Résilience et monde d’après

Illustré par :

Ils nous le serinent à longueur d’interview, ils nous le ressassent à chaque article, ils nous le recasent, aussi promptement qu’un vieux briscard de la politique dans une intercommunale aux structures parallèlement floues, au détour de leurs phrases. Depuis le début de cette crise, un terme, additionné à celui, qui a fait long feu, de « monde d’après », a fait florès : résilience. Mais ce terme, dont le sens est noble et la portée, digne, n’est-il pas en train de devenir le parangon de la parole (néo)capitaliste ?

QUAND LA RÉSILIENCE S’APPARENTE AU REBOND

À vos marques, prêts ? Partez ! Si le terme a été popularisé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, mis à toutes les sauces (je me souviens par exemple d’un « École et résilience » paru chez Odile Jacob il y a bien dix ans), il est beaucoup plus ancien que cela et a une première acception dans les sciences exactes. Il s’agit de la capacité, pour un métal, de résister au choc. Nous ne sommes pas faits de métal (du moins, pas en...

Vous devez être abonné pour visualiser cette page.

Si vous êtes déjà abonné, veuillez-vous connecter.
Dans le cas contraire, abonnez-vous dès à présent.

Aenean felis sed Donec et, tempus Sed ultricies