Nucléaire : plus que jamais lutter contre !

Vivre le présent en pensant le futur, ce n’est pas anticiper la catastrophe dans une apathie qui nous liquéfierait comme sujet social, provoquant ou bien le déni de ce que l’on sait, ou bien l’évitement de ce que l’on ne veut pas savoir. Au contraire, anticiper, c’est porter un regard lucide sur ce que nous faisons présentement afin de le changer et de ne pas aboutir à ce que nous voulons éviter : une catastrophe majeure. 

Rien toutefois dans le contexte quotidien concernant le nucléaire qui nous aiderait à penser ainsi et à nous aider à lier la théorie à la pratique : les médias et les gouvernements nous apaisent et nous désinforment. L’incompétence des élus en fait des serviteurs de l’industrie nucléaire et de fidèles relais de la propagande officielle. La teneur des discussions parlementaires et les mensonges éhontés de la Ministre Marghem nous le prouvent plus que tout (page 10), le relais médiatique de la propagande japonaise par les médias dominants pas moins (page 15). 

Ils ne savent pas ce qu’il se passe », ici en Belgique, France, Royaume-Uni, là-bas à Fukushima ; ils ne savent pas, ou ne veulent pas le savoir tant la censure et les mesures politiques d’omerta indiquent tout de même qu’ils pressentent que l’accès à la vérité risquerait de changer la donne (page 16). Pour qui bossent-ils ? Pas pour le peuple, cela semble évident. 

Le nucléaire civil est sans doute la pire application technique que l’Homme ait réalisé, après la bombe atomique, lesquels sont intimement liés. Alors que le démantèlement des centrales ne pourra pas se faire (page 12), mais que cette vérité n’est pas dite tant elle mènerait à un arrêt brutal de construction de tout nouveau réacteur, des débats publics et citoyens devraient avoir lieu dans tout le pays, menant à des décisions collectives (sous forme de référendum d’initiative populaire ) d’une population cette fois informée. C’est là un enjeu majeur. Cela paraît gros, parfois prophétique, mais plus que jamais nous avons pris conscience en réalisant ce double dossier que la lutte antinucléaire était un des lieux où se jouait l’avenir de l’espèce. 

Les communicants(1) étant partout et répétant à l’envi des phrases ineptes genre « même si tous les 20 ans se produit un accident similaire, le nucléaire évitera toujours plus de risques qu’il n’en crée »(2), la solution ne viendra pas d’ en haut ». Ce n’est pas là faire preuve de défaitisme, sinon de lucidité. 

Rien n’était plus urgent que de rappeler l’état des lieux du complexe nucléaire. Que faudra-t-il pour ne plus voir surgir un nouveau « Fukushima » ? Et que nous, citoyens, nous bougions ; que nous allions vers d’autres sources d’information. 

Nous ne voyons pas d’autres issues, à part celle où nous ne pourrons plus rien faire. Parce qu’il sera trop tard. Ce double dossier n’était donc pas de trop. 

Dossier coordonné par
Nicolas Bras et Alexandre Penasse 

* Suite du dossier de septembre-octobre 

Illustration : Mathilde Vandenbussche
  1. Voir « Les communicants, à l’oreille des politiques », La revue dessinée, Automne 2015.
  2. Selon le « célèbre spécialiste du réchauffement climatique », Jean-marc Jancovici. Voir, pour des citations de « l’expert » encore plus inédites, http://lenergiedavancer.com
Nucléaire

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