Le monde que nous créons

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Ce petit monde se nuance et change sans cesse, comme un kaléidoscope. Il est comme une musique qui caracole avec ses refrains et improvisations. Mais il y a un refrain qui depuis deux siècles revient sans cesse, lancinant : une partie d’entre nous a peur. Elle ne supporte pas l’imprévu qui ferait basculer le programme. Une partie d’entre nous a pris le pouvoir, par peur de souffrir. Parce qu’en faisant tout pour contrôler et prédire, on pourrait faire taire les alternatives, les asservir. 

Tout dans le moindre détail est désormais le fruit d’un processus programmatique, d’une ingénierie automatique de gestion optimisée. Boucles de rétroaction, programmes d’action qualité, intelligence artificielle, deep learning, data driven factory, data driven health, trading à la nanoseconde, agendas partagés... La démesure du contrôle. La folie prométhéenne jusqu’au grotesque. 

Toute action sur la matière est désormais médiée par un système technique, pour lequel vous n’êtes qu’une...

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