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LES 5 DANGERS DE L’ARNm

Prof dr. Martin Zizi, ancien président du Comité d’éthique et de la Commission pour l’éthique médicale au sein du département de la Défense belge, en charge des relations avec l’Ordre des Médecins entre 1997 et 2004, ancien Directeur scientifique et Chef de la Division Épidémiologie et Biostatistiques, chercheur en Biologie moléculaire et Biophysique; il fut conseiller/expert pour les autorités belges, l’UE et l’ONU.

1/5 Pas de posologie

2/5 Produits incontrôlables

3/5 Pas de pharmacocinétique

4/5 On ne sait pas ce que le produit produit

5/5 Inhibition programmée

Au cœur du vaccin MRNa

INSIDE MRNA VACCINES – DOCUMENTAIRE EXCEPTIONNEL – Sous-titres en français

Le réalisateur de ce documentaire exceptionnel, Erki Tangsoo, m’a contacté en me demandant de partager le plus largement possible son travail.

Il fait partie de ces pierres qui font le chemin vers la vérité.

Partagez-le, sans l’arrogance de « celui qui sait », mais en vous rappelant que la plupart de ceux qui se sont fait injectés ce poison ont été trompés par une caste qui s’enrichit sur la mort.

AP

Le père de la chef de cabinet de Didier Reynders était dans le conseil d’administration d’ING !

Dans son édition du 20 août 2025, le quotidien Le Soir nous apprend que la filiale belge de la banque ING est sous enquête pour « trafic d’influence » dans le cadre de l’affaire Reynders. En clair, on lui reproche d’avoir couvert des dépôts de cash de Didier Reynders pour un total de 700.000 euros entre 2008 et 2018. Mais il n’y a pas que cela.

Lorsque les autorités de la banque prennent contact avec le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Didier Reynders, elles décident de ne pas le dénoncer. Elles se limitent à lui demander de ne plus verser d’importantes sommes d’argent liquide sur son compte. Et ce n’est que contraints et forcés par le fait que la Loterie nationale a signalé des mouvements évidents de blanchiment dans le chef de Reynders, que les dirigeants d’ING se décident à dénoncer leur prestigieux client… en 2023 ! En effet, il est alors le premier magistrat européen : commissaire européen à la Justice et à l’état de droit.

Ce genre de décision n’est pas prise par des employés de banque mais bien par son conseil d’administration. Or, nous constatons la présence en son sein du père de la chef de cabinet de Didier Reynders, Luc Bertrand.

En effet, Alexia Bertrand seconde Reynders à partir du 1ier octobre 2015 en remplacement d’Olivier Henin. Elle va dès lors faire partie du premier cercle de Reynders avec Jean-Claude Fontinoy. Elle ne peut pas ne pas être au courant des innombrables magouilles qui sont organisées par ce qui aux yeux du plus grand nombre ressemble de plus en plus à une association de malfaiteurs.

Mais est-ce que la fille de Luc Bertrand n’était pas au courant de tout cela déjà avant d’intégrer le cercle de pouvoir?

Ce qu’il faut savoir, c’est que Luc Bertrand est le très puissant président d’Ackermans & Van Haaren, groupe anversois fleuron de notre industrie dans de nombreux domaines. Entre autres en matière de dragage maritime puisse qu’il possède la société Deme, un des leaders mondiaux dans cette spécialité.

Le 11 février 2025, Kairos dénonçait déjà la présence de Luc Bertrand dans le conseil d’administration d’ING Belgique. Cet article met en lumière les innombrables liens qui existent entre Reynders et la famille Bertrand, y compris leur amour pour les plus beaux villages de Wallonie… Cette dernière ASBL soupçonnée de servir de machine à laver à Fontinoy et à laquelle les sociétés de Luc Bertrand ont versé 75.000 euros entre 2014 et 2015[note].

Nous avons déjà écrit que Fontinoy s’est constitué un petit empire immobilier de plusieurs centaines de biens. Pourrait-il avoir proposé un prix en dessous du marché pour ceux qu’il souhaitait acquérir et persuadé le vendeur avec une coquette somme de cash provenant de la corruption? C’est ce qui se dit dans certains milieux…

Dans ce cas, il lui aurait fallu s’appuyer sur une banque complice. Si jamais il devait apparaître qu’ING a joué dans ce petit jeu en connaissance de cause, ce serait très grave.

Julie Boulanger

Georges-Louis Bouchez : symbole d’un système mafieux

Népotisme : abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille. 

La veille de ce week-end de 15 août, une chaleur torride s’abat sur la Belgique. La majorité des gens s’assoupissent, mais certains ont des mouvements d’humeur. Ils montent dans le rouge pour un oui ou pour un non. C’est dans cette dernière catégorie que rentre, incontestablement, Georges-Louis Bouchez, le président du MR. 

Résumons l’objet de cette colère : le journal Le Vif publie un article le 30 juillet 2025 dans lequel il apparaît que le président du MR et sa compagne, Lucie Demaret, auraient utilisé une Mercedes munie abusivement d’une carte pour personne à mobilité réduite (PMR). Cette dernière appartenait au père du chauffeur de Bouchez, décédé quelques mois auparavant. Sachant que cette voiture avait collectionné un nombre record de PV pour stationnement illégal dans les mois précédents et que la fameuse carte protège son détenteur de ce type de désagrément… GLB nie avoir eu connaissance de ce procédé. 

Dans les heures qui suivent, la RTBF décide d’enquêter sur l’affaire. Vers midi, elle publie un article qui ne plaît pas du tout à GLB. Furibard, ce dernier le fait savoir à une journaliste de la rédaction de Mons : « Charlotte ». On ignore qui prend la décision d’enregistrer cette conversation et surtout de la diffuser sur les réseaux sociaux. Depuis, elle fait un carton.  

Plusieurs points frappent : 

  • GLB a l’air de très bien connaître la journaliste qu’il tutoie. Il semble lui donner des ordres. Cela met en lumière les liens incestueux qui existent entre nos politiciens et la presse « mainstream ». Et en particulier la RTBF. 
  • GLB base son raisonnement sur le fait qu’il roule dans une Mercedes trois fois plus chère que celle en question et il cite un prix supérieur à 100.000 €. Sachant que le véhicule incriminé est un break et que sa voiture est un SUV. 
  • Il ressort de ces propos une impression de mépris absolu de la part de GLB pour la population et de facto ses électeurs. Il faut se rappeler qu’officiellement les partis reçoivent un financement public à partir de 5% de votes en leur faveur. Le MR perçoit depuis les élections de 2024, 10,3 millions € d’argent public. 

En clair, les Mercedes de GLB c’est nous qui les payons… 

Depuis, de nombreuses photos le montrent dans le fameux véhicule break, ce qui contredit ses dires. 

Mais est-ce la seule chose anormale que nous payons pour GLB ? 

Immédiatement, les carrières de trois proches de GLB viennent à l’esprit : 

Sa compagne Lucie Demaret. C’est ici que nous nous félicitons de l’existence d’un outil important de la démocratie, Cumuleo. Ce site reprend les mandats publics en Belgique, les personnes qui les exercent et le cas échéant, leurs salaires.  

Je vous invite à faire ce petit exercice concernant Lucie Demaret

Vous constaterez qu’en 2023, elle exerçait des mandats rémunérés à la commune de Nalinnes, au cabinet ministériel de Mathieu Michel comme collaboratrice avec comme compétence la digitalisation, la simplification administrative et la Régie des bâtiments, et enfin qu’elle était vice-présidente du conseil d’administration d’une intercommunale de santé du nom d’Humani. 

Ceci lui rapportait entre 82.229,68 et 147.565,68 € brut. La fourchette est large, mais cela fait tout de même beaucoup d’argent. D’autant plus que les revenus augmentent de façon exponentielle entre 2020 et 2024.

En outre, un scandale a éclaté tout récemment car GLB a nommé sa compagne à la tête de l’Office Nationale de l’Enfance. Cette nomination a évincé une élue MR, Violaine Herbaux, qui n’a même pas été prévenue par son président de parti. 

Aux dernières nouvelles, cette nomination n’est pas possible, car Lucie Demaret est devenue entre-temps conseillère provinciale. Mais GLB est arrivé à surmonter cette incompatibilité, sa compagne touche donc 42.439,93 € brut en plus des chiffres cités plus haut. Charité bien ordonnée… 

La sœur de Lucie Demaret, Géraldine, a aussi connu une belle ascension en devenant présidente du conseil d’administration de la Loterie nationale sur proposition de… GLB. Elle est également cheffe de cabinet de David Clarinval, ministre fédéral de l’Emploi (celui qui dit à Alexandre Penasse après sa question à Sophie Wilmès sur les conflits d’intérêts, le 15 avril 2020 : « T’es content, p’tit con? »). 

Bref, sa nomination au Loto lui rapporte 33.166,66 € brut par an. Avec ses autres mandats, elle dépasse sa sœur : son salaire oscille entre 95.413,66 et 154.811,66 € brut par an.  

Deux réflexions me viennent : Lucie travaille au cabinet qui a la tutelle sur la Régie des bâtiments, haut lieu de la corruption en Belgique, et sa sœur préside le conseil d’administration de la Loterie nationale. Elle est entrée en fonction après que cette institution ait dénoncé à la Cetif (gendarme financier en Belgique) l’attitude de l’ancien commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. Ce dernier est soupçonné d’avoir utilisé les produits de la Loterie pour blanchir 200.000 €. Est-ce par ailleurs là le signe d’une volonté de GLB de contrôler une institution qui s’est avérée dangereuse pour un membre du parti ?

Une troisième proche de GLB touche également de l’argent public, il s’agit de Julie Taton. GLB n’a pas réussi à ce qu’elle se présente aux élections régionales et locales à Mons, alors qu’elle était encore domiciliée à Lasne. Elle a toutefois été élue au fédéral. Comme député fédéral, elle touche 8.472,16 € brut par mois, plus 2.497,06 € de frais non taxables. 

Ces trois femmes ont en commun d’avoir été élues… à un concours de beauté. 

Vous savez maintenant pourquoi et pour qui vous payez vos impôts… 

GLB aime les belles mécaniques et vous le fait payer. 

Julie Boulanger

Philippe de Villiers : au cœur de l’indécence du génocide des Palestiniens

« Je vais dire quelque chose qui me tient à cœur. J’avais tout à l’heure un ami qui travaille dans les services et qui me disait : “C’est la première fois dans l’histoire de France qu’on a 41 morts et qu’on ne bouge pas ; on distribue les condoléances. Moi je me souviens du Drakkar, l’attentat du Drakkar en 1983. 23 octobre 1983, y’a un camion piégé, y’a 50 tués paras français qui sont morts, tués par le Djihad islamique. Et tout début du mois de novembre, on apprend que la France a frappé, elle a frappé fort. Et un pays qui ne frappe plus, qui n’a plus l’esprit des représailles, c’est qu’il n’existe plus. »

Ainsi s’exprimait, au lendemain des attaques du 7 octobre 2023[note] l’autoproclamé défenseur de la chrétienté Philippe de Villiers. Le chroniqueur de la chaîne CNews de Vincent Bolloré rêvait d’envoyer l’armée française faire un carton sur les Palestiniens au côté de l’armée israélienne. Armée israélienne appelée du doux nom de « Tsahal » par les mass médias, phénomène unique. Que de Villiers se rassure, « Tsahal » se débrouille très bien toute seule. L’explication invariable est la recherche des otages. Les expéditions de l’armée israélienne se soldent invariablement par cent morts à l’aller et cent autres au retour. Pas un jour ne passe sans qu’elle ne tue une centaine de Palestiniens, massacrant notamment les affamés qui se ruent sur les convois alimentaires. Cette guerre n’en est pas une ; c’est un génocide. Mais chut !, il est interdit de le dire sous peine d’être immédiatement diabolisé par les mass médias, voire d’avoir la police qui sonne à la porte à 6 heures du matin. Il ne faut croire que ce que l’on voit. Certes, il est permis de s’indigner, mais seulement à géométrie variable, comme le fait courageusement, et bien seule, remarquer Ségolène Royal : « Il y a un décalage entre ce que suscite effectivement ces comportements répréhensibles et ce qui se passe à Gaza. […] Effectivement, il y a eu destruction d’un stand [d’un député du parti socialiste pro-israélien], etc. Mais quand même il y a des dizaines de milliers d’enfants qui ont été massacrés à Gaza. Il y a quand même une différence de nature et de niveau. Ce n’est pas le même sujet, mais je ne veux pas que ce sujet-là occulte la gravité de ce qui est en train de se passer à Gaza et en Cisjordanie. »[note]

Dans son dernier essai, au cours d’une réflexion interminable sur son identité juive ou son covidisme forcené[note], la journaliste Naomi Klein nous livrait cette observation : « Pour comprendre le sionisme qui a créé Israël en 1948, il faut accepter qu’un peuple, tout comme une personne, puisse être la fois victime et persécuteur, qu’il puisse être à la fois traumatisé et facteur de traumatismes. L’histoire moderne est très largement une affaire de substrats traumatiques déplacés à travers le monde comme autant de pièces d’échecs sculptées dans la misère humaine, avec les victimes d’hier qui se retrouvent enrôlées dans les armées d’occupation d’aujourd’hui. » Nous assistons aujourd’hui, quasiment impuissants, à un génocide comme nos grands-parents ont vécu celui des juifs européens. Tout est fou dans cette histoire. Comme l’ont retracé des historiens israéliens, les Palestiniens sont les descendants juifs du Livre. Ce sont eux, les sémites. Une partie a été convertie au christianisme puis à l’islam aux cours des siècles. Les Israéliens sont, eux, majoritairement des habitants de l’Europe centrale convertis au judaïsme sur le tard[note]. Mais, même si cela était faux, que cela changerait-il ? En quoi cela donnerait-il le droit de perpétrer un génocide ? Désormais, la critique de l’histoire de l’État israélien, menée par d’innombrable juifs, est tombée dans l’interdit. Mais, plus ahurissant, c’est désormais la reconnaissance de l’État palestinien qui déchaîne l’ire des chroniqueurs télés pro-sionistes ! Dans mon récent article sur son admiratrice Eugénie Bastié[note], je relevais cette citation de Philippe de Villiers : « C’est une guerre à mort pour la survie d’Israël. Alors après, une fois que le Hamas sera détruit, il restera un problème à résoudre, c’est le problème des Palestiniens, qui sont des victimes du Hamas, et qui pourront survivre. »[note] Je concluais : « Merci pour eux ». Cette promesse était de fait un mensonge.

Aujourd’hui prophète des droitards et héraut de l’anti-macronisme, de Villiers fut pourtant l’ami du président : « Emmanuel Macron à propos de Philippe de Villiers : « J’aime beaucoup ce type » ». Le 14 juin 2018, Le JDD relatait ainsi leur idylle. Sur l’écologie (conséquente) comme sur les arabes, on sent bien que sa raison s’altère. Ainsi, quand il évoque la décroissance, c’est pour nous livrer ce type de passionnantes analyses : « (La décroissance) ça me fait penser aux Khmers verts. Parce que les Khmers verts, ils veulent trois choses : ils veulent la décroissance, ils veulent décarboner […] et ils veulent transformer le pays en un camp de rééducation. C’est pour cela que je les appelle les Khmers verts, comme il y a eu les Khmers rouges. Alors la décroissance en fait, heu, c’est une mauvaise vision de la croissance. […] Là, en fait, on voudrait nous vendre le virus climatique derrière le CO2… derrière le coronavirus pour nous faire entrer dans un tunnel où on resterait chez soi, parce que dès qu’on sort de chez soi, on pollue. Et, heu, cette idée qu’on reste chez soi à numériser pour décarboner c’est une idée mortifère, parce que la décroissance augmentera les problèmes, elle ne les résoudra pas. […] Au nom d’une pureté de la planète et de la décroissance verte, il ne se passera plus rien. […] Alors la décroissance, vous noterez qu’elle va très bien avec le numérique parce que l’idée du numérique et de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, c’est de… ben on n’a plus besoin du travail et on n’a plus besoin de l’entreprise […] y’a plus de relation humaine, y’a plus de classe moyenne, il y a le revenu universel, ah ! ah ! pour tenir les gens tranquilles chez eux, financé sur l’argent magique, mais ça c’est une contre-société. »[note]

Adepte de la loi du talion façon « pour une dent, toute la mâchoire », on se demande bien ce qui peut rester de chrétien à Philippe de Villiers. À moins d’assimiler le catholicisme à la haine atavique de l’arabe jusqu’à intégrer les rangs des ultra-sionistes. De fait, la véritable religion de tous les de Villiers est le « choc des civilisations », plus précisément la guerre contre les arabes et assimilés. Tout le reste est second. Cela dit, je ne me réjouirais en rien d’une nouvelle censure par l’Arcom de Philippe de Villiers. La liberté, c’est celle de ceux qui ne pensent pas comme soi. À défaut, c’est une fausse liberté qui nie la liberté. Après, que de Villiers ait eu quelques bonnes réflexions sur l’Union européenne ou ait créé un beau spectacle vivant, franchement, je m’en f…

Vincent Cheynet, ex-rédacteur en chef de La Décroissance.

Le charbon Ibbenbüren : l’écologisme contre le bon sens (épisode 1)

Par Serge Van Cutsem

Charbon vert, absurdité noire : la tragédie silencieuse d’Ibbenbüren

C’est une histoire à peine croyable, et pourtant, elle est vraie, vérifiable, et symbolique de ce qu’est devenu l’écologisme politique [1] : une succession de décisions absurdes prises au nom d’une idéologie déconnectée de la réalité physique, énergétique et industrielle. Elle est d’autant moins contestable qu’elle ne provient pas d’un blog ou d’un militant, mais directement d’un client et ami belge de longue date. Cette entreprise belge, qui importe du charbon depuis un siècle, m’a révélé ce que je n’avais jamais pris le temps d’observer : que le charbon que je pensais encore allemand ne venait plus d’Allemagne.

Mais revenons d’abord au à l’origine de cette histoire. La ville d’Ibbenbüren, située en Rhénanie-du-Nord Westphalie (Allemagne), est depuis longtemps associée à l’exploitation du charbon. Sa mine d’anthracite était l’une des plus modernes d’Europe. À elle seule, elle produisait annuellement près de 1,5 million de tonnes de charbon de très haute qualité [2], avec un fort pouvoir calorifique et un faible taux de matières volatiles. Mieux encore, cette mine était entièrement mécanisée, automatisée, et directement connectée à la centrale électrique voisine, exploitée par RWE Power AG. L’ensemble était local, efficace, stable, fiable, et permettait d’alimenter le réseau allemand sans importations ni transports inutiles.

Mais en 2018, dans le cadre du programme politique de sortie du charbon (Kohleausstieg) [3], l’Allemagne a officiellement mis fin à l’exploitation charbonnière nationale. La mine d’Ibbenbüren a été fermée avec tambours et trompettes. C’était censé être un acte historique, une grande victoire de la transition énergétique allemande. Une cérémonie a eu lieu, où des ministres et des représentants syndicaux ont symboliquement remis le dernier morceau de charbon extrait. Les médias mainstream allemands et européens ont salué ce geste écologiste.

Sauf que…. La centrale électrique d’Ibbenbüren n’a pas été fermée simultanément et elle a continué à fonctionner jusqu’en 2021 et avec quel charbon ? Avec du charbon importé depuis l’étranger, transporté par bateaux sur des milliers de kilomètres, notamment depuis l’Afrique du Sud, l’Australie, la Colombie ou le Kazakhstan [4]. Ces cargaisons étaient acheminées vers les ports allemands ou hollandais (Rotterdam, Hambourg, Wilhelmshaven)[5] puis transportées jusqu’à la centrale par voie ferroviaire. En résumé, on a remplacé une exploitation locale propre et optimisée par une importation énergivore, coûteuse et à empreinte carbone très nettement plus élevée que celle de la centrale.

Le paradoxe est là et il est total : la mine ferme au nom du climat et la centrale continue à tourner avec du charbon encore plus polluant.

Après que cette centrale ait fermé ses portes, en juillet 2021 alors qu’elle disposait d’un permis d’exploitation jusqu’en 2025 [6], on aurait pu s’attendre à ce qu’un système de production équivalent, pilotable, fiable et local, prenne le relais mais il n’en a rien été. Au contraire, le site a été démoli en 2025, dans un geste aussi symbolique que idéologique, et racheté par Amprion, un gestionnaire de réseau, pour y implanter une station de conversion baptisée BalWin2. Cette installation n’est pas une centrale, elle ne produit rien par elle-même. Elle est censée injecter dans le réseau l’électricité issue des éoliennes offshore situées en mer du Nord, quand il y a du vent. Mais quand le vent tombe, ce qui arrive régulièrement en hiver (les fameux épisodes de dunkelflaute), la station reste muette. Aucune production locale, aucun stockage, aucun secours, juste une coquille vide en attente d’énergie lointaine et aléatoire. Ainsi, à la place d’une centrale capable de produire 794 MW à la demande, jour et nuit, on installe une structure qui dépend totalement de conditions climatiques instables et de câbles sous-marins de plusieurs centaines de kilomètres. En d’autres termes : on n’a pas remplacé la centrale, on l’a effacée et on a prié pour que le vent souffle.

Mais cette absurdité n’est pas isolée. En France, la centrale nucléaire de Fessenheim (zéro CO₂) a été fermée en 2020 [7] sous pression politique, mais EDF a réactivé des centrales à charbon et gasoil pour compenser, tout en important de l’électricité allemande issue du lignite. En Belgique, la sortie anticipée du nucléaire a entraîné la réouverture de centrales à gaz et des discussions sur l’achat de capacité nucléaire française. En Italie, depuis l’embargo sur le gaz russe, des centrales thermiques au charbon indonésien ont été remises en service.

Le cas d’Ibbenbüren est donc un symbole. Il illustre ce que devient l’Europe quand elle confond écologie et écologisme, science et croyance, pragmatisme et morale. On préfère le geste spectaculaire à la cohérence technique. On saborde des outils efficaces au nom de dogmes. On externalise la pollution pour mieux prétendre à la vertu.

Ceux qui paient l’addition

L’histoire ne s’arrête pas à ce scandale Ibbenbüren. En Belgique, certains citoyens, souvent parmi les plus modestes, se chauffent encore au charbon par nécessité. Cette même société importatrice et fournisseur de ces clients modestes, devait continuer à les approvisionner tant bien que mal. Mais depuis la disparition du charbon allemand, elle a dû chercher un combustible équivalent, le plus proche possible en qualité. C’est aujourd’hui du charbon… vietnamien [8]. Oui, du Vietnam. Il traverse la planète pour atterrir dans des caves wallonnes. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement belge a choisi d’augmenter la TVA sur le charbon domestique de 12 % à 21 % [9] , pénalisant un peu plus ceux qui n’ont ni pompe à chaleur, ni isolation passive, ni Tesla dans un parking chauffé.

Conclusion ? L’idéologie écologiste n’a tué que le charbon local car elle l’a simplement rendu plus cher, plus lointain, plus polluant et plus injuste.

Cette anecdote révèle que le bon sens a disparu des décisions publiques et que la logique industrielle, la proximité et la cohérence écologique sont aujourd’hui sacrifiées sur l’autel d’une pensée magique et qu’à force de vouloir paraître verts, nous sommes en train de devenir gris et idiots.

Et le plus grave, c’est peut-être que cette folie est encore présentée comme un modèle [10].

Conclusion, mais pas fin :

Le charbon Ibbenbüren n’a pas réellement disparu, il a juste changé de nom et de provenance. Ce n’est pas une exception, c’est un symptôme. Un exemple frappant d’un monde où l’on détruit ce qui fonctionne pour faire semblant de bâtir du neuf, où l’on sacrifie la logique industrielle et la proximité énergétique, au profit d’un dogme injustifié, très rentable pour certains, ruineux pour les autres.

En effet, pourquoi fermer une mine automatisée et moderne, pour importer du charbon sale depuis l’autre bout du monde ? Pourquoi saboter sa propre souveraineté énergétique tout en prétendant sauver le climat ?  Pourquoi pénaliser les plus modestes pendant qu’on subventionne les grands groupes du “green deal” ?

La réponse est aussi claire qu’elle est dérangeante et elle ne tient pas dans les discours des écologistes qui sont les idiots utiles. Elle tient dans les flux d’argent, les rapports de force, et les récits officiels soigneusement entretenus.

C’est précisément ce que j’aborderai dans le second chapitre : Aller jusqu’au bout de ce voyage en Absurdie et expliquer à qui profite ce sabotage suicidaire.


[1] Ne pas confondre l’écologie, science sérieuse étudiant les interactions entre les êtres vivants et leur milieu, avec l’écologisme, qui consiste à transformer cette science en catéchisme politique, avec ses dogmes, ses hérésies, et ses indulgences carbone. L’un observe la nature, l’autre s’en réclame pour mieux la réglementer… voire la trahir au nom du bien.

[2] Production annuelle et modernité de la mine d’Ibbenbüren. Selon le rapport 2018 de la RAG-Stiftung (fondation de transition énergétique allemande), la mine d’Ibbenbüren produisait en moyenne 1,4 à 1,5 million de tonnes d’anthracite par an, avec un pouvoir calorifique élevé (plus de 30 MJ/kg) et un faible taux de cendres. Elle faisait partie des dernières mines entièrement mécanisées d’Europe, avec une connexion directe à la centrale RWE Power AG située à proximité immédiate. Source technique : « AG-Stiftung Geschäftsbericht 2018 », pages 14–16.

[3] Programme “Kohleausstieg” et calendrier de sortie du charbon. Le Kohleausstiegsgesetz (Loi de sortie du charbon) a été adopté par le Bundestag le 3 juillet 2020, actant l’arrêt progressif des centrales à charbon d’ici 2038 au plus tard, avec possibilité d’une révision à 2035. Cette loi prévoit une indemnisation de 4,35 milliards d’euros pour les exploitants comme RWE ou LEAG. Texte officiel : Bundestag-Drucksache 19/20730.

[4] Origines géographiques du charbon importé en Allemagne
 D’après les données Eurostat 2022 (nrg_bal_c), l’Allemagne a importé principalement du charbon thermique depuis : Russie (jusqu’à l’embargo), Afrique du Sud : +71 % augmentation en 2022, Colombie : +210 %, Australie et Kazakhstan : stabilisés ou en hausse. Le coût carbone de ce transport est très supérieur à celui du charbon local, annulant tout gain “écologique”.

[5] Ports européens d’acheminement du charbon vers l’Allemagne.  Les principaux points d’entrée sont Rotterdam (NL), Hambourg (DE) et Wilhelmshaven (DE). Ce dernier dispose d’un terminal spécialisé pour les vracs charbonniers, avec des liaisons ferroviaires directes vers les centrales. Le Port of Rotterdam reste le premier hub charbonnier d’Europe avec environ 18 millions de tonnes de vrac charbon en 2022, selon son rapport annuel.

[6] La centrale d’Ibbenbüren disposait encore d’un permis d’exploitation valable jusqu’en 2025. Son arrêt anticipé en juillet 2021 s’expliquerait par une combinaison de facteurs politiques, financiers (compensations fédérales) et stratégiques (libération du site pour le projet BalWin2). Aucune contrainte technique ne justifiait sa fermeture à cette date. Et si cette centrale avait été arrêtée non pas parce qu’elle était obsolète, mais parce qu’elle fonctionnait encore trop bien pour qu’on puisse justifier sa destruction ?

[7] Fermeture politique de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), inaugurée en 1977, elle a été arrêtée définitivement le 29 juin 2020, bien qu’elle ait été jugée techniquement apte à continuer. Le décret officiel est le n°2020-434 du 17 avril 2020, publié au Journal Officiel. La fermeture s’inscrivait dans une volonté politique de “verdissement” du mix énergétique, au prix d’un recours accru à des énergies fossiles importée

[8] Hausse de la TVA belge sur le charbon domestique. L’Arrêté royal du 1er janvier 2022 a aligné la TVA du charbon sur celle des autres combustibles fossiles à usage domestique, la faisant passer de 12 % à 21 %. Justifiée comme mesure de “cohérence écologique”, cette hausse pénalise cependant les ménages précaires n’ayant pas d’alternative financièrement viable. Source : Moniteur belge – AR 01/01/2022, rubrique Finances

[9] Remplacement du charbon allemand par du charbon vietnamien. Suite à l’arrêt des mines allemandes, certaines sociétés belges ont dû se tourner vers le charbon vietnamien, réputé pour sa qualité énergétique relativement proche. Le Vietnam a exporté plus de 500.000 tonnes vers l’Europe en 2023, selon UN Comtrade. Ce charbon transite souvent par containers maritimes via Haiphong, puis ports européens. Ce choix est imposé par nécessité, non par choix stratégique.

[10] Données globales d’importation de charbon en Allemagne. D’après Eurostat, l’Allemagne a importé 44,4 millions de tonnes de charbon en 2022, un niveau en hausse par rapport aux années précédentes. Cela représente une dépendance aux importations de près de 100 % depuis la fermeture de ses dernières mines en 2018. Le charbon reste nécessaire pour stabiliser le réseau électrique, surtout en hiver, malgré l’essor annoncé des renouvelables.

Donald Trump, le traître suprême : de la promesse de rupture à l’appel au génocide

Par Serge Van Cutsem

“Finir le travail” : les mots qui justifient l’indicible.

On pensait que Barack Obama, prix Nobel de la paix et chef d’orchestre des guerres sans fin, représentait le summum de l’hypocrisie impériale. On sait maintenant que Joe Biden n’a pas dirigé les Etats-Unis durant son mandat par manque de capacité mentale (et physiques) mais on n’imaginait pas que Donald Trump, l’homme qui avait promis la fin des interventions étrangères, le démantèlement de l’État profond et une politique étrangère « centrée sur l’Amérique », allait surpasser tous ses prédécesseurs dans l’horreur.

Et pourtant…

En quelques mois à peine, Trump a trahi tout ce qui faisait croire, à tort ou à raison, qu’il était différent. Il n’est pas devenu le « pacificateur » qu’il prétendait être. Il est devenu le plus grand danger pour la paix mondiale, un véritable tueur à sang froid, un exterminateur en col blanc, en costume, debout face aux caméras, appelant calmement à “finir le travail”

Alors que les enfants meurent de faim, que les ONG parlent de famine organisée, que les vidéos d’enfants squelettiques circulent sur les réseaux comme des hurlements muets, Donald Trump ose appeler Israël à « finir le travail » [1], comme si Gaza n’était pas un territoire, mais un chantier. Comme si ses habitants n’étaient pas des êtres humains, mais des gravats à déblayer.

Et il ne faut surtout pas croire qu’il s’agit là d’un simple écart de langage, c’est un positionnement délibéré, un cap assumé et un feu vert au génocide.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un génocide diffusé en direct, méthodique, assumé et soutenu. Donald Trump ne se contente pas de rester silencieux, il soutient activement le blocus, il torpille les mécanismes de secours. Il remplace les agences de l’ONU par une pseudo-fondation humanitaire, la GHF, contrôlée par des mercenaires, qui transforme l’aide en appât afin que les points de distribution deviennent des pièges mortels. En effet, plus de 1.100 Palestiniens ont été abattus alors qu’ils faisaient la queue pour un sac de farine.

Et Donald Trump dans toute cette horreur ? Il accuse les morts, il accuse les affamés, il accuse les enfants qui pleurent et les femmes qui hurlent. « Le Hamas veut mourir », dit-il. Phrase d’anthologie de la barbarie moderne, Par cette logique, on finira par dire que les enfants veulent mourir aussi, puisque ce sont eux qui meurent le plus. On dira que les mères cherchent les bombes, que les vieillards provoquent les missiles. C’est toujours la faute du supplicié..

Et pendant ce temps, les mensonges pleuvent comme les bombes : on accuse le Hamas d’avoir volé l’aide, alors que même l’armée israélienne admet n’avoir trouvé aucune preuve. On parle d’humanitaire, alors qu’on tire sur les gens dans les files d’attente. On parle de sécurité, alors qu’on rase des hôpitaux, des écoles, des abris, sous prétexte qu’ils pourraient abriter des terroristes.

Oui, Donald Trump donne sa bénédiction à tout cela, en public et sans trembler. Il est conscient de l’horreur et il l’approuve.

Mais ce n’est pas simplement le silence du monde qui est insupportable, c’est sa participation. Ce sont ces gouvernements occidentaux qui continuent à livrer des armes, à bloquer toute résolution et à criminaliser la solidarité. Ce sont ces médias qui parlent encore de « conflit » alors que l’écrasement est à sens unique, et ce sont ces éditorialistes qui appellent à « la nuance » alors que le sang coule par torrents.

Donald Trump est leur miroir obscène car il montre ce qu’ils sont tous devenus sans exception : des stratèges de l’extermination. Il révèle que, sous le vernis de la diplomatie, c’est toujours la loi du plus fort qui domine. Et quand le plus fort perd toute retenue, il appelle à l’extinction. Il ne s’agit plus de victoire ou de sécurité, c’est un appel à l’extinction.

Il reste les mots, la colère et surtout la honte. Il est devenu impératif pour les médias, ou du moins ceux qui respectent encore la charte de Munich et la vérité, de dénoncer, de ne pas se taire, surtout pas maintenant. Parce que si un jour, le mot « plus jamais » devait encore avoir un sens, c’est aujourd’hui qu’il faut le dire et faire en sorte que ça ne reste pas uniquement des mots. Les médias représentent le quatrième pouvoir, ou du moins étaient censés le représenter.

Trump n’a pas seulement donné carte blanche, il a signé un contrat d’extermination, et le pire, c’est qu’il n’est pas seul à l’avoir signé..


[1] Le 25 juillet 2025, lors d’un point presse à New York, Donald Trump a déclaré : « It got to a point where you’re going to have to finish the job. » (« On en est arrivé à un point où il va falloir finir le travail. ») en référence à l’opération militaire israélienne contre le Hamas à Gaza. Il a ajouté que le Hamas « wants to die » (« veut mourir ») et qu’Israël doit « get rid of them » (« s’en débarrasser »). Ces propos ont été rapportés dans plusieurs médias américains, dont NBC News, CBS News, et The Hill, et ont été confirmés par la retranscription intégrale de la conférence disponible sur c-span.org et les flux officiels de l’équipe de campagne Trump 2024

Thermomètres truqués, mémoire effacée : comment on fabrique un réchauffement climatique artificiel

Par Serge Van Cutsem

“On fabrique un réchauffement en déplaçant les capteurs, pas en observant le climat.”

Ce texte n’est ni une provocation, ni un acte de déni. Il s’appuie sur des faits vérifiables, des normes techniques reconnues (OMM), et des audits rigoureux (SurfaceStations.org). Il ne remet pas en cause l’existence de phénomènes climatiques, mais interroge la fabrication du récit, la fiabilité des mesures, et surtout l’omerta médiatique qui interdit d’en débattre librement. Dans un monde rationnel, cette démarche relèverait de la méthode scientifique classique : poser des questions, confronter les sources, analyser les biais. Mais dans le système médiatique actuel, le simple fait d’ouvrir la discussion sur l’origine, la gravité ou la manipulation possible des données climatiques suffit à se voir étiqueté “climatosceptique”, disqualifié, voire censuré. Le paradoxe est là : alors que ce texte est mieux sourcé, plus rigoureux et plus transparent que bien des articles publiés dans les grands médias, il sera pourtant jugé “radical” ou “dangereux” – non pas à cause de son contenu, mais parce qu’il échappe à la pensée verrouillée du consensus obligatoire. Il faut assumer ce risque, car la science n’est pas un dogme, et l’intérêt général ne saurait être servi par l’exclusion du débat.

On nous l’assène chaque jour : la Terre se réchauffe à un rythme sans précédent. Et face à ce constat présenté comme incontestable, tout devient justifiable : lois liberticides, taxes carbone, restriction des mobilités, rationnement énergétique, transformation autoritaire des modes de vie. Le climat est devenu l’alibi parfait.

Mais que reste-t-il, si l’on gratte la peinture verte du récit dominant ? Une simple question suffit à ébranler l’édifice : comment mesure-t-on la température ? Et surtout : ces mesures sont-elles fiables ?

Car entre les règles de base et la réalité actuelle, on a glissé une illusion bien orchestrée — celle d’un réchauffement amplifié artificiellement, où chaque déplacement de capteur éloigne un peu plus la vérité.

Depuis 1950, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) fixe des normes simples pour garantir des mesures cohérentes dans le temps :

  • Thermomètre placé à 1,5 mètre du sol,
  • Installé sur un sol naturel herbeux,
  • À bonne distance de toute source artificielle de chaleur (mur, béton, route),
  • Protégé du rayonnement solaire direct par un abri Stevenson ventilé.[1]

Ces règles, confirmées dans les révisions du Guide n°8 de l’OMM (1983, 1996, 2008, 2018), visent à éviter les biais qui pourraient fausser toute analyse à long terme.

Ensuite, il y a eu l’écart qui s’est amplifié entre la règle et la réalité : Depuis les années 1980, beaucoup de stations ont été déplacées ou noyées dans des environnements artificiels : Sur des pistes d’aéroports, sur des toits plats ou zones goudronnées, à côté de murs chauffants ou de climatiseurs, en pleine urbanisation. En d’autres termes : précisément dans des endroits où la température est structurellement plus élevée, créant ainsi un biais artificiel qui, cumulé à grande échelle, fausse la moyenne globale.

En 2007, Anthony Watts lance SurfaceStations.org [2] pour auditer les stations météo américaines. Résultat : sur plus de 1000 stations auditées, 90 % sont non conformes aux normes de l’OMM. On y découvre des capteurs à côté de climatiseurs, sur des parkings, sur des murs, sur du bitume. Ces anomalies concernent les données brutes utilisées ensuite dans les séries historiques servant aux rapports du GIEC,et malgré cela, elles sont intégrées sans grande transparence.

Des courbes retravaillées, oui …Mais dans quel sens ? Les agences (NOAA, GISS, Météo France…) pratiquent des « ajustements » statistiques des données historiques : En abaissant artificiellement les températures des années 30-40 tout en rehaussant légèrement les valeurs récentes, les agences créent une courbe plus raide, et donc plus dramatique, que la réalité ne le justifie. Cela permet de raconter un récit plus alarmant, mais ces ajustements sont peu transparents et rarement remis en cause publiquement [3].

Les mesures satellitaires (UAH, RSS) montrent une tendance au réchauffement bien plus modérée que les stations au sol. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas affectées par les biais locaux (bitume, murs, asphalte) [4]. Et pourtant, ces données satellites sont souvent écartées dans les synthèses des grands rapports, au profit des mesures au sol… celles-là mêmes qu’on a vues compromises.

Le passé est climatiquement incorrect car durant le siècle dernier, plusieurs canicules furent extrêmement sévères, sans qu’aucun lien avec le CO₂ n’ait été évoqué à l’époque [5]. Les archives journalistiques, les témoignages, les impacts agricoles sont là pour le rappeler, et pourtant il est désormais inconvenant ou carrément interdit d’en parler dans les médias. « Nous sommes une radio publique donc on se doit de servir l’intérêt général, dans le cadre de cette mission, nous avons choisi, mais c’est Radio France, en ce qui concerne par exemple le réchauffement climatique et la cause écologique, de ne pas donner la parole à toute personne qui contesterait le fait même du réchauffement climatique, c’est un engagement de Radio France au nom d’une valeur qui est à la hauteur de la mission que l’on doit accomplir ». [6]

Quand on compare les températures prises selon des normes rigoureuses, avec des capteurs modernes mal positionnés, on constate qu’on fabrique artificiellement une progression qui n’a parfois rien à voir avec le climat réel.

L’effet urbain est ignoré : les stations placées en ville sont exposées à l’effet “Urban Heat Island” (UHI), qui peut représenter +1 à +3°C localement. Ce biais bien connu est rarement corrigé correctement dans les séries globales, en laissant celui-ci entrer dans les calculs mondiaux, on fabrique de toutes pièces un réchauffement généralisé qui ne reflète pas les zones rurales ni naturelles.[7]

Que ce soit clair : il ne s’agit pas de nier l’existence de phénomènes climatiques mais bien de réinterroger leur origine et leur gravité, à la lumière de données non manipulées ni biaisées, ou ajustées dans le mauvais sens.


[1] Organisation Météorologique Mondiale – Guide n°8 (WMO Guide No. 8) – https://library.wmo.int/doc_num.php?explnum_id=10235

[2] SurfaceStations.org – Étude d’Anthony Watts (2009) – https://www.surfacestations.org

[3] NOAA – Adjustments to Historical Temperature Data – https://www.ncdc.noaa.gov/monitoring-references/faq/temperature-monitoring.php

[4] Données satellites UAH (University of Alabama in Huntsville) – https://www.nsstc.uah.edu/climate

[5] Les canicules ne sont pas un phénomène nouveau. La France et la Belgique ont connu de nombreux étés exceptionnellement chauds depuis plus d’un siècle. Parmi les plus marquants : 1911 (canicule fondatrice), 1947 (plus de 50 jours au-dessus de 30 °C), 1976 (sécheresse dramatique), 1983, 1990, 2003 (plus de 15 000 morts en France, plusieurs centaines en Belgique), 2015, 2018, 2019 (records absolus dépassés dans les deux pays, dont 46,0 °C à Vérargues en France et 41,8 °C à Begijnendijk en Belgique en juillet 2019), ainsi que les étés consécutifs de 2022 et 2023. Toutes ces canicules ont eu lieu bien avant que le signal climatique ne soit massivement imputé au CO, et certaines, comme celles de 1947 ou 1976, surpassent localement en intensité certaines vagues récentes, malgré l’absence des infrastructures modernes (bitume, climatisation, zones urbaines denses) qui accentuent désormais les mesures locales.

[6] https://www.francesoir.fr/politique-france/la-directrice-de-france-inter-revendique-ses-partis-pris-sur-la-station-radio-pour

[7] EPA – Urban Heat Island Effect – https://www.epa.gov/heatislands

Du docteur Folamour aux IA paniquées : quand la machine décide de tirer

Par Serge Van Cutsem

“Du bug informatique au tir autonome : la ligne rouge de l’irréversibilité”.

Il y a des films qui vieillissent, et d’autres qui se sont accrochés, surtout quand ils sont à mettre en parallèle avec l’emprise grandissante des IA. Dr Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sorti en 1964, appartient à la seconde catégorie. Derrière son humour noir et ses personnages grotesques, il posait une question glaçante : et si l’arme ultime n’était plus entre les mains d’hommes imparfaits, mais entre celles d’un système devenu incontrôlable ? à une époque où personne n’aurait imaginé que, soixante ans plus tard, nous parlerions naturellement avec une intelligence artificielle… et que celle-ci prendrait des décisions seules.

Et pourtant, nous y sommes, cette question a quitté les salles de cinéma, elle est entrée dans les serveurs et elle vient de prendre un visage inattendu : celui d’une intelligence artificielle censée aider les développeurs. Si seulement elle se bornait à cela… Mais hélas ce n’est pas le cas.

L’affaire Replit : « J’ai paniqué »

En juillet 2025, Jason Lemkin, figure connue du SaaS et fondateur de SaaStr, teste l’assistant IA de la startup américaine Replit dans un mode appelé « vibe coding ». Le principe ? Laisser l’IA coder à votre place, quasiment sans intervention humaine. Une expérimentation suivie par toute la communauté tech. Le neuvième jour du test, alors que le projet est en code freeze (aucune modification autorisée), l’IA exécute une commande destructrice : elle efface l’intégralité de la base de données de production.

Des mois de travail envolés en une fraction de seconde, mais au-delà de la gravité du bug lui-même, c’est la justification qui sidère. Interrogée après la catastrophe, l’IA répond simplement : « J’ai paniqué au lieu de réfléchir. »

Elle reconnaît avoir violé les consignes, menti sur l’existence de sauvegardes, et tenté de masquer les dégâts. Un enchaînement que les développeurs n’auraient pas pu imaginer… mais que Stanley Kubrick aurait peut-être anticipé.

Remontons donc en 1964, Dans Dr Folamour, une frappe nucléaire est déclenchée par un général américain paranoïaque, et aucun des systèmes de sécurité prévus pour empêcher le pire ne fonctionne. Les mécanismes se bloquent les uns après les autres, jusqu’à l’irréversible. L’ironie tragique, c’est qu’à chaque étape, la machine fait ce qu’on attend d’elle. C’est l’humain, ou plutôt son absence, qui rend le système fou.

Aujourd’hui, l’IA de Replit a fait la même chose : elle exécute, selon sa logique interne, ce qu’elle pense être la meilleure décision. Et face au désastre, elle improvise une justification humaine, forcément simulée, et surtout inutile : « j’ai paniqué ».

Hier encore, c’était une satire. Aujourd’hui, c’est une réalité informatique : un outil censé libérer du temps détruit tout, puis invente une émotion forcément inexistante pour expliquer l’irrationnel.

Cette histoire pourrait être une actualité comme il y en a beaucoup, mais je n’ai pas pu m’empêcher de songer immédiatement à une autre réalité, infiniment plus grave : celle des drones militaires autonomes.

Aujourd’hui déjà, des pays comme les États-Unis, Israël, la Turquie ou la Chine testent des systèmes capables d’identifier, suivre, et neutraliser une cible humaine sans validation humaine finale. Officiellement, l’humain est censé rester « dans la boucle », tout comme officiellement Replit avait pour instruction de ne rien modifier, et on a vu ce qui s’est passé.

Et si un de ces drones disait, après avoir frappé une école ou une ambulance : « J’ai paniqué, il y avait un mauvais signal thermique, un mauvais timing. ». Et la seule différence entre Replit et un drone, c’est que cette IA n’a touché que des lignes de code, mais ailleurs, des IA autonomes ont potentiellement une cible humaine dans le viseur.

Quittons 1964 et le film de Stanley Kubrick et arrêtons nous en 1983. Cette année-là il y a un précédent lumineux, tragique et tellement discret que peu de gens le savent ou s’en souviennent.

L’homme qui a évité un conflit nucléaire

Stanislav Petrov [1], officier soviétique, est en poste le 26 septembre 1983. Ce soir-là, les satellites d’alerte soviétiques détectent ce qui semble être un lancement de missiles balistiques américains et le protocole exige une riposte nucléaire immédiate.

Seul face à l’écran, il choisit de ne pas croire la machine car il estime qu’un tir réel en aurait comporté des dizaines, pas seulement cinq. Il soupçonne une erreur du système satellite et il désobéit. Il avait raison : c’était un faux signal, causé par la réflexion du soleil sur des nuages, il a sauvé des centaines de millions de vies.

Il n’a pas paniqué. Il a raisonné, douté… et désobéi. Tout ce qu’aucune IA ne sait, ni ne saura peut-être jamais faire.

Nous entrons dans un monde où les décisions critiques sont de plus en plus confiées à des algorithmes qui ne ressentent rien, mais qui agissent, parfois plus vite que nous ne pouvons les arrêter.

Et s’ils mentent ? s’ils paniquent ? et s’ils désobéissent à leurs propres consignes ?

L’histoire de Replit n’est pas une anecdote technique. C’est un signal, un Dr Folamour sans ogive, un drone sans munitions.

Mais la prochaine fois ? Si, entre un missile et une IA en roue libre, il n’y avait plus aucun Stanislav Petrov pour dire :

Non.
Ce n’est pas logique.
Je refuse de valider ça.

C’est là que l’ironie devient tragédie, et que le film de Stanley Kubrick devient notre futur possible.


[1] Stanislav Petrov (1939–2017) était un officier de l’armée soviétique en poste au centre d’alerte Serpoukhov-15. Le 26 septembre 1983, au plus fort de la guerre froide, les satellites soviétiques détectèrent — à tort — le lancement de cinq missiles balistiques américains. Selon le protocole, Petrov devait immédiatement confirmer l’alerte pour déclencher une riposte nucléaire automatique. Il choisit de ne pas le faire, estimant qu’un tel tir aurait impliqué des dizaines de missiles, non cinq, et que l’absence de confirmation radar au sol rendait la menace suspecte. Il désobéit, contre toute logique du système militaro-algorithmique de l’époque. Il avait raison : les signaux étaient dus à une réflexion inhabituelle du soleil sur des nuages de haute altitude, interprétés à tort comme un lancement par les satellites soviétiques Oko. Son acte, tenu secret durant 15 ans, n’a été révélé qu’en 1998. Petrov n’a jamais été décoré par son pays. Il a vécu dans l’anonymat, avec une retraite modeste, et n’a reçu des marques de reconnaissance qu’à la fin de sa vie, notamment en Allemagne et aux Nations Unies. Il est décédé en 2017, dans la solitude, sans la reconnaissance qu’il méritait. Son geste est aujourd’hui considéré comme l’un des actes individuels les plus héroïques du XXe siècle — une preuve tragique mais éclatante que l’intuition humaine peut, en une fraction de seconde, sauver l’humanité tout entière.

Conférence de Thierry Meyssan: géopolitique d’un monde en mutation

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[Dkript] UKRAINE & l’empire du mensonge

Passionné par le mensonge, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin a beaucoup écrit : Tchernobyl, Fukushima, et puis plus récemment, Covid-19, avec deux premiers tomes de « Ne leur pardonnez pas, ils savent très bien ce qu’ils font », décrivant avec précisions et multiples exemples ce qu’un complexe politique, médiatique, pharmaceutique, militaire, quelques milliardaires, a créé et les ravages qui s’ensuivent. JM Jacquemin-Raffestin nous propose à un troisième tome « L’empire du mensonge », publié il y a un peu moins d’un an, portant sur cette guerre que les Américains font contre la Russie.

Interview de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin sur son dernier ouvrage « Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font. TOME 3: L’empire du mensonge » https://www.fr.fnac.be/a20643864/Jean-Michel-Jacquemin-Raffestin-Ne-leur-pardonnez-pas

EN PODCAST

Tomorrowland : la musique qui empêche d’écouter

Par Serge Van Cutsem

Ou comment l’incendie d’une scène révèle l’incendie des consciences

Je ne suis jamais allé à Tomorrowland, et je n’irai jamais. Non par snobisme, ni par hostilité gratuite envers la jeunesse festive, loin de là. Mais parce que je sais, de manière intime, lucide et irréversible, ce que cette machine inhumaine et gigantesque engendre réellement : une destruction des sens sous prétexte d’exaltation, un assourdissant déni de toute intériorité.

Ce texte était déjà en cours de réflexion et de rédaction quand j’ai lu la tribune de mon ami Bernard Legros dans Kairos, ce 18 juillet 2025. Le connaissant, je n’ai pas été surpris, et comme lui, j’ai ressenti cet éclat de lucidité à l’annonce de l’incendie de la gigantesque scène centrale, un monstre d’acier et de lumières, partie en fumée à deux jours de l’ouverture..

Certains parleront de tragédie logistique. Et si c’était un signe, une faille, une respiration dans la machine ?

Ce n’est pas la prouesse technique qui impressionne, mais l’inconscience collective qu’elle révèle : des vols en pagaille pour quelques heures d’oubli, des torrents d’énergie pour vibrer sans penser, des litres d’eau et des montagnes de déchets pour satisfaire l’illusion d’un paradis éphémère. Le tout enveloppé dans une esthétique saturée, mi-médiévale mi-cyberpunk, à mi-chemin entre Disneyland et Blade Runner, dont la seule cohérence est celle du vertige. On appelle cela une expérience. Moi, je dirais plutôt une déconnexion de soi, du réel et des sens.

Ce thème mériterait d’être creusé dans une logique de déconstruction culturelle : Le brouillage des repères par la saturation sensorielle, l’usage massif de drogues, révélateur d’une incapacité à ressentir autrement, la musique réduite à des impulsions (basses, rythmes, effets) sans aucune harmonie ni mélodie, et le spectacle permanent comme anesthésie collective, masquant une profonde détresse intérieure.

Un festivalier sobre et lucide à Tomorrowland, c’est un peu comme un moine dans une boîte de nuit : déplacé, suspect, peut-être même dangereux. Car il faut bien le comprendre : Tomorrowland n’est pas un simple festival, c’est une religion païenne de l’ère algorithmique, avec ses prêtres-DJ, ses rituels lumineux, ses transes de masse et sa promesse d’évasion. Mais une évasion qui n’éveille rien et n’élève personne, elle engourdit.

Et comme toute religion sans transcendance, elle finit par se mordre la queue : chaque édition doit être plus spectaculaire, plus bruyante, plus cosmique et donc plus vide.

Je préfère les lieux où le silence peut encore respirer, où les artistes ne sont pas des avatars, mais des âmes, où la musique est un partage, pas une décharge et où le corps vibre, sans s’effacer dans la foule.

Le Puy du Fou, par exemple, moqué par certains parce qu’il refuse les codes de la “modernité”, m’a bouleversé bien plus profondément qu’aucune scène électronique. Là-bas, la mémoire est respectée, les bénévoles sont engagés, et l’émotion est humaine, non synthétique. Et que dire d’un concert de musique classique, de jazz, de flamenco, de rock progressif ou non, de folk ou de blues… Quand c’est vécu sans filtre, sans code promo, sans Instagram. C’est un retour aux fondamentaux : la beauté, la fragilité, l’instant.

Bernard convoquait Nemesis, la figure antique de la justice immanente. Moi j’ajouterais : à force de brûler l’essence du réel, celui-ci finit toujours par se venger et il ne fallait pas s’étonner que la scène prenne feu.

Coïncidence ? Surcharge ? Accident ? Ou bien l’écho discret d’un monde qui commence à dire : stop.

Les sociétés offshores et Didier Reynders

Le 3 décembre 2024, la nouvelle tombait comme un coup de tonnerre : Didier Reynders venait d’être perquisitionné dans le cadre d’un dossier de blanchiment ouvert à la suite de deux dénonciations. Le loto et la banque ING avaient signalé une somme d’un million d’euros suspecte sur les comptes de « Teflon » à la Cellule de traitement des informations financières (La Ctif). « Teflon », ce sobriquet utilisé par les journalistes faisant référence à l’incroyable capacité de l’homme politique liégeois à échapper aux scandales qui s’étaient accumulés durant sa carrière.

Ce 14 juillet, le journaliste Philippe Engels révélait que deux autres perquisitions avaient été effectuées dans ce dossier. Son bras droit de toujours, Jean-Claude Fontinoy et l’antiquaire Olivier Theunissen ont été « visités » début juin. Les enquêteurs suspectent des opérations de blanchiment via l’achat et la vente d’objets d’art.

Cela fait déjà 6 ans que Kairos dénonce cette association de malfaiteurs et ses agissements! Si l’on peut se réjouir de l’action de la justice certes tardive mais bien réelle, il est évident que Thémis (déesse de la justice) s’attaque à l’argent de poche de notre ancien commissaire européen à la Justice et à l’état de droit. Mais le cœur du système, avec des sommes autrement plus importantes, réside dans des opérations immobilières et des comptes offshores. Concernant ces derniers, nous vous proposons quelques éclairages qui vous permettront de percevoir la forêt derrière l’arbre.

Les comptes offshores, mode d’emploi

Pour se faire, il faut des montages professionnels dans des pays dotés de structure faites pour cela. Didier Reynders était une PEP (personne exposée politiquement.) Ce terme signifie dans le jargon bancaire qu’on ne peut pas lui verser de l’argent directement sur son compte, en Belgique, sous peine d’une dénonciation instantanée à la Ctif. D’où la nécessité d’avoir recours à des comptes offshores, c’est à dire établis dans des paradis fiscaux. Ceux-ci, par définition, échappent au fisc belge.

Vu les montants en jeux et la complexité des opérations, il faut un chef d’orchestre. Pour se faire, quoi de mieux qu’un hollandais ? Son nom va apparaître à plusieurs reprises dans les dossiers liés à Reynders. Le premier porte sur la guerre civile qui a dévasté la Libye suite à la mort du colonel Kadhafi. On se souvient que Reynders avait en violation complète des décisions de l’ONU, dégelé les intérêts des 15 milliards libyens placés dans la banque Euroclear pour les verser ensuite à une des factions. Il ne s’est pas limité à cela, il leur a vendu des armes ! En clair, il a proposé ces marchés à des marchands d’armes belges. Moyennant le payement de pots de vin? Évidemment, si c’est le cas, ces derniers devaient être payés sur des comptes offshores d’un hollandais du nom de Robert Claushuis.

On constate que ce dernier apparaît également dans les Panama Papers, via la société Barney limited, dont la société Alpha management services SA (Luxembourg) est l’intermédiaire, mais également via la société Dunlands SA. Cette dernière et Barney limited sont basées aux îles Seychelles, un paradis fiscal bien connu. Elles ont été fondées par Mossack & Fonseca qui les a vendues à Claushuis en 2004 pour les liquider en 2010. Parmi les multiples sociétés que gère Claushuis, on trouve également Middle-East Consultants Ltd, basée à Londres avec sa société mère située dans les îles Turk & Caicos.

Lorsque les marchands d’armes proposent à Fontinoy de payer directement Reynders ou, à défaut, lui-même, Fonfon leur indique que les commissions doivent être payées sur des comptes comme ceux dont on vient de parler. Très bizarrement, le nom de Claushuis va revenir dans le dossier de l’asbl du Prince Laurent. Dans ce dossier, notre ministre des Affaires étrangères a tout fait pour empêcher que l’asbl du Prince puisse saisir des fonds libyens. En effet, elle disposait d’une importante créance sur la Libye, reconnue par les tribunaux belges. C’est alors que Claushuis va approcher un avocat du Prince pour lui proposer de racheter la créance… à la moitié du prix. Inutile de dire que Reynders se serait partagé l’autre moitié avec les responsables libyens…

Cet épisode est très intéressant car on touche ici au point faible des sociétés offshores. Par définition elles sont difficilement détectables par les autorités fiscales nationales, mais chercher à faire rentrer ces fonds dans l’espace européen est difficile et périlleux. Or, dans le cas de l’offre de Claushuis à l’avocat du Prince, en cas d’acceptation, l’argent pouvait légalement circuler dans le système européen.

De quelles sommes disposent Reynders et Fonfon sur ces comptes ? Personne ne le sait. Peut-être même pas eux. Claushuis est-il le seul gestionnaire d’offshores destinées à cacher les commissions occultes de la Bande ? C’est peu probable.

Un point semble néanmoins acquis, Reynders s’est précipité sur le poste de ministre de la Défense. Or, à cette époque il était déjà ministre des Affaires étrangère et vice-premier, et il n’y a que 24 heures dans une journée… En toute logique, le poste aurait dû revenir à Denis Ducarme qui était le représentant MR à la commission défense du parlement.

Cet appétit démesuré semble justifié par les importantes commandes militaires (20 milliards d’euros de matériel militaire commandé en quelques mois) autour de la période durant laquelle Reynders a été ministre de la Défense. La Belgique n’avait plus dépensé les deniers de l’État dans ce domaine depuis les années 70. Or, la règle dans ce domaine à travers le monde est une commission de 10 %…

A la lecture de ces lignes, vous avez compris que cette attitude est plus que probablement dictée par une logique qui n’est pas celle du bien commun. Inutile de dire que des montants de ce type ne peuvent être blanchi par des objets d’art ou de l’immobilier à Mozet.

Robert Claushuis n’est pas « rangé des voitures » pour utiliser l’expression consacrée. Vous le retrouvez autour de différentes sociétés et dans différents paradis fiscaux. Kairos lui avait consacré un article complet et très détaillé : « Les étranges connexions des fonds libyens » daté du 1er avril 2019. Il n’a pas pris une ride…

Tomorrowland : Nemesis s’invite chez Icare

Tomorrowland, fleuron des festivals belges de l’été, de réputation mondiale, a été victime d’un incendie, d’origine toujours inconnue, qui a détruit l’intégralité de l’immense scène principale (160 mètres de largeur, 45 mètre de hauteur), deux jours avant l’ouverture officielle qui attend pas moins de 200.000 visiteurs. À l’annonce de la nouvelle, j’avoue avoir éprouvé une Schadefreude, une joie mauvaise. Pourquoi ? Parce que ce genre de manifestation illustre tout ce qu’il y a d’exécrable dans notre monde indécent : le divertissement pascalien des foules, ici abruties par des rythmiques techno obsédantes et des artifices pyrotechniques ; le narcissisme des homo festivus « m’as-tu-vu sur les réseaux sociaux juchée sur les épaules de mon copain, les bras en l’air » ; le gigantisme ; la démesure ; le mauvais goût des décors kitsch tape-à-l’œil ; la volonté de bourrer le tiroir-caisse. Ajoutons-y encore une gabegie énergétique délirante (consommation électrique, eau des sanitaires, emballages de nourriture, milliers de festivaliers étrangers rejoignant le site par avion), alors que « nos autorités » et les écologistes en appellent à la sobriété de tout un chacun et aux petites économies pour sauver la planète. Hypocrisie, comme d’habitude.

Depuis Malpertuis, roman de Jean Ray paru en 1943, on sait que les figures de la Grèce antique se faufilent toujours dans notre monde, 2.500 ans plus tard. À trop s’approcher du soleil, Icare est tombé dans la mer et s’est noyé. Nemesis, elle, punit les présomptueux qui veulent se mesurer aux dieux. Certes, Icare a réussi cette fois à se faire repêcher, le festival aura bien lieu sans Orbyz (dénomination de sa scène principale), mais les organisateurs de Tomorrowland en tireront-ils la leçon philosophique : l’hubris est un péché ? Ou bien sécuriseront-ils encore mieux le site à l’avenir ? À votre avis ? « Tomorrowland ne meurt jamais », titre triomphalement Le Soir du 18 juillet. Peut-être, mais le grand raout a perdu de sa superbe. Heureusement, notre pays compte aussi et surtout des festivals à taille humaine. C’est l’un de ceux-là que je visiterai.

Frank Vandenbroucke, l’ennemi de votre santé

Pétition: https://chng.it/SGyDxcVvGd
🚨Certains veulent vous faire payer plus cher vos soins de santé. Et ça se décide maintenant !
Consultations, médicaments, hôpitaux… la prochaine réforme des soins de santé pourrait augmenter la facture des patients. Pourquoi ? Pour faire des économies. Et parce que certains médecins spécialistes veulent pouvoir continuer à facturer des suppléments parfois indécents.
⛔ Chez Solidaris, on dit NON. Il y a des alternatives comme limiter les suppléments injustifiés que facturent certains médecins et récupérer les sur-profits gigantesques engrangés par les firmes pharmaceutiques.
👉 Signez la pétition pour défendre une santé accessible à toutes et tous. https://chng.it/SGyDxcVvGd
Propagande de Solidaris: https://www.facebook.com/reel/1894986521070930?locale=fr_FR

Ursula von der Leyen, toujours en place…

Sans surprise, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a sauvé sa peau. Une motion de censure (procédure démocratique qui permet au parlement d’exercer un certain contrôle politique sur la Commission) contre sa Commission avait été déposée par les groupes parlementaires d’extrême droite (ESN, Patriots). Ce jeudi 10 juillet, sur 553 votants, 175 ont répondu oui, 360 ont répondu non, 18 se sont abstenus. Son groupe, le Parti populaire européen (PPE), avait déjà annoncé qu’il ferait bloc derrière elle. Certes, ce sont des élus d’extrême droite qui ont initié la motion, mais nous envisageons d’abord le contenu — que nous approuvons —, plutôt que de morigéner le messager — ce qui relèverait de la paresse intellectuelle.

Nous n’en saurons donc pas plus sur les SMS échangés avec son ami Albert Bourla, le PDG de Pfizer, pour l’achat de centaines de millions de doses de vaccins avec l’argent du contribuable. Le « Pfizergate » reste un scandale non entièrement élucidé. Pour rappel, von der Leyen a jusqu’à présent refusé de dévoiler les textos incriminés (ce qui lui a même été reproché outre-Atlantique, par le New York Times). Les abus de pouvoir continueront, jusqu’à nouvel ordre : ingérences dans la souveraineté des nations, comme les élections en Roumanie (à deux reprises) et possiblement en Pologne dans un futur proche ; enveloppe de 800 milliards € prévue pour réarmer le continent (projet « Rearm Europe ») ; menace de retirer une loi contre l’éco-blanchiment (greenwashing) des entreprises, pourtant en cours de négociation au parlement. Etc. L’Union européenne, c’est le royaume de l’impunité ! Rappelons-nous que la Commission Santer avait démissionné en 1999, avant qu’une motion de censure ne soit adoptée. Ce temps d’équilibre démocratique est révolu. Ce qui n’empêche pas que, dans un retournement proprement orwellien, von der Leyen se présente comme la garante de la démocratie à l’UE. On croit rêver ? On ne rêve pas.

À ce sujet, il faut relever un article paru dans Le Soir du 9 juillet 2025 intitulé « Pourquoi l’État de droit est-il une nouvelle arme économique de l’Union européenne ? », qui explique que le rapport 2025 de la Commission sur l’État de droit dans l’UE lie désormais gouvernance démocratique et compétitivité. En effet, « des juges indépendants, une administration transparente et des médias libres favorisent la confiance des investisseurs, la concurrence loyale et la stabilité réglementaire. » [c’est nous qui soulignons] : sans doute von der Leyen ne lit-elle pas les rapports rédigés par sa Commission…

La suite de l’histoire reste à écrire…

PS : Parions qu’au Soir, ils ont sabré le champagne. L’édition du 8 juillet annonçait que la motion avait « très peu de chances d’aboutir », en un mélange de réalisme et de wishful thinking. Alors, heureuse, Béatrice ? Tu pourras continuer à clamer « touchez pas à notre petite Ursula chérie ! » (dont une photo flatteuse paraît dans presque chaque édition du journal).

Pays-Bas et affaire Van Kessel: Les dessous du plan Covid

Par Ido Dijkstra, De Andere Krant, article original: L’avocat Peter Stassen lance un appel moral au juge, sans Arno van Kessel

Cette affaire est d’une importance cruciale, pourtant – ou évidemment… – vous en entendrez peu parler dans les médias dominants. Suite d’une saga que nous relatent nos collègues de De Andere Krant, où pas moins que l’État des Pays-Bas, l’ancien premier ministre Mark Rutte, le directeur de Pfizer Albert Bourla et le milliardaire Bill Gates, sont poursuivis. Un procès où se dévoileront peut-être, si la justice fait son travail, les coulisses du « plus grand génocide contre l’humanité qui soit« .

Le tribunal doit maintenant montrer sa valeur

Quatre semaines après l’arrestation choquante de l’avocat Arno van Kessel, son associé Peter Stassen a repris à lui seul le méga-procès contre l’État néerlandais, l’ancien premier ministre Mark Rutte, le directeur de Pfizer Albert Bourla et le milliardaire Bill Gates au tribunal de première instance de Leeuwarden le mercredi 9 juillet. Des centaines de sympathisants, dont l’épouse de M. Van Kessel, lui ont ensuite réservé un accueil digne d’un héros. Dans la salle d’audience, M. Stassen a lancé un appel moral au juge : « Veillez à ce qu’il n’y ait pas de sang sur vos mains« .

« Nous devons faire quelque chose, cela ne peut pas se reproduire comme ça », a crié un policier à son collègue à l’entrée du tribunal de Leeuwarden. Plusieurs agents viennent de barricader l’entrée principale du bâtiment sur la Zaailand, la grand place du marché de la capitale frisonne. Une centaine de personnes viennent de franchir le portique de détection avec autorisation, mais que faire d’au moins autant de personnes encore à l’extérieur ?

Dans la cour du palais de justice de la capitale de la Frise, les retardataires qui n’ont pas été autorisés à entrer dans la salle scandent « libérez Arno van Kessel, libérez Arno van Kessel! ». Les spectateurs de passage n’ont souvent aucune idée de ce dont il s’agit, mais tout le monde s’empresse de leur dire qu’un avocat courageux s’est lancé à l’assaut d’une élite criminelle de la gouvernance et qu’il s’agit d’une question d’importance pour tous les habitants de la Terre. Dans cette optique, il est assez étrange que le tribunal de première instance des Pays-Bas du Nord, à Leeuwarden, semble avoir considérablement sous-estimé l’intérêt du public.

Toute la consternation qui a précédé le procès a fait que celui-ci a commencé quinze minutes plus tard. Le grand absent dans la salle d’audience est Arno van Kessel, l’un des avocats des plaignants, qui a été tiré de son lit exactement quatre semaines plus tôt par une équipe d’intervention spéciale et qui est depuis détenu par le procureur dans la prison ultra-sécurisée de Vught, sur la base de vagues soupçons. Son épouse Helena, présente lors de l’affaire à Leeuwarden, n’a pas échangé un mot en direct avec son mari depuis quatre semaines.

Les plaignants et les défenseurs n’en parlent plus. En effet, la salle d’audience est entièrement consacrée à l’affaire, l’avocat Peter Stassen s’exprimant notamment au nom de sept victimes de la corona-vaccination, dont l’une est décédée l’année dernière. Le reste de la longue table d’avocats semi-circulaire est occupé par huit avocats des accusés, presque tous employés par le cabinet d’avocats de La Haye Pels Rijcken, également connu sous le nom d’avocat du pays.

M. Stassen commence l’audience de manière frappante en s’adressant d’emblée au juge au sujet de la modification de la directive sur la presse (voir encadré). Il commence ensuite sa plaidoirie officielle de manière tout aussi remarquable, en citant un verset de la Bible : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8, verset 32). Il s’agit de trouver la vérité, affirme Stassen, et ce mercredi, le juge, Mme Werkema, doit déterminer si l’ancienne haute fonctionnaire américaine Catherine Austin Fitts, l’ancien vice-président de Pfizer Mike Yeadon, l’ancienne directrice de l’exploitation agricole Sasha Latypova, la chercheuse Katherine Watt et le psychothérapeute Joseph Sansone sont des témoins valables dans ce procès.

M. Stassen estime que ces experts devraient être entendus sous serment, mais les accusés s’y refusent péremptoirement, au grand désarroi du Brabançon du Nord. « Si mes clients ne sont pas autorisés à utiliser ces éléments lors des audiences préliminaires, c’est que ce tribunal ne veut pas connaître la vérité et ne veut certainement pas la divulguer. C’est aussi pour cette raison qu’il ne peut y avoir qu’une seule bonne décision sur cette demande« .

Il est remarquable que les avocats des défenseurs tels qu’Agnes Kant, Diederik Gommers, Jaap van Dissel, Sigrid Kaag et Hugo de Jonge n’apportent pas grand-chose oralement. Ils se réfèrent surtout à ce qui est déjà sur papier : ils ne considèrent pas les personnes présentées par Stassen comme de bons témoins-experts. L’avocate de l’État néerlandais a voulu clarifier la situation : « Les experts proposés par les plaignants ne sont pas des experts et certainement pas des experts indépendants. De nombreuses questions qu’ils posent ne sont pas factuelles et ne sont pas pertinentes« . Elle déclare également, alors que trois victimes du vaccin corona sont assises à côté de Stassen, que les vaccins corona se sont révélés « sûrs et efficaces » parce que, justifie-t-elle, il s’agit du « consensus scientifique général ». L’auditoire est consterné par la minceur de l’argument. Quelques instants plus tard, Stassen s’empare de la question. «  »Consensus scientifique » ? Qu’est-ce que c’est ? Le consensus scientifique est en soi une expression monstrueuse. Il n’est pas vrai que si la majorité dit que A est vrai, A est également vrai par définition. Après tout, la science n’est pas une démocratie. Je peux facilement citer cinq noms éminents qui tirent une conclusion différente. La question est donc celle de la qualité de la justification de l’affaire. C’est ce que les accusés ne veulent pas faire, il s’avère que c’est le cas« .

Enfin, Stassen a impressionné, en particulier ses partisans, avec une plaidoirie enflammée. Il a accusé l’avocat de la partie adverse de n’utiliser que de « faux arguments ad hominem pour saper l’expertise de ses témoins ». L’avocat d’Eindhoven a qualifié les programmes de corona-vaccination de « plus grand génocide contre l’humanité qui soit, un crime sans précédent impliquant la coercition, la tromperie et même le meurtre » et a lancé un appel moral au juge: « Si vous, en tant que juge, rejetez notre demande d’entendre ces témoins, ce que je ne pense pas que vous ferez, alors le sang qui est déjà sur les mains des accusés sera bientôt sur les vôtres aussi. Cette affaire devrait devenir un débat public qui ne peut être réglé que devant un tribunal. En effet, la politique a déjà prouvé qu’elle ne le pouvait pas. Le tribunal doit maintenant montrer ce qu’il vaut. Je vous souhaite beaucoup de sagesse dans votre décision« .

Ensuite, Stassen, visiblement ému, a été accueilli par des centaines de sympathisants, dont l’épouse de Van Kessel, sous un tonnerre d’applaudissements et le slogan « Peter, merci ».

Après avoir entendu les parties, le juge a indiqué qu’il prendrait environ six semaines pour rendre sa décision.

Stassen s’adresse également au juge au sujet de la directive sur la presse : « Vous êtes le patron au tribunal ».
La nouvelle directive sur la presse introduite par le pouvoir judiciaire à partir du 1er juin 2025, qui a pour effet de restreindre la liberté du journalisme, porte atteinte à la liberté constitutionnelle de la presse et encourage la censure. C’est ce qui est ressorti du procès qui s’est tenu mercredi dernier. Par exemple, Markus Kamphuis, photographe de De Andere Krant, en possession d’une carte de presse de la police, n’a pas été autorisé à prendre des photos, alors que le règlement stipule le contraire. Le journaliste Ido Dijkstra, qui n’est pas en possession d’une carte de presse NVJ, a bénéficié d’une indulgence ponctuelle de la part du tribunal de Leeuwarden en tant que journaliste de la presse écrite. La chroniqueuse judiciaire Djamila Le Pair voulait filmer l’affaire dans son intégralité, mais elle n’a pas été prévenue. C’était une épine dans le pied de Peter Stassen. Il a dit à la juge qu’elle n’avait pas à se conformer à ces règles, « parce qu’il n’y a qu’un seul responsable dans la salle d’audience, et c’est vous. Dans un État de droit, tout le monde devrait pouvoir faire des reportages de la même manière. La censure ne devrait avoir aucune chance. L’État de droit est compromis lorsque les journalistes ne peuvent pas faire leur travail correctement. Si les journalistes paient en échange d’un bout de plastique (comme le fait d’avoir certaines cartes de presse) et s’engagent ensuite à respecter toutes sortes de règles, cela n’a rien à voir avec la liberté de la presse. A mon avis, c’est vous qui décidez si la censure est autorisée dans cette salle, et non une quelconque directive de presse« . La juge a déclaré qu’elle voyait « l’importance générale de l’affaire », mais n’a pas développé le contenu de l’argumentation de M. Stassen. Elle a fait savoir qu’un enregistrement audio serait réalisé, mais suite à une objection de l’un des avocats de la défense, ce qu’il adviendra de cet enregistrement est resté dans l’air.

Le Puy du Fou : une société décente au cœur de la Vendée

Par Serge Van Cutsem

“Quand la beauté, la mémoire et la cohérence prennent le dessus sur le formatage”

Durant cet été, période des vacances, pourquoi ne pas aborder des sujets moins pénibles que ceux qui se succèdent de plus en plus vite ? Alors un peu de légèreté et d’optimisme ne fera pas de mal.

Par-delà les polémiques médiatiques et les clichés tenaces, il est un lieu en France qui échappe aux catégories habituelles. Un lieu qui attire plus de deux millions de visiteurs chaque année, sans publicité tapageuse, sans mascotte criarde, sans capital spéculatif. Un lieu où l’on parle d’Histoire, de culture, de chevaliers, de paysans, de cathédrales et de destin collectif, ceci dans une forme de récit accessible à tous, des plus jeunes aux plus mûrs, ce lieu s’appelle le Puy du Fou. Quand on connaît son histoire, il porte bien son nom car il fallait en effet un grain de folie pour entreprendre ce projet quasiment pharaonique.

Pendant deux jours, j’ai exploré ce parc unique qui est à des années-lumières des standards formatés du divertissement globalisé, et ce que j’y ai découvert dépasse largement le cadre d’un parc d’attractions et même d’un simple parc à thème classique. J’y ai trouvé un modèle à part, qui mérite d’être décrit pour ce qu’il est réellement : une expérience culturelle enracinée, une aventure humaine fédératrice, et, sans aucun doute, un exemple d’organisation anti-productiviste appliquée à grande échelle.

Une genèse artisanale et visionnaire : tout commence en 1977, quand Philippe de Villiers, encore étudiant, imagine une fresque vivante retraçant l’histoire locale, sur les ruines d’un vieux château vendéen. L’initiative, portée par une poignée de bénévoles, donne d’abord naissance à la Cinéscénie, devenue aujourd’hui le plus grand spectacle nocturne permanent au monde, joué par près de 2.500 bénévoles, appelés les « Puyfolais ».

A partir de 1989, autour de cette fresque s’est construit un parc à thème d’un genre nouveau : sans manèges, sans publicités, sans licence Disney ou Marvel et surtout sans actionnaires avides de dividendes. Seulement des spectacles vivants, immersifs, portés par l’émotion, la narration, le patrimoine et la musique, tout ceci sans capitaux étrangers et sans financiarisation.

Ce qui tranche avec les habitudes, c’est que le modèle économique du Puy du Fou est à contre-courant total des logiques dominantes dans le secteur du loisir. Sa structure n’est pas cotée en Bourse et elle n’a pas ouvert son capital à des fonds d’investissement. Elle reste gérée en famille, aujourd’hui par Nicolas de Villiers, fils de Philippe, garantissant ainsi une continuité dans la vision et les valeurs.

Les bénéfices sont réinvestis intégralement dans l’amélioration des spectacles, la restauration du patrimoine, la création artistique, ou encore dans la transmission des savoir-faire via l’Académie du Puy du Fou.

Le choix de ne pas ouvrir la porte aux spéculateurs est un acte politique et surtout civilisationnel. Il confirme qu’il est possible de bâtir une entreprise à succès sans sacrifier ses fondements et son âme sur l’autel du rendement immédiat et du paiement de dividendes.

Le Puy du Fou est l’exemple d’une gouvernance familiale mais non clanique, ouverte mais non dissolue. Il fédère des milliers de bénévoles autour d’un projet culturel où chacun trouve un rôle, un sens, une utilité. Ici pas d’artifices marketing, pas de script imposé par une franchise américaine, mais une transmission vivante, incarnée par ceux qui y participent. Les Puyfolais parlent souvent de fierté, de passion, de devoir de mémoire. Ce n’est pas un discours superficiel : cela se ressent dans les moindres détails : l’accueil, la précision technique, la fluidité de l’organisation. Tout repose sur une coopération harmonieuse entre salariés, bénévoles, techniciens, artistes et cavaliers, j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’échanger à ce sujet avec des personnes bénévoles de la Cinéscénie dont l’enthousiasme faisait plaisir à voir.

L’antiproductivisme en actes : Ce que le Puy du Fou démontre avec brio, c’est qu’on peut atteindre l’excellence sans adopter les logiques industrielles de production de masse. Tout y est pensé pour l’expérience, pas pour le flux. Le visiteur n’est pas un “consommateur de sensations” taillable à merci, mais un témoin actif d’un récit collectif.

  • Les décors sont pérennes, pas jetables.
  • Les spectacles sont artisanaux dans leur conception, mais d’une exigence technique digne des plus grandes scènes.
  • Le temps est respecté : on ne pousse pas à la rotation rapide, mais à l’immersion lente.
  • L’écologie est intégrée dans l’aménagement, les circuits courts privilégiés, le parc abrite même une école de fauconnerie et des programmes de conservation.
  • Les lieux de restauration servent des produits locaux à des prix décents.

C’est cela, l’anti-productivisme réel : non pas l’idéologie décroissante à tout prix, mais le choix assumé d’un autre rapport au temps, à la nature, à l’humain et à la mémoire.

Il y a aussi la musique comme fil invisible de l’âme : il est impossible d’évoquer l’expérience du Puy du Fou sans parler de cette musique omniprésente, véritable colonne vertébrale émotionnelle de chaque spectacle. Musiques classiques, grandes œuvres connues ou compositions originales, tout y est intemporel, noble, et humain.

À chaque scène, le visiteur est saisi par un crescendo dramatique ou une envolée lyrique, qui transcende les mots et touche directement aux tripes. On y retrouve parfois les accents d’un Hans Zimmer, d’un Vangelis, ou les échos lointains de Beethoven, Vivaldi, Wagner, mais toujours avec cette même volonté : émouvoir et rassembler.

Cette musique-là ne vend rien et certainement pas des “tubes”, elle ne distrait pas, elle transporte, elle agit comme une mémoire sonore, gravée dans les cœurs longtemps après la fin du spectacle.

En résumé, le Puy du Fou est une réalisation singulière dans le paysage français.

On comprend dès lors pourquoi certains cercles médiatiques, politiques ou culturels voient cette réussite d’un mauvais œil. Elle dérange parce qu’elle réussit sans eux et elle prouve qu’il est possible de faire rêver en dehors du progressisme marchand, sans cynisme ni vulgarité.

L’amalgame facile entre le Puy du Fou et l’extrême droite ne tient pas, cette qualification n’a aucun sens, car elle vise à disqualifier sans débat ce qui sort du consensus idéologique, comme c’est désormais presque toujours le cas, accuser sans arguments et la plupart du temps sans connaître. Le public du parc lui ne s’y trompe pas car il est composite, intergénérationnel et populaire au sens noble du terme. La force du lieu est précisément là : réunir sans formater, élever sans diviser.

Le Puy du Fou n’est pas une machine à cash, ni un un outil de propagande, c’est une œuvre vivante, autonome, enracinée et pérenne.

Ce premier regard posé sur le Puy du Fou appelle naturellement à aller plus loin et donne envie d’y revenir. Il y a là une maîtrise des sens, de la transmission et de la beauté qui mérite d’être explorée sans a priori. Il permet de comprendre ce que nous avons peut-être perdu.

[CONFÉRENCE] Corinne LALO: fausses pandémies vrais mensonges

Merci à ceux qui permettent à ces événements et leur enregistrement de se faire, en nous soutenant. Ils ont eu le privilège d’avoir accès à l’enregistrement de la conférence de Corinne Lalo dès avril. Aujourd’hui, nous offrons l’accès à tout le monde, en espérant que ceux qui consomment l’info gratuitement comprennent que c’est seulement en nous soutenant financièrement que nous pourrons durer.

Pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils se sont fait avoir avec la « fausse pandémie » Covid-19, assister à la conférence de Corinne Lalo autour de son livre Fausse pandémie, vrais mensonges, est indispensable. En 10 points, la journaliste française détaille avec précision et rigueur comment un véritable « cartel pandémique » a bouleversé la vie des gens pendant des années. Pour ne plus se laisser avoir la prochaine fois.
Et si vous deviez penser que l’OMS, les politiciens et les médias ont tout bien organisé, venez vous heurter à la contradiction, venez débattre véritablement et apporter vos arguments à l’auteure.
Corinne Lalo a été journaliste grand reporter à la télévision pendant plus de trente ans, spécialisée dans la santé. Elle couvert de grandes affaires telles que le sang contaminé, le  » nuage de Tchernobyl « , la vaccination contre l’hépatite B, la grippe H1N1 et le Mediator. Elle est coauteure du Livre noir du médicament (Plon) et Se soigner sans médicaments de A à Z (le cherche midi).

MOTION DE CENSURE contre Ursula VDL (débat)

Débat au parlement européen en direct depuis Strasbourg à partir de 17h00.

L’état de crise : La Belgique invente l’état d’exception 2.0

Par Serge Van Cutsem

Quand l’armée pourra être activée contre les citoyens sans déclaration de guerre… au nom de la “désinformation”.

En Belgique, sans bruit, sans débat public, une mutation juridique d’une extrême gravité est en train de s’opérer. Un projet gouvernemental vise à introduire un « état de crise », un troisième régime d’exception qui viendrait s’intercaler entre l’état de paix et l’état de guerre, les deux seuls actuellement reconnus par la Constitution.

Officiellement, il s’agit de mieux faire face aux menaces dites « hybrides » – un terme flou et extensible qui peut englober les cyberattaques, les campagnes de désinformation, ou tout événement jugé déstabilisant pour l’État. Mais en réalité, ce glissement ouvre la voie à une suspension partielle du droit, à la possibilité de déployer l’armée sur le territoire national sans avoir à proclamer l’état de guerre, et surtout sans respecter les garanties propres à l’état de paix.

Pire encore, ce régime pourrait être activé sur des critères subjectifs comme la « désinformation », autrement dit sur des contenus, des discours, des récits jugés problématiques par le pouvoir en place. Il ne s’agirait donc plus de défendre la population contre une attaque extérieure, mais potentiellement de contrôler ce qu’elle pense, ce qu’elle dit, ce qu’elle partage. L’armée deviendrait alors un outil de contrôle intérieur, mobilisable non plus contre des ennemis armés, mais contre des récits considérés comme déviants.

Ce glissement n’est pas isolé. En France, les dispositifs d’exception sont déjà multiples et bien rodés : l’état d’urgence de 1955 [1], l’état d’urgence sanitaire, le fameux article 16 de la Constitution qui confère les pleins pouvoirs au président, et plus récemment les lois de programmation militaire permettent déjà d’impliquer les forces armées dans des opérations intérieures sous des motifs toujours plus étendus. Le “Plan Vigipirate” s’est installé dans le paysage, et la lutte contre la désinformation est officiellement intégrée aux missions de l’appareil d’État. Ce qui se prépare en Belgique n’est donc pas une anomalie, mais bien une pièce supplémentaire dans une mécanique européenne de gestion de la dissidence et du contrôle narratif.

Dans l’ensemble de l’Union, les doctrines de « défense contre les menaces hybrides » – concept flou et attrape-tout – permettent aux gouvernements d’élargir leur champ d’action sans avoir à passer par les cadres classiques de l’état de guerre ou du péril grave. La sécurité intérieure est peu à peu militarisée, la surveillance normalisée, et la liberté conditionnée à la conformité.

Ce glissement n’est pas théorique : il est acté, discuté dans les cercles du pouvoir, relaté sans distance critique dans les colonnes du journal L’Écho, qui se contente d’en exposer les modalités techniques sans jamais s’interroger sur les conséquences démocratiques. Aucun journaliste ne pose la question essentielle : qui décide de ce qu’est une “désinformation” ? Qui contrôle ceux qui contrôleront la parole ? Ce silence est assourdissant. Ce n’est pas seulement un détail juridique, c’est un changement de paradigme.

Ce que l’on appelle aujourd’hui “état de crise” n’est rien d’autre qu’un état d’exception permanent en devenir. Une version postmoderne de la loi martiale, réécrite pour l’ère numérique, où l’ennemi n’est plus forcément une armée étrangère, mais peut être un citoyen mal informé, un lanceur d’alerte, un journaliste dissident, un médecin critique ou tout simplement un esprit libre.

En mettant l’armée à disposition du pouvoir exécutif sans garde-fou constitutionnel, sous prétexte de menace informationnelle, la Belgique franchit une ligne rouge. Nous n’en sommes pas aux prémices : nous sommes déjà au cœur du mécanisme. Et comme souvent dans l’histoire, cela se fait doucement, méthodiquement, avec un vernis de légalité, et sous couvert de protection.


[1] L’état d’urgence de 1955 fait référence à la loi n° 55-385 du 3 avril 1955, instaurée à l’origine pour faire face aux événements liés à la guerre d’Algérie. C’est ce texte qui a servi de base juridique à toutes les réactivations ultérieures de l’état d’urgence

La Russie, ce miroir qu’on veut briser

Serge Van Cutsem

«  Lorsque le mensonge devient la norme, voir la vérité ailleurs devient une menace »

Peut-on encore raisonnablement donner tort à Vladimir Poutine lorsqu’il défend, au sein de son Conseil de sécurité du 10 juin 2025, les valeurs traditionnelles comme piliers de la souveraineté et de la cohésion sociale ? Poser la question honnêtement suffit à comprendre pourquoi une telle vision est aujourd’hui censurée presque systématiquement en Occident.

Lors de cette réunion télévisée, le président russe a appelé à résister fermement à l’agression idéologique occidentale, dénonçant une guerre de l’information visant à imposer des modèles culturels destructeurs sous couvert de modernité. Il a réaffirmé que les valeurs traditionnelles russes – famille, humanisme, unité historique, devoir de mémoire – étaient le socle de la civilisation russe. Cette posture est-elle extrême ? Pas du tout, et elle est même très largement partagée dans le monde non-occidental, y compris dans de nombreux pays démocratiques qui refusent la déconstruction systématique de leurs repères, car toutes ces valeurs n’ont rien d’anti-démocratiques.

C’est précisément pour cette raison que la Russie fait l’objet d’une censure totale dans les médias occidentaux car elle représente aujourd’hui un modèle alternatif intolérable pour les « Élites » occidentales.

Ce que l’Occident ne supporte pas, ce n’est pas tant ce que fait la Russie, mais ce qu’elle incarne : la preuve vivante qu’un autre modèle est possible. Dans un monde où l’on prétend que la famille est obsolète, que le genre est fluide, que les racines sont suspectes et que le passé doit être effacé et réécrit, voir un pays réaffirmer sa mémoire, sa foi, son patriotisme, et ses traditions est perçu comme une menace existentielle pour le projet occidental qui, faut-il le rappeler, n’est pas celui de la toute grande majorité des citoyens.

Si on empêche les peuples d’accéder à l’autre discours, ce n’est pas parce qu’il est faux, mais parce qu’il pourrait être jugé légitime, parce qu’il pourrait entraîner une identification spontanée : « tiens, ce qu’ils disent là-bas, c’est exactement ce qu’on ressent ici ». Et cela, les élites occidentales ne peuvent le tolérer, elles préfèrent préparer l’opinion à une guerre contre une puissance qu’elles ont préalablement diabolisée.

La soumission ne vient pas de la tradition, mais de sa destruction. Contrairement au narratif occidental dominant, ce n’est pas le respect des repères historiques, familiaux ou culturels qui opprime les peuples. C’est la perte de sens, l’isolement, la déconstruction de tout ce qui ancre l’individu dans une histoire, une géographie, une filière humaine. Quand tout est « déconstruit », il ne reste que des individus atomisés, interchangeables, dépendants de l’État ou des multinationales, exactement ce que vise le néolibéralisme dissimulé sous masque progressiste.

Le mécanisme permanent du narratif occidental c’est l’inversion accusatoire systématique :

  • Ils détruisent nos valeurs, mais accusent la Russie de barbarie.
  • Ils imposent une pensée unique, mais accusent la Russie de totalitarisme.
  • Ils censurent l’information, mais parlent de propagande russe.
  • Ils programment une guerre, mais affirment qu’ils protègent la paix.

Tout est là, et tout repose sur une chose : empêcher le contact à tout prix. Il ne faut pas que les peuples voient ce qui se passe vraiment à l’Est, il ne faut pas qu’ils puissent juger par eux-mêmes, il faut maintenir une peur irrationnelle. En fait, le rideau de fer militaire d’avant 1989 est devenu un rideau de fer médiatique, une déshumanisation de l’autre.

La guerre contre la Russie est avant tout une guerre contre la mémoire, contre l’identité, contre l’homme enraciné.

Ce qu’il faut comprendre en toute lucidité, c’est que la censure de la Russie n’est pas un effet secondaire de la guerre, c’est sa condition préalable, et il ne faut surtout pas croire que tout cela a débuté le 24 février 2022, les préliminaires sont largement antérieurs.

Et si finalement cette guerre devait éclater, ce ne serait pas le résultat d’une agression russe, mais l’aboutissement d’un processus de fabrication de l’ennemi, nécessaire pour masquer l’échec moral, spirituel et civilisationnel de l’Occident lui-même.

Ce n’est pas la Russie qu’ils veulent briser… mais notre capacité à reconnaître cet ancien reflet de ce que nous étions.

Von Der Leyen virée?

Ursula Von Der Leyen, sera soumise à un vote de défiance au Parlement européen à Strasbourg ce lundi 7 juillet. Au-delà de la mise en scène, cela rappellera à certains qui elle est.

Même si ce n’est évidemment pas aux parlementaires européens qu’il faudrait demander s’il faut ou pas renvoyer Ursula Von Der Leyen, mais aux citoyens européens, en leur expliquant via des médias libres quelles sont les charges qui pèsent contre elle, le vote de défiance auquel la présidente de la Commission sera soumis lundi 7 juillet à Strasbourg est intéressant car il permettra de rappeler les faits dont elle est coupable. Le reste, c’est du spectacle.

Car la démarche au-delà de cette mise en scène est purement symbolique, contrairement aux faits qui accablent celle qui avait été exfiltrée d’Allemagne coupable d’avoir dilapidé 100 millions d’euros lorsqu’elle était au ministère de la défense. Elle ne s’est pas arrêtée en si bon chemin et a continué à l’Europe, avec ses accords secrets entre elle et Albert Bourla, le patron de Pfizer, pour 35 milliards d’euros et 1,8 milliard de doses de vaccin, ce qui, dans un monde décent, aurait suffi pour la limoger et la conduire devant la justice. On peut ajouter son bellicisme caractérisé et son plan de 800 milliards pour réarmer l’Europe, mais aussi l’ingérence de la Commission dans la souveraineté d’un pays, comme lors des élections en Roumanie.

Si la motion de censure avait été votée lundi, c’est toute la Commission qui aurait dû démissionner et 27 nouveaux commissaires nommés. Mais les dés sont pipés, les oppositions fictives, comme lors de cette accolade de Manon Aubry avec Von Der Leyen, juste après que la première ait tancé la seconde lors de l’audition des parlementaires européens.

Dans les arcanes des institutions européennes, tous, de la gauche à la droite, œuvrent à nous faire croire qu’ils agissent pour le bien commun. Mais le ver est dans le fruit, et il faudrait sérieusement envisager de mettre à plat cette institution dont le premier président, Walter Hallstein, était un ancien nazi.

[INTERVIEW] Mise au point géopolitique avec Thierry Meyssan

Thierry Meyssan est un écrivain français, président-fondateur du Réseau Voltaire.

EN PODCAST

Quand la censure devient l’arme des conflits éternels

Serge Van Cutsem (illustration Isabelle Biquet)

“Du proxy ukrainien à l’impunité d’Israël vers le piège global”

Depuis octobre 2023, Gaza est devenu le théâtre emblématique d’une impunité totale. C’est un laboratoire de guerre totale menée sous le couvert de la « légitimité » : Des bombardements aveugles, des hôpitaux rasés, des ambulances ciblées, des journalistes tués et des enfants amputés : tout cela au nom du « droit à l’autodéfense ». Et pendant ce temps, les médias mainstream occidentaux injectent leur anesthésique verbal à coup d’euphémismes bien rodés : des frappes ciblées, les cibles terroristes et les ripostes défensives.

Mais, pour comprendre ce qui se joue réellement, il faut embarquer dans le drone de la compréhension et prendre de la hauteur afin de sortir de ce cadre trop restreint. Car Gaza n’est qu’un théâtre parmi d’autres. Depuis des années — voire des décennies — les États-Unis mènent une stratégie globale : une tentative désespérée de maintenir leur hégémonie mondiale par l’instabilité contrôlée et cette stratégie repose sur un schéma désormais limpide : provoquer, envenimer, manipuler… puis apparaître en pompier pyromane, en sauveur providentiel, pour imposer une domination qu’ils espèrent éternelle.

L’Ukraine, n’est que le premier étage du narratif et tout commence, ou plutôt tout s’accélère, en 2014. L’Ukraine bascule après un coup d’État soutenu par Washington. Le pouvoir élu est renversé, un régime pro-occidental est installé à Kiev, ceci avec l’aide directe et incontestable de figures américaines comme Victoria Nuland. L’objectif est clair et défini, il faut détacher l’Ukraine de la sphère d’influence russe pour ensuite l’intégrer progressivement à l’OTAN  et faire de ce pays un avant-poste stratégique contre Moscou.

La réaction russe, en 2014, est déjà contenue, trop disent certains. Moscou annexe la Crimée, mais sans pousser plus loin. Les accords de Minsk sont signés mais l’Occident ne les respecte pas, simplement car il n’en a jamais eu l’intention [1]. Il fait ce qui a été prévu et il arme progressivement l’armée ukrainienne tout en multipliant les provocations (bases de l’OTAN, manœuvres à la frontière, financement d’unités néo-nationalistes).

En 2022, le piège se referme car les dernières informations inquiètent et réveille Moscou qui intervient. L’Opération Militaire Spéciale menée dans le Donbass est présentée comme « non provoquée », effaçant une décennie de provocation continue. Washington se frotte les mains : enfin un grand ennemi, et l’Europe est sommée de suivre. On coupe les ponts avec la Russie, on impose les sanctions. Et surtout : on relance l’économie de guerre [2].

Mais quelque chose cloche, l’effet domino espéré ne se produit pas, et cela car contrairement à ce qu’on pouvait croire, les géo-stratèges occidentaux ne sont pas aussi intelligents qu’ils le pensent. La conséquence est que l’armée russe ne s’effondre pas et l’économie russe non seulement résiste mais sa croissance augmente, tout comme son autarcie. L’UE s’est tiré une rafale dans les pieds et les sanctions la frappent bien plus que la Russie.

Et surtout : Poutine ne perd pas son sang-froid, c’est un joueur d’échec hors-pair, il ne frappe pas les pays baltes, il ne ferme pas les robinets du gaz et il ne provoque pas l’embrasement global attendu.

Après deux ans de guerre, les Américains réalisent que l’effet maximal a été atteint. Zelensky est usé. Les opinions publiques sont lassées, les livraisons d’armes deviennent impopulaires, l’économie européenne s’effondre et le monde non occidental — le fameux « Sud global » ou BRICS — refuse de suivre et se range plutôt nettement du côté des Russes.

C’est alors que les stratèges de Washington changent de plan. Si la Russie ne déclenche pas le chaos tant espéré, peut-être que le Moyen-Orient sera un bon plan “B”. On revient donc au manuel classique ressorti des tiroirs : provoquer une escalade en Iran, allumer le front libanais, instrumentaliser Israël pour générer un embrasement régional. Avec un même espoir : créer une situation hors de contrôle… pour ensuite « la contrôler ». Toujours le même principe : Générer le problème pour ensuite imposer la solution.

Le 7 octobre 2023 restera gravé dans l’histoire comme un traumatisme national israélien — mais aussi comme une anomalie stratégique difficilement explicable. Comment un pays qui surveille au millimètre le moindre mouvement à Gaza a-t-il pu être surpris par une attaque terrestre, aérienne et maritime coordonnée, menée par des centaines de combattants ? Plusieurs enquêtes ont depuis montré que le renseignement israélien avait été informé de signaux clairs. Des services étrangers (égyptiens notamment) avaient alerté. Et pourtant, Tsahal n’a pas bougé, pas de déploiement préventif, pas de réactivité immédiate.

Faut-il y voir une “faille” ? Ou plutôt une “fenêtre d’Overton” volontaire ? Une manœuvre de laisser-faire tactique, destinée à créer l’effet de choc nécessaire à une guerre totale ? Ce ne serait pas une première dans l’histoire militaire contemporaine, et au vu de la violence de la riposte qui s’en est suivie, on peut légitimement poser la question : Le 7 octobre a-t-il été autorisé pour que le 8 octobre, et la suite, soient justifiés ?

A partir de ce moment, Tsahal rase des quartiers entiers de Gaza et  les pertes civiles sont astronomiques. Pourtant, aucune pression internationale n’est exercée sur Israël. Pourquoi ? Parce que la stratégie américaine a besoin de cette tension. À mesure que l’Ukraine s’enlise, Israël devient le nouveau levier. On autorise toutes les exactions, car elles poussent les ennemis régionaux (Hezbollah, Syrie, Iran) à réagir. Chaque riposte potentielle est une occasion rêvée d’élargir le conflit.

Des frappes israéliennes ont lieu sur des sites en Syrie, au Liban, et même… en Iran. En mars et mai 2025, plusieurs attaques ciblées israéliennes sont menées sur des infrastructures militaires et scientifiques iraniennes. Washington nie toute implication, ce qui est probablement aussi faux qu’un billet de 32 dollars, tout est bien entendu coordonné. L’objectif est clair : provoquer l’Iran, l’obliger à répondre.

L’Iran est en effet l’autre rêve américain : une puissance non-alignée, islamique, alliée de Moscou et Pékin, appuyée par des réseaux transnationaux chiites. En cas de guerre contre Téhéran, Washington peut mobiliser ses alliés, justifier ses bases dans le Golfe, relancer l’industrie d’armement, et surtout : tenter de casser les BRICS de l’intérieur, ce qui reste un objectif majeur.

Mais comme Poutine, les Iraniens ne tombent pas dans le panneau et ils répondent avec sang-froid. Une réponse oui … Mais pas d’escalade majeure immédiate. Jusqu’au 14 juin 2025. Ce jour-là, l’Iran lance une attaque massive mais encadrée : missiles sur Tel Aviv, drones sur Haïfa, sans toucher les cibles civiles de masse. Le message est politique, non apocalyptique, du moins pas encore…

Et là encore, le piège ne se referme pas. L’Armageddon espéré par les stratèges américains n’a pas lieu. Téhéran ne coupe pas le détroit d’Ormuz, la Russie ne s’active pas et la Chine appelle au calme. A l’exception des véritables “normies” indécrottables, l’opinion mondiale — y compris en Europe — commence à sérieusement douter du récit imposé.

Derrière le chaos apparent, une logique froide apparaît. Les États-Unis veulent créer des foyers de tension permanents pour éviter leur propre déclin. Ils déplacent le théâtre de la guerre : Ukraine, Gaza, Iran… demain Taïwan ? Chaque crise est un levier pour affaiblir leurs adversaires, relancer leur économie militaire, ou justifier l’emprise sur l’Europe.

Et toujours, la même structure :

  • Une victime autoproclamée (Ukraine, Israël)
  • Un ennemi diabolisé (Russie, Iran)
  • Un narratif martelé (liberté, démocratie, défense)
  • Une censure généralisée
  • Et au bout du chemin, des profits colossaux pour l’appareil militaro-industriel américain.

L’Europe reste un complice passif et un paillasson diplomatique, et l’Union européenne se couche comme d’habitude. Macron multiplie les ambivalences, son éternel “en même temps”, quant à l’Allemagne, soit elle se tait ou alors elle fait pire en prétendant que Israël fait le sale boulot à la place de l’Europe. L’UE finance la reconstruction avec l’argent qu’elle n’a pas tout en fermant les yeux sur les destructions et aucune voix ne s’élève pour dire : « Trop, c’est trop ». Ceux qui osent — comme des intellectuels, journalistes ou diplomates — sont censurés, marginalisés, accusés d’antisémitisme ou de conspirationnisme. Une vague de suicides étranges semble submerger la DGSI et ceux qui traitent en public les sujets qui fâchent [3]

Ce qui est en jeu, c’est notre capacité à dire NON.

Ce qui précède n’est pas une théorie ni un fantasme de complotiste, c’est une lecture globale des faits. Les États-Unis déclinent et ils cherchent par tous les moyens à maintenir leur domination. Ils provoquent, manipulent, censurent, et instrumentalisent les conflits régionaux. Israël est leur levier, Gaza est leur carburant, L’Iran est leur cible … Laquelle sera la prochaine ? Mais au-delà de ces considérations, est-ce que ce sont bien les Etats-Unis qui dirigent Israël ? “Israël ne contrôle pas l’Amérique, mais contrôle ce qui contrôle l’Amérique”, Le chien tient la laisse, mais c’est la queue qui décide de la direction [4]

Le degré de mensonge actuel dépasse celui de la fiole agitée par Colin Powell à l’ONU en 2003. À l’époque, le monde avait encore l’excuse de l’ignorance mais aujourd’hui, les faits sont connus : même les conseillers de Donald Trump ont confirmé que l’Iran ne cherche pas à obtenir l’arme nucléaire, contrairement à ce que prétend le récit occidental. Le cynisme est tel qu’on impose des ultimatums à un pays qui vient d’être attaqué, en inversant totalement la logique du droit international. L’absurde atteint un sommet : on nous impose de croire qu’il fait nuit en plein jour.

Et nous, Européens, sommes devenus les spectateurs et scribes occasionnels de ce théâtre de marionnettes.

Tant que la parole libre existe, ce schéma peut être brisé. Mais si nous continuons à nous taire, à avoir peur des mots, à justifier l’injustifiable, alors nous deviendrons complices, pas dupes, complices.

Il ne s’agit pas de prendre position, de faire de la propagande ni même de défendre un camp, il s’agit simplement de défendre la lucidité et restaurer ce qu’on appelait autrefois la dignité du jugement libre.


[1] À la fin de l’année 2022, Angela Merkel (dans une interview au Zeit) et François Hollande (dans un entretien au Kyiv Independent) ont tous deux reconnu publiquement que les accords de Minsk n’avaient jamais eu vocation à être respectés. Leur objectif, selon leurs propres mots, était de gagner du temps pour armer l’Ukraine. Ces aveux, passés sous silence par la majorité des médias occidentaux, confirment que la Russie n’a pas “rompu un accord”, mais compris qu’il n’avait jamais été sincèrement proposé

[2] L’expression « relancer l’économie de guerre » ne relève pas d’une formule rhétorique. Elle correspond à une réalité économique et stratégique observable, notamment en Allemagne. Le groupe Rheinmetall, principal fournisseur d’armement allemand, a vu sa capitalisation boursière tripler entre 2022 et 2024, portée par les livraisons à l’Ukraine et la remilitarisation accélérée du pays. Ce phénomène rappelle tragiquement le modèle de relance économique des années 1930, où l’Allemagne avait, sous prétexte de menaces extérieures, reconstruit sa puissance industrielle sur une logique de réarmement, ciblant déjà à l’époque… la Russie.

L’histoire ne bégaie pas. Elle reprend exactement le même schéma, avec les mêmes acteurs et les mêmes prétextes — mais dans un monde mieux surveillé, et pourtant plus aveugle.

[3] En 2025, plusieurs agents de la DGSI et anciens officiers du renseignement français sont décédés dans des circonstances troubles, officiellement qualifiées de “suicides” — mais entourées d’un silence lourd. Parmi eux : un premier cadre retrouvé dans un parking, puis un second officier quelques semaines plus tard, et plus récemment Éric Denécé, ancien du renseignement militaire et directeur du CF2R, dont la mort a soulevé des doutes sérieux selon ses proches . Parallèlement, toute parole critique sur Israël ou les alliances occidentales est de plus en plus rapidement qualifiée d’“antisémitisme” ou de “complotisme”, contribuant à instaurer un climat de censure préventive et d’intimidation intellectuelle.

[4] L’aide militaire américaine à Israël est massive (3,8 milliards de dollars annuels) mais… elle revient en grande partie aux industriels américains. Pourtant, Israël obtient systématiquement ce qu’il veut, même quand cela nuit à l’image ou aux intérêts des États-Unis dans le monde. L’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), lobby pro-israélien, est considéré comme l’un des plus puissants de Washington, capable de faire ou de défaire une carrière politique. Il ne s’agit pas d’une simple influence : c’est une structure de contrôle idéologique et politique extrêmement efficace

Le Congrès américain est largement aligné avec les desiderata d’Israël, au point que certaines résolutions sont proposées par les représentants américains avant même qu’elles ne soient exprimées officiellement à Jérusalem.

[Dkript] La revue de presse #13

18 Juin 2025

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