NOUVELLES TECHNOLOGIES ET TRANSITION NUMÉRIQUE, L’ILLUSION TECHNOCRATIQUE À LA LUMIÈRE DE LA 5G

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PRÉAMBULE

Les multiples signaux que nous envoie la nature ainsi que l’état général de la vie et de la Terre qui l’accueille nous indiquent que nous sommes dans une période qui se caractérise par un risque inédit de disparition de l’espèce humaine. Les preuves sont sous nos yeux : nous vivons la sixième crise d’extinction des espèces et la première causée par l’homme, la précédente s’étant caractérisée par une extinction massive de la vie animale et végétale, notamment les dinosaures, il y a 66 millions d’années.

« Une hausse supérieure [de 2°C de la température moyenne] entraînerait le risque d’un changement climatique catastrophique menant très certainement à des “points de non-retour” irréversibles, causés par des phénomènes tels que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, le rejet du méthane emmagasiné dans le permafrost arctique ou encore le dépérissement de la forêt amazonienne(1)». Toutes les études montrent pourtant que nous dépasserons les 2°C. « Il est fort probable que la hausse sera de l’ordre de 4°C – et il n’est pas exclu qu’elle atteigne 6°C. Une hausse de 4 à 6°C de la température mondiale serait dramatique. Elle mènerait à un changement climatique hors de tout contrôle, capable de faire basculer la planète dans un état radicalement différent. La Terre deviendrait un enfer(2)». « Les chiffres montrent que même une action rapide et durable au niveau mondial ne nous permettra probablement pas d’empêcher la température de la Terre de croître d’au moins 3°C. La fonte des glaces du Groenland aboutira à une augmentation du niveau des mers d’environ 7 mètres, redessinant de façon spectaculaire la géographie de la planète(3)». La barrière de corail ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir, la désertification gagne partout du terrain, chaque jour des centaines d’hectares sont déforestés, des espèces disparaissent à jamais.

Au niveau social, tout est à l’avenant, jamais la misère n’a été aussi répandue : ici, au Nord, dans les foyers qui survivent ou dans nos rues, avec les SDF. Plus loin, dans les pays qui ne nous intéressent que parce qu’ils recèlent de matières premières qui permettent la continuité de nos modes de vie « non négociables ».

LA FUITE EN AVANT ALORS QU’IL Y A URGENCE

Soit, nous connaissons ces chiffres, faits et images médiatiques qui finissent par éroder notre moral. Mais alors que cette connaissance devrait nous enjoindre de tout faire pour ne plus jouer le jeu, coupant nos télés et recréant des agoras partout pour réfléchir au futur, dans un contexte d’état d’urgence écologique, les technocrates nous assurent le « changement dans la continuité », en promettant la transition énergétique et la révolution numérique, censées nous libérer du fardeau du travail et assurer une meilleure communication entre les hommes. Comme l’explique Clive Hamilton, « Les meilleurs climatologues du monde font aujourd’hui monter le signal d’alarme à un niveau sonore assourdissant, car le délai pour agir a pratiquement expiré, et pourtant, tout se passe comme si ce signal était inaudible à l’oreille humaine(4)».

Un des miracles de cette « transition » serait notamment la 5G, une technologie venant après la 4G et qui permettra d’atteindre des débits en terme de télécommunication mobile de plusieurs gigabits de données par seconde. Et comme le vent, la pluie et les marées, il ne sera pas question de la questionner, sauf sous la forme habituelle du spectacle où tout est déjà écrit mais où l’on nous fait croire dans les possibilités d’influer sur la trame du récit : l’option du refus n’étant pas prévue, on fera donc tout pour que vous ayez l’impression de le vouloir. En septembre 2018, Qualcomm, entreprise américaine active dans le domaine de la technologie mobile (chiffre d’affaires 25,3 milliards $(5)), n’affichait-elle pas dans Tout-Bruxelles, sur les supports propriété de l’entreprise JCDecaux, le message suivant : « La 5G va créer de nombreux emplois. Et notre travail, c’est de créer la 5G ». Dès lors, plus besoin de vrais débats contradictoires. Opérateurs téléphoniques, politiciens, médias, comité mis en place par la ministre bruxelloise de l’Environnement, tous sont acquis à la 5G, certains émettant des doutes affectés, d’autres marquant leur assurance, mais tous convaincus de ce qu’il faut atteindre. Notre chaîne nationale, la RTBF, éprise de cette croyance qu’« on n’arrête pas le progrès », illustre sous l’argument de la nécessité l’histoire qui s’écrit seule : « Mais il y a un timing à respecter. La Commission européenne veut que chaque État membre, (et ça vaut aussi pour la Belgique) dispose d’une couverture 5G dans, au moins, une ville pour 2020. Et en 2025, ce sera l’ensemble des zones urbaines qui devront disposer d’une couverture 5G. Y compris les grands axes routiers. On est vraiment dans la dernière ligne droite(6)», avant le mur…

À ce niveau, nous n’avons encore rien dit sur la 5G. Au fait des risques de disparition de notre civilisation, on pourrait se dire qu’elle est sans doute quelque chose de formidable, un antidote, en quelque sorte, qui nous permettra de nous en sortir. Qu’apportera réellement à l’homme cette innovation ? Nous sommes proches du néant : « Avec la 5G, les utilisateurs devraient pouvoir télécharger un film haute définition en moins d’une seconde (tâche qui peut prendre 10 minutes en 4G). Et les ingénieurs sans fil affirment que ces réseaux vont également stimuler le développement d’autres nouvelles technologies, telles que les véhicules autonomes, la réalité virtuelle et l’Internet des objets(7)».

En somme, nous devrions toujours évaluer la nouveauté à l’aune de cette question que posait George Orwell : « Cela me rend-il plus ou moins humain ? ». Si nous pouvons montrer tout ce que cette technologie ôtera à l’homme, il est impossible de dire ce qu’elle lui apportera et en quoi cela le rendra plus humain, c’est-à-dire capable de vivre pleinement en harmonie avec la nature, de se contenter du minimum, de saisir et comprendre ce qu’il vit, de se rapprocher des autres sans chercher à avoir plus. Qu’y a‑t-il d’humain à télécharger un film en moins d’une seconde ?

LA CROISSANCE, ENCORE ET TOUJOURS

L’unique leitmotiv, la croissance, signifie toujours plus de produits issus de l’exploitation de la terre et des hommes du « Sud », venant par avions, camions, supertankers : « L’association entre croissance économique et progrès est si profondément ancrée dans les modes de pensée – qu’ils soient progressistes ou conservateurs, elle est défendue avec tant de vigueur, qu’elle ne peut être fondée que sur un lien empirique banal entre augmentation de la consommation matérielle et augmentation du bonheur d’un pays(8)». Dominique Leroy, ancienne grande patronne de l’opérateur de téléphonie Proximus (entreprise publique classée en bourse, l’État étant actionnaire principal) n’allait-elle pas dans ce sens déjà en 2015, lorsqu’invitée au Parlement pour une « audition sur la future politique de Proximus », elle reviendra avec cette litanie du « retard » :

« L’Europe est actuellement à la traîne par rapport à l’Amérique et à l’Asie en matière de développements technologiques et de niveau des investissements dans les TIC. Cette baisse [de la croissance, en Europe, des revenus provenant de l’activité numérique] est due principalement à la législation trop stricte, qui entrave l’innovation(9)». L’argumentation est toujours identique : on se compare à l’autre et on en déduit qu’il faut aller plus vite(10). Ensuite, on identifie les causes du retard (« des normes trop strictes ») et on fait pression (lobby, propagande médiatique, distributions d’« avantages » divers, mise en place de comités adoubés par les gouvernements). Dans ce processus, la nécessité économique fait loi : « Bien que les niveaux de prix soient importants, il faut investir en permanence au profit de l’économie numérique (…) Ce n’est qu’en investissant et en innovant qu’il est possible de générer une croissance ».

Jamais le bien commun ni l’environnement ne sont ainsi invoqués comme principes supérieurs(11). Et ce n’est que logique, car on ne peut assurer en même temps la croissance économique et le bien commun. L’élément qui domine tout, c’est le principe de croissance, donc de profit : « Le déploiement de la 5G nécessite une densification du réseau, c’est-à-dire que concrètement, des antennes supplémentaires doivent être installées ». Nous ne sommes plus dans le domaine des propositions qui devront être soupesées ultérieurement lors d’un débat démocratique, mais dans celui de l’ordre, où la réalité n’aura qu’à s’adapter :

« L’innovation, surtout l’Internet des objets (Internet of things, IOF), y compris dans le domaine de la mobilité et de la cybersécurité, va radicalement modifier le paysage des télécoms. » Le paysage est pensé, il ne reste plus qu’à trouver les peintres. Il faut toutefois persuader les sujets que les peintres ne s’affairent que pour eux et constamment assurer le spectacle du bien commun en recourant aux professionnels de la communication : « La mission de Proximus est de maintenir les personnes en permanence en contact avec le monde de manière à ce qu’elles puissent vivre mieux et travailler plus intelligemment ».

PRÉPARER LE SUJET

11 septembre 2018 : « Le comité stratégique a officiellement remis mardi au Premier ministre Charles Michel, lors d’une cérémonie en grande pompe, organisée dans le musée rénové de l’Afrique à Tervuren, le Pacte National pour les Investissements Stratégiques (PNIS) (12), un plan qui pèse 150 milliards de projets à l’horizon 2030(13)». Ce plan stratégique s’articule principalement autour des investissements indispensables si la Belgique veut « emprunter le TGV numérique » (sic). À propos du comité stratégique, Charles Michel parlera d’« un panel d’experts apolitiques » qui fera des « propositions concrètes aux différents gouvernements du pays ». Il joue le jeu de l’unité, celui où s’exprimerait d’emblée le bien commun, occultant tous les intérêts patronaux : « Quand on parle de transition énergétique ou de mobilité, on parle aux 11 millions de Belges ». Certes, c’est pour notre bien à tous, mais sous aucun prétexte nous ne pourrions le refuser : « Les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et l’Internet des objets, vont modifier radicalement toutes les facettes de notre vie et de notre travail, ainsi que l’ensemble de la société. La révolution numérique est à la fois un facteur de disruption et un moteur de croissance pour notre économie(14)». Sur le fait de « mettre ensemble décideurs privés et publics » avec « des budgets des différentes entités du pays, avec l’aval des parlements et du secteur privé », le fils de Louis ne s’expliquera pas cette brutale conversion du privé, subitement oublieux du retour sur investissement, désormais soucieux du seul bien des « 11 millions de Belges ». Conversion pour le moins étonnante…(15)

Cinq secteurs bénéficieront de cet « eldorado » : mobilité, énergie, enseignement, télécoms et santé. Votre bien-être comme mesure de toute chose, le complexe médiatico-politico-patronal fera tout pour vous en convaincre, en commençant par vous présenter tout ce qu’on perdrait si ça n’avait pas lieu : « Sans lui, ce serait une perte de prospérité de l’ordre de 50 milliards € ». Ce sera « au bénéfice de tout le monde, et d’abord, de nos citoyens » (16), répète Charles Michel, si nous ne l’avions pas compris. Ces citoyens, gavés par la propagande médiatique pendant des années, sur le « retard compétitif », « le risque de perdre des milliards et des avantages personnels inédits », seront prêts à accepter cette « innovation », ne percevant plus au moment voulu ce qu’on leur propose – et c’est encore mieux s’ils le demandent – comme ce qu’on leur impose.

On a pourtant du mal à saisir pourquoi, né d’une volonté de bien commun, le comité stratégique n’est composé que du seul milieu patronal : Michel Delbaere qui en est le Président, est CEO de Crop’s (production et vente de légumes, fruits et repas surgelés) et ancien patron du Voka, mais aussi, parmi d’autres multiples fonctions, président de Sioen Industries ; Dominique Leroy, CEO de Proximus ; Marc Raisière, CEO de Belfius ; Michèle Sioen, CEO de Sioen Industries (leader mondial  du  marché  des  textiles  techniques  enduits et des vêtements de protection de haute qualité), ancienne présidente de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), manager néerlandophone de l’année 2017, accessoirement impliquée dans le Luxleak ; le baron Jean Stéphenne, bien implanté dans les milieux universitaires  et  politiques,  comme  ses  autres  acolytes, ancien vice-président et manager général de la multinationale  pharmaceutique  GlaxoSmithKline  Biologicals, mais aussi président du CA de Nanocyl, spin off des universités de Liège et Namur, spécialisée dans les nanotubes de carbone (batteries, voitures, électronique…) ; Pieter Timmermans, administrateur de la FEB. Tous ces individus se connaissent, fréquentent les décideurs politiques auxquels ils transmettent les intérêts patronaux, ceux-ci les transformant en décisions politiques. Ils seront là pour vous convaincre, à l’instar du banquier Marc Raisière, qui nous mettra en garde : « Si nous ne réalisons pas ces investissements, ce sont les générations futures qui en seront les victimes, qui en supporteront les conséquences.»(17)  Tout cela « est véritablement réaliste » pour Dominique Leroy, grisée par les valeurs d’égalité et de justice. Tellement « réaliste », que le rapport du comité d’experts sur la 5G mis en place par la ministre bruxelloise de l’environnement conclura : « Un frein important aux nouvelles installations est l’opposition d’une certaine partie du public. Il est donc nécessaire de continuer d’informer et éduquer le public de façon objective, et de dépassionner le débat autant que possible ». Censés faire un rapport impartial visant normalement la protection de la population, les membres du comité, dont de nombreux scientifiques, recommanderont de « dépassionner le débat », pour réduire « l’opposition d’une certaine partie du public » et faire disparaître « le frein aux nouvelles installations ». La solution est donc de nous éduquer et nous informer. On compte sur eux.

À QUI PROFITE LE CRIME ?

Si l’intérêt public des innovations technologiques n’est jamais vraiment questionné chez ceux qui ont la responsabilité de les mettre en œuvre, c’est que les réponses à ces questions révéleraient que, au-delà des questions de santé, d’égalité ou d’environnement, l’initiative de ces projets émane de minorités qui en partageront seules les bénéfices : capitaines d’industries et patrons d’entreprises publiques, dont les choix économiques sont mis en place par des serviteurs politiques zélés qui en tireront, eux et parfois leurs proches, un jour ou l’autre, un avantage légal ou occulte, mais toujours illégitime et indécent.

À qui profite dès lors le déploiement de technologies comme la 5G ? Au-delà de toutes les considérations techniques qu’on nous vend comme un progrès, le véritable objectif demeure l’appât du gain. Sans celui-ci, il y a de fortes probabilités que personne n’aurait entendu parler de la 5G, aucune recherche scientifique n’aurait été lancée, ni publicités pour « préparer » le sujet. Il est dès lors évident que ceux qui escomptent s’enrichir un peu plus ne prôneront pas le principe de précaution, car ils savent à ce moment que les risques environnementaux, sociaux, sanitaires, rentreraient en contradiction avec l’intérêt supérieur de la finance… Ceux qui en recueilleront les fruits peuvent compter sur l’ensemble de la classe politique, parti Ecolo inclus : « Prenant acte du fait que le culte de la croissance constituait un obstacle immuable à toute action concernant le climat, les écologistes ont vite capitulé et affirment à présent que l’on peut avoir le meilleur de chacun des deux mondes, à savoir tout à la fois une atmosphère saine et une croissance économique solide, et qu’en vérité promouvoir les énergies renouvelables pour remplacer les énergies fossiles pourrait accélérer la croissance économique(18)». Les alliances entre libéraux et écolos aux dernières élections communales belges étayent ce constat. Il n’y a en effet plus une officine écolo sans son responsable en transition énergétique ou son conseiller numérique. Et pour ceux conscients que la transition est une chimère mais qu’elle sert provisoirement à assurer la croissance de leur capital, ils veilleront bien à se protéger des objets qu’ils promeuvent pour les autres, comme les patrons de la Silicon Valley mettent leurs enfants dans des écoles Waldorf sans écrans ni tablettes. Les zélateurs de la 5G vivront ainsi dans des zones décontaminées des ondes. Penser les fondements de toute création rend ainsi lucide et évite dans un premier temps de parler d’environnement, de santé, de biens communs… Il suffit de vérifier si la religion de la croissance primait dès le départ. Si on parvient à le démontrer, la conclusion arrive d’elle-même : le désir de croissance économique dans une société capitaliste où l’enrichissement repose sur un processus d’exploitation ne s’accorde jamais avec le respect de la nature, la justice sociale, le bien commun et l’intérêt de tous. L’esprit de lucre ne profite toujours qu’à une minorité et ne peut se concilier avec le souci de la vie. Ce qui suit illustre les vrais intérêts de la 5G.

LE CRÉDIT DE LA « SCIENCE »

En Belgique, les opérateurs (Proximus, Orange, Telenet) et leurs actionnaires « doivent » pouvoir compter sur le déploiement technologique ; ils ont donc obligatoirement besoin de l’État pour assouplir des « normes trop strictes » et ultérieurement assurer la mise en œuvre des infrastructures nécessaires sur tout le territoire. Mais ceci ne peut se faire, comme on l’a montré, sans feindre le processus démocratique parlementaire ; préparer la population (lui vendre le produit avant qu’il soit là), mais aussi apporter le crédit de la science en recourant aux experts scientifiques. La ministre bruxelloise du Logement, de la Qualité de vie, de l’Environnement et de l’Énergie, Céline Frémault, mettra donc dès 2015 sur pied un comité d’experts « indépendants ».

Mais arrêtons-nous un instant sur les opérateurs télécom, en particulier sur Proximus, entreprise « publique » cotée en bourse. Depuis janvier 2014, Dominique Leroy y était administratrice déléguée et présidente de son comité exécutif. On sait que les grands partis se partagent les postes d’administrateurs dans les plus importantes entreprises publiques : Loterie nationale, SNCB, Proximus, Vivaqua, sans parler des intercommunales (Publifin en offre un parfait exemple). On retrouve ainsi l’ancien député fédéral et homme aux multiples casquettes Stefaan De Clerck chez Proximus. Pourquoi trouverait-il dès lors excessif de toucher 270 000€ d’indemnités parlementaires, lorsqu’il quittera le parlement pour Belgacom(19) ? N’est-ce pas Proximus qui, il y a peu, affichait partout « Faites place à l’illimité » ?

On retrouve encore au CA : Karel De Gucht, Pierre Demuelenaere, Guido J.M. Demuynck, Martin De Prycker, Laurent Levaux, Tanuja Randery, Agnès Touraine, Catherine Vandenborre, Luc Van den Hove, Paul Van de Perre, Martine Durez et Isabelle Santens.

Ceux qui prendront les décisions qui impacteront le social et la nature durablement sont des technophiles liés à des multinationales, des fonds d’investissement, des universités, des banques, des entreprises publiques. Leroy et De Clerck iront présenter leur vision stratégique devant un parterre de parlementaires enthousiastes. Ces administrateurs choisis par le conseil des ministres décideront des orientations de Proximus dans le but principal de ne pas nuire aux actionnaires. Ainsi, c’est le conseil d’administration qui décidera du licenciement de 2 000 salariés, alors que le ministre Charles Michel feindra d’être surpris, ayant pourtant placé ses acolytes dans l’antre de l’opérateur télécom, à l’instar des autres « grands » partis. Il faut en effet, avec le soutien indispensable des médias, simuler l’étonnement pour donner l’impression que tout cela n’est pas mûrement pensé et stratégiquement organisé par une élite politico-financière qui vise les mêmes objectifs. Du spectacle, toujours(20).

En somme, avez-vous perçu dans le panel des administrateurs de Proximus un individu capable d’introduire ne fût-ce qu’une once de doute quant à la pertinence de déployer la 5G en Belgique ? N’y a‑t-il pas un patent conflit d’intérêt, dès lors que Proximus demeure une entreprise publique ? Comment par ailleurs assurer le bien commun et se soucier du principe de précaution dès lors que ces technocrates touchent des émoluments pharamineux, jusqu’à 1,55 millions d’€(21)

LE COMITÉ D’EXPERTS : LE RETOUR DE L’IMPARTIALITÉ ?

Devant cet étalage d’indécence, le recours à l’expertise scientifique allait pouvoir aider à la décision. Mais c’était sans compter que nous avions à nouveau affaire à des convaincus avant l’heure… C’est le 19 juin 2015 que le gouvernement bruxellois, sur proposition du cabinet de la ministre Frémault, approuve donc la composition du comité d’experts des radiations non-ionisantes. Si celui-ci est composé de 9 membres issus de plusieurs domaines (médical, scientifique, économique et technologique) (22), cette diversité occulte la réalité d’un comité globalement acquis à la cause technologique, les uns travaillant dans un secteur qui promeut la 5G, les autres étant directement liés aux opérateurs qui les financent. Ce groupe temporaire, dévolu à la tâche d’évaluer « de manière continue l’impact sur la santé des antennes de GSM », allait devoir non moins que statuer sur les normes de protection de la santé des Bruxellois.

LA COMPOSITION DU COMITÉ

1. TROIS MEMBRES AVEC UNE EXPERTISE SCIENTIFIQUE SUR LES EFFETS DES RADIATIONS NON-IONISANTES SUR LA SANTÉ ET/OU L’ENVIRONNEMENT :

Isabelle Lagroye est française et membre de l’ICNIRP, qui se présente comme une « commission scientifique indépendante pour promouvoir la protection contre les rayonnements non ionisants (RNI) dans l’intérêt de la population et de l’environnement(23)». Belle déclaration d’intention, mais il n’aurait pas été compliqué au parlement et au gouvernement bruxellois de découvrir ses conflits d’intérêts passés. Lagroye finance en effet ses recherches avec l’argent de France Telecom, Alcatel et Bouygues Telecom(24), réalise aussi des études financées par EDF. Elle est également membre de la Société française de radioprotection (SFRP), « dont les membres bienfaiteurs sont entre autres Areva, GDF-Suez, l’IRSN » (25).

Luc Verschaeve qui, sous l’onglet « Indépendance et intégrité scientifique », note sans humour : « Dans la recherche scientifique, il est important de lutter contre la fraude et d’éviter les conflits d’intérêts. C’est d’autant plus important quand la recherche est subventionnée par l’industrie (sic). La meilleure façon de garantir la qualité des recherches et l’intégrité des chercheurs, même sous pression de performance (sic), réside dans le maintien d’une culture de recherche optimale dans laquelle l’observation d’un code éthique strict est primordiale ». Et quoi de plus efficace pour parer à ce risque d’une recherche scientifique biaisée que de se conformer au « code d’éthique de la recherche scientifique en Belgique » et de s’assurer que « les chercheurs qui participent aux activités du BBEMG s’engagent à observer l’honnêteté scientifique complète ». Les lobbies tremblent. Nous voilà donc rassurés sur l’impartialité des recherches de BBEMG, « la collaboration avec Elia ne peut y exercer aucune influence (…), l’accord énonce clairement que les chercheurs bénéficient à tout moment d’une complète liberté scientifique et qu’ils sont totalement responsables des résultats de leurs recherches(26). » Elia, gestionnaire du réseau de transport d’électricité en Belgique, voit assurément ce code d’éthique d’un bon œil, elle qui fait certainement passer la santé et le bien-être de la population avant ses intérêts financiers. Enfin, ce n’est peut-être pas l’avis des riverains de Woluwé-Saint-Lambert qui s’étaient mobilisés contre les dangers d’émissions électromagnétiques mis en place par Elia. Ils reprochaient notamment à la commune d’avoir accepté la tenue d’une réunion d’information où Elia présente M. Verschaeve comme « expert indépendant », alors qu’ils voient en lui « cet énième contestataire d’alerte qui apparaît dans les médias ou les colloques afin de discréditer les alertes sanitaires sur les radiations(27)».

Jacques Van Der Straeten ne semble pas être l’objet de tels conflits d’intérêts. Ce médecin adopte pourtant la position « intermédiaire », typique de l’expert « faux trublion » qui, devant la marche en avant du progrès « inéluctable », préconise la prudence individuelle, propre à nos sociétés libérales : d’un côté laisser-faire total aux multinationales qui produisent les objets nocifs, choix individuel de se protéger ou non (pour autant qu’on puisse le faire) de cette nocivité de l’autre. C’est le modèle du paquet de cigarettes et des photos morbides qui l’accompagnent, de ce double message paradoxal où l’on nous vend du poison tout en nous invitant à s’en protéger, modèle qui exprime le rapport d’un État qui n’a plus prise sur le fonctionnement social, uniquement là pour garantir un contexte propice aux investissements et ajouter quelques touches de régulations palliatives pour conjurer les effets les plus visibles et empêcher un chaos total qui contreviendrait aux intérêts du capital. On laisse faire, donc, après on verra : « Puisque l’usage du GSM est actuellement généralisé, une alternative aux études de type cas-témoins est l’analyse de l’évolution avec le temps de la prévalence des tumeurs cérébrales(28)». C’est ce qui s’appelle « prendre les gens pour des cobayes(29)».

2. DEUX MEMBRES AVEC UNE EXPERTISE SCIENTIFIQUE SUR LES PROPRIÉTÉS DES RADIATIONS NON-IONISANTES :

Yves Rolain, président du comité mis en place par Frémault, est membre de l’IEEE, dont « l’objectif principal est de promouvoir l’excellence et l’innovation technologique au bénéfice de l’humanité ». Le tableau de directeurs donne à lui seul une idée des motivations de ceux qui sont à la tête de l’organisation(30). L’IEEE a organisé en 2019 son 2ème forum sur la 5G, dont l’objectif est de « mener des experts industriels, académiques et de la recherche à échanger leurs visions aussi bien que leurs avancées sur la 5G ». Elle titre : « Soyez partie prenante de la Collaboration Globale Créant la 5G pour le Bénéfice de la Société(31)». La messe est dite, les informations sur la 5G reprises sur le site ressemblant plus à une offre marketing qu’aux résultats d’une « recherche indépendante ». Rolain recevra un prix de l’IEEE en 2004, 2010, 2011, et 2012, rien à voir avec son intégrité…

Véronique Beauvois, ingénieure civile électricien à l’ULiège, fait aussi partie du BBEMG dont le bailleur de fonds est Elia. Elle travaille à l’institut Montefiore, qui est en lien avec un ensemble de sociétés spin-offs et se définit comme « une nouvelle société créée à partir d’un laboratoire de recherche dont l’objectif est de valoriser commercialement un résultat de recherche (une technologie). Pour ce faire, la société spin-off est en principe liée à l’université par le biais d’un contrat de licence qui établit les conditions du transfert de la technologie du laboratoire vers la société(32)». Difficile d’être plus clair.

Parmi celles-ci :

  • L’Association des Ingénieurs de Montefiore (AIM), où l’Université de Liège (ULiège) côtoie des sponsors comme Engie Electrabel, Lampiris, Euresis, Schneider Electric(33), Siemens, Sonaca, Tractebel ;
  • Ampacimon, qui œuvre sur tous les continents pour optimiser le réseau, où l’on retrouve comme partenaires Elia, Alstom, Pôle Mecatech, Cigré, etc. ;
  • Taipro, concepteur de microsystèmes, avec des partenaires comme Technord, Guardis, Biion, Safran ;
  • Blacklight Analytics, qui lie les compétences informatiques aux systèmes énergétiques, travaillant notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Pas besoin de décrire les quatre autres « industries universitaires spin-offs », dès lors qu’on a compris que la recherche sert l’industrie, qui en retour récompense les chercheurs universitaires. Ce vivier d’acteurs universitaires, industriels et politiques qui s’agitent dans le domaine de la haute technologie constitue une garantie indispensable pour nos gouvernements. La santé, comme la nature, n’ont jamais aucune espèce d’importance face aux impératifs économiques.

3. DEUX MEMBRES DISPOSANT D’UNE EXPERTISE SCIENTIFIQUE CONCERNANT LES BESOINS MICROET MACROÉCONOMIQUES ET SOCIAUX EN MATIÈRE DE TÉLÉCOMMUNICATIONS MOBILES :

On est ici dans le domaine supra-social, celui où, après avoir reçu les rapports des experts, les relais politiques, « pour le bien-être de la population », peuvent agir.

Laura Rebreanu, membre de la Chambre de commerce et de l’Union des entreprises de Bruxelles, ne cache pas son enthousiasme pour la technologie comme outil indispensable à la transition énergétique : « Pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, la transition vers une société “bas carbone”, limitant les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre, devra être rapide et globale. Les compteurs intelligents sont indispensables pour y parvenir(34). » Si on avait su, dès 1972 avec le Rapport Meadows que la solution était là, devant nous, dans les compteurs communicants ! « Entreprise résiliente », « stop au gaspi », « durable », « mobilité urbaine », « co-création », la représentante patronale a adopté la novlangue qui assure ce « changement dans la continuité ». Autre particularité de cette approche : il s’agit toujours d’encourager les nouvelles technologies et les bonnes habitudes individuelles, en veillant surtout à ne pas mettre en cause les plus grandes entreprises.

Walter Hecq, professeur à la Solvay Brussels School of Economics and Management, 75 ans, trône depuis des décennies dans toutes les commissions.

4. DEUX MEMBRES DISPOSANT D’UNE EXPERTISE SCIENTIFIQUE CONCERNANT LES TECHNOLOGIES DE COMMUNICATION SANS FIL :

Sophie Pollin a fait son doctorat à l’Institut de Micro-Électronique et Composants. Après Berkeley, elle rejoint le « groupe sans-fil » à l’Imec de Louvain, où elle est depuis 2012 assistante-professeur. Dans son CV disponible sur le site de l’Imec, elle écrit : « L’Internet des objets promet de plus en plus de périphériques à connecter. Nous avons donc besoin de solutions qui s’adaptent parfaitement à la densité de nœuds, qui soient intelligentes, auto-apprenantes, hétérogènes. Le domaine complexe du sans-fil comprend des réseaux en essaim, des réseaux cellulaires LTE ainsi que de futurs réseaux de capteurs mobiles aériens. Beaucoup de défis intéressants et d’opportunités réunis! (35)». Rappelons tout de même que Pollin est censée « évaluer les effets des ondes électromagnétiques », notamment en termes de santé, alors qu’elle est salariée d’une entreprise dont le leitmotiv est : « Le pouvoir de la technologie ne doit pas être sous-estimé. La technologie a le pouvoir d’améliorer des vies. C’est pourquoi nous repoussons les limites de la technologie(36)».

David Erzeel travaille pour l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) qui réglemente ces deux matières et a publié, le 24 mars 2017, un communiqué de presse qui se félicite d’avoir « prolongé de 5 ans les droits d’utilisation de Broadband Belgium dans la bande de fréquences 3,5 GHz (…) pour introduire la technologie mobile 5G en Europe ». Pas étonnant dès lors que « l’IBPT doit promouvoir l’introduction de la 5G en Belgique. Il s’agit en effet de l’intérêt du consommateur et du fonctionnement du marché interne pour les communications électroniques(37)». L’ancien président de l’IBPT, Luc Hindryckx, est devenu lobbyiste à l’ECTA (European Competitive Telecommunications Association), organisme associé à de nombreux opérateurs. Ce n’est pas une exception, les anciens leaders de l’IBPT empruntant fréquemment les revolving doors entre public et privé (Belgacom, France Telecom, Orange, etc.).

Que peut-on dire à ces êtres altruistes qui mettent tout en œuvre pour assurer notre avenir, si ce n’est « merci » ?

LA SCIENCE, FER DE LANCE DU CAPITALISME

La science et ses temples universitaires ont dédié une partie de leurs activités au développement technologique, indispensable aux profits et participant au pillage de la planète. Parmi tous les exemples, Proximus, l’ULB et la VUB ont signé à Pékin en juin 2015 « un accord technologique avec Huawei », qui « fournira l’infrastructure 5G pour le «campus du futur» à Bruxelles(38)». S’il ne semble même pas contradictoire d’associer un opérateur et une multinationale à des universités censément indépendantes, c’est que ces dernières ne le sont plus du tout. En France, exemple parmi d’autres, l’IMS, laboratoire de l’intégration du matériau au système rattaché au CNRS, « s’attache à mettre au point cette puce «miracle» qui doit tenir, à terme, sur une tête d’épingle. Une création qui n’est cependant rendue possible que grâce au partenariat liant un laboratoire de l’IMS au géant des puces électroniques STMicroelectronics(39)». Peu importe qu’il faille « environ 72 litres d’eau pour produire l’une de ces petites puces qui font fonctionner ordinateurs portables, GPS, téléphones, iPads, téléviseurs, appareils photos, micro-ondes et voitures. En 2012, sans doute près de 3 milliards de puces ont été produites. Cela représente près de 200 milliards de litres d’eau. Pour des puces semi-conductrices(40)».

Le vœu de Céline Frémault est donc pieux lorsqu’elle délègue à son comité le soin d’évaluer les ondes électromagnétiques « au regard des évolutions des technologies et des connaissances scientifiques, des impératifs économiques et de santé publique ». C’est une pure aporie que de mettre dans une même phrase les « impératifs économiques » et les questions de santé : il n’y a pas de santé dès lors qu’on introduit la compétitivité et la croissance. Ce n’est donc pas l’évaluation du comité Frémault qui allait venir déterminer le déploiement ou non de la 5G, mais la décision déjà prise par les multinationales de le faire, soutenues par les élites politiques, qui allait déterminer la position d’un panel scientifique avalisant ce qu’il fallait avaliser. Pour faire court, Frémault, comme les autres, est une exécutante. La technocratie dicte donc ses choix aux politiques qui ne peuvent toutefois les accepter sans feindre le processus démocratique au moyen d’un comité d’experts afin de donner l’illusion d’une décision impartiale, experts déjà acquis à la cause.

Dès 2010, en effet, la Commission européenne fixait ses objectifs dans le « Plan numérique 2010 », qui aboutira en 2016 à définir « un plan d’action pour la 5G en Europe », titrant sans vergogne son premier paragraphe « le déploiement rapide de la 5G : une opportunité stratégique pour l’Europe ». On peut aussi y lire que déjà « en 2013(41), la Commission a lancé un partenariat public-privé (PPP-5G) doté de 700 millions € de financement public, dans le but de garantir la disponibilité de la technologie 5G en Europe d’ici à 2020. Cependant, les efforts de recherche ne suffiront pas à eux seuls pour assurer à l’Europe un rôle de premier plan dans le domaine de la 5G. Il faut mener une action plus large pour que la 5G et les services qui en découlent deviennent une réalité, notamment pour l’émergence d’un «marché domestique» européen pour la 5G ». Il était dès lors déjà évident qu’aucun débat public ne pourrait avoir lieu et qu’aucune opposition ne pourrait se faire entendre. Pendant que la presse vante à tort et à travers les « avantages indéniables de la 5G », sans jamais exprimer le moindre doute, les tractations politiques se font donc dans la discrétion. Est-ce surprenant quand on sait que les médias appartiennent à des grands groupes financiers qui ont des intérêts multiples, notamment dans les nouvelles technologies ? D’autres instances pourtant, soulignent le danger. Dans sa résolution 1815 datée de 2011, le Parlement européen énonce au point 6 : « Attendre d’avoir des preuves scientifiques et cliniques solides avant d’intervenir pour prévenir des risques bien connus peut entraîner des coûts sanitaires et économiques très élevés, comme dans le cas de l’amiante, de l’essence au plomb ou du tabac ». Rien n’y fera, la chose étant économiquement trop importante. En situation de crise profonde et de métamorphose du système capitaliste, la seule possibilité d’assurer sa durabilité se retrouve dans la fuite en avant technologique. De ce fait, les discours « verts » et les arguments en termes de progrès social des décideurs (politiciens et patronat confondus) occultent la manne que représente la transition technologique.

COMITÉ FREMAULT : CITER LES RÉSULTATS INQUIÉTANTS POUR MIEUX LES BALAYER

Le rapport du comité Fremault illustre cette réalité, où le doute ne profite qu’aux bénéficiaires de l’« impératif économique », offrant un florilège d’assertions/ contre-assertions, où d’un côté ils citent les résultats « préoccupants » des recherches scientifiques, pour de l’autre mieux les évacuer :

– « Cette décision a été prise par la majorité des experts concernés, sur la base de plusieurs études démontrant un risque accru de gliomes chez les utilisateurs de téléphones mobiles. Il n’y a toutefois aucune certitude et des études récentes tendent à prouver plutôt que le lien entre l’exposition et les gliomes diminue au lieu d’augmenter.

Pour l’heure, il est toutefois trop tôt pour se prononcer définitivement étant donné que de nombreux cancers mettent des années à se déclarer et que l’utilisation du téléphone mobile est encore trop récente à ce stade (sic). Les indices sont encore moins nombreux en ce qui concerne les tumeurs cérébrales ou les autres cancers de la tête et du cou… La seule étude (sic) qui portait sur la téléphonie mobile et les tumeurs cérébrales chez les enfants et les adolescents n’a démontré aucun effet.

Des études portant sur des effets potentiellement génétiques (pouvant avoir un lien indirect avec un cancer) n’ont pas débouché sur des effets évidents. Des effets alarmants ont été rapportés mais uniquement dans le cadre d’études dont la qualité peut être remise en question. Les indications sont également insuffisantes pour d’autres effets potentiels pouvant avoir, dans une certaine mesure, un lien avec le cancer.

Des effets immunologiques ont été constatés, mais à ce jour, la pertinence biologique de ces observations n’est toutefois pas claire.

Étant donné que nous tenons notre téléphone mobile contre la tête, d’aucuns craignent que le rayonnement qui parvient dans le crâne ait des effets nocifs sur le cerveau (pas seulement un cancer). Il y a des indications d’effets sur l’activité cérébrale, le sommeil, l’apprentissage ou la mémoire mais les effets sont limités et pour l’heure, il n’est absolument pas certain qu’ils aient un impact réel sur la santé (…) mais les résultats ne sont pas cohérents et n’ont probablement pas de signification fonctionnelle. C’est aussi le cas chez les enfants, où des résultats douteux ont été enregistrés. Aucune perturbation du mécanisme de thermorégulation n’a été démontrée chez l’adulte ou chez l’enfant. Il convient néanmoins de poursuivre la recherche.

Plusieurs évaluations critiques de ces études arrivent à la même conclusion, à savoir qu’une perturbation de la barrière hémato-encéphalique sous l’action (notamment) de fréquences de téléphonie mobile est possible mais uniquement lorsque l’intensité de l’exposition est élevée et qu’il se produit donc des effets thermiques. On n’observe aucune perturbation de la barrière hémato-encéphalique en cas d’utilisation “normale” (sic) des appareils de communication mobile et donc d’exposition “normale”. Des expériences en laboratoire n’ont révélé aucune affection neurologique telle que la maladie d’Alzheimer, contrairement à ce que certains prétendent. Quelques études sur le sujet démontrent au contraire un effet protecteur (sic).

Des études ont constaté des effets sur la reproduction et le développement. Par contre, aucun effet sérieux n’a pu être observé aux niveaux d’exposition qui nous intéressent. Aucun effet significatif n’a pu non plus être observé chez des souris qui avaient été exposées en permanence au rayonnement de systèmes de communication sans fil et ce, sur quatre générations. Il est invraisemblable qu’il puisse y avoir des effets sur le fœtus de mères exposées pendant la grossesse en raison des niveaux d’exposition extrêmement faibles. Il n’y a aucune indication sérieuse d’effets sur la qualité du sperme.

Certains symptômes non spécifiques, tels que maux de tête, fatigue, vertiges et autres sont parfois attribués à une exposition aux fréquences radios. Il est ainsi fait mention d’»hypersensibilité électromagnétique». Des études antérieures (sic), qui ont été complétées par des études plus récentes, conduisent toutefois à la conclusion qu’il n’y a aucune preuve que l’exposition à des champs électromagnétiques provenant de téléphones mobiles par exemple, ait un lien de cause à effet avec ces symptômes. Au contraire, il y a des indications d’un effet “nocebo” ».

Concluant que, malgré les nombreuses études, « on ne peut répondre clairement par «oui» ou par «non» à la question «L’exposition aux champs électromagnétiques de systèmes de communication sans fil est-elle nocive pour la santé?» », la décision de déployer la 5G semble aller de soi. Ils préparent en outre le futur, anticipant les demandes ultérieures de l’industrie des télécommunications qui à l’évidence iront vers un toujours plus grand « assouplissement des normes » : « Il convient de noter que la limite d’exposition proposée ne signifie pas qu’au-delà de cette limite, des risques réels sont à prévoir. » À l’instar du nucléaire, le risque n’existe pas quand les intérêts économiques priment, même si on évoque des situations qu’on ne connaît pas(42). Pour le comité, « il n’y a en réalité pas de véritable base scientifique à une norme aussi stricte. Le but a d’ailleurs toujours été que le gouvernement tienne compte des valeurs conseillées mais aussi d’autres considérations (p.ex. économiques) (sic), et fixe donc des normes indiquant la limite entre les niveaux d’exposition acceptables et inacceptables (…) Au vu des connaissances scientifiques actuelles, cette norme assouplie ne semble pas inique ».

Le comité, qui devrait statuer sur les risques sanitaires, s’appuie plutôt sur une réalité créée par les industriels et les publicitaires, pour alerter sur l’insuffisance des infrastructures dans l’avenir : « L’utilisation de plus en plus généralisée des smartphones et tablettes contribue à l’augmentation du trafic de données mobiles (« données » au sens large), et donc à l’accroissement de la pression sur les infrastructures existantes qui risquent de plus en plus de se trouver en sous-capacité ». Soulignant que « les trois moteurs de la croissance » sont le trafic des données mobiles, la mise sur le marché de tablettes, laptops, smartphones et des applications de plus en plus variées, le comité conclut que « cette évolution implique des mises à niveau continues des infrastructures existantes et demandent des investissements de la part des opérateurs. La 4G avec des antennes “LTE capables” sont multi-bandes et fonctionnent en multifréquence (…) tire le marché mondial et représente des montants de 4 milliards $ en 2015 (ABI Research, 2015). Elle préfigure l’arrivée de la 5G prévue en 2020 avec les antennes LTE‑B ».

Vous avez dit « comité d’experts », dont nombreux sont issus du monde scientifique ? Au fond, ceux-ci font tout le contraire de ce qu’on attend de scientifiques : ils partent des comportements généralisés (l’utilisation massive des technologies mobiles) pour en conclure qu’ils sont le signe du bien-être de la société(43), généralisant le fait qu’une utilisation massive est d’emblée la preuve d’une innocuité, (l’amiante en offrant, à un autre niveau, un bon contre-exemple). Le comité évoque l’argument habituel où aucune précaution dans le déploiement des nouvelles technologies n’a lieu d’être, car « cela ralentirait fortement le développement de la “ville intelligente”, qui a pour but d’améliorer la qualité de vie des populations citadines tout en contribuant à une utilisation plus efficace des ressources ». La suite est à l’avenant, où l’on explique que « des études économiques montrent que chaque € investi dans les réseaux très haut débit (fixe et mobile) génère 3€ de PIB, et 1,5€ de recettes fiscales et sociales », et qu’il « est dès lors nécessaire de simplifier la législation et de diminuer autant que possible les démarches et exigences administratives ». Pour celui qui n’aurait pas saisi : « La transition numérique souhaitée par le Gouvernement bruxellois ne pourra pas se faire sans un cadre juridique, fiscal et administratif favorable ». Tiens, en tout point correspondant à « la déclaration de politique régionale (20 juillet 2014) », qui a dit vouloir « faire de Bruxelles une capitale du numérique » ?

En fin de rapport, les suggestions du comité sont stupéfiantes. À propos du site internet de l’IBGE, le comité dira : « Pour éviter que ne s’installe un climat de méfiance vis-à-vis de tous les rayonnements, il est important de mener une communication claire. Le comité estime que le site Internet peut jouer un rôle important à cet égard. Le comité estime que le site Internet mérite une plus grande renommée ».

Il ajoute : « La propagation des ondes est une matière abstraite. Les ondes électromagnétiques présentent l’inconvénient de ne pas être observables par nos sens, ce qui rend le grand public réceptif aussi bien à l’information qu’à la désinformation. Les sources d’information liées à la Région sont parfois perçues comme partiales par le public et ne sont donc pas estimées à leur juste valeur. Le comité estime qu’il faut une communication scientifiquement correcte mais vulgarisée, qui sont (sic) impartiale et dont l’impartialité soit également reconnue par le grand public. Suggestion : Prévoyez un canal d’information de vulgarisation, indépendant et honnête, pour cette matière technique ».

Quand on sait d’où ils parlent, c’est pur cynisme.

UN MODÈLE INFAISABLE

« D’après les données dont nous disposons actuellement, la solution de la technologie est tout sauf probable(44)»

Amené à buter un jour ou l’autre sur les limites de la planète, ce modèle demeure infaisable, même si ceux qui veulent sa mise en œuvre pousseront l’extractivisme jusqu’au bout, relançant l’activité minière dans des pays qui l’avaient massivement délaissée, comme la France. La réalité de la finitude des ressources naturelles notamment, comme celle des métaux rares indispensables aux nouvelles technologies, imposent ainsi de rappeler quelques faits.

Dans le mythe de la transition énergétique, tout commence avec la maîtrise des métaux rares, comme auparavant avec le charbon puis le pétrole : « Tels des démiurges, nous en avons multiplié les usages dans deux domaines qui sont des piliers essentiels de la transition énergétique : les technologies que nous avons baptisées «vertes» et le numérique(45)». Si les prémices de la transition énergétique remontent aux années 1980 en Allemagne, c’est en 2015 que se fait la grande coalition de 195 États, lors de la COP21, débouchant sur l’accord de Paris où les États escomptent contrer le changement climatique et contenir le réchauffement en deçà de deux degrés(46) en substituant aux énergies fossiles les énergies vertes. Dans son ouvrage, fruit d’une enquête de six années, Guillaume Pitron imagine un sage, figure imaginaire, qui se rendrait à la tribune de la COP21, tenant ces propos : « Cette transition va mettre à mal des pans entiers de vos économies, les plus stratégiques. Elle précipitera dans la détresse des hordes de licenciés qui, bientôt, provoqueront des troubles sociaux et réprouveront vos acquis démocratiques (…) La transition énergétique et numérique dévastera l’environnement dans des proportions inégalées. En définitive, vos efforts et le tribut demandé à la Terre pour bâtir cette civilisation nouvelle sont si considérables qu’il n’est même pas certain que vous y parveniez », concluant : « votre puissance vous a aveuglés à un tel point que vous ne savez plus l’humilité du marin à la vue de l’océan, ni celle de l’alpiniste au pied de la montagne. Or les éléments auront toujours le dernier mot !(47)». Pitron souligne les questions les plus cruciales, qu’aucune des délégations présentes ne s’est posée : « Comment allons-nous nous procurer ces métaux rares sans lesquels ce traité est vain ? Y aura-t-il des vainqueurs et des vaincus sur le nouvel échiquier des métaux rares, comme il y en eut jadis avec le charbon et le pétrole ? À quel prix pour nos économies, les hommes et l’environnement parviendront-ils à en sécuriser l’approvisionnement(48)».

L’auteur souligne la dépendance nouvelle que nous nous créerons, encore plus dramatique que la précédente : « En voulant nous émanciper des énergies fossiles, en basculant d’un ordre ancien vers un monde nouveau, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance, plus forte encore (…) Nous pensions nous affranchir des pénuries, des tensions et des crises créées par notre appétit de pétrole et de charbon ; nous sommes en train de leur substituer un monde nouveau de pénuries, de tensions et de crises inédites(49)».

Par ailleurs se pose la question essentielle du « propre ici » qui repose sur du « sale là-bas » : dans les mines de graphite (ressource minière qui entre dans la fabrication des voitures électriques), « des hommes et des femmes, nez et bouches recouverts de simples masques, travaillent dans une atmosphère saturée de particules noircies et d’émanations acides. C’est l’enfer(50)». « Ce panorama des impacts environnementaux de l’extraction des métaux rares nous astreint, d’un coup, à poser un regard beaucoup plus sceptique sur le processus de fabrication des technologies vertes. Avant même leur mise en service, un panneau solaire, une éolienne, une voiture électrique ou une lampe à basse consommation portent le péché originel de leur déplorable bilan énergétique et environnemental. C’est bien le coût écologique de l’ensemble du cycle de vie des greentech qu’il nous faut mesurer – un coût qui a été précisément calculé(51)».

Sur la question de l’impossibilité de réaliser cette transition sans une consommation massive d’énergies et de matières premières (« des centrales à charbon, à pétrole, à gaz et nucléaires, des champs éoliens, des fermes solaires et des réseaux intelligents – autant d’infrastructures pour lesquelles il nous faudra des métaux rares »), Pitron a tenté à de multiples reprises de contacter Jeremy Rifkin, théoricien de la 3ème révolution industrielle et laudateur de la transition énergétique, sans succès. Et son explication à cette fuite offre une explication générale sur l’aveuglement massif et l’illusion des greentech : la transition énergétique et numérique a été pensée hors-sol. Quelles que soient ses applications, chacune d’elles en effet « procède d’abord beaucoup plus prosaïquement d’un cratère entaillé dans le sol (…) Au fond, nous ne réglons en rien le défi de l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes, nous ne faisons que le déplacer(52)».

ARTICULER LE REFUS DU MONDE QU’ON NOUS PRÉPARE ET LA LUTTE CONTRE LA RICHESSE INDÉCENTE

Placer nos espoirs dans les politiciens, les implorer de « prendre les bonnes décisions », c’est leur laisser le pouvoir d’imposer leurs solutions en usant des instruments médiatiques qu’ils contrôlent et qu’ils utiliseront pour nous faire croire que ces solutions sont le résultat de nos demandes et pour notre seul bien. Ainsi de la transition numérique, téléguidée par les multinationales et leurs serviteurs. La 5G, symbole de cette course en avant, nous promet l’enfer. Ce sont les capitaines d’industries, ceux qui montent leur société boîtes-aux-lettres au Luxembourg, les banquiers et autres agioteurs que l’ex-Premier ministre Charles Michel avait chargés, au nom du gouvernement, de réfléchir à un Pacte national d’investissements stratégiques, dont les commanditaires ne sont autres que les patrons de Belfius, Proximus, Sioens Industries, la Fédération des entreprises de Belgique… qui sont les véritables architectes qui vont « préparer notre pays à la prochaine décennie ». Il leur faudra pour cela « réaliser une série d’investissements urgents au cours des prochaines années. Ces investissements permettront de renforcer l’économie, l’innovation et l’emploi. Nous avons besoin de cette prospérité supplémentaire pour continuer à financer l’enseignement, les soins de santé et la protection sociale. Mettons-nous tous à la tâche pour mener ceci à bien. Construisons ensemble notre avenir. Car l’avenir nous appartient ! ». Certes, il leur appartient à eux seuls, pour l’instant, qui ne cherchent qu’une seule chose : conserver le pouvoir pour relancer la croissance afin d’assurer leurs profits(53). Mais c’est de l’avenir des espèces vivantes et de la nature, pas de celui d’une minorité insatiable, imitée et soutenue à bras le corps par 10 % de la population, dont nous nous soucions. Et pour assurer cet avenir, il faudra inévitablement sortir de l’impératif de la croissance économique et oser des changements radicaux. Nous savons ce qu’il faut refuser et que nous devons renverser. Notre survie est à ce prix.

Alexandre Penasse

Pour poursuivre la réflexion, lire aussi : « Nous sommes en guerre contre la 5G », https://www.kairospresse.be/article/62899/, et tous les articles sur le site, en tapant dans la barre de recherche «5G»

Notes et références
  1. Stephen Emmott, 10 milliards, Fayard, 2014, p.142
  2. Ibidem, p.143.
  3. Clive Hamilton, Requiem pour l’espèce humaine, Paris, 2013, p. 20.
  4. Clive Hamilton, op. cit, p. 16.
  5. http://www.ieb.be/5G-l-exploitation-sans-travail-c-est-la-sante
  6. https://www.rtbf.be/info/medias/detail_la-belgique-sera-t-elle-prete-pour-la-5g?id=9990997.
  7. https://spectrum.ieee.org/video/telecom/wireless/everything-you-need-to-know-about-5g.
  8. Clive Hamilton, op. cit., p. 49.
  9. http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/1214/54K1214001.pdf.
  10. Il faut préciser que ce n’est pas vraiment une déduction, la comparaison entre les pays n’est pas la cause de la volonté de faire « mieux », elle n’est qu’un prétexte à la course. Ce n’est donc pas parce qu’ils voient les autres que les États veulent faire mieux, mais parce qu’ils veulent faire mieux qu’ils regardent les autres.
  11. Dans le pacte national pour les investissements stratégiques, véritable feuille de route pour le déploiement tous azimuts des technologies numériques, pas une seule fois le mot « climat » n’est employé dans son sens propre. De même, « L’accord de Paris sur le changement climatique ne mentionne pas une seule fois les mots “métaux”, “minerais” et “matières primaires” », voir Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique, Les Liens qui Libèrent, 2018, p. 23. Cela fait également partie de la novlangue, qui consiste aussi à utiliser les mots dans des sens figurés qui petit à petit prendront un sens propre. Nous reviendrons plus loin sur cette question.
  12. https://www.premier.be/sites/default/files/articles/Report_FULL-FR_WEB_FINAL.pdf
  13. « Lancement du pacte national pour l’investissement en Belgique », 11/09/2018, www.rtbf.be
  14. https://premier.fgov.be/sites/default/files/articles/Report_FULL-FR_WEB_FINAL.pdf
  15. « Rudy Demotte absent de la présentation du plan d’investissements : «On n’est pas là pour lustrer le travail du fédéral» », 11/09/18, La Première, www.rtbf.be.
  16. « Lancement du pacte national pour l’investissement en Belgique », 11/09/2018, www.rtbf.be.
  17. Idem.
  18. Clive Hamilton, op. cit, pp. 55–56.
  19. « Stefaan De Clerck : «Je ne vois pas pourquoi je devrais renoncer à mes indemnités parlementaires» », 28/09/13, www.lavenir.net
  20. « Dans l’entourage de Charles Michel, il se dit (sic) que ce dernier est particulièrement remonté contre le management de Proximus. Le premier ministre n’a été informé qu’en fin d’après-midi et s’estime mis devant le fait accompli », Le Soir, 09/01/2019.
  21. « Stéphane Richard mérite-t-il son salaire de 1,55 million d’euros ? », 2017, www.capital.fr.
  22. http://celinefremault.be/fr/ondes-electromagnetiques-designation-de-la-composition-du-comite-dexperts
  23. https://www.who.int/peh-emf/project/intorg/fr/
  24. https://reporterre.net/IMG/pdf/ondes-experts-declaration_d_interets.pdf
  25. « Lobby mode d’emploi ? », communiqué de presse de l’association française Robin des Toits – 09/01/2014, https://www.robindestoits.org.
  26. https://www.bbemg.ulg.ac.be/fr/index-bbemg/infos-complementaires/independance-et-integrite-scientifique.html
  27. http://tervueren-montgomery.eu/pdf/2015–12-08-Reunion-information-Forgez-votre-opinion-sur-la-ligne-150000V
  28. https://www.researchgate.net/publication/242784812_GSM_Wifi_etc_danger_pour_notre_sante
  29. Voir l’article de Paul Lannoye in Kairos, novembre-décembre 2018, « Avec la 5G, tous cobayes ? ».
  30. https://www.ieee.org/content/dam/ieee-org/ieee/web/org/about/corporate/2018-bod-bios.pdf, consultée en décembre 2018, cette page n’est désormais plus accessible sans un identifiant et un mot de passe.
  31. http://ieee-wf-5g.org/
  32. http://www.sopartec.com/fr/qu_est-ce-qu_une-entreprise-spin-off-/122/2#.XDtwis1CdVg
  33. Vous vous souvenez, entreprise dont Tanuja Randery, administratrice de Proximus, est présidente pour le Royaume-Uni et l’Irlande… nous n’avons ni la place ni le temps de développer les croisements entre tous les protagonistes de l’affaire et leurs divers liens avec les entreprises, mais il est assuré que cette recherche donnerait un tableau digne d’un empire mafieux.
  34. « Compteurs intelligents : un outil dans la transition vers une société bas carbone », 18/05/2018, www.beci.be.
  35. https://www.esat.kuleuven.be/telemic/People-of-telemic/00041938
  36. https://www.imec-int.com/en/about-us
  37. https://www.ibpt.be/public/pressrelease/fr/135/persbericht_BroadBand%20Belgie_verlenging%20gebruiksrechten_240317_FR.pdf
  38. www.ulb.ac.be/babelbox/ws/getfile.php5?filter=databox6-art-attach-699…pdf
  39. « La puce qui va ringardiser nos smartphones est conçue à Talence », 22/10/2014, https://objectifaquitaine.latribune.fr.
  40. Stephen Emmott, Ibid., p. 75.
  41. Un plan d’action pour la 5G en Europe, cf. https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2016:0588:-FIN:FR:PDF
  42. Voir https://www.kairospresse.be/article/appel-absurde-2-le-forumnucleaire
  43. « Aujourd’hui, plus personne ne nie l’apport de la technologie mobile pour le bien-être de la société et le succès de son développement en est le reflet ». , cf. le panel d’experts…
  44. Stephen Emmott, pp. 167 & 169.
  45. Guillaume Pitron, La face cachée de la transition énergétique et numérique, Les Liens qui Libèrent, 2018, p. 17.
  46. Pour 2 degrés, c’est déjà trop tard.
  47. Guillaume Pitron, Ibidem, p. 22.
  48. Ibidem, p. 23.
  49. Ibidem, p. 26.
  50. Témoignage anonyme d’une journaliste chinoise, Ibidem, p. 42.
  51. Ibidem, p. 55.
  52. Ibidem, p. 69.
  53. Notons, et ce n’est pas rien, que lors d’une session parlementaire, Ecolo-Groen, MR, CDH, Open-VLD, NVA, PS, se disent enchantés du Pacte, sans même que la composition du comité ne les choque le moins du monde. Audition à la Chambre des représentants de Belgique, du 22 décembre 2017. http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/2867/54K2867001.pdf

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