Un tournant

Illustré par :

J’en reviendrai donc, une fois encore, au vieil Héraclite qui, vous le savez, indiquait une part du chemin philosophique en nous disant que rien dans l’univers n’était assuré de stabilité, que tout passait comme s’écoule l’eau de la rivière ; et pareillement, les hommes passent et leur destinée avec. Ainsi en est-il de nos travaux, de nos entreprises, des mots que nous disons ou écrivons ; ils passent leur chemin, vont d’une conscience à d’autres et puis se perdent dans le grand désordre des choses du monde. Bien sûr, celles et ceux qui interviennent dans le débat public, ici ou là, de telle ou telle façon, sont en droit de penser et de croire que ce qui est écrit ou dit peut-être de nature à alimenter telle discussion, à permettre que soit remise en cause d’anciennes conceptions, que la nouveauté des idées qui adviennent puissent prendre le dessus sur l’adversité des temps. Mais, sûrement, le chemin est long des idées à la matérialité de ce qu’elles devraient pouvoir faire naître, on...

Vous devez être abonné pour visualiser cette page.

Si vous êtes déjà abonné, veuillez-vous connecter.
Dans le cas contraire, abonnez-vous dès à présent.