Témoignage

Cas Covid : semaine 56… éclairage intra-hospitalier

Nous assistons impuissants à la dérive de tout un système qui s’emballe et dont nos dirigeants (pouvons-nous encore les appeler nos élus ?) ne semblent savoir comment en sortir… alors qu’il suffirait de dire STOP. Deux groupements professionnels ont la capacité (sinon le devoir) de le dire mais s’en abstiennent sciemment, les parlementaires et les médecins — tous pour la même raison, salaire et réputation.

Nous sommes depuis un an face à une réponse complètement disproportionnée, injuste et incohérente. Un système à 2 poids 2 mesures, à essentiel versus non essentiel, à pro et anti. Système qui, malgré tout, a ses adeptes, voire même beaucoup d’adeptes, mais il existe aussi, fort heureusement, des gens qui s’interrogent.

Savez-vous que, pour ainsi dire, le seul endroit où les mesures sanitaires ne sont pas respectées c’est l’hôpital ? Là, pas de contrôle ni d’amende ni d’intimidation. Pourquoi ? Mais simplement parce qu’il ne s’y passe rien d’inhabituel. Nous soignons des personnes plus ou moins malades en étant plus ou moins à saturation de manière récurrente ; la saturation étant un objectif de gestion. Le seul changement vient de la médiatisation sans laquelle personne ne se rendrait compte de rien. Nous avons affaire à une campagne de communication très bien menée ou très mal selon le point de vue. Dans quel but ? La question est ouverte.

Au travers de ce court témoignage, j’aimerais vous éclairer sur la façon dont les « cas covid » sont comptabilisés à l’hôpital, je vais essayer de résumer les procédures inédites mises en place depuis un an. Inédites car celles-ci n’auraient jamais été imposées, quelques années plus tôt, pour une maladie comme la grippe qui tue autant, si pas plus, que le covid. Cherchez l’erreur.

A l’hôpital, il convient de différencier deux situations de départ(1) :

  1. admission programmée pour une intervention chirurgicale (ou exploratrice) ou arrivée via les urgences avec symptomatologie (autre que symptômes covid) : problème cardiaque, perte de connaissance, confusion, accidents domestiques,…
  2. admission avec symptômes covid et confirmés par PCR (+) ou scanner pulmonaire (+)

Dans le cas de la 1ère situation : test PCR obligatoire (en bref : pas de test, pas de soins)

  • si (-) : le patient a de la chance, tout va se passer comme prévu (la PCR pourrait être (+) 2 jours après, mais ça, on n’en parle pas)
  • si (+) :

- intervention annulée même si aucun symptôme (tout le système de peur est basé là-dessus, les asymptomatiques !). Retour à domicile et quarantaine.

- si hospitalisation jugée nécessaire : isolement de 14 jours avec toute la surcharge de travail que cela implique (donc un coût).

La 2ème situation se subdivise en 2 catégories :

Le comptage est donc complexe et nécessite une grande rigueur d’évaluation des symptômes dits « covid » ou non. Cet exercice est laissé à l’appréciation du médecin. Il n’y a pas de contrôle PCR après les 14 jours d’isolement ou en cours de séjour à l’USI.

Donc un patient « covid » restant 6 semaines à l’USI restera étiqueté « covid » 6 semaines même s’il n’est plus contagieux depuis longtemps. Ces isolements sont une charge de travail supplémentaire énorme pour des équipes en sous-effectifs permanents et font probablement gonfler les statistiques. Dans quel but ? Je ne sais pas.

Bien sûr, un isolement à l’USI est courant et permet de protéger les autres patients, voire même de protéger le patient lui-même. Ce n’est guère nouveau comme moyen de soin, tout comme de mettre certains patients sur le ventre (prone position), d’ailleurs. Ce qui est surprenant, c’est la lourdeur des protocoles imposés, qui ont un impact certain sur la charge de travail, le coût en terme de matériel et l’épuisement du personnel.

Que ce soit pour un citoyen lambda, un infirmier ou un médecin, cette crise soulève énormément de questions. Nous sommes face à l’emballement d’un système qui a perdu sa boussole interne. Plus personne ne s’y retrouve. Certains le manifestent, d’autres se résignent mais tous s’interrogent.

De mon point de vue, c’est surtout la médiatisation à outrance qui est nouvelle, non nécessaire et délétère pour la santé publique bien plus que le virus lui-même !

Nous sommes face à l’emballement d’un système qui a perdu sa boussole interne. Plus personne ne s’y retrouve. Certains le manifestent, d’autres se résignent mais tous s’interrogent.

Pour conclure :

  • Des gens âgés qui meurent de la grippe, c’est tous les ans
  • Des infirmiers débordés et surmenés, c’est tous les ans
  • Des hôpitaux à saturation, c’est tous les ans
  • Des personnes de plus de 80 ans qui meurent, c’est depuis toujours
  • Des patients mis en « prone position » à l’USI, c’est tous les ans
  • Des enfants qui contaminent leurs parents, c’est depuis toujours
  • Notre système immunitaire lutte avec efficacité contre les maladies, c’est depuis toujours
  • Se laver les mains régulièrement et rester chez soi quand on est malade, c’est acquis depuis longtemps

  • Une pandémie de cas et non de malades, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Une annonce journalière du nombre de morts au JT (sans les mettre en perspective avec les naissances, par exemple), c’est une 1ère et c’est cette année
  • Des images de patients à l’USI, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Des restrictions de libertés fondamentales (mobilité, expression, réunion) pour une maladie qui ne tue (quasi) pas, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Un « vaccin » à ARNm développé en 6 mois , pour un virus mutant, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Faire passer la vaccination comme le seul et unique moyen de survivre, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Un silence inquiétant du pouvoir législatif et judiciaire, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Faire porter le poids du décès de nos parents à nos enfants, c’est une 1ère et c’est cette année
  • Décider qu’il y a des gens essentiels et d’autres pas, c’est une 1ère et c’est cette année

Dois-je continuer?

Julie, citoyenne engagée et infirmière hospitalière

  1. Sources internes disponibles sur demande.