Tous ensemble ou l’éloge perdue (la loge perdue ?) du gardien de but(s)

Un des slogans de la campagne contre l’épidémie de COVID-19 était « Tous ensemble contre le coronavirus ». Bref, tout ce slogan est là pour promouvoir l’esprit d’équipe. L’exemple même d’une équipe, c’est l’équipe de foot. La question la plus simple à se poser serait « Qui est le plus important dans une équipe de foot ? Si ce joueur est absent, cela devient un match perdu d’avance »…

Certains vous diront que dans une équipe de football, le plus important est le capitaine, le buteur, etc. À notre humble avis, la réponse est … le gardien de but  : parce que si les joueurs marquent 10 goals et le gardien de but en encaisse 20, l’équipe a beau faire, elle perd le match.

Maintenant, revenons à la médecine  : qui est le gardien de but(s) dans un système de soins de santé efficace, performant et soucieux de la santé des patients et d’une population ? Qui joue tout le temps à la question «  j’hospitalise ou je n’hospitalise pas  ?  ». De nouveau, à notre humble avis, le gardien dans un tel système de santé est… le médecin généraliste.

Depuis mars 2020, il y a un problème qui cloche dans la gestion de l’épidémie de COVID-19  : les médecins généralistes ont été tout simplement mis de côté. Pourquoi avoir mis sur le banc de touche – en dehors du terrain de foot – le gardien de but (le médecin généraliste) pendant toute la gestion de l’épidémie depuis mars 2020 et encore maintenant  ? Pour favoriser le «  tout à l’hôpital  »  ? Bref, l’esprit d’équipe laisse à désirer. Verrait-on un entraîneur demander au gardien de but d’être en dehors du terrain  ? Les journalistes sportifs pourraient se poser cette question et commenceraient-ils d’avoir un doute sur la stratégie de l’entraîneur  ? A-t-on affaire à un entraîneur psychopathe en médecine  ?

A-t-on idée de laisser le goal sans son gardien de but(s) pendant une partie de foot ? A-t-on idée de laisser la population sans son médecin de famille pendant une épidémie  ? Et pourtant, c’est ce qui se passe depuis mars 2020… Selon les avis de nos chers experts (sans conflits d’intérêts ou sans prise illégale d’intérêt  ?), le traitement en médecine générale se résume aux quatre D  : dodo, domicile, Dafalgan et décès.

Selon les avis de nos chers experts, nous devions attendre la solution qui viendra dans un an. Oserions-nous dire à un parent dont l’enfant a une angine  : «  Bonne nouvelle, votre enfant a une angine, mais nous attendons le traitement qui va arriver dans un an  »  ? Un parent normalement constitué dirait  : «  Docteur, ou vous êtes fou, ou bien vous trouvez rapidement un traitement pour mon enfant malade ».

A-t-on idée de laisser la population sans son médecin de famille pendant une épidémie ? Et pourtant, c’est ce qui se passe depuis mars 2020

Ici, c’est l’option folle qui a été choisie par nos entraîneurs … sans que la plupart des médecins généralistes bronchent et cherchent un traitement … Il est vrai que la Société scientifique de médecine générale (SSMG) et le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) ne prônent pas d’emblée les antibiotiques systématiquement aux patients âgés ou en détresse respiratoire atteints du COVID-19 … Alors que le traitement préventif et curatif existe…

A-t-on idée de laisser les joueurs courir sur le terrain sans ballon  ?

A-t-on idée de laisser les médecins sans outil thérapeutique  ? Pourquoi les traitements efficaces sont-ils passés du terrain de foot vers le banc de touche ou ont-ils été renvoyés aux calendes grecques  ? Galilée aurait dit  : «  Et pourtant, elle tourne  ». Il semble que les experts auraient dit  : «  Et pourtant, il n’y a pas de traitement efficace  ».

Tout l’espoir pour contrer cette épidémie a été braqué sur la vaccination. En attendant, pas besoin de médecins généralistes pour soigner les cystites, les crises d’asthme, les infarctus, etc. ou pour traiter les patients atteints du COVID-19… Cela devient assurément de la non-assistance en personnes en danger …

Une bonne fois pour toutes, il faudrait une procédure de désenvoûtement des médecins pour qu’ils retrouvent leur envie de guérir et outrepassent leur peur de mourir… Mais également aux journalistes de revenir à l’esprit de la charte de Munich  : vérifier l’information et ne pas être la caisse de résonance du politique ou de la technoscience sans esprit critique.

Par définition, la médecine générale ne cherche pas la meilleure solution dans un temps infini, mais cherche une solution «  potable  » dans un temps «  raisonnable  » (souvent dans le temps imparti de la consultation). La solution valable pour prévenir l’épidémie existe  : de la vitamine C, D, du zinc et de l’armoise (Artemisia Annua), etc.

La solution acceptable pour traiter l’épidémie existe  : l’azithromycine avec de la doxycycline, et bien d’autres. En traitant les malades atteints du COVID-19, on coupe la transmission d’une maladie infectieuse. C’est du bon sens. L’entraîneur le comprend (il n’a jamais pensé mettre son gardien de but hors du terrain), nos experts ne l’intègrent pas dans la stratégie de la gestion de l’épidémie (ils pensent que les médecins généralistes ne sont pas utiles dans la gestion de l’épidémie  ?). Pourquoi le bon sens n’est pas la denrée la plus courante en médecine  ?

Qu’on arrête une bonne fois pour toutes de dire «  Tout à l’hôpital  ». Ou alors que l’on cesse de dire «  Tout ensemble contre le coronavirus  »…

Dr Quirico BLONDA

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