La mise à mort médiatique

Ceux-là mêmes qui rabâchent constamment le principe de déontologie journalistique semblent réserver celui-ci uniquement aux autres. Les journalistes installés, bénéficiant de l’aura du « grand média », font ce qu’ils veulent, respectant l’éthique à la carte, de façon partiale, jetant les anathèmes mais refusant tout débat pour celui qui voudrait s’expliquer(1). Ils dominent les réseaux de communication et peuvent donc décider qui parlent, condamner celui qui ne dit pas ce qu’il faut et l’empêcher d’utiliser leur réseau pour se défendre.

Les limites que les journalistes aux ordres ont désormais dépassées témoignent à la fois de leur repli défensif, alors que de plus en plus réalisent leur responsabilité majeure dans la désinformation et la propagande ; mais leurs attaques ad hominem sont aussi la marque d’un contexte de polarisation que les médias et les politiques génèrent et entretiennent, établissant une ligne de fracture entre ceux qui obéissent aux mesures liberticides des gouvernements et ceux qui les remettent en question.

Plutôt que de fournir les informations qui permettraient de penser la situation, ils vendent du contenu qui suscite l’adhésion et occultent ou bannissent tout ce qui ne va pas dans leur sens : réfléchir par exemple à la nécessité des vaccins, en amont, leur dangerosité et effets secondaires, en aval, fait de vous un « anti-vaxx ». Ils dichotomisent ainsi la société entre les « pro » et les « anti », plutôt que de permettre le doute et les questionnements autour de données qui ouvriraient un espace pour penser la situation, loin de l’angoisse, de la culpabilité et du recours à la catégorisation personnelle.

Contre l’inquisition médiatique, la résistance

Les médias créent leurs héros et leurs coupables. Ainsi de Bernard Crutzen, lynché médiatiquement pour avoir osé mettre en doute la Vérité scientifico-politico-médiatique du covid, dans Ceci n’est pas un complot. L’hérétique est classé dans la catégorie des « cancres », dans un article deux pages du Télé Moustique qui décerne les prix de fin d’année scolaire, un de ces marronniers(2) qui remplit leur page.

Sous le titre, d’une violence inouïe, « Exclus à vie », à côté d’une photo du réalisateur, on peut lire : « Les documentaires Ceci n’est pas un complot et Hold-up, pour manque d’honnêteté intellectuelle et propagation d’informations biaisées et toxiques ». On comprend bien que l’exclusion à vie concerne plutôt Bernard Crutzen que les deux documentaires (on n’exclut pas un documentaire), alors que les deux autres personnages de la catégorie « cancres » sont Georges-Louis Bouchez, pour son piètre néerlandais, et Denis Brogniart pour la « pire saison de Koh-Lanta »… Ceux qui éditent le journal et celui qui écrit l’article ne réalisent pas le peu de fondement et l’ineptie de leurs propos, pris dans une endogamie médiatique qui n’a d’équivalent que la pensée unique propre au microcosme politique. On est bien là dans la presse de caniveau. On aimerait les voir si offensifs vis-à-vis des abrutissements qu’ils servent à leurs spectateurs à longueur de journée…

Face aux lynchages des médias inféodés, nous devrons nous serrer les coudes, rester solidaires et informer qui peut encore l’être. Nous devrons produire et diffuser nous-mêmes les œuvres qui nous paraissent importantes. Nous devrons nous passer d’eux. 

Respect et soutien à Bernard Crutzen. Honte aux chiens de garde du journalisme ! 

  1. https://www.kairospresse.be/le-debat-naura-pas-lieu/?highlight=ruyssen
  2. En journalisme, un marronnier est un article saisonnier sur un événement qui se renouvelle chaque année (neige, chute des feuilles, vacances d’été, fin de l’année scolaire…).