Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente

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Petit à petit en arriver à justifier qu'on tue les gilets jaunes... démocratiquement, cela va de soi!

Alexandre Penasse

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Même si l'on est désormais nombreux à savoir que la presse dominante participe du lynchage médiatique des classes populaires, il faut lire l'ignoble texte de Jean-François Kahn paru dans le Soir de ce 19 mars 2019. Il exprime à lui seul la haine de classe de cette bourgeoisie qui deviendra capable du pire pour maintenir ses privilèges. Car les Pinochet, Hitler, Hussein et autres dictateurs... n’étaient-ils pas pour ceux qui aujourd’hui les convoquent dans le débat, des êtres à tuer ?

Dans ce qui constitue une véritable diatribe contre les gilets jaunes, les assimilant aux icônes habituelles de l’extrémisme (Hitler, Staline, Pinochet...), Le Soir et Jean-François Kahn, dans la rubrique « Alternatives », depuis le début aux commandes de la délégitimation du mouvement, profitent des conséquences de l'acte XVIII pour manifester leur traditionnel mépris de classe et leur soutien indéfectible au système en place. C'est sûr, pour ces représentants de l'idéologie bourgeoise, le capitalisme serait intrinsèquement bon, « mais »… parfois seulement, quelques malencontreux accidents de parcours auraient lieu, sans jamais toutefois venir ternir l’œuvre globale. C'est aussi pour cette raison qu'ils ne peuvent comprendre les assauts du peuple contre la richesse et le pouvoir, alors que le système est « si parfait »...

LES ODIEUX RAPPROCHEMENTS

Derrière cette douce monstruosité, l'auteur nourri la haine de son lectorat envers les gilets jaunes:

- Il assimile clairement ceux-ci à l'auteur du massacre de Christchurch, rappelant comme celui-ci avait d'abord été « tenté par le communisme, le gauchisme, l’anarchisme avant de glisser, irrésistiblement, vers un fascisme affiché et radical, vers le racisme assumé ». En clair : l'extrême gauche conduit à l'extrême droite, au meurtre, au fascisme et in fine à Hitler. Si ce n'était pas évident: « Car gauchisme, anarchisme, droite identitaire, puis fascisme radical, ce sont là les composantes de notre mouvement des gilets jaunes qui se sont, de nouveau, déchaînées samedi à Paris en particulier sur les Champs-Elysées » ;

- Il pointe la violence sociale des gilets jaunes sans condamner la violence du système et les conséquences qu'elle ne pouvait pas manquer d'avoir. Il ne manque pas de rapprocher pernicieusement les gilets jaunes de figures historiques honnies: « La terreur stalinienne, c’était regrettable… mais, tout de même, le succès (présumé) des plans quinquennaux ! L’horreur hitlérienne, d’accord, mais tout de même est-ce que les juifs n’avaient pas un peu trop de pouvoir en Allemagne ?! Pinochet, pas bien… mais il a rétabli l’ordre (libéral) au Chili ! Saddam Hussein, affreux, mais… il nous protégeait de l’Iran khoméniste. Or, samedi, sur BFMTV, en continu, voyeurisme poussé à son paroxysme, tandis qu’on assistait en direct ou faux direct à des scènes d’apocalypse : incendies, pillages, destructions, dévastations, cassages, agressions, un leader pseudo-écologiste (sic) nommé Julien Bayou, invité à commenter les images, déroula pendant deux heures la guirlande du « mais ». Mais… les inégalités ; mais… les injustices sociales ; mais… les violences policières" ». De là donc à associer gilet jaune à Staline, gilet jaune à Pinochet, gilet jaune à Hitler, gilet jaune à Saddam Hussein, il n'y a... aucun pas. Mais Monsieur Kahn évitera bien d’évoquer les violences policières et les tirs de Flashball, ni toute la violence et le « déchaînement » d’un système qui tue et massacre intra et extra-muros(1) pas plus que de rappeler la richesse scandaleuse des uns et la misère abyssale des autres ;

- dans le domaine sociétal, on glissera facilement du « gilet jaune = Hitler" au « gilet jaune = homophobe et antisémite »: « Antisémitisme, homophobie ! Détestable… mais » ;

- les problèmes actuels ne seraient ancrés que dans le présent auquel on apporterait une mauvaise réponse, les éditocrates souhaitant souvent plus de répression. Silence par contre sur des décennies de libéralisme sauvage et l'abandon du prolétariat, et maintenant d'une partie des classes moyennes, par les partis de gauche libéralisés.

Enfin, vous l'aurez compris, leur haine est sans limite pour ce peuple dont ils attendent seulement qu'ils achètent smartphones, voitures et autres gadgets que les médias vantent - vendent - dans leurs pages ; ou qu'ils bavent devant... mais surtout, surtout, qu'ils ferment leur gueule !

Alexandre Penasse

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  1. Voir « Non à la violence ! », https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/non-a-la-violence

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