L’État : censeur, pas sauveur

(suite de l'édito du Kairos 46)

Pendant qu’on légitime un pouvoir en guerre permanente qui occulte l’inégalité structurelle de nos sociétés, caricaturées en une commode dichotomie d’un peuple uni face à un ennemi, celui-ci nous fait avancer dans le sens qu’il veut : concernant le numérique dans l’enseignement par exemple, « Le Covid19 a joué un rôle de catalyseur. On va probablement réaliser en quelques mois ce qui, sans cette crise, aurait nécessité quelques années »[note] ; on sait qu’en plein confinement, l’IBPT proposera, concernant l’introduction de la 5G, « d’octroyer des droits d’utilisation provisoire »[note] ; les avions ont été cloués au sol en quelques jours et pendant plusieurs mois, ce qui semblait impossible avant, le zèle pour les arrêter n’ayant d’équivalent que celui qui s’est déployé pour les remettre en vol. Le principe de précaution est ainsi sélectif : on massacre le secteur culturel, mais pas l’aéronautique et la voiture. 

Si les propos qui précèd...

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