Écoles européennes, un projet louable aux pratiques ambiguës

Illustré par :

C’est l’histoire d’une école publique très particulière. Publique, car financée par l’argent du contribuable ; particulière, car elle se comporte comme une école privée, vu qu’elle n’est pas accessible à tout un chacun et qu’elle impose un minerval à certaines catégories d’élèves, mais pas à d’autres. Son nom : École européenne. Sa mission d’origine : former les jeunes générations à l’identité européenne et à l’ouverture aux autres. Sa dérive actuelle : contribuer au fossé entre des jeunes privilégiés et le tissu social local. Un ghetto doré, semblable à celui que vivent leurs parents fonctionnaires européens. Mais cela n’a pourtant pas toujours été le cas.

UN FRANC SUCCÈS DÈS LE PREMIER ESSAI

La première expérience d’école européenne fut menée en octobre 1953 au Luxembourg. La CECA – Communauté européenne du charbon et de l’acier – avait été créée deux ans plus tôt, en 1951, avec pour mission la régulation du marché des deux matières premières qui constituaient, encore à l’époq...

Vous devez être abonné pour visualiser cette page.

Si vous êtes déjà abonné, veuillez-vous connecter.
Dans le cas contraire, abonnez-vous dès à présent.