chronique/
17 avril 2019

CE PRINTEMPS, ENFIN !

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« Au printemps de quoi rêvais-tu,
Vieux monde clos comme une orange,
Faites que quelque chose change,
Et l’on croisait des inconnus
Riant aux anges ».

Jean Ferrat

Nombreux étions-nous à trépigner d’impatience, l’an dernier, lorsqu’était évoqué le printemps de 68. Tout cela, cette attente de « quelque chose » en souvenir de ce mois de mai de légende, quitte à ce que ce soit n’importe quoi ou à peu près, était au fond bien puéril, j’en suis parfaitement conscient. Mais enfin, comme le dit la sagesse populaire, « on ne se refait pas » ; et il y a des rêves et des espérances qui ont du mal à s’effacer. Et, parfois, sans crier gare « quelque chose » survient, à quoi nul ne pouvait s’attendre ; comme une comète venue de nulle part, illuminant la nuit et répandant partout une lumière fraîche et joyeuse.

Ainsi de ces infatigables gilets jaunes, qui depuis de déjà longues semaines, de samedi en samedi dans toutes les villes, sur les ronds-points de France et de Navarre, à la Une des gazettes, sur les plateaux des télévisions et les réseaux sociaux, occupent le devant d’une scène où se jouait, depuis si longtemps, trop longtemps, un spectacle devenu par trop contre toute attente, il arrive que les rêves reprennent corps, que des événements surgissent, comme venus de nulle part. Nombreux sont ceux qui observent, analysent et décortiquent avec le plus grand sérieux un mouvement qui n’a d’équivalent que dans la grande révolution de 1789, le front populaire ou les mois de mai-juin 1968. Tous s’accordent aussi pour dire et dénoncer une répression de grande ampleur qui ne tient pas seulement aux multiples exactions des forces de police mais, aussi, au caractère de plus en plus autoritaire d’un pouvoir qui n’a de cesse de promouvoir lois et consignes qui ont pour objet la criminalisation et la judiciarisation de toute forme de contestation sociale. Par certains côtés, la chose est même parfois cocasse quand on voit que le simple fait de décrocher le portrait du président des murs des mairies est passible de peines absolument disproportionnées, on en viendrait à souhaiter que le ridicule tue. Mais, assurément, les coups, les blessures, les menaces de toutes sortes n’ont que peu d’effet sur la détermination des gilets jaunes qui en sont à imaginer, lors de rassemblements où la parole est reine, une foule d’actions parallèlement aux démonstrations de rue qui restent à l’ordre du jour, malgré les intimidations de toutes sortes. Il ne fait aucun doute – malgré les chiffres fantaisistes du ministère de l’intérieur – que le mouvement est loin de s’essouffler ; les images venant de partout et visibles sur les réseaux sociaux sont là pour en témoigner. Mais attendons la suite. Lorsque vous aurez cette chronique sous les yeux, le temps aura passé, le président Macron y sera allé de grandes et, qui sait, surprenantes déclarations et promesses, consécutives à la synthèse du Grand Débat, les élections européennes seront en vue avec, peut-être, là aussi, des surprises de taille, qui réduiront à rien les innombrables sondages qui auront précédé, bref, nous aurons de quoi nous réjouir ; ou non.

ILS NOUS PRENNENT POUR DES CONS !

En attendant, revenons « chez nous » et à nos petites affaires… Nous aurons assisté, avec soulagement pour beaucoup d’entre nous, à la fin du tristement célèbre gouvernement Michel-De Wever et, concomitamment, au lancement de la campagne pour les prochaines législatives et, accessoirement, européennes, avec son lot de cocasseries et d’outrances de toutes sortes. Où l’on voit que ces « gens-là  » nous prennent littéralement pour des demeurés, voire même pour des cons, mais ce n’est pas nouveau. Voyez le Mouvement Réformateur qui effectue un virage à 180° – plus ce n’est pas possible et on s’en réjouira – passant, comme par magie, de l’hyper-libéralisme au gauchisme le plus débridé, (les détails sont visibles sur internet en attendant les tracts, affiches et autres supports papier qui ne vont pas manquer d’envahir nos boîtes à lettres). Reste à espérer que les électeurs n’auront pas oublié les innombrables attaques menées contre les plus fragiles, les malades et autres assistés et au détricotage de ce qui nous restait de services publics. Mais enfin, à les en croire, tout ça c’est terminé ! Place à la justice sociale, aides accrues à ceux qui en ont le plus besoin, fin des discriminations de toute nature, guerre à la fraude fiscale des méchants riches et j’en passe – et pardon si j’en remets une couche mais tout cela est vraiment trop drôle ! Et je vais être honnête et ne pas passer sous silence la non moins rigolote campagne du parti à la rose au poing-mais-pas-dans-la-gueule, restons courtois malgré ce qui nous différencie – si peu – de ces vilains libéraux ; nous allons revenir aux fondamentaux et redevenir LE parti des travailleurs et ce ne sont pas ces dangereux Marxistes-Léninistes-Mao-Spontex du PTB qui prendront notre place, il ne faut pas exagérer. Encore que, là… il y aura sûrement des surprises. Pour le reste, ne manquons pas de signaler à nos lectrices et lecteurs le confortable pantouflage à venir de nombreux élus du MR et du cdH recasés dare-dare dans telles et telles structures publiques.

Pour en terminer, toutes mes félicitations et l’expression de mon plus profond mépris à ces « décideurs  », qui, ces derniers temps et un peu partout dans les villes et villages du Royaume, le long des voies ferrées et des autoroutes, ont entrepris avec une fougue peu commune, l’abattage de centaines voire de milliers d’arbres parfaitement innocents. Cela, dans la foulée des démonstrations des jeunes et moins jeunes en faveur d’une Loi Climat qui, soit dit en passant, n’aurait constitué qu’une possible et éventuelle piste d’envol pour des projets et décisions d’importance dont on voit mal comment nos chers élus, toujours en retard d’une guerre, auraient pu mesurer l’ampleur.

Allez ! Rendez-vous dans les isoloirs, faites les meilleurs choix possibles en vos âmes et consciences ; on reparlera de tout cela dans le 40ème numéro de notre cher et irremplaçable Kairos  !

Jean-Pierre L. Collignon

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