Capitalisme et crise sanitaire

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Le psychanalyste et philosophe Cornélius Castoriadis distinguait de son vivant deux projets ancestraux en jeu dans l’humanité : le procès d’autonomie et celui de la maîtrise rationnelle. Le capitalisme a depuis longtemps travesti le premier en faisant de la jouissance de la marchandise une démonstration de la liberté du sujet. Le deuxième s’apparente à la mise en acte d’un fantasme de maîtrise globale de la nature et de l’homme par l’homme. Tout indique que la gestion de la pandémie renforce les « processus psychiques » du capitalisme. Petit tour d’horizon. 

La modernité épuise les grands idéaux[note] ; désinvestissement de l’aspect transcendant de l’existence et désenchantement du monde enflent tant et plus depuis le début de la crise sanitaire. Alors que la raison instrumentale s’imposait déjà à nos consciences, elle prend aujourd’hui encore davantage d’étendue. C’est dans un souci de performance économique qu’elle fut employée afin de réaliser d’importantes coupes budgétair...

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