Kairos 51

Septembre/Octobre 2021

L’écho vide de la censure

Contraction du temps, incapacité de penser

Tout va très vite, s’accélère perpétuellement, mettant à bas une réflexion déjà rendue impossible pour la majorité des gens happée par l’angoisse, le conformisme, et l’illusion du retour à la « normale ». Alors qu’une promesse partagée par le pouvoir (par exemple : « la vaccination ne sera pas obligatoire »[1]) est aussitôt démentie par une autre, et que le mensonge n’est jamais révélé par ceux qui font l’information… Orwell nous avait déjà prévenus que le langage politique avait pour fonction de donner au mensonge des airs de vérité. 

Ce perpétuel ancrage dans le présent rend impossible l’analyse du passé et la perspective du futur : le passé n’existe plus, est effacé par l’ordre du jour, rendant improbable la capacité d’imaginer ce que les politiques nous réservent dans un avenir proche. 

– « Vaccination obligatoire pour tous » ? 

– « Mais non, ça ils ne feront pas ». 

Pas aussi loin ? Sûr ? La personne est ainsi incapable de se rappeler ce qu’elle pensait il y a peu, à savoir cet impensable futur qu’elle vit désormais dans le présent : elle ne se souvient pas qu’elle n’aurait pas pu imaginer, il y a à peine quelques mois, qu’on puisse imposer un confinement planétaire, généraliser un enseignement à distance, appliquer des méthodes martiales comme le couvre-feu, renvoyer chez eux des élèves non vaccinés. Sidérée, elle n’est plus capable de penser, puisque, comme en publicité, la nouvelle information sonne comme l’aveu du mensonge de la précédente, le vrai se mêlant au faux. Pendant que les vérificateurs officiels nous disent ce qui est faux tout en admettant ne pas le savoir[2], la censure et la stigmatisation empêchant de sortir du cadre imposé, le tout dans un magma émotif (peur, culpabilité, conformisme) intellectuellement inhibant. 

« Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé » (George Orwell, 1984). Dans cette maîtrise temporelle des mémoires, l’occultation des moyens passés (déni de la prévention, liberté des médecins bafouée, refus des traitements alternatifs, mensonge sur les chiffres, propagande médiatique, opacité, refus de tous débats…) mis en œuvre pour assurer le présent (la vaccination massive) permet d’encore laisser planer le doute sur un futur qui offrira une « sortie de crise ». Ce futur désirable repose sur la croyance en un gouvernement bienveillant. Pourtant, il n’y aura pas de « sortie de crise » par les moyens traditionnels, l’application de modes de pensée qui ont engendré le monde dans lequel nous sommes. 

Le faux choix 

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Notes et références

  1. Voir : https://www.kairospresse.be/le-mensonge-politicien/
  2. « Vrai ou faux ? Un tiers des patients « covid » hospitalisés sont vaccinés », Le Soir, 31 août 2021.
  3. « Pass sanitaire ou masque, le dilemme de la rentrée culturelle », Le Soir, 02/09/21.
  4. Encore que c’est un ordre, car il ne peut pas décider d’ouvrir sa salle sans obligation de masque et distanciation, se basant sur d’autres études portant sur leur utilité, qui ont été censurées.
  5. Ibid, Le Soir, 02/09/21.