POLITIQUES SANITAIRES : SOYONS PLUS AMBITIEUX !

Évacuer la pensée autonome, imposer le consensus, faire du fact-fucking

Recommandations du cercle MoLiPop

[Introduction du rédacteur :] Le texte qui suit a traversé mon imagination. Mais en pensant aux politiques « sanitaires » actuelles, on peut se poser cette question : n’ai-je pas là capté, dans le monde de l’esprit, des idées réellement pensées par d’autres ? D’un point de vue néoplatonicien, l’hypothèse est défendable. Ainsi, ce cercle MoLiPop pourrait exister (malgré son nom débile). Aussi, je communique ce texte tel quel ; donc tel qu’il est passé par mon imagination, issu d’une source encore inconnue…

Texte satirique de Daniel Zink

[Introduction des auteurs hypothétiques] : Par son nom, le Cercle MoLiPop fait référence à trois grandes personnalités, trois de nos principaux inspirateurs : le père de l’Union européenne Jean Monnet ; le grand journaliste Walter Lippmann ; l’illustre philosophe Karl Popper. Nous sommes un think tank rassemblant des membres des élites du monde libre, souhaitant inspirer les responsables de nos sociétés. Les recommandations qui suivent concernent l’opportunité inouïe qu’est la crise du coronavirus. Opportunité en partie exploitée, mais il faut faire plus. À ne diffuser qu’auprès des acteurs les plus citoyens.

1. En finir avec la pensée individuelle

L’OMS considère l’hésitation face à la vaccination comme une des plus grandes menaces sur la santé de l’humanité.1 C’est excellent, car l’hésitation face aux choix institutionnels est forcément signe d’une certaine pensée indépendante, activité par nature délétère. Mais il faut généraliser l’idée, dénoncer les risques que la pensée autonome fait peser sur notre monde dans son ensemble. Car cette pensée est forcément source de morcellement, alors qu’il y a tant besoin d’unité et de solidarité, face à la pandémie notamment. Présentons donc la pensée individuelle comme quelque chose qui peut se répandre comme un virus, une infection destructrice. Un acte qui va exactement dans cette bonne direction : parler « d’épidémie de non-vaccinés », comme l’a fait Alexander De Croo2 ; il est réjouissant que cette petite phrase se soit diffusée un peu partout dans le monde, chez les politiques et les médias (et qu’on n’aille pas y voir une épidémie de connerie !)3 Multiplions de tels slogans !

2. Cibler les vrais adversaires

Les penseurs autonomes les plus dangereux sont ceux qui sont les plus rigoureux, les plus nuancés : p. ex. ceux qui ne rejettent pas les vaccins par principe, qui ne banalisent pas a priori la dangerosité d’un virus, etc. Il faut les présenter plus systématiquement comme ne cherchant qu’à se mettre en valeur dans les médias. Par contre, ceux qui tombent dans des approches sensationnalistes et exagératrices sont nos alliés inconscients ; il faut mettre en avant leurs discours et les mêler aux propos de nos adversaires rigoureux, pour discréditer ceux-ci par amalgames. (Et quand ces discours exagérateurs manquent, créons-en !). Renforçons aussi les amalgames entre opposants aux lois sanitaires et extrême-droite. Liaisons justifiées, puisque refuser un vaccin p. ex., c’est forcément être conservateur, rétrograde, anti-progrès. Lançons le slogan : « Ils commencent en refusant un vaccin, ils termineront en votant pour un nouvel Hitler ! »

3. Imposer un consensus profitable

Que doit-on, avant tout, protéger de la pensée individuelle ? Le consensus. Ou plutôt, le choix d’un consensus, et de celui qui sera le plus profitable. Car comme nous l’a appris Lippmann, la très grande majorité des citoyens est incapable de comprendre la réalité ; elle vit dans des visions des choses qui n’ont que très peu à voir avec le réel. Le tout est donc de modeler ces visions de sorte à ce qu’elles soient profitables ; cela, nous le pouvons par les médias surtout4. Il s’agit donc de former puis d’imposer notre consensus, seul moyen d’amener l’ordre dans la société, de la préserver du chaos induit par les pensées individuelles des masses.

4. Situer clairement les sources du progrès

Pour se convaincre de la justesse de cette conception, il suffit de songer aux projets promus par nos élites et à leur réception par les masses, ainsi qu’aux idées éveillant souvent la sympathie irrationnelle de ces masses. Les objectifs progressistes émanent tous de l’élite de nos pays : 5 et 6G, OGM, agriculture industrielle en général, nucléaire, guerres assurant le maintien de notre domination (et habilement combinées à des buts humanitaires), etc. Avant d’être rééduquées, les masses s’opposent le plus souvent à de tels programmes et objectifs, du fait d’instincts archaïques. De plus, une bonne part de ces masses se laisse distraire par des nostalgies rétrogrades : attirance pour les produits d’une agriculture paysanne, intérêt pour les remèdes de grand-mère ou issus de cultures retardataires, inclinations pour un enseignement non épaulé par la technologie, etc.

5. Se centrer sur les opportunités les plus actuelles

Actuellement, des objectifs particulièrement profitables sont notamment des choix sanitaires qui, tout en se présentant comme des solutions, promeuvent l’économie – ou du moins ses meilleurs acteurs. (Nos petits élus politiques n’en sont sans doute pas très conscients, mais ils suivent les voies qu’indiquent les grands médias, inspirés par nous). Plus précisément, ces choix sont la solution vaccinale (si profitable à l’industrie de la santé), les confinements, le télétravail, etc. Car comme l’a souligné le fondateur et président du Forum économique mondial, le virus est une opportunité pour promouvoir ce qu’il nomme la quatrième révolution industrielle : robotisation, connexion généralisée, Internet des objets (grâce à la 5G), accomplissement de l’intelligence artificielle5. En effet, la distanciation sociale justifiée par un virus est une aubaine, pour promouvoir ces développements, qui précisément favorisent cette distanciation (évitement de la proximité avec les collègues grâce aux vidéoconférences, évitement de la nécessité de travailleurs humains grâce aux robots…) Or ces développements sont nécessaires à la poursuite de l’évolution et à une gestion vraiment rationnelle de nos sociétés (nous y venons bientôt).

6. Faire régner les Institutions

Ce qui, par excellence, porte et défend nos consensus, ce sont nos institutions – ou nos Institutions, avec un grand « I ». (Commission Européenne, Conseil de l’Europe…). Comme l’a dit le grand Jean Monnet : « Une certaine force morale doit s’imposer à tous : c’est celle des règles que sécrètent les institutions communes supérieures aux individus6». Cette supériorité par rapport aux individus, il faut la faire reconnaître avec force dans les médias, l’enseignement, l’ensemble de la culture. Comme le grand Popper, prônons le développement d’« …institutions [pour] une ingénierie sociale (…) [pour] une rationalisation de la société, (…) une véritable planification contrôlée par la raison7 ».

7. Non « conflits d’intérêt », mais symbiose !

Pour faire régner nos consensus, ces Institutions doivent être puissantes. L’une des conditions pour atteindre cette puissance : la collaboration avec les acteurs les plus influents, capables de s’acheter de nombreux coopérateurs, notamment scientifiques. Nous progressons dans cette voie, mais il faut accélérer. Ce qu’on nomme l’urgence sanitaire est une aubaine pour en finir avec la notion de « conflit d’intérêt ». Il faut la remplacer progressivement par des expressions positives. Dans un premier temps, il est bon de parler, comme Sophie Wilmès, de la nécessité de la « privacy », quant aux liens avec l’industrie8. Mais il faudra en venir à parler de l’importance d’une collaboration, de partenariats. Ces lignes du New York Times, sous le titre « Bill Gates, la Covid-19 et le combat pour vacciner la planète », montrent la voie : « Le milliardaire travaille avec l’OMS, les groupes pharmaceutiques et plusieurs ONG pour dompter le coronavirus à travers le monde, y compris dans les pays les plus pauvres. Réussiront-ils ?9 » Collaboration avec les groupes pharmaceutiques et autres, partenariat, et, pourrait-on dire : symbiose ; c’est à un tel mot qu’il faut arriver.

8. La citoyenneté comme foi en le consensus.

Un concept de citoyenneté clair et déterminé est nécessaire. Est citoyen celui qui a foi en les consensus de nos Institutions. La crise actuelle nous a fait bien progresser dans ce sens, en soulignant l’attitude solidaire de ceux qui choisissent la vaccination et celle, irresponsable et égoïste, des autres, ainsi que des scientifiques déviant qui justifient leurs choix. Mais il faut là aussi plus : ceux qui mettent en cause le consensus doivent être caractérisés comme il se doit, jusqu’au niveau juridique ; outre la qualification de complotistes, déjà bien utilisée, il faut faire reconnaître que ce sont des négationnistes et des révisionnistes ; cela concerne en particulier toute personne ayant l’idée de mettre en cause les chiffres officiels des victimes du covid-1910, le nombre des contaminations, l’efficacité des tests PCR et des vaccins et, bien sûr, le nombre de victimes de ces derniers (même si, d’après certaines études, leur chiffre est ultra sous-estimé11 ; quand on sert le progrès et la citoyenneté, on ne compte pas ; ou on ne compte pas n’importe quoi) 12. La possibilité sera donnée de réintégrer la citoyenneté grâce à une déconstruction et une rectification des visions erronées. Pour cela, nous pourrons fonder des centres d’éducation permanente, de sensibilisation intensive. Des stages de quelques années seraient organisés dans ces centres (fermés), sur les plus hauts plateaux des Ardennes, p. ex. l’exercice physique de travaux d’utilité publique dans la nature et le grand air de l’hiver notamment accompagnerait utilement les formations, en favorisant un esprit sain dans un corps sain.

9. Devenir des fact-fuckers

En fait, comme esquissé plus haut, on peut aller plus loin que Lippmann. Comme l’ont montré Popper et son maître Kant, toute connaissance est en définitive une illusion. La conclusion qu’il nous faut en tirer, c’est que les « faits » n’ont pas d’importance ; et donc qu’il faut mettre en avant tout ce qui justifie nos consensus, et disqualifier sans complexe les autres « faits ». Là aussi, les choses sont en bonne voie, mais on peut faire plus, par ex. les sites de fact-checking accomplissent beaucoup ; mais trop souvent, on y trouve encore certaines formes de préoccupations pour les « faits » traités ; cette attitude est à dépasser complètement. Allons jusqu’au bout de la logique du fact-checking, en en faisant du fact-fucking pur et simple ! (Et bien sûr du fact-marketing pour nos consensus). Devenons des fact-fuckers décomplexés !

10. Gérer les consciences, la nature, le corps, les peuples

C’est le moment d’en finir avec les principaux obstacles au progrès. Il faut faire accepter que c’est l’ensemble des choses qui doit être géré par nos Institutions. Robert McNamara (ancien secrétaire à la défense des USA) écrivait : « Les prises de décisions vitales (…) doivent rester au sommet (…) La véritable menace pour la démocratie provient (…) d’un manque de gestion (…) Sous-gérer (…) c’est laisser une force autre que la raison gouverner la réalité13. » Oui, c’est la totalité de la réalité que, depuis les sommets de nos sociétés, il faut gérer : ensemble des citoyens et de leurs consciences, nature, corps, peuples réfractaires. La crise actuelle se prête si bien à faire passer l’idée que la nature comme les corps vivants sont des réservoirs à virus et bactéries, ce qui montre la nécessité d’un droit d’intervention directe de nos Institutions dans les organismes (notamment par les vaccinations). Idem pour les consciences, les urgences actuelles démontrant l’obligation d’une unanimité de nos grands médias. Quant aux autres peuples, pensons par ex. aux pays d’Afrique qui ont osé dédaigner nos offres vaccinales…14 (on est certes débarrassé de certains des responsables15). Au sujet de la nature encore, inspirons-nous là aussi des listes, faites par l’OMS, des menaces mondiales sur la santé ; elles contiennent en effet surtout des choses venant de la nature, des maladies virales. Pas un mot, dans ces menaces, heureusement, sur les pesticides, le nucléaire, la 5G, le productivisme, les guerres néocoloniales…16 La gestion doit se faire avec l’ensemble des ressources de la technologie : productions de nos grandes entreprises de la santé, produits phytosanitaires, médias et sphère culturelle unis autour de nos consensus, bras armés de nos Institutions – comme l’OTAN –, etc. Ainsi seulement sera atteint un monde uni, pacifié et hygiénique. L’outil ultime est ici l’Intelligence artificielle, synthèse et sommet de toute évolution, infiniment supérieure à toute « intelligence » naturelle ou individuelle.

11. Un centre unique de la grande symbiose

Last but not least17 : la puissance nécessaire pour gérer ce monde encore si sous-géré ne peut être atteinte que par un partenariat politique, autour de la « nation indispensable », notre grand-frère de l’ouest. Comme Popper, promouvons« la société ouverte et le progrès des nouvelles idées d’impérialisme, de cosmopolitisme et d’égalitarisme. » Oui, vous avez bien lu ! Le progressiste exceptionnel qu’était Popper met dans la même catégorie impérialisme, cosmopolitisme et égalitarisme ! Kant, lui aussi, voyait le salut en une alliance autour d’un État puissant (et pas, heureusement, en la drôle d’idée d’un dialogue des esprits indépendants et des peuples libres) : « si le bonheur voulait qu’un peuple aussi puissant qu’éclairé pût se constituer en République (…) il y aurait dès lors un centre pour cette alliance fédérative (…) et cette alliance pourrait ainsi s’étendre insensiblement et indéfiniment18. » Ce peuple ne peut être que la « nation indispensable », son gouvernement doit devenir le centre des symbioses évoquées ; alors naîtra la gouvernance omnipotente et omniprésente, la grande gestionnaire qui soumettra toute nature, tout individu, tout peuple. Tirez parti de toutes les potentialités de la crise actuelle, pour redoubler d’effort dans la progression vers cet idéal suprême !

Et surtout :

Ne rejoignez jamais le réseau Résistance et liberté (https://resistanceetlibertes.org)

N’achetez en aucun cas ce livre : Covid-19 : par-delà la censure, Grappe/Kairos, 2021.

Limitez vos lectures à des auteurs citoyens comme ceux mentionnés dans nos recommandations ; éviter absolument les penseurs libertaires comme Bakhounine et son Catéchisme révolutionnaire, Rudolf Steiner et sa Philosophie de la liberté, Sylvia Perez-Vittoria et son Manifeste pour un XXIe siècle paysan, ainsi que toute sorte d’autres membres de l’axe du mal des idées.

Cercle MoLiPop

1 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/hesitation-vaccinale-une-des-10-menaces-sur-la-sante_130973

2 https://www.rtbf.be/info/societe/detail_cette-epidemie-devient-une-epidemie-des-non-vaccines-les-mots-du-premier-ministre-pourraient-etre-contreproductifs-on-risque-de-raidir-cette-population?id=10844350 ;

3 https://www.pharmazeutische-zeitung.de/die-pandemie-der-ungeimpften-129255/ ; https://www.dw.com/en/joe-biden-its-a-pandemic-of-the-unvaccinated/av-58702624 ; https://www.infobae.com/america/ciencia-america/2021/11/04/europa-y-estados-unidos-sufren-la-pandemia-de-los-no-vacunados/

4 Pour une bonne synthèse de ces idées de Lippmann (avec de nombreuses citations), voir en particulier un passage du livre suivant (en allemand mais bientôt disponible en français 🙂 Lüders, M., Die Scheinheilige Supermacht, C. H. Beck, 2021, p. 54 sqq. L’auteur est malheureusement critique, mais les membres de notre calibre sauront aller au-delà.

5 Klaus Schwab & Thierry Malleret, The Great Reset, Forum Publishing, 2020 (également en français : Covid-19 : la Grande Réinitialisation), p. 115 notamment.

6 Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 558.

7 Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis – tome 2 – Hegel et Marx, Seuil, 1979, p. 161.

8 https://www.levif.be/actualite/belgique/malaise-entre-sophie-wilmes-et-un-journaliste-de-kairos/article-normal-1277983.html

9 https://www.nytimes.com/fr/2020/11/25/world/americas/bill-gates-vaccin-coronavirus.html

10 Exemple particulièrement significatif : le chapitre La démographie du covid ou faire face à des choix périlleux, dans Covid-19 : par-delà la censure, Grappe/Kairos, 2021.

11 Notamment celle-ci : https://www.regulations.gov/comment/CDC-2021–0089-0024 ; article présentant les résultats de cette étude : https://www.notre-planete.info/actualites/4849-vaccins-COVID-19-risques-morts. Voir aussi, concernant des situations un peu plus anciennes : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1615747/https://digital.ahrq.gov/sites/default/files/docs/publication/r18hs017045-lazarus-final-report-2011.pdf

12 Sur tous ces sujets, le citoyen responsable pourra constater l’outrecuidance des scientifiques et autres analystes subversifs dans le livre cité plus haut, Covid-19 : par-delà la censure.

13 Robert McNamara, The Essence of security, Harper and Row, 1968, p. 109 sq. Cité par N. Chomsky dans Quel rôle pour l’État, Écosociété, 2005, p. 34.

14 https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/coronavirus-en-tanzanie-non-au-vaccin-oui-a-la-medecine-traditionnelle-clament-les-autorites_4283699.html ; https://www.lalibre.be/international/afrique/2021/08/30/oppose-au-vaccin-felix-tshisekedi-promeut-des-produits-anti-covid-congolais-a-berlin-DPUG5YYL3BAJ5LUIQYCOCPTKEA/ ; https://www.lepoint.fr/afrique/pourquoi-l-afrique-se-mefie-encore-du-vaccin-anti-covid-19–04–02-2021–2412659_3826.php

15 https://www.bbc.com/afrique/region-56441449

16 https://www.who.int/features/2018/10-threats-global-heath/fr/ ; https://unric.org/fr/les-10-menaces-pour-la-sante-mondiale-en-2019-selon-loms/

17 Pardon pour ces expressions puantes de colonialisme atlantiste (comme booster, aussi, d’ailleurs) ; c’est le cercle MoKaPop qui s’exprime, pas moi, DZ.

18 Immanuel Kant, Essai philosophique sur la paix perpétuelle [1795], Fischbacher, 1888, p. 21.

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