La planète morte

J’écris à mes contemporains quant à un monde qui ne nous est pas encore contemporain. J’agis dans mon quotidien quant à un monde qui ne nous est pas encore quotidien. C’est dans ce tiraillement que je lis encore les journaux, comme on prend les nouvelles d’une étoile morte. Une planète morte. Aucun des paramètres par lesquels on s’entête encore à traiter de l’« actualité » ne tiendra bien longtemps. Le marché, la croissance, les politiques publiques... L’enfermement de sa société dans le vieux paradigme confine à une étonnante indifférence à son égard. En politique, les uns s’accrochent à cette étoile pour en sauver les dernières illusions, une poussière de lumière. Les plus tristes déplacent et condensent leurs angoisses sur des objets de haine factices, soit des gens qu’on cherchera à présenter selon des différences absolutisées, et à qui on attribue follement tous les maux... Les autres se rabattent sur ce qu’ils croient encore contrôler, leur orientation sexuelle, leurs affinités ...

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