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7 avril 2021

Maintien de l’ordre ? Pas pour tout le monde…

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Le 8 février dernier, disparaissait le lobbyiste Koen Blijweert à l’âge de 64 ans. La presse francophone n’a pas relayé cette information alors qu’en Flandres, plusieurs journaux ont publié des articles sur ce décès.

Le terme lobbyiste utilisé le plus souvent pour Blijweert n’est pas idéal, comme nous allons le voir. En fait, Blijweert représentait tout ce que notre société ne supporte plus aujourd’hui : la corruption, le crime organisé étatique, la collusion, le népotisme. En un mot, la décadence ultime d’un État pourri.

Il était le fils de Renaat Blijweert qui dirigeait les entreprises Amelinckx dans les années ’70. Il était surnommé l’homme aux 70 interrogatoires. Il avait en effet été interrogé d’innombrables fois pour son implication dans différentes «  affaires  », mais n’avait jamais été condamné.

Il avait commencé sa «  carrière  » en créant une société spécialisée dans la dératisation et que d’aucuns soupçonnaient de payer des pots de vin afin d’obtenir des marchés publics.

Pots-de-vin et carrousels à la TVA

Ses liens avec le tout puissant CVP en général et en particulier avec Léo Delcroix et Jean-Luc Dehaene, étaient connus de tous.

Il avait été impliqué dans un énorme carrousel à la TVA monté par la société Action Trading mais la prescription avait mis fin aux poursuites, comme par hasard.

Il était également entré dans les annales du crime organisé économique en envoyant le substitut du procureur du Roi Dirk Merckx dans un bordel d’Amsterdam avec sa voiture, son chauffeur et sa carte de crédit en échange de l’étouffement des poursuites le concernant.

Lorsque la position du CD&V est devenu moins puissante, il s’est tourné vers Bart De Wever et la NVA. Le fameux dîner chez Bruneau où étaient présents ce dernier ainsi que Didier Reynders et Jean-Claude Fontinoy(1), Blijweert y était également comme conseiller de De Wever.

De même, il a été le chef d’orchestre du partage des commissions occultes dans le marché du déménagement de la police fédérale vers la cité administrative et le RAC 2. Dans ce dossier, il officiait avec le même Fontinoy pour le MR et avec Luc Joris(2) et Michèle Lempereur pour le PS(3).

Son décès laisse seul l’ancien patron de la PJ Glenn Audenaert dont on apprend qu’après 10 ans d’enquêtes plus ou moins sabotées, il est poursuivi pour corruption, blanchiment d’argent, violation du secret professionnel et faux, dans ce dossier(4).

Nos forces de police ne devraient-elles pas être réorientées sur ce type de mission plutôt que le maintien de l’ordre face à sa propre population ?

Blijweert possédait un splendide chalet à Megève dans lequel il invitait de nombreux politiciens belges dont Bart De Wever. Selon Apache, les lieux étaient équipés de nombreuses caméras utiles pour garder les traces des ébats et des confidences de nos dirigeants(5).

Blijweert a été le porte-valises du CVP, puis du CD&V et ensuite de la NVA. Il a pactisé avec les socialistes et les libéraux wallons. Tout était bon du moment que la commission était au rendez-vous. Et plus il pouvait garder des preuves que ses partenaires avaient mis les mains dans le pot de chocolat, au mieux c’était.

La nature détestant le vide, il a déjà été remplacé.

Combien de temps devons-nous encore supporter ce genre d’individu ?

Le sommet dans l’affaire de la corruption liée au déménagement de la police fédérale vers le RAC 2 vient d’être atteint grâce aux révélations du journal De Tijd(6). On y apprend que l’Inspection Spéciale des Impôts (ISI) a signé un accord «  à l’amiable  » avec Franck Zweegers, le propriétaire de la Tour des Finances. Tout cela est resté secret jusqu’à ce jour. En clair, Zweegers et Blijweert ont réussi à étouffer l’affaire qui s’est soldée par des frais limités pour eux.

Combien de temps devons-nous encore supporter ce genre d’individu  ? Notre système judiciaire est-il capable de protéger notre régime démocratique ou ce qu’il en reste, face à des «  Koen Blijweert  »  ? Il est permis d’en douter.

Nos forces de police ne devraient-elles pas être réorientées sur ce type de mission plutôt que le maintien de l’ordre face à sa propre population  ?

Est-ce que la crise que nous vivons n’est pas l’occasion de nous débarrasser de ce type de parasite  ?

Poser la question, c’est y répondre.

  1. homme de confiance de Didier Reynders et président en partance de la SNCB
    ex-administrateur de la SRIW
  2. cfr. « Michèle Lempereur, belle amie. » in Wilfried, printemps 2018
  3. cfr. Le Soir, « Bruxelles : l’ex-chef de police Glenn Audenaert poursuivi pour corruption. » 31 mars 2021
  4. cfr. Apache, « Politici, vastgoedbonze et verborgen camera’s in Megève », 23 octobre 2019
  5. cfr. De Tijd, « Fiscus schikt miljoenenclaim rond Financietoren », 6 avril 2021
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