, qui peut être utile à certains moments, les biais cognitifs sont nombreux. Ils viennent influencer en permanence la manière dont nous percevons la réalité et conditionner nos pensées dans le sens de ce filtre qu’ils représentent, pouvant ainsi donner lieu à des jugements erronés.[note] 

Epictète disait : « Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils s’en font. » Certains biais s’expriment par les ressources cognitives limitées (temps, information) et d’autres vont refléter l’intervention de plusieurs facteurs dont la motivation, la morale, les émotions, le désir d’éviter une dissonance cognitive peu agréable (tension interne renvoyant à une contradiction entre les pensées, croyances ou émotions et les actions). Si ces comportements automatiques ont leurs avantages (notamment en termes de gain de temps et de ressources), ils peuvent être détournés par des personnes averties désirant les exploiter pour nous manipuler comme l’explique Robert Cialdini, psychologue américain, dans son ouvrage Influence et Manipulation.[note] Notre esprit critique reste un « garde-fou » primordial et donc une cible de choix pour les manipulateurs. La multiplication des sources d’informations et la manipulation de ces dernières par les médias et politiques rend d’autant plus complexe ce travail de tri, de réflexion et de prise de recul, pourtant si essentiel. Il est toutefois possible de venir influer sur ces biais cognitifs et ainsi augmenter ses chances de raisonner de manière la plus juste possible, en alignement et conscience avec ses pensées et valeurs. Depuis les années 2000 nous assistons à un boom de nouvelles techniques de communication basées sur ces biais cognitifs et qui ont particulièrement attiré l’intérêt des sciences politiques.[note] 

Les aspects émotionnels, de personnalité et les expériences passées sont aussi des éléments pris en compte dans les techniques de manipulations commerciales et de communication. La publicité en est un des moyens privilégié à l’heure où la télévision représente une voie royale pour « happer » l’attention de l’individu et accéder à sa mémoire implicite, influençant ainsi ses choix et comportements. Les publicités gouvernementales sur les mesures sanitaires et la vaccination qui ont été habilement mises en œuvre et diffusées, sont largement inspirées des sciences cognitives et comportementales afin de faire passer des messages et influencer les comportements via des ressorts tels que la répétition et l’atteinte émotionnelle. 

Cette effraction du cerveau à l’insu de la personne s’opère ici de manière efficace par la sollicitation du système limbique, ce cerveau émotionnel. Les émotions représentent une porte d’entrée importante dans les processus de manipulation. En effet, le système limbique, siège des émotions spécifiquement impliqué dans ces phénomènes, est une zone du cerveau particulièrement vulnérable. Face à un danger, le système limbique peut venir interférer avec le traitement du lobe frontal et donc, notre capacité à raisonner, prendre des décisions, et agir. La séquestration de l’amygdale* ou Amygdala Hijack, terme créé par le psychologue américain Daniel Goleman vient bien expliquer ce type de réactions émotionnelles incontrôlables qui se produisent lorsque ce phénomène s’opère.[note] Ce « court-circuit » n’est pas sans évoquer ce qui se produit également lors d’un état de dissonance cognitive. Ce concept, théorisé par Léon Festinger, psycho-sociologue américain, en 1957, renvoie à ce déséquilibre entre nos pensées, émotions, valeurs et comportements. Face à une dissonance cognitive, le cerveau va chercher à réduire cet état d’inconfort par différents biais (l’auto justification en est un exemple). La dissonance cognitive est un levier important de certaines formes de manipulations. En effet, comme l’explique Meredith Miller, coach et auteure américaine spécialisée dans les abus et traumatismes, lors de son intervention au tribunal populaire de l’opinion publique Grand Jury ayant débuté en février 2022, la tension interne entre ce qu’une personne a pu croire et des preuves qui viennent, par exemple, contredire cette croyance, engendre une incapacité pour la personne de concilier dans son esprit ce conflit. Cette situation inconfortable va provoquer une grande anxiété et ainsi impacter le système nerveux en déclenchant les circuits de l’amygdale, créant comme une sorte de détournement du cerveau. La personne peut alors entrer dans le déni et son cerveau ne parvient pas à accepter les preuves ou argumentations venant contredire sa croyance initiale : l’état de brouillard cérébral induit vient parasiter et altérer ses capacités de discernement. Ceci peut expliquer en partie la difficulté de certaines personnes à comprendre la manipulation dont elles ont été victimes malgré des preuves et démonstrations qui leur sont présentées. [note] 

Provoquer de la peur, générer de l’anxiété, créer un état de choc, de sidération, de dissonance cognitive permet d’augmenter la vulnérabilité d’un individu, le rendant ainsi potentiellement plus manipulable. Là aussi l’habile communication gouvernementale et médiatique en temps de pandémie a largement contribué à instaurer ce climat de peur ayant permis l’acceptation de mesures parfois aussi absurdes que dangereuses. Karl Popper, grand philosophe des sciences du XXe siècle nous mettait déjà en garde à l’époque : « Refusez la fragmentation des connaissances, pensez à tout, ne vous laissez pas noyer par la montée des informations (…) ne soyez dupes de rien, ni des modes, ni du terrorisme intellectuel, ni de l’argent, ni du pouvoir. Apprenez toujours et partout à distinguer le Vrai du Faux. »[note] Si pour David Hawkins, docteur en médecine, psychiatre, physicien et chercheur, « le mental est incapable de distinguer le vrai du faux », il semblerait alors que la conscience, le retour à soi et à ses sensations corporelles soient des aspects essentiels pour réduire sa vulnérabilité à la manipulation et penser avec clarté. En effet, comme l’explique Gwenaelle Persiaux : « Plus une personne est capable de sentir ses émotions, ses sensations, de les verbaliser et de les réguler, plus son axe est solide et plus elle est capable d’affiner ses pensées, de comprendre les choses, faire des liens, prendre du recul, etc. »[note] 

Que ce soit en exploitant les « failles innées » de fonctionnement de notre cerveau ou en agissant directement sur lui via diverses techniques qui ne cessent d’évoluer, la puissance de ce précieux chef d’orchestre semble être l’objet de toutes les convoitises. Nous ne sommes, fort heureusement, ni réductibles à nos comportements, ni à nos biais cognitifs et il semble possible de limiter notre vulnérabilité à la manipulation en opérant un retour à la conscience et une reconnexion à notre nature profonde pour protéger plus largement ce qui fait notre humanité… 

Elsa Richard 

Julie Dall Arche

*Terme créé par le psychologue Daniel Goleman pour expliquer un type de réaction émotionnelle incontrôlable. 

De pandemie als normalisatie

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Lara Perez Duenas

Le thème est glissant, mais peu importe ! Certaines périodes très récentes de notre histoire se caractérisent par l’irruption à un niveau très élevé de l’irrationalité dans les sphères du pouvoir. Le nazisme avait ainsi la particularité de combiner une rationalité glaciale et oppressante au cœur des services policiers, de l’armée ou des organismes chargés de la prévision des productions industrielles, avec une irrationalité extrême, par exemple dans le fait de construire un système totalitaire sur la base d’oppositions, plutôt que de complémentarités, entre le parti, l’État, l’armée et la SS. De son côté, le système communiste chinois s’est construit sur un irréalisme profond en matière industrielle ; il est en effet irrationnel de confier la direction de processus industriels à des cadres du parti qui doivent rendre des comptes aux échelons hiérarchiques supérieurs dudit parti, car ces cadres ont davantage d’habileté à maquiller des résultats dans des rapports qu’à les obtenir dans l’activité productive quotidienne d’une usine. Cet irréalisme a abouti très tôt aux aberrations du Grand Bond en avant. Pourtant, l’idéologie maoïste elle-même préconise l’inverse, dans une simplification des contradictions et des voies souvent caricaturales pour les résoudre une à une qui relève elle-même de l’irrationnel. Et ce ne sont que deux exemples. 

Or, la période que nous vivons depuis le début 2020 – pour nous en tenir à la pandémisation de la vie politique, culturelle et sociale – est une période de totalitarisme, en ce sens très précis que, dans les pays les plus influents du monde contemporain, comme la Chine, les États-Unis, l’Allemagne ou le Brésil, le Nigeria et bien d’autres encore, les groupes au pouvoir, parfois incarnés par un individu ayant adopté une posture ouvertement dictatoriale, exercent une emprise sur la société telle que ladite société dans son ensemble, ou au moins de larges groupes actifs et conscients, rencontrent d’énormes difficultés pour exprimer leur désaccord avec les politiques suivies. Dans la plupart des États, aujourd’hui, les gouvernants ont été soit désignés par des pairs, soit élus avec des pourcentages extrêmement faibles de la population adulte, et leur légitimité est très contestable du point de vue même du système en place. En France, Emmanuel Macron, au premier tour de la présidentielle de 2022, n’obtint même pas les votes d’un cinquième de la population adulte (si l’on inclut les inscrits et les non-inscrits) ; sa légitimité est donc extrêmement faible au regard de ce que demanderait une démocratie dite parlementaire, et cela sans ajouter tous les biais de caractère dictatorial que le président et le gouvernement utilisent sans arrêt (corruption, outrages commis par d’importants personnages de l’État, mode de gouvernement par décrets, disqualification des oppositions quelles qu’elles soient, contrôle des médias et du système de divertissement, etc.). Ainsi, nous partons de ce qui est pour nous une constatation, qui ne sera pas discutée davantage, parce qu’elle nous semble une évidence : nous vivons un mouvement totalitaire. 

L’irrationalité est une évidence chez l’être humain, et heureusement ! C’est bien parce que nous sommes des êtres irrationnels – non pas profondément irrationnels, non : juste et simplement, à l’occasion ou un peu plus souvent, irrationnels – que nous refusons de nous plier aux normes, pas forcément à toutes les normes (le code de la route en est une évidence…), mais à certaines. 

C’est bien parce que les humains sont irrationnels à certains moments cruciaux de leur vie que les théories les plus en vogue pour contrôler les populations sont aujourd’hui issues du behaviorisme. Le behaviorisme postule en effet que, « au-delà de la liberté et de la dignité » – pour reprendre le titre de l’essai phare de Skinner –, il existe la possibilité de contraindre l’être humain à aligner son comportement sur ce qui est socialement acceptable et souhaitable. Autrement dit, on ne peut pas modifier l’être humain, qui n’est ni fondamentalement bon ni fondamentalement mauvais ; cette discussion n’a aucun intérêt, affirment les behavioristes, car ce qui importe est la « technologie du comportement » : contraindre les humains, par des moyens « scientifiques », à adopter, qu’ils le veuillent ou non, un comportement socialement dirigé. Par qui ? Par les scientifiques et les experts qui définiront ce qui est acceptable et souhaitable, et les moyens de nous y contraindre, ou par les États qui utiliseront les principes behavioristes d’endiguement des comportements individuels. 

Le behaviorisme est aujourd’hui au sommet de sa puissance d’influence. Ainsi, les algorithmes de Google ne nous renseignent, pour toute nouvelle requête sur leur moteur de recherche, qu’en fonction de nos requêtes précédentes, ce qui nous enferme de fait dans un certain domaine de pensée, un certain style de raisonnement ; il s’agit bien là d’une « technologie du comportement » purement behavioriste. Technologie du comportement encore via le logiciel archiperfectionné de Facebook pour la reconnaissance faciale, qui atteint en la matière des résultats désormais supérieurs à ceux de l’être humain lui-même et qui devient un auxiliaire de premier ordre pour les services de police. À la tête de Facebook, la pensée politique semble absente, si l’on en juge par le spectacle pitoyable que donne son fondateur, Mark Zuckerberg, face aux sénateurs américains qui s’inquiètent de sa puissance (le 11 avril 2018, le texte intégral de l’audition est accessible sur le web). Ce spectacle d’un abruti ne sachant rien répondre n’est-il pas, en réalité, la marque de sa supériorité absolue face aux sénateurs : il n’a rien à leur dire, car ils n’ont plus le pouvoir ? 

Mais, car rien n’est joué, le behaviorisme doit affronter une limite fondamentale : l’être humain est irrationnel, et s’il est en effet plus facile de contrôler le comportement de l’être humain que de le rendre « bon » ou « mauvais » ou « adapté à telle situation », comme le rêvent les dictateurs de la fable d’Aldous Huxley Le Meilleur des mondes, il reste impossible de le rendre rationnel en toute situation. De le contrôler, quel que soit le contexte. Car le Pouvoir – avec une majuscule –, qui attend beaucoup du contrôle des foules depuis au moins la fin du XIXe siècle et l’ouvrage pionnier de Gustave Le Bon, Psychologie des foules, rêve en effet de contrôler non seulement notre comportement, mais notre irrationalité elle-même. Effacer tout irrationnel pour, comme dans Le Meilleur des mondes, nous limiter à produire et à n’être que les esclaves consentants d’une Mégamachine au service d’une caste de, au choix : dirigeants, transhumains, présidents-directeurs généraux, militaires, experts, scientifiques, médecins… De nos jours, le behaviorisme triomphe peut-être, mais ce triomphe marque aussi ses limites et les dévoile si jamais nous ne les avions pas encore aperçues : il contrôle nos comportements, mais il ne pourra pas modifier l’irrationalité constitutive de l’être humain. 

Mais – car surgit un autre « mais » -, voilà qu’en 2020, une situation nouvelle est créée par l’apparition (nous ne discuterons pas ici de savoir si cette apparition est une illusion ou une réalité) d’une pandémie entraînant dans son sillage la peur quasi généralisée. Peur de mourir et peur de l’autre. Notons d’emblée que la peur de mourir comme la peur de l’autre sont profondément irrationnelles, car nous apprenons toutes et tous très vite comment nous allons finir, la mort faisant à coup sûr partie de la vie ; de plus, en tant que primates, nous sommes des animaux profondément sociaux, chez lesquels l’autre devrait être non pas source de peur, mais la principale source de bonheur. L’irrationalité réalisait donc un passage en force inédit en temps de paix, comme si – et pour une fois, le dictateur de la République française pouvait avoir raison, mais il le disait avec une autre idée derrière la tête… – nous étions en guerre. 

L’irrationalité n’est pas un défaut, c’est un fait d’espèce, et sur ce fait se construit, notamment, l’opposition aux normes. Les normes sont un mode de contrôle de l’irrationalité, en tentant de corseter les décisions dans un cadre le plus strict possible et d’endiguer les débordements de toutes natures. Ainsi, refuser les normes parce qu’elles sont aliénantes, parce qu’elles aboutissent à l’exploitation, etc., est profondément « logique » d’un point de vue politique émancipateur. Insistons ici sur ce fait selon nous essentiel, qu’à un moment, ce refus s’appuie sur un invariant de la psychologie humaine : nous sommes des animaux qui, à certains moments de leur vie, sont irrationnels et prennent des décisions difficilement justifiables. Le refus des normes n’est pas seulement une position politique ou éthique ; c’est aussi une simple donnée de la psychologie humaine et c’est cela qui donne l’espoir, y compris dans les situations les plus dramatiques, car il y a toujours l’espoir de sortir de l’emprisonnement par les normes puisqu’elles sont contraires à l’être même de l’animal humain

L’anarchie, le communisme anti-autoritaire, le refus de parvenir, le zadisme, etc., ne sont pas le chaos ; ils sont la libre association de tout ce qui vit dans un souci holistique constant, s’appuyant sur des valeurs clés : l’émancipation, la non-domination, la non-soumission, la liberté des autres comme continuation et extension de la nôtre, etc. Ces formes d’opposition et de construction d’un plurivers libre, que nous synthétisons ici dans le « refus de parvenir » pour simplifier, pourraient être définies comme des politiques qui laissent ouvertes des possibilités de s’échapper de la norme ; ce sont même les seules politiques laissant ouvertes ces possibilités-là qui sont, a priori, l’inverse même de tout système politique autoritaire, productiviste et industriel. Le mot « système » est à prendre ici en son sens le plus fort : une organisation structurée, fonctionnant par elle-même, pour elle-même, en elle-même, et avec les individus qui le composent réduits à l’état de rouages. 

Tel est bien le but de tout système, y compris du « monde digital » auquel travaillent Google, Facebook et les autres. C’est ainsi que les dirigeants de Google affirment dès 2013, dans The New Digital Age, que tout individu dont les coordonnées numériques sont « inhabituellement difficiles à trouver » cherche sans doute à « cacher quelque chose » ; ils préconisent par conséquent d’inscrire ces personnes sur une « liste de terroristes » (!) et de leur appliquer des mesures comme les restrictions de déplacement (confinement ?). Voilà qui est fondamental pour comprendre ce qui se joue depuis mars 2020 et les mesures de confinement adoptées en Europe cette année-là et la suivante. 

L’irrationalité est ainsi, pour les behavioristes dont les théories inspirent les dictateurs actuels, l’ennemi qu’il faut non pas abattre, car Skinner a bien montré que cela n’était pas simple du tout, voire impossible, mais contrôler, endiguer, limiter, confiner. Remarquons ici que l’irrationalité s’empare y compris des dictateurs, ce qui constitue pour nous, qui travaillons à l’inverse à l’émancipation du monde vivant et du genre humain entre autres, un atout. Depuis 2020, les dirigeants européens ont pris de nombreuses décisions 

irrationnelles qui aboutissent à des volte-face sur la politique pandémique (masque obligatoire et indispensable puis l’inverse, ne pas généraliser l’obligation du vaccin alors qu’ils affirmaient pour la plupart que c’était le seul moyen de survivre, etc.), décisions irrationnelles dans la mesure où elles décrédibilisaient leur politique – certes on pourrait dire que l’irrationalité est un atout de la politique politicienne par la peur qu’elle engendre, car l’irrationalité des dirigeants engendre la peur chez les dirigés qui leur font confiance… 

Venons-en à ce qui aurait pu former un « Nous », par rapport à «Eux» qui sont au pouvoir. Pas un «Nous» qui soit les 99%, ne rêvons pas, mais un « Nous agissons collectivement », qui rassemble à la fois les anarchistes, les décroissants, les opposants au tout industriel et au tout scientifique, les partisans des diverses formes de simplicité volontaire, les féministes, les conseillistes, les zadistes (bien entendu, on peut se reconnaître dans plusieurs de ces orientations à la fois !) et tant d’autres, en gros toutes celles et tous ceux qui refusent l’ordre néolibéral, économiste de marché, masculiniste, industriel, militariste, etc., le Pouvoir sous toutes ses formes autoritaires, y compris l’idéologie du Progrès qui n’en est pas le moindre aspect. L’irrationalité est présente, et heureusement, également chez Nous. Mais certaines décisions ou prises de position de certaines et certains parmi Nous ont eu des conséquences très négatives sur le « mouvement » dans son ensemble. Celle de se faire vacciner est celle qui porte avec elle le plus de conséquences négatives. 

Irrationnelle, cette décision l’est à l’évidence. Se faire vacciner, c’est avaliser le lien profondément aliénant entre les décisions de l’État et le sort des individus. C’est accepter de lier notre sort à celui des « foules », ce mot devant être pris dans le sens précis de l’ensemble des personnes prises « en masse » et en même temps atomisées devant leur écran et une à une aux prises avec leur peur de la maladie, de la mort, et donc profondément aliénées par tous les outils que le Pouvoir a à sa disposition. Les foules, ce sont « un plus un plus un… », soit une collection d’individus sans pouvoir, face au groupe dirigeant, bien plus faible numériquement, mais immensément plus fort car parfaitement soudé. 

De ces foules-là, nous n’avons pas d’autre choix que de nous en distinguer, non pas pour nous en séparer, mais pour conserver le minimum nécessaire de clarté politique – du moins si nous prétendons ne pas mourir aliénés et hébétés devant la destruction de la planète et la perpétuation jusqu’à ses extrêmes limites des rapports d’exploitation et de domination. Nous n’avons, en réalité, pas d’autre choix que de Nous échapper de ces foules auxquelles le Pouvoir ne veut que Nous réduire. Et la vaccination et le confinement en furent, en 2020-2021, des moyens qui se voulurent un temps « absolus » et « définitifs », sans doute à l’image du crédit social chinois dans lequel chaque individu, s’il s’y soumet, accepte sa réduction à l’état de rouage d’une immense machinerie globale sur laquelle il n’a pas la moindre capacité d’influence. 

C’est dire que là, avec le confinement et la vaccination, Nous avions la possibilité de construire un point commun, un pont commun, entre Nous : devenir toutes et tous, enfin, des hors-la-loi. Hors de ces lois que Nous abhorrons parce qu’elles signent la soumission et l’exploitation des masses et, désormais, de tout ce qui vit, jusque et y compris la planète, par le biais d’un extractivisme absolu qui détruira tout à terme, si Nous ne parvenons pas à y mettre fin. 

Le second point qui nous semble signer notre défaite – provisoire, mais réelle en 2020-2021 – est la désintégration, l’explosion de la relation pourtant nécessaire entre nos pensées, nos manières de voir la politique, l’émancipation et la vie quotidienne. En clamant notre anti-productivisme et en acceptant, jusque dans nos corps, de nous soumettre au laissez-passer qui nous permet de continuer à produire – le cas des soignants étant le plus emblématique sur le plan politique et émotionnel –, nous rompons ce lien nécessaire entre théorie et pratique, entre grandes déclarations et « descente dans l’arène de la vie quotidienne ». Nous nous discréditons, il n’y a pas d’autre mot, sur le plan politique. 

N’oublions pas en effet que nous étions le plus souvent très informé·e·s de la réalité de Pfizer, l’un des pires laboratoires pharmaceutiques du monde, dont l’objectif affiché, par le biais de l’Association de psychiatrie américaine (qui publie le fameux manuel de psychiatrie, le DSM), est de mettre sous contention médicamenteuse 75% de la population américaine. Si ces Nous vacciné·e·s avaient opté pour le Moderna, elles et ils savaient sans doute que cette société a été fondée par le DARPA, l’agence du Pentagone (excusez du peu !) pour la recherche, dans le but de développer un vaccin à ARN permettant aux soldats yankees de s’installer dans un territoire auparavant nettoyé de ses habitants par des armes biologiques (le site du DARPA donnant ces informations à propos de Moderna est resté ouvert tout le long de la pandémie et l’est encore[note], ainsi que celui de Moderna[note]. Ces personnes très bien informées savaient de plus que le « vaccin » n’en était, pour le plus avancé d’entre eux, le Moderna, qu’au stade 2 de l’expérimentation (sur les primates non humains) et qu’il manquait donc le stade 3, soit plusieurs années de tests… 

Cette réalité de l’irrationalité survenant au pire moment et dans les plus mauvaises conditions politiques possibles a traversé à peu près tous les groupes humains. D’où la « recomposition » (des associations, des groupes de camarades, des amis, des « tribus » ou des cercles de sympathie) que, toutes et tous, nous avons constatée au cours des années 2020 et 2021. 

Mais, nous l’avons déjà dit, l’irrationalité n’est pas un défaut en soi. Il nous semble donc qu’un important progrès vers l’émancipation peut désormais être accompli. Face à cette réalité d’êtres humains profondément irrationnels à certains moments cruciaux de leur existence, nous pouvons « opposer » une solution simple en répondant à cette question : sur quelles valeurs pouvons-nous nous entendre ? Reformer un Nous ? 

Car c’est à Nous de proposer les valeurs permettant de passer au stade de l’émancipation. Il ne s’agit surtout pas de tracer un programme et de retomber dans une contradiction indépassable, mais de fonder nos comportements et nos manières d’agir politiques sur les valeurs qui font sens : simplicité volontaire, recherche de l’émancipation de toutes et tous, y compris les autres animaux et même les végétaux (les forêts par exemple), refus de tout ce qui Nous opprime et Nous détruit, et d’autres encore que chacun est libre d’ajouter à sa guise ! 

Philippe Godard 

Applaudis en 2020, persécutés en 2022 – « Paroles de soignants suspendus », un livre d’Elsa RUILLÈRE

Nous parlerons du livre d’Elsa RUILLÈRE, coordinatrice des « Collectifs Unis » de soignants suspendus en France.

2 milliards de réenchanteurs – Le manifeste des acteurs du changement

Présentation du nouveau livre d’Aurélie PIET & Marc LUYCKX GHISI: « 2 milliards de réenchanteurs – le manifeste des acteurs du changement » publié chez Actes SUD.

« Citoyens du monde, minorité créative, indignés, créatifs culturels, voilà les diverses dénominations que nous, acteurs du changement, portons. Il n’y a pas de définition qui fasse consensus car nos contours, nos engagements et nos actes peuvent être différents. Cependant, ce que nous partageons, c’est la ferme volonté de vouloir changer le monde. Nous aspirons à une vie plus qualitative, plus éthique, plus juste, plus humaine et plus respectueuse du vivant. Le changement de civilisation est déjà en route et il vient d’en bas. Nous sommes plus de 2 milliards de réenchanteurs, de citoyennes et de citoyens à réaliser des millions de révolutions tranquilles à travers la planète. Une force colossale qu’aucune puissance économique, politique ou militaire ne peut arrêter. Ensemble, nous construisons une société porteuse de sens, la nouvelle plaque tectonique du monde de demain. »

Aurélie Piet est économiste atypique, enseignante-chercheuse intervenant auprès de l’École nationale supérieure d’arts et métiers, de Sciences Po Bordeaux et d’écoles de commerce sur les sujets de l’économie de demain. Spécialisée dans les modèles économiques alternatifs, elle est membre experte de la Convention des entreprises pour le climat, du Lobby des Consciences et de l’Institut des Futurs souhaitables. Elle est l’auteure de l’ouvrage Quand l’Homo economicus saute à l’élastique… sans élastique (Plon, 2019).

Marc Luyckx Ghisi a d’abord étudié les mathématiques, la philosophie puis la théologie. Il a été prêtre catholique durant douze ans, jusqu’à son mariage. Il a ensuite été membre pendant dix ans de la “cellule de prospective” de la Commission européenne créée par Jacques Delors et du groupe des conseillers internationaux d’Auroville en Inde du Sud.

Post-Covid realiteit

Staat van de strijd (2)*

De afgelopen drie jaar zijn wij getuige geweest van iets heel uitzonderlijks wat betreft het politieke bewustzijn en de vorming van nieuwe sociale banden, hetgeen hoop geeft over de mogelijkheden van echte veranderingen in de samenleving[note]. Ondanks zichzelf fungeerde de gebeurtenis van Covid als een politieke hefboom, die een bewustwording mogelijk maakte die gepaard ging met de vernietiging van bepaalde mythen die onmisbaar waren voor een duurzame vrijwillige onderwerping.

De belangrijkste mythen die het mogelijk maakten en maken dat ons maatschappijmodel blijft bestaan zijn

  • De staat is er om ons goed te doen;
  • Het doel van de media is om ons te informeren;
  • Allopathische geneeskunde[note] dient de gezondheid en het welzijn van mensen;
  • Onderwijsinstellingen leiden burgers op;
  • Regeringen en multinationals beweren « groen » te zijn, bezorgd om de biosfeer.

Hoewel het zeker is dat niets meer hetzelfde zal zijn als voorheen, is het niet minder zeker dat degenen die het meest hebben geprofiteerd van deze collectieve illusies alles in het werk zullen stellen om de massale onderwerping die deze illusies verzekerden, te bestendigen. Covid-19 was een experiment op wereldschaal, en de instrumenten die nuttig waren voor de uitvoering ervan zullen worden, en worden reeds, gerecycleerd voor toepassing op andere gebieden, zoals de « strijd tegen de opwarming van de aarde « . Klaus Schwab, mentor van regeringen (Macron, Trudeau, De Croo, enz.), heeft het goed uitgelegd in zijn verschillende boeken-agenda’s, waaronder het beroemde Covid-19: de grote reset[note].

De sociale verdeling

Het begin van het Covid-19 gebeuren in maart 2020 verbijsterde individuen, waardoor twee groepen ontstonden die in de loop der tijd steeds meer van elkaar gingen verschillen: zij die vanaf het begin, of daarna, niet verknocht waren aan het officiële discours, en de anderen, die de injectie – en soms die van hun kinderen – accepteerden en zonder verzet gehoorzaamden aan de bevelen van de regering, die zij zo nodig persoonlijk rechtvaardigden. Hoe meer tijd er verstrijkt, hoe groter het risico dat zij de manipulatie die zij hebben ondergaan nooit zullen toegeven.[note] – Men kan ook denken dat de tijd die nodig was om het spektakel dat Covid-19 was te realiseren omgekeerd evenredig is met de mate van bewustzijn van het individu vóór deze periode (d.w.z. hoe bewuster van de wereld, hoe sneller hij of zij buiten het officiële Covid-verhaal viel, en omgekeerd).

Bij de eerste groep vielen alle hierboven genoemde illusies die de proefpersoon nog steeds verblinden, niet tegelijkertijd uit, maar omdat ze intrinsiek met elkaar verbonden waren, zoals dominostenen, kon de val van de ene alleen maar leiden tot die van de andere. Maar deze illusies vervulden een rol voor het subject – zoals voor de symptomen in de neurose – en zorgden voor een zeker evenwicht, precair maar noodzakelijk voor het leven in de maatschappij. Dit is niet zonder effect gebleven: het verdwijnen ervan veroorzaakt een vorm van onbalans in de persoon die, grofweg, twee vormen kan aannemen:

  • Een persoonlijke desillusie, die zich kan uiten in depressieve symptomen als gevolg van de ineenstorting van een wereld, van deze gewelddadige exit uit de « Truman show », geaccentueerd door een gevoel van machteloosheid;
  • een gedeeltelijke of volledige verandering van leven, verankerd in de geopenbaarde zekerheid dat de persoon vroeger actief deelnam aan het kwaad dat nu bestreden moet worden.

Het ontwaken was bruut, wat verklaart waarom sommige mensen nog steeds verdwalen in het labyrint van het nieuw gevonden bewustzijn en her en der gaan graven in alle beschikbare informatie, niet altijd in staat om het kaf van het koren te onderscheiden, met als perfecte karikatuur degene die alle « officiële » informatie verwerpt en zich zonder controle neerlegt bij de rest (het internet is ook op dit niveau een soort oneindig referentiepunt van desinformatie). Kritisch denken wordt met de tijd opgebouwd.

Feit blijft dat Covid fungeerde als een federator, een relationele gisting die allen die het niet met elkaar eens waren, tot overeenstemming bracht. Het « einde » van het Covid-verhaal bracht verschillen tussen mensen aan het licht, aangewakkerd door de strijd tegen de alomtegenwoordigheid (en almacht) van de Covid. Dit is een goede zaak, zoals gezegd, maar het toont ook de kwetsbaarheid van de constructie aan. Want als het ‘grote kwaad’ Covid-19 eenmaal uit de media en de politiek is verdwenen (van de ene op de andere dag, vanaf het begin van de oorlog in Oekraïne), worden mensen geconfronteerd met hun verschillen. De focus op de Covid had in feite gedeeltelijk verhuld wie zij waren, en wie zij niet waren; zij ontdekken nu dat de ander soms anders is dan zij dachten, vaak geïdealiseerd. De degradatie van de C-19 naar de achtergrond van ons leven, naast het verdwijnen van een aantal bestendige personen, heeft dus conflicten en depressieve passages aan het licht gebracht die door overactiviteit in de ijskast waren gezet. Deze terugkeer van individueel lijden wordt ook gekenmerkt door een intellectuele kakofonie, waarbij de stroom van « nieuwe » informatie (nieuw voor het individu), een wereldwijde verwarring creëert, gaande van 9/11 tot gender-ideologie, en stopt bij de man op de maan en de macht van de financiën, zonder veel uitleg – en soms begrip – van elk van deze punten.

Zo ontdekken we dat de ander niet slechts een wezen is dat hetzelfde vecht als wij – het Covid-19 Gebeuren -, dat hij anders is, een derde partij. En het is juist dit anders-zijn, dit verschil, dat vandaag de dag wordt ontkend, nu de staat ons wil reduceren tot monaden die naar believen kunnen worden veranderd en aangepast aan individuele verlangens. Allemaal akkoord, allemaal samen.

Wat dan? Besef dat verandering alleen mogelijk is als iedereen accepteert iets te verliezen. Dat dit alles niet zal gebeuren zonder debat, zonder onenigheid, zonder strijd, want zoals Slobodan Despot zegt in een interview dat in de volgende Kairos[note] zal verschijnen, « consensus is een voorproefje van de vrede van de begraafplaatsen « . Wij concentreren ons echter liever op wat ons samenbrengt dan op wat ons kan scheiden.

Zij die ons hun wereld willen opleggen, willen dat wij ons verdelen, dat wij onze tijd verdoen met ruzies die ons afleiden van het belangrijkste, zij willen ook dat wij trieste, goede« consumenten« -onderwerpen zijn.

Laten we ze dit geschenk niet geven.

*Dit artikel is het tweede in een serie over de toestand van de strijd. Vind de eerste hier: https://www.new.kairospresse.be/les-fous-ne-sarreteront-pas/

Réalité « post » Covid

État des luttes (2)*

Depuis bientôt trois ans, en matière de conscience politique et de constitution de nouveaux liens sociaux, nous avons assisté à quelque chose d’assez exceptionnel, qui donne de l’espoir sur les possibilités de changement réel de société[note]. L’événement Covid a en effet joué, malgré lui, un rôle de levier politique permettant une prise de conscience qui s’est faite concomitamment à la destruction de certains mythes qui furent indispensables à un asservissement volontaire durable.

Les principaux mythes qui permirent et permettent encore de maintenir en place notre modèle de société, sont :

  • L’État est là pour faire notre bien ;
  • Les médias ont pour objectif de nous informer ;
  • La médecine allopathique[note] est au service de la santé et du bien-être des gens ;
  • Les institutions d’enseignement forment des citoyens ;
  • Les gouvernements et multinationales se veulent « verts », soucieux de la biosphère.

S’il est certain que rien ne sera plus comme avant, il n’en est pas moins sûr que ceux qui profitaient le plus de ces illusions collectives mettront tout en œuvre pour pérenniser la soumission de masse que ces illusions assuraient. Covid-19 fut une expérimentation à échelle planétaire, les outils qui furent utiles à sa mise en place seront, et sont déjà, recyclés pour s’appliquer à d’autres domaines, comme la « lutte contre le réchauffement climatique ». Klaus Schwab, mentor des gouvernements (Macron, Trudeau, De Croo, etc.), l’a bien expliqué dans ces différents ouvrages-agendas, dont le fameux Covid-19 : la grande réinitialisation[note].

La division sociale

Le début de l’événement Covid-19 en mars 2020 a sidéré les individus, créant deux groupes se dessinant plus distinctement avec le temps : ceux qui dès le départ, ou par après, n’ont pas été arrimés au discours officiel, et les autres, qui ont accepté l’injection – et parfois celle de leurs enfants, et ont obtempéré sans résistance aux injonctions gouvernementales, les justifiant personnellement s’il le fallait. Pour ces derniers, plus le temps avance, plus le risque de ne jamais admettre la manipulation dont ils ont fait l’objet croît[note] – on peut penser aussi que le temps mis à réaliser le spectacle que constituait Covid-19 est inversement proportionnel au degré de conscience de l’individu avant cette période (soit : plus il était au fait du monde, plus vite il a décroché du narratif officiel du Covid, et vice-versa).

Pour le premier groupe, toutes les illusions énumérées ci-dessus qui aveuglaient encore le sujet ne se sont pas effondrées en même temps, mais étant intrinsèquement liées, comme des dominos, la chute de l’une ne pouvait qu’entraîner celle des autres. Mais ces illusions remplissaient un rôle pour le sujet – comme pour les symptômes dans la névrose –, lui assurant un certain équilibre, précaire mais nécessaire à la vie en société. Cela n’a donc pas été sans effets : leur disparition provoque chez la personne une forme de déséquilibre qui peut, grossièrement, prendre deux formes :

  • Une désillusion personnelle, qui peut se manifester par des symptômes dépressifs dus à l’écroulement d’un monde, de cette sortie violente du « Truman show », accentuée par un sentiment d’impuissance ;
  • un changement partiel ou complet de vie, ancré sur la certitude révélée que la personne participait auparavant activement au mal que désormais il faut combattre.

Le réveil a été brutal, ce qui explique que certains se perdent encore dans le labyrinthe de la nouvelle conscience retrouvée et aillent piocher ça et là dans toute l’information disponible, ne pouvant toujours distinguer le bon grain de l’ivraie, la caricature parfaite étant celui qui rejettera toute information « officielle » et acquiescera au reste sans vérifier (internet étant aussi à ce niveau une forme de repère infini de désinformation). L’esprit critique, ça se construit avec le temps.

Reste que le Covid a joué comme fédérateur, ferment relationnel qui mettait tous ceux en désaccord d »accord entre eux. La « fin » du narratif Covid a révélé des différences entre les gens, galvanisés qu’ils étaient par la lutte contre l’omniprésence (et omnipotence) covidienne. C’est une bonne chose, on l’ a dit, mais aussi ce qui marque la fragilité de la construction. Car une fois le « grand mal » Covid-19 écarté du quotidien médiatique et politique (du jour au lendemain, dès le début de la guerre en Ukraine), les gens se retrouvent entre eux face à leurs différences. La focalisation sur le Covid avait en effet partiellement occulté qui ils étaient, et qui ils n’étaient pas ; ils découvrent maintenant que l’autre est parfois autrement que ce qu’ils pensaient, souvent idéalisés. La relégation du C-19 en filigrane de nos vies, outre que de voir disparaître un certain nombre de personnes résistantes, a donc mis au jour des conflits et suscité des passages dépressifs que la suractivité avait mis en suspens. Ce retour de la souffrance individuelle s’est aussi marqué par une cacophonie intellectuelle, où le flux d’informations « nouvelles » (nouvelles pour la personne), crée une confusion globale, la faisant passer du 11 septembre à l’idéologie du genre, en s’arrêtant à l’homme sur la lune et le pouvoir de la finance, sans trop expliquer – et comprendre parfois – chacun de ces points.

On découvre donc que l’autre n’était pas qu’un être réduit à lutter contre la même chose que nous – l’Événement Covid-19 –, qu’il est différent, un tiers. Et c’est justement cette altérité, cette différence, qui tente d’être niée aujourd’hui, l’État voulant nous réduire à des monades interchangeables à volonté, et modifiables au gré des désirs individuels. Tous d’accord, tous Ensemble.

Que faire alors ? Prendre mesure du fait que le changement ne sera possible que si chacun accepte de perdre quelque chose. Que tout cela ne se fera pas sans débat, sans désaccord, sans lutte, car comme le dit Slobodan Despot dans une interview à paraître dans le prochain Kairos[note], « le consensus est un avant-goût de la paix des cimetières ». Nous préfèrerons toutefois nous concentrer sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui peut nous séparer.

Ceux qui veulent nous imposer leur monde souhaitent justement que nous nous divisions, perdions notre temps dans des querelles qui nous éloignent du plus important, ils nous veulent aussi tristes, bons sujets « consomacteurs« .

Ne leur faisons pas ce cadeau.

*Cet article est le second d’une série sur l’état des luttes. Retrouvez le premier ici: https://www.new.kairospresse.be/les-fous-ne-sarreteront-pas/

IMPÉRIALISME: Racines philosophiques & autres voies

Première partie (extrait du journal n°56)

Deuxième partie (extrait du journal n°57)

Articles de Daniel Zink

Faux départ – Se réapproprier la naissance – EP03

Un nombre conséquent de femmes ressortent traumatisées de leur accouchement.
Sommes-nous encore dans un système de santé ou plutôt dans une industrie où toutes les femmes et tous les bébés subissent sans distinction le même protocole et où une sage-femme n’est pas rentable en passant du temps avec sa patiente ?
Ema Krusi nous guide vers le chemin de la libération de la peur et de la dépendance pour que les femmes retrouvent confiance en leurs capacités à mettre leur bébé au monde.
Les machines et les médicaments qui ont été conçus au départ pour aider les femmes ne sont-ils pas utilisés de manière disproportionnée et n’induisent-t-ils pas des effets délétères non seulement pour la femme mais aussi pour le bébé ?
N’avons-nous pas créé des problèmes pour mieux les résoudre ?
Qu’est devenu la place des femmes, des hommes et des soignants ?
Pour sortir des fausses croyances, Ema Krusi nous explique les options qui s’offrent aux femmes qui désirent accéder à leur puissance en toute connaissance de cause et qui permettent aux hommes de prendre pleinement leur place lors dans cet acte merveilleux qu’est la naissance d’un enfant.

« L’effet toboggan »: https://emakrusi.com/wp-content/uploads/2022/07/Krusi-Sche%CC%81ma-illustre%CC%81-Effet-toboggan-MF-Vertical-scaled.jpg
LE SITE D’EMA:
https://emakrusi.com
LIVRE:
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PRÉPA EN LIGNE À LA NAISSANCE
https://emakrusi.com/formation/faux-depart/

10e Australian Open en 22e Grand Slam titel voor Novak Djokovic, de media en politieke paria.

Het is een schitterende sportieve overwinning en een helse revanche voor de man die probeerde neer te halen, terug aan de top van het wereldtennis ondanks alle obstakels die hem in de weg werden gelegd. Haar weigering om zich te laten inenten, haar vrijheid die boven haar carrière gaat, is een voorbeeld, een uitzondering in een stortvloed van onderwerping.

Het was een smakelijke finale tussen twee mannen (Djokovic en Tsitsipas) aan de top van het wereldtennis, die zich op een gegeven moment (in ieder geval) durfden te verzetten tegen het wereldwijde dictaat over verplichte vaccinatie. Tsitsipas heeft van zijn Griekse regering een zware uitbrander gekregen nadat hij in augustus 2021 luidkeels had verklaard: « tHoewel het niet verplicht is, ben ik niet van plan me te laten vaccineren, omdat ik jong en fit ben en dit vaccin bijwerkingen zou hebben die me zorgen baren.

Vorig jaar, toen Djokovic Australië binnenkwam, werd hij enkele dagen opgesloten. Ondanks de beslissing van een rechter om hem onmiddellijk vrij te laten en hem aan het toernooi te laten deelnemen, werd hij als onverantwoordelijke overtreder het land uitgezet. Australische regeringsbesluit. De autoriteiten konden niet aanvaarden dat een zo bekend en belangrijk persoon een « slecht voorbeeld » zou geven.

De beslissing van Novak Djokovic was bijzonder weloverwogen, en één die volledig strookt met zijn zorg- en levensfilosofie, Djokovic:  » Het beheer van mijn lichaam, mijn professioneel instrument, is van mij. Ik ben jong, ik ben een fit atleet, ik meet en kwantificeer alles wat ik eet en in mijn lichaam opneem, ik zie niet in welk recht ik heb om onderworpen te worden aan een behandeling die me nutteloos lijkt, die zich in een experimentele fase bevindt en waarvan ik niet weet wat ze bevat. « 

Hij en zijn clan zijn ook blootgesteld aan veel media- en politieke druk. Alles is een voorwendsel voor de media om hem neer te halen: valsspelen, doping, een blessure faken… Een klein voorbeeld, toen R. Nadal neemt pijnstillers tijdens het Roland Garros toernooi en wint uiteindelijk, hij wordt geprezen als een geweldige held. De reactie van sommige arme wielrenners die eraan herinneren dat het in hun sport doping heet, haalt de krantenkoppen niet. Als Djoko zichzelf geblesseerd verklaart en toch speelt:« hij simuleert, hij doet te veel, hij liegt … ».

Deze finale was een verrukkelijk moment, met een mooie neus voor de zogenaamde weldenkende autoriteiten en, als kers op de taart, een zekere Bill Gates op de tribune om getuige te zijn van de triomf van een allround kampioen die de moed had en heeft om tot het einde van zijn overtuigingen te gaan.

Zijn speech en emotie aan het einde van de wedstrijd lieten er geen twijfel over bestaan: Djokovic nam een helse wraak op al zijn criticasters. Toen Novak D. zei: « Dit is de grootste overwinning uit mijn carrière « , zullen intelligente mensen natuurlijk begrijpen dat hij het niet had over de sportieve uitdaging, maar over deze overwinning op al zijn tegenstanders.

Ik laat het aan iedereen over om na te denken of veel jonge atleten op de top van hun kunnen, gedekt door een hele medische sportstaf, die praktisch elke gram van hun voeding wegen, werkelijk het risico zouden hebben genomen om zich te laten inspuiten met een « behandeling » die ze niet nodig hadden. Wat mij betreft, accepteer ik volledig het idee dat velen van hen hebben geprofiteerd van een certificaat van gemak om de beroemde sesam te verkrijgen om hun sport te kunnen blijven beoefenen. Djokovic is des te respectabeler omdat hij deze keuze op transparante wijze en ten koste van zijn sport, waar hij aan de top van zijn kunnen stond, heeft gemaakt.

Ik was een grote fan van Federer en Nadal, minder van Djokovic. Deze aflevering bevalt me wel. Ik bewonder zijn enorme karakter nog meer.

Tot grote ergernis van de autoriteiten is Novak Djokovic hier, en dat zal nog lang zo blijven!

Michel Boutemy

RTBF: Philippot et ses 40 collaborateurs

A la RTBF, il semble y avoir une vie interne à l’abri de tout contrôle émanant de l’extérieur. Or, rappelons à ceux qui l’auraient oublié que la RTBF est un service public soumis à la transparence de l’administration. Zut… l’administration participe à cet état de faits, et le Conseil d’administration ne fait qu’avaliser les choix de la direction, le PTB ou Ecolo n’y changeant rien (ah, la soif de pouvoir!). Ce système mafieux a permis à Jean-Paul Philippot de passer à travers les mailles du filet, malgré un salaire largement supérieur à celui défini dans le décret et des faux en écriture. Il fait bon de vivre au Royaume de Belgique pour les malfrats.

Retrouvez TransparenciaBE ici:

– Site internet: https://transparencia.be/

– Facebook: https://www.facebook.com/transparenciaBE/

– participez à l’enquête sur le RTBF : transparencia.be/participer

10ème open d’Australie et 22ème titre du Grand Chelem pour Novak Djokovic, le paria des médias et des politiques

C’est une éclatante victoire sportive et une sacrée revanche de celui qu’on a tenté d’abattre, de retour au sommet du tennis mondial malgré toutes les embûches qu’on a dressées contre lui. Son refus de se faire vacciner, sa liberté passant au-dessus de sa carrière, constitue un exemple, une exception dans un torrent de soumission.

Ce fut une savoureuse finale entre deux hommes (Djokovic et Tsitsipas) au sommet du tennis mondial, qui osèrent à un moment (au minimum) s’opposer au diktat mondial sur l’obligation vaccinale. Tsitsipas s’est fait sérieusement remonter les bretelles par son gouvernement grec après avoir déclaré haut et fort en août 2021 : « tant que cela n’est pas obligatoire, je n’ai aucunement l’intention de me faire vacciner étant donné que je suis jeune, en pleine forme et que ce vaccin générerait des effets secondaires qui m’inquiètent. »

L’année dernière, lors de son entrée sur le territoire australien, Djokovic a été enfermé pendant plusieurs jours. Malgré la décision d’un juge de le libérer immédiatement et de le laisser participer au tournoi, il a été éjecté du pays comme un délinquant irresponsable. Décision du gouvernement australien. Les autorités ne pouvaient pas accepter qu’une personne tellement connue et incontournable donne le « mauvais exemple ».

La décision de Novak Djokovic était une décision particulièrement réfléchie et en totale cohérence avec sa philosophie de soin et de vie, Djokovic : « La gestion de mon corps, mon outil professionnel, m’appartient. Je suis jeune, je suis un athlète en pleine forme, je mesure, quantifie tout ce que je mange, ingurgite dans mon corps, je ne vois pas de quel droit on m’imposerait un traitement qui me parait inutile, en phase expérimentale et dont j’ignore ce qu’il contient. »

Il a en plus subi, lui et son clan, beaucoup de pression médiatique, politique. Tout est prétexte de la part des médias pour le descendre : tricherie, dopage, simulation de blessure… Petit exemple, quand R. Nadal prend des antidouleurs tout au long du tournoi de Roland Garros et fini par l’emporter, il est encensé comme un héros merveilleux. La réaction de quelques pauvres cyclistes rappelant que dans leur sport on appelle ça du dopage, ne fait pas la Une des journaux. Lorsque Djoko se déclare blessé et joue tout de même : « il simule, il en fait trop, il ment… »

Savoureux moment donc cette finale avec un joli pied de nez aux autorités soi-disant bien pensantes et avec comme cerise sur le gâteau, un certain Bill Gates dans les gradins pour assister au triomphe d’un champion toutes catégories qui a eu et qui a toujours le courage d’aller au bout de ses convictions.

Son discours et émotion en fin de match ne laisse aucun doute là-dessus : Djokovic a prit une sacrée revanche face à tous ses détracteurs. Novak D. déclarant : « C’est la plus grande victoire de ma carrière », les gens intelligents comprendront évidemment qu’il ne parlait pas du challenge sportif mais bien de cette victoire face à tous ses détracteurs.

Je laisse à tout un chacun la liberté de réfléchir quant à la question de savoir si, tous sports confondus, de nombreux athlètes jeunes et au sommet de leur art, couvés par tout un staff médico-sportif, qui pèsent notamment pratiquement chaque gramme de leur alimentation, auraient vraiment prit le risque de se faire injecter un « traitement » dont ils n’avaient pas besoin. Pour ma part, j’assume totalement l’idée que bon nombre d’entre eux ont bénéficié d’un certificat de complaisance pour obtenir le fameux sésame pour continuer à pratiquer leur sport. Djokovic est d’autant plus respectable qu’il a totalement assumé ce choix de manière transparente et au détriment de la pratique de son sport, où rappelons-le, il était au sommet.

J’étais grand supporter de Federer et de Nadal, moins de Djokovic. Cet épisode l’a fortement grandi à mes yeux. J’admire encore plus son énorme force de caractère.

Au grand dam des autorités, Novak Djokovic est là et bien là, et vraisemblablement encore pour un bout de temps !

Michel Boutemy

Manifestation des arboriculteurs belges à Bruxelles

Les arboriculteurs belges manifestaient ce matin 6 février devant Comeos, représentant du commerce et des services en Belgique. La pression des grandes surfaces sur les prix de vente des arboriculteurs, la concurrence déloyales des pays de l’Est notamment, la hausse des prix de l’énergie… Dans ces conditions, il n’y aura peut-être bientôt plus de producteurs de fruits en Belgique. Il faut changer les règles du jeu.

Europe, Qatar, Maroc, marchands d’armes, corruption… TOUT VA BIEN!

« Il y a un moment pour tout » dit l’adage, mais celui qui en pâtit, du fait d’avoir raison trop tôt, trouve la pilule amère. C’est le cas du lanceur d’alerte Nicolas Ullens, qui avait eu le « tort » de dénoncer « trop tôt » les tractations d’un marchand d’armes, Thierry Lakhanisky, qui a maintenant été arrêté. Tout est à l’avenant, n’est-ce pas?, une affaire nous menant à l’autre, mêlant Quatargate (à le -gate, il est devenu à la mode, donnant l’impression d’une série… à quand les Oscars du « plus gros coup »), Maroc, Reynders, Von Der Leyen… qu’elle est belle la politique. Quand on ne la subit pas.

Doden in scholen…

Wij ontvingen deze getuigenis van een jonge Belgische lerares over wat zij meemaakt en ziet in haar school. Verwoestend. Schandalig! Wat blijft er over wanneer regeringen en de media hebben deelgenomen aan de moord op hun burgers en de gevolgen onomkeerbaar zijn? Getuigen. Praat, praat, praat.

« Ik ben leraar op een middelbare school, op een school en in een plaats waarvan ik de naam niet zal noemen. Ik ben een Belg. Onze school heeft ongeveer 1.000 studenten, en ongeveer 100 leraren.
Ik getuig vandaag op volledig feitelijke wijze omdat het dringend noodzakelijk is het stilzwijgen over het volgende te doorbreken.

Tijdens de periode van Covid « zonder vaccinatie » (d.w.z. tot juni 2021) heeft onze school geen sterfgevallen of ziekenhuisopnames meegemaakt. We hebben een mededelingenbord om ons te informeren wanneer een leerling een dramatische gebeurtenis in de familie meemaakt. Hier zien we een lichte stijging van het aantal sterfgevallen onder grootouders van leerlingen, en vooral onder overgrootouders.


Na september 2021 is de chaos begonnen

In september 2021 kondigde onze directie met trots aan dat bijna 98% van de leraren en de schoolbevolking gevaccineerd was. Er waren precies 3 leraren die dat niet waren. Misschien meer, want in België kunnen we weigeren ons vaccinatiedossier openbaar te maken. Ik deed dat omdat de druk groot was, zwaar en vooral extra schuldig, zowel van de leerlingen als van de leraren.
Na september 2021 is de chaos begonnen. (Ik geef alleen de gegevens die ik heb waargenomen)
Tussen september 2021 en vandaag, 3 februari 2023:

Onder leraren :

  • Wiskundeleraar – 40 jaar – hartaanval. Dood – Op de dag van de 3e dosis;
  • De opvoeder, 24 jaar oud – wielrenner op hoog niveau – myocarditis tijdens training – einde van zijn carrière;
  • De directeur -fifties -myocarditis-;
  • 2 beroertes met remissie – 2 vrouwen ouder of jonger dan 45 – 2 aan het eind van hun carrière;
  • 1 aneurysma scheur – dood – 50 jaar;
  • 1 fulgurerende kanker- 37 jaar- dood;
  • Borstkanker die in remissie was, niet meer in remissie, 50 jaar oud – chemo aan de gang;
  • De geschiedenisleraar is ‘hart’ geworden;
  • Hersenkanker « fulgurating » – dood in 7 dagen van een vader van 3 kinderen – 39 jaar oud;
  • 2 mensen opgenomen in het ziekenhuis voor Covid direct na vaccinatie;
  • Veel menstruerende leraren nemen menstruatieverlof;
  • Het percentage langdurig verzuim onder leraren is nog nooit zo hoog geweest;

Onder studenten:

  • De meest brute epidemie is die van de schoolfobie. In mijn 20-jarige loopbaan heb ik leerlingen gekend die wegens schoolfobie in het ziekenhuis werden opgenomen, maar dat was zeldzaam;
  • Dit jaar zitten 8 van hen in een speciaal ziekenhuis, en 4 wachten op een plaats, of zitten in een familieschool voor schoolfobie;
  • De gegevens die ik heb verzameld en waartoe ik toegang heb, zijn die van de studenten van mijn cursus (dus ongeveer 200 studenten);
  • 3 studenten hebben recente hartproblemen (d.w.z. na 2021), waarvan 1 ernstig;
  • Een student in remissie van kanker had een terugval;
  • Menstruerende meisjes met cyclusproblemen die eenmaal per maand onder doktersverklaring afwezig zijn, zijn bijna verdubbeld. En ik mag de mogelijke vaccinatiekwestie niet met hen bespreken, noch mag ik hen vertellen over het Where’s My Cycle-collectief dat hen zou kunnen informeren en steunen.

Laten we het nu hebben over de familietafel… en hier wordt het erger. Er is geen plaats meer op dit bord!

Hartaanval, beroerte, kanker, gescheurd aneurysma… bijna allemaal plotselinge sterfgevallen van ouders of grootouders (meestal mannen).
Dit jaar hebben 3 van mijn studenten hun vader verloren. 3 van de 200.
Ik had dit nog nooit meegemaakt.

Dit is een feit, en ik waag me niet aan een interpretatie van deze cijfers. Maar mag ik zeggen dat het me beangstigt?

Over de problemen veroorzaakt door vaccinatie wordt nog meer gezwegen dan over onze vaccinatiestatus.
Niet de moed hebben om te zeggen dat we voor de gek zijn gehouden door de laboratoria en de regeringen is mensen in gevaar niet helpen, zorg ontzeggen en onze menselijkheid verliezen. Elke dag zien we de leerlingen en collega’s die wegzinken in eenzaamheid en ziekte, machteloos en gemuilkorfd.

We moeten praten, we moeten elkaar helpen en we moeten getuigen.

Morts dans les écoles…

Nous avons reçu ce témoignage d’une jeune enseignante belge sur ce qu’elle vit et voit dans son école. Bouleversant. Révoltant! Que reste-t-il dès lors que les gouvernements et les médias ont participé à assassiner leurs citoyens et que les effets sont irréversibles? Témoigner. Parler, parler, parler.

« Je suis enseignante dans l’enseignement secondaire, dans une école et dans un lieu dont je tairai le nom. Je suis belge. Notre école compte à peu près 1000 élèves, et une petite centaine de professeurs.
Je témoigne aujourd’hui en étant complètement factuelle car il est urgent de briser le silence sur ce qui suit.

Pendant la période du Covid « sans vaccination » , (donc jusque juin 2021), notre école n’a déploré aucun décès, ni aucune hospitalisation en son sein. Nous avons un panneau d’affichage pour nous informer quand un élève subit un évènement dramatique au sein de sa famille. Là, en effet, nous avons pu constater une légère augmentation de décès chez les grand-parents d’élèves, et surtout des arrière-grands parents.


Après septembre 2021, le chaos a commencé

En septembre 2021, notre équipe de direction était fière d’annoncer que près de 98 % des profs et de la population scolaire étaient vaccinés. Nous étions exactement 3 enseignants à ne pas l’être. Peut être plus, car en Belgique, nous pouvions refuser de divulguer notre carnet de vaccination. Ce que j’ai fait car la pression était alors à son comble, pesante et surtout extra-culpabilisante, autant de la part des élèves que de celle des profs .
Après septembre 2021, le chaos a commencé. (Je ne donne que les données que j’ai pu observées)
Entre septembre 2021 et aujourd’hui, 3 février 2023:

Chez les professeurs :

  • Le professeur de mathématique – la quarantaine – crise cardiaque. Décès – Le jour de 3ème dose;
  • L’éducateur, 24 ans – cycliste de haut niveau -, myocardite pendant l’entrainement – fin de sa carrière;
  • Le directeur -cinquantaine – myocardite -;
  • 2 AVC avec rémissions – 2 femmes de plus ou moins 45 ans – 2 fin de carrière;
  • 1 rupture d’anévrisme – décès- 50 ans;
  • 1 cancer fulgurant- 37 ans- décès;
  • Un cancer du sein qui était en rémission, ne l’est plus, 50 ans – chimio en cours;
  • Le prof d’histoire est devenu « cardiaque »;
  • Un cancer du cerveau « fulgurant » – mort en 7 jours d’un père de 3 enfants – 39 ans;
  • 2 personnes hospitalisées pour Covid juste après leur vaccination;
  • De nombreuses professeurs menstruées prennent des congés menstruels;
  • À ce jour, le taux d’absentéisme de longue durée des professeurs n’a jamais été aussi élevé;

Chez les élèves:

  • L’épidémie la plus brutale est celle de la phobie scolaire. En 20 ans de carrière, j’ai connu des élèves hospitalisés pour phobie scolaire, mais c’était rare;
  • Ils sont 8 cette année à être dans un hôpital spécial , et 4 en attente de place, ou scolarisé en famille pour phobie scolaire;
  • Les données que j’ai collectées et auxquelles j’ai accès sont celles des élèves suivant mon cours (donc à peu près 200 élèves);
  • 3 élèves ont des problèmes cardiaques récents (donc apparus après 2021), dont 1 grave;
  • Un élève en rémission de son cancer a fait une rechute;
  • Les filles menstruées qui ont des problèmes de cycles et qui s’absentent sous certificat médical une fois par mois ont presque doublé. Et je n’ai pas le droit d’aborder l’éventuel problème de vaccination avec elles, ni de leur parler du collectif Où est mon cycle qui pourrait les informer et les soutenir.

Parlons maintenant du tableau des familles… et c’est là que c’est le pire. Il n’y plus de place sur ce tableau!:

Crise cardiaque, AVC, cancer, rupture d’anévrisme… quasiment que des décès brutaux de parents ou de grands parents ( surtout des hommes).
Cette année , 3 des mes élèves ont perdu leur papa. 3 sur 200.
Jamais je n’avais vécu ça.

Voilà c’est du factuel, et je ne me risque pas à interpréter ces chiffres. Mais puis-je dire que cela me terrifie?…

L’omerta sur les problèmes dus à la vaccination est plus forte encore que celle sur notre statut vaccinal.
Ne pas Avoir le courage de dire qu’on s’est fait berner par les labos et les gouvernements c’est de la non-assistance à personnes en danger, du déni de soin et la perte de notre humanité. Nous voyons chaque jour, impuissants et muselés, les élèves, collègues, qui s’enfoncent dans la solitude et la maladie.

Il faut parler, il faut s’entraider et il faut témoigner ».

Covid-19, la vaccination à la loupe: Questions/Réponses du Dr Christian VÉLOT

Christian VÉLOT est maître de conférence en génétique moléculaire.

« La vaccination covid-19 à la loupe » QUESTIONS/RÉPONSES (suite à la conférence à Namur du 29 octobre 2022)

1) Au début de votre intervention, vous avez exprimé une colère que je qualifierai de    saine. Toutefois, vous avez sans doute conscience que vos interventions circulent beaucoup auprès des anti-vax qui y font souvent référence et qui peuvent alors laisser à penser que vous êtes vous-même anti-vax. Qu’en pensez-vous ?

2) Quelle est l’origine du virus ?

– Worobey et al, 2022 : https://www.science.org/doi/10.1126/science.abp8715

3) Quels sont les meilleurs vaccins ?

4) Quel est l’intérêt du vaccin d’AstraZeneca par rapport à celui à ARN messager de Pfizer puisque dans celui de Pfizer, c’est de l’ARN et donc la transcription est déjà faite ?

5) L’ARN est-il détruit une fois traduit en protéine ? Quelle est sa durée de vie ? Et celle de la protéine ?

– Stokes et al, 2020 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32240713/

6) Existe-t-il un mécanisme de transcription inverse de l’ARN vaccinal en ADN ? Dans quelles circonstances ? Quels sont les risques ?

– Zhang et al, 2020 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33330870/

– Zhang et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33958444/

– Aldén et al, 2022 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35723296/

7) Beaucoup d’experts estiment que la vaccination empêchant la circulation du virus, elle limite le risque de mutations du virus. Qu’en dites-vous ?

– Read et al, 2015 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26214839/

8) Est-il judicieux d’utiliser le terme de vaccin pour désigner les injections d’ARN messager de Pfizer et Moderna ?

9) Concernant la phase 3 : y-a-t-il déjà eu, avant la covid, l’autorisation d’un vaccin avant la fin de la phase 3 ?

                a) Quelle instance européenne décide d’autoriser ou non ?

                b) Peut-on retirer un vaccin en fin de phase 3 quand les effets secondaires sont importants ?

10) Quelles sont les performances du vaccin chinois et est-il possible qu’il soit autorisé en Europe ?

11) Le vaccin protège-t-il des formes graves ? Y a-t-il des statistiques ?

-Our world in data : https://ourworldindata.org/covid-deaths

-Covid tracker : https://covidtracker.fr/covidtracker-world/

-DREES : https://data.drees.solidarites-sante.gouv.fr/explore/dataset/covid-19-resultats-issus-des-appariements-entre-si-vic-si-dep-et-vac-si/export/?disjunctive.vac_statut

– Livre Jean-Paul BOURDINEAUD : « La science outragée » https://www.editionsmarcopietteur.com/resurgence/339-la-science-outragee-9782874342080.html

12) Comment savoir si une pathologie est un effet secondaire du vaccin ? Comment signaler ces effets secondaires ?

13) Pourquoi parle-t-on peu de la protection acquise après une infection covid ?

14) Quel est le devenir de la protéine Spike dans l’organisme ?

15) J’ai entendu parler d’effets de la protéine Spike sur les cellules endothéliales qui bordent les vaisseaux sanguins. Qu’en est-il ?

Et le virus Sars-Cov2 ne cause-t-il pas alors plus d’effets circulatoires que d’effets pulmonaires ?

–  Lei et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33784827/

16) Vous avez expliqué les risques de thromboses liées aux vaccins contre la covid en précisant que de nombreuses publications toutes récentes relataient et expliquaient ce phénomène.

Pourquoi n’y a-t-il alors pas plus de problèmes circulatoires chez les vaccinés ?

– Cines et Bussel, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33861524/

– Favaloro, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34138513/

– Greinacher et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33835769/

– Lee et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33606296/

– Schultz et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33835768/

– Scully et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33861525/

– Thiele et al, 2021 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33988688/

– Miri et al, 2022 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35784614/

– Panagiota et al, 2022 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36016324/

17) Pourquoi vacciner les personnes fragiles ?

18) Ne vaut-il mieux pas améliorer la santé des personnes (immunité naturelle, etc…) ?

19) Existe-t-il des traitements autres que la vaccination ?

20) Quelle est la différence entre les modifications génétiques naturelles et celles faites par l’homme ?

https://www.europarl.europa.eu/pdfs/news/expert/2020/7/press_release/20200706IPR82731/20200706IPR82731_fr.pdf