Ne pas espérer, agir

C’est un peu comme si on disait aux troupes que l’ennemi s’est replié. Baissant les armes et la garde en même temps, celles-ci ne seraient maintenant plus en mesure de voir qu’une faction rivale est prête à les assaillir depuis un poste embusqué.

La même chose risque de se passer avec la « grande nouvelle » du jour : « L’État condamné à lever toutes les mesures covid d’ici 30 jours ». On a du mal à imaginer que d’ici 30 jours nous serons sortis de l’état de sidération dans lequel le gouvernement et ses médias nous ont plongés depuis un an.

Certes, la justice fait parfois son travail, mais la séparation des pouvoirs relève plus du domaine de la fable que de la réalité. Quant à l’astreinte de 5.000 € par jour, il faudra lire jusqu’au bout pour découvrir que le montant total ne pourra pas dépasser 200.000€… peanuts pour l’État.

Et si le corps social, fragilisé par la bonne nouvelle, était plus enclin à se faire avoir ? Souvenons-nous aux Pays-Bas, lorsque le tribunal de La Haye avait estimé que le gouvernement néerlandais devait mettre fin au couvre-feu en vigueur, alors que les émeutes contre les mesures covid battaient leur plein(1) : le jour même, la Cour d’appel néerlandaise a suspendu le jugement2.

L’article du Soir, quotidien qui a depuis un an œuvré à faire du journalisme de la pédagogie par la peur pour convaincre les Belges d’obéir, termine l’article de ce jour par une note on ne peut plus claire :

« Il serait étonnant que l’État n’interjette pas appel de cette décision. Notons que la loi « pandémie », destinée à mettre fin à ces problématiques, sera débattue ce mercredi après-midi en commission à la Chambre ». (2)

Nous voilà donc rassurés : l’État ne restera pas sur cette décision (ce serait naïf de le croire, alors que derrière ces politiques liberticides, il y a autre chose qu’une simple réactivité à une « pandémie »). Pensons aussi que la loi Pandémie, sur laquelle le Parlement se penche, sera influencée par cette plainte de la Ligue des Droits de l’Homme., avec le risque de la précipiter.

Et si tout cela allait favoriser l’inscription dans la loi d’un État d’urgence permanent ?