Aimable rappel (le silence assourdissant de l’AJP)

Chers membres de l’AJP, Madame SIMONIS,

Je suis consultée par plusieurs journalistes qui s’étonnent du mutisme criant de l’AJP concernant certains faits qui se sont produits lors de la manifestation européenne de ce dimanche 23 janvier (alors que différentes vidéos tournent en boucle depuis ce dimanche après-midi, soit depuis plus de deux jours).
Ceux-ci exigent, en tout état de cause, l’ouverture d’un dossier de plaintes, tout comme cela avait été initié et préconisé par les membres de l’AJP dès le lendemain des manifestations du 7 juin 2020(1).
La plainte collective qui fut déposée pour l’occasion n’a manifestement pas produit les effets escomptés, à savoir, je cite : « que la police laisse travailler les journalistes sur le terrain » et il semblerait nécessaire de ré-interpeller les autorités compétentes en votre qualité.
En effet, les journalistes et médias concernés s’étonnent d’un manque total de réaction pour ce qui les concerne, alors que l’AJP dénonçait encore le 20 décembre dernier qu’ : « Aucun journaliste ne devrait craindre pour sa sécurité parce qu’il exerce son métier ».

Bien plus encore, il y a près d’un mois, l’AJP se constituait même partie civile (!), tout en plaidant que « La violence, les insultes et, par-dessus tout, l’utilisation d’un spray aveuglant par les agresseurs pour empêcher les journalistes de faire leur travail, doivent être condamnés sans réserve », ce dans le cadre de son intervention en faveur du journaliste Eric Boever(2), ce qui suscite encore plus d’incompréhension dans le chef des principaux intéressés.
Pour vous convaincre de la légitimé de leurs prétentions, le média Vécu, ainsi que le média Kairos, vous invite, dès à présent, à regarder deux séquences particulièrement choquantes, qui je l’espère, vous feront réagir (3) (4).
Il est effroyable que de telles pratiques récurrentes (arrestation arbitraire et usage disproportionné de gaz lacrymogènes !) puissent encore aboutir à une totale impunité, sans que l’AJP ne s’en émeuve nullement, d’autant plus que comme vous le constaterez dans la dernière séquence, Mr Penasse ne manque pas de faire usage de sa carte professionnelle pour tenter de se protéger d’une telle agression.
Si besoin en est, nous vous confirmons que la présence de ces journalistes est également indispensable, en ce qu’elle permet de conserver et de récolter certaines preuves d’autres abus policiers manifestes, qui sont commis frénétiquement, et de manière de plus en plus systématique, sur de simples citoyens (5).
Autre raison de leur présence personnelle sur le terrain (et nombreuses prises de risques…), en leur qualité incontestable de journalistes.
Eu égard à ce qui précède, j’ose espérer que vous conviendrez que cette situation n’est pas admissible en l’état et qu’il y a lieu d’y réagir fermement, sans nulle discrimination.
D’autant plus qu’il y a seulement deux semaines, le 9 janvier 2022, une autre scène inattendue s’est produite lorsque certains policiers ont visiblement « filtré » plusieurs journalistes, tous encore détenteurs d’une carte de presse valide (ce qui a abouti à une autre blessure de l’un d’entre eux…) (6).
Dans pareilles conditions, beaucoup de citoyens semblent s’inquiéter d’une certaine forme d’inertie de votre part, qui je l’espère, ne sera pas plus latente.
C’est aussi pourquoi, d’avance, je vous remercie pour les suites rapides et optimales qui seront réservées à la présente.    
Sentiments dévoués,

Notre avocate

Powered By MemberPress WooCommerce Plus Integration

Espace membre