Histoires de Codeco n°1

Conférence de presse du 15 avril 2020

582 jours depuis la conférence de presse du 15 avril 2020, où nous introduisions dans la salle « une question biaisée politiquement », ce qui « n’est pas l’habitude des journalistes », dixit Sophie Wilmès. L’habitude des journalistes, c’est en effet de poser les questions que les politiciens attendent et de commenter leurs décisions, plutôt de chercher la vérité. Pas question de déranger, les médias de masse ne jouent aucunement le rôle de 4ème pouvoir, mais s’emploient à fabriquer le consentement. N’étant pas adepte de ces collusions, le pouvoir politique nous fermera les portes des conférences de presse pendant plus de huit mois. C’était sans compter sur notre détermination…

Tous les deux jours, Kairos publiera les 17 conférences de presse auxquelles nous avons assisté. Plus de 20 questions restées sans réponse. En face, pas de doutes, de questionnements, de volonté de comprendre, mais une fin fixée, rigide, qui justifie tous leurs moyens. Imaginez un seul instant si toutes ces questions avaient été débattues démocratiquement. Pensez-vous que nous en serions là aujourd’hui ?

Merci à Roland De Wind pour le dessin

-Alexandre Penasse : Bonjour, Alexandre Penasse pour Kairospresse.be. Vous remerciez souvent les Belges pour leur participation et leur obéissance, leur civilité. Vous parlez également du fait qu’il y aura un avant et un après Covid-19. Alors je me demande vraiment s’il y aura un après covid-19 ? Et je vais peut-être être un peu dérangeant, je vais vous parler du fait que Monsieur Philippe De Backer a travaillé de 2009 à 2011 chez Vesalius Biocapital, et vous le rendez responsable de la task force en charge de la recherche de matériaux indispensable pour lutter contre le coronavirus. Alors Vesalius c’est un fonds d’investissement spécialisé dans les soins de santé au Luxembourg. Il faut savoir aussi que dans son cabinet media, comme ministre des médias, il y avait Luc Windmolders qui travaille pour KPN et qui participe notamment à nous imposer la 5G donc je ne vois pas beaucoup de principes de précaution dans votre gouvernement. Alors on peut aussi parler de Bart Vermeulen, responsable politique pharmaceutique au cabinet de Maggie De Block…

-Sophie Wilmes : Monsieur je n’ai pas l’intention de vous interrompre, mais si vous avez l’intention de donner les CV de l’entièreté des gens qui travaillent et qui comme n’importe qui d’autre ont droit à un peu de privacy… Je vous encourage à terminer votre question et j’y répondrai.

-AP : Il était chef économie chez pharma.be, puis parlons aussi de Marc Van Ranst qui était au comité « Influenza » en 2009 et qui avait été payé par la multinationale GSK. Donc ma question est, par rapport aux décisions que vous prenez maintenant, quelle légitimité démocratique y‑a-t-il à prendre ce genre de décisions quand la plupart des membres qui décident et qui réfléchissent font partie des multinationales et de la finance ? Je ne vois pas vraiment la différence qu’il y aura avec un avant et un après Covid… Peut-être qu’il y aura beaucoup plus de 5G, peut-être aussi qu’on sera beaucoup plus surveillé et que ça rapportera énormément aux multinationales. Voilà, je crois que 10 millions de Belges aimeraient avoir une réponse à cette question et que la question à se poser n’est pas comment vos services de presse ont réussi à faire entrer un journaliste qui pose de vraies questions, mais pourquoi ces questions ne sont pas débattues démocratiquement ?

-SW : Peut-être une réponse introductive : vous venez d’introduire dans cette salle de presse la question biaisée politiquement, ce qui en général, n’est pas l’habitude des journalistes. Soit. Je rappellerai quand même que les gens sont libres de travailler, les gens sont libres de changer de carrière, les gens sont libres de décider de s’engager pour le bien commun, peu importe ce qu’ils ont fait avant, et je peux vous garantir que ce n’est pas la société pour laquelle vous travaillez qui définit l’homme ou la femme que vous êtes. C’est en tout cas la liberté fondamentale dans laquelle on croit encore dans ce pays, bien heureusement. Je rappellerai, dès lors, pour sortir de la polémique, le processus décisionnel dans lequel nous sommes inscrits, à savoir des groupes d’experts qui, de par leurs connaissances, de par leurs expériences, de par leur volonté aussi de se consacrer, en dehors de leurs heures de travail, sans compensation, de nouveau pour le bien commun. Ils travaillent jour et nuit pour nous apporter des conseils. Derrière cela, la décision politique, elle est ce qu’elle est, c’est-à-dire qu’elle revient au politique. C’est le politique qui prend ces décisions, et derrière le politique ou avant le politique, il y a des élections, et puis il y a aussi des votes de confiance au Parlement. Il y a aussi la volonté en ce qui concerne ce gouvernement fédéral, d’élargir l’adhésion, puisque, alors qu’il n’est pas obligé de le faire, il prend ces décisions d’un commun accord avec les entités fédérées, s’agissant de questions fondamentales pour la Santé, et j’irai même au-delà, la vie de nos concitoyens.

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