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15 septembre 2019

QUE FAIRE DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE ?

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« Nous sommes devenus les enfants dégénérés d’un volontarisme sans éthique, mais avec une étiquette : la “liberté”(1). »

André Guigot

« Une éthique, écologiquement parlant, est une limite imposée à la liberté d’agir dans la lutte pour l’existence(2). »

Aldo Léopold

« À l’universalité proclamée des droits humains correspond la globalisation effective des systèmes inhumains(3). »

Mark Hunyadi

Dans nos démocraties libérales continuant à encenser hypocritement la liberté, y compris donc la liberté d’expression et d’opinion, il est paradoxalement devenu périlleux de disserter, même rationnellement, sur certains thèmes comme le contrôle démographique, le « conspirationnisme » et surtout les mœurs, le sujet sensible du moment depuis l’affaire #metoo. Dans la presse, cette situation est devenue embarrassante pour les satiristes, dont les activités sont menacées. Affirmons-le haut et fort : sale temps pour la liberté d’expression ! N’ayant pas d’annonceurs à qui (dé)plaire, à Kairos nous osons nous exprimer, non sans parfois essuyer des procès d’intention et des insultes sur les réseaux asociaux de la part de l’infatigable milice de la bien-pensance. Avec le cocktail émotion-indignation-invectives-sarcasmes-mépris, voire pire, la discussion politique et le débat démocratique sont mal embarqués ! Sale temps, donc, pour la liberté d’expression… mais temps au beau fixe pour les libertés individuelles-consuméristes ! Il me semble nécessaire, parvenus à ce stade historique, de questionner au premier degré le culte de la liberté individuelle, autrement appelée souveraineté personnelle, quant à soi, indépendance ou autonomie — pas souvent avec la précision sémantique requise. En philosophie politique, l’affaire est déjà ancienne. Dans La Fable des abeilles (publiée en 1714 puis en 1729), Bernard Mandeville encourageait la liberté d’agir selon ses vices privés, ce qui allait, selon lui, apporter la « fortune publique ». Moins provocant, John Locke glorifiait la liberté individuelle, y voyait paradoxalement le meilleur moyen d’atteindre le bien-être de la société dans son ensemble. Trois siècles plus tard, sa leçon a été bien retenue. Que l’on se dise libéral (forcément), anarchiste (forcément aussi), adepte du « développement personnel » (surtout !), et même socialiste, marxiste, républicain, monarchiste, écologiste ou décroissant, la liberté individuelle est vue comme un fait social total qui fut institué avec la modernité (historiquement parlant) et comme un acquis définitif de la démocratie (politiquement parlant). La distinction entre liberté positive — celle de la participation politique — et liberté négative — celle des jouissances privées et de l’absence de contrainte — se mit en place au Siècle des Lumières, la seconde préemptant la première au fur et à mesure de l’avancée de la société capitaliste de consommation. Qui connaît encore cette distinction aujourd’hui ? Avec la morale et la sociabilité, Jean-Jacques Rousseau voyait dans la liberté une spécificité humaine qui impose une obéissance à la loi que l’on s’est prescrite, idée reprise plus tard par Cornélius Castoriadis sous le nom d’autonomie. Celui-ci soutenait que l’objet de la politique n’est pas le bonheur, mais la liberté (positive). Pour le très libéral Friedrich Hayek, la liberté doit être au service du marché, et vice versa, tandis que les libertariens en ont fait leur credo. La situation actuelle impose un changement de regard, pour plusieurs raisons reliées entre elles : économique, sociale, éthique, écologique, démographique. Distinguons trois types de libertés, d’un intérêt décroissant : la liberté d’être, la liberté de faire et la liberté de choix chère à Milton Friedman. La première est revendiquée par toutes les luttes identitaires (mais pas seulement) ; la deuxième, par toutes les parties prenantes du business  ; la troisième, par l’ensemble des électeurs-consommateurs. Et rien n’empêche de les additionner !

ÉCONOMIE LIBÉRÉE

On sait depuis longtemps ce que signifient les termes « libertés économiques » : le droit pour les entrepreneurs et les investisseurs de mettre en valeur (monétaire-capitaliste) tout et n’importe quoi, par n’importe quel moyen que la science et la technique peuvent fournir, et que le droit autorise — en principe —, sur un terrain de jeu appelé « marché ». De cette croissance continue découleraient « naturellement » les libertés individuelles et sociales. Force est de constater que cette « expansion maximale de la liberté de maîtriser et de consommer le monde autour de nous  » (Christian Arnsperger, 2006) met la planète à sac et les travailleurs à genou. Là-dessus, tout le spectre de la gauche, des écologistes et parfois même la droite conservatrice tombent d’accord : quarante ans de néolibéralisme, de fanatisme du Marché, ça suffit ! Ces libertés économiques ne profitent réellement qu’à quelques-uns et sont au bout du compte liberticides pour le grand nombre. L’expression du « renard libre dans le poulailler libre » l’évoque. Devrait-on retourner au collectivisme, à la planification ou à la simple régulation étatique ? Mieux que cela : la décroissance et le municipalisme libertaire proposent la confédération de petites entités économiques relativement autonomes respectant le principe de subsidiarité(4). Non plus une économie de Marché, mais une économie avec des marchés limités qui devrait être encouragée par l’État. Ces marchés seraient « réencastrés » dans les rapports sociaux et la réalité écologique, en suivant la démarche inverse que Karl Polanyi avait mise en évidence dans La grande transformation (1944).

LIBERTÉS INDIVIDUELLES OU « J’FAIS C’QUE J’VEUX »

Pour Spinoza, la liberté de philosopher constitue le véritable garant de l’ordre politique. Je suis un chaud partisan de la liberté de conscience et du libre examen qui souscrit à ce que proclamait Simone Weil : « La liberté d’expression totale, illimitée, pour toute opinion qu’elle soit, sans aucune restriction ni réserve, est un besoin absolu pour l’intelligence(5) ». Cette précision apportée, voyons en quoi les modalités de la liberté individuelle excèdent les libertés de conscience, d’examen, d’opinion et d’expression. Dans les champs sociétal et éthique, l’extension, théoriquement infinie, des libertés individuelles a pour but le bonheur et comme moyen l’égalité démocratique(6). La notion de seuil de contre-productivité (cf. Ivan Illich) est dans ce cas également appropriée, cette extension posant de plus en plus de problèmes, sur deux plans. Primo, on assiste dans l’espace public au carambolage des sphères personnelles des uns et des autres, principalement par le biais des intrusions auditives. Nos oreilles ne possédant pas de paupières, l’ouïe capte l’environnement à trois cent soixante degrés(7) ; conséquemment, elle est constamment sollicitée et souvent agressée(8). Laissons de côté le bruit de fond de la civilisation industrielle, déjà dérangeant, et considérons les bruits individuels les plus fréquents dans l’espace public : conversations bruyantes(9) (connectées ou non), éclats de voix, cris, diffusion de « muzak » par des haut-parleurs numériques, utilisation abusive ou inadéquate d’outils à moteur électrique et de véhicules à moteur thermique. Notre société se montre tolérante, voire franchement complaisante avec le bruit(10), y voyant globalement un signe de dynamisme économique et, sur un plan individuel, de légitime expression de soi : « Je fais du bruit, donc j’existe. Et en plus, c’est mon droit » (11). Le droit à la tranquillité ne serait-il pas lui aussi légitime ? Certainement, mais il n’est plus au programme dans un monde qui bouge ! D’un point de vue proxémique(12), l’occupation indue de l’espace public par le corps et/ou les objets y attachés porte le nom de « manspreading », ou étalement masculin. Le phénomène n’est pas l’apanage des hommes et relève d’abord de la grossièreté plutôt que du sexisme ordinaire, car tout le monde peut en être la victime. Pitoyable mode d’affirmation de soi que ce manspreading, avec jambes largement écartées assis sur les sièges des transports en commun, ou chaussures indélicatement posées sur ceux-ci ! Secundo, les luttes identitaires, par leur multiplication, entraînent une fragmentation du tissu social. Quand les groupes de pression sont en concurrence pour attirer l’attention du public sur leur cause particulière et chercher sa reconnaissance, il n’est dès lors plus possible de s’entendre sur la construction de la liberté collective pour définir nos conditions de vies (« Peine perdue, n’existe que la liberté individuelle »), ni sur celle d’un monde commun (« Du pipeau ! Nous sommes trop différents, chacun a son propre point de vue issu de ses expériences »), sans parler de celle d’un destin collectif (« C’est du totalitarisme ! »). Selon Hannah Arendt, le monde commun, pour être, n’a pas besoin d’identités — au demeurant aujourd’hui instables, contingentes, creuses, narcissiques, chimériques et numériques —, mais de dialogue, idée reprise plus tard par Jürgen Habermas sous le terme d’« agir communicationnel ». Cependant, nuançons. Pour Michel Freitag, l’identité à soi-même, c’est-à-dire la conscience de la continuité de soi dans le temps, est ce qui fait l’unité de la personne. Ce n’est évidemment pas ce que propose le marché, qui marchandise les identités en les posant à la fois comme acte politique via l’« intersectionnalité », et comme tremplin de l’émancipation individuelle. Remarquons que les identités collectives sont valorisées quand elles concernent les groupes de pression sociétaux (dont le plus fameux, LGBTQI+), mais vilipendées quand elles émanent de la nation, du peuple ou d’une culture locale. Pourquoi ces deux poids, deux mesures ? Serait-il légitime, moral et progressiste de se définir transgenre, et illégitime, immoral et réactionnaire de se définir wallon ?

LIBERTÉS MALMENANT LA NATURE

Nous savons que l’état écologique de la planète est dramatique. Si les écosystèmes sont à ce point endommagés, cela est dû au résultat cumulé de milliards d’actes de liberté au quotidien depuis des décennies, avant tout les libertés économiques (libre-entreprise, extractivisme, commandes militaires, numérisation, potentiellement la 5G, etc.), mais les libertés individuelles-consuméristes jouent aussi leur rôle : Hubert(13) « le biker », juché sur sa rutilante Harley Davidson (modèle FXSTC) pendant les week-ends d’été, émet des gaz à effet de serre et agresse les tympans de la piétaille, pour son plaisir et celui de ses potes motards ; férue de sports intenses, Monica fait chaque année de la plongée sous-marine dans les mers tropicales et du parapente dans les Alpes ; ayant hérité d’un petit bois, Denis a décidé de procéder à une coupe à blanc, pour le transformer en bien de rapport ; Raymond, à la retraite, affirme qu’il a besoin (sic) de trois automobiles pour vivre (« Une pour la ville, une autre pour les longues distances et la troisième — un ancêtre ! — pour les rallyes  », explique-t-il) ; Chantal a acheté une résidence secondaire en Turquie, et s’y rend en avion à chaque congé scolaire ; Philippe et Nathalie, habitant à Liège, organisent leur fête de mariage en Afrique du sud ; etc. Chers lecteurs, à vous de compléter cette liste interminable en regardant dans votre entourage ! Voilà où mène le respect absolu des préférences individuelles dans la culture libérale : vers la progression de l’écocide (ou du biocide, dixit Michel Weber). Collectivement, nous avons évidemment tout à y perdre, « […] la conception négative de la liberté risque de bloquer la nécessaire responsabilisation des comportements à l’âge de l’anthropocène, où plus que jamais chacun doit penser aux conséquences sociales et écologiques de ses actions(14). »

PRESSION DÉMOGRAPHIQUE CONTRE LIBERTÉS

Enfin, l’état écologique de la planète est en partie lié à la pression démographique. Ce constat du sens commun est pourtant énergiquement combattu par beaucoup d’écologistes (et d’autres), pour lesquels toute la réponse réside dans le niveau de consommation, qu’il suffirait (sic) de faire baisser pour préserver les écosystèmes. Je n’argumenterai pas la modération nataliste dans cet article(15) mais émettrai l’hypothèse que les libertés individuelles, même sous l’étendard de l’humanisme le plus sincère et le plus généreux, vont devenir de plus en plus incertaines à exercer au fur et à mesure de la sur-occupation humaine de la maison-Terre, ce que Dany-Robert Dufour exprime à sa manière : « [L’aliénation] est venue cette fois d’un excédent de liberté par rapport au quantum original admissible pour l’homme(16) », ce quantum pouvant être compris de diverses façons : quantum de naissances, d’activités professionnelles, de consommations, et plus généralement de conatus(17). Lorsqu’il n’y avait encore que trois milliards d’humains sur Terre, l’écrivain Albert Caraco (1919-1971) en avait eu la fulgurante intuition : « En s’épanouissant, les hommes se dilatent et lorsqu’ils se dilatent, ils prennent plus de place. Or, l’univers étant fini, la place est mesurée et dans un monde clos, l’épanouissement de plusieurs milliards d’humains conduit à l’explosion générale(18) ». Plus nous serons nombreux, plus nos libertés individuelles-consuméristes seront rognées ipso facto. Par exemple, le tourisme de masse tue la liberté du visiteur individuel d’explorer et de jouir des sites à son aise, quand Barcelone a subi 32 millions de visiteurs en 2017, quand en Islande 3.000 touristes se groupent autour d’un geyser en été, quand en Thaïlande jusqu’à 5.000 plaisanciers grouillaient quotidiennement sur la plage de Maya Bay, qui ne mesure que 250 mètres de longueur(19) ! Jamais dans l’histoire de l’humanité les droits individuels n’ont été aussi antinomiques avec les droits collectifs. Aujourd’hui, la conception de Locke est à retourner comme un gant, car « dans une économie libérale, chacun restreint en permanence le champ des possibles de tous les autres par le simple fait d’exercer sa liberté de consommateur et d’usager, c’est-à-dire de convoiter les mêmes biens ou de saturer les mêmes infrastructures(20) ».

QUELQUES PISTES POUR PENSER LA LIBERTE INDIVIDUELLE AU XXIe SIÈCLE

Comme toujours, une partie essentielle des aménagements possibles est d’ordre philosophique et culturel :

1. « Il faut que l’idéalisme libéral sous toutes ses formes (et surtout morale) […] soit pour nous l’expression d’une erreur qui se retrouve dans chaque acte et chaque phénomène de la vie courante(21) », écrivaient Bernard Charbonneau et Jacques Ellul. La décolonisation de l’imaginaire, ou metanoïa, idée-phare de Serge Latouche, reste au programme. L’objectif est de faire refluer l’idéologie libérale et sa religion hyper-individualiste en cessant d’y apporter sa propre caution et en évitant le réflexe « pas question de faire des efforts personnels quand je vois bâfrer tous ces cons(ommateurs) autour de moi ! ». Si l’interaction spéculaire et narcissique(22) reste la règle, aucune chance d’évoluer !

2. Dominique Bourg et Christian Arnsperger proposent un nouvel impératif catégorique qui pourrait être à l’origine d’un nouveau pacte social : « Être une personne libre, cela veut dire vivre comme je l’entends tout en m’inscrivant volontairement à l’intérieur des limites imposées à la fois par la capacité de charge de la biosphère, et par l’exercice de la liberté de toutes et tous au sein de cette biosphère(23) ».

3. Jean-Paul Sartre n’était pas qu’un individualiste. Il évoquait une solution, certes assez difficile, consistant à établir une morale qui tienne à la fois compte de la liberté subjective inaliénable de l’être humain, et qui, dans la foulée, se présente comme une morale valable pour tous. De nos jours, Arnsperger le reformule : « Personne certes n’a le droit d’imposer sa propre conception d’une vie “en plénitude”. Pourtant, on peut faire le pari de cadres communs dans la quête de la plénitude existentielle(24) ».

4. L’action collective requiert de restreindre les libertés individuelles à certains moments, et d’instituer l’autorité capable de faire respecter ces interdictions, comme l’astrophysicien Aurélien Barrau le préconise : « Il faut que la loi intervienne pour enfreindre les velléités individuelles qui ne sont plus compatibles avec la vie commune(25) ». Il s’agit ici de questionner certains aspects de notre héritage juridique, notamment le droit romain défendant l’idée qu’il vaut mieux tolérer des abus de liberté que de risquer de restreindre celle-ci. L’argument était à la rigueur valable dans un empire qui comprenait quelques millions d’individus, doté d’un système technique rudimentaire. L’est-il toujours dans un système-monde high tech et interconnecté de bientôt huit milliards d’individus ? De même, le principe du jus omnium ad omnia, le droit de tous sur tout, devrait être aboli, car il ne peut qu’encourager la rivalité mimétique, source de violence.

5. Ne pourrions-nous pas reconnaître la transcendance de certaines valeurs par rapport à la liberté individuelle ? La première de ces valeurs étant la préservation des conditions de vie pérennes sur Terre, impératif catégorique proposé par Hans Jonas dans Le principe responsabilité (Flammarion, 1990). D’autre part, la liberté sociale, « comprise comme interdépendance consciente et assumée(26) », devrait être reconnue comme supérieure à la liberté individuelle.

6. Vu l’ampleur de la tâche, les fervents du développement personnel croient avoir trouvé la parade avec la « liberté intérieure », qu’il s’agirait de cultiver comme antidote face à la violence du réel. Mais « le sentiment de liberté intérieure ne suffit pas. La liberté, comme autodétermination, doit s’éprouver dans la discussion et l’organisation collective, dans la confrontation avec la nécessité, et non dans son évacuation(27) ».

7. Pour lutter contre les destructions, l’action collective (praxis) reste donc la seule voie envisageable. Nous ne sommes ni impuissants, ni tout-puissants, nous sommes toujours soumis à la nécessité naturelle — comme le soulignaient les stoïciens, Spinoza, Marx — en disposant de quelques marges de manœuvre qu’il faut identifier et utiliser avec discernement. Ces marges rendent possibles la politique et la liberté.

8. Et si un autre danger — le principal ? — résidait dans l’antithèse de ma démonstration ? Günther Anders avait déjà pressenti que le capitalisme pourrait « nous priver si entièrement de liberté qu’il ne nous resterait même plus la liberté de savoir que nous ne sommes pas libres  ». À l’heure du numérique, ce danger est démultiplié. Ce jour-là, l’aliénation aura entièrement accompli sa révolution copernicienne. Est-il déjà trop tard ?

Bernard Legros

  1. André Guigot, « Pour en finir avec le « bonheur  », Bayard, 2014, p. 215.
  2. Cité in Serge Audier, L’âge productiviste. Hégémonie prométhéenne, brèches et alternatives écologiques, La Découverte, 2019, p. 768.
  3. Mark Hunyadi, La tyrannie des modes de vie. Sur le paradoxe moral de notre temps, Le Bord de l’eau, 2015, p. 36.
  4. Cf. « Le Kurdistan syrien sur la voie de l’écologie sociale ? », in La décroissance, n° 161, juillet/août 2019, p. 25.
  5. Simone Weil, L’enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, Gallimard, 1949, p. 26. Voir aussi Raoul Vaneigem, Rien n’est sacré, tout peut se dire. Réflexions sur la liberté d’expression, La Découverte, 2003.
  6. « Le rôle grandissant de l’argent, la croissance de la consommation confèrent à cette course  à l’égalité une accélération exténuante : chacun part à la conquête du statut, de la distinction auxquels il croit avoir droit puisque les autres croient également y avoir droit  », in Jean-Marie Domenach, Approches de la modernité, Ellipses, 1986, p. 128.
  7. C’est également le cas de l’odorat.
  8. Certes, nous vivons de toute évidence dans une civilisation de l’image, mais nous pourrions tout aussi bien parler d’une civilisation du bruit, déjà identifiée comme telle il y a long- temps : en 1908 à Hanovre, le philosophe Théodore Lessing avait fondé une « Association anti-bruit » et une revue pour aider cette lutte, L’Anti-grossier. Le droit au silence.
  9. Dans les trains de la SNCB, des messages citoyens appellent les voyageurs à parler pour ceux qui les écoutent, pas pour ceux qui les entendent.
  10. Et ne nous leurrons pas avec la loi sur le tapage nocturne, elle est rarement appliquée. Par contre, le laxisme est de mise pour le tapage diurne.
  11. Soit la « conception anale de la liberté : faire tout ce que je veux, comme je veux, quand je veux… et qu’on ne m’emmerde pas !  », in Jean-Claude Liaudet, Le complexe d’Ubu ou la névrose libérale, Fayard, 2004, p. 156.
  12. La proxémie est l’étude des relations spatiales entre les individus (principalement dans la vie sociale), dont l’anthropologue Edward T. Hall (1914-2009) fut le principal représentant et initiateur. Cf. La dimension cachée, Seuil, 1971.
  13. Tous les prénoms sont fictifs, à l’inverse des exemples qui eux sont réels.
  14. Serge Audier, op. cit., p. 795.
  15. Même si elle ne relève pas d’une pulsion consumériste, la procréation participe, au-delà d’un certain seuil, à une trop grande ponction des ressources. Est-il encore raisonnable de fonder une famille nombreuse quand un million d’êtres humains supplémentaires arrivent sur Terre tous les cinq jours ? Cf. Michel Sourrouille (dir.), Moins nombreux, plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie, Sang de la Terre, 2014.
  16. Dany-Robert Dufour, L’individu qui vient… après le libéralisme, Denoël, 2011, p. 141.
  17. Chez Spinoza, le conatus est cette force vitale qui nous pousse à la conservation de notre être.
  18. http://idiocratie2012.blogspot.be/2012/10/albert-caraco-florilege.html
  19. L’an dernier, cependant, les autorités du pays ont eu la bonne idée de l’interdire totalement aux touristes. Mon intention n’est évidemment pas de réserver le tourisme aux riches, mais de remettre en cause le « pourtoussisme » touristique, donc y compris pour les riches. Cf. Rodolphe Christin, L’usure du monde. Critique de la déraison touristique, L’Échappée, 2014.
  20. Eric Maurin, La fabrique du conformisme, Seuil, 2015, p. 49.
  21. Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, Nous sommes des révolutionnaires malgré nous. Textes pionniers de l’écologie politique, Seuil, 2014, p. 67.
  22. Dans la dynamique des groupes, l’interaction spéculaire désigne une tendance de l’individu à observer les (ré)actions de ses congénères avant d’agir personnellement. On la résume par l’expression familière « D’accord, Madame, mais après vous ! ».
  23. Christian Arnsperger & Dominique Bourg, Écologie intégrale. Pour une société permacirculaire, PUF, 2017, p. 30.
  24. Christian Arnsperger, L’homme économique et le sens de la vie. Petit traité d’alter-économie, Textuel, 2011, p. 22.
  25. Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité. Face à la catastrophe écologique et sociale, Michel Lafon, 2019, p. 70.
  26. Serge Audier, op. cit., p. 760.
  27. Groupe Marcuse, La liberté dans le coma. Essai sur l’identification électronique et les ifs de s’y opposer, La Lenteur, 2012, p. 158.

Bernard Legros

Bernard Legros

Auteur
Louise Hendrickx

Louise Hendrickx

Illustratrice
Cécile Mirande-Broucas
Illustratrice
Louise Hendrickx

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Illustratrice

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