Contribution extérieure

Le Covid au Paraguay…

Ce témoignage, au-delà de ce qu’il dit sur la gestion politique du Covid dans un pays d’Amérique latine, pose la question de l’exil dans le but de trouver mieux ailleurs. Pierre qui roule n’amasse pas mousse?

Tristes tropiques, triste monde

Le fameux coronavirus ; j’en faisais des blagues dans les couloirs, au bureau. Dès le début, le cirque médiatique m’agaçait mais j’étais loin d’imaginer que c’était un moment historique, qui allait changer tant de choses dans ma vie. Les premiers commentaires arrivent, insidieux : « il fait encore la bise, ça n’est pas prudent ». La peur a pris le contrôle des esprits. Plus rien ne sera comme avant. 

La première mesure délétère arrive. École fermée, mais à partir du lundi. « Faut bien s’organiser, voyez-vous ». Je trouve ça tellement exagéré. On dirait qu’une bombe atomique est tombée. Je n’étais pas encore conscient qu’ils allaient aller beaucoup plus loin. 

Quelques jours plus tard, le spectacle connut un fameux rebondissement et je commençais à rire jaune. « Confinement », le mot est lâché. Pour tout le monde, pas de jaloux. « Faut être solidaire, vous comprenez ma petite dame ? ». Inversion de la charge de la preuve : tout le monde est considéré malade sauf celui qui sait le prouver à l’aide d’un test. Et encore, on n’est jamais sûr :  » Il faut quand même rester à la maison, il y a des faux négatifs, tu comprends ». 

Trois semaines pour aplanir la courbe, qu’ils disaient. Les fossoyeurs, autoproclamés experts, et leurs pulsions de mort avaient pris le contrôle de nos vies. J’avais tout de suite compris que cette pandémie n’en était pas une, mais je ne comprenais pas pourquoi ils prenaient des mesures qui allaient tuer l’économie. J’ai commencé à me réinformer et à me réintéresser à la politique (la vraie, celle qui organise la vie de la cité). Des théories que je rejetais jusqu’à présent prenaient enfin tout leur sens. 

Les dominants de ce monde anticipant la fin du capitalisme, perclus de ses propres contradictions, ont décidé de siffler la fin de la récréation. Fini l’hyper capitalisme de consommation, l’humain est devenu encombrant et obsolète. On rentre dans une époque de rationnement et de transhumanisme. 

Aidés par la technologie et l’intelligence artificielle, nous sommes enjoints de consommer moins, de bouger moins et finalement de respirer le moins possible. « Tu rejettes du carbone, assassin ! ». Le but ultime, à long terme, étant un processus de dépopulation. Bref, la Grande Réinitialisation. Le choc est rude ! Même si je les ai toujours honnis, savoir qu’ils veulent nous éliminer est quand même assez désagréable. En même temps, ça a le mérite de clarifier le jeu. 

Novembre 2020, après une nouvelle salve de restrictions illégales et illégitimes, et avoir compris que « toute cette merde » ne s’arrêtera pas ; la décision est prise : je me barre, je m’exile. 

Aller vivre dans la campagne profonde du sud de la France ou de l’Espagne, faire de la permaculture pour viser une autonomie en nourriture, eau et énergie voire en éducation et santé. Un projet un poil fou vu mes compétences en jardinage et bricolage. Ma chère et tendre est peu enthousiaste. Je change mon fusil d’épaule et lui propose de retourner dans son pays situé sous les Tropiques, en Amérique du Sud. La situation en Belgique m’exaspère tellement que je suis obsédé par un changement radical. Hésitante, elle finit par accepter et nous voici partis pour un périple de plus d’un an. 

Arrivée au Brésil, le masque est omniprésent dans la rue, même sur le visage de tout petits enfants. Alors même qu’il n’est pas obligatoire. Ça commence mal ! Les regards sur les gringos démasqués que nous sommes, sont désapprobateurs. Heureusement, en quittant les grandes villes, le masque devient moins courant et cela empeste moins le gel hydroalcoolique. Parfois, nous devons esquiver une « barrière sanitaire » (test PCR) mais le masque en intérieur est généralisé. 

En arrivant au Paraguay, en voyant nettement moins de masques dans la rue, on se dit que c’est gagné. Nous avons trouvé le paradis et la liberté. La joie fut de courte durée. A l’entrée des magasins, des éviers pour se laver les mains. Puis un garde vous asperge généreusement les mains, et par la même occasion le visage de vos enfants, de solution hydroalcoolique. Il vérifie que votre masque est bien mis et que vous avez bien lavé vos petites menottes. Quand l’oppression devient risible… 

Mais le coup de grâce viendra un peu plus tard. Après deux ans d’école à distance dans un pays où une large part de la population n’a pas accès à un ordinateur personnel, la vraie école est revenue. Oh joie, oh bonheur ! Lors de l’inscription de mon fils aîné en première primaire, nous apprenons que le masque est obligatoire (alors qu’il ne l’est pas encore en Belgique, pour rappel). Je me retiens pour ne pas pleurer de rage, après un voyage de plus de 10 000 kilomètres pour échapper au totalitarisme pseudo-sanitaire, voilà qu’il nous rattrape de plein fouet ! 

Après de âpres discussions avec ma femme, j’abdique. La mort dans l’âme, j’envoie mon fils avec la muselière sur le visage. Je lui explique que c’est une obligation ridicule et de l’enlever le plus possible. Heureusement, il est frondeur et donc enclin à ne pas respecter les règles. J’essaie de me rassurer vu l’horaire post-covid très réduit de l’école et vérifie le taux de saturation en oxygène. Néanmoins, je me sens lâche et je ne me le pardonnerai jamais totalement. Le masque est imposé dans certaines écoles maternelles mais nous en avons trouvé une libre de cette obligation pour notre fils cadet. Même si le fait de voir certains de ses compagnons, et surtout son institutrice, masqués aura aussi des conséquences. 

Plus généralement, je ne reconnais pas la capitale de mon pays d’adoption. L’ambiance est morose et pas très latino. 

Les rues sont désertes et il y a peu d’animation. Un mélange de peur, d’habitude (« reste à la maison ») et de crise économique. Asunción semble éteinte. Le covidisme a fait des ravages partout. 

Tristes tropiques. 

Tout comme en Europe, les mesures ont été fortement assouplies dernièrement. 

Jusqu’à quand ? La prochaine pseudo pandémie ? Tout comme en Europe, l’inflation est forte et la misère gagne du terrain dans un pays déjà très pauvre. 

L’heure est au bilan. 

Je ne m’habituerai jamais à voir ces motards sans casque mais portant consciencieusement leur masque, ces enfants en bas âge masqués jusqu’aux oreilles, ces obèses diabétiques pensant se préoccuper de leur santé en se badigeonnant les mains de produits chimiques, … Instinctivement, je sais que c’est une pulsion de mort, tout le contraire de ce qu’ils prétendent. La mort, c’est la vie. 

Tristes tropiques, triste monde. 

Je m’adresse donc à toutes celles et ceux qui seraient tentés par l’exil. Libre à vous de le faire, bien sûr. Mais renseignez-vous bien sur la réalité du pays. Paradoxalement, en terre guarani, beaucoup d’Occidentaux viennent pour échapper au vaccin mais j’ai découvert que la population en général était très friande de vaccins, y compris covid, et notamment chez les enfants. C’est un élément à prendre en compte. Cependant, le taux de vaccination covid est un des plus bas d’Amérique Latine. Encore un paradoxe, dans ce pays où le peuple a une très bonne connaissance des plantes médicinales. 

Plus généralement, je pense que l’exil pour le motif sanitaire est erroné. C’est toute notre manière de vivre qu’il faut revoir, à mon humble avis. Et c’est plus facile à faire dans un pays qu’on connaît. Je repars donc en Europe. Je vais donc m’y entourer de personnes conscientes et créer un réseau. Beaucoup de choses se sont construites depuis un an. Une autre société se construit et je compte bien y participer. 

Ils veulent nous contrôler, nous enfermer et nous appauvrir. Nous serons insaisissables, libres et solidaires. 

C.

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