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Pourquoi Didier Reynders, et les autres, demeurent-ils impunis ?

Alexandre Penasse

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Si la mise en examen de Didier Reynders ne devait pas aboutir, ce qui est assez probable, il sera aisé d’identifier les forces en présence qui assurent encore et toujours l’impunité du corps politique :

    • Les médias dominants : officines de propagande au service du maintien d’un système social inique mais vermoulu, ils assurent le spectacle de la normalité et s’assure toujours de ne « jamais conclure », à savoir de ne surtout pas mener les consciences à comprendre que les événements désastreux (misère scandaleuse côtoyant une opulente et ostentatoire richesse, destruction de la biodiversité, urbanisation destructrice, famines, guerre, éradication de la nature) ne sont pas des épiphénomènes du capitalisme, donc des accidents, mais des éléments qui lui sont proprement consubstantiels. Il suffit de voir, puisque nous sommes dans le thème, ce que notre petite équipe, majoritairement bénévole, a publié comme informations concernant Didier Reynders, en comparaison des quotidiens belges(1).

    • Les réseaux de corruption : on l’a plusieurs fois expliqué: X connaît Y et possède des informations qui pourraient lui causer des torts ; Y possède des informations essentielles sur X qui pourraient le faire tomber et lui valoir une condamnation sévère. Mais Y est devant un dilemme : ou il écoute son sens moral et agit en dépit de ses intérêts privés (cf. les lanceurs d’alerte), ou il conserve tous les avantages de son insertion dans un réseau de corruption – pouvoir et argent – et garde le silence. Le deuxième cas est la règle en territoire mafieux et c’est bien pour cela que bien peu d’affaires sont en fait réellement révélées, en dépit des impressions. En matières d’« affaires » d’ailleurs, il ne faudrait pas se méprendre en imaginant uniquement des corruptions du type Kazakhgate ou Publifin. De façon générale, les décisions qui sont prises par des politiciens tous impliqués, peu ou prou, dans ces réseaux de corruption, ne peuvent répondre au bien commun. Les « affaires » sont donc également tout ce qui concerne ces décisions et qui ne nous sont pas expliquées : le nucléaire, le type de « mobilité », le fonctionnement de nos écoles, la fiscalité, la publicité, le travail...

    • Le conformisme et le confort : cela concerne tous ceux qui sont hors des réseaux de corruption à proprement parler, mais peuvent, de par leurs fonctions, disposer de certaines informations essentielles qui pourraient compromettre la carrière d’un politicien. Ce sont ceux-là que visait Didier Reynders par son avant-projet de loi sur les lanceurs d’alerte (voir « Nous n’avons pas peur Monsieur Reynders »), afin de s’assurer que si certains devaient avoir quelques velléités d’aider la justice en informant de ce qu’ils savent, la crainte de sanctions les en empêcherait. Les autres, qui n’ont aucunement ces intentions, se contentent de « faire comme les autres » par crainte d’être « mal vu » et se consolent avec le « confort » que leur offre leur statut de salarié dans une société de consommation, confort qu’ils pourraient bien perdre s’il leur prenait des envies de parler.

        ◦ Une justice défaillante qui punit les voleurs de fromage affamés(2) et laissent courir les voleurs de millions qui affament.

En résumé donc, dans une société où les médias informeraient réellement la population, où la corruption seraient moins facile, où si elle se produisait, serait punie très sévèrement, avec des individus épris de liberté..., certains ne seraient plus en train de briguer des postes dans les hautes instances européennes, mais plutôt en cellule avec leurs comparses. Cela aurait au moins l’avantage de leur faire goûter la vétusté d’un système carcéral qu’ils alimentent.
  1. « Bienvenue en ploutocratie: Kazakhgate, Afrique, réseaux…le MR à tous les étages », « Les étranges connexions des "Fonds libyens », « La mort d’Armand De Decker ou le just in time politique », « De qui se moque-t-on? Sur Reynders et les affaires entre amis… », « Nous n'avons pas peur monsieur Reynders! », « Oligarchie, quand tu nous tiens », « Les politiciens et leur page: comment toucher le pactole sans se faire coincer ». www.kairospresse.be
  2.  https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/3-mois-prison-ferme-vo...

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