Suite de Big Mother, partie 4/5 
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Suite de Big Mother, partie 4/5 


Suite à l’actualité brûlante, la quatrième partie de Big Mother veille sur vous – qui devait normalement être publiée dans son intégralité dans le 74ème numéro du journal papier de Kairos – a dû être scindée. Le lecteur pourra retrouver la première partie – de cette quatrième partie, donc –, dans le numéro précité.

Jouissance

La Jouissance n’est pas simple baisse de tension. Elle est encore moins synonyme de plaisir (elle en est, au contraire, le paroxysme, et donc la négation). Il s’agit plutôt d’un état spécifique d’indifférenciation, un retour au Sein ; une sorte de coussin molletonneux où, délicatement, l’esprit s’amenuise. Depuis que l’homme recherche exclusivement dans l’Image de quoi se soutenir quelque peu, la civilisation capitaliste s’apparente à un Loft Story à grande échelle, à savoir une demeure offrant à ses hôtes le confort le plus futile et dans laquelle ceux-ci peuvent circuler librement tout en y étant enfermés. Le sujet y est tout à la fois ; regarder et regardant, voyeuriste et exhibitionniste, protéger et suspecter, envier et envieux. Il s’adonne, au travers d’un temps suspendu, à la Jouissance du pur instant, au-delà du principe de plaisir[1].

« Rarement les individus ont été moins autonomes que dans les démocraties de masse où ils jouissent de choix largement fictif »[2]

L’engouement désormais généralisé pour les inattaquables droits de l’homme – rebaptisés « droits humains » – n’est pas étranger au processus. Leur naissance, en effet, est liée à celle de l’État-nation occidental[3]. Dès ses premiers souffles, celui-ci occasionna de sérieux dégâts à toutes autres sortes d’organisations politiques (villages, communs,…), qui se retrouvèrent peu à peu assimilées par l’Ogre.

Les droits humains s’accompagnent d’une pseudo-morale typiquement bourgeoise et se substituent à l’éthique communautaire de peuples traditionnels qui étaient, jusque-là encore, épargnés par la mise en action de l’égoïsme voisin[4]. Et pourtant, ce qu’ils offrent ne peut être décemment refusé – c’est ce qui les rend par ailleurs si sournois : « développement » moral et économique pour tous, y compris pour les pays dits « sous-développés », c’est-à-dire mise en place d’une « démocratie » (avec des hommes politiques, des parlements et des sénats) ; l’économie nationale ; des biens et services, des écoles et donc des salles de classes ; des palais de justice ; des hôpitaux avec des salles d’attente ; des égouts ; des téléphones portables, des emplois et des transports publics et privés pour s’y rendre ; des hypermarchés, des toilettes avec chasse d’eau. Voici quelques droits à la « liberté » promis par les États « indépendants » et « développés »[5]

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