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Les libres censeurs… qui se pensent libres d’esprit

L’interdiction récente de diffuser mon film dans un habitat groupé pose à nouveau la question, essentielle, de la liberté d’expression, totalement écrasée dans nos sociétés dites démocratiques. Où la liberté d’expression se réduit à dire à l’autre ce qu’il est en mesure d’entendre, et donc n’existe plus, puisque, comme le disait George Orwell « la véritable liberté d’expression est de dire à l’autre ce qu’il n’a pas envie d’entendre« . L’analyse que je donnerai de ces Oukases émanant de lieux dits « alternatifs » ne plaira pas à ceux qui aiment se dire et se croire « tolérants », mais sont les premiers à ostraciser celui qui ne pense pas comme eux, se dispensant même, depuis leur profonde certitude d’être dans le vrai et le bon, de visionner le film en question avant de porter sur celui-ci un jugement.

Dans un habitat groupé où Ukraine-Russie : derrière l’écran de fumée, aurait dû être projeté, une réunion collective entre les membres de la communauté s’est conclue sur un refus de diffuser le film. Certains pourraient croire que dans des lieux « alternatifs » où l’on essaie d’expérimenter d’autres modes de vie, où l’on partage, mange et cultive sans pesticides, où souvent le modèle éducatif traditionnel est rejeté pour une pédagogie axée sur le respect des rythmes de l’enfant, le refus de la compétition, la découverte du monde extérieur, une tête qui pense et remet en question le monde dans lequel nous sommes, plutôt qu’une tête remplie… dans ce genre de lieu, certains auraient pu naïvement croire que la bien-pensance et l’obéissance qui sont l’apanage de la majorité, serait ici absentes ? Qu’à « l’autonomie alimentaire » s’ajoutait l’autonomie de pensée ? Que derrière « lien social », il y avait un appel vers tous les autres, surtout qui pensaient « mal ». Que le jugement a priori, la stigmatisation, seraient combattus avec véhémence ? Que la peur d’être « mal vu » n’y existait pas ?

Détrompez-vous, ces îlots se révèlent le plus souvent être des aménagements qui, plus que d’être « contre » le système, y sont parfaitement intégrés, leurs membres – pas tous heureusement – se protégeant de certains désagréments de cette société tout en acceptant ce qui en constitue le fondement et lui assure de durer. Parmi un de ces fondements, la censure et le rejet systématique de toute pensée dissidente. Ils ne l’ont donc pas vu mon film, mais ont décidé qu’il ne passerait pas chez eux, privant certains de la possibilité de le découvrir, et donc d’être en capacité de porter un regard critique dessus. Comme l’Université de Namur quelques semaines avant, qui fait la publicité de la démocratie pour sa rentrée 2025-2026, mais la bafoue en interdisant le film le jour même, parce que « les thématiques et les positions portées par les organisateurs se révèlent contraires aux valeurs que l’UNamur défend et promeut ». Mais de quelles valeurs parlent-ils, eux qui sous la pression de l’ambassade d’Ukraine et de l’association « Promote Ukraine », se plient et condamnent a priori un film dont ils ne connaissent rien ? C’est cela, une « valeur universitaire » ?

Peu de temps avant, c’est dans la région liégeoise que certains membres d’un collectif tentèrent d’annuler la projection, qui finalement eut lieu.

Ils réagissaient à un mail qu’ils venaient de recevoir :

« Bonjour, je vous prie de supprimer la projection de ce film et/ou de le visionner avant de le proposer à un public bienveillant, qui cherche chez vous un lieu d’éveil, mais malheureusement pas toujours bien informé des réels enjeux en Ukraine actuellement. Et du processus de manipulation en cours dont vous êtes une des cibles. J’ai essayé d’expliquer mon point de vue mais il n’y a pas assez de place ici et je ne sais pas vous joindre autrement ».

On aimerait entendre son point de vue, mais le problème est que ce genre de personne met tout en place pour empêcher le débat… A cette invitation à annuler, un des membres de l’association envoyait un mail dans le groupe :

« L’objectif de notre association est d’ensemencer l’avenir et non plus de porter son regard vers les turbulences du monde… Je ne serai donc pas présent à cette projection » (…) « Je n’approuve pas cette projection même si je m’empresse de saluer le travail d’Alexandre et Kairos notamment durant la pandémie… »

« Ensemencer l’avenir » ? Si je suis d’accord sur le fait qu’il faut nourrir les alternatives, comment peut-on le faire tout en faisant semblant de ne pas voir ce qui se passe, en se taisant ? Comment « ensemencer l’avenir » sans se battre contre ceux qui le pourrissent?

A son tour, suite à ma réaction, un autre m’envoyait ce message :

« Je me suis opposé à la diffusion de ton film… Et je déplore que la séance ait quand même été lancée… L’heure n’est plus à la confrontation, c’est perdu d’avance… Mais bien à un travail souterrain silencieux et paisible… Le face à face dans la matière ne fera que nourrir l’escalade de la violence sous toutes ses formes, en voici déjà un retour direct…  » Sois le changement que tu veux voir dans le monde… « … Tu connais bien évidemment cette citation qui me semble être la seule solution de sortie de ce triste monde… (…) J’ai aussi arpenté les rues de Bruxelles dans diverses manifestations lors de la pandistopie…

J’en ressentais l’obligation morale et je  » râlais  » bien sûr ces contestataires de salon qui juraient leurs grands dieux les pieds dans les pantoufles… Je rentrais à chaque fois plein de colère voire de rage, surtout la fois où j’ai été interpellé par des policiers et traité comme un moins que rien… J’avais bien envie d’en étrangler l’un ou l’autre… Envie de me transformer en Rambo ou Terminator et de faire un carnage… Quelle folie !!! J’exprimais les énergies du  » vieux monde  » et donc, contribuais à le faire perdurer d’autant plus et à m’y enfoncer corps et âme… Ce fût une expérience transformatrice pour moi qui finalement a orienté mon cheminement par la suite….

Pour moi, notre association se doit d’être un avant-poste où nous posons un regard sur l’avenir plein d’espérance et de confiance et pas un endroit où l’on vient régler ses comptes avec les fous qui nous gouvernent… Et donc, ton film n’y a pas sa place… C’est sans doute un reportage de qualité certes et qui fort probablement va attirer un public de convertis qui vont bien s’échauffer tous ensemble… A quoi bon… L’énergie du lieu va être tirée vers le bas, déjà que pour sortir de l’ombre de l’inconscient collectif qui nous colle à la peau, c’est tout un cheminement individuel et de groupe…

Peut-être, n’es-tu pas familiarisé avec le monde de l’invisible et les mouvements de tiraillements qui en sortent et nous influencent sans que nous nous en rendions bien compte… Et pourtant, c’est bien dans cette zone que la victoire se doit d’être amorcée pour qu’elle se glisse… enfin… et en douceur dans la réalité…

A savoir aussi que notre lieu fonctionne en  » free style  » et pour qu’il ait longue vie, il est nécessaire de passer presque inaperçu ainsi il pourra continuer à œuvrer pour le monde de demain… Attirer le regard des autorités administratives et de certains contrôles éventuels, c’est aussi mettre en péril les personnes qui y apportent leurs compétences lors d’ateliers ou de consultations individuelles, personnes qui n’ont pas spécialement de statuts conformes… (comme moi)…

D’ailleurs, les personnes qui ont réclamé à corps et à cris la projection de ton film, n’ont peut-être pas réfléchi à cela… 

J’ai organisé il y a peu la projection du film documentaire  » Pèlerins de la Paix « … https://www.pelerinsdelapaix.com/

Un groupe de personnes ont décidé de marcher, un peu comme un pèlerinage d’autrefois… Un pèlerinage vers la paix…

A l’heure où j’écris et où tu liras ce mail, il sont en route vers Sarajevo… Partis le 1er mai pour une arrivée vers la fin du mois d’août…

J’ai proposé une marche dans cet esprit dimanche dernier… Nous étions 18 à marcher dans le recueillement et le silence… Il me semble que de telles démarches changeront plus le monde que n’importe quel film sur la pagaille collective qui contribue en fait à chaque fois à augmenter l’anxiété ambiante… Prochaine marche au mois de juillet… Je t’y invite… « 

Voilà ce que je lui répondais :

Bonjour Marco,

« Je n’adhère pas à ces éléments de langages abscons à la mode « développement personnel » qui sous le prétexte du « détachement » ne sont au fond qu’une forme de repli individualiste et lâche. La preuve en est: « Je me suis opposé à la diffusion de ton film… » déplorant en outre que votre tentative de censure n’ait pas aboutie, un comble pour cette bien-pensance qui régurgite sans cesse des « sois le changement que tu veux voir dans le monde », mais qui refusent que les autres puissent accéder à ce qu’eux ont édicté comme « interdit à montrer« .

Mais c’est quoi ça?: « Peut-être, n’es-tu pas familiarisé avec le monde de l’invisible et les mouvements de tiraillements qui en sortent et nous influencent sans que nous nous en rendions bien compte… Et pourtant, c’est bien dans cette zone que la victoire se doit d’être amorcée pour qu’elle se glisse… enfin… et en douceur dans la réalité. »... sorte de faux ésotérisme post-moderne dans lequel on peut mettre tout et n’importe quoi. Justement, je suis psy avant d’être journaliste, et bien familiarisé avec les mouvements de l’inconscient, et vois simplement dans votre posture une fuite déguisée. Vous l’admettez d’ailleurs vous-même sans bien vous en rendre compte certainement: « A savoir aussi que notre lieu fonctionne en  » free style  » et pour qu’il ait longue vie, il est nécessaire de passer presque inaperçu ainsi il pourra continuer à œuvrer pour le monde de demain.. »

On va « œuvrer » pour le monde de demain, mais il faut surtout que ça ne fasse pas trop de bruit, que les politiques nous soutiennent… Or, l’ordre politique est justement ce qui participe à la destruction globale actuelle. Et votre repli lui laisse le loisir de se déployer. Jusqu’où accepterez-vous le « free-style » pour faire durer votre groupe? Adopter le même mode de pensée avec Kairos m’aurait fait courber l’échine et fermer ma gueule pendant le Covid, ce que je n’ai pas fait et que vous semblez apprécier. 

Mais réalisez-vous vos agissements?: vous voulez interdire un film que vous n’avez pas vu! Afin de surtout ne pas « attirer le regard des autorités administratives et de certains contrôles éventuels », pour des postes qui à terme disparaîtront sous les coups de boutoir de la « nécessaire austérité ». 

Cher Marco, grand bien vous fasse vos marches, si elles demeurent isolées et dans un refus d’autres actions ancrées dans un rapport de force, elles accompagneront l’effondrement en cours ». 

Ces extraits vont auront peut-être parus un peu long, mais ils offrent quelques exemples qui permettent de comprendre pourquoi, sous couvert d’ouverture et d’altruisme, certains qui n’en ont pas toujours l’air, tracent le monde de demain, main dans la main avec le pouvoir.

Trop  assurés d’être d’être dans le « vrai », souvent car ils ont le contexte avec eux, soutiens, malgré eux, indispensables de l’ordre établi qu’ils ne veulent surtout pas déranger, car ils savent ce qui leur en coûterait: la fin de leurs activités, ces gens censurent et interdisent sous les oripeaux de la liberté. Ils considèrent au fait avec condescendance que dans certains cas, qu’ils édictent arbitrairement, le dialogue est inutile.

C’est ce genre de personnages, majoritaires, acteurs zélés de l’obéissance, qui font que des innocents seront « fusillés ». Et qui, quand le contexte ne leur sera plus favorable, deviendront tout à coup des « résistants »….

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