Kairos : six ans de procédures pour la liberté de la presse et le droit d’informer
Entretien avec Me Aude Tanghe. De la question posée à Sophie Wilmès le 15 avril 2020 aux procédures contre l’État belge et Google/YouTube, de la carte de presse et des aides à la presse périodique aux annulations de projections du documentaire Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée, à Ixelles, Woluwe-Saint-Pierre et Namur, cet entretien revient sur six années de contentieux autour de Kairos, de la liberté d’expression, du droit d’informer, du droit de réponse et de la possibilité, pour un média indépendant, de continuer à travailler lorsqu’il est contesté, attaqué, censuré et invisibilisé.
Cette synthèse est conçue pour accompagner l’interview vidéo, et non pour la remplacer. L’écrit en fixe la chronologie, les noms, les dates, les procédures, les montants, les institutions et les sources. Les deux supports se complètent : l’un donne à voir et à entendre, l’autre permet de retrouver, vérifier, citer et relier les informations.
Tout n’est pas repris ici. L’entretien lui-même rappelle qu’il ne s’agit que d’un échantillon des dossiers suivis depuis 2020. Le fil rouge, en revanche, est constant : il ne s’agit pas de demander au lecteur d’adhérer à toutes les analyses de Kairos, mais de regarder ce que deviennent concrètement la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit au débat lorsqu’une question dérange, qu’une plateforme retire un contenu, qu’un pouvoir public intervient, qu’un droit de réponse est refusé ou qu’une procédure devient financièrement difficile à poursuivre.
→ Soutenir les procédures judiciaires et la campagne pour la liberté de la presse : campagne de financement participatif
La date fatidique du 15 avril 2020 : Sophie Wilmès, les conférences de presse Covid et le début de la mise à l’écart
Le 15 avril 2020, en pleine crise sanitaire, Alexandre Penasse pose à la Première ministre Sophie Wilmès une question qu’il estime légitime et qui est immédiatement qualifiée de « biaisée politiquement ». La réponse est sèche : il lui est reproché de s’être introduit dans la salle et de poser un type de question qui ne serait pas dans les habitudes des journalistes. L’épisode marque, dans le récit de Kairos, un basculement. Le journaliste explique qu’il avait déjà dû insister pour accéder aux conférences de presse liées au Covid, mais qu’après cette intervention l’accès devient, pendant des mois, extrêmement difficile.
Une ou deux semaines plus tard, la journaliste de RTL-TVI Dominique Demoulin explique à l’antenne que les journalistes sont désormais filtrés afin d’éviter les « questions complotistes ». Pour Alexandre Penasse, la proximité chronologique avec sa question du 15 avril est significative. Dès le 20 avril, il avait pris les premiers contacts avec Me Aude Tanghe, sur le conseil de son frère. Elle se souvient avoir elle-même vu la séquence à la télévision et avoir été frappée par la question relative aux conflits d’intérêts d’experts : elle comprend immédiatement qu’un problème plus large se dessine.
Commence alors une longue série de courriels, de demandes d’explication et de démarches auprès des instances professionnelles. Des arguments successifs sont invoqués : nombre de places, listes, « pools » de journalistes, conditions d’accès. Selon l’entretien, un gardien expliquera même qu’avant la question du 15 avril, les journalistes entraient beaucoup plus librement. D’autres journalistes ne se présentaient pas toujours, mais aucune place ne semblait pour autant se libérer pour Kairos. Évidemment, la difficulté à assister aux conférences de presse n’a rien d’organisationnel mais est une véritable censure politico-médiatique, ce que le combat judiciaire que l’équipe engage avec Me Tanghe révélera jusqu’à aujourd’hui.
Kairos contre l’État belge : article 25 de la Constitution, liberté de la presse et censure
L’action contre l’État belge constitue le premier grand dossier évoqué dans l’interview. La citation est lancée en juillet 2020. Le jugement est rendu le 23 février 2022 et déboute le média : le tribunal estime que l’existence d’une faute dans le chef de l’État belge n’est pas suffisamment démontrée.
L’audience laisse pourtant un souvenir particulièrement amer. Les échanges intervenus avec l’avocat de l’État comprenaient plusieurs courriels « officiels » qui retraçaient précisément les démarches entreprises et les réponses reçues. En principe, les correspondances entre avocats sont confidentielles ; certaines peuvent toutefois recevoir un caractère officiel lorsqu’elles respectent les conditions déontologiques requises. Me Tanghe explique que ces pièces étaient essentielles et qu’à l’audience, la partie adverse s’est opposée à leur production. Avec le recul, elle identifie une erreur stratégique : vouloir que l’affaire soit plaidée immédiatement plutôt que de solliciter une remise afin de sécuriser la production des pièces.
Le jugement défavorable entraîne également une condamnation aux dépens, avec une indemnité de procédure d’environ 3 600 euros. Cette indemnité constitue une intervention forfaitaire dans les frais et honoraires de l’avocat de la partie qui obtient gain de cause ; son montant dépend notamment de l’enjeu financier du litige. Dans ce dossier, les dommages réclamés se situaient dans une tranche importante, ce qui explique le niveau des dépens.
L’appel n’a pas été introduit à l’époque, notamment pour des raisons budgétaires. L’entretien souligne toutefois un élément important : selon l’analyse faite dans le dossier, le jugement n’aurait pas été signifié par huissier. Dans le régime ordinaire de l’appel civil, le délai d’un mois court en principe à compter de la signification. L’hypothèse d’une reprise du dossier reste donc évoquée, sous réserve d’une vérification procédurale complète au moment où une décision serait prise.
Sur le fond, le grief portait d’abord sur l’impossibilité d’accéder normalement aux conférences de presse, puis sur un épisode ultérieur au cours duquel Alexander De Croo interrompt Alexandre Penasse et coupe sa question en direct. Kairos qualifie ces faits de censure et invoque l’article 25 de la Constitution belge, selon lequel « la presse est libre » et « la censure ne pourra jamais être établie ». Le tribunal n’a pas retenu, à l’époque, l’existence d’une faute suffisamment démontrée.
Un élément postérieur demeure central pour l’équipe : la vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube du gouvernement aurait été remplacée par une version dans laquelle l’interruption litigieuse n’apparaissait plus. Pour Kairos, cet élément renforce la lecture de l’épisode comme un acte de censure. Pour Me Tanghe, il illustre surtout l’intérêt d’un appel lorsqu’un dossier continue à produire des faits nouveaux : le juge d’appel peut réexaminer l’ensemble du litige à la lumière d’un dossier probatoire enrichi.
Liberté d’expression, visibilité en ligne et « shadow banning » : un même problème sous d’autres formes
L’entretien quitte alors momentanément les dossiers pour revenir au principe qui les traverse. Défendre Kairos, insiste l’équipe, ne signifie pas être d’accord avec tout ce que Kairos publie.
La question posée est plus fondamentale : peut-on désapprouver une opinion et, dans le même temps, défendre le droit de son auteur à l’exprimer ? Pour Alexandre Penasse et Me Tanghe, la liberté d’expression n’a précisément de sens que lorsqu’elle protège aussi des propos, des enquêtes ou des points de vue que l’on n’approuve pas.
Me Tanghe évoque une dégradation générale du débat public et des libertés fondamentales.
L’échange cite notamment les controverses françaises autour de Gaza, les accusations d’apologie du terrorisme, certaines convocations ou gardes à vue, ainsi que la manière dont des mouvements citoyens ou des manifestations peuvent être réprimés, marginalisés ou rendus peu visibles. Il ne s’agit pas, dans l’interview, de comparer tous ces événements sur le plan juridique, mais de relever un même risque : lorsque la contradiction devient suspecte par principe, l’espace démocratique se rétrécit.
Kairos dit également constater une chute spectaculaire de sa visibilité sur les plateformes. À certaines périodes, des vidéos atteignaient 500 000, 600 000, 700 000, voire 800 000 vues, tandis que les directs pouvaient réunir environ 6 000 personnes. Aujourd’hui, selon les chiffres cités dans l’interview, certaines vidéos plafonnent à 1 000 ou 2 000 vues et les directs à quelques centaines de spectateurs. L’équipe attribue en partie cette évolution au « shadow banning » et aux mécanismes de modération ou de recommandation des réseaux. Cette question de visibilité conduit directement au dossier Google/YouTube.
Kairos contre Google et YouTube : suppression de contenus, fermeture de chaîne et remise en ligne
Une action est engagée contre Google Ireland, responsable de YouTube, Avec Me Jacques Englebert, avocat spécialisé en libertés publiques et en droit de la presse. Le dossier porte notamment sur le retrait de contenus et la fermeture de la chaîne de Kairos. La procédure est coûteuse, techniquement lourde et opposée à un acteur disposant de moyens considérables. L’entretien rappelle qu’une première campagne de financement avait permis de récolter environ 20 000 euros, alors que le coût global de la procédure contre Google a dépassé 25 000 euros.
Me Englebert avait préparé le dossier avant de s’en retirer ultérieurement en raison d’une situation de conflit d’intérêts liée à la RTBF, l’un de ses principaux clients. En première instance, les demandes de Kairos n’ont pas abouti comme espéré. Mais, là encore, les événements postérieurs ont modifié la lecture du dossier.
Le 18 décembre 2025, quatre ans après la fermeture de la première chaîne, YouTube informe Kairos qu’après réexamen le compte n’enfreint pas ses conditions d’utilisation et lève la suspension. Pour l’équipe, le rétablissement de la chaîne ne suffit pas à réparer les années de perte d’audience, de diffusion et de revenus : une information retirée au moment où elle devait circuler ne retrouve pas automatiquement sa valeur parce qu’elle est remise en ligne plusieurs années plus tard.
C’est précisément ce qui donne au contentieux une portée qui dépasse le seul média. Une plateforme privée peut-elle décider de l’accès du public à une information puis, des années après, rétablir le contenu sans que la question de la responsabilité soit réellement tranchée ? Me Tanghe estime qu’un appel conserve un intérêt, notamment parce que les faits nouveaux peuvent être versés au débat. Aller au bout d’une procédure, insiste-t-elle, est parfois plus important que le seul fait de l’avoir initiée.
Katumbi, Lévy et Trust Merchant Bank : lorsqu’un article aboutit à près de 18 000 euros de condamnations
L’entretien aborde ensuite trois plaintes similaires introduites par Moïse Katumbi, Lévy et la Trust Merchant Bank, représentés par le même cabinet d’avocats, à la suite d’un article publié par Kairos. L’équipe reconnaît que l’article comportait certaines erreurs. Les demandes étaient cependant très élevées : l’ordre de grandeur évoqué est d’environ 25 000 euros par demandeur et l’issue globale a représenté environ 18 000 euros à la charge de Kairos, frais de justice compris.
Alexandre Penasse replace cette affaire dans un contexte politique plus large lié, selon son analysis, à l’entourage de Didier Reynders.
Cette lecture est celle du média et doit être présentée comme telle : Reynders lui-même n’avait pas introduit d’action. Kairos relève aussi que l’article est resté accessible plusieurs mois alors que le média avait proposé son retrait. Le collaborateur externe à l’origine de l’article n’a pas été désigné par Kairos, qui a choisi d’assumer la procédure.
La question posée à Me Tanghe est alors frontale : la justice peut-elle devenir, par son coût et sa répétition, un moyen d’épuiser un média, une association ou une personne dérangeante ? Sa réponse porte moins sur l’intention prêtée à chaque adversaire que sur l’effet concret des procédures : réunir les preuves, relire des centaines de pages, répondre, payer les actes d’huissier, suivre les audiences, vivre avec l’incertitude et tenir pendant des mois ou des années. Même lorsqu’une action est légitime, sa multiplication peut avoir un effet d’épuisement moral, organisationnel et financier.
« Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée » : les annulations de projections commencent à Ixelles
L’entretien se concentre ensuite sur une série d’annulations qui ont accompagné la diffusion du documentaire « Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée », réalisé par Alexandre Penasse après un voyage dans le Donbass. Le film est présenté par Kairos comme un carnet de terrain donnant à voir des réalités rarement montrées et invitant au débat. Les controverses portent précisément sur cette lecture du conflit, que plusieurs acteurs considèrent au contraire comme pro-russe ou propagandiste.
La première projection devait se tenir dans une salle à Ixelles. L’équipe dit avoir anticipé des pressions et n’avoir communiqué le lieu que tardivement. Elle soupçonne alors des interventions politiques, notamment de l’ambassade d’Ukraine et de Promote Ukraine, mais reconnaît ne pas disposer, pour cette première annulation, d’éléments suffisants permettant d’attribuer juridiquement la décision à une autorité publique. Cette distinction est essentielle : une intuition politique n’est pas une preuve.
La salle annule néanmoins à la dernière minute. Kairos trouve une solution de remplacement à Wavre, où plus de 400 personnes assistent à la projection. Le film reçoit une longue ovation. Le contraste devient l’un des motifs récurrents de l’entretien : des personnes ou institutions prennent position sur le film alors qu’elles ne l’ont, selon Kairos, pas visionné.
Le litige avec la salle d’Ixelles se poursuit sur le terrain civil. Le média n’a pas obtenu le remboursement complet des sommes engagées et a dû lancer une action au fond. La partie adverse a soulevé une exception d’incompétence, estimant que le litige devait relever soit du juge de paix en raison de son caractère locatif, soit du tribunal de l’entreprise parce qu’il oppose deux ASBL. Avant même de discuter du remboursement et du préjudice, les parties ont donc dû conclure et plaider sur la seule question de la juridiction compétente.
Le montant principal restant en discussion est relativement modeste environ 2 500 à 3 000 euros après récupération de certains frais de régie mais le coût de la procédure ne l’est pas : près de 700 euros d’huissier pour citer, auxquels s’ajoutent le travail d’avocat, les conclusions, les échanges et les audiences. Pour Me Tanghe, ce dossier illustre un problème classique : une petite structure peut avoir juridiquement raison de poursuivre tout en étant économiquement dissuadée de le faire.
Woluwe-Saint-Pierre : le Cinéma Stockel, la Commune et l’annulation du 19 mars 2026
Le dossier de Woluwe-Saint-Pierre est d’une autre nature parce qu’une commune et des responsables politiques apparaissent directement dans la chronologie. Le 19 mars 2026, le documentaire devait être projeté à 20 heures au Cinéma Le Stockel. La veille, puis encore quelques heures avant la séance, l’exploitant avertit Kairos qu’il subit de fortes pressions et que la projection risque d’être annulée.
La veille de l’événement, l’exploitant demande à Alexandre Penasse de pouvoir voir le film. Il le visionne puis rappelle en indiquant, selon le récit de l’entretien, qu’il ne comprend pas ce qui justifierait une interdiction et qu’il a même été ému par le documentaire. Il décide alors de maintenir la projection. Quelques heures plus tard, la situation bascule à nouveau.
La Commune invoque notamment une clause applicable à l’utilisation de la salle et visant des contenus pornographiques, contraires aux bonnes mœurs ou susceptibles de troubler l’ordre public. Kairos conteste radicalement l’application de cette clause à un documentaire politique consacré à la guerre en Ukraine. L’équipe souligne également que la Commune et les responsables qui critiquaient le film n’avaient, selon elle, pas accepté l’offre de le visionner préalablement.
Me Tanghe insiste ici sur la forme juridique de l’intervention. Si l’autorité communale estimait qu’un risque concret pour l’ordre public justifiait l’interdiction d’un événement, elle devait, selon son analyse, assumer cette décision par l’acte administratif approprié, susceptible d’un recours. Ce que Kairos reproche au mécanisme utilisé est précisément l’inverse : faire pression sur l’exploitant pour qu’il annonce lui-même l’annulation, puis soutenir que la décision serait seulement celle du locataire de la salle. Pour la défense de Kairos, une interdiction formelle aurait au moins offert une décision identifiable à contester.
Le contexte renforce le caractère sensible du dossier. Marta Barandiy, fondatrice de Promote Ukraine, avait publiquement appelé à l’annulation. L’ambassade d’Ukraine en Belgique avait, elle aussi, demandé que la projection ne se tienne pas. Georges Dallemagne, échevin de Woluwe-Saint-Pierre, s’est ensuite publiquement félicité de l’annulation et a qualifié le film et Kairos dans des termes très sévères. Le média relève également les liens publics entre Georges Dallemagne et Marta Barandiy, notamment des déplacements communs en Ukraine. Ces éléments documentent une proximité et une chronologie ; ils ne dispensent pas, juridiquement, de prouver qui a décidé quoi.
Une publication de Georges Dallemagne affirme notamment que le film utiliserait de faux cimetières ou des images de synthèse. Kairos répond qu’aucune séquence de cimetière n’apparaît dans le documentaire et en déduit que l’échevin ne l’avait pas vu. L’équipe a par ailleurs analysé les commentaires publiés sous ce message et affirme qu’environ trois quarts d’entre eux critiquaient l’annulation ou défendaient la liberté d’expression. Ce chiffre provient d’une analyse effectuée par Kairos sur le fil de commentaires et ne constitue pas un sondage représentatif de la population.
Belga, médias, droit de réponse et CDJ : comment une version circule et se consolide
Un autre aspect du dossier concerne la circulation de l’information après l’annulation. Un responsable communal, M. Verheyden, apparaît dans les échanges, tandis qu’une dépêche Belga est reprise par plusieurs médias, notamment La Dernière Heure, L’Avenir, BX1, BRUZZ et la RTBF. Kairos leur reproche d’avoir relayé la version communale sans avoir contacté le média, l’exploitant de la salle ni visionné le documentaire.
L’équipe adresse alors des demandes de droit de réponse. Plusieurs rédactions refusent ou ne répondent pas. Des plaintes sont introduites devant le Conseil de déontologie journalistique (CDJ). L’entretien insiste sur la lourdeur de cette démarche : plusieurs plaintes distinctes, des formalités propres à chaque média, des échanges sur le contenu du droit de réponse et une procédure qui, en elle-même, demande du temps.
Mais l’histoire ne s’arrête pas au constat d’échec. Une médiation permet finalement d’obtenir la diffusion du droit de réponse recherché.
Pour Me Tanghe, c’est précisément la preuve que ces démarches ne sont pas inutiles : elles peuvent produire un résultat concret, même lorsque l’instance saisie ne dispose pas d’un pouvoir de sanction comparable à celui d’un tribunal.
Cette séquence donne aussi une leçon éditoriale. Une dépêche reprise presque simultanément par plusieurs sites peut donner l’impression d’une pluralité de confirmations indépendantes alors qu’elle procède parfois d’une source initiale commune. Identifier la source première, distinguer la dépêche de ses reprises et publier les versions contradictoires devient alors une question de méthode journalistique autant que de réputation.
Le référé contre Woluwe-Saint-Pierre : l’urgence écartée alors que les annulations se poursuivent
Face à la publication de Georges Dallemagne et à l’intervention de la Commune, Kairos introduit une action en référé, c’est-à-dire une procédure d’urgence. La demande vise principalement le retrait de la publication litigieuse et l’arrêt de comportements similaires. Le média précise qu’il ne cherche pas à empêcher un élu de critiquer un film qu’il aurait vu : ce qui est contesté est le fait de se féliciter d’une annulation obtenue avant diffusion, dans un contexte où l’autorité communale n’aurait pas adopté l’acte formel qui aurait permis un contrôle juridictionnel direct.
Les conclusions adverses représentent plusieurs centaines de pages. Me Tanghe explique avoir dû les analyser en détail, y compris des développements présentant Alexandre Penasse et Kairos comme particulièrement problématiques ou dangereux. Le tribunal retient notamment que le profil particulier du média peut être pris en compte dans l’appréciation du contexte. La défense de Kairos conteste cette motivation, estimant qu’elle revient à accorder un poids excessif à l’étiquette attachée au média plutôt qu’aux faits précis reprochés.
Le juge des référés estime finalement que l’urgence n’est pas suffisamment établie et que Kairos peut agir selon la procédure ordinaire. Pour Me Tanghe, cette solution est difficile à accepter : une action au fond à Bruxelles peut prendre un, deux ou trois ans, sans compter l’appel, alors que l’objet même du litige est la circulation immédiate d’une publication et la répétition d’annulations. Le dossier a en outre coûté environ 800 à 900 euros de citation, trois parties étant concernées, et expose le média à une indemnité de procédure d’environ 1 883,72 euros.
Entre-temps, d’autres projections ont effectivement été empêchées, en France puis à Namur. Pour Kairos, cette succession confirme que l’urgence n’était pas théorique. Avec le recul, Me Tanghe estime qu’il aurait peut-être été préférable d’introduire simultanément le référé et l’action au fond afin de distinguer clairement leurs objets. Le travail préparatoire étant déjà très avancé, un appel et une procédure au fond restent envisagés.
L’entretien ajoute un enjeu rarement visible pour le public : lorsque la partie adverse est une commune, sa défense est financée par des fonds publics, alors que le média doit financer lui-même ses actes, ses avocats et le risque de dépens. Cette asymétrie ne dit rien, à elle seule, du bien-fondé juridique d’une partie ; elle explique cependant pourquoi le coût devient une donnée stratégique centrale pour un petit média.
UNamur / Quai 22 : nouvelle annulation du documentaire le 28 mai 2026
Le 28 mai 2026, le même documentaire doit être projeté au Quai 22 à Namur, dans une salle mise à disposition par l’Université de Namur. Quelques heures avant l’événement, l’UNamur annonce l’annulation et indique que les thématiques et positions attribuées aux organisateurs seraient contraires aux valeurs qu’elle défend et promeut. Kairos rappelle que le synopsis détaillé avait été communiqué auparavant et affirme que l’université n’avait pas visionné le film.
Environ 200 personnes devaient assister à la projection. Pour l’équipe, cette nouvelle annulation est d’autant plus paradoxale que l’année académique 2025-2026 avait été placée sous le signe de la démocratie. Là encore, le débat ne porte pas uniquement sur le contenu du film : il porte sur la possibilité d’organiser une projection, de l’accompagner d’un échange contradictoire et de laisser le public se faire sa propre opinion.
Une action est préparée. Sur le plan technique, explique Me Tanghe, une partie du travail juridique effectué dans les dossiers précédents peut être réutilisée : adapter les faits, les parties et les dates, rassembler les pièces puis citer l’adversaire. Mais chaque nouvelle procédure réclame malgré tout des actes, du temps et de l’argent. C’est précisément parce que le mécanisme risque de se répéter que l’équipe veut pouvoir réagir rapidement.
Le journal Ensemble : quand le référencement transforme des articles croisés en apparence de preuve
L’entretien revient ensuite sur le journal Ensemble, issu du monde associatif et syndical, et sur plusieurs dossiers consacrés à Kairos et à Alexandre Penasse. Un ancien membre du conseil d’administration de Kairos a publié un dossier très volumineux dans lequel le nom d’Alexandre Penasse apparaîtrait plus de 160 fois, selon le décompte évoqué pendant l’interview. Kairos considère le traitement comme dénigrant et s’est constitué partie civile dans deux dossiers.
La constitution de partie civile présente un intérêt particulier : le juge d’instruction mène l’enquête à charge et à décharge. Lorsque le dossier a semblé se diriger vers un règlement de procédure, Me Tanghe a demandé des devoirs complémentaires, estimant que l’enquête devait encore être approfondie. Cette demande a été accueillie lors de la dernière audience évoquée dans l’entretien.
Mais l’enjeu est aussi numérique. Lorsque l’on tape « Kairos » ou « Kairospresse » dans un moteur de recherche, certains articles critiques sont très bien positionnés. La RTBF peut renvoyer vers Ensemble, Ensemble vers d’autres médias, l’AJP vers Ensemble, et plusieurs textes peuvent finir par se citer les uns les autres. Pour le lecteur qui arrive depuis Google, la répétition produit facilement une impression de confirmation : cinq liens semblent raconter la même chose, alors qu’ils peuvent en réalité reprendre un même jugement, une même source ou les mêmes qualificatifs.
C’est ici que l’écrit qui accompagne l’interview prend tout son sens. Documenter la chronologie, citer les décisions, publier les droits de réponse, relier les pièces et identifier ce qui relève d’un fait, d’une accusation, d’un jugement ou d’une opinion permet de ne pas laisser le référencement décider seul de ce qui apparaîtra comme « vrai ». Le web n’est pas seulement un canal de diffusion : c’est aussi un espace où les récits se consolident par répétition.
Carte de presse, AADJ et suppression des aides à la presse périodique : le dossier que Me Tanghe place en haut de la pile
L’un des dossiers les plus lourds financièrement concerne les aides à la presse périodique. Dans l’entretien, il est précédé par l’affaire de la carte de presse d’Alexandre Penasse. Lors du renouvellement de cette carte, valable cinq ans, il lui est reproché qu’en 2018 ses revenus tirés de Kairos étaient trop faibles, parce qu’il exerçait temporairement un autre emploi de direction. Il explique avoir continué son activité journalistique mais avoir refusé de se verser un double salaire.
La discussion porte alors sur les conditions légales du titre de journaliste professionnel, notamment l’activité principale et la rémunération. Après un premier refus, un autre argument apparaît : Kairos ne serait pas un média d’information générale. Me Tanghe explique avoir repris les travaux préparatoires de la loi pour démontrer que le média entrait bien dans cette notion. En appel, l’instance est présidée par un magistrat et Alexandre Penasse récupère finalement sa carte de presse.
L’entretien restitue aussi le climat de ces procédures professionnelles. Dans l’une des instances, un journaliste de la RTBF aurait déclaré que la consultation du site de Kairos lui avait donné la nausée. Alexandre Penasse lui aurait répondu qu’il ressentait parfois la même chose devant un journal télévisé de la RTBF. Au-delà de l’anecdote, l’épisode illustre l’animosité ressentie par l’équipe dans certaines instances où journalistes, éditeurs et représentants du secteur se côtoient.
Une autre condition devient ensuite déterminante pour l’aide à la presse périodique : l’adhésion de l’éditeur à l’AADJ, l’Association pour l’autorégulation de la déontologie journalistique, structure qui porte le Conseil de déontologie journalistique. Kairos demande, conformément à la nouvelle règle décidée de façon tout à fait arbitraire, à y adhérer ; la demande est refusée. Ce refus intervient sans motivation permettant de comprendre concrètement pourquoi l’adhésion n’est pas accordée et sans possibilité de recours interne.
La conséquence est majeure : la ministre compétente indique à Kairos qu’il ne répond plus aux conditions pour bénéficier de l’aide. Le financement public disparaît alors que, auparavant, des modifications arbitraires des règles avaient permis au journal Médor, qui avait les faveurs de la ministre de l’époque, de bénéficier des aides à la presse périodique. Le montant évoqué pour Kairos se situait autour de 65 000 à 71 000 euros par an ; après plusieurs années, l’équipe chiffre le manque à gagner cumulé entre 300 000 et 400 000 euros.
Pour Me Tanghe, c’est probablement le dossier le plus important de tous. Il implique du droit administratif, l’examen de plusieurs décisions successives, le fonctionnement de l’AADJ et, potentiellement, un recours devant le Conseil d’État. Elle dit très clairement ne pas vouloir le porter seule et souhaiter travailler avec un spécialiste de la matière. L’enjeu n’est pas seulement la récupération éventuelle de sommes : il s’agit de savoir si l’accès à une aide publique peut dépendre d’une adhésion refusée par une structure d’autorégulation et dans quelles conditions ce refus peut être contrôlé.
Un médiateur avait déjà été saisi. La démarche n’a pas débouché sur une solution satisfaisante pour Kairos. L’entretien rappelle également que certains médias bénéficiant eux-mêmes de l’aide à la presse ne se sont pas mobilisés en faveur de Kairos ; l’équipe cite notamment un courriel provenant d’une personne liée à Médor qui refusait de soutenir un média qualifié de « complotiste ». À l’inverse, une ancienne journaliste aurait, plusieurs années plus tard, repris contact avec Alexandre Penasse pour lui dire qu’elle regrettait d’avoir suivi sa rédaction et ses collègues sans avoir suffisamment vérifié par elle-même.
RTBF : critiques sur le mal-être interne, constitution de partie civile et instruction toujours en cours
Une autre constitution de partie civile concerne la RTBF et vise Alexandre Penasse ainsi que Claude Archer. Ils avaient publié et commenté des éléments relatifs au fonctionnement interne de l’entreprise publique, au mal-être de membres du personnel et au suicide d’Alain Dremière. Alexandre Penasse avait notamment utilisé une formule volontairement provocatrice en écrivant qu’il y aurait « encore des morts » à la RTBF, non pour s’en réjouir, explique-t-il, mais pour dénoncer ce qu’il percevait comme une souffrance importante au sein de l’institution.
La RTBF a, de son côté, qualifié Alexandre Penasse de complotiste. Des démarches pénales ont ensuite été engagées notamment pour harcèlement et calomnie. L’instruction étant toujours en cours, l’entretien reste volontairement prudent sur certains éléments. Des devoirs complémentaires ont été demandés et l’équipe indique qu’elle attend la suite de la procédure.
Journaliste gazé en manifestation : un policier identifié et un renvoi contesté en appel
Une autre procédure pénale concerne le gazage d’Alexandre Penasse lors d’une grande manifestation à Bruxelles en 2022. Le journaliste affirme avoir été volontairement visé par un policier alors qu’il couvrait l’événement. L’un des enjeux initiaux était d’identifier l’agent : uniformes identiques, casques portant des marquages semblables et absence de matricule immédiatement lisible rendaient la tâche difficile.
L’enquête aboutit néanmoins à une identification. Me Tanghe salue dans l’interview le travail de l’inspectrice chargée du dossier, qui aurait repris minutieusement les images et les éléments disponibles. La chambre du conseil a considéré qu’un procès devait pouvoir se tenir et a décidé du renvoi du policier. Celui-ci a interjeté appel, de sorte que la chambre des mises en accusation est appelée à réexaminer le règlement de procédure.
Les images jouent ici un rôle essentiel. L’équipe souligne notamment la séquence au cours de laquelle Alexandre Penasse réagit après avoir vu une jeune fille recevoir du gaz au visage et se dirige vers les policiers afin d’identifier leurs matricules. Le dossier pose donc à la fois la question du comportement policier en manifestation et celle des conditions dans lesquelles un journaliste peut documenter une intervention.
Le Comité P est également évoqué. Kairos souligne la difficulté d’obtenir des résultats par cette voie et s’interroge, plus largement, sur la manière dont fonctionnent les organes de contrôle professionnel : policiers contrôlant la police, journalistes siégeant dans des instances de déontologie ou institutions financées par les structures qu’elles doivent évaluer. Me Tanghe ne transforme pas ce constat en conclusion automatique ; elle y voit une raison supplémentaire d’exiger des procédures transparentes, contradictoires et susceptibles d’un contrôle juridictionnel.
Convoi des libertés : l’arrestation du 15 février 2022 et une affaire civile aujourd’hui en appel
L’entretien revient également sur l’arrestation d’Alexandre Penasse et de son collègue Daniel lors de la couverture du Convoi des libertés, le 15 février 2022. Ils se trouvaient dans l’une des premières voitures du convoi. La première voiture n’aurait pas été arrêtée parce qu’elle transportait un chien et que les policiers n’étaient pas équipés pour intervenir ; les deux journalistes, eux, sont retenus plusieurs heures sur la petite ceinture de Bruxelles. Pendant l’intervention, les journalistes tentent de joindre différents responsables ; chacun renvoie la décision à un autre niveau.
Ils sont ensuite conduits vers l’héliport, puis à la caserne d’Etterbeek, menottés. Une jeune policière voit la carte de presse d’Alexandre Penasse et pense d’abord à une erreur. Après avoir consulté sa hiérarchie, elle revient en indiquant que l’arrestation est normale.
Sur le terrain civil, Kairos a obtenu gain de cause en première instance dans l’action en réparation. La partie adverse a interjeté appel. Le dossier est aujourd’hui confronté aux délais de la cour d’appel de Bruxelles : aucune date de plaidoirie n’est encore fixée et l’entretien envisage une audience en 2027 ou 2028. Ce délai est frustrant, mais il permet aussi de compléter les conclusions et d’actualiser certains postes de préjudice.
Alexandre Penasse évoque encore un détail qui l’avait marqué : les cartes de presse de l’ensemble des journalistes lavaient été prolongées jusqu’au 28 février alors qu’elles devaient expirer le 31 décembre, et un policier rencontré en manifestation semblait connaître précisément cette échéance et le fait qu’elle ne serait pas renouvelée pour lui. Une commissaire présente lors de nombreuses manifestations a par ailleurs déposé plainte contre Alexandre Penasse après une interview dans laquelle il lui demandait si elle connaissait certains casseurs auxquels il l’avait vue adresser des signes. Ce dossier est moins développé dans l’entretien mais participe, aux yeux du média, à l’accumulation de procédures.
Pourquoi continuer à saisir la justice lorsque certaines décisions paraissent incompréhensibles ?
À plusieurs reprises, Alexandre Penasse interpelle Me Tanghe sur la difficulté d’encore croire en la justice. Elle répond qu’elle n’exercerait pas ce métier si elle pensait le système entièrement vain et rappelle qu’elle obtient régulièrement de bons résultats. Elle reconnaît néanmoins qu’une décision peut être difficile à comprendre lorsque les faits semblent, à première vue, particulièrement clairs.
Pour elle, l’une des clés est de ne pas réduire « la justice » à une seule décision. Un dossier peut être rejugé en appel ; certaines questions peuvent ensuite être portées en cassation ou, lorsqu’un droit conventionnel est en cause et que les conditions sont réunies, devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le contradictoire implique aussi qu’un même dossier puisse recevoir plusieurs lectures. Le rôle de l’avocat est précisément de construire le raisonnement, d’organiser la preuve et de convaincre.
Il y a plusieurs années, Kairos avait essayé de constituer un pool d’avocats disposés à aider des médias indépendants. L’expérience a montré les limites pratiques d’un grand collectif : disponibilités difficiles à coordonner, réunions nombreuses et dilution des responsabilités. Me Tanghe préfère aujourd’hui l’idée de binômes constitués dossier par dossier, en fonction des spécialités nécessaires — par exemple droit administratif, droit des médias ou procédure pénale.
La question du temps est tout aussi importante que celle de l’argent. Certaines actions, notamment en matière d’atteinte à l’honneur ou de diffamation, peuvent être enfermées dans des délais particulièrement courts. L’entretien cite l’hypothèse de délais de trois mois dans certaines configurations. Pour un média qui doit d’abord analyser l’attaque, rassembler les preuves puis décider s’il peut financer la procédure, quelques semaines perdues peuvent suffire à fermer une voie d’action.
Financer les procédures : soutenir un mécanisme de défense, pas demander d’adhérer à une ligne éditoriale
La campagne de financement participatif n’a pas vocation à être répétée ici mot pour mot. Son texte répond à une autre fonction : expliquer pourquoi des fonds sont nécessaires et inviter ceux qui le souhaitent à participer. Dans l’interview, la question du financement apparaît néanmoins presqu’à chaque étape parce qu’elle conditionne très concrètement la possibilité d’agir : 700 euros d’huissier ici, près de 1 900 euros de risque de dépens là, plus de 25 000 euros dans l’affaire Google, des conclusions à rédiger, des expertises, des audiences et parfois plusieurs procédures à engager en parallèle.
L’idée défendue est donc plus large qu’une simple collecte en faveur de Kairos. Les sommes servent à permettre l’examen judiciaire de questions qui dépassent l’équipe : interdiction préalable, liberté de la presse, droit de réponse, suppression d’un contenu par une plateforme, intervention d’un pouvoir public, reconnaissance professionnelle d’un journaliste, accès à une aide publique, violence policière ou réparation d’une arrestation.
Les décisions de justice étant publiques, Kairos souhaite également rendre les procédures plus accessibles : chronologies, jugements, étapes du dossier, analyses et, lorsque la confidentialité de l’instruction le permet, pièces utiles. Cette transparence est importante : il ne s’agit pas de demander au public de « croire » un média parce qu’il se dit censuré, mais de lui donner les éléments lui permettant de comprendre ce qui a été plaidé, décidé et contesté.
Six ans plus tard : une question demeure
Au terme de l’entretien, Me Tanghe dit être prête à continuer mais souhaiter pouvoir s’entourer davantage, notamment dans les dossiers qui requièrent une spécialisation pointue. Kairos formule le même constat sur le terrain journalistique : enquêter, vérifier, se déplacer, publier et répondre en justice demandent du temps humain autant que des moyens financiers.
Après six années, la question n’est donc plus seulement de savoir si Kairos gagnera ou perdra telle ou telle procédure. Elle est de savoir ce que ces dossiers permettent de tester : jusqu’où une autorité peut-elle intervenir avant qu’une censure soit juridiquement caractérisée ? Que vaut une remise en ligne plusieurs années après un retrait ? Comment contrôler une condition d’accès à une aide publique ? Que devient un droit de réponse lorsqu’une dépêche a déjà été reprise partout ? Et combien de temps un média de petite taille peut-il défendre ces questions s’il doit, à chaque étape, arbitrer entre publier et plaider ?
On peut contester Kairos, critiquer son travail, réfuter ses analyses ou désapprouver certaines de ses positions. C’est précisément pour cela que la question de la liberté d’expression mérite d’être posée : elle n’est pas un privilège accordé aux opinions consensuelles. La possibilité de répondre, de contester, de montrer un film, de poser une question et de soumettre un conflit à un juge constitue le terrain commun sur lequel le désaccord peut encore exister.
Cette page restera donc liée à l’interview vidéo et pourra être complétée à mesure que les dossiers évolueront. Le but est simple : conserver une trace, mettre les sources à disposition et permettre à chacun de se faire une opinion à partir d’éléments identifiables.
→ Soutenir les procédures judiciaires et la campagne pour la liberté de la presse : campagne de financement participatif
Sources et documents à relier dans l’article
1. Constitution belge, article 25 — Sénat de Belgique
2. Kairos — « Contre la censure : KAIROS attaque YOUTUBE en justice » (2021)
3. Kairos — « Notre première chaîne YouTube remise en ligne ! Le combat continue… » (21 décembre 2025)
4. Kairos — « CENSURE EN TEMPS DE PAIX » (21 mars 2026)
5. BX1 / Belga — annulation à Woluwe-Saint-Pierre et rectification ultérieure
6. Promote Ukraine — Marta Barandiy et Georges Dallemagne en Ukraine (février 2024)
7. Kairos — « Notre film interdit à Namur : Ils ne l’ont pas vu ! » (28 mai 2026)
8. Kairos 75 — éditorial sur l’annulation au Quai 22 / UNamur
9. AJP — structure et membres de l’AADJ / Conseil de déontologie journalistique
10. Ensemble ! — « Aides à la presse périodique : le fait du prince »
11. Kairos — film « Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée » en ligne
https://www.bruxellestoday.be/actualite/woluwe-saint-pierre-censure-documentaire.html


