Veehouderij van de mensheid: onze eigen vrijheid haten?

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La pandémie est loin d’être terminée, mais il est désormais évident que la liberté des humains est menacée au premier degré par les mesures que les États ont jugé nécessaire de prendre. Pour notre survie ou la leur ? Quoi qu’il en soit, l’ensemble des décisions actuelles convergent vers la transformation rapide de l’humanité en un cheptel de producteurs-consommateurs apeurés les uns par les autres, dans une spirale d’agressivité et de destructivité qui est fort connue depuis des siècles. La cheptelisation de l’humanité devient une perspective crédible à très court terme, mais il ne tient qu’à nous qu’elle soit aussi la dernière carte que nos maîtres peuvent jouer avant leur effondrement.

Arianna Simoncini

Le QR-code du laissez-passer sanitaire ou vaccinal, la 5G, la généralisation du téléphone intelligent (smartphone) comme outil de base permettant la vie en société et tant d’autres éléments bien connus des lecteurs de Kairos tissent autour de nous un véritable filet de contention, et, désormais, de contrôle social et culturel, donc politique, aux mailles de plus en plus serrées. Nous ne sommes plus très loin du contrôle social total à la chinoise, à travers ce que l’on appelle là-bas « le crédit social ». D’ores et déjà, les applications « anti-covid » nous permettent de nous contrôler les uns les autres. 

Cependant, beaucoup de Français refusent d’utiliser leur QR-code et ne se sont fait vacciner que contraints et forcés, sinon ils perdaient leur emploi ; certes, d’autres l’ont accepté avec joie et entrain. Ces derniers sont d’ores et déjà phagocytés par la discipline de la peur, ce moment politique où, comme l’expliquait Erich Fromm en 1941 dans La Peur de la liberté, une large part des humains abdique sans le moindre regret sa liberté pour se fondre dans un troupeau rassurant. La liberté implique en effet de construire sa vie, de prendre des décisions parfois en opposition avec le consensus, de nager à contresens du courant dominant, et tout cela est non seulement fatigant, mais générateur de doutes. Dans une ambiance d’incertitude absolue, l’abdication de sa propre liberté devient une solution facile, et le troupeau est toujours accueillant puisqu’il se reconnaît dans chacun de ses membres apeurés qui ont pris l’ultime décision de ne plus prendre de décision ! 

QUEL ENNEMI NOUS FAIT FACE ? 

Si le troupeau sied au régime de dictature, alors, autant survivre dans le troupeau que tenter l’aventure improbable et dangereuse de la liberté. Le processus d’abdication est d’autant plus facile que nous avons l’impression, même si nous sommes des millions de « rebelles » à l’utilisation du QR-code, que nous faisons face à un pouvoir extrêmement fort. Mais le pouvoir est-il aussi fort que nous le jugeons à première vue ? 

Tout d’abord, remarquons, avec Simone Weil, que « ceux qui ordonnent sont moins nombreux que ceux qui obéissent. Mais, précisément parce qu’ils sont peu nombreux, ils forment un ensemble. Les autres, précisément parce qu’ils sont trop nombreux, sont un plus un plus un, et ainsi de suite. Ainsi, la puissance d’une infime minorité repose malgré tout sur la force du nombre. Cette minorité l’emporte de beaucoup en nombre sur chacun de ceux qui composent le troupeau de la majorité » (Méditation sur l’obéissance et la liberté, 1937–1938). La force du pouvoir auquel nous faisons face provient donc surtout et avant tout de notre propre incapacité, ou en tout cas de notre difficulté, à nous ressentir comme une masse. Nous ne sommes encore qu’un plus un plus un… 

Or, non seulement nous faisons face au pouvoir des Comités qui ont usurpé le pouvoir gouvernemental (en France, le Conseil scientifique covid-19 et le Conseil de défense sanitaire), mais qui plus est nous devons également affronter, chaque jour, la masse du troupeau apeuré qui est passé d’une discipline de la peur à une « discipline de la haine » (cette dernière expression est due à Régis Duffour, dans un texte qui porte ce titre et n’a, hélas, pas connu le succès qu’il aurait mérité). 

La discipline dont il s’agit se remarque chaque jour : les chefs d’État, les Comités ou Conseils a‑démocratiques dont ils se sont entourés pour lutter prétendument contre la pandémie, l’intensification du discours médiatique en faveur du « lobby vaccinal », le rôle de plus en plus répressif joué par des organismes de contrôle professionnel comme l’Ordre des médecins, l’incertitude générale concernant l’avenir et tant d’autres facteurs négatifs jouent tous à fond pour renforcer cette discipline de la haine. La division du corps social s’accentue chaque jour, en désignant un bouc émissaire fort commode : le non-vacciné, le non-QR-codisé. 

SI TOUT BASCULAIT… 

La situation sociale en France se caractérise désormais par la division du corps social en trois fractions : les vaccinés heureux et haineux des autres ; les vaccinés par contrainte qui refusent d’utiliser leur QR-code dont ils sentent à quel point il est utilisé à des fins de caractère dictatorial ; les non-vaccinés qui le refusent pour la plupart, pas tant par rejet du vaccin que par l’horreur absolue que leur inspire la société totalitaire montante et désormais en construction sous nos yeux enfin dessillés. Les vaccinés heureux constituent vraisemblablement une grosse minorité, ou alors une très faible majorité, mais, dans les médias, leur position est archi-majoritaire. Se pose donc pour nous l’éternelle question : que faire ? Comment renverser le cours des choses ? 

Dans un régime antidémocratique comme l’est devenue la France, dans lequel l’Exécutif assume la totalité du pouvoir et a anéanti le Législatif et le Judiciaire, la lutte ne semble pourtant pas terminée au cœur même de l’État. Certains éléments regrettent semble-t-il le « monde d’avant », celui où, justement, l’Assemblée ou les magistrats avaient encore quelque rôle à jouer. Il est tout à fait plausible que ces contradictions parmi les tenants du pouvoir expliquent l’incohérence des mesures prises. Mais, on en conviendra aisément, si la lutte contre l’évolution totalitaire ne se situe plus qu’entre les diverses factions qui se disputent actuellement le pouvoir, cela n’augure rien de positif ni à court terme, ni même à moyen terme. 

L’histoire peut sans doute nous inspirer, même si elle ne repasse jamais les plats, selon l’expression consacrée. Les plats, sans doute pas, mais certaines situations à travers l’histoire offrent des similarités troublantes. En l’occurrence, nous assistons, depuis deux ans maintenant, à la décomposition évidente d’un monde, d’une civilisation – et pas seulement d’un système productif fondé sur l’industrie comme dans les décennies d’après-guerre. Nous avons été nombreux à anticiper ce déclin irréversible depuis des années et même des décennies, mais peu importe. Ce qui compte désormais est que nous sommes nombreux à comprendre que le monde d’avant n’existera plus jamais, que des pays comme la Belgique ou la France n’auront plus rien de démocratique ni de républicain (au sens où la « chose publique » doit être au service des citoyens) pour les années à venir (ou peut-être une ou deux décennies, qui sait ?), et qu’il nous faut donc nous retrousser les manches pour inventer autre chose. De toute façon, c’est bien ce monde d’avant qui a accouché de ce qui advient. Posons-nous donc la question de savoir comment nous en sommes arrivés là, et tâchons de comprendre enfin ce que nous devons construire pour que, dans un avenir pas trop lointain si possible, nous puissions enfin voguer vers des cieux beaucoup plus cléments pour les humains et pour cette planète à bout de souffle. 

Philippe Godard 

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